‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 322 sur 388 · GRU · texte numérisé non relu

GRU

écorcé de même grosseur à peu près, mrr. Bist. nat. Introd. part. exp. Œur. t. vin, p. 2»». HBois en grume, bois de charpente et de charronnage qui a encore son écorce, qui n'est point équarri, mais qui pourtant est coupé de certaines longueurs. Furetière avait reproché à la Fontaine, qui était maître des eaux et forêts, de ne pas savoir ce que c'était que bois de grume et bois de marmenteau; celui-ci lui répondit par cette épigramme : « Toi qui crois tout savoir, merveilleux t"ureti''re. Oui décides toujours et sur toute matière, Quand, de tes chicanes outré , Guilleragues t'eut rencontré , Et, frappant sur ton dos comme sur une enclume, Eut à coups de bâton secoué ton manteau. Le l>âton, dis-le-nous, était-ce bois de grume. Ou bien du bois de marmenteauT » Furetii"'re publia lui même cette épigramme, ajoutant : « JVota. Cette épigramme montre clairement que l'objection qu'on a citée au sieur de la Fontaine, d'ignorer la nature du bois de grume et du bois de marmenteau, était bien fondée : le bois de grume est du bois de charpente et de charronnage débité avec son écorce, et qui n'est point équarri; le bois de marmenteau est un bois de haute futaie qui est consei-vé pour l'ornement d'une maison, i laquelle il est attaché, et qu'il n'est pas même permis à un usufruitier de couper ; l'un et l'autre bois n'est pas propre à venger des traits médisants. » (édit. Walckenacrde la font. t. vi, p. 308).

— ÊTYM. Origine inconnue. L'italien gruma ou gromma, croûte qui se forme au fond d'un tonneau, pour lequel on indique le suédois grums de même sens, s'éloigne pour la signification.

GRUMEAU (gru-mô), j. m. || 1» Petite agglomération de quelque chose de pulvérulent, de sablonneux, etc. On trouve du sel en grumeaux adhérents à de la lave altérée ou à du sable vomi par les volcans, BUFF. Min. t. viii, p. ne. 11 arrive souvent qu'en creusant sa trémie, le fourmi-lion rencontre de gros grains de sable ou de petits grumeaux de terre sèche, bonnet, Contempl.nat. xii, 42. |{ 2° Particulièrement, petite masse d'albumine, de librine ou de caséine, coagulée dans un liijuide animal, tel que le sang, le pus, le lait. Des grumeaux de sang. Le lait a tourné et s'est mis en grumeaux. Cette bouillie est pleine de grumeaux.

— HIST. xili' s. Prendés lerine d'avaine et d'espeautre.... et faites cuire à manière de grumiel,

alebrant, f° 42. Il xvi" s Tant à raison de la

playe, qu'à raison des gremeaux de sang, qui.... pare, Vlll, 32.

— ETYM. Lat. gnimeîZu», diminutif de grumut, petit tas de terre ; l'espagnol et l'italien ont le primitif : grumo.

t GRU.VIEL (gru-mèl) , s. m. Fleur d'avoine dont on se sert dans le foulage des étoffes.

— ÉTYM. Autre forme de grumeau.

GRUHELË, ÉE (gru-me-lé, lée) , part, passiàa gru-

meler. Pris en grumeaux. Du lait grumelé. || Terme de botanique. Divisé en petites ma-sses arrondies, en espèces de grumeaux ; par exemple le pollen de quelques orchidées.

4 . GRUMELER (SK) (gru-me-lé. La syllabe mcl doubla l'i, quand la syllabe qui suit est muette : il se grumelle), v. réfl. Se mettre en grumeaux.

— HIST. XVI' s. Tel bain lascheet raréfie le cuir, fond et dissoult le sang grommelé, paré, x, 2.

— ETYM. Grumel, grumeau.

f 2. GRUMELER (gru me-lé. La syllabe mel double l'I quand la syllabe qui suit est muette : il grumelle), V. n. Crier comme le sanglier.

— ÉTYM. Autre forme de grommeler.

GRUMELEUX, EUSE (gru-me-leû, leû-z'), adj.

Il 1' Qui a de petites inégalités dures, au dehors ou dedans. Bols grumeleux. Poire grumeleuse. || 2° Particulièrement. Composé de grumeaux. Du sang grumeleux.

