Acte par lequel une syllabe est dénasalée
— ÉTYM. Dénasaler.
t DÉNASALER (dé-na-za-lé) ou DÉ.VASALISER (dé-na-za-li-zé), v. a. Terme de grammaire, dter le son nasal. || Sa dénasaler, v. réfl. Être dénasalé. L'a de plan se dénasale dans aplanir.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et nasal.
t DÉNATIONALISATION (dé-na-si-o-na-U-ztsion), (. f. Action de dénationaliser. || Action de changer de nation.
t DÉNATIONALISER (dé-na-sl-0-na-li-zé), r. a. Faire perdre le caractère national. || Dénationaliser une marchandise, lui attribuer une provenance qui en dissimule la nationalité. |{ Se dénationaliser, v. réfl. Se dit d'un individu qui adopte une autre nation,
— ÉTYM. Dé.... préfixe, etnatto/iaf.
DÉNATTf:, ÊE (dé-na-té, tée), part, patte. Des
cheveux dénaltés.
DÊNATTER (dé-na-té), v.a. Défaire ce qui est arrangé en nattes, {j Se dènatter, v. réfl. Être dénatté. Ses cheveux se sont dénattés. jj Défaire soi-mêmu .ses nattes. Dénattez-vous.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et natte.
t DÉNATURALISATION (dé-na-tu-ra-li-za-sion), t. f. Perte de l'état de naturalisation.
t DÉNATURALISER ( dé-na-tu-ra-li-zé) , v. a. Faire cesser l'état de naturalisation.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et naturaliser.
t DÉNATORATION (dé-na-tu-ra-sion), t. f. Action de dénaturer. La dénaturation d'une substance. La dénaturation des alcools, opération qui se pratique pour les importer en exemption des droits, quand ils doivent servir à l'éclairage.
— ÉTYM. Dénaturer.
DÉNATURÉ, ÉE (dé-na-tu-ré, rée), part, patte. Il 1* Dont on a changé la nature. De l'alcool dénaturé. Des biens dénaturés. || 2* Dépravé. Enfant dénaturé. Ame dénaturée. Et je pourrais almcrdes fils dénaturés! corn. Uodog. iv, 3. Serai-je sacrilégeou bien dénaturé? rac. Théb. m, 4. N'êtes-vous |ias le plusdénaturé et le plus ingrat des pécheurs? MASS. Car. comm. ind. Elle vous avait appris à être dénaturé, vous le fûtes contre elle, fèn. Dial.desmortsmod.it. Ah ! cœur dénaturé qu'endurcit ma tendresse I volt. M. de Ces. II, K.jl Se dit aussi en parlant des choses. Une action dénaturée. Immoler, égorger soi-même ses propres enfants et les jeter de sang-froid dans un brasier ardent I des sentiments si dénaturés, si barbares, adoptés cependant par des nations entières et des natio...; trè.s-palicées.... rollin, Ilitt. anc. tHuvres, t. i, p. <96, dans pougens. || 8* Substantivement, et par plaisanterie, celui qui a changé de nature. Je blâme Adhémar d'avoir changé de nom, c'est le petit dénaturé, sÉv. iï«. i3avril t072. || Celui qui est devenu dépravé et sans entrailles. Il fait bien pis, le dénaturé qu'il est, lesage , Turc, iv , I2.
DÉNATURER (dé-na-tu-ré), v. a. || 1' Changer la nature d'une chose. Dénaturer des objets volés. i| On dénature un bien en le vendant pour en acquérir d'autres, dont on puisse disposer librement. Comme il fait surtout des efforts pour dénaturer sa fortune, BEAUM. Uére coup, i, 2. || Terme de jurisprudence. Dénaturer une créance , changer une créance en une créance d'une autre nature. {| Dénaturer un fait, lui donner une autre nature, un autre caractère, en ajoutant, retranchant, changeant les circonstances. Il Dénaturer une pensée, une phrase, un langage, y faire des changements tels que le caractère en soit tout à fait altéré, jj 2* Rendre dur, dépravé. Ce peuple, qui depuis s'est peut-être laissé dénaturer, était alors la bonté même, marmontel, Mém. t. I, liv. n, p. <85, dans pougens. Son ime a dû s'aigrir au sein de la misère: J'aurai dénaturé est heureux caractère, ducjs, Lear, n, 4. || 3* Sa dénaturer, V. réfl. Perdre sa nature. Des biens qui se dénaturent aisément. Des faits qui se dénaturent en passant de bouche en bouche. || Devenir dénaturé, méchant. Parmi ceux-là [les soldats qui s'endurcirent aux excès) , quelques vagabonds se vengèrent de leurs maux jusque sur les personnes; au milieu de cette nature ingrate ils se dénaturèrent, s£gur, Uitt. de Napol. iv, 4.
— HIST. xni* s. Vos me dites que je soivre [sèvre] mon enfant et desnature et face norrir del lait d'autre
DEN
famé , Merlin , f 67 , verso. De la joie qu'ele ot [elle] fu si desnaturée [mise hors do soi], Uerle, lxxxii. Lors dist Gavains : Segnor , veéz , Cis leiis [loup] est tous desnatiirés [changé de nature]. Knlr'aus [eux] (lient lot li baron, Qn'aino si cortois leu ne vit-on, Lai de Melion. Toute riens veult et aime son pareil par nature; Pour ce di-ge que famé et homs se desnature Qui n'aime à ceste fin humaine créature, J. DE MEUNG, Test. 62. || xiv S. Tel homme se desnature et dégénère ou forligne, oresme. Thèse de meunier. Il XV s. Moult sont belles leseuvresde nature, Laides aussi quant au desnaturer; Une jument n'aroit d'un toreau cure. Ne la chievre n'a cure d'un sangler, eust. vesch. Fouet vieiix homme. L'eclipse fut toute pleniere; Environ trois heures dura; Nature se desnatura, Conv. de St Denis. || xvi* s. Des amours desnaturées [contre nature], mont, i, H 7.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et nature avec la terminaison verbale er; provenç. et portug. desnaturar; ital. disnalurnre.
t PENCHÉ, ÉE (dan-ché, chée), adj. Terme de blason. Bordé de petites dents.
