‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 369 sur 388 · UOM · texte numérisé non relu

UOM

tamps iur la surface de la terre des hommes rarei , exquis, qui brillenl par leur vertu et dont les qualité* éminentes jettent un éclat prodigieux, la hhuï. u. D'un jeune homme I mou sang s'est glacé dans mes veines, volt. Kérope,u, 2. Voyageons dans leur âge (des anciens], où libre, sans détour, Chaque homme ose être un homme et penser au grand jour, *. ciiÈNiKB, l'Invention. |{ Autant qu'homme du monde, plus qu'homme du monde, autant, plus que lui que ce soit. Il entend raillerie autant qu'homme lia France, hol. Femmes sav. iv, 3. || Un saint homme, un homme dont la vertu et la piété sont exemplaires. || Par plaisanterie. C'était un chat vivant comme un dévot ermite. Un chat faisant la chattcmite. Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras, Arbitre expert en tous les cas, la FONT. Fabl. vu, <6. Il C'est un homme de Dieu, tout de Dieu, tout en Dieu, homme fort pieux, fort dévot, et qui fait beaucoup de charité, qui s'occupe des pauvres. || Familièrement. C'est un homme sans façon, c'est un homme qui ne fait pas de cérémonie, qui est commode à vivre, et aussi c'est un homme qui ne se gêne pas assez avec les autres. || Familiè.rement. C'est un bon cœur d'homme, une bonne pâte d'homme, c'est un homme bon, doux, facile à vivre. Il C'est une bonne tête d'homme, c'est un homme qui a une bonne tête, de la force d'esprit. Il On ne sait quel homme vous êtes, on ne connaît pas votre humeur. || Un homme tout d'une pièce, un homme qui ne se plie pas aux circonstances. Il C'est le roi dos hommes, se dit d'un homme très-bon, très-bienfaisant. || C'est le dernier des hommes, c'est le plus vil, le plus méprisable de tous les hommes. || C'est un pauvre homme, c'est un homme sans capacité. || Familièrement. C'est un petit bout d'homme, un plaisant homme, se dit, par mépris, d'un homme sans consistance. Il Fig. Un homme nouveau, celui qui a fait sa fortune et sa réputation. || Fig. C'est toujours le même homme, il n'a pas changé; et, en un sens contraire, ce n'est plus le même homme, il a changé, il est tout autre. Qu'il marchât avec une armée parmi les périls, ou qu'il conduisît ses amis dans ces superbes allées [de Chantilly] au bruit de tant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit, c'était toujours le même homme, et sa gloire le suivait partout, boss. Louis de Bourbon. \\ Fig. Un autre homme, se dit pour exprimer qu'en certaines circonstances un homme semble agir sous des impuisions qui ne sont pas siennes. Vous diriez qu'il y a en lui un autre homme à qui sa grande âme abandonne de moindres ouvrages où elle ne daigne se mêler, boss. Louis de Bourbon. \\ 11° Plus particulièrement. L'être qui, dans l'espèce humaine, appartient au seie mâle. L'homme et la femme. Voilà notre pouvoir sur les esprits des hommes, CORN. Poly. I, 3. Ayez toujours uns fille qui travaille dans votre chambre quand vous êtes avec un liomme; défiez-vous des plus sages, maintenon, IMtre à Mme de Caylus, <705, t. vi, p. ♦, dans HOOOENS. Il faut, pour que la nature et l'ordre social sa montrent dans toute leur beauté, que l'homme soit protecteur et la tèmme protégée, stael, Corinne, vi, 3. || Le premier homme, Adam. Leur innocence n'a guère plus duré à la cour que celle du premier homme dans le paradis terreslre, balzac. De la COUT, 2* dise. || En homme, en habits d'homme. X ce voyage elle était à cheval et en homme, t. j. RODSS. Confess. ix, || Un demi-homme, un homme efféminé, qui est presque une femme. || Fig. La vertu seule est libre : honneur de notre histoire, Notre immortel opprobre y vit avec ta gloire [Charlotte Corday] ; Seule tu fus un homme, et vengeas les humains, a. chék. Ode ix. || 12° Celui qui est parvenu à l'âge de virilité. C'est un homme fait. Il se fait homme. C'est un enfant, mais quand Il se fera homme.... || N'être pas homme, être impuissant, être incapable d'engendrer. || Absolument et fig. Homme, homme de cœur, de fermeté. Se montrer homme. Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre coeur dans nos discours se montre, mol. Mis. i, < . Et l'esclave d'un roi va voir enfin des hommes, volt. Brutus, i, i . Allons, reprends tes sens, sois homme, ducis, Abuf. IV, 6. Il Par mépris. Ce n'est pas un homme, c'est un être faible, sans fermeté. || 13° Populairement. Mari. J'irai avec mon homme souper chez vous. Mon Dieu, la charmante fille, que je l'aimerai quand je serai son homme! la seule pensée m'en fait mourir d'aise, harivaux. Paysan parv. 3« part. Il 14° Homme soumis au commandement d'un autre, et, particulièrement, soldat, ouvrier. Le car>itaioe rassembla ses hommes. Cet entrepreneur

