‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 365 sur 388 · II, III · texte numérisé non relu

II, III

t HOBBISME (ho-bi-sm'), *. m. Système de Th. Hobbes, philosophe anglais du xvii' siècle, d'après lequel l'état de guerre est l'état naturel à l'homme.

— REM. Raynal n'aspirait pas Yh: Vous avez l'hobbisme en horreur dans votre voisinage; et ce funeste système qui fait de la force la suprême loi, vous le pratiquez au loin, llist. phil. xm, t3.

HOBEREAU (ho-be-rô), s. m. || 1° Petit oiseau de proie qui était surtout employé à la chasse des alouettes. || Hobereau proprement dit, falco subbuteo, LINNÉ; c'est lui qu'on dressait à la chasse aux alouettes, espèce française chassant aujourd'hui pour son propre compte. || Hobereau-moineau, falco câirulescens, gmelin, le plus petit des oiseaux de proie connus; habite l'Inde. || Le hobereau des pigeons, falco columbarius , GMEr.iN, espèce de l'Amérique du Nord. || Hobereau huppart, nom sous lequel on a désigné le sophote indique (rapaces) de Lesson. Il 2° Fig. et par dénigrement, petit gentilhomme campagnard. Que tous ces hobereaux restent ensevelis..., NOUGUiER, Odyssée à la mode, p. <40. On y met notre tête [des loups] à prix ; Il n'est hobereau qui ne fasse Contre nous tels bans publier, LA FONT. Fabl. X, B. Dans quelques-unes de nos provinces, on donne le nom de hobereau aux petits seigneurs qui tyrannisent leurs paysans, et, plus particulièrement, au gentilhomme à lièvre qui va chasser cliez ses voisins sans en être prié, et qui chasse moins pour son plaisir que pour le profit, BUPF. Ois. t. II, p. 44.

— REM. On a dit houbereau : Je ne vous entends point. — A-t-il des houbereaux î — Encore moins, SCABRON, D. Japhel d'Arm. ii, *. Cela convient bien, ma foi, à ces petits houbereaux, mabivau.v, Pays, parv 6" part. || On a dit aussi hobreau : Ce nom de hobreau appliqué aux gentilshommes de campagne, BUFF. Ois. t. Il, p. 4B, note 6.

— HIST. XIV s. Ceux [oiseaux] qui volent à tour hault sont le faulcon, le lasnier, le sacre et le hobe, Uodus, f° Lxxvi, verso. Et qui veult son enfant apprendre à aflaitier et gouverner faulcon, si luy baille hobes pour affaittier, ib. f. ci, verso. \\ xvi* s. Du mot hobreau, on ne peut douter qu'il ne vienne de là, quand on dit d'un petit gentilhomme qui a bien peu de moyen : c'est un hobereau, h.-est. Précell. p. 93.

— ÉTVM. Diminutif de l'ano. franc, hobe, petit oiseau de proie. D'après Diez, hobereau vient de l'angl. hobby, signifiant à la fois un petit vautour et une sorte de cheval. Évidemment, hobe et hobby sont le même mot; mais on ne sait lequel vient de l'autre. Comme, d'après le Dictionnaire de Trévoux, le hobereau se dit aussi aubrier, comme il se dit albanel en provençal, on a conjecturé que hobe pouvait être pour aube, et que cela signifiait l'oiseau blanchâtre. Pour que cette conjecture prît de la consistance, il faudrait qu'on trouvât, en d'anciens textes français, aube pour hobe. X la vérité, on a l'exemple de Aobin chargé en aubin (voy. ce mot) ; mais cela ne justifierait pas l'étymologie par aube, et tendrait seulement à montrer que le hobby anglais est entré dans le français au moins avec son sens de cheval.

f HOBIN (ho-bin),î. m. Nom d'une race de chevaux d'Ecosse qui vont naturellement le pas qu'on appelle l'amble (voy. aubin).