— ÉTYM. Dent.
tDENCHtRE (dan-chu-r"), t. f. Terme de blason. Filet denclié au bord supérieur de l'écu.
—ÉTYM. Denché.
1 DENDRACHATE (din-dra-ka-f) ou DENDRA- GATE (din-dra-ga-f), j. f. Terme de minéralogie. Agate arborisée.
— ÉTYM. AévÎBov, arbre, el agate.
DENDRITE (di'n-dri-f), *. f. \\ 1° Terme de miné-
ralofrie. Pierre arborisée. On appelle ces pierres figurées dendrites, quand elles représentent des arbres, VOLT. Sififfui. *. Il Nom des dessins qui sont sur ces pierres. ||2° Arbre fossile.
— ÉTYM. Aev5p(Triç, de SévSpov, arbre.
IDENDRITIQUE (din-dri-ti-k'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des arborisations.
— ÉTYM. Dendrite.
f DENDROBATE (din-dro-ba-f), adj. Terme de zoologie. Qui se tient habituellement sur les arbres.
— ÉTYM. AtvSpov, arbre, et pâtifn, qui va (voy. JE vais).
I «ENDROGRAPUIE (din-dro-gra-fie),i. f. Terme didactique. Traité sur les arbres.
— ÉTYM. AÉvSpov, arbre, et ypivtiv, décrire.
tDENDROÏDE (din-dro-ï-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un arbre. Cryptogames dendroîdes.
— ÉTYM. AÉvSpov, arbre, et tlSoç, forme. tDENDROLITHK (din-dro-li-f) , J. m. Terme d'histoire naturelle. Arbre, arbrisseau pétrifié.
— ÉTYM. AévSoov, arbre, et UOoc, pierre.
f DENDROLOGIE (din-dro-lo-jie) , s. f. Terme didactique. Traité sur les arbres. Partie de la botanique qui s'occupe des arbres.
— ÉTYM. AévSpov, arbre, etXÔYo;, traité.
tDENDROiMÈTRE (din-dro-mè-tr'), ». m. Instrument propre à mesurer la grosseur et la hauteur des arbres.
— ÉTYM. AévSpov, arbre, et mètre.
+ DENDROMÉTRIQCE (din-dro-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport au dendromètre.
t DENDROPHAGE (din-dro-fa-j') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui mange, ronge le bois, en parlant des insectes.
— ÉTYM. AivSpov, arbre, etçafeîv, manger.
t DÉNÉGATEUR (dé-né-ga-teur) , s. m. Néologisme. Celui qui nie.
— ÉTYM. Lat. (tenegator, de denegare, dénier (voy. dénier).
DÉNÉGATION (dé-né-ga-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Terme de jurisprudence. Action de dénier, de contester. Dénégation d'un droit. || Déclaration par laquelle on soutient qu'un fait e.st faux. Il Dénégation d'écriture, action de dénier l'écrit qu'on nous oppose. || Dans le langage général, action de nier. Ses dénégations ne furent pas crues.
— HlST. XV* s. Si leur fist l'en [l'on] sommacion De vouloir la ville au roy rendre, Dont firent denegacion, Disans qu'ilz se vouloient deffendre, martial DE paris, Ftgir7.de Ch. VU, t. i, p. (99, dans LACURNE. Il XVI* S. Dout s'en estoit ensuyvie la perte de la duché de Milan, et la dénégation des droits de souveraineté de Flandres et d'Arthois, langue, 392. Trouble [de possession] s'entend, non seulement par voie de fait, mais par dénégation judiciaire, LOYSEL, 75(.
— ÉTYM. Lat. denegatio, de denegare, dénier.
t DÉNÉGATOIRE (dé-né-ga-toi-r'), adj. Terme de pratique. Exception dénégatoire, synonyme de dénégation.
— ÈTYM. Lat. denegart (TOy. niNiER).
DËN
t DÉNÉRAL (dé-né-ral) , ». m. Plaque ronde servant de modèle au monnayeur, pour faire une espèce de la grandeur et du poids voulu. Le dénéral servant de type pour le diamètre et le poids, il y a pour chaque pièce un dénéral du poids précis, un second du poids toléré au maximum, et un troisième du poids toléré au minimum, legoaramt. \\Àuplur. Des dénéraux.
— HlST. XIV' s. Jehan du Solier, lieutenant du maistre particulier de la monnoye de Rouen, trabuchoit des deniers blancs à un denarial, du canoë, denariale.
— ÉTYM. Bas-lat. dcnnrtaîis, de denarius, denier. DÉNI(dé-ni),i. m. || l'Action denier. Le déni que
fait le ministre d'avoir consenti au port des armes, Boss. Var. B* dt'sc. § 29. || 2° Terme de jurisprudence. Refus d'une chose due. Déni d'aliments. Déni de justice, manquement d'un juge à rendre la justice qu'on lui demande, soit par refus, soit par négligence. || Dans le langage général, déni de justice, se dit de tout refus d'accorder à quelqu'un ce qui lui est dû.
— HlST. xvi' s. Deny d'obéissance, d'aub. fie, lxxiiv. Déni ou dénie de justice ou de droit, c'est quand le seigneur justicier ou ses officiers refusent à faire justice aux parties litigantes, laurière, Gloss. du droit français.
— ÉTYM. Voy. dénier.
DÉNIAISÉ, ÉE (dé-ni-è-/.é, zée),port. passé. Un garçon déniaisé par le séjour de Paris. Il y a pourtant longtemps qu'il est laquais; il devrait être déniaisé, LESAGE, Turc, v, 4. La Merceret, plus jeune et moins déniaisée que la Giraud , j. j. rouss. Conf. iv. Il Danslelangage libre, uneflUedéniaisée, une fille qui a perduson innocence. Dont Alibech non encor déniaisée....la pont. Dtabie en en/'er. IlSubslantivement. C'est un déniaisé, c'est un homme adroit et rusé.
t DÉNLAISEMENT (dé-ni-è-ze-man), ». m. Action de déniaiser, de détromperies niais.