noM

donne tant à ses hommes par jour. Une armée de cent mille hommes. Envoyez-moi un da vos hommes. Il Hommes do recrue, soldats de nouvelle levée. Il Remplaçant militaire. Simon Gabelin, ne voulant point aller à l'armée, a vendu tout son bien pour acheter un homme, et se fait remplacer, p. L. cour. Gazette du village, n* 4. || Marchand d'hommes, celui qui se chargeait de fournir des remplaçants. Il Terme de marine. Un homme à la mer ! cri que l'on fait entendre quand un homma tombe à la mer. Il 18° En jurisprudence féodale, vassal. Homme lige. Homme et femme de corps, gens de condition servile et maiiimortable. Homme de foi, vassal qui tenait un fief. Homme de froment, celui qui payait ses redevances en froment. Homme de justice, vassal soumis à la juridiction du seigneur. Homme de poursuite, celui que le seigneur avait le droit de poursuivre et de réclamer partout. Homme sans moyen, celui qui relevait immédiatement du roi. Homme vivant, mourant et confiscant, homme que les corps mainmortables présentaient au seigneur dominant pour les représenter dans leur propriété, afin que celte propriété ne tombât pas i l'état do mainmorte; ce qui aurait fait perdre au seigneur les droits de relief, etc. Il Autrefois, homme du roi , celui qui avait quelque commission du roi soit au dedans du royaume , soit au dehors. L'homme du roi auprès des états du Languedoc. || Aujourd'hui et par extension du langage féodal. Il est l'homme d'un tel, c'est-à-dire il est présenté, commis, rétribué par lui. || 16° Un grand homme, un homme distingué par des qualités éminentes. Admirons cependant le destin des grands hommes; Plaignons-les et par eux jugeons ce que nous sommes , cohn. Pomp. n,2. C'est prolonger la vie des grands hommes que de poursuivre dignement leurs entreprises, FONTEN. Leibniti. Vous savez que chez moi les grands hommes vont les premiers, et les héros les derniers; j'appelle grands hommes tous ceux qui ont excellé dans l'utile ou dans l'agréable, VOLT. Lett. Thiriot, 4B juill. (7S6. Callicrate : Voilà un grand homme bien petit. — Evhémère : Il n'y en a guère d'autres; ils sont comme l'aimant dont j'ai découvert une propriété, c'est qu'il a un côté qui attire et l'autre qui repousse, ID. Dial. 29. Le grand homme est celui qui, pour des objets grands et utiles, proportionne les moyens aux entreprises, les couronne par le succès, et peut s'applaudir des événements puisqu'il a su les prévoir, les préparer et les amener, dijclos, Mém. liég. Œuvres, t. v, p. 342, dans POLOENS. Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme, lamart. Médit, i, U. Il Voltaire adit grand homme, en parlantdela reine Elisabeth d'Angleterre : ....L'Europe vous compte au rang des plus grands hommes, Ilenr. ui. || Bon homme, voy. bon, aux n°' 1 3 et M, et à la synonymie, voy. aussi bonhomme. || Par familiarité ou par hauteur. On dit parfois bonhomme en parlant à un homme du peuple ou de la campagne, quel que soit son âge. Il Aller son petit bonhomme de chemin, voy. CHEMIN, n° t.\\ Brave homme, voy. brave aux n°' i et 2, et aux remarques. || Un honnête homme, voy. HONNÊTE. Il 17° Homme suivi de la préposition de sans article sert à marquer la profession . l'état, la qualité. Homme d'épée, d'Église, de robe, de lettres, de génie, de goût, etc. Don Rodrigue surtout n'a trait en son visage Qui d'un homme de cœur ne soit la haute image, corn. Cid, i, ( . Je l'avais bien prévu que pour un tel ouvrage Cinna saurait choisir des hommes de courage, m. Cinna, i, 3. Homme de lettres, homme d'érudition, mol. Mar. forcé, 6. Homme de suffisance, homme de capacité, id. tb. 6. Vous êtes homme d'accommodement, id. Poure. III, «. Un homme d'esprit, et qui est né fier, ne perd rien de sa fierté et de sa raideur pour se trouver pauvre, la bruï. v. Le chrétien est donc un homme de prière, hass. Carême, Prière 1. Mon cher ange, la vie d'un homme de lettres n'est bonne qu'après sa mort, volt. Lett. d'Argental, <7 septemb. <7B6. Il Homme de qualité, homme qui appartient à la noblesse. || Familièrement. Cela sent son homme de qualité, cela marque un homme de qualité, en est digne. || Homme d'État, homme qui régit les affaires publiques. Puissions-nous voir en lui, malgré tous ses malheurs. L'homme d'État heureux, quand le père soupire, volt. Tancr. v, ). Il Homme d'ordre, de progrès, d'avenir, d'action, homme qui est attaché à l'ordre, qui favorise le progrès, qui a de l'avenir et donne des espérances, qui est propre à agir. || Homme de bien, homme qui obéit à toutes les lois de la morale. Tu n'as fait le devoir que d'un homme de bien, corn. Cid, m, 4, Un homme de bien na saurait empêcher par

noM

toute sa modestie, qu'on ne dise de lui ce qu'un malhonnête homme fait dire de soi, la bhuy. v. Le plus homme de bien est celui qui travaille , collim n'iiABLEviLLE, Vieux célib. iv, ». || Familièrement. Homme de bien, se dit quand on adresse la parole à quelqu'un <|u'on ne connaît pas. Homma de bien , qui voyez tant de chosps. Voyez-vous point mon veau? dites-le-moi, la font. U Viltageois. || Homme de confiance, homme en qui on a pleine confiance. Il Homme d'honneur, homme qui se comporte en tout suivant les lois de l'honneur. Ne lereceTez point en meurtrier d'un frère, Mais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire, corn. Jlor. u, *. || D'homme d'honneur, en homme d'honneur, se dit pour affirmer quelque chose. Il Homme d'importance, homme qui jouit de crédit, d'influence, de richesse, de pouvoir. On y fait l'homme d'importance Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois, la font. Fabl. vui, <5. Il Homme de loi, un avocat, un avoué. || Autrefois, homme d'affaires, homme employé dans les affaires de finance et particulièrement dans les fermes du roi. Il Aujourd'hui, homme d'affaires, agent d'affaires, et aussi homme qui a soin des affaires d'une grande maison. || Fig. et familièrement. Homme da paille, homme sans consistance, sans fortune, qui ne présente aucune garantie; et, par extension, celui qui, prêtant son nom dans une affaire, mais ne possédant rien, n'offre aucune garantie à ceux qui ont sa signature. Il Autrefois, homme de chambre, domestique employé au service de la chambre. On dit aujourd'hui valet de chambre. || Homme de guerre, militaire. Un grand homme de guerre, uu général qui a remporté d'éclatants succès. || Homme de mer, homme qu'une pratique longue et intelligente a familiarisé avec les choses de la mer. Nous voilà insensiblement engagés dans l'histoire d'un excellent homme de mer, d'un voyageur illustre, d'un habile ingénieur, et presque d'un homme d'État, MAiRAN, c/ope de //aney. || Homme de mer signifie aussi simplement matelot. Que ferait aujourd'hui l'Angleterre, si, au lieu de quarante mille hommes de mer, elle avait quarante mille moines? volt. Vil. aux ioicus, moines. \\ Hommede pied, soldat d'infanterie. Il Homme de cheval, soldat de cavalerie. Il C'est un bon homme de cheval, un bel homme de cheval, il manie bien un cheval, il a bonne grâce à cheval. Il Anciennement, homme d'armes, cavalier armé de toutes pièces. |( Homme de peine, homme employé aux gros travaux fatigants, à porter des fardeaux, à balayer, etc. ll Homme de sac et de corde, un mauvais garnement. || Hommede Dieu, prophète, homme inspiré de Dieu. Voici le quart d'un sicle d'argent que j'ai trouvé sur moi par hasard : donnons-le à l'homme de Dieu, afin qu'il nous découvre ce que nous devons faire, saci. Bible, Rois, 1, IX, 8. Il Terme mystique. Homme de péché, pécheur. Lui [à Dieu] demander avec une foi vive qu'il détruise en elle [l'âme] cet homme de péché qui, malgré ses plus fermes résolutions, lui fait faire tous les jours tant de faux pas dans la voie de Dieu, MASS. Carême, Prière (.||18° Homme de, avec l'article défini. Celui qui appartient à, qui est propre à. Il n'est roi que pour être l'homme des peuples, FÉN. Tél. V. Le garde-champL'tre est l'homme du maire, comme le maire est l'Iiumme du préfet, p. l. cour. Pierre Clavier aux juges de Blois. Celui de nos chefs que jusque-là on avait vu le plus ri« goureux pour le maintien de la discipUnc, ne se trouve plus l'homme de la circonstance, séguh, llisl. de .\ap. ix, tl. || Homme du vieux temps, du temps passé, homme qui conserve les mœurs, les manières antiques. || Homme du jour, homme à la mode. Ne soyez plus ami, ne soyez plus amant, Soyez l'homme du jour, et vous serez charmant, noissT, Deh. tromp. v, <.|| Homme du monde, homme qui vit dans le grand monde. L'homme du monde du meilleur esprit, que le hasard a porté au milieu d'eux [une société particulière, une coterie], leur est étranger, la brut. vu. L'homme du monda est né pour ne tenir à rien, boissy, Deh. tromp. 1, 6. Il Homme du monde, se dit aussi par opposition aux savants, aux artistes, etc. Le savant et l'homme du monde. ||19° Homme qui, homm-! capable de, susceptible de. U ne fuyait qu'en homme Qui savait ménager la fortune de Rome, corn. Wor. iv, a. Vous êtes homme qui savez les maximes du point d'houneur, mol. 0. Dand. I, 8. Je suis homme qui aimo à m'acquitter le plus tôt que je puis, m. Bourg, geni. m, ♦. Il n'est pas homme qui s'accommode des médiocres consolations, skv. b»3. || 20' Homme à. suivi d'un infinitif, capable, qui peut faire quelque chcse soit en bien soit en mal. Il est homme i tout tenter. Il n'est pas homme à endurer un affront. II est

