Vt
— HlST. xvi* S. Ils sentirent ce que leur valoit ce vieil ard, par l'appréhension de sa perte, aux premiers desmesleiuents d'affaires, où il fallut paier de leur suffisance, d'aub. Ilist. i, 332. Après l'embu.;cade de Harmaude,sur le desmeslement de laquelle c« prince.... ip. ib. u, 447. Partant le priez-vous
de remettre le demeslement de l'affaire à un autre ou une autre fois, sullt, Jf^m. t. ii, p. 404, dan»
LACUHNE.
— t.T<M. Démêler.
DÉMÊLER fdé-mê-lé) , v. a. || 1« Paire cesser l'état d'embrouillement. Démêler un écheveau de fil. Il Démêler les cheveux, y passer le peigne pour les remettre en ordre. Et absolument, peigne à démêler. Il Démêler les pieds d'un cheval, les dégager quand ils sont pris dans les' traits. || Fig. Démêler ime fusée, débrouiller une affaire, une intrigue, se tirer d'une difficulté. U faut vivre pour voir démêler toute cette fusée, sÊv. 436. Va, va, c'est une affaire que je saurai bien démêler, sans que tu t'en mettes en peine, mol. D. Juan, l, 3. || Terme de foulon. Tirer l'étoffe de la pile et la remettre à l'eau chav.'a, pour la fouler, après qu'elle est dégraissée. Il 2* Faire cesser l'état de mélange. Le pain de vie qu'il reçoit est un poison, une sentence de mort qu'il s'incorpore avec lui-même, qui devient sa propre substance, de sorte qu'on ne peut plus l'en démêler pour ainsi dire, mass. Car. Communion. Je ne sais quels caractères divins qui démêlent la religion de Jésus-Christ des opinions et dos sectes, id. Panég. St Franc, de P. Il Par extension. Ceux au contraire que la naissance démêle d'avec le peuple, la BRUT. U. Il 8* Ëclaircir. Dans cet embarras où se trouve mon esprit, je ne vous puis pas bien démêler ses sentiments, voit. Lett. 4 63. J'espère démêler cette confusion, conN. Iléracl. IV, 6. Vous avez bien d'autres affaires X démêler que les débats Du lapin et de la belette, la FONT. Fabl. viii, 4. Qui pourra démêler tout cet embarras? BOSS. Jug. 4. Les trois suivantes [propositions] vont démêler cette difficulté, id. Or. 7. Elle ne pouvait démêler ses pensées confuses, fên. Tél. i. C'était un souvenir confus qu'il ne pouvait démêler, m. ib. viii. ...Je démêle mal ce que je puis penser, VOLT. Scythes, m, 4. || 4* Mettre en ordre. Elle démêle ses affaires pour aller s'établir à Paris, sêv. 333. Il 6* Apercevoir, reconnaître une personne, une chose, au milieu de beaucoup d'autres. Vous ne les pouvez démêler des autres demoiselles, sarrazin, dans RiCHELET. Je démêlai mon fils dans le tourbillon, sEv. 660. Vous voulez qu'on sache qu'un homme en place a de l'attention pour vous et qu'il vous démêle dans l'antichambre entre miUe honnêtes gens de qui il détourne les yeux, la brut. ix. || 6* Distinguer, discerner. Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front Que prendre pour sincère un changement si prompt, corn. Rodog. tv, 6. Démêlez la vertu d'avec ses apparences, mol. Tart. v, 4. U sait démêler les volontés de Dieu d'avec les malices des hommes, flëch. i, 47. Nos passions forment des erreurs qu'il n'est pas toujours si facile de démêler de la vérité, mass. Car. Resp. hum. Oui, j'ai cru démêler quelques traits de Cresphonte, volt. Uér. u, 3. Entre des voix confuses et contradictoires qui s'élèvent en même temps, qui démêlera le cri de la vérité du murmure sourd et secret de la calomnie, ou le murmure sourd et secret de la calomnie du cri de la vérité T raynal, Ilist. phil. v, ». Il Deviner, pénétrer. Cependant mon orgueil vous laisse K démêler Quel était l'intérêt qui me faisait parler, corn^ Pomp. i, 3. Je démêle bien ce qu'on aurait envie de dire, siv. Soa. On sent quelque chose sans démêler ce que c'est, boss. Or. 6. Comment démêlera-t-il les pensées des autres T id. Polit. Il perçait dans tous les secrets, démêlait toutes les intrigues, découvrait les entreprises les plus cachées et les plus sourdes machinations, m. le Tellier.T&nt que nous regarderons l'homme par les yeux du corps, sans y démêler par l'intelligence le secret principe de toutes nos actions qui.... id. Duch. d'Orl, Vos yeux démêleront ses secrets sentiments, volt. Zaïre, iv, 6. J'ai démêlé son âme et j'en vois la noirceur, id. Sémiram. ii, 4 Dans ses entretiens j'ai souvent démêlé Que d'une cour ingrate il était exilé, m. Scylhet, l, 4. Je saurai démêler un pareil artifice, id. Orphel. n, 7. Ces lettres étaient conçues en termes si ambigus et si généraux, qu'il était difficile de démêler si le but du roi Auguste était seulement de.... lO. Charles XII, c. On doit avoir assez bonne opinion du plénipotentiaire français qui conduisait la négociation, et du ministre qui la dirigeait, pour penser qu'ib auraient démêlé le piège, raynal. Hitt. phil. x, 43. Sénèque n'avait pas encore démêlé le caractère de son élève, didenoT, Règne de Claude et Néron, u, $ 4.||I1 se dit aussi dos personnes dont on pénètre les sentiments. Marlliorough, qui ne se hâtait jamais défaire ses propositions st qui avait, par une longue habitude, acquis l'art de démêler les hommes, volt.
Charlei III, 1. Je m'ennuie de n'être au fait de rien et de vivre avec des gens que je ne saurais démêler, mohtesq. Lett.peri. 48. ||I1 n'est pas aisé à démêler, se dit de quelqu'un dont il n'est pas aisé de connaître le caractère, les projets. || 7* Terme de chasse. Démêler la voie, trouver la voie du cerf couru, au milieu d'autres cerfs. || 8* Avoir à démêler, être en contestation, en querelle, en débat. J< ne veux rien avoir à démêler avec ceux qui vous appartiennent, VOIT. Lett. 48. Si vous teniez toujours votre bréviaire. Vous n'auriez rien à démêler ici, LA FONT. Ptaut. Nous et nos adversaires n'avons rien à démêler sur cette matière, Boss. Héf\a. Les hommes avoient souvent â démêler avec les sangliers et les lions, pén. Épicure. || »* Se d6mêler, V. réft. Être démêlé. Cet écheveau se démêle facilement. Quand toutes choses sont à ce point désordonnées, confondues, il faut beaucoup de temps pourqu'elles se démêlent, se redressent, pour que chacun des éléments de la société revienne âsa place. ouizoT, Uist. de la civil, en France, 8* leçon. Il N'être plus emmêlé, confondu avec. L'âme, s'étant engagée tout entière dans le corps et dans toutes choses sensibles, ne s'en peut plus démêler; elle ne sait plus ce qu'elle est, BOSs. la Yallière. y Par extension, échapper à une étreinte. S« démêlant avec indignation d'entre ses bras, elle se mit i faire des cris effroyables, appelant le ciel et la terre à son secours, hamilt. Gramm. 40. || Être éclairci. Tout cela se démêlera avant la fin de l'année, SÉV. *t2. Je crois maintenant concevoir les maximes de gouvernement que vous m'avez expliquées; d'abord elles me paraissaient comme un songe , mais peu à peu elles se démêlent dans mon esprit , FÊN. Tél. XXIV. Il Se séparer. On verra cet homme si obscur, si méprisé, se démêler de la foule , mass. Car. Resp. hum. Restes d'Israël , passez à la droite; froment de Jésus-Christ, démêlez-vous de cette paille destinée au feu, in. ib. Pet. nomb. det élus. Un prince pieux se démêle toujours de la foule, id. Pet. car. Triomph. || Se tirer d'une difficulté, s'acquitter d'une charge, d'une commission. Il s'était démêlé si adroitement des embûches de ce traître.... vaugel. Q. C. 320. Je meurs d'envie que vous y soyez, pour voir comment vous vous en pourrez démêler, VOIT. Lett. «8. Et qui fait les rois parmi vousT Voilà un acteurqui s'en démêle parfois, mol. Impr. 4. Parmi mes confrères que je vois se mêler de beaucoup de petits commerces, jn sais tirer adroitement mon épingle du jeu et me démêler prudemment de toutes les galanteries qui sentent tant soit peu l'échelle, 10. l'Av. u, 4. Nous verrons comme il se démêlera des Allemands, sKv. 343. Pour se démêler de cet embarras, boss. Euch. 3. Les clievaui anglais, qui vont vite comme le vent en terrain uni, se démêlent assez mal des mauvais chemins, hamilt. Gramm. 6. Ces difficultés qui ne viennent que de notre part sont celle.': dont nous avons nous-mêmes le plus de peine à nous démêler, fonten. Oracles,
I, 44. Mais à vous parler net, sans que l'esprit fatigue. Près du sexe je sais me démêler d'intrigue, REGNARD, U Joueur, B, i. Il fallait la maturité de César pour se démêler de tant d'intrigues, volt. Réfl. sur les pensées de Pascal, 4».
— IIIST. XIII* s. Sovent en iert [était] mes huis dssés. Et faites maintes tex mesiées, Qu'ainçois qu'els fussent desmelées, Membres i perdoient et vies Par haines et par envies, la Rose, 4 2»»o. || xiv* s. Se tu veuix faire boulie, si desmele ta fleur [de farine] et ton lait et du sel, et puis met boulir, Ménagier,
II, B. Il XV* s. Il s'estoit desmeslé de la guerre qu'il avoit eue contre les seigneurs de son royaulme par largement donner, et encores plus prometioit, comm.
III, 4 2. Il xYi* s. L'ame semble se despendre [par les larmes], se desmesler.... mont, i, 8. Ny les jeusnes, ny la haire ne nous en desmeslent [des passions], ID. I, 376. Le temps desmeslé et corrompt cette première appréhension [regrets douloureux], pour forte qu'elle soit, id. m, 2»». Jeune, je couvrois mes passions enjouées, de prudence; vieil, je desmeslé les tristes, de desbauche [action de s'égayer], m.
IV, 10». Il ne le feit point par courroux, ne pour aucune querelle qu'il eust à desmesler avec luy, ahyot, au. 43. Ayans commencé à combattre environ les neuf heures du malin, à peine se desmeslerent ilzqu'ilestuitjànuittoute noire, in. Martell.M. Comme ceux de Fontenille se relaissoient à la cornette noire, Gisnart ne les desmeslé point [continue la charge] , d'aub. Itist. u, 38. Cela chargea Lanouo si vertement, qu'il trouva bien à propos le capitaine Normand, pource qu'avec peu de perte il desmesU celte retraitte, id. ib. l, 46. Il y eut de la peine à demesler les forests en un* Duict très-obscur* et fort
DÉM
içlaceuse, b'adb. Htst. i, 188. Il fut meslé à sa re- Siaitte par Clermont, et demeslô par le baron de YaiUac, id. t'î). i, 266. Il fallut penser à desmesler la fusée par capitulation , ID. t'b. 307.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et mêler.
f DÉMÊLEUU, EDSE (dé-mê-leur, leû-z"), s. m. et f. Celui , celle qui fait le démêlage. || Ouvrier bnquetier qui corroie la terre.
— F.TYM. Dém^'ler.
DÉMÊLOIR (dé-mê-loir), J. m. Instrument qui sert à démêler. || Peigne agresses dents pour démêler les cheveuï.
— ÉTYM. DéméJer.
DÉMEMBRÉ, ÉE (dé-man-bré, brée), part, passé. Coupé par membres. Une bête démembrée. || Terme de blason. Oiseaux démembrés, oiseaux représentés sans pieds et sans cuisses. Animaux démembrés, animaux dont les membres sont séparés. || Fig. Partagé, séparé. L'empire d'Alexandre démembré, aussitôt aprts sa mort. Une commune démembrée d'un déparlement.
DÉMEMBREMENT (dé-man-bre - man), s. m.
Il 1° Action de démembrer. Le démembrement d'un sanglier tué Ma chasse. || 2' Fig. Partage , séparation. Démembrement d'une province, d'une commune. Plusieurs monarchies se formèrent du démembrement de l'empire romain. Tous les grands d'Kspagne désiraient un prince de France pour succéder au roi leur maître, espérant qu'il main- i tiendrait la monarchie en son entier, sans souffrir [ le moindre démembrement des Etals dont elle était i composée, torcy, ilém. t. i, p. 52. Us se réunirent pour prévenir le démembrement de la monarchie, VOLT. Louis .177, n. Et nos Élats alors, loin d'être partagés, Contie un démembrement fleuriront protégés , LKMSv.c. Charles VI , v, <. || Terme féodal. Démembrement de fief, action de faire plusieurs fiefs d'un seul, d'en séparer les parties qui ne forment plus un même corps de fief. || 3° Portion démembrée. C'est [la Flandre hollandaise] un démembrement des domaines de celte même Autriche dont ils prenaient la défense, volt. Louis XY , 23. Il Terme de droit. Démembrements de la propriété, les droits compris dans le droit de propriété, attribués à un autre que le titulaire de la propriété. L'usufruit, l'usage, les servitudes sont des démembrements de la propriété.
— BIST, xiii* s. Baronie et contez est despartie à filles, et si sanz desmembrement de la baronie, Liv. de just. 2B6. jixvi's. Si l'armée des ennemis void peur, desmembrement, ou autre altération entre
nous, LANGUE, 563.
— ÉTYM. Démembrer; provenç. dismenbramen ; calai, des m embrament ; espagn. desmembramiento ; ital. smembramento.
DÉMEMBRER (dé-man-bré), «. o. || 1° Découper un corps par membres. On écorche, on taille, on démembre Messire loup; le monarque en soupa, Et de sa peau s'enveloppa, la font. Fabl. viii, 3. Êcorcher, démembrer un pauvre animal sans défense, j. j. Rouss. Ém. II. Il Par exagération et familièrement, tirer quelqu'un avec violence. L'une le tire d'un côlé, l'autre de l'autre; on le démembre peut-être à l'heure que je vous parle : est-ce que vous souffrirez cela? dancourt, Fot're de Besons, se. 6, Ahl monsieur, touchez là.... — Cet homme assurément prétend me démembrer, UECNARD, Légat, m, 2. Il Fig. Condillac ne fait que démembrer Locke, et il s'égare toutes les fois qu'il marche sans lui , cinTF.AUB. Génie, m, n, S. || 2° Diviser les parties d'un tout; détacher quelque partie de ce qui formait un corps. Démembrer un Etat. Démembrer un ministère. Rome voit par leurs mains [de César et de Pompée] démembrer sa puissance, brébeuf, Pbarsale, I. [Il François I"] chargea l'agent de l'empereur de mander à son maître la résolution où il était de passer plutôt toute sa vie en prison que de rien démembrer de ses États, hollin, Traité des Et. liv. V, <" part. § 7. Je parlerai pour démembrer les évêchés trop étendus, parce qu'on m'a dit que ce serait un grand bien, maintenon, Lelt. au card. de Noaillet, 27 janv. <699. Il sentait ses forces s'affaiblir, et craignait (|u'après lui cet empire français, ce grand trophée de tant de travaux et de victoires, ne fût démembré, ségur, Hist. de Napol. II, 3. Il Terme féodal. Démembrer un fief, en faire le démembrement. || 3° Se démembrer, i;. réfl. Etre démembré, être divisé. L'empire de Charlemagne se démembra sous ses faibles successeurs. Le sort des petits Etats est de s'étendre; celui des grands de se démembrer, raynal, Hist. phil. xui, 1.
— HIST. XI* s. Oui lui veïst Sarazins desmgmbrer, Ch. de Roi. axLY. || xii* s. Par jugement sera tout
DEM
desmenbrez, Ronc. p. 46. X la justice puis les cumande à livrer, X pendre u à ardeir u vifs à desmembrer. Th. le mart. 27, Por le mostier ardoir et démembrer, Garin le Loherain, t. i, p. 42. || xiii* s. Cis [Néron] ot le cuer plus dur que pierre. Quant il fist occire son frère, Et si fist démembrer sa mère, la Hose, •24s. Les homes qui tienent fié dou chief seignor, pevent toz leur fiés vendre par l'assise, et partie de leur fiés doner et desmembrer por partie dou .service, Ass. de J. i, 248. || xv* s. Et si je le fesoie, vous m'en devriez blasmer, non pas blasmer seulement, mais mon corps justicier et desmembrer, FROiss. 1, I, 466. Ilxvi's. U ne faut point se desmembrer de la société civile, et faire un estable et vie à part pour mieux vaquer [à la contelnplation] , LANOUE, 642. Ces pierres, venans à donner dedans celle machine, en froissèrent toute la base, et desmembrerent et despecerent la liaison des galères qui la soustenoient, amyot, Marcell. 24. Le sénat ne tint compte de faire informer à rencontre de ceulx qui avoient desmembré le pauvre Cinna, id. lirutxis, 28. Il le feit desmembrer avec deux arbres haults et droits qu'il feit courber l'un devers l'autre, id. Alex. 76. Â quoi faire desmembrons-nous en divorce un bastiment tissu d'une si joincle et fraternelle correspondance? au rebours, renouons- le par mutuels offices : que l'e.sprit esveille et vivifie la pesanteur du corps, le corps arreste la légèreté de l'esprit et la fixe, MONT. III, 13. Nul ne prend son esbat à venir des bestes s'entrejouer et caresser, et nul ne fault de le prendre à les veoir s'entredescbirer et desmembrer, ID. u, 4 32. Fabius qui aima mieulx laisser desmembrer son auctorité que.... id. m, 20. Les filles riches et héritières sont mariées avec les riches, d'où sont desmembréeset aneantiesaucunes maisons, et les autres relevées et enrichies, charron, Sagesse, 1, 64.
— ÉTYM. Provenç. et espagu. desmembrar; ital. dismembrare; du latin demembrare, formé de de, et membrum, membre.
DÉMÉNAGÉ, ÉE (dé-mé-na-jé, jée), part, passé. Des meubles déménagés à la hâte.
DÉMÉNAGEMENT (dé-mé-na-je-man) ,s. m. Action de déménager. H Transport de meubles d'un logis à un autre. Mon déménagement m'a beaucoup fatigué.
— ÉTYM. Déménager.
DÉMÉNAGER (dé-mé-na-jé. Le g prend un e, quand il est suivi d'un a ou d'un o: déménageons, je déménageais), v. a.\\ 1° Retirer des meubles d'une maison pour les transporter dans une autre ou même pour les mettre sur le pavé de la rue. U a déménagé ses meubles pendant la nuit. Des huissiers déménagent la maison de M. Jeannot, volt. Jeannot et Colin. Il 2° Y. n. Nous avons déménagé hier. Je vous écrirai soigneusement; je déménage présentement; ma petite maison est bien jolie, sBv. 4 36. || 3" Familièrement, sortir du lieu où l'on est. Or sus qu'on se retire et qu'on déménage au plus vite. Quoi I tu continueras à me faire enrager? Aujourd'hui d'avec moi songe à déménager, hauteroche, Crisp. mu*, i, 4 4 . 1 1 Fig. Sa raison , sa tète déménage , sa raison s'affaiblit.ses idées se troublent.|| Populairement.mourir.
— REM. Déménager, verbe neutre, se conjugue avec ODoir quand on veut exprimer l'action : j'ai déménagé hier; avec être quand on veut exprimer l'état : je suis déménagé depuis hier.
— HIST. XIII' s. Mi gage sont tuit engagiô, Et de chiez moi desmanagié, ruteb. 4 7.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, elménage.
f DÉMÉNAGEUR (dé-mé-na-jeur) , s. m. Ouvrier qui aide aux déménagements ou qui les fait. || Il se dit aussi au féminin, au moins familièrement. Ainsi l'on dirait à de petites filles : laissez cela; voilà de jolies déménageusesl
— ETYM. Déménager.
