LU
— ÊTYM. Délnyah, et le suffixe tneni; provenç. drlialment ; catal. desltealment ; espagn. deslealmente ; ilal. dislealmente. DesUnaument est pour d€sloyalment, ce qui est correct, desloyal étant au féminin suivant l'ancienne règle des adjectifs.
DÉJ.OYACTÊ (dé-lo i6-té; plusieurs disent dé-loiiC-té), t. f. Manque de loyauté; acte déloyal. Faire acte de déloyauté. Quoi I ta rage, dit-il. n'est donc pas assouvie. Et tes déloyautés ont survécu ta viel noTR. Antig. m, 2. Et sa mort va laisser à la posté rite L'infâme souvenirde ta déloyauté, cobn. Ctnno, IV, 7, Et la déloyauté va naraltre troo uoiie Pour
nfiL
souffrir qu'il en ait la succès qu'on veut croire, mol. Tart. T, 6.
— HIST. xi*i. B cilqui estreté [accusé] dedeleautè, LnitdeGuill.ti. ||xn*». [De] Ce que je l'ai [l'amour] à mon pooir Servie sans desloiauté, Couc» ,iii. Car ço que nus eUmes ainceis al rei granté E par obédience l'eUstes comandé, Or l'avez défendu; par tel deslealié, U [où] vuz nus volez mètre, nusavunsapelé. Th. It mart. 4a. || xiii* s. Les mains [ils] lui ont lié par lor desloyauté, Berte, xv. Ne ja por chou [ce] ne feriemes deloiauté de requerre après nostre raison, H. DE VALKNC. XIX. Et por noient doit estre prisiés li sensdecelienquidesloiatésestherbergiée,BRAUM.27. Il XV* s. Et en ses subjectz ne trouva nulledesloyaulté, COMM. V, 7. Il XVI* s. U retarda l'exécution de sa desloyauté, mont. I, 30.
— ÉTYM. Déloyal; prOvenç. detleiallal, deslialtat; catal. liesiien (/a(; espagn. deslealtadi ital. dislealtà. Desloiauté est pour desloialté,au, comme on sait, remplaçant al.
t DELPHINAL, ALE (dél-fi-nal , na-1') , adj. Terme d'histoire. Qui appartient au dauphin de Dauphiné, et, par suite, au dauphin fils aîné du roi de France. || Statut delpbinal, charte donnée au Dauphiné par le comte en 4 338.
— HIST. XV* ». Loys.... dauphin de Viennois.... de nostre certaine science.... et aulhorité royale et delphinale.... octroyons.... Ordonn. «mai MD9.
— ËTYM. Bas-latin, detp/ttnalt'i , de delphinus (voy. DAt'pniN).
t DELPUINAPTÈRE (dèl-fi-na-ptê-r") , i. m. Terme de zoologie. Genre de dauphins sans nageoire dorsale.
— ETYM. X)ot;phtn, et à privatif, et irtep6v,aile, nageoire.
I DELPHINK (dM-fi-n'), voy. delphinins.
t DELPHINE, ÉE (dël-fi-né, née),ad;. Terme de zoologie. Oui ressemble à un dauphin. {| S. m. plur. Les delphinés ou les delphiniens, famille de mammifères cétacés, ayant pour type le genre dauphin.
t DELPHINE1TE (dèl-fi-nè-f ) , t. f. Nom de différentes plantes. La delphinette des blés {consolida regalis, t.). Delphinette staphisaigre {delphinium staphis agria, L.).
tDELPHlNIEN, lENNE (dèl-fi-niin, niè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui ressemble à un dauphin
(voy. DELPHINE).
— ÉTYM. Lat. delphimu, dauphin.
t DELPHININE (dèl-fl-ni-n') , t.f. Terme de chimie. Alcaloïde découvert dans la staphisaigre, dont il est le principe actif.
— ÉTYM. Delphinium.
f DELPHINIU.M (dèl-fi-ni-om'), ». m. Terme de botanique. Nom scientifique du pied d'alouette.
— ÉTYM. AE)(f!viov, nom de cette plante en grec, t DELPHINOIDE (dèl-fi-no-i-d'), odj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence du dauphin.
— ETYM. At).çîv, dauphin, et elSoç, forme.
t DELPHINORRHINQUE (dèl-fi-no-rin-k') , s. m. Terme de zoologie. Genre de cétacés de grande taille, ayant le museau étroit et très-allongé. Le type est le delphinorrhinque couronné, commun dans la mer glaciale.
