COU
— ÉTYM. Génev. etBerry,godror»; espagn. alqui- Iran; portug. alcatrùo; ital. catrame; de l'arabe kathrân ou, avec l'article, al-kathrSn, de kalhara, couler goutte à goutte.
t GOUDRONNAGE (gou-dro-na-j'), ». m. Terme de marine. Action de goudronner, d'étendre du goudron.
— ÉTYM. Goudronner.
GOUDRONNÉ, ÉE (gou-dro-né, née), part, passé de goudronner. Enduit de goudron. Toile goudronnée. Aussitôt le feu avait été mis à la Bour.se [à Moscou] ; on avait aperçu des soldats de police russes l'attiser avec des lances goudronnées, ségur, Hist. de !fap. Viii, 6. Avec son habit un peu mince, Avec son chapeau goudronné, Comme l'honneur de la province Ce bourguignon [vin de Bourgogne] nous est donné, bérang. Agent prov. || Qui appartient au goudron. Grâce à ce vin de saveur goudronnée, Je crois voguer vers ces anciens autels Où.... bérang. Vin de Chypre. \\ Eau goudronnée, eau dans laquelle on a mis du goudron. Boire de l'eau goudronnée.
GOUDRONNER (gou-dro-né), ». a. Enduire ou imbiber de goudron. Goudronner un mât, des cordages.
— ÉTYM. Goudron.
t GOUDRONNERIE (gou-dro-ne-rie) , *. f. Terme de marine. Atelier où l'on prépare du goudron.
— ÉTYM. Goudronner.
t GOUDRONNEUU (gou-dro-neur), ». m. Ouvrier qui goudronne des planches, un bateau.
t GOUDRONNEUX, EUSE (gou-dro-neû, neû-z'), adj. Qui est de la nature du goudron. Des matières goudronneuses.
(.GOUET (gou-è), ». m. Terme de botanique. Plante dite aussi pied de veau, arum maculatum, L II Le gouet serpentaire, arumdracunculus, L.
t 2. GOUET (gûu-è), s. m. Le même que gouais.
t 3 GOUET (gou-è), s. m. Nom donné dans certaines provinces, dans l'Yonne entre autres, à une serpe assez forte pour tailler les paisseaux, faire les fagots, etc.
— ETYM. Dimin. de l'anc. franc, goi (voy. gougb t ) . GOUFFRE (gou-fr'), s. m. || 1° Cavité profonde,
vide ou remplie d'eau, de feu, de flammes, etc. Dans un gouffre cillumé, Suzon, oui, je m'y jetterais plutôt que de lui nuire, beaumarch. Mar. de Fig. II, 14. Tu péris, et si jeune I ahl nos sables peutêtre. Ou les gouffres des mers t'auront vu disparaître, Ducis, Abufar, i, 6. Un gouffre de feu lait (dans une décoration] avec du satin jaune et du papier doré; ce qui lui donnait beaucoup plus l'apparence d'un surtout de table que d'un abîme, STAEL, Corinne, vu, i. L'enfer mugit d'un effroyable rire. Quand, dégoiité de l'orgueil des méchants. L'ange, qui pleure en accordant sa lyre, Fait éclater ses remords et ses chants; Dieu d'un regard l'arrache au gouffre immonde, bérang. Ange exilé. Il Fig. Ce gouffre infini ne peut être rempli que par un objet infini, pasc. dans cousin. || 2° En particulier, tournoiement d'eau. Le plus grand gouffre que l'on connaisse est celui de la mer de Norvège, on assure qu'il a plus de vingt lieues de circuit; il absorbe pendant six heures tout ce qui est dans son voisinage, l'eau, les baleines, les vaisseaux, et rend ensuite pendant autant de temps tout ce qu'il a absorbé, buff. Théorie de la terre, Preuves, art. XV. L'Euripe, si fameux pa;r la mort d'Aristote, absorbe et rejette alternativement les eaux sept fois en vingt-quatre heures, m. ib. Les gouffres de la mer sont produits par le mouvement de deux ou de plusieurs courants contraires, ID. ib. Il 3° Fig. Ce qui, comparé à un goufl're, engloutit comme lui. Us [les hommes] vont tous se confondre dans ce gouffre infini du néant, où l'on ne trouve plus ni rois, ni princes, ni capitaines, ni tous ces autres augustes noms qui nous séparent les uns des autres, mais la corruption et les vers, la cendre et la pourriture qui nous égalent, boss. Gornay. Telle est votre convoitise; c'est un gouffre toujours ouvert, qui ne dit jamais : c'est assez, m. t" serm. pour le 4' dim. de car. 2. [Agamemnon] Qui, perçant du tombeau les gouffres éternels. Revenait en ces lieux commander aux mortels, volt. Oreste, V, 7. Diît ce sacré tombeau profané par mes pas. Ouvrir, pour me punir, les goufl'res du trépas, VOLT. Sémiram. v, 6. || 4° Fig. Il se dit de malheurs, de misères, de dangers dans lesquels on tombe comme dans un gouffre. C'est un gouffre où la pudeur ne peut éviter un triste naufrage, pa- THu, Plaidoyer i\, dans ricuelet. En quel gouffre d'horreur m'as-tu précipité? coun. Rodog. v, 4. Dans ce gouffre de maux c'est lui qui m'a plongée, id. Théod. V, s. Trahi de toutes parts, accablé d'injus-
GOU
ticea. Je vais sortir d'un goufTre où triomphent let vices. Et chercher sur la terre un endroit écaité Où d'être homme d'honneur on ait la liberté, mol. Mis. v, 8. Dans un gouffre profond Sion est descendue, RAC. Athal. m, 8. Quels sont les crimes affreux qui ont creusé à cet infortuné ca gouffre de tourments où il est enseveli? mass. Carême, Mauv. riche. Le genre humain s'est trouvé souvent dans la religiou comme dans le gouvernement entre la tyrannie et l'anarchie, prêt à tomberdansl'uude ces deux gouffres, VOLT. Mœurs, iso. || 6' Fig. Il se dit de toutes les choses où l'on fait des frais, des sacrifie«s, des pertes immenses. Ce procès est un gouffre. Les maisons de jeu sont des gouflres pour les jeunes gens. Les villes sont le goutlre de l'espèce humaine, J. J. Rouss. Ém. I. Il C'est un gouffre d'argent, se dit d'une affaire où il faut toujours employer une grande quantité d'argent. || C'est un gouffre que cet hommelà, c'est un grand dissipateur.
— HIST. XIII' s. Et chevauchi rent à une cité que l'en apele Nicomie, etsiet seul m goufre [golfe] do mer, villeh. cxxvni. Il est ch, ils aval au gouffre Oii il toutes les dolors souffre, Vnicorne et serpent. Il XV* s. 0 faulse convoitise, gouifre d'enfer insatiable, comment as tu puissance de tellement aveugler le cœur de l'homme? Boucie. m, ta. Fuj le gouffre de villaine lubricité, i. lehaire, dans palsgravb, p. 63. Il XVI' s. Je traversay le gouffre [golfe] de la mer Adriatique depuis Brindes jusques à Corfou en un seul jour, auyot, P. A2m. 68. Il s'esmerveilla fort quand il veit en la province d'Ecbatane le gouffre dont il sort continuellement de gros bouillons de feu comme d'une fonteine. id. Alex. 06. Voilà les trois goulphes et précipices d'où peu de gens so sauvent, charron, Sagesse, i, 20.
— ÉTYM. Le même que gulfe, comme le montre l'historique. Le Bcrry dit gorge, s. m. qui vieut du latin gurges, goufl're.
K GOUGE (gou-j'), s. f. Il 1° Outil de fer, fait en forme de demi-canal, avec un manche de bois, à l'usage des sculpteurs, des plombiers, des menuisiers, des charpentiers. || 2° Tranchet courbe pour creuser les talons des souliers. || 3° Outil pour couper l'excédant des tuiles molles dont on construit le four du glacier. || 4° Terme de chirurgie. Ciseau à tranchant demi-circulaire employé pour l'ablation des exostoses. || 5° Terme de serrurier. On met deux gouges à tous les ressorts d'une serrure, pour les faire sortir autant qu'on le désire.
— HIST. XV' s. Un baston de guerre que on nomme gouge, DU GANGE, got'o. ||xvi* s. Premièrement on y passe un long taraire, et, après, avec une gouge le trou est agrandi, o. de serres, "61
— ÉTYM. lîspagn. gubia; portug. goiva; ital. gorbia, bâton ferré; gloses d'Isidore, gui't'o, gubia, gulria, gulbia. Mot du reste inconnu, qu'on a rattaché au basque gubia signifiant dans cette languo un arc. Les mots de l'ancien français goi, goe, goye, sorte de serpe, avec le diminutif goupi, paraissent venir aussi de guvia et être le même mot que gouge.
f 2. GOUGE (gou-j'), s. f. Terme vieilli qui, danslo Languedoc d'où il paraît provenir, signifie servante, et qui en français signifie femme ou fille avec un sens très-faraiUer et quelquefois de dcnigremeni. Afl"ront qui fit monter le rouge Au nez de cette belli: gouge, scARn. Gigantomachie, i. Ses sœurs aussi [les Furies], méchantes gouges, Et de serpents et de fers rouges Frappent infatigablement, id. Virg. vi.
— HIST. xV s. Une qui aura les yeulx rouges Les lave au matin d'une eau blanche, Tellement que sur toutes gouges Elle semblera la plus franche, co- QUiLLAHT, Droits nouveaux. || xvi" s. Une grosso gouge [une grosse fille], oudin. Curios. fr. En Languedoc, du costé de Tolose et Montauban gouge est une servante, borkl, dans lacurne. En son eage virile Grandgousier espousa Gargamelle, fille du loi des ParpaiUos, belle gouge et de bonne troigne, Babel. Garg. i, 3.
— ÉTYM. Béarnais, gouye; gasc. et langued. gouje, goujo, servante; gasc. des Landes, goujotte, petite fille; béarn. youyate, jeune fille. D'après Huet, suivi par Diez, ce mot est le mot juif ffoje, servante chrétienne, de l'hébreu goj, peuple, goim, les gentils. Le midi de la France ayant été beaucoup habité par les Juifs, il serait possible qu'un mot usité par eux pour désigner les servantes chrétiennes, eût passé dans la langue vulgaire ; mais cette étymologie est contestée (voy. goujat qui tient à gouge).
1 GOUGER (gouje. Le g prend un e devant a et 0 : gougeant, nous gougeons), v. a. Travailler avec la gouge. || Terme de marine. Faire une cannelure sur la surface d'une pièce de bois.
— ÉTYM. Gouge t.
GOU
+ OOCIN (gouin), s. m. Terme de marine. Ma. telot d'une mauvaise tenue.
— ÉTYM. C'e.st le masculin burlesque de gouine. OOCINE (goui-n'), I. f. Terme très-bas d'injure.
Femme de mauvaise vie, coureuse.
— KTYM. Origine inconnue. Diez le rattache à fodine, godinette (voy. godinettk), et y voit un dérivé du radical gaud, du latin gaudert, se réjouir, et il condamne les autres étymologies, entre autres celles de quean, mol anglais signifiant femme de mauvaise vie, et tenant à l'anglo-saxon ewen et à l'islandais quinna, qui signifient femme. Cependant cette dernière étymologie semble plus probable que la sienne. Creuzé de Lesser, dans son poème de Ja Tahle ronde, chant vi, tire ce mot de la reine Goine qui trompait son mari et le fit périr pour fuir avec son amant : Quoiqu'en amour à la bonté j'incline, Je n'en ai pas pour la reine Goïne; Et jusqu'à nous son nom un peu changé Vint justement en proverbe érigé.
GOUJAT (gou-ja; le t ne se Ile pas; au pluriel, 1'» se lie : desgou-ja-z ivres), t. m.\\ 1" Valet d'armée. Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré, LA FONT. MalT. La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme, qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs; et les philosophes mêmes en veulent, pasc. Pensées, art. ii, 3, édit. lahure. Il voit les mêmes passions dans la goujat et l'homme illustre, 1. 1. Bouss. Êm. IV. Alors des clameurs s'élevèrent; déjà quelques femmes et quelques goujats revenaient sur leurs pas en courant, n'entendant plus rien, ne répondant à aucune question, l'air tout effaré, sans voix et sans haleine, siîonR, Hist. de A'op. ix, 3. y 2° Apprenti maçon, dont la fonction est de porter les matériaux, soit à pied d'œuvre, soit sur les échafaudages où les ouvriers peuvent en avoir besoin. Un petit goujat. Nous n'avons pas assez de goujats. Il 8* Par extension, homme sale et grossier. On ne l'appelait en badinant que le goujat, pour marquer la vie qu'il menait et la compagnie qu'il voyait. M"* de caylds. Souvenirs, p. io6, dans POUGENS. On dit que Lekain a joué à Fontainebleau plus en goujat qu'en Tartare [dans l'Orphelin de la Chine), qu'il n'est ni noble, ni amoureux, ni terrible, ni tendre, et que Sarrazin a l'air d'un vieux sacristain de pagode, volt. ie«. à'Argental, octobre 4765. Il II signifie aussi homme malhonnête, coquin. || Il signifie encore celui qui fait de la mauvaise besogne.
— HIST. XV* s. Les gougeas de l'hostel du duc alloient tous les jours veoir les dames à Deventel, qui sont femmes moult gracieuses et qui prennent plaisir à festoyer estrangers, o. de la mabchb, Mém. liv. Il, p. 689, dans lacuhne. || ivi* s. Fut pris par noz sentinelles un matin devant jour un goyat sortant d'F.dimton, beaugué, Guerre d'Ecosse, i, 12. Je sçay bien que tu as esté goujate, et que tu as couru le régiment de Picardie, d'aub. Conf. ii, <. Gouyatte, combien veux-tu par mois de ton labeur T (il s'agit d'un mari vêtu en chambrière et blutant,
dont sa femme se moque], maro. Nouv. lxix Et
la pluspart des goujarts, carloix, v, 6.
— ÉTYM. Eéarn. et gasc. gouynt, jeune homme; lorrain, goujart. Gouge et goujat sont deux formes d'un même mot ; ils paraissent gascons, languedociens, et là ils signifient jeune fille, jeune homme. M. hkon Couture, qui conteste l'étymologie de Huet pour gouge, pense que le sens propre est jeune homme, jeune fille, et que le sens de servante est dérivé, et, partant de là, il adopte l'avis de M. I.efèvre, qui propose le latin gaiidium, par l'intermédiaire du provençal gau.gauch, et du guiennais goi, goye; suivant lui, l'enfant aurait été ainsi appelé comme donnant la joie à la famille.
4. GOUJON (gou-jon), s. m. || 1" Nom d'un genre de poissons dans la famille des cyprinoldes, où l'on distingue le goujon proprement dit, qui vit dans les rivières par petites troupes et qui est fort bon à manger. La tanche rebutée, il trouva du goujon; Du goujon, c'est bien là le dîner d'un héron I la font. Fabl. vu, 4. || Fig. Faire avaler le goujon à quelqu'un, lui faire accroire quelque chose, le faire tomber dans un piège. || Goujon de mer, la gohie ou le paganel.
— HIST. XI v s. Deux tronçons de carpe et quatre gougons fris, Kfnagier, il, 6. || xvi* s. Baugoin, avalant le goujon, remercia et embrassa de tout son cœur la Tifiardiere et suivit à la lettre son conseil, d'aub. Vie, i.xx.
— ÉTYM. Wall. govion; Hainaut, gouvion;i\i lat. gobionem, goujon ; grec, xû6io;.
î. GOUJON (gou-jon), s. m. Nom d'une che-
GOU
ville de fer à pointe perdue et d'un morceau de bois rond que les charrons mettent dans les trous des jantes pour les unir. | Le goujon sert aussi à réunir les deux portions d'une charnière on passant dans leur vide. || Goujon de pommes, broche de fer sur laquelle les doreurs travaillent les pommes des carrosses.
— HIST. im* s. Ne huchier, ne huissier ne pueent.... faire ne trappe, ne huis, ne fenestres sans goujons de fust ou de fer, par leur» scremens, l.iv. des met. 108. || xiv s. Du quelcoiïre le suppliant osta les geignons ou crampons, àquoy le couvercle du dit coffre ou escrin fermoit par derrière, du cange, gojo.
— CTYH. Il est possible que goujon cheville ait été dit ainsi du poisson par comparaison; mais la forme goignon, qui paraît dériver de gond, rend cela très-douteux.
t GOUJONNER (gou-jo-né), e. o. Terme de marine et de charpenterie. Fixer une pièce de bois à une autre au moyen d'un goujon. || l'erme de charron. Mettre une cheville de bois à pointa perdue et un morceau de bois rond dans les trous des jantes pour les unir.
— HIST. XV* s. Le suppliant entra dans l'ostel, et lui entré desgoujonna [Ôta les goujons, les chevilles] une arche [coffre], Dti cange, gojo.
— ÉTYM. Goujon î.
t GOUJONNIER (gou-jo-nié), s. m. Terme de pêche. Petit épervier dont les mailles sont très-serrées.
— KTVM. Goujon *.
t GOUJONNIÈRE (gou-jo-niè-r"), adj. f. Perche goujnnnière, nom donné par les pêcheurs de la Seine à la gremille.
t GOUJURE (gou-ju-r'), t. f. Terme de marine. Entaille qui se fait à quelques instruments pour divers usages, par exemple la cannelure creusée dans la caisse d'une poulie.
— ÉTYM. Gouge *.
t GOULE (gou-l'), t. f. Génie dévorant, d'après les superstitions du Levant, les corps morts dans les cimetières. Aux déités folles des vieux empires. Nous opposons des diables peu tentants, Des loupsgarous, des goules, des vampires, bérang. Vin de Chypre. Goules, dont la lèvre Jamais ne se sèvre Du sang noir des morts! v. hugo. Sali. u.
— ÉTYM. Arabe, ghul, de ghâl, fondre sur quelqu'un. Pihan remarque que ghul est masculin en arabe et signifie une espèce de loup-garou.
GOULÉE (gou-lée), s.f.\\i° Terme populaire. Grosse bouchée. Ce maudit animal vient prendre sa gouléc. Matin et soir, dit-il, et des pièges se rit, LA font. Fabl. IV, 4. Il N'en faire qu'une goulée, manger très-avidement quelque chose. || 2° Quartier de terre, capable de nourrir une bouche. Chaque paysan possède ce que nous appelons sa goulée de henace, un ou deux arpents de terre en huit ou dix morceaux, p. L. cour. Lett. vi. || Proverbe. Brebis qui bêle perd sa goulée, celui qui parle beaucoup à table mange peu ; et fig. en parlant beaucoup on perd le temps d'agir.
— HIST. xiii* s. Oui vos dona congié dou dire Tel goulée et tel estoutie. Quant apelas de félonie Si haut baron com est Renart? Ren. 4 9449. || xiv* s. Et donne matière de parler aux jangleurs qui au mati^ et au soir en tiennent leurs esbatemens et leurs goulées de moqueries, le chev. de la tour, Instr. à ses filles, f° 75, dans lacurne. || xv* s. Elle choisit un compaignon dont elle ne peut finer [jouir], sinon à grand peur et h la goulée [à la dérobée], Les * t joyes de mariage, p. 69.
— ÉTYM. Goule, aujourd'hui gueule; génev. golée; provenç. golada.
GOULET (gou-lè ; le < ne se lie pas ; au pluriel, l'i se lie : des gou-lè-z étroits ; goulets rime avec traits, succès, paix, etc.), *. m. || 1° Le cou d'une bouteille. Un baril défoncé, deux bouteilles sur cul. Qui disaient, sans goulet :nous avons trop vécu, Régnier, Sat. XI. Il On dit plutôt aujourd'hui goulot. || 2° Entrée étroite d'un port ou d'une rade. Le goulet de la rade de Brest. || 8* Ouverture dans laquelle on met la fusée d'une bombe, et qui est nommée plus généralement l'œil de la bombe. || 4° Terme de pèche. Espèce d'entonnoir que l'on met à l'entrée des filets en manche et des nasses, pour que le poisson, qui y est entré librement, n'en puisse pas sortir.
— HIST. XIV s. Et en la dite oriere [bord) du paveillon [sorte de piège] a ung goulet qui tient au paveillon, Kodus, {° cxxx. Le missel ou goulet, du cange, gouletus. \\ xvi* s. Jusques au goulet des rivières de Garonne et Gironde en icelle mer, carloix, I, 43.
— ÉTYM. Diminutif de gouU, aujourd'hui gueule. Sénev. golet, goUtle, goulot ; provenç. golet.
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t «. GOULETTE (gou-lè-t*) , I. f. Pierre pUt«, mise au fond des fours à chaux, où l'on brâle du charbon de bois.
î. GOULETTE (gou-lè-t"), t. f. Terme d'archi tocture. Voy. goulotte. || Canal qui fait communiquer le lac du Bocal avec la Méditerranée, et qui forme le port de Tunis en Barbarie.
— ÉTYM. Goulet.
t GOUMAFRE (gou-li-a-fr), f. m. Terme populaire et méprisant. Homme gourmand, goulu et mangeant malproprement. Est-ce quelque chose bon à mangerT dit un gouliafre. Don Quichotte, t. i, dans LE Rotix, Dict. comique.
— HIST. xui* s. Li goulafre, li rekingié [le rechigné] [goulafre est ici le diable], dh cange, gula.
— ÉTYM. Cest une dérivation irréguliire de gmU OM gueule; génev. galiaufre, gouliafe; lorrain, guu lafre.
GOULOT (gou-lo; le ( ne se lie pas ; au pluriel, l'i se lie : des gou-lo-z étroits), s. m. Le cou de tout va.se dont l'entrée est étroite. Le goulot d'une bouteille. Le goulot de la bouteille est cassé. Il Fig. Cet gens qui n'ont vu la société que par le goulot étroit de la bouteille des abstractions, djder. Sur l'abbé Galiani. || Terme d'horticulture. Arroger au goulot, ôter la pomme de l'arrosoir pour obtenir un seul jet plus abondant.
— ÉTYM. Diminutif de goule, aujourd'hui gueule.
GOULOTTE (gou-lo-f), *. f. || l'Terme d'architecture. Petite rigole taillée sur la cymaise d'une corniche pour l'écoulement des eaux de la pluie. || 2' Petit canal taillé sur des tablettes de pierre ou do marbre, en pente, avec un mélange de petits bassina en coquille pour le jet des eaux. Au bas de la niche, la goulotte d'une fontaine dont les eaux sont reçues dans une auge, diderot. Salon de 1767, (Kur. t. XIV, p. 414, dans pougens. |{£n ce sens on di< aussi goulette.
— ÉTYM. Goulot.
GOULU, UE (gou-lu, lue), odj. ||1* Oui aime i manger, qui mange avec avidité. Le canard est un oiseau très-goulu. Pourtant, si l'on avait l'art D« m'accommoder au lard Un bon plat de ces lentilles. Si petites, si gentilles. J'aurais le tort qu'Esaû A eu, Aussi goulu que velu, arm. goupfé. Chanson. || Pai extension. Donnez-moi cette main qu'il ne baisera plus. Je veux la dévorer de mes baisers goulus, scarr. D. Japhet d'Àrm. m, 4. || Fig. C'est que chacun n'a pas cette amitié goulue Qui n'en veut que pour soi, MOL. Éc. des femmes, ii, 3. || Terme de maréchalerie. Tenailles goulues, ou, substantivement, les goulues (voy. tenailles). || Substantivement. Un vilain goulu. Une goulue. Il n'avait qu'un ceil, le goulu, Et duquel il ne voyait goutte, scarr. Virg. m. \\ 2° Pois goulu, espèce de pois dont on mange les cosses. |{ 3" S. m. Animal sauvage de Laponie et de Moscovie. || Goulu de mer, le requin.
— HIST. XV* s. Plusieurs humains, comme goulus. Sont en manger fort dissolus, coouillart, dans le Dict. de dociirz. || xvi* s. 11 les nourrit si diverse ment [deux chiens], qu'il en rendit l'un gourmand et goulu , et l'autre bon à la chasse et à la queste, amyot, Comm. il faut nourrir les enfants, «.
— ÉTYM. Goule , aujourd'hui gueule ; provenç. golut.
GOULCmeNT (gou-lu-man), adv. D'une manière goulue. Si Votre Altesse a mangé goulûment, je puis déterger ses entrailles avec de la casse, de la manne et des follicules de séné. volt. Dict. phil. Maladie.
— HIST. XVI* s. Diogenes, voyant un jeune garçon qui mangeoit gouluement, donna un soufflet à son pédagogue, amtot, Que la rertu se peut apprendre, S. Mon œil de vos regards goulûment se repaist, BONS. 285. Il n'est air qui se hume si gouluement, qui s'espande et pénètre , comme faict la licence, «ONT. IV, 4 9».
— ÉT^i. Goulue, et le suffixe ment; provenç. goludamen.
j GOUM (goum'), s. m. Mot arabe usité en Algérie et désignant le contingent que chaque tribu fournit pour les expéditions militaires.
t GOUM 1ER (gou-mié), s. m. Nom donné pat Adanson à la coquille du cérithe vulgaire (uniralve), qui était le murex chinois de Gmelin, lkcoabant.
t GOUNA (gou-na), s. m. Terme de grammaire sanscrite désignant la modification que subissent lei voyelles autres que a quand on ajoute un a devani elles.
— ÉTYM. Sanscr. guna, qualité, parce que l'adjonction de l'a, changeant la voyelle en diphthongue (t en ai, u en au), lui donne plus de qualité, de poids et d'importance.
t GOUPIL (gou-pil), f . m. Ancien nom du renard.
cou
GOU
GOU
qui a été conservé dans ce pïovefbe, tomlié à son tour en désuétude : X goupil endormi rien ne chet [tombe] en la gueule, de brieox.
— HIST. xm* s. Icil gorpil nos seneiie Renartqui tant set de mestrie, Ren. («ft.
— ÉTYM. Lat. vulpis, vulpes, renard, par l'intermédiaire de quelque diminutif tîuipt'Hus.
GOUPILLE (gou-pi-11', H mouillées, et non goupi-ye), s. f. Il 1° Petite fiche ou cheville de la '.on ou de fer, pour fixer les parties d'un ouvrage d'horlogerie, etc. Toutes autres pièces d'or etd'argent des poids suâlits, soit d'assemblage ou d'applique par chai^ nières, coulisses, goupilles, vis, écrous, agrafes, cliquets, crampons, boucles, clous et rivûres.... seront marquées et contremarquées, Régi, orfév. 30 déc. 4079. H a° Petite pièce de métal en forme de clavette, qu'on passe dans les chevilles de fer et autres métaux pour les tenir fermes. |l 3° On se sert aussi de goupilles pour fixer le canon du fusil surle bois. Il 4° Petit morceau de cuir, mis au bout d'une cheville pour qu'elle ne s'échappe point.
— ETYM. Génev. coupilk; du lat. cuspicula, diminutif de cuspis, pointe. Mais Diez le tire de goupil, renard, la goupille étant considérée comme la queue d'un clou par rapport à sa tête. La forme coupille et le sens parlent pour cuspicula.
t GOCPILLER (gou-pi-Ué, U mouillées), v. a. Gamir de goupilles.
GOUPILLON (gou-pi-llon. Il mouillées, et non gou-pi-yon), s. m. \\ 1* Petit bâton au bout duquel il y a des soies de cochon, et qui sert à l'église pour prendre de l'eau bénite, et pour la répandre sur les objets qu'on bénit, ou la présenter à quelqu'un. On met un goupillon aux pieds d'une bière. L'abbé de Grancey, premier aumônier de Monsieur, présenta au roi le goupillon, st-sim. 94, 241. Les eaubénitiers seront marqués et contremarques au corps, collet du pied et goupillon. Régi, des orf. 30 déc. (679. Il Fig. Un goupillon, un reste de quelque grande cérémonie. Enfin me voilà.... toute contente d'être en repos dans ma solitude; j'ai eu tantôt encore un petit goupillon [des états de Bretagne] : c'est M. de Lavardin qui est demeuré à Vitré pour faire son entrée à Rennes, sÉv. 9 sept. (671. || Fig. Donner à quelqu'un du goupillon , lui donner de l'eau bénite de cour. {| 2° Instrument destiné au même usage et consistant en une boule de métal creuse, percée de petits trous et portée au bout d'un manche. || 3° Terme d'arts. Sorte de brosse ayant de la ressemblance avec un goupillon de bois.
— HIST. xv s. Item donne aux amans enfermes, X leurs chevetz, de pleurs et lermesTrestout finplain ung benoistier. Et ung petit brin d'esglantier En tout temps verd, pour goupillon, villon, G. testam. Un benoist d'estain, avec le gippellon, Bullet. du biblioph. mai 1 863, p. 233.
— ÉTYM. Goupil, renard (voy. goupil); le goupillon ayant été d'abord une queue de renard, ou étant assimilé à une queue de renard ; norm. vipillon.
t GOUPILLONNER (gou-pi-Uo-né , Il mouillées), V. a. Nettoyer avec un goupillon.
f GOURA (gou-ra), s. m. Nom que porte à Java le lophyre couronné (granivores), qui est le pigeon huppé de Banda, et le pigeon couronné de certains auteurs, legoarant.
f GOURAMI (gou-ra-mi), s. m. Nom usuel d'un poisson {osphronemus olfax] importé de Chine dans l'Ile de France où il a prospéré ; c'est un excellent poisson, il est de grande dimension, large, épais et d'une chair très-savoureuse ; on s'efforce actuellement de le naturaliser en France.
t COURBET (gour-bè), s. m. Nom du roseau des sables dans le Médoc, où il sert à couvrir les chaumières.
t GOURBI (gour-bi) ou GOURBIL (gour-bil), s. m. Mot arabe employé pour désigner une hutte ou une réunion de tentes formant un village.
t GOURBILLAGE (gour-bi-Ua-j', Il mouillées), s. m. Terme de marine. Action de gourbiller.
■t-GOURBILLER,(gour-bi-llé, Il mouillées), u. a. Terme de marine. Évaser l'entrée d'un trou pour y loger la tête du clou ou de la cheville qu'il doit recevoir.
GOURD, OURDE (gour, gour-<J'), adj. Perclus par le froid. J'ai les mains si gourdes et si pesantes, qu'i' m'est impossible d'en écrire, Portrait d'un inc nnm.en (66), dans fb. michel, Argot. ...outre l'air méfiiant, elle a l'air aussi gourde; Connaissezvous ce mot? on l'a depuis un jour. Car il est trèsnouveau, mis en vogue à la cour, Il veut dire pesant, iiAUTEROCHE, Bourg, de qualité, in, 6. || Fig. N'avoir pas les bras gourds, être prêt à frapper. U s'en allait.... battre sa femme.... Et témoigner qu'il
n'avait les bras gourds, la fo.nt. Rémois. \\ Fig. N'avoir pas les mains gourdes, se dit d'un filou adroit, et aussi d'un homme Apre au gain. || Blé gourd, celui qui est gondé par l'humidité.
— HIST. xiu* s. Mains a bêles, plaines, non gordes, Nouv. rec. Fabl. et contes, 1. 1, p. 62. || xv* s. Vieulx barbiers, vieulx phisiciens, Vieulx ménestrels qui estes gourt, Vieulx queulx [cuisiniers] , vous ne valez plus riens, eust. desch. Poésies mss. f° 449. Il xvi" s. Celui qui a des crevasses aux doigts, ou qui lésa gourds, mont, n, 3)9.
— ÉTYM. Provenç. gord, gras, succulent ; espagn. et portug. gordo; du latin gurdus, qui, d'après Quintilien, était un mot espagnol; bourguign. avoir les doigts gdles; picard, auotr les mains gourmes ou gouges.
(.GOURDE (gour-d'), adj. Piastre gourde, et, substantivement, une gourde, monnaie d'argent.
— ÉTYM. Espagn. gordo, gros; cette piastre étant dite une grosse pièce. C'est le même, avec un sens dérivé, que gourd. Il y avait, dans l'ancienne langue, le mot gourle, signifiant sac, bourse, que M. Reinaud tire du persan goulé, bourse, et qui n'a rien de commun avec gourde.
,i 2. GOURDE (gour-d'), s. f. Bosse résultant d'un coup. Je me suis donné contre la grille une si fière gourde à la main, que je ne peux plus remuer ni pied ni patte de ce doigt-là, beaumarch. Mar. de Figaro, n, 2( .
— ÉTYM. Ane. franc, gourdt, enflé (xV siècle : Us ont la pance si gourdie. Que, par force d'eslre replelz. Sont prestz de cheoiren maladie, Rcc. de farces, p. 361); espagn. gordo, gros; c'est le même que gourde ( .
3. GOURDE (gour-d'), ». ^|ll° Calebasse ou courge scchée et vidée dans laquelle les soldats et les pèlerins portent leur boisson. Avoir sa gourde pleine. L'eau du saint fleuve [Jourdain] empUt sa gourde voyageuse [de Chateaubriand], v. hugo, Odes, 1, 9. Il La gourde vient de la variété gourde de la courge lagénaire (cucurbitacées) . || 2° Pair extension, bouteille clissée, d'une forme analogue à celle de la gourde et que l'on emporte quelquefois en voyage. || 3° Ancien nom vulgaire d'une sorte d'hydrocèle, dite ainsi par assimilation.
— HIST. XIV" s. Foillasde gourde, racine de fenu-
greC, LANFRANC, f" (3.
— ÉTYM. Lat. cucurbita (voy. couhge) ; Berry, guigourde, gougourde, cougourde. Gourde est une contraction de cougourde qui a été usité jusque dans le XVII" siècle : Je changeray toutes les choses.... vos coucourdes en des melons, dassoucï, le Ravissement de Proserpine, dans fr. michel. Argot.
GOURDIN (gour-din) , s. m. Gros bâton court. Il a pris un gourdin d'une taille.... ahl l'épaule! haulEROCHE, Nobles de province, m, 6.
— ÉTYM. Gourd, dans le sens de gros, épais. Gordin se trouve comme dérivé de gourd: xv" s. Icelluy Boyn commença à desmentir le suppliant et l'appela villain gordin, du cange, gurdus. Scheler le tire de l'italien cordino, corde pour châtier les forçats ; mais l'existence de gordin dans l'ancien français paraît décider en faveur de gourd. Le patois lorrain a conservé gourdin, gourdine, au sens injurieux qu'il a ci-dessus (quelques personnes se figurent à tort que c'est une prononciation corrompue de gredin) : Il a tué son frère; ah! le gourdin J
f GOURDINER (gour-di-né), v. a. Terme populaire. Donner des coups de gourdin.