DÉMENCE (dé-man-s'), t. f. || 1° Folie. On dit que ce Mahmoud [prince persan] tomba ensuite en démence, VOLT. Russie, II, 46. [s'ils] N'avaient eu pour monarque un mortel en démence, lemf,rc. Charlet VI, I, 4. Une passion sans intervalles est démence ; et l'état de démence est pour l'âme un état de mort, buff. Nature des anim. || Terme de médecine. Perte de l'intelligence, avec perversion plus ou moins complète, qui, succédant quelquefois à la manie ou à la monomanie, est presque toujours incurable, ou qui, débutant d'emblée, est susceptible de guérison. {| 2° Conduite, action dépourvue de raison. Êtes-vous en démence? Ce monarque en démence insultait aux Danois, nucis, Hamlet, iv, 6.
— SYN. DÉMENCE, IDIOTIE. Dans le langage médical, la démence diffère de l'idiotie en ce qu'elle est toujours accidentelle, au lieu que l'idiotie est congénitale. L'individu en démence a perdu ses fa-
I cultes intellectuelles; l'idiot n'en a jamais joui.
DEM
— ÉTYM. Lat. dementia, de démens, fou (voy.
dément).
DÉMENER (SE) (dé-me-né. La syllabe me prend l'accent grave, quand elle est suivie d'une syllabe muette : je me démène, je me démènerai), v. réfl. Il 1° S'agiter violemment. Un lutteur.... Qui, se tordant les bras, tout en soi se démène , Régnier, Sot. I. Toute la nuit tu cours, tu te démènes, la font. Berc. En se démenant d'une manière si peu di.s-< crèle, HAMILT. Gramm. 40. S'agite, se démène et s'use le cerveau, boil. Éptl. xi. Rustan suait, se démenait, se désespérait, volt. Blanc et noir. Tandis que le moine se démène pour se débarrasser du chien, dioerot. Salon de 4765, Œuvres, t. xiii, p. 484, dans pougens. || 2° Fig. S'émouvoir, s'irriter. Se démener contre les vices du siècle. Elle a raison: démenez-vous donc un peu, parlez-lui, DANCOURT, Vend. SurèTies, so. 40.
— HIST. XI* s. Par toutes terres [il] a son cors demenet, Ch. de Roi. xxxix. Plurent et crient, demeinent grant dolur, ib. cxc. || xii* s. Grant bruit démènent li baron chevalier, flonc. p. 82. Li emperere va tel duel [deuil] démenant, ib. p. 4 54. N'aiez pas freor [frayeur]; Que tresqu'à jor [car jusqu'au jour] [vous] Poez démener joie, Bomancero, p. 88. Quant les voit l'empereres, moult grant joie [il] en demaine, Sax. xxx. Cel qui mesfait, deit l'um à sun prélat livrer; Par tel lei cum il vit, le deit l'um démener. Th. ie mort. 30. || xiii*s. Ha I comme il s'estoient loiaument démené [comportés] jusque à celui jourl villeii. cviii. Il avoit tous jors en porpens De démener [faire] les grans despens, Et el [richesse] les pooit bien sofTrir, Et tous ses despens maintenir, la Rose, 14 28. Et aussi, en le [la] cort laie, sont li apel de degré en degré, du souget as seigneurs et des segneurs en segneurs dusques au roy en cas qui ne sont pas démené par gage de bataille , BEAUM. 60. Et celi qui ainsi se demeinne [se conduit], doit l'en appeler preudomme, pource que ceste proesselui vient du don Dieu, joinv. 27 5. || xv* s. Il [le cheval] s'escueillit et se démena tant qu'il fut maistre du seigneur qui le chevauchoit, et l'emporta.... FROiss. I, I, 94. Je n'ai que faire de démener cette matière trop longuement, id. i, i, 404. [Le roi Anglois regarda que] tant qu'il avoit guerroyé par les Allemands et les Flamands, il n'avoit rien fait fors que frayé et dépendu grandement et grassement ; et l'avoient mené et démené les seigneurs de l'Empire, qui avoient pris son or et son argent, ainsi qu'ils avoient voulu, m. i, i, 452. Si fut touteffois tant démenée ceste matière que après plusieurs années elle fut conclue, comm. i, 6. Doublant [craignant] qu'il ne dist de luy ce qu'il sçavoit touchant le démené dudit conte [ses offres de trahison], iD. V, 6. Il lui en conta largement et bien au long tout le démené, louis xi, Nouv. xxxin.fj xvi* s. Que ce fol monde hault et bas se demaine. Et qu'à son vueil il se tourne et tempeste, mahot, i, 306. ....Ains tellement ennuy le pourmenoit, Que sans repos piteux cris demenoit, id. i, 309. Au bon vieux temps un train d'amour regnoit. Qui sans grand art et dons se demenoit, id. ii, 424. Il appelle le roy d'Assyrie verge de sa fureur, et la hache qu'il demeine en sa main, calv. Instit. 4 64. Voyez démener et agiter Platon : chascun le couche du costé qu'il le veult, mont, ii, .3B4. Venant mesler son advis à certain legier propos qui se demenoit tout laschement en sa table, id. iv, b4. Adonc luy, et ceulx qui estoient en sa compaignie , demenans grand bruit, tirèrent en diligence vers la ville, amyot. Thés. 26. Ilz le retrouvèrent à la fin, à grand peine, soubz des monceaux d'autres armes et de corps morts, dont ilz démenèrent grande joie, id. P. jEm. 35. Après avoir fait semblant de combattre, en démenant leurs espées parmy l'air vague, id. Lucull. 70. Ne renforcer pas sa passion, comme une maladie, à force de crier hault, et de se démener, el tourmenter, id. Comm. refréner la colère, 8.
— ÉTYSI. Dé.... préfixe, et mener; provenç. demenar; ital. dimenare. Démener était, dans l'ancien français, un verbe complet qui se conjuguait à l'actif et au passif; aujourd'hui il est réduit à la forme réfléchie.
t DÉMENT, ENTE (dé-man, man-t'), adj. "rerme de médecine. Qui est atteint de démence ; qui concerne cette afl'ection. || Substantivement. Un dément.
— ÉTYM. Lat. démens, de la préposition de, hors, et me»s,esprit:horsde son esprit, qui a perdu l'esprit. L'ancien français avait le verbe dementer, du latin dementare, ôter l'esprit ;sc(temen(er, perdre l'esprit; très-bons mots qu'il est dommage qu'on ait perdus.
4. DÉMENTI, lE (dé-man-ti, lie), part, passé de démentir. Qui reçoit un démenti, eu parlant de»
DÉM
personnes. Démenti en face sur ce qu'il venait de dire. || En parlant d«s choses, dont on conteste la vérité. Un acte démenti. Celàllet démenti pour n'avoir point de seing— Pourquoi le démentir, puisqu'il •et de mamainÎMOL. C. Gare, ii, 5. || Kig. Qui ne s'accomplit pas, qui ne reçoit pas d'effet, en parlant des choses. J'ai vu tous mes projets tant de fois d^ mentis, bac. Bérén. v, ». Trop parfaite union par le sort démentie, id. Kilhr. ii, t. Et voit-on ses discours démentis par la suiteTiD. ib. iv, t. Et ma bouche, abjurant les dieux de ma patrie, Par mon âme en secret ne fut pas démentie, volt. Àlx. v, s. Ordonne à mon courroux, à mes sens interdits Ces dédains affectés tant de fois démentis, lo. Zaïre, ]v, 3. Une chimère démentie par la raison et l'expérience, RATNAL, llitt.phil. V, ib.
2. DÉ.MENTI (dé-man-ti) , ». m. || !• Paroles par lesquelles on dément ce qu'un autre a avancé. Donner, recevoir un démenti. J'en recevrai peut-être un honteux démenti, corn. Àgisil. m, 4. Il y eut dans ce repas une jolie querelle sur un rien; un démenti se fit entendre, srv. Lett. la juin 4S7t. Il donne le démenti à sou maître, bors. Pierre, t. L'accusateur [devant la justice féodale] commençait par déclarer devant le juge qu'un tel avait commis une telle action; et celui-ci répondait qu'il en avait menti; sur cela, le juge ordonnait le duel; la maxime s'établit que, lorsqu'on avait reçu un démenti, il fallait se battre, montesq. £ip. xxviii, ao. || Par extension. Donner le démenti, contredire des assertions. Donner le démenti aux impostures du poSte, hahilt. Gramm. ». Il se propose des observations d'histoire naturelle qui pourraient bien donner le démenti à Muïse, d'alehbert, Lett. au roi de Prutte, 30 juin 4784. Il 2* Il sa dit aussi des choses. Ces faits donnent un démenti à votre assertion. || 3° Familièrement. En avoir le démenti, éprouver le désagrément de ne pas réussir en une chose. Nous en pou rrons tous deux avoir le démenti, corn. Pulch. u, s. J'y suis trop engagé pour en avoir le démenti, mol. Sicil. &. Se mettre en état de n'en avoir point le démenti, HAMiLT. Gramm. 3. Le marquis vient, il faut m'assurer un parti Et, je n'en prétends pas avoir le démenti, regnahd, U Joueur, iv, 5. Les choses étaient trop avancées pour qu'on voulût en avoir le démenti, j. J. rouss. Conf. il. || Proverbe. Un démenti vaut un soufflet, c'est-à-dire un démenti est un outrage assez grave pour que celui qui le donne s'expose i recevoir un soufflet. Un démenti mérite un soufllet; nous savons tes ruses, badterocbe, Cocher, se. 19.
— msT. XVI* s. Un homme qui se venge de son ennemi et le tue pour un démentir en est estimé plus gentil compagnon, haro. Nouv. xliii. Celles là condamnent un démenti souffert, celles icy un démenti revenché, mont, i, <<». Quant aux divers usages de nos desmentirs, et les loix de nostre honneur en cela, id. iii, 7». Les injures légères ne se repousseront avecques la démentie, d'autant que ceste parole est maintenant trop odieuse, ains avecques une négation plus douce, à laquelle on ne pourra respondre avecques la démentie, langue, 268. X ceste heure une parole de néant, ou dite en jeu, attirera un démentir, id. 247. Le pauvre diable s'en alla sans un liard et avec le desmenti, d'aub. Fœn. III, 8. Luy disant, qu'il allast vomir ses desmenteries ailleurs, carl. iz, <2.
— ÊTYM. Démenti i .
DÉMENTIR (dé-man-tir) , je démens, tu démens, il dément, nous démentons, vous démentez, ils démentent; je démentais; je démentis; je démentirai; je démentirais; démens, qu'il démente, démentons, démentez, qu'ils démentent; que je démente, que nous démentions; que je démentisse; démentant; démenti, e. o. || !• Dire à quelqu'un ou de quelqu'un, qu'il n'a pas dit vrai. Xquoi bon se montrer et, comme un étourdi. Me venir démentir de tout ce que je di? mol. l'Élour. I, 6. Mon coeur ne prétend pas, seigneur, vous démentir; Et je vous en croirai sur un simple soupir, hac. Bérén. u, 4. Vous le craignez; osez l'accuser la première Du crime dont il peut vous charger aujourd'hui; Oui vous démentira? tout parle contre lui, ID. Phèd. m, 3. Josèpbe voulut joindre à ses .^nli'qutl^i l'histoire de sa vie, durant qu'il y avait encore plusieurs personnes qui pouvaient la démentir, s'il s'éloignait de la vérité , ROLLiN , Hist. anc. t. xii, liv. xxv, ch. i, art. I , $ 2. Sans cesse à l'excuser mon coeur ingénieux Trouvait quelque plaisir à démentir les dieux, Ducis, Hamlet, ii, &. || Ne pas croire, ne pas ajouter foi. Lequel croire, Ëxupére, et lequel démentirTcoRN. //eroi-i. IV, 4. || Protester contre U Gonduito do quelqu'un. Il courut démentir unemér*
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infidèle, «ac. Mithr. Il, 3. || Par extension, être U preuve que la vérité n'a pas été dite. Son livre en paraissant dément tous les flatteurs, boil. Sat. ix. Il 2* Nier la vérité, l'exactitude de quelque chose. Démentir un acte, patru. Plaidoyer 4, dans riche- LET. Eût-elle démenti ce billet de MauriceT corh. Héracl. iv, t. Vous ne pouvez démentir l'Ecriture sainte ni les conciles, pasc. Prov. &. Démentez donc, seigneur, ce bruit injurieux, rac. Alex, u, 4. Tiens, perfide, regarde, et démens cet écrit, iD. Baj. v, 4. Et bientét, démentant le faux bruit de sa mort, Mithridate lui-même arrive dans le port, ID. Jftthr. l, 4. Il Démentir sa promesse, ne pas la tenir. Il Kig. Si tu démens tes yeux, croiras-tu mon suffrage? CORN. Perthar. m, 4. || 8' N'être pas conforme à, ne pas confirmer. C'est une chose que l'expérience dément tous les jours. Ta mine ne dément point le lieu [la race] d'où j'apprends que tu es sorti, VAUGEL. Q. C. liv. IV, dans bichelit. Beaucoup d'événements ont démenti leurs causes, rotb. Anlig. l, 2. Et ne voyais-tu pas dans mes emportements Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments? rac. Androm. v, 3. Votre intention dément vos paroles , Boss. Char. frat. t. L'événement n'a point démenti mon attente, rac. Uithr. V, 4. Ses sentiments ne démentaient pas ses œuvres publiques, Mass. Or. (un. Uadame. Son caractère ne démentait point sa physionomie, j. }. Rooss. Confess. m. Ce qui se passait au Louvre ne démentait pas les fureurs de la ville, anquet. Ligue, u, p. 43. || 4* Faire des choses indignes de. Tu m'as fait démentir l'honneur de ma naissance, corn. Cinna, iv, 6. Et je démens pour vous la voix de la nature, id. D. San. v, 6. Je ne puis démentir cette horreur magnanime Qu'en recevant le jour je conçus pour le crime, id. Tite et Bérén. II, I. Incapable de démentir les maximes de ses premiers rois, boss. llisl. m, 3. Au lieu de dire comme on dit communément : cet homme dément sa foi, je dirais presque : cet homme n'a plus absolument de foi, BOURD. 3« dim. après l'Épiph. Dominie. Il dément ses exploits et les rend superflus, rac. Androm. m, 8. Vous voulez que le roi s'abaisse et s'humilie? Qu'il démente en un jour tout le cours sa vie? id. Uithr. m, 4. || Par antiphrase, en parlant des choses mauvaises, odieuses. Oui vous êtes du sang d'Atrée et de Thyesle; Vous ne démentez pas une race funeste, rac. Iphig. iv, 4. Je n'ai point de son sang démenti l'origine, m. Phèd. iv, 2. Il 6* Être rebelle à. Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir De ces yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir, rac. Brit. ii, 2. || 6° Se démentir, v. rt/I. Se donner un démenti, en parlant de deux personnes. Ils se sont démentis l'un l'autre. || 7* Se démentir, se contredire. Il se dément lui-même à tout propos. Il Manquer à sa promesse. Vous nous avez promis votre appui ; n'allez pas vous démentir. il Être démenti. Ce qu'il dit se dément soi-même, BOSS. Préf. Il 8' N'être pas conséquent avec soimême, s'écarter de son caractère; être en contradiction avec ses principes. [U] Fit ferme longtemps et puis se démentit, ïristan, M. de Chrispe, i, 3. Tu te démens bientôt de tes bons sentiments, MOL. Sgan. 23. Notre personnage ne se dément point, SÉV. 328. Non, tu ne te démens point, dit monsieur le prince, en l'ayant encore embrassé, hamilt. Gramm. 6. Titus n'a point pour moi paru se démentir, RAC. Ilérén. I, 3. Et je sens qu'à l'instant, prompte à me démentir. Je fais des vœux secrets \ pour n'en jamais sortir, volt. Zaire, v, 3. || il se dit des choses qui cessent d'être ce qu'elles étaient. Ses bontés pour moi ne se sont jamais démenties. Les caractères des personnages d'Homère ne se démentent jamais. X considérer cette courtoisie si exacte et qui ne s'est jamais démentie, voit. Lett. 3. Que jusque-là ma gloire ose se démentir! corn. Poly. m, 6. Sa vertu jusqu'au bout ne s'est point démentie, id. Héracl. m, 3. L'innocence qui ne s'est jamais démentie, boss. 4, Kativ. 4. Tout se soutient dans cet homme, rien encore ne se dément dans cette grandeur qu'il a acquise, dont il ne doit rien, qu'il a payée, la bruy. vi. Une foi qui se dément dans les œuvres, mass. Av. Disp. Cette fierté qu'en nous soutient U modestie. Dans mon cœur à ce point ne s'est point démentie, volt. Zaire, l, (. Hais je connais le sort, il peut se démentir, ID. Mérope, i, 4. || 9* Terme de manège. Se démentir, se relâcher, changer, en parlant du cheval. Il 10* Terme de construction. Ne pas garder sa solidité, son arrangement. Ce bâtiment commence à se démentir. Cette cloison se dément. || Fig. par extension. Je me les représente tous ces globes qui sont en marche; ils as s'embarrassent poiuU'un l'autre,
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ils ne se choquent point, ib ne se dérangent point : si le plus petit d'eux venait à se démentir et à rencontrer la terre, que deviendrait la terre? LA
BBI.T. XVI.
— HIST. XI* S. Deus me confonde, se la geste [rieit] [j'J en dément, Ch. de Ilol. lxi. [Rien n'empêchera] Au brant d'acier que je ne l'en desmente, ib. ccLxxvi. S'or a [s'il a maintenant] parent [qui] m'en veuille desmentir, ib. cclxxix. || xn* s. Eserement en fist, ne s'en puet démentir. Th. U mart. 40. Il XIII* s. Mais la tour estoit si bonne qu'onques ne se démenti, Chron. d* Raini, 4 84. Hogel, trop estes alentiz ; Par vos ai sovent desmentiz Toz les vilains qui me disoient.... lien. 46380. Kt se celui que l'on appelle ensi s'en viaut [veut] aerdre à celui qui l'a apelé de son cors contre le sien, il le deit maintenant desmentir, et offrir sei k défendre de son cors contre le sien, Ast. de Jér. i, < 6S 11 me dit que je me gardasse que je me desmentisse, ne ne desdeisse nuUui de ce que il diroit devant moi, joinv. 4*4. Il ZT* s. Et se montepliercnt les paroles entre eux deux, tant que ils se desmentirent, fboiss. u, h, 224. ||xvi* s. Celuy est fol qui d'aymer se démente, Et n'ay pas peur qu'un saige m'en desmente, j. ha- ROi, V, 208. Le roy en fut fort courroucé, comme se sentant desmenty, amyot, Artax. 4t. Nature ne se desment pas en cela de sa générale police, mont. i, <U6. Qu'on face, dict Horace, perdre k son ouvrage toutes ses coustures et mesures, il ne se desmentira point pour cela, id. i, 90. Nous sommes advertis que le massif se desment quand nous voyons fendiller i'enduict et la crouste de nos parois, id. i, 338. Amyot ne luy a rien preste qui le desmente ou qui le desdie, id. ii, 44. U n'est pièce du monde qui desmente son facteur, m. ii, 4 48. De la teste nous advouons , desadvouons , desmentons , bienveignons.... ID. II, 469. Pour peu que nostre raison sa desmente du sentier ordinaire, id. ii, 268. On les veoit le desmentir et l'injurier, id. m, 7». Il fut ouy un horrible tonnerre avec un esclat bruyant, tout ainsi que les grosses artilleries, dont plusieurs maisons se desmentirent, paré, Monstres, app. 5.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et mentt'r; provenç. et espagn. desmentir; ital. smentire. Du sens propre, démentir, dans la langue ancienne et dans des significations techniques, a pa.ssé à l'acception de choses qui, ne gardant pas leur soUdité, se démentent pour ainsi dire.
t DÉMERGEMENT (dé mèr-jeman), s. m. Terme de marine. Diminution dans le tirant d'eau.
— ÊTYM. Démerger.
t DÉ.MERGER (dé-mèr-jé. Le g prend un « devant a et 0), V. n. Terme de marine. Eprouver un démergement.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et le verbe latin mergere, plonger.