— HIST. ivi* s Une chair fort dense et grumeleuse : en la substance de laquelle estoient infiltrés des corps estranges, comme atheromes, cartilages et os, paré, xviii, 4) .

— ETYM. Grum«J, jnimeou. Paré a dit aussi ffrumeiix, XXI, 25.

fGRUMELURE (gru-me-lu-r') , ». f. Petit trou dans une pièce de métal fondu. || S. f. pi. Terme do chasse. Très-petites fumées mêl'^es avec les autres; elles désignent un vieil animal.

— ETYM. Grumeltr t.

t GRUMILI.ON (gru-mi-llon, H mouillées), ». m. Terme de métallurgie. Petite particule des maquettes qui tombe lorsqu'on les forge.

— ETYM. Grumeau.

t GRUnsteiN (grun'-staln'), t. m. Terme de géo-

GUÊ

gnrnrie. Rspïce de roche, composée d'amphibole et

de feldspath.

— f.PYM. Allem. grûn, vert, et Stein, pierre.

t GRUPPETTO (grou-pè-tto), ». m. Terme de musique. Agrément de chant formé de trois ou quatre petites notes ascendantes ou dekcendantes, dont la valeur se prend en avant de la note qui en est affectée et quelquefois sur cette note même.

— ÊTYM. liai, gruppeuo, diminutif de gruppo. groupe.

1 . GRUYER, P.RE (gru-ié, iè-r'), adj. Qui a rapport à la grue. Usité seulement dans ces locutions : Oiseau gruver, celui qui est dressé à voler la grue. Faisan gruyer, faisan qui ressemble à la grue.

— HIST. xiii's. Et voit venir o lui un escuierQui sor son point portoit autour gruier, ducanok, a»<ur.

— ETYM. Grue i ; provenç. gruier, jruer; espagn. grullero.

2. GRUYER (gru-ié), ». m. || 1* Le seigneur qui avait un droit d'usage sur la forêt de ses vassaux. || 2° Officier qui connaissait, en première instance, des délits commis dans les forêts et dans les rivières de son département. Kodillardde Choupille, Noble au bec de corbin, grand gruyer de Berry, regnard, le Distrait, i, 4. {| On a dit aussi graver.

— HIST. xiv s. Que li gruier gouverneront les eaues et les viviers en la manière qu'il souloient faire, uu cange, gruarius.

— ÉTYM. Ane. allem. gruo, vert. Cruyrr avait un synonyme qui élaitt)erdi>r;ce quijuslifie l'élymologie.

GRUYERE (gru-iè-r'), s. m. Fromage fait de lait de vache qui a beaucoup d'yeux, et qui tire son nom de Griers ou Gruyère , bourg du canton de Fribourg, en Suisse, où il se fabrique. De bon gruyère. Il s'en fabrique ailleurs qu'à Gruyère, par exemple dans le Jura. || On dit aussi fromage de Gruyère.

t GRYLLIDES (gril-li-<l') , ». m. pi. Terme de zoolofjie. Famille de k tribu des gryllicns , de l'ordre des orthoptères, distinguée des autres insectes de la même tribu par des pattes antérieures simples.

— ETYM. Lat. gryllus, grillon.

t GRYLLIENS (gril-liin), ». m. pi. Terme de zoologie. Tribu de l'ordre des orthoptères, caractérisée par des antennes extrêmement longues et déliées.

■f GRYPOSE (gri-pô-z'), ». f. Terme de médecine. Incurvation des ongles, que l'on remarque particulièrement chez les phtbisiques.

— ÊTYM. rf.Ow<«oii;, courbure.

t GUACHARO (goua-cha-ro) , ». m. Genre de passereaux fissirostres de la famille des engoulevents.

— ÊTYM. Guacharo, caverne où habite cet oiseau, dans les montagnes calcaires de Caripe, province de Cumana, Amérique du Sud.

t GUACINE (goua-si-n'), ». f. Terme de chimie. Substance amère, extraite du guaco.

— ETYM. Guaco, et la finale ine, qui indique un principe.

t GUACO (goua-lto), ». m. Nom donné, dans l'Amérique du Sud, à plusieurs plantes regardée» comme efficaces contre la morsure des serpents venimeux, et particulièrement à ï'eupatorium satureixfolium, L. mikania guaco, Humb. et Bonpland. Il On trouve aussi huaco.

f GUAIIËUX, ». m. Voy. quaheui.

t GU ANCHE (gouan-ch'), ». m. Nom d'une ancienne population dans Ule de Ténèritle, dont on trouve les sijuelettes dans des caves sépulcrales.

f GUA.MNE (goua-ni-n'), ». f. Terme de chimie. Substance extraite du guano.

