‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 31 sur 388 · DÉJ · texte numérisé non relu

DÉJ

ce qui se déjette; état de ce qui est déjeté. Le déjettement des portes.

— ETYM. Déjeter.

t DÉJEUNÉ (dé-jeu-né) , t. m. Voy. déjedneh a.

I. DÉJEUNER (dé-jeu-né; l'Académie écrR jeûner avec un circonflexe, et déjeuner sans accent), V. n. Faire le repas du matin. Nous causerons de cela en déjeunant. Déjeuner de café, de chocolat, d'un morceau de pâté. Déjeuner avec des amis. Çà, déjeunons, dit-il : vos poulets sont-ils tendres? la FONT. Fabl. IV, *. Du reste, déjeunons, messieurs, et buvons frais, boil. Lutr. iv. Lorsque je lis que Périclès sacrifiait tous les matins aux Grâces, ce que j'entends par là .c'est que tous les jours Périclès déjeunaitavec Aspa.sie, marmontel, if^m. liv.vii. || Il se conjugue avec l'auxiliaire orotr.

— REM. Déjeuner de, souper de, dîner de, se disent du mets qu'on a mangé : j'ai déjeuné d'une côtelette. Déjeuner avec, souper avec, dîner avec, se disent des personnes avec qui l'on a mangé : j'ai déjeuné avec quelques amis. Cela est fondé en raison, mais souvent négligé dans la pratique, et on dit couramment : déjeuner avec une tasse de café au lait. Nous avions comme il faut séparé nos relais Et déjeunions en hâte avec quelques œufs frais, mol. Fdch. II, 7.

— HIST. XIII* s. Et quant li trSs [pavillon] l'empereour fu tendus, si se fist maintenant desarmer, et puis l'est un petit desjeOné de pain biscuit et dr vin, B. DB VALBNC. IV. Li vallet foulon se doivent desjeOner en charnage ciez [chez] leur mestre à l'eure de prime, Liv. des met. I3t.... Se vos m'en volez doner. Sire, à cel vilain en donez, Tant qu'il en soit desjeûnez ; Qar il est si mal atomez Que à paine se puet ester, "ien. 6«94. De fain estoie sormenez. Et bien me suis desjeûnez De vos harenz à bone estraine, «6. 4006. Bateiz ces chozes en un mortier de cuyvre, à un peteil [pilon] de fer, desgeuneiz-vos dou jus par trois malins : gariz sereiz de la maladie des vers, ruteb. 257. || nv* s. Quant les autres compagnons sont venus de leurs questes, ils se doivent desjeuner et donner un peu à menger à leurs chiens, Modus, t° xlii, verso. Jà vivres ont no gent à plenté et assez ; En haste ont repeù ; là se sont desjunez, Guescl. 20720. ||xv* s. Et encore en y avoient en la ville beaucoup qui se dejeunoient par les tavernes et buvoient la garnache et la malvoisie chez Lombards, et rien n'en payoient, proiss.

n, n, H6 Et illec assez près Nous menèrent en

lieu bel, cler et frès Pour desjuner, christ, de pi- SAN, Dit de Poissy. \\ xvi* s. Hz se desjeunoyent de baisler [bâiller], rab. Pant. v, 27. La plus querelleuse reformation théologienne de quoy le monde se soit desieuné il y a long temps, mont, iv, 4 28. X Ni mes le roi fut desjeuné de plaintes contre le mareschal d'Anville, d'aub. Hist. i, 204 ....Où il se pensoit reposer, quand on le desjeuna de la prise de Marans, id. ib. m, 409. Ils se desjeunerent [firent leur profit] de ce butin, en se retirant à Thoul, CARL. vii, S.

— ETYM. Dé.... préfixe, et jeûner, proprement cesser de jeflner, se mettre > manger; génev. dijuncr. En provençal dejunar, on italien digiunare signifient jeûner. La forme ancienne est te desjeuner, s'ôter du jeûne.

a. DÉJEUNER ou DÉJEUNÉ (dé-jeu-né), ï. m.

Il 1° Le repas du matin Qu'un ample déjeuné

Longtemps nous tienne à table et s'unisse au dîné, BOIL. Lutr. IV. Il Déjeuner à la fourchette, déjeuner où l'on mange de la viande et où l'on boit du vin. Il Société du déjeuner, société de gens de lettres qui s'était formée sous le premier empire. Il Fig. 11 n'y en a pas pour un déjeuner, se dit de toute chose qui ne durera pas, ne résistera pas, ne tiendra pas. || 11 n'en a pas peur un déjeuner, se dit d'un prodigue disposé à manger rapidement son avoir. || C'est un déjeuner de soleil, se dit d'une étoffe dont la couleur, peu solide, ne tiendra pas contre l'action décolorante du soleil. || 2° Les mets qui composent ce repas. Déjeuner froid, chaud, léger, solide. Il 3° Déjeuner-dîner, grand déjeuner qui se fait plus tard que le déjeuner ordinaire. Le lendemain elle me donna un grand déjeuner-dlner, EÉv. 430. Il i» Petit plateau garni d'un sucrier, d'une tasse, etc. Un déjeuner de porcelaine. || Proverbe. Déjeuné de clercs, dîné de procureurs, collation de commères et soupe de marchands.

— HIST. XIV* s. [Ils] Avoient pain et vin aporté 1 en présent. Dont conroié se sont à ce desjunement, ' Guescl. 18395. Tantost après le desjeun qui fut moult

bref, FROiss. u, ii, 4i. ||xvi" s. Dedens trois jours, je feray deffermer un coffre, où vous pourrez trouver vingt mille frans.... Hé Dieu, ce dist Bertrand,

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ce n'est que un desjuner, Mém. s. du Guescl. ch. 33. De tout ce grand appareil danois, il n'y en eut que pour un déjeuner, yver, p. «19. Les Espagnols, qui s'estimoient plus braves guerriers, pensoient (jue ce ne seroit que pour un desjuné, cboliêres, Conte*, Matin, i.

— ETYM. Déjeuner i.

DÉJOINDRE (dé-join-dr*), v. a. Séparer ce qui était joint. ||Se déjoindre, v.réfl. Cesser d'être joint. Les ais se déjoignent.

— HiST. XII* s. i:t cil de la hache rencontre Là où l'espaule au col se joint. Si que l'un de l'autre desjoint, (a C/iorrefte, n«4. || xiii* s. Il fu jugié que, puisque Pierres avoit joint avecques son fief ce qui estoit tenus de li en vilenage, il nel pooit desjoindre ne eslongier sans l'otroi de son seigneur, beaum. XLvii, 9. Il XV* s. Ceux qui dedans [la tour] estoient et qui ouvrir et desjoindre la veoient, se traïreni tous à un faix sur la plus saine partie, froiss. n, m, 33. Par quoi requeroit qu'il fut desjoint de sa fille, LOUIS XI, Nouv. lxxxvi. || xvi* s. St Augustin ne souffre pas d'estre dejoint d'avec les autres docteurs anciens, calv, Instit. 752. La vie contemplative ne doit point estre de.sjointe, ni pour tousjours, m pour longtemps, de l'active, langue, 633. Et pour CAS logis il en pouvoit user comme desjoints de l'ar- 3!ée, d'aub. Hiit. m, 237. Les epiphyses des os sou vent se desjoignent et séparent, paré, im, 2i.