— ÉTYM. Déniaiser.
DÉNIAISER (dé-ni-è-zé) , v. a. || 1° Rendre quelqu'un moins niais, moins simple, moins gauche. Il Ironiquement, tromper quelqu'un, abuser de sa simplicité. On l'a déniaisé dès son arrivée à Paris. Que leurs cuisiniers brûlent leurs viandes et gâtent leurs sauces, et les chiens et les chats les déniaisent , d'ablancourt, Lucien, Chronologor à Saturne. Il 2' Se déniaiser, v. ré(l. Cesser d'être mais. Afin de me déniaiser, je suis résolu de voir un peu le monde, voix. Lett. 30. Il me doit de l'argent, mais il se déniaise; la peste I il soupe quelquefois chez la veuve d'un partisan, dancourt. Vend. Surénes, se. 7. Le monde se déniaise furieusement, et les cuistres du seizième siècle n'ont pas beau jeu, VOLT. Lett. d'Argental, 20 janv. I706.
— REM. La Fontaine a fait déniaiser de trois syllabes, voy. l'exemple au participe; ce qui n'est pas à imiter, «tais étant toujours de deux syllabes.
— HlST. xvi' s. Quelle obligation n'avons nous à la bénignité de nostre souverain Créateur, pour avoir desniaisé nostre créance de ces vagabondes et arhitrairesdevotions, et l'avoir logée sur l'éternelle base de sa saincte parole! mont. 11, 343. Ma fille ne commence encore qu'à se déniaiser de la naïveté de l'enfance, MONT, dans le Diet. de dochez. Je vous demande si l'astrologie ne nous est pas fort nécessaire, quand ce ne seroit que pour empescher qu'on nous deniaisast, cholières. Contes, après-dinée 8. Enfin le Fib de Dieu, docteur de vérité, estant venu pour sevrer et desniaiser le monde, les a du tout abolis, CHARRON, Sagesse, 1, 39.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et mats.
I DÉNIAISEUR (dé-niè-zeur), ». m. Celui qui déniaise. || Celui qui trompe.
— HlST. xvi' s. Les deniaiseurs qui se trouvent en Levant, vendent les rouelles des dents de roharl pour cornes de licorne, paré. Licorne, 6.
— ÉTYM. Déniaiser.
1. DÉNIC»iÉ, ÉE (dé-ni-ché, chée), part, passé de dénichei K H 1' Tiré du nid. Des oiseaux dénichés par de petits paysans. || 2° Découvert. Les voleurs dénichés dans leur repaire. || 3' Chassé d'un poste, d'une retraite. Les maraudeurs dénichés du village où ils s'étaient postés.
2. DÉNICHÉ, ÉE (dé-ni-ché, chée), part, passé de dénicher 2. Une statue dénichée.
i. DÉNICHER (dé-ni-ché), v. a. \\ i' Enlever du nid. Dénicher des oiseaux. ||Pig. En parlant de tout objet vivement désiré et sévèrement gardé que l'on assimile à un oiseau, et, en particulier, d'une jeune fille. Joli oiseau, ma foi! difficile à dénicher, beaum. Barb. de Sév. 1, 4. || 2° Découvrir la retraite de quelqu'un à fores de rsehercbas. Si je l'ai déniché, ce
DEN
n'est pas sans peine. || Découvrir un objet rare, curieux. Je ne sais ofi il est allé dénicher cela. Ils [Mme de Ch&tillon et son frère] cherchèrent une fortune à Boutteville, et ils dénichèrent ce mariage du second lit de l'héritière de Piney avec M. de Glermont, ST-siM. <6, <89. Dans nos bois souvent dès l'aurore, J'ai déniché de frais appas, séRANO. Vieux caporal. Un page Dénichant enfin à son tour Fille de vingt ans neuve et sage, m. ilf. de Charlem. Il 3° Fig. et familièrement, débusquer d'un postes d'une retraite. Dénicher les ennemis d'un fort. Dénicher les voleurs de leur retraite. || 4° V. n. Abandonner le nid. Tous les oiseaux ont déniché ce matin. || Fig. Sortir, s'évader avec précipitation. Dénichons de céans et sans cérémonie, mol. Tart.
IV, 7. Il Fig. Les oiseaux ont déniché ou sont dénichés, se dit en parlant de gens partis, de prisonniers évadés, etc.
— REM. Dénicher, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire at-otr, quand on exprime l'action : les prisonniers ont déniché ce matin; avec l'auxiliaire être, quand on exprime l'état : ils sont dénichés depuis ce matin.
— HlST. xn* s. Je m'en irai el règne de Poitiers; Des trallors i amoult herbergiez;Mès, se Deuplest, ges [je les] ferai desnichier, Li coronemens Looys,
V. 4975. Il XIV' s. Aussi fist Talerent, qui crioit à haut cri : Pierregort! Sire Dieux, aidez nous au jourd'ui. Afin que desnicher puissons ce mal voisin, Guescl. (7477. Au matin [il] se vanta devant tout le princier [les princes], Qu'ainçois il soit trois jours, vous serez desnichiez [il s'agit d'une forteresse], ib. -(98(4, 4 9836. || XVI' S. Les géants entreprindrent le haut mont Pelion imposer sur Osse, el l'ombrageux Olympe avec Osse envelopper, pour combattre les dieux et du ciel lesdcniger, rabelais, dans LACURNE. On est surprins entre la haye et le fossé.... il fault dénicher quatre chestifs arquebusiers d'une grange, mont, m, 46.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et nicher; Berry, dénigcr. Au premier abord, il y a dans dénicher \ , tant selon l'usage actuel qu'à l'historique, des acceptions qui peuvent convenir à dénichera, ôter de la niche. Mais, si l'on prend l'historique, on voit, dans le plus ancien exemple, faire desnichier, qui est faire sortir du nid. De là desnicher a pris facilement le sens de débusquer, sans qu'il soit nécessaire de recourir kniche, malgré le voisinage des significations, de plus la forme deniger, qui se prête à ntd, paraît étrangère à niche.
