‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 33 sur 388 · PARE, VIII · texte numérisé non relu

PARE, VIII

— ÊTYM. Lat. delirium, de delirare, délirer. DÉLIRER (dé-li-ré), «. n. Avoir le délire, être en

délire. || Fig. Être en proie à une émotion qui trouble l'esprit. Les réponses ne venant point, ou ne venant pas quand je les attendais, je me troublais entièrement, je délirais, j. J. Rouss. Conf. xi.

— ÊTYM. Lat. delirare, proprement s'écarter du sillon; de de, de, et lira, sillon; métaphore de laboureurs.

t DELIRIUM TKEMENS (dé-U-ri-om' tré-mins'),

». m. Terme de médecine. Délire accompagné de tremblemem qui oiTecte ceux qui font abus des liqueurs alcooliques.

— ÊTYM. Lat. delirium , délire , et tremens, tremblant.

fDfiUSSAGE (dé-li-sa-j'),x. m. Action d'enlever, par le moyen d'un instrument, aux chiffons destinés à faire du papier, les coutures et autres accessoires.

— ÊTYM. Délisser.

t DÉLISSER (dé-li-sé), «. o. Défaire ce qui était lisse. Uélisser les cheveux. || Trier les feuilles de papier, les chiffons.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et lisse.

f DÉLISSEUR, EUSE (dé-li-seur, seû-z'), ï. m.et f. Ouvrier, ouvrière qui fait le triage des feuilles de papier.

— ÊTYM. Délisser.

<. DÉLIT (dé-li; le (se lie : un dé-li-t-ignoble; au pluriel, \'s se lie : des dé-li-i ignobles), s. m. 111° Terme de jurisprudence. Infraction quelconque de la loi. Commettre un délit. Les plus graves délits. Ma propre femme enfin trempant dans ce délit Perdrait sa part au jour et sa place en mon lit, rotr. Bélis. II, 13. Il Le corps du délit, l'action même du crime qui a été commis: se dit par opposition aux circonstances. Il Flagrant délit, le délit aperçu au moment oii il se commet. Prendre en flagrant délit. Il 2* Infraction que la loi punit d'une peine correctionnelle. Un délit de presse. {| Délit forestier, rural, infraction aux lois sur les forêts, sur la police rurale. || Terme d'eaux et forêts. Arbres de délit, ceux qui ont été coupés contre les ordonnances. Il 3° Terme de droit civil. Fait illicite qui cause du dommage à autrui avec intention de nuire. Les obligations qui naissent d'un délit. Ce fait constitue un simple délit civil.

— HIST. ivi* s. Tous délits sont personnels [le répondant n'est tenu que civilement, non corporellement] ; et en crime n'y a point de garant [l'auteur et l'instrument sont égaienienl punis] , loysel, 7»7.

— ÊTYM. Lat. delictum, du supin de delinquere, délinquer (voy. ce mot).

2. DÉLIT (dé-li), t. m. || !• Terme de maçon. Côté d'une pierre opposé à celui qu'elle avait naturellement dans la carrière. Mettre une pierre en délit. Il Position d'une pierre, placée de telle sorte, que son lit de carrière est vertical ou incliné sur l'horizon. Il 2° Terme de géologie. Joint ou veine que présentent un bloc d'ardoise, des roches, des terrains. Les émanations salines qui, à chaque époque de dislocation de l'écorce terrestre, se sont manifestées pendant un temps plus ou moins long et qui se sont épanchées sur plusieurs points, où elles ont constitué, parleur refroidissement, des roches enclavées et sans délit, L. cordier, Acad. des se. Comptes rendus, t. uv, p. 297.

— ETYM. Dé.... préfixe, et lit: ce qui est hors de son lit, de sa position régulière.

+ DÉLIT.'VGE (dé-li-ta-j'), s. m. Action de déliter les vers à soie. On dit aussi délitement.

— ÉTYM. Déliter.

t DÉLITATION (dé-li-ta-sion) , s. f. Action de déliter, de se déliter. La déhtation des pierres, d'un minéral.

— ÉTYM. Déliter.