— ÉTYM. AiVflv, dauphin, et fÛYxoî, museau.
t DELPHIQUE (dèl-fl-k') , adj. Qui est de Delphes. La sioyile delphique, la sibylle qui rendait ses oracles à Delphes.
— ÉTYM. Delphes, ville de la Phocide, en Grèce, où il y avait un oracle d'Apollon.
t DELTA (dèl-U), t. m. |U* Quatrième lettre et troisième consonne de l'alphabet grec, ainsi figurée : A. Il 2° Triangle entouré de rayons, dans lequel on dessine un œil ou les lettres hébraïques qui composent le nom de Jéhova et qui, dans nos églises, est le symbole de la sainte Trinité. || 8* Terme de géologie. Nom que l'on donne aux terres de configuration ordinairement triangulaire, qui se forment à l'embouchure des fleuves. || ParticuUèrement l'espace formé par les alluvions du Nil à son embouchure. Ce n'est pour ainsi dire que depuis peu dej temps que le ilelt;i a paru, CUT. liévol. p. (48. jj Au : plur.Les delta, lettre; dans lesautressens, les deltas.
— ÉTYM. Le S grec, le même que le d latin, provient du riali'th, phénicien ou hébreu.
t DELTOCARPE (d!:l-to-kar-p'), adj. Terme de botanique. Qui a des fruits triangulaires.
— ETYM. i£>TO, et xop^à;, fruit.
t DELTOÏDE (dèl-to-i-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un delta. |{ Terme d'anatomie. Le muscle deltoïde, ou, substantivement, le deltoïde, muscle puissant qui s'insère à l'épaule et au bras, et ainsi nommé à cause de sa forme.
nEi.
— HIST. xvi* «. Aucuns muscles sont triangulaires, comme celay qui lave le bras, dit deltoïde,
PAHE, i, 8.
— ÉTYM. àéUa, et ilSoç, forme.
+ DELTOÏOIEN, lENNE (dèl-to-i-diin , diè-n'), ailj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au muscle deltoïde.
— ÉTYM. Deitnlde.
t DELTURE (dèl-tu-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a la queue triangulaire.
~ ÉTYM. AiXvx, et oûpà, queue.
DÉLUGE (dé-lu-j') , s. m. \\ l' Très-grande inondation. Ce fut de .son temps qu'arriva le déluge de Deucalion; celui d'Ogypès en Attique est beaucoup plus ancien, BOLLIN, Hist.anc. <Jiuires,t. ii, p. 4»e, dans pougens. Des êtres vivants sans nombre ont été victimes de ces catastrophes; lesuns, habitants de la terre sèche, se sont vus engloutis par des déluges; les autres, qui peuplaient le sein da» eaux, ont été mis à sec avec le fond des mers subitement relevé, ctiv. Hévol. p. 28. || j* Le déluge universel, ou, simplement, le déluge, celui qui est raconté par la Bible. Je m'en vais répandre les eaux du déluge sur la terre pour faire mourir toute chair qui respire, sact, Bible, Cenése,vi, <7. L'explication physique du déluge universel par la rencontre d'une comète dont la queue ou l'atmosphère aqueuse inonda notre globe et qui a été si bien mise en œuvre par M. Wiston dans sa nouvelle théorie de la terre, appartient primitivement à M. Halley, maiban, Éloges, Halley. On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau. Veuille inonder ces lieux d'un déluge nouveau, BOIL. Sai. VI. Il Familièrement. Remonter au déluge, remonter fort loin dans le passé. Sa maison [famille] qu'elle prend depuis le déluge, sÉv. 686. Il Fig. Passons au déluge, abrégeons, arrivons au fait; locution proverbiale prise des Plaideurs de Racine, oil l'avocat disant : Avant la naissance du monde.... lejuge dit: Avocat, ahl passons au déluge! ni, 3. Il Fig. Être du temps du déluge, se dit de choses qui sont vieillies, hors d'usage, grossières
comme dans les temps primitifs Vous-même
à qui surtout Un appétit bourgeois tient toujours lieu de goût. Oui, monsieur, la cuisine est du temps du déluge, laciiai;ssée. Retour imprévu, I, 3. Il Proverbe. Après moi le déluge I Quoi qu'il arrive après ma mort, je m'en inquiète peu. || 8° Pai exagération, déluge se dit d'une très-grande quantité de choses liquides dont on compare l'irruption à un déluge. Un déluge de pluie. D'un et d'autre côté ses chevaux bondissants D'un déluge de boue inondent les passants, régnard, Sat. contre les maris. || Un déluge de sang, une très-grande quantité de personnes tuées. Il se plonge dans ce déluge de sang, boss. Hist. ii, *«. Un déluge de sang français qu'elle avait fait verser, mass. Louis XIV Il 4" Fig. Affluence innombrable d'hommes qui se précipitent comme un déluge. C'était de là qu'étaient venus tous ces déluges d'armées qui avaient inondé la Grèce, vaugel. Q. C. liv. v, dans richelet. 