HOC (hok), s. m. Il 1° Sorte de jeu de cartes. Au hoc, les quatre rois, la dame de pique, le valet de carreau, et toutes les cartes au-dessus desquelles il ne s'en trouve point d'autres, comme les six quand tous les sept sont joués, sont hoc; et en les jouant on dit hoc, parce qu'elles sont assurées au (oueur. J'ai vu aujourd'hui Sa Majesté jouer au hoc toute l'après-dînée, et je ne suis pas plus gai, voit. Lelt. 1 14. On te lient inventeur du hoc, Ou beau jeu de trente et quarante, scarkon, Maxarin, OEui). 1. 1, p. 284. [| Terme du jeu de la comète. Interruption de la suite des cartes. Si l'on n'a pas de six après avoir joué le cinq, c'est un hoc. || 2° Fig. Ce qui est assuré à quelqu'un. Bonne chasse, dit-il, qui l'aurait à son croc! Ahl que n'es-tu mouton;

car tu me serais hoc, la font. Fabl. v, 8 Mon

congé cent fois me filt-il hoc, La poule ne doit pas chanter avant le coq, mol. F. sav. v, 3. Quand tu combats, la victoire t'est hoc, deshoul. Ballade à df. Charpentier. Heureux sont les esclaves inconnus à leur maître ; ce bonheur-là vous est hoc, et c'est là peut-être de quoi vous enragez, p. l. cour. (,el(. a, 20. Il 3° Ad hoc. à la chose même. C'est une

réponse ad hoc. || 4* Ah hoc et ab hac, Toy. cette locution à son rang alphabétique.

— ÊTYM. Lat. hoc, cela, c'est cela.

HOCA (ho-ka), s. m. Sorte de jeu de hasard composé de trente points marqués de suite sur une table, et se jouant avec trente petites boules dans chacune desquelles on enferme un billet de parchemin où il y a un chiffre ; quand on joue, on remue ces boules dans un sac, on en tire une dont on fait sortir le billet qu'on déplie pour voir ce qui est perdu ou gagné. Pendant (jue le hoca fut à la mode, et avant que le roi, par sagesse, eût défendu un jeu aussi dangereux, W' de caylus, Souvenirs, p. (54, dans pouGENS.

— REM. Mme de Sévigné n'aspire pas l'h ; Elle [Mme de Montespan] est très-occupée de ses ouvriers, et va à Saint-Cloud où elle joue à l'hoca, Lelt. 1 juin (676. La reine perdit la messe l'autre jour, et vingt mille écus avant midi ; le roi lui dit : Madame, supputons un peu combien c'est par an. Et M. de Montausier lui dit le lendemain : Hé bien, Madame, perdrez-vous encore aujourd'hui la messe pour l'hoca ? Lett. 24 nov. (676.

— ÉTYM. Mot catalan, d'après Richelet, qui dit que ce jeu vient de Catalogne.

j UOCOO (hok-ko), s. m. Terme de zoologie. Genre de gallinacés de la famille des nudipèdes. {{ Nom vulgaire du crax alector, L-, dit aussi crax rouge. Il Hocco du Mexique, nom sous lequel Brisson décrit Vourax casqué (gallinacés), qui est pour Bufl'on le pierre de Cayenne, legoarant.

HOCHE (ho-ch'), s. f.\\i° Coche faite sur une taille pour tenir le compte du pain, du vin, de la viande, etc. qu'on prend à crédit. || 2* En termes de couture, petite entaille. || 3* Brèche. Ce couteau a des hoches. || 4° Petits montants de bois qu'on scelle dans les murs , pour tordre des lignes ou cordeaux , et qui servent à en constater l'épaisseur.

— HIST. XIII* s. Quant ces gens ont à faire l'un avec l'autre, il prennent un pou de fust, et le fendent ; et en chascune moitié si font deux oches ou trois, et, quant il se paient, il prennent la moitié du fust...., marc pol, p. 4(H. Il XVI' s. Ladite verge aura en son extrémité une cavité et une petite hoche comme un fourchon, qui embrassera et coulera jusques à l'extrémité de la première, paré,

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