DÉLITÉ, ÉE (dé-li-té, tée ), port. p<Ms^. Il l- Pierre délitée, pierre placée autrement qu'elle n'était dans son lit de carrière. || 2° Chaux délitée, chaux qui l'est levée par feuilles en attirant l'humidité de l'air.

] DÉLITEMENT (dé-li-te-man), s. m.Voy. dêutage.

DÉLITER (dé-li-té), v. a. \\i° Terme de maçon. Poser une pierre sur le côté opposé à celui qu'elle avait dans la carrière. U ne faut pas déliter les pierres. Il Détacher l'ardoise ou la pierre par dalles ou blocs de la masse de la carrière. || Couper une pierre dans le sens de son lit de carrière. || 2* Terme de magnanerie, ôter les vers i. soie de dessus la litière, qui est leur lit. || 8" Déliter la chaux vive, l'hydrater, l'arroser avec de l'eau. || 4° Se déliter, v. réft. Se fendre naturellement dans le sens de son lit de carrière, en parlant d'une pierre. || 8° Se déliter, se dit de certaines pierres qui, par l'effet de la gelée, se lèvent par écailles, par couches, par lits. La chaux se délite spontanément à l'air, en attirant l'humidité.

— ÉTYM.B^Ji* 2. Le préfixe d^.... signifie /tort de, dans les deux premiers sens, et j>ar lits, par couches, par feuilles, dans les autres.

i. DÉLITESCENCE (dé-li-tè-ssan-s'), t. f. Terme de médecine. Disparition rapide d'une affection locale, d'une tumeur, sans qu'elle se reproduise sur un autre point, ce qui distingue la délitescence de la métastase.

— HIST. XVI* s. La termination des apostemes se fait par quatre manières, à moins que d'elles mesmes, sans aucune occasion manifeste, elles ne s'en retournent par délitescence, ou.... paré, v, 3.

— ÉTYM. Lat. delilescere, se cacher, de la préposition de. et lalere. être caché (voy. latent).

t 2. DÉLITËSCKNCE (dé-li-tè-ssan-s'), s. f. Terme de chimie. Phénomène qui a lieu quand, un cristal perdant son eau de cristallisation, les lames s'en détachent et s'en brisent en parcelles, ou quand un corps, absorbant de l'eau, se désagrège.

— ÊTYM. Déliter ; mot formé par confusion de désinence avec la délitescence du langage médical. C est délilance qu'il aurait fallu dire, du participe délilnnt, ou délitation, qui en effet existe.

DÉLIVRANCE (dé-li-vran-s'), s. f. || 1* Action par laquelle on délivre; résultat de cette action. La délivrance d'un prisonnier. Et n'épargne contre eux, pour notre délivrance, Ni le feu ni le fer.... malh. u, 1 2. Et si cette aventure doit être achevée par un de» plus honnêtes hommes du monde, j'espère que je vous devrai ma délivrance, voit. Letl. 34. Ici la délivrance en paraît trop facile, cobn. Nicom. v, 6. Granit roi, l'heureux succès de celte délivrance Vous est beaucoup mieux dû qu'à mon peu de vaillance, ID. Médée, IV, 3. Et tous les peuples furent étonné» d'une délivrance si miraculeuse, Boss. B«ine d'Angtet. Et sur mes faibles mains fondant leur délivrance, BAC. Esth. i, <. Le gouverneur [de la Bastille] aimait son prisonnier; il fut très-aise de sa délivrance, VOLT. l'Ingénu, 18. || 2" L'action de débarrasser de ce qui nuit; résultat de cette action. La délivrance des peines qui nous affligent. J'ai su faire la délivrance Du malheur de toute la France, malh. v, 20. Demander la délivrance des maux, maucboix, Homél. <4, dans richelet. || 3° Remise d'une chose entre les mains de quelqu'un ; action de mettre en possession. La délivrance de la chose vendue. L'exécuteur testamentaire doit faire la délivrance des legs. Il 4° Accouchement. Cette femme a eu une heureuse délivrance. J'étais encore dans le salon voisin à attendre sa délivrance, lorsque ma belle-mère viut me dire: venez embrasser votre femme et la sauver du désespoir; votre eufant est mort en naissant, MARMONTEL.lf^m.x. || Termed'ohstétnque. Expulsion des annexes du fœtus ou arrière-faix. La délivrance suivitdeprésiamiseau mondede l'enfant. || S'Terme d'eaux et forêts. Action de marquer, de délivrer du bois à des usagers. || Action de désigner des cantons de bois pour le pâturage et la glandée. || 6" Terme de monnaie. Permission en forme de donner le cours aux monnaies, lorsqu'elles ont reçu leur perfection.