11 veut que de ces gens le déluge effroyable Atterre impunément les peuples qu'il accable, corn. Attila, IV, (. Il se peut que longtemps avant les empires de la Chine et des Indes il y ait eu des nations instruites, polies, puissantes, que des déluges de barbares auront ensuite replongées dans le premier état d'ignorance et de grossièreté qu'on appelle l'état de pure nature , volt. Uœurs, Avunt-propos. || Par analogie et dans le même sens, en parlant des choses qui affluent. Un déluge d'explications, d'injures. Que le courroux du ciel, allumé par mes vœux. Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feuxl corn. Hor. IV, 6. Ce déluge de crimes dont le monde semble être inondé, mass. Mélange. Où il pût les sauver de ce déluge d'iniquités, m. Benoit. Le livre qui fait la question sera noyé dans ce déluge, boss. fécrit. Les imans emploient un déloge de paroles pour pallier ces fautes, volt. Uœurs, 7. Il y a depuis longtemps un déluge de pareils livres, id. Lett. Mme du Deffant, 26 déc. t78B. Je m'attends à un grand déluge d'esprit, d'alehbert, Lett. à Volt, t avril 176t.
— HIST. xii* s. Par le delouve toz li mondes noià [fut noyé],BnL d'Aleschans, y. 8034. Noé conduist l'arche parmeiloperildel duluve, en cui je reconois la forme de ceos [ceux] qui sainte église ont à governeir, st behn. 666. || xiii* s. Ains sera venu II déluge Qu'il isse mes de notre tour, la Rose, 16230. Comment dame Dex nostre sire Tout le mont par aighe noia. Quant le grant deluve envola, Mahomet, aso. Tant pécha Li mondes et folia. Que Diei el siècle envoia Le diluve, qui noia Fors Noé 'jui eschapa, ERNOUL LE TlEL, dans Hist. littér. de la ^ranct,
t. xxni, p. 689. Il XIV* g. Aussi est ce divers déluge Que pledoyer devant un juge Qui est suspect et hajfneux, Pliiin de vengence et convoiteux, Liv. du h. Jehan, 2670. || xv* s. Se je ne te sçay emboucler Tout maintenant devant le juge, Je prie à Dieu que le déluge Coure sur moi, et la tempeste. Patelin.
— ËTYM. Provenç. diluvi, dulivi ; espagn. et ital. diluvto; du latin diluvium, de diiu«r«, détremper, mouiller, de di, elluere, laver (voy. lotion).
f DÉLUKÉ, ÊE (dé-lu-ré, rée), adj. Dégourdi, déniaisé. Gens plus actifs, plus gais, plus délurés, suivant l'expression locale dans les pays de vignobles et de navigation, raynal, p. ti, daus JAUi<Lit'r, Gloss.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et (<urre;qui ne se laisse plus piper par le leurre. D'anciens dictionnaires ont délearrur avec le sens de détromper; ce qui est décibir. Le changement de eu en u ne fait pas dil'ûculté, ces deux sans permutant facilement.
t DÉLUSOIRE (dé-lu-zoi-r"), adj. Propre à induire en erreur, à tromper, k faire illusion. Argument délusoire.
— HIST. XV* s. Et toutes fois il veut maintenir que, sans confesser son meflaict, vous le luy avez pardonné, qui est, selon tous droicts et raison escripte, une chose delusoira et illusoire, Juv. ses UHsiNS, Charles VI, im.
— ËTYM. LaL delutum, supin de deludere, se moquer.
DÉI.USTRÊ, ÉE (dé-lu-stré, strée), part, passi. Une étoffe délusirée.
DÉLUSTKËR (dé-lu-stré), o. a. ôter le lustre. Délustrer un drap. || Sa délustrer, v. refl. Perdre son lustre.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et Imtre.
t DÉLUTAGE (dé-lu-ta-j'), t. m. Terme de chimie. Action d'ôter le lut.
— ÉTYM. Déluter.
DËLUÏË, ÉE (dé-lu-té, tée), part, passé. Vase déluté.
DÉLDTER (dé-lu-té), v. a. Terme de chimie, ôter le lut d'un vase luté.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et lut.
t DÉMACLAGE (dé-ma-kla-j'), *. m. Action de démacler; eflet de cette action.
t DÉMACLER (dé-ma-klé), V. a. Remuer le verre fondu avec une barre de fer.
t DÉMAÇONNER (dé-ma-so-né), V. a. Défaire ce qui a été maçonné.