HOM

noM

HOxM

* homme i s'en venger. || Sui^i d'un substantif, il signifie celui qui accepte, qui s'accommode i. Aldobrandin était homme à présents, la font. Itiagn. Il N'être homme à cela près, ne pas attacher d'importance aune chosequi en blesserait un autre. ...Neherbal n'était homme X cela près..., la font. Diableen infer. || Familièrement. C'est un homme à tout, c'est un homme propre à différents genres de besognes, de services. Ce domestique eit fort intelligent, c'est un homme à tout, jj Homme à, exprimant de quoi un homme est digne soit en bien soit en mal; dans cet emploi au lieu de dire : il est homme à, on dit d'ordinaire : c'est un homme à. C'est un homme à noyer, à pendre, à ménager, à employer. Un homme à nasardes, àétrivières. || 21° Avec les adjectifs possessifs, homme propre et convenable à ce qu'on veut. C'est mon homme. Je ne suis pas leur homme. Adieu donc, mes pauvres troupeaux; Le bon Guillot n'est plus votre homme, la motte, Fabl. ii, 40. Monsieur, vous êtes mon homme, votre famille m'est connue, et je vous donne ma nièce en mariage, le- GRAND, Métamorph. amour, se. dern. || Je suis votre homme, je vous suis tout dévoué. || Ironiquement. Il a trouvé son homme, il a trouvé quelqu'un qui lui a rivé son clou, qui est plus fort, plus habile que lui. Parbleu, chevalier, te voilà mal ajusté; ....tu as trouvé ton homme, mol. Critique, 7. || L'homme dont il s'agit, dont on parle. Je n'ai pas trouvé mon homme. Il courut, mais son homme avait pris les devants. Et le second qu'il tâta d'aventure Etait son homme, la font. Xulet. \\ Se dit de la manière dont quelqu'un est traité par un autre, de l'action que certaines choses exercent sur quelqu'un. C'est unduelliste qui ne manque pas son homme. Ce charlatan a bientôt expédié son homme. La fièvre jaune tue souvent son homme en quelques heures. Il ne se battait jamais sans avoir le malheur de tuer sou homme, hamilt. Granim. 4. Qui est coupable d'une fraude pieuse pourrait l'être également d'une fraude à faire pendre son homme, volt. Lett. d'Argent. 7 juillet (769. Il a toujours tué, blessé ou désarmé Bon homme, i.J. iiouss. llél. i, 57.(1 22° Homme d'intelligence, sorte de gnostique du xv siècle (Pays- Bas). Il 23° Homme des bois, l'orang-outang; et, par plaisanterie, un homme rustre, gauche, etc. C'est un homme des bois, un véritable homme des bois. Il Homme marin, nom donné à des phoques et à des lamantins. || Homme de guerre, un des noms donnés au tachypète aigle (palmipèdes), dit aussi frégate, et oiseau guerrier, parce qu'il en combat plusieurs autres pour se saisir du poisson qu'ils enlèvent, lk- GOARANT. Il 24° Homme rouge, être surnaturel qui, selon les habitants de la basse Bretagne, parcourt les côtes de ce pays et précipite dans la mer les voyageurs qu'il rencontre. || Petit homme rouge, être surnaturel qui, suivant une superstition parisienne, hantait les Tuileries et annonçait malheur à leurs habitants, comme Mélusine à la maison de Lusignan. Comme balayeuse on me loge Depuis quarante ans. Dans le château, près de l'horloge ; Or, mes enfants, sachez Que là pour mes péchés. Du coin, d'où le soir je ne bouge. J'ai vu le petit homme rouge; Saints du paradis. Priez pour Charles-dix, BÉRANG. Petit homme rouge. \\ 25° L'homme d'Auvergne, sorte de jeu de cartes. || 28° Terme de marine. Homme de bois, sorte de mât très-court. Il Proverbes. Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome, voy. cheval. || 11 y a grande différence d'homme à homme. || Il doit à Dieu et aux hommes, se dit d'un homme fort endetté. || Face d'homme porte vertu, c'est-à-dire la présence d'un homme sert bien à ses affaires. || Bonhomme, garde ta vache, voy. vache. || Tout homme est menteur. || Tant vaut l'homme tant vaut la terre, les terres rapportent en proportion de l'habileté de celui qui les fait valoir; chacun réussit selon sa capacité. || L'homme propose et Dieu dispose, c'està-dire qu'on fait des projets, mais que l'exécution dépend de la volonté de Dieu.

— REM. Plusieurs adjectifs ont un sens différent suivant que le mot homme suit ou précède. Un grand homme, homme éminent par le génie ; un homme grand, un homme de haute taille. Un honnête homme, homme de probité; un homme honnête, un homme civil, cependant il a aussi le sens d'homme probe. Un bon homme, homme commode et qui se laisse faire; un homme bon, homme qui a de la bonté. Un brave homme, homme de loyauté; un homme brave, homme qui a de la bravoure. Un pauvre homme, homme sans capacité et sans ressources d'esprit ; un homme pauvre, homme qui est dans la pauvreté.

— SYN. 1° HOMME DE BIEN, HOMME d'bONNEUR,

HONNÊTE BOHME, L'homme de bien est celui qui pratique le bien. L'homme d'honneur est celui qui est fidMe aux lois de l'honneur. L'honnête homme est celui qui se règle par l'honnêteté. Toute la différence est donc dans bien, honneur et honnêteté. Le bien est ce qu'il y a de plus universel. L'honneur a certaines parties de convention qui n'appartiennent pas à l'idée de bien. Enfin l'honnêteté d'une part n'implique pas ce qu'il y a de conventionnel dans l'honneur, et d'autre part a moins de généralité que le bien. |12° homme de sens, homme de bon sens. Homme de sens dit plus qu'homme de bon sens. Le bon sens est ce qui est supposé appartenir à la plupart des hommes. Le sens au contraire implique une certaine profondeur ou supériorité dans le jugement.