DÉMÉRITE (dé-mé-ri-f) , s. m. Ce qui fait qu'on perd de son mérite; ce qui attire l'improbation. Ne l'avoir pas [l'ordre du St-Esprit] , c'est un démérite à un duc et pair, sEv. 694. Enfin M. Guy Patin ne se donne pas pour dévot, et un air de d^ votiOD, qui n'était pas un démérite à ses yeux, devait être bien sincère et même bien aimable, konten. Dodart. Les Perses croyaient qu'il était raisonnable de mettre dans la balance de la justice le bien comme le mal, les mérites du coupable aussi bien que ses démérites, et qu'il n'était pas juste qu'un seul crime effaçit le souvenir de toutes les bonnes actions qu'un homme aurait faites pendant sa vie, rollin, IJitt. anc. Œuvres, t. ii. p. 3«( , dans podgens. Je sais di-scerner l'innocent du criminel, et égaler la peine au démérite, le p. catroh, Hist. rom. dans desfontaines. (I Terme de dogmatique et de philosophie. Le mérite et le démérite, au point de vue des récompenses et des peines d'une autre vie.
— HIST. XIV* s. Le pape déposa le roi de France, non pas seulement pour ses démérites ou iniquités, mais aussi pour ce qu'il n'estoit pas digne de gouverner royaume, et institua en son heu Pépin, Songt du Vergier, dans le Dict. de docuez. || xv* s. Au dessus y a deux testes, des deux meurtriers qui furent lUeo mis à mort pour leurs démérites, Perceforest, t. VI, f* 2, dans lacurne. || xvi* s. Ren leur le chastiment selon les démérites, bons. 874. Les meschans qui avoient esté de ce coup, en furent puniz selon leur démérite, amyot, Brtitus, 44. Ils en conceurent un juste courroux de le punir selon ses démérites, id. Camil. 82.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et mérite; provenç. demerit. démérite; espagn. et ital. demerilo.
DÉMÉKITKR (dé mé-ri-té), r. n. || l- Agir de manière à perdre l'estima, la bienveilUnre. Démériter de queiqu'uo. Léméritei kuprès de quelqu'un.!! 2" Eu
•lyle dogmatique, faire quelque chose qui prive de la grâce de Dieu. Dieu a donné aux hommes le libre arbitre, pour pouvoir démériter s'ils le veulent, fén. t. m, p. 333. L'atome à qui Dieu aura donné la pensée peut mériter ou démériter, volt. Ph. ùjnor. 29.
— SYN. DÉMÉRITER AUPRÈS, DÉMÉRITER DE. Démériter auprès de quelqu'un , c'est faire quelque chose qui, sans le toucher directement, prive cependant de sahienveiUance. Démériter de quelqu'un, c'est abuser de la confiance qu'il nous avait accordée et doiil nous jouissions.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et mériter. L'ancien français disait demerir.
t dJÎMÉRITOIRE (dé-mé-ri-toi-r'), ad]. Qui entraîne le démérite. Ces erreurs [des songes] ne me font rien faire de méritoire ni de déméritoire, pén. Exist. 237.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et méritoire.
t DÉMESURE (dé-me-zu-r') , t. f. Manque de mesure, violence, orgueil. || Mot tombé en désuétude, mais qui est excellent, et qu'on pourrait rétablir à l'aide lie démesuré.
— FilST. xii" S. Une rampoigne [reproche] [il] lui dit par desmesure, Rnnc. p. 64. Diex I por quoi l'aim [l'ainié-je], quant je ne lui puis plaire? Ore ai-je dit folie et desmesure; Ou'en bien aimer ne doit avoir mesure, Couci, p. 4 26. Biax fu Raoul et de gente faiture; S'en lui n'eilst un poi de desmesure [violence, orgueil], Mieudres [meilleur] vasals [guerrier] ne tinst onques droiture, liaoul de C. t9. Il xm* s. Li moine retendront son gage Ou li meïsmes en ostage; Que félon sont à desmesure, Ren. «659. Mes tant est fors à desmesure. Qu'il ne cremoit [craignait] nule armeûre, la Hose, t655J.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et mesure; provenç. el espagn. desmesura; ital. dismisura.
DÉMESURÉ . ÉE (dé-me-zu-ré, rée), adj. || 1" Qui excède la mesure ordinaire. Grosseur démesurée, VOIT. Lett. 38. Ce qui efl'rayait davantage les barbares, c'était ces tours d'une hauteur démesurée qu'ils voyaient se mouvoir, ce leur semblait, d'ellesmêmes, ROLLiN, i/i'sl. anc. ŒCuvret, t. vi, p. 492. C'est moi, qu'en voulez-vous dire? — Que vous êtes un sot, repartit l'autre en lui déchargeant un démesuré coup de sa raquette sur les oreilles, scar- RON, Hom. com. 1,3. |j 2» Fig. Extrême, excessif. Présomption démesurée. Soif démesurée d'or, de gloire. Brûlent-ils comme toi d'amour démesurée? RÉGNIER, Dial. J'avais une envie démesurée défaire parler de moi, fonten. Érostrate, Démétrius. Ses ennemis lui reprochèrent une passion démesurée pour les richesses, raynal, Uist. phil. iv, 20. Nous ne sommes que des hommes: la défiance de nousmêmes, la crainte de paraître faibles peuvent entraîner au delà du but; nous serons obsédés de conseils violents, démesurés, Mirabeau, Collection, t. i,p. 3(4.
— HlST. xii* s. Ton fier courage qui est desmesurez, Ronc. p. (4. Dist au paien : trop es desmesurés, ib. p. t04. Il xm« s. Sans faille tu es maus traïstre Et lerres trop desmesurés; Cent mile fois fies parjurés, la Rose, (0977. Ensorque tout il a plus poineQue n'ont hermite ne blanc moine; La poine en est démesurée. Et la joie a corte durée, ib. 3063. Et quant cil contre qui il fu rendus, of ce, il dist qu'il ne tenroit jà tel dit ne tel ordenance, porce que estoit démesurée por si petit meffet, beadm. XLi, 35. Il XV' s. Filles y avoit à foyson, Faisant chère desmesurée, villon, Repue de Montfaucon. jj xvi' s. Craintes démesurées, amyot, Solon, (O.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et mesuré.
DÉMESURÉMENT (dé-me-zu-ré-man), adv. D'une
manière excessive. Il est démesurément grand.
— HlST. XI' s. Pluie et gresilz [tombent] desmesuréement, Ch. de Roi. cix.
— ÉTYM. Démesuré, et le suffixe ment.
t DÉMÉTAPHORISER (dé-mé-ta-fo-ri-zé), v. n. Parler sans figure. Mot burlesque forgé parScarron: ....pour vous aujourd'hui je démétapliorise; Démétaphoriser, c'est parler bassement, cité dans le Dict. de poitevin.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et métaphore.
t DÉMÉTRICM (dé-mé-tri-om') , s. m. Terme de chimie. Métal, plus ordinairement nommé cérium.
— ÉTYM. Aïiii.if|-ntip, la Gérés des Grecs. DÉMETTRE (dé-mè-tr'), je démets, tu démets, il
démet, nous démettons, vous démettez, ils démettent; je démettais; je démettrai; je démettrais; je démis; démets, démettons; que je démette, que nous démettions; que je démisse; démettant; démis, V. a. Il 1° ôter un os de sa place. Il lui a démis le poignet, sÉv. 77. || Se démettre un membre, éprouver une luxation de ce membre. Dom Fernand se démit une cuisse et se trouva si mal de sa chute
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qu'il ne put passer outre, scarron, Tlom. com. i, 22. L'amante sauta par la fenêtre et se démit le pied, VOLT. Les deux cotisolés. || 2" C)i".r d'un emploi, d'une fonction, d'une dignité. On l'a ièmis de son emploi. Il fut démis [de la royauté], et L'on tomba d'accord Qu'à peu de gens convient le diadème, la font. Fabl. VI, 8. Il 3° Terme de procédure. Débouter. Il 4" Se démettre, v. réfl. Être démis, déboîté. Son poignet s'est démis. || S° Quitter une charge, un emploi, une dignité. L'un [Sylla] s'en est démis [du pouvoir], et l'autre [César] l'a gardé, corn. Cinrw,, II, <. Rome, avec une joie et sensible et profonde, Se démet en vos mains de l'empire du monde, id. ib. V, 3. Je leur rends ce pouvoir dont je me suis démise, lu. Rodog. v, 3. 11 s'est en plein sénat démis de sa puissance, id. Sertor. v, 2. Vous savez que le cardinal de Retz a voulu se démettre de son chapeau de cardinal; le pape ne l'a pas voulu, sÉv. Lett. 27 juin (678. Prétendre qu'ils [les autres] nous passent tout, qu'il nous cèdent tout, qu'en notre faveur ils se démettent de tout, bourdal. Serm. 2 1 • dim. après la Pentee. Dominic. On le força à se démettre de son évêché, maucroix, Schisme, liv. i, dans mcHELEï.
— SYN. SE démettre, abdiquer. Ces deux mots signifient quitter de gré ou de force un emploi, une dignité. Se démettre est plus général; on se démet aussi bien du moindre emploi que de la plus haute dignité. Au contraire, abdiquer implique une idée de solennité, qui fait qu'on ne s'en sert que quand il s'agit de la royauté ou des plus hautes fonctions.
— HlST. XI* s. Ainsi [il] est neirs com peiz qui est démise [fondue] , Ch. de Roi. cxii. || xm' s. Aucun si quident, quant il ont pris arbitrage sor eus, qu'il s'en puissent démettre de lor volonté, mais non font, se ce n'est de l'acort des parties, beaum. xli, 7. Car circoncis fus à la lectre. Et baptizié pour nous demectre Du pechië que tu nous maudeis, }. de heung, Tr. (8. Il XIV* s. Se li dix hommes [décemvirs] ne se demettoient de leur magistrat, berchebre, 1*67, verso. Et se demist de son estât et bénéfice, id. f" 29, recto. Il xv s. Ordonné estoit du conseil du roi, que le connestable messire Olivier de Cliçon se desmettroit pour le jeudi l'endemain, de l'office de la connestablie, froiss. ii, ii, (94.|| xvi' s. Ainsi ilne restera rien en nous qui nous puisse enfler; maisplustost y aura grande matière de nous démettre et abbatre, CALV. Inslit. 642. Pensons que nous n'avons nul accez à salut, sinon en nous démettant de tout orgueil, id. ib. 597. Et quant à l'advenir. De moy, dit-il, toute crainte demects, marot, iv, 62 Trois muis d'anneaux à Carthage transmis De très-fin or, lesquels furent desmis Des doigts des morts, id. iv, (26. Ce grand bastiment ayant esté desmis et dissoult, mont. I, (2(. Prendre devant le peuple agité une contenance desmise et flatteuse, ID. i, fie. Il usoit d'ustensiles d'or; et l'estime mieulx, que s'il s'en feust desmis, de ce qu'il en usoit moderéement, m. i, 28 (. Ce prélat s'est si purement desmis de sa bourse, de sa recepte et de sa mise.... id. i, 3(8. Il avoit le cœur trop gros pour se desmettre à la bassesse de se defîendre, id. ii, 47. X quel soulcy ne nous desmettons nous pour leur commodité? id. u, (69. Je veois bien, dict Pacuvius, il faut desmettre [destituer] cettuy-ci, ID. iv, 83. Les jours ensuivans, feignant estre malade, il se desmeit à la fin de sa charge, amyot, Cam. 66. Mitliridates marchoit après luy, et se demettoit vouluntairement au second lieu, en luy déférant, comme à son supérieur, ID. Sertor. 36. Il faut que le chirurgien prenne souvent garde que l'os ne se démette comme on l'aura réduit, PARE, xm, 2(.
— ÉTYM. Provenç. demeire; espagn. dimitir; ital. dimettere; du latin dimittere, du préfixe di, et mittere (voy. mettre).
DÉMEUBLÉ, ÉE (dé-meu-blé, blée), part, passé. Une maison démeublée. || Fig. Une mâchoire démeublée, une mâchoire qui a perdu ses dents ou une grande partie de ses dents.
DÉ.MEUBLEMENT (dé-meu-ble-man), «.m. Action de démeubler; état de ce qui est démeublé.
— ÉTYM. Démeubler.
DÉMEUIiLEU (dé-meu-blé), v. a.\\ i° Dégarnir de meubles. Démeubler ses appartements. Il veut rentrer chez lui; il y trouve des huissiers qui démeublaient sa maison de la part de ses créanciers, volt. ifemnon. Il Absolument. Mme de Vauvineui faisait démeubler [déménager], sÉv. 20. || 2° Fig. Se démeubler, V. réfl. Perdre ses dents, en parlant de la mâchoire. Sa mâchoire s'est démeublée.
— HIST. XV* s. Le suppliant, qtii estoit fort desmeublé à l'édifice de sa maison et n'avoit de long-
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temps gueres peu prouffiter en son fait de marchandise, DU CANOË, mobile.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et meuiite, s. m. DEMEURANT, ANTE (de-meu-ran, ran-t'), adj.
Il 1* Qui est logé en quelque end."oit. L'adresse porto à M. un tel demeurant à Paris. |{ U n'est d'usage au féminin qu'en style de pratique. || Dans le xvu* siècle, on était disposé à traiter, comme jadis, les participes présents en adjectifs. Nous n'avons pas sa [larole demeurante en nous, boss. 2 Purif. 2. Mme de Maintenon ne pouvait goûter de repos, tant qu'elle y [auprès du roi] voyait son ancienne maîtresse demeurante, st-sim. 4(3, (87. Aujourd'hui on dirait demeurant dans ces deux phrases. {| 2° Substantivement. Le demeurant, ce qui demeure, ce qui n'est pas été, parti, enlevé. Une fleur de tant de mérite Aurait terni le demeurant [les autres fleurs], malh. iv, ((. Puis, sans qu'on les convie, ainsi que vénérables. S'asseyent en prélats les premiers à vos tables, Oille caquet leur manque, et, de! dents discourant. Semblent avoir, des yeux, regret au demeurant, bégnier, Sat. ii. Le demeurant des rats tint chapitre en un coin, la font. Fabl. il, 2. La vieille a soin du demeurant, id. Faucon. \\ 3° Au demeurant, loc. adv. Quant à ce qui demeure. One il ne fut plus forte dupe Que ce vieillard, bon homme au demeurant, la font. Coc. Au demeurant il était fort sensible A l'intérêt, aimait fort les présents, iD. Magn. Mme Clôt, bonne femme au demeurant, était bien la vieille la plus grognon que je connus de ma vie, }. i. rouss. Conf. i. Au demeurant c'est un oiseau assez familier qui semble aimer l'homme, s'approche des habitations et vient se percher jusque sur les cheminées, buffon, le Moqueur.
— REM. D'après les puristes du xvii* siècle, Vaugelas, Marguerite Buffet, au demeurant était un terme vieilli; cette condamnation n'a pas prévalu; il a survécu, mais avec une certaine nuance de familiarité.
— SYN. AU demeurant, au reste. Le demeurant, c'est ce qui demeure, subsiste; le reste, c'est ce qui est de reste; de là la nuance : il est emporte et violent, honnête homme au demeurant; c'est-àdire, en ce qui demeure, subsiste, il est honnête homme : il est emporté, violent, au reste honnête homme; c'est-à-dire, tels sont ses défauts, mais, quant au reste, il est honnête homme.
— HlST. XIV* s. Et devez savoir que le demeurant de cest chapistre est mal à entendre, oresme, Eth. VI, (0. Il XV* s. Le demeurant se sauvèrent ou furent morts, froiss. ii, u, 66. Quand les gens d'armes qui dedans Duras estoient virent que leur ville se commençoit à perdre, si se retraïrent au chasteau et laissèrent convenir [capituler] le demeurant, ID. n, II, ((. Luy print plusieurs places et eusl achevé le demeurant, n'eust esté.... comm. i, 2. Et du faict du roy d'Angletere ne leur challoit, au demourant, comme il en allast, id. iv, 7. Quand je reviens de la taverne elle me souhaite toujours le demeurant du tonneau dans le ventre, et le tonneau avec, LOUIS xi, Nouv. xcvii. || xvi* s. Sentant la harl de cent pas à la ronde; Au demeurant, le meilleur fils du monde, mabot, ii, 93. Il mettoit en peu de compte le demouraut [le reste], mont, i, 90. Le roytelet vit des demeurants de ce monstre, m. ii, (90. C'est là tout le corps de la chrestienté; le demeurant sont isles, comme Angletterre, Escosse, Dannemarc et Suéde, qui sont comme péninsules, langue, 3S9. Jusques icy tous les historiens sont bien d'accord : mais au demeurant, non, amyot, Thés.iT. Les gens de guerre y sont en tout et par tout séparez d'avec le demeurant du peuple, m. Lyc. 6.
— ÉTYM. />emeurcr ; bourguig. demourattt. DEMEURE (de-meu-r') , s. f. || 1° Retard, délai.
Oui, sans plus de demeure. Pour l'intérêt des dieux je consens qu'elle meure, corn. 2'héod. m, 6. Le ciel ne veut point de demeure, lamotte, dans desfon- TAiNES. Son temps venu , [il] ne fait longue demeure, la font. Berc. Sans plus longue demeure, U lui dit en deux mots.... id. Fianç. Vous êtes cause qu'ea demeure Je me trouve présentement, id. Cord.|| Être en demeure envers quelqu'un, être en retard de bons offices. Je n'étais pas en demeure de ce côté-là, Boss. Lett. quiét. 455. Je me trompe en doutant de tout, et je suis en demeure à l'égard de la vérité qui se présente à moi, fén. Exist. 240. || U y a péril en la demeure, le moindre retardement peut causer du préjudice. 1| 2° Terme de procédure. Retardement, le temps qui court au delà du terme oïl l'on est tenu de faire quelque chose. || Mettre quelqu'un en demeure de, le sommer de remplir une obligation , un engagement. Misa en demeure ,
DEM
DEM
DEM
sommation de faire telle ou telle chose. || 8' Durée de la résidence. Je ne ferai pas longue demeure en cette maison. || 4" Par extension, habitation, domicile. Hais qu'eussent-ils gagné par un siècle d'années, i)a que leur avint-il en ce vite départ, Que laisser promptement une basse demeure Qui n'a rien que du mal, pour avoir de bonne heure Aux plaisirs éternels une étemelle part? malh. i, «.Ce que je trouve admirable , c'est qu'un homme qui s'est passé, durant sa vie, d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n'en a plus que faire, hoi.. D. Juan, m, 7. Tant que nous sommes détenus dans cette demeure mortelle , nous demeurons assujettis au changement , parce que, si vous me permettez de parler ainsi, c'est la loi du pays que nous habitons, uoss. Dueh. d'Or!. Klle va descendre à ces sombres lieux, à ces demeures souterraines, pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre, id. ib. 11 y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, sact. Bible, Év. ,St Jean, xiv, î. Il y a dans les sciences plusieurs places honorables, comme il y a, si l'on en croit l'Evangile, plusieurs demeures dans la maison du Ptïre céleste, d'aleubert, Lettre au roi de Prutse, >" mars i76B. Ils pénètrent en foule à la demeure auguste.... volt. Orphel. i, 2. ||8*Lieu de résidence. Samos est leur patrie et Rhodes leur demeure. Loin du monde elle fait sa demeure et son gtts, RËGNiEH, Sat. xni. Où la cour faisait sa demeure ordinaire, boss. Hist. m, 5. Au delà de ces lieux gardez-vous u'avancer; C'est des ministres saints la demeure sacrée, rac. Athal. m, 3. Tivoli, qui fut la demeure de tant d'hommes célèbres, de Brutus, d'Auguste, de Mécène, de Catulle, mais surtout la demeure d'Horace, staél, Corinne, vin, ♦. Il Fig. Dieu y avait établi sa demeure, BOss. Hist. n, 8. Eu ce temple où tu fais ta demeure sacrée, RAC. Athal. m, 7. Coeur où Dieu seul avait fait sa demeure, mass. Av. Jug. \\ Terme de chasse. Endroit fourré de bois où se retirent les cerfs. Bonne demeure, demeure bien fourrée. Demeure douce, taillis de 6 ou « ans. || 6" Terme de rhétorique. Sorte de figure appelée plus souvent commoralion, épimone, insistance, qui consiste, comme l'indique ce dernier mot, à insister sur quelque raison. || 7* k demeure, loe. adv. De manière à ne pas changer de résidence. Que j'étais déjà assez dupe d'avoir si mal employé mes quarante écus, et que je ne le serais pas au point de lui cédera demeure la bonne place, HARMONTEL, Èlém. XI. Il Par extension. Quand je retrouvais dans la poussière des bibliothèques d'Italie les chefs-d'œuvre de l'antiquité grecque, je n'étais pas à demeure [domicilié] dans ces bibliothèques, p. L. coUR.l, 260. Il En parlant des choses, de manière k n'être pas déplacé, Até. Etablir un chAssis à demeure. Objets attachés à un fonds à perpétuelle demeure. || Labourer i demeure, donner le dernier labour avant de semer. Semer à demeure, répandre la semence dans un lieu d'où la plante ne doit pas être transplantée.