— HIST. XVI* s. Comme ils demaçonnoient la porte.... d'aub. Hisl. m, 22. En desraaçoiiuaut j'eus les doigts coupés, palissï, 3)6.
— ÉTY.M. Dé.... préfixe, et maçonner.
DÉ.MAGOGIE (dé-ma-go-jie), s. f. Domination
des factions populaires. || Excitation des factions populaires. Puis j'irais pour démagogie En prison terminer l'orgie, BÊRANG. les Car. \\ Excès de la démocratie; opinion ou conduite qui s'appuie sur les passions populaires. Repousser la démocratie par crainte de la démagogie.
— ÉTYM. AT)[jiaYtoYia, de S»)|MtYWYOç, démagogue. DÉMAGOGIQUE (dé-ma-go-ji-k'), adj. Qui appartient à Ut démagogie.
— ÉTYM. AruxaYioYixè;, de 8ir)(iaY(oYi;i démagogue.
t DÉMAGOGISER (dé-ma-go-ji-zé), «. n. Faire le démagogue.
— HIST. XIV* s. Demagogiser est faire office ou oeuvre de démagogue, okeshe. Thèse de heunier.
— ÉTYM. Démagogue.
t DÉMAGOGISME (dé-ma-go-ji-sm'), s. m. Opinion, uoniluite de ceux qui poussent à la démagogie.
— ÉTYM. Demagogiser.
DÉ.MAG06UK (ilé-ma-go-gh'), s.m. \\ 1* Dans l'histoire des républiques grecques, chef, meneur d'une faction populaire. Le malheureux Mélanchthon se regarde, au milieu des luthériens, ses collègues, comme au milieu de ses ennemis, ou, pour me servir de ses mots, comme au milieu de guêpes furieuses; je voudrais qu'il me fùl permis d'employer le terme de démagogue; c'était dans Athènes et dans les états populaires de la Grèce certains orateurs qui se rendaient toiit-puisssnts sur la populace en la flattant, boss. Yar. v, § 48. ||a* Dans les sociétés modernes, celui qui est du parti populaire contre l'aristocratie, et agit dans les luttes politiques par la presse ou par la parole. Un jeune démagogue. Il 3* Par extension, celui qui soulève les passions populaires, anarchiste, ion pouvoir [ô Christ] n'est plus le caprice Des dém.igogues et des rois, lamart. Harm. m, 6. || Adjectivement Un orateur démagogue.
— HÉ.M On voit, par l'exemple cité de Bossuct,
OEM
qu'il n'osait pas se servir du mot de démagogue, formé cependant dès le xiv* siècle par Oresme d'après le grec.
— HIST. XIV* s. Démagogues, gensqui par adulacion et flaterie meinent les populaires à leur voleuté, OHESMB, Thèse de urumeh.
— ÉTYM. Arniaftirri;, de ôfi|jL<>;, peuple, et àyeiv, conduire, pousser (voy. agir).
(. DÉMAIGKI, lE (dé-mègri, grie), part, passé de démaignr i. Devenu moins maigre.
a. DÉMAIGRI, lE (dé-mègri, grie), part, passé de démaigrir 2. Rendu plus maigre. || Terme de construction. Rendu plus mince. Une pierre dèmaigrie.
4. DËHAIGRIH (dé-mè-grir), e. n. Devenir moins maigre. Sans être engraissé, il a pourtant dèmaigri, il est démaigri. || Verbe très-familier.
— HEM. Démaigrir se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il marque l'action : il a démaigri un peu; avec l'auxiliaire être, quand il marque l'état: il est démaigri depuis quelque temps.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, au sens d'ôter, etmaigre. a. DÉMAIGRIR (dé-mè-grir), ». a. || 1* Rendre
plus maigre. || 2* Terme d'arts. Démaigrir une pièce de bois, ou une pierre, en diminuer la grussuur, en ôter quelque chose.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, dans le sens augmentatif, et maigrir.
t DÉilAlGRISSEMENT (dé-mè-gri-se-man), *. m. Terme de construction. Action de démaigrir une pierre, une pièce de bois, un tenon. || L'endroit où la pierre et le bois ont été démaigris.
— ÉTYM. Démaigrir 2.
t DÉMAILLER (dé-ma-ilé, {{mouillées), v. a. Défaire les mailles, jj Terme de marine. Détacher. Démailler la bonnette.
