‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 356 sur 388 · BICOT · texte numérisé non relu

BICOT

HÉRISSÉ, ÉE (hé-ri-sé, séel, port, passe Ae hérisser. Il 1° Dressé en pointe aiguè. [Calchas] L'œil farouche, l'air sombre et le poil hérissé, bac. Iphig. v, 8. Ses cheveux étaient hérissés, fén. Tél. ix. |; Par extension. On ne voit guère plus de javelles pressées Que j'ai vu contre moi de piques hérissées, TPISTAN, Mariane, i, 3. || Fig. et familièrement. C'est un homme hérissé, toujours hérissé, c'est un homme difficile avec qui on ne sait comment traiter. Il Style hérissé, style rude et déplaisant. Vous savez avec quelle fureur on affectait de louer l'Electre de Crébillon, ces vers durs et hérissés..,., volt. Lett. la Harpe, 26 mai 1784. jj 2* Couvert, garni de choses touffues, droites, aiguës. Un autel hérissé de dards, de javelots, bac. Iphig. m, t . Un rempart hérissé de piques et de dards, volt. Orphel. 1, 3. Depuis que la terre est hérissée de remparts bordés d'artillerie, ces grandes émigrations [des peuples barbares] ne sont plus à craindre, id. Moeurs, »8. La partie de l'île qui donne son nomà lacolonie entière est hérissée, dans son centre, de rochers affreux, où il règne un froid continuel, baynal, Hist. phil. XIII, 27. Il Poétiquement. L'hiver hérissé de glaçons. Il Terme de botanique. Couvert de poils rudes et fort apparents. Tige hérissée. I| Terme de zoologie. Se dit d'une surface ou de poils assez longs, serrés, un peu roides et durs au toucher. Il 8° Fig. Qui est pourvu de certa nés choses, défauts ou qualités, que l'on compare i des piqu.ints. 1.8 (lame en question passait pour hérissée de cette espèce de sagesse-là, mahivaux. Pays. parv. 6* part. Si, tout héris.sé d'algèbre, le compas à la main, vous aviez respecté la poésie qui m'est ch're..., je vous épargnerais peut-être, oilb. le Carnaval des autnirs. || Hérissé de grec, de latin, qui cite i tout propos du grec, du latin. Tout hérissé de grec, tout bouffi d'ignorance, mil. S4U. rr. Allez,

IIER

grande barbe, pédant hérissé de grec; vous perdez le respect qui m'est dii, pén. Dial. des morts mod. {hniis II, Be'tarion). Son précepteur, qui était un homme hérissé de latin, citait des pass.'iges de Vii gile et d'Horace. i.E s vge, Bachel. de Salam. ch. 4t. " Il se dit des choses en un sens analogue. La vie est hérissée de ces épines, et je n'y vois d'autre rem(<le que de ruitiver son jardin, volt. Ult. I.uneau de Bnit Germain, 21 oct. I7fl«. Un ouvrage sur Homère qu'il [Villolson] prendrait la liberté de présenter à Votre Majesté, s'il ne craignait que le grec dont cet ouvrage est hérissé ne la fît reculer deux pas en arrière, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 25 avr. 1774. L'origine de la population de l'Amérique est hérissée de difficultés inexplicables, rat- NAL, Hist. phil. xvii, 3. Il Absolument. L'érudition est hérissée dans les uns, et agréable dans les autres. D'ALfsinERT, cité dans le Dict. de poitevin. Il 4* Ternie d'art milit;iire. B.iril h. risse, voy. nt- BissON FotDRoTANT. || 6* S. m. Etat de ce qui est hérissé. Le ton de la robe [il'un chien], le hérissé du poil, THÉOPHILE GAUTIER cité dans \« Diet.de POITEVIN. Il Nom spécifique des poissons des genres tétrodon et baliste, dits aussi bérisions. |H" S. f. Hérissée, chenille velue qui se tient sur l'artichaut, et qui est la chenille de la noctuelle.

t HÉRISSEMENT (hé-ri-se-man), s. m. Action des poils ou des plumes qui se dressent. || Êiat de ce qui est hérissé. Le hérissement des cheveux.

— HIST. XV* s. Gemissemens Y sont, cris, plours, herissemens. Et crueuli amortissemens De cueurs, AL. CHARTiEH, le Litre de 4 dames

— ÉTYM. Hérisser; provenç. yrùiomenJ: catal. erissament; espagn. fnlomt<ti(o; ital. arricciamenlo.

HÉRISSER (hé-ri-sé), V. a. || 1* Dr "ser, en parlant du poil, des plumes ou des chevcu». J'ai donc vu ce sanglier qui, par nos gens chassé, Availd'un air affreux tout son poil hérissé, mol. Prtn«. d^Él. I, 2. Comme un coursier indompté hérisse ses i rins, j. I, Bouss. Orig. 2. Inventer ... i:e n'est pas sur la front d'une nymphe brillante Hérisser d'un lion la crinière sanglante, a. ch«n. Invention || 2* Pai extension, il se dit de choses aiguës, saillantes, dressées, -lui couvrent, qui garnissent. Des roches aiguës hérissent les flancs de la montagne. Le chardon importun hérissa les guérets, boil. Épit. m. Parmi les forêts Oui des monts de l'Arven hérissent les sommets, nticis, Oiror, u, 2. |{ 8° Hérisser de, garnir de choses considérées comme aiguës, pointues. Hérisser de pieux un bastion. Il [l'hiver] hélisse les monts de hautes pyramides, roucher, les Mois. Il Fig. Hérisser son style de termes nouveaux. La prose la [la pointe] reçut aussi bien que les vers; L'avocat au palais en hérissa son style, boil. Art p. n. Il 4° Terme de construction, \oy. hEbissoNNRH. Il 5° V. n. Devenir hérissé. I.es cheveiu lui hérissèrent à la tête, Dict. de l'Acad. || 6* Se hérisser, V. réfl. Dresser son poil, ses plumes. Ce coq est furieux, il se hérisse. Un mâtin qui connaît ses forces se hérisse, s'indigne, l'attaque avec courage [le loup], tiche de le mettre en fuite et fait tous ses efforts pour se délivrer d'une présence qui lui est odieuse, bupf. Quadrup. t. u, p, tus. || Il se dit des cheveux, du poil, des plumes qui se dressent. Des coursiers attentifs le crin s'est lurissé, BAC. Phèdre, v, ». Vous baissez vos regards, vus cheveux se hérissent, volt. Orph. i, 6 || Fig. Se fâcher, se montrer opposé à. Mile de Rambouillet et Mlle Paulet s'en hérùssèrent toutes et en rugirent horriblement, et proposèrent à l'heure même d'aller piller notre logis, voit. H'.uvres, t. ii, p. 226. ChamiUart en parla [du mariage de son fils] t Mme de Maintenon , qui d'abord se hérissa et qui en éloigna le roi, st-sim. i»o, 46. Vous sentez que je veux faire de Mme d'Argenton le bouc émissaire de l'ancienne loi, et vous, vous vous en hérissai comme d'une proposition qui vous flétrirait, m 252, (28 II 7" Devenir couvert de choses aiguës. Cet champs incultes se hérissent d'épines. Les troupes arrivèrent et les rues se hérissèrent de baïonnettes.

— HIST. XII* s. [Je] Ne vuel pas sembler le gaignon [chien] Qui se herice et se reguingne. Quant autres gaingnons le recliingne, crestikn de troies, Chet. au lyon, v. «44. || xiii* s. Tuit furent en grani tenebmr; Morir cuident tuit li plusor, Quar la tourmente fu moult fort; Et du dromont [sorte de navire] croissent [font du bruit] U bord; Li vent herice et la mer poudre, Blanrhandin, f I8«, dans lacurne. Car nus [nul] sengler tôt hericiés. Quant des chiens est bien aticiés, N'est si crueus..., la Rose, 0828. Les denz a [Ysengrin] un poi plus agues Que Renart cl plus esmolucs; Contre Reiiarl nwult se herice, Ren. 44»7. Quant j'oy parlar de si lait vice,

m^iR

HÉR

HÎÎR

Par foi toz li cuers m'en herice De duel et d'ire, Si fort que je ne sai que dire, buteb. i»8. || xiv* s. Quant vous fustes entlormy, les cheveulx me commencèrent à hérisser, Hénagier, i, «. {{ xvr s. Nous ne commandons pas à nos cheveux de se hérisser, MONT. 1, 97. Au malheur, mon courage se heri.sse, au lieu de s'auplatir, m. iv, 67. Quelque pierre espineuse et hérissée qui te poinct et escorche cruellement le col do la verge, m. iv, 271. On eust dit, à voir le liataillon des Lacedemoniens, que ce n'estoit qu'un corps, comme de quelque besle courageuse qui se herissoit et se preparoit pour comhatre, AMYOT, Arist. 42. Si nous oyons crier de nuict quelque chouan. Nous hérissons d'esfroy.... bons. 815. [La prêtresse] herissantsachevelure, lcbellay, in, 78, recto.

— ÈTYM. Voy. BÉBISSON ; provenç. erissar, hirissar; espagn. erisar; portug. erriçar; ital. arriciare.

