‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 32 sur 388 · THOU · texte numérisé non relu

THOU

— ÊTYM. Lat. delegalio, de deltgare, déléguer.

t DÉLÉGATOIRE (dé-lé-ga-toi-r') , adj. Qui contient une délégation. Rescrit délégatoire. Commission délégatoira.

— ETYM. Lat delegare, déléguer.

DÉLÉGUÉ, I^E (dé-lé-ghé, ghée), part, passe.

Il 1* Transmis par délégation. Pouvoir délégué. Il J" Oui a reçu pouvoir d'agir pour un autre. Juge délégué. Il Subslantivement. Les monarques espagnols concentrèrent dans leurs mains tous les droits, tous les pouvoirs, et en confièrent l'exercice à deux délégués, qui, sous le nom de vice-rois, devaient jouir, tout le temps de leur commission, de» prérogatives de la souveraineté, ratnal, Hitl. phil. viii, 23. Il Délégués des colonies, représentants des intérêts des colonies prèslegouvernement. || 8* Oui a été l'objet d'une délégation. Somme déléguée sur U fermier. || Débiteur délégué, cl, substantivement, le déléfc'iié.

DÉLÉGUER (dé-lé-ijbi. U syllabe U prend lU

DËL

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DËL

accent graTe quand la syllabe qui suit Mt muette : je délègue, excepté, ce qui est contre l'analnjtie, au futur et au conditionnel: je déléguerai; je déléguerais), V. a. Il !• Transmettre par délégation. Déléguer son autorité. || 2* Commettre, envoyer quelqu'un avec pou voir de juger, de résoudre, d'agir. || 3° Faire une délégation, assignerdes fonds pour le payement d'une dette. Déléguer une dette, charger quelqu'un de la payer. || Déléguer un débiteur, un fermier, donner une délégation sur un débiteur, un fermier. Il 4* Se déléguer, v. réft. Être délégué, lin pareil pouvoir ne se délègue pas.

— HlST. XVI* s. La cour du Parlement délègue deux conseilleurs d'icelle, lesquels avoient charge de faire telles remontrances que de raison.... Les d'^legués lui firent entendre leur charge, desper. Contes, cxxvi. En tous les repeuplemens de villes, dont il fut autheur. il y envoya tousjours d'autres commissaires ausq\ielz il en feit déléguer la charge, AMYOT, les Gracques, 43.

— ÊTYM. l'roveiiç. delegar, deleguar; espagn. delegar; ilal. delegar»; du latin delegare, de de, et legare. envoyer (voy. légat).

DÉLESTAGE (dé-lè-sta-j') , t. m. Terme de mer. Action de décharger le lest d'un vaisseau. L'usage est de faire le délestage tous les deux ans. Enjoignons au maître de quai de tenir la main à ce que le lestage ou délestage des vaisseaux soit fait conformément il la présente ordonnance, Ord. d'aoltt <68) , liv. IV, t. IV, art. 8.

— ÉTYM. Délester.

DÉLESTÉ. ÉE (dô-lè-sté, stée), part, passé. Bâtiment délesté.

DÉLESTER (dé-lè-sté), v. a. Terme de marine, ôter le lest d'un bâtiment. Défenses aux capitaines et maîtres de navires de délester leurs bâtiments, et aux maîtres et patrons de gabarres ou bateaux lesteurs de travailler au lestage ou délestage d'aucun vais.seau pendant la nuit, Ordonn. d'août ii»i , liv. IV, t. IV, art. ».

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et lest.

DÊLESXEUR (dé-lè-steur) , s. m. Terme de marine. Celui, qui, dans un port, est employé à délester les bâtiments. j| Bateau employé k transporter le lest d'un vaisseau.

— ETYM. Délester.

DÉLÉTÈRE (dé-lé-tê-r*), adj. Qui atUque la santé, les sources de la vie. Un gaz délétère. Principes délétères, corps quelconques susceptibles de nuire à la santé ou de déterminer la mort. || Fig. Qui cause corruption et mal moral. Des maximes délétères.

— ÉTYM. AriXTirnptoç, de SuXeïv, détruire.

+ DÉLIAISON (dé-li-è-zon), i. ^. || f Terme de marine. La déliaison des bordages, l'action par laquelle les bordages se disjoignent. || 2" Terme de construction. Arrangement ries pierres d'un mur, auxquelles on donne moins de six pouces de recouvrement, tant au dedans du mur qu'au parement.

— HIST. XVI' s. Tu trouveras, au desmembrement et déliaison de ces deux carmes [vers], toutes belles et magnifiques paroles, rons. 688.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et lier.

tDÉLIAQUE(dé-li-a-k'), adj. || Terme d'antiquité.

Oui appartient à l'île de Délos, une des Cyclades. L'airain déliaque était très-recherché. || Terme de géométrie. Problème déliaque, problème de la duplication du rube, proposé par un oracle aux habitants de Délos.

t DÉLIBATION (dé-li-ba-sion) , t. f. Ancien terme de jurisprudence. Action de prélever, de soustraire d'une masse quelconque. Le piéciput se prend par délibation sur la totalité ries biens.

— ËTYM. Lat. delibationem, de la préposition de, et libalio, libation.

DÉLIRÉUANT, ANTE (dé-li-bé-ran, ran-t'), odj. Oui délibère. Corps délibérant. Assemblée délibérante. IjSubsliinlivement. Les délibérants, ceux qui ont voix délibérative dans une assemblée.

DÉLIBÉRATIF, IVE (dé-li-bé-ra-tif, ti-v'), adj. Qui touche ou se rafiporte à la délibération. Ce mot n'est u.sité que dans quelques locutions. ||1" Voix délibérative, droit de sufl^rage dans une assemblée; il se dit par opposition à voix consultative. Dans les académies, les correspondants n'ont pas ordinairement voix délibérative. Les connaisseurs ou ceux qui se croient tels se donnent voix délibérative et décisive sur le spectacle, la brut. i. || 2" Genre déiibératif , terme de rhéto) ique. On rapporte à ce genre ' tous les discours dans lesquels on déliiière sur ce I que l'on fera ou ne fera pas. Les discours politiques, ceux qui sont faits dans les conseils généraux ou municipaux, dans les assemblées d'actionnaires, sont '

en général des discours délihératifs, ou du genre ilélibératif, tandis que les plaidoyers des avocats sont du genre judiciaire.

DÉLIBÉRjLTîON (dé-li-bé-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1* Examen entre plusieurs et par la parole touchant une résolution à prendre, une inestion à résoudre. Mettre une chose en délibératiun, d'ablanc. Àrrien, liv. i, ch. 4, dans biche- LET. Pour accorder tous les points qui seront mis en délibération, Boss. Var. 42. \\2' Examen intérieur, réflexion. Agir sans délibération. Décision prise après mûre délibération. || Appréciation des motifs contraires qui précède lavolition. || 3* Décision, résolution. Cette délibération a été unanime. Prendre une délibération. || Terme de jurisprudence. Nom des décisions de certains corps administratifs ou judiciaires. Délibération du conseil municipal.

— HIST. XV* s. Et eurent avis et conseil, par grand délibération, que.... froiss. i, i, î92. || xvi* s. Appelant la consultation et délibération prudente tergiversation palliée, LANOL'E, 65. Ils envoyèrent devers leurs amis, leur faire entendre leur délibération, laquelle ilz trouvèrent bonne, amyot, Pétop. t2. Ma délibération [résolution] n'est de provocquer, ains d'apaiser; d'assaillir, mais de deffendre, rab. Garg. I, 29.

— ÉTYM. Provenç. deliberaeio ; espagn. délibéradon; ital. deliberaxiune ; ia \&\.\n deliberationem , de deliberare, délibérer.

t DÉLIBÉRATIVEMENT (dé-li-bé-ra-ti-ve-man) , adv. D'une façon délibérative. L'idée d'un pouvoir suprême exercé délibérativement, boollàinvilliers. Ré fut. de Spinoza, p. »0.

— ÉTYM. Délibérative, et le suffixe tn*n<.

t DÉLIBÉRATOIRE (dé-li-bé-ra- toi-r"), adj. Terme de pratique. Qui contient une délibération. Acte, formule délibératoire.

— ÊTYM. Délibérer.

t. DÉLIBÉRÉ. ÉE {dé-li-bé-ré, rée), part, passé de délibérer t. Qui a été mis en délibération. Les rois de Rome ne portaient point d'affaires au peuple, qu'elles n'eussent été délibérées dans le sénat, MONTESQ. Esp. XI, 42. || De propos délibéré, loc. adv. X dessein, exprès; proprement, avec un propos, un dessein qui a été délibéré et qui, par conséquent, est bien arrêté. N'exposons point, de propos délibéré, nos amis à perdre quelque chose de l'estime que nous leur avons accordée, dider. Ess. s. Claude. || C'est une chose délibérée, elle est arrêtée, conclue.