— HIST. xn*s. [Il] saisi l'espié, puis monte sanz demor, Rone. p. 64. Comment que longue demeure [interruption] [j'J Aie faite de chanter, Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doie retourner, Couei, iv. Il xm* 8. Il avoient mandé [le marchis] par tant de messages que à paine que il ne diervoient [désespéraient] por sa demeure [retard], h. db vai.enc.xx. La longueur de la demorre du terme ne toit au seignor son poeir, Ait. de Jér. 224. [Dieu] Qui Jonas garda en la mer Par grant amor, Les trois jors qu'il i fist demor, ruteb. 203. Grans biens ne vient pas en poi d'hore ; Ains convient mètre demore, laRose, 4<*6. Et un pou après mon.s. Jehan de Waleri revint, qui blasma le roy et son conseil de ce que il estoient en demeure, joinv. 227. || iv* s. De Messine se partit le mareschal sans y faire longue demeure, Boueiq. i, ch. 30. ||xvi* s. En ses sommations, delay aulcun et demeure aulcune il n'admet, rabel. Panl. IV, 67. Elle nous commendade celierrechascun de nous se faire ung chappeau albanoys; ce que futfaict sans demeure, id. l'b. v, 34. Ne pense pas, que l'amour et vrai zelle, Que te portons, jamais finisse et meure Pour ta trop longue et fascheuse demeure, HAROT, II, 28. Il est certain qu'au milieu d'elle Dieu fait sa demeure éternelle, ID. iv, «t. Icy je fais pour tousjours ma demeure, ahtot, Ant. «t. Pompeius luy respondit avec quelque demeure [délai], et d'une parole mal asseurée, que.... id. Pomp. M. Ils [les indigènes d'Amérique] ont je ne s^y quels prcbstros et prophètes, qui se présentent bien rarement au peuple, ayants leur demeure aux inontaignes, mont, i, 23g.
— Eini. Voy. demeures; provenç. demora, t. f.
et demor, t. m. ;espagn. d*inora; Ital. dtmoro. L'ancien français, outre demore et <i*mor, avait demorance; Berry, demeurance, demourance.
IiKMICUItE, ËE (de-meu-ré, rée), part, passé. Resté, laissé. Demeuré en arrière, il hlta le pas. C'est peut-être affliger le public que de lui annoncer ces différents projets, demeurés sans exécution entre des mains si savantes.... ponten. Dodart. En faisant revenir pour sa propre défense quelques troupes demeurées en Espagne, VOLT. S.de Louit XIV,3i. Il Terme d'ancienne pratique. Cause demeurée sur l'heure, cause dont la plaidoirie est demeurée interrompue par la levée de l'audience. || Qui dure, qui survit. Une maison auguste.... qui, seule demeurée depuis le commencement, au milieu des débris de tant de maisons souveraines qui ont péri, semble être,eomme celle de Noé, U seule dépositaire de toute la gloire des siècles passés, hass. Or. /un. Dauphin.
DEMEURER (de-ineu-ré), v. n. || 1* S'arrêter, se tenir, rester en quelqHO endroit. Mon cheval est demeuré en chemin. Nous demeurâmes en arrière. Mais plutêt demeurez pour me servir d'otage , corn.
Nicom. V, 7 Le vieillard était Fou de sa femme,
et fort peu la quittait, Sinon les jours qu'il allait à la chasse; Son fauconnier, qui pour lors le suivait, Eût demeuré volontiers en sa place, la tout, Coe. Il est renvoyé à Lyon, le roi n'a pas voulu qu'il soit demeure, sÉv. 44S. Demeurons toutefois pour troubler leur fortune, rac. Andr. u, t. Pour cacher mon départ je demeure un moment, m. Phid.y, *. Auprès du fils des rois si j'étais demeurée.... volt. Orphel. Il, a. Il Absolument. Vous, Cinna, demeurez, et vous, Maxime, aussi, corn. Cinna, c, ). Il Demeurer chez soi, ne pas sortir de sa maison. et. par extension, ne pas quitter son pays, son genre dévie. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place, pasc. Pensées, XXVI, i . Il faut en Krance beaucoup de fermeté et une grande étendue d'esprit pour se passer des charges et des emplois, et consentir ainsi à demeurer chez soi et à ne rien faire, la brut. n. || Demeurez chez TOUS, qu'il demeure chez lui, se dit à quelqu'un, de quelqu'un qu'on veut ne pas voir chez soi. Servez-vous du mot de madame, je vous prie, ou demeurez chez M. votre père, dancourt, Chev. à la mode, ii, 4. || Demeurer ferme, ne pas être ébranlé, ne pas reculer; et, fîgurément, persister avec fermeté. L'opiniâtreté de son caractère se joignant à toutes ces vraisemblances, il demeura ferme dans l'opinion qu'on voulait le trahir et le livrer à ses ennemis, volt. Charles XII, 6. Il Demeurer en repos, se tenir tranquille; et, figurément, ne rien faire, ne pas se donner du travail. Que faire donc quand on est malade? — Rien, mon frère; il ne faut que demeurer en repos; la nature d'elle-même, quand nous la laissons faire, se tire doucement du désordre où elle est tombée, mol. Mal. imag. m, s. || Ne pas demeurer en place, être continuellement en mouvement. J'ai peine, je l'avoue, & demeurer en place, mol. Éc. des f. iv, i. Nous reverrons Ménechme aujourd'hui, quelle joie I Je ne puis demeurer en place ni chez moi , reonaro, Hénechmes, l, 8. || Fig. Demeurer en arrière, demeurer en reste, rester débiteur. Ne pas demeurer en reste, rendre la pareille. || Demeurer pour gage, pour les gages, en parlant de personnes, être tué ou pris; en parlant des choses, être perdu. Dans cette bataille la moitié des siens demeura pour gage. Dans la foule mon manteau est demeuré pour gage. |{ Demeurer sur la place, être tué sur la place où l'on combattait Sans la valeur de ce jeune guerrier Martian demeurait ou mort ou prisonnier, corn. Hiracl. i, «. || Demeurer sur la bonne bouche, ne plus rien prendre après une chose qui laisse un goût agréable; et, fîgurément, s'en tenir à une chose qui platt. Il Demeurer sur son appétit, ne pas se ra.ssasier de quelque chose; et, figurément, imposer un frein à ses désirs. || Demeurer d'accord, convenir, avouer. Il faut demeurer d'accord, mon frère, qu'on peut aider la nature par de certaines choses, mol. Mal. imag. m, 3. Nous vous iferons demeurer d'accord que, si quelquefois un peu d'absence fait grand bien, une trop longue fait grand mal, sKv. Letl. 47 juin l«87. || Se dit aussi des choses qui restent Une pluie acheva l'affaire : U fallut se mettre à l'abri ; Je laisse à penser où; le reste du mystère Au fond de l'antre est demeuré, la pont. Fiane. Il 1* S'arrêter par fatigue, blessure, embarras. En 4 8oa , dans la marche rapide de Napoléon sur Vienne , un grand nombre de soldat* demeurèrent. Un de mes beaux chevaux demeura dès Palaiseau. sEv. aa.
Il Fig. n est demeuré au-dessoui de ton sujet. Il n'a pas fait ce que le sujet exigeait. Il est demeuré au-dessous de lui-même, il n'a pas fait ce qu'il était capablede faire, ce qu'il faisait autrefois. || Demeuier en chemin, ne pas achever le trajet qu'on avait commencé; et, figurément, ne pas venir à bout de. Si je demeure en chemin, ce ne 8<-ra pas manqua d'argent, maintrnon, Lett. à M. d^A.ihigné, lofévr. <i)84.|| Fig. Demeurer en beau chemin, abandonner un dessein qu'on avait entrepris, sans qu'il / ait de notable difficulté qui nous arrête. || En demeurer lit, ne pas continuer. Je serai bien aise que vous me donniez ces vers par écrit. — C'est assej de vous les avoir dits, et je dois en demeurer là, mol. Escarb. l. Faut-il en demeurer là? sEv. 467. Je vis bien que le roi n'était pas persuadé, mais je crus qu'il n'y avait qu'à en demeurer là, maintenon, Vettr. au card. de Noailles, 26 mai 1895. Après avoir supputé longtemps sa dépense et fes forces, selon le mot de l'Évangile, elle en demeure là et ne jette pas même les premiers fondements do l'édifice, mass. Car. Enf. prod. Et ne présume pas que Vénus ou Satan Souffre qu'elle en demeure aux termes du roman, boil. Sat. X. Il L'affaire n'en demeurera pas là, elle aura des suites, des conséquences. Ils se sont insultés; l'affaire n'en demeurera pas là, c'est-à-dire ils auront un duel. || Demeurons-en là, n'en parlons pas davantage, cessons, et aussi, tenons-nous-en à ce parti , à ce chai x. En ce dernier sens on dit aussi demearons-enàcela. ||0n l'emploiedans la même acception sans la particule en. Il écrivit sa surprise, son désespoir d'avoir pu déplaire, représenta huit enfants sans nul bien ; voilà où tout est demeuré, sÉv. I 392. Il Demeurer court ou tout court, manquer de ' mémoire. U est demeuré court au milieu de sa période. Elle est demeurée court et n'a plus su que dire. C'est le plus petit inconvénient du monde que de demeurer court dans un sermon ou dans une harangue, la brut. xii. Leféliciter [un prédicateur] sur l'agrément et la politesse de son langage, lui remettre l'esprit sur un endroit où il a couru risque de demeurer court, id. xv. || Terme de jeu déboule. Demeurer , ne psspousser la boule jusqu'au but Je suis demeuré. Ma boule est demeurée. || 3'Suivi d'un qualificatif, il exprime un état prolongé. Je chauvis de l'oreille, et demeurant pensif... régnieh, Sat. viii. Et, par une constance admirable, demeurer ferme au milieu d'un péril qui fait trembler les plus courageux, VOIT. Lett. 4 3. Abondante en richesse, ou puissante en crédit, Jedemeure toujours h fille d'un proscrit, corn. Cinno, i, 2. Autrement si le sort demeure encor douteux.... id. Héracl. v, 6. Je souhaite que vous ne demeuriez pas mal édifié de nous, PASO. Prou. 6. De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'océan avec les rivières les plus inconnues, BOSS. Duch. d'Orl. Seigneur, avec raison je demeure étonnée, RAC. Brit. II, 3. Après avoir quitté la suprême puissance, vous êtes demeuré avili, ob.scur, inutile, abattu, KÉN. Dial. des morts anc. 38. ||Ce qualificatif peut être un nom précédé d'une préposition. Je demeurai dans une sorte de stupeur. Grand roi, si jusqu'ici, |>ar un trait de prudence. J'ai demeuré pour toi dans un humble silence, boil. Pise. au roi. Il 4* Employer un certain temps à faire quelque chose. Il a demeuré longtemps en chemin. Il demeure longtemps à venir. Vous avez trop demeuré à faire ce qu'on vous avait ordonné Au
reste vous saurez Que je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire [un sonnet], mol. Jlfu. i, 2. Il 6* Habiter , faire sa demeure. Le ciel nous fit ce bien qu'encor d'assez bonne heure Nous vînmes au logis où ce monsieur demeure, rEomer, Sat. x. Quel temps avez-vous demeuré en Angleterre?— Sept ans, mol. Ifar. fore. ». Démophile demeurait aux environs du Constantinople, et cpux de sa secte le reconnaissaient toujours pour évêque de cette ville impériale, flêcii. Hist. de Thiod. 11, 30. Il 6* Ne pas se faire, ne pas Aire employé. Et faute de servir ce plat [des chardons] Rarement un festin demeure, la font. Fabl. vin, 47. Les soins publics seraient abandonnés; les affaires demeureraient, mass. Pet. car. £cu(>i(<. || 7* Subsister, rester. Tout le soin qui me demeure N'est que d'obtenir du sort... malh. v, 3. Je vois bien.... Du naufrage d'amour ce qui m'est demeuré, rëonier. Plainte. Qu'il vive et s'il se peut que l'ingrat me demeure, corn. Médée, a, 4. La gloire m'en demeure, ID. ib. II, 6. Quoi ! madame, en vos mains elle [une croix] était demeurée T volt. Zatre, il, 3. Il 8* Fig. Persister, se borner, en parlant des personnes. Eh bieni puisque vous ne voulez pas m'écouter^ demeurez dans votre pensée, et faites ce
DEM
qu'il vous plaira, mol. Bourg, genl. m, <0. S'jii [les anciens] fussent demeurés dans cette retenue de n'oser rien ajouter aux connaissances qu'ils avaient reçues.... pasc. Pens. i, art. (. On ne doit pas refuser l'absolution à ceux qui demeHrent dans les occasions prochaines de péché, s'ils.... id. Prov. 5. C'est qu'aujourd'hui l'on pèche beaucoup plus hardiment, que l'on demeure dans son péché beaucoup plus tranquillement, bourdal. Pénitence, 2' ment, p. 503. Jusqu'à quand demeurerez-vous dans votre impureté? SACY, Bible , Jérémie , xiii, a7. || S" Demeurer à, rester la propriété, l'acquisition, le propre. Dans la vente à l'encan, ce livre, très-poursuivi, m'est demeuré. Vous demeurez à vous, madame, en les perdant, corn. Suréna, i, ï. Afin que la force demeure toujours au souverain, Boss. Polit. S'ils choisissent un poste incommode, il leur demeure, LA BRUY. LX. X qui doit demeurer cette noble conquête? RAC. Alex. IV, 6. Ecbatane est du moins sous mon obéissance; C'est tout ce qui demeure aux enfants de Cyrus, volt. Scythes, n, 4.1110° Être a demeure, tenir, persister, durer, en parlant des choses. Et trois ou quatre seulement, Au nombre desquels on me range. Peuvent donner une louange Oui demeure éternellement, malh. m, 2. Et si la moindre lâche en demeure à mon nom, corn. Nicom. IV, \. Paix dont le déshonneur vous demeure éternel, ID. Médie, II, 2. C'est une vérité qui demeure éternellement, mass. Car. Élus. Elle [la foi] s'en remet pour les faveurs temporelles et les autres dons qui ne doivent pas demeurer, aux desseins éternels que le Seigneur a formés sur nos destinées, id. t6. Prière 2. On feuillette son livre, on le discute, on le confronte; ce ne sont pas des sons qui se perdent en l'air et qui s'oublient ; ce qui est imprimé demeure imprimé, la brut. xv. 'Tout s'imprime, tout s'écrit, rien ne demeure, volt. l'Écossaise, ili, 3. || Terme de jardinage. X demeurer, se dit de plantes qu'on sème en pleine terre pour y rester jusqu'à ce qu'on les consomme. On sème d'ordinaire à demeurer le cerfeuil, les carottes, les panais. || Demeurer sur le cœur, sur l'estomac, se dit d'un aliment qui ne passe pas, qui cause des soulèvements. || Fig. Cela lui est demeuré sur le coeur, c'est-à-dire il en conserve du ressentiment. (| 11° Demeurer au théâtre, ou, absolument, demeurer, en parlant d'une pièce, continuer à être jouée. Il est arrivé de cette pièce ce qui arrivera toujours des ouvrages qui ont quelque bonté : les critiques se sont évanouies, la pièce est demeurée, bac. Brit. 2* préface. \\ 12° V. imperson. Rester. Il lui est demeuré une cicatrice. S'il vous demeure encor quelque espoir pour Flavie, corn. TMod. m, 5. Il ne demeura rien de ce grand repas, tout fut bu et mangé, vaogel. Nouvelles rem. Il y demeura quelque cinq cents hommes sur la place, d'ablanc. Arrien, liv. i, ch. 10. Il ne lui est pas demeuré de quoi se faire enterrer, la bruy. vi.
— REM. Demeurer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il marque une action : j'ai demeuré en Angleterre un mois; avec l'auxiliaire être, quand il marque un état: dans mon saisissement, je suis demeuré incapable de répondre. L'action est marquée dans ces «xemples-ci : J'ai demeuré captif en Egypte, PÉN. Tél. m. Après que l'enfant aura demeuré là plusieurs heures, j. j. booss. Ém. ii. J'avais demeuré plus d'un an chez mon maître, id. Conf. i. L'action est beaucoup moins marquée dans ceux-ci ; mais il doit être permis aux poètes de l'introduire là où l'idée d'état est la première qui se présente à l'esprit: X cet objet d'horreur, l'œil troublé, le teint blême, J'ai demeuré longtemps plus morte que luimême, ROTROtj, Antig. i, 2. Et dès le premier mot ma langue embarrassée Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée, hac. Bérén. u, 2.
— SYN. 1° DEMEURER, LOGER. Ces deux mots sont synonymes dans le sens où ils signifient la résidence ; mais demeurer se dit par rapport au lieu topographique où l'on habite, et loger par rapport à l'édifice où l'on se relire. On demeure à Paris, on loge au Louvre, à l'hôtel, etc. guizot. |{ 2° demeurer, rester. L'idée commune à ces deux mots est de ne pas s'en aller; et la différence consiste en ce que demeurer ne présente que cette idée simple et générale de ne pas quitter le lieu où l'on est; et que rester a de plus l'idée accessoire de laisser aller les autres.
— HIST. II. s. La nuit [ils] demurent tresque vint al jur clair, Ch. de Roi. xi. De ce cui chaut? demuret i ont trop [ils ont trop tardé], ib. cxxxiv. Li Arabiz de venir ne demurent, ib. ccxxu. Ce qu'estre eu deit, ne l'alez demuraut [ne retardez pas ce qui en doit advenir], ti>. cclvi.
— xu' s. [Il] Ne va plus demorant, Rone. p. 47.
DEM
aes [si les] vont ferir sans trestout demorer, «6. p. 6». Mort [il] le tresbuche sans plus de demorer, ib. p. 75. Un petitet estes tropdemorez, t7>. p. <o<. Li rois Marsile n'a pas moût demoré, ib. p. <<7. Venez 0 moi, gardez ne demorez, ib. p. 4 43. Ehl respont Charles, jà plus ne demorra [tardera], tb. p. 47B. Por Dieu [je] vous prie.... Que nos convens [conventions] teniez, vienne ou demor [soit que je vienne ou que je demeure] , Couci , xxii. Partir m'esteut [il me faut] de vous sans demorer [sans retard], ib. xxiv. Sachez, cil sont trop honni qui n'iront [à la croisade] , S'il n'ont poverte ou vieillesse ou malage; Et cil qui sain et jeune et riche sont, Ne peuvent pasdemourer sans hontage, quesnes, Romancero, p. 94. Mais demorés pour garder cest pals [terre sainte], ib. p. 404, Quant nous lui volons nuire, je ne voi nule part Que il demort en France ne la corone gart, Sax. xxix. Si metomes un terme prochain , ne demort gaire ; Puis seromes ensemble pour faire au roi contraire [ pour nous opposer au roi], ib. XXXI.
— xiu' s. Ileuques [je] demorai de lors jusque mardi, Berte, i. Quant Pépins tint l'espié, ne vot [voulut] plus demeurer, ib. m. En iceste matière [je] ne veuil plus demourer, ib. m. S'en va Berte as grans pies, n'i a plus demouré, t6. XLv. Que il n'est au roi Flore nul enfant demouré, tb. Lxvii. Ne doit pas demorer [vous ne devez pas vous dispenser] Que ses enfans et lui [elle] ne doiez gouverner, tb. xcvii. Trop [vous] me faites ici longuement demorer, tb. cxii. Mes ce me torne à grant contraire, Que sa merci trop me demore, la Rose, 3245, Si que par defaute de justice le [la] volentés du mort ne demeure pas à estre fête, beaum, xi, •10. S'il demeure [s'il ne se fait pas] par l'un des deus, li autres le pot fere contraindre à ce que mariage se face, ID. XI, 3. Il ne demora pas en eus que lor sires ne fu hormis par lor porcas, m. xxx, 63. L'empereïs [impératrice] vint querre secours au roy pour son seigneur qui estoit en Constantinoble demeurez, joiNV. 24 2. Moult de gens li loerent [conseillèrent] que il attendit tant que ses gens feussent revenus, pource que il ne li estoit pas demouré la tierce partie de ses gens, id. 24 4. Le roy reçut moult debounai rement ses messages, et li renvuia les siens, qui demeurèrent deux ans avant que il revenissent à li, ID, 244. Et il demanda, se il demouroit, se je demourroie [en Palestine], et jelirespondi: oU, moult voleutiers, id. 228. Et sachiez que il [ce dessein] ne demeura [resta sans elTet] que pource que il disoient que le roy estoit le plus ferme crestien que en [on] peust trouver, id. 247. Grant honneur leur est faite, se en eulz ne demeure [s'ils n'y mettent obstacle], ainsi comme je vous ai dit devant, id. 304.