HÉRISSON (hé-ri-.son) , s. m. ||1° Genre de mammifères qui se nourrissent d'insecleset de fruits, ut dont la peau est couverte de piquants longs et roides formés de poils agglomérés , famille des insectivores; on y distingue le hérisson de nos pays, erinacexis europxvs, L. Le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n'en sait qu'une, disaient proverbialement les anciens : il sait se défendre sans combattre, et blesse sans attaquer, BUFF. Quadrup. t. u, p. 3ui. Un hérisson qui s'était glissé dans la cuisine découvrit une petite marmite, en tira la viande et y fit ses ordures, ID. ib. p. 3f2. Il Fig. et familièrement. Personne d'un caractère difficile. || Adj. et familiërpment. Hérisson, hérissonne, fâcheux , difficile, revêche, qu'on ne sait comment prendre. La madame Grognac a l'humeur hérissonne, regnard, le Dùtr. i, &. Jamais de la vie je ne vous ai vu si hérisson, T^édt. ital. dans LE ROUX, Dicl. comique. || 2° Hérisson de Madagascar, le tenrec. || Hérisson de mer, oursin. La forme des hérissons de mer varie beaucoup : il en est d'arrondis ou de façonnés comme des boutons ou des turbans, et d'aplatis comme des gâteaux, etc. cette diversité de forme a fait naître dill'érentes dénominations plus ou moins arbitraires; ou uil les hérissons en lurban,les hérissons en gâteau, etc. bonnet, Contempl. nal. ii, 23, note 2. Il Nom qu'on donneaux poissons des genres diodon et tétrodon. || Hérisson blanc, ou barbet blanc, larve de coccinelle. {| Hérisson, nom vulgaire de plusieurs coquilles du genre des rochers. Il Espèce de champignon rameux, bon à manger, hydnum erinaceum, bull. || S. f. Hérissonne, ou martre, chenille du genre bombyx, bombyx caja, pabr. Lorsqu'on se promenant dans le poudrier notre hérissonne venait à rencontrer le cadavre, elle y plongeait de nouveau sa tête et ses premières jambes, comme la première fois, bonnet, Observ. IT, Insectes. || 8' Terme de mécanique. Roue motrice verticale portant des chevilles ou mentonnets disposés comme les piquants d'un hérisson. || 4° Terme de guerre. Barrière faite d'une poutre armée de quantité de pointes de fer qu'on met aux portus des villes et qui tourne sur un pivot pour ouvrir ou fermer le passage. || Ancien terme militaire. Hérisson foudroyant, espèce de bombe hérissée de piquants de fer. || B° Assemblage de pointes de fer qu'on met aux grilles pour empêcher les voleurs de les escalader. || 6° Morceau de bois servant à faire égoutter la vaisselle lavée. || 7° Rouleau garni de chevilles, pour écraser les mottes de terre dans les champs labourés. || 8° Terme de fumiste. Tige garnie tout à l'entour de lames de fer longues et un peu flexibles servant à ramoner à la corde les cheminées trop étroites pour que le ramoneur y puisse monter. Il 9° L'enveloppe épineuse de la châtaigne. Il tO° Nom d'un fruit des Indes orientales de la figure et de la grosseur d'une poire, mais couvert d'une écorce hérissée d'épines, c'est le fruit du corossol muriqué, anona murieata, L., anonacées. || 11" Nom d'une ancienne coiffure en cheveux que se faisaient les femmes. Il [le canard siffleur huppé] a toute la tête coiffée de belles plumes rousses, déliées et soyeuses relevées sur le front et le sommet de la tête en une touffe chevelue qui pourrait avoir servi de modèle à la coiffure en cheveux dont nos dames avaient un moment adopté la mode sous le nom de hérisson, bupf. Ois. t. xvii, p. 26B. Ccst ainsi qu'avec leur maudit hérisson ils me firent une tête monstrueuse, genlis, TItédt. d'éduc. la Colombe, se. 3. jl 12° Terme de construction. En hérisson, se dit des briques, des moellons plats, lorsqu'ils sont rangés de champ à la partie supérieure d'un mur. Poser des briques en hérisson. Des murs terminés en hérisson.

— HIST. xii* 9. La pierre refuge as heriçuns, Li-

ber psalm. p. 4 B2. Dune [les Normandsj s en cloent [de peaux de bœuf] tut environ, Cum se ce fust un heriçon, benoît, ii, 5945. Les bores esprit et aluma, La vile art [brûla] toute et les mesons; Murs abati et herichons [sorte de fortification], flou, ms. p. 266, dans LACURNE. ||xiii' s. La pierre chevéeest

refuiz as heriçons. Psautier, f 124 Aucune or-

rible haire Qui plus est aguect poignans, Quant ele est as costes joignans. Que ne seroit uns pelicons De piaus de velus hcricons, (a Rose, 2û42«. || xv s. Gens d'armes qui yssoient de Paris touttesfois qu'ils vouloient, hors de Paris pour piller; quant ils revenoient, ils estoient aussi troussez [chargés] de biens que fait lehençonde pommes, Journ. deParis sous Charles VI et VU, 1447. || xvi* s. Le dehors et dessus de sa coquille [de l'oursin] est tout garny d'un poil dur et poignant comme celui d'un hérisson, aussi ledit poisson s'appelle hérisson, pa- LissY, 38 et 3i). Il a un hérisson dans le ventre; s'il ne boit, il le pique, oudin. Cur. fr.Paiez l'hérisson, il semblera baron, cotgravb.

— ÉTYM. Wallon, ireson, ureson, iureson; nam. ièreson, nièreson; Hainaut, hirchon, hurchon; picard, hérichon. irechon; génev. Ihiresson; provenç. erisso, hirisso; espagn, eriio; portug. ouriço; du latin hericius ou ericius, hérisson, qui est de même racine que le grec yriP, hérisson. L'espagnol erixo et autres viennent de hericius; le français hérisson vient d'une forme augmentée, hericionem.

t HÉRISSONE (hé-ri-so-n'), $. f. Voy. hérisson n" 2.

HERISSONNE, ÉE (hé-ri-so-né , née), adj.

Il 1" Terme de blason. Se dit d'un chat ou d'un autre animal ramassé et accroupi. || 2° Terme d'histoire naturelle. Qui est couvert d'épines ou d'aiguillons grêles, flexibles, nombreux ou rapprochés.

— i; l'Y.M. Hérisson.

, t HÉRISSONNEMENT (hé-ri-so-ne-man), s. m. Etat de ce qui est hérisonné.

— HIST. XVI' s. Un petit frisson et horripilation, ou herissonnement en tout le corps, paré, xviu, 5.

— Etvm. Herissonner.

t HCRISSONNER (SE) (hé-ri-so-né), V. réfl. Redresser son poil ou ses plumes. Ce faucon se hérissonne. Il F. a. Terme de maçonnerie. Herissonner un mur, le recrépir, le recouvrir de mortier ou de plâtre. On dit aussi hérisser.

— HIST. xvr s. D'un parler enroué, d'un poil hérissonne, BONS. 824. Quand on lisoit quelque chose de la saincte Escriture devant lui [un possédé], il se herissonoit, se sousievoit, et se tourmentoit bien plus qu'auparavant, pabé, zix, 32.

— ETYM. Hérisson.

t Hf5RlTABLE (é-ri-ta-W), adj. Terme vieilli qu'on a essayé de rajeunir. Dont on peut devenir possesseur par droit de succession.

— HIST. xv* s. Cent livrées de terre à l'esterlin, heritables à celui qui premier..., proiss. i, i, 40.

— ÊTY.M. Hériter.

HÉRITAGE (é-ri-U-j'), s. m. || !• Ce qui vient par voie de succession. Faire un grand héritage. L'habit qu'il eut sur lui fut son seul héritage, boil. Sat. 1. Il [Bernard de Weimar] meurt de maladie à la fleur de son âge, le m juillet... ; il laissait pour héritage son armée et ses conquêtes, volt. Ann. de l'Empire, Ferdinand III , i639. || Héritage se dit aussi d'un trône qui passe de rois en rois dans une même famille. Vous lui avez, dites-vous, rendu l'héritage de ses pères, comme si les hommes pouvaient être légués et possédés ainsi que des terres et des troupeaux, baynal, Hist. phil. iv, 24. || 2° Particulièrement. Les immeubles réels, comme terres, maisons. Elle [Judith] était parfaitement belle, et son mari lui avait laissé de grandes richesses, un grand nombre de serviteurs et des héritages où elle avait de nombreux troupeaux de bœufs et de moutons, SACi, Bible, Judith, vni, 7. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage Que nous ont laissé nos parents ; Un trésor est caché dedans, l.\ font. Fabl. V, 9. Il Terme de jurisprudence. Bail d'héritage, se dit des baux à rente perpétuelle ou à très-long terme. Il Héritage féodal, liéritage qui était tenu en fief et relevant d'un suzerain. Héritage roturier, héritage possédé à cens ou censive, ou autres charges. Il 3" Fig. Ce qui arrive, comme arrive un héritage. Vous n'avez pas la vie ainsi qu'un héritage, cohn. l'oly. IV, 3. Le crime d'une mère est un pesant fardeau ; Pour mestristesenfantsquclaffreuxhéritage ! BAC.Phèd. m, 2, Mourir digne de vous, voilà mon héritage, VOLT. Mérope, iv, 2. || 4° En style de l'Rcriture, l'héritage du Seigneur, les objets précieux qui étaient dans le temple à Jérusalem. Elle s'était encore emparée de l'héritage du Seigneur, et avait |

enlevé de son temple ce qu'il y avait de plus précieux pour enrichir les temples de ses idoles, bo lin. Iliit. anc. (JEut). t. vi, p. 2U4, ilans poucens. || Pai esleusion. La terre sainie. Le ."-eigneur refuse sans duule à mes infidéliiés [c'est saint Louis qui parle i la consolation que j'avais tant souhaitée, de délivrer »on héritage, mass. Panégyr. saint Louis. || Fig. L'héritage céleste, le royaume des cioux. Les méchants n'auront point de part à l'héritage céleste, à l'héritage d-a Seigneur. S'immoler pour son nom et pour son héritage [de Dieu], D'un enfant d'Israël voilà le vrai partage, bac. Esth. i, 3. i| Proverbe. Promesse de grand n'est pas héritage, c'est-à-dire il ne faut pas trop compter sur les promesses des grands. Il Service de grand n'est pas héritage, c'est-à-dire on n'est pas toujoure assuré de faire fortune auprès des grands, et aussi de rester à leur service. Et service d'autnii n'est pas un héritage, hol. Fem. sav. II, 6.

— HIST. xn* 9. [n nous faudra] Maint destroit encontrer et maint autre passage, Ains ({u'il nous toille rien de no [notre] droit erilage, Sax. xxvi.

I II XIII* s. Diex est assis [assiégé] en son saint irctage j [la terre sainie], quesnes. Romancero, p. 93. Kncor : le [ce blason] porte cil qui l'héritage en a, Berte, ! cxxxi. Et aussi lordoit on [aux enfants] rendre conte de lor inuebles et de lor héritages vilains,qui le tient por eus, cl tans qu'il sont sousaagié [mineur.s|, BEAUM. XIV, 30. L'eritage si sont cozes qui ne poent estre mues et qui valent par anées as signeursà qui il sont, ID. xxiii, 3. Quant li pies naist d'eritages amortis qui est d'Eglise, m. LXiii, 16. Ame n'est mie faite pour tousjors sejorner En ce mescheant monde qu'en voit tout bestorner. Mes si bien et si bel s'i doit el atorner. Qu'en son droit heritaige puisse tost relorner, J. de mlung. Test. 300. {| iiv* s. Les deleltacions corporeles ont aussi comme prit par héritage le non de delettacion, osesme, Ëth. 223. Il XV" s. Ce fut grand pitié quand il leur convint [aux habitants de Calais expulses par Edouard] guerpir leurs beaux hostels, leurs héritages [propriétés], leurs meubles et leurs avoir; car rien n'emportèrent, fboiss. 1, i, 323. Je vous advertis que amours de femme n'est pas héritage; elles ayment aujourd'huy ung homme et demain ung aultre, Percefor. t. vi, f' 42. || xvi* s. Partie de ces terres se bailloit à ferme ou à rente aux pauvres citoyens qui n'avoient point d'héritage, amyot, lei Gracques, 10. De jeune advocat héritage perdu, COTGBAVE. Vie n'est pas héritage, lu.

— ÉTYM. Hériter; provenç. heretatge ; anc. esp. heredage ; ital. ereditaggio. Au xvi* siècle, on prononçiit heritaige, dit Palsgrave, p. 8.

