‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 357 sur 388 · HET · texte numérisé non relu

HET

UÊT

IIET

i Hr^TÊRAUFXPlIEfé lé-ra-<lél-r),a<0- Terme de ttraMlogie. Honstref hétéradelplies, monstres doublas chez l<>squelt le sujet accessoire, tr(Vim|iarfait, est implante sur la sur(ac« antérieure du corps du sujet principal.

— f.TYM Hétir et MtXçAc, frère.

t IIÉTÉRAIIEI.I'IIIE (é-té-ra-dèl-fie), t. f.ÊUl d'un monslrn liélt'iraddplie.

t IlETfliADfiNiyiiE (é-té-ra-dé-ni-k'), adj. Terme d'anatomie patliologique. Tissu hétéradénique, tissu pathologique qui se rapproche du tissu des glandes.

— ETYM. Hétér....,et à«Tiv, glande.

t UIÎTÉRALIEN (é-té-ra-liin), adj. Terme de tératologie. Monstres héléraliens, monstres doubles chez lesquels le sujet accessoire, très-petit, s'insère (jrcs de l'ombilic.

— f.TYM. Ilét('r...., et (SXw;, aire (de l'ombilic).

t HfiTfiR ANDRE (é-té-ran-dr'), adj. lerme de botanique. Plante hétérandre, plante dont les anthères ou les élamines sont de forme différente.

— f.TYM. lléUT....,(i[.mi]f, mâle, et do là.étamine.

t HIÎTÉRANTHE (é-té-ran-f), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs ne se ressemblent pas. Le gui héléranlhe.

— f.TYM. lUUr...., et (iv9o«, fleur.

t HÉTÈRE (é-tè-r'), s. f. Terme d'antiquité grecque. Courtisane. {| On écrit quelquefois hétaire; c'est une mauvaise orthographe.

— ÉTYM. 'Ktoipa, compagne.

f IIÉTËRIE (é-té-rie), s. f. Certaines associations politiques, publi(|ues ou secrètes.

— Ktym. 'KTaipîa, association.

t HÉTÉRISTE (é-té-ri-sf), *. m. Membre d'une bétérie.

I UfiTÉROBAPlJIE (é-té-ro-ba-fie), t. f. État d'un corps dont la surface est de deux ou de plusieurs couleurs.

— ÈTYM. HMrn...., et paipri, teinture.

I UÉTÉROBRANCHE(é-té-ro-bran-ch'). (| i'Adj. Terme de zoologie. Dont les branchies varient. Il fS. m. pi. Tribu de la famille dessiluroïdes comprenant des poissons dont les branchies sont accompagnées d'appendices ramifiés, {| Ordre de la classedes mollusques acéphalophores dont les branchies varient quant à la forme. || Ordre de crustacés dans lequel on range ceux dont les branchies sont très-diversifiées.

— ETYM. Hétéro...., et branchies.

tHÉTÊROCARPE (é-té-ro-kar-p'), adj. Terme de

holaniquc. Qui porte des fruits divers. Le desmode hétérocarpe.

t UfiTtîROC.''.nPIF!H.. lENNE (é-té-ro-kar-piin, piè-n'), adj. Tf;rme de botanique. Dont le fruit résulte d'un ovaire modifié par quelque partie accessoire, le pédoncule, le disque ou le calice.

— ETYM. Hétéro...., et xopTioç, fruit.

t HfiTÊROCÈRES (é-té-ro-sè-r'), *. m. pi. Genre de coIé-plèri'spentamiTe3(/irfWro.,., et xipa;, antenne.)

t IIÉTÉKOCEKQUE ( é-té-ro-sèr-k' ), odj. Dont la queue est inégalement bilobée, en parlant des poissons (hétéro.,., et xépxoi;, queue).

t HÉTÉROCHÈLES(é-té-ro-kè-l'). s. m.pl. Crustacés décapodes chez lesquels les serres des mâles sont plus longues que celles des femelles.

— ÉTYM. Hétéro...., et x^l^l, serre.

lUÎTÉROCLlTE (é-té-ro-kli t'), adj. \\ 1» Terme de

grammaire. Oui s'écarte des r&çles de l'analogie grammaticale. Substantif hétéroclite, par exemple délice, m.isculin au singulier, féminin au pluriel. Adjectif hétéroclite. || Terme de diplomatique. Bulles hétéroclites , bulles qui sont irrégulières dans quelques-uns de leurs éléments. || Il s'est dit, mais ne se dit plus, des maladies à marche irrégulière. L'auteur soutient que , queli|ue hétéroclite que soit cette maladie [la peste], le médecin, qui agit avec discernement, a un grand avantage sur l'empiriquo, Trévoux, Mém. iTJ.h, t. i, p. 80. || i' Il se dit de certaines choses qui s'écartent des rïgles de l'art, ou semblent de nature contraire. Un bâtiment hétéroclite. Souvent je bâille au tragique bourgeois, Aux vains efforts d'un auteur amphibie Oui défigure et qui brave à la fois Dans son jargon Melpomène et Tlialie.... Fus-tu jouéT ton drame hétéroclite Eui-il l'honneur d'un peu de réussite? volt. Pauvre liable. || »° Fig. et familièrement. Ridicule, bizarre. Ahl te voilà, Thaler' ta mine hétéroclite Me réjouit l'esprit, REONARi), Démocrite, iv, 2. Ahl madame, feu mon oncle était l'homme le plus bizarre et le plus hétéroclite qu'on ait jamais vu, dancolrt. Impromptu de garnison, se. ki. Je ne la crois pas si hétéroclite que d'être fâchée qu'on l'aime, m. liourg. à la mode, m, 9. Tant pisi tant pis! mais

Toilà une pensés bien hétéroclite) haritauz. Jeux de Cam. et du haï. i, 4. Us parcouraient donc mon hétéroclite figure ; et je pense qu'il n'y avait rien do si sot que moi , m. Pays. parv. 6* part. || 4* S. m. pi. Terme d'ornithologie. Les hétéroclites, genre de l'ordre des gallinacés, famille des palmipèdes; espèce unique, l'hétéroclite de Tartario, qui est d'un type bizarre.

— msr. XVI* s C'est à dire en leur jargon,

fantasques, bizarres, hétéroclites, chabbon, Sagesse, préf. de la v édit.

— ETYM. 'ExepôxXiTOc, de l-repo;, autre, et xXtveiv, fléchir : dont la flexion est irrégulière.

t HÊTÉRODACTYLES (é-té-ro-da-kti-l'),». m.pl. Terme d'ornithologie. Famille de l'ordre des grimpeurs, comprenant des oiseaux dont le doigt externe est versatile.

— ÈTYM. Hétéro...., et «(xxt'jXoc, doigt.

t HÉTÉRODERMES (é-té-ro-dèr-m'), f. m.pl. Famille de reptiles ophidiens renfermant ceux qui ont des écailles sur le dos et des plaques sous la queue et le ventre.

— ÉTYM. Hétéro...., et derme.

t HÊTÉRODONS (é-té-ro-don), ». m. pi. Sousgenre de dauphins comprenant les espèces qui diffèrent entre elles par leurs dents.

— f.TYM. Hétéro et 65où;, 656vto«, dent.

HÉTÉRODOXE (é-té-ro-do-ks'), adj. Oui est contraire aux sentiments reçus dans une religion, par opposition à orthodoxe. Opinion hétérodoxe. Docteur hétérodoxe. |{ Botaniste hétérodoxe, nom donné par Linné aux botanistes qui ont pris toute autre partie que celle de la fructification pour base de leurs classifications.

— ÉTYM. 'EtepoSoÇoî, de lttpo«, autre, et êoia, opinion.

HËTËRODOXIE (é-té-ro-do-ksie) , ». f. Caractère hétérodoxe; opposition aux sentiments orthodoxes. On irrite l'hétérodoxie par la persécution, Diderot, Opinion des anc. philos. (Macarius).

— ÉTYM. Hétérodoxe.

t IIÉTÉRODOXITÉ (é-té-ro-do-ksi-té), 1. f. Caractère de ce qui est hétérodoxe ; mot de Fénelon, d'après rlchii.et.

— ETYM. Hétérodoxe.

t HRTÉRODROME (é-té-ro-dro-m') , adj. Terme de mécanique. Levier hétérodrome, levier du premier genre dont le point d'appui est entre la résistance et la puissance.

— ÉTYM. Hétéro...., et êpôuo;, course, parce que la puissance et le poids se meuvent en sens dillérents.

t HÉTÊRODYMK (é-té-ro-di-m'), adj. Terme de tératologie. Monstres hélérodymes, monstres doubles, chez lesquels le sujet accessoire, très-imparfait, est réduit à une tète incomplète, portée sur la face antérieure du corps du sujet principal.

— ÉTYM. Hétéro. ..., et dyme, pour Siàv|u><, jumeau.

t UÉTÉRODYMIE (é-té-ro-di-mie) , ». f. ÉUt des monstres hétérodymes.

t HËTËROGAME (é-té-ro-ga-m'), adj. Terme de botanitjue. Plantes liétérogames, plantes qui ont des fleurs monoïques, dioîques ou polygames.

— ÉTYM. Hétéro...., et fiiioî, mariage.

t HÉTËROGAMIE (é-té-ro-ga-mie), t. f. Terme de botanique. Ëtat d'une plante hétérogame.

MËTÉROGÈNE (é-té-ro-jè-n'), ad;. ||l"Oui n'est pas de la même nature qu'une autre chose. Les aliments trop peu digérés mettent dans la masse du sang d'un homme des parties hétérogènes qui l'altèrent, FÉN. t. XXI, p. (6ï. Quelle raison a eue Dieu d'unir deux êtres aussi hétérogènes [le corps et l'âme]? VOLT. Newton, i, 7. {| Pascal a dit, et cela peut en effet se dire, hétérogène à. On trouvera un pareil rapport [comme celui de zéro à une quantité] entre le repos et le mouvement, et entre un instant et le temps ; car toutes ces choses sont hétérogènes à leurs grandeurs, parce qu'étant infiniment multipliées, elles ne peuvent jamais que faire des indivisibles, pasc. Fspril géom. sect. i. i Terme d'arithmétique. Nombres hétérogènes , nombres composés d'entiers et de fractions. || Nombres sourds hétérog'nes, ancienne dénomination de ceux qui sont affectés de différents signes radicaux. || Terme de physique. Corps hétérogine, corps dont toutes les parties n'ont pas la même densité. || Terme de minéralogie. Roche hétérogène, roche dont les parties constituantes diffèrent entre elles de nature ou d'aspect. {| Terme de grammaire. Substantif hétérogène, substantif qui est d'un genre au singulier et d'un autre au pluriel, par exemple coelum, au singulier, et ca>(t, au pluriel. ||2"Fig. Oui n'fst pas de même nature intellectuelle ou morale. Lorsque

Richelieu, avec cette précipitation impérieuse qui veut tout mûrir en un moment, avait commandé le dictionnaire de la langue, on ne savait encore où prendre cette langue; elle n'était plus dans 'in. culte liberté et la confusion hétérogène du xvi* siècl«, on ne la voyait pas encore dans les génies rares et contestés des commencements ilu xvii* siècle, viiLEMAiN, Dict. de TA cad. Préface, p. xu. Il 3* S. m. pi. Ordre de zoopbytes.

— ETYM. 'Ettp'jYCv^c, de {ctpoc, autre, et yivoc, genre. Au xvi« siècle, on trouve étérogenée : L'affliction preignante reserra leurs cœurs à la confidence, comme le froid resserre les choses etcrogenées, n'AUB. Hist. i, »2. ...Pour enfler leur party de pièces heterogenées , l'aymant mieux gros que sam, m. Conf. ii, 5.

HËTÉROGÉNÉITË (é-té-ro-jé-né-i-té) , ». f. Qualité de ce qui est hétérogène.

— ÉTYM. Hétérogène. Ethrrogeneitas (sic) se trouve, au xiv siècle, dans Bernard de Gordon, Dt conserratione rit,r humanx, cap. t'i.

t HÉTÉROOÉNËSIE (é-té-ro-jé-né-zie) , ». f. Terme de médecine. Nom collectif de toutes les déviations organiques dans lesquelles il exista une anomalie.

— ETYM. Hétéro...., et Tév«9i«, production.

t UËTÉROOÊNIB (é-té-ro-jé-nie) , ». f. Terme didactique. Production d'êtres vivants par des substances organiques ou inorganiques, sans germes ni ovules, dite aussi génération spontanée.

— ÉTYM. Hétéro...., et le suffixe génie, engendrement.

t UÉTÉROGÉMSTE (é-té-ro-jé-ni-sf) , ». m. Partisan de l'hétérogénie.

+ UËTËROGYNE(é-té-ro-ji-n'), adj. Terme d« zoologie. Se dit d'animaux dont l'espèce se compose de mâles, de femelles et de neutres, exemple : les abeilles, les fourmis.

— ETYM Hétéro...., et ymii, femelle.

t HÊTÉROÏDE (é-té-ro-i-d'), adj. Terme de botanique. Parties hétéroides, parties qui varient par la forme sur un même individu.

— ÉTYM. Hétéro...., et e15oç, forme.

t UÉTÉROLOGDE (é-té-ro-lo-gh') , adj. Terme d'anatomie pathologique. Tissus hétérologues, tissus morbides appelés par d'autres pathologistes tissus sans analogue avec les tissus du corps.

— ÉTYM Hétéro...., et Jéfo;, rapport.

t IIÉTËROMÈRES (é-té-ro-mè-r'), ». m. pi. Terme de zoologie. Nom d'une section des insectes coléoptères comprenant ceux dont les tarses n'ont pas le même nombre d'articles à toutes les pattes.

— ÉTYM Hélérn...., et (Upoç, partie.

t HÉTÉROMORPHE ( é-té-ro- mor-P) , adj.

Il 1° Terme d'histoire naturelle. Dont la forme présente des différences dans les diverses parties. Il 2* Terme de chimie. Corps hétéromorphcs, corps qui contiennent un même nombre d'atomes des mêmes éléments, mais autrement arrangés, d'où résultent des différences dans leurs propriétés chimiques et dans leurs formes cristallines. Il 8* S. m pi. Terme de zoologie. Sous-règnc dans lequ< uu range les animaux qui ont une forme irrégu'.iére, tels que les éponges , les infusoires, les corallines, etc.

— ETYM. Hétéro...., et uopçifi, forme.

t HÊTËROMORPUISME (é-té-ro-mor-fi-sm"), «. m. Qualité de ce qui est hétéromorphe.

t HËTÉRONOME (é-té-ro-no-m'), adj. Terme de minéralogie. Cristaux hétéronomes, cristaux formés par des lois qu'on ne retrouve point ailleurs.

— ÉTYM. Hétéro...., et v6|j.oç, loi.

t IIÉTÉRONOMIE (é-té-ro-no-mie) , ». {. Terme de philosophie. Nom donné par Kant aux lois quo nous recevons de la nature, à la violence qu'exercent sur nous nos passions et nos besoins ; par opposition à autonomie.