— ÉTYM. Provenç. desjonher, dejonher; anc. calai, ditjunyr; ital. disgiugnere; du latin disjungere, de dis, marquant séparation, et jungere, joindre.

DÉJOINT, OINTE (dé-join, join-t'), por(. passé de déjoindre. Le violier jaune croissait entre les pierres déjointes [des marches] , CHATEAUB. Ilené, 'iOi. Il Terme de marine. M. de Vivonne, dans un conseil de généraux, conclut que je devais désarmer le Henri et le laisser dans le port de Messine, parce que ce vaisseau était faible d'échantillon et déjoiiit, et qu'il avait trop de membres pourris pour tenir la mer, Mém. de Villette, p. 49, dans jal.

DÉJOUÉ, ÉE (dé-jou-é, ée), part, passé. Rendu vain, illusoire. Projet déjoué. Une méchanceté déjouée adroitement.

DÉJOUER (dé-jou-é). || 1* F. n. Familièrement, n'être pas à son jeu, jouer très-mal. || 2° Terme de marine. Se dit d'une girouette ou d'un pavillon qui voltige au vent. || 3* V. a. Faire échouer un projet, une intrigue Pour déjouer leurs horribles

projets. Il faut de votre main m'immoler.... ancelot, iout'î II, V, a. Il Déjouer quelqu'un, détruire l'effet de ses actions ou de ses paroles.

— REM. Déjouer, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, ne se trouve dans le dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1762, et encore là c'est seulement un terme de marine qui signifie, en parlant d'un pavillon, flotter au vent.

— HIST. xiv* s. Le roy fist grands dons et promesses.... Les biens du duc aloit donnant; Chaicun d'eulx s'aloit déjouant [se réjouissant] , Liv. du bon Jeh. 243S.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et;ouer.

t DÉJOUR (dé-jour), ». m. Terme de carrossier. Vide qui existe entre les jantes d'une roue.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et;our.

t DÉJUC (dé-juk), f. m. L'heure où les poules déjuchent.

1 — HIST. xvi* s. Chantons Noël tant au soir qu'au desjuc, marot, u, 266.

} — ÉTYM. Voy. DÉJUCHER.

DÉJUCUÉ, ÉE (dé-ju-ché, chée), part, passé. Les poules déjuchées.

DÉJUCUER (dé-ju-ché). (| 1* V. n. Sortir du ju- 1 choir, en parlant des poules. Les poules ont déjuché. Il Fig. et familièrement. Déjuchez d.' là, quittez ce lieu, cette retraite, ce poste. || 2° V. a Faire quitter le juchoir. Déjucher des poules. || Fig. Faire abandonner une retraite, un poste. Je vous déjucherai bien de votre place. On a bien eu de la peine à déjucher les ennemis du poste qu'ils occupaient,

— REM, Déj-ucher se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il exprime l'action: les poules ont ilé-

, juché tout à l'heure; avec l'auxiliaire être, quand il ' exprime l'état: les poules sont déjuchées depuis um heure.

I — HIST. xiii* s. Vient as chapons, si les desjoche ! L'un en menjue, au cuer li toche, Ren. 16229. i — ÉTYM. Dé.... préfixe, et jucher; picard, dé ijoukcr.

I t DÉJUGER (SE) (dé-ju-jé. Le g prend un e ed I vantoet o;déjugeant, déjugeons),», réft. Rappor-

I' ter le jugement qu'on avait porté; se dit d'une per sonne ou d'une compagnie qui, après avoir soutunu une opinion ou pris une résolution, en soutient ou

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en prend une toute eontraire. La compagnie aralt

décidé hier en ce sens, aujourd'hui «Ile s'est déjuKée.

— HIST. xu« s. Et ore [ils] déjugent [jugent| les OBTres orribles et mortels, 8T bern. 66*. || xiii* s. Mais l'autre jugement n'aront gaires mellor Ke cil qui desjugerent [condamnèrent] à tort nosire sognor, Vie des Sai'.li, dans lacurne. Avez TeO d'un lecheor Oui vostre cort a desjugiée [rejetée) Et honie vostre maisniée, PI. et Blancheft. mt. dans la-

CURNI.

— ETm. De.... |ir*flxe, et juger. Au xir siècle déjuger (dé.... préfixe, est augmentatif) signifie juger; au xiii', on le trouve avec le sens de conilnmner et de refuser de reconnaître pour juge, oà dé.... a le sens de révoquer, priver.

DELÀ (de-la), jj !• Prép. Plus loin, de l'autre côté, en considérant là comme le point d'où l'on part. Delà la rivière. Ces deux rois étaient Abisares et Porus, mais Ponisélait le plus puissant, et tous ilemeiiraienl delà l'Hydaspe, vaugel. Q. C. *»'>. Ce qui s'appelle delà les monts la furie française, a plus d'une fois réussi, balz. 5' Disc. t. la cour. Porter delà les mers ses hautes destinées, corn. Cid, II, s. Les troupes du roi donnèrent à M. le Prince le temps de se retirer delà l'eau sans être poussé, laiiocHEP. Uém. 2oa. Un rimeur sans péril, delà les Pyrénées, boil. Art p. m. Les gens de delà l'eau, i.A BRUT. xii. X Fondetles, delà les deux rivières de la Lcire et du Cher, toute danse est pareillement défendue, p. l. codr. h, <0I. [Ils] n'ont pas, comme nous, si loin de leur berceau, Risqué delà les mers de s'ouvrir un tombeau, lemercier, Louit II, iv, 5. ,1 2" Del^- construit avec les prépositions de, en, par. Il De delà, loc. adv. Dans un lieu éloigné du lieu qui sera désigné par là. Toutes les longueurs de delà [Rome] sont faites pour éprouver, boss. Leit. ï6. Il Loc. prépoi. Les peuples de delà les monts. Aussi a-t-il fallu les quérir bien loin et les faire venir de delà la mer, voit. Lett. 70. 1| En delà, loc. adv. Plus loin. Ayez soin de vous teniren delà. || Par delà, loc. adv. De l'autre cAté. Le pré est là, et la maison est par delà. Certains hommes passent leur vie au hasard à se réjouir ou à s'affliger, comme s'ils ne croyaient rien par delà, fléch. Serm.i, 4 93. Il En plus. Je l'ai satisfait et par delà. || Par delà, loc. prépos. lieaucoup plus loin que. Par delà le cap de Bonne-Espérance. Par delà tous ces cieux le Dieu des cieux réside, volt. Henr. vu. || Fig. Par delà son désir, la pont. Eunuque, m, 4. Ses égards sont pour lui par delà le respect, BotJRSAULT, Fabl. d'Ésope, H, 2. X ma confusion, Néron veut faire voir Qu'Agrippine promet par delà son pouvoir, rac. Brit. I, 2. Il 3° Delà, construit avec la préposition à et l'article. || Au delà, (oc. adv. Plus loin, par rapport à un point déterminé par là. La rivière est là; et sa maison est au delà. J'ai regagné mon argent et au delà. || Au delà de, loc. prépos. Au delà des mers. Il va recueillir au delà du Rhin les débris d'ime armée défaite. Au delà des bords de la Meuse L'Allemagne a vu nos guerriers.... malb. m, 2. Il Fig. Tout prospère au delà de leur attente. Au delà de l'imagination , plus qu'on ne saurait croire. Qu'appc.Ue-t-on franchir les bornes de toute pudeur et p;isser audelàde toute impudence. ..Tpasc. Prov.ii. L'hyperbole exprime au delà de la vérité, comme pour ramener l'esprit à la mieux connaître, la brut. i. Le sage vieillard donne aux pauvres malades de son voisinage tout ce qui lui reste au delà de ses besoins, FÉN. Tél. VI. Presque toutes ses actions [de Charles XII], jusqu'à celles de sa vie privée et unie, ont été bien au delà du vraisemblable, volt. Charles XII, 8. Il «• Deçà et delà, Ivc. adv. De côté et d'autre. Aller deçà, delà. Jambe deçà, jambe delà Les fils vous retournent le champ Deçà,