HÉRITÉ, ÉE (é-ri-té, tée), part, pajsrf d'hériter. Un domaine hérité des aïeux. || Fig. Mais disposer d'un sang que j'ai reçu sans tache! Avant que le souiller, il faut qu'on me l'arrache; J'en dois compte aux aïeux dont il est hérité, i toute leur famille, à la postérité, ccrn. D. Sanche, m, 4.

HÉRITER (é-ri-té), V. n. || 1° Recueillir une succession. Jl hérite beaucoup, mol. l'Ét. 11, 3. fhéramène était riche et avait du mérite; il a hérité, il est donc très-riche et est d'un très- grand mérite; voilà toutes les femmes en campagne pour l'avoir pour galant, et toutes les filles pour épouseur,

LA BBUY. VII Procréez des enfants Qui puissent

hériter de vous en droite ligne, hegnabd, Légat, v, ». Ahl doit-on hériter de ceux qu'on assassine? CRÉB. Rhad. II, 2. Ses parents seulement étaient affligés, car ils n'héritaient pas, volt. Zadig, 4. Il Devenir propriétaire d'une chose par droit de succession. Il a hérité d'une maison, ij Fig. Roi, je n'hérite point des différents du prince, rotb. Vencesl. V, 9. Il me semble que l'amour que nous avions pour mon père ne doit pas être perdu, el que nous devons principalement hériter de l'affection qu'il nous portait, pour nous aimer encore plus cordialement s'il est possible, pasc. Lett. sur la mort de son père. De votre injuste haine il n'a pas hérité, bac. Phèdre, v, 3. Le désir d'hériter de sa gloire [d'Achille] dans cette guerre [de Troie] m'engageait [moi, Néoplolème] à suivre les Grecs, fér. Tél. XV. Elle [cette noblesse] manque et s'éteint en nous, dès que nous héritons du nom sans hériter des vertus qui l'ont rendu illustre, mass. Pet. car. Grand, de J. C. || 2° 11 s'emploie activement aussi. C'est une maison qu'il a héritée de son père, la bhuy. Théophr. xxiii. || Fig. Vous avez hérité ce nom de vos aïeux, cobn. Sertor. m, 2. Il (Appius Claudius] avait hérité de son père son attachement inviolable pour les intérêts du sénat, vebtot, Ri'rol. rom. liv. IV. Père aveugle et barbare! inipitoyalile mère! Pauvres, vous fallait-il mettre au jour un

HÉR

enlant Oui nTiéritM de vous qu'une affreuse miîi-

gence, oilb. PlainUt du malheureux U gloire

au prix du sauf,' • Les erifaïUa hériUnt l'iniquilé du pèrel LAMviiT. l/<?di(. I, 7-

— IIIST. XII* s. Sa fille à femme li dona, Et de sa terre l'ireta, llrut, t. i, p. <3u. H x"i" s. 11 aviem bien que li peie» et le |la] mère aiment Unt l'un de lor enfans plu» des autres, qu'il vurroient qu'il peust eslre hérités du tout le lor, beaum. xjv, <5. L'eir [hoir) qui irrite as biens de celui qui est plege et dette, est tenus par la raison de la detterie de respondre li ent [de lui en répondre] et paiei le corne autre dette, Àss. de Jérut. i, î05. Uiex les hériteras [les enfants] se tu bien les doctrines, Que se tu leur Icssoies d'or et d'argent dix mines, J. de MEUNO, Test. .IBS. il XVI» s. Ayant hérité à la seigneurie de son feu père, tveb, p. 632. Tu n'as pas les mortels favorisez ainsi, Que tu as héritez de peine et de souci, De vieillesse et de mort, qui est leur vray partage..., bons. 838. Or ay je un frère au quel la coustume donne tous les biens de nostre maison; par quoy me voianl jeune et peu hérité, me suis mis à suivre les aventures, D. Flores de Grèce, (■ cxvi, daus lacubne.

— Etym. Provenç. heretar ; espagn. heredar ; portug. herdar; ital. eredare; du lat. hereditare, de hères (voy. hoib). Dans l'historique, hériter a souvent 1» sens de rendre héritier.

4. ilÉKITIKH, lÈllE (éri-tié, tiè-r'), ». m. et f. 11 1° Celui, celle qui, d'après la loi, hérite ou qui doit hériter de quelqu'un. Héritier naturel, légitime. Ouoiqu'étant sortis de la boue, ils [certains favoris] ne soient, à bien dire, parents de personne, ils croient être héritiers de tout le monde, balzac. De h cour, T dise. Je le fais roi de Pont et mon seul héritier, cobn. Nicom. iv, 4. Je ne veux d'héritiers que votre Rome, ou vous, id. Sertor. v, 7. Reconnais l'héritier et le vrai fils d'Alrée, rac. Iphig. v, 4. Déplorable héritier de ces rois triomphants, id. Athal. I, t. L'héritier prodigue paye de superbes funérailles et dévore le reste, la bbuï. vi. Tous les hommes, par les postes différents, par les titres et par les successions, se regardent comme héritiers les uns des autres, et cultivent par cet intérêt, pendant tout le cours de leur vie, un désir secret et enveloppé de la mort d'autrui, id. ib. Que me sert-il d'avoir une avide cohorte D'héritiers qui toujours veille et dort à ma porte. De gens qui, furetant les clefs du coffie-fort. Me détendront mon lit peut-être avant ma mort? begnahd, Légat, i^ 4. Non, je ne connais pas de plus charmant plaisir Que de voir d'héritiers une troupe affligée. Le maintien interdit et la mine allongée, Lire un long testament où, pâles, étonnés. On leur laisse un bonsoir avec un pied de nez, id. ib. Tous les descendants qui vivaient sous la puissance du père qu'on appela héritiers-siens, MONTESQ. Eip. xxvii, t. Il Héritier bénéficiaire, celui qui accepte la succession sous bénéfice d'inventaire. Héritier fi.léicommissaire, héritier institué pour rendre la succession à une autre personne. Il Héritier présomptif, voy. pbésomptif. Il Adjectivement. Car telle est la gent héritière; Vous lui laissez des monceaux d'or; Elle plaint au défunt le bûcher ou la bière, la motte, Fabl. 1,4 9. Il 2° Il se dit par rapport à la chose dont on hérite. Héritier d'une grande fortune. On la regardait | Marie - Thérèse ] en Espagne non pas comme une infante, mais comme un infant; car c'est ainsi qu'un y appelle la princesse qu'on reconnaît comme héritière de tant de royaumes, Boss. Mar.-Thér. Le crime d'en avoir dépouillé l'héritière [du trône], bac. Bnt. ii, 3. || Fig. Se montrer le digne héritier de la gloire de ses ancêtres. Ces deux syllabes précieuses Oui font ensemble votre nom [Condé], Seront [après votre mort] de tout votre renom Les héritières glorieuses, voit. Œuvres, t. ii, p. 201. Il est né l'enfant du miracle, Héritier du sang d'un martyr, lahaht. Médit, i, <5. {| 3° Se dit pour enfant, à cause que les enfants sont les héritiers naturels. Sa femme ne lui a point donné d'héritier. Talestris, reine des Amazones, k/oua à Alexandre qu'elle se croyait digne de doni.urdes héritiers à son empire, vaucelas, Q. C. vi, 6. Latin d'héritier n'avoit point, Qui portât chausses et pourpoint; Mais il avait une héritière, Kille sans tache et fort entière, scabbon, Virg. vu. L'empire vainement demande un héritier, hac. Brit. il, 2. Ma famille ne craint rien tant que de me voir un petit héritier, et je fais tout mou possible pour leur donner ce chagrinlà, dangoijbt, la Gaielte, se. M. Il i' S. f. Héritière, QUe unique qui doit hériter d'une grande succession. Cette belle vaut mieux que la plus grande hériti6re de France, s£v. 8. La

HER

plupart dos riches héritières, pour qui' l'équitable nature semble avare de ses richessf^s, à mesure qu'elles sont comblées de celles de la fortune, ha- MiLT. Gramm. 7. Mme de Richelieu éuit franche héritière, c'est-à-dire riche, laide et maussade, sT-siM. 353, 167. || 5° S. f. Héritière, nom donné successivement à plusieurs plantes, en souvenir du botaniste l'Héritier. || Proverbe. Il a affaire à la veuve et aux héritiers, c'est-à-dire il a affaire à plusieurs parties, il faut qu'il réponde à plusieurs personnes.

— rilST. XII' 1. Tant qu'en France mourut li rois sans héritier, Sax. iv. || xiv s. C'est |la lèpre] une maladie contagieuse et héritière, car elle passe d'un à autre et en héritage, lanphanc, f*' 44. || iv s. El veoient [ceux d'Evreux], si voir vouloient, leur jeune héritier [c'est-à-dire qui tenait leur ville en héritage] Charles de Navarre, froiss. u, ii, 27. Il XVI' s. L'héritier à plain, c'est à dire héritier simple, n'est tenu d'acquiescer au testament du dit delTunt et iceluy accomplir en ce que le testateur auroit disposé outre et par dessus ce qui leur est permis par la ditte coustume, Coust. ginér. 1. 1, p. 624.

— ETYM. Provenç. heretier, eretier; espagn. heredero; portug. herdeiro; du lat. hereditarius, de hereditare, hériter.

t 2. HÉRITIER (é-ri-tié), ». m. Morceau en pointe. Il Richfcletdit que c'est une corruption pour arêtier.

t IIERMANDAD (èr-man-dad) ou SAINTE-HER- MANDAD, s. f. Sorte de confrérie fermée en Espagne vers le xvi* siècle contre le meurtre et le pillage, et qui fut plus tard organisée administrativement.

— ETYM. Espagn. hermandad, fraternité, de hermano, frère, ilu latin germanus, frère.

HERMAPURODISME (èr-ma-fro-di-sm'), ». m.

Il 1° Terme de tératologie. Réunion de quelquesuns des caractères des deux sexes dans un seij individu. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Réunion des deux sexes chez certains animaux des classes inférieures et dans certaines plantes. |{ On dit aussi hermaphrodie.

— ETYM. Voy. HERMAPimODITE.

HER.MAPIIUODITE (èr-ma fro-di-t'), «. m.