— ETYM. Guano, et la finale ine, qui indique un principe.

t GUANO (goua-no), ». m. Substance produite par des amas de fiented'oiseauxdemer, qui se trouve dans les Iles de la câte du l'érou, et qui maintenant est très-employée en Europe comme engrais puissant

t GUARANA (goua-ra-na), ». f. Nom donné à une pAte ayant l'aspect de cacao grossièrement broyé, et qui est préparée par les Guaranis de l'Uruguay et du Para (les Guaranis sont la population indigène du Brésil, de l'Uruguay, eia).

f GUAZUHA (goua-zu-ma), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes dicotylédones de la famille des malvacées. || Guazuma à feuilles d'or, ou orme d'Amérique, arbre originaire des Antilles.

t GUBËRNATEUR , TRICE ( gu-bèr-na-teur , tri-s') , adj. Terme latin francisé et |>pu usité. Qui gouverne. L'être à cinq tctes est le dieu gul)ernateur, DioER. Opin. des anc. philos. Halobares.

— ÊTYM. Lat gubematorem, de gubemare, gouverner.

<.GUÉ(ghé), t. m. ||1* Endroit (fune rivière où l'eau est si basse qu'on peut la passer en marchant. On passe tous les jours i gué notrd ri\icre de Seiue,

GUÈ

niiE

GUE

sév. 297. Il [Théodose] faisait chercher des gués et faire des ponts avec une diligence incroyable, FLicH. Uist. de Théodose, m, »4. on traversait les cours d'eau à des gués bientôt gâtés; les régiments qui venaient ensuite passaient où ils pouvaient; on s'en inquiétait peu; l'état-major général négligeait ces détails, sêgub, Uùt. de Nap. vi, 2. Ce n'était qu'un gros ruisseau; deux arbres, autant de chevalets, et quelques planches suffisaient pour en assurer le passage ; mais le désordre était tel, et l'incurie si grande, que l'empereur y fut arrêté; on y noya plusieurs canons qu'on voulut faire passer au gué, ID. ib., IX, 7. ||Fig. Sonder le gué, voir, avant de s'engager dans une affaire, s'il n'y a point de risque, pressentir les dispositions des personnes. M. le maréchal de Schomberg, ayant voulu sonder le gué, n'y trouva aucun jour, retz, i, 67. {| 2° Gué de Jacob, endroit où, suivant la tradition, Jacob passa Je Jourdain à gué en revenant de la Mésopotamie. Il [Jacob] prit ses deux femmes et leurs deux servantes avec ses onze fils, et passa le gué de Jacob, SACi, Bible, Genèse, xxxii, 22. {| Forteresse du gué de Jacob, château que Baudoin fit hStir en <I78 pour maintenir les Arabes; il fut détruit parSaladin.

— HlST. XI" s. 11 le conquist es guez desous Marsune, Ch. de Roi. ccxiii. || xu* s. E entrèrent el flum e passèrent à gué devant le rei, flots, p. 192. Il xiii° s. Et je chemine, je le boute [le bourdon] Es fosses où je ne voi goûte, Ausinc cum pour les guez tenter, la Rose, 21689. Si comme de lor moustiers réfère et de lor caucies [chaussées] ramender, de lor puis et de lor gués maintenir, beauii. xxi, î7. Un beduyn estoit venu, qui li avoit dit que il enseigneroit un bon gué, mes que [pourvu que] l'en li donnastcinq cens besans, jomv. 223. || xiv* s. 11 ont l'eaue passée, petis estoit li guez, Guescl. 5928. Il XVI' s. Il se résolut de n'opiniastrer point le bourg, si les refformez osoient enfoncer le gué [le forcer], d'aub. Hist. m, 48. Â grand cheval grand

gué, COTGRAVE.

— ÉTVM. Norm. vé ou vey, nom des estudres; wallon, wé; provenç. ga, gnh, gua; anc. c;ital. guau; catal. mod. gual; espagn. vado ; porlug. ïào; ital. guado; du lat. radum, avec infiuence du germanique wat, gué ; vàdum se rattache à vddere comme dùcem à dùcere; c'est le sanscrit gddha, de gâ, aller.