— HIST. XI' s. Hom [je] sui Rolant [je suis homme de Roland], je ne lui dei faillir, Ch. de Roi. lxu. Il xu* s. Jamais par home ne fut tex [telle bataille] esgardée [vue], Ronc. 4 9. Et li viel home et li jeune mesquin [garçons], ib. p. 4 55. Nus [nul] homs de char n'i oïst Deu tonnant, ib. p. 4 56. Membrer vous doit que laide cruauté Fait qui ocist son lige homme demaine, Couci, xix. Grant péché fait qui son homme veut prendre Par beau semblant monstrer, tant que bien tient, ib. xxi. Dont (pour cela] [ils] firent la bataille sur deus homes jugier [remettre la bataille à deux champions], Sax. iv. Ne remest [reste] à semondre chevaliers ne frans hom, ib. XXV. A prendre lui convient [il faut] vie d'omme sauvage, Et gésir mainte nuit au vent et à l'orage, t5. XXVI. [Que chaque baron aille] Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, ib. xxxi. Nous [paysans] sûmes homes come il [les nobles) sont ; Tex [tels] membres avon com il ont, wace, Rou, 5975-6074.11 xiii's. Tous H Clergé, et li home d'eage, QUESNES, Romancero, p. 84. 11 n'avoient mie plus de vint mil homes à armes, vili eh. cviu. Alons celé terre conquerre, et ce que vos m'en voldrez doner, je le tenrai de vous, et en serai vostre hom liges, ID. cxxxiii. Et dient cil qui morir le virent, que ce fu uns des homes du monde qui plus bêle fin fist, ID. xxui. Là fu mors uns haus bons de Flandres, qui avoit nom Giles de Landast, id. l. Dit [il] lui a qu'ai retour riche homme [il] le fera, Berte, cxxii. La quarte manière de desaveu, si est quant li bons de cors se desaveue de son segneur, parce qu'il dist qu'il est frans..., beaum. xlv, 5. Et toz jors dit-on que bons jugiés ne pot jugier autrui, in. xxxiv, 42, 78. Si come s'il li requiert qu'il le reçoive à home de fief, iD. VI, 4 3. Je vous weil demander comment vous feustes si hardi que vous qui estes un joenes bons, m'osastes loer [conseiller] ma demeurée [de rester en Palestine], ioinv. 2&6. Si com li hom ot la seignorie des autres créatures, br. latini. Trésor, p. 335. Il XIV* s. Et chescun indifféremment aussi bien im homme bestial comme un très bon homme peut user de corporeles delettacions, ORESME, Eth. 34 3. Il XV' S. Cils se tindrent franchement et richement, et dirent qu'ils ne se rendroient à homme, froiss. i, i, 244. Tantost après, le roy, par le conseil de ses hommes, fit madame sa mère enfermer en un bel chastel, m. i, i, 50. Comment et de quoy le roy d'Angleterre devoit sstre homme du roy de France, id. i, i, 62. J'ai servi au roi Philippe son aïeul et au roi Jean son tayon [grand-père] et au roi Charles son père bien et loyalement; ni oncques cils troi.s rois.... ne me sçurent que demander; et aussi ne feroit celui-ci s'il avoit âge et connaissance d'homme, m. ii, ii, 206. Si c'estoit un plus riche hom dix fois que il ne soit, si ne sera-til jamais hors de nostre prison, id. h, ii, 52. Si comme ils le proposèrent, ils le firent: et envoyèrent un homme de bien et unes lettres scellées closes devers messire Roger d'Espaigne, in. ni, iv, 23. Et tout le demeurant,.... tous hommes d'honneur, se boutèrent à la couverte dedans le bois, m. m, IV, 60. Le roy de France à bien vingt mille hommes d'armes, qui sont soixante mille testes armées, ID. liv. Il, p. 243, dans lacdrne. Ondit communément qu'un homme en vaut cent, et cent n'en rallent pas un ; et, au vray dire, aucunes fois il advient que par un homme un pais est raddrecé et resjoui par son sens et sa prouesse ; d'un autre un pals tout perdu et désespéré, id. liv. i, p. 364. Foulz est vieulz bons qui jeune femme prant, e. desch. Fou «.( vieux homme, etc. Or vive ce bon breuvaige , Qui *on homme [mari] en ganté met, Et nous faict Vivre en paix en mariage, bass;^. Vm, de Vire, 36. Jà lui semble qu'il soit homme, Bouciq. I, 6. Tout homme couroit vers le duc d'Orléans, à qui advenoit la couronne comme au plus prochain, coMM. viii, 20. il [le duc de Bourgogne] n'est pas

homme pour jamais se saouler d'une entreprise, id. IV, 4 . Je ne scey que faire, et ne m'en scey chevir, tant est mal homme et divers. Les 4 5 joyes de mariage, p. 29. Si vindrent l'un contre l'autre de tel randon que Nero atteint son homme si vertueusement qu'il le porta \iSiT terre, Perceforest, t. v, f'30. Donner à Dieu n'apovrist homme, leroux de linct,

Prov. t. I, p. 4 9. Il XVI' s Que franchement j'ay

ouvertes mes portes X vingt mil homps, avec leurs capitaines, J. marot, v, 47. Bacchus la vante, et dit qu'elle est séante, Et convenante à Noé le bon hom Pour en tailler la vigne en la saison, marot, ii, 358. Malligny qui n'est pas plus homme de bien qu'eux, cONDé, Mémoires, p. 555. Homme de guerre, mont. I, 26. Nous ne sommes hommes que par la parole, ID. 1, 36. Il estoit homme pour [à] devenir..., ID. I, 70. Homme de lettres, id. i, 4 74. Il l'envoya subjuguer le monde à tout seulement 30,oou hommes, id. i, 480. Hommes faicts, ils..., id. i, 484. En- Tant, homme, vieil, j'ay tousjours creu..., iD. i, 483. Il deflia au combat d'homme à homme le plus vaillant des Gaulois. — Les Gaulois, ayant veu desfaire leur homme, envoyèrent un herault à Rome pour accuser ce Fabius, amyot, fiuma, 22. Illuy tua deux mille cinq cens bons hommes, et en feit six cens prisonniers, id. P./Ëm. 43. Un homme de cheval, id. Arist. 35. C'estoit un personnage parfaittement droit et juste es choses privées d'homme à homme, id. ib. 6i.HiimmRassailli,àdemi vaincu, cotoravk. Homme endormi, corps enseveli, id. Homme matineux, sain, alaigre et soigneux, m. Homme mort ne fait guerre, id. Homme mutin, brusque roussin, flacon de vin prennent tost fin, in. Homme rusé, tard abusé, id. Homme seul est viande aux loups, id. Celui est homme de bien, qui est homme de biens, id. X grand homme grand verre, id. De meschant homme bon roy, id. Le bœuf par la corne, l'homme par la parole, id. Une science requiert tout son homme, m. Le fait juge l'homme, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 253. L'on ne peut homme nud desponiller, in. ib. p. 268. On ne doit juger d'homme et de vin, sanf les esprouver soir et matin,», ib. t. ,i, p. 361. Si tu veux cognoistre quel soit l'homme, donne luy office, charge ou somme, m. «6. p. 416. Autant vaut l'homme comme il s'estime, hau. ii, 29.