Il 1" Terme de mythologie. Personnage divin, fils de Mercure et de Vénus. || Se dit de statues antiques couchées dans lesquelles se trouvent combinées les formes et les beautés de l'homme et de la femme. L'hermaphrodite de Polyclète était très-célèbre dans l'antiquité. Il 2" Par extension . être humain auquel on attribue les deux sexes. La pieuse Mme de Bourignon était sûre qu'Adam avait été hermaphrodite, comme les premiers hommes du divin Platon, volt. Dict. phil.Àdam. \\ S" Terme de tératologie. Individu humain qui réunit quelques-uns des caractères des deux sexes. L'on n'a aucun fait avéré au sujet des hermaphrodites, et la plupart des sujets qu'on a cru être dans ce cas n'étaient que des femmes...., buff. Uist.anim. ch. )0. || Fig. Du langage Grançais bizarre hermaphrodite, De quel genre te faire, équivoque maudite Ou maudit? boil. Sat. xu. || Terme d'alchimie. Se dit du mercure, que les alchimistes regardaient comme susceptible de se multiplier, comme contenant en soi le mâle et la femelle. 114* Adj. Terme de zoologie. Oui a les deux sexes. Pourquoi un autre animal est-il hermaphrodite, sans pouvoir néanmoins sa féconder lui-même? BONNET, Consid. corps org. CEuv. t. vi, p. H«, dans pouGENS. || Terme de botanique. Se dit d'une plante qui réunit les deux sexes dans une même fleur. Dans les espèces de plantes les plus communes, les deux sexes sont réunis sur une même fieur, à laquelle on a donné le nom de fleur hermaphrodite, CONDOBCET, Linné.

— HIST. xiu' s. L'en demande i qui l'en doit compaigner hermofronditus, qui ot nature d'ome et de famé? et je respons : à la partie dont il i a plus. Lit. de just. 65. || xvi* s. Des hermafrodites ou androgynes, c'est à dire qui en un mesme corps ont deux sexes.... et partant sont appelés en nostre langue françoise hommes et femmes.... Hermafrodite masle.... Femme hermafrodite.... Hermafrod. tes qui ne sont ni l'un ni l'autre... pare, xix, 6.

— ETYM. Provenç. hermafrodilu; ital. ermafrodilo; de "Ep|i«9p6iito;, personnage mythologique ajrant les deux sexes, de "Kpi/rj», Hermès, et 'A^po- SiTiri, Vénus (il était fils de Mercure et de Vénus).

t IIEKMF.LI.E (èr-mè-l'), s. f. Terme d'helminthologie. Cionre de vers à sang rouge.

HKRMfÎNEL'TIQrE (èr-mé-neu-ti-k'), adj. Terme de philologie. Qui interprète les textes sacrés. L'art herméneutique. || S. f. L'herméneutique sacrée, ou.

HER

simplement, l'herméneutique, l'art d'interpréter let livres sacrés. || L'herméneutique, se dit aussi, en jurisprudence, de l'interprétation des sources du droit.

— ETYM. *Eo|iTivcûeiv, Interpréter, de "Epiiti:, Mercure, à cause que ce dieu est le dieu de la parole.

HERMËS (èr-mês'), ». m. || 1* Terme de sculpture. Gaine portant une tête de Mercure. || .Se dit, en général, d'une statue de Mercure. || 2° Hermès trismegiste, c'est-à-dire Hermès trois fois grand, personnage auquel on attribuait une très-haute antiquité, et un livre comjwsé d'idées religieuses et philosophiques de source égyptienne et grecque; ce livre est postérieur à l'ère chrétienne. || 8" L'art d'Hermès, ainsi dit d'Hermès trismegiste, la pierre philusophale, l'alchimie. || Le minéral d'Hermès, le mercure. Là de l'antique Hermès le minéral fluide S'élève au gré de l'air plus sec ou plus humide, co- LARDEAU, ^p. à Duhamel. || 4* Titre d'une grammaire de James Harris, grammairien anglais, mort en 1780. Il Titre d'un recueil périodique, Ulerines romanu». || 8' Terme d'astronomie. La 2e' tache de la lune.

— ETYM. *Ep|tJl«, Mercure, qui répond au san; scrit Sarameyat, chien céleste, fils de Saramd, conduisant les âmes des morts à leur dernière demeure.

f UKRMÉTICITlî (èr-mé-ti-si-té), ». f. Qualité de ce qui est clos hermétiquement. L'herméticité complète d'un appareil.

UERMfiTIQUE (èr-mé-ti-k'), adj. || l'Termed'archéologie. Colonnes herméti(|ues, colonnes surmontées d'un hermès. || Terme d'architecture. Colonne hermétique, colonne qui a une tête d'homme au lieu de chapiteau. || 2* Oui appartient aux doctrines d'Hermès trismegiste. Science, philosophie tiermétique. Livres ùermétiques. Cosmogonie hermétique. !| 8° Qui appartient à la science du grand œuvre, i la connaissance de la transmutation des métaux, i l'alchimie. || Médecine herméti<|ue ou spagirique, médecine surtout chimique dont on supposait que les moyens de guérison qu'elle employait avaient été trouvés dans les livres d'Hermès. || 4° Fermeture hermétique, fermeture parfaite que l'on obtient en faisant fondre les bords du vase que l'on veut clore; ces fermetures viennent de l'art hermétique ou alchimie. Il Appareils hermétiques, appareils dont If clôture est parfaite.

— ETYM. Hermès.

HERMÉTIODEMENT (èr-mé-ti-ke-man), adv.

Terme de chimie. Fermer un vase hermétiquement, le sceller de sa propre matière par le moyen du feu, afin que rien n'en puisse sortir ni .s'en dégager. Il Par extension. Un vase est hermétiquement fermé, lorsqu'il est clos de manière à ne pas perw mettre l'entrée de l'air et à ne rien laisser échapper de ce qu'il contient, même les principes les plus volatils. Il Par une autre extension, il se dit de tout ce qui est bien fermé. Une fenêtre hermétiquement fermée. || Fig. Jamais rien de si hermétiquement bouclié [que d'Aguesseau] en fait de finances ni de si incapable d'y rien entendre, st-sim. 4ho, 217.

— ETYM. Hermétique, et le suffixe tm^U. •[HKRMI (èr-mi), ». m. Voy. mabouette, rIle I. f UEHMIEN (èr-miin) , ». m. Sectateur d'Hermias,

hérétique du u* siècle qui disait Dieu corporel.

HERMINE (èr-mi-n'), ». f. || 1" Un des noms vulgaires de la marte blanche (mammifères digitigra» des), dont la peau fournit une belle fourrure. La belette à queue noire s'appelle hermine et roselet, hermine lorsqu'elle est blanche, roselet lorsqu'elle est rousse ou jaunâtre, biff. Quadrup. t. ii,p.2«5. Une hermine, un castor, un jeune sanglier. Cadets de leur famille et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quitlèrent leur forêt, leur étang, leur hallier, flobian, Fabl. m, ii. \\ 2° Fourrure faite avec de la peau d'hermine. Nos magistrats ont bien connu ce mystère [pouvoir de l'imagination] : leurs robes rouges, leurs hermines dont ils s'emmailloltent en chats fourrés..., pasc. Put»». trompeuses, Imagin. S, éd. faugërk. Endosser l'écarl ite et se fourrer d'hermine, bul. Sat. viii. Sans sortir de leurs lits plus doux que leurs hermines, iD. Lutr. I. Il Fig. Une robe d'hermine, une innocence sans tache. || 8' Terme de blason. Une des deux fourrures, comme le vair est l'autre; c'est un champ d'argent semé de petits triangles de sable. Les ducs de Bretagne portaient d'hermine. Il 4° Nom vulgaire du cône capitaine, sorte de coquille, disent certains auteurs, tandis que d'autres ont un cône capitaine et un cône hermin% leooarant.

—HIST. xiii' S. Cief a Telle » U têtel reond «l

HER

blonde crine, Plus blanc le front que n'est hermine, FI. et Bl. 2876. Il XV Draps fourrés d'ermine, fboiss. 1, I, 273. Luy et son destrier tout housse de très fines armines, Jeh. de Saintré, ch. 60. || xvi* s. Aucune Tois aux fosses devalloye Pour trouver là des gistes des fouines, Des lierissons ou des blanches hermines, marot, i, ii7.

— ËTYM. Provenç. ermini; espagn. ormmo; ital. arinellino, ermellino; du latin armenius, arménien, parce que cette sorte de fourrure venait d'Arménie. Qv disait aussi ermin, adj. et subst.

HKRMLNË, ,;E (èr-mi-né, née), port, passé d'herminer. || 1" Fourré d'Iiermine. C'est [le couvrechef] une coiffure basse, de simple toile de Hollande, fort longue, mais plus courte de beaucoup que la queue herminée de la robe [de veuve], stsiH. 262, 7. Il 2° Terme de blason. Pièces herminées, pièces dont le fond est d'argent moucheté de noir. J'ai pris un lion hermine, quand j'ai vu que ce sont nos véritables armes, maintenon, Lett. à M. (TÀuiigné, e oct. <«82. || 8» Terme de manège. Balzane herminée, balzane présentant des taches noires, simulant celle de la fourrure d'hermine.

t HERMINÉE (èr-mi-nce), s. f. Espèce de phalène.

■f HERMLXER (èr-mi-né), ». a. Fourrer d'hermine.

— HlST. xvi' s. Ceux delà Jousseliniere descendus du mesme estoc ont depuis hermine leur lion, d'aub. Vie, 7).

— ÉTVM. Hermine.

IIERMI\ErTE(èr-mi-nè-t'),i.f- Voy. ehminette.

t IIEUMINITE (èr-mi-ni-t'i, s. f. Terme de blason. Fond blanc tacheté de noir, avec mélange de rouge dans chaque tache noire.

IIERMITAGE, s. m. Voy. ermitage.

BERMITE, s. m. Voy. ermite.

tUER.MODACTE (èr-mo-da-kf) ouHERMODATTE (èr-mo-da-f), s. f. Nom donné, dans le commerce de la droguerie, à des tubercules qui sont apportés du Levant par Marseille, et que beaucoup pensent provenir d'une espèce de colchique. || Fausse hermodacte ou faux hermodactyle , nom donné aux rhizomes secs de l'iris tubéreui de Linné.

— HIST. xvi* s. Au lieu du sabin on prendra de la pouldre de hermodacte bruslée, paré, v, t.

— ÉTYM. 'EpiioSàvcTuXov, quintefeuille, de 'EpuTJç, Mercure, et Sixxu).o<;, doigt.

t HERMODACTYLE {èr-mo-da-kti-1'), *. m. Voy. nERMODACTE.

t HERMOGÉNIEN (èr-mo-jé-niin) , s. m. || !• Disciple d'Hermogène, qui vivait en Afrique au commencement du iii* siècle et qui rejetait la Trinité. Il 2° Àdj. Code hermogénien, supplément ajouté au Code grégorien par le jurisconsulte Hermogène.

t HER.MOGRAPHIE (èr-mo-gra-fie), t. f. Description de la planète Mercure.

— ÊTYM. Hermès, Mercure, et yP«?"v, décrire.

t HERNANDIE (cr-nan-die), t. (. Terme de botanique. Genre de plantes d'Amérique de la famille des laurinées.

HERNIAIRE {hèr-ni-ê-r"), adj. Terme de chirurgie. Oui appartient aux hernies. || Sac herniaire, portion du péritoine qui se prolonge .«ous forme de sac au devant des parties herniées. \\ Chirurgien herniaire, chirurgien qui s'occupe du traitement des hernies. || Bandages herniaires, bandages destinés à contenir les hernies.

— ÉTYM. Hernie.