— XV* s. Ceux de Mont-Segur y descendirent volontiers [aux conditions de la trêve], et se mirent tantost douze bourgeois des plus suffisans en ostages, pour accomplir les convenances et demeurer la ville en paix, fboiss. i, i, 234. Ne demoura gueres après, que grand infamie issit sur la mère du jeune roy Edouard, id. i, i, 50. Et que nullement ils ne laissassent le roi d'Angleterre repasser, ni prendre port en Flandre; et si par leur coulpe en demeuroit, il les feroit tous mourir de maie mort, id. i, i, 406. Si dit: monseigneur, si nous estions droites gens d'armes et bien apperts, nous burions à ce souper des vins de ces seigneurs de France qui se tiennent en garnison en Bergerac. Si respondit le comte Derby tant seulement : jà pour moi ne demeurera, id. i, i, 24 7. Nulle cruaiUté ne demoura à estre faicte, comm. VI, 43, Je demsuray à partir aucuns joun, parc« que le roy fut malade de la petite vérole et en péril de mort, id. vu, 6. Cestuy là vouloit que ces entreprises demeurassent de tous points [fussent continuées], id. VIII, 4 8.
— xvi* s. Que nous en chaut? en douleur ils mourront. Et nos plaisirs tousjours nous demourront, marot, i, 338. Sur le beau temps ainsi tu partiras. Et en ton lieu regrets demeureront, id. n, 284. Demeurer court [à faire quelque chose], mont, i, 4»o. Il n'est demeuré de luy que ce discours, id. i, 206. Il fault qu'il y en ait un à qui le champ demeure, id. i, 26». Le surnom de divin luy en est demeuré, id. h, 262. Tant qu'elle vesquit, le sobriquet pau d'asne lui demeura, desper. Conlei, cxxix. Theseus,qui ne vouloit pas demeurer sans rien faire, se partit pour aller combattre le taureau de Marathon, amïot, Thés. 46. Pource que les bœufs demouroient trop à venir, ilz se soubmeirent tous deux vouluutairement au joug, id. Salon, 57. Hz se hasardèrent à tous dangers de la guerre, qu'ilz y demourerent presque tous, id. Cimon, 4.
— ÊTYM. Berry, demourer; provenç et espagn.
DEM
dtmorar; ital. dimorare; du latin demorari, de la préposition de, et morari, demeurer, tarder.
l'-MI, lE (de-mi, mie), odj. «mg. || 1* Qui est ou qui ait la moitié d'une chose. Un métré et demi. Un demi-mî'tre. Une heure et demie. Une demiheure. Il Midi et demi, minuit et demi, une demiheure après midi, après minuit. Il est une heure et demie, deux heures et demie, etc. il est une demiheure après une heure, après deux heures, etc. Il Fig. En diable et demi, excessivement. Battre quelqu'un en diable et demi. La locution s'explique, parce qu'un diable et demi est encore pire qu'un diable. || Ni demi, avec un substantif qui précède, sans rien absolument de la chose dont il s'agit. Je ne suis point de moi si mortel ennemi Que je m'aille affliger sans sujet ni demi, mol. Dép. am. i, 4. Cette infâme. Dont le coupable feu, trop bien vérifié, Sans respect ni demi.... lo. Sgan. 46. Bref, sans considérer censure ni demie. Je me plais aux livres d'amour, la kont. Ballade sur les romans. \\ Sans moitié ni demi, absolument, sans restriction. || Et demi se met après un substantif pour dire qu'il faut plus que la chose. Songez qu'un vivant qui critique un mort en possession de l'estime publique, doit avoir raison et demie pour parler, et se taire quand il n'a que raison, o'alemb. Lettre à Volt. lO oct. 4764. Il 2° Joint à un nom il marque l'infériorité de rang ou de valeur. Un demi-dieu, être mythologique qui tenait le milieu entre les dieux et les hommes (voy. dieu). Je n'aime ni les demivengeances, ni les demi-fripons, volt. l'Écoss. u, 3, variante. || Souvent il exprime une idée de dénigrement. Un demi-savant. Les demi-habilea les méprisent, PASC r. dit). 43». Notre siècle surtout est plein de ces demi-fidéles, mass. Car. Vérité de la relig. || Demi-frère, demi-sœur, celui, celle qui n'est frère ou snur que du cOté paternel ou maternel. Il 8° S. m. Terme d'arithmétique. Une moitié d'unité. Deux tiers et un demi. Quatre demis valent deux unités. || 4* Dans le langage général. Demie, (. f. Une moitié d'unité. Un quart, un tiers, une demie. Il Une demie, une demi-heure. La demie vient desonner. || 6° Demi, adv. modifiant un adjectif ou un participe, à moitié. Quand déjà demi-clos [englouti] sous la vague profonde, malh. i, 4. Le péché que l'on cache est demi-pardonné , Régnier, Sat. xiii. Lassé, demi-rompu, vainqueur, mais pour tout fruit. Dénué d'un secours par lui-même détruit, CORN. Hor. i, 4. [Il] Se retourne, et déjà les croit demi-domptés, id. tb. iv, 2. Elle, à cette prière, encor demi-tremblante , ID, Théodore, iv,«. Fussiez-vous demi-pourri dans le tombeau, il vous ressuscitera, boss. n, Pénit. 2. Près du temple sacré les Grâces demi-nues, volt. Henr. ix. L'armée était demi-ruinée avant que d'arriver en Médie, MONTBSQ. Rom. 45. Des traits demi-méchants, quelques noirceurs obscures, lanodb. Coquette, m, 5. Il 6° A demi, ioe. adt;. X moitié. Et jamais insolent ni cruel à demi, cokn. Cinna, l, 3. L'épouvante les prend à demi descendus, id. Cid, iv, i. Quanta moi, je ne suis malheureux qu'à demi ; Car, si je perds un gendre, il me reste un ami, collik d'bahlev. Optim. IV, 8. Il X demi, modifiant un verbe, en partie, imparfaitement. Quand la faveur du ciel ouvre à demi ses bras, corn. Bor. m, 3. Le roi ne sait que c'est d'honorer à demi, id. ib. iv, 2. La mort de Séleucus m'a vengée à demi, id. Rodog. v, 4. Qui se venge à demi court lui-même à sa perte, id. tb. V, 4. Mais il n'en sait encor la grandeur qu'à demi, id. Sertor. v, 4. Croquons-les; le galant n'en fit pas à demi, la FONT. Fabl.v, 48, La peine ne se peut remettre à demi, boss. Satisf. Oui, oui, Porus, mon cœur n'aime pointa demi, rac. Alex, v, s. [Il] N'a rien dit ou du moins n'a parlé qu'à demi, ID. Uithr. II, 4. Tant qu'il respirera, je ne vis qu'à demi, id. Brit. iv, 3. Ma colère à ses yeux n'a paru qu'à demi , lo. Àndr. li , 5. Idoménée que le malheur n'a pu instruire qu'à demi , fén. Tél. x. Je m'imaginais n'être trompé qu'à demi, id. tb. xin. Un prêtre corrompu ne l'est jamais à demi, mass. Car. Commun. Vos forces n'étant encore qu'à demi revenues, m. tb. Pâques. Comme un homme sort du milieu des flots à demi essuyé, id. Panég. Si Benoit, C'est ne vivre qu'à demi que de n'oser penser qu'à demi , volt. Lelt.Mme du Veffant, 43 oct. i /.'•». Nous levons à demi ce voile ténébreux, c. delav. Vép. sicil. i, 4. Il 11 n'y en a pas àdemi, il y en a beaucoup.|| Faire les choses à demi, ne pas faire tout ce qu'il conviendrait de faire. Le roi, qui ne sait pas faire les choses à demi, donne à M. d'Agen la survivance du gouvernement de son père, maintenon, lettre à Urne de St-<;éran, 4 mars 4 6»8.
— HEM. 1. Demi, placé devant le substantif, est
DEM
DEM
invariable: une demi-douzaine; mali, placé aprèa, il «'accorde : une douzaine et demie. L'invariabilité est la mémo au pluriel : des demi-auuei; ce ne sont que des demi-homme». Cette règle, qui est une exception consacrée par l'usage, n'existait pas dans l'ancienne langue. || I. Demi, placé après un substantif, ne prend jamais la marque du pluriel, l'accord ayant lieu non avec le substantirqui précède, mais avec un substantif suivant, qui est sous-entcnilu , et qui est toujours au singulier : il a étudié deux ans et demi, c'est-à-dire il a étudié deux ans et un demi-an. || 8. On ne fait point usage du trait d'union dans à demi mort, à demi fait, parce que à demi est un adverbe placé devant un adjectif auquel il n'est pas étroitement uni. Mais on met le trait d'union quand demi est joint à un substantif, & un adjectif ou i un adverbe : demi-vengeance, demisavant, demi-mort.
— IlIST. XI' s. Li burgeis qi ad en soun propre cbatel [bien] demi marc vailant, Lois de Guill. m. Demie Espagne fil] vous veit [veut] enfin doner, Ch. de /loi. xxxiv. |{ xii* s. Arrier [il] se trait demie arl>arestréo, Ronc. p. ««. Grant demi pié [il] les a fait alonger, ib. p. 189. De demie lieue [il] ne dist ne o ne non, Sax. xiv. De tut n'en pout aveir li sainz une demie, Th. lemart. et. || xiii* g. Cinq pies [il] ot et demi de long, plus n'en otmie, Berte, n. AIns qu'ele i eOst mes [demeuré] anée ne demie, ib. lx. So fust [fût-elle] demie morte, ib. Lxxxix. Ge n'ai, œ eroi, de sens demie; Ains 9s grant folie et grant rage, Quant au Dieu d'Amours fis hommage, la Sot«,*l*0. ||xiT* 8. Et quant jesui tout vostresans demi, machaolt, p. »4. || xv* i. Et là se tint [la roinej tout le jour et toute la nuit, ainsi que une femme demi-morte, froiss. n, n, /<a. Tant plain fu de merencolie Que je ne pcuz à lui parler Une parolle ne demie, Et ne cessoye de plourer, ch. o'orl. Départie d'am. en bail. Car heure ne suis ne demie. Qu'en diverse merencolie, m. Rondeau. Et tantestoit en la grâce de la reine du pays, qu'elle estoit son demi-lit, les nuits que ladite reine point ne coucboit avec le roi, louis xi, Kouv. xxvii. Jà Dieu ne melais.se tant vivre qu'autrui [autre] que vous ait part ne demie en ca qui est entièrement à vous, id. ib. xxxin. {|zTi*s. Avecques ung tiercelet d'autour, demye douzeine d'hespaignolz [épagneuls] et deux lévriers, rab. Garg. i, 2. Une messe bien sonnée estàdemy dicte, id. ib. I, 40, Deux escutz et demy d'or, ID. ib. I, 4e. Revenge n'en veux, ne demie, MÀROT, n, 343. Et comme on voit souvent l'obscure nue, Clereàmoyiié par célestes rayons, Ainsi nous est demy joie advenue, id. m, 77. Ceste cogitation, d'autant qu'elle demeure au milieu du chemin, n'est que demie, calv. Instit. 432. Ils en ont, à la vérité, & demy oublié leur office naturel, mom. i, <09. 11 me semble n'estre plus qu'à demy, id. i, 220. Marcher d'une demie lieue devant quelqu'un, m. i,232. Si nostre entendement estoit capable de la vérité, il la verroit entière aussi bien que demie et imparfecte,iD. u,3t8. S'il n'y est soudainement remédié, la France s'en ira demi déserte, lànoue, 42. Et j'estime qu'en six années le royaume se peut demi restablir,et en dix du tout, id. S8. Une demi douzaine, ID. 76. Dieu ne se contente pas de demi-obeissance, ains la veut toute entière ,tD. ib. Le mal de quoy on a bonne connoissance, est comme demi guerl,!». 468. Faire un demi tour, id. 32( . On n'y trouvera aucune ville qui soit à demi parfaite selon les règles des ingénieur», id. *%». Ils iroyent reconoistre le logis à demi-lieue près, id. 447. Ceulx qui estoient en sa compagnie retournèrent avec leurs galères demy chemin, amtot, Timol. 44. Un caveau lequel n'a air ny lumière de dehors aucunement, ny n'a porte ny demie, sinon une grosse pierre dont on bousclie l'entrée, ID. Philop. 33. La lireche n'estant que demie, ceux de dedans s'espouventerent , d'aub. //ùt. iiij 439.
— ÉTYM. Berry, dimi; provenç. demi, demicy ; du latin di'midtiw, du préfixe di, et médius, moyen (voy. Ml M.
DEMI- avec un trait d'union et composé soit avec nnsubstantif, soit avec un adjectif, (demi-dieu, demifrère, etc.) se trouve , quand il y a lieu , aux substantifs et adjectifs avec lesquels il est en composition, sauf un trfs-pelit nombre qui sontdonnés ci-dessous.
t DEMIAIGKKTTE (de-mi-è-grè-f), ». f. Espèce A» héron qui vit à Cayenne. || Au plur. Des demiaigrettes.
t DEMI-AIR (de-mi-ér) , ». m. Terme de manège. On des sept mouvements du cheval. || Au plur. Des demi-airs.
t DEHI-AHAZONE (de-mi-a-ma-zo-n') , ». f. Espèce de perroquet de U Guiane. || Au plur. Des ^emi-amazones.
t DEMI-ANGLAISE (de-mi-an -glê-z'), ». f. Garderobe à l'anglaise sans robinet. || Au plur. Des demianglaises.
t DEMl-ABPENTEUSE (de-mi-ar-pan-teû-z') , adj. f. Chenilles demi-arpenteuses, chenilles qui n'ont que quatorze pattes ou qui, en ayant seize, ont la première paire tellement courte qu'elles ne peuvent marcher que comme les véritables arpenteuses. \\ Au plur. des demi-arpenteuses.
DEMI-AUNE (de-mi-ôn'), ». f. La moitié d'une aune. || Au plur. Des demi-aunes.
t DEMI-AUTOUR (de-mi-6-tOUr), ». m. Terme de zoologie. Autour de taille moyenne. || Au plur. Des demi-autours.
DEHI-BAIN (de-mi-bin), ». m. Bain dans lequel le corps ne plonge que jusqu'à l'ombilic. Lorsque le bassin seulement est dans le bain, et les extrémités inférieures hors du liquide, le demi-bain est appelé bain de siège ou de fauteuil. || Au plur. Des demibains.
t DEMI-BANDE (de-mi-ban-d'), ». f. Terme de marine. Donner une demi-bande, incliner un bâtiment sur chacun de ses cAtés pour réparer sa carène. Il ^u plur. Des demi-bandes.
t DEMI-BASTION (ile-mi-ba-sti-on) , ». m. Terme dé fortification. Ouvrage qui ne se compo.se que d'unflancetd'uneface. || Auplur. Desdemi-baslions.
t UEMI-BATfOIK (de-mi-ba-toir), ». m. Sorte de petit battoir pour jouer à la paume. \\Au plur. Des demi-battoirs.
f DEHI-BAU (de-mi-bô), ». m. Terme de marine. Chacune des pièces qui composent un bau. || Au plur. Des demi-baux.
j DEMI-BOSSE (de-mi-bo-s'), ». f. Genre de sculpture tenant le milieu entre le bas-relief et la ronde bosse. Il .411 plur. Des demi-bosses.
t DEMI-BOTTE (de-mi-bo-f) , t. f. Terme d'escrime. Action d'un effet plus avancé que l'appel ou la feinte, et moins avancé que la botte. || Auplur. Des demi-bottes.
t DEMI-BKIGADE (de-mi-bri-ga-d') , ». f. Nom donné, pendant la première république française, à ce qui était auparavant et à ce qui fut depuis dit régiment d'infanterie et d'artillerie. \\Au plur. Des demi-brigades.
-j- DEMI-CASE (de-mi-ka-zO , *. f. Terme du jeu de trictrac. Flèche sur laquelle il n'y a qu'une dame. || .^u plur. Des demi-cases.
t DEMI-CEINT (de-mi-sin), t. m. || !• Ceinture d'argent que les femmes de condition inférieure
avaient accoutumé de porter Non ma foil j'ai
encore un demi-ceint , deux cottes.... hégnibr,- Sat. XI. La belle mit son corset des bons jours, Son demi-ceint, ses pendants develours, la pont. Ilerm. Il i' Terme d'architecture. Nom donné quelquefois à une colonne qui ne parait qu'à demi hors du mur. Il Au plur. Des demi-ceints.
— HIST. xiii* s. Richece ot ung moult riche ceint, la Rose, 4073. |{ xvi* s. Les femmes avoient encore leur demi-ceint; les reliques estoient entières; on n'a voit point touché aux joyaux de la couronne, Sat. Mén. Harangue d'Aubray.
— ÉTYM. Demi, et ceint. Chiot et chiute, sorte d'ancien vêtement, est-ce la même choseT Car cil demi chiot ou demi peliçon , Dont elles [les femmes] sont bordées ainsinc com heriçon.... j. de
MEUNG, Test. 4 228.
t DEMI-CEINTIEB (de-mi-sin-tié), ». m. Celui qui fabriquait les demi-ceints.
— HIST. XVI* s. Les petits mestiers : chainelier demy ceintier.... Édit, avril 1697.
DEHI-CERCLE (de-mi-sèr-kl'), ». m. Terme d'escrime. Sorte de parade. || On dit aussi cercle. IJFig. Rattraper quelqu'un au demi-cercle, reprendre sur lui l'avantage quand U croit l'avoir. || Au plur. Des demi-cercles.
t DEM 1-CLKF (de-mi -klé), ». /.Terme de marine. Sorte de nœud fait avec le bout d'un cordage qu'on a replié sur lui-même. || Au plur. des demi-clefs.
t DEMI-CUAINE (de-mi-ché-n') , ». f. Terme de danse. Sorte de pas figuré qui n'est que la moitié de la chaîna entière (voy. chaîne). Demi-chalne anglaise, pas figuré où les deux couples opposés exécutent un traversé, les dames passant au milieu, et s'arrétant chacune à U place de son vis-à-vis, au lieu de revenir à leur place par un nouveau traversé, comme dans la chaîne anglaise entière. |{ Demichatne des dames, pas figuré où les deux dames opposées traversent et vont faire un demi-tour de main avec le cavalier en face , et ne reviennent pas i leur place comme dans la chaîne des dames entière. \\Au plur. Des demi-chatuM.
t DEMI-COUPfi (dfl-mi-kou-pi) , i. m. Pas de danse
qui consiste à rapporter en avant le pied qui est
derrière, ou réciproquement, en pliant les genoux
et se relevant aussitét. Le demi-coupé, fort usité
autrefois, particulièrement dans le menuet, exige
deux temps: il se fait en avant, en arrière et de cAté.
Il Au plur. Des demi-coupés.
i t DEMI-COURSE ( de-mi-kour-s' ), ». f. Terme de
I danse. Sorte de course par laquelle le cavalier et la
; dame décrivent un demi-cercle seulement, au lieu
du cercle que décrit la course entière (voy. course).
\\Au plur Des demi-courses.
fDËMIELLER (dè-miè-lé), c. a. Enlever de la cire tout le miel qu'elle peut contenir.
— ÉTYM. Vi.... préfixe, et miel.
t DEMI-DOUBLE (de-mi-dou-bl'), ». m. Sorte de dégagement dans un appartement. Mon logement [à Versailles] tenoit la moitié du large corridor qui est vis-à-vis du grand escalier qui communique la galerie basse avec la haute; un demi -double sur ce corridor, qui en tirait le jour, pour des commodités et des sorties, st-sim. S60, (4 0.