— ÉTYM. Berry, houme; provenç. hom, home, om; catal. ftome ;espagn. hombre; portug. homem; ital. uomo; du lat. hominem. Dans l'ancien français, au nominatif hom ou, moins correctement, homs, au régime home ; au pluriel nominatif, li home, régime les homes. C'est du nominatif singulier hom que dérive notre nom indéfini io)i, un. Palsgrave, p. 7, au xvi* siècle, dit qu'on prononce honme, c'est-à-dire Aon-m'. Sur l'origine de /lomo il n'y a que des conjectures : Bopp indique le sanscrit bhûman, créature, de bhù, être, mais on aurait eu en latin /'«mow; d'autres indiquent Aumus, la terre, homo signifiant, dans cette hypothèse, le terrestre.

t HOMMEAU (o-mô),«. m. Diminutif vieilli. Petit homme. Le bon hommeau des coups se consola,

LA FONT. COC.

— HIST. XVI' 3. Non pas d'un Hercules ne d'un Samson,mais d'un seul hommeau, LA iio.,SLTv. voi.

— ÉTYM. Diminutif de homme. Paré, m, «93, a dit hommel.

t OOMMÉE (o-mée), s. f. Terme rural. Quantité qu'un homme peut labourer en un jour; travail d'une journée. |{ En Lorraine, une division de la terre. Ce champ contient dix hommées.

— ÉTYM. Uomme.

t HOMO.... préfixe qui signifie le même, semblable, et qui vient du grec 6(1.6?.

t HOMOBRANCHE (o-mo-bran-ch'), adj. Terme de zoologie. Qui a les branchies semljlahles. ||S. m. pi. Les homobranches, ordre de la classe des crustacés comprenant ceux qui ont les branchies en pyramide.

— ÉTYM. Homo et branchie.

t UOMOCENTRE (o-mo-san-tr') , s. m. Terme de géométrie. Centre commun de plusieurs cercles.

— ÉTYM. Homo...., et centre.

UO.MOCENTRIQUE (o-mo-san-tri-k", adj. Terme

de géométrie. Qui a même centre; concentrique.

— ÉTYM. Homocentre.

tHOMOCENTRIQUEMENT(o-mo-san-tri-ke-man),

adv. D'une façon homocentrique ; sans changer de centre. Se mouvoir homocentriquement.

tHOMOCERQCE (o-mo-sèr-k"), adj. A queue également bilobée (poissons), (xÉpy.o;).

t HO-MODERMES (o-mo-derm') , s. m. pi. Famille de reptiles ophidiens comprenant ceux doat la peau est recouverte partout d'écMlles.

— ÉTYM. Uomo...., et derm».

HOM

t nOMODROME (o-mo-(iro-m'), arij. Ancien terme da mécanique, levier honiodromo, levier dans lequel la résistance et la puissance sont l'une «t l'autre du même côté du point d'appui.

— Rtym. //omo...., et 8p6|iot, course.

f IIOMOE.... Voy. parnoKÉ.... les mots écrits souyent par homoe.

t UOMOPJJRE (o-mo-è-dr'), adj. Terme de minéralogie. Synonyme de boloMre.

— ÊTYM. Homo...., et lîpa, face.

tH0M0F0C.4L, ALE (o-mo-fo-kal, ka-l'), adj.

Terme de géométrie. Qui a un même foyer.

— f.TYM. Mot hybride fait de homo...., et focal.

I nOMOGAME (o-mo-ga-m'), adj. Terme de botanique. Plante bomogame, plante dont toutes les fleurs sont du même sexe. Capitules bomogames.

— ETYM. Womo...., et yâiioi;, mariage.

t nOMOGAMIE (o-mo-ga-mie), s. f. Terme de botanique. Ëtat d'une plante bomogame.

HOMOGÈNE (o-mo-jc-n'), adj. || 1" Oui est da même nature, de même genre qu'un autre objet. Formé d'une substance homogène à la sienne, J. j. Rouss. Ém. I. Il 2" Formé de parties semblables. Un tout homogfene. || Terme de malbématique. Ouantités homogènes, celles qui indii|uent des objets de même nature. |{ Euclide, qui, pour des raisons parliculii'res, ne mettail pas l'unité au rang des nombres, avait une définition spéciale des grandeurs homogènes : Euclida définit ainsi les grandeurs homogènes : les grandeurs, dit-il, sont dites être de même genre, lorsque l'une, étant piu.sieurs fois multipliée, peut arriver à surpasser l'autre (par opposition à l'unité qui, multipliée par ellemême, donne toujours un) , paso. Espr. géom. sect. I. Il Terme d'algèbre. Quantités homogènes, quantités qui ont le même nombre de dimensions : x', x'y, xyî sont des quantités homogènes, parce qu'elles ont chacune trois dimensions. || Ëquations homogènes, équations où les variables ont le même nombre de dimensions dans tous les termes. || Ancien terme d'algèbre. Homogène de comparaison, le dernier terme d'une équation, composé de quantités toutes connues. || Terme de physique. Lumière homogène, lumière dont les rayons sont également réftangibles et réflexibles.

— ÊTYM. 'OjiOYEv^;, de épii; , pareil, semblable, et Yiv^î, formé, de fivs^eai (comj). genre) .

t UO.MOGÊNÈISEB (o-mo-jé-né-i-zé), c. o. Rendre homogène.

— iiiST. XIV' s. D'une seule et vile matière Homogenée, en seul vaisseau Bien clos, et en un seul fourneau, JVo(. à l'alch. err. 796.

— lîTYM. Homogène.

HOMOGÉNÉITÉ (o-mo-jé-né-i-té), s. f. Qualité de ce qui est homogène. On peut , sans craindre aucune erreur, admettre l'homogénéité des éléments de la matière, pourvu que l'on entende par masses égales des masses qui, animées de vitesses égales et directement contraires, se font équilibre, LAPLACE, Expos. III, 3. L'homogénéité de la terre étant exclue par les observations, il faut, pour déterminer sa figure, considérer la mer comme recouvrant un noyau dont les couches diminuent de densité, du centre à la surface, id. ib. iv, 8. Cette émigration étrangère, qui coule sans cesse dans leur population de toutes les parties de l'Europe, ne détruira-t-cUe pas à la longue l'bomogénéité de leur race [États-Unis] 1 chateaub. Àmér. Conclusion, États-Unis.

— ÉTYïl. Homogène, et la finale d'origine latine m, ce qui fait un assez mauvais mot hybride; il aurait fallu dire homogénie.

I UOMOGÈNEMENT ( 0-mo-jè-ne-man ) , adv. D'une manière homogène.

+ HO.MOGÉNIE (o-mo-jé-nie), s. f. Terme de physiologie. Mode de génération d'un être qui est iroduit par des parents, c'est-à-dire par des êtres de niêma espèce que lui, par opposition àhélérogénie.

— ETYM. '0|iOY£'v6ia, de ônoYtvr;i;, homogène.

t HOMOGRAMME (o-mo-gra-m') , adj. Terme de grammaire. Mots hémogrammes, mots qui, s'écrivant de la même manière, se prononcent dilTcremment : par exemple, le président et ils président.

