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HAY

HAVIR (ha-ïir). || !• Y. a. En parlant de la viande qu'on fait rôtir, dessécher et brfller k la surface, •ans obteiiir do cuisson à l'intérieur. || 2" V. n. La viande havit à un trop grand feu. || 3° Se havir, B. rén. Être havi. De la viande qui s'est havie.

HlST. ivi* s. Ne pouvant estre bon le fruit

dont l'arbre aurolt esté effeuillé ; ains tout havi deviendroit-il Jiar la chaleur du soleil le Ireuvaut sans

couverture, o. dk serres, 363 Lors le pain est

bruslé en sa superficie, la crouste havie empeschant l'intérieur de se cuire, m. h23.

— ÊTVM. llaxir n'ayant point d'accent circonflexe, tandis que hâve en a, il est plausible de le tirer, avec Diez, de l'anc. haut-allem. heien, briller, qui se rapporte à heiss, chaud, et au grec xaiu, brôler.

HAVRE (ha-vr*), f . m. || t* Anciennement, port de mer quelconque. Employant ce ïyphis (pilote), Syrtes et Cyanées Seront havres pour toi, malh. ii, \i. Kt, comme un marinier échappé de l'orage, Du havre sûrement contempler le naufrage, béonier, Épilre II. Maldonado, qui faisait tout son espoir, est maintenant reconnu pour un des plus mauvais havres qu'il y ait au monde, raynal, llist. phil. vin, to. Il Par extension. De petits écureuils noirs, après avoir dépouillé les noyers du voisinage, se sont résoius ti chercher fortune et à s'embarquer pour une autre forêt; aussitât, élevant leurs queues et déployant au vent cette voile de soie, ta race hardie tente fièrement l'inconstance des ondes ; la tempête se lève, la flotte va périr, elle essaye de gagner le havre prochain, chatf.aubh. Génie, i, v, 9.|| Kig. Maisn'estce pas la loi des fortunes humaines. Qu'elles n'ont point de havre à l'abri de tout vent? malh. vi, (O. Il Havre d'entrée ou havre de toutes marées, port où il y a de l'eau suffisamment pour entrer en tout temps. Il Havre de barre ou de marée, port où l'on ne peut entrer qu'avec la haute mer. || 8° Aujourd'hui, havre ne se dit que de certains ports qui sont à sec à marée basse. Les baies, les ports et les havres, buff. llist. nat. Preuv. Ihior. terr. Oeuvres, t. u, p. i»9.

— HlST. XII' s. Rouz Alexandre [Alexandrie], à un havre moût lé [large], Ronc. p. us. |{ xm" s. Al havene vint, nef i trova. Lai de Mélion. || xiv* s. Kt grans nefs profondes et larges, Plus de cinq cents dedans le hable, ouiart, dans du cange, haula. Il XV s. Quand [les Anglois] se départirent des havres d'Anglelerre, kroiss. ii, h, 27. Mais que demandes-tu '! tu quiers chemin à toy perdre, à l'exemple de moy, et veulx saillir du havre de seu relé pour toy noyer dedans la mer, al. chart. le Curiai. Il xvi" s. Il n'est gallere, encor que le grant dyable En fust patron, s'elle approclioit mon hable. Qu'on ne la mist par esclatz comme ung verre [c'est la ville de Gênes qui parle], J. mabot, v, 46.

— Etym. Bas-lat. haula; portug. abra; du germanique : anc. scand. hôfn ; anglo-sax. hàfen ; dan. hafn; allem. Ilafen; angl. haven. Comparez le basbreton et le kimry, aber, port.

t HAVRIJR (ha-vré), c. n. Terme de marine peu usité. Entrer dans un havre, y relâcher.

UAVUE-SAC (ha-vre-sak), s. m. || l' Anciennement, nom du grand sac de peau que les fantassins portaient sur le dos dans les marches. || Aujourd'hui on ne dit plus havre-sac, on dit exclusivement sac. Il 2° Sac que les gens de métier portent sur le dos, et où il» mettent leurs provisions et leurs ustensiles. Il 3° Terme de métallurgie. Scories riches ramassées autour de l'enclume. || Au plur. Des havre-sacs. .

— ÈTYM. Génev. habre-sac; de l'allem. Habertack, sac à avoine, de Ilaber, avoine, et Sack, sac.

t UAYË (ha-ye), inter}. Terme employé par les piqueurs pour arrêter les chiens qui prennent le change.

■tHAYER(hé-ié|,ti. a. Terme rural. Faire une haie.

— HlST. XIII* s. Car maintes foiz avons veQ, Qant en un puis est on cheU,Li paisant d'entor le haient, Que les bestes leens ne chaient [tombent], Hen. Ï03BI. Il XIV s. Mieux vault tendre de panneaux que de laz sans faire hayer, car leus [les loups] si redoublent la liaye, Modus, f" xlix, verso. || xv« s. Chevaliers, escuyers et gens d'armes se haierent tout autour du roi et le laissèrent lasser et saouler, PROiss. m, IV, 28. Pour le danger des chemins qui esloient trop estroits et hayés en plusieurs lieux,

UONSTRKLET, II, 408.

— ETYM Unie.

t IIAVETTE (hè-iè-t"), s. f. Terme rural. Petite bêche qui sert à biner l'intérieur des baies.

— ETVM. Haie.