delà, partout.... la font. Fabl. v, ». || Deçà et delà, loc. prépos. Les villages deçà et delà la rivière de Somme.

— lllST. XIII" s. Dont delà en avant m'en laissez convenir, Berte, xiu. Il n' j'y] a si bcle famé deçà ne delà mer, th. m. Quant li papes sot qu'ensi estoit, si en fu moult iriés, et bien apierchut que sa cours en estoit pierdue, et que nus n'iroit de delà

les mons, Chron. de Rains, )î7. {| xv« s Par

quoi les sages du pays pussent sur ce prendre bon Avis et accord comment et par qui le pays seroit gouverné de là en avant, proiss. i, i, 26. X l'aide de vos amis qui delà la mer sont, ID. i, i, 14 [Les Anglois] avaient envoyé leurs coureurs courir de là l'eau à savoir si nulles nouvelles y trouveroient, id. U, n, <9. Jusques à ce que le roy d'Angleterre eust esté troismoysdolàlamer,iD. iv, 8. {) xvi's. Audelà cette vie,iiONT. i, t6. Audelàde nosforces.io. i,M. Lieutenant du roy en son armée de là les monts.

m. I, 44. Ignorant, au delà d'un enfant, des phrases.... m. I, <U3. Les abeilles pilloteut deçà delà les fieurs, lo. i, 462. Les nations qui sont au delà de leurs moniaignes, lo. i, 33s. Ksiioniée au delà de toute souffrance, id. m, 33<. Tigranes avoil desjà vaincu les autres nations qui sont au delà,

AHYOT. Lucull. 72 El quant à leurs personnes,

qu'on les gardast en prison l'un deçà l'autre delà, par les villes d'Italie, id. Cicéron, 24. Si estoit leur intention de s'aller joindre aux nations qui estoieni de là les monts loubs la charge de Lepidus, u>. Anton. 22.

— Etvm. De et là; bourguig. délai.

DËLABKË, ËK (dé-la-bré, brée), part, passé. Mis

en mauvais état. Une maison délabrée. Des vêtements délabrés. Où était un joli potager avec une petite loge fort délabrée qu'on appelait l'ermitage, I. 1. Roijss. Confea. viii. Six brins de paille délabrée Tressés surde vieux érhalas, gresset, la Chartreuse. Au reste de mes vêlements délabrés et peutêtre changés, il était difficile de me reconnaître, MARIVAUX, Jfort'anne, »■ part. t. in, p. 284, danspou- GENs. De leur toit délabré j'écartai la misère, STlambert, Saisons, hiver. Si vous les tourmentez, ou les vexez, ou les gênez, ils s'enfuiront, et vous laisseront leurs terres en friche, leurs manufactures délabrées, leurs magasins déserts, baynal, Hist. phil. xvm. t. Des deux côtés du canal on voit les palais des Vénitiens, grands et un peu délabrés comme la magnificence italienne, stael, Corinne, XV, 7. Quand la goutte l'accable Sur un lit délabré, KÈRANO. Pet. h. gris. || Familièrement. Être délabré, avoir des vêtements en lambeaux. Délabrés, s'il en est au monde, Transis de froid, mourants de faim, scarbon, Yirg. Irav, iv. De s'en retournera Mycènes Tout délabrés et tous pieds nus, lo. ib. ii. Comme le pauvre Poussatin était fort délabré, je n'eus pas le temps de le mettre en équipage à Perpignan, HAHiLT. Gramm. s. || Un estomac délabré, un estomac qui opère péniblement et mal la digestion. Il Des afi'aires délabrées, un état de fortune où la ruine s'introduit. Vos affaires, avec votre permission, étaient fort délabrées, mol. G. Dandin, l, 4. Quoique délabrées que soient les affaires, nous espérons tout de votre capacité, uaintenon, Lett. au Mar. de Tessé, *" févr. 4708. || Par extension. Mon héros est doyen de notre délabrée Académie,, volt. Lett. Richelieu, 26 mai (772.

DÉLABREMENT (dé-la-bre-man), *. m. || 1* État de ruine, d'usure. Délabrement d'un édifice, d'un vêtement. Les précautions avec lesquelles il avait coutume de déguiser le délabrement de son équipage, MONTESQ. Lett. pers. 45. ||8" Affaiblissement, dépérissement. Le délabrementde la santé. || Mauvais état. Le délabrement de ses affaires. Ces papiers me .'seront très-utiles dans le délabrement des affaires de M. le duc de Virtemberg, volt. Lett. Damilaville, 2 nov. 4767. Malgré le délabrement du crédit attaqué et presque détruit par tous les retianchemeuLs de capitaux et d'intérêts, nbcker, Compte rendu au Roi, janv. 4 784, p. 7.

— ÊTYM. Délabrer.

DÉLABRER (dé-la-bré), c. a. || 1* Mettre en mauvais état. Délabrer une tapisserie. Délabrer une machine. Délabrer sa fortune. Les veilles auront bientôt délabré sa santé. Il faut entendre là-dessus ses héritiers, ils ne délabrent pas mal sa réputation, DANcouHT, Femme d'intrigue, || 2° Se délabrer, v. ri'/l. Devenir en mauvais état. Tous ces meubles se délabrent. || Perdre sa fortune. Envahir les biens d'une maison qui se délabre, beaux. Mère coup. 1, 2.

— HIST. XVI' S. Un jour il en trouva dix sur son chemin, qui lui parurent fort délabrez, Mim. sisr du G. ch. 26.

— ÊTYM. Wallon, dilaburner, déchirer les vêtements. Délabrer est un mot d'origine incertaine. Ménage le tire de lambeau, lambel, pour lequel on trouve aussi label, d'où labrenu lieu de labler, ce qui ne ferait pas difficulté. Le latin lamberare, qui veut dire déchirer, n'est pas sûr, attendu que Vm qui s'ajoute souvent se supprime rarement. Frisch a proposé tnhruni, lèvre, bord, d'où lambeau; label proviendrait, dans cette hypothèse, de labellum. Diez rappelle l'allemand Lappen, lambeau, et le celtique : gaélique léab, kymri llabei, qui ont le même sens. Tout cela reste hypothétique, à cause que délabrer n'a pour ainsi dire pas d'historique qui note les phases du mot. Le latin dilabor, qui se présente à l'esprit, n'est pas admissible, n'ayant point d'r.