■)■ 2. GUÉ! (ghé), interj. qui exprime la joie et s'emploie dans des refrains de chansons populaires. la, bonne aventure ô gué! I.a bonne aventure. Ah ! la muse de Collé, C'est la gaudriole ô gué ! C'est la gaudriole, bérang. Gaudr.

— ETY.M. Probablement l'adj. gai. On le trouve écritgay dans les éditions de Molière : J'aime mieux ma mie, oh gay! J'aime mieux ma mie. Mis. i, 2.

GUÉABLE (ghé-a-W), ad). Que l'on peut passer à gué. On l'envoya reconnaître si la rivière est guéable, sÉv. 4 52. || Fig. Il n'est plus de Saint Evremond; Kt ce chroniqueur agréable Du sérieux et de la fable. Ce favori du sacré mont, N'a pu trouver le Cocyte guéable, chaulieu, Épitre de M. d'Ilamillon.

— HiST. XV' s et y passe la rivière de Somme

laquelle n'est point guéable, comm. iv, 9. || xvi' s. C'est une petite rivière qui n'est gueiable en aucune saison, d'aub. Hist. ii, 444. [Château] flanqué, par les deux costez, de deux fleuves peu gayables, BEAUGUÉ, Guerre d'Ecosse, m, 4.

— RTYM. Guéer.

GCÈBRE (ghè-br'), s. m. et f. Celui, celle qui est attachée à la religion de Zoroastre. C'est un guibre. 11 épousa une guèbre. On trouvera, dans cette nouvelle édition de la tragédie des Guèbres, beaucoup de morceaux qui n'étaient point dans les premières, VOLT. Disc. hist. et crit. à l'occ. de la trag. des Guèbres.

— ÊTYM. Persan, ghebar, adorateur du feu. GCÈDE {ghè-d'), s. f. || 1° Terme de botanique.

Pastel, plante dont les feuilles servent à teindre en bleu foncé , isatis tincloria , L. (crucifère siliculeuse). Guède ou poudre de guèdes, le cent pesant estimé 7 livres lo sous; guède ou voide, qui est espèce de pastel, chacune balle pesant 20o livres ou environ, estimé le tuo pesant, 7 livres 4 0 sous, Décl. durai, nov. (640, tarif. \\ Fleur de guède, nom d'un certain bleu, Instr. gén. pour la teint, des laines, <8 mars 4674, art. 3a. || î» Terme de teinturier. Cuve au pastel, pour teindre en bleu.

Il On l'a fait aussi masculin ni même en bleu,

attendu que le guède du pastel n'est attribué qu'aux maîtres teinturiers du bon teint, Règl. sur les manuf. teint, en laine, art. 2. || On trouve aussi Touède : Nous avons en France abondance de pastel, vouèd»^, garance.... Instr. gén. pour la teint.

des laines, 48 mars 4874, préambule; et voveide ou plutôt voueide : Pastel, voveide, garance, Instr. aux commis des manuf. 30 avril I67u.

— HIST. xui' s. Carete qui maine waide en sas [sacs], TAiLLiAR, Hecueil, p. m. Quiconques est toisserans à Paris, il puet teindre à sa maison de toute-, couleurs, fors que de gaide, Liv. des met. {47. Il XVI* s. Les chanvres, lins, guesde ou pastel, garance, gaude, chardon à bonetier, o. de

— ÊTYM. picard, waide; ital. guado; du germanique : anc. h. allem. weit; anglo-saxon, rdd; alleni. Waid; angl. woad.

GUÉDÉ, ÉE (ghé-dé, dée), part, passé de guéder. Il 1° Teint en guède. Étoffe guédée. || 2" Fig. Bien rempli, rassasié, soiilé. Ouf, je suis bien guédè! par ma foi, la science Ne s'acquiert point du tout à force d'abstinence, i'Egnard, Uémocr. iv, 7. Si je n'étais pas guédé de vers, je crois que j'en ferais pour M. de Laudon, qui vient de prendre Schweidnitz, volt. Lett. Chauielin, 25. oct. 4 76i.

GUlîDEIl (ghé-dé. La syllabe gué prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette ; je guMe, except? au futur et au conditionnel : je guéderai ; je guéderais) , ». a. || 1" Terme de teinturier. Teindre avec la guède. Défense aux dits teinturiers de les guéder [les draps] qu'ils ne soient dégorgés, Ifèyl. sur les manuf. août 1669, teint, en laine, art. ». Il Fig. Soiller, rassasier. On l'a guédé de truffes et de vins fins. || 2° Se guéder, v. ré/l. Se rassasier. Il s'est guédé au repas de noces.