— HIST. XI* s. L'escu [il] li freint, et l'haubert li demaile, Ch. de llol. xcv. || xii* s. L'auberc du dos desmaillié et rompu, itonc. p. ei. Et les baubers desmailliés et faussés, Raottl de C. 26.
— ÉTYM Dé.... préfixe, et maille; provenç. desmalhar, desmaillar.
DÉMAILLOTÉ, ÉE (dé-ma-llo-té, tée, U mouillées), part, passé. Un enfant démailloté.
DÉMAILLOTER (dé-ma-llo-té, U mouillées, et non dé-ma-yo-té), v. a. ôter du maillot. Démailloter un enfant. || Se démailloter, t>. réft. Défaire son maillot. Cet enfant se démailloté à chaque instant.
— REM. L'Académie écrit démailloter avec un seul t, et emmaillotter avec deux (; c'est une anomalie à faire disparaître, les anciennes éditions plus conséquentes avaient démaillotter par deux t; ou bien il faut écrire emmaillotter avec un seul (.
— HIST. XVI* s. Vous apprestez les robes des petits enfants, quand les voulez démailloter, rabel. dans le Dicl. de dochez.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et maiJJol.
DEMAIN (de-min), adv. de temps. || 1* Au jour qui suit immédiatement celui où l'on est. Je vous attends demain. Venez demain. Demain nous nous verrons. Qui sait si nous serons demain? bac. Alhal. II, ». Il II est demain fête, le jour de demain est un jour de fête. Quelle fête est-il demain ? || Demain se dit quelquefois pour sans tarder, incontinent. S'il était possible qu'elle [l'Encyclopédie] s'imprimât dans le pays étranger en continuant, comme de raison, à se faire & Paris, je reprendrais demain mon travail; mais le gouvernement n'y consentira jamais, d'alemb. Letl. à Voltaire, 2« janv. 1757. ||a* S. m. Demain qu'aura-t-ii de moins rude? As-tu ce terme dans ta main T Et vois-tu quelque cerlitude D'arriver jusqu'à ce demain? COHN. Imit. i, 23. Qui a vécu un seul jour a vécu un siècle; rien ne ressemiile plus à aujourd'hui que demain, la brut. xvi. Ce n'est plus ce demain d'une âme lâche qui fuit toujours sa conversion; aujourd'hui, aujourd'hui, t&h. t. xviii, p. 122. Il 3* Demain devenu substantif se construit avec diverses prépositions. || Avec la préposition à. X demain , nous causerons plus longuement. Il Remettre à demain, renvoyer au jour suivant, et, par extension, à un temps indéterminé. Ne remettons pas à demain à savoir ce que c'est que le bonheur, dideb. Opin. des anc. phil. (épicuréisme). || X demain les aFaires, aujourd'hui ne songeons qu'au plaisir, et renvoyons à demain les affaires, les occupations, les soucis. || Jusqu'à demain, jusqu'au jour suivant. Vous resterez ici ju.squ'à demain. || Fig. et familièrement, j squ'à demain, tant de temps qu'on voudra, quand il s'agit d'une chose qui doit se terminer très-promptement. Cherchassiez-vous jusqu'à demain.... scarron , Virg. trav. vi. Il 4* Avec la préposition de. X compter de demain. Il De demain eu huit, de deiuain en quinze,
DÈM
de demain en trois semaines, en comptant, à partir du jour de demain, huit jours, quinze jours, trois semaines. Je compte que ce ne sera que de da main en huit que je vous verrai, maihtewos, Lett. au card. de NoaUles, t janv. l7os. || D'ici à demain, de l'heure présente jusqu'au jour suivant. D'ici à demain nous finirons nos comptes. || Kig. et familièrement, d'ici à demain, depuis l'heure présente jusqu'à un temps illimité, sans discontinuer. Il soutiendra l'intérêt de son frère; il est hardi, il est heureux; vous vous donnez de la considération les uns aux autres; je parlerais d'ici à demain làdessus, sÊv. 183. Il B* Avec la préposition pour. Assez de choses se font pour demain . assez de soins se prennent pour l'économie des affaires humaines, STA2L, Corinne, x, 6. || Aujourd'hui pour demain, d'un moment à l'autre, à l'improviste. || 6* Il se dit avec indétermination d'une époque qui en suit une autre de fort près ; dans ce cas on l'oppose souvent à aujourd'hui. Aujourd'hui dans le tréue et demain dans la boue, corn. Polyeucte, iv, a. Aujourd'hui dans un casque et demain dans un froc, Bou.. Sot, VIII. S'il ne meurt aujourd'hui, je puis l'aimer demain, SAC. Androm. iv, 3. Aujourd'hui votre époux, il faut partir demain, lo. Mithr. ii, 4. Aujourd'hui nous lui jurons [à Dieu] un attachement inviolable, et demain nous secouons le joug et nous révoltons, bodrdal. Exhort. sur le couronnement de J. C.