— ËTYM. "0(ji6Ypa|i(io;, de 4|Jiè;, semblable, et Ypinnn, lettre.

t HOMOGRAPHE (o-mo-gra-f), adj. Synonyme moins Ixin de bomogramme.

ÉTVM. Homo...., et fpiçeiv, écrire.

t HOMOGRAPHIE (o-mo-gra-fie), i. f. Terme de géométrie introduit par M .Cbasles. Dépendance entre deux lignes telle qu'à un point de l'une correspond un point de l'autre. Théorie de l'homographie.

— fiTYM. Homo etypàfin, tracer.

HOM

t HOMOGRAPHIQUE (o-mo-gra-fl-k") , adj. Qui a rapport h l'homographie. Lignes homographiques.

t HOMOÏDE (o-mo-i-d"), adj. Terme de botanique. Parties homoldes, parties qui ont la même forme que leur enveloppe ou tégument. || Terme de zoologie. Métis homolde, métis né de deux races ou variétés de la même espèce.

— ËTYM. 'Oiiosiîr,?, de éiièc, le même, et eWo;, forme. *

;' t HOMOLOGABLE (o-mo-lo-ga-br) , o(^'. Oui peut être, qui doit être homologué.

t HOMOLOGATIF, IVE (o-mo-lo-ga-tif , ti-T^, adj. Terme de droit. Qui produit une homologation, qui homologue. Arrêt homologatif.

HOMOLOGATION (o-mo-lo-ga-sion), t. f. Action d'homologuer. Poursuivre une homologation. Jugement d'homologation.

— ÉTYM. Homologuer, comme s'il y avait un verbe latin homologare.

1 1 . UOMOLOGIE (o-mo-lojie), ». f. || 1° Terme de chimie. Propriété des corps homologues. || 2° Terme d'anatomio. Rapport d'organes qui, d'une espèce à l'autre, doivent être considérés comme ideniiques, quelle qu'en soit la forme, en raison des connexions et de la structure, à la difi"urence de l'homotypie, qui est le rapport des organes analogues dans le même individu. Déterminer les homologies des organes dans un genre d'animaux.

— ETYM. Voy. HOMOLOGUE.

f 2. nOMOLOGIE (o-mo-lo-jie), s. f. Terme de rhétorique. Concession.

— ÊTYM. '0|xo).OTia, aveu, de inè?, le même, semblable, et Xé-yoi;, discours.

t HOMOLOGIQITE (o-mo-lo-ji-k') , adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'bomologie. Anatomie bomologir|ue, synonyme d'anatomie comparée.

— ETYM. Homnlogie i.

t HOMOLOGIQUKMENT ( o-mo-lo-ji -ke-man ) , adv. D'une manière homologique.

HOMOLOGUE ( o-mo-lo-gh') , adj. \\ !• Terme de géométrie. 11 se dit des côtés qui, dans des figures semblables, se correspondent, et sont opposés à des angles égaux. || 2° Terme de chimie. Corps homologues, se dit de substances organiques qui remplissent les mêmes fonctions, suivent les mêmes lois de métamorphose. || 8" Terme d'anatomie. Parties homologues, parties qu'on peut considérer comme étant les mêmes d'une espèce à l'autre, quelles que soient d'ailleurs les variétés de forme et de volume. |1 Terme d'anatomie pathologique. Tissu? homologues, tissus morbides analogues à ceux qu'on trouve dans les organes de l'état normal.

— ETYM. 'OiiôXo-yoc, qui se rapporte, s'accorde, de 6|io;, semblable, et Xô^o;, rapport, raison.

HO.MOLOGUÉ, ÉE (o-mo-lo-ghé, ghée), part. passé d'homologuer. Qui a reçu l'homologation. La séparation [de M. et de Mme de Brissacj se fit entre les mains de M. le Prince, homologuée au parlement, ST-SIM. <0, <)6.

HOMOLOGUER ( o-mo-lo-ghé) , j'homologuais , nous homologuions, vous homologuiez; que j'homologue, que nous homologuions, que vous homologuiez, V. a. Terme de jurisprudence. Confirmer, par autorité de justice, unactefaitentre particuliers.

— REM. Ménage recommande de ne pas dire imologuer, qui était en effet la forme du xvi' siècle, née du penchant de la langue à éviter les mêmes voyelles dans des syllabes consécutives.

— HIST. xvi* s. Les deux rois touchèrent à la main, promettans, da parole seulement, une trefve, qui, pource qu'ei^e ne fut publiée qu'à la tin d'avril, ni emologuée de deux mois après..., d'aub. Hisl III, <68. Sa Majesté fit depescher, emologuer et vérifier en la cour les lettres, carloix, i, si. Omologuer, id. ix, 6).

— ÊTYM. 'OjioXoYeTv , de inéXo-fo; (voy. homologue) .

t HOMOMORPHE (o-mo-mor-f ) , adj. Terme didactique. Parties, corps homomorphes , parties, corps qui ont la même forme.

— ÊTYlw. Homo...., et|iops:^, forme.

t HOMONCULE (o-mon-ku-l') , s. m. Voy. HO-

HUNCULE.

■f UOMONOME (o-mo-no-m'), adj. Terme de minéralogie. Qui obéit en tous points à une même loi.

— ÊTYM. Homo...., et vé(j.o«, loi.

HOMONYME (o-mo-ni-m'), adj. || !• Qui a même

nom. Il Substantivement. Il se dit de ceux qui portent le même nom. 11 est votre homonyme. || S " Terme de grammaire. Mots homonymes, mots qui se prononcent de même, bien que l'orthographe ou l'origine du mot diffèrent. Chêne et chaîne sont homonymes ainsi que Saintes ville de France, et saintes dans saintes femmes. || Rime homonyme, rime des

noM

mots homonymes. || S. m. Un traité d'homonymes.* Les Homonymes de Poitevin.

— HIST. XV' s. Ces quatre ver» homonymes ou léonins, pour parier avec le vulgaire, al. crartier, Hitt. de Charl. VI et Charl. Vil, p. «, dans lacuhke.

— ÊTYM. 'Oiuivuiioç, de 4|i.è;, semblable, et 4vy|io, nom.

HOMONYMIE (o-mo-ni-mie) , *. f. Terme do grammaire. Caractère de ce qui est homonyme. Il Jeux de mots fondés sur U ressemblance des sons.

— ÊTYM. Homonyme.

t HOMOPÉTALÉ (o-mo-pé-ta-l') , adj. Terme de botanique. Dont les pétales se ressemblent. Corolles bomopé taies.

— ETYM. Homo...., et pétale.

t HOMOPHONE (o-mo-fo-n'), adj. || i' Terme de grammaire. Mots homophones, mots qui se prononcent de même. || 2' Hiéroglyphe homophone, hiéroglyphe représentant le son ou l'articulation qui commence le mot par lequel l'objet figuré est dénommé dans la langue vulgaire. || 3' Dans les écritures cunéiformes, signes homophones, signes qui se prononcent de même. || S. m. Un homophone, un signe homophone.

— ÊTYM. Homo...., el zmv)\, yoix.