2. DÉLIBÉRÉ (dé-li-bé-ré), s. m. Terme de procédure. Toute délibération & huis clos entre les juges d'un tribunal. Vider un délibéré. Le délibéré ne fut pas long; mais notre impatience nous fit entrer dans le parquet des huissiers, ST-sm. 38, laa. || Sorte de jugement, par lequel la cour ordonne qu'il sera statué sur les pièces d'un procès. Rapport sur délibéré. Mettre rafl^aire en délibéré.

— ÉTYM. Délibéré 4.

3. DÉLIBÉItÉ, ÉE (dé-li-bé-ré, rée), adj. || 1* Qui a quelque chose de libre, de résolu, en ce sens qu'on semble n'admettre point d'obstacle. Elle avait de la taille, quelque chose de fort délibéré dans l'air, ha- MiLT. Gramm. ». La démarche ferme etdélibérée, la BRUY. VI. Un fonds de mépris délibéré de tout ce qu'on ne croit pas essentiel dans les devoirs, mass. Car. Tiéd. 1. 1| Il se dit des personnes. Cette femme paraît assez délibérée. Certains esprits vains, légers, familiers, délibérés.... la brdt. v. || Substantivement. Je sais des officiera de justice altérés Qui sont pour de tels coups de vrais délibérés, uol. l'Étour. IV, ». Il i° Terme de manège. Cheval bien délibéré, cheval qui est tout à fait formé au pas ou aux allures qu'on a voulu lui faire prendre. {| 3* Résolu à. Cambyse délibéré d'envoyer des espions [en Ethiopie] manda d'Ëléphautis des hommes ichthyophages, p. L, COUR, u, 444, En ce sens, c'est un archaïsme.

— HIST. ivi* s. Hardy, adventureux, délibéré, HAB. Garg. i, 27. Estes vous délibérez de vivre avecques moy? m. Pant. ii, 24. Délibéré autant que je pourroy, ne me mesler d'aultre chose, uont. i, 32. Je ne suis pas délibéré de vous forger aultres nouveaux passetemps, lo. i, 86. Les voyant tous délibérez au passage, iD. i, 2»». Il estoit délibéré de suyvre leur conseil, lano;;ï. 686. M. le duo d'Anjou se trouva là, qui amena encores d'autres forces bien délibérées, id. 647. Quant à moy, je ne suis pas délibérée d'attendre que la fortune, moy vivante, décide l'issue de ceste guerre, amïot, Cor. 66.

— ÊTYM. Délibérer ».

DÊLlHÉKÉiME.NT (dé-li-lié-ié-man) , adv. D'une manièie délibérée, hardiment , avec résolution. Le

joug que vous portiez si délibérément et avec tant de courage, BOHRD. Pensées, t. ii, p. 442. On se permet délibérément toutes les infidélités qu'on ne croit pas dignes d'une peine éternelle, hass. Car. Tiéd. I.

— HIST. ivi* S. Il se leva et se présenta fort deliberéement, amyot, P. M.m. 24.

— ÉTYM. Délibéré 3, et le suffixe ment; provenç. deliberadnmen ; cnU.1. deliberadament ; espagn. délibéra dam ente ; ilal. deliberatamente.

4. DÉLIBÉRER (dé-li-lié-ré. L'Académie ne conjugue pas ce verbe; mais, selon l'orthographe qu'elle suit dans les cas analogues, on changera, devant une syllabe muette, l'accent aigu de la syllabe bé en accent grave : je délibère, excepté, ce qui est contre l'analogie, au futur et au conditionnel : je délibérerai, je délibérerais), v. n. || 1* Mettre en délibération. On délibéra si on assiégerait Mons ou Valenciennes, sarazin. CEuvres, 4" partie, dans RicHELET. Après , on délibéra des remèdes, d'ablanc. Tac. 26. Ils délibéraient de rendre la liberté au peuple romain, va. ib. 426. Et je puis dire enfin que jamais potentat N'eut à délibérer d'un si grand coup d'État, CORN. Pomp.i, t. N'en délibérons plus, cette pitié l'emporte, ID. Cinna, ii, 4. Je vous laisse avec lui pour en délibérer, m. Rodog. m, 4. Après ce grand exemple en vain on délibère, id. Nicom. v, 2. C'est une chose déplorable de voir tous les hommes ne délibérer que des moyens et point de la fin, pasc. dans coosm. C'est l'Occident qui délibère sur la ruine de l'Orient et sur les moyens d'exécuter une vengeance suspendue depuis plus d'un siècle, rolum, Hist. anc. Œuvres, i. vi, p. 484, dans pouGENS. jj Absolument. C'est de quoi le sénat pourra délibérer, corn. Nicom. v, 40. L'amour n'est plus le maître alors qu'on délibère, id. Puieh. n, 4. Ne faut-il que délibérer, La cour en conseillers foisonne; Est-il besoin d'exécuter. L'on ne rencontre

plus personne, la font. Fabl. il, 2 Pourquoi

délibérer? De tous les deux, madame, il se fau' assurer, RAC. Athal. n, ». Tandis que les mécLaiits délibèrent entre eux, m. ib. in, ». Uniquement occupés de leurs projets (et ils n'en forment que de grands et de hardis), ils délibèrent promptemeiit et exécutent de même, rollin, Hist. anc. Œutres, L III, p. 428, dans ponGENS. L'ambassadeur m'attend; consulte, délibère; Dans une heure avec moi

tu reverras mon père, volt. Brutus, iv, S Un

homme téméraire Confond en agissant celui qui délibère, ID. Triumv. II, 2. Le temps de délibérer était passé, et celui d'agir enfin venu; le» mai (8i2, Napoléon, jusque-là toujours triomphant, sort d'un palais où il ne devait plus rentrer que vaincu, 86- ODR, Hist. de Nap. Bi, 4. || Terme de jurisprudence. L'héritier a un délai pour faire inventaire et délibérer, c'est-à-dire pour accepter ou répudier la succession. Il Hésiter à se résoudre. Pendant qu'il délibère, vous êtes déjà hors de portée, la brut. h. Ne délibérons plus, rac. /ph. iv, 7. Contre un tel eiv nemi [l'amour] le vrai courage consiste à fuir sans délibérer, fén. Tél. vu. || a* Prendre une délibération, se déterminer. La force publique ne délibère pas. J'ai délibéré de faire cela. Cujas avait délibéré, au cas qu'il mourût sans enfants, de donner son bien à Scaliger, coLomÈs, dans richelet. Quand saint Pierre et les apôtres délibérèrent d'abolir la circoncision.... PASC. Rel. 32. Il 3" ¥. a. Délibérer une affaire, la mettre en délibération. Voilà ce qui a été délibéré. L'affaire est d'importance, et, bien consulérée. Mérite en plein conseil d'être délibérée, corn. Cid, II, ». Le hasard a fait ce que la prudence des pères avait délibéré, mol. Fourb. m, ». || Terme de palais. Délibérer une consultation.

— REM. On dit délibérer d'une chose et délibérer sur une chose. Dans le xvii* siècle délibérer de était presque exclusivement employé.

— HIST. XV* s. Parquoy [oreille coupée] lui qui estoit délibéré estre homme d'eguse, est inhabile à jamais l'estre, du cange, auris. Et se délibéra de leur courre sus, comm. i, 2. Se délibéra [le roy] de se

venir mettre dedans Paris, id. ib Que ung chas-

cun se deliberast de bien faire, car il delilieroit de tempter la fortune, id. i, 3. Touteffois délibéra le duo l'assault, mais nul ne se trouva de cest6--oppinion que luy, id. m, 40. El se délibéra n'en bouger, ID. I, 9. Il XVI* s. I-ors Pantagruel délibéra visiter la grande université de Paris, R.J.B. Pant. ii,7. D'avant que marcher oultre il scri>yt bon délibérer de ce que est à faire, iD.ib. u, 24. 11 délibéra de sou.stenir ce pas, et faire acheter aux ennemis.... mont. I, 243. Le roy les ayant leues, et dict qu'il en delibereroit, id. ai, 4 03. La piuspart de la noblesse, ayant entendu l'exécution de Vassy, se délibéra Ue

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Tenir prii P»ri», ukwouB, »47. Eneor«« que l'homme pense et délibère, c'est k Dieu de donner accomplissement k l'œuTfe qu'il entreprend, ID. »48. Il leur donna terme pour en délibérer, et s'en resouldre, re»p<ice de trente jour», amtot, Cor. 47.

— ÈTïM. Provenç. et espagn. deliberar; ita!. d»- Uberare; du lalin d«Ii6«rore, que les élymolo({iBtei Utins tirent de de, el librare, peser.