2. DÉNICHER (dé-ni-ché), ». a. ôter, enlever d'une niche. Dénicher une statue.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et niche.
DÉNICHEUR (dé-ni-cheur), s. m. || 1' Celui qui
déniche les petits oiseaux. || Familièrement. Un dénicheur de merles, un homme adroit et qui est à l'affût des bonnes occasions. Ce grand dénicheur de merles est à terre, Diderot, Salon de 4765, Œuvres, t. xiii, p. 50, dans pouqens. || Dénicheur de fauvettes, chevalier d'industrie qui va chercher quelque bon nid, quelque femme qui lui fas.se sa fortune. Il 2° Fig. Un dénicheur d'antiquités, de curiosités, celui qui sait trouver, découvrir les antiquités, les curiosités. En ce sens il vient de dénicher, découvrir. Il Dénicheur de saints, celui qui, examinant, à l'aide de la critique, la vie des saints, démontra que plusieurs sont de faux saints. M. do Launoy était un grand dénicheur de saints. En ce sens Û vient de dénicher, débusquer.
— ÉTYM. Dénicher 4.
DÉNIÉ, ÉE (dé-ni-é, ée), part, passé. Nié. Le fait dénié énergiquement. || Refusé. Possédant une amour qui me fut déniée, rac. Milhr. m, 5.
DENIER (de-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie: des de-nié-z argentés), s. m. || 1° Monnaie romaine d'argent, qui d'abord valut dix as et plus tard seize. Jusqu'à la fin de la République, le denier fut fixé au poids de 84 à la livre ; ce qui représente, en poids, 3 gr. 85, et en valeur, 0 fr. 82 c. Il vend pour trente deniers celui qui devait être la rédemption du monde, bourdal. Myst. Passion de J. C. 1. 1, p. 262. Il 2'' Ancienne monnaie française d'argent. Le denier était la deux-cent-quarantiéme partie d'une livre d'argent, volt. Mœurs, 4 9. ||II y avait aussi des deniers d'or. Ne pas donner une chose pour denier d'or, l'estimer très-haut. || Sorte de monnaie de cuivre, ayant cours pour la douzième partie d'un sou, et dite aussi denier tournois, denier de prix ou de cours. Vingt pistoles rapportent par année dix-huit livres six sous huit deniers, à ne les placer qu'au denier douze, mol. l'Av. 1, 5. || Le denier, depuis longtemps démonétisé , est devenu une simple monnaie de compte. || Rendre compte
DEN
DEN
DEN
i livres, sous et deniers, rendre un compte avec la dernière exactitude. || Net comme un denier, trèspropre, sang doute à cause d'un denier récemment frappé, qui est net et brillant; car, autrement, la circulation ternit bien vite les monnaies de cuivre. Claire comme un bassin, nette comme un denier, neoNiER, Sat. XI. C'est la parfaite Deiopée, Un vrai \isage de poupée; Au reste, ou ne peut le nier, Elle est nette comme un denier, scabron, Virg. trav. i. \{ F\g. Un débiteur aont il faut exiger jusqu'au dernier denier, mass. Carime ,Ëlui.... chacun repousse Jeanne qui n'a pas un denier, biîkang. Jeanne la Housse. Plus d'un pauvre vient implorer Le denier que je puis répandre, id. /ut/ erranl. || Poétiquement, le funèbre denier, la petite pièce de monnaie que, suivant la mythologie, il fallait donner i Caron pour passer le fleuve des enfers. Une larme.... c'est là ce funèbre denier, Ce tribut qu'à ta mort tout mortel doit payer, lahart. Ilarold, 4». || Le denier de la veuve , l'auraâne faite par le pauvre. Voilà d'étranges présents; c'est le denier de la veuve, SÊV. 51 (.Cette locution est fondée sur J'^uong. de saint I.HC, XXI, < et » : Et comme Jésus regardait, il vit des riches qui mettaient leurs dons au tronc; il vit aussi une pauvre veuve qui y mettait deux petites pièces de monnaie. {| Denier de la veuve, se dit aussi d'une chétive somme qui fait toute la ressource d'une personne. X l'égard du contrôleur général, que Dieu absolve, il me fait aussi perdre à moi environ cinq à six cents livres, et c'est le denier de la veuve, d'alemb. Lett. à Yoltaire, is oct. (770. Il 3° Denier fort, ou fort denier, ce qu'il faut ajouter à la fraction qui excède une somme pour avoir la valeur de la plus petite monnaie au-dessus de la fraction. Le fort denier de trois francs quatre centimes est un centime [ce qui fait un sou]. Le fort denier est pour le marchand. || 4" Denier de St Pierre, tribut qui se payait à Rome le jourde la fête de St Pierre aux Liens, et, aujourd'hui, argent recueilli parmi les catholiques pour subvenir aux besoins du pape. Nom d'un ancien droit que l'Angleterre payait au pape et qui fut établi en 740 par le roi Ina. Il 5" Déniera Dieu, contribution qui, dans l'origine, se payant sur tous les marchés et engagements, devait être employée à quelque acte de piété. || Aujourd'hui, arrhes pour une location, pour un marché. Deux cents francs un garçon, sans le denier à Dieu, sabots, blouse et chapeau pour la première année, p. L. cour, u, 278. Le propriétaire du lieu, Ayant eu le denier à Dieu, Crut la [Didon] tromper et ne lui vendre Qu'autant de lieu que peut comprendre La peau d'un bœuf, tant grand fût-il, scar- HON, Yirg. trav. 1. 