GOURE (gou-r'), s. f. \\ 1° Terme de pharmacie. Toute drogue falsifiée. || 2° Fig. Terme populaire. Attrape.
— ÉTYM.Arabe, j/iarr, tromper, ffftorur, tromperie.
f GOURE AU (gou-rô), s. m. Esp'ce de figue.
t GOURER (gou-ré) , v. a. Falsifier des drogues. Il Fig. et populairement. Tromper, duper. Gouré ■par des aigrefins. J'ai été gouré.
— HIST. xiii' s. Et que tout le creson qu'on vendera et qu'on tenraàvendage, que cascune manière [espèce] on mece [mette] par li [à part], et sans kourer, tailliar, Recueil, p. 2ch. || xvi" s. Le marchand, pensant que ce fussent gens atlitrez pour gourrer sa chiisuble.... va aussi après le curé, bouciiET, Quiniiesme serée, dans pr. michel. Argot.
— ÉTYM. Goure.
COUREUR, EUSE (gou-reur, reû-z"), s. m. et f. Celui, celle qui falsifie des drogues, ou qui trompe dans un petit commerce.
— ÉTYM. Gourer.
t GOURGALLË (gour-ga-1') , s. m. Un des noms vulgaires du crabe tourteau (crabe pagure), ditaussi poupart et tourteau.
I GOURGANDINE (gour gan-di-n'), s. /. || 1° Terme
très-familier. Femme de mauvaise vie, coureuse. Il I* Sorte d'habit de femme à la mode en (b94, qui consistait en un corset ouvert par devant et laissant voir la chemise. Enfin la gourgandine est un rich» corset, Entr'ouvert par devant à l'aide d'un lacet; Et, comme il rend la taille et moins belle et moins fine, On a cru lui devoir le nom de gourgandine, BouHSAiiLT, Mots à la mode, se. (5. || 3* Coquille du genre Vénus, la Vénus flexueuse, bivalve.
— ÉTYM. Origine inconnue. Lehéricher, s'appuyant sur ce passage de la Uuse normande : Pour s'en aller gourgandir sur ces riaux, le tire de gore, prostituée, et gaudir, réjouir {llist. et Gloss. du normand, p. 3hi). Le passage de Boursault prouve que gourgandine, vêtement, a été dit d'après gourgandine, femme.
GOURGANE (gour-ga-n'), ». f. Nom de la fèfe commune ou fève de marais, parmi les matelots.
— ÉTYM. Origine inconnue.
COURGOURAN (gour-gou-ran), i. m. Étoffe de
soie qui vient des Indes. || Coquille du genre cône. GOURMADE (gour-ma-d') , s. f Terme familier. Coup de poing, particulièrement sur la figure. Itutè» aussi fort qu'un taureau Et très- expert à la gourmade, scahr. Yirg. v. Si soufflet ne suffit, user do la gourmade; Si la gourmade est peu, lors de U bastonnade, id. Jodelet ou le maltr. val. iv, 4. Estimez-vous beaucoup l'air dont vous affectez D'estropier les gens par vos civilités. Ces compliments de main, ces rudes embrassades. Ces saluls qui font peur, ces bonjouw à gourmades? quinault, Mère coquette, i, 3. On se donna des gourmades dans le sanctuaire de la justice, volt. io«i» IIV, B. {| Fig. Sans préjudice des gourmades à poing fermé quo vous leur appliquez si bien d'ailleurs, u'alemb. Lett. d Volt. (4 juillet (767.
— HIST. XVI" s. Gantelets et brassarts avec lesquels, aux premières giommades, ils assommoient les plus forts de leurs ennemis, la colombiêrk, Théâtre d'honneur, t. n, p. 253.
— ÉTYM. Gourmer.
GOURMAND, ANDE (gour-man, man-d'), ad).
Il 1° Qui mange avec avidité et avec excès. Lo chien se pique d'être Soigneux et fidèle à son maître, Mais il est sot, il est gourmand, la font. l'abl. vui, 2B. X l'égard du président, qui a huit ans plus que moi , et qui a été bien plus gourmand, je voudrais bien savoir s'il est fâché de son état, volt. Lett. Mme du Deffant, 7 août (769. Je suis sensuel et non pas gourmand, j. i. Rouss. Confess. i. Il Substantivement. Un gourmand, une gourmande, celui, celle qui mange beaucoup. Vous avez été gourmande; et, quand les gourmands sont devenus sobres. Us vivent cent ans, volt. Lett. Mme du Deffant, (7 sept. (7B9. Il Un amateur de bonne chère, un gastronome. Les gourmands perdent la moitié de leur temps à être en peine de ce qu'ils mangeront ; ils ont là-dessus un souci machinal qui dissipe une grande partie de leur attention pour le reste, marival'x, Pays.parv. (" part. L'un [végétal, la truffe], caché dans la terre où son destin l'attache. Attend que d'un gourmand le luxe l'en arrache, pelille, Trois règnes, vi. Gourmands, cessez de nous donner La carte de votre dîner ; Tant de gens qui sont au régime Ont droit de vous en faire un crime, bérang. Gourmands. \\ V Par extension, qui aime un certain mets. Les connaisseurs sont gourmands de lièvres. || Fig. Vous connaissez comme je suis gourmand de vos ouvrages, volt. Lett. souverains, ». || 3° Terme d'agriculture. Qui occupe la terre aux dépens des plantes utiles. L'autre errant dans les blés qui verdissent la terre Fait à l'herbe gourmande une implacable guerre, gilb. Mort d'Abel, vu. {| Terme de jardinage. Branche gourmande , branche nouvelle détruisant par l'activité de sa végétation l'équilibre établi par la serpette dans les diverses parties d'un espalier, d'un arbre fruitier. || Arbre gourmand, arbre qui pousse trop en branches. Mettre à fruit des arbres gourmands et qui poussent trop vigoureusement en bois, BLFF. Expér. sur les végét. 2- mém. || S. m. Un gourmand, rameau prenant un accroissement trop grand, en disproportion avec ceux qui l'avoisinent. Il On nomme aussi gourmands, dans les arbres fruitiers greffés, des rameaux qui poussent au-dessous de la greffe et qu'il faut supprimer. || 4" Pois gourmands, ou pois goulus, pois dont la cosse est tendre et se mange.
— SYN. GOURMAND, GOINFRE, COOLU, GLOUTON. Le
défaut commun exprimé par ces termes est celui de manger sans modération. Le gourmand est celui qui aime à manger. Le goinfre est un gourmand dont la gourmandise a quelque chose d'ignoble el
mon
GOU
de repoussant. Le goulu est celui qui jette dans sa goule ou bouche ce qu'il mange; il n'y a pas dans ce mot ri(l(;o de plaisir et de discernement en mangeant. Le glouton est celui qui engloutit, et est par conséquent très-voisin du goulu.
HIST. xiv s. Et pevent cslre diz en francois
gloutons et gourmans, oresme, Eth. »6. || xv s. Cest la cause pourquoi j'évite D'ostre sur le manger gourmcnt, basselin, m. || xvi* s. Les gourmands font leurs fosses avec leurs dents, u. est. Précell. dans lerouï de lincy, Prov. t. ii, p. tsa.
— ÊTYM. Bourguig. gorman ; Berry , gormand. Origine incertaine. Diez le rattache à gourmet (voy. ce mot). 11 faut aussi mentionner le celtique: irl. gioraman, glouton, de giorr, se gorgor.
GOURMANDE , ÉE (gour-man-dé, ée) , part, passé do gourmandor. || 1° Hcprimandé durement. Ce jeune homme gourmande par ses maîtres.
Il î" Contenu, maîtrisé Son esprit veut dtre
gourmande, tristan, Mariane, v, 3. Il alla jusqu'à une espfcce de dureté, sachant bien que la douleur, poussée à l'extrémité , veut être comme gourmandée et abattue par une espèce de violence, lioss. Polit. X, III, 3. Il 8° Terme de cuisine. Un carré de mouton gourmande de persil [lardé de persil], MOL. le Bourg, iv, t.
t GOURMANDEMKNT (gour-man-de-man), adv.
D'une manière gourmande.
— HIST. XVI* s. Avoir les yeux gourmandement fichez sur.... mont, iv, toa.
GOUUMANOER (gour-man-dé). || 1' F. n. Se livrer à la gourmandise. Et quoi donc? dirons-nous que la nature, qui nous a fait le corps si petit, nous ait donné des ventres insatiables, afin que les animaux les plus vastes et les plus voraces qui soient au monde, nous cèdent la gloire de gourmanderî nullement, MALH. les Épil. de Sénèque, lx. || Ce sens, qui est encore usité dans la conversation, n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie. || 2° V. a. Fig. Réprimander avec dureté ou vivacité, par extension du sens de ronger comme un gourmand qu'a ce verbe. Alexandre, voyant ses gens en déroute, les gourmande et les ramène au combat, vaugel. Q. C. IV, 16. Moi, la plume à la main, je gourmande les vices, boil. J?/sc. au roi. Ou bien quand Juvénal de sa mordante plume Gourmandait en courroux tout le peuple latin, m. Sat. vu. C'est Neptune en courroux qui gourmande les flots, m. Art p. m. Il Par extension. Ces philosophes chagrins accusent et gourmandent sans cosse la nature, Dicl. de l'Académie. Que la chair te gouverne, que dans les plus nobles exercices de ton âme elle vienne te gourmander par un sentiment brutal, qu'elle ne te donne aucune trêve ni aucun relâche.... bourdal. Carême, Sur l'impureté. La vertu qui n'admet que de sages plaisirs Semble d'un ton trop dur gourmander nos désirs, l. bac. la Relig. i. Ainsi cette Circé, qui savait dans son temps Disposer de la lune et des quatre éléments, Gourmandant la nature au gré de son caprice. Changeait en chiens barbets les compagnons d'Ulysse, volt. Ép. jtcviii. Je représente un père austère et sans faiblesse Oui d'un fils libertin gourmande la jeunesse, PIRON, Uétrom. m, 5. || 3° Gourmander un cheval, le manier rudement de la main. Il ne faut pas gourmander ce cheval de la main, il a la bouche tendre. Les meilleurs écuyers , en dressant les jeunes chevaux qui leurplaisent le plus, se gardent bien de les gourmander, de peur de leur faire perdre cette gentillesse qu'ils tâchent de leur augmenter par caresse, le chev. de MÉaé, Des agréments, dans RICHELET. Un cavalier qui gourmande la bouche de son cheval en fait bientôt une rosse, pén. Lett. spirit. (93. || Fig. Je crains aussi que l'air de Grignan ne vous gourmande et ne vous tourbillonne : ah! plût à Dieu qu'il fut comme celui-ci, qui est parfait! sÉv. 544. || 4° Contenir, dominer (par extension du sons de réprimander). Je prétends gourmander mes propres sentiments. Et me soumettre en tout à vos commandements, mol. Cocu imag. m, h . Tu ne peux gourmander un penchant trop fatal. Homme pusillanime, imbécile, brutal, HEONARD, Démocr. IV, 4. Il Braver. Morguent la destinée et gourmandent la mort, Contre qui rien ne dure et rien n'est assez fort, Régnier, Sat. vi. Il Chateaubriand l'a dit dans le sens de commander, en parlantd'un fort. Déjeunes hommes viennent en foule peupler de leur fructueux exil le fort qui gourmande le Meschacébé, ciiatemjb. Nalch. 1. 1| 6° Couper les branches gourmandes. || 8» Terme d'horticulture. Se gourmander, v. réfl. Se nuire, f gêner. — llisr XIV* s. Le jour devant que icellui prestre trespassast, il avoit beu et gormandô partout le
GOU
jour, DU CANOB, gorgia. || xv i Trop fort redoute
Celle qui ainsi me reboute, Qui me fait le visalge maigre, Et qui m'est vers la nuit si aigre Qu'elle vient toudiz sans mander. Pour mon corps nuire et gourmander, ï.desch. Poésies mss.t- p. 422. || xvi* s. Abonder en toutes délices et gourmander à plaisir, CALV. Jrunl. (001. Ce vilain souvenir de son inconvénient le gourmandant et tyrannisant, mont, i, 94. Il ne me laissoit qu'à la desrobée gourmander [lire avidement] ces livres, ID. i, <97. Cette gallere gourmandée d'arqucbusades fut prise avec l'aide des forçats, d'aub. llist. l, 320. Il est temps d'accuser ceux-là qui ne font rien, Sinon vendre leur rente et gourmander leur bien [le manger crapuleuscment], BONS. 909. Car l'avare est aux richesses, non elles à luy ; et il est dict avoir des biens comme la fièvre, laquelle tient et gourmande l'homme, non luy elle, CHARBON, Sagesse, i, 22.
— ÊTYM. Gourmand. Le sens propre est manger en gourmand ; puis, comme on voit dans le second exemple d'Eustache Deschamps, nuire, ronger, tourmenter; d'où les sens subséquents. Diez au contraire le fait venir de gourmer, au sens de mettre une gourmette à un cheval ; il est certain que le participe gourmant aurait pu donner gourmander. Mais ce mot, qui est déjà ancien, n'a jamais dans l'historique le sens de mettre une gourmette ; on y trouve au contraire une transition entre gourmand et réprimander impérieusement.
t GOURMANDILLER (gour-man-di-Ué, Il mouillées), V. a. Faire une petite mercuriale, de légers reproches. Je lui ai fait écrire une lettre par mon commis, pour la faire gourmandiller, Théâtre ilal. dans LEROUX, Dict. comique.
— ÊTYM. Dérivé de gourmander.
I GOURMANDINE (gour-man-di-n'), #. f. Espèce
de poire.
— ÊTYM. Gourmand.
GOURMANDISE (gour-man-di-z'), t. f. jji'Vice
du gourmand. Le péché de gourmandise. || Des gourmandises, des choses que les gourmands aiment. Je t'avais préparé les gourmandises que tu aimes. || Fig. Le gourmand trouve des bornes dans son appétit, quelque déréglé qu'il soit; mais cette gourmandise des yeux [de l'avare contemplant ses richesses] n'est jamais contente ; elle n'a, pour ainsi parler, ni fond ni rive, BOSS. Concupisc. ». || ï° Par analogie. Défaut d'un arbre, d'une branche qui se nourrit au détriment des autres.
— HIST. XIV* s. Gourmandie l'une [troupe] conduit ; Avec lui [elle] sont en son conduit Yvresse, oultrage, lecherie, J. bruyant, dans Ménagier, 1. 11, p. 13. ||xvi's. Gourmandise tue plus de gens qu'espée en guerre tranchant, cotgrave.
— ÊTYM. Gourmand. On a dit au xv* siècle gourmanderie.
I GOliRMAS (gour-mâ), s. m. Terme de ponts et chaussées. Tuyau de bois par le moyen duquel le jas d'un marais salant communique avec les aires.
GOURME (gour-m'), s. f. \\ 1° Terme de vétérinaire. Maladie particulière au cheval, et surtout aux jeunes chevaux, qui consiste dans l'inflammation de la muqueuse des premières voies respiratoires, avec engorgement des ganglions sous-maxillaires et tuméfaction phlegmoneuse du tissu cellulaire environnant. C'est un jeune poulain; il n'a pas encore jeté sa gourme. || 2" Nom donné vulgairement aux croûtes de lait chez les enfants. || Jeter sa gourme, se dit des petits enfants qui ont quelque maladie do peau. J'ai Marie qui jette sa gourme comme vous savez, sÉv. 6 sept. <676. || Fig. Jeter sa gourme, se dit des jeunes gens qui font des folies en entrant dans le monde.
— HIST. xiii" s. Et si aient plenté de grume, Plenté de lièvre et de jaunisse, xxiii manières de vilain. || xiv s. Taster dessoubs les gencives [du clicval] qu'il y ait grant entre-deux et bonne ouverture et large, et qu'il n'y ait gourme, Ménaflier, II, 3. Il XVI* s. Si lesJits bubons ne jettent leur gourme et retournent au dedans par délitescence, ce venin infecte lamassedusang,PARÉ,xvi,s.
— ÊTYM. Origine incertaine. Berry, gorme; gônev. jeter son gorme; porlug. gosma, gourme, gosmar, gormar, jeter sa gourme. Le (ortugais gosmar, gormar signifie aussi vomir, ainsi que l'espagnol gormar. Dioz tire gourme de l'ancien Scandinave gorm-r, boue, et il en rapproche le berry eau gourmée, eau stagnante. D'un autre côté, la forme grume que donne l'histonque rapproche gourme de grume, écorce, do sorto que la gourme sciait comparée à une croûte.
GOURME, ËE (gourmé, mée), pari, passé de gourmer. Qui a une gourmette. Si un cheval n'est
GOU
gourmé, il ne se ramène pas bien. || Mg. Être gourmé, Stre roide comme si on était tenu par une gourmette, présenter l'apparence de la roidcur M de la présomption. Nous l'aurions vu |le parlement] le corps le plus pauvre, le plus ignorant, la plus petit, le jilus gourmé, didehot. Sur l'hisl. du parUm. Un homme d'environ trente ans, d'un maintien roide et d'une physionomie gourmée, ch. de BERNARD, la Cimiuanlaine, (J 1. 1{ 2° Qui a reçu des gourmades. Rudement gourmé pour son insolence. GOURMER (gour-mé), v. a. || 1* Mettre la gourmette à un cheval. Il faut gourmer ce cheval plus court. Il 2° Battre à coups de poings. Pressé des deux frères qui le gourmaient comme des lions, SCARR. Rom. corn. 11, 47. Buckingbam disait qu'il avait aimé trois reines, et qu'il avait été obligé de les gourmer toutes trois, retz, m, 384. || Fig. Boileau et Kontcnelle, qui s'attaquèrent k coups d'épigrammes, disaient tous deux que les libelles dont ils avaient été gourmés n'auraient pas tenu dans leurs chambres, volt. Dict. phil. Libelle. || 8" Sa gourmer, v. réfl. Affecter un air roide et composé. Viens, et, sans te gourmer avec moi de la sorte, Laisse en entrant chez nous ta grandeur â la porte, destoijcues, Glor. 11, (6. || 4* Se battre à coups de poings. Morbleu, quand il voudra se gourmer, on lui fera voir si l'on n'en sait pas autant que lui, et possible davantage, iiauterocue, Critp. méd. 1, 7. Qu'ils s'accordent entre eux ou se gourment, qu'importe? MOL. Femmes sav. 11, s.
— HIST. XVI* s. L'on faisoit le pis qu'on pouroil sansestre armé, essayans de se renverser, gronimer, mordre, pocher, esgratigner, dénouer, rompre et destordre les membres, la colombièrb, Théâtre d'honneur, t. i, p. ï2u, dans lacurnb. Gourmer injurieusement un paîsan ou un la'juay, MONT. I, 107. J'ay eu de la peine souvent à gourmer et brider mes passions, id. i, (6». Je cherche plus la fréquentation de ceux qui me gourment que de ceulxqui me craignent, id. iv, 38.
— ÉTYM. On le tire du bas-breton gromen, gourmette, gromma, mettre la gourmette, qui parait tenir au kimry crom, crwmm, courbe. Cette dérivation est vraisemblable, sans être tout à fait sûre; car, lorsqu'un mot est commun au bas-breton et au français, s'il ne l'est pas aussi aux autres langues celtiques, on n'a pas une complète certitude qu'il n'est pas venu du français dans le bas-breton. Au reste, gourmer (venant de gourme) appartenait aussi à l'ancienne langue : xiii" s. Dieu amés et Dieu réclamés. Qui si bêle vous a fourmée ; Se fuisses bochue ou gormée, P^spoir (peut-être] preude femme fuissiés, du GANGE, gutteria. xvi" s. ciiair de tortue qui premièrement aura esté nourrie en quelque jardin pour se gourmer et purger de ses humidités excrementitielles, paré, xi, 35. Comme la gourme a souvent son siège sous la mâchoire des jeunes chevaux, il ne serait pas impossible que cette circonstance en eût fait passer le nom à la gourmette el au verbe gourmer ; et peut-être par là comprendrait-on mieux les sens divers de gourmer : gourmer, rendre roide comme fait la gourme; gounner, faire souffrir comme fait la gourme, maltraiter, battre.
GOURMET (gour-mé; le t ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : de» gour-mè-z exercés ; gourmets rime avec traits, succès, paix, etc.), ». m. || 1° Celui qui se connaît en vins, qui sait les goûter. Et l'on fait justement du soir jusqu'au matin Comme ces fin» gourmets qui vont goûter le vin ; Sans acheter d'aucun, à chaque pièce on tâte, begnard, le Bal, 4. Le gourmet est celui qui discernera le mélange de deux vins, qui sentira ce qui domine dans un mets, tandis que les autres convives n'auront qu'un sentiment confus et égaré, volt. Diti. phil. Goût, § ï. Hélas ! quelle étrange folie D'aller au gourmet le plus fin Présenter tristement la lie Et les restes de mon vieux vin I volt. Lett. en vers et en prose, »». Il Experts gourmets piqueurs de vin, titre des experts attachés à l'entrepôt des vins de Paris. |{ 2° Par extension, fin gourmand. ||<4ii;. Un vieillard gourmet.
— HIST. xiii* s. X ccste gent jde guerre] sont compaignon Mauvais grommes, mauvais garcbon ; Des iioines gens boivent le vin, Que il carient au chemin, du canoë, gromcs. || xiv* s. Un groumct nommé Fagot qui conduisoit iceux vins, du cancb, gromes. || xv* s. Pontoniers crieront hors et ens, afin que les varlets ou gerromez des marchands, se il sont hors de leurs bateaux, se retraieot en leurs bateaux, nu cangb, gromes. Guiot dit Rolot harnicheur et gourmet de vins, demeurant à Bruieres en Laonnois, m. ib.
— ÉTYM. 'Wall, gourme», gourmet; diminutif formé du boUand. grom, jeune garçon ; angl. groom.
GOU
GOI]
GOU
«nviteur. Gramme ou gromet a signifié garçon d'un marchand de vin, puis gourmet. Ces textes écartent l'étymologie de faiez, qui rattaclie grumete à grvmo, qui, en italien, signifie grumeau, et en espagnol bouton (du lat. grumus), le grumete, jeune garçon, étant comparé à un bouton; ils écartent aussi l'opinion de Scheler, qui voit, dans gourmet et dans le Hainaut gourmer, humer, siroter, un dérivé de gourme, éruption, saleté; ils écartent enfin l'idée de Grandgagnage, demandant si on ne pourrait pas rattacher gourmet au hollandais geur, odeur, dialecte d'Aix-la-Chapelle, gûhr, saveur de la viande, bouquet du vin. Gourmet signifiant proprement jeune garçon, on ne s'étonnera pas de voir le nom de gourmet donné aux Maures qui font métier de remorquer les barques avec des cordes en marchant sur le rivage, et, en espagnol, celui de grumete aux jeunes mousses à bord des navires.
GODRMETTE (gour-mè-f), s. f. Petite chaîne réunissant les deux branches du mors de la bride, à leur origine, en passant sur la région de la barbe du cheval. Le cheval a rompu sa gourmette. Les mailles, les maillons d'une gourmette. Attacher une gourmette jusqu'à la dernière maille. Ce matin, comptant partir, j'arrangeais la gourmette de mon cheval ; il a donné de la tête, et la bosselle m'a effleuré le bras , bbauharcb. Mar. de Fig. ii , 6. Il Donner un saut à la gourmette, accourcir la gourmette en la retortillant, pour faire passer une de ses doubles mailles sur les autres. || Fausses gourmettes, deux petites longes cousues aux arcs du banquet. || Fig. D'où naquirent les lois , les bourgs et les cités Pour servir de gourmette à leurs méchancetés, RÉGNIER, Sat. m. Il Fig. Rompre sa gourmette , s'abandonner à ses passions après avoir vécu dans la retenue, secouer une autorité. Monsieur, dont la gourmette était rompue, fit souvenir le roi des façons qu'il avait eues pour la reine avec ses maltresses, st-sim. 93, 220. ||Fig. Lâcher la gourmette à quelqu'un, lui donner plus de liberté qu'il n'en avait auparavant.
— HIST. XV' s. Comme ung cheval doulx à l'estrille, X qui on met la gromette, coquill. Plaidoy. de la simple et de la rusée. || xvi* s. Et l'on la mené à courbette, Sans filet et sans grommelle. Sans mords etsanscaveçon,PERRiN,Po&iM,p. 208, dans LACURNE.
— ÉTYM. Voy. goubmer; v/a.\\. gourmcte, bonnet de nuit.
t GOURNABLE (gour-na-bl'), s. f. Terme de marine. Longue cheville de bois de chêne employée à fixer le bordage sur les membrures d'un vaisseau.
t GOURNABLER (gour-na-blé), V. a. Terme de marine. Enfoncer des gournables dans un bordage.
t GOURNABLERIE (gour-na-ble-rie), *. f. Atelier où l'on fait les gournables.
t GOURNABLIER (gour-na-bli-é), s. m. Terme de marine. Ouvrier qui fait des gournables.
f ) . GOUROU (gou-rou), s. m. Noix de gourou, un des noms donnés aux grains de la sterculie acuminée, appelée aussi noix de cola ou noix de kola, et noix du Soudan, leooarant.
t 2. GOUROU (gou-rou), s. m. Nom du précepteur rehgieux parmi les brahmanes.
— ÉTYM. Sanscrit, guru, lourd, grave, d'où vénérable ; il correspond au lat. gravis et au grec pipOç.
I GOUSPIN (gou-spin), s. m. Terme populaire. Polisson.
— ÉTYM. Gausser, manger, dans le parler populiire du xvi* siècle, et pain: un malheureux qui ne vit que de pain.
GOUSSANT (gou-san) ou GOUSSAUT (gou-sô), (. m. Il 1° Cheval qui a l'encolure épaisse, les épaules grosses et qui est court des reins. || Adj. Cheval goussaut. Il 2° Se dit aussi d'un chien lourd et trapu. Il 3° Terme de fauconnerie. Oiseau lourd et peu estimé pour la volerie. || 4" Par extension, se dit aussi des personnes. Sa figure [de Montrevel], devenue courte et goussaude, mais qui avait enchanté les dames, suppléait en lui à toute autre qualité, st-sim. <)C,<2. [Chateaurenaud] C'était un petit homme goussaut et blondasse qui paraissait hébété, id. 4 li, 266.
— ÉTYM. Il y a dans le bas-latin gossus, dans le provenç. guas, gossa, qui signifient chien mâtin. Cela a-t-il quelque rapport avec goussaut?
GOUSSE (gou-s'), s. f. Il 1» Enveloppe des graines des plantes légumineuses. Gousse de pois, de fève. Il Terme de botanique. Fruit allongé, sec, bivalve, dont les graines sont attachées à un seul trophosperme suturai; exemple: les légumineuses. La gousse ou légume est monocarpellaire et la silique dicarpellaire. Il 2° On dit aussi une gousse d'ail, d'échalote, pour une tête d'ail, d'échalote. || 3° Nom d'une corjvulle. Il 4° 4u piur. Terme d'architecture. Nom donné à cer-
tains fruits semblables à des gousses de f^vcs qui servent d'ornement au chapiteau ionique. || B° Terme de pêche. Gousses de plomb, plomb pour arrêter les filets.
— HIST. XVI» s. Une gosse d'ails un peu cuitte sous les cendres, paré, xv, 26. Les gousses des fèves, 0. DE SEHHES, 99. Là OÙ, toutes les autres créatures, nature les a revestues de coquilles, de gousses, d'escorce, de poil.... mont. 11, (81.
— ÉTYM. Ital. guscio; milan, guss, gussa ; romagn. goss, gossa. Origine d'ailleurs ignorée. On pourrait conjecturer que c'est une forme de cosse, si l'origine de cosse n'était pas dans le germanique schosse, schate. Y aurait-il quelque lien entre gousse et le gaélique guiseid, poche?
GOUSSET (gou-sè; le ( ne so lie pas; au pluriel, l'jse lie : les gou-sè-z et les montres; goussets rime avec traits, succès, paix, jamais, etc.), s. m. || 1* Le creux de l'aisselle. Mit quelque argent sous son gousset. Je veux dire sous son aisselle, scarron, CEuv. t. I, p. 308. Il La mauvaise odeur qui vient de l'aisselle. D'un visage noir et grasset, Et sentait un peu le gousset, scarron^, Virg. v. Mme la princesse était un peu bossue, et avec cela un gousset fin qui se faisait suivre à la piste, st-simon, 225, M. Il Anciennement. Pièce de l'armure qui avait la forme d'un triangle, et qui gaiantissait le dessous du bras. |1 Terme de blason. Pièce irrégulière qui ressemble à un gousset d'armure, et qui prend en haut des deux angles de l'écu pour venir se terminer en pal à la pointe. || 2° Pièce à la partie de la manche d'une chemise correspondant au gousset. Il 8° Anciennement. Petite bourse que l'on portait d'abord sous l'aisselle et que l'on attacha ensuite en dedans de la ceinture de la culotte. || Avoir le gousset garni, bien garni, être bien pourvu d'argent. 11 affecte de me distinguer des compagnons de mon infortune, dont il n'avait pas trouvé le gousset si bien garni que le mien, lesage, Est. Gont. ch. 46. Il Avoir le gousset vide, le gousset plat, être sans argent. Il Aujourd'hui, petite poche pratiquée à la ceinture de la culotte. Un gousset de montre. || 4° Sorte de console en menuiserie servant à soutenir des tablettes. Il Petite pièce de bois écliancrée et posée diagonalement: on l'attache contre une muraille pour soutenir quelque autre pièce de bois. || 5° Petit siège k la portière d'un carrosse pour recevoir un enfant et même ime grande personne. || Terme de marine. Boucle de fer qui est autour du timon du gouvernail. || Morceau de bois au bout duquel il y a deux tourillons qui entrent dans deux barrotins au deuxième pont d'un vaisseau.
— HIST. XV' s. L'Anglois frappa de sa lance ledit Louis.... au dessous du bras; par faute et manque d'y avoir un croissant ou gouchet.... il fut si douloureusement blessé.... MATu. DE CODCY, Hist. de Charles VII, p. 660, dans lacurne, au mot vif. Il XVI' s. Il fut frappé d'une flèche par le gousset en levant le bras pour combattre, m. du bellay, 3.
— ÉTYM. Diminutif de gousse; le creux de l'aisselle, sens primitif de gousset, ayant été comparé à une gousse. Cependant on a cité le celtique : gaél. guiseid, poche ; kimry, cwysed.