— ETYM. Hétéro...., et vo|io<, loi.

t HfiTËROXV.ME (é-té-ro-ni-m') , adj. Ouvrago hétéronyme, ouvrage publié sous le nom véritabl.i d'un autre. || Auteur hétéronyme, auteur qui publio un livre sous le nom véritable d'une autre personne.

— F.TYM. Hétéro ..., et êvo|Mt, nom.

t HÉTËROPAGE (é-té-ro-pa-j'), adj. Terme do tératologie. Monstres hétéropages, monstres doubles chez lesquels le sujet accessoire, très-imparfait, mais pourvu d'une tête distincte, a le corps implante sur la face antérieure du corps du sujet principal.

— ETYM. Hétéro...., et it<rf«iç, fixé.

t HfiTËROPAGIK (é-té-ro-pa-j ie), ». (. fitat des mon<lres hétéropascs.

t UËTËRUPATUIB (é-té-ro-pa-Ue), ». f. Terme

HËT

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HEU

de médecine. Mode de traitement dans laque) un I état morbide est écarté en introduisant un état morbide différent.

, — f.TYM. Hétéro...., et itiSoc, maladie.

t UÉTÉROPKS (é-té-ro-p') , s. m. pi. Famille de l'ordre des crustacés branchiopodes , comprenant ceux dont les quatre derniers pieds au moins sont mutiques et propres à la natation.

— ÊTYM. Hétéro...., et itoOc, pied.

t HÉTÉROPÉTALE (é-té-ro-pé-ta-1' ) , ad;. Terme de botanique. Plante hétéropétale, plante dont les pétales sont différents entre eui.

— ÊTYM. Hétéro...., et pétale.

t IIÉTÉROPULEGMASIQUE ( é-té-ro-flè-gma-zik'), adj. Terme de médecine. Substances hétérophlegmasiques , substances auxquelles la théorie attribue le pouvoir de substituer un mode particulier d'irritation à un autre.

— ÊTYM. Hétéro...., et phlegmasie.

t HÉTÉROPHYLLE (é-té-ro-fi-l'), adj. Terme de botanique. Plante hétérophylle , plante dont les feuilles ou folioles sont dissemblables.

— ÊTYM. Hétéro...., et çOXXov, feuille.

+ HÉTÉROPUYLLIE ( é-té-ro-fil-lie ) , ». f. Terme de botanique. Ëtat d'une plante hétérophylle.

t HÉTEROPLASIE (é-té-ro-pla-zie), s. f. Terme de pathologie. Génération de produits morbides étrangers à l'économie animale, par exemple le tubercule.

— ÊTYM. Hétéro...., et jiXôffi?, action de former, t HÉTÊROPLASME (é-té-ro-pla-sm' ) , s. m.

Terme de pathologie. La substance formant toute production morbide étrangère à l'économie.

— f.TYM. Hétéro...., et itXâ(nj.a, formation.

t HÉTÉROPLASTIQCE (é-té-ro-pla-sti-k'), adj. Qui a rapport à l'hétcroplasie.

+ HÊTEROPORE (é-té-ro-po-r"), adj. Terme de loologie. Polypier hétéropore, polypier dont les ouvertures des cellules sont dirigées dans tous les sens.

— ÊTYM. Hétéro...., et pore.

t HÉTÉROPSIDE (é-té-ro-psi-d') , adj. Terme d« minéralogie. Qui se présente sous un aspect propre à déguiser les propriétés apéciales et caractéristiques de la substance.

— ÊTYil. Hétér...., et 6<}"«> Yue, apparence.

t HÉTÉROREXIE (é-té-ro-rè-ksie), s. f. Term» de médecine. Dépravation de l'appétit.

— ÊTYM. Hétér...., et SpeEi?, appétit.

HÉTÊROSCIENS (é-té-ro-ssi-in), s. m. pi. Terme

de géographie. Nom qu'on donne aux habitants des zones tempérées, parce que, le soleil étant toujours pour eux, ou méridional, ou septentrional, les ombres méridiennes des uns portent au nord, tandis que celles des autres portent au midi.

— ÊTYM. 'EiepÔCTxioî, de ÎTcpoç, autre, et oxià, ombre.

t HÉTÉROSOMES (é-té-ro-so-m') , t. m. pi. Famille de poissons holobranches dont le côté droit et le côté gauche du corps ne se ressemblent pas.

— ÊTYM. Hétéro...., et (jû|xa, corps.

t HÉTÉROSTROPHE (é-téro-stro-f), adj. Terme de zoologie. Qui tourne en sens inverse du sens ordinaire.

— ÊTYM. Hétéro...., et «irpéspeiv, tourner.

+ HÉTÉROTAXIE (é-té-ro-ta-ksie) , s. f. Terme de tératologie. Anomalie complexe, non apparente à l'extérieur, ne mettant obstacle à aucune fonction, et qui consiste en des transpositions d'organes, par exemple quand la rate est à droite et le foie i gauche.

— ÊTYM. Hétéro...., etTâÇt;, arrangement.

t HÉTÉROTHÉTIQPE ( é-té-ro-té-ti-k' ) , adj. Terme de la philosophie de Kant. Transcendant. Métaphysique hétérothétique, science des choses absolues.

— ÊTYM. Hétéro...., et Oettxi;, qui pose : thèse des choses qui sont de l'autre côté de l'expérience.

t HÉTÉROTOME (é-té-ro-to-m'), adj. Terme de botanique. Dont les divisions n'ont pas la même forme. Corolle hétérotome.

— ÊTYM. Hétéro...., et to|i9|, section.

t HÉTÉROTOPIE (é-té-ro-to pie), s. f. Terme d'anatomie pathologique. Hétérotopie plastique , formation de tissus simples ou composés en des endroits du corps où, à l'état normal, on ne les rencontre point.

— ÊTYM. Hétéro...., et tôiio;, lieu.

t UÉTÉUOTROPE (é-té-ro-tro-p'), adj. Terme de botanique. Embryon iiétérotrope, embryon à radicule éloignée du hile sans lui être diamétralement opposée.

— ÉTYM. Hétéro...., et TpoitTi, conversion.

DICT. DE LA LANGUE fRAVCAISE.

t HÉTÉROTYPIEN (é-té-ro-ti-piin), adj. Terme de tératologie. Monstres hétérotypiens, monstres doubles chez lesquels le parasite est suspendu à la paroi antérieure du corps du sujet principal.

— ÊTYM. Hétéro...., etTÙTto;, type.

UETMAN (bé-tmanj, (. m. Titre de dignité chez

les Cosaques.

— ÊTYM. Mot russe.

+ UÉTOCDEAD (hé-tou-dô) ou HÉTOCRDEAU (hé-tour-dô ) , s. m. Terme vieilli. Le jeune chapon et le poulet assez gros pour être chaponné.

— lllST. XIV* s. Rost : cinq cochons, vingt hetoudeaux, Ménagier, ii, 4. {| xv* s. Pour trois hetondeaulx, quinze sols, Bibl. des chartes, 6* série, 1. 1, p. 226.

— ÊTYM. Bas-lat. haistaldus, colon; de l'anc. haut-allem. hagastalt, célibataire, apprenti. D'après du Cange, le Wtourdeou a été ainsi nommé à\i haistaldus, qui le fournissait à ses maîtres; d'après Diez, le nom de haistaldus, célibataire, novice, a été transféré par plaisanterie au chapon.

t UÉTRAIE (hé-trê) , s. f. Lieu planté de hêtres.

UÊTRE (hê-tr'), s. m. Grand arbre de la famille des amentacées, qui porte un fruit appelé faine, fagus sylvatica, L. Et, dans mon cabinet assis au pied des hêtres, Faire dire aux échos des sottises champêtres, boil. Sat. ix. Etendu, cher Tityre, à l'abri de ce bétre. Tu médites des airs sur ta flûte champêtre, tissot, Trad. des bucol. de Yirg. i.

— msT. XIII' s. Desous un haistre rameit [garni de rarneaux], Ai un doulc cant escouteit De gentille pastorelle, Hist. litt. de la Fr. t. xxiii, p. 669. || xvi' s. Les pins, sapins, hestres ou fousteaux dits aussi faux, et les charmes, sont arbres de montagne froide,

— ÊTYM. Wallon, hèse ; du flamand heester, hester, arbrisseau ; bas-allem. hester, jeune hêtre; allem. Heister, jeune arbre de bosquet.

f ). HECI (heu), interjection qui, répétée, exprime le doute, une secrète pensée. Heu! heu! TOUS croyez qu'il réussira. Comment va-t-ilî — Heu ! heul

t 3. HEU (hea),f. m. Ancien terme de marine. Moyen vaisseau qui, pour l'ordinaire, avait l'arrière rond, et qui n'avait qu'un grand mât avec une voile extraordinaire, jal.

— ÉTYM. Flamand, hui; hoU. hulk.

t HEUCHÈRE (heu-chè-r'), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes saxifragées d'Amérique dédié au botaniste allemand Heucher () 667-) 7 4 7).

t HECGUENON (heu-ghe-non), s. m. Variété de poire à cidre.

HECR (eur), t. m. Bonne fortune, chance heureuse. Rendant tout l'univers de son heur étonné, UALH. II, t . Ils tiennent à grand heur de ce que tes ancêtres..., rëgnier, Sat. vi. Je ne. craindrai pas de dire que je pense avoir eu beaucoup d'heur de m'êlre rencontré dès ma jeunesse en certains chemins qui m'ont conduit à des considérations et des maximes dont j'ai formé une méthode..., desc. Méth. I, 3. Si j'ai ci-devant trouvé quelques vérités dan» les sciences..., je puis dire que ce ne sont que des suites et des dépendances de cinq ou six principales difficultés que j'ai surmontées, et que je compte pour autant de batailles oii j'ai eu l'heur de mon côté, id. ib. vi, 4. Qui l'eût dit? Que notre heur fût si proche et sitôt se perdît , corn. Cid, m, 4. Tu t'en souviens, Cinna; tant d'heur et tant de gloire Ne peuvent pas sitôt sortir de ta mémoire, id. Cinna, V, <. Puisse le juste ciel, content de ma ruine, Combler d'beur et de jours Polyeucte et Pauline I ID. l'oly. Il, 2. Ne vous offensez pas si cet heur de VOS armes, Qui me rend tant de biens, me coûte un peu do larmes, id. Pomp. v, 5. Le prince Antiochus, devenu nouveau roi, Sembla de tous côtés traîner l'heur avec soi, id. Rodog. i, t . L'heur de

vous obéir flattera sa douleur, id. ib. m, 4 Je

puis fermer par l'heur de ses exploits Le temple qu'un même heur n'a fermé qu'une fois, rotr. Bélis. V, 6. Expliquez-vous, Ascagne, et croyez par avance Que votre heur est certain, s'il est en ma puissance, mol. Dép. am. ii, 2. Je vous épouse, Agnès, et cent fois la journée Vous devez bénir l'heur de votre destinée, id. Éc. des f. m, 2. Heur se plaçait où bonheur ne saurait entrer; il a fait heureux qui est français et il a cessé de l'être, LA BflOY. XIV. Ce mot d'heur, qui favorisait la versification, et qui ne choque point l'oreille, est aujourd'hui banni de notre langue, volt. Rem. sur Corn. Il II se dit, en parlant des personnes, de celle qui fait le bonheur de. Reine, l'heur de la France et de tout l'univers, Qui voyez chaque jour tant d'hommages divers Que présente la muse aux oieds da

votre image, hu.h. it, 8. Ahl mon heur, il est vrai, si tes désirs secondent Cet amour qui paraît et brille dans tes yeux. Je n'ai rien désormais à demander aux dieux, corn. Mélite, v, 4. || Proverbes. Il n'y a qu'heur et malheur en ce nionde, c'est-à-dire ce qui fait la fortune des uns cause la ruine des autres; et, plus souvent, tout dépend de la chance. || Il a plus d'heur que de sagesse, plus d'heur que de science, se dit d'un homme qui, maigre son peu d'industrie ou de prudence, ne laisse pas de réu.ssir.

— REM. Quoique ce mot soit peu usité, comme il reste dans la locution heur et malheur, il n'est pas impossible de le bien employer en poésie ou dans la prose élevée.

— SYN. HEUR, BONHEU». L'heur, qui a le sens de chance heureuse ou malheureuse, comme le prouve malheur, n'a plus que celui de Iwnne chance; le bonheur est la continuité de l'heur. Cette nuance se trouve bien marquée dans ces vers : Je découvre sans peine.... Qu'un péril suit souvent la conquête d'un coeur, Et que l'heur d'être aimé n'est pas toujours bonheur, quinault, Amalasonte , iv, 6.

— HiST.xii's. Eûrs,serviisettalens (désirJMeporront encor valoir, Couci, xii. Si j'atendrai.... Joie d'amour, se bon eOr m'i maine, ib. xiv. || xm* s. [Que] Dame Diex par sa grâce lui renvoit l)on ear, Berte, xli. Le roy les fist apeler, et leur demanda que il leur sembloit de cest heur [aventure], JOiNv. 286. Il XIV* s. Hercules, estendue sa main, dist que il acceptoit bien celi aûr [augurium], BERCBEURE, f° », verso. Force, hardiment d'eschever [je] Li doin pour son eur eslever, ma- CHAUT, p. 22. Il XV* s. Quant il fut né, je sceus que son heur ne gisoit point en Bretaigne; car mesadventure luy fust advenue pour luy et pour ses amys, Perceforest, l. iv, f° <4l. Il sembloit que toutes choses allassent à son plaisir, mais aussi son sens luy aydoit bien à luy faire venir cest heur, comm. VI, 6. Il XVI* s. Dieu vous doint la fortune et l'heur. Meilleur que n'a esté le mien, marot, ii, <88. Nous navigasmes par troys jours ; on quatriesme, en bon heur, approchasmes de Lanternoys, rab. Pant. > 32. Rapportants leur heur ou malheur à la raison divine, mont, i, 248.

— ÊTYM. Wall, aweure, chance heureuse ou malheureuse, présage; provenç. auguri, augur, agur ; espagn. agùero; portug. agouro; ital. auguri'o; du lat. augurium (voy. augure i). Aux conjectures proposées à l'article d'augure, ajoutez que certains étymologistes tirent augunum de avis, oiseau, et d'un radical qui est dans le latin garrire, bavarder, et dans le sanscrit, gar ou gri, crier. Certains étymologistes ont tiré heur de hora, heure ; mais les anciennes formes, qui sont toutes dissyllabiques, ne permettent pas une pareille étymologie ; le sens primitif de présage était encore si persistant, qu'au XIV* siècle Bercheure trjiduit augurium par aùr. Le premier exemple de heur monosyllabe est, dans notre historique, au xiv* siècle, chez Machaut.