1| Deniers d'entrée, argent donné en sus d'un marché, et qui, à la différence des arrhes et du denier à Dieu, est remis après la convention. Il 6" Une somme d'argent indéterminée. Il fit une grande levi5e de deniers sur les peuples, vaugel. Q. C. liv. IV, dans richelet. Il n'est que d'être libre et en deniers comptants, Régnier, Épit. ii. Quatre ou cinq mille écus est un denier considérable et qui vaut bien la peine qu'un homme manque à sa parole, MOL. Pourc. m, 9. Le pouvoir de faire justice acheté à deniers comptants, la bhuï. Dtsc. s. Thioj)/ir. Il En termes de jurisprudence. Deniers dotaux, I npilaires. Deniers clairs et liquides, deniers qui 80 trouvent en nature dans une succession. Deniers à découvert, deniers qu'on exhibe en offrant le payement. |1 Los deniers publics, les fonds appartenant à l'État, à une ville. Un comptable de deniers publics. Je crois voir en ceci l'image d'une ville Où l'on met les deniers à la merci des gens; Echevins, prévôtsdes marchands, Toutfaitsamain.... la pont. Fabf. vm,7. X peine éliez-vous hors de l'enfance que vous conseillâtes à votre oncle Périclès d'engager la guerre pour éviter de rendre compte des deniers publics, KÉN. Dial. des morts anc. <«. || Tirer un grand denier, un bon denier de quelque chose, en tirer une grande somme d'argent. Phrase peu usitée présentement, jj J'y mettrais bien mon denier, se dit d'une chose dont on ferait volontiers l'acquisition si elle était à vendre. || Fig. Vendre quelqu'un ' à beaux deniers comptants, le trahir pour de l'argent, par intérêt. Votre procureur s'entendra avec votre partie et vous vendra à beaux deniers comptants, MOL. Scapin, ii, 8. || Cette locution signifie iussi être plus fin, plus habile qu'un autre. Il le vendrait k beaux deniers comptants, il est plus adroit que lui, il obtiendrait sur lui tous les avantages qu'il voudrait. || Terme d'ancienne pratique. Kaire bons les deniers, garantir la .somme. || 7* La partie d'un capital ou revenu qui est prélevée au profit de quelqu'un. Le dixième denier de toute prise était dâ h l'amiral, c'est-à-dire ud denier sur dix, autremeut
dit le dixième; le quinzième denier est un quinzième, et ainsi de suite. Cette locution n'est plus usitée. Il Centième denier, nom du droit de la paulette quand il fut réduit au centième du prix des offices. Il 8* Intérêt d'une somme, d'un capital. Le denier cinq, dix, vingt, l'intérêt valant le cinquième, le dixième, le vingti'me du capital, c'est-à-dire 20, 4 0,6 pour cent. L'argent à tout denier se prêta sans usure, BoiL. Sat. xil. Je commence par m'ècrier sur le denier six ; je n'en avais point entendu parler depuis l'emprunt que fait le fils de l'avare dans la comédie de Molière; je crois que vous avez voulu dire six et quart, qui est un denier dont j'ai entendu parler en Provence, qui va, ce me semble, au denier seize ; mais le denier six est si usuraire que je ne crois pas qu'un notaire en voulût faire un contrat; c'est pour (oooo francs, (tes livres (3 sous, SÉV. «06. L'avis de H. le contrôleur général serait de placer votre argent sur la ville au denier dix-huit, MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, 4" mars («84. Cent francs au denier cinq, combien font-ilsT — Vingt livres, boil. 8. Les rentes qui étaient au denier dix tombèrent au denier vingt, momtesq. Esp. XXII, A. Voulez-vous prendre, au denier quatorze, cinq mille francs qu'un honnête serrurier de ma connaissance a amassés par son travail et par ses épargnes? lesage, Turcarel, m, ». || Le denier de l'ordonnance, le denier du roi, synonyme de ce qu'on nomme aujourd'hui taux légat, c'est-à-dire le taux légal auquel s'estiment les intérêts adjugés, le placement à rente d'une somme, etc. || Denier fort, intérêt excédant le taux ordinaire. || Vendre une chose au denier vingt, au denier trente, au denier quarante, etc. la vendre pour un prix établi sur la supputation que cette chose rapportera le 20», le 30*, le 40* de la valeur. Il a acheté Barbesieux au denier seize, sËv. ||0n dit dans un sens analogue estimer au denier trente, au denier quarante. || Toutes ces locutions tombent en désuétude; elles sont remplacées parcelles-ci : 6 pour (oo, 3 et demi pour 100, 2 et demi pour (oo, etc. || 9° Désignation d'une certaine part qu'on avait dans une affaire (perte ou gain) , c'est-à-dire la 240' part (le denier étant la 240* partie de la livre). Deux deniers équivalent à un 4 20*, trois deniers à un 80*, et ainsi de suite. Il avait deux deniers dans la ferme. || Sens vieilli. Il 10° Terme de monnayage. Denier de poids ou, absolument, denier, le tiers du gros ou la 24* partie de l'once et la <92* du marc, ce qui revient à la 786* partie du kilogramme. Le marc contient 8 onces ; l'once, 8 gros; le gros, 3 deniers; le denier, 24 grains; ainsi il y a au marc 8 onces, 84 gros, 4»2 deniers et 4608 grains, Édit sur les monnaies , t. vi, f° 404, aux archives des finances. || Denier de fin, ou, simplement, denier, chacune des parties de fin contenues dans une quantité quelconque d'argent que l'on suppose partagée en douze parties égales. L'argent pur est dit de l'argent à douze deniers. On évalue la bonté de l'argent par deniers, et celle de l'or par carats. Les bosselles de son mors sont d'or à vingt-trois carats; ses fers sont d'argent à onze deniers, VOLT. Zadig, 3. || Denier de fin ou de loi, le degré de pureté de l'argent. || Denier de botte, pièce d'or et d'argent que les gardesdoivent prendre quand ils font la délivrance, et qui se conservent dan» une botte pour servir de règle dans la suite à la cour des monnaies. || Deniers de monnayage, toutes sortes d'espèces d'or, d'argent ou de cuivre qui ont reçu ta dernière façon. || Proverbes. 11 n'y a point d'huis qui ne lui doive denier, se dit d'un valet musard qui s'arrête souvent en chemin. || Cette chose vaut mieux denier qu'elle ne valait maille, se dit d'une chose qui , payée plus cher, vaut mieux qu'elle ne valait payée moins cher, c'est-à-dire d'une chose qui a été améliorée.