GOUT (goû ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, l's se lie: des goû-z étranges), s. m. Il 1° Celui des cinq sens par lequel l'homme et les animaux perçoivent les saveurs et dont la langue est l'organe principal. Les épices réveillent le goût. La chair [du rhinocéros] est excellente au goût des Indiens et des nègres; Kolbedit en avoir souvent mangé avec beaucoup de plaisir, buff. Quadrwp. t. IV, p. 342. Le goût paraît encore plus dégradé que l'odorat dans un grand nombre d'oiseaux, surtout chez les granivores ; leur langue, presque cartilagineuse, ne semble pas devoir être bien sensible, BONNET, Contempl. nat. m, 28. L'organe du goût a tant de rapport avec celui du toucher, que décrire l'un c'est presque décrire l'autre, id Ess. psychol. ch. 23. Il Populairement. Il a perdu le goût du pain, il est mort. || On lui fera passer le goût du pain, on le fera mourir. || Terme de fau;onnerie. Oiseau de bon goût, oiseau qui sait veiller sa proie et prendre son temps à propos pour fondre dessus. Il 2' Par extension, saveur. Ce pâté est d'un goût exquis. Notre hôte cependant, s'adressant à la troupe : Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe? boil. Sat. m. \] Haut goût, tout ce qui réveille l'appétit et se met dans les sauces, comme le poivre,- le citron, la muscade, le verjus, etc. Aimer le haut goût. || Cette sauce est de haut goût, elle est salée, épicéo. || Fig. Des plaisanteries de haut goùl. Il Celte sauce n'a point de goût, elle ne sent rien, elle est fade. || Goût de queue de renard, mauvais goût que contracte parfois le vin de Bour-
gogne par l'efTet d'une maladie, à la troisième ou quatrième année, jj Alcool bon goût, se dit, dans les mercuriales, d'un alcool dont la saveur est bonne. Il Fig. Et le gain a bon goût de quelque endroit qu'il vienne, Régnier, Sat. xiii. Ouand l'avenir n'a plus de charmes. Qui fassent désirer demain, Et que l'amertume des larmes Est le seul goût de notre pain, la- MART. Harm. \,9. \\ 8' Goût se prend quelquefois, par abus, pour odeur. On sent un goût de renfermé. Ce tabac a un goût de pourri. || 4* Appétence des aliments, plaisir qu'on trouve à boire et à manger. Ce malade ne trouve, ne prend goût à rien. Le goût ne lui est pas encore revenu. ||6' Préférence dans le choix des aliments. Dites votre gOi'.'. Il 6* Fig. Faculté toute spontanée, qui précède U réflexion, que tout le monde possède, mais qui est difi'érente chez chacun, et qui fait apprécier les beautés et les défauts dans les ouvrages d'esprit et dans les productions des arts, comme le goût fait apprécier les saveurs bonnes et mauvaises. Le goût ne va pas sans dégoût. Vous avez le goût bon, mol. Préc. <o. n est vrai que le goût des gens est étrangement gâté, iD. Critique, se. 7. Je n'ai pas si méchant goût que vous avez pensé, id. Am. magn. 11, «. Il y a dans l'art un point de perfection comme de bonté et de perfection dans la nature; celui qui le sent et qui l'aime a le goût parfait; celui qui ne le sent pas et qui aime en deçà ou au delà a le goût défectueux; il y a donc un bon et un mauvais goût, et l'on dispute des goûts avec fondement, LA BRUT. I. Entre le bon sens et le bon goût, il y a la din"êrence de la cause à son effet, id. xii. Il est bien plus difficile de donner du goût à ceux qui n'en ont pas, que de former le goût de ceux qui ne l'ont pas encore tel qu'il doit être, fén. Éduc. (ilt. V. Mais ce goût du beau, c'est peut-être Moins ce qui nous le fait connaître Que ce qui nous le fait sentir, lamotte. Odes, t. i, p. 26 1, dans pougens. La société des femmes gâte les moeurs et forme le goût : l'envie de plaire plus que les autres établit les ptrures, et l'envie de plaire plus que soi-même étaljlit les modes, monteso. Esp. jix, 8. Le climat qui fait qu'une nation aime à se communi'iuer, fait aussi qu'elle aime à changer; et ce qui fait qu'une nation aime à changer, fait aussi qu'elle se forme le goût, ID. »b. [Le dieu du goût parlant :) Ne souffrez pas que dans Paris Mon rival usurpe ma place; Je sais qu'à vos yeux éclairés Le faux goût tremble de paraître; Si jamais vous le rencontrez, Il est aisé de le connaître : Toujours accablé d'ornements. Composant sa voix, son visage, AITecté dans ses agréments, nt précieux dans son langage; Il prend mon nom, mon étendard. Mais on voit assez l'imposture; Car il n'est que le fils de l'art ; Moi, je le suis de la nature, volt. Temple du goût. Le goût, ce sens, ce don de discerner nos aliments, a produit, dans toutes les langues connues, la métaphore qui exprime, par le mot goût, le sentiment des beautés et des défauts dans tous les arts; c'est un discernement prompt, comme celui de la langue et du palais, et qui prévient comme lui la réflexion.... il est souvent, comme lui, incertain et égaré, ignorant même si ce qu'on lui présente doit lui plaire, et ayant quelquefois besoin, comme lui, d'habitude pour se former, ID. Dict. phil. Goût, § < . En général, le goût fin et sûr consiste dans le sentiment prompt d'une beauté parmi des défauts, et d'un défaut parmi des beautés, id. ib. § 2. Le goût peut se gâter chez une nation ; ce malheur arrive d'ordinaire après les siècles de perfection ; les artistes, craignant d'être imitateurs, cherchent dos routes écartées, ils s'éloignent de la belle nature que leurs prédécesseurs ont saisie.... on est entouré de nouveautés qui sont rapidement effacées les unes par les autres ; le public ne sait plus où il en est, et il regrette en vain le siècle du bon goût qui ne peut plus revenir, id. ib. § 4. Le goût dépravé dans les aliments est de choisir ceux qui dégoûtent les autres hommes, c'est une espèce de maladie ; le goût dépravé dans les arts est de se plaire à des sujets qui révoltent les esprits bien faits, de préférer le burlesque au noble, le précieux et rafl"ecté au beau simple et naturel; c'est une maladie de l'esprit, m. ib. Comme le mauvais goût, au physique, consiste à n'être flatté que par des assaisonnements trop piquants et trop recherchés, ainsi le mauvais goût, dans les arts, est de ne se plaire qu'aux ornements étudiés et de ne pas sentir la belle nature, in. ib. Le bon goût est pour nous en littérature ce qu'il csl pour les femmes en ajustements, id. Dict. phil. Esprit. Le mauvais goût a levé l'étendard dans Paris; vous en avez encore pour quelques années; c'est une maladie épidémique qui doit aroir son coura,
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Cl l'on (10 reviendra au lioii i|ue quand vous serez faliKués du mauvais, m. Lelt. d'Argmtal, 7 aoilt 4760. Prenez toujours le parti du bon goût; tout le monde à la fin y reviendra, id. la Harpe, 25 oct. «777. Peut-on avoir le goût pur quand on a le cœur corrompu T diderot, Penséet rur la peint. Oliuvres, t. XV, p. (8», dans pougens. || Absolument. Goût se dit souvent pour bon goût. Les lois, les règles du goût. Manquer de goiit. La décadence du goût. La magnificence et le goût présidèrent à ces fêtes. n n'y a qu'à se représenter, d'un côté, le.s biens sans nombre qui résultent de la vanité; de là le luxe, l'industrie, les arts, les modes, la politesse, le goût; et, d'un autre côté, les maux infinis qui naissent de l'orgueil de certaines nations, la paresse, la pauvreté.... monteso. Esp. xix, o. 11 faut la capitale d'un grand royaume pour y établir la demeure du goût; encore n'est-il le partage que du très-petit nombre, volt. Dict. phil. Goût, § 'i. Le Temple du goût, titre d'un opuscule de voltaibe. Une méprise très-commune, c'est de confondre le luxe avec le goût, duclos, Consid. goût, OEuwes, t. x, p. (18. Le goût est on quelque manière le microscope du jugement; c'est lui qui met les petits objets à sa portée, et ses opérations commencent où s'arrêtent celles du dernier, j. j. bouss. Ilél. i, (2. Il Ouvrages de goût, ouvrages, objets qui ne sont faits que pour l'agrément, pour l'ornement. || Notes de goût, voy. note. || 7° Particulièrement. Bon goût, se dit de la faculté acquise ou innée qui nous fait discerner l'à-propos, la convenance de telle ou telle chose, de tel ou tel genre, de telle ou telle manière. Elle ne trouve pas ce procédé d'un trop bon goût, sÉv. 239. Je vous trouvais de bon goût d'avoir fait si peu d'attention à de si petites choses, boss. Lett. quiét. 4(0. || Il se dit, dans le même sens, des choses. La retraite était de bon goût en cette circonstance. Il Mauvais goût s'emploie dans le sens opposé. Il eût été de mauvais goût d'insister. Il 8" Sentiment d'appréciation propre à chacun. Il ne faut point disputer sur les goûts. Les hommes ont des goûts difTérents. Selon l'objet divers le goût est différent, corn. Olhon, iv, 4. [Elle] ....Laisse au goût public régler tous ses projets, id. Tite et Bérén. v, 4. Si je suivais mon goût, je saurais où buter, LA FONT. Fabl. m, t . Il est plus pour cela selon mon goût que vous, mol. Éc. des femmes, v, 4. Ce qui le charme, c'est qu'il voit que vous m'aimez ; il a tant d'amitié pour moi, qu'il est ravi que l'on soit dans son goût, s6v. 26. Il suivit son goût sans réflexion, fén. Tél. xvi. Une vertu du goût du monde me serait suspecte, mass. Carême, Respect humain. Une âme sensée qui ne se conduit ni par goût, ni par sentiment, ni par caprice, id. Carême, Sur la rechute. La vertu qui n'est que dans le goût ne saurait se soutenir, m. Carême, Prière i. En vain vous les avertirez qu'une famille va tomber.... qu'une jeune personne est sur le bord du précipice.... qu'un établissement utile va manquer, ce ne sont pas des misères de leur goût, id. Carême, Aumône. \\ 9° Inclination 'qu'on a pour certaines choses et plaisir qu'on y trouve. Il n'est faiblesse égale à nos infirmités; Nos plus sages discours ne sont que vanités. Et nos sens corrompus n'ont goût qu'à des ordures, malh. i, 4. Elle a lu tout ce qu'elle a pu attraper de romans avec tout le goût que donne la difficulté et le plaisir de tromper, sÉv. 25 mai 4 680. Servius TuUius, qui donna comme un premier goût de la liberté au peuple romain, boss. Hist. III, 7. S'il avait plu à Dieu de lui conserver le goût sensible de la piété qu'il avait renouvelé dans son cœur, id. Anne de Gons. Elle perdait le goût des romans et de leurs fades héros, id. Duch. d'Orl. Il a du goût à se faire voir, la bruy. ii. Je n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandre, HAC. Eslh. i, 4. Ils s'aiment, ils sont dans le goût de s'épouser ; y a-t-il rien là que de fort naturel ? rëgnahd, la Sérénade, se. 7. Alexandre, au milieu du lumulto des guerres, conservait toujours du goût et de la curiosité pour les sciences, rollin, Hist. anc. (jtiuv. t. VI, p. 360. Vous qui passez sans cesse du goût do la vertu au goût du monde et des plaisirs, MASS. Car. Inconstance. On a laùssé à certaines âmes d'un goût de vertu plus relevé ou plus farouche toute.s ces pieuses délicatesses, id. Conf. Amb. des clercs. X mesure que le monde s'enfuit et nous échappe, on court après lui avec plus de goût que jamais ; le long usage qu'on en a fait n'a servi qu'à nous le rendre plus nécessaire, id. Atent, Délai. Vers enchanteurs, exacte prose. Je ne me borne point à vous; N'avoir qu'un goût est peu de chose; Beaui-arts, je vous invoque tous, volt. Temple du goûl. Le goût de la chasse, de la pêche, {
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des jardins, de l'agriculture, est un goût naturel i tous les hommes, Bvrr. Quadrup. t. ii, p. 4 6. Virgile ofTrait dans ses vers deux caractères originaux : le goût des champs qui appartenait à la vie romaine, et un sentiment de tristesse qui a quelque chose de nouveau dans les mœurs brillantes du polythéisme méridional, villkm. Litlér. fr, <«• siècle, 2* part. 2* leçon. || Mettre en goût, donner envie, désir. Or m'ayant mis en goût des hommes et du monde, régnier, Sat. xiv. Ce grand succès [d'Esther] mit Racine en goût, il voulut composer une autre pièce, m"* de caylus, Souven. p. 210, dans POUGENS. Il Entrer en goût, commencer à se plaire à. Fais tomber de la pluie [d'argent| et laisse faire à moi. — Tu viens d'entrer en goût, corn. Menteur, IV, 7. Il Être en goût, avoir envie, désir. || Faire une chose par goût, la faire pour son plaisir. |{ Être au goût, être de goût,être conforme à l'envie, au désir. Les plus excellents ouvrages de peinture, de sculpture ne sont point à mon goût, voit. Lett. 97. Les femmes docteurs ne sont pas de mon goût, mol. Fem. sav. 11, 3. La vie retirée n'est pas de son goût, SÉv. 437. Les fruits d'une salutaire pénitence.... ces fruits ne seront pas au goût de la nature, boukd. Car. ui, Comm. pascale, 213. || Prendre goût à, se plaire à. Us ne prenaient aucun goût à la chose, LA FONT. Rem. Ah I tu prends donc, pendard, goût à la bastonnade, mol. Amphit. i, i. Le goût que Sa Majesté prend au métier de la guerre, s£v. 289. Il 10" Inclination pour les personnes et empressement à les rechercher. Le goût qu'elle a pour vous n'est point d'une Allemande, sÉv. 22J. Il est marié à une personne toute à son goût, id. 682. Jamais rien, ne m'a plus flattée que le goût que je vous ai toujours vu pour moi, maintenon, Lett. à Mme de Dangeau, t. vn, p. (4 6, dans pougens. Le chevedier fut bientôt de son goût et de son jeu, hamilton, Gramm. 6. Il fut bientôt du goût de tout le monde, ID. ib. 6. Nous avons perdu le chevalier du Druy, major fort en goût du roi, si simon, 4 3, 451. Adaté a répondu avec esprit, et la princesse s'est prise d'un grand goût pour elle, volt. Amabed, Lett. 4 2. Il Particulièrement, il se dit d'une inclination à laquelle on ne veut pas ou ne doit pas donner le nom d'amour. Ce n'est point de l'amour, c'est un goût passager. Goût, en galanterie, simple inclination, amusement passager, mot des gens de cour, SB cailliëres, 4690. C'est une petite bagatelle qui ne mérite pas de vous être dite ; c'est que j'ai pris du goût pour Arlequin, mabivaux. Double inconst. m, 4. Il 11° Manière dont une chose est faite, caractère particulier de quelque ouvrage. Des ornements d'un goût recherché, d'un goût mesquin. Le goût du jour. L'architecture était du meilleur goût, fén. Tél. XIV. Le bon goût de la littérature se communique mémo aux mœurs publiques et à la manière de vivre, rolun. Traité des Et. Disc. prél. Lxxxix. L'excellent goût de leur littérature [des Français] leur soumet tous les esprits qui en ont; et, dans la guerre si malheureuse dont ils sortent, j'ai vu leurs auteurs et leurs philosophes soutenir la gloire du nom français ternie par leurs guerriers, J. J. Rouss. Conf. v. Il Absolument. Élégance, grâce, agrément. Un ouvrage fait avec goût. La magnificence et le goût présidèrent à ces fêtes. || Le grand goût, manière grande et élevée dans la littérature et les beaux-arts. Elle est dessinée de grand goût, DIDEROT, Salon de 4765, CEu». t. xiii, p. 20. Moi qui vois tous les jours nos maîtres et nos élèves perdre ici, dans la capitale, le grand goût qu'ils ont apporté de l'école romaine, id. ib. p. 4 53. Les acteurs mêmes de l'Opéra venaient se former au grand goût du chant sur ces excellents modèles, j. j. ROUSS. Confess. vu. || 12° La manière propre à un artiste, le caractère d'un siècle, etc. Des vers dans le goût de Corneille. Leurs ouvrages sont faits sur le goût de l'antiquité, la bruïèrk, i. || Le goût national, goût particulier, propre à chaque nation. Il Terme de beaux-arts. Mani-îre générale d'une école. Le goût flamand, la manière des peintres flamands. Il Familièrement, dans le goût de, semblable à. C'était un caractère à peu près dans le goût du feu comte de Rochester, volt. Jenni, 7. J'entreprends un nouveau procès dans le goût de celui des Calas, et je n'ai pas pu m'en dispenser, m. Lett. Mme du Devant, 24 sept. 4766. || Proverbe. Le coût en fait perdre le goût, se dit d'une chose trop chère. || Le morceau avalé n'a plus de goût, une affaire fâcheuse terminée doit être oubliée.
— HIST. xiv s. Comme celui qui est sain du corps et a bien disposé le goust juge bien des saveurs, ORESUE, Eth. XIX. Il xvi* s. Le premier goust que j'eus aux livres, mont, i, 4 96. Ce bruvage a le
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goust uu peu piquantj 10. 1, 237. Ces fruits sont, i nostre goust metme, excellents, id. i, 234. Tu as esprouvé la faveur du roy; mais la liberté, quel goust elle a, combien elle est douice, tu n'en sçais rien, la BOjtTiE, Servitude voient. Il faut qu'ils sa plaisent de son plaisir, qu'ils laissent leur goust pour le sien, id. ib.
— ÉTYM. Provenç. gost ; catal. gtut ; espagn. 0Uf<o; portug. gosto; iU.\.gutto; àu\a.i\n gustus. Comparez le grec y«ûiiv, goûter. D'après Eug. Burnouf, Yaçna, p. 221, gusius représente le zend qaçtra, goût, du verbe qiç, en sanscrit svad, goûter Bopp et Curtius rattachent Ycûetv au sanscrit guth, aimer, trouver Ixin.
4. GOOté, ÉE (gou-té, tée), part, passé de goûter. Il 1* Apprécié par le goût. Du vin goûté par un connaisseur. || 2* trouvé bon, agréable. La vie con templative a été goûtée, Boss. Hist. 11, 7. Il n'y a point eu de livres plus généralement estimés et goûtés que ceux de Josèpbe; la traduction en notre langue en parut dans un temps où, faute de meilleure-» lectures, les romans étaient entre les mains de tout le monde ; elle contribua buaucoup à faire tomber co mauvais goût, rollin, Hist. anc. liv. xxv, ch. 2, art. 4, $ 2. Il 8* Oui trouve accueil et affection, en parlant des personnes. Ce prince de Brunswick a été ici fort goûté et fort fêté de tout le monde, et il le mérite, d'alembebt, Letired Voltaire, 23juin 4766. t 2. GODtÉ (goûté) , s. m. Voy. goûthr 3. 4. GOÛTER (goù-té), V. a. || 1° Sentir par le sens du goût ce qui est savoureux. Il goûte ce qu'il mange. || Absolument. Il avale sans goûter. || Se dit aussi des choses dont on ne. juge que par l'odorat. Goûtez ce tabac. || 8° Vérifier la saveur d'une chose, en mettant dans la bouche une petite quantité de cette chose. Le cuisinier n'a pas goûté cette sauce. Il STig. Approuver, trouver bon et agréable. J'écoute la raison, j'en goûte les avis, corn. Pulch. 11, 4. L'époux goûta quelque peu ces raisons, la font. Rémois. L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller, Se plaint en son patois.... id. Fabl. m, 4. Us tâchaient de faire goûter leur gouvernement aux peuples, boss. Hist. m, 6. Sa doctrine ne pouvait être goûtée dans un lieu où l'on ne suit que les règles d'une politique mondaine, bourdal. Myst. Pass. de J. C. t. I, p. 478. Le chevalier de Folard espérait faire goûter à ce prince [Charles XII] les nouvelles idées qu'il avait sur la guerre, volt. Charles XII, 8. La comédie est belle et le charme est divin ; Pour moi, j'y goûte fort, car j'aime la nature. Ces héros villageois beaux esprits sous la bure, gilb. Le 48* s. Le roi avait de la répugnance à se détacher de Calonne ; il goûtait son travail, mabmontel, Mém. xu. M. Rifador ne parait pas goûter extrêmement que votre famille vous donne une fête, picard, au. de Molor. m, 3. || Terme de manège. Goûter la bride, se dit du cheval qui s'accoutume aux effets du mors. || 4* Faire cas de, avoir du goût pour, en parlant des personnes. Je n'ai pas douté que ce prédicateur ne fût goûté, boss. ùtl. abb. 4 20. C'est un avantage rare à un savant d'être goûté par un prince, et, pour tout dire aussi, c'est im avantage rare à un prince de goûter un savant, FONTEN. La Hire. Plus M. Fagon vit Mme de Maintenon de près, plus il admira sa vertu et goûta son esprit. M"' DR CAYLUS, Souren. p. 76, dans pougens. Louis XIV goûta le caractère de l'abbé Fleury, MAiRAN, tlog. du card. Fleury. Votre frère entre nous goûte fort cette veuve, boissy, Deh. tromp. i, 4. Il Terme de dévotion. Goûter Dieu, servir Dieu avec amour. Ils [les actes réduits en formule] ont leur utilité dans ceux qui commencent à goûter Dieu, Boss. Et. d'orais. v, 23. || B' Sentir avec plaisir, jouir de. N'épargnez point mon sang, goûtez sans résistance La douceur de ma perte et de votre vengeance, corn. Ctd, m, 4. Lieux que j'aimais toujours, ne pourrai-je jamais, Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais? la font. fabl. XI, 4. Ainsi est mort le P. Bourgoing; et voilà qu'étant arrivé à la bienheureuse terre des vivants, il voit et il goûte ;n la source même combien le Seigneur est doux, boss. Bourgoing. Goûter innocemm mt le peu de biens que la nature nous donne, ID. Duch. d'Orl. Par moi Jérusalem goûte un calme
profond, rac. Athal. 11, 5 Ces femmes liardies
Qui, goûtant dans le crime une tranquille paix.... ID. Phèd. m, 3. Je goûtais en tremblant ce funeste plaisir, id. ib. iv, 6. Il ne put goûter le fruit de sa victoire, fbh. Tél. xx. Enfin ma gloire est pure, et je la puis goûter, volt. Sémiram. ui, 3. J'ai goûlé la vengeance de consoler le roi de Prusse, et cela me suffit, IB. Lett. d'Argental,*o déc. «757. Je sais qu'il ne l^ut pas trop goûter la félicité en préseoc
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des malhenTeviT, id. Dial. S'. S'il est une petite ville au monde oii l'on goûte la douceur de la vie danj un commerce agréable et sûr, c'est Chambéri, :. i Rouss. Confess. v. Il faut l'amour ou la religion pour goûter la nature, stael, Corinne, xvui, 2. il Par antiphrase. Je veux qu'un noir chagrin à pas lents me consume. Qu'il me fasse à longs traits goûter son amertume, CORN. Surina, i, 3. Dieu lui fit goûter [à Moïse] les opprolires de Jésus-Christ ; il les goijta encore davantage dans sa fuite précipitée et dans son exil de quarante ans, boss. //is(. ii, 3. Il 6° y. n. Boire ou manger quelque peu d'une chose dont on n'a pas encore bu ou mangé. Quand voulezvous goûter à notre vin? Cette volaille est excellente; goûtez-y. Il II se dit aussi des choses dont on ne juge que par l'odorat. J'ai goûté à votre tabac. Il Fig. Essayer, tâter, faire l'épreuve de. Tibère lui dit : Et toi,' Galba, tu goûteras un jour de l'empire, n'AnLANC. Tacite, Annalts, vi, < ) . Tout ce que peuvent faire ces misérables amoureux des grandeurs humaines, c'est de goûter tellement de la vie qu'ils ne songent point à la mort, boss. Gomay. Vous ai-mez la joie, le repos, le plaisir; croyez-moi, j'ai goûté de tous, il n'y a de joie, de repos, de plaisir qu'à servir Dieu, maintenon. Avis à la duch. de Bourg. Lett. t. m, p. 202, dans pougens. Il n'eut pas plus tôt entendu les discours de ce philosophe, et goûté de cette philosophie qui mène à la vertu, qu'il sentit son âme enflammée d'amour pour elle, eoll. Traité des Et. liv. v, 3' part. ch. 2. || Dans le style biblique, goûter de la mort, mourir. Élie et Enoch sont deux personnages bien importants dans l'antiquité ; ils sont tous deux les seuls qui n'aient point goûté ds la mort, et qui aient été transportés hors du monde, volt. Dict. phil. Élie et hnoch. Il 7° Se goûter, v. rêfl. Avoir du goût l'un pour l'autre. Les hommes ne se goâtent qu'à peine les uns les autres, n'ont qu'une faible pente à s'approuver réciproquement, la bruy. xii. Dès nos premières entrevues, nous voir, nous goûter, nous chérir, désirer de nous voir encore, en fut l'effet simultané, MARMONTEL, Mém. XI. || Se goûter soi-même, avoir du goût pour soi-même, se laisser aller à l'amour-propre. Combien Calvin se goûtait-il lui-même quand il élève si haut sa frugalité, ses continuels travaux! boss. Var. ix. || Être goûté. Le vin se goûte mieux quand on mange.
— HIST. XII" s. Peneans sui [je suis pénitent], n'est pas raisons Que gost [que je goûte] de vin ne de poisson, Grég. le Grand, p. 89. Hé Dexl ce dist li rois, qui gostas à la cène.... Sax. xxx. ||xiii' s. Que tout cil ki mort gousteront En la fin resçusiteront. Et si oront le jugement, gui nE cambrai, ]!arl. «4 Jos. p. B). Il XVI' s. [Ulysse] s'il eust gousté X la couppe circeïenne, De sa doulce terre ancienne II n'eust regousté les plaisirs, du bellay, m, 9, recto. On me faisoit gouster la science par une volonté non forcée et de mon propre désir, mont, i, i 96. Temoings tant de nations qui n'ont encore gousté aulcun usage des vestements, m. il, (62. Quand il eut demouré quelque temps auprès de luy, il commencea à cognoistre et gouster la bonté de son naturel, AMYOT, Lyc. 16. Un roy de Pont, pour gouster de ce brouet noir, achepta expressément un cuisinier lacedaemonien, m. tb. 2| . Hz ne s'estuvoient ny ne soignoient jamais, sinon à certains jours de l'année, que l'on leur faisoit un petit gouster de cette doulceur, id. ib. 34.
ÉTYM. Norm. goxtté, et aussi goutu, savoureux:
voilà un fruit bien goûté; provenç. et portug. gostar; espagn. gustar; ital. gustare; du latin gustare (voy. goùt).
2. GOÛTER (goû-té), V. n. Faire un léger repas entre le dîner et le souper, ou entre le déjeuner et le dîner. On goûtait dans un cabaret hors la ville, j. j. ROUSS. Confess. vi. || Apportez à goûter à ces enfants, façon de parler bourgeoise , de cailliKres, 4 (190. Il Goiîfcrn'a plus rien quele purisme condamne.
— ÊTVM. C'est goûter < pris absolument pour manger un peu. On trouve estre gousté pour avoir mangé : xiv* s. D'un seul pain de froment qu'il ont, digner [dîner] se veulent; En hiaume boivent l'aiguë ; quant sont enqui gousté.... Girart de Ross. v. 7970.
3. GOCTER (goû-té; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r* se lie : des goû-té-z excellents), «. m. Léger repas qu'on fait entre le dîner et le souper, ou le déjeuner et le dîner. Des jouets, des bonbons, son goûter, 1. 3. kouss. Em. ii. C'est près de là qu'est située cette petite métairie de Saint-Thomas, où je lisais Virgile à l'ombre des arbres fleuris qui entouraient vos ruches d'abeilles, et où je *iisais de leur miel des goûters si délicieux, .rfARMONTEL, Vém. I. Il Donnez-lui des confitures jour son goûter,
façon de parler bourgeoise, de caillièees, (ooo. Il Goûter n'a plus rien de bourgeois.
t GOUTTANT, ANTE (gou-tan, tan-t"), adj. Qui s'égoutte. Linge gouttant.
(. GOUTTE (gou-f), s. ^. ||1° Globule qui se détache de la masse d'un liquide. Une goutte de plomb fondu. Si tous les hommes de la terre ne sont devant ses yeux [de Dieu] qu'une goutte d'eau et un peu de poussière, comme parle l'Écriture, nicole, Ess. mor. 3» traité, ch. 5. Non-seulement il se trouve quelquefois des gouttes d'eau renfermées dans le cristal de roche; mais on en voit encore plus souvent dans les agates et autres pierres vitreuses qui n'ont qu'une demi-transparence, buff. Win. t. VI, p. 4 40. La figure sphérique des gouttes de la rosée produirait-elle dans les rayons de la lumière des réfractions nuisibles aux feuilles? bonnet. Us. feuilles plant. 2* mém. || Se re.ssembler comme deux gouttes d'eau, se ressembler beaucoup. Ces deux sœurs se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Il On ne peut dire comme deux gouttes d'eau qu'en nommant deux personnes ; et la locution devient fausse quand on n'en nomme qu'une seule, comme dans ces phrases de Mme de Maintenon et de Voltaire : Mme de St-Pars trouve que M. d'Auxerre vous ressemble comme deux gouttes d'eau, MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 1 1 , oct. <71B. Nous avions parmi les spectateurs [d'une représentation de l'Orphelin de la Chine à Ferney] une espèce de Kalmouk qui disait que je ressemblais à Gengis-khan comme deux gouttes d'eau, et que j'avais le geste tout à fait tartare, volt. Lett. d'Argental, 6 juill. 4 763. On en a fait plaisamment ressortir le vice en disant de la rivière artificielle de Trianon qu'elle ressemble à une vraie rivière.... comme deux gouttes d'eau. || On dit dans le même sens : comme deux gouttes de lait. Et vos airs dans les siens sont si reconnaissables. Que deux gouttes de lait ne sont pas plus semblables, RÉGNARD, Ménechmes, i, 2. || Suer à grosses gouttes, être tout couvert de sueur. Il suait à grosses gouttes, quoique ce fût au mois de janvier, balz. le Barbon. || Se dit des larmes. De grosses gouttes coulaient le long de ses joues. || Il se dit aussi des mucosités nasales. Il a toujours la goutte au nez. Il Fig. Il passerait entre les gouttes de pluie, se dit d'un homme adroit, qui sait se ménager entre les difficultés, entre les partis. |{ Fig. C'est une goutte d'eau dans la mer, se dit d'une petite quantité qui se perd dans une plus grande. Après des siècles d'efl'orts réunis et continus, les secrets que vous aurez arrachés à la nature, comparés à son immense richesse, ne seront que la goutte d'eau enlevée au vaste océan, raynal, Ilist. phil. XIX, ♦.112" Par extension, petite quantité de liquide. Prenez une goutte de ce bouillon. Je vous promets qu'il n'en laissera goutte [d'un breuvage], la FONT. Mandr. Les fontaines sans une goutte d'eau, sÉv. 294. Une goutte d'eau éternellement demandée et éternellement refusée, le ciel de fer sur ta tête, la terre d'airain sous tes pieds, voilà ce que mérite ton indifférence [du mauvais riche], boss. l'ens.
chrét. 4 2. Il Fig Que Dieu lui-même puise au lac
de sa bonté, Et qu'il donne ici-bas sa goutte à tout le monde, lamart. Joc. ix, 284. || Fig. Une goutte d'eau, une très-petite quantité de quoi que ce soit, et qui est tout à fait insuffisante pour les besoins. Le roi fit donner six cents livres de gratification à chaque capitaine de cavalerie, et trois cents livres à chaque capitaine d'infanterie : tout cela ensemble coûta beaucoup ; mais pour chacun ce fut une goutte d'eau, ST-siMON, 60, 4 6. || La dernière goutte, la petite quantité qui emplit le vase et le fait déborder. Ce courrier de Bavière, qui était arrivé le jeudi au soir, et dont il ne vint rendre compte que le samedi à cinq heures du soir, a été la dernière goutte qui a fait répandre le verre, eév. 390. || La dernière goutte est aussi celle du fond. Ils ont bu jusqu'à la dernière goutte. Ce vin se conservera bon jusqu'à la dernière goutte. || 3° Goutte se dit du sang qui coule dans les veines ou hors des veines. Tant qu'il lui restera une goutte de sang dans les veines, il combattra pour sa patrie. Il est de tout son sang comptable à la patrie ; Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie, corn. Hor. m, 6. Sans qu'il en coûte à Rome une goutte de sang, id. Tite et Bérén. 11, 4. Résolu de défendre et l'Église et le pasteur jusqu'à la dernière goutte de son sang, fléch. Hist. de Théodose, m, f>6. || Fig. S'ils ont quelque goutte de sang français dans les veines et quelque amour pour la gloire de leur pays, voit. Lett. 74. Si du sang de nos rois quelque goutte échappée.... hac. Aihal. i, 4. || Fig. N'avoir pas une
goutta de sang dans les veines, être saisi d'effroi, d'horreur. || Fig. La dernière goutte du sang, tout ce qu'on a de ressources, d'argent. J'avais mis jusqu'à la dernière goutte de mon sang à cet établissement très-utile, sans y avoir d'autre intérêt que celui do bien faire, volt. Lett. d'Argental, S dot. 4776. Il 4° Populairement. Petit verre plein d'eaude-vie ou autre liqueur spiritueuse. Offrir, accepter une goutte. Aimer la goutte, aimer l'eau-de-vic. X quatorze ans dans les déserts Je vous portais la goutte, BÉRANG. Yivand. || B° Terme de pharmacie. Mesure de certains liquides médicamenteux qui s'emploient i très-petite dose. Huit gouttes de laudanum de Sydenham. La goutte est la petite quantité de liquide qui se détache sous forme sphérique du bord d'un flacon ou d'une fiole doucement inclinée. Il Gouttes d'Angleterre, médicament liquide dont un sel d'ammoniaque fait le principe excitant. Ces paroles firent sur l'àme de l'Ingénu l'effet de» gouttes d'Angleterre qui rappellent un mourant à la vie et lui font entr'ouvrir des yeux étonnés, volt. Ingénu, 4 0. Suzanne, des gouttes à ta maltresse I tu sais comment je les prépare, beaum. Uère coupable, IV, 48. Il 6" Fig. Il se dit de taches colorée». Il [le martin pêcheur huppé] est parsemé de gouttes blanches, jetées par lignes transversales sur un fond gris noirâtre du dos à la queue, buff. Ois. t. xiii, p. 277. Il 7° Populairement. Goutte militaire, nom donné aux blcnnorrhagies devenues chronique», qui ne se caractérisent plus que par une goutte se montrant de temps en temps au méat urinaire, ainsi dite parce qu'il arrive souvent aux soldats de contracter la blennorrhagie. || 8° Terme de fondeur. Petite partie tirée d'une fonte d'or et d'argent qu'on remet à l'essayeur pour en reconnaître le titre. Prendre la goutte , faire essai. Il 9° Terme d'architecture. Petits ornements de forme conique qui se placent dans les plafonds. Il 10° Chez les horlogers, petite plaque ronde convexe d'un côté et concave de l'autre. || 11" Chez les potiers d'étain, petits trous qui se forment aux pièce» d'étain dans les moules. || 12° Goutte d'eau, variété de topaze. || 13° Goutte de lin, la cuscute. || 14" Goutte bleue, volute hispidule (coquille). || 15" Goutte se joint à la négation pour lui donner plu» d'énergie, comme pas, point, et anciennement mie (ces mots exprimant une petite quantité en général et voulant dire qu'il n'y a goutte, pas, point, miette de la chose dont il s'agit). Sous Henri, c'est na voir goutte Que de révoquer en doute Le salut des flcu» de lis, MALH. II, 2. Pour moi je ne voisgoutteen ce raisonnement, corn. Nicom. m, 4. Quand on est mort, qu'on ne voit goutte. Malheur que surtout je redoute : Car quand on ne voit goutte, on est Croquignolé par qui vous plaît, scabr. Virg. m. ...J'avoue en bonne foi Que mon esprit d'abord n'y voyait goutte, la font. Confia. Une valeur brutaW qui ne voit goutte et qui ne sait que mépriser b vie, n'est pas celle d'un honnête homme ni d'un roi, PELLiss. Conversât, de L. ÎIV devant Lille, p. 24. C'était un temps à n'y voir goutte du brouillard, sÉv. 640. Hélas I combien de grands docteurs qui ne voient goutte, croyant tout voir! fénel. t. xvin, p. 4 4 4. Je vous dirai, monseigneur, que je n'entends goutte à l'être simple de Wolf, volt. Lett. Prusse, 29. Il 16° Goutte à goutte, loc. adv. Goutte après goutte. Je ne puis tuer mon esclave ; mais je puis faire couler son sang goutte à goutte sous le fouet d'un bourreau, raynal, Hist. phil. xi, 24. || Fig. Ce peuple réprouvé [les Juifs] ne sert plus qu'à montrer la malédiction et la vengeance divine qui distille sur lui goutte à goutte, fén. t. xvii, p. 4 00. De mépris, de dégoûts, d'outrages ténébreux Abreuve goutte à goutte un vieillard malheureux, ducis, Lear, i, 4. || 17" Mcre goutte, ou première goutte, le vin, le cidre qui coule de la cuve ou du pres.soir, sans qu'on ait pressuré le raisin, les pommes. Tous les ans son maître d'hôtel allait recueillir la mère goutte des meilleurs celliers de Bourgogne, «jahmontel, Mém. v. || On dit aussi vin de goutte. Il Fig. Pressurer quelqu'un jusqu'à la dernière goutte, en tirer tout ce qu'on peut lui arracher. Il Proverbe. La goutte creuse la pierre.