— HIST. xii» s. J& par autrui [je] n'i aurai délivrance, Couci, XI. Vous défissiez querre leur délivrance [des captifs] , que.snes, Romancero, p. (01. Il XIII' s. C'est grans pès [paix] et grant délivrance as exécuteurs et à cex meismes qui sont dit el testament, BEAUM. XII, 58. Et que vous donrriés au soudanc pour vostre délivrance.... joinv. 242. Nostre sauvement et nostre délivrance de noz anemis, Psautier, S" t9.K Au soir, après la mie nuit, [vous] auroiz enfant et vos deliverroiz. — De ce ai grant merveille que vos savez si bien ma délivrance, lierlin, ^68, recto. Il xv s. Je leur ferai faire délivrance d'or et d'argent, tant que ils vous serviront volontiers, FROiss. i,i, 9. Fit appareiller hostels pour recevoir le roi de Behaigne [Bohème] et le roi de Navarre, qui estoient de la délivrance [auxquels il faisait délivrera ses dépens ce qui était nécessaire), id. 1 , 1 , 5t . Le roy envoya vers ledit duc pour en avoir U délivrance [du connétable] [c'est-à-dire pour qu'il lui fût livré, selon les termes du traité], comm. iv, (2. Il xvi's. Délivrance de meuble vendu présuppose paiement, LOYSEL, 409. L'une appellée chorion, autrement dite secondine, arrière faix ou délivrance (combien que les vulgaires appellent ainsi toutes les tuniques ensemble), paré, i, 3&. Il escrivoit à Idrien prince de la Czirie, pour la délivrance d'un sien ami : si Nicias n'a point failly, délivre le; s'il a failly, délivre le pour l'amour de moy; mais, comment que ce soit, délivre le, amyot, Agésil. 21. Voylà pourquoy il [Épaminondas] feut si froid à l'entreprinse de Pelopidas, son compaignon, pour la délivrance de Thebes, mont, m, 195.

— ÊTYM. Délivrer; provenç. deslivratisa , desliuransa, delivratisa. On trouve aussi, dans les ancien» textes, delivrement.

t. DÉLIVRE (dé-li-vr'), s. m. Nom vulgaire de» enveloppes du fœtus, lesquelles, soruint, délivrent la femme et terminent l'accouchement.

— ÊTYM. Voy. DÊLIVREB.

+ a. DÉLIVRE (dé-li-vr'), t. m. Terme de faucon-

rK!

nerie. Un oiseau fort i dêliTTR ost celui qui n'a point do corsage et qui est presipie siins chair cumina le héron.

— ÉTYM. L'ancien adjectif diflivrt, qui signifiait dégagé, svflte, et qui tient à délivrer.

DÉLlvnÉ, EE (dé-li-vré, vrée) , part, passé. Il !• Mis en liberté. Des esclaves délivrés. || 2" Kig. Sauvé de. I.e voilà délivré des maux de la vie et, comme disait Fontenelle, de la difficulté d'être.... d'albmb. Lettre au roi de Prusse, n avril t77). Il 3* Remis. Une somme de mille francs délivrée au créancier. || Femme délivrée, femme dont l'accouchement est terminé. Il 4* Terme de fauconnerie. Oiseau délivré, oiseau qui n'a point de corsage et qui est presque sans chair. Héron délivré, héron maigre et dont le vol n'est point retardé par l« poids que lui donnerait sa chair.