— REX. 1. On dit également demain matin et demain au matin. || 2. Hulière a dit demain jour: Et tu m'avais prié même que mon retour Ty soulTrlt en repos jusques à demain jour, Ée. des maris, III, 3. Il 3. Demain, représentant le latin de mane, de matin, e.st, d'origine, un adverbe, qui est devenu facilement un substantif, à cause de sa signification.
— HIST. XI* s. Ainz demain nuit, bêle en iert l'amendise, Ch. de Roi. xxxviii. || xii's. Trouver [il] le puet demein ainz la vesprée, Rone. p. 422. De rechief al demain truverent Dagon à terre, gisant devant l'arche. Rois. 17. Là se logèrent li chevalier vaillant Desqu'al demain, à l'aube aparissant, /(ooul de C. 60. ||xiu* s. Or [elle] le m'a fait tolir, Diex lui doiot mal demain! Berte, lxziii. Et quant che vint au demain que li solaus fu levés H. Di valenc. <<. Trahie ont celé [cette dame] li demain. Et li respit et li atente. Lai du conseil. Atant ont le>sié le pledier Jusqu'au demain à l'esclairier, lien. 47684. Ne puis vivre dusqu'à demain, Se n'est pas voslra volenté, la Rose, 1816. Et nous n'avons point de demain; Quar li termes vient et aprouche. Que la mort nous clorra la bouche, huteb. «7. ||xv*s. Car leurs règnes perdent par cas soudain Roy terrien; l'un fait à l'autre efTroy, Et par pechié n'ont rien d'ui à demain, E. desch. De l'amour de Dieu. || xvi* s. Que il se délibère de me festoyer demain sus le midy, RAB. Pant. 11,28. Et un autre demain, il lui appriiit le nom des drogues les plus vulgaires, desper. Contes, lxi.
— ÊTYM. Provenç. deman, dema; catal. demà; itaL dimane, domane; du latin de, ei mcme, matin,
4. DÉ.HANCUÉ, ÉE (dé-man-ché, cbée), part, passé. Qui n'est plus dans son manche. Un outil démanché. Il Fig. Je vous remercie de m'avoir rouvert la porte de notre commerce, qui était tout démanché, sSv. Lett. it) avril 4670. || Hnmme démanché, homme qui se tient mal. Et substanlivameol, c'est un démanché, un graod démanché.
2. DÉMANCHE: (dé-man-ché), s. m. Terme ds musique instrumentale. Action de démancher. Ce violoncelliste abuse du démanché.
DÉMANCHEiMENT (dé-man-che-man ), s.m.
Il 1" Action de démancher. || 2* Fig. Désunion, dis location. Le gros du peuple qui est ferme, fait que l'on ne s'aperçoit pas encore de ce démanchement des parties, rbtz, n, 26». || 8* Terme de musique. Action de démancher.
— ÊTYM. Démancher.
t. DÉ.MANCUER (dé-man-ché), «. o. || !• Oler le manche d'un iustrument. || 2* Fig. Disloquer, désunir. Il 3" Y. n. Terme de musique. C'est dans les instruments à manche, comme le violon, le violoncelle, la guitare, quitter le manche, sortir du manche, qui est la position naturelle de U main gauche, pour la porter sur la table de l'instrument et oiilenir des sons plus aigus. || i* Se démancher, V. réfl. Se séparer de son manche. Ce maillet s'est démanché. || Fig. Se disloquer, se désunir Elle [l'affjire du lionnet] avait donné lieu à plusieurs ducs de se soutenir ensemble, et do veiller à ce qu'aucun ne vit le premier président. M. d'Aumont, et fort peu d'autres se démanchèrent, st-sim. 404, 3. |l Avec ellipse du pronom se. Il importait aux
DËiM
eonfldents de l'intrigue [des nobles inférieur» «ni duos] de ne pas laisser démancher le parti , st-sim. «s, îo. Il Populairement. Se démancher, se démener, s'intriguer beaucoup. Ou'avez-vous besoin de tant vous démancher?