\ ». DËLIBÉIIER (d*-li-béré), v. a. Terme de manège. Délibérer un cheval, le déterminer aux allures qu'il a de la peine à prendre.

— tTYM. Dé.... préHxe, et libérer, mettre en lilierté, dégager.

DÉLICAT, ATB (dé-li-ka, ka-f), adj. || !• Qui a une mollesse comparée k quelque chose de liquéfié, fondu, et, de Ik, facile k endommager, k altérer, tendre, frêle, faible, en parlant des choses. Peau, couleur délicate. Teint délicat. Hain.'i délicates. Temjérament délicat. Ces plantes sont trés-délicates. Ce furent de beaux lis qui.... Devant que d'un hiver la tempête et l'orage 1 leur teint délicat pussent faire dommage, S'en allèrent fleurir au printemps étemel, UALH. I, 4. Cette santé est toi^ours liien délicate, siv. 440. Le roi, me trouvant petit et l'air délicat, dit k mon père que j'étais encore bien jeune [pour servir], gT-sm. i, «a. On ne peut retenir sas larmes quand ou lui voit épancher son MBur sur de vieilles femmes qu'elle nourrissaH; des yeux si délicats firent leurs délices de ces mages ridés, de ces membres courbés sous les ans, BOBS. Anne de Gonx. La foi est une vertu presque aussi délicate que la pudeur; un souffle, pour ainsi dire, la ternit, mass. Car. Vérité de la rel. Il Avoir le sommeil délicat, s'éveiller au moindre bruit. Il En parlant de» personnes, qui n'est pas robuste. Cet enfant est délicat; il a besoin de soins. Il I* Par une autre eiteuion du sens de liquéfié (la liquéfaction dimir.Mct, atténuant), ténu, difficile k apercevoir. Qu'il s'étonne de ce que ce vaite tour [décrit par le soleil] n'est lui-même qu'un point (rés-délicat k l'égard de celui que las astres qui roulent dans le firmament embrassent, p*sc. Penléet, I , *■ Il Fig. Subtil, difficile k apprécier. La différence est telWect délicate, qu'elh ;:eut échapper k bien des esprits. ||l° Fin, travaillé avec un soin minutieux. Trait délicat. Dentelle délicate. Ouvrage délicat. Il Fig. La pi^ est délicaM et ceux qui l'ont tissue t de si longs détours font une digne issue, COKH. Kit. u, ». || 4'L<««r, élégant. Art, pinceau délicat. Œuvre délicat*. Travail délicat. Ce sculpteur a le ciseau délicat. D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable, boil. iiri p. III. H 6' Difficile, embarrassant. Cette explication est assez délicate, hiir. Soliman, m, I. Mais, seigneur, la matière est un peu délicate, coan. (Kdipe, u, <. Ce sera un pas assez délicat, Boss. 1,<II. quiél. 4ai. Je crois pouvoir dire d'un poste émanent et délicat, qu'on y monte plus aiaément qu'on ne s'y conserve, la BBDT. viu. Les affaires politiques sont souvent si obscures, ai délicates que les personnes les plus éclairées d'ailleurs ne sont pas toujours capables d'examiner ti les mesures qu'on prend sont justes, nécessaires ou non, ti*. t. xxn, p. (72. Que cette situation est délicate I màm. Fanég. St Thom. Le discernement en devient si délicat qu'il est presque impossible de ne pas s'y méprendre, lo. Car. Resp. hum. Dans cette conjoncture délicate, Timoléon demande une conférence avec les ambassadeurs et les principaux officiers de l'escadre carthaginoise, bolun, Uitt. anc. Œuvres, t. rv, p. us, dans pou- OEMs. C'est une chose trks-délicate de bien poser le point auquel les lois de la nature s'arrêtent, mon- TESQ. Etfrr. XXYI, U. La chose est possible, mais délicate, yolt. Foyo^e de la raison. || I* Finement senti, exprimé d'une manière ingénieuse et élégante. Expression délicate. Tour délieal. Ni U surprise, ni l'intérêt, ni la vanité, ni l'appkt d'une flatterie délicate ou d'une douce conversation n'é tait capable de lai faire découvrir son secret, bobs. Duchetie d'Orl. Tu souffres la louange adroite, délicate, boil. Ép. IX. Il n'appartient qu'iux |>etionnes intelligiintes et éclairées de pénétrai tout le sens d'une pensée délicate, «ollim, TraiU iêtit. m. t. Il Qui sent et apprécie finement. Goût . esprit délicat. Un connaisseur délicat. Le roi est tria-oontent do votre belle lettre; il est délicat en lait de st}:e. et le vAtre l'a satisfait, haintenon, Uii. au ducdc Noailltt, t- mars nu. \\ 7* Ombra^raui, susceptible. Il est délicat et facile k piquer. C'est un* volonté hautaine et impérieuse, jalouse d« ses prétendus droits, et délicate *ur tout ce qui les blesse, bodbd. fen$éet, L a, p. 4SS. M. de Tureone délicat sur ces

DEL

matières, bamilt. Gromiit. s. SUe était fine et délicate sur le mépris, to. «b. 8. Hélas! nous sommes si délicats sur la fldéhté de nos amisi Le moindre refroidissement nous blesse; le pliu léger défaut d'attention nous aigrit, hass. Car. Pattion. Vous nous dires fu'on en voit [des gens de bieu| tous les jour* qui sont plus délicats sur les injures, plus fiers dau* T'iévation..., lu. ib. Injuti. du monde. Le monde qui eontiarone si fort l'ambition daus les gens de bien, qui les accuse sifacilnmeot d'être plus vifs sur leurs intérêts, plus délicats, plus poinlil- ; leux, ID. Panig. St Jean Baptiste. || En parùut des | choses, qui excite la susceptibilité. C'est sur ce point qu'il est chatouilleux, voilk l'endroit délicat, Bosg. i I, ilnnonc. i. De semblables erreurs, quelque jeur ! qu'on leur donne. Touchent les endreiu délicaU; Et I la raison bien souvent les pardnnne, Que l'honneur , et l'amour ne les pardonnent pas, mol. Amphitr. m, H. Il 8' Scrupuleux en fait de probité, de bien- I séance. U a une conscience trés-délicate. Un amant délicat. Agésilas était peu délicat sur les devoirs de la justice, quand il s'agissait de servir ses amis, BOLUN, Hiit. ane. (JCuvrei, t. y, p. «73, dans pou- QENs. Preure que les damts de Sparte n'étaient pas fort délicates sur le point de la chasteté conjugale, ID. ib. t. Yii, p. 41 s, dans poiiGKNS. || En parlant des choses, conforme k la probité, aux bienséances. Avoir des sentiments délicats. Ce procédé me semble peu délicat. || 9' Difficile à contenter. Vous êtes bien délicat. Il ne faut pns être si délicat. |{ Fig. Délicat et blond, se dit d'un homme qui fait le difficile plus que de raison, et qui affecte une mollesse du tempérament que l'on attribue souvent aux blondi. Il Qui a le goût, le palais sensible aux plus légères différences. Un homme peut être délicat, sans être difficile. Il est délicat dans son boire et dans son manger, d'ablanc. Arrien, dans bichelet. Son hêto était assez délicat sur U bonne chère, bamilt. Gramm. 4. |{ Il se dit aussi du sens de l'ouïe. Avoir l'oreille délicate. || En parlant des choses, qui flatte un goût délicat. Mets délicats. Vin délicat. Un souper délicat. Une crème d'ananas est un manger délicat, bien que telle ou telle personne puisse ne pas aimer le goût de l'ananas. || 19" Moralement, qui a le goût sensible aux choses élevées, fines, touchantes. Je suis fort délicate eti amitié, slv. s. Des hommes ont été assez peu (Jilicata pour mettre en commun leurs voluptés, CHATEAUB. Génie, n, 3, 3. || En pariant des oht)»«», qui est apprécié par les personne* délicates. N'aimer que les plaisirs délicats. Ne rechercher que les jouissances délicates. On attend quelquefois un livre plusieurs jours avant l'impression peur le décrier; et le plaisir le plus délicat que l'on en tire Yier:t de la critique qu'on en fait, la bruy. xy. Peu jaloux [St Thomas d'Aquin] de la gloire de l'invention, gloire si délicate pour ceux qui se piquent de science, hass. Panig. St Thom. Introduits [les savants] depuis longtemps par un privilège délicat dans le sanctuaire de la vérité, ID. ib. \\ 11* Substantivement, celui, celle qui a de la délicatesse, qui est difficile. Faire le dèlieat, la délicate. Va chez ces délicats qui n'ont soin que d'unir Le choix des voluptés aux moyens d'y fournir; Si tu crois y trouver des roses sans épine.i, Tu n'y trouveras point ce que tu t'imagine*, corn, imi't. m, ts. Los délicats lont malheureux; Hien ne saurait les satisfaire, la FONT. Fabl. II, t. Il Celui qui sent, juge finement. Maint défaut échappe an Yulgaira, Qu'apercevront les délicats, LAUOTTK, Fab.n, ».