HEURE (eu-r'), *. f. || 1° La vingt-quatrième partie du jour, c'est-à-dire d'une révolution complète de la terre sur elle-même. L'heure se divise en soixante minutes. Les vingt-quatre heures du jour. Douze heures de jour et douze heures de nuit. Il y a une heure que je vous écoute; est-ce que nous jouons ici une comédie'? mol. Pourc. i, u. Ce peu d'heures [au moment de mourir] saintement passées parmi les plus rudes épreuves et dans les sentiments les plus purs du christianisme tiennent lieu toutes seules d'un âge accompli, boss. Duch. d'Orl. Donnons à ce grand œuvre [la destruction du lutrin] une heure d'abstinence; Et qu'au retour tantôt un ample déjeuner.... boil. Lutrin, iv. Avec eux, dans une heure, il nous réconcilie, rac. Iphig. m, 3. La nuit arrive alors, une nuit de seize heures; mais, sur cette neige qui couvre tout, on ne sait où s'arrêter, où s'asseoir, où se reposer, où trouver quelques racines pour se nourrir, ségur, Hist. da Nap. IX, u. Mais jusque dans le sein des heure» fortunées Je ne sais quelle voix que j'entends retentir, Me poursuit..., lamart. iléd. ii, (O. || En une heure, se dit, d'une façon indéterminée, pour un court espace de temps. L'empereur ayant eu besoin d'argent, il trouva en une heure par leur moyen [des financiers] ce qu'il n'aurait pas eu en six mois par les voies ordinaires, VOLT. Babouc. || Une heure de chemin, ou, simplement, une heure, l'espace que l'on parcourt en une heure de marche. Nous étions à huit heures de Paris, sÉv. 202. || Heure légale, celle qui est donnée par l'horloge communale. || 'I erma d'astronomie. Heures solaires moyennes et égales, heures dont chacune est la vingt-quatrième partie d'un jour moyen, c'est-à-dire d'un retour moyeu du

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•oleil «u méridien. Heures solaires Traies, celles qui •orit mar(iu*es sur no» cadrans solaires, et qui varient i raison des inégalités de la marche du globe terrestre. {| Terme do marine. Heure de Pari», heure qne l'on compte à Paris (où passe le premier méridien) i l'instant d'une observation faite à bord. Il Heure de Paris se dit aussi de l'heure telle qu'elle est à Paris et sur laquelle on règle toutos les horloges des chemins de fer. || Heure de grâce, quart l'heure de grftce, délai accordé au delà du terme ùxé. Il Être i l'heure, être employé à tant par heure. Il Prendre un ouvrier, un homme de peine, un fiacre, un cabriolet à l'heure, s'en servir à tant par heure. |l fttre à l'heure, avoir l'heure exacte. Eles- Tous à l'beureî Votre montre est-elle à l'heure? Se mettre à l'heure. Il Être à l'heure, arriver ju.ste au moment convenu. || Avoir l'heure, avoir une montre sur soi. Il Avoir l'heure, se dit au.ssi de l'heure que marque la montre. Quelle heure avez-vous? || Familièrement. N'avoir pas une heure i soi , être tellement occupé qu'on ne peut disposer d'une heure. Il On dit de même : n'avoir pas une heure de repos, de relâche. || Elliptiquement. Des heures entières, nu, simplement, des heures se dit pour : pendant plusieurs heures. Ils restent des heures sans rien ■e dire. || En ce sens, Mme de Sévigné a dit les «u lieu de des. Elle est jolie de tout point ; je m'y amuse les heures entières, Lett. 20 mai i67î. Il Dans la liturgie catholi(|ue, les prières de quar mte heures, des quarante heures, ou, elliptiquement, les quarante heures, prières qui durent qua- -anto heures et qui se font pendant trois jours, temps durant lequel lo saint sacrement est exposé thms l'église. || Demi-heure, la moitié d'une heure. Ceux-là ne sauraient t'entretenir une demi-heure sans te dire cent fois que le roi arme, Balzac, Ut. m, lett. 3. Louis XIV disait à Boileau : Souvenez-vous que j'aurai toujours une demi-heure à vous donner, viLLEMAiN, Lut. fr. 18' siècle, i' part. 2* leçon. Il Dans demi-heure, se dit par abréviation pour dans une demi-heure, MAHMONTEL,JIWm.v. Il Quartd'heure, le quart d'une heure. [La reine] tantôt sauvée, tantôt presque prise, changeant de fortune à chaque quart d'heure, boss. Reine d'Ànglet. \\ Fig. Mauvais quart d'heure, bon quart d'heure, quart d'heure de Rabelais, voy. QUABT. Il 2° Au plur. Dans le langage élevé et poélic|ue, les heures, le temps, la durée. Aussitôt qu'on cesse pour nous de compter les heures et de mesurer notre vie par les jours et par les années, BOSS. Duch. d'Orl. Tu voudrais cependant que sur un cénotaphe La gloire t'inscrivît ta ligne d'épitapho, Et promit à ton nom de temps en temps cité, Ses heures de mémoire et d'immortalité, lamai rr. Uarm. u, <2. || La fuite des heures, le cours rapide du temps. || 3" U se dit des divers moments du jour, comptés depuis minuit ou depuis midi. On diiic à six heures. Quelle heure est-il? Venez à telle heure. Il Etre sujet à l'heure, ne pouvoir disposer de son temps. Je ne suis point sujet à l'heure. || X deux heures de nuit, deux heures après le coucher du soleil. X deux heures de jour, deux heures après le lever du soleil. || Quand on parle des heures comprises entre minuit et midi, on ajoute les mots du matin pour les spécifier. Il s'est levé à trois heures du matin. 11 s'est retiré du bal à deux heures du matin. || Quand on parle des heures comprises entre midi et minuit, on ajoute de l'après-midi pour les premières heures, et du soir pour les dernières. Venez à une heure, à deux heures, A trois heures de l'aprés-midi. Il est sept heures, dix heures du soir. Il Mme de Sévigné a dit douze heures du soir pour minuit : Nous n'arrivâmes ici qu'après dou^e heures du soir, sÉv. 430. Il Terme de pratique. X l'heure de midi, à midi. X deux heures de relevée, à deux heures de l'après-midi. || L'heure est avancée, se dit quand il s'est fait tard. On leva la séance, vu l'heure avancée. || Heure indue, heure à laquelle tout lo monde est ordinairement rentré chez soi. Que viens-tu faire en celte maison à des heures iuduesT — Heure induel monsieur voit bien qu'il est aussi près du matin que du soir, bkaumarch. Barbier, iv, 8. || Heure indue signifie aussi heure peu convenable. || Ironiquement. Vous venez à une belle heure, à belle heure, il est belle heure pour venir, la belle heure pour arriver, se dit à quelqu'un qui s'est fait attendre et arrive trop tard. || Nous faisons commencer la division des heures, ou il midi lorsque In soleil est à notre méridien, ou à minuit que nous regardons comme le commencement du jour et qui s'appelle matin. En It.ilie, tout le cadran des horloges est divisé en vingt-quatre parties, de sorte que l'aiguille ne fait qu'un seul tour en vingt-quatre houres, et l'on y suppose que lo jour commence au

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coucher du soleil. Les Babyloniens faisaient commencer le jour au lever du soleil. De là la distinction des heures babyloniqucs, des heures italiques et des heures françaises. || 4* Indication de l'heure donnée par un cadran, par une horloge, par une montre. L'horloge a sonné deux heures. Il est trois heures vingt minutes. Quelle heure est-il? Il est une heure; il est deux heures sonnées. Je vendis ma montre, en me disant avec une joie incroyable : Grâce au ciel, je n'aurai plus besoin de savoir l'heure qu'il est, l. .'. Rouss. Confess. viii. || Populairement. Il est venu sur les deux heures. || Avancer l'heure, retarder l'heure, avancer, retarder l'horloge. Il Prendre l'heure, régler sa montre sur une horloge qui va bien. || On dit dans le même sens : mettre une montre à l'heure. || Une heure d'horloge, une heure que l'attente ou une raison quelconque fait paraître longue; ainsi dite pour marquer qu'on ne parle pas par ex.igération en la nommant ainsi. J'y suis resté trois heures d'horloge. || On dit dans

10 même sens : une heure do temps. Ceux qui amusent une conversation pendant deux heures de temps sans qu'il soit possible de retenir un mot de ce qu'ils ont dit, montesq. LeH. pers. 82. || Il compte toutes les heures, il s'ennuie beaucoup. || Pièce de huit heures, se disait autrefois de l'aloyau, parce qu'on le mangeait à déjeuner. || Fig. et familièrement. Chercher midi à quatorze heures, voy. qi;a- TORZE. Il Ils vont chercher midi où il n'est qu'onze heures, se di-sait, par allusion à l'habitude de dîner à midi, dea écomifleurs allant de bonne heure retenir à dîner. || 6° Signes d'un cadran qui servent à indiquer les heures. Les heures sur ce cadran sont en chiffres romains. Les heures de ce cadran sont effacées. La petite aiguille est sur telle heuro.

11 Pierre des heures, dit aussi cadran d'Achaz, cadran solaire dont il est fait mention dans laBililo {Rois, IV, '20). Il 6" Moments de la journée, par rapport à la manière dont on les emploie. Régler, ménager ses heures. Passer agréablement ses heures. Avoir SCS heures d'étude, de promenade. Ni les divertissements, ni les fatigues des voyages ne faisaient perdre à Marie-Thérèse ces heures particulières qu'elle destinait à la méditation et à la prière, BOSP. Mar.-Thér. || Toutes ses heures sont marquées, chacune de ses occupations a son temps marqué. Il Heures de loisir, heures libres, heures perdues, moments inoccupés d'une personne fort occupée d'ordinaire. Je lirai cet ouvrage à mes heures de loisir, à mes heures perdues. Les heures qu'il avait libres furent remplies de bonnes lectures, boss. le Tellier. Il Faire quelque chose à ses heures dérobées, dérober quelques moments à des occupations habituelles et pressantes pour faire quelque chose. || Moment où une chose se fait habituellement. U est l'heure de se coucher. Aux heures des repas. Les heures d'audience d'un ministre. Avancer l'heure du diner. Il Familièrement. Il ne fait rien qu'à ses heures, il ne se dérange pas de son train de vie ordinaire. Il vivait de régime et mangeait à ses heures, la font. Fàbl. vn, 4. Il 7° Terme de liturgie. Heures canoniales, diverses parties du bréviaire, comme matines, vêpres, etc. ([u'on récite aux diverses heures. Il Les petites heures,' prime, tierce, sexte et none. Il Livre d'heures, ou, simplement, heures, livre où ces prières sont contenues. Mme la duchesse de Bourgogne vous est bien obligée de penser à elle, et sera ravie d'avoir vos heures, mainte.non, Letl. ou card. de Noailles, 3 oct. <703. || Populairement. Une paire d'heures, un livre d'heures. Il 8° Moment jirécis fixé pour un rendez-vous, pour une affaire. Donner son heure. Choisir une heure. Nous sommes convenus de cinq heures du soir. L'heure du rendez-vous. Le lendemain, à l'heure marquée, il fallut réveiller d'un profond sommeil cet autre Alexandre, boss. Louis de Bourbon. Voici notre heure ; allons célébrer ce grand jour, iiAC. Àthal. u, i. !î Prendre heure, fixer l'heure d'un rendez-vous. Son ami.... Prend heure avec elle au matin, la font. Nie. Et l'on vous mandera quand l'heure sera prise, mol. Éc. dis f. iv, a. Il Mon heure, signifie l'heure qu'on m'a fixée. En public, à mon heure, on me donne audience, rac. Brit. 1, 1 . Il Mon heure, signifie d'autres fois l'heure qui me convient. Il s'ensuivit de là que je ne lui faisais plus de visite à mon heure, mais à la sienne, 7. j. Rouss. Confess. ix. || 9' Un temps, un moment, une époque quelcon |ue. Heure favorable. Heure propice. Elle n'attend plus que l'heure d'accoucher. Les chagrins avancèrent l'heure de sa mort. X cette heure [pendant le bemement] j'avais la tcte en bas, VOIT. Lett. ». Voyez ce qu'en ces lieux il venait demander. S'il est heure si tard de faire une visite,

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coHn. Suite du Uent.iy, 4 Et ce lieu c'esfU cour;

Là donc pour quelque temps il fixe son séjour. Se trouvant au coucher, au lever, à ces heures Que l'on sait être les meilleures, la font. Fabl. vu, 12. X quelque heure et de quelque côté que viennent les ennemis..., B<>ss. Louis de Bourbon. Enfin l'heure est venue Qu'il faut que mon secret écUte à votre vue, HAC. Uilhr. m, i. 11 faut les secourir, mais les heures sont chères, id. Esth. I, 1. ||Ilse dit, dans le Uingage élevé, d'un moment flzé par Dieu. Grand Dieul voici ton heure, on t'amène ta proie, rac Athal. v, 3. Il X l'heure où je vous parle, en ce moment même. || Fig. et famihèrement. C'est un homme, un ami de toutes les heures, se dit d'une per sonne qu'on est toujours bien aise de voir, et aussi d'une personne sur la bonne volonté de laquelle on peut toujours compter. On disait d'un courtis^in d'Auguste que c'était un homme de toutes heures; cet éloge appartenait léK-itimcment à mon cher ami, il était propre pour les bonnes et pour les mauvaises, costah, Déf. des œuvres de Voilure. Cet ami île toutes les heures, boss. Sertn. Char. (rat. 1. 1| D'heure en heure, d'heure à autre, d'une heure à l'autre, d'un moment à l'autre. Ce que vous y avez vu d'aimable, d'admirable et de charmant a toujours augmenti d'heure en heure, et on découvre tous les jours en elle de nouveaux trésors de beauté, de générosité et d'esprit, voit. Lett. «7. L'espérance du pillage multiplie d'heure à autre le nombre des révoltés, PATHU, Plaidoyer 7, dans richelf.t. jj D'une heure à l'autre n'est pas français, ditVAUOPUs, Rem. t. ii, p. 842, dans pouGENS. N'en déplaise à Vaugela-s, la locution est correcte, et l'usage l'a conservée. || Js vis l'heure que.... Voy. voir. || D'heure en heure, toutes les heures. Prendre une potion d'heure en heure. || Fig. L'heure du berger, l'heure propice aux amants; locution tirée de ce que, dans le genre pastoral, berger se prend pour amant. Trouver l'heure du berger, trouver l'occasion favorable i)Our obtenir d'une belle une faveur particulière. Humeur friponne Chez la pouponne Se glissa lors en tapinois; Son oeil me dit en son patois : Berger, berger, ton heure sonne, la font. Poésies mitées, v. || La dernière heure, l'heure dernière, l'heure suprême, l'instant de la mort. Mon l'olyeucte touche à son heure dernière, corn. Paly. iv, 6. Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours.... la dernière heure n'en sera pas moins insupportable, et l'habitude de vivre ne fera qu'en accroître le désir, uoss. le Teilier. Peut-être nous touchons à notre heure dernière, rac. Athal. v, i. Mais vous!... Ahl croyez-moi ; quand votre heure est prochaine, Comme un poids importun dcposez votre haine, c. delav. Paria, v, 2. || 10" Heure, employé absolument et avec un adjectif possessif, signifie le temps, le moment où quelque chose doit arriver à quelqu'un. On voulait la marier depuis longtemps, mais son heure n'était pas venue. Personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était p,is encore venue, saci. Bible, Év. St Jean, vu, ;io. Ah! seigneur, si votre heure est une fois marquée, RAC. Phèdre, i, < . Son heure n'était pas encore venue, J. C... MASS. Aient, Disp. C'en est fait; je vois bien que mon heure est venue, destouches, Phil. marié, iv, 6. || Son heure est venue, le moment où il va mourir est arrivé. Ma fiUe, il faut céder : votre heure est arrivée, rac. Iphig. iv, ♦. La mesure est comblée et votre heure est venue, volt. Orphel. v, 5. Il 11» Terme de mythologie. Divinités au nombre de trois, Eunomie, Dicé et Irène, qu'on représentait ordinairement accompagnées de la Justice, et soutenant des clepsydres ou horloges d'eau. Les Heurçs étaient chargées d'ouvrir et de fermer les portes du ciel. |j On met une majuscule à Heure en ce sens. || 18* Bonne heure , moment convenable pour faire quelque chose. Voici la bonne heure pour cueiUir les fraises. || Familièrement. Arriver à la bonne heure, arriver à propos. Il X la bonne heure, formule de souhait, heureusement, avec un bon succès Puisqu'il plaît au ciel

que par vos yeux je meure, Vous direz qu'en mourant je meurs à la bonne heure, bkgnieh, ÉUg.i. Voilà votre petit frère qui arrive : le cardinal de Retz me fait dire qu'il est arrivé; arrivez donc tous à la bonne heure, sfiv. 4 8S. Que s'il est vrai que Marie ne règle son amour que zmr celui du Père éternel, allez, ô fidèles, allez à la Iwnnc heure à cette mère incomparable, BOSs. :• serm. Compass. de la Sle Vierge, i. || Par extension. X U bonne heure, locution qui exprime l'approliation, soit, j'y consens. X la bonne heure, contentez s'il te peiii l'honneur et la dignité de la couronne, balz. t" dise, sur la cour. S'ils [les philosophes] ic sentea