IIÊ (é), interj. qui sert principalement à appeler. Hé I venez ici, || Elle sert à donner de la force à ce

HEA

qui suit. Il veut établir ses richesses dans U pauvreté, ses délices dan» les souffrance», et sa gloire dans la bassesse; A ignorance, 6 folie, hé Dieu, que pense-t-il faire? A le plus insensé des hommes selon la sagesse du siècle, Boss. Pauég. St François, préambule. Hél mon p're, oubliez votre rang A ma vue, hac. Iphig. ll, 2. Vous en AulideTvousl hél qu'y venez-vous faire? II). it. u, s. Hé quoi! Mathan, d'un prêtre est-ce là le langage? iD. Aihal H, 6. Il II s'emploie pour avertir. Hé! prenez donc garde. || Il se dit pour exprimer de la pitié, du regret, de la douleur. Hél mon Dieul Hé! pauvre homme, que je vous plains! Hél qu'ai-je fait? Hé! que je suis malheureux! || Il se répète pour exprimer l'adhésion. Hél hé! il n'y a rien à répondre. Il Hé bien! toc. interj. qui exprime l'étonnement et qui sert à interroger. Hé bien ! de quoi est-il question? Hé bieni quoi? qu'est-ce? qu'y a-t-il? Au diantre la sotte ville et les sottes gens qui.... MOL. Pourceaugn. i, 5. || Il sert aus'ii à renforcer ce qui suit. Hé bien! contentez donc l'orgueil qui vous enivre, boil. Épit. x. Hé bien! madame, hé bienI il faut vous obéir, rac. Àndr. i, i.

— HEM. Piron a écrit Me pour la rime : Holà, hée ! Que l'on aille chercher monsieur de l'Empyrée, tlHrom. m, 5.

(. HEAUME (hfi-m*. D'après Chifflet, Gramm. p. 202, heaume se prononçait he-au-me ; prononciation tout à fait défectueuse, étymologiquement et d'après le plus ancien usage; c'est au xiv et au XV* siècle qu'on se mit à séparer l'e de l'o) , s. m. Sorte de casque élevé en pointe qui couvrait la tête et le visage, et qui n'avait qu'une ouverture à l'endroit ries yeux garnie de grilles et d* treillis et servant de visière. L'écuyer suivait le chevalier à la guerre, portait son heaume élevé sur le pommeau de la selle, chateaub. Génie, iv. v. ♦. |i Dans le blason, le heaume est une pièce d'armoiries, mais ordinairement il sert de timbre ; il était une marque de noblesse et des fiefs nobles, et en faisait voir les différents degrés suivant certaines dispositions. Qu'est devenue la distinction des casques et des heaumes? la bruy. xiv.

— HlST. xi* s. Tenez mon helme, onque millor [je] ne vi, Ch. de Roi. XLvin. Il fiert Tierri sur l'elme de Provence, ib. cclxxxvh. || xiii* s. Et furent tuit armé, et Ii hiausme lacié, et Ii cheval fuient tiiit couvert et enselé, villeh. lxx. Maint hiaume découpé, mainte targe percie, Berle, cxliv. Et deivent estre armés ou champ de hauberc et de chances de fer et de heaume à visière, Ass. de J. i, i7o. Il [Louis IX] paroit [paraissait] desur toute sa gent dès les espaules en amont [en haut) un heaume doré en son chief, une espée d'Alemaingne en sa main, jomv. 226. ||xiv* s. Et osta son heaulme; celé le vit à plain, Hugues Capet, p. 38. || xv* s. Gens d'armes à heaumes couronnés; en ce temps parloit on de heaumes couronnés; et ne faisoient les seigneurs nul compte d'autres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaumes et à tymbres couronnés , FROiss. 1, I, 64. Poulies, chappous si porloient leur heaulme [étalent à l'abri de la maraude]. Vigiles de Charles Vil, t. u, p. <77, dans hcurnb. Dieux! qu'il a dessoubz son heaume , Patelin, v. 997. Il XVI* s. Ce que nos anciens appellerent heaume, on l'appella sous François I" armet ; nous le nommons maintenant habillement de teste; qui est une vraye sottise de dire par trois parolles ce qu'une seule nous donnoit, pasquier, viii, p. eea, dans lacuhne.

— ÊTTM. Wallon, haime; namur. ftèoume; provenç. elme, elm; esp. yelmo; port, et ital. elmo; du germanique : anc. haut-allem. helm; anc. scaud. hidlmr; goth. hilms.

t 2. HEAUME (hA-m'), s. m. Ancien terme de maiine. Barre du gouvernail.

— HlST. xii* s. Aval le hel se curt senestre, En sus le hel se curt à destre. Brut, dans jal. || xvi* s. Le heaulme sous le vent, hab. Pant. iv, 22.

— ÊTYM. Allem. Helm, un manche ; angl. helre. t HEACMERIE (hA-me-rie) , s. f. Ancien terme

de métier. Art de fabriquer dos heaumes. || Endroit où l'on fabriciuait des heaumes. Rue de la Heaumerie, à Pans.

t «. UEAUMlER,iîRE(hA-mié, miè-r'),». m. Ancien terme de métier. Celui, celle qui faisait fabrique et commerce de heaumes, et, en général, d'armes. La belle Heaumière, titre d'une ballade de Villon.

— ETVM. Heaume.

t 2. HEAUMIER (hô-mié), s. m. Nom vulgaire du cerisier julian ou guignier, ceraats juliana. Il Variété du prunellier.

— ■ ETVSl. Probablement heaume, à cause de la forme delà cerise, en casque sans cimier.

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