HERME (hèr-nie), s. f. Terme de chirurgie. Tumeur produite par la sortie, hors du ventre, d'une anse intestinale, d'une portion d'épiploon, ou d'une partie d'un viscère abdominal. De vives et fréquentes attaques de mes rétentions se compliquirent avec l'incommodité nouvelle d'une hernie qui me tourmentait depuis quelque temps, sans que je susse que c'en était une, J. j. Rouss. Confess. x. || Réduire une hernie, faire rentrer, à l'aide du taxis, dans le ventre les parties sorties. {| Hernie étranglée, hernie dans laquelle les bonis de l'ouverture se resserrent Bur la partie échappée, la serrent et y produisent un étranglement. Opérer une hernie étranglée. || Par extension, toute tumeur lormèe par le déplacement d'un viscère, ou d'une portion de viscère qui s'échappe de sa cavité naturelle par une ouverture quelconque. Hernie du poumon. Hernie du cerveau.

— HIST. xvi's. Réduisant une hargne, si on oit des vents comme un gargouillement, on la juge intestinale, PAiiÉ, Introd. 23.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. /iernio;ital. crni'o; du lat. /iiTTîto, hernie, flargne s'est dit jusqu'au xvii* siècle : Quoique bien fort incommodé D'une hargne..., scarr. Virg. vi; il était conforme à l'accentuation du latin hérnia, tandis que hernie n'en est que le calque.

HÎIR

t HERNIE, ËE (hèr-ni-é, ée), adj. Sorti par hernie. Une anse d'intestin liemiée. Le taxis fît rentrer les parties herniées.

t HERNIER (hèr-nié), *. m. Terme de marine. Morceau de bois cylindrique suspendu par une poulie et percé de trous dans lesquels passent les petits cordages destinés à soutenir la toile d'une tente.

t nERNIEUX,EUSE (hèr-ni-eû, eii-z'),adj. Terme de chirurgie. Qui est incommodé d'une hernie.

— HIST. xvi" s. Un goutteux, unhernieux, mont.

— ÊTYM. Lat. hemiosus, de hernto, hernie.

HERNIOLE (hèr-ni-o-l'), s. f. Terme de botanique. I^etite plante à lleurs verdâtres, qu'on appelle aussi turquette, herbe au cancer, herniaria glabra, L. (paronychiées).

— HIST. ivi* s. Herbe au turc, appelée aussi hermole, aime terre sablonneuse et sèche, o. de skrhes,

— ÉTYM. Hernie, i cause que cette plante a été employée en cataplasme contre cette affection ; s'il en est ainsi, hermole dans 0. de Serres serait une faute.

t HERNIOTOMIE (hèr-ni-0-to-mie), *. f. Terme de chirurgie. Opération de la hernie étranglée.

— ÊTYM. Hernie, etronTi, incision.

HERNCTE (hèr-nu-f), î. m. Nom donné à des

sectaires chrétiens qui se distinguent par une grande pureté de moeurs. On les appelle aussi frères moraves. Un honnête hernute. Une jeune hernute.

— ÉTYM. Allem. Herrenhiiter, de Herrenhut, localité de la haute Lusace, où les frères moraves commencèrent à former une colonie autour du village de Bethelsdorf appartenant au comte de Zinzendorf.

t HERNUTISME (hèr-nu-ti-sm'), s. m. Doctrine des heinutes; leur manière de vivre qui est une sorte de rommunisme.

UÉRODIENS (é-ro-diin), s. m. pi. Gens qui, chez les Juifs, faisaient profession d'honorer la mémoire du roi Hérode, qui avait rebâti le temple ; il en est fait mention dans l'Évangile de saint Matthieu et dans celui de saint Marc.

t HÉROÏCITÉ (é-ro-i-si-té), s. f. Qualité de ce qui est héroïque. L'héro'icité du mérite se déclare, le p. courbeville, dans desfontaines.

— ETYM. Hérnique.

HÉROÏ-COMIQUE (é-ro-i-ko-mi-k'), adj. Qui tient de l'héro'ique et du comique. Le Lutrin est un poème héroï-comique. Le Voyage de Charlemagne à Jérusalem, composition du xii* siècle, est un poème héroi-comique.

— ÉTYM. Héroïque, et comique. Héroïco-comédie, mot introduit en leBo, Hist. du th. fr. t. vu, p. 273.

HÉROÏDE (é-ro-i-d'), s. f. Épltre amoureuse en vers composée sous le nom de quelque héros ou d'un personna!;e fameux. Mon petit la Harpe a fait une réponse à l'abbé de Rancé ; cet abbé de Rancé avait écrit ce qu'on appelle, je ne sais pourquoi, une héroîde à ses moines; M. de la Harpe fait répondre un moine qui assurément vaut mieux que l'abbè, VOLT. Lett. Chabanon, (6 mars 4 767. En insérant dans le Mercure une héroîde deColardeau,je fis sentir combien le style de ce jeune poète ipprocliait, par sa mélodie, sa pureté, sa grâce et sa noblesse, de la perfection de l'art, marmontel, Uém. vi.

— ÊTYM. 'Hpulç, ^iptotSoç, femme de héros, héroïne, de ijpwç, héros. C'est Ovide qui a imaginé le premier ce genre de poésie, prenant pour sujet les lettres des femmes ou maîiresses des héros à leurs maris ou amants; il a intitulé ces pièces Mroïdes, c'est-à-dire liéroïnes; c'est ce mot d'héroides que nous avons détourné de son sens propre pour lui faire signifier un genre de poésie.

HÉROÏNE (é-ro-i-n'), s. f.\\i° Femme qui a un grand courage, une grande noblesse de sentiments. S'il n'a plus de héros, il a des héroïnes, corn. Attila, I, 2. Dieu, qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Eglise et qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, s'est sei-vi autrefois des chastes attraits de deux saintes hériiïnes pour délivrer ses fidèles des mains de leurs ennemis, boss. Reine d'Anglet. Donnez à Dieu vos affections.... vous pourrez iiardirnent mépriser la mort à l'exemple de notre héroïne chréti'-nne, iD. Duch. d'Orl. Élevé dans leseind'une ch.-.ste.héroïne, R\c. Phèdre, iv, 2. La célèbre Amélie de Hanau, landgrave rlouairière, l'héroïne de son temps, entretenait, à l'aide de quelques subsides de la France, une iirmée de dix mille hommes.... jouissant à la fois de cette considération que donnent toutes les vertus de son sexe et de la gloire d'être un chef de parti reiloutable, volt. Annales de l'Empire, Ferdinand III, 1639. Il Adjectivement. C'était [Marguerite

HER

d'Anjou] une femme entreprenante, inébranlable, héroïne, volt. Kuurs, H*. ||8°Fig. La femme qui figure comme principal personnage, dans un poème, un roman, une pièce de théâtre. Je n'avais jjetée i la Bastille] que la cornette qui était sur ma tête, et p;is plus de chemises qu'une héroïne de roman enlevée, staal, Uém. t. ii, p. <06 L'héroïne s'aperçoit avec surprise qu'elle n'aime plus, ou, pour mieux dire, qu'elle n'a jamais aimé, oenlis, Adèle et Théod. t. i, lett. xt, p. 351, danspouGENS. Si les héroïnes de Richardson ne sont pas des êtres imaginaires, m. i6.t. m, lett. xlvi, p. 32-2. || Par extension, femme qui figure dans un événement. C'est elle qui est l'héroïne de l'aventure.

— ETYM. Lat. heroina, du grec ^putvri, de iipwç, héros.

HÉROÏQUE (é-ro-i-k'), adj. || !• Qui appartient aux anciens héros mythologiques. Ages héroïques. Le fanatisme usé des siècles héroïques, voi.t. Catilina, iv, 4. || Terme d'antiquité. Honneurs héroïques, cérémonies funèbres en mémoire des héros. Il 2* Il se dit de la poésie primitive qui chanta les héros. L'Iliade et l'Odyssée sont les plus beaux monuments de la poésie héroïque. || Par extension, il se dit d'une poésie noble et élevée. || Terme de peinture. Genre héroïque, nom donné par quelques critiques â la peinture qui représente les faits et les personnages des temps héroïques. || 8" Vers héroïque, vers employé dans la poésie primitive qui chanta les héros. Chez les anciens, c'est le vers hexamètre. || Chez nous, dans le moyen âge, le vers héroïque était le vers de dix syllabes, consacré aux ciransons de geste. Aujourd'hui cest le vers alexandrin qu'on désigne par le nom de vers héroïque. || Poème héroïque, le poème épique. Il Comédie héroïque, comédie oïl les personnages sont d'un rang élevé. Comédie héroïque, genre mitoyen qui peut avoir ses beautés, volt. Comment. Corn. Von Sanche , Préface. \\ S. m. L'enjoué est mêlé à l'héroïque dans le Lutrin, bicheleï. Il 4" Qui appartient aux héros, aux hommes d'une âme grande, aux capitaines illustres. Constance héroïque, TRISTAN, Panthée, iv, 4. J'ai vu tous les plaisirs de son âme héroïque N'avoir rien que d'auguste et que de magnifique, corn. Attila, n, 6. .. .Voilà l'illustre place Où le brave Moron, d'une héroïque audace. Affrontant d'un sanglier l'impétueux effort. Par un coup de ses dents vit terminer son sort, mol. Princ. d'Él. i, 2 Toute la discipline militaire n'est-elle pas fondée sur l'obéissance, et sur l'obéissance la plus héroïque jusqu'à braver les périls, jusqu'à répandre son sang? bou ru. Pensées, t. n, p. 48.^. Qu'en lui jusqu'aux défauts tout se montre héroïque, boil. Art p. m. Combien Homère est héroïque lui-même en peignant le caractère d'un héros! m. Sublime, 7. Une héroïque ardeur brillail sur son visage, hac. Théb. m, 4 . Vous vous piquiez de je ne saisquoi d'héroïque dans vos passions, mass. Avent, Concept. La piété est l'effort le plus héroïque du cœur et rus.ige le plus noble et le plus sensé de la raison, id. Panégyr. St Louis. On se fait honneur même de leur [aux princes) débiter les maximes les plus sévères et les plus héroïques de la sagesse, m. t!>. Ô Rome! 6 rigueur héroïque! VOLT. M. de César, m, l. Vous avez dit sérieusement ce que M. de Bougainville disait au combat de la Grenade, dans un moment de gaieté héroïque ; les boulets roulaient sur son bord ; il cria à ses officiers; Ce qu'il y a d'aimable, messieurs, c'est que nous ne sommes point en guerre; et en effet la guerre n'était point déclarée, miraueau, Collection, t. m, p. 37 1. Qu'est-ce qu'une action héroïque? c'est une action utile et généreuse et que cependant le devoir n'exige pas, gknlis, Veillées du chdt. t. I, p. 35», dans pougens. || Ironiquement et par moquerie. Je sais que pour un sou, d'une ardeur héroïque, Vous vous feriez fesser dans la place publique, regnard. Légat, m, 2.115" Il se dit des personnes qui montrent de 1 héroïsme. Cette héroïi|ue femme, plécu. Mme d'Aig. Cet liéroïqui; vieillard, mass. Or. (un. Louis XIV. Ils sont dans nos forêts, et leur foule héroïque Vient périr sous ces murs ou venger l'Amérique, volt. Ali. n, 4. Pour vous de mes travaux compagnons héroïques..., Ducis, Macbeth, ii, 4. Qui nous rendra, dit cet homme héroïque, Aux bords du Rhin, à Jemmape, à Fleuras, Ces pays.ms, fils de la république. Sur la frontière à sa voix accourus? berang Vieux sergent. Il 6" Terme de médecine. Très-puissant, très-efficace. Un médicament héroïque. || Fig. Dans le langage ordinaire, un remède héroïque, un parti héroïque, une grande résolution qui tranche une situation très-difficile.