— BYN. DtucAT, Dïuê. Ces deux niolj, c.mme on peut voir k rètymologie, sont idsntiqne*; mais quand l'usage refit délicat sur deliealut, il n'en reconnut pas l'identité avec délié, et il établit des nuances. Au propre, délicat et délié indiquent ce qui est ténu, mais avec cette distinction que délicat implique une qualité, un art, un charme; on dira que les fils de la toile d'araignée sont déliés si on a égard seulement & leur ténui'é, et délicats, si on prerd eneonsidérat'on l'art it»c lequel ils sont formés. La nuance est la même vi fi)iuré : un esprit délié est un esprit propre siii alTaires épineuses; un esprit délicat est un esprit propre aux afi^aires de goût, d'art, de conseieMt.

— HisT. xvi* s. Israël Ur* e*t«it nommé le fils délicat [chéri] de Dieu : tout les autres estoyent tenus pour estrangiers, caly. Initil. 34». Qu'on le rende délicat au eho-i et triage de ses raisons, mont, i, 167. Comme un traict d'une poincle très délicate [déliée], ID. I, t7<. Une beauté alTettée, délicate, artificiellp. m. i, 477. Les riche* descriptions de l'un, les délicates inventions de l'autre, in. i, tto. On peult veoir par Ik si celte rveht rcha de U vérité est delicata idifbcile], in. ii, m. Il estoit fort delieit

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et de petite complexlon, au moyen de quoy sa mère ne vouloit pas qu'il travaiUa.st beaucoup k l'estude, AMVOT, Démoith. 7. Superflu en festdyemens, délicat en son vivre, et dissolu en toutes manières de voluptés et de délices, in. Déméir. 3. Il avoit les oreilles si délicates qu'elles ne pouvoient patiemment ouïr rien que flatteries, m. Dion, 4t. Le prince de Genevois, qui, ne trouvant pas l'air de la Rochelle assez délicat, se mignardoit aux champs, d'aumo. Hiit. II, 1S4. Il fut si patetic, qu'il rendit comme en extase les plus délicats de ses auditeurs, m. ib. n, S17. Ces délicats ne sont capables de l'un nyde l'autre, foihlea en tous les deux, charbon. Sagesse, Préf. de la i' édit. La compagnie d'un homme delicii amollit peu k peu ceux qui vivent avec luy,io. ib. a, t.

— STYM. Provenç. et estai, délicat; espagn. d«îieado; ital. delieato; du latin deUcatut, ancienne orthographe pour deliqualus, de deliquare, proprement rendre liquide, fondre, flguréraent expliquer (de de, et (tquare, rendre liquide, voy. liqueur); d'où il suit que le sens propre de deliealut est proprement fondu, mou; par conséquent le premier sens de délicat est celui de tendre, faible. On trouve dans le xiv el le xv« siècle deliratif : Il est mol et delicatif, oresme, Eth. JOS ; Vins et viandes plus sains que delicatifs, christ, de pisan, Charles f, 1, »0. Au reste dtlical a été refait, au xyi« siècle, sur le latin; la forme d'origine était délié, et, plus souvent, delgié, dougié, etc. (voy. délié t).

DÉLICATE, ÉK (dé-li-ka-té, tée), part, posté. Un enfant trop délicate.

DÉLICATEMENT (dé-li-ka-te-man), adv. || 1» Mollement. N'élevez pas les enfants trop délicatement. Il 1* D'une manière douce, légère. Touchez la plaie délicatement. Il Par extension. Apprécier, agir délicatement.En fait d'amour, on fait très-délicatement des choses fort grossières, Marivaux, Karianne, f part. Il 8" Avec délicatesse, d'une façon élégante et fine. Cela est déhcatement travaillé. Exprimer une pensée délicatement II y a deux choses qui font la bonté de son roman [d'Honoré d'Urfé], la disposition qui est régulière, et les passions tendres et amoureuses qu'il avait ressenties lui-même, qui sont touchées très-délicatement, ssgrais, Uémnires, t. n, p. >a. Il faut exprimer le vrai pour écrire naturellement, fortement, délicatement, la brut. l. Je touche délicatement k des matières délicates, d'ai.emb. Lttt. à Volt. S mars I78«. \\i' D'une façon délicate, agréable au goût. On y mangeait délicatement, bamilt. Cramm. t.

— niST. xvi* s. Un jaune homme trop délicatement vestu, CALY. Instit. sut. Il fait gloire que sa maison soit richement meublée et délicatement servie, amtot, Dton.l*. Ces pièces, délicatement et doctement traitées, ont dessillé les yeux k plusieurs KMnçois, d'aub. Uitt. m, Ï87.

— ÊTYM. Délicate, et le suffixe ment; provenç. deliriidamens ; catal. delicadament; espagn. délices damrute; ital. delicatamente.

DÉLICATER (dé-li-ka-té), V. a. || 1* Traiter avec délicatesse, accoutumer k la mollesse. Il ne faut pas délicater les enfants. || V F. réft. Se délicater, se laisser aller k la mollesse.

— HIST. xYi* s. Elles sont si molles et tant soucieuses de se délicater et se plaire seules en elles mesmes, brant. dans le Dict. de dochez.

— ftTY»l. Délicat.

DÉLICATESSE (dé-li-ka-tè-s'), I. f. \\ i' Qualité de ce qili est délicat, faiblesse, débilité. La délicatesse de cet enfant. La délicatesse des plantes qui viennent d'un climat plus chaud que le nôtre. Sa santé est d'une délicatesse étrange, skv. 367. Vous avez enfin porté votre délicatesse i Marseille, et M. de Grignan l'a voulu, id. 4i4. La délicatesse de son corps [de Ste Agnès], k peine propre k recevoir des plaies, est déjik capable de les mépriser, mass. Panég. Ste Agnès. || 1* Qualité de ce qui est délicat, fin, ténu. La délicatesse de la peau. La délicatesse des fils que l'araignée produit. || S* Légèreté, élégance. Travail remarquable par la délicatesse de l'exécution. Son nez n'était pas de la dernière délicates**, bamilt. Gramm. t. E \e croit voir dans la douceur de ces re^'ards et de ce visage la douceur d'une humeur paisible; dans la délicatesse de ces traits la délicatesse de l'esprit, boss. laValliire. On comptait oeut quarante mille boucliers , autant de casques et d'épées, plus de quatorze mille cuirasses travaillées avec tout l'art et toute la délicati'sse possible, rollin, Hitt. anc. (Jt^uvres. t. y, p. tB7, dans pouoehs. || Terme de pénlure et de sculpture. Exécution légère et soignée. || 4' La qualité de ce qui ptaft so goût. La délicatesse du vin,