DÊLIVBKR (dé li-vré), c. o. j] 1' Mettre en lil>erté, tirer de la captivité. Délivrer un prisonnier. Il avait accoutumé de délivrer, à la fête de Pâques, celui des prisonniers que le peuple demandait, sàcy. Bible, Év. S( Uarc, xv, ». Le Soudan, comme lui, gouverné par l'honneur, Croit en vous délivrant égaler son grand cœur, volt. Zaïre, n, 3. || S" Sauver de, arracher à. Délivrer sa patrie des guerres civiles. Annihal se fil apporter le poison qu'il gardait depuis longtemps pour s'en servir dan» l'occasion, et, le tenant entre ses mains: délivrons, dit-il, le peuple romain d'une inquiélude qui le tourmente depuis longtemps, roiun, llist. anc. ûfiuureï.'t. i, p. 503, dans pougens. || l'ar extension. Délivrer quelqu'un des importuns. Délivrez-moi, monsieur, de la criaillerie, mol. Tart. y, 7. || 3" Livrer, remettre. Délivrer de la marchandise. Délivrerl'eipédiliond'un acte. Délivrer cinq cents talents pour les nécessités de la guerre, vaugkl. (I. C. liv. m, dans bichelet. Un franciscain reçut secrètement les brefs pour les délivrer en mains propres aux prélats, volt. CliarlesXlI,3. Mon.sieur Loyal, délivrez-moi quittance; Vive le roi, voilà dix mille francs, uërànq. Dix m. fr. Il Délivrer des ouvrages à un entrepreneur, lui donner des travaux à exécuter. || Délivrer des ouvrages, les rendre terminés. On dit plutôt livrer. Il Familièrement. Délivrer des coups d» bâton, des coups de poing, battre à coups de bâton, à coups de poing II 4° Accoucher une femme. La sage-femme l'a délivrée heureusement. || Plus particulièrement, retirer le délivre. || 5' Terme de marine. Enlever d'un bâtiment tout ou partie d'un bordage pour en visiter la membrure. || Enlever la mauvaise toded'une voile. Il 6° Se délivrer, ». réft. S'affranchir, se débarrasser. Se délivrer d'un joug insupportable. Se délivrer d'un ennemi. Se délivrer d'un ennuyeux. Celui qui un beau jour sait renoncer fermement à une grande autorité.... à une grande fortune, se délivre en un moment de bien des peines, de bien des veilles, et quelquefois de bien des crimes, la bbuy. vm. || t^e délivrer de quelqu'un, satisfaire à ses réclamations. Ehl monsieur, dtlivrez-vousd'elle, et donnez-lui les deux cent mille francs, haiuvaux, le Legs, se. l». Il Accoucher. Celte femme s'est délivrée heureusement.

— iilST. II* S. Si famé est jugée à mort qui seit enceinte, ne face l'um justice, desqu'ele seit délivrée, L. de Cuill. 36. || xii* s. En serons délivré, Itonc. p. 20. Par amistié vous goit-il [cet anneau] délivrés [remis], ib. p. 31. Bataille auront, Dex les puist délivrer, ib. p. 37. Saint Daniel [tu] délivras du lion, ib. p. 48. Que me facez [fassiez] ce mostier délivrer [remettre], ib. p. 172. Au tierz jour si leur jaux lions] .soit délivrez li gloutons, ib. p. 200. Tuz fui quite clamez Par sun comandement, si que bien le savez, E d'acuntes e d'el [du reste] fui iloec délivrez: Pur ça ne voil rentrer en plait, qui est finez, Th. le mon. 44. Sa vus nel délivrez, nus sûmes mal bailli : Li reis e saint iglise e nus iermes [serons] hiini, ib. 42. Mors est Herbers, si com j'ul conter. Oui Vermandois sieut tenir et garder; Faites m'en tost les honors délivrer, Haoul de C. 34. || xiii* s. Ensi fu Andreiioble délivrée del siège, et s'en returna li marchis arriéres à toute sa gent, villeh. cxxi. Si leur suit tost la garce et errant délivrée [livrée], Berte, xvi. Qui de ce grant péril la veuille délivrer, ih. XVII. Et ce avint qu'il li prist talent d'alar outre mer et volontiers mesist cunsels de délivrer la sainte tiere des mains al Sarasins, 6'hron. de liains, p. 4. Si vous requier, sire Apius, Que vous me deUvrés , remettiez] ma serve; Car il est drois qu'ele me serve, ia Rose, 6633. Li baillix doit metra grant palne de délivrer ce qui est pledié devant li, bealm. 33. Quant li bois fu vendu et délivrés, li uns dus compaignons se trest à cix qui dévoient les detes.... ID. XXI, 2*. Bq ce cas riens ne le pot délivrer de la

