‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 360 sur 388 · O. DE SERRES · texte numérisé non relu

O. DE SERRES

— ÊTYM. Berry, tièble, lioble , jèble, rieube ; provenç. evol; ital. ebbio; du l?,t. ebulum.

tHlEMAL, ALE (i-é-mal, ma-l'), ad;. || 1' Terme de botanique. Oui appartient à l'hiver, qui croît en hiver. Plantes hicmales. || 2" Terme de géographie. Montagnes hiémales, toujours couvertes de neige et de glace.

— REM. L'Académie écrit hyémal, par uny;mais l'orthographe de hyemt est fautive, et on ne met pas d'i/ grec à hiver.

—ETYM. Lat./itfmoîii,de /ii>mj,hiver(voy.cemot).

t I11É.UAT10N (i-é-ma-sion), t. f. Terme didactique. Action de passer l'hiver. || Propriété des plantes qui croissent on hiver.

— ÊTYM. Lat hiemationem, de hiemare, passer l'hiver, de hiems (voy. iiived).

tlIlEMENT (hi-man),t. m. ||1' Action d'enfoncer avec la hio. || 2" Bruit que fait une machine à élever des fardeaux. |{ 8' Terme de construction. Houvement produit dans une construction en charpente par l'elTct d'un effort horizontal.

— HIST. XVI' s. Hiement, oudin, Dict.

— ÉTYM. Hier ).

t <• UIER (hi-é). il i' F. a. Enfoncer avec la hie.,

Hier des pilotis. || 2' V. n. Kaire entendre le bruit appelé hiement.

— HIST. XIII* s. X la tour sont venu; chascuns i fiert et hie. Tant qu« par force en ont la porte peçole, Ch. d'Ant. m, »U.

— ÉTYM. Hie.

t. HIER (i-èr), adv. de Umpi. || 1* Il se dit du jour qui précède immédiatement celui où l'on est. Hier matin. Hier soir. Hier au matin. Hier au soir. Absent d'hier au soir, la kont. l'Eunuque, m, 7. Je l'observais hier et je voyais ses yeux Lancer sur le lieu saint des regards furieux, rac. Athal. i, t. Il Avant-hier, le jour avant celui d'hier. || D'hier en huit, d'hier en quinze, c'est-à-dire dans huit jours, dans quinze jours, à compter d'hier. || 2° 11 se dit d'une époque indéterminée, mais récente. Il n'est que d'hier dans sa place. 11 semble que nous soyons «ortis avant-hier du chaos, et hier de la barbarie, VOLT. Princ. de Babyl. ch. <«. La Saint-Barthélémy me fait autant de peine que si elle était arrivée hier, ID. Lett. d'Argental, 26 mai (767. Le monde est vieux, mais l'histoire est d'hier; celle que nous nommons ancienne et qui est en effet- très-récente, ne remonte guère qu'à quatre ou cinq mille ans, ID. Pyrrhon. hist. ch. 6. Aussi notre amitié ne date pas d'iiicr, collin d'harlsville. Chat, en Espagne, i, 2. Il Fig. et familièrement. Il est né d'hier, il est fait d'hier, il est sans expérience. Je ne suis pas fait d'hier, moi, vadé, Niçoise, se. <4. Voilà ce que me dit mon voisin; mais, moi, tous ces discours me persuadent peu ; je ne suis pas né d'hier, et j'ai mes souvenirs, p. l. coor. Lett. v. || C'était hier, il me semble que c'était hier, se dit d'un temps assez éloigné, mais dont le souvenir est vif et présont. Il me semble que c'était hier, et c'était cependant au commencement de 4 788, la harpe. Prédiction de CoîoJIc. Il On dit dans le même sens : C'est d'hier. Il me semble que c'est d'hier que nous sommes mariés ; il n'y a pas le plus petit changement, en vérité, PICARD, Kanie de briller, ii, n.|| Homme d'hier, un parvenu. || 8* Substantivement. Vous aviez hier tout entier pour tous décider. Hier passé, la trêve était rompue.

— REM. 1. Dans l'ancienne langue hier était monosyllabe, et il continua de l'être pendant une partie du xvii' siècle, et même plus tard. Hier j'étais chez des gens de vertu singulière, mol. Ifti. m, 6. Oui, hier il me fut lu dans une compagnie, id. Femmes sav. 111,6. Pourcelui qui vint hierdeux heures après nous, COLUN d'hahlev. Chdt. enEsp. iv,<». Étymologiquement, hier doit être on effet monosyllabique; car l't n'y est qu'une adjonction fortifianteàune syllabe accentuée, comme dans singulier de singularis, et tan^ d'autres. || 2. Hier reste monosyllabe dansavanthier : Lo bruit court qu'avant-hier on vous assassina, BoiL. ^p. VI, bien que Boileau fasse hier de deux syllabes : Hier, dit-on, do tous on parla chez le roi, t'b.

— HIST. Il' s. Er main [hier matin] sedeit l'empereres sur l'ombre, Ch. de Roi. iiviii. Un [j'] en aveie, cil fut ocis her seir, ib. cxaii. || un' s. Uns miens amis me vint dès er soir acointer, Berte, XI. Par noient à moi la sachasse. Que j'oi l'autrier [l'autre hier] la jambe qasse, Ren. tt». Je puis bien afermer de voir [de vrai) Que je l'essaiai bien or soir [hier soir], ib. («267. Ce n'est mie ne d'ui ne d'ier. Que riches gens ont grant puissance De faire ou aide ou grevance, la Rose, 4030. || xiV s. Tu me cuidas arsoir [hier soir] faire batre, du canoë, ab heri. || xv s. Elle vint au supliant et lui dit : 0 Bertran, je fu asseoir [hier soir] bien batue pour vous et sans cause, id. ib. Et non pourtant n'est mie d'aujourd'huy ne d'hier que la force des envieux ingrats a nui aux bons ; car de ce sont les escriptures toutes plaines, Bnuciq. m, (2. || xvi's. Monseigneur, je vins arsoir [hier soir] en ce lieu de Monfrin, où est la compaignie du roy de Navarre, haro. Lett. 27. M. d'isernay, avant hier je reçus vos lettres du 4 8' de ce mois, auxquelles hier je vous fis responce, ID. ib. 4 60. L'autr'hier le vy aussi sec, aussi pallo. Comme sontceux qu'au sepulchre on devalle, harot, II, 24 2, Je ne l'ay pas seulement veu en face. Sinon l'autre hyer, je le vy sur la place, amyot, Nicias, 7.

— ETYM. Bourguig. hié ; Berry, hi'or; provenç. her, hier, er, ier; anc. catal. yr; espagn. ayer; ital. ier; du lat. heri, pour hesi, comme on le voit dans le dérivé hes-ternus, et dans les langues congénères : grec, x6^;, ix^^î)^^™- gestern; angl. yester-day; sansc. hycu, hier, hyastana, d'hier. Le .sanscrit hyas est pour hi-dyas, le jour d'alors, le jour passé, de hi, et dyas, divas, jour (voy. jour).

t mfiUAClTB (i-é-ra-si-f), s. m. Membre d'une secte chrétienne fondée en Egypte (m' siècle) par un certain Uiérai, qui niait U résurrection des corps, |

Page 1