— HIST. XII" s. Ne dirai mes que veez gote, benoît, II, 4 5043. Il XIII" s. Son repaire [de l'étoile polaire] sevent [ils suivent] à route. Quant li tans n'a de clarté goûte. Tout cil qui font ceste maistrise , Lais inédits, p. m. Se toute» les goûtes de mer E-^toient langues por parier. Salut d'amors, dans juui- NAL t. II, p. 20 4. Et c'est bien à savoir certain Qu'on le puct bien veoir à plain; Goûte de rousée resamble. Quant l'une goûte à l'autre assamble, RUTEB. II, 221. Quant je entrai leans, les baron»
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firent tout li grant joie que en ne pooit goûte oir, et en louoicnt noslro SciKneur, joinv. 2»2. || xiv 3. La mere gouto, c'cgt-àdire la fleur du vin, ifénaoier, II, 6. Un chasuble, tunique et dalmatique de eam'ocaz noir, goutté de goûtes blanches, pour l'olflce des morts, du canoë, guUa. || xv s. Oncques goutte d'eau du ciel durant six semaines n'y chey, tant fit chaud et sec, fboiss. ii, m, ». Et si sa dame à la fenestre vient Soy monstrer goutte [un peu], Ou se la vent une fenestre boute, Dont il cuide que ia dame l'escoute. S'en va coucher joyoulx, n'en faites double, a. chaktieh, Poésies, p. 5B». || xvi' s. F-nfans, ne pleurez (goutte, il est encores tout chauld, je vous le guariray aussi sain que il feut jamais, BAB. Pant. 11, 90. Tant qu'il nous demeure quelque goutte de justice, calv. Inst. 6b3. Ils ne sont point une seule goutte plus purs en doctrine, voire s'ils n'y sont plus impurs, ID. 16. 8*2. Et estant presijue hors d'aleine, souffloit et suoit à grosses gouttes, AMYOT, Phocion, is. [Vous qui êtes] la pure cresme de nos province», la mere goûte de nos gouvernements, Sat. ilén. Harangue de U. de Lyon.
— ÊTYM. Bourguig. gâte; provenç. et espagn gota; ital. goccia; du latin guUa, qui so rattache au goth. giuian, verser, allem. giessen, grec x^ûu, rapportés par Bopp au radical sanscrit eud, couler goutte h. goutte.
2. GOUTTE (gou-f), t. f. Il 1° Maladie des petites articulations caractérisée par de la rougeur, du gonflement, de vives douleurs et par la facilité avec laquelle elle se porte d'une articulation sur une autre et même sur un viscère. Goutte bien tracassée Est, dit-on, à demi pansée, la font. Fabl. m, 8. 11 a un petit agrément de goutte "à la main, sÉv. 43. Il faut souffrir la goutte, quand on l'a méritée, ID. 1 9 juillet (071. Et comme en français vous appelez la goutte ce que les médecins appellent poliment arthritis, id. 21 aollt (»80. Mais, sans vouloir tant raisonner. Quand trouverai corps gentil et cœur tendre, Qui voudra bien la goutte me donner, Je suis, abbé, tout prêt à la reprendre, ciiaul. à l'abbé Coustin. U [le roi de Prusse] a actuellement la goutte bien serré; imaginez ce qu'il a pris : ses bottes ; son pied s'est enflé de plus belle, volt. Lett. Mme Denis, 22 avril 4 752. Soldat bientôt, courant au feu, Je perdis une jambe en route. — Oui , dit l'ange; mais avant peu Cette jambe aurait eu la goutte, bébano. Ange gard. 11 N'avoir pas la goutte aux pieds, être tout prêt à courir, à s'enfuir. || Goutte remontée, goutte qui, quittant les petites articulations, se porte sur un organe important. Enfin c'était toute l'apparence de la mort, une grosse fièvre, une oppression, une goutte remontée, sàv. 4H. IJa" Goutte-crampe, ancien synonyme de crampe. Les gouttes-crampes [dans le choléra-morbus de notre pays], tournai de la sanlé du roi, p. (66. ||0n a dit aussi gouttegrampe. Quand nous fûmes dans Êlampe, Nous parlâmes fort de vous ; J'en soupirai quatre coups, Et j'en eus la goutte-grampe, voit. Poésies , dans RjciiELET. Il 3° Goutte sciatique, voy. sciatique. 1(4° Goutte sereine, synonyme d'amaurose. H Proverbes. La goutte vient de la goutte, la goutte est causéeparl'intempérancedans le boire. || Aux fièvres et à la goutte, les médecins ne voient goutte.
— HIST. xiii* s. Li quens Hues de Saint-Pol, qui malades estoit d'une grant maladie de goûte, qui le tenoites génois et es pies, villek. cxxix. Fait Chanteclair : et je le voil ; La malo goûte lui criet [crève] l'oil Qui s'entremet de sommeillierXl'eure que il doit veiller, «en. 4702. || xiv* s. Icellui Thomas ala de vie à trespas par une maladie, si comme l'en dit, appcUée goûte felonesse [épilepsie], du cance, gulta. Il XV' s. Icellui jeune enfant estoit entachié d'une maladie d'avertin de teste, nommée goutte, dont il cheoit voulentiers par intervalles [épilepsie], ID. ib. Il XVI' s. Les goûtes qu'on appelle naturelles occupent les jointures et celles de la verolle occupent plustost le milieu des os, les rendans carieux et pourris, paré, xvi, 6. Le vocable de goûte, qui est françois, luy peut avoir esté attribué parce que les humeurs distillent goûte à goûte sur les jointures : ou pour ce qu« quelquesfois une seule goûte de cesle humeur fait douleur très-grande ....aucuns l'appellent descente, rhume ou catarre, parce que le nom de goûte est odieux principalement aux jeunes gens, paré, ixi, 4. Quand ils seront de nopces, ils n'auront la goutte es dents, cotgrave.
— ÊTYM. Provenc. espagn. etportug. goia; ital. goUa. C'est le même mot que le précédent, parce qu'on attribuait la j;ou((« à des gouttes d'une humeur viciée qui arrivaient aux articulations.
t GOUTTÉ, ÉE (gou-té, tée), adj. Terme debla- •on. Chargé ou arrosé de gouttes figurée*.
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OOCrrELETTE (gou-te-lé-f) ». f. Petite goutte d'un liquide. Mon Seigneur, je «ous prie que vous me donniez une gouttelette de cette eau que vous donnâtes à la Samaritaine, BOSi. Êt.d'orait.TX, 5. Le venin de la vipère dont une gouttelette peut donner la mort à un grand animal, bonnet, Lett. div. OEuv. t. XII, p. 377, dans pouoens. || Terme de fontainier. Jet d'eau qui s'élève en filets ou en gouttes.
— HIST. xiii* s. X ce qu'il ert [était] en tel balance, [il] Vit devant lui en une branche Trois gouteletes de miel pendre, Unicorne et serpent || xv's. Il fault, pour l'amour des gens. Ne fustce qu'une gouttette. Boire, puisqueje le tiens, BASSEL.K0U de fir«, 87.
— ÉTYM. Diminutif de jouJte; provenç. goteta.
t GOUTTER (gou-té), 1). n. Laisser tomber goutte à goutte. Les toits gouttent. Mouchez-vous, votre nez goutte.
— HIST. xvi* s Les deux testes tranchées Dont
goutte encore le sang noir et hideux, des masures, Enéide, p. 46fl, dans raynouahd, Lexique.
— ÊTYM. Goutte; provenç. gotar.
t GOUTTE-ROSE (gou-te-rô-z') , j.^Terme de médecine. Ancien nom de la couperose (voy. couperose 2).
— ÊTYM. Goutte, rote.
GOUTTEUX, EUSE (gou-teû, teû-z'), adj. || 1' Qui a la goutte ou qui y est sujet. On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur. Et que ton corps goutteux, plein d'une ardeur guerrière. Pour sauter au plancher fit deux pas en arrière, boil. Lutrin, i. M. Conrart, qui fut horriblement goutteux les trente dernières années de sa vie, olivet, Uist. Acad. t. u, Conrart. Il Substantivement. Un goutteux. Une goutteuse. En marchant toujours je clopine, Et l'on me dit, quand je chemine : C'est pauvre chose qu'un goutteux, costar, dans hichelf.t. || Fig. L'Europe qui marche à béquilles. Riche goutteuse, ne croit pas X la vertu sous des guenilles, béhang. Hdtons-nous. |{ 2' S. f. Goutteuse, le strombe scorpion, coquille.
— HIST. xir s. E les morz fait revivre, mutz parler, surz oïr. Les contrai tz redrescier, gutus, fevrus [fiévreux] guarir, Idropikes, leprus en santé restablir. Th. le mart. 4B8. I| xvi' s. Les femmes ne sont point goûteuses pendant qu'elles ont leurs mois,
paré, XXI, (2.
— ÊTYM. Goutte 2; provenç. gotos; espagn. gotoso ; ital. gottoso.
t GOUTTIER, ËRE (gou-tié, tiè-r'), adj. Qui tombe comme par une gouttière. Il est certain que ces mêmes cavités se rempliraient de nouveau d'une matière toute semblable par les mêmes moyens de l'infiltration et du dépôt des eaux goutticres qui passent à travers les couches supérieures de la terre et les joints des bancs calcaires, bupf. Uinér. 1. 1, p. 4 ) 2.
— ETYM. Goutte 4.
GOUTTIÈRE (gou-tiè-r') , s. f. || 1» Bord inférieur des toits d'où l'eau tombe par gouttes quzind il pleut. Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières. Grossissant les ruisseaux , en ont fait des rivières, boil. Sat. vi. Quelle tombe ! ah I monsieur, ils me l'ont mis sous une gouttière, lui qui depuis l'âge de raison n'avait pas bu un verre d'eau ! mabmontel, Mém. vi. || Fig. S'il [Pontchartrain] n'était pas en état de présenter un mémoire de cette transcendance, [il devait] se taire et tendre le dos en silence sous la gouttière, st-sim. 42b, 4 36. Il Par extension, le toit Elle a, dans sa gouttière, X suivre Jupiter passé la nuit entière, boil. Sat. X. Et quel fâcheux démon durant les nuits entières Rassemble ici les chats de toutes les gouttières? ID. ib. VI. L'auteur des Chats [Moncrif] n'est pas trop fait pour juger Pierre le Grand ; il y a loin de sa gouttière au Volga et au Jaîk, volt. Lett. d'Argental, 27 oct. 178». || 2° Par la métonymie du lieu où une chose se fait à la chose elle-même. Canal demi-cylindrique ordinairement en zinc ou en ferblanc, attaché au-dessous du bord inférieur des toits, pour recevoir l'eau de la pluie et la conduire soit dans une citerne, soit dans le ruis.seau. || En gouttière, en forme de gouttière. La pointe de la mandibule inférieure [chez les pétrels] est creusée en gouttière, bi'FF. Ois. t. xvu, p. 434. || 8" Terme de sellier. Grande bande de cuir qui borde l'Impériale du carrosse et empêche la pluie d'entrer par les portières. Il 4' Sillon dans certaines coquilles univalves. Il Terme de vénerie. Raies creuses qui régnent le long des perches de la tête du cerf et du chevreuil. Il 5°ïermed'anatomie. Rainure creusée sur la surface d'un os. Il Terme de vétérinaire. Gouttières des jugulaires, excavations longitudinales que l'on remarque sur les deux faces de l'encolure du cheval. || 6° Terme de chirurgie. Appareil de fil de fer, matelassé en dedans, employé dans toutas loi lésloiu articulaires et
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les fractures, fl 7* Terme de relieur. La gouttière d'un livre, côté du volume qui est opposé au dos, et qui a une légère forme de gouttière. {| Terme do fourbisseur. Croix sur les faces des lames de sabre ou d'épée. || Terme de graveur. Petit canal pour verser plus commodément l'eau-forte après qu'elle a mordu. || Terme de menuiserie. Ravalement circulaire fait dans U feuillure d'une pièce d'appui de croisée, pour recevoir l'eau qui y est aj)portée par le jet d'eau du châssis. || 8* Terme d'eaux et forêts. Gouttière, synonyme de gélivuie. || 9' Terme d« marine. Longue pièce de bois cre'iséequi règne autour des ponts pour l'écoulement des eaux. || Gouttières renversées, sortes d'hiloires qui consolident le faux-pont. || 10' Pièces de cire blanche creusées en forme de bière, que les quatre barons de l'évêché d'Orléans présentaient chaque année dans l'église de Sainte-Croix, en expiation du meurtre de Ferri do Lorraine, assassiné en 422» par ces barons. || 11' Insecte nommé aussi bouclier lisse.
— HIST. XII' s. Gutieres degutanz sur terre. Liber psalm. p. 94. Il XIII' s. Et se li murs est entre deut teres, cascuns a l'aisement du mur et pot mesoncr dessus, en tcle manière que cascuns mete goutiera par devers soi, beaum. ixiv, î2. Or sui ausi com li mcsriens Oui porrist desouz la goutiere, huteb. 3I0. Il xV s. Une garniture de lict de camp, c'est assavoir le ciel, goutiere [bandes d'étoffe pendant en haut des rideaux], Bihl.detch. e* série, t. 1, p. 362. Le bonhomme.... est ainsy accoutumé à noises et i travail comme gouticres à pluye, la 45 joues de mari'cije, p. 81. Il XVI' s. Cestuy-ci [Auguste] avoit esté juge universel du monde à dix-neuf ans, et veult [dans une loi] que, pour juger de la place d'une gouttière, on en ayt trente, mont, i, 407. Ces ordinaires gouttières [ennuis continuels] me mangent, ID. IV, 72. C'est pour le mieulx que j'ai lagravelle ; les bastiments de mon aage ont naturellement à souffrir quelque gouttière, m. iv, 26». Nul ne peut avoir entrée, issue, glaçoir [lieux d'aisance], évier, egout ou gouttière sur son voisin, s'il n'a titre, LOYsEL, 293. Il jugeoitun vieil cerf à la perche, aux espois, X la meule, andouiUers et à l'embrunisseure, X la grosse perleure, aux gouttières, aux cors, BONS. 2 1 0. Ce fut au visceroy à se sauver par la porte de derrière, de muraille en muraille, de goutyere en goutyere, bbant. Lannoy.
— ÊTYM. Goutte; provenç. et espagn. gâtera; portug. goteira.
t GOUVERNABLE (gou-vèr-na-bl') , adj. Néologisme. Qui peut être gouverné. Ce peuple n'est pas gouvernable.
GOUVERNAIL (gou-vèr-nall , Il mouillées, et non gou-vèr-naye), s. m. ||1' Nom d'une pièce de boii longue, plate et large, qui est placée à l'arrière des vaisseaux ou bateaux, plonge dans l'eau, divise les vagues par le mouvement qu'elle reçoit du timonier, et sert à la conduite du bâtiment, en faisant tourner l'avant du côté opposé à celui où l'on tourne le gouvernail. La barre du gouvernail. Je pris le gouvernail en main, fén. Tét. iv. |1 Gouvernail de drisse, barre de fer nommée aussi guide de drisse. Gouvernail-fougue, sorte de gouvernail supplémentaire. || 2° Fig. Il se dit en parlant du gouvernement d'un État. Abandonner le gouvernail. Durant cette tempête, n'a-t-il pas fie cardinal de Richelieu] tenu le gouvernail d'une main et la boussole de l'autre? voit. Lett. 74. ||8' Queue d'un moulin à vent servant à le faire tourner, de manière à présenter les ailes au vent. Il 4" Dans un paquet de barres à forger, celle du milieu, dont la longueur excède celle des autres. || 8' Fil de fer qui sert à accorder des tu)-aux d'anche.
REU. Autrefois le pluriel de ce mot était en
aux, les gouvernaui, qui est dans Richelet. Aujourd'hui on dit les gouvernails.
— HIST. xii« s. La neif veiz [tu vois] tûtes pan en tempe.stes gésir ; J'en tieng le guvernail, tu me roves [demandes de] dormir. Th. le mart. 87. Il xiir s. Car à mervelle e.st bons li vens ; Li govemaus siet bien et droit; La nés [nef] s'en va à grant esploit, Partonop. v. 7»«. En ces nefz de Marseille a deux gouvernails qui sont attachez i deux tisons [poutres] si merveilleusement, que, si tost comme l'en auroit tourné un roncin, l'en peut tourner la nef à destre et à senestre, jomv. 237. Il XVI' s. Dieu tient le clou du gouvernail, pour tourner leurs effors à exécuter ses jugemens, caly. Instit. 460.
— ÊTYM. Lat. gubemaculum, de gtibemare, gouverner.
GOUVERNANCE (gou-vèr-nan-s'), *. f. || 1' Juridiction qui existait dans quelques villes des Payt-
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Bas et à la tête de laquelle était le gouverneur. La gouvernance d'Arras, de Lille. |1 2° Place de gouvernante. Nous fùrne» hier, monsieur le comte, chez vos amies de LeuviUe et d'Efflat; elles recevaient les compliments de la réconciliation et de la gouvernance [des enfants de Monsieur], sÉv. 391.
— HlST. XV' s. Chevalier, dist la voix, la maie gouvernance [conduite] de la personne le mené à puante fin, Percefor. t. v, f 95. Amours ne veult autre pasture Que doulce loyal gouvernance : C'est sa paix, et c'est sa substance, C'est tout son bien, je vous le jure, al. cHAiiXiEH, Poésies, Œuv. p. 770.
— Etym. Gouvernant.
t GOUVERNANT, ANTE (gou-vèr-nan, nan-t'), adj. Qui gouverne. Le parti gouvernant. La faction gouvernante. || Au pîur. Les gouvernants, ceux qui tiennent le gouvernement. Nos gouvernants, pris de vertige, Des biens du ciel triplant le taux, Font mourir le fruit sur la tige, Du travail brisent les marteaux, béhang. Contrebandiers.
-^ HIST. XV' s. Le dit duc de Sombreset gouvernant pour le roy d'Angleterre, berry, Chron. depuis 1402 jusqu'à 1461 , dans lacdrne.
GOUVERNANTE (gou-vèr- nan-t') , s. f. || !■> Femme d'un gouverneur de province, de place. Il y est très-souvent question de Mme la gouvernante de Provence, c'est ainsi que M. de Chaulnes vous nomme, sÉv. 76. ||2»Femmequi a le gouvernement d'une province, d'une ville. Plusieurs princesses de la maison d'Autriche ont été gouvernantes des Pays- Bas. Il 3° Femme à qui l'on confie l'éducation d'un ou de plusieurs enfants. Ne reconnaî triez-vous pas dans ce portrait que je viens de faire, tous les traits d'une dame illustre, capable de former l'esprit et le cœur des enfants du plus grand monarque du monde, rie leur inspirer des paroles et des pensées dignes de leur rang et de leur naissance, d'imprimer dans leurs âmes encore tendres ces sentiments élevés qui distinguent les ftmes royales des âmes du commun, de leur apprendre l'art de se faire aimer de leurs sujets avant qu'ils sachent se faire craindre de leurs ennemi», de soutenir la gloire et l'espérance d'un grand royaume ; en un mot d'être gouvernante d'un dauphinde France?FLÊCH Umede Montausier. Souvent une mère qui passe sa vie au jeu, à la comédie et dans des conversations indécentes, se plaint d'un ton grave qu'elle ne peut pas trouver une gouvernante capable d'élever ses filles, fén. Éducat. filles, ch. i3. Il Sous-gouvernante, femme placée sous une gouvernante pour l'aider. Votre prince a de très-bonnes sous-gouvernantes et un fort bon médecin, maintenon, Lett. à Mme de Ventadour, ïo avril 1712. || 4° Dame chargée, à la cour, de la conduite de certaines jeunes filles ou jeunes dames. Mme de Maintenon se contenta de demander pour son amie la marquise de Moutchevreuil la place de gouvernante des filles d'honneur, et elle l'obtint, GENLis, Mme de Maintenon, t. u, p. 36, dans pot gens (au mot fille). \\5' Femme qui a soin du ménage d'un homme seul.
— HIST. XVI* s. Canachus, voulant donner à entendre que oisifveté, paresse, nonchaloir estoyent les gouvernantes de ruffiennerye, feit la statue de Venus assise, rab. Pant. m, 3i.
— ÉTYM. Gouvernant.
GOUVERNE (gou-vèr-n') , s.f.\\ l'ïerme de commerce. Ce qui doit servir de rJgle de conduite dans une affaire. Cette lettre vous servira de gouverne. Il Par extension. Je vous dis cela pour votre gouverne. Il 2' Terme de marine. Aviron de gouverne, aviron disposé comme une godille et destiné à faire tourner soudainement une embarcation.
— HIST. xiv* s. Les enfans doivent estre àla gouyerne de la mère, boutillieh. Somme rural, ii, 8. Il xv s. Exposer par articles de poinct en poinct toute la gouverne du royaume, monstrelet, t. :, i' 220, dans haynouard, Lexique.
— ÉTYM. Voy. gooverner; provenç. gmern, s. m.; catal. gobem; espagn. gobierno ; ital. governo.
GOUVERNÉ, ÉE (gou-vèr-né, née), part, passé de gouverner. |{ 1° Dirigé. Le navire gouverné par le pilote. Il 2° Fig. Régi. Un peuple gouverné par un roi sage. Rome, depuis trois ans par ses soins gouvernée, Au temps de ses consuls croit être retournée, rac. Brit. 1, i.\\S.m.pl. Les gouvernés, les sujets, ceux qui obéissent. || 3° Soumis à, en parlant de certaines obligations ou de sentiments auxquels on obéit. Le Soudan, comme lui gouverné par l'honneur.... VOLT. Zaïre, ii, 3. || 4° Qui se laisse conduire, diriger. Un homme gouverné par sa femme. || S" Administré. Un ménage gouverné par une femme de tête. |) 6° Terme de grammaire. Régi. Les cas gouvernés par les prépositions en latin.
DICT. DE LA LANGUE FRANgAlSE.
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t GOUVERNEAC (gou-vèr-nô) , *. m. Terme de papeterie. Synonyme de gouverneur.
GOUVERNEMENT (gou - vèr - ne - man) , ». m. Il 1° Action de gouverner, de régir. Le gouvernement d'une bani|ue, d'un ménage. La sage abbesse, qui la crut capable de soutenir sa réforme, la destinait au gouvernement [de l'abbaye de Sainte- Fare], boss. Anne de Gonx. \\ Avoir quelque chose en son gouvernement, être chargé d'en avoir soin. Cette femme a la vaisselle et le linge en son gouvernement. Il Le gouvernement des âmes, la direction morale, religieuse qu'on donne aux âmes. Eh quoi ! l'art des arts, le gouvernement des âmes demande-t-il moins de talents que les occupations frivoles et les inutilités de la terre? mass. Pensdes, Choix d'un état. \\ 2" Particulièrement. Autorité qui régit un État; constitution d'un État. Gouvernement monarchique, républicain, représentatif. Le roi, ayant sur lui tout le gouvernement de son peuple, lui donna [à M. de Montausier] toute la conduite de son fils, FLÉCH. M. de Montausier. La science des détails ou une diligente attention aux moindres besoins de la république est une partie essentielle au bon gouvernement, la bruy. x. Il y a trois espèces de gouvernement : le républicain, le monarchifiue et le despotique ; pour en découvrir la nature, il suffit de l'idée qu'en ont les hommes les moins instruits ; je suppose trois définitions ou plutôt trois faits ; l'un que le gouvernement républicain est celui où le peuple en corps, ou seulement une partie du peuple, a la souveraine puissance ; le monarchique, celui où un seul gouverne, mais par des lois fixes et établies; au lieu que, dans le despotique, un seul, sans lois et sans règle, entraîne tout par sa volonté et par ses caprices. MONTESQ. Esp. II, <. Il y a cette différence entre la nature du gouvernement et son principe, que sa nature est ce qui le fait être tel, et son principe ce qui le fait agir, id. ib. m, <. Cette république qui conquiert ne peut guère communiquer son gouvernement et régir l'État conquis selon la forme de sa constitution.... une monarchie peut plus aisément communiquer son gouvernement, parce que les officiers qu'elle envoie ont les uns la puissance exécutrice civile, et les autres la puissance exécutrice militaire ; ce qui n'entraîne pas après soi le despotisme, ID. ib. XI, )9. Un Suisse, un Hollandais, un noble Vénitien, un pair d'Anglsterre, un cardinal de l'Empire disputaient un jour en voyage sur la préférence de leurs gouvernements ; personne ne s'entendit; chacun demeura dans son opinion, sans en avoir une bien certaine, volt. Dict. phil. Gouvern. § 2. Le meilleur des gouvernements n'est pas celui qui fait les hommes les plus heureux, mais celui qui fait le plus grand nombre d'heureux, duclos, Consid. mœurs, < 5. Celte grande question du meilleur gouvernement possible me paraissait se réduire à celle-ci : quelle est la nature du gouvernement propre à former un peuple le plus vertueux, le plus éclairé, le plus sage, J. J. Rouss. Confess. ix. Le gouvernement n'est pas institué pour l'aise et la commodité de ceux qui gouvernent, Mirabeau, Collection, t. III, p. 2. Il Absolument, le gouvernement se dit pour le gouvernement des Etats. La science du gouvernement. Le gouvernement est un ouvrage de raison et d'intelligence, boss. Poliliqtie, v, i, i . || Gouvernement civil ou séculier, gouvernement considéré quant aux affaires temporelles, par opposition au gouvernement ecclésiastique ou religieux. J'avoue que nos calvinistes paraissent bien éloignés de cette doctrine, et je trouve non-seulement dans Calvin, comme je l'ai déjà dit, mais encore dans les synodes nationaux, des condamnations expresses de ceux qui confondent le gouvernement civil avec le gouvernement ecclésiastique, boss. Var. x, § 20. Prudence, de toutes les vertus requises pour le gouvernement, voilà sans contredit la plus importante ; voilà l'âme de tout gouvernement, soit séculier, soit religieux, bourdal. Pensées, t. n, p. 476. || Gouvernement militaire, gouvernement qui repose sur l'armée. Les empereurs [romains] ayant établi un gouvernement militaire, ils sentirent bientôt qu'il n'était pas moins contre eux que contre leurs sujets ; ils cherchèrent à le tempérer; ils crurent avoir besoin des dignités et du respect qu'on avait pour elles, montesq. Esp. VI, IB. Il Gouvernement impérial, nom donné, dans le langage colonial en Angleterre, au vaste ensemijle de colonies et de royaumes que les Anglais ont fondés ou qu'ils protègent sur les côtes de tous les océans, et à l'égard desquels le chef do l'État n'exerce qu'une sorte de suzeraineté. || 8° Il se dit du pouvoir suprême de Dieu. Et certes oïl en serions-nous si cette règle [sa tenir dans le devoir]
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était abolie T s'il (allait que le gouvernement du monde roulât sur ce principe, que les hommes, conséqueramcnt à la prédestination de Dieu, ua sont plus maîtres de leur volonté? où en scmit, je ne dis pas le christianisme et la religion, mais même la police qui maintient tous les États? BOUROAL. Carême, .Sur la prédestin. Quelle idée aurions-nous de la Providence dans le gouvernement de l'univers, si nous ne jugions de sa sagesse et de sa justice que par les diverses destinées qu'elle ménage ici-bas aux hommes I uass. Avent, Jug. univ. Il 4° Manière de gouverner. Gouvernement, despotique, tyrannique. Il avait même été plusieurs fois à la maison d'Appius, son neveu , pour lui représenter l'injustice de son gouvernement, vertot, Révol. rom. v, p. 30. || 5" Ceux qui gouvernent. Ceux qui aiment le gouvernement et ceux qui le haïssent, voit. Lett. S3. Le cardinal de Kichellcu mourut peu regretté de son maître, qui craignit de lui devoir trop; le gouvernement passé fut odieux ; ainsi, de tous les ministres, le cardinal Mazarin, plus nécessaire et plus important, fut le seul dont la crédit se soutint, boss. le Tellier. Dans tous les lieux, sans cesse ouvrant l'oeil et l'oreille. En paraissant dormir le gouvernement veille (à Venise], ducis, 0/h. Il, 7. Il Gouvernement provisoire, nom de didêrents gouvernements qui tinrent en France l'intervalle entre un gouvernement qui tombait et un autre qui s'installait. || Gouvernement révolutionnaire, nom qui fut donné à la dictature instituée en 1793 sur la proposition de Saint-Just. || 6" Charge d'un gouverneur dans une province, d.ins une ville, dans une place forte, dans une maison royale. Il eut le gouvernement du château de Compiègne. Quelle pensez-vous que fut son occupation dans ses gouvernements? la justice, piEcn. Duc de Mont. Il Ville, pays régi par un gouverneur. Quand il vint s'établir dans son gouvernement. Il avait pour cortège un laquais seulement, boubsault, Fabl. d'És. II, B. C'étaient des seigneurs [les seigneurs russes] fiers de leur existence au milieu de leurs vastes possessions ; car le territoire presque entier du gouvernement de Moscou leur appartient, et ils y régnent sur un million de serfs, ségur, llist. de Nap, VIII, t. Il Division militaire de la France avant * 7«9. Il L'hôtel du gouverneur. J'ai dîné au gouvernement. I.e maréchal de Lorge s'établit [à Landau] au gouvernement chez Melac qui lui était fort attaché, ST-SIM. 29, 80.
— HIST. xiv s. El [les femmes] ne mainent pas ou [au] gouvernement les concupiscences, mes sont menées par elles, oresmf, Eth. 204. || xv* s. Il levoit la moitié de leurs revenues et laissoit l'autre moitié pour le douaire et le gouvernement de leurs femmes et de leurs enfans, froiss. i, i, 6b. Et s'estoit mis en mer en un autre port, au gouvernement d'un marinier, qu'on appeloit.... id. i, i, (59. Le livre du gouvernement des roys et princes, Bibl. des ch. 6' série, t. i, p. 360. Il faut blandir, il faut larder [flatter] Ceuls qui ont le gouvernement, Et dire qu'ils font saigement, eust. descii. Poésies mss. t" 293. Car seignourir [il] se doit premièrement El corrigifr pour l'exemple d'autrui, Qui veut avoir commun gouvernement, id. Des terlus nécess. au prince. Une femme de mal recapte ou petit gouvernement [femme de mauvaijO vie], du cange, feinina. Ceulx qui estoient commis en aulcuns offices OU gouvememens furent déposez, j. lepèvhb DE st bemy, Hist. de Charles VI, p. 29, dans lacurne. Tant feirent que par grans et cruels assaux boutèrent le feu dedans; lequel, tant qu'il trouva gouvernement [aliment], ne cessa d'ardre maisons, et en ardit plus de soixante, monstrelet, ch. 92, p. 149, dans LAOURNE. Il XVI* s. La première est que gens de mauvais gouvernement [vie] ne soyent, avec grand opprobre de Dieu, contez au nombre des chrestiens, CALV. Instit. 988. Nous usons quelquefois de prépositions avec leur gouvernement pour conjonctions, principalement de cette sorte : par ce que.... rob. estienne, Gramm. franc, p. 97, dans lacihnb.
— ÉTYM. Gouverner; provenç. govemament ; espagn. goberniamento; ital. governamento.
t GOUVERNEMENTAL, ALE (gou-vèr-ne-mantal, ta-l'), adj. Qui appartient à l'autorité supérieure. Le pouvoir gouvernemental. || Se dit aussi des hommes qui appuient le gouvernement Parti gouvernemental.
— REM. Ce mot est un néologisme fort lourd, mais qui est régulier et dont l'usage se consolide.
GOUVEItNER (gou-vèr-né),». a. \\ 1° Diriger avec le gouvernail (ce qui est le sens étymologique). On ne choisit pas pour gouverner un vaisseau celui des voyageurs qui est de meilleure maison, pascal.