HÉR

HÉR

— HI8T. xnr* •. AiDii est-il racompté et escript du roy Preant [Priaml es vers heroïc|ues que <ie ce nstHonicrus le poète, orkske, Elh. 21. X bestialité l'en peut bien dire, que sa contraire est une vertu qui est par sus nous, appellée heroyque et divine, id. ib. *ai.||xvi' s. Rampant au limon de la terre, je ne laisse las de remarquer jusques dans les nues la banltetir inimitable d'aulcunes aines héroïques, MONT. 1, 263. Vers de dix syllalies que nous appelions heroli|ues, pasquier, VII, p. «06, LACURNF..

— tTYll. Lat. heroicus, de f,p(Dixi«, de <lp«>;, béros.

HEROÏQUEMENT (é-rol-ke-man) , adv. D'une manière héroïque. Se conduire héroïquement.

— ÉTYM. Héroïque, et le suffixe ment.

HRROÏSME (é-ro-i-sm'), ». m. || 1» Ce qui est

propre aux liéros. L'héroï<>me est le caractère des hommes divins, didkrot, Opin. des anc. philos, {philos, péripnlét.]. En toi je n'ai pu voir avec tranquillité Tant d'héroïsme joint à tant d'humanité, SAURiN, Sport, ili, 6. Ney s'était mis hors de sa portée [de lenvie]; pour lui, dans tout cet héroïsme, il était si peu sorti de son naturel, que, sans l'éclat de sa gloire dans les yeux, dans les gestes et dans les acclamations de tous, il ne se serait point aperçu qu'il avait fait une action sublime, sÉGUR, llist. de Nap. x, 9. |{ i' Grandeur d'àme peu commune. Pousser la vertu jusqu'à l'héroïsme.

— ÉTYM. Héros.

HfiRON (hé-ron), *. m. || i' Grand oiseau de l'ordre des échassiers, qui a le bec fort long et les jambes très-hautes, héron cendré ou grand héron, ardea major, L. Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où Le héron au long l)ec emmanche d'un long cou, la font. Fabl. vu, 4. Le héron nous présente l'image de cette vie de souffrance, d'anxiété, d'indigence, n'ayant que l'embuscade pour tout moyen d'industrie ; il passe des heures, des jours entiers à la même place, immobile au point de laisser douter si c'est un être animé, BUFF. Ois. t. ziv, p. 62. || Dans le genre héron, on dislingue encore la grande aigrette, la petite aigrette, le crabin de Mahon ou héron caiot, ardea comata, Pallas, le butor, le bihoreau. || Héron blanc, grand héron que l'on trouve sur les côtes de Bretagne. Héron châtain, petit héron qui n'a presque pas de queue. || Masse de héron, amaa ou bouquet des plumes de la queue du héron. {| S" Héron, plume noire de héron, dont les plumassiers font usage. || 8° Héron de mer, sorte de poisson ; dans quelques endroits on nomme ainsi Vheniochus cornu; dans d'autres, l'espadon.

— HIST. xiv s. Plus désirent la guerre qu'esprivier le hairon, Guescl. (4u07. || xv* s. Et là veoient le faucon qui cha.ssoit lierons et abattoit et se combattoit à eux et eux à lui, froiss. u, 11, i(i4.|| xvi*s. Ouand le héron vole fort haut, il dénote beau temps, PARÉ, Animaux, 2.

— ÉTYM. Berry, aigueron, aigron; gcnev. aigron; provenç. aigro.i ; espagn. agro; ital. aghirotie: de l'anc. hautallem. heigero; suédois, hager.

llfiRONNEAU (hé-ro-nô),». m. Petit héron. On tirait quelque produitde ces héronnières par la vente des petits béronneaux que l'on savait engraisser,

BtIFF. Ois. t. XIV, p. 68.

— ÉTYM. Diminutif de Wron.

t nfinOXNER (hé-ro-né), v. n. Terme de fauconnerie. Chasser le héron avec le faucon.

— HIST. XIV» s. Oui veu:t faire son faulcon haironner, Modns, f. Lxxxvi, verso.

— ÉTYM. Héron.

HÉRONNIER, 1ÈRE (hé-ro-nié, niè-r*), adj. Il 1" Terme de fauconnerie. Faucon héronnier, celui qui est dressé à la chasse du héron. || 8» Oiseau héronnier, celui qui est sec, vite et aussi peu chargé de graisse qu'un héron. || Fig. et familièrement. Cuisse héronniére, cuisse sèche et maigre. || Femme héronnière, femme maigre et sèche, qui a les hanches fort hautes. Cette locution a vieilli.

— HIST. xvi* s. Les jambes gresles et minces, les cuisses heronnieres, pabB, Licorne, 4.

— ÊTYM. Weron.

Hf.RONNIÈRE (hé-ro-niè-r') , *. f. Lieu où les nérons se retirent. |1 Endroit où on élève le< hérons. Le roi , après .son déjeuner, alla voler avec -Madame.... il résolut, durant la chasse, de casser la milanière et la héronnière qui était à Noisv, parce que depuis six ans il n'avait volé ni milan" ni hé- Ktn, et il lui en coûtait lOiioo francs pour entretenir ces aires-là, danorau, i, (48, 4 avril l«85. llolon parle avec une sorte d'enthousiasme des héronnières que François I" avait bit élever i Fon-

tainebleau, «t du grand effet de \ ^rt qui avait soumis à l'empire de l'homme des oiseaux aussi sauvages, BUFF. Ois. t. XIV, p. 68.

— HIST. XV' s. Ne nulz ne vit plus belle héronnière Qu'à St Aul)ain nu d'oiseaux de rivière, eusT. DKSCH. Poésies mss. (' tzi. || xvi' s. Les hommes de ce temps cy ayant inventé la manière de faire certaines loges haultes eslevées en l'aer, fermées le long de quelque ruisseau, seulcmeut couvertes à claire voye, les ont nommées en françoys heronnieres, et sur lesquelles les hérons ont si bien apprins à dre.s^er leur aire, que les petits qui sont dénichez de là dessus vallent un grand denier, p. SELON, De la nalure des oiseaux, liv. iv, p. (8e. Le grand roy Françoys |1"] lit faire deux battiments, qui durent encor à Fontainebleau, qu'on nomme les heronnieres, id. ib.

— ÉTYM. Héron.

t HÉROOGOME (hé-ro-o-go-nie), s. f. Titre d'un poëme perdu d'Hésiode, qui contenait la filiation et l'histoire des demi-dieux.

— ETYM. 'HpuoYovîa, de '^puç, héros, et t*vi'a, naissance.

t UÊBOO\ (hé-ro-on) , ». m. Terme d'antiquité. Monument élevé en mémoire d'un héros ou d'une héroïne.

— ÊTYM. 'Hpiûov, de <ipu;, héros.

HÉROS (hé-rô; l's se lie: un hé-rô-z illustre), t. m. Il 1° Terme d'antiquité. Nom donné dans Homère aux hommes d'un courage et d'un mérite supérieur, favoris particuliers des dieux, et dans Hésiode à ceux qu'on disait fils d'un dieu et d'une mortelle ou d'une déesse et d'un mortel. Ce héros [Achille] si terrible au reste des humains.... Klle l'a vu pleurer et changer de visage, rac. Iphig. iv, (. Le peuple lui décerna [à Oélon] les honneurs qu'on rendait alors aux demi-dieux, appelés autrement les héros, rollin, llist. anc. (Jliuv. t. iii, p. 466, dans pouGKNS. L'histoire nous dit que les premiers héros n'ont été que des destructeurs de bêtes, BUFF. Anim. dom. \\ 2° Fig. Ceux qui se distinguent par une valeur extraordinaire ou des succès éclatants à la guerre. C'est un sujet de consolation pour notre pauvre humanité, de voir qu'il y a eu de l'homme dans les héros, Balzac, De la cour, 6* dise. Un héros arrêté n'a que deux bras à lui, CORN. Suréna, iv, (. La tendresse n'est point la vertu des héros, m. ib. v, 3. Loin de nous les héros sans humanité ! ils pouri ont bien forcer les respects et ravir l'admiration, comme font tous les objets extraordinaires; mais ils n'auront pas les cœurs, boss. iout» de Bourbon. Ce qui fait le héros, ce qui porte la gloire du monde jusqu'au comble, valeur, magnanimité, bonté naturelle, voilà pour le cœur; vivacité, pénétration, grandeur ei sublimité de génie, voilà pour l'esprit..., id. ib. Il nous a dit qu'un héros était un voleur qui fait à la tête d'une armi-e ce qu'un voleur fait tout seul, MAiNTF.NON, ie'(. à l'abbé Gobelin, » février (876. Ce héros [Mithridate] dans mes bras est tombé tout sanglant, bac. Milhr. v, ♦. 11 semble que le héros est d'un seul métier, qui est celui de la guerre, et que le grand homme est de tous les métiers, ou de la robe, ou de l'épée, ou du cabinet, ou de la cour, la bruy. 11. On traite de héros un homme qui fait la conquête, c'est-à-Uire qui subjugue injustement les pays d'un État voisin, fén. t. xxii, p. 288. Il y a une infinité de gens de guerre qui sont des héros dans l'action, et hors de là ne font guère de réflexions sur leur métier, fontf.n. Ressorts. Il est assez ordinaire à CCS héros qui brillent dans les combats et dans les actions guerrières, de paraître très-faibles et très-médiocres dans d'autres temps, et par rapport à d'autres objets, rollin, llist. anc. Œuv. t. u, p. 297, dans pouGENS. Montrez-nous, héros magnanimes. Votre vertu dans tout son jour; Voyons comment vos cœurs sublimes Du sort soutiendront le retour, 1. b. rouss. Ode à la Fortune. Mais au moindre revers funeste. Le masque tombe, l'homme reste, Et le héros s'évanouit, m. «6. Charles XII, qui fut un héros, n'eut pas la prudence qui an eût lait un grand homme, volt. Fragm. sur l'hist. art. 28. On appelait ces assa.ssins des héros; leur brigandage était de la gloire, id. Prine. de Rat>yl. In roi soldat est appelé un héros.... un monarque législateur, fondateur et guerrier est le véritable grand homme ; et le grand homme est au-dessus du héros; je crois donc que vous serez content quand je ferai cette distinction, id Letl. Schouralof, (7 juin. (758. Et qu'est-ce qu'un béros? — Mon enfant, c est le brave, nucis. Oscar, iv, (. Les voilà ces héros si longtemps invincibles ^les soldats de Waterloo] I II* menacent encor les vainqueurs étonnés;