bastardie que une «nie chose, e'»»t (piant II est eonceus de celi meisme qui espousa puis sa mère, ID. xviii, 2. Et ces choses vous monslré-je, poiirce que il se délivra tout seul par son senz de ce que il avoit à fere, joinv. 2»i. Je le vi aucune foiz en esté, que, pour délivrer [expédier] sa gent, il venoit ou jardin de Paris, id. le». || xv* ». Furent payés et délivrés â Londres pour trois mois [les gens d'armes envoyés eu France par Richard] , fboiss. ii, ii, Si. Seigneurs cardinaux, delivrez-voua [dépècliez-vous] de faire pape, lu. II, II, iO. Et se Tint rendre à eux, qui le prirent et l'amenèrent en l'ost, et le délivrèrent à leur maistre, qui.... ni. I, l, (34, [Isabelle] Fit appareiller toutes sei besognes, et payer et délivrer aux hostes, le plus coyement et bellement qu'elle pust, et partit de Paris, id. i, i, 41. Et dit le roi d'Angleterre à son cousin Derby qu'il prist assez or et argent et le donnas! et départis! largement aux chevaliers et escuyers; car on lui en delivreroit assez, ID. I, I, 216. Si fut celte chose si approchée que, droitement la nuit de l'an, la chose fut arrestée d'estre faite, et devoit le dit Aimery délivrer [livrer] le château de Calais en celle nuit [aux ennemis] , lo. I, I, 32S. Il se vint loger en une hoslellerie, qui par le fourrier de monseigneur avoit esté délivrée [assignée], louis xi, Souv. lxxi. |{ xvi* s. Esquelz l'on delivreroyt [remettrait] les cloches, bas. Garg. i, is. Pourquoy délivrez-vous vostre argent, et n'en achetez point de pain? calv. Inslil. ta. Si un serf délivré de [par] son maistre ne veut point cognoistre sa condition, mais s'attribue ingénuité: ne merite-il pas d'estre rédigé en servitude? m. tb. 623. Ainsin il se veid délivré de cet accident sans aulcun inconvénient, mont, ii, 3i. Se sauvant ainsi du serva;;e apr^'Z en avoir délivré les siens, id. ii, 32. Du temps (|ue les arrests se délivraient en latin, desper. dntes, xLix. Œthra. quelques mois après, se délivra d'un beau fils, lequel fut dès lors appelle Theseus, AMVOT, Thés. 4. Ainsi Theseus, estant délivré de celte captivité, s'en retourna à Athènes, id. ib. 43. 11 délivra sa mère de mort évidente, et remeit son ayeul sur le Ihrosne, m. Thds. et Hom. camp, i. Les Veiens résolurent de ne le deUvrer [livrer] point aux Romains qui le demaiidoient, m. Publ. 25.

— fiTYM. Dé.... préfixe, et libre, quand il s'agit de mettre en liberté, et livrer, quand il s'agit de remettre; picard, délibérer ; provenc. deslivrar, desliuar, deslieurar, delivrar; catal. destliurar ; anc. espagn. delibrar ; ital. delivrare. On verra, k l'étymologie de livrer, que itrrcr vient du latin liber, libre ; de sorte (]ue délivrer au sens de mettre en liberté, el délivrer a.11 sens de remettre, coïncident par le radical.

t DÉLIVUEUR (dé-li-vreur), t. m. || l* Celui qui met en liberté. Le délivreur d'Andromède Vit moins de monts et moins de vaux, voit, dans richelet. Il 2° Chez le roi, ceux qui, dans les offices, distribuaient le pain, le vin et les autres provisions nécessaires pour l'usage de la maison et des tables. Il 3° Terme de manège. Domestique qui distribue l'avoine aux chevaux. || 4° L'un des deux tambours qui font partie des cardes à carder le coton en gros ou & nappe.