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Pentéei, art. v, to, édit. lahuhb, 48«o. || A1>3o1uraenl. Ce pilote gouverne iien, gouverne mal. Où va-l-llî 11 gouverne au berceau du soleil [vers l'Orient], LAMABT. Ilarold, 10. || Gouverner à la lame, fuir vent arriêro par un très-gros temps pour éviter (le recevoir dos lames. Gouverner sur son ancre, sur sa boui'e, se dit lorsqu'étant au mouillage dans une rivière, l'action irnSgulifcre du courant fait faire au navire de grandes embardées. Gouverner i telle aire, à tel vent, courir sur celte aire de vent. Gouverner où est le cap, se maintenir dans la route que l'on suit actuellement. Gouverner à barre franche, gouverner à la roue, suivant qu'on manœuvre le gouvernail avec une simple barre ou avec une roue. {| Fig. et familièrement. C'est lui qui gouverne la barque, c'est lui qui a la direction de l'entreprise, de l'affaire. || Bien gouverner sa bari|ue, conduire sagement sa fortune. Il 2° l'ar extension, diriger, conduire. On n'est point encore parvenu à gouverner les aérostats. Ce coclier ne sait pas gouverner ses chevaux. On s'aperçut d'abord à la manière dont Itobad gouvernait son cheval que ce n'était pas à un homme comme lui que le ciel réservait le sceptre de Babylone, volt. Zadig, (9. || Fig. Il semblait à sou gré gouverner le tonnerre, bac. Esth. m, 9. || 8° Fig. Régir, conduire avec autorité. C'est au père à gouverner ses enfants. Prétendrais-tu nous gouverner encor , Ne sachant pas te conduire toi-même? la font. Fabl. vi, 8. I.a reine obtint aui catholiques le bonheur singulier d'être gouvernés successivement par trois nonces apostoliques, doss, Heine d'Anglet. Je no vois rien de plus remari|uable que le jugement si réglé avec lequel elle [une aljbesse] a gouverné les dames qui lui étaient confiées, id. Toi. de Monlerbtj. Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné. Et d'un sceptre de fer veut être gouverné, rac. Athal. iv, 3. Dans les mains des Persans jeune enfant apporté, Je gouverne l'empire où je fus acheté, id. Esth. n, 4. Pendant que Rome ne domina que dans l'Italie, les peuples furent gouvernés comme des confédérés : on suivait les lois de chaque république, MONTKSQ. Esp. XI, 4 9. Que les peuples vaincus gouvernent les vainqueurs, volt. Orphel. v, 6. Quelle est donc la destinée du genre humain? presque nul grand peuple n'est gouverné par lui-même, id. Dict. phil. Gouvem. § 2. i;n aigle gouvernait les oiseaux de tout le pays d'Ornithie; il est vrai qu'il n'avait d'autre droit que celui do son bec et de ses serres ; mais enfin, après avoir pourvu à ses repas et à ses plaisirs, il gouverna aussi bien qu'aucun autre oiseau de proie, id. ib. § 4. || Absolument. Le roi règne et ne gouverne pas, dans le régime parlementaire. Eux qui, pour gouverner, sont les premiers des hommes, corn. Nicom, v, i. Le lion, pour bien gouverner, Voulant apprendre la morale. Se fit un beau jour amener Le singe, maître es arts chez la gent animale, la font. Fabl. il, 5. Ilyapeude règles générales et de mesures certaines pour bien gouverner: l'on suit le temps et les conjonctures, et cela roule sur la prudence et sur les vues de ceux qui régnent, I.A BHUY. X. Une liberté modérée par la seule autorité des lois, dont ceux qui gouvernent ne devraient être ()ue les simples défenseurs, fén. Dial. des morts anc. dial. 4 6. De leurs voisins soumis heureux législateurs. Gouvernant sans conquête, et régnant par les moeurs, volt. Orph. iv, 2. Il faut que le plaisir de gouverner soit bien grand, puisque tant de gens veulent s'en mêler, id. Vict. phil. Gouvem. § 4. La force de ceux qui gouvernent n'est réellement que la force de ceux qui se laissent gouverner, haynal, Ilist. phil. xviii, 39. Il Trop gouverner, se dit d'un gouvernement qui se mêle de toute chose et laisse peu ou point d'initiative aux gouvernés. Instruits par l'expérience comme nous le sommes, que trop gouverner est le plus grand danger des gouvernements.... MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 324. Il 4" 11 se dit de l'action de Dieu sur le monde. Dieu, qui gouverne l'univers, n'a-t-il pas donné à de certains hommes plus de lumières, à d'autres plus de puissance? montf-SQ. Esp. Défense, ii, 8* obj. Vous, dieux, qui lui laissiez le monde à gouverner, volt. U. de César, m, 8. || B° Avoir empire sur des sentiments, des passions. Gouverner ses passions. Eh bien I guidez mes pas, gouvemeï ma furie, volt. Brut. IV, 3. Il 6° Avoir une grande influence sur quelqu'un, le faire agir à son gré. Sa mère qui le gouvernait, uoss. Ilist. i, (O. 11 y a autant de paresse que de faiblesse à se laisser gouverner, la BBUï. IV. Pour gouverner quelqu'un longtemps et absolument, il faut avoir la main légère et ne lui faire sentir que le moins qu'il so peut sa dépendance, id. ib. D'autres consentent d'être gouvernés
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parleurs amis en des choses presque IndifTérentes, et s'en font un droit de les gouverner à leur tour eo des choses graves et de conséquence, id. ib. Un homme sage ne se laisse gouverner ni ne cherche à gouverner les autres ; il veut que la raison gouverne seule et toujours, id. ib. Celui qui est à la cour, à Paris, dans les provinces, qui voit agir des ministres, des magistrats, des prélats, s'il ne connaît les femmes qui les gouvernent, est comme un homme qui voit bien une machine qui joue, mais qui n'en connaît point les ressorts, monteso. lett. pcrt. 4u7. Il Absolument. Il a reçu du ciel certaine bonté d'âme Oui le soumet d'abord à ce que veut sa femme; C'est elle qui gouverne; et, d'un ton absolu, Elle dicte pour loi ce qu'elle a résolu, uaL. Fem. sav. i, s. Il 7° Se dit des choses qui nous commandent, auxquelles nous obéissons. Faites donc en sorte que mon souvenir vous gouverne, comme le vêtre me gouverne, sév. 422. Il savait que l'amour et les plaisirs gouvernaient un maître qu'il gouvernait à l'exclusion du chancelier, hamilt. Gramm. 8. L'opinion gouverne le monde, et les philosophes à la longue gouvernent l'opinion des hommes, volt. Lett. d'Arrjetital, 27 janv. 1766. || 8" Administrer. C'est elle qui gouverne le ménage. || Administrer avec éi>argne. Vous n'avez pas beaucoup de provisions, gouvernez-les bien. || 9° Avoir soin qu'une chose soit en bon état, ne périsse pas. Gouverner le vin. Gouverner une cave || 10° Gouverner un enfant, en être le gouverneur. Plus le prince qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompre, flécii. If. de Montausier. || 11° Prendre soin, en parlant d'enfants, de malades. C'est une femme qui s'entend à gouverner les enfants. On sut que Mme la duchesse d'Arpajon avait pris la petite vérole, qu'elle n'avait jamais eue, en gouvernant sa fille qui l'a depuis un mois, DANGEAO, I, 406, 8 janv. 4685. Laissez-nioi gouverner votre santé; vous savez combien je m'y intéresse, dancourt, Wte deviîlage,m, b. || 12" Soigner, élever des animaux. Cet homme sait bien gouverner les chevaux, (iouverner une basse-cour. Il 13° Familièrement. Vivre en certains termes avec quelqu'un. Comment gouvernez-vous un tel? Dismoi comme en ce lieu l'on gouverne les dames, CORN, ilcnt. 1, 4. Il On dit à peu près dans le même sens : Comment gouvernez-vous les plaisirs, le jeu, la fortune? Il 14° Terme de grammaire. Régir. Ce verbe, cette préposition gouverne l'accusatif. |{ 15" F. n. Obéir au gouvernail. Les deux vaisseaux ne gouvernaient plus. Le bâtiment gouverne, lorsqu'il obéit à son gouvernail; il gouverne bien, il gouverne mal, il gouverne comme un poisson, wil- LALMEZ, Dict. de viar. Gouvernail. || 16° Se gouverner, V. réfl. Régir ses propies affaires, en parlant d'un peuple, d'un État. Les hommes sont très-rarement dij,'nes de se gouverner eux-mêmes, volt. Slœurs, 67. Il Etre gouverné. Une nation éclairée ne se gouverne pas comme des peuples ignorants et superstitieux. |{ 17° Laisser prendre sur soi de l'empire par quelqu'un. Tels se laissent gouverner jusqu'à un certain point, qui au delà sont intraitables et ne se gouvernent plus, la brut. iv. || 18° Tenir une conduite bonne ou mauvaise. Ces femmes de bien qui se gouvernent mal, cobn. lient, i, 4. Je vis d'un air dans le monde à ne pas craindre d'être cherchée dans les peintures qu'on fait là des femmes qui se gouvernent mal, mol. Critique, 7. Pison y fut appelé (à cette charge] et s'y gouverna au contentement de tout le monde, d'ablancourt, Tacite, 269. Les grands se gouvernent par sentiment, âmes oisives sur lesquelles tout fait d'abord une vive impression, la bruy. IX. Il 19° Se maîtriser. Elle n'a pas appris de moi à se gouverner, sév. 2«2. || Proverbe. Il faut gouverner sa bouche selon sa bourse, c'est-à-dire il ne faut pas faire des dépenses de table au delà de sa fortune.
— HlST. xi* s. Tei cuvenist [il te conviendrait] helme et brunie [cuirasse] à porter, Espede ceindre cume tui altre per, E graut maisnede [niesnie, maison] doUses [tu dusses] guverner, Cuin fist tis pedres [ton père] e li tons parentez, St Alexis, Lxxxiii. Siglent i fort et nagent et guvernent, Ch. de Roi. CLxxxvi. Il xii° s. Li rois qui nous governe est de moût grant puissance, Ronc. p. 4 97. Dous [deux] choses a el mund par quel est guvernez. Des rels e des evesques la sainte poestez, 77i. le mart. 76. Ço ce] sace bien li rcis , e tu li deiz mustrcr. Que cil qui )uet les angles et humes guverner.... ib. w>. Mesels lépreux] fud puis tus jurs jesque i sa mort, e mest demeura) en unes chambres severalment des gens, e Joatha ses fii guveinout la terre. Rois, p. 392. Une estele jêtoilej qui ne se muet, Qui wnoistre la set
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et puet, Et par li se set goremer, Ne puet pas esgarer en mer, wace, Vierge Marie, p. B4, || xm* s. Comment la tralson il devra gouverner [conduire], Berte, rvu. [Elle ne pourrait résislrrà la peine! Selonc la nourrcture dont elle ert Jetait] gouvernée, ib. XLvi. Et li faites du vostre (de votre bien] si largement doncr. Que ses hoirs après li s'en puisse gouverner, ib. cxxxix. Et ot en cescune esciele [troupe] connestable prcudomme et gentil qui les gouvrenoit, Chron. de Rairu, p..7«. Totes gens qui sont guoTemés par lois et par coustumes, Liv. de just. 3. Il XIV' s. Si que il [les fils de Philippe le Bel] puissent profitablement gouverner le pueple des François, H. dk hondevili.e, f" 3, tersn. Gouverne le malade o [avec] bon régime, et purge souvent melencolie, LANFRANC, f° 68. Ceux de Laccdemone ne conseillent pas ou ne traittent pas en leurs conseuli comme ceux de Scite se gouverneront, ohesme, Eth. 66. Il XV* s. Et de ce, feurent très mal contents de ceux qui esloient autour du roy et qu'on disoit le gouverner, juven. oes uns. Charles VI, 4392. Et haultcmcnt et en grande auctorité se gouvernoient [conduisaient], id. ib. Jardins y a, rivière pour volet [chasser au volj, Sauvoirs [réservoirs i poissons] dedenz garenne proufitable. Vignes entour pour l'ostel gouverner [entretenir], eust. desch. Poésies mss. f* 4 68. Les dessus nommés seront tenus de trouver les despens des quevaulx el logier et gouverner [défrayer] nostre dit procureur et ses gens, DO CANOË, gubemantia. Ils se gouvernèrent [les Suisses] très vaillamment en tous les lieux où ils se trouvèrent, comm. i, 6. || xvi* s. 11 estoit loisible aux censeurs de dégrader e! osier du sénat un sénateur qui se gouvernoit indignement, amtot, P. ÂHm. 81. Il receut aussi quatre-vingts vaches à laict, el des vachers pour les gouverner, m. Pélop. 58. "Tous ces seigneurs estans en sa chambre avec leur greffier, il [St-Valier, détenu pour un procès capital] les pria de se retirer, désirant gouverner [entretenir] à part monsieur le premier président, PASODJEB, ilech. liv. vui,p. 707, dans lacubne. Un quidam qui gouvernoit la femme de fon voisin et l'alloit voir si souvent qu'à la fin le mary s'en aperçut, bouciiet, Serées, liv. m, p. 202, dans lacubmb. Celuy gouverne bien mal le miel, qui n'en tasta,
COTORAVE.
— KTVM. Bourguign. gouranai; provenç. governar; espagn. gobemar; ilal. gorernare; du latin guhcmare, qui vient du grec xuêepvâv.
GOUVERNEUR (gou-vèr-neur), *. m. || 1° Celui qui est chargé du commandement dans une province, dans une place, dans une maison royale. Maxime, je vous fais gouverneur de Sicile, cooN. Cinna, 11, 4. Notre ville demande un nouveau gouverneur. — Et la raison ? — Le nôtre est devenu trop riche ; On ne peut tant gagner à moins que l'on ne triche, boubsault, /'aî/î. d'Ésope, u, 6. Puisque César et Jupiter sont ignorés dans le royaume le plus vaste de l'univers [^la Chine], il vous sied bien, Ô gouverneurs de quelques petits pays, 6 prédicateursd'une petite paroisse dans une petite ville.... de prétendre à la réputation, volt. Dict. philo*. Gloire, § 2. Napoléon n'entra qu'avec la nuit dans Moscou; il s'arrêta dans une des premières maisons du faubourg de Dorogomilow; ce fut là qu'il nomma le maréchal Mortier gouverneur de cette capitale, sEGUR, Uist. de Nap. viii, 6. || Le gouverneur de la Banque de France, le directeur général de cet établissement. Il On dit de même : gouverneur du crédit foncier, du crédit mobilier. || Sous-gouverneur, celui qui est sous le gouverneur. |i C'est un gouverneur de lions, se disait pour se moquer d'un homme qui ne change jamais d'habits par pauvreté ou par lésinerie, à cause que ceux qui gouvernent les hons dans les ménageries n'osent changer l'habit auquel les lions sont accoutumés, ii 2" Celui qui dirige l'éducation d'un jeune homme. U lui recommanda [à M. de Montausier] le soin de l'instruction [du Dauphin], et se chargea des grands exemples; il voulut que le siècle présent jouit delà félicité de son règne, et laissa à la conscience ctà l'habileté de ce prudent gouverneur les espérances du siècle à venir, flécu. Jf. de Montausier. J'eus soin de vous nommer, par un contaire choix. Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix, bac. Brit. iv, 2. Le duc d'Orléans avait eu successivement quatre gouverneurs, qui moururent à si peu de distance l'un de l'autre que Benscrade disait qu'on ne pouvait pas élever de gouverneur à ce prince, I'Oclos, Mém. OF.uv. L v, p. 4 96, dans pouQENS. || 8' Celui qui, i la cour, est i la tête de certains jeunes gens. On lui donnait pour dot sa place do gouverneur des pages qu'il cédait à son gendre, marmo'îtel, Mém. viii. ||4° Terme da
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marine. Se dit quelquefois de l'homme qui tient le gouvernail. || 5° Terme de papeterie. Ouvrier chargé de faire pourrir les chiffons, de les couper, de les mettre dans les piles. || 6° Nom d'un petit poisson qui sert, dit-on, de conducteur à la baleine. {{ 7° Au féminin, gouverneuse s'est dit quelquefois, mais toujours par plaisanterie, pour gouvernante d'un homme, celle qui est à la tète de son ménage.
— HIST. XII* s. Saint iglise est espuse al soveraing seignur, E, s'um dune à s'espuse malvais guvernpUr, A Deu e à s'espuse en fait um deshonur. Th. le mart. as. ||xiii*s. Nous Baudoins par la grâce de Dieu très feaus empereres enCrist,gouvernieres de Remanie, du cange, Villehard. Ap-p. p. o. Je vous com niant à Dieu qui est vrais gouverniere, Berte, iv. Et disoit encore que nul ne pooit estre bon gouverneur de terre, se il ne savoit aussi hardiment escondire [refuser] comme il sauroit donner, joinv. 289 {{ xiv» s. Tout aussi comme le bon gouverneur d'un ost use de sa gent de tant et de tielz comme ilz sont, au mielx qu'il appartient selon fait d'armes, onESME, Eth. 25. Il y aura à présent au dit duché de Bourgogne un gouverneur souverain ayant de nous pleine puissance, Ordonn. des rois deFr.i.m, p. B3S. Il xv s. Et n'y avoit dame ni damoiselle.... ibrs la gouverneresse de Lille femme au gouverneur, FROiss. Il, II, 2(7. Gouverneur des celiers du duc de Bourgogne, Eslats des officiers des dites de Bourgogne, p. 66, dans lacurke. || xvi* s. Il y aune grande admiration de la société et amitié qui est entre le poisson appelle gouverneur et labalaine, PAKé, Animaux, 16. Est-ce pas faire au ciel injure et deshonneur. De dire que l'amour, du monde gouverneur. Soit meschant et cruel et autheur de tout vice? BONS. 7"0.
— ÉTVM. Provenç. governaire, governador; espagn. gobernador ; portug- governador; ital. governatore; du lat. gubernalorem, de gubernare, gouverner. Dans l'ancien français et le provençal, goiernere, governaire sont au nominatif, de gtiberndtor; gnvemeor, governador sont au régime, de gubernatôrem. Gouverneresse (qui est dans Fioissart) , et non pas gouvernante , serait le vrai nom pour la femme d'un gouverneur de province, de ville.
t GOUVlOSf (gou-vi-on), s. m. Cheville de fer pour assembler les pièces de grosse charpente.
— ÉTYM. Ce semble une autre forme de goujon-2.
GOYAVE (go-ia-v'), s. f. Fruit du goyavier, recherché à cause de sa saveur sucrée, parfumée et acidulé. Confitures de goyave.
GOYAVIER (go-ia-vié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : les go-ia-vié-z et leurs fruits), s. m. Grand arbre d'Amérique et de l'Inde, qui porte un fruit long ou ovale, à peu près gros comme une pomme de reinette, psidium pyriferum, L. myrtaccos.
fGRAAL (SAINT) (sin-gra-al), s. m. Vase prodigieusement célèbre au moyen âge, dans lequel Jésus fit la cène, qui servit à Joseph d'Arimathia à recueillir le sang qui coulait des plaies du Christ, et qui, après avoir fait des miracles en Terre Sainte, à Rome et selon d'autres dans la Grande-Bretagne, semblait perdu lorsque, dans le sac de la ville de Césarée, en < I02, il fut retrouvé, devint le partage des Génois et, pendant plusieurs siècles, fut montré aux fidèles dans l'église cathédrale de Gênes sous le nom de sacrn catino, de labohde, Émaux,p. 33a. Transporté à Paris, à l'époque des guerres et conquêtes de notre révolution, on examina le graal et on démontra sans difficulté qu'il n'était pas taillé dans une gigantesque émeraude, mais fait de verte, coloré d'un beau vert, et la forme qu'en donne la planche alors publiée, fait croire qu'il est d'origine antique, id. ib. || Terme de littérature du moyeu âge. Cycle du Saint Graal, ensemble de quelques poèmes du moyen âge, dont le sujet est la recherche du Saint Graal par le roi Arthur.
— IIIST. xiir s. Et queu [quelle] sera la renommée Do [du] vaissel qui tant vous agrée? Dites nous, comment Tapele on. Quant on le nomme par son nom? Petrus respont : N'ou quier [je ne le veux] celer; Qui à droit le vourra numiner. Par droit graal l'apelcra; Car nus le graal ne verra. Ce croi-jo, qu'il ne li agrée, St Graal, v. 2063. Toulcs les escueles et les greaus, en que il [le sénéchal] aura servi le cors du roy dou premier mes, doivent estre soucs [siennes], du cange, grasala. |{ xv" s. Comme icelle femme eust appareillé un grasal ou jatte plain de prunes pour porter à mangicr à ung leur porc... ID. ib. Il XVI* s. Plats trancheurs et grazals d'estain, et autres fournitures et utencilles nécessaires pour bien et honestement estre servis dans leurs réfections, du cange, grazala. [La cathédrale de Gènes] où fut par les chanoines de là
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après la messe monstre le riche fjisseausmaragdin, c'est à sçavoir le précieux plat au quel nostre seigneur Jésus-Christ mangea avec ses apostres le jour de la cène; et est celuy plat qu'on appelle le saint graal, le quel, selon dire commun de Gcnnes, fut là apporté par les Genevois l'an mille cent un, et fut pris en la sainte cité de Hierusalcm en la manière que vous orrez, jean d'auton, Ann. de Louis II 1,
p. 112, dans LACURNE.
— ETYM. Provenç. grasal, grasal, grasaus; anc. catal. gresal; anc. espagn. grial; bas-latin, gradalis, gradalus, sorte de vase. Origine inconnue. Diez demande si l'étymologie ne serait pas le latin crater, coupe . pour lequel on a dit cralus, et d'où serait provpnue une forme dérivée crotale, cratiale.
GRABAT (gra-ba; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des gra-ba-z en désordre), y. m. Méchant lit, tel que sont ceux des pauvres gens. J'étais seul l'autre jour, dans ma petite chambre, Couché sur mon grabat, souffrant de chaque membre, scarbon, Épitre chagrine. Quant au lit du roi [Frédéric II], c'était un grabat de sangles avec un matelas mince, caché par un paravent ; Marc-Auièle et Julien, ses deux apôtres, n'étaient pas plus mal couchés, volt. Mém. écrits par lui-mime. || Familièrement. Être sur le grabat , être malade au lit. Vous me permettez de ne vous pas écrire de ma main , quand ma détestable santé me tient sur le grabat, volt. Lelt. Richelieu, 4 7 août 1 767. Il Mettre sur le grabat, rendre malade. Venez-vous purger encore, saigner, droguer, mettre sur le grabat toute ma maison 1 beaui:. Barb. de Séville, ni, 5.
— HIST. XI* s. Eufemien, bel sire, riches hom, Ouar me herberges pur Deu en tue maison, Suz tun degret me fai un grabatum, St Alexis, xuv. || xvi*s. Le faut lier [l'enfant] et bander en son petit grabat de si bonne façon, que son col et son dos ne soyent aucunement courbés, paré, xviii, 28.
— ÊTYM. Lat. grabatus, du grec xpâBaToç. GRADATAIRE (gra-ba-tê-r'), s. m. et f. \\ 1° Nom
de sectaires qui différaient de recevoir le baptême jusqu'au lit de mort. || 2° Adj. Malade et alité. Jean Clousier secourait depuis l'âge de quatorze ans une mcre infirme et grabataire, dachaumont, ifém. secr. t. XXXV, p. 76. Il Substantivement. Dans le langage des bureaux debienfaisance,maladequi ne quitte pas le lit.
— ÉTYM. Grabat.
t GRABEAD (gra-bô), s. m. || 1° Terme de pharmacie. Morceau rompu des drogues; les plus petits fragments des substances; ceux dont on ne peut tirer parti. Il y avait dans cette fourniture une grande quantité de grabeaux. Grabeaux de girofles rompus, le cent pesant loo livres, Décl. durai, nov. 1640, tarif. Il Particules ligneuses trouvées en mondant le séné avec soin ; douées aussi de propriétés purgatives, elles sont employées pour faire le miel de mercuriale composé et d'autres préparations officinales. Il 2° i Genève, scrutin. Les membres du conseil d'État qui ne sont point sujets au grabeau, n'y assisteront pas, Constitution de I8)4, humbert.
HIST. xvi* s. Remettons à vostre retour le grabeau et belutement de ces matières, rabel. in, 4 6.
— ÉTYM. Origine inconnue; voy. cependant grabuge. Grabeau répond à l'ancien verbe grabeler, éplucher, examiner; on en rapprochera le bas-latin garbellare, passer au crible, et grabotum, ce qui est rejeté du van. C'est par le sens d'examiner que grabeau a pris à Genève le sens do scrutin.
t GRABELAGE (gra-be-la-j'),s. m. Terme de pharmacie. Action de grabeler. Ce grabelage sera long.
f GRABELER (gra-be-Ié. L'I se double quand la syllabe qui suit est muette : je grabelle), v. a. Terme de pharmacie. Séparer une substance médicamenteuse de SCS grabeaux ou menus fragments.
tGRABELEUR (gra-be-leur) , s. m. Celui qu'on emploie pour grabeler une substance, pour en séparer les grabeaux.
GRABDGE (gra-bu-j"), s. m. || 1* Querelle, noise. ....Qu'il y avait entre nous et la Suède quelque grabuge; mais que, si ce grabuge ne s'accordait pas...., GUI patin, Lett. t. II, p. 87. Tout ce petit grabuge, Entre vous excité, va finir en deux mots, regnakd, Les Ménechm. iv, 9. S'il se trouve deux maris pour un, hem! ça fera du grabuge, dancourt. Vend. Surène, se. t.\\2° Nom d'une partie de cartes. Jouer au grabuge.
— HIST. xvi* 3. Fouloit aux pieds le soin qu'il devoit avoir de sa famille, laquelle ne pouvoit estre qu'en garburges, querelles et noises, cholières, Contes, t. II, Après-dliiée 2. Galburge, cotgrave. 11 y eut aussi un peu de grabouil entre mesdames de Belin et Bressy, Sat. Hén. p. 30.
— ÉTYM. Hainaut, grabuche; bourguig. graibuge.
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Le provençal a dans le même sens grahusa, en ancien français greûie, dans la Jura gr«uie. L'italien a garbuglio, qui avait donné au français du xvi* s. garbouil, et qui paraît aussi avoir donné par altération grabuge, à en juger par les anciennes formes garburge, galburge. Scheler pense que le radical de ce mot est le même que dans grabeau, et représente soit l'allemand graben, creuser, soit le hollandais krahbelen, gratter.
GRACE (grâ-s') , I. f. Il !• Ce qui platf dans les attitudes, les manières, les discours (c'est la sens premier et étymologique). Certes, vous avez grâce à conter ces merveilles, cobn. Ment, i, 6, Et la grâce plus belle encor que la beauté, la font. Adonis. Clilandre auprès de vous me fait son interprète, Et son cœur est épris des grâces d'Henriette, BOL. F. sav. II, 3. Sa grâce et sa vertu sont de douces amorces, id. l'Ét. m, 2. Considérez la princesse ; représentez-vous cet esprit qui, répandu par tout son extérieur, en rendait les grâces si vives, boss. Duch. d'Orl. Le matin elle fleurissait, avec quelles grâces, vous le savez; le soir nous la vîmes séchée; et ces fortes expressions par lestiuelles l'Ëcriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines devaient être pour cette princesse si précises et si littérales, ID. ib. Faites-nous voir, si vous le pouvez, toutes les grâces de cette douce éloquence qui s'insinuait dans les cœurs par des tours si nouveaux et si naturels, id. Anne de Gonz. Tant de biens, tant de grâces qui accompagnaient la princesse palatine lui attiraient les regards de toute l'Europe, id. ib. Elle sut conserver avec une grâce, comme avec une jalousie particulière, ce qu'on appelle en Espagne les coutumes de qualité, id. Kar.-Thér. Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce Qui me charme toujours et jamais ne me lasse, rac. Esth. II, 7. Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes, id. ib. m, 4. Vous savez la grâce dont elle est i cheval, hamilt. Gramm. H. C'était même une de ses grâces que de ne point songer i en avoir, mabiv. Pays. parv. 4* part. Elle l'embellissait de toutes les grâces de son caractère, et ces gràcos-là n'ont point d'âge, id. Karianne, 6* part. La grâce en s'exprimant vaut mieux que ce qu'on dit, volt. Trots monterez. La grâce en peinture, en sculpture, consiste dans la mollesse des contours, dans une expression douce; et la peinture a, par-dessus la sculpture, la grâce de l'union des parties, celle des figures qui s'animent l'une par l'autre et qui se prêtent des agréments par leurs attributs et leurs regards, id. Dict. phil. Grâce. La voix d'un orateur qui manquera d'inflexion et de douceur sera sans grâce, m. ib. Tant de prétentions, tant de petites grâces Que je mets, vu leur date, au nombre des grimaces, gresset, Méchant, iv, 9. La grâce n'appartient guère qu'aux natures délicates, DIDEROT, Pensées sur la peint. OEuv. t. xv, p. 229, dans POUGENS. L'enfanta de la grâce; il la conserve dans l'âge adulte, elle s'affaiblit dans l'âge viril, elle se perd dans la vieillesse, id. ib. Qui peut résister aux séductions de la grâce? fût-elle même dédaigneuse, elle serait encore toute- puissante, STAËL, Corinne, vi, 1. Là sous la douleur qui le glace, Ton sourire perdit sa grâce, lamart. Méd. II, 4. Il Familièrement et ironiquement. Faire ses grâces, se donner des grâces, vouloir prendre ua air gracieux, des façons gracieuses. || Étaler se» grâces se dit à peu près dans le même sens. || Bonne grâce, grâce relevée de quelque chose de simple, de franc et de libre. Si quelqu'une est difforme, elle aura bonne grâce, Régnier, Sat. vu. Pleine d'appas, jeune et de bonne grâce, la font. Or. Pour sa personne, elle vous plairait sans beauté, parce qu'elle est d'une taille parfaite, et d'une bonne grâce a tout ce qu'elle fait, sÉv. 28«. Nous ne sommes pas de votre opinion, Mme de Coligny et moi, sur la critique que vous faites de la maxime qui dit que la bonne grâce est au corps ce que le bon sens est à Vespril ; nous croyons que M. de la Rochefoucauld veut dire que le corps sans la bonne grâce est aussi désagréable que l'esprit sans le bon sens; et nous trouvons cela vrai; nous croyons encore qu'il y a de la différence entre la bonne grâce et le bon air, que la bonne grâce est naturelle, et le bon air acquis; que la bonne grâce est jolie, et le bon air teau; que la bonne grâce attire l'amitié, et le bon air l'estime, bussy, Lett. à Corbinelli, 3t déc. <67S, t. V, p. 6)2, de s4v. édit. régnier. Certain air de dévotion. Lorsque l'on n'est plus jeune, a toujours bonne grâce, deshouuères, t. ii, p. 71. Il Bonne grâce, se dit aussi des choses. Oui, mais notre retour aurait-il bonne grâce ? uairbt, Solimari, i, 2. || En un sens opposé, mauvaise grice.