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pleins de sentiments pour l'aimer [Dieu] et l'adorer et qu'ils y trouvent leur joie principale, qu'ils s'es- Ument bons, à la bonne heure, pasc. Grand, et milère, Syst. des philos. M, éd. faugère. Si Baal est votre dieu, :idorez-le tout seul, à la bonne tieure, MASS. Carême, Inconst. Quand ces devoirs seront remplis, faites-vous-en, à la lionne heure, de surcroît, m. Carême, Térit. culte. \\ Ironiquement. Il me menace, dites-vous; à la bonne heure! cela m'est égal. Il  la bonne heure que.... signifie je consens que.... X la bonne heure que notre zèle ne soit pas assez héroïque pour conquérir de nouvelles nations et ajouter de nouvelles terres à son héritage, nous devons du moins cultiver celle que nos prédécesseurs lui ont acquise, mass. Confér. Zèle contre les scandales. \\Terme de marine. A la bonne heure, réponse qui se fait au porte-voix, d'un bâtiment à un autre, pour annoncer qu'un ordre a été entendu. Il De bonne heure, au matin. Venez de bonne heure. Il nous faudra partir de meilleure heure qu'hier. Il est venu (le trop bonne heure- || il est encore de trop bonne heure, le jour est peu avancé. Il II est bonne heure, se dit quelquefois pour il esl de bonne heure; correctement, puisque bonne heure signifie, par métaphore, matin. Ah! pour cela toujours il est assez bonne heure, mol. le Vép. iv, i . Il Par extension. De bonne heure, tôt, par opposition à tard. Ces graines n'ont pas été semées d'assez bonne heure. Vous pouvez cependant faire munir ces places, Disposer de bonne heure un secours de Romains, cohn. Nicom. ii, 3. Je ne manquerai pas d'arriver de bonne heure, Boss. Lett. Corn. ( 47. Il les conjurait [ses enfants].... de l'avertir de bonne heure, quand ils verraient sa mémoire vaciller ou son jugement s'affaiblir, m. te Tellier. \\ À une époque peu avancée. Vous êtes née avec tant de qualités pour commander, il vous importe extrêmement de vous accoutumer de bonne heure de haïr l'injustice, voit. Lett. 9. La jeunes^e apprenait de bonne heure la science..., BOSs. flist. m, B. Ô bienheureux mille fois L'enfant que le seigneur aime, Qui de bonne heure entend sa voix ! hac. Athal. II, 9. Il On entend souvent dire : Il est venu trop de bonne heure. C'est une faute contre le bon usage ; il faut dire : de trop bonne heure. ||  bonne heure, tôt. Mangez un morceau et couchez-vous à bonne heure, hamilt. Gramm. 3. || Cette locution est condamnée par les grammairiens. Pourtant elle est correcte ; elle a été employée par de bons auteurs ; mais il est vrai d'ajouter que l'usage l'abandonne. Il X bonne heure, s'est dit aussi pour heureuse-ment. Qu'à bonne heure défait d'un masque et d'une épée. J'ai leur crédulité sous vos habits trompée ! CORN. Clit. II, 3. Il 13° Mauvaise heure, heure défavorable. C'est la mauvaise heure pour lui parler. Ceux qui eurent besoin de son secours trouvèrent-ils jamais entre eux et lui des barrières impénétrables? fallut-il essuyer à sa porte de mauvaises heures pour attendre un de ses moments commodes? FLÉCH. Lamoignon. || Des heures inégales, des heures où se manifeste de l'inégalité d'humeur. Point de refus pour moi, point d'heures inégales, corn. Place roy. i, 4. |{  la maie heure, formule d'imprécation. Va-t'en à la maie heure..., malb. iv, 14. Et bien à la maie heure est-il venu d'Esiw.gne Ce courrier, que la foudre ou la grêle accompagne 1 mol. VÉt. II, 13. Il 14°  l'heure que, loc. adv. au moment où. A l'heure que je parle, un jeune Égyptien..., MOL. l'Ét. IV, 9. Il A l'heure qu'il est, dans le moment actuel. A l'heure qu'il est, on délibère sur le sort de la France, de l'Espagne, sur le sort de toute l'Europe, maintenon, Lett. à Mme de St-Géran, t. ii, p. 15(, dans pougens. Il m'est dû plus de vingt-cinq mille francs, à l'heure qu'il est, dancourt, La désolation des joueuses, se. 9. A l'heure qu'il est, qu'y a-t-il qui puisse vous excuser? mass. Carême, Prod. Il A l'heure qu'il est, signifie aussi dans le temps où nous sommes. Cela n'est plus de mode à l'heure qu'il est. || A l'heure qu'il est que, aujourd'hui que. A l'heure qu'il est que les bienséances exigent de vous des mœurs plus sérieuses..., mass. Carême, Samar. || 15° A cette heure, maintenant. Vois-tu comme tu as fait la même chose dont tu te moquais à cette heure? vaioel. Q. C. 4B9. Si je vous écris à cette heure, ce n'est pas tant par crainte que par une véritable affection et une inclination naturelle que j'ai à vous obéir, voit. Lett. 67. Je comprends cela à cette heure, mol. le Bourg, i, 2. Je puis même, en secret, lui parler à cette heure, VOLT. Sémir. i, 1. ||D'à cette heure, du temps présent. Un même soin n'a garde d'animer les nymphes d'à cette heure, benserade, dans ricuelet. || A cette heure que...., aujourd'hui que.... A cette heure

qu'elle est damedu palais, sÉv. 1 81 . || X cette heurelà que, en ce moment où. Elle [une belle princesse] arriva en un bois où il y avait plus de cent ans <5ue le jour n'était entré qu'à cette heure-là qu'il y entra avec elle, voit. Lett. 10. ||16° Dans cette heure, tout de suite. Je vous ferai toucher argent dans cette heure, pasc. Prov. viii. (Locution peu usitée présentement.) Il 17° Dès cette heure, aussitôt. Tu me retiens en vain, et dès cette même heure II faut que je la voie ou du moins que je meure, bac. Baj. v, 8. Il On dit dans le même sens : Dès à cette heure, aussitôt. Qu'il ne se présente plus devant moi, je léchasse dès à cette heure, la bruy. xi. || 18° Tout à cette heure , aussitôt, présentement. Allez-vous-en donc, monsieur, tout i cette heure, retz, iv, 240. Ne m'avez-vous pas dit tout à cette heure, que vous voulez de l'ordre dans la méthode pour instruire ?fén. t. xxi, p. 80. il IS-A toute heure, à chaque instant, continuellement. [Dans la chambre bleue de l'hôtel de Rambouillet] je serai servi et traité magnifiquement huit jours durant par deux demoiselles qui ont été cause de ce malheur [mon bemement] ; à un des coins de la chambre on fera à toute heure des confitures, VOIT. Lett. 9. Le froid et les neiges des montagnes (i'Alsaceles transissent [vos amis de Paris], et les font trembler tous les jours dans les plus grandes assemblées, et la crainte des embûches des Cravates leur donne l'alarme à toute, heure dans Paris, ID. Lett. 67. Le reste dont le nombre augmentait à toute heure..., corn. Cid, iv, 3. Il arrive à toute heure, dans les discours familiers et dans les discours de .science, des occasions.... pasc. Esprit géom. sect. 1 . J'aime à vous entretenir à toute heure, sév. 24. Que vous me permettiez de vous voir à toute heure, bac. Brit. iv, 2. Dieu veutil qu'à toute heure on prie, on le contemple? ID. Athalie, n, 7. || 20° Tout à l'heure, loc. adv. Dans un moment, il n'y a qu'un moment. Je suis à vous tout à l'heure. Que disiez-vous tout à l'heure? Léontine : Depuis quand? — Exupère : Tout à l'heure, corn. Héracl. ii, b. || Aussitôt, tout de suite, sur-le-champ (emploi qui vieillit). Il se resserra tout à l'heure Au plus bas lieu de sa demeure, MALH. Il, 3. Il [l'Hymen] représente ce portrait [de la reine] aux yeux de la Discorde et de l'Envie, qui trébuchent aussitôt aux enfers, et ensuite il le présente aux chaînes qui tiennent la Paix prisonnière, lesquelles tombent et se brisent tout à l'heure, corn. Toison d'or, Prol. se. 4. Je ne dis pas que tout à l'heure Une condition meilleure Change en des noces ces transports, la font. Fabl. VI, 21. Eh! madame, reprit son époux tout à l'heure, Si votre esprit est si hargneux..., id. ib. vu, 2. Je dis que je veux avoir de l'argent tout à l'heure, MOL. Préc. 8. Je vous ai commandé de partir tout à l'heure, rac. Mithr. m, i. J'approuve ce conseil, s'écria le licencié; c'est le ciel, Gonzalez, qui vient de te l'inspirer, et je le veux suivre tout à l'heure, le- SAGE, Est. de Goni. i, 6. || 21° Sur l'heure, à l'instant même. Rodrigue, as-tu du cœur? — Tout autre que mon père L'éprouverait sur l'heure, corn. Cid, i, 8. Toutes les dignités que tu m'as demandées Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées, id. Cinna, V, 1. Un corbeau, témoin de l'affaire.... En voulut sur l'heure autant faire, la font. Fabl. ii, 16. Juges injustes, ne faites pas des lois sur l'heure, pasc. dans

COUSIN Vous vous déclarez ses mortels ennemis,

Si cet enfant sur l'heure en mes mains n'est remis, RAC Athal. III, 4. Et les vers qui le [Hérode] dévorent sur l'heure, nous laissent comprendre quel fut l'excès de son impie vanité, puisqu'elle mérite d'être punie d'un si affreux supplice, mass. Carême, Prospir. temp. \\ Autrefois on disait aussi : tout sur l'heure. || 22° Familièrement. Pour l'heure, loc. adv. Pour le moment. Je trouve que pour l'heure il n'est pas à propos De conter comme quoi je perdis le repos, mair. Soliman, i, 2. || 23° A l'heure, présentement, sans tarder. À l'heure même encor nous avons eu querelle Sur l'hymen d'Hippolyte où je le vois rebelle, mol. L'Ét. i, 9. Et je souhaite fort, pour ne rien reculer, Qu'à l'heure de ma part tu l'ailles appeler, m. Fdch. i, 10. ||A l'heure que, au moment où. À l'heure que chacun est rentré chez soi. Il 24° De grande heure, tôt. Cette petite cour arriva de très-grande heure, le 18 février, st-sim. 481, 227. Il Cette locution n'est plus usitée. || Proverbes. En hiver, les jours n'ont point d'heures, c'est-à-dire ils sont si courts, qu'on n'a pas le temps de faire ses affaires. || C'est peu de se lever malin, mais «'est tout de partir à l'heure. 1| Il est comme la mule du pape, qui ne boit et mange qu'à ses heures. || A la bonne heure nous a pris la pluie, c'est-à-dire nous avons eu le temps de nous

mettre à couvert ; et fig. de nous garantir de maux qui nous menaçaient. || Il sait mieux ses heures que ses matines, il est habile à saisir les moments favorables.