HOMOPHONIE (o-mo-fo-nie), s. f. || 1° Terme de

musique. Espèce de musique qui s'exécutait par diverses voix ou par divers instruments à l'unisson ou à l'octave. || 2* Terme de grammaire. Son semblable de mots qui se prononcent de même. || 8* Dans les hiéroglyphes et les écritures cunéiformes, qualité d'un signa "aomophone.

— Etvm. Homophone.

t HOÎIOPIIONOGRAPHE ( o-mo-fo-no-gra-f), adj. Mots homopbonograpbes, mots qui, dilîérant par le sens, ont la même orthographe et une prononciation semblable, tels que aimant, s. m. et aimant, adj.

— ÉTYM. Homo...., ÇWV71, voix, et ypâçeiv, écrire.

t HOMOPHYLLE (o-mo-fi-V), adj. Terme de botanique. Dont toutes les feuilles ou folioles sont semblables.

— ÉTYM. Homo...., et (fiiXXov, feuille.

t UOMOPTÈRES (o-mo-ptè-r'), ». m. pi. Terme d'entomologie. Nom d'une tribu des hémiptères.

— ETYM. Homo...., et Tcrepov, aile.

+ HOMORGANIQUE (o-mor-ga-ni-k'), adj.

Il 1° Terme de grammaire. Lettres homorganiques, lettres qui procèdent d'un même organe, par exemple d et t. Il En grammaire comparée, consonnes homorganiques, se dit des consonnes qui sont semblablement organiques , c'est-à-dire qui jouent un rôle semblable dans des mots de même radical appartenant à des langues de même souche. Il 2° Terme d'anatomie. Qui est semblable par son organisation.

— ETYM. Homo...., et organe.

t HO.MOTHALAME (o-mo-ta-la-m"), adj. Terme de botanique. Dont les corps reproducteurs sont de même nature que la couche qui les supporte.

— ETYM. Homo...., et ftàXapio;, lit, couche.

t HOMOTHERMAL, ALE (o-mo-tèr-mal, ma-l"), adj. Terme de physique. Qui a une même température. Couche homolliermale, couche qui, dans l'océan, formée de l'eau la plus pesante, conserve une température uniforme.

— ÊTYM. Homo...., et thermal.

t UOMOTONE (o-mo-to-n'), adj. Ancien terme da médecine. Fièvre homotone, fièvre qui n'a ni paroxysmes, ni rémissions, mais qui conserve toujours la même teneur.

— ETYM. Homo...., et t6vo;, ton, teneur.

t HOMOTROPE (o-mo-tro-p'), adj. Terme de botanique. Parties homotropes, parties qui afîecteni la même direction. L'embryon végétal est homotrope quand il a la même direction que la graine, et que sa radicule correspond au hile.

— ÊTYM. Homo...., ettpoirii, action de se tourner.

t HOMOTYPE (o-mo-ti-p'), adj. Terme d'anatomie. Organes homotyp«8, organes qui, dans un même individu, sont l'analogue l'un de l'autre ; par différence avec les homologues qui sont des organes comparés d'espèce à espèce. Ainsi l'humérus est homotype du fémur. || S. m. Les homotypes, les organes homotypes.

— ETYM. Homo...., et type.

t UOMOTYPIE (o-mo-ti-pie), ». f. Terme d'anatomie. Caractère des organes homotypes. || Compa raison chez le même individu des organe» analogues.

t HOMOTYPIOUE (o-mo-ti-pi-kl, adj. Oui sa rapporte à l'homotypie.

t HOMOTYPIoiiEMENT (o-mo i i-pi-ke-m«n), adv. Avec le caractère homotypique

HON

t HOMOUSIEN (o-mou-ziin), ». m. Nom que les

an'ens donnaient aux catholiques, parce que ceux-ci pensent que le Fils est consubstantiel à son Père.

— Etym. Jïomo et oOoia, essence.

t HOMUNCCLE (o-mon-ku-1') ou UOMONCULE, t. m. Néologisme et terme familier. Petil homme. Ce singe eût-il été encore plus ressemblant à l'homme, les anciens auraient eu raison de ne le regarder que comme un homoncule, un nain manqué, un pygmée capable tout au plus de combattre avec les grues, buff. Quadrup. t. vui, p. 3.

— ÉTYM. Lat. homunculus, diminutif de homo, homme.

t UON (hon), interj. Cri de mécontentement. Il Quelquefois il se répète et s'emploie pour marquer la surprise, l'irrésolution. Hon ! hon ! il a remis là à payer ses créanciers? mol. Pourc. ii, 3. Hon, hon, vous êtes un méchant diable, id. Crit. 7. Hé quoi donc? les battus, ma foi, paieront l'amende ! Voyons ce qu'elle chante : hon....« sixième janvier, Pour avoir faussement dit qu'il fallait lier.... RAC. Plaid. II, 4.

— HIST. XV' s. Ha, qu'il a maint bon chapitre De l'estat des hommes, hon! hon I coquillart. Droits nouveaux.

HO>XUETS (hon-chè), s. m. Autre forme de jonchets.

— REM. J. J. Rousseau n'a pas écrit l'/i : On joue au volant, aux onchets, Hél. vi, (O. Au reste, en ce mot, le cl:angement du ; en h est barbare.

t HONESTA (o-nè-sta), s. f. Terme familier. Nom propre d'une femme dans un conte de la Fontaine, laquelle est d'une vertu farouche et tourmentante pour ceux qui vivent avec elle. Il n'est pas sûr qu'Honesta ne fit rien ; Ces prudes-là nous en font bien accroire, la font. Belph. Le père dit que madame Honesta, C'était son nom, avait eu jusques-là Force partis..., id. ib. Que voudriez-vous qu'il [le courtisan] fît d'une dame Honesta, sans amants, sans intrigiues, qui, sous prétexte de vertu, claquemurée dans son ménage, s'attacherait à son mari? p. L. COUR. Simple discours.

— ÉTYM. Lat. honesta , sous-entendu muJier ; femme honnête.

t HONG (hongh'), s. m. Compagnie de marchands chinois à Canton, qui ont le privilège de commercer avec les Européens.

HONGRE (hon-gr'), adj. m. En parlant d'un cheval, châtré par l'enlèvement ou la destruction des testicules. Un cheval hongre n'a plus la puissance d'engendrer, mais il peut encore s'accoupler, et l'on en a vu des exemples, bufp. Quadrup. t. i, p. 123. Il 11 se dit aussi d'autres animaux. Les chameaux de travail sont ordinairement hongres, buff. Quadrup. t. V, p. 33. Il Substantivement. Les chevaux entiers ont le cou plus gros que les juments et les hongres, buff. Quadrnp. t. i, p. 49. || Par extension, homme

châtré Quatre hautes-contre, huit faussets et

douze dessus, moitié entiers et moitié hongres, BÉUNARD, Sérén. u, H. Le Chang-ti se plaît beaucoup à entendre les voix claires de ces cinquante hongres, volt. Dial. xv, B.

— HIST. xvi* s. Il est hongre, oudin, Curios. fr.

— ÉTY»!. Hongrie, à cause qu'on amenait de ce pays beaucoup de chevaux ainsi mutilés ; wallon, honk. Hongrois se disait hongre : Les Hongres trèsbelliqueux combattants..., mont, i, 242.