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renonne de mauraise grilce. |[ Mauvaise grâce, se dit ainsi des choses. Que tout cet artiHco est de mauraise grSce! cobn. Poly. v, 3. La menace impuissante est de mauvaise grâce, in. Perthar. I, 4. Et ce qui leur sied bien, dans ces commencements, En nous, vieux mariés, aurait mauvaise grâce, mol. Amph. 1, 4. Que la plaisanterie est de mauvaise grâce! ID. Mis. i, <. || De lionne grâce, volontiers, sans répugnance, sans se faire prier. Nous le recevrons lois de bien meilleure grâce, corn. Bodog. II, 3. Cédons de bonne grâce, et d'un esprit content Remettons à Dircé tout ce qu'elle prétend, ID. Œdipe, I, 6. n a voulu faire les choses de bonne grâce, et vous pouvez lui donner ma sœur, MOL. Mar. forcé, i, se. dern. La bonne grâce qui donne tant de prix aux petits services, beiin. DE ST-p. Paul et Virg. \\ De mauvaise grâce, avec un air mal gracieux, à regret, comme par contrainte. Il ne sait pas faire les choses de mauvaise grâce, sÉv. t)78. Je n'ai pas assurément à me reprocher d'avoir mal répondu dans mon cœur à ses bontés, mais bien d'y avoir répondu quelquefois de mauvaise grâce, tandis qu'il mettait luimt'me une grâce infinie dans la manière de me les mari|uer, j. j. rouss. Confess. x. || N'avoir pas bonne grâce, avoir mauvaise grâce de faire ou à faire telle ou telle chose, faire quelque chose qui est contre la raison ou contre la bienséance. Un fils n'a pasbonne grâce de plaider contre son père. Vous avez mauvaise grâce de parler de la sorte, hadteroche, Crisp. médec. m, 6. |{ a° Agréments dans les choses, les animaux. La grâce et la légireté du cerf. Il [son habit de bergère] avait une telle grâce sur elle, que, si son ennemie l'eût vue avec cet habit, elle [Vénus] lui en aurait donné un de déesse en la place, LA KONT. Psyché, t. II, p. 4 64. La qualité d'ambassadeur Peut-elle s'abaisser à des contes vulgaires? Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères? ID. Fabl. VIII, 4. Tout reçoit dans ses mains une nouvelle grâce, boil. Arl p. m. Tu [la paix] pares nos jardins d'une grâce nouvelle, Tu rends le jour plus pur et la terre plus belle, rac. Idylle svr la paix. Les grâces dont la nature a orné la campagne, PÉN. Tél. II. Il Par extension. Quelque grâce qu'aient à ses yeux [de Jésus-Christ] les larmes d'un pénitent, boss. I" termon, Nativité de laSte Vierge, 4. Il Qualité du style qui consiste surtout à exprimer ses pensées d'une manière élégante, sans aucune peine apparente ; c'est l'élégance unie à la facilité. Les grâces de la diction, soit en éloquence, soit en poésie, dépendent du choix des mots, de l'harmonie des phrases, et encore plus de la délicatesse des idées et des descriptions riantes, volt. Dict. ph. Grâce. L'abus des grâces est l'afféterie, comme l'abus du sublime est l'ampoulé ; toute perfection est près d'un défaut, ID. ih. || Cette expression a rie la grâce, elle donne du charme au passage où elle est placée. Il 8* Terme de mythologie, (|ui est la personnification du sens de gracieux. Nom donné aux trois déesses compagnes de Vénus (on met un grand G). Les trois Grâces, Aglaé, Thalie et Euphrosyne. Dans les personnes, dans les ouvrages, grâce signifie non-seulement ce qui plaît, mais ce qui plaît avec attrait ; c'est pourquoi les anciens avaient imaginé que la beauté ne devait jamais paraître sans les Grâces, volt. Dict. phil. Grâce. || Fig. Sacrifier aux Grâces, avoir une grande élégance dans ses manières, dans ses discours. J'ai sacrifié aux Grâces [dit le hibou] , Vénus a mis sur moi sa ceinture dès ma naissance, kên. t. xix, p. 44. || Fig. Les Grâces présidèrent â sa naissance, les Grâces ont pris soin de la former, se dit d'une femme, d'un enfant qui a beaucoup de grâces naturelles. Vous parleraije de .ses pertes et de la mort de ses chers enfants? ils lui ont tous déchiré le cœur; représentons-nous ce jeune prince, que les Grâces semblaient avoir elles-mêmes formé de leurs mains; pardonnez-moi cette expression ; il me semble que je vois encore tomber celte fleur, boss. Uarie-Thér. Il On dit dans le même sens : Les récits de cet auteur semblent dictés par les Grâces; Les Grâces accompagnent ses pas. Il 4° Terme de tapissier. Les bonnes grâces d'un lit, les étoiles qu'on attache vers le chevet et vers les pieds du lit, pour accompagner les grands rideaux ; il ne se dit plus qu'en parlant des lits à l'ancienne mode. On appelle bonnes grâces les demirideaux d'un lit qui sont aux deux côtés du chevet. VOLT. Dict. phil. Grâce. H B" Jeu des grâces, jeu analogue au jeu de volant, et qui se joue avec un petit cerceau et des bâtonnets, ainsi nommé parce que les bras s'y développent avec grâce. 116° Par extension du sens do gracieux, bienveillance qu'une personne accorde i. une autre. Je puis
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croire pourtant, Sans trop de vanité, que je sul» en sa grâce, mol. le Dép. i, 3. Et remettez le fils en grâce avec le père, id. Tart. iv, t. De plus coupables y entraient en grâce dès qu'ils le voulaient, HAMiLT. Gramm. s. Le duc de Bouillon, reçu en grâce à la cour, et raccommodé en apparence avec le cardinal, jura d'être fidèle, volt. Manrs, 76. Il Être en grâce auprès du prince, ou de quelque personne puissante, lui plaire, avoir sa bienveillance, sa faveur. || Fig. Être en grâce avec l'argent, avoir de l'argent. Vous voilà donc en grâce avec l'argent comptant, régnahi), Joueur, m, e. || Fig. Rentrer en grâce, se plaire de nouveau à. La médiocrité [fortune médiocre] revient, on lui fait place; Avec elle ils rentrent en grâce, la font. Fabl. vu, 0. Il Revenir en grâce, plaire de nouveau. I^ café pourra revenir en grâce, s6v. 478. || Bonnes grâces, faveur, bienveillance, amitié. Pour gagner les Imnnes grâces du victorieux, corn. Ex. de Pomp. Pour acquérir les bonnes grâces de la Vierge Marie, pasc. Prov. IX. Les Ariens cachèrent leurs erreurs, et rentrèrent dans ses bonnes grâces [de Constantin] en dissimulant, uoss. Ilist. i, il. Elle livra aux Romains une place de grande importance , où étaient les trésors de Mithridate, pour mettre son fils dans les bonnes grâces de Pompée, rac Itithr. Préf. Il Bonnes grâces, en parlant d'une femme, amour, faveurs. Le bruit commun était qu'il avait eu ses bonnes grâces, avant qu'elle fût mariée, HAMILT. Gramm. 8. Il [Alcibiade] sut si bien gagner les bonnes grâces de la femme du roi Agis, qu'il en eut un fils, qu'on appelait en public Léotychide, mais que sa mère en particulier, parmi ses femmes et ses amies, ne rougissait point d'appeler Alcibiade, roli.in, Ilist. anc. OEuv. t. m, p. C4B, dans pouoENS. Un musicien, David Rizzio, fut trop avant dans ses bonnes grâces [de Marie Stuart], volt. Mœurs, 169. || 7° Ce qui est accordé à quelqu'un comme lui étant agréable, utile, sans lui être dû strictement (c'est un sens détourné du sens de gracieux, agréable). Je demande la mort pour grâce ou pour supplice, corn. llor. iv, 7. On lui dit qu'au Japon La fortune pour lors distribuait ses grâces, la font. Fabl. vil, I2. Un fort honnête médecin, dont j'ai l'honneur d'être le msdade, me promet et veut s'obliger par-devant notaire de me faire vivre encore trente années, si je puis lui obtenir une grâce de Votre Majesté [un canonicat pour son fils], mol. Tart. 3* placet. Pour les grâces du roi, il faut toujours les espérer quand on les mérite toujours comme M. de Grignan, sÉv. 312. Donnez des grâces aux familles qui augmentent la culture, fén. Tél. XII. Il Fig. Ainsi les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grâce inespérée d'un beau jour d'hi ver, qui, après un temps pluvieux, vient réjouir tout d'un coup la face du monde, boss. Uarie Thér. Il Demander en grâce, demander comme une grâce, c'est-à-dire instamment. Elle a demandé en grâce de venir dans le diocèse de Meaux, boss. Lett. quiél. lie. Il Faire la grâce de, formule de politesse. C'est trop de grâce que vous me faites, mol. Potirc. i, B. Je ne suis-nuUement surpris, monsieur, d'apprendre par la lettre que vous m'avez fait la grâce de m'écrire, (|ne plusieurs personnes sont mal édifiées de vous voir communier presque tous les jours, fén. t, xvii, p. 407. Il ne me reste plus qu'à vous remercier de vos observations ; s'il vous en vient quelques-unes, faitesmoi la grâce de me les communiquer, dider. Lett. sur les sourds-muets. || Grâce expectative, rescrit du pape qui ordonne au collateurde donner le premier bénéfice vacant de sa collation à une personne que ce rescrit désigne. || Chevaliers de grâce, ceux qui étaient dispensés de faire preuve de noblesse i la rigueur, dans les ordresdechevalerie. || Commanderies de grâce, celles dont le grand maître d'un ordre alalibre disposition, par opposition à commanderies de rigueur, celles que les chevaliers obtiennent à leur rang. || Dieu grâce, la grâce à Dieu, par la faveur du ciel. C'est que la pauvreté comme moi les affole, Et que, la grâce à Dieu, Phébus et son troupeau, Nous n'eûmes sur le dos jamais un bon manteau, RÉGNIER, Snt. II. Ils sont, Dieu grâce, madame, en parfaite santé, mol. Comtesse, n. \\ Cela lui vientde la grâce de Dieu, cela lui vient do Dieu grâce, c'est une chose avantageuse qu'il obtient sans qu'il y ait contribué par ses soins ou ses efforts. 11 [Chevreusc] était presque sans ressource, lorsque le gouvernement de Guyenne lui tomba do Dieu grâce, sans qu'il y eût pensé, st-sim. 336, (85. || Cette chose est venue de la grâce de Dieu, c'est-à-dire qu'on ne sait d'où elle est venue, jj Par la grâce de Dieu, formule que les princes souverains ont coutume de mettre dans leurs titres. I.e roi re{ut son bomm&ge, et lui |
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permit do se dire prince d'Orange par U grâce de Dieu, do Imtre monnaie, de donner rémission, hors pour le crime d'hérésie et de lèse-majesté, dlclos, Hist. de Ijnuit XI, OEuv. t. m, p. «6, dans pougf.m. I! Dans le style badin. Lise qui règne par la grâce Du dieu qui nous rend tous égaux, bërang. Polit. Il De grâce, par grâce, par pure bonté. On vous donne, de grâce, une heure à vous ré-soudre, corn. Théod. m, \. De grâce, achevez, m. Cid, i, ». Profitons de l'instant que de grâce il nous donne, boil. tlpU. m. Mais, de grâce, est-ce i moi que ce discours s'adresie? rac. Artdr. n, 2. || De sa grâce, par sa pure et simple volonté, de son chef. Le pédant, de sa grâce. Accrut le mal en amenant Celte jeunesse mal instruite, la font. Fabl. ix, 6. Votre cœur magnifique Me promit de sa grâce une bague.... mol. Dép. amour, i, 2. Revel était frère de Broglie, que M. le duc fit, de sa grâce, en son temps maréchal de France, st-sim. i87, 248. |] 8* Terme de théologie qui provient du sens précédent, la grâce étant une faveur. Secours intérieur accordé par le ciel pour l'exercice du bien et pour la sanctification. Il [Dieuj est toujours tout juste et tout bon ; mais sa grâce Ne descend pas toujours arec . même efficace; Après certains moments que perdent nos longueurs. Elle quitte ces traits qui pénètrent nos cœurs, corn. Poly. l, l. Nous appelons grâce actuelle une inspiration de Dieu par laquelle il nous fait connaître .sa volonté et par laquelle il nous excite à la vouloir accomplir, pasc. Pror. IV . La conduite de Dieu, qui dispose toutes choses avec douceur, est de mettre la religion dans l'esprit par les raisons, et dans le cœur par la grâce, m. Pensées, art. xxiv, 3, édit. lahurk, (801). Je crois, comme vous, qu'il faut un peu do grâce et que la philosophie seule ne suffit pas, SÉV. 96. On peut voir dans le même colloque l'état présent des controverses en Allemagne entre les luthériens et les calvinistes, et on voit que la doctrine constante des théologiens de la confession d'Augsbourg est que la grâce est universelle, BOSS. Var. XIV, § 106. Le temps a été court, je l'avoue; mais l'opération de la grâce a été forte ; mais b fidélité do l'âme a été parfaite.... la grâce, cette excellente ouvrière, se plaît quelquefois à renfermer en un jour la perfection d'une longue vie, ID. Duch. d'Orl. Quoique, sans menacer et sans avertir, elle [la mort] se fasse sentir tout entière dès le premier coup, la grâce, plus active encore, l'a déjà mise [la princesse] en défense, m. t'b. L'opération de la grâce se reconnaît dans les fruits, id. AnnedeGonx. Quand on a connu Jésus-Christ et qu'on a eu part à ses grâces, ID. ib. Il ne faut point manquer à de telles grâces, ni les recevoir avec mollesse : la princesse palatine change en un moment tout entière.... iD. ib. Ce nom nouveau du Sauveur est celui de l'Eucharistie, nom composé de biens et de grâces, ID. Mar. -Thér. Il ne faut qu'une passion d'envie pour anéantir dans nous tous les effets de la grâce, bourual. Mijst. Passion de J. C. t. i. p. 260. Les grâces de Dieu ne sont pas seulement pour nous des dons de Dieu, ni des bienfaits de sa miséricorde, mais de grandes charges devant Dieu, i». Dim. de la Scxag. Dominic. t. I, p. 417. Grâces délicates, parce qu'on les perd aisément, et que Dieu nous en prive quelquefois pour les plus légères infidélités, m. »• dim. après ta Pentec. Dominic. t. m, p. 1 65. La grâce qui est en nous n'est autre chose que la grâce de la pénitence, et par conséquent de l'humilité même, m, Piirif. de la Vierge, Myst. t. n, p. I7«. Pour ressusciter dans la gloire, il faut par une sainte persévérance mourir dans la grâce, m. Myst. Hét. de J. C. t. I, p. 35». ô grâce, 6 rayon salutaire, Viens me mettre avec moi d'accord; Et, domptant par un doux effort Cet homme qui t'est si contraire, Fais ton esclave volontaire De cet esclave de la mort, RAC. Cantique 3. || Fig. Je vous ai déjà dit qu'il me fallait du temps [pour faire une tragédie], de la santé et flatus ditinus ; j'attends le moment de la grâce, volt. Lett. d'Argental, 3 mai i756. Il Grâce suffisante, grâce donnée généralement â tous les hommes, soumise de telle sorte au libre arbitre qu'il la rend efficace ou inefficace à son choix, sans aucun nouveau secours de Dieu. || La grâce justifiante, celle qui rend juste intérieurement. Il faut que cette plante divine [la dilection] ne soit pas seulement semée, mais qu'elle ait commencé de prendre racine dans l'âme avant qu'elle reçoive la grâce justifiante, boss. Sermons, Véril. ennvers. 3. || On dit dans le même sens, grâce sanctifiante. Quand je dis la grâce, j'entends celle que les théologiens appellent grâce sanctifiante et qui est en nous le plus précieux de tous les dons d*
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Dieu, BODRD. Mi/st. Concept, de la Vierge, t. n, p. ♦. Il Grâces naturelles, dons naturels que la Providence accorde aux gentils comme aux chrétiens, aux méchants comme aux bons. || Grâces surnaturelles, celles qui ont rapport au salut éternel. || L'ordre de la grâce, l'ensemble des secours de la grâce que Dieu donne aux hommes. Tant que nous sommes détenus dans cette demeure mortelle, nous vivons assujettis aux changements, parce que, si vous me permettez de parler ainsi, c'est la loi du pays que nous habitons; et nous ne possédons aucun bien, même dans l'ordre de la grâce, que nous ne puissions perdre un moment après par la mutabilité naturelle de nos désirs, Boss. Duch. d'Orl. || Être en état de grâce, n'avoir sur la conscience aucun péché mortel. Il Grâce d'état. C'est un état où Dieu, par une suite immanijuable, donne à chacun des grâces de salut et de sanctification, et non-seulement des grâces communes, mais des grâces propres et particulières que nous appelons pour cela des grâces de l'état, BouiiD. Pensées, t. i, p. 76. Il donne la grâce de commander à celui qui doit commander, et la grâce d'obéir à celui qui doit obéir, m. iO' dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. 220. || Grfice d'état, se dit, dans le langage familier, des illusions attachées à une condition et qui la rendent supportable. Ordinairement les malades de la poitrine ne se voient pas en aussi grand danger qu'ils sont, c'est une grâce d'état. Il An de grâce, se dit des années de l'ère chrétienne. Calendrier pour l'an de grâce <8i)5. Hors de cette phrase, il ne se dit guère qu'en plaisantant. Il 9° Coup de grâce, dernier coup que l'exécuteur appliquéiit sur l'estomac du patient roué vif, et qui, hâtant sa fin, semblait une sorte de miséricorde. || Fig. Ce qui achève de ruiner, de perdre quelqu'un. Vous lui avez porté le coup de grâce. Je fus hué : ce dernier coup de grâce M'allait sans vie étendre sur la place , volt. Pauvre diable. || 10° Ancien terme de commerce. Jours de grâce, délai de dix jours accordé à celui sur lequel une lettre de change était tirée. Cela est échu, mais j'ai encore les dix jours de grâce, dan- COUBT, les Agiot. n, l.||On disait dans le même sens : délai de grâce. || Dans le langage général, ce qui est accordé au delà du terme ordinaire. Desjours chauds au mois de décembre sont des jours de grâce. J'ai quatre-vingts ans. toutes les années que je vivrai seront des années de grâce. || 11° Pardon, indulgence (le pardon étant une sorte de faveur). Je voudrais comme vous faire grâce à son âge, COBN. Sertor. ii, ^. Il ne faut point de grâce à qui se voit sans crime, id. Perihar. v, 2. J'aurais peine, .seigneur, à lui refuser grâce, id. Sertor. i, 3. Reine, voyez pour qui vous me demandiez grâce, ID. Pomp. IV, 5. Et l'on donne grâce aisément X ce dont on n'est pas le maître [et nous pardonnons aisément des transports dont on n'est pas le maître], MOL. Àmph. II, 8. Klle a vu venir le coup sans demander grâce, FLÉCH. Mme de îlontausier. Dieu ne faitjamais grâce à qui ne l'aime point, boil. Épil. xii. S'il venait à mes pieds me demander sa grâce, rac. Andr.i\,i. Il Trouver grâce aux yeux, devant les yeux, être excusé, pardonné. Crois qu'un bonze modeste, un dervis charitable Trouvent plutôt grâce à ses yeux [de Dieu] Ou'un janséniste impitoyable Ou qu'un pontife ambitieux, volt. Pour et contre. Eh quoi I devant vos yeux nos tyrans trouvent grâce! delav. Vêpres sicil. se. suppr. || Il signifie aussi, plaire, gagner la faveur; ne se dit que d'une personne inférieure à l'égard d'une autre. Esther lui plut et trouva grâce devant lui, saci, Bible, Esther, ii, 9. Mme de T. a trouvé firâce devant Mme de Montespan, sÉv. 370. Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grâce, bac. Phèd. iv, 5. Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, id. Estk. u, 7. || Faire une grâce, faire grâce à quelqu'un, lui accorder ce qu'il ne pourrait justement exi}.:er. En vous accordant cela, on vous fait une grâce. En ce mauvais monde où nous vivons, quand on nous fait justice, imaginonsnous qu'on nous fait grâce, balz. De la cour, «' dise. Il Ironiquement et familièrement. Vous me faites là une belle grâce. Voilà vraiment une belle grâce. Il Faire trop de grâce, se dit ironiquement de quelqu'un qui reçoit hautainement des avances, des compliments, qui se prête hautainement à telle ou telle chose. Comme un homme qui fait trop de grâce de se laisser louer, fén. Tél. xiv. || Faire grâce de, ne pas exiger. II lui a fait grâce d'une partie de sa dette. On fait grâce d'une chose en s'emparant du reste; les commis lui prirent tous ses effets, et lui firent grâce de son argent, volt Dict. phil. Grâce. il Fig. Faire grâce de, épargner quelque chose à quelqu'un. Il m'a lu tout son poëme, sans me faire
grâce d'un hémistiche. Le reste des idées de cet auteur [BohemiusJ sont de la même force, et nous en ferons grâce au lecteur, diderot, Opin. des anc. philos. (Thénsophes). || Absolument. Grâce! ne continuez pas. Grâce! ce que vous me dites me peine. Il Par ironie. Faites-moi grâce de vos observations, épargnez-les-moi. || Faire grâce, avec un nom de chose pour sujet, être une grâce, une faveur. Mon refus lui fait grâce, et, malgré ses désirs, J'épargne à sa vertu d'éternels déplaisirs, corn. Nicom. m, î. Il Fig. Faire grâce à quelque chose, l'accepter. Je suis comme vous, je fais grâce à l'esprit en faveur des sentiments, sÉv. Lett. 5 août 1675. || 12° Particulièrement, remise de la peine que le prince fait à un condamné. Le souverain a le droit de grâce. Recours en grâce. Il a obtenu sa grâce. Signer une grâce. J'ai eu ma grâce do cette affaire. — Oui, mais cette grâce n'éteint pas peutêtre le ressentiment des parents et des amis, mol. 0. Juari, I, â. Le prince perdrait le plus bel attribut de sa souveraineté, qui est celui de faire grâce, MONTESo.'&p. VI, B. Il Lettres de grâce, ou, simplement, grâce, lettres par lesquelles le souverain accorde la grâce d'un criminel. C'est un grand ressort des gouvernements modérés que les lettres de grâce; ce pouvoir que le prince a de pardonner, exécuté avec sagesse, peut avoir d'admirables effets, MONTESQ. Esp. VI, 16. Il Absolument. Grâce! Demander grâce, crier grâce! |{ 13° Remercîment, témoignage de reconnaissance ( le remercîment étant quelque chose de gracieux). Je rends grâces aux dieux de n'être pas Romain, corn. Ilor. ii, 3. Mme de Lafayette vous rend mille grâces, sEv. l. M. le cardinal vous rend grâces très-humbles, boss. Utt. abb. ( H . Il rendit grâces aux dieux par d'innombrables sacrifices, fén Tél. viii. || On dit aussi actions de grâces. Rendre des actions de grâces. (Après la bataille de Rocroi] l'armée commença l'action de grâces; toute la France suivit ; on y élevait jusqu'au ciel le coup d'essai du duc d'Enghien, boss. Louis de Bourbon. || Fig. Rendre grâceàquclque chose, attribuer h quelque chose une action favorable. Rendez grâce au seul nœud qui retient ma colère, rac. Iphig. iv, 6. || Grâce à Dieu, grâce au ciel, par la faveur du ciel, heureusement, par bonheur. Il se porte mieux, grâce à Dieu. Il On dit aussi grâces au ciel dans la poésie ou le style élevé. Enfin, grâces aux dieux, j'ai moins d'un ennemi, CORN. Rodog. v, i. Grâces au ciel, mes mains r,e sont point criminelles! rac. Phèdre, I, 3. Il Ironiquement. Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance, rac. Andr. v, 6. Il Grâce à vous, grâce à vos soins, formules polies de remercîment. || Grâce à, grâces à, quand il s'agit de choses, signifie : par elles, par leur action. Comme le nombre d'oeufs, grâce à la renommée, De bouche en bouche allait toujours croissant, la FONT. Fabl. VIII, 6. Grâce à vos opinions nous avons.... PASC. Prov. v. Grâce aux préventions de son esprit jaloux, Nos plus grands ennemis ont combattu pour nous, bac. Bn(. v, 4. || Ironiquement. Grâce à votre maladresse. || 14° Au plur. Prière que l'on fait après le repas. Dire grâces. Les grâces dites. Il Fig. et familièrement. Dire grâces avant lebén< dicité, intervertir l'ordre des choses, et, par exemple, vivre maritalement avant d'avoir contracté le mariage. On me reproche de dire grâces sans avoir dit bénédicité, volt. Babyl. H, || Fig. Venir dire grâce ou des grâces, aller remercier son bienfaiteur. Beaucoup sollicitent ; peu , après qu'ils ont obtenu, viennent dire grâces. || 15° Titre d'honneur des ducs d'Angleterre. Sa Grâce le duc de.... Il Grâce, en cet emploi, prend un G majuscule. Il 16° Grâce de saint Paul, nom donné, dans l'Ile de Malte, à une terre blanche qui passe pour un remède contre la morsure des vipères, ainsi dite da saint Paul qui y fut mordu par un serpent.
— REM. 1. On a disputé entre les grammairiens du xvii* siècle si, à côté de grâces à Dieu, on pouvait dire aussi grâce à Dieu. Vaugelas condamnait le singulier, parce qu'en ce sens grâces vient de la prière dite grâces. Mais l'usage a prévalu de dire indifl'éremment le pluriel et le singulier. || 2. On a aussi discuté la question de savoir si l'on pouvait 'bre indifféremment gagner les bonnes grâces et gagner la bonne grâce de quelqu'un. L'usage s'est prononcé pour le pluriel. || 3. Le Dieu grâce, la grâce Dieu, sont des archaïsmes représentant Dei gratia, gratia Dei, et très-corrects alors que la Tangue avait deux cas, Dieus, du lat. Deus, Dieu, du lat. Dei ou Deo.
— SYN. uhAce, PAVEim. Êtymologiquement, grâce est ce qui est agréable, qui vient à gré; faveur est
ce qui favorise. De là naît la nuance quand ces deux mots se touchent : grâce emporte toujours avec soi quelque chose de son sens étymologique.
— HIST. XII* 8. Par la Deu grâce qui en la crois fu mis, Ronc. p. 7). J'alasse à Dieu grices et merciz rendre De ce que.... Couci, xxiv. Quant est desordenez [il a perdu la prêtrise], s'il puet à Roms aler. S'il i puisse la grâce l'apostolie [pape] encontrer, Qu'il luiduinse [donne] cungiésulemcnt de chanter, Th. le mart. 30. || xiii* s. Et par la grâce de Dieu si advint que li quens [comte] Thiebaus de Champaigne et de Brie prist la crois, villeh. ii. Et avint qu'il fu esleus des barons d'Alemaigne à roi d'Alemaigne par la grasse de! pape, Chr. deRains,\). ()4. Qui de famé vuet avoir grâce, la Rose, 9749. Porce voil [je veux] que tu la desprises [la fortune], Et que sa grâce riens ne prises, ib. 6378. De nule riens qui touque [touche] à cas de justice temporel, le [la] justice laie n'est tenue à obéir au commandement de le [la] justice esperiluel, selonc nostre coustume, se n'est par grâce, beaum. xi, ti.Tout soit il ainsi que il n'ait pas en noz [nous] toutes les grâces qui doivent estre en homme qui s'entremet do baillie.... id. i, t. Tandis que le roy oy ses grâces, joinv. 256. Il xiv* s. Les autres qui mettent félicité es biens de l'ame, si sont et ont esté peu de hommes vertueux et glorieux et de grâce renommée, orfsme, Éth. xviii. Car on doubtoit Bertran, sa grâce et son renom, Que par trestout le monde couroit son grant renom, Guescl. (6942. Jehan Fenin, qui estoit homs rioteux et félons et melleys [querelleur], ayans mauvaise grâce en la dite ville et en tous les lieux où cogneuz estoit, ou cange, gratia. h xv* s. [Que je puisse] cncheoir en leur grâce [des lecteurs] , FROiss. Prol. L'an de grâce mil trois cent quarante un, ID. I, I, i 57. Les seigneurs d'Angleterre lui dirent [au roi d'Angleterre], sauve sa grâce, que.... ID. I, I, 193. Le duc de Lancastre n'estoit mie bien en la grâce du commun peuple. id. ii, ii. 4. Il y avoit un chevalier capitaine de Nordvich qui s'appeloit messire Robert Salle ; point gentilhomme n'estoit, mais il avoit la grâce, le fait et renommée d'estre sage et vaillant homme aux armes, id. ib. ir, II, 114. Icelluy Gerardin dist par esbatement : Il nous faut faire les grâces desLombars; les quelles grâces il entendoit jouer aux dez, du cange, gratia. Très haut, très puissant et très redouté seigneur, monseigneur le duc de Bourgogne, comme je Evrard de la Marche ay escrit par devers vostre grâce, pour que icelle vostre grâce.... id. ib. Les grâces quej'ay receues de luy [de Louis XIJ, cohm. Prol. Suppliant au roy l'avoir tousjours en sa bonne grâce, id. I, I . Tous les chrestiens furent sur les champs, tous estans en estât de grâce, comme il appartenoit, J. de Saintré, ch. 60. || xvi* s. La civilité, comme la grâce et la beauté, est conciliatrice des.... mont. I, 52. On le desbandoit pour luy lire sa grâce, id. 1, 91. La grâce et bienséance des vesfments despend de.... ID. I, (19. J'y ferais pourtraire la joye et Flora et les Grâces, id. i, <84. Callisthenes perdit la bonne grâce d'Alexandre pour.... id. i, <85. Avecques la grâce de Dieu je l'ay passée doulce et aysée [ma vie], iD. i, 219. Une telle largesse laid vergongne à qui la receoit, et se receoil sans grâce, iD. IV, 9. Cela ayda jadis à mettre la poésie en la maie prace des sages, id. iv, 341. Or sommes nous, la grâce â Dieu, par beaucoup de périls et Ilots estrangers, rendus au port, à seureté, du Bellay, i, 40, recto. Il ne demeura aux nopces quejusques aux grâces quand l'on offre du vin aux dieux, amyot, l'eric. 12. Il alloit paignant la bonne grace des soudards par.... id. Fab. I3.
— ÉTYM. Bourguign. graice; provenç. et espagii. gracia ; portug. graça; ital. graiia; du lat. gratia, de gratus, agréable (voy. gré).
GRACIABLE (gra-si-a-bl'), adj. || 1» Terme de droit criminel. Qui peut mériter grâce. Fait graciable. Un législateur sage aurait, dans les cas les plus graciables, modéré la peine du crime, monie-sq. Esp. VI, 13. Quelques autres juges étaient persuadés de la nécessité des supplices dans les affaires les plus graciables, volt. Polit. Proc. crimin. I.alli, (9. Il 2° Qu'on peut pardonner. La désobéissancs n'eût pas été graciable, i. J. Rouss. Ém. v.
— KrVM. Gracier.
GRACIÉ, ÉE (gra-si-é, ée), part, passé de gracier. Gracié par le prince.
GIVACIEIl(gra-.si-é),jegraciai8,nousgraciions,vous graciiez;que je gracie, que nous graciions, que vous graciiez, ». o. Terme de droit criminel. Faire remisa de sa peine à un condamné. L'empereur l'a gracié.
— HIST. iiv s. Avons gracié et remis dès maintenant laditte amende, du cange, gratificart.
GRÂ
— ÉTYM. Grdee. Gracier, dans l'ancien français, signifie rendre grâce, remercier.
GRACIEUSE, ÉE ( gra-si-eû-zé, zée), part, passé de gracieuser. Gracieuse des grands, lesage, D. bott.
GUACIEUSEMENT (gra-si-eû-ze-man) , ad». D'une manière gracieuse. 11 accueille gracieusomeut tout
le monde. . , „ u
IIIST. XIV" ». Un clere lavoit riméo [la chanson] tant grasieu.'ement, Baud. de Scb. vi, 3»«. Il IV* s. Et lousjours ledict do la Rivière rcspondoit le plus gratieuscment qu'il pouvoit, juv. i>ES uas. Charles VI, Mis. jj xvi* s. Obéissez à Dieu gracieusement, calv. Instit. 1013.
— f.TYM. Gracieuse, et le suffixe ment; provenç. graciosamen; catal. graciosomen< ; espagn. graciotamente; ital. graxiosamente.
GRACIEUSER (gra-si-eû-zé), V. o. Faire de grandes démonstrations de bienveillance à queliju'un. Le roi d'Espagne fit venir de Flandre le comte do SerclaCs pour y commander ses troupes sous lui, que le roi gracieusa fort en passant, st-simon, H 26, «37. Le duc d'Orléans vit les magistrats, les entretint, les gracieusa, ID. 254, <63.
— HEM. Cracieuser, dire dos choses obligeantes, mot présentement du bel usage, de cailuèbes, (090. On commence à se servir du mot gracicuser, qui signifie recevoir, parler obligeamment ; mais ce mot n'est pas employé par les bons écrivains dans le style noble, volt. Dict. phil. Gracieux. Le mot est plus ancien que ne croit Voltaire ; mais il est en effet plutôt du style familier que du style élevé; nos adjectifs en eux formant bien peu de verbes en euser.
HlST. XVI* 8 Ce qui donna lieu à la reine de
la gracieuser et de l'honorer d'une grande familiarité, d'aub. Vie, LVii.
— CTVM. Gracieux.
GRACIEUSETÉ (gra-si-eû-ze-té), s. f. || 1* Civilité tout affectueuse. Sa vanité lui fit prendre sur son compte des gracieusetés qui n'étaient que pour ses boulTonneries, bamilton, Gramm. 7. Le roi mit la calotte sur la tête du cardinal de Nouilles avnc force gracieusetés, st-simon, 78, 3. || 2" Gratification, ce que l'on donne à quelqu'un en sus de ce qu'on lui doit. Il lui fit une gracieuseté.
— HIST. XV* s. Et estes-vous tel, se vous m'avez donné aucune courtoisie ou gracieuseté [cadeau], que vous me le vouliez après retoller [reprendre]? Loois XI, Nouv. XVIII. Je vous avoLs, entre autres, choisie comme la nompareille de beauté, genteté et gracieuseté, ID. ib. xxviii. || xvi* s. Nous savons aussi de quelle gracieuseté saint Augustin usa envers les donatislus, calv. Inst. «92.
— F.TVM. Provenç. gracioiital ; espagn. graciosidad; ital. graziosilà; du \a.\.in graliosilatem, de graliosas, gracieux.
GltAClEUX, EUSE (gra-si-eû, eû-z'), adj. || 1" Oui a de la grâce. Votre esprit inquiet, triste, noir, soucieux. Ne vous produira pas des songes gracieux, MAiRF.T, Sophon. II, 3. Madame à ce discours embrassa le gracieux ignorant, volt. Jeannol et Colin. Oui, voilà son regard et ses traits gracieux, M. J. ciiP.NiER, Fiinel. II, 3. Il Oui porte à l'imagination, à l'âme, des idées, des peintures douces et charmantes, en parlant des productions des lettres et des beaux-arts. Un sujet gracieux. Une fable gracieuse. || Style gracieux, style où l'on trouve de la grâce. || S. m. Le gracieux, ca qu'il y a de gracieux. Le gracieux se compose de l'élégant, du riant et du noble. Watteau a été dans le gracieux à peu près ce que Teniers a été dans le grotesque, VOLT. Louis XIV, Arlisles. \]2' Poli, doux, civil. Il est gracieux pour tout le monde. Et l'accueil gracieux qu'il recevait de vous.... corn. //or. i, 3. Et quel est cet abord? qu'il est peu gracieux I rotrod, Àntig. II, ♦. Et désormais gracieux, Allez à Liège, à Bruxelles, Porter les humbles nouvelles De Namur pris à vos yeux, boil. Ode, Namur. Les nouveaux magistrats songèrent à se rendre gracieux au peuple, LE p. CATROU, dans desfontaines. || 3* Qui est do grâce, favorable. Ce qu'il y aurait eu de gracieux à cela, c'est que, supposé cet établissement fait et une paix de durée, il n'y a point d'année que les revenus du roi ne se fussent augmentés sans rien forcer ni violenter personne , vauban, Dtme, p. <«o. Il X titre gracieux, par pure grâce, sans qu'on y soit obligé par aucune considération. Il Juridiction gracieuse, celle que les évoques exerçaient par eux-mêmes, par opposition à la juridiction contentieuse qu'ils exerçaient par leurs officiaux. Il En .«tyle de chancellerie romaine , les provisions d'un bénéfice sont expédiées en forme gracieuse quaua elles dispensent l'impétrant de
GRA
l'examen et du visa de l'ordinaire. |{ 4* Qui accorde des grâces. Il n'est usité en ce sens que comme titre de certains souverains. La plupart des peuples du Nord disent : notre gracieux souverain ; apparemment qu'ils entendent bienfaisant, volt. DiU. phil.Gracieux. \\i' S. m. Le gracieux, le gracioso. Je suis le gracieux de lalri)upe,v. UUGO, Jf. de l'Orme.
— REM. « Gracieux est un terme qui manquait à « notre langue, et qu'on doit à Ménage. Boubuurs, « en avouant (|ue Ménage en est l'auteur, prétend « qu'il en a fait aussi l'emploi le plus juste, en di- « sant : Pour moi de qui les vers n'ont rien de gra- « cieux, VOLT. Dict. phil. Gracieux. » On no conçoit pas commfnt Voltaire a pu dire que le mot gracieux était dil à Ménage; ce mot se trouve de tout temps dans la langue. Le fait est que gracieux, condamné par Vaugelas, par Marguerite IJufTel, qui dit qu'il est hors du beau style, fut défendu par Ménage. 11 a heureusement triomphé de l'opposition des puristes. Quant à Caillères, il se borne à dire : Un vi.«age, un sourire gracieux, mot tiré de la langue des peintres et présentement du bel usage. L'Académie, dans .ses remarques sur Vaugelas, n'admet gracieux que dans le sens de doux, courtois, et en termes de peinture : Il y a je ne sais quoi de gracieux dans ce tableau.
— SYN. GRACIEUX, AGRÉABLE. Ce qui est gracieux a de la grâce; ce qui est agréable a de l'agrément. Or la gr:"ice a un charme bien plus fort et bien plus pénétrant que l'agrément. La grâce peut être mise au-dessus de la beauté; l'agrément ne l'a pu jamais.
— HIST. XIII* s. Plus gracieus est uns petiz dons faiz isnel. ment [vite] que uns autres grans n'est qui est à paine donés, brun, latini. Trésor, p. *u. Ele [Berte] est plus gracieuse que n'est la rose en mai , Berle, lvii. Il laissierent le roi et la roine tous dolans pour Loeys lor aisnet filz qui mors estoit sour l'eage de seize ans et avoit esté mervelles sages et grassieus, Chr.de/tains, 235. || xiv s. Se il est agréable et gracieux, obesme, Eth. 263. || xv* s. Il ne pouvoit faire plus belle saison ni plus gracieuse, Fiioiss. II, II, 212. Et toutesfois feut-il conclu, qu'on leur feroit la plus gratieuse response que faire se pourroit, juvEn. DES UBS. Charles VI, usi. || xvi*s. Un joug gracieux et fardeau léger, calv. /ns(i(. 945. Gracieux [qui fait grâce] aux vaincus, mont, i, 4. Le vin semble amer au malade et gracieux au sain, ID. II, 362. Ijingage nerveux et puissant, comme le françuij est gracieux, délicat, m. m, 39. Admonestant'le peuple d'élire, non pas les plus gracieux, mais les plus aspres et rigoureux médecins, amyot, raton, 33.
— ËTYM. Provenç. gracias; espagn. gracioso; ital. graiioso; du latin gratiosus, de gratta, grâce.