HÉR

Glacés par le trépas, que leurs yeux sont terribiesl Que de hauts faits écrits sur leurs fronts sillonnésl DKLAV. tfessénieuncs, Waterloo. Il [Ney] donna trois heures au ralliement; et, sans se laisser agiter par l'i^mpatience et le péril de l'attente, on le vit s'envelopper de son manteau, et, ces trois heures si dangereuses, les passer i dormir profondément sur le bord du neuve; tant il avait le tempérament des grands hommes, une Ame forte dans un corps robuste, et cette santé vigoureuse sans laquelle il n'y a guSra de héros! sp.(;ur, Hist. de Hnp. x, i [Le duc de Bordeaux] Sourd aux leçons efféminées tiont le siècle aime & les nourrir [les princes]. Il saura que les destinées Font roi pour régner ou mourir; Que de» vieux héros de sa race Le premier titre fut l'audace. Et le premier trAnc un pavois, lamart. Uédit. i, (6. Il Adjectivement. Guise avec plus d'éclat [qu« Mayenne] éblouissait les yeux, Fut plus grand, plus héros, mais non plus dangereux, volt. Heur. m. Il 3° Tout homme qui se distingue par la force du caractire, la grandeur dame, une haute vertu. C'est du Ris d'un tyran que j'ai fait ce héros, corn. Héracl. iv, 6. Ouvrez les yeux, chrétiens, et regardez ce héros dont nous pouvons dire comme saint Paulin disait du grand Tbéodose, que nous voyons en Louis, non un roi, mais un serviteur de Jésus- Christ, et un prince qui s'élève au-dessus des hommes plus encore par sa foi que par sa couronne, BOSS. Uar.-Thér. L'amour peut bien remuer le cœur des héros du monde (Louis XIV], il peut y soulever des tempêtes et y exciter des mouvements qui fassent trembler les politiques, et qui donnent des espérances aux insensés; mais il y a des Ames d'un ordre supérieur à ses lois..., 1». Mar.-Thi'r. On peut être héros sans ravager la terre, boil. Éptt. 1. La grâce a ses héros, mass. Pet. car. Drapeaux. Le juste a la réalité de toutes les grandes vertus dont le héros mondain n'a souvent que la n'putation et l'image , id. Panégyr. Si Louis. Tu [Brutus] vêtu être un héros, va, tu n'es qu'un barbare, volt. M. di Ces. II, (. Le vulgaire est content s'il remplit son devoir ; Il faut plus au héros, id. Tancr. v, 3. || Ou l'emploie quelquefois en ce sens par plaisanterie. Il a pris médecine en héros. || 4* Terme de littérature. Personnage principal d'un poSme,d'un roman, d'une pièce de théâtre. Achille est le héros de l'Iliade. ....Un écrivain qui s'aime Forme tous ses héros semblables à soi-même, boil. Art p. m. jj Le personnage qu'on loue dans une solennité. La solennité des éloges veut presque être soutenue par le faste du héros qu'on loue; et il semble que l'oiateur n'a jamais plus besoin d'art que lorsqu'il n'a qu'à louer la vérité et la justice, mass. Villars. Il Héros de roman, béros qui figurent dans les romans de Mlle Sciidcry [la délie, le Cjrus, et dont Boileau s'est moqué. Elle y perdait [dans la lecture de l'histoire] Insensiblement le goût des romans et de leurs fades béros, boss. Duch. d'Orl. Tous ces héros sont-ils connus dans l'histoire?— Non; il y en a beaucoup de chimériques parmi eux. — Des héros chimériques! etsont-ce des héros 7 — Comment! r^i ce sont des héros! ce sont eux qui ont toujours le haut bout dans les livres et qui battent infailliblement les autres, boil. héros de romans. \\ Par extension. Héros de roman, personnage à qui il est arrivé des aventures extraordinaires. Le comte de Guiche est à la cour, tout seul de son air et de sa manière : un héros de roman, qui ne ressemble point au reste des hommes, sév. 8g. || Le héros d'une aventure, celui à qui elle est arrivée. || 6" Le héros d'une chose, celui qui y brille d'une manière excellente en bien ou en mal. Des pécheurs qu'on regardait comme des héros dans l'impiété, mass. Carême, Évid. Protecteur de mon sang, héros de l'amitié, volt. Oriste, v, 7. Nous avons vu périr successivement tous ceux qui ont eu part à ces expéditions [mesures d'un degré du méridien] ; M. le Monnier reste seul ; il a réuni sur sa personne tous les sentiments qu'un zèle si généreux et si noble nous avait inspirés pour ces héros de l'astronomie, condorcxt, Uaurejias. Chacun de ces derniers jours avait eu ses hommes remarqualjles; entre autres celui du (6, Eugone, celui du (7, Mortier; mais dès lors tous proclamèrent .Ney le héros de la retraite, sëgur, llist. de Aap. x, •. Il Le béros du jour, l'homme qui, en un certain moment, attire sur soi toute l'attention du public. j Le héros de la fête, celui pour qui elle se donne. On dit qu'un autre que moi est le béros de la fête, FAGAN, Pupille, 23. Il Familièi-ement. C'est son héros, c'est l'objet de son admiration. Aux encen-^ qu'elle donne à son héros d'esprit, mol. Femmes sav. 1, 3. Le chevalier était son héros, hamut. Gramm. «. || •* Papillon diurne, il Proverbe. Il n'y

HER

HËS

HÊT

a point de héros pour son valet de chambre, ceux qui vivent très-près d'un homme connaisseni les raibiesse<:, les dérauls, les vices qui échappent à la vue du public

— UEM. Vh est aspirée dans héros; mais elle ne l'est dans aucun des dérivés.

— HIST. xiv* s. Héros, telz sont comme Diex ou anges, oresmb, Thèse de meunier. || xvi" s. Telle troupe d'héros, l'eslite de la Grèce, Accompagnoient JasoD d'un cœur plein d'allegres.se, bons. 840.

— ÊTYM. Lat. héros, de rtoia;, héros, qui se rattache au sanscrit rira, héros, lat. vir; {jf-toi; est du petit nombre des mots où l'esprit rude représente un V et non une s.

t UÊRO.<;tratB (é-ro-stra-f), s. m. Éphésien qui, pour parvenir à la postérité, incendia le temple de Diane à Êplièse ('HpooTpatoc). || Fig. Un Hérostrate, un dévastateur, un incendiaire.

t IlfiUOCET (hé-rou-è), t. m. Variété de pomme.

t HEKPAILLE (hèr-pâ-U', «mouillées), s. f. Voy. HAHPAiri.E.

t HERPALECTORIDES (èr-pa-lfe-kto-ri-d'), ». m. pi. Terme de zoologie. Famille d'oiseaux qui comprend les pigeons.

— ÊTYM. 'F.pTtEiv, ramper, età^e'xTwp, coq.

■f I. HERPE (hèr-p'), s.f. Teime de cliasse. Chien de bonne heipe, chien qui a de bonnes griffes.

— ÉïVM. Voy. HARPER, saisir.

f 2. HERPE (hèr-p'),s./'. Te'raede marine. Piï-ce de bois recourbée qui sert à lier l'opcronau navire. Il Ornement de sculpture que l'on met sur la herpe à plat-bord .

— ÊTYM. Bas-breton, harp, et le verbe harpa, appuyer, (^apr^s Jal.

t 3. HERPE (her-p'), s. f. Terme rural. Sorte de crible à trémie et en plan incliné.

t IIERPÉ, fiE hèr-pé.pée), adj. Terme de chasse. Chien bien tierpé, chien qui a des ongles solides.

— itTVM. Herpe I.

HERPES (hèr-p'), t. f. pi. Terme vieilli. Herpès marines, certaines matières que la mer jette sur ses bords, telles que l'ambre gris et le corail.

— RTYM. Herper ou harper, saisir (voy.HABPER). f HERPÈS (fcr-pês'), s. m. Terme de médecine.

Éruption vésiculeuse caractérisée par de légères élevures transparentes.

— HlST. XVI' s. Us sont subjets aux herpès, erysipeloset autres pustules cholériques, paré, Introd. e.

— ËTYM. "Epittii;, dartre, ulcère rongeant. "Epir>i; se rattache à ?pitM, lat. scrpere, s'étendre en /ampant, les maladies herpétiques gagnant de proche en proche.

t HERPESTE (èr-pè-sf), t. m. Terme de zoologie. Ichneunion ou mangouste.

t HERPÉTIQUE (irpé-ti-k'), adj. Terme de médecine. Oui est de natuie dartreuse. Eruption herpétique. Diathèse herpétique.

— ÉTY.M. Herpès.

t HERPÉTISJIE (èr-pé-ti-sm"), ». m. Terme de médecine. Diathèse, le plus souvent de nature goutteuse, qui produit des éruptions de caractères divers.

— ÈTYM. Herpès.

t HERPÉTOGRAPHIE (èr-pé-to-gra-fie), ». (. Terme did.-iclique. Description des reptiles. || On écrit aussi erpétographie, à tort.

— ÊTVM.'EpuEtov, reptile, et vpàçeiv, décrire.

t I. HERPETOLOGIB (èr-pé-t'o-lo jie), s.f. Partie de l'histoire naturelle qui traite des rf ptiles. || L'Académie écrit, mais moins correctement, erpétologie.

— ÊTYM. 'EpTOTov, reptile, et Xofoç, traité.

■1 2. HERPfiTOLOGIE (èr-pé-to-lo-jie), ». f. Terme de médecine. Traité sur les dartres.

— ÉTYM. Herpès, et Jio-yo;, traité.

t HEROUE (hèr-k'), s. ^.Râteau de fer pour ramasser le charbon de bois ou le charbon de terre.

— ÊTYM. AUera. Uarke, râteau.

HERSAGE (hèr-sa-j'), s. m. Action de herser. Il Travail fait avec la herse.

— ETYM. Herser.

tHERSCHELL (hèr-chèl), ». m. Terme d'astronomie. Nom que l'on donna d'abord à la planète Uranus découverte par Herschell en (78i.