— ÊTYM. Demi, et double.
DEMI-FORTUNE (de-mi-for-tu-n*) , ». f. Voituw
bourgeoise à quatre roues, tirée par un seul cheval. Il Au plur. Des demi-fortunes.
— ËTYM. Voiture ainsi dite, parce qu'elle suppose que |p possesseur n'est qu'à demi riche.
DEMI-LUNE (de-mi-lu-n') ,s.f.\\ 1" Ouvrage presr que triangulaire, que l'on construit vis-à-vis les courtines, se composant de deux faces formant un angle saillant vers la campagne et de deux demi -gorges pri.ses sur la contrescarpe de la place. Il fallait d'abord attaquer [à Valenciennes] deux demi -lunes, VOLT, iouis IIV, 4 3. Te souvient-il, vicomte, de celle demi-lune que nous emportâmes sur les ennemis au siège d'Arras? mol. Prie. 42. ||Fig. Marin: vous voyez clairement qu'elle seule est le maître et la maîtresse — Mirobolan : vous ne savez ce que vous dites. — Marin : non, mais je sais que vous venez d'être furieusement repoussé à la demi-lune, HAUTEROCHE, Crispin m<!decin, i, 4. || 2» Terme d'architecture civile. Partie circulaire à l'entrée d'un palais, à l'extrémité d'un jardin, à la rencontre de plusieurs allées. || 3° Terme de marine. Sorte de brise - lames. || 4" Terme de zoologie. Espèce de mouette. || Poisson du genre des sparcs.
— HIST. XVI' s. On adjousta la nuit une petite demie-lune, d'aub. Hist. III, 349.
— ETYM. />emt,etJ"ne; ainsi dite à causede la forme.
t DEMI-MOULINET ( de-mi-mou-li-né), ». m. Terme de danse. Voy. moulinet.
t DE.MI-QUEUE DU CHAT (de-mi-keû-du-cha) , ». f. Terme de danse. Voy. queue.
DÉMIS, ISE (dé-mî, mi-z'), part, possède démettre. Il 1* Luxé. Bras démis. || i' Oui a été destitué ou qui a donné sa démission d'un emploi, d'une fonction. Démis de sa place. || 8' Terme de pratique. Débouté. Être démis de son opposition.
t DEMISELLAGE (de-mi-zè-la-j' ) , ». m. Nom qu'on donnait, dans l'ancienne coutume, au célibat. Il Biens en demisellage, biens qu'un homme avait acquis avant de se marier.
— ÊTYM. Demisel, le même que damoisel.
DÉMISSION (dé-mi-sion ; en poésie, de quatra
syllal)es), s. f. \\ l' Acte par lequel ou renonce à une dignité, à un emploi. La démission des ministres a été acceptée. Us n'ont point donné leur démission, SÉV. 394. Après sa démission du protectorat, Richard Cromwell voyagea en France, volt. Louis XIV, ». Il II se dit aussi quelquefois de l'acte par lequel on ôte à quelqu'un un emploi. Les intérêts de M. de Pomponne ne sont pas encore réglés; il a sa démission et n'a point encore d'argent, sÉv. 396. || ï' Ancien terme de jurisprudence. Démission de liicns, abandon général qu'une personne faisait dese>bien» à ses héritiers présomptifs, moyennant certaines charges et conditions. || Terme féodal. Démission da foi, aliénation que faisait un vassal d'une partie do fief sans rétention de foi, en sorte que cette partie était, parle nouveau possesseur, tenue en plein fief.
— HIST. XVI* s. Autant de discorde à l'eslection, que de convanance à la desmission, mont, iv, 83. Se jouer de son fief [le démeml)rcr] sans démission de foi [sans perdre son droit de seigneur], lotsel, B44 . Déclarant par mots exprès qu'il y a cntreregne, afin que nul d'entre vous ne puisse prétendre causa d'ignorance de cette desmission [déchéance], d'aub. Uitt. n, 4 96. Depuis qu'il est parvenu au supresme grade d'honneur de la chrastienté, par la démission que luy a faicte de la couronne impériale l'empereur Charles V son frère, carl. viii, î«.
— STYM. Lat. dt'mùiio, renvoi; de dimistum, supin de dimittere (voy. DtinsTTREi.
DÉM
DfiMISSIONNAIRE (dé-mi-sio-nê-r'), *. m. et f.
\\ 1° Ancieiineiiienl, celui, celle en faveur duquel se fait la démission. 1| 2° Aujourd'hui celui ou celle qui a renoncé à une dignité, à un emploi. || Adj. Un employé démissionnaire.
— REM. Les substantifs de ce genre en aire ont ordinairement le sens passif : donataire , celui à qui l'on donne; légataire, celui à qui on lègue; cela est surtout vrai quand ils viennent de verbes où l'on peut distinguer le sens actif et le sens passif. Dans d'autres cas ils ont le double sens passif et actif, comme démissionnaire, comme pensionnaire, celui à qui on paye pension, et celui qui la paye. Dans d'autres cas enfin ils n'ont que le sens actif : commissionnaire, celui qui fait des commissions.
— ÉTYM. Démission.
t DÉMlSSOlRE (di-mi-ssoi-r*), s. m. Voy. w-
HISSOIRE.
t DÉMITRER (dé-mi-tré), v. a. ôter la mitre, faire perdre le rang d'évèque. Nous ne voulons pas vous démitrer, volt, dans laveaux.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et mitre.
t DCMIURGE (dé-mi-ur-j'), s. m. Terme de philosophie ancienne. Nom donné par les Platoniciens à l'intelligence créatrice.
— ÊTYM. Lat. demiurgus, du grec Sr)|jiioupifô;, de S^liio;, commun, général, public, etlfioy, œuvre
(voy. ORGANE).
DÉMOCR.^TE (dé-mo-kra-f), j. m. Celui qui est attaché aux principes, aux institutions de la démocratie. Il Adj. Je n'étais pas M. de Luxembourg ou le prince de Conti; je n'ai pas, malgré les préjugés du rang et les scrupules de la croyance, accueilli dans mon château J. J. Rousseau, philosophe démocrate et libre penseur, villemain, Littér. fr. du xviir tiède, II* part. 2' leçon.
— ÉTYM. Voy. DÉMOCRATIK.
DÉMOCRATIE (dé-mo-kra-sie) , ». f. Gouvernement où le peuple exerce la souveraineté. Ce fut un assez beau spectacle dans le siècle passé de voir les efforts impuissants des Anglais pour établir parmi eux la démocratie, montesq. Esp. m, S. || Société libre et surtout égalilaire où l'élément populaire a l'influence prépondérante. || État de société qui exclut toule aristocratie constituée, mais non la monarchie. On dit en ce sens : la France est une démocratie. Il Régime politique dans lequel on favorise ou prétend favoriser les intérêts des masses. La démocratie impériale à Rome. || Le parti démocratique, la partie démocratique de la nation. La démocratie anglaise fait des progrès.
— msT. xiv s. Démocratie, espèce de policie en laquele la multitude des populaires a domination, ORiiSME, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Aitiu.oxpaT£a, de 2>i(io{, peuple (voy. DÊME 2), et xpàTo;, autorité.
DÉMOCRATIQUE (dé-mo-kra-ti-k'), adj. Qui appartient à la démocratie. Gouvernement démocratique. Esprit démocratique. Les grenouilles, se lassant De l'état démocratique , Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique, LA FONT. Fabl. ui, 4.
— HIST. XIV' s. Les policies démocratiques sont plus seures et plus durables que ne sont les olygarchiques, ohesme. Thèse de meunier. Ceulx qui se gouvernent selon policie démocratique reputent que liberté est la dignité selon laquele l'en doit faire distribucion, ID. Eth. (48.
— ÉTYM. AriiioxpttTtxi; , de Sir||ioxpaTCix , démocratie.
DÉMOCRATIQUEMENT ( dé-mo-kra-ti-ke-man ) , ode. D'une manière démocratique. Un pays régi démocratiquement.
— ÉTYM. Démocratique , et le suffixe ment.
t DÉMOCRATISER (dé-mo-kra-ti-zé). || 1* F. a. Conduire à la démocratie, [j 2° V. n. Afficher des principes démocratiques.
— HIST. XIV» s. Démocratiser, estre en démocratie, ORESME, Thèse de MEUNIER.
— ÉTYM. Démocrate, et la finale iser qui signifie effectuer.
t DÉMODÉ, ÉE (dé-mo-dé, dée) , part, passé. Qui n'est plus à la mode.
t DÉMODER (dé-mo-dé), v. n. Mettre hors de la mode. Il Se démoder, v. réfl. N'être plus à la mode. Cette étoffe s'est très-vite démodée.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et mode.
t DÉMOGRAPHE (dé-mo-gra-f), s. m. Celui qui s'occupe de démographie. Les démographes ont, pour mesurer la vie moyenne, deux méthodes qui conduisent au même but en se contrôlant l'une par l'autre. Presse scientifique, iset , 1. 1, p. 234.
— ÉTYM. A^p.o(, peuple, etifi(ftn, décrire.
DEM
i DËMOGRAPHIR (dé-mo-gra-fle), i. f. Terme didactique. Description des peuples quant à la population considérée suivant les Sges, les professions, les demeures, etc. La démographie qui est l'histoire naturelle de la société. Presse scientifique, 188), t. 1, p. 23Ï.
t DÉMOGRAPHIER (dé-mo-gra-fi-é), v. a. Faire la démographie. La concordance des deux expressions de la vie moyenne ne pourra se vérifier complètement pour les villes que lorsqu'on se sera décidé à les démographier plus exactement qu'on ne la fait, Presse scientifique, 4881, t. i,p. 238.
— ÉTYM. Démographe.
t DÉMOGRAPHIQUE (dé-mo-gra-fi-k*), adj. Qui appartient à la démographie. La division démographique de l'annuaire, Presse scientifique, «sei, 1. 1,
DEMOISELLE (de-moi-zè-1'), t. f. || l* Autrefois, fille et même femme née de parents nobles. Ahl qu'une femme demoiselle est une étrange affaire I et que mon mariage est une leçon bien parlante à tous les paysans qui voudraient s'élever au-dessus de leur conditioni mol. G. Dand. i, 4. Dire de cellelà qu'elle n'est pas demoiselle, la brot. vui. Mettre des bourgeoises là où le roi ne veut que des demoiselles, c'est tromper les intentions du roi, maintenon, Lett. à M. de Villette, 5 oct. 4684. Toi qui as tant gémi d'être née demoiselle, J. J. Rouss. Hil. IV, 13. Je puis vous assurer que, par son bon esprit, par les qualités de l'âme et par la noblesse des procédés, elle est demoiselle autant qu'aucune fille, de quelque rang qu'elle soit, puisse être, mabivadx, Marianne, T part. || Les demoiselles de St-Cyr, les jeunes filles nobles qui étaient élevées à St-Cyr. Renvoyez les demoiselles de St-Cyr, quand vous ne croirez pas qu'elles sont de bonnes bernardines, haintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 24 oct. 4705. Il 2" Demoiselle a été aussi le nom des femmes mariées non nobles, mais bourgeoises. || 3° Aujour- . d'hui, dénomination de toutes les fillesdefamillequi { ne sont pas mariées. Deux d'entre elles étaientdesde- ; moiselles de cinquante ans, timides comme à quinze, mais beaucoup moins gaies qu'à cet âge, staBl, Corinne, xiv, 1. 1| Rester demoiselle, ne pas se marier. Il Être encore demoiselle, n'être pas encore mariée. Il Demoiselle d'honneur, titre de jeunes filles nobles qui avaient un service auprès des reines et des princesses. || Demoiselle d'honneur se dit aujourd'hui quelquefois pour fille d'honneur, jeune fille qui accompagne la mariée et quêta à l'église, || 4° S. f.plur. Nom donné, à cause de leur déguisement, à des bandes factieuses de paysans de l'Ariége et de la Haute-Garonne , qui commettaient des délits dans les forêts. || 6* Terme d'histoire naturelle. Libellule, insecte à quatre ailes membraneuses. La demoiselle, avec son corsage bleu et ses ailes transparentes, se repose sur la fleur du nénufar blanc, chateaub. Génie, i, v, 40. J'attendais, d'un fourmilion si bien nourri, une demoiselle proportionnée à son énorme corpulence; et je ne fus pas médiocrement surpris (|uand je vis paraître une demoiselle dont la taille n'avait rien du tout de remarquable, bonnet, Observ. 4o», Insectes. Ce n'est pas l'humble ver, les abeilles dorées, La verte demoiselle , aux ailes bigarrées , Qu'attendent ses petits [de l'aigle], béants, de faim pressés, v. hugo, Odes, IV, 17. Il 6° Nom de divers oiseaux, entre autres de la mésange à longue queue. || Demoiselle de Numidie, espèce du genre grue, bel oiseau d'Afrique qui imite, comme le singe, tout ce qu'il voit faire aux hommes; il a sur la tête une fort belle touffe de plumes, et d'autres plumes à l'entour qui lui forment comme des oreilles. [La duchesse de GesvresJ C'était une espèce de fée, grande et maigre, qui marchait comme ces grands oiseaux qu'on appelle demoiselles de Numidie, st-sim. 443, 228. || 7' Terme de pêche. Le squale-marteau. || 8 Pièce de bois, dite aussi hie, de trois ou quatre pieds de haut, ronde et ferrée par les deux bouts, et munie de deux anses au milieu qu'on empoigna quand on veut se servir de cet outil. La demoiselle sert aux paveurs à enfoncer les pavés. || 9° Terme de marine. Listeau de porte-hauban. || Cheville en fer qu'on nomme aussi dame. (] 10" Outil de bois tourné pour ouvrir les doigts d'un gant. || Terme de moniiayeur. Verge de fer empêchant les charbons de couler, avec la matière fondue, de la cuiller dans le moule. || Espèce de jambier qui soutient le cheval des scieurs de long. Il 11" Bouteille de grès, remplie d'eau chaude, servant à échauffer les lits. On dit aussi moine. || 12* Variété de poire. || Proverbe. C'est un temps de demoiselle, ni pluie ni vent ni soleil.
— REM. Dans le langage commun , on dit voir*
DÉM
demoitell» pour votre fille : Commant va votre demoiselleT mais cela n'est pas du bon usa^e; avec le mot demoiselle, comme avec les mots dame et sieur, il n'est pas de bon ton d'employer les adjectifs possessifs de la 2* et de la 3* personne. On demande : Comment se porte mademoiselle , et non pas votre demoiselle, ou sa demoiselle. De même on dit comment se porte madame, et non votre dame.
— HIST. z* s. La domnizelle celle kose non contredist, Eulalie. || il* s. X lui vient Aude, la bêle damisele, Ch. de Roi. cclxx. || zu' s. Damisele Aude, mais celer nel poons [pouvons], Rone. p. 4 70. Pur ço cil de sa maisun pristrent eu cunseil, que il querreient une dameisele ki fust devant le rai, ail [si le] servis!.... itott, 220. || ziu* s. Dames et damoiseles prennent à festoyer, Berte, xi. Se fié escheit à damoiselle qui ait douze ans ou plus, Ass. de J.i, t83. Se ele est dame, qu'ele y envoit chevalier; et s'ele est demoiselle, que elle y envoit escuier, beaoh. xxix, 4». Puisque le [la] demiselle estoit mariée, combien que ele eust d'aage, ele estoit venue en aage de terre tenir, id. xv, 29. jj xv* s. Piètre du Bois s'en vint un soir chieuz ce Philippe qui demeuroit avec sa demoiselle demera, froiss. u, u, 404.
— STYM. Provenç. et espagn. damisela; itaj. domigella; du bas-latin dominicella, dérivé de domina (voy. dame).
t DEMOISILLOIÏ (de-moi-zi-llon, H mouillées), s, f. Terme méprisant. Petite demoiselle.
— ÉTYM. Diminutif de demoiselle.
t DÊMOISIR (dé-moi-zir), v. a. ôter les moisissures attachées à un objet.
— HIST. ivi* s. Connaissant l'iniquité du père, qui laissoit moisir sa fille, de peur de demoisir ses
eSCUS, MARGDER. iVoUV. 44.
— ÉTYM. Di.... préfixe, et moùtr.
DÊItlOLI, lE (dé-mo-li, lie), part, patt^ de démolir.Dont les pierres, dont les pièces ont été séparées, en parlant de murs et de charpentes. Un mur démoli. Une cloison démolie. Le sang coule partout; nos palais démolis Dessous cas rouges flots sont tous ensevelis, MAiR. M. d'Asdrub. i, >. Et l' un iven n'est point encore démoli, tristan, Mariane, v, 3.
DÉMOLIR (dé-mo-lir), v. o. || !• Rompre la liaison d'un édifice, d'une masse construite. On démolit ce temple et ces autels chéris, volt. Al%. a, 4. La paix fut faite à ces conditions : qu'on démolirait les fortifications du Pirée, avec la longue muraille qui joignait le port à la ville, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. 91 , dans pougens. Pour punir un si grand outrage, il [Théodose] résolut d'abord de confisquer tous les biens des citoyens d'Antioche, d'en brûler toutes les maisons avec tous ceux qui les habitaient, de la démolir jusque dans ses fondements, FLÉCH. Hist. de Théod. m, 79. || Terme de marina. Mettre en pièces un navire hors de service. Il Par extension, démolir un corps de troupe, lui faire subir dans un combat de très-grandes pertes. L'aide de camp répondit qu'il y faudrait la garde pour achever : Non , reprit Napoléon , je m'en garderai bien, je ne veux pas la faire démolir, je gagnerai la bataille sans elle, ségbr, Hist. de Sap. VII, 9. Il 2* Populairement, terrasser. Démolir son adversaire. || Ruiner le crédit, l'influence, la réputation, surtout quand elle est usurpée. Il faut démolir cet homme. U sera bien facile de le démolir. Il On le dit aussi en parlant de la santé. C'est un homme démoli.
— HIST. xv's. Lesquiliavoient jà tous les champs couvers De gens de guerre et gros canons divers Pour desmollir rampars et boulevers Par durs assaulz, COQHILLART, p. 80, dans HCUHRB. Il XVI' s. Tl advient aucune fois que les sangliers foulent les chiens du bout de la hure sani les blesser, comme aux endroits des costes, aux hanches et lieux nerveux; si de fortune ils avoient quelque chose démoli ou rompu, on les doit faire habiller, fouilloux, Fenerte, f" 84, dans lacurne. Es ungs rumpoyt braz et jambes, es aullres desmolloyt les reins, rab. Gar. I, 27. Comment Gargantua démolit le chasteau du gué de Vede, id. ib. i, 34. Je ay délibéré dedans huyctainedemolir ycelluy figuier, id. Pant. iv, prol. Rienneprouffictoyent ses engins et molitions; tout estoyt soubdain demoly et remparé par les Tyriens, ID. «b. IV, 37. La ville estoit entièrement démolie et destruite, amtot, Cam. B2. Us démolirent lamine et tuèrent tous les mineurs, d'aub. Hist. m, 298.
— ÉTYM. Wallon, dimoUre; provenç. demoiht'r; espagn. démolir; ital. demolire; du latin demoliri, de la préposition de, «tmoliri, entasser, de molet, masse (voy. mAlk).
t DÉMOLISSEUR (d4-mo-li-seur) , #. m. ||1» Celui qui démolit, qui aime k démolir. || Celui qui acheta
DÉM
DËM
DÏIM
lo» Tleux édifices pour le» démolir. || 2' Flg. Celui qui aUnque les opinion» reçue», les institutions. Je «uU grand démolisseur, volt. UtI. Mme du Deffanl, i" juin <770. Je n'ai jamais vu en lui [Mallebranche] qu'un asseï bon démolisseur, mai» un mauvais architecte, D'AtEHS. Utt. au roi de Pruste, » nov. fie*.
— RTYM Démnlir.
DÉMOLITION (dé-mo-ll-»ion; en poésie, de cinq syllabe»), s. (. || 1* Action de démolir. La démolition est commencée. Théodose reçut en même temps la nouvelle de la démolition du temple fameux de Sérapis dans Alexandrie, fléch. Hitt.deThéod. in, 14 2. Il i' S. f. pi. Matériaux qui restent de ce qu'on a démoli. Comme, en abattant un vieux logis, on en réserve ordinairement les démolitions pour servir i en bâtir un nouveau, desc. Méth. m, s.