DËLACfi, ËB (dé-la-sé, sée), furt. passé. Un corsot délacé.

DÉLACER (déla-sé. Le e prend une cédille devant a et o ; délaçant, délaçons), v. a. \\ 1* Belâchof ou retirer un lacet. Délacer un brodequin. || Défaire le lacet du corset d'une femme. Voulez-vous que l'on vous délaceT hol. Crt't. 3. On avait mis la demoLselle sur le lit de la touriére, et nous la délacions, cette touriére et moi, pour lui faciliter la respiration, uarivaux, Jfananne, 7* part. |{ Terme de marine. Délacer une bonnette, la détacher de bord inférieur d'une autre voile. || t' Se délacer, V. réfl. N'être plus lacé. Mon brodequin se délace. Il Se débarrasser d'un corset lacé. Cette dame eut besoin de se délacer.

— HIST. XI* s. Son haume ad or [il] lui deslaçat du chef [de la tête], Ch. de Roi eux. || xn* s. Là le de.sarment li baron qui l'ont chier; Il li deslacent son vert elme à or mier [pur], Raoul de C. 62. |{ xiii* s.Ordont,dist Kenart, vien avant, Si me deslace tout avant De ton reseus [réseau] qui trop me grieve, lien. IS294. Il xvi' s. Onde pour ma Qamme esteindre, Mains pour mes noeuds délacer, du bellay, vu, 21, terso. Il entra en une chambre et deslaça le corps de sa cuirasse, amyot, Ant. M,

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et lacer i provenç. deslassar, deilasar; ital. dilacciare.

DÉLAI (dé-lè), s. m. || 1* Temps accordé pour faire une chose. Demander un délai. || Terme de procédure. Temps fixé par la loi, par le juge ou la convention , pour accomplir un acte ou s'en abstenir. Délai d'ajournement, d'appel. Bref délai ou délai d'abréviation, délai qui, moindre que le délai ordinaire, est fixé par le juge. Citer à bref délai. Délai d'augmentation , délai supp'ém^ntaire accordé i raison des distances. Délai de grâce, délai accordé par le juge au débiteur. || Terme de législation militaire. Délai de repentir, délai accordé au militaire qui a quitté son corps, et avant lequel il n'est pas déclaré déserteur; il varie en durée suivant la temps de paix ou le temps de guerre. || t' Retard, remise. J'irai sans délai. Ce délai de nos maux rendra leurs coups plus rudes, corn. Ilor. m, 3. J'ai permis vos délais, maisnon pas vos refus, volt. Tancr. I, 4. Le sang d'un éjKiux crie et ton délai roffense. ID. Scythes, v, 4.

— HIST. XII* s. En long délai [ils] m'ont si desconforlé. Couci, nv. || xiii* s. U a dit au valet : rêvat-cn en arriés [arrière]. Et me dis à ta dame [que] j'i vois [vais] sans délaies, audepr. lb bast. Romaincero, p. 34. Courant [elle] vint à sa mère, n'i fil pas long délai, Berte, lvu. Et il y vint sans délai, Chr. de Rains, 4»2. Renart regarde arere soi, El voit qu'il viegnent sans deloi, Ren. 4 4 34 7. Li délais n'a pas esté par me [ma] defaute de paiement fere, beaum. IX, 7. Et si alonge et met en delay moult d* cozes par se [sa] parece, lesqueles û deusl haster, ID. 20. Et s'il contremandent ne quierent délai, il ne gardent pas bien lor foi vers lor segneurs, iD. 4». Li besoinz que geai n'a meslier de délai. Psautier, f 4 20. Il XV* s. Sans nul delay le portier nous ouvry, Dedens nous mist, et puis nous respondy, ch. d'orl. 4. El alors, sans faire delay, Droict encontre elle m'en allay Pour la saluer humblement, la Font. 264. Il XVI* s. Le roi apprit de lui puis après que tes delez du duc de Savoie estoient favorisez par la pluspart des députez, d'aub. Hist. m, 46».

— ÉTYM. Ital. dilata, s. f.; du latin dilatum, supin de difl'(Tre,din'érer, retarder. On disaitaussi drlaiement : Li message s'en tornerent sans autre delaiement. et vindrent à la porte, villkh. xcv.

t DÊLAINER (dé-lé-né), V. a. Terme de jardinage. Défaire le lien de laine avec lequel on a fixé une greffe en écusson.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et (aine.

t DÉLAIS (dé-lê), t. m. Terme d'ancienne pratique. Cession, abandon d'un bien pour lequel on est inquiété.

— ÊTYM. Voy. délaisser.

DÉLAISSÉ, ÉB (dé-lê-sé, sée), part, patti. Il 1° Qu'on a laissé, dont on s'est éloigné. Ces terres délaissées par leurs possesseur*. Encor même aujourd'hui ces traces délaissées Font voir combien étaient parfaits Ceux qui par de si grands effets Domptaient lo monde et ses pensées, coin. Imit. I, 18. Il 2' Dont on a fait abandon. Enfan t délaissé. Biens délaissés. || 3* Demeuré seul et sans appui. Délaissée de toute la terre dès ma naissance, boss Ducli. d'Orl. iNotre princesse est persécutée avant que de n,.IIre, délaissée aussi tel que mise au acnde, id. ib. ô Eternel, veillez sur elle: anges saints, rangez à l'enlour vos escadrons invisibles, et faites la garde autour du berceau d'une princesse si grande et si délaissée, id. Reine d'Anglel. Jésus était délaissé seul à la colère, pak. Myst. 4. Tithi d'uni

DEL

partie de mes amis et délaissé des autres, j. j. nouss. Con/>ts. X. Il Absolument. Qui reste isolé, qui n'a plus d'alentours ni d'amis. A(?latide d'ailleurs n'est pas si délaissée Que votre exemple n'aide à lui trouver un roi, corn. Agésil. u, s. Ce serait une connaissance bien avantageuse pour cette pauvre femme, qui me parait présentement bien délaissée, maintenon, Lett. à Mme de Oangeau, t. vu, p. 92, dans pouGENS. C'était la prendre par son endroit sensible, que dites-vous? s'écria-t-elle, Crébillon est pauvre et délaissé; aussitôt elle obtint pour lui du roi une pension de cent louis sur sa cassette, mabmontei., Uém. liv. IV. Il 4° Se dit de l'éloignement qui survient entre mari et femme, entre amant et amante, dont l'un abandonne l'autre resté fidèle. Les amants délaissés n'ont qu'à chercher qui les plaigne Marivaux, l'Heur, stralag. i, t. Je suis la pauvre comtesse Almaviva, la triste femme délaissée que vous n'aimez plus, BEAUM. ilar. de Fig. ii, <9.|| S. f. Une délaissée, une femme abandonnée par son mari ou par son amant. M. le chevalier de Lorraine alla voir la F.... l'autre jour; elle voulut jouer la délaissée, elle parut embarrassée , sÉv. 129.11 n'était pas permis d'épouser la délaissée d'un prêtre ou d'un diacre, st-foix, Ess. Paris, Œurres, t. iv, p. 31 , dans pougens.