DPL

DBL

DÉL

des mets. La délicatesse de la table. || B* Recherche, dans la vie et le régime, de ce qui est agréable au corps et n'est pas, non plus, absolument commun, îlever un enfant avec trop de délicatesse. La déicalesse des Orientaux. C'est la vraie grâce de l'aumône, en soulageant Ie« besoins de» pauvres, de diminuer en nous d'autres besoins , c'est-àdire ces besoins honteux qu'y fait la délicate.sse, comme si la nature n'éuit pas assez accablée de nécessilés, Boss. Àniie de Gonz. Chacun, idolâtre de sa santé , ne veut avoir égard qu'à sa délicatesse ou, pour mieux dire, qu'à sa mollesse, BouBDAL. Purifie, de la Vierge, Uyst. Vn Dieu dans cet état est un reproche sensible de ses délicatesses [de l'âme], de son amour-propre, du soin qu'elle prend de son corps, ID. Dim. de la Quinquagét. Dominic. Lu délicatesse est tout à fait digne des hommes; tile n'est produite que par le» bonues qualités de l'esprit et du cœur ; on se sait bon gré d'en avoir; on tâche à en acquérir quand on n'en a pas, roNTEN. Dial. dct morts, MUon et Smyndiride. Il 6° Au plur. Cho.-ies délicates. Il ne lui faudra ni table bien servie, ni consommés exquis, ni orges mondés perpétuels, ni les autres délicatesses qu'il faudrait pour une autre femme, mol. l'Àv. u, 6. Philippe, déjà vieux, .-affine sur la propreté et sur la mollesse; il passe aux petites ilélicatesses, làbkly. II. Ils [lesjésuites missionnaires] ont ajouté des délicatesses à nos table» et des ombrages à nos bois, CHATEAUB. Génie, iv, IV, t. Il 7* Kinesse et élégance dans le sentiment littéraire et l'expression. La délicatesse d'une pensée, du langage. La délicatesse et la pureté du goût atlique. Ce long raisonnement, dans sa délicatesse, i. vos tendres respects mêle beaucoup d'adresse, corn. Othon, m, ï. Est-ce une marque de supposition ou de nouveauté que la langue de l'Ëcriture soit si ancienne qu'on eu ait perdu les délicatesse» 7 aoss. Hist. ii, I3. U. la maréchal de Tessé m'écrit une lettre de trois pages, pleine d'esprit, de sentimeit, de délicatesse, uaintenoh. Lettre à Sline de Caylus, St juillet <7ie. Jamais l'extérieur n'annonça moins de délicatesse; il en avait pourtant dans la pensée et dans l'expression, mab- MONTïL, Mém. VI. jirégard do l'esprit, ce sera toute la force de celui des hommes mêlée avec toute la délicatesse de celui des femmes, uabivaux, Harianne, 4* part. Ce texte a des délicatesses bien difficiles à rendre, et notre maudit patois me fait donner au diable, p. l. cour. Lett. i, 219. || Délicatesse de style, variété de l'élégance, qui consiste à saisir et à exprimer par des termes bien choisis les nuances qui distinguent les idées. || 8° Finesse et pureté dans la manière de sentir. C'est un paradoxe qu'un violent amour sans délicatesse, la bbiiy. it. Mais que dis-je? où m'emporte une aveugle tendresse? Lâche amant, est-ce là celte délicatesse Dont s'enorgueillit ton amourî J. J. bouss. Cantate de Céphale. Dites-moi d'où cela venait; où est-ce que j'avais pris mes délicatesses? Marivaux, Marianne, {" part. Ce n'est pas d^ l'amour que je veux; vous le savez bien; mais l'amitié n'a-t-elle pas ses sentiments, ses délicatesses? ID. Surprises de l'amour, II, 0. Il 9' Sensibilité, aptitude à juger finement. Délicatesse de goût, de tact. L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse, la font. Fabl. vu, 6. || 10° Qualité de celui que la finesse de son goût, au propre et au figuré, rend difficile. J'ai une furieuse délicatesse pour tout ce que je porte, mol. Précieuses, lu. La délicatesse est trop granile de ne pouvoir souffrir que des gens triés, iD. Critique, l. La bonne façon d'en juger [des pièces de théâtre] , qui est de se laisser prendre aux chose» et de n'avoir ni prévention aveugle ni complaisance affectée ni délicatesse ridicule, 10. ib. S. Quelques femmes de la ville ont la délicatesse de ne pas savoir ou de n'oser dire le nom des rues, des places et de quelque» endroits publics qu'elles ne croient pas assez nobles pour être coniius, LA BBUY. V. La faussB délicatesse dans les actions libres, dans les mœurs ou dans la conduite, n'est pas ainsi nommée parce qu'elle est feinte, mais parce qu'en effet elle s'exerce sur des choses et en des occasions qui n'en méritent point; la fausse délicatesse de goût et de complexion n'est telle au contraire que parce qu'elle est feinte et affectée; c'est Emilie qui crie de toute sa force sur un petit péril qui ne lui fait pas de peur, id. xi. || il» Ménagement, circonspection. Cette affaire veut être traitée avec beaucoup de délicatesse. 11 [Pyrrhus] avait joint la délicatesse des négociation» à la science de la guerre, ST-ÉVBKMOND, II, 84. || lï" Susceptibilité, facilité à regarder comme blessantes les choses qui ne le sont pas ou ne le sont guère. Je ne vois rien de si ridicule que cette délicatesse d'honneur qui prend tout

en mauvaise part, hol. Critique, a. il faut respecter les rois et ménager leur délicatesse, fén. Tél. XII. Idoménéc, revenu de sa première promptitude, parut honteux de sa délicatesse, lo. ib. Il aurait pu ménager ilavantage la délicatesse des docteurs, MASS. Panég. St Élienne. ia sait quelle est la délicatesse des grands, et le» foudres qui partant de ce» montagnes d'orgueil du moment qu'on U» touche, ID. i6. St Franc, de Vaule. Elle [une femmedu monde] a sur sa beauté des délicatesses ridicules, id. Myst. VisilalioH. Toute la délicatesse sur le rang et sur la gloire qui peut compatir avec une modération que la monde lui-même demande, on s'en fait un mérite, ID. Car. Tiéd. 3. Cette délicatesse qui vous rend si facile à être blessé est une véritable imperfection, FÉN. Dial. des morts ant. tl. Cette délicatesse importune, étrangère, Dément votre fortune et votre caractère, volt. Orph. m, 4. ||Êtr« en délicatesse avec quelqu'un, avoir avec lui quelque sujet de susceptibilité. Cette expression ne s'emploie que dans le style léger et familier : Nous ne sommes pas brouillés, nous sommes en délicatesse, c'est-à-dire chacun de nous craint de manquer à sa propre dignité en faisant des avances à l'autre. Il 13° Scrupules sur ce qui touche à la morale, à la conscience, aux bienséances, à la pureté des seiijt^ ments. Sire, dit le renard, vous êtes trop bon loi, Vos scrupules font voir trop de délicatesse, la font. fabl. vil, t. Toujours alarmée par ces délicatesses de la grâce, qui la font trembler sur chaque action, MASS. Car. Tiéd.*. Vous aviez reçu en naissant une délicatesse si noble iur la glaire, id. ib. Enf. prod. Il Délicatesse de conscience, état d'une conscience qui répugne aux moindre» transgressions. U mène une vie scandaleuse et publique; le roi en souffre, par amitié pour lui, par aversion pour le désordre et par délicatesse de conscience, uaintenon, Lettre au duc d,e Soailles, UT sept. t709, Ce qui parait de si violent dans ses discours n'est que la délicatesse d'une conscience qui se redoute elle-même, ou l'excès d'un amour [pour Dieu] qui craint de déplaire, boss. Ann» de Goni. \\ Délicatesse d'honneur, soin avec lequel un homme, une femme veille sur son honneur. L'inquiétude que vous donne cette maudite affaire du surintendant [lettre» de femmes trouvées dans la cassette de Fouquetj est la marque de la délicatesse de votre honneur, chapelain, Lettre à Hme de Sévigné, dans feuillet di CONÇUES, Variétés d'histoire et d'ort. || Se dit dan» le même sens en parlant des choses, des procédés, des sentiments, etc. Le cœur ainsi blessé [par l'aiigt des saintes amours] connaît toutes les délicatesse» des sentiments, chateaub. Mart. 4oi.

— HiST. xvi* s. Ostez luy toute mollesse et délicatesse au vestir et au coucher, mont, i, )83. La saveur et délicatesse de ces fruicts, id. i, 234. Pibrac, merveilleux en délicatesse de langage, d'alb. Ilist. II , 337. D'ailleurs je me plains d'eux et leur reproche cette foiblesse populaire et délicatesse féminine, comme indigne et trop tendre pour entendre chosa qui vaille, et du tout incapable de sagesse, CHABRON, Sagesse, Préf. de la î" édit.

— ÉTYM. Délicat. Oresmea dit, Ëth. 209: Délice ou delicativeté est une mollesse.

DÉLICE (di-li-s'). Au singulier ce mot est masculin, au pluriel il est féminin, étant de ces noms qu'on nomme hétéroclites et qui changent de genre en changeant de nombre. || 1* S. m. sing. C'est un grand délice que de boira frais, Acad. Observ.sur Vaugelas, p. 272, dans pougens. Quel délice d'être avec des gens d'une société agréable I ib. Je vous retrouve enfin, d bonheur I d délicel ROTR.Bélis. ii, i. 11 disait que chaque nouvel objet était un délice nouveau, biffon, De la vue. || 2° 5. f. plur. Plaisir qui ravit, transporte. Si quelqu'un, d'aventure, en délices abonde, halh. i, 4. Il était sou» Néron de toutes ses délices [parties de plaisir], cobn. Ol^on, II, 4. Affranchis-le [mon cœur] de tous ses vices. Déracine ses passions, Efface les impressions Qu'y forment les molles délices, id. Imit. m, 5. Les délices du soir font un triste matin, id. ib. I, 20. Qu'ils aient moins d'aversion pour l'austérité de la mortification des sens qu'ils ne trouvent de charmes dans l'usage des délices vicieuses du péché, pasc. Comp, des chrét. U n'y a rien de plus pernicieux à l'homme ni do plus dangereux pour le salut de son âme, que ce qui sert aux délices du corps, bol'BD. «• Dim. après la Pentec. Domin. Vous qui goûtez ici des délices si pures, rac. Eslh. Prol. Ensuite, entrant dans la ville, il remarqua qu'il y avait beaucoup moins d'artisans pour les délices de la vie et beaucoup moins de magnificence , FiN. Tél. xxii. Vous qui vivez dans les délices, mass. Car. Riche. U [Miitoa] trans-