— HIST. xrv s. Geste instance de démolition et maie aventure aux François fu pronostiquée. Chroniques franc, dans lacurne. |{ xvi* s. Il ajousta à cela la desmolition des temples et des tombeaux, d'aub. Hitt. Il, 3).
— ÉTYM. Provenç. démolition; espagn. démolition, ital. detnoJtïione; du latin demolilionem, de demoliri, démolir.
UÉMON (dé-mon), (. m. {| 1° Dans le polythéisme ancien, génie, esprit bon ou mauvais. Que l'honneur de mon prince est cher aux destinées I Que le démon est grand qui lui sert de support I malb. u , 7. Que saurait enseigner aux princes Le grand démon qui les instruit, 10. m, i. Or qu'en un saint ouvrage un saint démon m'appelle, régnikr, Poem. *. On plus puissant démon veille sur vos années, cobn. Cinna, ii, •. Leur chef nous a paru le démon des combats, id. Tois. i, a. [Il] Respecterait en lui le démon de l'empire, id. Pulch. m, 3. ô ciell quel bon démon devers moi vous envoie, Madame? id. Héracl. v, S. Que les hommes, les dieux, les démons et le sort Préparent contre nous un général effort, ID. Ilor. u, S. Quel démon envieux M'a refusé l'honneur de mourir à vos yeuiî rac. Brit. II, 6. Fatale furie Que le démon de Rome a formée et nourrie, ID. Jfitfir.v, *. Les trois Furies, les trois Parques, les mauvais démons, la roue d'Ixion sont des chimères absurdes, volt. Dial. 23. Platon avait imaginé les démon» pour former une échelle par laquelle, de créature plus parfaite en créature plus parfaite, on montAt enfin jusqu'à Dieu, didehot , Opin. des anc. phil. {philosophie antédiluvienne). |{ Le démon de Socrate, voix mystérieuse que Socrate disait lui parler et lui donner des conseils. On ne convient pas de ce qu'était ce génie, appelé ordinairement le démon de Socrate, d'un mot grecquisignifie quelque chose qui tient du divin, conçu comme une voix secrète, rollin, Hist. ane. t. iv, p. 359. Le Démon de Socrate, titre d'un livre où M. Lélut cherche à prouver que le démon de Socrate était, chez ce philosophe, une hallucination de l'ouïe. || Fig. La peine et la récompense sont les deux démons qui gouvernent les choses humaines, balz. Socr. chrét. dise. 10. Deux démons à leur gré partagent notre vie, Et de son patrimoine ont chassé la raison.... J'appelle l'un amour et l'autre ambition, la font. Fabl. X, *o. Il 2° Dans la religion chrétienne, les diables, les esprits malins, par opposition aux anges. Que les démons et ceux qui les adorent Soient à jamais détruits et confondus! rac. Esth, ii , 9. C'est une étrange vision, Et cependant, ange ou démon. J'ai vu partout cette ombre amie, a. de hus- »ET, Poésies nouv. Nuit de décembre. || Le diable, Satan, prince des démons, et principe du mal. Les ruses du démon. Et bravant du démon l'impuissant artifice. De la religion soutient tout l'édifice, bac. Exth. prol. Vous irez crier partout qu'il faut être organe du démon pour vous imputer des choses dont il n'y a ni marque ni vestige dans vos livres, PASC. Prnv. 16. Il Démon du midi, sorte de démon, signalé dans la Bible, et, par extension, nom donné i Philippe II, roi d'Espagne, à cause du mal qu'il faisait et de sa résidence dans un pays du midi. Il Kig.etfamilièreraent, avoir de l'esprit comme un démon, avoir beaucoup d'esprit. || 8" Personne méchante qui se plaît à tourmenter les autres. Cet homme est un vrai démon, un démon incarné.
il Faire le démon, faire du bruit, s'emporter. || Faire e petit démon, même sens, avec cette nuance qu'il s'agit alors de quelque résistance de la part d'une jeune femme, d'un jeune homme, résistance qu'on veut caractériser d'une façon aimable. Votre esprit contre moi fait le petit démon, mol. i'^lour. i, 10. 11 a fait le pi^tit déiuon quand je lui ai dit que vous m'aviez envoyé de l'argent pour lui , il n'en a que faire, sitv. 157. || Faire le démon, se dit auiisi en
bonne part , en parlant d'une résistance ou d'une attaque honorable. Le maréchal de Créqui fait toujours le démon dans Trêves [assiégée], siv. 2U. Il II se dit d'un enfant vif et malin. C'est un petit démon. Il Comme un démon , se dit sans y attacher nécessairement de mauvaise idée, pour signifier impétuosité, ardeur, violence, etc. Le petit-fil» de St-Hérem, qui courait comme un démon k cheval avec le comte de Toulouse, tomba et fut trois heures sans connaissance, stv. 471. || 4* Ijl cause de l'inspiratlan, des impulsions bonnes ou mauvaises. Le démon de la guerre, des combats. Que faisonsnous, Romains? Ditil, et quel démon nous fait venir aux mainsT corn. Hor. i, 3. Quel démon vous irrite et vous porte k médireT boil. Sat. ix. Dés lors que son démon commence à l'agiter. Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter, id. Sat. vin. Èht que serait-ce donc »i le démon du jeu Versait dans son esprit sa mineuse rage? m. Sat. x. Térence n'est pas possédé de ce démon-là, dider. .Sur Tirence. Celui qu'un vrai démon [l'inspiration] preeie, enilamme, domine, Ignore un tel supplice, il penie, il imagine, a. chEn. 12.
— HiST. XIV* s. Et semblablement à toute» choses appartenantes au cultiveinent des demone», ORESME, Eth. 114. Il XVI* S. Comme si le daimon qui garde nostre France Eust fait avec le tien étemelle alliance, pasquikr, Lettres, t. i, p. 28«, dans lacurne.
— ETYM. Provenç. demoni; catal. dimoni; espagn. et ital. demonio; du latin d.-emonium , de dxmon. de Sa(|u<>v, génie bon ou mauvais.
t DÉMONARCHISER (dé-mo-nar-chi-zé), v. a. Ruiner dans un pays le système monarchique.
— ETYM. Dé.... préfixe, monarchie, et la finale iser.
DÉ.MONfiTISATlON (dé-mo-né-ti-za-sion), «. f. Action de démonétiser. Démonétisation de l'or, des assignats || Ëtat de ce qui est démonétisé.
— ETYM. Démonétiser.
DÉMONfiTlSÉ, ÊE (dé-mo-né-ti-zé, zée), part, passé. Les louis démonétisés. || Fig. Qui a perdu son crédit. Un homme démonétisé. Une opinion démonétisée.
DÉMONÉTISER (dé-mo-né-ti-zé) , v. a. ôter à une monnaie, à un papier-monnaie, la valeur que la loi lui avait attribuée. || Fig. Déprécier, rabaisser. || Se démonétiser, v. réfl. Rtre démonétisé
— tTflt. Dé.... préfixe, et le latin moneta, monnaie (voy. ce mot).
DÉMONIAQUE (dé-mo-ni-a-k'), adj. || 1" Qui est possédé du malin esprit. Une femme démoniaque. Il 8° Substantivement. Homme, femme en proie au malin esprit. Mais, aurait répondu le comédien, un roi qui s'entretient tout seul avec son capitaine des gardes parle un peu plus humainement et ne prend guère ce ton de démoniaque, mol. Impr. l. || Dans le langage de la médecine actuelle, aliéné, aliénée qui, attaquée de mélancolie, croit que le démon est logé dans son corps. || 8* Personne colère, passionnée. Après cette comédie, jouée à ses propres dépens, vous croyez bien qu'au moins il [le fantasque] ne fera plus le démoniaque; hélas t vous vous trompez, PÈN. t. XIX, p. 462. Il 4* Membre d'une secte d'anabaptistes qui croyaient au salut final des démons.
— HIST. XIV* s. Pierre Nagot a esté le plus du temps, et par especial en tempsd'esté, fol et demoniacle, et s'est plu.sieurs fois voulu noyer, du cange, dcrmom'ocus. || xv* s. Tu ensuis les Pharisiens, appelant Jesus-Christ deceveur et demoniacle, mons-
TREL. liv. I, ch. 47. Il xvi* s Une garce que le
prestre lielovet instruisoit à faire la démoniaque, d'aub. Conf. I, «. Selon la coustume des demoniacles, PARÉ, XIX, 32. J'aime l'allure poétique, à saults etàgambadesi c'est un' art, comme dict Platon, legiere, volage, demoniacle, mont, iv, 138.
— ETYM. Provenç. demoniayx, demoniat ; inc. catal. dimoniat; espagn. et ital. demoniaco ; de dxmoniacus, de Sai|iLOviaxi;, de £a{|Udv, démon.
t DÊMONICOLE(dé-mo-ni-ko-r), s. m. Adorateur des démons; nom donné aux païens par les chrétiens.
— ETYM. Démon, et le latin coJere, adorer.
•j- DÉMONISMK (dé-mo-ni-sm'), s. m. Croyance aux démons.
— ETYM. Démon.
t DÉMONISTK (dé-mo-ni-sf), s. m. Celui qui croit à l'existence des démons bons ou mauvais.
— ETYM. Démon.
t DÉMONOCKATIK (dé-mo-no-kra-sie), ». f. Inlluence des démons.
— ETYM. Démon , et xpiXTo;, autorité.
DÉMONOGRAl'HE (dé-mo-no-gra-P), s. m. Auteur qui a écrit sur les démons. Opinions maintenues
obstinément par la plupart de nasdémonographet, 0. HAUDÈ, Apologie, préface. On distinguait parmi les auteurs une classe de démonographes, volt. Louis JJT, 31.
~ ETYM. Âa(|u«v (voy. d^hon), etfpi^Mtv, écrire
(voy. GRAPHIQUE).
t DÉMONOftRAPHIE (dé-mo-no-gra-fle), ». f. Traité de la nature et de l'infiuence des démons.
— ETYM. Démonoi/raphe.
t DÉMONOLATRÊ (dé-mo-no-lâ-tr'), ». tn. Adorateur des démons.
— ÊTTM. Démon, et XiTptûtiv, adorer.
t DÊMONOLATRIB (dé-mo-no-14-trie), ». f. Adoration des démons.
+ DÉMONOI.OGIE (dé-mo-no-lo-jie), ». f. Théorie des démons.
— HIST. XVI* g. Une jeunedame instruite de demonologie, qui jouoit aussi bien que feu monsieur François Villon en la diablerie St Haiiant, d'aub. Conf. I, «.
— ÉTYM. Aa(|«ov, démon, et XifOi, traité.
+ DÉMONOMANCIK (dé-mo-no-man-sie), I. f. Divination par l'inspiration des démons.
— ÉTYM. Démon, et le suffixe mande.
tDÉMONOMANR (dé-mo-no-ma-n') , ». m. et f.
Celui, c^lle qui est affectée de démonomanie.
DÉMONOMANIE (dé-mo-no-jna-nie ) , ». f.
Il 1* Terme de médecine. Variété de l'aliénation raent.ile,dans laquelle le malade est tourmenté de l'idée d'être possédé du démon. S'il n'eût lais.sè des marques et vestiges de son humanité dans cette démonomanie, G. naudé. Apologie, p. 127. || 2" Titre de livres traitant des démons et de la possession. Je lui apprendrai l'astrologie, la démonomanie, volt. Zadig, ».
— HIST. XVI* S. La démonomanie, titre d'un ouvrage de Bodin.
— Etym. Aai(jiii)v (voy. démon), et (lavia, manie.
DÉMONSTRATEUR (dé-mon-stra-teur), ». m. Celui qui démontre, enseigne une science. || Plus particulièrement, celui qui donne des leçons pratiques de botanique ou d'anatomie. Un jardin royal des plantesavec un démonstrateur appointé, j. j. Ronss. Conf. v. Il avait été démonstrateur en chimie au jardin royal, mairan, Éloges, Boulduc. Le jardin d'Upsal, remis dans un meilleur ordre, devint digne du démonstrateur qui, de toutes les parties de l'Europe, y attirait des disciples, condorcp.t, Linné.
— ETYM. Lat. d?tnon»(ra(or. de demonslrare, démontrer.
DÉMONSTRATIF, IVE (dé-mon-stra-tif, ti-v'), ad). Il 1* Qui démontre, qui sert à démontrer. Et je prouverai en toute rencontre, par des raisons démonstrativesetconvainquantes....MOL. ifar. /^orc<(, «. Et, comme je vous fis voir l'autre jour par raison démonstrative, il est impossible que vous receviez, si vous savez détourner l'épée de votre ennemi de la ligne de votre corps, id. Bourg, gent. ii, 3. Cela est démonstratif , pascal, dans cousin. Cette raison, qui pouvait n'être pas démonstrative, ledevient.en quelque sorte, pour M. Guglielmini, [larce qu'elle venait d'un maître qu'il chérissait, ponten. Guglielmini. Il 2° Terme de rhétorique. Genre démonstratif, celui des trois genres d'éloquence qui a pour objet la louange ou le blâme. || Substantivement. Le démonstratif, le genre démonstratif. || 3* Terme de grammaire qui exprime une idée d'indication. Ce, cet, cette, ces, sont des adjectifs démonstratifs; celui, celle, sont des pronoms. || <• Qui démontre vivement tout ce qu'il a dans l'âme. Il a beaucoup menacé, beaucoup crié : mais ne vous en elTrayez pas, il est très-démonstratif,etles eflets suivent rarement. Il Plus particulièrement, et en bonne part, qui témoigne des intentions bienveillantes, luette personne est très-démonstrative.
— HIST. XIV* s. Sillogisme démonstratif et évident, ORESME, Thèse de meunier. Raisons évidentes, démonstratives, iD. iti. Ja sôit ce que l'esprevier et l'ostour soit peOs entre le pouce et le doit démonstratif, toutes voiesles autres oiseaulx sontpeiis à plain poing,Jf^na{rter,iii, 2. || xvr s. Les advocat» de la transsubstantiation pen.sent que ce mot démonstratif, ceci, se rapporte k l'espèce du pain, Calt. Instit. 1110. Laquelle proposition ne se peut prouverparraisondemonstrative.AMTOT, lf(ir«//.2).
— ETYM. Provenç. d*mosrro»iu ; espagn. démosttativo; portug. demonstratito ; ital. dimo»lralit'o,'du latin demontlrativus, de demonstrare, démontrer.
DÉMONSTRATION (dé-mon-stra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1* Rausonnement qui prouve avec évidence. Le fruit de la démonstration est la science, boss. Connaist. I, 13. Vuilà contre vousU
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plus complète démonstration que l'on pût faire, Boss. Théol. le tourne ma réponse en démonstration contre l'auteur, ir.. Satisf. \\ 2° Tout ce qui sert à démontrer. Les faits sont la meilleure démonstration de cette proposition. || 8° Leçon dans laquelle on met sous les yeux des élèves les objets mêmes dont on leur parle. || 4° Manifestation des dispositions, des intentions. Des démonstrations hostiles. Des démonstrations d'amitié. Ce serait une chose insupportable que Chimtne en convînt [de son mariage] avec Rodrigue dés le lendemain qu'il a tué son père, et Rodrigue serait ridicule s'il faisait la moindre démonstration de le désirer, corn. <•' dise, du pnémc dramatique, p. (2. Recevoir quelqu'un avec de grandes démonstrations de joie, patbo, /"iaido!/cr7,dans eichelet. Les démonstrations que vous recevez dans votre gouvernement, sÉv. 623. Toutes les démonstrations qu'il nous fait, et dont il serait honnête d'être la dupe, plutôt que d'être capable de le soupçonner injustement, id. Leit. UK nov. 1670. Quelque démonstration que fit Henri de vouloir, dans cette occasion, des conseils sincères, il ne pouvait rendre aux évêques la liberté que ses cruautés leur avaient ôtée, boss. Yar. vn, § 74. Je m'attends à des démonstrations d'une joie bien sincère, iiaintenon. Lettre au duc de Noailles. B août i/io. Habitué aux démonstrations orageuses de la passion des Italiens, staël, Corinne, iv, (. Il Terme militaire. Manoeuvre qu'on fait pour donner le change sur les desseins véritables. 11 fit une démonstration sur l'aile droite de l'ennemi. Le viceroi s'apercevait que la plupart de ces Moscovites, attirés par ses démonstrations, s'étaient portés à la gauche de la route, ségur, Hist. de Napol. x, 4.
— SYN. DÉMONSTn AXIONS D'AMITIÉ, TÉMOIGNAGES
D'AMiTié. Démonstration va tout à l'extérieur, aux airs du visage, aux manières agréables, à un accueil obligeant. Témoignage est plus intérieur, et va au solide, à de bons offices, à des services essentiels. Un faux ami peut donner des démonstrations d'amitié, il n'y a qu'un véritable ami qui puisse donner des témoignages d'amitié. C'est une démonstration d'amitié que d'embrasser une personne; c'est un témoignage d'amitié que de prendre ses intérêts, BOUHOURS , Rem. nouv.
— HIST. xiii* s. Mais raison ainsinc le li prueve, Oui les demonstroisons i trueve, la Rose, <7034. Il xiv s. Il appartient à celui qui a sapience avoir démonstration d'aucunes choses, ORESME, Eth. <76. Science est par démonstration, u>. Thèse rfc meunier. Il xvie s. Nous avons une certaine démonstration par laquelle toute ceste question se peut vuider, CALV. Instit. 468. Je n'eusse pas pensé d'avoir veu en tel temps tant de demonstracion d'amour et d'obeissance, marg. Lett. xxxui. Craignant que la démonstration qu'il avoit faite de son désir lui fist perdre la privauté qu'il avoit avec elle, id. Nouv. XXII. Faire démonstration [sembler] de craindre, mont. I, <5. Propositions dont ou ne peut trouver les demonstrationsintellectives par raisons indubitables, AMYOT, Marcell. 2i, 27. Et comme il passast à travers le pais de la liœoce sans aucune démonstration de guerre, id. Flamin. 10.
— ÉTYM. Provenç. demostratio ; espagn. demonstracion; ital. dimostraiione ; du latin drmonstrationem , de demonstrare, démontrer. L'ancienne forme desmonstroison est la plus régulière comme oroison ou oraison d'orationem. L'ancien français avait aussi demonstrance , formé comme remontrance et usité jusque dans le xvi* siècle, et demonstrement.
DÉMONSTRATIVEMENT ( dé - mon - stra - ti- ve man), adv. D'une manière démonstrative, convaincante. Bien que l'utilité de ce système se puisse prouver aussi démonstrativement qu'une proposition de géométrie.... vaub. Dlme, p. (32. C'est un fait qui ne se peut contester ni pallier [l'abandon de ses troupes par Vendême], et qui prouve démonstrativement tout ce que je viens de dire, st-sim. 204, 240. Les lunettes font voir démonstrativement que celui qui les porte est consommé dans les sciences, MONTESQ. Lett. pers. 78.
— EïYM. Démonstrative, et le suffixe ment.
t DÉ.MONTAGE {dé-mon-ta-j') , ï. m. Action de démonter. Il Démontage d'un fusil, action d'en désunir les pièces pour les nettoyer ou les réparer.
— ÉTYM. Démonter.
DÉMONTÉ, ÉE (dé-mon-té, tée) , port, passé. Il !• Qui est en bas de sa monture. Les chevaliers bien armés ne couraient guère d'autre risque que d'être démontés, volt. Mœurs, B4. || Qui a perdu le cheval qu'il montait. La cavalerie du czar, presque toute démontée, ne pouvait plus être d'aucun se-
cours, à moins qu'elle ne combattttà pied, id. Russte, II, t. Napoléon rallie ses corps d'armée; les revues qu'il passe dans le Kremlin sont plus fréquentes; il réunit en bataillons tous les cavaliers démontés, SÉGUR, Hist. de Napol. viii, 4t. || Terme de chasse. Perdrix démontée, perdrix qui a une aile cassée. || J° Dont les pièces sont défaites, en parlant d'une machine, d'un outil. Un fusil démonté. ||Par extension. 11 semble que tout son corps soit démonté, et que les mouvements de ses hanches, de ses éjiaules et de sa tête n'aillent que par ressorts, mol. Critique, se. 2. Il Fig. Marque d'un cerveau démonté et d'une raison dépravée, iD. Pourc. n, t. Avec beaucoup de finesse et de vivacité, vous aviez beaucoup de choses d'une tête un peu démontée, fén. Dial. des morts mod. 4. || Terme de marine. Mer démontée, mer dont les lames ont acquis une violence extraordin-ire. || 3° Oui est hors d'état d'agir ou de répondre, Qéconcerté. Tantôt j'étais sur un pied, tantôt j'inclinais la tête et ne savais plus ce que je faisais: j'étais démonté, Marivaux, Paysan part), t. m, B» part. p. 17, dans pougens.