DÉLAISSEMENT (dé-lê-se-man), s. m. || i' Action de mettre en abandon; résultat de celte action. Lui dont la main invisible prépare la nourriture aux petits corbeaux mêmes qui l'invoquent dans leur délaissement, MASS. Car. Aumône. Voilà les délaissements que Marie avait éprouvés sur la terre, id. Mijst. Àssompt. Dans un délaissement total et de la part du ciel et de la part des hommes, bourdal. Exhort. sur la prière de J. C. Le délaissement [de la part du maréchal de Saxe] où tombait ma Zaïre [une actrice qui jouait le rôle de Zaïre] nous accabla tous les deux de douleur, marmontel, Mém. iv. Il II se dit aussi des choses qu'on délaisse. On regarde ordinairement cette sorte de délaissement des sciences comme une conséquence des invasions des barbares; mais il est évidemment très-antérieur; il se manifesta, dès les premiers siècles du christianisme, par l'état de langueur où tomba le musée d'Alexandrie, a. comte, Consid.phil. turles science$ et les savants , dans Politique posit. t. iv, append. p. 4 79. Il 2° Terme de jurisprudence. Abandonnement d'une chose. || Délaissement par hypothèque, ahandon, par le tiers détenteur, d'un immeuble hypothéqué pour éviter des poursuites. || Terme de droit maritime. Acte par lequel l'assuré dénonce la perte à l'assureur et lui abandonne la chose assurée avec sommation de payer la somme due à raison de l'assurance.

— HIST. xvi* s. En transaction portant délaissement d'héritages, moyennant deniers baillés, sont dues ventes, loysel, 640.

— ÉTYM. Délaisser.

DÉLAISSER (dé-lê-sé), e. a. || !• Mettre en abandon, laisser sans secours, ô Dieux I dans ce péril ni'auriez-vous délaissée? RAC. Uithr. iv, (. Vous me délaissez, mon Dieu, mais je ne vous délaisserai point , BOUBDAL. Exh»r>. sur la prière de J. C. Il 2° Terme de jurisprudence. Renoncer à la possession d'une chose. || Ne pas continuer une procédure. Délaisser des poursuites. || 3° Se délaisser, ti. réfl. S'abandonner l'un l'autre. Dans la retraite de Moscou, les hommes se délaissaient l'un l'autre. || Etre délaissé. De tels devoirs ne se délaissent pas.

— HIST. xu* s. Tant que constreinz par maintes feiz De ses contes, de ses feeilz, Qu'en lui ne fusl si delaisée Ne si perie sa lignée, Preist femme, dunt

eûsteir.... benoît, ii, 8858. ||xiii»s Et prenoient

aprentiz, et puis au chief de trois semaines ou d'un mois revendoient et delessoient leur forges et revenoient en l'estat de devant, Liv. des met. 360. Puisque ajournemens est fes sor aucune de ces cozes, les parties ne les poent pas delaissier sans le [la] volenté du segneur, beadm. 6B. Et la chose otreiée et faite en court ne peut estre deslaissiée ne desfaite par raison, se ce n'est par la volenté de toutes les parties, Ass. de Jérus. i, 157. || xiv' s. Et delesseron à parler à présent de justice légal qui est selon toute vertu, oresme, Eth. U4. Et est vérité que un homme bon geomelrienauroit plus tost oublié sa géométrie qu'il n'auroit oublié le bien ou delessié à bien fere, id. ib. 24. Et pour ce il aiment tantost ettantostdelessent àamer, iD. ib. 234. Les religions des diex avoient esté delessées ou mal h. point coustivées [cultivées], bercheure, f» 17, «erso. |1 xv s. Nonobstant ce, le sire de Beaumont ne s'en voulut oncques déporter ni délaisser, si eut faite son entreprise, KROlss. l, I, 88. Et le desbat qu'jiy et querelle Vers elle, je veuil délaisser, Et tout courroux lui

pardonner, CH. d'orl. 4) . Koulz la poursuit [la cour] et saiges la delesse, e. desch. De l'intdr. dis cours. Car en servant y sont maint envieilli Sanz bien avoir ; leur chevanceont perie. Dieu delaissié; l'espoir leur est failli.... iD. ib. Qu'il ne falloit plus attendre et qu'il ne delaisseroit point l'assaultdu matin, comme il avoit esté conclud, comm. ii, 1 3. || xvi' s. Les herbes estoyent sans verdure, les rivières taryes, les paoures poissons délaissez de leurs propres elemons, vaguans et crians par la terre horriblement, rab. Pant. ii, 2. Encore que tout nous défaille, toutesfois le seigneur Dieu jamais ne nous delairra, calv. Instit. 733. Vostre Dieu ne vous délaissera pas, in. tb. 740. J'ay délaissé par les herbeux pastis Bœufs et brebis et leurs aigneaux petits, marot, i, 3)3. Toutefois le mari ne délaissa à jouer de sa flûte, comme il souloit, DESPER. Contes, cxv. Il se trouva délaissé de tout le monde en sa vieillesse, amïot, Péric. 36. On fut tout esbahy qu'il délaissa et quitta soudainement toute entremise du gouvernement des affaires de la chose publique, id. Lucull. 77. La plus part des honneurs qui luy furent alors ordonnez, par traict de temps et changement des choses qui sont depuis survenues, ont esté délaissez, id. Aratus, 63.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et îomer; provenç. delaissar; anc. espagn. delessar.

tDÉLAITAGE (dé-lè-ta-j'), s. m. Action de débarrasser le beurre, en le pressant entre les mains et le lavant, du petit-lait qui y est demeuré.

— ÉTYM. Délaiter.

DÉLAITEMENT (dé-lè-te-man), s. m. Synonyms de délai lage.

t DÉLAITER (dé-lè-té), ti. o. Faire l'opération du délaitaiîe.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et lait.

DÉLARDË, ÉE (dé-lar-dé, dée), part, passé. Une volaille délardée. || Une pierre délardée, une pierre amincie obliquement par-dessous.

DÉLARDEMENT (dé-lar-Je-man), s. m. Terme d'architecture. Action de delarder.

— ÉTYM. Délarder.

DÉLARDER (dé-lar-dé), V. a. || 1" ôter les lardons d'une pièce lardée ou piquée. || Dépouiller le cochon de son lard, de sa graisse. || î° Terme d'architecture. Enlever une partie du lit d'une pierre; piquer une pierre avec le marteau pour l'amincir; couper obliquement le dessous d'une marche de pierre. || Terme de charpentier. Abattre les arêtes d'une pièce de bois; couper obliquement le dessous d'une marche d'escalier.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et lard.

t DÉLASSANT, ANTE (dé-lâ-san, san-t'), adj. Qui délasse. C'est un exercice délassant.

DÉLASSÉ, ÉE (dé-lâ-sé, sée), part, passé. Qui n'a plus de lassitude. Délassé par un bon lit. Hé bien! mon cher monsieur, êtes-vous délassé? colin d'harlev. Chdt. en Esp. u, 4.