— HIST. H* s. [Des péchés] Que je ai fait dès l'ure que nés [je] tu, Ch. de liol. clxxii. || xu* s. D'ores en altres [il] va sa coulpe battant, Rotic. p. 92. Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doie retourner. Coud, iv. Et dites lui [que] do maie hore [je] fui nez, ib. xrv. Quatorze rois i ot à ore de souper, Sax. xni. Ainz erra une lieue qu'il volsist arester; Hors veie se turna pur ses hures chanter. Th. le mari. H7. || xiii* s. Et l'en demain de haute heure vinrent à une bonne ville que l'en apele Afilie, villeh. xcix. L'eure soit beneoite que je onque vous vi, Berte, lix. Il n'est si grans max [mal] qui n'aît [n'aide]. Ne bien qui ne nuise par eures, iien. 16201. Adès me plot à demorer A la fontaine , et remirer Les deux cristaus qui me monstroient Mil choses qui ilec estoient ; Mes da fort hore m'i miré; Las! tant en ai puis souspiré, la Rose, ton. Envie ne fine nule hore D'aucun blasme as gent mètre sore, ib. 267. Et en tele maniera se combatirent bien l'ore d'une liue d'un home à pié, tant qu'il plot au roi que pesfu fête, beaum. lxi. Il XIV* s. Car tout quanque barat [fraude] aOno [amasse] En vingt ans, anientist fortune En une seule heure de jour, broyant, dans ile'nagier, t. ii, p. 28. Le lundi, à heure de remontée [après midi], un Cange, hora. Environ heure de entre riote [goûter] et cœuvrefeu , m. ib. Telz desconfit au soir son adverse partie Qu'au jour d'ui perdera les membres et la vie; Une heure est de gaignier, et l'autre ne l'est mie, Guesel. 44B7. || iv° s. Il est heure de taire, et si est heure de parler, fboiss. ii, ii, 62. Une heure perdoient les uns, autre heure perdoient les autres [tantost les uns, tantôt les autres], id. i, i, 313. L'endemain ils s'en vinrent loger de grand heure de lez une grand court d'abbaye, id. i, i, 44. La chevalier repondit : à la bonne heure; il s'ordonna tantost et fu prest, id. m, iv, 1 1 . Et ceulx qui ont tout le temps labouré [travaillé] Et qui ont sens et diligence bonne, Sont soufraiteux et de dure heure né. Car ils ne sont remeris [récompensés] de personne, eost. desch. Poésies mss, f 28. Et si le roy eust envoyé d'heure [à temps], il eust pris le chasteau , comm. viu, i . Toutesfois ils arrivèrent encores à heure, id. viii, t. Que je ne nommeray pas pour ceste heure pour briefveté, id. i, ï. A l'eure qu'il [Louis XI] vint à la couronne, id. i, 3. L'an mil quatre cens septante print vouloir au roy de sa revencher du duo de Bourgongne et luy sembla qu'il estoit heure, id. m, i . Dès l'heure commença le roy à praticquer les gouvernemens de Gand, id. VI, 7. Sire, dist Lyonnel, tant y ay conquesté, que jamais ne sera heure que je n'en soye plus preux et plus hardy, Perceforett, t. ii, f" 98. Elle me meina jusques à la rivière, et puis je ne garde l'heure que je suis outre fet puis tout aussitôt je suis outre] , ib. t. I, f 34. Heure de l'ansery [heure du soir], DU CANGB, hora. Icellni de Salheras, le samedi après ensuivant heure tarde [le soir], ala de vie à trespassement, id. ib. || xvi* s. Il lui dit : ils sont trois heures après minuit passées, maro. Ifouv. LUI. Il amusa toutes ses heures dernières..., mont. I, 17. Sur l'heure de sa fin, id. i, i8. Assigner l'heure et le lieu, id. i, 24. Tout sur l'heure, id. 1, B9. Comme nous comptons à cette heure, id. i, 73. Nul ne meurt avant son heure, id. 1, 88. Il estoit à cette heure là vieil et point marié, id. i, 92. Les hattailles ne sont asture [à cette heure] que routes, id. i, 361. Nous osons à cett' heure et parler et escrire, id. h, 42. A cetie heure le chagrin prédomine en moy, à cette heure lalaigresse, id. ii, 3>4. Le roy, l'ayant ouy parler, ne luy respondit rien à l'heure, combien qu'il eust en grande admiration son bon sens et sa hardiesse, amyot, Thém. 51. Cleandrides, s'en estant fouy de bonne heure, fut par contumace condamné à mourir, m. Péric. 43. Vous voyez comme en un moment d'heure nous avons abattu et mis sous noz piedz la maison d'Alexandre le Grand, id. P. /Em. 4b. Et à l'heure mesme le roy des Gaulois l'ayant apperceu.... id. Marcell. 8. Hz l'eurent traversée en peu d'heure, pour la dihgenceel l'effort que feirent les vogueurs de ramer, ID. Lysand. 20. Un horloge à cognoistre les heures au soleil, id. J9ton, 38. Si je m'en fusse apperçu d'heure [à temps] , j'y eusse pourveu plus tost, desper. Contes, vi. Par espreuve je sens que les amoureux traits Blessent plus fort de loin qu'à l'heure qu'ils sont près, hons. 269. Fais bien sans demeure ; En peu de temps passe l'heure, lbroui DE LiNCY, Prov. t. I, p. 101. Heure de nuit, heure

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de Jour «ont toutes bonnes en «mour, imonx d« tiwcy, Prov. t. i, p. '"•• Comme les heures do nostre cur(5, cela va sans dire, oiinm, Cur. fr. aild.

— ÊTYM. F'rovenc, hora, ora; espagn. hora; ital. ora; du lat. hora; grec, wpa ; comparez le germanique : goth. jér; allera. Jahr, année; et le celtique : gaél. «air; bas-bret. eur, ur; kimry, awr; 7.cm\, ydre, année, j/dirya, annuel ; comparez aussi le sanscrit yàtu, temps, cours, marche, de yd, aller. B^ze, au xvi* siècle, recommande de ne pas prononcer hure; c'est cette prononciation qui fait qu'on trouv! dans Montaigne asiure pour à cette heure.

■f HKtlUETTK (eu-rfc-t"), *. f. Division de l'heure en usage en Flandre, qui est la demie. Je vous dirai que depuis le Quenty, à force d'entendre des horloges qui sonnent l'heure, l'heurotte, le quart d'heure, lo demi-quart avec leurs carillons divers; depuis lo Ouenty, dis-je, à force d'entendre toutes ces horloges, je n'ai Jamais pu comprendre quelle heure il était, pelliseon, Lett. hist. t. i, p. *i, dans

LACURNK.

— ÉTYM. Diminutif de heure.

nEUREDSEMENT (eu-reû-ze-man),adt).|l 1° D'une

manière heureuse. Vivre heureusement. Vous verrez votre crainte heureusement déçue, corn. Cid, I, 4. Ainsi finit heureusement la bataille la plus hasardeuse et la plus disputée qui fut jamais, boss. Louis de Hourbon. Plût au ciel que sa main heureusement cruelle Eût fait sur moi l'essai de sa fureur nouvelle I rac. Bril. v, 7. Mais un de leurs sujets heureusement coupable M'a fait abandonner /en foyers paternels, m. i. chén. CEdi'pe-rot, m, 4. Il Être né heureusement, ou, heureusement né, être né avec de bonnes dispositions morales ou intellectuelles. Plus vous étiez nés heureusement, plus vous êtes coupables d'avoir rompu la digue que la nature elle-même semblait avoir opposée & votre faiblesse, MASs. Pani'g. Ste Agnès. \\ Avec succis. Kelii Sylla, l'heureux Sylla, un Alexandre VI, un duc de Borgia, ont heureusement pillé, trahi, empoisonné, ravagé, égorgé; mais, s'ils se sont crus des scélérats, il y a grande apparence qu'ils étaient très-malheureuj:, volt. Dict. phil. Hmreux. \\ 2° Par bonheur; en ce sens il se met souvent en tête de la phrase. Son épée enyos mains heureusement laissée, RAC. Phèd. III, s. On a voulu priver le public de ce dictionnaire utile [l'Encyclopédie] ; heureusement on n'y a pas réussi, volt. Dict. phil. Heureux. Heureusement il y a toujours d'honnêtes gens parmi les monstres, et des gens de goût parmi les sots, iD. Lett. Thiriot, *9 déc. «768. || Dans ce sens, il est queli|uefois suivi de que, en sous-entendant quelque verbe d'un sons très-général, comme il arrive, il est arrivé. Heureusement pour lui que son père ne l'aperçut pas. || 8° Avantageusement. La Catalogne est un des pays les plus fertiles de la terre et les plus heureusement situés, volt. Louis XIV, 23. Il 4" Terme de littérature et d'arts. D'une manière habile, originale. Cela est heureusement conçu, exprimé. Versifier heureusement. Hien n'est plus difficile que de terminer heureusement une scène de politique, volt. Comment. Corn. Sert, i, 3.

— HIST. XVI' 8. Messeigneurs d'Orléans et d'Angoulesme, voz très heureusement nez enfans, que Dieu bénie, ahtot, Éplt. Tant de haull faicts qu'il avoit heureusement achevez, iD. Cam. 03. Amyot a développé si heureusement Plutarque, mont. 11, 4t. Moyens qu'il n'appartient qu'à la fortune do César de heureusement conduire, id. iu, <82.

— ETYM. Heureuse, et le suffixe ment.

t HEURECSETÊ (eu-reû-ze-té) , s. f. État, qualité de ce qui est heureux. L'abbé de Vauxelles s'est moqué, dans le Mercure, des heureusetés que le néologue Mercier voulait introduire dans la langue et des pensées fécondatrices de sa longue préface, Citi dans le Diction, de bescherelle.

— HIST. XVI" s. Heureuseté, cotcravs.

— Etym. Heureux.

HEUREUX, EUSE (eu-reû, reû-z'), a^;. ||1« Qui promet de l'heur, de la bonne chance, de la bonne fortune. On heureux pronostic. Il [le prince Edouard de Bavière] connut bientfit les erreurs.... heureux présages pour la maison palatine I sa conversion fut suivie de celle de la princesse Louise sa sœur, noss. Anne de Gonx. Il fallait consulter les entrailles des victimes pour voir si Trophonius trouvait bon que l'on descendit dans son antre; mais, quand elles auraient été toutes les plus heureuses du monde, ce n'était encore rien, ponten. Oracles, i, ti. Il *• Oui procure de l'heur, de la bonne chance, de la bonne fortune. Heureux hasard. Chance heureuse. Occasion heureuse. Il est heureux que vous l'ayez évité. C'est heureux, c'est fort heureux pour

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TOUS. Et VOUS avez montré par une. heureuse audace Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place, RAC. Andr. i, 2. L'heureux empressement qui vous porte à me voir, m. ib. 11, 2. Mais un heureux destin le conduit en ces lieux, id. ib. 11, 3. Avcz-vous dans le sein la cicatrice heureuse... T volt. Zaïre, II, 3. Il Ironiquement. C'est bien heureux, se dit familièrement et ironiquement pour exprimer la satisfaction qu'on éprouve d'une chose qui n'aurait pasdû tarder, être refusée, etc. Je vous crois.— Vous me croyez? c'est bien heureux. || Heureux à, qui procure une bonne chance à. Le Japon ne fut pas plus heureux à cet homme Que le Mogol l'avait été, LA ko.nt. Fabl. VII, 12. || Figurément. Être né sous une heureuse étoile, réussir dans toutes ses entreprises. Il Faire une heureuse rencontre, une rencontre heureuse, trouver par ha.sard ce que l'on cherchait et que l'on n'espérait pas trouver sitôt. || C'est une rencontre heureu.se, se dit d'un bon mot, d'un trait d'esprit, d'une pensée ingénieuse. || Choix heureux, conseil heureux, choix, conseil suivi d'un bon succès. Il Ce joueur a la main heureuse, il gagne souvent, et en un autre sens, à certains jeux de cartes, il est avantageux d'être sous sa coupe, de lui donner à couper. Il Figurément. Avoir la main heureuse, réussir ordinairement dans les choses qu'on entreprend. Il 8" Oui a de l'heur, de la bonne chance, de la bonne fortune, en parlant des personnes. Il est né heureux. Être heureux au jeu. Être heureux en affaires. Vous êtes une heureuse mère. Oue nous nous croyons bientôt les plus éclairés et les plus habiles, quand nous sommes les plus élevés et les plus heureux! BOSS. Reine d'ingie». Ainsi notre reine heureuse par sa naissance qui lui rendait la piété aubSi bien que la grandeur comme héréditaire, m. Marie-Thér. Le cardinal Mazarin , plus heureux de l'avoir trouvé [le Tellier] qu'il ne le crut alors, lu. ib. Heureux si , averti par ces cheveux blancs, du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau... , m. Louis de Bourbori. Roi, père, époux heureux, fils du puis-sant Atrée, RAC. Jph. i, *. Heureux dans mes malheurs d'en avoir pu sans crime Conter toute l'histoire à ceux qui les ont faits, m. Bérén. i, 4. Quand on dit un heureux scélérat, on n'entend par ce mot que ses succès, volt. Dict. phil. Heureux. Puis, comme les hommes longtemps heureux, ce qu'il [Napoléon] désire, il l'espère, ségur, Hist. de Nap. vin, 9.|| Plus heureux que sage, plus heureux qu'un honnête homme, se dit pour expliquer une bonne chance peu méritée. Vous êtes plus heureux que sage ; t&nez, voilà une fortune que je vous ai ménagée, danco'/RT, Impromptu de gam. se. <b. Allez, fripon, ai «.z, vous êtes plus heureux qu'un honnête homme, LE! \0E, Est. Gon%. ch. 36. || Heureux en amour, se dit Je celui qui réussit auprès des femmes. || Je ne fus pas plus heureux, je ne réussis pas mieux. Je le priai de me dire s'ils [les molinistes] ne condamneraient pas au moins cette autre opinion des jansénistes.... mais je ne fus pas plus heureux en cette seconde question..., pasc. Prov. 1. 1| Favorisé de la fortune, du sort, en parlant des choses. Heureuses sont les entrailles qui vous ont porté, et les mamelles qui vous ont nourri, saci, Bible, Évang. St Luc, xi, 27. On peut compter parmi les plus grands philosophes Hippocrate, le père de la médecine, qui éclata au milieu des autres dans ces heureux temps de la Grèce, boss. Hist. 1, 8. Je voudrai» des chrétiens voir l'heureuse contrée, volt. Zaïre, v, 3. || 4° Par extension de l'idée de bonne chance qui est dans heur, qui jouit du bonheur, qui possède ce qui le contente. Je mourrai tout ensemble heureux et malheureux, corn. Cinna, i, 4. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureu.t, la fort. Phil. et Bnue. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager"? Oue ce soit aux rives prochaines, m. Fabl. ix, 2. Un homme.... heureux dans sa personne et dans sa famille, boss. le Tellier. L'heureux vieillard jouit jusqu'à la fin des tendresses de sa famille, où il ne voit rien de faible, ID. ib. Ces veuves jeunes et riantes que le monde trouve si heureuses, id. Anne de Gonx. Heureuse qu'elle était de connaître et d'aimer celui qui se connaît et s'aime éternellement, l'âme raisonnable a voulu..., ID. La Yallière. Combien, en un moment, heureux et misérable! rac. Ifi(hr. u, «. Heureux qui, satisfait de son humble fortune, Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché 1 ID. Iph. i, t . Heureux le peuple qui est conduit par un sage roi! rtn. Tél. xi. L'homme qui dit qu'il n'est pas heureux, pourrait du moins le devenir par le bonheur de ses amis ou de ses proches, la brot. zi. Il y a une espèce de honte d'être heureux à la vue de certaines misères,