porte la laetaur dans le jardin des délices , chàteaub. Génie, u, u, 3. || Les délices d'un lieu, d'un pays ce qui la rend plein de douceur et de plaisir. Je connais aussi bien que personne les délices d'Espagne, voit. Lett. 36. Il Les délices de Capoue, quartiers d'hiver délicieux qu'Annibal prit à Capoue après la victoire de Canne», et qui passent pour avoir amolli »on armée. Tout cela porte assez à croire que Tite Live exagère les pernicieux effets dus délices de Capoue, ROLUN, Uist. ane. Qïuirei, t. i, p. 447, dans pouoENs. Il Par extension. C'est le duc de ViUeroi qui est le général de cette petite armée; ils sont dans le repos et les délices de Capoue, c'est le plu» beau pays du monde, sEv. 293. || Fig. Las délice» de Capoue, délices où l'on s'oublie, où l'on s'amollit. Il Les délices de Baies, lieu renommé de la Campanie où les riches Romains allaient chercher le repos. Voilà devant vous le temple de la Sibylle de Cumes; nous traversons les lieux célébrés sou» le nom des délices de Baie», staïl, Corinne, m, s. || 3° Charmes. Craignez que de sa voix le» trompeuse» délices.... i. b. bouss. Ode s. la flatt. || 4° Par extension, vif sentiment de l'âme comparé aux délices du corps. Et s'il faut affronter les plus affreux supplices, Y trouver des appas, en faire mes délices, corw. Poly. I, t. J'en fais tout* ma gloire et toute» mes délices, ID. Sertor. m, 4. La reine, à la gêner prenant mille délices.... id. Rodog. i, ». En nous formant, nature a ses caprices; Divers penchants en nous elle fait observer; Le» uns à s'exposer trouvent mille délices ; Uoi j'en trouve à me conserver, mol. Amph. a, t. Seigneur, que ne pouvons-nous obtenir de votre bonté, si, comme nos prédécesseurs, nous faisons nos chastes délices de votre ËcritureT boss. le Tell. Ceux dont la chasteté faisait les délices, ID. Hisi. n, (8. Souffrir et mourir pour Jésus-Christ, ce sont leurs plus chères délices, boubd. Myst. Pentecôte. Votre parole est devenue la joie et les délices de mon cœur, sact, Bible, Jérémie, iv, (6. Cette liberté qui fait les délices de la cour, mass. Or. fun. Conty. La différence qu'il y a des troupes françaisej aux vôtres [en Perse], c'est que les unes, composées d'esclaves naturellement lâches, ne surmontent la crainte de la mort que par celle du châtiment; au lieu que les autre» se préaentent aux coups avec délice» et bannissent la crainte par une satisfaction qui lui est supérieure, hontesq. Lett. pers. 89. Conservons avec soin, augmentons le dépôt de ces nobles connaissances, les délices des êtres pensant», la placb. Expos, v, 6. Il Lieu de délices, lieu où l'on se platt infiniment. Tout cela ne me console pas d'être loin de Noisy; c'est le lieu de délices pour moi, haintenon, Lett. à d'Aubigné, 3 oct. 1884. || Faire les délices, être les délices de quelqu'un, en être singulièrement chéri. JUoi que du genre humain on nomme les délices, cobh. Tile et Birén. ii, t. Vous êtes les déUces de mon cœur et de ma vie, siv. 69. Ca nom devient les délices des Romains, boss. Hisl. I, 40. De Rome pour un temps Calus fut les délices, RAC. Brit. l, t. Pour entreprendre d'être les délices du peuple, FËM. Tél. zii. Il est les délices de ceux qui vivent avec lui, id. ib. zxi. Il fit les plus chères délice» du roi, bamilt. Gramm. 4<. Télémaquedont Minerve fait ses délices, fîn. Tél. xvii. Tout ce qui peut faired'un homme lesdéUces des autres hommes, MASS. Or. fun. Conty. Ilagouverné Rome au milieu des supplices; U en Atait l'effroi, j'en serai les délices, volt. Mort de César, i, 4. || Faire, être les délices d'un lieu, en faire le charme, y jouir de I.i plus grande faveur. Mon fils est toujours les délices de Quimper, s£v. 309. Il a fait les délices de tous les pays, hamilt. Gramm. <. Vous faites les délices d'una cour toute jeune, id. ib. 6.

— REM. Vaugelas et Marguerite Buffet condamnent délice au singulier masculin. Balzac l'a fait masculin au pluriel : Pour aller jouir avec vous de nos délices communs, {t«. iv, lett. 9. Le genre de ce mot a varié, si bien que, l'anomalie s'éiendant, il est devenu masculin au singulier, et féminin au pluriel.

— UIST. ziu'a, Por ces délices obliint li pecheor nostre Seigneur, Psautier, f* to. || xV g. Tous les plaisirs.... et plusieurs pompes et délices, comm, v, t8. Il ivi* s. Et nou» sembloyt que nous fussions transportez es souveraines délices du ciel, rab. Pant. V, 26. Les superlluitez et délices ioniques, amtot, LrjC. 6. Les délice», estan» destituées des choses qui les nourrissent, vendent à se faner petit à petit, et Quablement à tomber d'elles mesmes, id. tb. M. Il lui recite les grandes délices dont il juuissoit aux champs, 0. db serres, loot. Par ta mort. Adonis, toutes delices meurent, rons. 796. Plongé en l'oysivelé et aux délices, mont, i, 278,

— ËTYH. Berry, delUct, U mouillées; du UltiD

DEL

DÉL

DEL

delieix, au singulier deiieinm, d» delidre, de de,

et laeire, faire tomber dans un lacs (voy. lacs). Velicium, delici/e, en latin, expliquent sans doute le double genre en français.

DÉLICI EUSEMENT (dé-li-si-eû-ïe-msn) , odr. Avec rtéliccs, d'une maniferedélicieuse. Pour qu'un homme vive délicieusement, il faut que cent autres travaillent sans relâche, montksq. Lett.pert. los.jene crois jias avoir èlé, de mes jours, plus vivement, plus délicieusement ému, l. J. HOuss. Conf. vin. |) D'une manière charmante. Cette dame est délicieusement habillée. Fiez-vous k nous : il est impos:iible d'écrire plus délicieusement, sév. Leit. 22 janv. <674.

— HlST. xv* s. Et dit que les moines estoient trop délicieusement nourris de bons vins et de délicieuses viandes, par lesquels délices et superfluités ils ne se pouvoient relever à minuit ni faire leur office.... et les remit aux œufs et au petit vin pour avoir claire voix et chanter plus haut, froiss. m, iv,ïO. || xvi* s. Le vivre voluptueusement et délicieusement, ahtot, Lucull. 78.

— f.TYM. DéUcieuit, et le suffixe ment; provenç. delieiosament i espagn. deliciotamente ; ital. deliliosamenle.

DELICIEUX, ECSR ( dé-li-si-eû , eû-z'), adj. \ Il 1° l'iein de délices. Un lieu délicieux. Un séjour délicieux. Source délicieuse en misères féconde, Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés?coRN. fo/y. rv, 2. Il y a de bons mariages; mais il n'y en a point dedélicieux, LA BOCHEF. Héfl. n3. Emudesentiments purs et délicieux, lemerc. Frid. et Bruneh. I, «. Klle aimait trop le bal, c'est ce qui l'a tuée; Le bal éblouissant, le bal délicieux I Sa cendre encor frémit doucement remuée. Quand , dans la nuit sereine, une blanche nuée Danse autour du croissant des cieux, v. hdoo, Orient. 33. || 2* Livré aux délices. Notre siècle délicieux ne peut souffrir vo- | tre dureté, Boss. Paul, 2. || 8° Qui (latte singulièrement la goût. Des fruits délicieux. D'un joug cruel il sauva nos aïeux; Les nourrit au désert d'un pain délicieux, bac. Athal. 1, *. || Familièrement, qui flatte beaucoup les yeux, l'esprit. Une toilette délicieuse. Nous avons lu et relu plusieurs fois votre lettre; elle est délicieuse, et vous n'avez peutêtre pas senti ce qu'elle vaut, sév. Lett. 2t juin («»i>. ] En ce sens, on leditquelquefoisaussi des personnes. .Une délicieuse femme. || Se dit ironiquement en parlant d'une chose invraisemblable ou insouteuabl*. Voilà une prétention délicieuse I C'est délicieux 1

— SYN. DÊUciKux, nÉLECTABLK. Ces deux mots, ayant étymologiquement un même radical, sont irès-voisins l'un de l'autre; ils ne diffèrent que par la finale , l'une exprimant ce qui abonde, l'autre ce qui effectue. Délicieux est ce qui abonde en délices; délectable est ce qui produit un* sensation délicieuse.