— REM. L'Académie n'a guédé, guéder qu'au sens de rassasier, soûler.

— HIST. XVI' s. Dont je me suis tant guedé et rempli que j'en crevé. Nuits deStraparo'e, t. ii, p. 265.

— KTYM. Guède; norm. être guedé (sans accent), être gonflé de nourriture. Diez, dans le sens de soûler, tire guéder de l'allemand waiden , paître, y rattachant le wallon waidi, paître. Mais il n'est pat besoin de séparer ce mot de guéder au sens propre; et guéder, rassasier, est traiter le corps comme le teinturier traite une étoffe qu'il guède.

t GUÉOERON (ghé-de-ron) ou GUÉDRON (ghédron), s. m. Ouvrier qui dirige des cuves de guède. Le garanceur étant obligé de répondre de la couleur du guédron, comme le noircisseur de la couleur du guédron et du garanceur tout ensemble, Instr. gén.pour la teint. 4 8 mars 467), art. 94.

— KTYM. Guéder.

GCÉÉ, ÉE (ghé-é, ée), part, passé de guéer. Une rivière guéée à grand'peiue.

GUÉER (ghé-é), V. a. \\ 1° Traverser à gué. Guéer une rivii'ire. || 2° Baigner, laver dans l'eau. Guéer du linge. Guéer un cheval, le faire baigner, le laver. || 3' Se guéer, v. ré/l. Être passé à gué. Ce ruisseau se guée difficilement.

— HIST. XVI' s La Loire ne se gueoit point si bas, et toutes les villes situées au dessus lui estoyeut ennemies, LANOCE, 674. Ce flcuve, dès le lieu dont il sourt, s'espand et fait des marais navigables, de •virte qu'il est impossible de le gayer, amvot, Pélop.

■9. L'un faisoit semblant de vouloir relier la courroie de son soulier qui estoit desliee, l'autre de vouloir guayer son cheval, l'autre boire, m. P.jEm. 37.

— ETYM. Gué; wallon, wdy.

GUELFE (ghèi-f), s. m. Dans le moyen âge, celui qui appartenait au parti soutenant en It^ie les papes contre les empereurs d'Allemagne. La querelle des Guelfes et des Gibelins (on met une majuscule). Il Àdj. Le parti guelfe. Cette ville était gutlfe.

— HIST. iiii' s. Puis onlena l'empereres Federis son filz vicaire en Toscane, qui, par le commandement son père, faisoit tous les maus qu'il pooit as guelfes et à tous ceulz qui se tenoient de la partie le pape, brun, latini, Trésor, p. 96. || xvi* s. Penache à la Guelfe [sorte de coiffure, au xvi* s.], du

BELLAY, p. 492, dans LACURNE.

— ETYM. Allem. Welf, nom d'une famille puissante en Allemagne, qui prit le parti des papes; Weiblingen (voy. gibelin) et Welfen, ayant été donnés pour cri de guerre dans la bataille de Weinsberg, servirent plus tard à désigner les deux partis ennemis, dits Gibelins et Guelfes.

GUENILLE ( ghe-ni-ir. Il mouillées , et non ghe-ni-ye), s. f. \\i° Haillon, chiffon. Que faitesvous de cette guenille? || Sac à guenilles, sac où l'on met les chiffons en lambeaux. || Fig. La duchesse de Chartres répondit qu'elle aimait mieux être un sac à vin que sac à guenilles, par où elle entendait Clermont et des gardes du corps qui avaient été les uns chassés, les autres éloignés à cause d'elle [la princesse de Conti], st-sim. 32, 4 22. Il 8° Par extension et surtoat >u pluriel, toutes