— HIST. XIV* s. Li boucliers sont desmanchiés; Les tarpes fraintes et fendues, o. guiart, m«. ^«l», dans LACURNE. Il xv's. Lors trait l'espée et fiert l'autre sur le (leitre bras et luy fait voiler emmy la place ; quant celluy se sentit desmanchô du bras.... Perceforest, t. I, f" «7. Si l'instrument ne se desmanche, COQOILLABT, le Motinlogue des Perruques. \\ xvi's. Démanchez la croix, et du manche chassez-les au loin, HARO. JVoui). xLvi. Ces Impressions, nées de la desbauche d'un esprit desmanohé, vont nageant incertainement en la fantasie, mont, u, 4*7. Si leurs actions se desmancherent [ne répondirent pas à leur amitié], ils n'estoyent ny amis, selon ma mesure, l'un de l'aultre, ny amis à eulxmesmes, id.
I, 214. Quand quelque pièce [d'un état] se desmanche, on peult Testa yer,iD. iv, «s. Desmanchez vos chalumeaux, du bellay, m, 36, recto.
^ ÊTYM. Bi.... préfixe, et manche, s. m.
f 2. DÉ.M.\NCIIER (dé-man-ché), «. n. Terme de marine. Sortir de la Manche ou d'un bras de mer quelconque.
— ÉTYM. W.... préfixe, et la ifaneh».
t DKMAND.4NT, ANTB (de-man-dan, dan-t'), adj. Qui demande.
— HIST. XV' s. [Les femmes] X tous propos, Sans nul repos. Sont demandantes, ouillaume ALEXIS, Blason de faulses amours, dans palsgr.
DKMANRE (de-man-d"), t. f. || !• Action de demander. Une demande fondée. Appuyer une demande. Faire une demande d'argent. C'est votre intérêt seul que sa demande touche, corn. Nicom.
II, a. Il i la demande générale, tout le monde demandant une certaine chose. Il Terme de philosophie, dit plus souvent de son nom latin pos(«io(um, point que l'on prie l'adversaire de reconnaître préalablement à une discussion. || Terme de musique. Se dit, dans une fugue ou une symphonie, du sujet ou motif que l'on propose à imiter; la phrase qui y correspond se nomme la réponse. || Terme de marine. Kiler un câble à la demande du vent, le filer à mesure qu'il se tend, pour éviter de faire chasser l'ancre. || Une pièce de bois est à la demande quand elle a été travaillée selon la forme de la place qu'elle doit occuper. || 8* La chose demandée. On vous accorde votre demande. || 3° Ecrit qui contient une demande. Adresser une demande au ministre. || 4° Démarche auprès des parents d'une fille pour la demander en mariage. La demande a été agréée de toute la famille. Pour Rodericon en fit la demande, la font. Belph. Vous raillez; ce n'est pas Henriette qu'il aime. — ....Vous me voyez, ma sœur, chargé par lui D'en faire la demande à son père aujourd'hui, MOL. F. sav. ii, 3. || 5° Action judiciaire pour obtenir une chose à laquelle on a ou l'on croit avoir droit. Il fut débouté de sa demande. Demande en garantie, en nullité. || Prétention ou conclusion d'une partie. Demande principale, incidente. Il 6° Terme de commerce. Commande. La demande sera considérable cette année. La demande sollicite la production. {| Terme d'économie politique. La quantité de produits ou de services demandée par les acheteurs. La demande du travail, des capitaux. U est à désirer que la demande excède l'ofl're. Un lustre ne peut trouver sa place que dans de grandes maisons, tandis qu'il n'est si chétif ménage oik l'on ne trouve des chandeliers; aussi la demande des chandeliers est-elle toujours ouverte, toujours plus active que celle des lustres, say. Traité, t84t, p. 360. Il 7° Question. Un livre par demandes et par réponses. Un esprit abstrait nous fait faire ou de mauvaises demandes ou de folles réponses, là brdy. V. Elles vont m'entourer; que je crains leurs demandes! DBLAV. Paria, ii, 6. || Voilà une belle demande, ou, simplement, belle demande, cela va sans dire; en pouvez-vous douter? Est-ce que M. Purgon le connaît? — La belle demande I II faut bien qu'il le connaisse, puisque c'est son neveu, mol. Ual. imag. i, B. || Proverbe. X sotte, à folle demande point de réponse.