— IIIST. XIII* s. Li siècles ert [était] moult precieus, N'estoit pas si delicieus Ne de robes, ne de viandes, la Rose, 8402. |{ xvi* s. La semence est délicieuse à tous oyseaulx cancres, linotes, chardriers, tarins, etaultres, bab. Pont, in, ♦». Quant i la vaisselle d'or ou d'argent, draps de pourpre, et aultres lelz meubles délicieux, auyot, Alex. 1B. X celle fiu qu'ils se chastiassent eulx mesmes, en se déportant d'estre superflus, somptueux et délicieux, ID. Coton , 36. Jardins somptueux et délicieux , id. Lucull. 78. Puis tressans dans quelque prée Vos cheveux délicieux. Chantez d'une voix iacrée.... bons. 448. Les Tusques mains ingénieuses Jà de trop velouter s'usoient Pour nos femmes délicieuses. Qui en robes trop précieuses Du rang des nobles abusoient, id. 5t6 D'un animal marche-tard ocieux [la tortue]. Fit une lyre au son délicieux, Au ventre creux. Aux accords delecubles, id. «43. Les plus délicieux plaisirs fuyent à [craignent de] laisser trace de soy, et fuyent la veue non seulement du peuple mais d'un aultre, mont, lu, 76.

— ETYM. Provenç. deliciot; espagn. deltctofo; ital. deiiiioio;du latin delicxorut, de delieix, délices.

DËLICOTEK (dé-li-ko-té), V. a. Défaire le licou. Il Se délicoter, v. réfl. Se dit d'un cheval qui se défait de son licou.

— fiTYM. Dé.... préfixe, et Ii'cou, avec un ( qui est de liaison, comme dans tahac, tabatière, café, cafetier, etc. et non d'êiymologie,

t DÉLICTUEUX, KUSE (dé-li-ktu-eû, eù-i"), adj. Terme de droit. Qui caracléris» le délit. Fait délictueux. Intention délictueuse,

— BTYM. Délit.

t. DÉLIÉ, ÉE (dé-U-é, ée), adj. || !• Menu, grêle, mince, fin. Trait de plume fort délié. Taille déliée. Les petits animaux sont doués d'organes très-fins et de membres très-dùliés. Cette coiffe est un peu trop déliée; j'en vais quérir une plus épaisse, hol.

Pùurc. iii, 3. I! porte des chemises très-déliées, la BHUY. xiii. Il Un fil délié, un fil très-menu; et fig. une liaiwn difficile à comprendre. Je vais vous dével(^pflr, par un ou deux exemples, le fil secret et délié qui les a conduits dans le choix délicat de leurs accessoires, dider. Euai lur la peint, ch. *. || Kig. La gloire est une passion qu'il ne connaît point, qui est trop déliée et trop spirituelle pour lui, balz. Dite, à la régente. Cette erreur est si déliée, que, pour peu qu'on s'en éloigne, on se trouve dans la vérité, PAsc. Prov. i. Au milieu des flatteries, le consul désigné, Cérialis Anicius, dit un mot délié que Néron entendit sans doute et dont il ne s'offensa point, DIDER. Eu. t. Claude et Néron. || 2* Délié se dit aussi, dans un langage technique, des humeurs des corps vivants. Le canal destiné à conduire dans l'estomac du fourmi-lion les sucs plus ou moins déliés dont il se nourrit, bonnet, Observ. 3»', Infectes. \\i' Habile par l'adresse et la finesse. Fagou, déUé courtisan, et connaissant parfaitement le roi, Mme de Maintenon, la cour et le monde, st-sim. t*, 4 68. Les Suisses n'étaient pas réputés les hommes les plus déliés, VOLT. Uceurt, 428. Métaphysicien assez délié pour vouloir réconcilier la théologie avec la métaphysique, lo. Louis XIV, 34. Le médecin Fonseca, Portugais, Juif établi k Constantinople, homme savant et délié, capable d'affaires et le seul philosophe peut-être de sa nation, m. Charles Xll , h. \\ Discours, style délié, discours, style dont on ne démêle pas du premier coup l'artifice. Ce terme, donné par quelques littérateurs, n'est pas fort usité. Il 4* S. m. Terme de calligraphie. La partie fine et déliée d'une lettre, par opposition aux pleins. 11 ne fait pas un seul délié.

— HIST. XI' s. L'herbe du champ qui est verte et delgie, Ch. de Sol. ccxLvi. || xii* s. Parmi le piz [il] fu larges, et delgiés par le bu, Sax. 28. Et desus un surpliz blanc et délié [sans doute deljé ; en tout cas, de deux syllabes] e bel, Th. le mart. 466. Sanglant [il] en ot son ermine delgié, Raoul de Cambrai, 68. Il XIII* s. Il ot chemise de cainsil Vestue, délie et sohtil, Lai du trot. Plus beaus chevoils ne plus dulgez. Plus ascemez ne mieuz treciez. Lai du désiré. || xv* s. La poudrière du délié sablon qui là estoit, commença à lever à l'empainte des chevaux, FROISS. lu, IV, 83. Cil Janekin Clinton estoit délié et menu de membres, id. 11, u, 84. {| xvi* s. Les amtt basses et vulgaires sont souvent aussi réglées que les plus desliées, hont. ui, 277. X mesure que ces espinei domestiques sont plus dures et desliées, elles nous mordent plus aigu, id. iv, 74. Se lever si soudain engendre le haut mal et nuit à ceux qui veulent avoir le teint délié, yveb, p. 673. Peau déliée, cheveux unis, paré, Introd. 7.

— ETYM. Lat. delicatus (voy. dêucat), qui a donné dans l'ancien français deljé et délié ; dans le provençal delguat, dalgat ; dans l'ancien catalan delgat; dans l'espagnol et le portugais delgado. Delicatus a donné deljé ou déli4, suivant qu'on y supprimait 1'» bref {delcatus, deljé), ou qu'on y supprimait le c {delialus, délié, comme vocalis, voyelle). Les deux formations sont dans l'analogie de la langue.

t. DÉLIÉ, ËE (dé-li-é, ée), part, passé. Qui n'est plus lié. Un fagot délié. Socrate délié sentit du plaisir à étendre ses membres Le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera déliée, sacy. Bible, Isaxe, xixv, 6. || Dégagé, oélivré. Du monde délié, jerivrai de lumière, D'extase, et de prière. Oubliant, oublié, v. Htioo, Odes, iv, 26. |! Dans la poésie italienne, vers déliés, vers oii la rime n'est point employée, et dans lesquels le poète n'observe que la cadence et la mesure (versi sriolti). || Terme de marine. Navire délié, navire dont le gros temps ou un échouement a fatigué la coque.

t DÉLIÉES (dé-li-ée) , s. f. plur. Terme de vénerie. Les fumées du cerf lorsqu'elles sont bien moidées.

t DÉLIEMENT (dé-ll-man), t. m. Action de délier; état de ce qui est délié.

— ETYM. Délier.

DÉLIER (dé-li-é), je déliais, nous déliions, vous déliiez; que je délie, que nous déliions, que voua déliiez, V. a. \\ 1* Détacher ce qui lie, défaire ce qui est lié. Délier un paquet. La bourse déliant, je mis pièce sur table, regnibh, Sat. xi. || Sans bourse délier, sans rien payer. Les ayant condamnées [ces familles] à l'amende du triple, les ayant ruinées en frais, et fait mettre en prison les pères de famille, il [le contrfileur] avait acheté leurs possessions sans bourse délier, volt. l'H. aux 40 écxu. Audience du contrôleur général. ]| Fig. Un désir qui ne délie jamais nos chaînes, mass. Panég. St J. Rapt. {{ Délier la langue, rendre la parole, permettre de parler.

Voici le jour qui rompt mon silence et qui délie ma langue, u'ablanc. Disc, de Cicéron pour Marceltus, dans BiCHELET. Il Délier sa langue, prendre la parole. Les flatteurs, les fourbes, les calomniateurs, ceux qui ne délient leur langue que pour le mensonge et l'intérêt, la brut. m. || 2* Dénouer. Délier des cordons, des rubans, une corde. Pendant mon sommeil, si ta main De mes jours déliait la trame. Céleste moitié de mon Ame , J'irais m'év iller dans ton sein, l<mabt. Jf^d. 1, «. || Fig. N'être pas digne de délier le cordon des souliers de quelqu'un, lui être infiniment inférieur. Celte locution provient de l'Ecriture : Je ne suis pas digne de délier le cordon de set souliers, en me prosternant devant lui , sact. Bible, Év. St Karc, 1, 7. || 8* Hendre libre d'un engagement. On l'adélié de toute obligation. Ce prince, en abdiquant, délia ses sujets de leur serment de fidélité, ij Terme de théologie. Absoudre, lout ce que vous délierez sur la terre sera aussi délié dans les cieux, SACT, Bible, Év. St Hatth. xvi, 49. Les ministres n'osent plus vous délier qu'après de longuet épreuves, mass. Car. Jiecft. || Dans cette acception, délier t'emploie presque toujours absolument. L'Sglise a le pouvoir de lier et de délier. || 4* Se délier, V. réfl. Défaire ses liens. Qu'on me l'attache bien, de peur qu'il se délie, Tristan, Jf. de Chrirpe, v, 40. Il Fig. Se dégager. Ils semblent même appréhender de pouvoir se délier un jour et de devenir libres, la brut. xii. Etes-vous lié avec une femmet ne cherchez point à vous délier; n'êtes-vous point lié avec une femme T ne cherchez point de femme, SACY, Bible, StPaul, i" Ép. aux Cor. vu, »7. Il Terme de marine. Se délier, éprouver, en parlant d'un navire, en ses pièces principales, quelque dérangement.