DÉ.MONTER (dé-mon-té), e. o. || 1° Renverser quelqu'un de sa monture. Ce cheval a démonté son cavalier, l'a jeté par terre. Dans la joute, son adversaire le démonta. || Démonter quelqu'un, lui ôter sa monture. On démonta la cavalerie pour atteler les chevaux aux canons. Il a rencontré des voleurs qui l'ont démonté. || Démonter un capitaine de vaisseau, lui ôter le commandement du vaisseau qu'il montait. || 2° Désassembler les différentes pièces dont une chose est composée. Démonter des ressorts, une machine, une armoire. Il tit construire les vaisseaux en sorte qu'on les pouvait démonter et charger les pièces sur des chariots, vaugel. Q. C. dans RicHELET. Le moindre atome qui viendrait à se déranger démonterait toute la nature, fén. Exist. ta. Démétrius fit inhumer ses morts, panser ses blessés, et réparer avec toute la diligence possible les machines qui avaient été démontées cl mises hors de service, rollin, Jlist. ane. CEuvres, t. vu, p. 23B, dans POUGENS. Il Démonter des pierreries, des diamants, les séparer de leur chaton, de la garniture qui les sertit. Je cherche mon portrait; j'ai besoin de quelques petits diamants qui en ornent la boîte; je l'ai prise pour les envoyer démonter à Paris, MARIVAUX, Surpr. de l'amour, ii, 7. || Démonter un canon, l'ôter de dessus son alfùt. || Terme de typographie. Démonter un composteur , en dévisser le talon mobile, pour en modifier la justification. Il Familièrement et par exagération. Bâiller à se démonter la mâchoire, faire de grands bâillements. Il 3' Démonter une horloge, un tournebroche, faire qu'ils ne soient plus montés et qu'il faille ou en tendre les ressorts, ou en liausser les poids pour qu'ils aillent de nouveau. || 4° Terme de guerre. Démonter une batterie, la mettre, à coups de canon, hors d'état de servir. || Fig. Démonter la batterie de quelqu'un, faire avorter ses projets. On annonce, au moment qu'il parle, un cavalier qui, de sa seule présence, démonte la batterie de l'homme de ville, la bruy. v. |{ 5° Terme de chasse. Démonter une perdrix, lui casser une aile d'un coup de fusil. Il 6° Se démonter le corps, donner à son corps des attitudes forcées. || Se démonter le vi.sage, donner à son visage l'expression que l'on veut. Le grand jongleur se frappe les cuisses, se démonte le visage, hurle.... cuateahb. Amer. <60. || Fig. Je n'eus pas la docilité de démonter mon esprit pour vous écrire, sév. iett. 6 juillet t670. |{ 7° Fig. Déranger. Ces paroles démontent toutes vos espérances, d'ablanc. Lucien, t. i, dans ricbelet. Tant il est difficile de ne point démonter un jugement de son assiette, pasc. Imag. 7. || Déconcerter, mettre hors d'état d'agir, de répondre. Cette objection le démonta tout à fait II Absolument. Voilà une nouvelle qui démonte. || Mettre hors de soi. Votre impudence enfin m'étoime et me démonte, hauteeoche, Appar. tromp. m, se. dern. Rougissez d'être esclave de la coutume, au point d'être démontée de ce que votre fils ne suit pas le train ordinaire, qui l'aurait sûrement dérangé, haintenon, Lett. à Mme de Caylus, t. VI, p. 80, dans poogens. jj Révolter. Ne vous voilàt-il pas? j'aime tous vos amis.... Et moi je n'en ai qu'un que j'aime pour mon compte; Et vous le détestez: oh I cela me démonte, gresset, le Méchant, I, 4. Il 8° Se démonter, v. réft. Être fait de manière h être démonté. Cela se démonte. || Se disjoindre. Sous l'efl'ort du vent, les ailes du moulin se démontaient. Il Fig. et familièrement. La machine commence à se démonter, se dit de tout ce qui commence à se détraquer, et particulièrement d'une personne qui, de bien portante qu'elle était, devient valétu-
dinaire. Il Son visage se démonte, il donne k son visage l'expression qu'il veut. {| Fig. Se déranger. Les vieilles cervelles se démontent comme les jeuneSj MOL. Mal. imag. t" intermède, se. 1. Toujours de plus en plus son cerveau se démonte, regnard, Ménechm. ni, 7. Mais ma tante.... à propos, je ris de son effroi; Qu'une tête de femme aisément se démonte! LANGUE, Coquette, iv, 1. 1| Être déconcerté, être hors de soi. Ma femme, sans se démonter et sans se déranger, me dit de prendre une chaise, MARIVAUX, Paysan parv. t. in, 6" part. p. 4<6, dans pouGENS. Quoi I ce n'est que cela? vous vous démontez pour bien peu de chose, d'allainval, Éc. des bourg, m, 1.
— HIST. xm* s. Mais de tant lor vait malement Que karesme i est desmontez, babbazan. Fabliaux, t. IV, p. «4. Il XIV* s. Quant vint à l'aprochier, ez les vous desmontez ; X pié sont descendus les escus acolez, Gucsci. <«28B. Il XV s. Il est en bref en la ba.sse cour de son hostel descendu, où il trouva un valet qui le démonta de son cheval [l'aida à descendre et prit sa monture], louis xi, Nouv. xvi. || xvi' s. Jb ne desmonte pas volontiers quand je suis à cheval, MONT. I, 360. J'ay veu un homme donner carrière i deux pieds sur sa selle, démonter sa selle, et au retour la relever, id. i, 368. Ils ont loy de desmonter le premier passant, en luy donnant leur cheval recreu, id. m, 96. Je louerois une ame à divers e*tages, qui sçache se tendre et se desmonter, id. m, 278. Je me tiens à cheval sans desmonter, huict et dix heures, id. iv, toi. Ces 36 canons du dehors desmonterent 60 pièces du dedans, d'aub. //«4t. i, 28. Figure de la trépane desmontée, paré, viii, 20.
— ETYM. Dé.... préfixe, et monter; provenç. et espagn. desmontan catal. desmuntar- ital. dismontare.
t DÉMONTOIR (dé-mon-toir),». m. Planche sur laquelle l'imprimeur pose les balles pour les monter et les démonter.
— ÉTYM. Démonter.
t DÉMONTKABILITÉ (dé-mon-tra-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui peut être démontré.
— ÉTYM. Démontrable.
DÉMONTRABLE (dé-mon-tra-bl') , adj. Qui peut être démontré. Des vérités claires et démontrables. Une forme plus concise et moins dogmatique, qu'il convient d'affecter toutes les fois que l'objet n'est pas démontrable , dider. sur Boulanger.
— HIST. xm* s. Or te demonsterrai sans fable Chose qui n'est point demonstrable , la Rose, 4294. Il XIV* s. Ce de quoy est science, il est demonstrable et sceu par autre chose, obesme, Eth. <7«.
— ÉTYM. Démontrer.
DÉMONTRÉ, ÉE (dé-mon-tré, trée), port, passé. Une proposition démontrée par un syllogisme. Cela est démontré.
DÉMONTRER (dé-mon-tré) , t). a. || 1° Établir par un raisonnement évident et convaincant. Démontrer une proposition. La succession du jour et de la nuit démontre la rondeur de la terre. Tout vous doit démontrer qu'il a voulu paraître. Par ce récit menteur, le sauveur de son maître, legouv. Épichar. et Néron, m, 6. Il 2» Témoigner par des .signes extérieurs. Ses cris démontrent qu'il souffre. || 3° Faire voir la chose dont on parle, dont on fait leçon. Il démontrait l'anatomie. || Absolument. Il démontre bien. Il 4° Se démontrer, v. réfl. Être démontré. Tout ce qui se démontre en mathématique.
— SYN. démontrer, prouver. On prouve par des témoignages, par des actes, par des preuves, en un mot; on démontre par des arguments. Un fait se prouve, mais il ne se démontre pas. Une proposition se démontre; mais elle se prouve aussi , quand les arguments sont considérés comme des preuves.
— HIST. XI* s. Quant pour ferir vous demustrai grant ire, Ch. de Roi. xxxviii. || xiii* s. Et dame Diex leur avoit bien demonstré s'amor, villeh. cviii. Et pour le bel miracle que Dieu y demonstroit [montrait], Berte, cixxv. || xv* s. Il assemblerait tous les bourgeois de la ville, et leur demonstreroit la besogne, et les feroit armer, froiss. i, i, t84. Messire Gautier de Mauny respondit et dit [aux propositions des assiégés] : j'en irai volontiers parler à monseigneur le comte Derby; lors vint devers ledit comte, qui n'estoit pas loin; si lui demonstra toutes les paroles que vous avez ouïes, iD. i, i, 234. || xvr s. Ils demonstroyent leur infidélité en mesprisant tout ce qui est propre aux fidèles, calv. [nstit. 642. Celui qui, en persécutant furieusement l'Evangile, se demonstré apertement estre antechrist, m. ib. 9)6. Plus sa vitre [de la lanterne] est claire, plus sa lumière intérieure s'apperçoit; et si elle est sombre, peu de clarté se demonstré, langue, b3<. Veu que
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son visage demonstroit quelque fascherle, CA«l. l, S5. Tant il conduit aisfcmcnt, et par une voye plaine et unie, co qu'il prend & demonstrer, amyot, Karcetl. S7.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. demostrar; portug. demonstrar; iial. dimostrare; du latin demnnstrare, de la préposition de, et monstrare, montrer
+ DÉMOKALISANT, ANTE (dé -mora-li-ntn, zan-t'), adj. Qui démoralise. Des influences démoralisantes.
t DftMORALI.SATEUR, TRICE ( dé-mo-ra-li-zateur, tri-s'), adj. Néologisme. Qui démoralise. Opinions démoralisatrices. || Substantivement. Celui qui démoralise.
— RTYM. Démoraliter.
+ nlÎMOHALISATION (dé-mo-ra-li-za-sion) , t. f. ■ Néologisme. Action de démoraliser; état de ce qui est démoralisé.
— RTYM. Démoraliser.
t DÉMORALISÉ, ÉE (dé-mora-li-zé, zéo), part. passé. Oui a perdu l'honnêteté. Un homme démoralisé. Il Oui a perdu le moral, le courage. I!ne troupe démoralisée.
I DÉMORALISER (dé-mo-ra-li-zé), v. a || 1» Rendre immoral. Les mauvaises sociétés l'ont démoralisé. Il 2° ôter le moral, le courage, la confiance. Des revers avaient démoralisé l'armée. || 3* Se démoraliser, V. réfl. Perdre sa moralité ou son cour.ige moral.
— REM. Ce mot n'était pas connu avant la Révolution.
— ÉTYM. Dé.... préflje, et moraliser.
DÉMORDRE (dé-mor-dr'), v. n. \\ !• Lâcher prise
après avoir mordu. Certains animaux ne démordent pas qu'ils n'emportent la pièce. L'on est obligé de se servir d'un ferrement pour le faire ilémordre, BDFF'. Renard. || 2° Fig. Se départir, renoncer. On l'en fera bien démordre. Il ne démord pas de ses prétentions. C'est un homme qui ne démordrait pas d'un iota des règles des anciens, mol. Pourc. i, 7. A ne démordre point de mon habillement, ID. Éc. des mar. i, <. Jo m'en trouve fort bien, et n'en veux pas démordre, hauteroche, Appar. tromp. ii, 4. Je ne suis pas do ces messieurs qui ne chérissent que leurs opinions et qui, plutSt que d'en démordre, aiment mieux laisser crever un malade, id. Crispin méd. ii, ». J'aurai peine à fléchir son esprit absolu. Oui ne démord jamais de ce qu'il a voulu, SCARRON, D. Japhtt, v, 4. On dit que le prince Eugène ne démordra pas de son entreprise, MAiNTENON,Z,«(t. à Mme de Glapion , 3| judiet (7t2. Il ne démordait guère ni de ses entreprises, ni de ses opinions; ce qui assurait davantage le succès de ses entreprises et donnait moins de crédit à ses opinions, fonten. TJenou. Louville était plein d'esprit et de sens, ardent, mais droit; et, persuadé une fois, rien ne le faisait démordre, stsim. tôt, 60.
— REH. Démordre, au sens figuré, est un de ces verbes qui sont surtout usités avec une négation. Cependant rien n'empêcherait de dire : il démordra de ses prétentions.
— HIST. xiV s. A bon escient n'en démords: Ou'acertes sont deux moult beaux corps Que ce soleil et cesle lune. Traité d'alch. Ï29. ||xvi' s. Ils y sont asservis comme à une prinse qu'ils ne peuvent démordre, mont, m, 232. Il leur semble que leurs enfans n'y seront jamais assez tost [à la cour], lesquels aussi, de leur cosié, ne se font gueres presser pour desmordre le collège, lanoue, 122. Quand il y a en une armée nombre de telles gens, qui sçavent montrer le chemin aux autres, et mordre sans desmordre, cela fait combattre tout le reste, id. 420. Ne plus ne moins que les chiens de gentil cueur, qui jamais ne laissent leur prisa ny jamais ne desmordent,que leur adversaire ne soit abbatu, amïot, Sylla et Lysand. ». Le duc de Guise, qui avoit preveu cet avantage, y avoit sur le ventre 3oo harquebiizlers choisis qui firent démordre les entrepreneurs, d'aob. llitt. 1, »t. Les attaquans aiant démordu furent poussez en desroute jusques dans leur camp, m. ib. i, 36t. La guerre de Flandres n'esl plus à délibérer, elle est entamée, ne la démordez point , ID. ib. u , 1 4. Il ne laissa nul de ses morts ni blessez;ct ne démordit point ses prisonniers, id. ib. 29».
— F.TYM. Dé.... préfixe, et mordre.
DÉMOTIQUK (dé-mo-ti-k'), adj. Terme d'antiquité. Populaire. Ecriture démotique, jj Chez les anciens Ëgypiiens, écriture démotique ou enchoriale, écriture qui, abrégée de l'écriture liiératique ou cursive, fut appropriée à la langue vulgaire des derniers temps. Caractères démotiques. On trouve l'écriture démotique depuis ré|>oque de P.sammétik I jusque sous les empereurs romains; elle se compose comme l'écriture hiéroglvpbique ou l'écriture
fiÉN
hiératique de lettres simples, de signes râlant une sylbibe et de .signes idéo^raphlcpies, de Rouoi. Il S. m. Le démotique, l'écriture démolique.
— 6TYM. AriiioTixàç, popubiire, de îiiiio«, peuple; parce (|ue cette écriture était une écriture courante et vulf-aire.
t DÉMOUCHETER (démoucheté. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je démouchette, je démouchetterai), ». a. Dégarnir un fleuret de son bouton, l'aiguiser pour en faire une arme offensive.
— ETYM. Dé.... préfixe, et le mot fictif mouchetle, petite mouche, dit par assimilation pour bouton.
t DÉMOULAGE (dé-mou-la-j'), ». m. Action de retirer du moule une pièce.
— f.TYM. Démouler.
\ DÉ.MOULER (dé-mou-lé), v. a. Opérer le démoulage.
— F.TYM. Dé.... préfixe, elmoule, $. m. DÉ.MOPVOIR (dé-mou-voir),ii. a. Faire renoncer
à quelque prétention. Il n'est guère usité qu'à l'infinitif. Rien no l'a pu démouvoir de cette prétention.
— IIIST. IV s. De ce propos ne peust estre desmu , nonobstant que plusieurs lui conseillassent que plus n'en fist, Bouciq. ii, ch. 20. Et qu'il luy avoit fait plusieurs remonstrances pour le desmouvoir de l'amytié des Anglois, comm. iv, 8. Doutant qu'il ne la tuast, comme encore elle en doutoit, et no se voulait demouvoir de cette doute, louis xi, Nouv. Lxxxvi. Il XVI' s. Il n'y a rien qui nous doive demouvoir ne distraire de sa volonté [de Dieu], n'aucune authorité humaine, ne longueur de temps, ne toutes autres apparences, calv. Instit. t(57. Elle le fortifie aux endroits où sa structure se desmeut et se lasche pour les coups de la mer, mont, ii, to». Oui desmeut nostre ame, qui la jecte plus coustumierement à la manie que sa force propre [le génie du Tasse qui le rendit fou]? in. ii, 2)3. L'ame desmeut de son assiette par les vapeurs d'une fiebvro chaulde, id. ii, 300. Je les regarde d'une affection ny esmeue ny desmeue par interest privé, id. iii, 238. Ceste crainte commenceoit mesme à retirer et demouvoir un petit Cassius des opinions d'Epicurus, et avoit totalement espouvunté ses soudards, AMYOT, Brutus, 47.
— ÉTYM. W.... préfixe, et mouvoir.
DÉMUNI , lE (dé-mu-ni , nie), part, passé. Dépourvu de munitions. Une place démunie. || Il seditau.ssi, cnpnriantd'argent. J'étaiscomplétement démuni.
DÊ.MUNIR (dé-mu-nir), B. a. \\ 1° Dégarnir demunitions. || 2° Fig. Se démunir, v. réfl. Se dessaisir de ce qui peut être considéré comme munition, réserve, ressource. Se démunir de son argent.
— HIST. xvi* s. De vuiiler et desmunir la mémoire, est ce pas le vray et propre chemin à l'ignorance? MONT. 11, 2(8.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et munir.
DÉ.MURÉ, ÉE (dé-mu-ré, rée), })art. passé. Une
porte murée, puis démurée.
DÉMURER (dé-mu-ré), v. a. Ouvrir une porte, une fenêtre murée.
— HIST. XV* s. Jehanne, femme de Philipot, pour son petit gouvernementetimpudicité, fut emmurée, jusques à ce que, du consentement d'icelui Philipot, elle fut demurée [tirée da prison] et baillée à ses amis, do cange, immurare.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et murer.
t DÉ.MUSELER (dé-mu-ze-lé. L'I se double quand la syllabe qui suit est muette : je démuselle, je démusellerai),», a. Enlever la muselière d'un animal. Un chien démuselé. || Fig. Démuseler les passions anarchiques. || Se démuseler, v. réfl. Défaire sa muselière. Si vous ne serrez pas davantage, votre chien se démusellera.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et museau.
DÉNAIRE (dé-nê-r'), adj. Oui a dix chifl'res ou
caractères. Arithmétique dénaire, notre arithmétique qui se sert de dix chiffres, y compris le zéro, par opposition à celles où le nombre des caractères est différent, et qui reçoivent les épithètes de binaire, ternaire itc. suivant qu'elles emploient deux, trois ou plus de cbifl'res. En prenant notre échelle dénaire dans la perfection que l'invention des caractères lui a procurée, bupp. Homme, arithm. moralt.
— ÉTYM. Lat. denarius, de déni, dix, de même radical que decem (voy. dix).
DÉSANTI, lE (dé-nan-ti, tie), part, passé de dénantir. Un prêteur dénanti de son gage.
DÉNANTIR (dénan-tir) , 0. a.\\i' Enlever à une personne ce dont elle était nantie. || 2° Se dénantir, V. réfl. Abandonner des nantissements, jj Par extension, se dépouiller de ce qu'en a. lis se sont complètement dénantis.
— HIST. XV* 8. Quant de si hault honneur je me trouve desnanti, Perceforest, t. ui, f 37.
— ÉTYM. W.... préfixe, et nantir.
tDÉNASALÉ, ÉE (dé-na-za-lé , lée), part, passé.
Syllabe dénasalée, celle qui est rendue orale de nasale qu'elle était. L'o de bon est dénasalé au féminin bonne et devant un substantif commençant par une voyelle ou une h muette : bon ami, bon homme, t DÉNASALEMENT (dé-na-za-le-man), t. m.