— HIST. xiv" s. Que ceste besongne se fesoit par les delivreux du pleba romain, bebcheube, f' 7(, recto.

— ÉTYM. Délivrer.

DÉLOGÉ, ÉK (dé-lo-jé, jée), part, passé. Chassé d'un logement, d'un poste. || Qui a changé de logement. Aussitôt que je serai délogée à Pâques, je ne penserai plus qu'à vous aller voir, sEv. S8.

DÉLOGEMENT (dé-lo-je-man), s. m. Il 1* Action de déloger, de changer de demeure. Ces jours de loisir nous ôtent l'embarras du délogement, sEvio. | 360. J'avance ce délogement pour ne pas séparer le j raccommodement de l'archevêque de Reims de trop loin de sa disgrâce, sx-stii. Il», 46. Nous y avons] demeuré paisiblement et agréablement pendant sept , ans jusqu'à mon délogement pour l'ermitage, J. J. i bouss. 6'on/. viii. Il 2* Départ des gens de guerre | logés par étape. Vieux en ce sens, {j Décampement. Vieux en ce sens. Le délogement de cette divisioo s'est fait à la hâte.

— HIST. XV* s. Quand ceux de Calais virent le delogement de leurs gens [l'armée qui devait les délivrer], si furent tous desconfits et desbarelés, fboiss. I, I, 318. Il XVI' s. Avant le deslogement se commit un acte très vilain d'un forcement de fille par un gentilhomme, lanoue, 667. Sur le deslogemeni qu'il devoit faire de Libourne à Coutras.... d'aubio. llist. II, 413. Sur le delogement fuyard du prince d'Oranges, carl. i, 7. Or avoient bien les Parthes apperceu le deslogement des Romains, et néant-

DEL

moins ne le» avoient pas voulu poursuivre la nuict, AMYOT, Crasstu, 64. Je pensois, lui respondit-il, à me tenir prest et bandé de toute ma force pour veoir si, en cest instant de la mort, si court et si bricf, je pourrai appercevoir quelque deslofiement de l'ame et si elle aura quelque ressentiment de son yssue, MOWT. ii, 60. C'est assez vescu pouraultruy; vivons pour nous, au moins ce bout de vie.... puisque Dieu nous donne loisir de disposer de notre deslogement, préparons-nous y, id. i, 27».

— ETYM. Déloger. On a dit aussi desloyis pour décampement.