sortes de hanfeg vieilles et usées, il me tarde déji que je n'aie des habits raisonnables pour quitter vite ces guenilles, moi.. Mar. forcé, 4. L'Europe, qui marche à béquilles. Riche goutteuse, ne croit pas À la vertu sous des guenilles, hérang. Ildtons-Jtout . i En guenille, se dit d'une personne dont le vêtement est tout délabré. Ils [les jeunes gentilshommes venant solliciter un brevet d'officier] vont trottant des bords de la Charente, De ceux du Lot..., En botte, en guêtre et surtout en guenille, volt. l'auKre diable. || Fig. et familièrement. Etre après les guenilles de quelqu'un, le poursuivre, lui faire une mauvaise affaire. Pour mes jours gras du vin fraudé Mit le juge après mes guenilles, berano. Ange gard. \\ Familièrement. Troussez vos guenilles, allez-vous-en , sortez d'ici. Gentil ambassadeur de quilles. Croyez-moi, troussez vos guenilles, scar- HON, Gigantnm. i.\\3- Fig. (^hose de peu d'importance. Philaminte : Le corps cette guenille est-il d'une iiTiporlanco, D'un prix à mériter seulement qu'on y pense? — Chrysale : Oui, mon corps est moi-même; et j'en veux prendre soin.... Guenille, si l'on veut; ma guenille m'est chère, mol. Femmes sav. il, 7. Il vaut mieux qu'il [Crébillon] achève Catilina que de perdre son temps à lire mes guenilles, volt. Lett. en vers et en prose, 25. Vous connaissc^z celte guenille [J^;)i()e xxxixj, que j'avais écrite au comte Algarotti, m. Lett. Tliiriot, 30 nov. 1735. Il est triste d'être obligé de parler à un homme de ce caractère de cette guenille qu'on nomme appointements et argent, m. Lett. Slargr. de Baireuth, dans Hev. franc, février l«66, p. 2u7.

— ETYM. On a indiqué le flamand quen«, surtout de laine; l'anc. franc, gone, robe {guenille pour gonille). Lehéricher cite un verbe normand guener, mendier. Enfin ilu Cange, au mot guella, a les guenelles des banieres , ce qui signifie banderoles, drapeaux. Tout cela est incertain.

t GUE.\1LLEUX, KUSE (i<he-ni-Ileû, lleûz'), odj. Il 1° Terme familier. Couvert de guenilles. C'est ici qu'il faut voir [dans un tableau de Vanloo] comme on peint la mendicité, comment on la rend intéressante sans la montrer hideuse, jusqu'où il est permis de la vêtir sans la rendre opulente ni guenilleuse, DIDEROT, dans laveaux. || 2° Qui ne vaut |ias plus qu'une guenille. Croyez-vous que les terribles ravages qu'elle [la guerre] a causes dans les temps passés et qu'elle causera dans les temps à venir soient suffisamment compensés par ces guenilleui avantages-là? diderot, Entret. arec la maréch. de'*'.

GUENILLON (ghe-ni-llon, Il mouillées, et non ghe-ni-yon),i.m. || 1° Petite guenille. Mais qui pourrait compter le nombre de haillons, De pièces, de lambeaux, de sales guenillons. Dont la femme, aux bons jours, composait sa parure ? boil. Sat. x. Un bal où parurent plus de cent masques habillés de guenillons superbes, volt. Lett. en vers et en prose, 6. Il 2° S'est dit, par extension et par plaisanterie, d'un petit morceau de papier, d'un billet. Je vous mandai avant-hier, par un petit guenillon de billet qui suivait une grosse lettre, que mailame de S'" était exilée, sév. .195. || Fig. Petit écrit, écrit de peu de valeur. L'ex-jésuite vous enverra ses guenillons à Pâques, voi.r. Lett. d'Àrgental, 2u janvier 4 766.

— ETYM. Diminutif de guenille.

GUEMPE (ghe-ni-p'), s. f. Terme très-familier. Il 1" Femme malpropre, maussade, de très-basse condition. Taisez-vous, guenipe, poisson. Zigzag, dans LE Horx, IHct. comique. \\ 2° Femme de mauvaise vie. Quoique je me sois quelquefuis en ma vie exposé à de pareilles aventures à celle du marquis d'Albret, j'ai toujours trouvé qu'on était bien sot de mourir ainsi; mais il me le paraît aujourd'hui plus qu'il n'a jamais fait; passe encore si on était assuré d'être aimé, mais mourir pour une guenipe I BUSSY, Lett. à Mme de Sév. 12 août 4 678 (dans sév.

édit. RÉGNIER).

— ÊTYM. Dauphinois, ganippa; du holl. knippe, lieu de prostitution, d'apr"'S Diez. qui remarque que l'e a été introduit, comme l'o dans canif de knife.