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ID. t6. Je veux que tous les coeurs soient heureux da ma joie, volt. Zaïre, m, 1 . Prétendre être toujours heureux est la pierre philosophale de l'âme ; c'est beaucoup pour nous de n'être pas longtemps dam un état triste, m. Dict. phil. Hrureux. Il suit de cette observation importante, que le moyen d'être heureux c'est de se conformer k l'ordre ou aux rapports qui sont entre les choses, bonnet. Causes prem. s* part, concl. Je me levais avec le soleil et j'étais heureux ; je me promenais et j'étais heureux; je voyais maman , et j'étais heureux ; je U quittais et j'étais heureux, J. J. houss. Conlets. VI. Nous sommes trop heureux, me disait ma femme, il nous arrivera quelque malheur, MARUONTEL.Jfi^ni. XI. Il fitre heureux comme un roi, être très-heureux, nager dans l'abondance. Être heureux comme un roi, dit le peuple hébété, volt. (•' dite. || Être heureux, se dit d'un homme marié, d'une femme mariée qui jouissent du bonheur dans leur ménage. Le marquis : Kt que ses qualités, ses charmes et son âge Méritaient un sort plus heureux. — La comtesse : Plus heureux ! quel est ce langage ? mais je suis très-heureuse, imbert, Jaloux sans amour, III, 9. Il Amant heureux, amant qui est écouté, fa-, voris'-. Il Être heureux, obtenir les dernières faveurs d'une femme. Il fO servit des droits que son état de crocheteur lui donnait à la brutalité; il fut brutal et heu.-eux, volt. Crocheteur borgne. \\ 6* Il se dit quelquefois simplement pour satisfait. Hippolyte est heureux qu'aux dépens de vos jours Vous-même en expirant appuyiez ses discours, rac. Phèdre, ni, 3. Content et trop heureux d'avoir encore assez de vie pour témoigner au roi sa reconnaissance, boss. I.ouu de Bourbon. Elle n'était heureuse ni pour avoir placé auprès d'elle sa chère fille, ni pour l'avoir placée dans une maison où tout est grand , m. Ann. de Goni. {{ Par formule de polites.se. Je serai heureux de vous recevoir chez moi. |{ 6° Dans quoi on jouit du bonheur. L'âge heureux de l'enfance. Une condition heureuse. Une heureuse vieillesse. Le plus heureux jour de la vie, boss. le Tellier. ô moment heureux où nous sortiroLS des ombres et des énigmes pour voir la vérité manifeste! ID. ib. Je fus intimement lié avec lui [Joseph Saurin ] dans le temps de sa vie heureuse, c'est-à-dire ignorée, retirée, occupée, frugale, austère, volt. Uél. lilt. Béfut. d'un é<rit anonyme. || Faire une heureuse fin, mourir dans les sentiments d'un bon chrétien. || Oui procure du bonheur, du plaisir. Heureuse destinée. Heureux séjour. Règne heureux. Quand on y lit (dans l'Ëvangile] cet heureux retour du prodigue retrouvé, noss. Mar.-Thér. Dans un temps plus heureux ma juste impatience Vous ferait repentir de votre défiance, RAC. Bril. III, 7. C'est moi.... Qui me suis appliquée à chercher les moyens De lui faciliter tant d'heureux entretiens, m. Bajaz. iv, 4. Je rends grâces au ciel que votre indifférence De mes heureux soupirs m'apprenne l'innocence, id. Andr. iv, t. Je reviendrai bientôt par un heureux baptême, T'arracber aux enfers et te rendre à toi-même, volt. Zaïre, ni, 4. [Ils] Vont d'un esprit moins fier et d'un coBur plus facile Sous votre joug heureux baisser un front docile, jd. ib. i, < . X t'en payer le prix ma fortune épuisée.... m'ôte l'espoir heureux De faire ici pour moi ce que je fais pour eux, id. ib. i, 4. Il 7° Qui est couronné de succès. Heureuse tentative. Nos soins sont souvent heureux sur des âmes criminelles, mass. Carême, Sur la rechute. || Qui se fait, qui a lieu sans accident. Une heureuse navigation. Heureux retour. Des couches heureuses. Il 8' U se dit de quelque accident qui n'a pas de suites fâcheuses, ou même qui en a d'heureuses. Une chute heureuse. Oui sans doute; et jamais plus juste empressement Ni plus heureuse erreur ne surprit un amant, rotr. Btlit. m, t. Oui, je bénis, seigneur, l'heureuse cruauté, rac. Andr. u, 6. || Il se dit quelquefois en ce sens des personnes. Un heureux coupable. Il |le roi] se plaint qu'à ses vœux un autre amour s'oppose; Quel heureux criminel en peut être la cause? hac. Jfi'iAr. n, «. || 9" U se dit des qualités favorables des lieux, des climats. Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous, m. 16. I, 3. La situation de Tyr est heureuse pour le commerce, FÉN. Tél. III. La Nouvelle-Hollande est une terre peut-être plus étendue que toute notre Europe, et située sous un ciel encore plus heureux, bufp. Suppl. à Ihist. nat. OhÀiv. t. xi, p. 373. Il 10° Il se dit des bonnes qualités tant physicjues que morales. U a la mémoire heureuse. Un génie heureux. Comme son heureuse fécondité redoublait tous les jours les sacrés liens de leur amour mutuel, BOSS. Bfine iAnglet. Toutes deux [Anne d'Autriche

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et Marie-Thérèse] d'une si heureuse constitution, qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les posséder un siècle entier, boss. Var.-TM.r. Il y a des tempéraments heureux qui se consolent de tout, HAMiLT. Gramm, 7. J'aurai dénaturé cet heureux naturel, di)i,is, Lear, ii, 4. || D'heureuse mémoire, se dit des princes morts depuis peu et dont la mémoire est en vénération. || 11" Fig. II se dit de ce que l'on compare, dans les choses d'esprit et d'art, au succès de l'heur, de la bonne chance. Repartie heureuse. Heureuse expression. Vers heureux. Rime heureuse. Un tour heureux. Il est un heureux choix de mots harmonieux; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, boil. Art p. i. Devisa d'autant plus heureuse qu'elle est véritable, ménage, ilenagiana, p. 446. Ces mots heureux que l'approbation transmet à la postérité, hamilt. Gramm. i. Il II se dit des personnes dans un sens analogue. J'ai été assez heureux à les inventer [des machines], et à leur donner place dans la tissure de ce poëme , CORN. Andromède , Argument. Prompt à concevoir les matières les plus élevées, heureux à les exprimer quand il les avait une fois conçues, fléch. iamoignon. Grand orateur, surtout vif et heureux à la réplique, anquet. Ligue,i,p. H 5. Il 12° Fig. Oui prévient favorablement. Non je ne croirai pas que mon fils inflexible, Sous des dehors heureux cache un cœur insensible, Ducis, Abufar, II, 7. Ceux dont les physionomies sont du nombre de celles qu'on appelle heureuses parce qu'elles annoncent en caractères ineffables la bienfaisance, BERN. DE ST-P. Ilarm. liv. v, Ilarm. anim. || 13° Substantivement. Celui qui est dans le bonheur. Il se voit de ces idoles [indignes favoris] en pays même de chrétienté; ily a toujours eu d'indignes heureux, balz. De la cour, i' dise. L'homme aime la malignité, mais ce n'est pas contre les malheureux, mais contre les heureux superbes, pasc. Pens. i, ». Voyez un heureux.... lisez.... au travers d'un calme étudié et d'une feinte modestie combien il est content et pénétré de soi-même, la bruy. viii. Le plaisir qu'on doit sentir à faire des heureux, mass. Carême, Aum. Je prévois que ce jour fera bien des heureux, M. J. chën. Fénelon, iv, 4. || Les heureux du monde, les heureux de la terre, et, dans le langage de la chaire, les heureux du siècle, ceux qui sont dans la richesse, dans la puissance. Ils ont été les seuls heureux de la terre, mass. Avent, Bonh. des justes. Aussi, mes frères, il n'est presque que les grands et les heureux du monde qui se plaignent de l'excès de leurs malheurs et de leurs peines, ID. Avent, Afflictions. || Les heureux du jour, les hommes en place, en crédit, en faveur. || Familièrement et par exagération. Faire un heureux, faire des heureux, procurer un avantage, grand ou petit. J'ai acquis vos billets à moins de vingt pour cent, et j'ai fait des heureux, encore, picard, Duhautcours, V, )2. Il Particulièrement. Faire un heureux, se dit d'une femme qui satisfait les vœux d'un amant. Quand d'un cœur amoureux Vous prisiez la conquête. Vous faisiez dix heureux. Et n'étiez pas coquette, bérang. Lisette. || Proverbes. X. l'heureux l'heureux, la fortune vient ordinairement à celui qui est heureux. || Il n'est heureux que celui qui croit l'être. On n'est heureux qu'auiant qu'on le croit être, th. corn. Ariane, i, i. Quand je songe, je suis le plus heureux des hommes. Et, dès que nous croyons être heureux, nous le sommes, collin u'harlEviLLE, Chdt. en Espagne, m, 7.

— REM. Heureux en : heureux en affaires. Heureux dans : lieureux dans ses entreprises. Heureux de : heureux du bonheur d'autrui. Heureux de, avec un infinitif: heureux de vivre. Heureux à: esprit heureux à exprimer ce qu'il conçoit. Heureux que.. .. avec le verbe au subjonctif : je suis heureux que vous acceptiez mon offrande.

— HIST. XIV' s. Qui che biau bacheler aroit en sa baillie, Eûreuse seroit, car de chevalerie Est li plus souverains de ceste mortel vie, Baud. de Seb. viii, «67. Le plus preu de son corps que nulz porroit trover. Et eureui de ce dont se veut entremêler, Guescl. 18318. Il XV* s. Qui en amours veut estre heureux. Faut tenir train de seigneurie, vjll.Nouv. bail. Il XVI" s. Heureuse la mort qui... 1 mont, i, 80. R'amenant presque tous les siens blessez, plusieurs de coups d'espée, lui avec six harquebusades heu reuses desquelles l'une le blessa derrière l'oreille, d'aub. Hist. Il, 2S8.

— ÊTYM. Heur; bourguign. heurou; picard, hureux; Berry, hureux; wallon, ureu. Selon Bèze, au XVI" siècle : « Tout ce qui prononce bien en France prononce hureux. » Et, au xvii" siècle, Chiffiet, Cramm. p. 303, dit qu'on prononce également heu-

reux ou hureux. L'ancienne langue disait plutôt beneûré.

t HKURISTIQCK (eu-ri-sti-k') ou HÉVRISTIQUB (é-vn-sti-k'), s. f. \\ 1" Terme didactique. L'art d'inventer, de faire des découvertes. || 2* Adj. La méthode heuristique.

— BTVM.E<ipi(iTtx:?|Téx''ii, l'art de trouver, deeupeîv, trouver. Heuristique ou hévristique, parce que l'u grec se rend d'ordinaire par e et quelquefois par u.

HEURT (heur. Chiffiet, Gramm. p. 217, dit que le ( se prononce ; aujourd'hui il ne se prononce plus), s. m. Il 1" Coup donné en heurtant contre

quelque chose. La porte Et, s'ouvrant à mon

heurt, je tombai sur le ventre, Régnier, Sat. x. Un heurt survient; adieu le char, la font. Fabl. vu, 1 1 . L'un [rat] se mit sur le dos, prit l'œuf entre ses bras; Puis, malgré quelques heurts et quelques mauvais pas. L'autre le tratna par la queue, id. ib. x, 1. Il Fig. Le heurt que le Génie du christianisme donna aux esprits fit sortir le xix" siècle de l'ornière, et le jeta pour jamais hors de sa voie, CHATEAUBR. dans le Dict. de dochez. || 2° La marque que le coup a laissée. Ce cheval a un heurt au pied de devant. || 3° Terme de maçonnerie. L'endroit le plus élevé d'une rue ou d'un pont de pierre, d'oil l'on commence à donner de la pente des deux côtés, pour l'écoulement des eaux; sens qui se rattache au sens d'éminence qu'a eu heurt dans l'ancienne

langue Qu'il sera fait un heurt dans la rue de

l'Université entre celle de Poitiers et celle de Bellechasse, vis-à-vis la maison du S' Jouvenet, delà hauteur convenable pour écouler les eaux d'un côté dans la rue de Poitiers, et de l'autre dans celle de Bellechasse, par où elles se déchargeront dans la nvihre,Arrêtdueonseild'Êtat,n mai )70i. || En quelques villes, on nomme heurts publics les endroits désignés par l'administration municipale pour aller y décharger les tombereaux de décombres, de gravats, etc.

— HIST. XIV" s. L'exposant bouta ou heurta le dit Jehan une fois ou deux de l'espaule.... et combien queledithurtou bouteure..., do cange, hurfore. Un premier hurt [coup de cloche] de prime, id. t&. Comme renommée puist estre acomparée à la fleur que nous appelions lis, lequel est blanc, tendre et souef flairant, mais de moult petit hurt froissé et tachié, christ, de pisan, Charles V, i, 4. Ainsi voyla desja une des hurles de l'adversité, et ung grant homme mué qui avoit envoyé une si grande et solennelle ambassade, n'y avoit que trois sepmaines, comm. v, 2. Il XVI" s. Ainsi la royne a sceu les grans effectz, Heurz et combatz qui au camp furent làictz, J. marot, v, (42. [Pyrrhon] attendant le heurt des charrettes, mont. II, 234. Si elle [l'amitié] n'est querelleuse, si elle craint le hurt et a ses allures contrainctes, id. iv, 37. Ils s'estoient avancez jusques sur un petit heurt [éminence] qui regardoit la citadelle, ilém. d'Angoulesme, p. (03, dans lacirne. Vous fustes chargez par quatre autres escadrons qui vous ramenèrent plus viste que le pas jusqu'à un petit heurt, sully, llém. t. i, p. 323, dans la- CURNE. Tout a heurt, cotgrave.

— ÊTYM. Voy. heurter; ital. urto.

I HEURTE (heur-f), *. f. Amas pyramidal de matières qui, dans une fosse d'aisances pleine, se trouve sous les poteries.

— ÉTYM. Heurt, dans le sens d'éminence. HEURTÉ, ÉE (heur-té, tée) , part, passé de

heurter. || 1" Qui a reçu un heurt, un choc. [Votre pied sous la table) Dont Trufaldin, heurté de deux coups trop pressants, A puni par deux fois deux chiens très-innocents, mol. Et. iv, 6. Poursuivis, menaçants, l'un par l'autre heurtés, delav. Vépr. sicil. v, 2. Il 2" Fig. Offensé, blessé. Heurté par des paroles si désobligeantes. || Contrarié. Des préjugés heurtés par la philosophie. || 3° Terme de peinture. Dont les teintes ne sont pas fondues, les contours adoucis. Des tons heurtés. Sa touche est lourde, sa manière est pénible et heurtée, mder. Salon de (767, CJEuv. t. xiv, p. 380, dans pougens. Une vapeur particulière [en Italie] répandue dans les lointains arrondit les objets et dissimule ce qu'ils pourraient avoir de dur ou de heurté dan» leurs formes, chateaub. Italie, à M. de Fontanes. Il Fait avec une grande liberté et qui n'est touché que de coups hardis, en parlant soit de la peinture, soit de la sculpture. Composition libre, facile, vigoureuse et dans la manière heurtée, di- DER. Salon de (767, QEut). t. xv, 5î. 11 faut être un graveur de la première force pour graver d'après le genre heurté, id. ib. p. bb. || Par extension. Le pigeon heurté, c'est-à-<lire masqué comme d'uD coup da pinceau noir, bleu, jaune ou rouge,

au-dessus du bec seulement et jusqu'au milieu de la tête, avec la queue de la même couleur et tout le reste du corps blanc, est un pigeon fort recherché des curieux, buff. Ois. t. iv, p. 33'j. Il 4° Terme de littérature. .Style heurté, style dont les pensées ne se suivent pas ou se lient ilifficileraent, dont les expressions font entre elles des contraste» durs, f HEURTEMENT (heur-to-man) , x. m. || 1" Action

de heurter Le vaisseau public recevrait sans

doute une grande secousse sur l'écueil où son pilolo chéri l'aurait laissé toucher; mais ce heurtemeit ne vous découragerait pas ; vous seriez là, messieurs, votre crédit serait intact.... mirabeau. Collection, t. II, p. 171. Il 2° Rencontre de deux voyelles, hiatus. Je fais une grande différence entre le concours des voyelles et le heurlement des voyelles; il y a longtemps que je vous aime : cet il y a est fort doux; il alla à Arles est un heurtemeiil affreux, volt. Leit. d'Alembert, «8 (19 mars (770).

— HIST. XVI" s. Entre les choses temporelles, qi:l sont sujettes à plusieurs heurtemens de fortune, los plus seures sont les plus médiocres, langue, 46».