— HIST. XI' s. E quatre deners al ceper [geôlier]. Lois de Guill. 4. Pris l'en ad or et aveir et deners, Ch. de Uol. Lxxxvui. Sis bons escus un dener ne lui vaut, ib. XIV.
— XII* ï. N'i perdra Charles [ce] qui vaille un seul diner, iionc. p. 34. Kt si ont en nos terres pris les quatre deniers, Sax. xvi. Or volt que il ti rende ses acuntes pteniers De quanqu'ot en bailhe, quant fu ses chanceliers. De trente mile livres de sterlins en deniers. Th. Jemar». 43. Tut saisi, en sa main, e terres e mustiers, E vif aveir e mort, blé, rentes e deniers, ib. 64. E li deniers Saint Piere fu dunkes retenuz : Si fu al eschekier e portez e renduz, ib. 68. Là fors le prinrent li félon losengier. Et nosauvec, par Dieu le droilurier. Si somes povre que n'avommes denier, Raoul de C. 278.
— xm* s. S'il i a nulle beste qui comeoce à feblir, mêlez lescostages [dépenses] pur lui sauver ; car om
dit: Beneit soit li dener qui sauve la libre [la livre]. Économie rurale, Bibt. des Chartes, 4* î^érie. t. Ii, p. 3S8. Si ne se purent à celle fois acorder, por ce qu'il lor sembla qu'il n'avoient mie encore deniers assez, viLLEH. viii. Et que de mes deniers cbascun d'eus [je] rachetai, Berte, vu. Il est acordè et ordené que nul mestres foulons ne preigne denrées d'ores avant, quêtes que êtes soient, bones ou mauveie*, pour leur salaires des dras parer, fors deniers ses [secs, argent comptant] , sanz nule fraud», Liv. des met. 400. Et vont disant que povres sont, Etiesgrasses pitances ont, Et les grans deniers en trésor, la Rote, «447. Se vous l'avez félon trouvé; Il ierl [sera] autres au derrenier; Ge le congnois cum ung denier, ib. 34 46. f:i li denier qui en vienentsont ausegneur, BEAL'H. 43. Donques, pot on veirque, se denier de rente sont deu à certain jour, ou blés ou aveines, ou ce qui est deu de terme passé.... id. xxiii, *. Nor entendons que marciés est fes si tost comme il est créantes à tenir par l'acort des parties, entre gens qui poent fere marciés, ou si tost que denier Dieu en est donés, id. xiiiv, «o. Erlaut de Nogent fu li bourgeois du monde que le conte creoit le plus, et fu si riche que il fist le cbastel de Nogent l'Eriaut de ses deniers, joinv. 206. Ne faire marchié ne bailler denier à Dé, du canoë, junctura.
— XIV* s. Nuiz ne faisoit les cbans arer, Les blez soier, les vignes faire. Qui en donnast [quand on en donnerait] triple salaire, Non certes pour un denier vint; Tant estoienl mort [dans la peste noire]....
MACIIAULT, p. 75.
— XV* s. J'ai loué à mes deniers celle nef pour faire sur ce voyage ma volonté, froiss. ii, ii, ii9. Parmi ses deniers payans [par le moyen de], ID. l, I, 264. Je ne donrai de vos franchises trois deniers, ID. Il, 11, 63. Un gros bourgeois qui compte ses deniers par default d'autre besongne, al. chartier, Quadriloge invectif. Ne blasmez, pour ce, mon mestier; Je pagne denier à denier; C'est loings du trésor de Venise, ch. d'ohl. Rondeau. Qui du marchié le denier à Dieu prent, U n'y peut plus mectre rabat ne creue, id. ib. Tout marché d'amour, quoy qu'il monte. Se parfait sans deniers à Dieu, coquil- LART, p. 37. Ce fut pour le denier à Dieu ; Et encore si j'eusse dit, La main sur le pot, par ce dit, Mon denier me fust demeuré. Patelin, v. 3»2. Et ne perdirent pas ung denier vaillant, mais payoit chascun son escot comme s'il eust esté en Flandres, coMM. I, 6. Receu et nourry six ans, ayant deniers de luy pour son vivre, m. i, 42. Elle est [la duché de Normandie] de grant estime, et se y levé de grans deniers, id. i, 43. Le denier oublié ou mesconté, grâce ne gré, lxrodz de lincy, Prov. t. ii,
— XVI* s. Deniers refusez ne se passent pas, Gabriel MEIRIER, dans LEROUX de LINCY, t. II. p. 425.
Denier sur denier bastit la maison , id. t'b. Il employé bien ses quatre deniers [il mange bien à proportion de ce qu'il paye], ID. ib. p. 4 26.
— ÊTYM. Bourguig. denei; wallon, denidii, denij^, denier à Dieu ; provenç. dener. denier, dinier; catat. diner ; espagn. dinero; portug. dinheiro ; ital. denaro ; du latin denarius, de detii, dix (voy. dB- NAiRE). parce que le denier valait à l'origine dix as.
DÉNIER (dé-ni-é), je déniais, nous déniions, vous déniiez; que je dénie, que nous déniions, que vous déniiez, v. a. || 1* Nier. Philotas dénia te crime, vaubel. Q. C. liv. vi, dans riciielkt. Les templiers dénièrent, à la mort, les crimes qu'ils avaient confessés dans les tourments, mEzehai, dans RICHELET. Qu'il approuve sa mort, c'est ce que ja dénie, corn. Cinna, ii, 4. Son plus grand regret. C'est de voir que César sait tout votre secret : En vain il le dénie et le veut méconnaître, id. ib. iv, 6. Je ne dénierai point, puisque vous les savez. De justes sentiments dans mon âme élevés, id. Hodog. v, 4. Les Grecs, les Jacobites et les Nestoriens, à qui il [un ministre protestant] ne dénie pas qu'il n'ait accordé le salut, boss. ¥ar. 3' avertiss. § 4 6. Comment I chétif mortel, vous déniez vos dettes, regnard, le Bal, se. 4 3. Jugeant l'un très-capable de dénier ce qu'il devait, et l'autre incapable de demander ce qu'on ne lui devait pas, hollin, Hist. anc. Œuvres, t. xi, 2* partie, p. 644, dans poucens. Il i' Refuser. Dénier des aliments. On lui a dénié toute ju.stice. Je n'ai pu dénier cet office à leurs larmes, rotr. Si 6'en.v,6. Je medèuie L'honneur qui ne m'estdûque dans mon Arménie, CORN. iVtc. m, 4. 1.6 ciel m'a dénié cette philosophie, mol. Femmes sav. IV, 2. On ne me peut dénier un rang parmi les auteurs de notre langue, d'ablancourt, Arrien, liv. I , dans richelet. Pour obtenir les vents que l« cisl vous dénie. Sacrifiez Iphigénie, hac. ip/iiy. l, 4.