UÉLASSEMENT (dé-lâ-se-man), s. m. || 1° Cessation de la lassitude. Vous avez besoin d'un peu de délassement. || 2° Fig. Exercice agréable. Le délassement de la pêche, de la chasse. Par ces délassements, sa noble inquiétude De ses justes desseins faisait l'heureux prélude, corn. Attila, u, 5. La comédie fut toujours le délassement des grands hommes, le divertissement des gens polis et l'amusement du peuple, st-évremond, Coméd. ital. dans richelet. Ceux à qui il n'est permis de prendre les sciences que pour le délassement ou pour l'ornement ne peuvent choisir ni des délassements plus nobles ni des ornements qui siéent mieux, fonten. Maisons, Un tel délassement nuit-il à leur courage? c. DELAV. Vêpres sicil. u, 2.

— ÉTYM. Délasser,

DÉLASSER idé-là-sé), V. a. || 1° ôter la lassitude. Le sommeil l'a délassé. J'ai cru qu'en un lieu où vous ne songez qu'à vous délasser l'esprit, vous pourriez accorder à l'entretien d'Amadis quelquesunes de ces heures que vous donnez aux gentilshommes de votre province, voit. Lettre 3. Il faut délasser l'esprit qui est trop tendu , d'ablanc. Apophth. dans richelet. Alexandre, étant à Éphèse, pour se délasser l'esprit, allait souvent à la boutique d'Apelle, qui était un fameux peintre de son temps, DU RYER, Supplém. de Q. Curce, liv. ii, ch. 8, dans richelet. Une princesse qui délassait Louis des soins de la royauté, mass. Or. (un. Louis XIV. || Absolument. Car qui délasse hors de propos, il lasse, pasc. P. Éloq. 8. {{ 2° Se délasser, v. réfl. Se reposer de ses fatigues, prendre du relâche. Si je suis las, je me délasse; J'écris, je lis, je mange et boi. Plus heureux cent fois que le roi, Régnier, Ép. m. Du moins une heure ou deux je veux qu'il se délasse,

Pin.

CORN. Cid, IT, 6. Je me délasserais parmi les précipices Et dans le seul repos trouverais des supplices, rotrou, Antig. v, 8 Des gens se délassent

X venir débiter les choses qui se passent, mol. Éc des f. 1, i. Allons nous délasser à voir d'autres procès, RAC. Plaid. I!i, «. Après quelque séjour que cet empereur fit dans Aquilée, afin de se délasser des travaux de la guerre, plEch. Uitt. de Théodose, tu, 100. Il est temps de vous délasser de tous vos travaux, pén. Tél. i. U se délassait à écouter de» hommes savants, id. ib. ii. Il est à propos de vou. délasser de vos peines, id. ib. viii. C'est là qu'ils vont se délasser de l'ennui des plaisirs, mass. Car. Resp, hum. Autour de moi, sous l'ombrage. Accourez vous délasser , bëhang. Ménétr. || Se délasser de. se dit aussi avec un verbe à l'infinitif. Je m'y promenai même quelques instants pour me délasser d'avoir été assise toute la matinée, Marivaux, Marianne, t(* part. Il Fig. Sa cruauté se délasse daui la débauche, dideh. Claude et Néron, i, § 85.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et las. Ce verbe parait avoir été introduit vers le commencement du xvn* siècle; du moins, nous n'en avons pas d'exemple antérieur.

DÉLATEUR (dé-la-teur), s. m. \\ 1° Terme d'histoire romaine. Celui qui, sous les empereurs, faisait métier de dénoncer auprès du prince les actes ou les paroles des personnages considérables; métier qui, ne servant que les passions du prince, était flétri par l'opinion publique. Les déserts, autrefois peuplés de sénateurs. Ne sont plus habités que par leurs délateurs, rac. Brit. i, 4. Vous faites grâce à un délateur de la mère de PisonI dider. Règne de Claude et Néron, i, § 6. Un Suilius, un délateur par état, un Furius, souillé, accusé, puni de mille crimes, id.î'6.1, §80. || 2°Délateur,délatrice, s. m. et f. Celui, celle qui accuse et fait métier de dénoncer; ce qui implique aussi une idée défavorable. Mais pourquoi être encore le délateur universel à quatre-vingt-dix ans? c'est un beau métier i cet âge-là, PÉN. Dial. des morts, Rhadamante . Coton l'ancien, Scipion. Tel est le caractère du délateur : il craint ùi lumière et les preuves, il désira fermer à l'innocence tout accès auprès du prince, et lui ôter tout moyen de se justifier, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. Il, p. 382, dans pougens. Pour une plaisanterie, en vérité, ce n'est pas la peine de me charger du rôle infâme de délateur, marmont. Mém, VI. Faisons-nous délateur pour nous rendre innocent, imbert. Jaloux sans amour, iv, U. En vain sui son crédit un délateur s'appuie; Sous son bonnet carré, que ma main jette à bas. Je découvre en riant la tête de Midas, volt. ÉpH. 83. Il 3° Terme de législation pénale. Celui qui porte à la connaissance de la justice un crime ou un délit; ce qui, dans ce sens, est exempt de toute idée déshonorante. Il On dit plutôt aujourd'hui dénonciateur. Il 4" Adjectivement. Témoin muet, mais sûr, d'un forfait exécrable, Le glaive délateur reste aux mains du coupable, delhieu, Artaxerce, iv, 8. Toutes les passions devinrent également délatrices, également écoutées, raynal, Hist. phil. viii, 3i.

— HIST. XVI» s. Thucidides n'a point nommé, qui furent les délateurs, amyot. Aie. 36.

— ÉTYM. Lat. delator, de de, et latxtm, supin de ferre, porter.

DÉLATION (dé-la-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. /. Il 1° Dénonciation, mais toujours en mauvaise part. Un esclave t'accuse, et je ne cruirai pas X des délations qui partent de si bas, ancelot, Fiesque, iv,». Deux courtisanes séduites par de l'argent et des promesses se chargent de la délation, DiDER. Règne de Claude et Nér. i, § 26. || 2° Action de déférer. La délation du serment.

— HIST. XVI* s. Pour cela la commune ne laissa point à estre aussi aspre et aussi aigre à recevoir toutes sortes de calumnies et de délations, comme auparavant, amyot, Aie. 36. Je [Socrate] m'enferre en la délation de mes accusateurs, qui est que je fois [fais] plus l'entendu que les aullres, comme ayant quelque cognoissance plus cachée des choses qui sont au dessus et au dessoubs de nous, mont.

— ÉTYM. Lat. delatio (voy. délateur).

DÉLATTÉ, ÉE (dé-la-té, tée), part, passé. Un

toit délatté.

DÉLATTER (dé-la-té) , V, a. ôter les lattes d'un toit, d'un plafond. Il Se délatter,«. rép,. Perdre ses lattes. Ce toit se délatte.

— HIST. XV* s. Ce petit grenier estoit d'ancien édifice, tout deplanché, tout delatté, tout periuisi et rompu en plusieurs lieux, louis zi, i\rpuo. xxziT-

— ÉTYM. Ce.... préfixe, et latte.

DEL

t DIÎI.AVAGK (dé-la-v»-j'), ». m. Terme de aesain. Action de délaver.

— ETYM. Di>laver.