— HIST. III* s. Ours et liparz [il] voioit touz detliez, Rone. p. 4 4 2. X prince terrien ne volt aine Deut baillier Les clefs del ciel, qu'il poent lier et deslier. Mais as ordenez fait sa poesté traitier. Th. le mart. • 4. Mult fuissent à pécher li pluisur deslié. Quant autrement ne fussent destraint par le clergié, 16. 09. I xtir s. La deslie Morans, qui en ot grant [ùtié, Berte, ixi. Mes cist niauvesement deshent Le neu de ceste question, la Rose, 47484. Quant deslié fu, sans plus dire, Son col [il] met enz et sache et tire Le chien parla cuisse.... Ren. 4 7648. Et Renart, qui, en mainte guise, Engingne la gent et déçoit, Deslié l'a, si le conjoit, «6. 63oo. Nostre sires deslie les enliez. Psautier, I* 476. || xvi' s. Nature nous a mis au monde libres et deslie/., mont, iv, 403.

— ETYM. Dé.... préfixe, et Jter; picard, déloyer; provenç. desliar ; anc catal. desliguar; espagn. desliar, desligar; iul. slegare.

t DÉLIGATION (dé-li-ga-sion ), s. f. Terme d« chirurgie. Application méthodique des bandages.

— ETYM. Lat. deligare, bander, de la préposition de, et ligare, lier.

t DÉLIGATOIRE (dé-li-ga-toi-r*) , odj. Qui appartient à la déligatioii. Appareil délipatoire.

t DÉLIMITATEUR (dé-li-xai-U-teur), s. m. Celui qui limite.

— ETYM. Délimiter.

DÉLIMITATION (dé-li-mi-ta-»ion; en vers, de six syllalies), s. f. Action de délimitiT. Demander la délimitation de ses propriétés. || Résultat de cette action. Changer les délimitations.

— ETYM. Délimiter.

DÉLIMITÉ, ÉE (dé-li-mi-té, tée), part, passé. Un compartiment bien délimité.

DÉLIMITER (dé-li-mi-té), V. a. Marquer, fixer, tracer des limites. Délimiter le sujet de ses élude».

— ETYM. Lat. de/imt(are, de de, et limts, limitis, limite.

t DÉLI.MONER (dé-Ii-mo-né), D. o. Terme de cul sine, ôter la mucosité, le limon qui est sur let écailles des poissons.

— ETYM. Dé.... préfixe, et limon.

f DÉLINÉATEUR (dé-li-né-a-teur), *. m. Cela,' qui dessine le trait.

— ETYM. Voy. DÊLINeATIOM.

DÉLINÉATION (dé-li-né-a-sion), s. f. Action de

tracer un objet au simple trait. |{ Figure dessinée au Irait II Terme de géométrie. Tracé des lignes droites ou courl>es, nécessaires pour la levée des plans et la projection d'un corps solide.

— HIST. xvi* s. La faculté auctrice ou augmentatrice, qui commence depuis la delineation et conformation, et dure jusque» à.... PARÉ, Introd. 8.

— ETYM. Lat. delineationem , de deltneare, tracer une ligne, de de, et linea, ligne (voy. ugsk).

t DÉI.INÉER (dé-li-né-é), «. <»• Tracer le contour d'un objet au trait.

— ETYM. Voy. nÉLINiiATIOH.

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DEL

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DfiLINOnANT, ANTE (dé-lin-kau, kan-f), s.m. et f. Terme de jurisprudence. Celui , celle qui a commis un délit.

— HIST. ivr s. U faisoit punir les delinquans avec telle modération, qu'il doniioit assez à coff iioistre que ce n'esloit point par appétit de vengeance, AMïOT, Artax. ♦.

— KTYM. Délinquer.

DftLINOCER (dé-lin-ké), V. n Terme de jurispnid.nce. Commettre uji délit. On punira ceux qui ont délinqué.

— HIST. XV' s. Les dits capitaines casseront des gages d'un quartier ceux qu'ilz trouveront avoir excédé et délinqué, Ordonn. « oct. U86. || xvi« s. Si quelque clerc n'eust rien commis contre les lois, mais seulement eust délinqué en son office, il n'estolt point adjournéau tribunal commun, mais avoit son evesque pour juge, calv. Instil. «St.

— ÉTYM. provenç. et espagn. delinquir; ital. delinquere; du latin delinquere, qui veut dire abandonner, manquer, commettre un délit, de de, et linquere, laisser.

t UÉLIOT (dé-li-o), s. m. Synonyme de délot.

BÉLIOUESCENCE (dé-li-kuè-ssan-s'), s. f. Terme de chimie. l'hénom?!ne offert par certains corps solides qui attirent l'humidité de l'air et se dissolvent.

— ÊTYM. Déliquescent.

DftLIOUESCEXT, ENTE (dé-li-kuèssan, ssan-f), adj. Terme de chimie. Qui attire l'humidité de l'air et s'y résout en liqueur.

— ÊTYM. Lat. deliquescens , de deliquescere , de de. et liquescere, se fondre (voy. liqueur).

DELIOUIUM (dé-li-kui-om'), t. m. Terme de chimie. État d'un corps qui, de solide, est devenu liquide, en absorbant l'humidité de l'air.

— ÊTYM. Lat. deliquium, de deliquescere (voy déliquescent).

BÉLIUANT, ANTE (dé-li-ran, ran-t'), adj. || !• Atteint de délire. Je demeurai longtemps muette, délirante. Mes regards sans rien voir devant moi se fixaient, millev. Trad. de The'ocr. || Une joie délirante, une joie qui délire, excessive. {{ Terme de médecine. Conceptions délirantes, celles qu'ont les fous ou les malades en délire. |{ 2° Fig. Fou, extravagant, en parlant de l'esprit. Imagination délirante. Il 3' Par une autre ex/''nsion, avec le sens actif, et seulement dans le style ramilier et moqueur, qui met en délire, qui fait perdre la raison. Une robe délirante. Que disiez-vous donc? Hais il est délirant [en parlant d'un viediard que l'on disait tout cassé, et qui entre au contraire fier et pimpant, comme un beau à la vieille mode] , bayard et jaime, le Béveil du Lion, i, I2. || 4° S. m. Terme de médecine. Personne en délire, llest dangereux de laisser libres les délirants.

— HIST. xiii* s. La terre en remaint esbahie; Ci a mort delireuse et fiere, Que nuns hom n'en fait bêle chiere Fors celé pute gent haïe, ruteb. 57.

DÉLIKE (dé-li-r*), s. m. \\ 1" Egarement d'esprit causé par maladie. Un délire aigu , chronique. Comme si vous eussiez été en délire, sRv. 528. || Dans le langage médical, perversion de l'entendement, causée soit par la fièvre, soit par les boissons alcooliques, soit par une lésion idiopathique des fonctions cérébrales, et qui fait que le malade associe des idées incompatibles, et prend ces idées ainsi alliées pour des choses réelles; désordre des facultés intellectuelles avec ou sans altération des facultés morales. Il i' Fig. Égarement. Le délire de l'esprit, de l'imagination, des passions. Porter la passion jusqu'au délire. Je vois l'emportement de cet affreux délire, VOLT. Irène., v, 3. N'auriez-vous pas voulu pour gouverner l'empire. Que j'eusse de Caton consulté le délire? lo. Catil. v, 6. Et que t'aura produit ton vertueux délire? m. j. chén. Gracques, m, 4. Il 3" Enthousiasme, fureur poétique. Un sublime délire. De tes esprits émus le délire s'empare, lemebc. Agamemn. iv, 5. Cassandre dans l'excès d'un ■délire sacré.... luge de lancival, Hector, u, 3.

— HIST. xvi* s. Les signes qui demonstrent le diaphragme estre blessé, sont pesanteur au lieu blessé, délire, c'est à dire perturbation de raison,

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