— ÊTYM. Heurter.

t HEURTEOULV (heur-te-kin), s. m. Saillie que porte un essieu de fer, et contre laquelle vient se heurter le moyeu de la roue. || Nom de deux morceaux de fer battu qui se placent sur l'extrémité da l'essieu d'affût d'une pièce d'artillerie.

HEURTER (heur-té), v. a. || 1° Toucher ou rencontrer rudement. Heurter quelqu'un en passant. Se heurter la tête contre un mur. [Un valet] Heurtant table et tréteaux, verse tout [un plat] sur mei chausses, bégnier, Sat. x. L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé, boil. 5o{. vi. Leur allure [des tapirs] est brusque, et, sans chercher à offenser, ils heurtent rudement tout ce qui se rencontra devant eux, buff. Quadrup. t. x, p. B. Un jour la laboureur dans ces mêmes sillons Où dorment les débris de tant de bataillons. Heurtant avec le soc leur antique dépouille..., delille, Géorg. 1. 1| Fig. Il se dit des choses qui se contrarient. Dont la tcla est si troublée et les idées sont à tel point décousues que dans la même page une assertion sensée »st heurtée par une assertion folle et une assertion folla p.ir une assertion sensée, diderot. Règne de Claude et Néron, u , § 6. || 2" Par extension. Se dit de la rencontre des voyelles. Gardez qu'une voyelle à courir trop hâtée Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée, BOIL. Art p. I. Il 3" Fig. Blesser, offenser, en parlant des personnes qu'on heurte. Et gardez que, heurtant ce cœur inaccessible. Vous ne vous y blessiez pensant le secourir, rotroo, St-Gen. m , 7. Rien ne nous heurte plus rudement que cette doctrine pe péché originel], et cependant, sans ce mystère le plus incompréhensible de tous, nous sommes incompréhensibles à nous-mêmes, pasc. Grandeur et misère, Syst. des phil, B, éd. faugSre. L'abbé Testu était fort difficile à pardonner, et même à ne pas poursuivre quiconque l'avait heurté, st-sim. (60, (06. Il Contrarier, en pailant des choses que l'on heurte. Il ne pourra heurter voire pouvoir suprême, rotroo, Vencesl. in, 7. Heurter de front ses sentiments, c'est le moyen de tout gâter, mol. Avare, i, 8. Cette grande roideur des vertus des vieux âges Heurte trop notre siècle et les communs usages, ID. Mis. i, i. Il eut soin de manier l'esprit, du jeune tyran avec une adresse merveilleuse, évitant de heurter de front ses passions, rollin, Hist. anc. QEi/t). t. v, p. 249, dans pougens. Quand on veut vivre dans un pays, il n'en faut pas heurter les pri^jugés, beaum. Mère coup, i, B. Les gens du peuple ont des formes a.ssez grossières, surtout quand on veut heurter leur manière d'être habituelle, STAËL, Allem. I, 1. Le son du cor, le bniit des armes n'ont rien qui heurte le goiit, chateaub. Génie, 11, II, H. Il 4° Terme de peinture. Peindre rude» ment. Heurter un tableau. On dit qu'un dessinateur heurte son ouvrage, pour exprimer qu'il n'y met pas la dernière main. || B° V.n. Donner un choc, recevoir un choc. Heurter contre une pierre. Qu'il [Jésus-Christ] sera une pierre d'achoppement à laquelle plusieurs heurteront, pasc. Proph. 24, éd. FAUGÊRE. Là, Xénophondans l'air heurte contre un La Serre, BOIL. Lutr. v. [Le vaisseau] Heurte, s'ouvre et se brise entre d'affreux rochers, lemerc. Agamemn. i, (. H Fig. Qui prend soin d'assortir les volontés tellement ensemble qu'elles ne heurtent point les unes contre les autres, bourd. Pensées, t. ii, 484. Il Fig. C'est heurter de la tête contre la muraille, c'est se heurter la tête contre un mur, que de vouloir lui persuader quelque chose, se dit d'un homme très-difficile à persuader. || 6° Particulier»-

HEU

ment. Frapper à la porta. On aheurté deui coup». J'ai lieiirti^ par trois fois. El jo no tremble point quand on heurta i la porta, HioNiP.n, Sat. v. On avait beau heurter, et m'rtter son chapeau, On n'entrait point chez nous s.in3 graisser le marteau, hac. Plaid. 1, ( . Tout estil mort ici', valet, laquais, servante T J'ai beau heurter, crier, aucun ne se pri^sente, be- ONAHD, Légataire, m, a. || Heurter en maître, frap-

{>er à la porte d'unn maison comme si l'on en était e maître. || Fig. Heurter à toutes les portes, employer toute sorte de moyens, solliciter tout le monde. || Fig. 1! a heurté à la porte du parailis, sa dit de quelqu'un qui réchappe d'une grande maladie. Il Fig. Il n'y a qu'à heurter i la porte, se dit d'une personne savante, habile, qu'il n'ost besoin que d'interroger pour en recevoir d'utiles informations. Un si bon sens partout, que je dis plus que jamais qu'il n'y a qu'à heurtera la porte sur tout ce qu'on vaut, il yrépond parfaitement, sÉv. 678. || 7° Sa heurter, ». rifl. Se frapper conuo iiuelque chose. Elle s'est heurtée contre la table. Cejlui qui marche la nuit sa heurte parce qu'il n'a point de lumière, saci. Bible, Év. St-Jean , ch. xi, v. <o. Quand le prince russe et son armée qu'Alexandre appelait vers le nord, poussèrent sur Sida, ils .se heurtrrent contre Davoust et furent forcés de se replier sur eux-mêmes, sÉcun, Hist. de Naj>. jv, 6. Il Fig. Il [JurieuJ marche à tâtons, se heurtant à chaque pas et contre tous les prin ipes de la religion, Boss. 6* arert. )». ||Fig. Dans les arts et la littérature, se heurter se dit de» couleurs, des expression» qui forment une opposition, un contraste trop brusque. |{ 8° Se rencontrer en se choquant l'un l'autre. Assurément la tête de leurs chevaux se heurtera en arrivant! F'aris, chacun de son côté,sÉv. 2ï6. Des bataillons armés dans les airs se heurtaient, deluxe, Géorg. i. \\ 9° Fig. Se contrarier. Ces deux hommes se heurtent en toute occasion. Déjà contre le mien son pouvoir s'est heurté, delav. Porta, i,2.

— REM. Régnier a dit se heurter, pour s'attacher k : Hautain, audacieux, conseiller de soi-même. Et d'un cœur obstiné se heurte à ce qu'il aime, Sat. v. Aujourd'hui se heurter ne s'emploie plus en ce sens; l'on dit s'aheurter.

— HiST. XII* Et se heurtèrent et de cor et de pis [poitrine], Garin le Loh. t. i, p. <67. Trois fois [il] le heurte [pique son cheval] , si fait les saus menus, Ronc. p. 64. Il xm* s. Heurte le bien, si qu'il cancelo, i'artonop. v. 2997. Celle part [ele| eslalée, s'a [si a] à l'huissct hurté, Berle, xlv. X un grant arbre [il] s'est hurtez, Arcre chet tut reversez, Lai del délire. Li Ilots la hurlent et debatent. Et tous jors à li 88 combatent, la Rose, B»49. Ainsi comme nous en allons à pic et à cheval, une grant route de Turs vint hurler à nous, et me portèrent à terre, joinv. 225. Dont il avint ainsi que notre nef hurta à une queue de sablon qui estoit en la mer, lu. -263. Il xiv* s. Kt comme les chiens, quant il oent [entendent) hurlor, il abaient tantost, oiu-sme, Eth. 20B. Lequel Montfaucon,encor pluscorrociez....le bouta tellement, qu'il Il fiât ulter de la teste contre une paroiz; après lequel ultement..., DU GANGE, ultare. ||xv's. Il hurtoit grands coups à l'huis ou aux feneslres de la chambre, FBOiss. II, m, 22. Le bon serviteur, sans effroi ne bruit, vint heurter & la porte, et au heurter qu'il fit on le connut tantost, louis xi,iVout;.xxvn.|| xvi* s. Heurtez, et la porte vous sera ouverte, calv. Inslit.

•«85. De quoy leur profite-il de heurter contre ce roc? m. il). 880. Pour avoir heurté du pied contre le leuil de son huis, hoht. i, 74. Ma maison n'est pas close à personne qui y heurte, lu. m, 8. Qu'il se souvienne qu'd est périlleux de heurter contre la fureur fraiiçoise, laquelle pourtant s'sscoulera soudain, lANOUE, 688. Il le heurta au visage avec son escu si rudement qu'il le feit trébucher, amyot, Cam. 47. Trop tosl heurte à la porte qui maulvayses nouvelles apporie, palsgr. p. 488. Hardiment heurte à la porte qui bonnes nouvelles apporte, cotgbave.

— ÊTYM. Bourguig. urtai; Berry, hurler ; provenç. uriar; ital. uriare; néerlandais, /«urten; angl. to hurl. D'après Diez, les mots germaniciues, faisant défaut dans les vieux dialectes, viennent des mots romans , et non ceux-ci de ceux-là. Dès lors l'élymologie reste ignorée ; Sohejer indique le kimry hxnrdh, bouc et choc, d'oij hyrdttu, frapper, heurter.

t HEURTES (heur-f), t. m. pi. Terme de bla.'on. Se dit des tourieau.i d'azur.

— ETYM. Heurt, dans le sens d'éminence. HEUKTOIR (heur-loir), t. m. || !• Le marteau

d'une porte. Vieux en ce scn.s. On dit marteau. Il %' Anciennement, figure hideuse à laquelle on attachait le marteau d'une porte. J'en fais un heurtoir dt grand'porta, vad*, la Pip» catiéi, p. 30.

HEX

Il s* Pièce mobile qui vient frapper sur une autre. Il 4* Terme d'artillerie. Pièce de bol» qui empêche que les roue» de l'afliit n'endommagent le revêtement de gabions d'une batterie. || Coin de bois pour arrêter le recul, ou pour empêcher la pièce de revenir en batterie après le recul. || 6* Terme de construction. Pièce de fer scellée dan» le seuil d'une porte, pour arrêter les ballants d'une porte cochcre. Il 6* Terme de ponts et chaussées. Face verticale d'une écluse, contre laquelle les portes viennent s'appuyer.

— ÉTYM. Heurter.

t HEDSE (heû-z'), t. f. Terme de marine. Piston d'une pompe; il est en bois etalTectela forme d'une boite cylindrique, percée dans sa hauteur, et garnie d'une soupape qui laisse à l'eau un passage nécessaire lorsqu'elle monte dans le corps de la pompe.

— ETYM. Hollandais, hooien, puiser. Cependant il y a, dans l'ancien français, lieuse qui signifie jartibe, botte, et qui aurait pu donner, par assimilation de forme, la heuse de la marine.

t IIÈVE (hè-v'), s.f. Nom, en Basse Normandie, de rochers creusés en dessous et où les pêcheurs poursuivent les crabes.

t Uf;VÉE (é-vé), s. m. Terme de botanique. Arbre de l'Amérique méridionale qui produit le caoutchouc, hevea guyanensis, auulet, atropha elastica, L., siphonia guianensis , adh. de jdssieu, euphorbiacées (voy. caoutchouc).

— ETYM. llheve, nom donné à cet arbre par les indigènes du Para.

t IIÊVËÈNE (é-vé-è-n'), S. m. Terme de chimie. Matiè) e découverte dans les produits de la distillation du caoutchouc.

— ETYM. Hdvée.

t IIEX.... UEXA.... préfixe qui signifie six, et vient du grec j'S (voy. six).

t UEX ACANTHE (è-gza-kan-t*) , adj. Terme de zoologie. Qui a six épines ou aiguillons. Le diptérodon hexacanthe, poisson. || Embryon bexacantbc, ouproscolex, embryon de certains trématodes et cestoïdes.

— ÉTVM. Hex...., et àxavOa, épine.

t UEXACORDE (è-gza-kor-d'), s. m. \\ i' Terme de musique ancienne. Instrument à six cordes. |{ Adj. Instrument hexacorde. || 2° L'intervalle dit aujourd'hui sixte.

— ÉTYM. Hexa...., et xop8*l, corde.

t HEXACYCLE (è-gza-si-kr),adj.Qui a six roues. Voitures hexacycles.

— ÉTYM. Hexa...., et xiix^oç, cercle, roue.

t HEXADACTVLE (è-gza-da-kti-l') , adj. Terme de zoologie. Qui a six doigts ou six rayons aux nageoires pectorales.

— ETVM. Hexa...., et SixruXoc, doigt.

HEXAËDRE (è-gza-è-dr'), adj. Terme de géométrie. Qui a six faces. Prisme he.xaèdre. || S. m. Corps régulier à six faces, dont chaque face est un carré.

— ETVM. Hexa...., et ëôpa, face.

t UEXAfÎDRIOPE (i-gza-é-dri-k'), adj. Qui se rapport'i à l'hexaèdre.

I HEXAÉMÉRON (è-gza-é-mé-ron) , t. m. Commentaire sur les premiers chapitres de la Genèse et les six premiers jours de la création. L'Hexaéméron de saint Basile.

— ÊTYM. Lat. hexaemeron, du grec iîoiîiiepo;, de éÇ, six, et fi\ié(,a, jour. Ilexamîron, qu'on trouve imprimé, est vicieux d'après l'étymologie, comme diicaméron; mais décaméron est fort employé, et on ne peut y toucher; au lieu que hexamérort, peu employé, peut être corrigé.

t HEXAGONAL, ALE (è-gza-go-nal, na-l'), adj". Qui se rapporte à l'hexagone. Terrain hexagonal. Figure hexagonale. |{ Il se dit d'un solide dont la base est un hexagone. Pyramide hexagonale. Prismes hexagonaux. || Terme de minéralogie. Cristaux hexagonaux, cristaux prismatiques ayant pour base un hexagone. Quelqups autres de ces officiers [dans la retraite de Moscou] remarquaient avec une curieuse attention la cristallisation régulière et hexagonale de cliacune des parcelles de neige qui couvraient leurs vêtements, séguh, llist. de Nap. xi, <o.

HEXAGONE (è-gza-go-n') . || 1° Adj. Terme de géométrie. Qui a six angles et six côtés. || %' S. m. Figure composée de six angles et de six côtés. Il Hexagone régulier, celui dont tous les côtés sont égaux, ainsi que les angles. Les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu'aujourd'hui, et chacune d'elles [abeilles] forme cet hexagone aussi exactement la première fois que la derni're, pasc. Fragment d'un traité du vide. Ces cellules des abeilles, ces hexagones tant vantés, tant admirés, me fournissent une preuve de plus contre l'enthousiasme et l'admiration; cette figure, toute géométrique et toute régulière qu'elle nous

HEX

parait et qu'elle est en eiïet dans la spéculation , n'est ici qu'un résultat mécanique et assez imparfait..., Biiyp. Disc, rur la nal. det anim. || Terme de fortification. Ouvrage composé de six bastions.

