PARÉ, XXIII
— ÉTYM. Le primitif est l'ancien hide, qui signifiait frayeur : Moult est li clers en grant freour, Moult a grant hide et grant peour, du cange, hida. Diez conjecture que ce mot vient de l'ancien haut allemand egidt, horreur ; de la sorte Vh serait adventice, ainsi que l's quand elle se rencontre; car l'orthographe hisde et hisdeur se trouve. D'autre» ont pensé que hideux venait du latin hispidosus , hérissé, d'où se serait dégagé un substantif hisde ou hide; cela est possible et conforme aux analogies; ce qui appuie cette opinion, c'est l's qu'on trouve dans un texte du xii' siècle : hisdur.
HIDEUSEMENT (hi-deû-ze-man), adv. D'une manii're hideuse. Elle est hideusement défigurée. Aux crins de ses coursiers hideusement traînée, LEMERC. Frddég. et tir. m, 6.
— HIST. xiii* s. En l'autre nuit après, se l'histoire ne ment, Descendi uns orages de devers ocident, En l'ost aus Sarrasins cheï [tomba] hideusement, Ch. d'Ant. viii, 54». Il XIV* s. Li païsant s'enfuient, n'i font arrestement. Entré sont en la ville, criant hideusement, Baud. de Seb. x, 4 4h. l| xvi* s. Elle hurla fort hideusement, paré, Mnmie et licorne, dédie.
— ÉTYM. Hideuse, et le suffixe ment.
HIDEUX, EUSE (hi-deû, deû-z'), adj. Difforme il
l'excès ; très-désagréable à voir. Une chose hideiis!» à voir. Une femme hideuse. Des hommes hideux sortant de bouges infects. Chaque instant m'est un jour, tout objet m'est hideux, rotr. Herc. mour. m, 4. Sous la figure de la mort qui vous paraît si hideuse, il [Jésus-ChristJ vous apporte sa grâce, soa
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HIË
royaume, la Klicité étemelle, boss. Méd. tur l'Év. Dem. lem. du Sauveur, «a* jour. Sous les pieds clos chevaiu coltn reine foulée.... Et de son corps hidein les membres déchirés, bac. Àthal. i, t. Dieul quel spectre bilieux redouble mon effroi I H. J. chèn. Charles IX, v, ♦. Klle (l'armée du maréclial Victor] regardait avec elTroi défiler ces malbeureui soldats décharnés, le visage terreux et hérissé d'une barbe hideuse, sans armes, sans honte, marchant confusément...., F^ouB, Uist. de Nap. xi, 3. {| Fig. Ce magistrat de hideuse mémoire, boil. Sot. x. Itcgardeia : le crime apeint sur son visage De ses penchants hideux une sinistre image, lemehc. Frédég. et Br. m, a.
— HiST. zui* S. Que si hideuse beste osas onc adeser [approcher], Berte, m. Et la nuis estoit moult et hideuse et oscure, ib. xui. De touailles [toiles] sont entorieillces leur testes [dos bédouins |, qui leur vont par desous le menton, dont Iodes gent et hydeuscs sont à regarder, jomv. 230. || xvi' s. Sur l'autre sont les murs vieux. Hideux de ronces et d'hierre, du Bellay, vu, 20, verto. Regard hâve et hideux, paré, xxiv, *.
— ËTYM. Voy. HIDEUR.
t IIIDROTIQUE {i-dro-ti-k'), adj. Terme do médecine. Oui provoque la sueur.
— ÉTYM 'lîpuTixo;, de iôpwc, sueur, qui répond au sanscrit svid, lat. sudare, suer, et n'a rien de commun avec Oèwp, eau.
IHE (hie), I. f. Billot de bois, qui sert à enfoncer des pavés ou des pilotis, et qui se nomme aussi demoiselle dans le premier de ces deux usages et mouton dans le second.
— HIST. XII' s. X hie fièrent ffraiipent] plus de cent •hevalier. Si que les huis fout des gons arachier, 6'orin le Loh. t. i, p. (35. || xiii» s. Et li prostrés si ovri l'uis. Si entrent enz à uno hie [en masse], Iten. 347». Du .Saint Esporit c'est la hie [force, volonté] Oui froisse, desrompt et esmie [brise] Orgueil et yre où Dieu n'est mie, j. de meung, Tr. 102. Les murs [ils] assaillent par dcfors et à hie, du cange, hiator.
— ËTYM. Hie, instrument, répond au hollandais hei, hie, heijen, hier. L'ancien hie qui signifia force, effort, se rattache au flamand hijghen, respirer fortement; angl. lo hie, se presser; anglo-saxon, hige, zèle. Diez, et probablement avec raison, pense que les doux mots n'en sont qu'un, et que l'instrument a été ainsi nommé de l'efi'ort que le maniemont en exige.
HIËBLË (iè-bl'), *. f. Sureau à tige herbacée, samr Imctu ebulus, L, caprifoliaccos.
— REM. L'Académie fait hièble du féminin; mais, iyèble, d'où elle renvoie à hièble. elle le fait masculin ; il y a à hièble ou à yèble une faute d'impres- .■îion. Le fait est quo hièble est féminin dans Richelot, d.ins Paré et dans le langage des botanistes; et c'est cela qu'il faut suivre. Castel dans son po6ine des plantes, l'a fait masculin : Et l'hièWe touffu domine dans les plaines. 11 y a une faute à partager la diphlhongue t^ en deux syllabes, car elle répond à la syllabe unique eb dans le latin.
— HIST. xiv s. L'en doit quérir les perdris es grans cliaumes et yebles et bruieres, Menagier, m. 2. Il XVI' s. N'adjoustant de rechef des hiobles, après que les premières seront desseichées, pabiî, xxi, 22 L'herbe de hièble, qu'on Languedoc on appelle augue et eue, croit es champs estans en friche, et sa graine est meure en mesme temps que les raisins,