I . DÉLOGER (délo-Jè. Le g prend un e devant a et o; je délogeais, délogeons), v. n. || 1* Sortir d'un logement pour aller s'établir ailleurs. Us délogent II chaque terme. || ï* Familièrement, sortir d'un lieu. La déesse Discorde ayant brouillé les dieux.... On la fit déloger des cieux, la font. Fabl. vi, 20. Ainsi donc au plus tfll délogeant de ces lieux, boil. Sat. x. Uon père, si matin qui vous fait déloger [sortir de chez vous]? RAC. Plaideurs, r, 4. Non, dit la voix, plus de fêtes; Esprits, vite délogeons, bébano. Lutins. Il Fig. Il se perd aussitôt et déloge du monde lil meurt], HALU. i,* Elle sent chaque jour Déloger quelques ris, quelques jeux, puis l'amour, LA FONT. Fabl. vn, t. Il y a des païens qui croient qu'après la mort d'un homme son iine ne fait que déloger d'un corps à un autre, llist. des llraminet, dans RICHELET. Il faut que tout déloge, pièce à pièce, jusqu'à ce qu'on retombe dans l'état où l'on était avant de naître, volt. Leit. Urne du Drifant, 3» ocl. <777. Il se renferma seul dans une pente maison, où il attendit en philosophe que son âme délogeât de son corps pour passer dans un autre, dioerot, Opin. des anc. phil. {Sarrasins). Délogez à l'inslantl — Déloger I ah fi! que c'est mal fiarlerl beau». Barb. de Sév. ii, t2. || 3" Partir, en parlant de troupes logées par étapes. Vieux en ce sens. Les troupes qui y étaient sont délogées, sEv. <84. {| Décamper. Ils délogèrent sans trompette. || Fig. Déiogei sans trompette, sans tambour ni trompette, sa retirer secrètement, sans faire de bruit. Et les petit* en même temps, Voletants, se culebutants. Délogèrent tous sans trompette, la font. Fabl. iv, 22. Holàl madame la belette, Que l'on déloge sans trompette; Ou je vais avertir U)us les rats du pays, ID. Fabl. vir, ib. Veux-tu parler? — Monsieur, il faut faire retraite. — Comment? — II faut d'ici déloger sans trompette, mol. Uis. iv, 4. {| Faire Jacques déloge, s'en aller au plus vile et sans bruit. L'explication est : Jacques, déloge, ordre qui est donné à Jacques, nom propre pris d une manière générale, et devant lequel on met le verbe faire. Il 4* V. a. ôter un logement â quelqu'un, lui faire quitter son ajipartement. Je n'ai pas dessein de vous déloger. On a bien délogé des gens de Sorbonne, mais cela ne me déloge pas de chez moi, pasc. Prov. 17. Il B* Terme de guerre. Faire quitter un poste. On a délogé l'ennemi de cette place. || S* Pig. et familièrement, faire sortir quelqu'un d'une position commode où il s'était mis. Aurait aussi attenté ladite Raison, par une entreprise inouïe, de dél gei le feu de la plus haute réKion du ciel, et prétendu qu'il n'avait là aucun domicile, nonobstant les certificats du dit philosophe [Aristole] et les visites ei descentes faites par lui sur les lieux, boileau, Arrti burlesque. La veille de son arrivée, on me déloge:> de la chambre de faveur que j'occupais, cuntiguè à celle de Mme d'Ëpinay; on la prépara pour M. Grimm,j. J. bouss. Confess. u. Pourquoi entre-l-il [le serpent, le démon] tous les jours dans le corps des gens par sa seule venu, et tant de gens sages prétendent-ils l'en déloger par des paroles ? volt. Taureau blanc, t.

— REM. Déloger, t. n. se construit avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action, ei avec l'auxiliaire ^lr«, quand on veut e\primer l'étal il a délogé aujourd'ûui ; Il est délogé depuis huit jours.

— HIST. XII* i. Quant Ii baron prisent [prirent] i desloigier. Vers Origni prisent adès loigier, Jiaouf di C. 82. Il ziii* s. Si se délogea maintenant li os [l'armée] , et vint herbregier en la ville dedens , villeh. XLIX. Ains ardi ses engins et se deslogea, et ensi se parti del Dimot, id. clxi. || xiv* s. Au chastel de Moncel fu Piètre le tirant, Qui par moult grant mahce s'ida laiens celant; Quant il vit que Henri n'ala point deslogeant.... Guetcl. («636. || iv* s. Ces barons de Northomorelande passèrent la nuit au mieux qu'ils purent, et à lendemain sedeslogerent, fboiss. II, II, t». Voyant qu'il n'estoit pas assez fort, il deslogeoit tousjours devant eulx, comm. i, 3. || xvi* s. Elle envoya quérir son frère pour l'emmener en son

DÊL

pays, et sa délogea incontinent d'avecques sa soeur, MARO, Nouv. XLii. Ceux qui en furent deslogez à force par tiostre armée, mont, i, M. Rien ne me peut desloger de la certitude que j'oy de.... m. I, au. Il luy feit présent, au desloger, d'un livre qui.... m. n, l»«. Cela estantainsi advenu. Perseus se deslogea i grand haste du lieu où il esioit, et se retira arrière tout effrayé, amtot, P. ^m. î7. Avant qu'il fust notoirement descouvert pour Iraistre, il deslogea de bonne heure, ID. Crassut, 43. M. le Prince deslogea le lendemain, lanoue, 69). M. le Prince, estant deslogé, dressa sa teste vers ...ID. B9<. Il faisoit aussi e.stat de les desloger d'oii ils estoyent, ID. «18. De là est venu le proverbe, desloger sans trompette, qui s'approprie communément k ceux nui, tremblants de peur, se dérobent de quelque lieu sans faire bruit, carl. i, 7.