dLn
te ciel TOUS ravira ce sang qu'on lui dénie, id. th. La Basse-Bretagne, à laquelle Dieu a dénié la vigne, VOLT. l'Inginu, 4. Les soldats d'un régiment, appelés sous serment secret à cette œuvre [décapitation de Charles I"] , dénièrent leifs bras, ciia- TEAUB. Stuarli, 23). Il 3° Se dénier, <!. ré(l. Être dénié. Ce que veut tout l'État se peut-«i dénier? rotb. Yencesl. m, 6.
— HIST. xiii' s. U il volsist, u il dengnast, Au leu [loup] covintqu'iiremportast, marie, Fable 62. Dahez[malà]quichar rae denea, Quant oremangier n'en oson, Ren. 23)9). S'aucuns héritages est vendus à commune, li sires pot denier le [la] sesine à fere, BEAUM. L, )«. Il XTV s. Il denoientou refusent l'un à l'autre aide et subside, oresme, Elh. 268. ||iy's. Il cuidoit que ceux de Valenciennes dussent vuider et là venir combattre; aussi l'eussent-ils très-volontiers fait; mais messire Henry d'Antoiny, qui la ville avoit à garder, leur deneoit et defendoit, froiss. I, I, )i). Le jeune duc n'osa denyer de le lui bailler, COMM. IV, I. Il XVI' s. Qui fief dénie, ou qui à escient fait faux aveu, ou commet félonie, fief perd, LOYSEL, 648. L'aide de ma bourse ne vous sera desniée, pour.... LANGUE, 48). Il n'y eut pas un de tous ceuli que Ciceron feit exécuter par justice, à qui on deniast sépulture, amyot, Ant. t. Aprez avoir attendu quelque temps qu'il [La Boëtie mourant] ne parloit plus et qu'il tiroit des soupirs trenchants pour s'en efforcer, car des lors la langue commenceoit fort à luy denier son office.... «ont. LeU. V.
— ÊTYM. Provenç. denegar, deneyar, desncgar, desnedar; espagn. denegar; ital. dinegare; du latin denegare, de la préposition de, et negare (voy. nier). La forme dengner, par suppression de l'i bref, est correcte et fort ancienne. Dénoter était une forme usitée dans certains dialectes, comme loier et lier, proier etprier, et, dans la langue actuelle, ployer et plier.
t DÉNIGRANT, ANTE (dé-ni-gran, gran-t'), odj. Qui dénigre, qui exprime le dénigrement. Un langage dénigrant. Çà, mesdames les dénigrantes, Si cet honneur vient la trouver.... bérang. Vertu de Lisette. M. leR.... était autrefois moins dur et moins dénigrant qu'aujourd'hui; il a usé toute son indulgence, et le peu qui lui en reste, il le garde pour lui, champfort, Caract. et portraits, p. ))0, édit. d'Arsène Houssaye, 1857.
DÉNIGRÉ, ÉB (dé-ni-gré, grée) , port, passé. Dont on dit du mal. Si les gens de latin des sots sont dénigrés, RÉGNIER, Sat. iii.
DÉNIGREMENT (dé-ni-gre-man), s. m. \\ 1° Action de dénigrer. Ce jargon éternel de la froide ironie. L'air de dénigrement, l'aigreur, la jalousie, C« ton mystérieux, ces petits mots .«ans fin, gresset, Méchant, iv, 7. L'impératrice d'Autriche, traitée par Napoléon avec des égards délicats, flattée de son accueil.... s'adoucit beaucoup, sauf à revenir à son dénigrement habituel, lorsqu'elle serait de retour à Vienne, thiebs, Hist. du Cons. et de l'Emp. xliii. Il 2° État de mépris. Tomber dans le dénigrement.
— HlST. Tu y comprends blasphème et denigration non demeries [méritées] , G. chastel. ICxpot. $. vérité mal prise.
— ÊTYM. Dénigrer.
DÉNIGRER (dé-ni-gré), e. a. || 1* S'efforcer par ses discours de rendre noir, c'est-à-dire d'effacer la bonne opinion que les autres ont de quelqu'un, ou de dépriser la qualité d'une chose. On a tantôt dénigré les dames du palais d'une manière qui m'a fait rire, SÉV. <8). Tout cela vient de ce que chacun, épris de soi-même, veut tout mettre à ses pieds et s'établir une damnable supériorité, en dénigrant tout le genre humain, boss. Concupise. te. J'ai loué les sots, j'ai dénigré les talents, volt. l'Écossaise, i, 4. U satisfit son mécontentement secret, en dénigrant la nation pour laquelle il voyait avec tant de peine la prédilection de Corinne, stael, Corinne, vi,î, 112» Se dénigrer, v. réfl. Dire du mal de soi-même. Ne cessant de se dénigrer par ironie, HAMiLT. Gramm. )0. || Dire du mal les uns des autres. Ces. gens-là ne cessent de se dénigrer les uns les autres.
— HlST. XVI' S. Ne fréquente point avec hommes diffamez et dénigrez pour leur meschante vie , amïot , Comm. il faut nourrir les enfants, 38.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et le latin nigrcr, noir : rendre noir, noircir. Le provençal a denigratiu, noircissant.
t DÉNIGREUR (dé-ni-greur), t. m. Celui qui dénigre. On n'entend partout tant de dénigreurs que parce que les hommes sont en général médiocres
DÉN
sots et jaloux de toute espèce de succès, hercier, dans LA VEAUX.