GRACILITE (gra-si-li-té), s. f. Qualité de ce qui est grêle. La gracilité de la voix.
— ÊTYM. Lat. gracilitatem, de gracilis, grêla (voy. grêle, adj.).
I GBACIOLE (gra-si-o-l"), t. f. Nom d'une variété de poire. Graciole d'été, le bon chrétien d'été. Graciole d'hiver, le bon chrétien d'hiver. Elle est nommée gratioli dans le Dictionnaire de Trévoux et gratiori en Normandie.
t GRACIOSO (gra-si-o-zo) , s. m. Bouffon de la comédie espagnole. || Au plur. Des graciosos.
— ÊTYM. Lat. gratiosus, gracieux.
t GUADATIF, IVE (gra-da-tif, ti-v'), adj. Terme didactique. Oui va par gradation.
— ÊTYM. Voy. gradation; provenç. gradatiu.
GRADATION (gra-da-sion ; en vers, de quatre syllabes) , *. f. Il 1° Passage successif d'un état à un autre. Sans aucune de ces gradations insensibles qui amènent les saisons, volt. Charles XII, t. Cette gradation d'êtres qui s'élèvent depuis le plus léger atome jusqu'à l'être suprême , cette échelle de l'infini frappe d'admiration, m. Dict. phil. Chaîne des dires. Celui-là [Mars] fait son tour en deux ans, Jupiter son voisin en douze, Saturne en trente, et encore Saturne, le plus éloigné de tous, n'est pas si gros que Jupiter; où est la gradation prétendue?iD. «6. Nous voyons partout des gradations entre les êtres ; mais l'ordre de ces gradations ne nous est encore connu que très-imparfaitement, bonnet, ConIfmpJ. TUit. m, 26. lia* Particulièrement, accroissement progressif. La gradation do la lumière est sensible depuis la pointe du jour jusqu'au lever du soleil. Ils se prirent do paroles, et, après quelque gradation irinjuros. Charpentier reprocha à l'abbé 'l'allemant qu'il était fils d'un marchand banqueroutier de la Uochclle, FUBETifîRE, Factums, 1. 1, p. \ 97. ||3°Terme de rhétorique. Figure par laquelle on accumule plusieurs termes ou plusieurs idées qui enchérissent l'une sur l'autre. Il fallait dire [dans l'ode de Boi-
GRA
leau sur la prise de Namur] : Je vois nos cohortes s'ouvrir un large chemin à travers les débris des ro chers, au milieu des armes brisées et sur des morts entissés; alors il y aurait eu de la gradation, de la vérité et une image terrible, volt. Dict. phil. Enthoxuiasme. || 4° Terme de peinture. Passage insensible d'un ton à un autre. || 6* Plus particulièrement, on peinture et en sculpture, artifice de composition par lequel on fait saillir le personnage ou le groupe principal, en affaiblissant graduellement la lumière, l'expression dans les autres figures. || 6° En architecture, disposition de plusieurs parties qui, rangées par degrés ou les unes au-dessus des autres, symélrisent par leurs formes et leurs ornements. Il 7° En musique, mélodicdans laquelle l'expression monte, pour ainsi dire, au moyen d'une progression de figures qui se ressemblent. || Il signifie aussi la progression du piano ou dolce au forte et au fortissimo.
— HIST. XVI* S. Je loue [chez les femmes] la gradation et la longueur en la dispensation de leurs faveurs, mont, m, 369.
— ÊTYM. Provenç. gradatio ; ital. gradaxione ; du lat. gradationem, ayant pour radical grad qui est dans ^radut, degré (voy. grade).
GRADE (gra-d'), t. m. || 1* Degré de dignité, d'honneur dans une hiérarchie. Rome n'attache point le grade à la noblesse, corn. Serlor. n, 2. Il est mille douceurs en un grade si haut [le tn'ine] Où peut-être avez-vous moins pensé qu'il ne faut, ID. Othon,m, 5. Rome enfin de ton choix tient-ella un lieutenant? Le sort pourvoit Narsès de ce grade éminent, rotrou, Bélis. n, lu. Guillaume des Champeaux, né en Brie de parents obscurs, s'éleva pir la réputation qu'il se fit, de grade en grade jusqu'à l'épiscopat, DIDEROT, Opin. des aru. philos, {scolasliques). || 2* Se dit de l'année. Le grade do capitaine, de colonel, de sergent. Les grades supérieurs. Les grades inférieurs. La plupart s'accordèrent sur la pos.sibilité de conquérir la Kussie, soit que leur espoir y vit à acquérir, suivant leur position, depuis un simple grade jusqu'à un trône; soit qu'ils se fussent laissé prendre à l'enthousiasme des Polonais, SÉOUB, Ilist. de Nap. ii, 6. || 3* Il se dit aussi des rangs universitaires. Il y a trois grades dans l'université : bachelier, licencié, docteur. Prendre SCS grades dans l'université. || 4° Anciennement, lettre qu'on obtenait en vertu des gnules qu'on avait acquis. Signifier, jeter ses grades sur une abbaye. || 6* Nom donné, en géométrie, à la centième partie du quart de cercle, et, en géographie, au degré centésimal que l'on a tenté un instant de substituer au degré nonagésimal. || Nom donné aussi quelquefois aux divisions centigrades des mesures qui se divisaient autrement. Dans le thermomètre centigrade, le grade vaut les 4/6 du degré de Réaumur.
— HIST. XVI* s N'eust voulu recevoir une
grade s'il n'eust pensé en estre bien digne, carl. I, )9. Honorez du grade de chevalerie, ID. m, 25.
— ÊTYM. Lat. gradus, degré, de la même racine que gradi, marcher, rapproché avec raison de l'allemand schreilen, marcher.
GRADÉ (gra-dc), ad)', m. Quia un grade dans l'armée. Militaire gradé, non gradé. Il ne se dit guère que des grades inférieurs, de ceux qui sont marqués par des galons.
+ GRADILLE (gra-di-U', U mouillées),!, f. Terme d'architecture. Espèce de dentelure.
GRADIN (gra-din), ». m. || 1" Petit degré qu'on met sur un autel, sur un bullct, etc. pour y placer des chandeliers, des fleurs, etc. Un bufl"et en gradins portait vingt mille vases ou plats d'or, volt. Princ. de Babyl. 3. || Degrés de plomb ou de pierre, pratiqués dans les buffets d'eau et les casca<les, où l'eau en tombant forme des nappes, jj i' Bancs disposés en étage.s, par exemple dans les amphithéâties. Ce monde est un vaste amphithéâtre où chacun est placé au hasard sur son gradin, volt. Iiial. 3. Je vis au bout d'une allée d'orangers et de citronniers une espèce de lice immense entourée de grailini couverts d'étoffes précieuses, id. Voyages de Scarmenlado. || Par extension. Je commence à gravir cej giadins de collines.... lamart. Joc. n, 72. || Absolument. Les gradins des cla.sses des lycées. Il était encore sur les gradins, que déjà il témoignait des dispositions à la poésie. 113° Terme de jardinage. Gradins do gazon, marches ou degrés revêtus de gazon. Il 4° Terme de mines. Gradins renversés, oi.vrage dans lequel on exploite en forme de dessous d'escilier.
— ÊTYM. Dérivé de grade, degré.
+ GRADINE (gra-*ii"-n'), *. /. Ciseau très-affilé et
GRA
dontelé, dont se servent les sculpteurs en marDre. Il Instrument du potier qui lui sert à achever les pièces moulées.
t GRADINER (gra-di-né), V. a. Travailler le marbre avec la gradine.
t GRABCALITÉ (gra-du-a-li-té), s. f.' Caractère de ce qui est graduel. Motion pour qu'il soit établi une graduante dans les élections aux fonctions publiques, MiRAB. Collection, t. li, d la Table.
— ÊTVM. Graduel.
t GRADDATEOR (gra-du-a-teur),î.m. Terme de physique. Piècedestinée à faire varier l'intensité du courant électrique dans les appareils d'induction.
GRADUATION (gra-du-a-sion ; en vers, de cinq syllabes), î. /■. || 1° Terme de physique. Opération par laquelle on détermine les degrés de l'échelle de quelques instruments de précision, comme les baromètres, les thermomètres, les pyromètres, les aréomètres, les hygromètres, etc. ||2° Terme de chimie. Concentration progressive de certains liquides, pour retirer les substances salines qu'ils renferment. C'est ainsi qu'on gradue les eaux de la mer pour obtenir le sel marin. || Terme de salines. Bâtiments de graduation, ou, simplement, graduation, ou chambre graduée, constructions particulières dans lesquelles on concentre les eaux salées.
— ÉïYM. Graduer; provenç. graduacio; espagn. graduacion ; ital. graduazione.
GRADUÉ, ÉE (gri-iu-é, ée), adj. || 1° Terme de physique. Où les divisions sont marquées. Un thermomètre gradué. || Terme de géométrie. Cercle gradué, cercle divisé en trois cent soixante degrés, en quatre cents grades. || Terme de géographie. Cartes graduées, cartes ovi les degrés de longitude et de latitude sont marqués. || 2° Terme de chimie. Feu gradué, feu donné par degrés. |1 Chambre graduée , voy. GRADUATION. Il 3° Oii la graduation est ménagée. Cours de thèmes gradués. Tout est donc gradué ou nuancé dans la nature, bonnet, Caus. prcm. VII, 3. Il 4" Qui a obtenu un grade dans une faculté de théologie, de droit, de médecine, de sciences ou de lettres. Autrefois les nobles étaient gradués par privilège après trois ans d'études, quoique le terme fût plus long pour les autres. || Substantivement C'est un gradué. L'obligation où est le juge de prendre deux gradués dans les cas qui peuvent mériter une peine afdictive, montksq. Esp. xxviii, 42. Chaque gradué, depuis le sous-diacre jusqu'au souverain pontife, exerçait une petite jutidiction, CHATEAUBR. Génie, iv, vi, )0.
i. GRADUEL, ELLE (gra-du-èl, è-1'), ad;". || 1° Oui ra par degrés. Augmentation graduelle. Ses progrès [de Louvois] furent graduels, mais rapides, duclos, Uègne de Louis XIY, GCuvres, t. v, p. <66, dans pouGENs. Il Terme de jurisprudence. Substitution graduelle. Il 2" Psaumes graduels, certains psaumes que les Hébreux chantaient sur les degrés du temple.
— ÉTVM. Provenç. et espagn. graduai; ital. graduais; du lat. gradus, degré.
2. GRADUEL (gra-du-èl), s. m. ]| 1° Versets qui se disent à la messe entre l'épître et l'évangile et qui se chantaient autrefois au jubé, comme cela se pratique encore dans quelques églises. Chanter le graduel. Il i' Livre qui contient tout ce qui se chante au lutrin pendant la messe. Acheter un graduel.
— HIST. xiu* s. Tex [tel] ne set mie encore a b, Qu'avoir [l'argent] fera encore abbé ; Avoir fait bien tel prevost faire, Et tel prier ainçois refaire Fait son graal [pot] que son grael, Ste Leocade, ms. St-Germ. f" 28, dans lacurne. || xiv* s. Je, sire de Blainvilleay garnies et estoflées les dites capelles.... d'un messel et d'un bréviaire pour chascune capelle, et d'un grael pour les deux capelles, du gangs, gradalicantum .
— ÉTVM. Graduel < , ainsi dit des psaumes graduels des Hébreux.
GRADUELLEJIENT (gra-du-è-le-man), adv. Par degrés, d'une façon graduelle.
— ÉTYM. Graduel, et le suffixe ment.
GRADUER (gra-du-é), v. a. \\ i' Marquer des degrés de division. Graduer un thermomètre. || 2° Augmenter par degrés. Graduer les difficultés suivant le progrès des élèves. Le père Lemoine, dans son poème de saint Louis, ne sait ni fondre ni graduer l'intérêt des événements et des situations, la harpe, Cours, 2« part. liv. 1. 1| 3° Conférer des degrés dans quelqu'une des facultés de théologie, de droit, de médecine, de sciences ou de lettres. La faculté l'a gradué. Se faire graduer en théologie.
— ETYM. Dérivé du lat. gradus, degré.
t GRADUS AD PARNASSUM (gra-dus' ad parna-ssom') ou, simplement, GRADUS (gradus'), s. m. Titre d'un dictionnaire latin qui, indiquant la quan-
cnA
tué de chaque mot, les synonymes, les épithètes, etc. sert à faire des vers latins. || Par extension, dictionnaire où les mots sont rangés et expliqués de manière à favoriser l'exercice de la versiiîcation. Un gradus français.
— ETYM. Gradus, degré, ad, vers, Pamassum, le Parnasse.
t GRAFITTO (gra-fi-tto), s. f. Mot italien employé pour désigner ce qu'on trouve d'écrit sur les murailles dans les villes et les monuments de l'antiquité. Il Au ptur. Des grafitti, selon l'usage italien. Les grafitti de Pompéi.
— ÉTYM. Voy. graphite, qui est le même.
t GRAGE (gra-j'), s. f. Râpe dont on se sert dans les îles pour mettre le manioc en farine.
t GRAGER (gra-jé. Le g prend un c devant o et o), V. a. Râper avec la grage. Grager du manioc.
t GRAGUE (gra-gh'l, I. f. Sorte de filet auquel tient une racloire en fer.
— ÉTYM. Corruption du mot drague.
t GRAILLE (grair, Il mouillées), s. f. Nom vulgaire de la corbiiie, dite aussi graillant et graillot.
— ÉTYM. Bas-lat. gracula, féminin du lat. graculus, geai; provenç. gralha, grailla; catal. gralla; e.'ipagn. graja; portug. gralha; ital. gracchia. Graculus est un diminutif de jrocus, auquel on comparera l'allemand Kràhe, corneille.
GRAILLEMENT (gra-lle-man , H mouillées, et non gra-ye-man), s. m. Voix sourde ou enrouée.
— ETYM. L'anc. verbe grailler qui signifiait crier 4 la manière de la graille (voy. ce mot) : iiv* s. Grailler à la manière de la corneille, dd cange, creticare.
GRAILLER (gra-Ué ; Il mouillées, et non gra-yé), V. n. Terme de chasse. Sonner du cor sur un ton qui sert à rappeler les chiens.
— ÉTYM. Ane. franc, graile ou grêle, sorte de trompette, ainsi dite parce qu'elle était allongée, grêle (voy. grêle, adj.) : xm' s. Des héberges issirent, serré sont et rangiez; Plus de quatre cens cors oîssiés graisloier, Ch. d'Ant. tv, 345.
1. GRAILLON (gra-llon. Il mouillées, et non gra-yon), s. m. \\ 1° Goût, odeur de graisse ou de viande brûlée. Elle eût dédaigné de toucher aux serviettes sales en disant qu'elles sentaient le graillon, J. s. ROuss. Ém. v. Il Populairement, une Marie graillon, une femme sale et toute tachée de graisse. Il 2» Restes ramassés d'un repas. Marchande de graillons. Il mangeait dans un seul repas deux fressures entières de mouton avec les pieds, une tétine de vache et dix livres de pain, sans parler des graillons dont il était rarement dépourvu, lesage, Gusm. d'Alfar. i, 3. || 3* Par assimilation à des restes de viande, restes ou rognures des marbres. Les graillons ne se vendent pas au pied, mais en bloc.
— ÉTYM. Probablement l'anc. franc, graille , grille, gril, voy. ces mots : c'est l'odeur de ce qui brûle sur la graille. Scheler est porté à y voir une contraction de gratUlon, ce que l'on gratte au fond de la marmite.
t 2. GRAILLON (gra-llon. Il mouillées), s. m. Excrétion épaisse de la poitrine dont on se débarrasse par la toux.
— ETYM. Il paraît un mot formé de l'ancien verbe grailler, crier comme la corneille (voy. graillement); le son enroué qu'on produit en amenant cette excrétion, ayant déterminé l'assimilation. Graillon est en effet un diminutif de graille (voy. le suivant).
fa. GRAILLON (gra-llon. Il mouillées), s. m. Un des noms vulgaires de la petite chevêche.
t * . GRAILLONNER (gra-Uo-né , Il mouillées) , V. n. Prendre un goût, une odeur de graillon. Vous avez laissé graillonner ce plat.
— ÉTYM. Graillon i .
i i. GRAILLONNER (gra-Uo-né, I( mouiUées), ». n. Tousser d'une manière cassée pour expulser la pituite hors de la gorge.
— ÉTYM. Graillon 2.
t GRAILLONNEUR, EUSE (graUo-neur, neû-z", Il mouillées), s. m. et f. Celui, celle qui graillonne souvent.
f GRAILLONNEUSE (gra-llo-neû-z'. Il mouillées), s. f. Femme qui vend des restes de table. || Fig. Mauvaise cuisinière.
— ÉTYM. Graillon <.
GRAIN (grin; Vn ne se lie pas : du grin exg»llent; au pluriel, Vs se lie : des grin-z excellents), s. m. Il 1° Le fruit et la semence des céréales. Le grain de ces froments est fort gros. En hommes plus qu'en grains la campagne est fertile, rotrou, Bélis. I, I. Je la crois fine [une perle], dit-il, Mais le moindre grain de mil Ferait bien mieux mon affaire,
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LA font. Fabl I, 10. Comme il se trouve quelquefols un grain de froment parmi l'ivraie, Anti-menagiana, p. I3. D'un seul grain venaient quelquefois près de quatre cents épis, comme on le voit dans les lettres écrites sur ce sujet à Auguste et â Néron par ceux qui gouvernaient l'Afrique en leur nom, ROLLiN, llitl. anc. t. x, p. 434, dans pougkns. Il Fig. Cette matière a été traitée si savamment par tant de grands génies, qu'il n'; a plus de grains à ramasser après leurs moi.ssons, volt. Dict. phil. Vision. || Absolument. Les grains récoltés. L'importation, l'exportation des grains. Dans un Etat où le ministère ne comprendra pas que la meilleure et la seule administration du commerce des grains est de ne s'en point mclcr, DUCLOs, Voy. l(al. O'iuvres, t. vu, p. (3u, dans lacurne. 11 a osé plaider la cause de la liberté du commerce des grains, parce qu'il la croyait liée i la sûreté des subsistances, à la prospérité de l'agriculture, condobcet, Duhamel Une famine s'annonçait en France [en I8i2]; bientôt la crainte universelle accrut le mal par les précautions qu'elle suggéra; l'avarice, toujours prête à saisir toutes les voies de la fortune, s'empara des grains, encore à vil prix, et attendit que la famine les lui redemandât au poids de l'or, ségur, Ilist. de Nap. ii, f>. Dantzick renfermait tant de grains, qu'elle seule eût pu nourrir l'armée, lo. i6. iv, 3. {| Gros grains, le froment, le méteil et le seigle. || Menus grains, ceux qui servent à la nourriture des animaux, tels que l'orge, l'avoine, les vesces et les pois, qui ne se sèment qu'au mois de mars, au lieu que les blés se sèment en automne. || Grains ronds, les pois do brebis, les vesces et autres semences fourragères. Il Grain sur bord, manière de mesurer les j^rains. La mesure de ladite halle est grain sur bord. Arrêt du Conseil d'État, <o avril (783. || Poulets de grain, poulets qu'on élève au printemps et qu'on nourrit de gBiin. || Fig. Il est dans le grain, il est en passe de faire fortune. {| En un autre sens, êlro dans le grain, être commodément, à son aise. Mais, pour ce qu'étant là, je n'étais dans le grain, régnier, Sat. X. Il 2* Par extension, fruit grenu ou semence grenue de certaines plantes. Un grain de moutarde, de genièvre, etc. Des grains de raisin. || 3" Petit grain, nom donné aux fruits de l'oranger tombés avant maturité. || Petit grain, se dit aussi de l'huile retirée, par la distillation, de ces petites oranges. Il 4° Petite partie qui est comparée à un grain do céréales. Un grain de sel, de poudre à canon. Cromwell allait ravager toute la chrétienté.... sans un petit grain de sable qui se mit dans son uretère, PASC. Pensées, art. ni, 7, édit. havet. 11 y avait autrefois un grain de sable qui se lamentait d'être un atome ignoré dans les déserts; au bout de quelques années il devint diamant, et il est à présent le plus bel ornement de la couronne du roi des Indes, volt. Zadig, te. || Fig. Il n'y a pas un grain de sel dans cet ouvrage, c'est-à-dire on n'y trouve pas le moindre esprit, il est insipide. Pour moi, je vous avoue que je n'ai pas trouvé le moindre grain de sel dans tout cela, mol. Crit. se. 3. || Populairement. Je te mangerais avec un grain de sel, c'està-dire je suis plus fort que toi, je te ros.serais. |1 Un grain d'encens, une petite portion d'encens; fig. un peu de louange, de flatterie. Qu'il est difficile qu'on ne confonde, la vertu avec la fortune, et qu'on ne jette, sans y penser, quelque grain de l'encens que l'on doit à Dieu, sur le monde qui n'est qu'une idole! FLÉCH. Marie-Thér. || Cire en grain, cire qui, à force d'être remuée sur les toiles, se réduit en grains de la grosseur d'une fève médiocre. || Terme de pathologie. Grains de tabac, petits calculs qu'on trouve dans la prostate. || 5° Il se dit de certaines choses faites en forme de grain. Les grains d'un collier d'ambre. Grains de chapelet. Sait du nom de Jésus toutes les indulgences, Que valent chapelets, grains bénits enfilés, Régnier, Sal. xui. Les habitants [les Espagnols] marchaient gravement avec des grains enfilés et un poignard à leur ceinture, VOLT. Prt'nc. de Babyl. ( 1. 1| Catholique à gros grain, catholique qui se permet beaucoup de choses défendues par la religion ; looution qui vient probablement de celui qui, exp&lumt son chapelet, n'en dit que les gros grains. || Par extension. J'enragerai de voir, avant que de mourir. Qu'une prude à gros grain, une fausse inhumaine.... montrkuil, autre Madrigal. || 6' Grains d'or, morceaux d'or très-purs qu'on trouve dans les rivières ou à la surface de la terre et qu'on nomme ainsi, quel qu'en .soit le volume. Celui [commerce] que l'empire [de Chine] a ouvert avec les habitants de la petite Bucharie se réduit à leur donner du thé, da tabac, des draps en
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échange des grains d'or qu'il» trouven» dans leurs torrent» et leurs rivi^res, baynal, Ilist. phil. v, 24. Il Anciennement, grain do Hn, petite mesure de la pureté de l'argent; cette pureté s'évaluait autrefois en douzièmes qu'on appelait deniers, et chai]ue denier se divisait en 2» grains. l)e l'argent à » deniers ^a grains de fin était, selon notre manière de compter actuelle, à 79,108. |{ Grain de fin se disait aussi de l'or (voy. fin 2, au n" l). || 7" Terme de pharmacie. Nom donné quelquefois à des préparations qui ne difll-reiit des pastilles que par leur forme globuleuse, jj 8" Verroteries bleues, ou jaunes, "tx blanches, ou rayées. Enfiler des grains. Broiler avec des grains. Faire un collier de grains. Vendre des grains aux nègres. || 9° Fig. Très-petite quantité. Ai-je un grain de ce mi'ital qui |>rocure toutes choses? LA BBUY. XII. Si j'avais quelque grain d'orgunil. De Frédéric un seul coup d'oeil Me rendrait de la modestie, volt. Roi de Prusse, )09. Avec un grain de caprice tu seras la plus agaçante maîtresse, BEAUM. Jfor. de l'ifiaro, v, 7. En lui le plus petit grain d'humeur était comme un levain qui fermentait bien vite, et dont l'aigreur se communiquait à toute la masse de ses pensées, maiimontel, llàn. viii. Mme de Montulé avait dans l'esprit et dans le caractère ce grain d'honnête coquetterie qui, mêlé avec la décence, donne aux agréments d'une femme plus de vivacité, de brillant et d'attrait, id. ib. vu. Il [Courier] eut son grain d'ambition, son quart d'heure de folie comme un autre, a. cakrel, UCuv. t. v, p. »9fl. Il Avoir un grain de folie dans la tête, ou, absolument, avoir un grain, être un peu fou. C'est une chose admirable que tous les grands hommes ont toujours du caprice, quelque petit grain de folie mêlé à leur science, mol. ilèd. maigri' lui, i, B. Tant un grain de folie produit d'efTets miraculeux dans une âme forteet profondément blessée I volt. Princ Babyl. 8. || Grain sert quelquefois de complément à la négation ne, dans un style plaisant ou marotique. Ce fut mal raisonné : Ce cierge ne savait grain de philosophie, la font. Fabl. ix, 1 2. Que si dans cinquante ans, sans être grain malade, Force vous est pourtant à la parfin Sur lit gésir en piteuse parade, ciiAUL. Éptt. de M. d'Hamilton. \\ 10° Petit poids, qui était la soixante-douzième paitie d'un gros, ou la vingt-(iuatrième d'un scrupule, ou gramme 0,0B32. Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes, D'un grain moins que les éléphants, la font. Fabl. vin, (B. || Fig. Ne pns peser un grain, être svelte, allègre. Il m'a juré qu'il ne pèse pas un grain; car il a tout dit [à confesse], sÉv. 978. Il II est léger de deux grains, s'est dit jadis, par plaisanterie, d'un castrat. || Fig. Ne pas peser un grain, être de peu de valeur, d'importance. Tout cela ne pèse pas un grain, sÉv. 32 1. Les louanges qu'il [Voltaire] y donnait à mon ouvrage me consolèrent pleinement de ce que j'appelais l'injustice de l'Académie, dont le jugement ne pesait pas, disai.s-je, un grain dans la balance contre un suffrage tel que celui de Voltaire, HAKHONTEL, lli!m. XI. || 11° Petites aspérités qui couvrent la surface de certaines étoffes, de certains cuirs, de certains fruits, etc. Cebasin, ce maroquin est d'un beau grain. On a beau nous dire que ces montagnes de deux mille toises de hauteur ne sont rien par rapport à la terre qui a trois mille lieues de diamètre ; que c'est un grain de la peau d'une orange sur la rondeur de ce fruit, que ce n'est pas un pied sur trois mille, volt. Jenni, 9. || Terme de gravure. Effet que produisent les tailles diversement croisées entre elles. Ces tailles forment un mauvais grain. || 12° Parties serrées entre elles (jui forment la masse des pierres, des métaux. Le grain de l'ardoise. L'acier a le grain plus fin et plus serré que le fer. Les fers sans nerf et à gros grains devraient être proscrits, BUFP. Uist. min. t. vii,p. «.i. || 13° Pustules et marques de petite vérole. Grains de petite vérole. La princesse n'a que vingt grains de petite vérole, maintenon, Lett. à M. d'Aubigni, 6 fév. 1675. Il Grain de beauté, petite tache noire qui, se rencontrant sur la peau humaine, rehausse l'agrément de la physionomie, quand elle est sur les joues d'une personne blanche et jolie. || 14° Grains de lèpre, certains grains qui sont à la gorge des pourceaux ladres. Il 16° Grain en cuivre, en acier, petite pièce de métal dont la forme approche de celle d'un grain d'orgo. Un pivot en acier fondu qui tourne sur un grain en cuivre. || Mettre un grain à un canon, remplir d'un métal nouveau la lumière qui s'est trop agrandie. ||16° Terme de construction. Grain d'orge, petit morceau de bois en forme de prisme que l'on enfonce dans les vides et les fentes d'une pièce de bois. Assemblage à grain d'orge, se dit de deux piè-
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ces ae bois dont l'une est taillée en angle aigu, l'autre en angle rentrant, de manière à s'emboîter exactement. || Grain d'orge, outil de menuisier, de serrurier, etc. || Grain d'orge, petiie cavité pratiquée entre des moulures de menuiserie pour les dégager. Il Terme de chirurgie. Grain d'orge, voy. orgelet. Il 17° Terme de serrurier. Petits bouts de fer ou menues ferrailles que l'on mêle avec le plomb pour faire de forts scellements. Cube de cuivre ou d'acier qui sert à adoucir le frottement d'un tourillon. |{ 18' La ligne, ou ( 2* partie du pouce, a été dite grain d'orge, parce qu'elle est à peu près de la largeur de ce grain. Il 19* Grain d'orge, ou toile, linge grain d'orge, de grain d'orge, à grain d'orge, toile, liijgc semé de points ressemblant à des grains d'orge. Grain d'orge, grain d'anis ou peau de poule, silésio dit grains fleuris. Tableau annexé aux lett. pat. ta juillet 1790 II On dit aussi futaine, broderie à grain d'orge. Il 20° Gros grain, étoffe de soie très-forte que Ion fabrique à Lyon. || 21° Grain de Zélim, poivre long de l'Inde. Il Grain de mûre, clavaire ponctuée (champignon). Il Grain d'avoine, grain d'orge, etc. nom de diverses coquilles. || 22° Pluie subito accompagnée de bourrasque. Il y a quatre mois de sécheresse absolue à Cayenne, au lieu que, dans l'intérieur du pays, la saison sèche no dure que trois mois, et encore y pleut-il tous les jours par un orage assez violent qu'on appelle le grain de midi, buff. 7° ép. nat. t. XII, p. 347. Il Terme de marine. Grain lie vent, ou, simplement, grain, changement subit dans l'atmosphère accompagné de violents coups de vent. Il Nuages qui annoncent le grain. Grain noir. Grain blanc. Les grains les plus redoutés sont les grains blancs, surtout dans les para;es de l'équateur. Il Veille au grain, sorte d'avertissement nautique (qui se disait autrefois : pare au grain) donné ilans les temps où les grains sont menaçants. || Fig. Veiller au grain, veiller à ses intérêts. || 23° Toutgrain, sorte de vin de Bourgogne. || Proverbes. Chaque grain a sa paille. || De mauvais grain, jamais bon pain. || Grain à grain la poule emplit son ventre, lesaoe, Guîm. d'Alfar. m, B.
— HIST. XII' s. Li reis cumandad que l'um preist piprres grandes et de gentil grein e de bonne quairiere. Rois, p. 24B. || xm* s. ...un front large, blanc et plain ; N'i avoit ne fronce ne grain, Parlonop. v. 4888. Mes de religion, sans faille, G'en pren le grain et laiz la paille, la Itose, 4 1266. Mesure de toz grains si est par toute le [la] comté que il a el mui douze mines, beaum. xxvi, 7. || xiV s Lequel suppliant print deux ou trois grains [morceaux] d'acier et un fer à cheval, do cange, granum. || xv s. ....Les vaillans.... Mors et occis en la bataille; Le bon grain périt, et la paille Demoura en vent sur la terre, E. desch. Miroir de mariage, p. «si. Le lieu n'est grain [point du tout] honneste, il y fait trop puant, louis xi, Houv. lxxxviii. {| xvi* s. Le pilot, prévoyant un tyrannicque grain [orage] etfortunal noveau, commanda tout estre à l'heite, bab. Pant. IV, <8. Nous adjoustons plusieurs sortes de mots, desquels nous nous servons quand nous noions [nions] quelque chose, comme pas de passut, poinct de punctum, grain de granum, bobebt est. Gramm. fr. p. (26, dans lacubne. Il y a encore une autre jurisdiction, nommés les doyens et jurez de la maison aux grains, qui font observer et mettre à exécution les plants du prince et les ordonnances de polices, faites et statuées par le bailly et la loy sur le fait du commerce des grains, fiortv. coust. génér. t. I, p. <I08. De tout grain en nécessité pain, le- Houx DE lincy, Prov. t, I, p. 75. Comme celuy qui disoit: en nostre cave on n'y voit goutte, en nostre grenier on n'y voit grain, H. est. Àpol. d'Hérod. U II, p. 479, dans raynouard. Lexique.
— ÉT'yM. Provenç. gran, gra; espagn. et ital. grano; portug. grào; du latin granum. On rapproche granum du goth. fcaum, ail. Korn, angl. corn, grain, et l'on rattache l'un et l'autre au radical! sanscrit gar, disperser, de sorte que granum serait la chose qui s'éparpille. Il n'est pas absolument sûr que grain, au sens d'orage, soit le même mot que grain de blé; cependant on peut concevoir que cet orage ait été appelé un grain, à cause des grains de grêle et des gouttes de pluie qu'il verse; les étymologies qu'on en a données no s'appuient sur rien de positif : angl. rnin, pluie, ou, d'après Jal, le hollandais gram, furieux, colère.
t GRAINAGE (grc-na-j'), s. m. Production delà graine de vîrs à soie. || Grainage industriel, production en grand de la graine des vers à soie, par opposition à grainage domestique, celui qui se fait dans la demeure de chaque éleveur.
— ETYM. Grairie.
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t GKAINAILLE (grè-nàrU', U mouillées), t. f. petite ou mauvaise graine.
— ETYM. Dérive péjoratif <ie graine.
t GRAINAILLEUB (grè-oa-Ueur, H mouilléei), I. m. Celui qui sépare la tu-inedu son.
t GHAINAISON (grè-nè-ron) , x. f. Formation en grains. La grainaison du blé.
— ETYM. Graine.
t CHAINASSE (gri-na-s') ou GBENASSE (grena-s'), s. f. Terme de marine. Petit grain de veni qui survient dans un temps variable.
— Ktvm. Dérivé péjoratif de grain.
t GRAINCHU, (JE (grin-chu , chue), adj. Terme de mines. Cailloux graincbus, cailloux siliceux qui ne se brisent pas nettementà cause de quelque défaut.
— ETYM. En Normandie, grainchu signifie qui est de mauvaise humeur (voy. cbincheux , qui est le même).