UERSE (hèr-s'), s. /". ||1" Instrument d'agriculture, composé de pièces de bois qui se croisent et qui par-dessous sont armées de pointes propies à diviser la superficie du sol, à réjïHlisT, et principalementàrecouvrirles semences immédiatement après l'enseniencem-nt. Passer !.i herse sur un champ. Il 2" Terme de pêche. Instrument semblable à la herse ordinaire, auquel on attache des bœufs ou un cheval qui le traînent sur le sable à la basse mer pour on faire sortir le poisson. || 3" Terme de fortification. Contre-porte armée de pointes de fer par le

I nas, qui, étant suspendue à une orrde, peut être lâchée à propos pour fermer le passage. || Terme mi-

j litaire. Herse d'attrape, herse posée les dents en l'air au milieu d'un chemin pour en interdire le passage. Il i" Barrière devant les grandes maisons. || &° Espèce de candélabre servant à mettre plusieurs cierges ain grandes cérémonies de l'église. || Â l'Opéra, tablette cachée au spectateur, sur laquelle on mettait des lampions pour éclairiir vivement un point de la décoration. Il 6 Terme de parclieminier. Appareil pour tendre les peaux avant de les faire sécher. Il 7° Terme de marine. Corde qui sert à attacher les poulies. Il 8» Terme de charpente. L'épure d'un comble. || Herses de la croupe, pièces de bois qui se croisent dans la charpente d'un pavillon carré. || 9° Terme de botanique Le genre herse, voy. TBiBULK. Il 10° Espèce de poisson du Nil.

— HIST. XII* s. En celé place, à bues [bœufs] e à herce severerent [séparèrent] forment de la paille sulunc l'usage del pals, llois, p. 218. || xiv s. Survices de berces et de charrues, miCANOE, hercia. \\ xv s. Et le rangèrent en leurs hataiiles, celle du prince tout devant, leurs archers mis en manière d'une herse et les gens d'armes au fond do la bataille, fboiss. i, I, 287. One grande croii d'or, ouvrée à œuvre de Damas, en laquelle a du fust de la vraye croix, et en la herse a du clou dont fut cloué Nostre Seigneur en la croix, de la bobue, Émara, p. 34». ;xvi' s. En une herse bien dentée n'y fault [manque | nulle dent, LEROUX de lincy, Prov. t. i, p. 77.

— ÉTYM. Wallon, Ipn, ipre; namur. Mpe ; Hainaut, hiersc; Dauphiné, herpi; bas-lat. /lerrio; ital . erpice ; du lat. hirpex, hirpicis, qui était une herse particulii^re pour les mauvaises herbes.

HERSÉ, ÉE (hèr-sé, sée), part, possède herser. Champ hersé. || Porte hersée, porte avec une herse.

II Terme de blason. Château hersé, c'iâteau qu'on représente avec une herse. {| S. m. Nom d'un mormvre, poisson.

I HERSEikU)N'f (hèr-se-man), ». m. Action de herser.

— HIST. Hersement, C0TGBAV8.

HERSER (hèr-sé), v. a. Passer la herse dans un champ. Il Se herser, v. réft. Être hersé, i cette époque, la terre se herse difficilement.

— HIST. xw s. De loing li lancent, si l'onl point et hersé; En quinze leus [lieux] eilst le cors navré Ne fust l'auberc qu'il avoit endossé. Bat. d'Alisc/ian», V. 6U9I. Il XIII* s. Et kiconques fait markiet [marché] de tiere ahaner [labourer], li ahaniers doit porter le |laj semence à cans, et si ercera de loial erse de vint dens et à deus kevaus, tailliar. Recueil, V. 407. Il XIV' s. Huit corvées de liercier à un ch'îval, nu cange, hercia. Si tost que les fèves poigiient, l'en les doit harser et rompre le premier germe, Uénagier, u, a.

— ÉTYM. Uerse.

IlERSECR (hèr-seur), ». m. Celui qui herse. Il Adj. f. Terme de zoologie. Araignée herseuse, araignéf qui a le bout des tarses garni d'une espèce de brosse.

— HIST. Herseur, rob. est. Dict.

— ÊTYM. Herser.

t HERSILI.ON (hèr-si-lloi. , U mouillées) , ». m. Terme d'art militaire. Table de charpente garniede clous, la pointe en haut; elle se place sur une brèche ou sur le chemin de la cavalerie ennemie.

— ÉTYM. Dérivé de herse.

t HÉSITANT, ANTE (é-zi-tan, tan-t'), adj. Qui hésite. C'est une femme toujours indécise, toujours hésilante. Il Qui prononce avec difficulté. Voix hésitante.

HÉSITATION (é-zi-ta-sion; en vers, de cinq syllabes), ». f. Il 1° Doute, indécision dans ce qu'on doit faire. Toutes ces paroles que l'empereur venait de prodiguer ne prouvaient que son désappointement et qu'une grande hésitation le ressaisissait; car en lui le bonheur était moins communicatif, et la décision moins verbeuse, ségur, llist. de iSap. vi,6. || 2° Particulièrement. Incertitude dans renonciation. Parler avec hésitation.

— HIST. xvi* s. Ma hésitation, mont, i, 42.

— ÉTYM. Provenç. heijsHacio; espagn. hesitacion; ital. csifaijone; du latin hassitationem, de h<e^itnre, hésiter.

HÉSITER (é-zi-té), o. n. ||1* S'arrêter incertain au sujet de. U hésitait entre le désir et la honte, VAUOEL. Q. C. X, 8 La plupart des gens sur cette question n'hésitent pas beaucoup, mol. Bourg, genl. m, 12. Elle flollo, elle hésite, en un mot elle est femme, bac. Athal. m, 3. Mon époux, inflexible en sa fidélité. N'a vu que son devoir et n'a point hésité, VOLT. Orphel. m, 3. Vous ne sauriez croire à quel

point j'ai été affligé que vous ayez pj hésiter sur mes sentiments pour vous, que j'ai manifestés dans toutes les occasions de ma vie, m. Voisenon, lO oct. (77t. 11 y eut des endroits où il fallut franchir de larges crevasses et saut'-r d'une glace à l'autre, au risigue de tomber entre deux et de disparaître pour jamais ; les premiers hésitèrent, mais on leu? cria par derrière de se hâter, sEg'jr, Hist. de Sap. X, 9. Ce pamphlétaire [P. L. Courier], qui ne se gênait d'aucune vérité périlleuseàdire, hésitaitsur un mot, sur une virgule, se montrait timide à toute façon de parler qui n'était pas de la langue de ses auteure, CARBELjOi'urre», t.v,p. 2H.|| Hésitera, avec l'infinitif. Et dont mon cœur hésite à lui parler, volt. i[. de César, 1, 4. U n'hésita pas à favoriser son évasion au risque de s'en faire un dangereux ennemi, J. J. bouss. i'm. IV. Il Hésiter de, avec un infinitif. Hésiter d'obéir, tardera obéir, remettre à obéir, c'est faire l'œuvre de Dieu avec négligence, boubdal. Exhort. sur Vobéiss. relig. Ils n'hésitent pas de criti lUi r des choses qui sont parfaites, la bbuy. xi. Je n'ai pas hésité de vous soumettre mes doutes sur cette mati'ie, VOLT. Lett. roi de Prusse, 26. || Avec un infinitif, on dit habituellement hésiter à; mais hésiter de est correct aussi. {| Sans hésiter, sans la moindre tergiversation. Dans ce grand naufrage, l'armée, comme un vaisseau battu p.\r la plus horrible tempête, jetait, sans hésiter, à cette mer de neige et de glace tout ce qui pouvait appesantir ou retarder sa marche, ségur, Hist. de Nap. ix, I2 || 2* Particulièrement. Ne pas trouver facilement ce qu'on veut dire. Si est-ce que, hésitant, tremblant, il ne dit que bien peu ce qu'il avait prémédité, vaugel. Q. C. vil, <. Le nouveau Cicéron tremblant, décoloré, Cherche en vain son discours sur sa langue égaré; ....Il hésite, il bégaie.. , boil. Lutr. vi. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire nroir.

— iiEM.L'/i était aspirée dansle xvi' siècle comme on voit par Montaigne au mot hésitation ; et Corneille l'a encore aspirée: Ne hésiter jamais et rougir encor moins. Ment, m, 4. Sur quoi Voltaire remarque: « JVe hé est dur, on ne fait plus de difficulté de dire aujourd'iiui, j'hésite, je n'hésite plus. » Il n'y avait point de dureté à aspirer l'/i de ce verbe ; mais le fait est que l'usage en a changé la prononciation.

— ÊTYM. Lat. hs-sitare, fréquentatif de hœrere, être attaché, adhérent.

f HESPER (è-spèr), s. m. Nom donné parfois à la planète Vénus, lorsqu'elle brille après le coucher du soleil.

— ÉTYM. I,at. hesperns, l'étoile du soir, du greo S(Tiiepo;, l'occident, le couchant (voy. vêpres).

t IIESPÊR IDÉES (è-spé-ri-dée), ». f. pi. Les hespéridées, famille de plantes dite aussi aurantiacées, à laquelle l'oranger appartient.

— ÉTYM Hespérides.

tHESPÊRIDES (è-spé-ri-d'), ». f. pi. Terme de mythologie. Nom de trois sœurs, filles d'Hespérus. Le jardin des Hespérides est fameux dans la Fable, parce qu'il produisait des pommes d'or gardées par un dragon, et que ces trois sœurs y nourrissaient des moutons dont la toison était d'or. || Terme d'astronomie. Un des noms donnés aux Pléiades, parce que les poètes les disent filles d'Atlas et d'Hespéris ; elles sont au.ssi appelées Atlantides.

— ÊTYM. 'EaitEp'.î, le couchant. On a souvent entendu que les pommes d'or du jardin des Hespérides étaient des oranges.

t HESPÉRIDINE (ë-spé-ri-di-n'), ». f. Terme de chimie. Principe découvert dans la partie blanche qui recouvre les fruits des hespéridées

fllESPÉRIQUE (è-spé-ri-k'), ndj. Terme de géographie. Péninsule hespérique, l'Italie.

— ÊTYM. Lat. hespeius, l'occident.

t H ESSE (hè-s'j, ». f. Un des noms vulgaires de la vesce.

t IIÉSUS (é-zus'), ». m. Voy. ÉsDS.

t HÉSYCHIASTES (é-zi-ki-a-sf), ». m. pJ. Nom d'une secte de l'Église d'Orient, née au xii' siècle dans les monastères du mont Athos, et oii l'on enseignait, d'après l'abbé Siméon, que, pour s'élever à la science des choses divines, il faut se recueillir dans la solitude, incliner la tète sur la poilrine et regarder attentivement son iiomliril; que là sont concentrées toutes les forces de l'âme, que d'abord on n'y trouve que ténèbres, mais que peu à peu la lumière naît, éclate et rayonne.

— ÊTYM. ■H(jux"»''"l«, qui cherche le repos, de flffuyia, repos.

t HÉTAÏRE, HÉTAIRIE, TOy. bétèbe, hétérie.

t UÉTÉR.... ou HÉTÉRO.... pnTue qui signifie autre, différent, de plusietus genres, et vient du grec ÉTEpoc, autre.

Page 1