— 6TYM. W.... préfixe, et loger.

t î. DÉI.OCrKlt (dé-lo-jé), s. m. L'action de déloger, de s'en aller, de décamper.

— HIST. XVI* s. X son desloger se flt rencontre, auprès de la Flume, de la troupe du comte de la

Roche, D'AOB. His(. Il, 3B4.

— Btym. Déloger, à l'infinitif, pris substantivement.

f DÉLONGER (dé-lon-jé), «. o. Terme de fauconnerie. Ôter la longe à un oiseau. On trouve aussi délongir.

— ETYM. Dé.... préfixe, et longe.

I I»ÉLOT (dé-lo), I. m. Terme de marine. Garniture de cuir pour le petit doigt, à l'usage des calfats. Il Synonyme inusité de ce qui est nommé aujourd'hui cosse, et sert à revêtir une boucle de corde pour l'empêcher de se couper.

— ETYM. Diminutif de l'ancien français detl, dé à coudre 'voy. dé 2).

t DÉLOVER (dé-lo-vé), v. a. Terme de marine. Dérouler un câble qui était lové ou plié en cercle.

— ETYM. Dé.... préfixe, et lover.

DÉLOYAL, ALE (dé-lo-ial, ial'; plusieurs disent

dé-loi-ial), ad). || !• Qui n'a pas de loyauté. Un ami déloyal peut trahir ton dessein, cohn. Ctnna, i, t. Aussi cruelle sœur que déloyale fille, ]D. Uédée, iii, 3. ô le plus déloyal que la terre ait produit, id. Cinna, iv, t. Déloyal auprèsd'eux, crains-tu si peu MédéeT ID. Kédée, m, 3. Esprit déloyal, u». Sicom. IV, ï. (I Substantivement. Arrête, déloyal, et laissemoi parler, cohn. Toison d'or, v, ♦. || i' Il se dit fies choses. Un procédé déloyal. Ahl je me vengerai de ce trait déloyal, mol. l'Étour. iv, i. Ce monsieur Loyal porte un air bien déloyal, id. Tart. t, 4.

— HIST. nu* s. Li Orleu n'orent mie encore la fîlonie fors du cuer, car moût estoient desloial à ;eli tans, villeh. cxxtv. Ahil vieille, fait-ele , cuer avez desloyal, Berte,xxTt. Car plus dcsioials femme ne but ne ne menja, ib. Lxxviii. C'est [l'amour] îoiautés la desloiaus. C'est la desloiauté loiaus, la Rose, 4309. Il a perdu à toz jorsvois et respons en court, et sera tenu à faus et à desleau tote sa vie, .iss. de Jér. (20. J'ai veu en cest pais, puis que je revins d'outremer, aucuns desloiaus crestiens qui tenoient la loi des Beduyns, et disoient que nul» ne povoit morir qu'à son jour, joinv. 230.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et loyal; provenç. desleial, desliai; catal. deslleal; espagn. desleal; ital. iisleale. Le féminin des adjectifs en al dans l'ancien français était, cumme celui des adjectifs en alis dans le latin , semblable au masculin : une fimme deslnials ou desloiaus.

DÉLOYALEMENT (dé-lo-ia-!e-man ; plusieurs disent dé-loi-ia-le-man) , adv. Sans loyauté, avec perfidie. U en a usé déloyalement envers moi. 11 a déloyalement nié le dépflt.

— HIST. XII* s. Si pluiseur ont d'amour chanté Par effort et desloiaument.Coucf ,p. <20. || ini's. Et bien savés comment il adesloiaumentovré vers son seigneur et vers son frère, villeh. lxviii. Les garenz s'esparjurerent desleiaument et portèrent fauce garentie, Ass. de J. i, 24î. Et si doit perdre son servise, car il serjanta desloialment, beaum.

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