GKALN'E (grè-n*),*. f. || l'Dans une plante la partie qui la reproduit. De la graine de laitue, d'oignons, de meli'n. Ce fait est remarquable et prouve que ce n'est pas une règle constante, que les plus belles graines produisent les plus abondantes récoltes, bonnet, Ilist. nat. mém. CEuv. t. lu, p. 221. {| Graines forestières, glinds, faînes. Il Terme de botanique. Ovule fécondé ou non. La graine est un œuf dans lequel un embryon doit prendre ses premiers accroissements, bonnet, Comid. corps org. OEuv. t. v, p. 3(8. Il Monter en graine, se dit de certaines plantas qui montent, grandissent et portent leur graine. || Fig. Monter en graine, se dit de filles qui vieillissent sans se marier. La fille ainée de Croissy était déjà fort montée en graine et très-laide, st-simon, 33, (;!2. La duchesse de la Ferté avait une fille qui avait un peu rôti le balai, et qui commençait à monter en graine, ID. 59, 234. || Fig. C'est une mauvaise graine, se dit des écoliers, de* jeunes gens malins, et aussi, par mépris, de mauvaises gens. U a vidé là sa maison d'une vilaine graine de gens, uahivaux , Doubl. inconst. u, 7. || Graine de giberne, enfant de troupe. {| Graine de potence, enfant qui annonce devoir être un fort mauvais sujet. Il C'est de la graine de niais, c'est-à-dire cela ne peut tromper que les sots. {| C'est de la graine de niais, signifie aussi : c'est un niais. || 2° Graine d'Avignon, voy. gbenhtte. || Graine de canari, semence de l'alpiste et du panis millet. || Graine joyeuse, nom donné à la semence du fenugrec. || Graine de paradis, celle de l'amomum granum paraditi, L. nommée aussi en Afrique malaguette, malaquetta et maniguette. {| Graine perlée , semence du gremil des champs. {| Graine de Turquie, le maïs. Il Graine de perroquet, semences du carthame tinctorial. Il Graines de Tilly ou des Moluques, fruit du crolon tigtium, L. ||8° Graine de vers i soie, ou, simplement, graine, les œufs de bombyx qui ressemblent fort à de la graine de moutanle. De quelle provenance est votre graine? C'est de la graine du pays. Il Graine d'écarlate, cochenille. || 4° Frange, gland à graine d'épinards, frange, gland dont le* filets ressemblent à un assemblage de graines d'épinards. U se fabrique des franges en nœuds, graines d'épinards, pour les robes. Dict. des arts et mit. (767, Bubanier. || Êpaulettes à graine d'épinards; elles indiquent dans l'armée française un grade supérieur. || Familièrement. Il a de la graine d'épinards, il occupe un rang élevé dans l'armée. Il Chez les brodeurs au métier, graine, point qui représente des semences de fruits. || 5° Terme d'architecture. Nom de petits boutons d'une grosseur inégale, qu'on met au bout des rameaux, dam les feuillages.
— HIST. x:i* s. [Ils] Vous monstreront, ce dient, mains gonfanons en graine [écarlate], Sax. zxz. Il xiii* s. La rose auques [un peu] s'eslargissoit Par amont, si m'abelissoit [plaisoitj Ce qu'ele n'iert [n'était] pas si overte. Que la graine en fust descoverte, la Uose, 3370. Si ne se set conseiller nus [nul]. Car Cupido li fils Venus Sema ici d'amors la graine. Qui toute a ceinte la fontaine, ib. (697. || xv* s. .Saintures, chaperons mi-graine [teints à demi en écarlate], coouillabt. Plaid, de la simple et de la rusée. Il XVI* s. Ces moines portèrent la graine des vers i soie à Justinien, o. de serres, 466. De la graine [do la vermine], oudin, Curios. fr. Il garde ses filles à graine [il est longtemps sans les marier], m. ib.
— ETYM. Grain; provenç. espagn. et ital. grana. t GRAIXER (grè-né), r. n. Voy. CHENga.
GRAINETIER (grè-ne-tié) , s. m. Voy. GR ÈKETIK». t GRAINEUR (grè-neur), s. m. Voy. gbeneur. GRAIMER, 1ÈRE (grè-nié, niè-r'), s. m. et f.
Il 1* Celui, celle qui vend en détail toutes sortes de grains, graines, légumes, même du foin «t de U
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paille. II S" Collection de graines étiquetées ou rangées méthodiquement.
— REH. Bien que gr&netier soit plu3 usité que grainier, celui-ci est cependant meilleur; les anciennes ordonnances et statuts concernant cet état ne portent que le nom de grainier. 11 est d'ailleurs dérivé exactement de grain ou graine, tandis que grènetier vient de grainette.
— Etym. Grain, graine.
t GRAINOIR, s. m. Voy. grenoir.
t GRAIRIE (grè-rie), *. f. Voy. ghdebiI!.
GRAISSAGE (grè-sa-j'), s. m. Action de graisser. Il Ce qui sert à graisser. Un bon graissage. || Graissage du sucre, état du sirop, qui, refroidi trop vite, donne de menus cristaux d'une substance butyreuse.
— ftTYM. Graisser.
t GRAISSANE (grè-sa-n'), t. f. Variété de figue.
GRAISSE (grê-s'), s. f.\\ i' Substance onctueuse, de peu de consistance, fondant facilement, dite en chimie corps gras (voy. gbas), et répandue en diverses parties du corps. Dites aux enfants d'Israël : Vous ne mangerez point la graisse de la brebis, du bœuf ni de la chèvre, saci, Bible, Lévit. vu, 23. Les prêtres furent occupés jusqu'à la nuit à offrir les holocaustes et les graisses, id. ib. Paralip. ii, ixxv, <4. Cette matière est la graisse qui survient ordinairement à trente-cinq ou quarante ans; et, à mesure qu'elle augmente, le corps a moins de légèreté et de liberté dans ses mouvements, bufp. Hist. nat. Hom. CEuv. t. iv, p. 337. || Étoile de graisse, voy. étoile, n' 15. || Prendre delà graisse, devenir gras. Sur la fin de l'été, cet oiseau [le torcol] prend beaucoup de graisse, et il est alors excellent à manger, bhff. Ois. t. xin, p. 4 36. || C'est un peloton de gyaisse, se dit d'un très-petit oiseau trèsgras, tel que l'ortolan, le becfigue, et aussi d'un petit enfant bien en chair. || Vivre de sa graisse, sur sa graisse, se dit de l'ours, de la marmotte, du loir, etc. qui vivent de leur propre corps durant leur sommeil d'hiver et qui se réveillent très-maigres; et fig. vivre sur son bien, jj Fig. Il se plaint de trop de graisse, se dit d'un homme qui se plaint de quelque chose qui lui est avantageux. || Fig. A graisse d'argent, c'est-à-dire à force d'argent. Il Terme de marine. Graisse de coq, nom que les matelots donnent à la graisse que le coq ou cuisinier retire des viandes salées cuites dans sa chaudière. Il Graisse de pendu, graisse prise au corps d'un homme pendu et à laquelle la superstition attachait de merveilleuses vertus curatives. Probablement quelque bourreau aussi charlatan que cruel aura fait accroire aux imbéciles de son quartier que la graisse de pendu guérissait de l'épilepsie, volt. Dict. phil. Supplices. || 2° En termes de cuisine, graisse se dit de la graisse fondue et de la friture. Faire cuire des pommes de terre dans la graisse, à la graisse d'oie. || 3° Embonpoint, ia. graisse l'incommode. Monseigneur, tout noyé qu'il fiit dans la graisse et dans l'apathie, parut un autre homme dans ces deux conseils, st-sim. 82, 72. || Familièrement. La graisse ne l'étouffé pas, la graisse ne l'empêche pas de courir, se dit d'une personne très-maigre. Il Faire de la graisse , s'engraisser dans le sommeil, dans l'indolence. || 4° Fig. La graisse de la terre, la substance qui contribue le plus à la fertilité. Les grandes ravines emportent la graisse de la terre. Il Fig. Terme biblique. La graisse de la terre, les biens que la terre produit. Que Dieu vous donne une abondance de blé et de vin, de la rosée du ciel, et de la graisse de la terre, saci. Bible, Genèse, xxvn, 28. Tandis qu'il répandait à pleines mains, sur un petit nombre d'heureux, la rosée du ciel et la graisse de la terre.... mass. Carême, Aumône. \\B° Sorte d'altération du vin dans laquelle il prend une apparence huileuse. Ce vin tourne à la graisse. || 6° Terme d'exploitation. Bitume purifié.
— HIST. XII' s. Le sanc sur l'autel n'espandirent, ne la graisse à Deu ne offrirent, Rois, p. 49. Saira et craisse, Liber psalm. p. 80. Li cuens Guillaumes reperoit de berser [tirer de l'arc] D'une forest où ot grant pièce esté; Prisot deus cers de prime grosse assez, li Charrois de Nymes, v. <7. || xiu* s. Il sokîient arder [brûler] en la viez loi les crosses des bestes en leu d'encens, Psautier, f° 76. Car bien saches qu'Amers ne lesse Sor fins amans color ne grosse, la Rose, 2562. ||xiv* s. Le vin garira de la grosse, Ménagier, n, 3. Chappons de haulte gilésse, t'h. II. 6 i|xv' s. Et sachez, si ils eussent fait ce voyage, ils eussent porté dommage au pays de cent mille franc» ; car en la marche que je vous dis gist toute ]a gr< ,sse d'Auvergne, froiss. ni, iv, )4. Encore vaut il mieux .me ils en vivent et que ils en aient la graisse et le profit que vos ennemis, id. u,
DICT. DE LA LANOIJK FRANÇAISB.
III, 34. Quant à moi, nar sainte Marie, .te n'y entens ni gras ni gresse, Patelin. || xvi' s. Vous convient estre saiges, pour fleurer, sentir et estimer ces beaulx livres de haulte gresse, legiers au prochas et hardis à la rencontre, rab. Garg. Prol. L'Estrancards faisoit ses affaires à graisse d'argent, l'autre gagnoit le cœur de ses juges par plusieurs gentillesses, u'aub. Fcen. IV, B. Dans lesquelles teires sera jettée la graisse [engrais] qu'on prendra au fonds des fossés pour servir d'autant d'amendement, o. db serrks, 67. Les terres en devinrent si grasses, et en pénétra la gresse si profondement au dedans, que.... amvot, Marius, 37. Il encourut d'oisiveté, de graisse et d'yvrongnerio, une maladie dont il mourut, id. Démétr. 74. Un peu devant la fin de juillet les cerfs sont du tout frayez et bruniz et en leur plaine venaison ; ils demeurent en une haulte graisse et à leur donner du bon temps dedans les buissons qu'ils ont choisis pour faire leurs festes, Charles ix, De la chasse, p. 14, dans lacubne, au mot haut.
— ÉTYM. Gras; picard, crache; wallon, crâhe; namurois, crauche; provenç. grais, s. m., graissa, s. f.; catal. grex, s. m.; espagn. grasa.
GRAISSÉ, ÉE (grè-sé, sée), part, passé de graisser. Des roues bien graissées. Notre charrette mal graissée reçoit et Tait des visites; nous allons par les rues, sÉv. 27 sept. (687.
GRAISSER (grè-sé), t). a. || 1° Frotter, oindre de graisse ou d'un corps gras. Graisser un essieu. Graisser ses souliers. Un limier boiteux.... Qu'on avait d'huile chaude et de soufre graissé, Régnier, Sat. X. (I Familièrement. Graisser ses bottes, faire ses préparatifs de départ; et fig. se préparer à la mort. Il Fig. et populairement. Graisser les bottes à quelqu'un, lui donner l'extrême-onction. Le vicaire du Temple était venu lui administrer [à un malade hydropique] l'extrême-onction : ah I monsieur l'abbé, lui dit-il, vous venez me graisser les bottes ; cela est inutile, car je m'en vais par eau, marmontel, Mém. VI. Il Fig. et populairement. Graisser le couteau, manger de la viande à déjeuner ou à goûter. || Fig. et familièrement. Graisser la patte à quelqu'un, le gagner par de l'argent. Vous serez pleinement contentés de vos soins; Mais ne vous laissez pas graisser la patte au moins, mol. Éc. des mar. m, B. D'autant plus que son souvenir continuel et de Grignan, et de Toulon, et de Rome d'où il m'écrit du 4, fait sur mon coeur comme s'il me graissait la patte, sÉv. B90. U disait qu'un plaideur dont l'affaire allait mal Avait graissé la patte à c* pauvre animal [un coq qui n'avait pas chanté pour réveiller], rac. Plaid, i, t.||Fig. Graisser le marteau, donner de l'argent au portier pour être admis. On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau, rac. Plaid, i, 1. 1| Fig. et populairement. Graisser les épaules à quelqu'un, lui donner des coups de bâton. || 2° Tacher de graisse Cela vous graissera les mains. || Rendre sale et crasseux. Graisser son linge, ses habits. || 3° Y. n. Tourner à la graisse, en parlant du vin qui contracte ce genre d'altération. Voilà du vin qui graisse. || 4° Se graisser, v. réft. Se tacher de graisse. Cet enfant s'est graissé dans la cuisine. || Proverbe. Graissez les bottes d'un vilain, il dira qu'on les lui brûle, se dit de ceux qui payent d'ingratitude un service rendu.
— HIST. XVI* s. C. Julius médecin, gressant les yeulx d'un patient, mont, i, 74. ~
— ETYM. Graisse.
t GRAISSERIE (grè-se-rie) , ». f. Terme de commerce. Boutique, commerce du graissier.
f GRAISSET (grè-sé) , s. m. Un des noms de la rainette verte.
GRAISSEUX, EUSE (grè-seû, seû-z'), adj. Qui est de la nature de la graisse. La matière que renferme leur intérieur [des pucerons] a beaucoup de rapport avec le corps graisseux des chenilles, bonnet, Observ. pucer. observ. 19. || Membrane graisseuse, nom qu'on a donné quelquefois à la graisse sous-jacente à la peau. || Point graisseux, voy. point.
— ÉTYM. Grouse; provenç. grayshos; catal. jrraoî.
t GRAISSIER, 1ÈRE (grè-sié, siè-r'), adj. Terme de commerce. Qui vend de la graisse. Epicier graissier. Il Substantivement. Un graissier.
— ETYM. Graisse.
t GRAISSIN (grè-sin), ». m. Terme de pêche. Espèce d'écume qu'on aperçoit à la surface de l'eau, dans les endroits où les poissons se rassemblent pour frayer.
— ETYM. Graisse.
t GRAISSOIR (gré-soir), ». m. Morceau de linge qui, renfermant de la graisse, sert à graisser.
t GRAISSON (grè-son), ». m. Un des noms vulgaires du hareng.
t GKALLARIE (gral-la-rie) , ». f. Terme de zoo-
logie. Nom d'un genre d'oiseaux insectivores dont le type est la grallarie brune appelée par Buffon la roi des fourmiliers, et par d'autres auteurs le fourmilier grallarie, leooarant.
t GRALLE (gia-l'), ». m. Terme de zoologie. Èchassier, oiseau. || S. m. pi. Nom moderne ds l'ordre qu'on a appelé aussi les échassiers.
— ETYM. Lat. gralla, échusse.
GRA.MEîl (gra-mèn'), ». m. Plante qui constitue principalement le gazon. Il y a plus de renoncules que de rosiers, plu-i de gramens que de chênes ; il y a plus de papillons que de poules, plus de pucerons que de chiens, bonnet, Contempl. nal. (Xluvrei, t. vin, p. 381.
— HIST. XVI* s. Unescolieravalla un espy d'herbe nommée gramen, paré, xix, 17.
— ETYM. Lat. gramen, gazon.
fGRAMIER(gra-mié),i. m. Espèce de raisin du Midi. GRAMINËE (gra-mi-née). || 1* Adj. f. Qui est de
la nature du gazon. Les plantes graminées ont en général les feuilles longues, étroites et pointues. Il Couronne graminée, couronne donnée, chez les Romains, par des assiégés, au général qui les délivrait; elle était faite de gazon pris dans le lieu du siège. On dit plutôt couronne de gazon. || 2* S. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes monocotylédones à étamines hypogynes. Le blé, le riz, le maïs, la canne à sucre, le roseau et le bambou sont des graminées. Le rocher en ruine n'est plus pendu sur l'abîme avec ses longues graminées, CHATEADS. Génie, I, IV, 4. Dans les pays chauds, les ruines sont privées de ces graminées qui décorent nos châteaux gothiques, lo. t6. m,
V, 4. Il On a dit graminacées: Noeuds des plantes graminacées, bonnet. Us. feuill. plant. 5* mém.
— ETYM. Lat. gramen, graminis, gazon. La finale men indique, comme on sait, un participe passif; quant i grà, Grassmann, dans le journal de Kuhn, le tire du radical sanscrit ghar, har, briller,' être onctueux, d'où être vert (sanscr. haril, viridis), et le compare au grec x^'''h et au german. grc^, herbe.
GRAM&LAIRE (gra-mô-r'; du temps de Molière, on prononçait gran-maire, comme on le voit par ces vers : Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire?— Qui parle d'offenser grand'mère ni grand'père? F. sav. ii, 6. Dangeau, qui voulait peindre exactement la prononciation, écrit granmaire),», f. Il 1* L'art d'exprimer ses pensées par la parole ou par l'écriture d'une manière conforme aux règles établies par le bon usage. Les règles de la grammaire. Savoir, enseigner la grammaire Quoi!
toujours malgré mes remontrances. Heurter le fondement de toutes les sciences, La grammaire qui sait régenter jusqu'aux rois. Et les fait, la main haute, obéir à ses lois ! mol. Femmes sav. u, a La grammaire, du verbe et du nominatif, Comme de l'adjectif avec le substantif, Nous enseigne les lois, ID. ib. La grammaire, c'est-àdire l'art d'écrire et de parler correctement, roule sur quatre principes : la raison, l'ancienneté, l'autorité, l'usage, rollin, Ilist. anc. OEurres, t. xi, 2* part. p. 738, dans pqt- GENs. Le célèbre Origène enseigna la grammaire pour avoir de quoi subsister, id. Traité des Et.
VI, 2* part. ch. 4. X la grammaire, nous devons la pureté du discours; à la logique, la justesse du discours ; à la rhétorique, l'embellissement du discours ; quand finirais-je, si j'allais m'etendre sur ce sujet? n'oLivET, Rem. sur Racine, § loo. || Classes de grammaire, les classes de sixième, cinquième et quatrième dans les lycées; la septième et la huitième se disent classes élémentaires. || Haute grammaire, étude spéciale des qualités qui caractérisent le style considéré dans ce qu'il a d'agréable ou de désagréable au lecteur ou à l'auditeur. || Grammaire générale, science raisonnée des principes communs à toutes les langues. || Grammaire comparée, étude comparative des différentes langues. Il a° Livre où les règles du langage sont expliquées. La grammaire de Port-Royal. Indiquez-moi une bonne grammaire latine. On ne doit pas oublier la grammaire générale et raisonnée de M. Arnauld, où l'on reconnaît le profond jugement et le génie sublime de ce grand homme, rollin, ÏVait^ des Et. I, ch. I, p. 13. Qu'au lieu de travailler en corps à une grammaire, il fallait en donner le soin à quelque académicien qui, communiquant ensuite son travail à la compagnie, profitât si bien des avis qu'il en recevrait, que, par ce moyen, son ouvrage, quoique d'un particulier, put avoir dans le public l'autorité de tout le corps, d'ouvet, Hitt. Âcad. t. II, p. 83, dans potiGENS.
— HIST. XIII* s. Or me respondez de gramaire. Savez rien de celui ai'ere Que li maistrcs Dût s«
GRA
clerçons, Qanf illor prenant les leçon*, Ken. î09:o. Il XV* s. Chouses cachées, chômes hors de mémoire, Oui excédent et logique et granmoyre, Faifeu, p. 6), dans LACURNE. Il xvi's. Le» alphabeU dos doigts et grammaires en gestes, et les sciences qui ne s'exercent et expriment que par iceuli, mont, ii, U». Oyez dire métonymie, métaphore, allégorie et autres tels noms de grammaire, semble il pas qu'on «Ignifle quelque forme de langage rare et pellegrin Y oe sont tillres qui touchent le babil de vostre chambrière, m. I. 382.
— ÉTYM. Provenç. gramaira. Ce mot ne peut venÏTàegrammatica, qui aurait donné ffrnmoije; comparez voyage de viaticum, piège de pedica, l'ancien adjectif dnmeschede domesiicut. Il provient du baslat. gramma, lettre, avec la finale latine arius, aria; c'est le grec ypififid, lettre. Gromofique, qui s'est dit aussi, vient du latin : Dont [de trois scionces] la première est gramatique, qui est fondemenz et porte et entrée des autres sciences ; ele nos enseigne à parler et à lire et à escrire à droit, sanz vice de barbarisme et de snlœcisme, snuN. lat. Trésor, p. 8.
GBAMMAiniEN (gra-mc-riin) , î. m. || 1" Celui qui s'occupe spécialement de la grammaire et des règles ou des usages d'une langue ; celui qui a écrit sur la grammaire. Par nos grammairiens, qu'il faut nommer suivant leur ordre d'ancienneté, j'entends Vaugelas. Ménage, le P. Bouhours, et M. l'abbé Régnier; voilà du moins les plus célèbres, d'olivet, Ess. gramm. sect. *. Tout grammairien qui n'est pas né dans la capitale, ou qui n'y a pas été élevé dés l'enfance, devrait s'abstenir de parler des sons de la langue, duclos, Gramm. OKuvres, t. ix, p. ît , dans POUGENS. Quand voit-on naître les critiques et les grammairiens'? tout juste après le siècle du génie et des productions divines, lidebot. Salon de 4767, ÛBu». t. XIV, p. îS.i, dans polgens. Eux seuls [les oorrupteurs du goiltj peuvent prétendre au rare privilège D'aller au Louvre, en corps, commenter l'alphabet, Grammairiens-jurés, immortels par brevet, GiLB. <8" siècle. Il Par antonomase, celui qui, fondant les règles de la grammaire et ses définitions sur l'analyse des opérations de l'esprit humain, conçoit et soutient les principes de la grammaire générale. En ce sens les grammairiens français sont Arnauld et Lancelot, Buflier, Dumarsais, Beauzée. En ce sens encore on a dit que Kestaut savait bien la grammaire, mais qu'il n'était pas grammairien. || 2° Terme d'antiquité. Nom donné à ceux qui se livraient à l'étude et à l'enseignement des lettres en général; ce nom comprenait ce que nous nommons aujourd'hui érudit, philologue, archéologue, critique, etc. Aristarque était un grammairien de l'école d'Alexandrie. Diogcne s'étonnait de ce que les grammairiens se tourmentaient si fort pour savoir tous les maux qu'Ulysse avait soufferts, FÉN. Diog. Il 8° S. f. Grammairienne, femme qui étudie, qui enseigne la grammaire.
— HIST. xiv s. Ceulx qui font œuvres de gramariens et de musiciens, ilz sont pramariens et musiciens, ORESME, Eth. 30. Il xvi« 8. Demotrius le grammairien, KONT. 1, 175.
— ETY.M. Grammaire; provenç. gramayrian. Le plus ancien français disait gramaire (xil* s. Lès bons gramaires, les bons grammairiens. Brut, ms. f" l (2, dans lacurne), représentant grammariits , comme la grammaire représente grammaria. Montaigne l'a pris adjectivement au sens de grammatical : Un pur estude grammairien, i, 4 69.
GRAM."«ATI(;al, ALE (gra-ma-ti-kal, ka-l'), adj- Oui appartient, qui est conforme à la grammaire. Explication, exactitude grammaticale. Des exercices grammaticaux. En le corrigeant sur ce point [les idiotismes], le langage s'affaiblit; le ndtre est devenu plus grammatical et moins français, viiXEMAiN, Dict. de l'Acad. l'réf. p. xxn.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. gramalical; portug. grammatical; ital. grammaticale; du latin grammatica, grammaire, qui vient du grec Ypo|ji- |j.aTtx^, •yp»|J-!*<ï> lettre, de YpiiçE", écrire; proprement l'art d'écrire. Le mot devrait être grammatiqxie, de grammaticus; mais, grammaticus étant pour nous surtout un substantif, on y a ajouté la finale adjective ol, comme de musique on a fait musical ; ce genre de formation est fort restreint.
GRAMMATICALEMENT ( gra-ma-ti-ka-le-man ) , adv. Selon la grammaire. Cette phrase est bonne grammaticalement, mais elle n'est pas élégante.
— ÊTYM. Grammaticale, et le suffixe in*nl. GHAM.MATI.STE(giam-ma-ti-st'), t. m. jimerme
d'antiquité. Celui qui montrait les lettres chez les Grecs, c'esl-i-dire qui enseignait aux enfants & lire et à écrire. || 1* Il se dit, ordinairement par dénigre-
GRA
ment, de celui qui enseigne, qui fait profession d'enseigner la grammaire, et qui ne voit rien au delà des règles matérielles.
— ÊTYM. Lat. grammalitta, du grec YP'C^t"'tiotVi;, de Yp4|i"«,l6ttre.
t GRAMMATITE (gra-mma-ti-f) t. f. Terme de minéralogie. Roche voisine de l'amphibole, de nuance passant du blanc nacré au gris.
— ETYM. rpaa(i.^, ligne, à cause d'une ligne transversale observée dans la cassure des prismes de cette substance.
■f GRAMMATOLOGIE (gra-mma-to-!o-jie), t. f. Traité des lettres, de l'alphabet, de la. syllabation, de la lecture et de l'écriture.
— ÊTYM. Tfimuita, lettres do l'alphabet, et Jévo;, traité.
t GRAMMATOLOGIQCE ( gra-mma-to-lo-ji-k' ), adj. Oui a rapport à la grammatologie. Analyse grammatologique, celle qui consiste à faire con,''altre les lettres, les syllabes, les signes orthographique ^.
GRAMME (gra-m'), t. m. Nom donné, dans le nouveau système des poids et mesures, au poids d'un centimètre cube d'eau qu'on a distillée et qui est à son maximum de densité; il sert d'unité conventionnelle pour la formation des autres poids qui n'en sont que des multiples ou des sous-muUipIes.
— ÉTYM. rpâ|j.(ia, chez les médecins grecs, poids d'un scrupule, proprement lettre, caractère, de tç.ir çeiv, écrire.
f GRAMHITE (gra-mmi-f) , ». f. Terme de minéralogie. Nom de plusieurs pierres dont les couleurs figurent des lignes. || S. m. Genre de fougères. Le grammite linéaire. Le grammite nain.
— ÉTYM. TpaiiaT), ligne.
•f GRAMMO.MÈTRE (gra-mmo-mè-tr*) , t.m. Sorte de diviseur utile aux dessinateurs.
— ÉTYM. rpo|i|jiii, ligne, elmètre, mesure.
t GRAMMONTIN (gran-mon-tin), s. m. Nom de religieux d'un ordre fondé vers (076, par l'.stienne, fils d'un vicomte de 'l'hiers en Auvergne, dits aussi quelquefois les bonshommes. || On écrivait souvent Grandmontin.
— ÊTYM. Grammont, localité où cet ordre alla s'établir après la mort du fondateur.
t GRANAIRE (gra-nê-r") , adj. Terme de zoologie. Qui vit dans les grains ; qui ravage les greniers.
— ÊTYM. Lat. granarius, qui est relatif au grain, de granum, grain.
t GRANATÊES (gra-na-tée), s. f. pi. Nom d'une famille de plantes séparée des myrtacéos et comprenant le genre grenadier, puniea granatum, L.
— ÊTYM. Lat. granatum, grenade (voy. ce mot), f GRANATINE (gra-na-ti-n') , î. /". Terme de chimie.
Substance extraite des fruits non mûrsdu grenadier.
— ÊTYM. Lat. granatum, grennde.et la finale chimique ine appropriée aux principes.
t GRANATIQUE (g-ra-na-ti-k') , adj. Terme de minéralogie. Qui contient des grenats disséminés.
— ÉTYM. Voy. GRENAT.
GRAND, ANDE (gran, gran-d'; le d se lie : un gran-t homme; au pluriel, 1'* se lie : de gran-z hommes), adj. Il 1° Qui a des dimensions plus qu'ordinaires. Il i' Il se dit pour marquer simplement différence ou égalité entre des objets que l'oiî compare. Il 8° Toute grande. || 4° D'une taille élevée. Il 5" Il se dit de ce qui a pris une certaine croissance. Il 6° Une grande lieue, une grande heure. Il 7° Oui est en grande quantité. || 8° Qui, au physique ou au moral, surpasse la plupart des autres choses du même genre. || 9° Il se dit de l'âge. Il 10° Important, principal. |1 11" Qui est au-dessus des autres par le rang, par le pouvoir. || 12° Se dit aussi de Dieu. || 13° Qui est au-dessus des autres p.ir le génie, les qualités morales, le taiint. || 14° Titre de gloire de certains personnages. || IS- Illustre. Il 16" Grand devant un substantif avec un sens superlatif. || 17° Courageux, magnanime, noble. Il 18° Oui a un caractère de noblesse et d'élévation. Il 19" Titre dos dignitaires les plus élevés dans leur ordre. || 20° Titre de certains princes souverains. Il 2i»Grand,épithète de certaines plantes. Il 22°Grand devant un certain nombre de substantifs féminins ne prend pas l'e. \\ 23° S. m. Les grands, les personnes d'un âge fait, par opposition aux enfants. Il 24° Un personnage élevé en dignité. || 26° Ce qu'il y a de grand, d'élevé, de noble. || 26° Le grand de l'oau. Il 27° En grand. || 28° X la grande.
1° Oui a des dimensions plus qu'ordinaires. Une grande ligne. Un grand vase. Une grande salle. Une grande ville. De grandsh(^pitaux. Lesgrandesdistances qui séparent les astres les uns des autres. Ont-ils rendu l'e-sprit, ce n'est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si fière. Dont l'éclat orgueil-
GRA
leux étonnait l'univers ; Et dans ce» grands tombeaux où hurs ftmes hautaines Font encore lei vaines, lis sor.t mangés des vers, halh. i, i. Hais à grands pas vers nous je vois quelqu'un marcher, RAC. Esth. ni, 4. Il Pig. et familièrement. Ouvrir de grands yeux, regarder avec surprise ou curiosité. Il Le grand Océan, la mer Pacifique. || Les grandes Indes, l'Amérique. || Terme de papeterie. Grand aigle, grand raisin, voy. aigi.e, raisin. || Grands brins ou hauts brins, toiles de Bretagne dont la meilleure partie se fabriquait à Dinan. || Grand màt, voy. MilT. Il 2° 11 se dit pour marquer simplement dilTcrence ou égalité entre des objets que l'on compare. Sa maison est moins grande, plus grande, aussi grande que la vAtre. La salle n'est pas assez grande pour contenir tout le monde. Tout est trop grand pour notre esprit; il faut qu'il raccourcisse tout ce qu'il considère ou qu'il en retranche la plus grande partie pour le proportionnera sa petitesse, nicole, Ess. de mor. 4" traité, chap. 8. Ce que vous appelez grand est très-petit pour un éléphant, et ce que vous appelez petit est un monde pour les insectes, volt. Dict. phil. Apparence. || Plus grand que nature, se dit d'une statue, d'un tableau qui donne aux pcrsonnages une stature plus grande que la taille naturelle. Il Fig. Il faut, dit-on, sur la scène être plus grand que nature, volt, l'riumv. Sot. Que de vérité et de sagesse dans tout ce que Votre Majesté dit sur cette philosophie des stoïciens, plus grande que nature et si peu propre, avec ses grands mots et se» principes exagérés, à soulager ceux qui souffrentl n'ALEUB. £«((. au rot d«Pr.« août 1782. || Fig. et familièrement. Avoir les yeux plus grands que la panse, avoir plus grands yeux que grand ventre, c'est-à-dire être plutôt rassasié, au physique et au moral, qu'on n'avait cru. || 3° La fenêtre est restée toute grande ouverte, ouverte autant qu'elle pouvait l'être. Les portes sont toutes grandes ouvertes, genlis, Th. d'Éd. la Curieuse, v, 8. || On remarquera cet emploi où grande, tout en étant au féminin, a une signification adverbiale. || 4° Il se dit d'une taille élevée. Un homme grand. Une grande femme. Un grand cheval. Judas assembla tous les Israélites qui étaient en Galaad, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, SAa, Bible, Uachàb. i, v, i6. [Chamillartj Cctait un grand homme qui marchait en dandinant, stsiM. 70, 446. Il B° Il se dit de ce qui a pris une certaine croissance. Quand les arbres seront grands. Cette femme a des enfants déjà grands. Ce jeune chien est déjà grand. Quand les blés seront plus grands. Petit poisson deviendra grand. Pourvu que Dieu lui prête vie, la font. Fabl. v, 3. || Familièrement. Il est bien assez grand pour se servir luimôme, se dit par moquerie de quelqu'un qui se fait servir comme fait un enfant. On fut demander à Matta s'il n'était pas assez grand pour faire luimême ses présents à Mme de Senantes, sans les envoyer par le chevalier de Grammont, hamilt. Gram. 4. Ma foi . ma sœur, tu es assez grande pour te surveiller toi-même, picARn, Petite riUe,ii, i . || Familièrement. Une grande personne, les grandes personnes, se dit do personnes d âge fait, par opposition aux enfants. Il Grande fille, voy. fille, n* 3. || 6° 11 y a deux grandes lieues d'ici là, il y a deux lieues et plus. Deux grandes heures, deux heures et plus. Vou» avez. ..Encor quinze grands jours à demeurer ici, th. CORN, r/nconnu, iv, 4. Je crois qu'elle m'aura deux grands mois t(iut au moins, destouch. Hommt sing. IV, 2. Il Marcher à grandes journées, voyager en faisant chaque jour plus de chemin qu'un homme, qu'une troupe n'en fait d'ordinaire dans une journée. Antiochus reçut la nouvelle de cette défaite à peu près en même temps qu'il eut avis que le consul romain s'avançait à grandes journées dans la Macédoine. BOLLiN, llist. anc. ÛKuc. t. viii, p. 3»i. Il 7° Qui est en grande quantité. 11 n'a pas grand argent. Il y aura grand monde chez lui ce .soir. Il Grand jour, voy. jour. || Le grand air, l'atmosphère libre, en un lieu découvert, par opposition à l'air enfermé dans les habitations. Il se trouve mal, il faut le porter au grand air. Les couleurs de presque tous les corps souffrent des altérations très-sensibles lorsqu'ils demeurent longtemjis exposés au grand air ou au grand jour, bonnet, Utt. à Rosier. Œur. t. I, p. 27, dans pocgens. || Un homme du grand air, voy. air 2. || Grandes eaux, se dit de la crue extraordinaire d'un fleuve, d'une rivière. X l'époque des grandes eaux. || Grandes eaux de Saint- Cloud, de Versailles, les jets d'eau et les cascades jouant toutes ensemble. || Fig. et familièrement. Nager en grande eau, être dans l'abondance, avoir tout à souhait, être en passe de faire fortune. ||8'0ui, aa physique ou au moral, surpasse la plupart dei