Dfil-AVÉ, Rk (dé-la-vé, vée), part, patte. Terme , de teinture. Où l'on a mis trop d'eau, en parlant de couleurs. || Terme de lapidaire. Pierre delà- | vée, pierre à couleur faible. || Terme d'agriculture. Foiiî délavé, foin qui a été exposé à la pluie ou à des roséfs abondantes pendant la fenaison.

t DlîLAVER (dé-la-vé), v. a. || 1* Terme de desv.n. Enlever ou affaiblir avec de l'eau une couleur étendue sur du papier. || 1' Pénétrer d'eau. Dans ces contrées les neiges séjournent longtemps sur les terres; elles filtrent au travers de leurs partie» les moins solides, qu'elles pénètrent profondément , qu'elles délavent et effondrent, sBgur. Hiit. de Napol. V, t. Il 3° Se délaver, v. réfl. Perdre sa couleur par le lavage. || Être pénétré d'eau. Ce» terres se délavent par l'effet des pluies.

— HIST. xiii' s. Aingnelin lavé sunt de la coustume do la laine lavée, et li aignelin deslavé sunt de la coustume de laine deslavée, Liv. det mil. ï77. Il xv« s. Klle fut garie et lavée. Et l'orde lioe des- ' lavée Dont elle avoit esté pourprise Du pecliié de char et reprise, E. desch. Poésies mss. ^ 60«, dans ,

LÀCUBNE. {

— ÊTYM. Vi.... préfixe, et laver. Dans le sens! d'affaiblir par lavage ou de pénétrer d'eau, dé....a.\ le sens aiigmoiilatif; il signifie au contraire enlève- ] ment dans l'exemple de l'historique du xv« siècle.

tDfiLAYABI.K(<lélè-ia-bl'),ady. Oui peutêtre délayé. (..1 plupart des argiles sont délayables dans l'eau.

f Dfil-AYAGE (ilé-lè-ia-j'), t. m. Action de délayer. État de ce qui est délayé.

— ÉTYM. Délayer.

Bfti.AYANT, ANTE (dé-lè-ian, ian-t') , odj. Terme de médecine. Qui a la propriété d'augmenter la liquidité du sang et des humeurs, par l'introduction d'une plus grande quantité d'eau ou de particules aqueuses. Médicaments délayants. || Substantivement. Un délayant. Les délayants.

nÉLAVÉ, ÉE (dé-lè-ié,iée), part, posté. Du plâtre délayé dans de l'eau. || Fig. Une proposition délavée en beaucoup de parole».

bfil.AYEMENT (dé-lè-ye-man), *. m. Action de délayer.

— KTYM. Délatjer.

DÉLAYER (<lé-lè-ié), je délaye, tu délay»», il déîaye ou délaie, nous délayons, vous délayaz, ils délavent ou délaient ; je délayais, nous dé'h yions , vous délayiez ; je délayai, je délayerai ou dé.aierai ou déjaîrai; je délayerais ou délaierais ou délalrais; délaye, délayez; que je délaye, que nous délayions, que vous délayiez; que je délayasse; délayant, v. a. Il 1' Détremper dans un liquide. Délayer de la farine. Les unas passent plusieurs semaines sans pouvoir délayer par aucune boisson cette nourriture aride, bukf. horceaux choisis, p. 25ï. || 8° Fig. La solitude délaye un peu les idées, SÉV. t»9. jj Exprimer d'une manière diffuse. Il délayera une ligne vraie dans des volumes de mensonges séduisants. Descartes a délayé cette pensée [ le doute est la source de la sagesse], volt. Pkil. ignor.

— HIST. XIV s. Alaier d'eaue chaude, tténagier, n, 5. Et se le potage est espois, allayez le de l'eaue de la char, i!>.

— ÊTYM. Lat. dilatare (voy. délai), étendre, allonger; en elTet, pour délayer, ilfaut étendre, allonger par un liquide. Delaier, verbe très-employé dans l'ancien français, y signifiait faire délai, et vient, par conséquent, comme délai, de dilaiure (il est conservé dans le Berry : dilayer, retarder). Enfin le mot usité pour délayer était allaier, qui est composé ili! même avec la préposition d.

t DÉLAYURE (dé-lè-iu-r') , s. f. Opération de boulangerie par laquelle on mêle la farine et le levain avec l'eau.

— ÊTYM. Délayer.

DELEATlfR (dé-lé- a-tur), «.m. Signe indiquant, dans la correction des épreuves, le retranchement des lettres, des mots ou des lignes. || Au plur. Des deleatur.

— ÊTYM. 3« personne, présent passif du subjonctif du verbe latin delere: mot à mot, qu'il soit effacé; de de, et leo, d'où itnt'o, j'oins (voy. liniment). Cependant quelques étymologistes rattachent ce mot au grec StiXiîv, détruire (voy. délétère); ce qui n'est pas sontenable.

1 nf!Ll\BILE (dé-lé- bi-1'), adj. Terme didactique. Oui peui éireelTacé, qui s'efface facilement. Encre, caractère délébile.

— RTYM. Lat. delebitit, de delere (voy. delbatuh).

DÉLECTABLE Idé-lè-kta-bl'), 04^. Qui délecte, qui

DÊL

est trés-agréable. Mon printemps était délectable. Les plaisirs logeaient en mon sein, ReoniEB,. S(anc«rei. Il y boit à longs traits d'un nectar délectable, tristan, Panthée, v, S. En voyant avec agrément le fruit défendu, en le dévorant d'abord des yeux et prévenant par son appétit son goût délectable, l'amour du plaisir est entré, et nos premiers parents nous l'ont inspiré jusque dans la moelle des os, boss. Cnncupisc. 2B. Fruit d'un aspect délectable, volt. Phil. IV, (7. Chaque frémissement de l'airain portait à mon âme naïve la délectable mélancolie des souvenirs de ma première enfance, ciiateadb. Retié, 471. On parle de banquet? il vous cite sa table; De vin? le sien est délectable, delille, Conversation, II. Il Substantivement. Ils auront joint l'utile avec le délectable, Régnier, Sat. ix.

— HIST. xir s. Deleitaules sont les oyvre» lœuvres^ nostre Signor, sx bern. dans raynouard. E encens offrid as munz e par tut là ù arbre bien fuillié truvad, e ki umbre delitable getad, Rois, 396. Il XIII* 8. Ci» palais fu uns des plus biaus et des plus delitables de tous les delis [délices] qu'il conviengne à cors d'ome, villeh. lxu. Naples fu donée à Virgile, Oui plus est delitable ville Que n'est Paris ne Lavardins, la Rose, <8»28. ||xiv* s. La vie de ceulx qui œuvrent selon vertu est selon soi délectable, ORESME, Elh. t9. Il XV s. Estant parmi les pots pleins de vin délectable, basselin, h. Le vice de luxure abonde en jolivetés, en regards et contenances, et s'adjoint à convoitise de choses délectables, Bouciq. IV, ch. 7. || xvi* s. Il y a de trois sortes de biens, les délectables, les utiles et les honnestes, LANOL'K, 606. Boscages et prairies salubres et délectables, AMYOT, Aie. 47. Aime U loy d'amour taut délectable, mabot, iv, itt.

— ÊTYM. Provenç. délectable, deleitable, delechahle; espagn. deleyiable; portug. deleitavel ; ilal. dilettabile; du latin delectabilis, de delectare, délecter.

t DÉLECTABLEMENT (dé-lè-kta-ble-man) , adv. D'une façon délectable.