GUENON (ghe-non), s. f. || 1" Genre de singes à longue queue. Parmi les singes à queue, du genre des guenons, il y en a qui sont aussi de grands pillards, et qui, très-habiles à voler les fruits et les légumes, les emportent dans leurs mains ou dans leurs bras, bonnet, Contempl. nat. xu, 47, note 8. 112» La femelle du singe. Une sultane de renom, Son chien, son chat et sa guenon. Son perroquet.... LA FONT. Fabl. VIII, 4 5. Il [l'homme] prend nos amours pour modèles; Hais nos guenons nous sont fidèles, liÉRANG. Orangs-«ut. || 3° Une lemme trèslaide, femme sans mérite, sans agrément. Ésope, selon toi, n'est donc pas ion fait? — Non; Pour

GUÊ

fpouscr un lings il faut être guenon, nouRSAOLT, Fables d'Ésope, i, t. Je tiens celle que vous aimez pour une gunnon, si elle n'est pas de mon sentiment, IIAUIVAUX, Fausses confid. n, 2. X de franches guenons, il fera politesse, Et ne daignera pas l'iionorer d'un coup d'opil, BoissY, Deh. tronip. i, 4. || Une femme de mauvaise vie. Il ne hante que des guenons. Que maudite soit la première guenon qui le mit en réputation I car, enfin, qu'a-t-il donc de si merveilleux? BAHON, l Homme à bonnes fortunes, il, 17.

— IIIST. XVI' s. C'est comme la guenon qui monte de branche en branche jusqu'au sommet de l'arbre, et puis montre le cul, ca\KtiOH, Sagesse, p. 323,

dans LACURNE.

— ETYM. Ane. haut-allcm. quena, femme, d'après Frisch; ou tcinja, amie, épouse, d'après Diez, qui remarque que l'italien monna, guenon, est une contraction do madonna, dame. Ces étymologies sont loin d'être sûres.

GUENUCIIE (gho-nu-oh*), ». f. || 1° Petite guenon. .... une lanterne vive (lanterne magique] Où des oisons bridés, guenuches, éléphants, Chiens, chats, lièvres, renards et mainte étrange bête Courent l'une après l'autre.... kégnikb, Sal. .\i. La jeune paysanne se legarde au miroir, et se trouve plus laide qu'une guenuche, vtti. t. xix, p. 5. |1 Fig. C'est une guenuche coiffée, se dit d'une femme laide et fort parée. || ï" Fig. Femme petite et laide. Je connais de beaux et grands jeunes hommes qui ont pour épouses do petites guenuches de femmes, BRUEïS, Grondeur, ii, 3. || Fig. Il y a toujours des guenuches [d'indignes favoris] caressées dans le cabinet des rois et vêtues de toile d'or, balz. De la tour, 2* dise.

— f.TVM. Dérivé do guenon.

1 GUÉPARD (ghé-par), s. m. Espèce de chat des Indes, leiis )ubaia, L.

OUEpe (gho-p'), s. f. Il 1° Terme de zoologie. Genre d'insectes de l'ordre des hyménoptères, dont les femelles sont pourvues d'un aiguillon rétractile analogue à celui des abeilles. || Guêpes souterraines, guêpes maçonnes, guêpes vulgaires, les guCpes proprement dites; elles habitent la terre, dans de petites cavernes qu'elles se creusent, ou qu'elles trouvent ouvertes par des taupes et des insectes. L'exemple est un dangereux leurre : Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands seigneurs; Oii la guêpe a passé, le moucheron demeure, la pont. fabt. n, )«. Il [M. Lyonet] a vu le corps d'une guêpe s'agiter trois jours après avoir été séparé du corselet : quand il tenait la partie antérieure de celte guêpe , elle mordait dans tout ce qu'il lui présentait; et, lorsqu'il touchait au corps, elle faisait d'abord sortir son aiguillon, et le dardait de tous côtés et en tous sens comme |iour tâcher de le piquer, bonnet, Uisl. nat. Mém. Œuv. t. m, p. 164, dans POLOENS. La guêpe cruelle fond sur l'abeille laborieuse qui revient à la ruche, chargée de miel : elle sait puiser dans ses intestins la liqueur délicieuse dont elle est avide, id. Conlempl. nat. X, 29. Un ver doit éclore de l'œuf que la guêpe maçonne a pondu au fond de son trou, id. ib. XII, 41. La guêpe connaît les vers qui ont été appropriés à la subsistance de sa famille; elle va à la ch.isse de ces vers; elle les saisit délicatement, et les transporte dans son nid sans les blesser, id. ib. Il On dit aussi mouche-guêpe. || La guêpe-frelon, le frelon. || La guêpe-icimeumon, voy. ichneo- MON. Il Fig. L'armée acheva sa marche, qui fut encore de trois jours, où elle aurait beaucoup souiïert encore de ces cruelles guêpes [les ennemis qui harcelaient la retraite).... st-sim. 460, »8. || Taille de guêpe, se dit en parlant d'une femme pour désigner une taille excessivement fine.