— ETYM. Hexa ..,, et fiivo:, angle.

t HEXAGRAUME (è-gza-gra-m'), t. m.\\ 1" Terme didactique. A.ssemblage de six lettres ou caractères. Il i° Terme de mathématique. Heiagramme mystique, nom d'un certain théorème de Pascal : si un hexagramme est inscrit dans une section conique , les points de rencontre des côtés opposés sont en ligne droite.

— ETYM. Hexa...., et yp<xit(i«, lettre dans le premier .sens, ligne dans le deuxième.

t HEXAGYNE (è-gza-ji-n'), adj. Terme de boUnique. Qui a six pistib.

— ETYM. H'xa et yv-rft, femelle, pistil.

t UEXAGYNIE (è-gza-ji-nie), ». f. Terme de botanique. Classe comprenant les plantes qui ont six pisiils.

HEXAMETRE (è-gza-mè-tr'), odji'. Terme de versification grecque et latine. Qui a six pieds. || Dan» un senss[iécJal qui a fait près jue disparaître l'autre, vers hexamètre, vers grec ou latin composé de six pieds, les quatre premiers étant dactyles ou spondées indifféremment, le cinijuicme étant un dactyle, et le sixième un spondée. Kt certainement tous ceux qui ont repris Tacite d'avoir commencé ses annales par un vers hexamètre : Vrbem Bomam a princijiio reges habuere..., valgelas, llem. t. 11, p. "os, d;in» P0UGEN3. Il S. m. Un hexamètre. || Par abus. Hexamètre, vers français qui a six pieds de deux sjllabes chacun, c'est l'alexandrin. Apamis raconta ses malheureux amours En mètres quiVétaient ni trop longs ni trop courts; Dix syllabes par vers mollement arrangées Se suivaient avec art et semblaieiit négligées; Le rhythme en est facile, il est m.llcidieux. L'hexamètre est plus beau, mais parfois ennuyeux, VOLT, les Troii manières.

— EiYM 'EÇâiitTpo:, de é5,six,et (itTpov, mesure, t UEXANDRE (è-gzan-dr) , adj. Terme de botanique. Qui a six étamines.

— ETYM. Hex...., et ïvr.p, àvopè;, mâle, étamino OEXANDRIE (è-gzan drie), s. f. Terme de botanique. Classe du système sexuel de Linné, qui comprend les plantes dont la (leur a six étamines.

tUEXANDUIQUE (è-gzan-dri-k') , ad;. Terme de botanique. Qui appartient à l'hexandrie.

t HEXAPÉTALK ( è-gza-pé-U-1' ) on UEXAPÉ- TALÉ, ÉE (é-gza-pé-ta-lé, lée) , adj. Terme de botanique. Qui a six pétales. Corolle hexapétale.

— ETYM. Hexa...., et pétale.

fUEXAPUVLLE (è-gza-fl-l'), adj. Termedebot»-

nique. Qui a six feuilles ou folioles. Calice heiaphylle.

— ETYM. Hexa...., et çOX)iov, feuille.

UEXAPLES (è-gza-pl'i, *. m. pi. Ouvrage publié

par Origène, contenant, en six colonnes, six versions grecques du texte hébreu de la Bible : la version des Septante, celles d'Aquila, de Théodotion, de Symmaque, une version trouvée à Jéricho et une à Nicopolis.

— ETYM. 'EîanXi, de iiir.yo-Ji, sextuple, de IS, six, et 71)60;, quisignihepUé : quia six plis ou faces.

t HEXAPODE (è-gza-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a six pattes. |{ S. m. Nom d'un groupe d'insectes aptères.

— ETV.M. Hexa...., et noû;, «o?o;, pied.

t UEXAPOLE (è-gza po-1'), s. f. Terme d'histoire. Confédération qui se composait de six Tilles doriennes.

— ETYM. Hexa...., et itoXic, ville.

t HEXAPTÈRE tè-gza-ptè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni de six ailes.

— Etvm. Hexa...., et WTepov, aile.

t UEXAPTOTE (è-gza-pto-t) , adj. Terme do grammaire latine. Nom bexaptote, ou, substantivement, bexaptote, nom qui a six cas ou terminaisons dillerentes au singulier. Les grammairiens latins citent comme bexaptote unuc, unitis, uni, unum, une , une.

— ETYM. Hexa...., et irroirè;, qui tombe, qui so termine, en parlant des noms.

t HEXASRPALE (è-gza-sé-pa-l") , odj. Terme de bot^mique. Qui est formé de six sépales.

— ETYM. Hexa...., et te pale.

t HEXASPERME (è-gza-sp5r-m') , odj. Terme do botanique. Qui renferme six graines. Fruit hexasperme.

— ÊTYM. Hexa...., et (ntipito, graine.

t UEXASTIQIIE (è-gia-sti-k'), adj. Terme de littérature. Qui est composé de six vers. Épigramm» heiastique, et, substantivement, un hex.istique,

— ETYH. Hexa...., et axiyjai, rangée, ver».

HIB

tHEXASTOME (è-gza-sto-m') , ad]. Terme de

roologie. Qui a six bouches ou six orifices.

— RTYM. llexa...., et oToaa, bouche.

t HEXASTYLE (è-gza-sti-1'), adj. Terme d'ar- 'hitecture. Portique hexastyle, portique à six colonnes de face.

— ÊTYM. llexa...., et itOXo;, colonne.

t IIEXASYLLABE (è-gza-sil-la-b') , adj. Terme de grammaire. Qui est composé de sii syllabes. 'ys. m. Mot ou vers de six syllabes.

— ÉTYM. Hexa...., et syllabe.

t HEXODON (è-gzo-don), s. m. Genre de coléoptères de Madagascar.

— ÉTYM. 'EÇ, six, et o5où;, dent.

f m, m, UI, sorte d'interjection qui exprime tantôt le rire, tantôt les pleurs. Hi, hi, hi, comme vous voilà bâti, MOL. Bourg, gent. m, 2. De grâce, monsieur, je vous prie de me laisser rire; hi, bi, hi, ID. ib. III, 2. La C... passa devant la B.... : Ah ! dit

la B voilà une mijaurée qui a eu pour plus de

cent mille écus de nos hardes ; la C... se retourne, et, comme Arlequin : hi, bi, hi, hi, hi, lui fit-elle en lui riant au nez, voilà comme on répond aux folles, SÉV. 129. Il Faire des hi et des ho, témoigner un grand étonnement. || Point de hi, point de ha, point de soufl'rance , d'obstacle. La mienne [santé] est parfaite ; point de main extravagante; point de hi, point de ha, une machine toute réglée, sÉv. 6 déc. <688.

— ETYM. Onomatopée.

I HIANTICONQUE (i-an-ti-kon-k'), adj. Terme de conchyliologie. Se dit des mollusques dont la coquille bivalve est bâillante. || 5. f. pi. Section de l'ordre des conchifcres tubulipalles, comprenant ceux de ces animaux dont la coquille est très-bâillante, du moins à l'une de ses extrémités.

— ÊTYM. Lot. hians, bâillant, et concjia, conque.

HIATUS (i-a-tus'), s. m. || 1° Terme de versification grecque et latine. Rencontre de voyelles. Quand deux voyelles se rencontraient dans un vers, l'une à la fin d'un mot, l'autre au commencement du mot suivant, la première ne comptait pas dans la mesure du vers; c'était la règle chez les Romains, et elle était beaucoup plus étroite que chez les Grecs ; mais, quand les poètes avaient besoin, pour la mesure du vers, de compter cette dernière syllabe, on disait qu'ils faisaient un hiatus. Il 2° Dans la langue française, son produit par la rencontre, sans élision possible, de deux voyelles dont l'une finit un mot, et l'autre commence le mot suivant. 11 y a des hiatus choquants, il y en a d'agréables. Notre poésie même me paraît ridicule sur ce point; on rejette : j'ai vu mon père immolé à mes yeux ; et on admet : j'ai vu ma mère immolée k mes yeux, quoique l'hiatus du second vers soit beaucoup plus ridicule, d'alemb. Lctt. à Volîaire, 4 1 mars 4 770. Ne devrait-on pas dire que c'est une puérilité, et souvent un défaut contraire à la simplicité et à la naïveté du style, que le .soin minutieux d'éviter les hiatus dans la prose comme le pratique l'abbé de la Bletterie? id. ib. Vous serez bien aises de savoir que j'arrivai ici hier (voilà un afi'reux hiatus dont je vous demande pardon) , p. l. COUR. Lett. I, ao5. Il Demi-hiatus, rencontre de deux voyelles dissimulée par une élision; par exemple, la joie éclate en ses yeux. || 3» Fig. Lacune dans un ouvrage. || Endroit d'une pièce de théâtre oii la scène reste vide. || Interruption dans une généalogie. Il 4° Nom donné par les anatomistes à quelques ouvertures.

— RRJI. Dans la Comédie des Académiciens , i, 2, Saint-Évremond fait dire à Godeau, à propos de ses vers: Manqué-je en quelque endroit à garder la césure? Y peut-on remarquer une seule hiature? dans l'édition revue par l'auteur ; la première, celle de )66ii, donne rature au lieu de hiature.

— SYN. HIATUS, BJiii,LEMENT. Hiatus signifie, en latin, bâillement. Dumarsais a donc eu raison de dire que ces deux mots étaient synonymes. La seule dilVérence, c'est qu'aujourd'hui hiatus est plus en usage que bâillement.

— fcTYM. Lat. hiatus, do hiare, être béant, parce que la bouche s'ouvre dans l'hiatus.

t HlliERNACLE (i-bèr-na-kl') , s. m. Terme de botanique. Toute partie servant à envelopper les jeunes pousses et à les garantir du froid.

— Ktïm. Lat. hibcmaculum, construction pour l'hiver , de hibernare (voy. hiverner).

t HIHKKNAL, ALE (i-bèr-nal, na-l') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a heu pendant l'hiver. Le repos hibernal des plantes. || Terme de botauique. Qui fleurit en hiver.

— ÉTYM. Lat. hibernalit (qdicherat, Addenda), dériva de hibernus, qui appartient à l'hiver (voy.

HIB

biveb). Est-ce i hibernal qu'il faut rapporter habernau, nom donné, en Dauphiné, aux porcs nés au mois d'octobre î

t UIBEKNANT, ANTE (i-bèr-nan, nan-t") , adj. Terme de zoologie. Animaux hibernants, animaux qui passent une partie de l'automne et l'hiver dans un état d'engourdissement et de léthargie d'où ils ne sortent qu'à l'entrée du printemps.

— ETYM. Hiberner.

f HIBERNATION (i-bèr-na-sion), s. f. Terme de zoologie. Engourdissement ou sommeil d'hiver de certains animaux.

— ETYM. Hiberner.

f HIBERNER (i-bèr-né), «. n. Terme de zoologie. Être dans un étatd'engourdissement pendant l'hiver.

— ÉTYM. Lat. hibernare, passer l'hiver (voy. hiverner).

f UIBERNIE (i-bèr-nie), t. m. Insecte dont ia chenille est très-nuisible aux arbres fruitiers.

t IIIBISCÉES (i-bi-ssée), s. f. pi. Nom d'une tribu de la famille des malvacées.

t HIBISCUS (i-bi-skus"), i. m. Terme de botanique. Nom scientifique du genre ketmie (malvacées). On y distingue l'hibiscus abelmoschus, L., dit graine de musc ou graine musquée, ambrette et guimauve veloutée; Vhibiscus liliaceus, L., dit cotonnier de Mahot, bois de flot, bois siffleux, bois à fléau, bois liège; Vhibiscus syriacus, L., nommé aussi guimauve royale et althœa, qu'il ne faut pas confondre avec la guimauve officinale (malvacées) appelée également althaea ; cet hibiscus, ketmie des jardins de certains auteurs, porte encore les noms vulgaires de guimauve en arbre, mauve royale et mauve en arbre, legoarant; l'hibiscus mutabilis, L., la fleur éphémère en est blanche le matin, rose à midi, ponceau le soir; enfin Vhibiscus rosa sinensis, L., dit rose de Chine à fleurs rouges.

— ÉTYM. Lat. hibiscum; grec, iSioxoç.

HIBOU (bi-bou), s. m. \\ 1° Dans le langage

commun, oiseau de proie nocturne. L'un [l'aigle] jura foi de roi, l'autre foi de hibou. Qu'ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou, la font. Fabl. V, 4 8. On abattit un pin pour son antiquité, Vieux palais d'un hibou, triste et sombre retraite De l'oiseau qu'Atropos prend pour son interprète, ID. ib. XI, 9. Hier au soir nous vînmes ici gais comme des pinsons; nous y venons aujourd'hui plus tristes que des hiboux, le sage, Bachel. de Salamanque, ch. 78. Autrefois un hibou, formé par la nature Pour fuir l'astre du jour au fond de sa masure , Lassé de sa retraite, eut le projet hardi Do voir comment est fait le soleil à midi, volt. Le père Nicodéme. De tous les hiboux, le grand-duc est le seul que l'on dise faire un nid, et c'est aussi de tous celui qui est le moins oiseau de nuit, puisqu'il voit assez clair en plein jour pour voler et fuir à de grandes distances, Bt;FP. Ois. t. xii, p. 238. La subtilité raisonnée des hiboux qui savent ménager leur provision de souris en leur coupant les pattes pour les empêcher de fuir [allusion à la fable de la Fontaine, XI, », oii cela est dit comme vrai], m. Disc, nat. anim. t. v, p. 384. || Fig. J'ai vu dans ma vie bien des hiboux se croire aigles, volt. Letl. d'Argental, 4 4 janv. 4 760. Vous êtes un aigle enfermé dans une grande cage, un aigle gardé par des hiboux, id. Lett. Miranda, 4 0 août 1767. Ce sont [certains critiques de l'Anti-Machiavel] des hiboux offensés du grand jour; et malheureusement il y a trop de ces hiboux dans le monde, ID. Lelt. au roi de Prusse, 23 (12 oct. 4740), Il II vit seul Comme un hibou, il vit dans la solitude, dans une retraite morose. Il C'est une retraite de hiboux, un nid de hiboux, se dit d'une vieille masure inhabitée. || Fig. C'est un hibou, se dit d'un homme mélancolique et i\u\ fuit la société. Où vas-tu si tard, charmante Marine? Ou vas-tu toi-même à l'heure qu'il est, hibou? bhueys, Muet, II, 3. Je suis hibou, je l'avoue; mais je ne laisse pas que de m'égayer quelquefois dans mon trou, VOLT. Lett. d'Argental, 22 avr. 4 768. |{ On dit aussi en ce sens : Il fait le hibou. || 2° Dans le langage de la zoologie, nom commun des oiseaux de nuit de la famille des strigidés. || En particulier, le genre hibou, otus, qui se distingue par ses aigrettes de plumes; il comprend le hibou commun, otus communis, lesson, ou moyen duc, et le hibou à aigrettes, otus brachyotos, cuvier, ou grande chevêche. Le caractère distinctif de ces deux genres [hibou et chouette], c'est que tous les hiboux ont deux aigrettes de plumes en forme d'oreilles droites de chaque côté de la tête, tandis que les chouettes ont la tête arrondie, sans aigrettes et sans aucunes plumes proéminentes, buff. Ois. t. ii, p. 404. Il 3* On applique encore, non scientifiquement, le

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