— HIST. XIV s. Ils font les œuvres vertueuses delettablement, et ne leur résiste pas l'apetit sensitif, ORESME, Elh. 32.

— ETYM. Délectable, et le suffixe ment. DÉLECTATION (dé-lè-kta-sion ; en poésie, de

cinq syllabes), ». ^. || 1* Plaisir qu'on savoure avec plénitude. Il éprouvait une vraie délectation à se promener sous ces belles allées. || 2* Terme de théologie. Plaisir, goût qu'on prend à faire quelque chose. Dans le système des deux délectations, celles de la grâce sont opposées à celles de la nature, et les plus puissantes l'emportent. La coutume, sans cela, passerait pour tyrannie; au lieu que l'empire de la raison et de la justice n'est non plus tyrannie que celui de la délectation, pasc. Vrai bien, 9. Dieu change le cœur de l'homme par une douceur céleste qu'il y répand, qui, surmontant la délectation de la chair, fait que l'homme conçoit du dégoût pour les délices du péché qui le séparent du bien incorruptible, ID. Prov. <8. Vous pouvez, désirer ces saintes délectations, BOss. Lettr.abb. «79. La grâce médicinale de J. C. consiste dans une délectation intérieure, fên. t. III, p. 244. Il faut soigneusement distinguer la délectation que Dieu a mise en nous â la vue de luimême, d'avec la pente que la révolte du premier homme a mise dans nos cœurs pour nous faire centre de nous-mêmes, ID. t. xviii, p. 309. || Délectation morose, complaisance avec laquelle on pense à une mauvaise chose, sans intention de la commettre.

— HIST. xiii* s. Car, si cum tesmoigne la letre, Profit et délectation C'est toute leur entencion, la Rose, 46443. Il XIV s. U semble à aucuns que félicité est toute vertu ensemble, ou aucunes d'icelles [vertus] avecques délectation ou au mains non pas sans délectation, oresme, Elh. iB. Plusieurs de grant auttorité dient que félicité est délectation corporel, ID. «6. V, ». Il xV s. Tu ne mets mie ton cœur en U vie amoureuse, pour cause de mieulx en valoir, ne pour vertu, mais seulement pour la délectation que ton corps en a, Bouciq. i, ch. 7. |{ xvi* s. En Dieu sera ta délectation, marot, iv, 277. U abandonna le labourage, disant que l'agriculture estoit de plus grande délectation que de grand profit, amyot, Caton, 46.

— ÊTYM. Provenç. deleclalio; espagn. delectaeion; ital. dilettaiione; du latin delectalionem , de de'erlnre, délerter.

DÉLECTÉ, ÉE (dé-lè-klé, ktée), pari, passé. Le cœur ému, [il] prêtait ses deux oreilles Tout délecté quand sa femme parlait, volt. Ce qui pi. aux dames.

DÉLECTER (dé-lè-kté), v. o. || !• Faire pleinement savourer un plaisir. U» cherchent ce qui les

DÉL

(latte et ce qui les délecte, boss. Par. de Dieu. 4 Il 1' Se délecter, v. réfl. Prendre beaucoup de plaisir i quelque chose. De peur qu'iU ne se déleclent dans le péché, ID. Pensées, ». Heureux ceux qui, retirés humblement dans la maisfindu Seigneur. >« délectent dans la nudité de leurs petites cellules I ID. Concupise, 9. L'éléphant se délecte au son d«s instruments, Burp. Morceaux choisis, p. (74. Je restai le lendemain toute la matinée chez moi; je ne m'y ennuyai pas; je m'y délectai dans le plaisir de me trouver tout à coup un maître de maison. Marivaux , Paysan parv. t. lu, 6* part. p. 74, dans

POUGENS

— HIST. xin* 8. Il r'avoit alllors papegau», F,t mains oisiaus qui par ces gaiis Kt par ces bois où ils habitent En lor biau chanter se délitent, ta Rose, «64. Por ce i mist nature délit, Por ce vuel que l'en s'i délit, ib. 4433. Ll verras une grant [partie Des secrés de philosophie. Dû moult te voidras déliter. Et si porras moult profiter, ib. 72U9. || xiv s. Soy deletter est propre as chose» qui ont aine, orksme, Elh. 4 9. Il XV s. La fiour en may et son odeur délecte Aux odorans, non pas jour et demi; Ivn un moment vient li ven» qui la guette, Cheoir la fait ou la couppe par mi , r.. desch. Profiler de la jeunesse. Il xvr s. Et voulontier» me délecte k lire le» beaux dialogues de Platon, rab. Panl. ii, ». De bled en herl>e vous faicies belle saulse verte , laquelle vous délecte le goust, lo. ib. m, 2. Un théologien ne doit pas appliquer son estude â délecter les oreilles en jasant, calv. Inslil. 106. Il ne faut douter ijue les bien-instruits ne s'y délectent beaucoup plus, langue, 618. Je me deleute de le faire, id. 664. Il ne s'ensuit pas nécessairement, si l'ouvrage délecte, que tousjours l'ouvrier en soit & louer, amyot, Péricl. 4. Et de croire qu'il y ait des dieux ou demidieux qui se delecient de meurtre et d'effusion de sang humain, à l'adventure est-ce une folie, id. Pélup. 38. C'est le plaisir où il se delectoil, ma bot, m, 307. Je ne m'enquiers point Qui vous delecie, ou qui vous point. Mais de ce qui doit délecter, id.

— ÉTYM. Provenç. deleclar, delieitar, deleehar, espagn. deleclar, deleitar ; ital. dileltare ; du latio delectare, fréquentatif de delicere (voy. délices).

t DÉLÉGANT (dé-Iégan), ». m. Terme de pratique. Celui qui dél^gue, qui donne une délégation.

t DÉLÉGATAIRE (dé-lé-ga-tè-r') , ». m. et f. Terme de pratique. Celui, celle qui reçoit la délégation.

— ÊTYM. Déléquer.

fDÉLÉGATEUR, TRICE (dé-lé-ga-teur, tri-s*), s. m. et f. Celui, celle qui donne la délégation.

— ÉTYM. Déléguer.

DÉLÉGATION (dé-lé-ga-sion; en vers, de cinq syllabes), t. ^. || 1* Commission qui donne à quelqu'un le droit d'agir au nom d'un autre. {| Délégation de pouvoir, acte par lequel on délègue son pouvoir.ll 2° Acte par lequel un débiteur indique son propre débiteur pour effectuer le paiement. Quatre cents millions d'assignats que nous regardons comme acquittés par la délégation déjà faite de» domaines qui leur servent de gage, montesoi;iod. Rapport, 27 août 4790, p. 8. Une délégation sur le prix d'un immeuble prêt à être aliéné n'est pas une valeur idéale, id. ib. p. 47. || Terme de marine. Somme assignée par un marin sur sa solde, avant le départ du navire, pour subvenir aux besoins de sa famille. Se dit au>si dans l'armée de terre.

— HIST. ivi's. Le pape peut bailler rescrit ou délégation à sujets de ce royaume, à fin de cognoislre de l'utilité [de la vente des biens de l'Ëglise], p. pi-

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