— lllST. XV' s. Grosses wespres, qui sont grosses mouches si venimeuses.... Hist. de la toison d'or, t. 1, f" 91, dans LACURNE, au mot wespre. || xvi' s. Comme la mouche guespe picque et offense aultruy, mais plus soy mesme, car elle y perd sou aiguillon et sa force pour jamais, «ont. il, 45.

— ÉTYM. Picard, vèpe, tcèp«; Berry, gèpe; géncv. vouèpe; norm. vêpe; haute Norm. vrépe; lorrain, voisse ; champenois , gouépe; provenç. vespa; esp. at'ispa; ital. vespa; du lat. vespa, peut-être avec iniluence du germanique : anc. haut-allem. icafsa; allem. mod. Wespe; influence qui serait témoignée par gu, si toutefois le mot allemand ne vient pas du latin, comme Grimm est disposé à le croire. Les étymologistes rapprochent du germanique wafsa, et, par conséquent, du latin vespa, le grec oçt|5, oç'/ixèc, «rçîi; étant pour io^i,; le Ç se trouve dans des noms d'animaux, voy. |jlÙ|>i>.ti(, fourmi.

gi;ê

tGUlÎPIAniE (ghê-pi-ê-r), s. m. Terme d'entomologie. Genre d'insectes hyménoptères.

— ETYM. Guêpe.

GUÊPIER (ghê-pié; \'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : les ghê pié-z et les guêpes), ». m. Il 1° Lieu où les guêpes construisent les alvéoles qui leur servent do nid. Le guêpier est un petit édifice à plusieurs étages; et, comme la foi-me est ovale, on comprend que les étages du milieu ont plus d'étendue que ceux des extrémités, bonnet, Contempl. nat. xi, 23, note l. Kt d'un papier nouveau qu'il a su copier. L'homme doit le modrie aux travaux d'un guêpier, uelille. Trois règnes, vu. Le cheval du drugman ayant mis le pied dans un guêpier, les guêpes se jetèrent sur lui, cbateaubr. Itinér. 3' part. || Fig. Tomber, donner, se fourrer, mettre le pied dans un guêpier, dans le guêpier, être engagé dans une fâcheuse afTairc; se trouver au milieu de gens suspects ou menaçants. Ils étairnt tous contre moi ; je me suis fourré la tête dans un guêpier, «eaumabch. Barb. de Siv. IV, 8. Il Se mettre la tête dans le guêpier, s'engager dans une affaire où l'on court risque d'être dupé. Il On dit dans un sens analogue : Cette affaire est un guêpier. Il eut beaucoup de peine à sortir de ce guê[)ier. || i° Sorte d'oiseau. Le guêpier mange ncn-sculement les guêpes qui lui ont ilouné son nom, mais il mange aussi les bourdons, les cigales, les cousins et autres insectes qu'il a'trape en volant, BDFF. Ois. t. XII, p. 174. || 3° Sorte de champignon qui croît sur les arbres moi-ts.

— HIST. XVI* s. Tout cela ensemble nous en l'roduit un exaim comme d'abeilles et une guespiere, amtot, Comm. refréner la colère, 3i. Guespier,

COTGRAVB.

— ETYM. Gufpe.

GCERDON (ghèr-don), s. m. Terme vieilli. Récompense. Dieu te doint pour guerdon de tes œuvres si saintes.... béoniih, SaX. xiii.

— HIST. xi* s. [Je] Bien le conoi , gueredun [je] vus en dei, Ch. de Roi. ccxi-viii. |1 xii* s. En gueredon un baume [il] lui dona, Ronc. p. 72. Pleine d'orgueil et dame sans guerdon, Couci, ii. ||xiii* s. [Que Dieu] Doint qu'ancor leur en soit li guerredons rendus, Berle, xxiv. Pour ce que je ne veuil que nulz ne fasse jamais bien pour le guerredon de paradis avoir ne pour la paour d'enfer, joinv. 168. Il XV' s. 11 fit toujours bien son devoir à son pouvoir; mais en dernier il en eut pauvre guerdon,

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