— SYN. DEMANDE, QUESTION. Ces deux mots signifient en général uue proposition par laquelle on interroge. Mais il y a cette distinction que question est plus général que demande, n'impliquant pas que celui qui interroge ait quelque droit à interroger; tandis que demande implique que celui qui demande interroge non pas seulement pour s'informer, mais aussi pour s'assurer si celui qui est
DICT. DE LA I.ANGUF. FRANÇAISB.
iai«iT0gé a rempli certainesi conditions. Un maître fait à son élève une question ou une demande ; mais celui qui prend des informations fait des questions et non pas des demandes. En effet, étymologiquement, question, du latin qu<rs(to, de qmrrert, est l'action de chercher; et demande , du latin damandare , contient quelque chose du sens de mander. Il y a encore cette différence : \' qu'une demande n'est pas toujours interrogative : une demande de secours, d'appui, de protection; 2' que,dansle sensinterrogatif, la demande suppose toujours l'action d'un demandeur, tandis que la question peut aussi être conçue d'une manière abstraite. Exemple : La matière éthérée est-elle résistante, ou ne l'est-elle pas? C'est une question, ce n'est pas une demande. Pour que ce soit une demande, il faut qu'il y ait quelqu'un qui fasse ou soit supposé adresser cette question à un autre.
— HIST. XII* s. .... Car tel sont 11 usaige; Qu'on ne peut mais, sansdemant, rien trouver, quesnes, Romancero, p. 84. ||xiii* s. Tout le droit dont nous usons apartient à personesou à choses ou à demandes, Liv. de just. 64. Si compaignon ne poent fere demande contre li , puisque il meisme a damace en la coze [chose], beauk. xxi, 32. || xiv* s. Li capitains li dist comment la chose ala, La demande Bertran et tout quanque dit a, Guescl. 20826.
— ÊTYM. Voy. demander; provenç. et espagn. demanda; ital. dimanda. On a dit aussi demant, au masculin.
DEMANDÉ, ÉE (de-man-dé, dée), part, passé. Il l"Donton a fait la demande. Une place longtemps demandée. Une fille demandée en mariage. || 2* Appelé. Le médecin demandé eu toute hâte. || 3° Exigé. La capacité demandée par la gravité des circonstances. || 4* En économie politique, demandé par les acheteurs. En même temps que la quantité demandée de chaque produit est modifiée par ses frais de production, elle l'est par le nombre des personnes qui éprouvent le besoin de la consommer et qui ont les moyens de se satisfaire, say. Traité, 1844, p. 2)7.
DEMANDER (de-man-dé), t. o. || 1» Exprimer à quelqu'un qu'on souhaite obtenir quelque chose de lui. Je vous demande votre appui. Toutes les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées, corn. Ci'nna, v , t. Que vous me fatiguez avec un tel caprice ! Ce que vous demandez a-t-ilde la justice? mol. Mit. v, 2. On demande & Dieu les choses; on demande aux saints des prières; qui s'avisa jamais de demander ou des prières à Dieu, ou les choses mêmes aux saints comme à ceux qui les donnassent? boss. Far. xui, 28. Mais sans cesse ignorants de nos propres besoins, Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins, BoiL. Éptt. V. Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie? rac. Androm. ni, 7 C'est un exil
que mes pleurs vous demandent , id. ib. i , 4. Je vous ai demandé des oreilles, des yeux, id. Bérén. Il, 2. Mes soldats, dont je veux tenter la complaisance. Dans ce même moment demandent ma présence, id. Mithr. u, 5. Puisqu'enfin ma prière a si peu de pouvoir. Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame; je le veux et je vous le commande. Obéissez.... id. Iphig. m, <. Je dois
quatre cents francs I c'est une fourberie Je ne
sais pas , au vrai, si vous les lui devez , Mais il me les a, lui, mille fois demandés, regnard. Légat. v, 7. Je demande en tremblant une grâce de vous, VOLT. Zaïre, iv, 2. Je n'aurais point aux cieux demandé d'autre père, id. ilérope, v, l. || Absolument. Il est toujours à demander. Il demandait pour les pauvres en un lieu [la cour] où l'on se fait un point d'habileté de ne demander que pour soi, fléch. Lnmoignon, || Demander la bourse ou la vie, se dit d'un voleur qui, vous présentant une arme, exige que vous lui remettiez l'argent que vous avez. || Fig. Ne demander que plaie et bosse, se plaire dans le trouble et dans le désordre. || Familièrement. Ne demander pas mieux, acquiescer à une résolution, ne pas s'y opposer. || 2° Demander son pain, demander l'aumône. || Absolument. Mendier. On rit du fou qui sur sa. lyre Chante à la porte en demandant, BÉHANG. Indépend. \\ 3° Terme de palais. Former une demande en justice. Demander des aliments. Il Conclure à. Demander une remise, une enquête, solhciter des délais, une information, un examen. Il Avoir le rôle de demandeur. Tant en demandant qu'en défendant. || 4* Demander à, suivi d'un infinitif, exprimer le désir de. U dunande à parler, à venir vous voir. Philoclès demanda au roi à se retirer auprès de Salente dans une solitude, fén. Tél. XIV. Ses yeux baignés de pleurs demandent à vous