— ÉTYM. Dénigrer.
t DÉNI'STELER (dé-ni-ve-lé. VI se double quand elle est suivie d'une syllabe muette : je dénivelle, je dénivellerai), v. a. ôter le niveau. Cela dénivellera le terrain.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et niveler.
t DÉNIVELLATION (dé-ni-vè-la-sion), s. f. Action (le déniveler; résultat de cette action. Un accident avait causé la dénivellation des rails. Les facules du soleil sont attribuées à la hauteur de certaines dénivellations de la photosphère, faye. Comptes rendus de l'Acad. des .«. t. xlix, p. 704.
t DÉNIVELLEMENT (dé-ni-vè-le-man), s. m. Le résultat de la dénivellation; variation de niveau. Ce coup de vent a produit des dénivellements de plusieurs mètres, lkgoarant.
— ÊTYM. Déniveler.
t DÉNIZATION (dé-ni-za-sion), î. f. Sorte de naturalisation accordée en Angleterre. Lettre de dénizatinn.
— ÉTYM. Anglais, denixation, de deniien, étranger admis à la jouissance des droits civils, sauf celui de succession.
t DÉNOIRCIR (dé-noir-sir),», a. \\ 1° ôter la couleur noire. || 2° Fig. Se dénoircir, v. réfl. Dissiper les calomnies dont on a été l'objet. Que faire d'ailleurs pour se dénoircir auprès du roi paqueté de la sorte? st-sim. 363, 28.
— HlST. xvi" s. C'est peindre en l'eau, et c'est vouloir encore Prendre le vent et desnoircir un more, rons. 185.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et noircir.
DÉNOMBRÉ, ÉE (dé-non-bré, brée) , part, passé.
Le peuple romain dénombré à chaque lustre par les censeurs.
DÉNOMBREMENT (dé-non -bre -man), s. m.
Il 1° Compte de personnes. Il ne se dit guère qu'en parlant d'un très-grand nombre. Tout ce dénombrement, madame, est inutile; CentHectors pourraientilsme payer un Achille? p. Troade, iv,4. Voici ledénorabrement des fils de Sem, Cham et Japhet, enfants de Noé; et ces fils naquirent d'eux après le déluge, SACT, Bible, Genèse, x, 1. 1| Terme d'administration. Compte des personnes qui habitent un pays. Ce que je dois dire à cet égard suppose un dénombrement exact de toutes les personnes qui habitent ce royaume, vauban, Dime, p. 67. Voyons combien vous avez d'hommes; passons-en le dénombrement, PÉN. Tél. XII. C'est là le dénombrement des enfants d'Israël, qui fut fait par Moïse, par Aaron et par les douze princes d'Israël, chacun étant marqué par sa maison et par sa famille, sact. Bible, Nombres, i, 44. Il est prouvé que la France ne contient qu'environ vingt millions d'âmes tout au plus, par le dénombrement des feux exactement donné en <75l , volt. Dial. 24, )•' entretien. Il 2° Ênumération, en parlant des choses. Il a pris le soin de faire le dénombrement de tous les cas qui.... PASC. Prov. 8. Tous les péchés dont Êzéchiel fait le dénombrement, boss. Conc. U serait mal aisé de faire le dénombrement de tous les effets de la grâce, m. lu, Pent. ). Le Saint-Esprit a voulu entrer dans un dénombrement exact de tous les ornements de la vanité, id. la Vallière. Quand, sur une si belle montre, l'on a seulement essayé du personnage et qu'on l'a un peu écouté, l'on reconnaît qu'il manque au dénombrement de ses qualités celle de mauvais prédicateur, la bruy. xv. Les obstacles dont elle faisoit le dénombrement, ha- MiLT. Gramm. 8. Il harangua le peuple, et se crut en droit de lui reprocher avec force son injustice, son ingratitude et sa perfidie, en faisant le dénombrement de beaucoup d'illustres généraux dont il avait payé les services par une mort infâme, hol- LiN, Ilist. anc. CEuvres,t. i, p. 296, dans pougens. Le dernier précepte était de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales, que je fusse assuré denerien omettre, DESC. iléth. ii, fO. Il 3° Terme de fief. Déclaration par écrit, donnée par le vassal, des héritages, cens et autres droits qu'il tient de son seigneur. || 4' Terme de logique. Dénombrement imparfait, faute de raisonnement par laquelle on tire une conclusion générale de plusieurs cas examinés , lorsqu'on a oublié précisément ceux qui rendent la conclusion fausse. Par exemple si de ce que les quadrilatères, les pentagones, les hexagones, etc. peuvent avoir des angles rentrants, on concluait que tous les polygones peuvent avoir des angles rentrants, la conclusion serait fausse, puisque dans le dénombrement des polygones on aurait justement oublié les triangles, qui ne peuvent pas a'oir de tels angles.
DEN
— HIST. xvi' S. Dénombrement [état détaillé de ce que le vassal avoue tenir de son seigneur] baillé sert de confession contre celui qui le baille, mais ne prejudicieà autrui, ni au seigneur qui le reçoit, LOYSEL, 698. Après tous ces esbatemcns fut faitte la reveue et le dénombrement accoustumé du peuple, AMYOT, César, 7). Et aprez tout ce dénombrement d'opinions, mont, ii, 289.
— ÉTYM. Dénombrer.
DÉNOMBRER (dé-non-bré), v. a. Faire un dénombrement. Joseph et Marie vinrent se faire dénombrer à Bethléem, volt. Phil. u, )77. Démétrius les dénombra, comme dans un marché l'on compte les esclaves, montesq. Esp. m, 6. [Peuples]! Dieu vous dénombrera d'une voix solennelle, v. hi;go, Odes, ui, <. Il Sedénombrer.o. r^/I. Être dénombré. Le peuple romain se dénombrait à chaque lustre.
— HIST. XVI' s. Faussement il dénombre tels inconvénients, CONDÉ, Mémoires, dans le Dict. de DO-