HONGRE, ÉE (hon-gré, grée), part, passé de hongrer. Cheval hongre.

t HONGRELINE (hon-gre-11-n') , *. f. Ancienne sorte de justaucorps. Les femmes y sont honnêtes, civiles et de peu de malice; la coquetterie n'y est point en usage; elles sont simples en leurs mœurs et pompeuses en leurs habits, qui sont une jupe et un grand justaucorps ou hor.greline qui ferme depuis le col jusqu'à la ceinture et tombe fort bas, LE LABOUREUR, GouticTO. de PoloQue, p. < ) 5, dans lacuhnf.. Puis sa frayeur étant passée, Êtsahongreline endossée, scarron, Yirg. iv.

— ETYM. Sans doute Hongrie.

HONGRER (hon-gré), v. a. Châtrer. En Perse, en Arabie et dans plusieurs autres lieux de l'Orient, on n'est pas dans l'usage de hongrer les chevaux, comme on le fait si généralement en Europe et à la Chine, buff. Quadrup. t. i, p. 121. |1 Hongrer ne se dit guère qu'en parlant de chevaux.

— ETYM. Hongre.

HONGRIEUR (hon-gri-eur) ou HONGROYEUR (hou-gro-ieur), s. m. Ouvrierqui façonne le cuir de Hongrie.

— ÉTY.M. Hongrie.

t HONGROIËRIE (hon-grol-rie), t. f. État, commerce du hongroyeiir ; affilier oii l'on hongroie.

HON

t HONGROIS (hon-groî), s. m. Langue parlée par ceux des habitants de la Hongrie qui sont Magyars. Le hongrois ou magyar est une des langues 3uraliennes.

HONGROYEUR (hon-gro-ieur), t. m. Voy. hon-

GRIEUR.

t UONGUETTE (hon-ghè-f), i. f. Sorte de ciseau carré qui se termine en pointe, employé en sculpture.

HONNÊTE (o-nô-t'; dans le xvf siècle, tantôt Ys (honneste) s'est prononcée : o-nè-st', et tantôt elle ne s'est pas prononcée), aJj. \\ 1° Conforme à la bienséance (sens le plus voisin du second sens du latin honeslus, beau au propre et au figuré; le premier sens était : qui a obtenu des honneurs, qui est noble, de distinction). Il n'est pas honnête de se louer soi-même. Cela n'est pas honnête à un homme de votre âge. Paroles qui ne sont pas honnêtes dans la bouche d'une femme. Maintien honnête. Tout courageux qu'il est, sans doute il ne souhaite Que de faire en effet une honnête retraite, rac. Théb. m, 3. Il Dnn, présent honnête, don (|Ui convient à celui qui le fait et à celui qui le reçoit. || Habit honnête, habit qui convient à la position de celui qui le porte. Ravi d'avoir fait un si bel échange, d'un habit honnête contre un autre tout déchiré, il paraît tout joyeux, habillé en pauvre, boss. Panég. St- Franç. d'Assise, l.||On dit de même: équipage honnête. Ce meuble n'est pas magnifique, mais il est honnête. Ce qu'ils avaient de linge plus honnête, LA FONT. Faucon. Sa table toutefois sans superfluité N'avait rien que d'honnête en sa frugalité, BOiL. Sat. X. Vous vous avisez donc enfin d'écrire d'une écriture lisible, sur du papier honnête, de cacheter avec de la cire..., VOLT. Leit. d'Arnaud, 20 nov. <742. Il Cet habit est honnête, il est encore assez bon pour être porté. Il Prix honnête, prix proportionné à la juste valeur des choses. || On dit dans unsensanali'gue: récompense honnête. Récompense honnête à celui qui ramènera le chien perdu. || 2° En ce sens de conformité aux bienséances, il se dit des personnes dans certaines locutions. Honnête homme, celui qui a toutes les qualités propres à se rendre agrécible dans la société (sens très-usité au XVII* siècle et qui ne l'est plus guère aujourd'hui ; voy. plus bas l'autre sens d'honnête homme). Sans mentir, monseigneur, ce fut un grand malheur pour moi, lorsque je vous rencontrai ici plus ha- Ijile, plus savant et plus honnête homme que jamais, et en puissance et en volonté de me faire du bien et de l'honneur, voit. I.ett. 145. Les comédiens furent bien reçus du maître de la maison, qui était honnête homme, et des plus considérés du pays, scarr. Rom. com. I, 2). Un honnête homme peut être amoureux comme un fou, mais non pas comme un sot; LA ROCHEFOuc. Réflcx. 353. La guerre est le plus beau métier du moufle, il en faut demeurer d'accord ; mais, à le bien prendre, un honnête homme n'a point de métier; quoiqu'il sache parfaitement une chose, et que nlême il soit obligé d'y passer sa vie, il me semble que sa manière d'agir ni son entretien ne se font point remarquer, méré, t. i, p. <90, dans PASCAL, édit. havet. On n'apprend pas aux hommes à être honnêtes hommes, et on leur apprend tout le reste; et ils ne se piquent jamais tant de savoir rien du reste, comme d'être honnêtes hommes, pascal, Pens. vi, édit. havet. On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants; c'étaient des gens honnêtes et comme les autres, riant avec leurs amis, m. ib. vi, 62. L'honnête homme est un homme poli et qui sait vivre, BUSSY, Lett. à Corbinelli, 6 mars 1679, dans sÉv. t. V, p. 529, édit. RÉGNIER. Lo père Prieur a plus d'esprit que je ne pensais, quoique je le trouvasse un fort honnête homme, sÉv. 32). Ses lettres sont aussi d'une manière que, si on les trouve jamais dans ma cassette, on croira qu'elles sont du plus honnête homme de mon temps, id. Lett. 2 juin 1672. Son mari, à qui, tout malade et tout couché qu'il était, je trouvai l'air d'un honnête homme, je veux dire d'un homme qui a de la naissance, Marivaux, Pays. parv. B" part. -Je lisais je ne sais quel livre sérieux, que je n'entendais point trop, que je ne me souciais pas trop d'entendre, et auquel je ne m'amusais que pour imiter la contenance d'un honnête homme, id. ib. f part. Le bruit est pour le fat, la plainte est pour le sot. L'honnête homme trompé s'éloigne et ne dit mot. LANOUE, Coquette corr. i, 3. || Le pluriel est honnêtes gens, et encore présentement honnêtes gens est souvent pris dans ce sons. Ne confondons pas les honnêtes gens avec les gens de bien. La lecture do tous \fs bons livres est comme une conversation

HON

avec les honnêtes gens des siècles passés, qui en ont été les auteurs, desc. Uéth. i, 7. La conversation des honnêtes gens est pleine d'hiatus volontaires, qui sont tellement autorisés par l'usage, que, si l'on parlait autrement, cela serait d'un pédant ou d'un provincial, d'olivet, Prosod. fr. art. m, § B. Il Familièrement. Honnête débauché, homme qui aime le plaisir, mais sans se livrer aux excès de la débauche. || 8" Par renforcement du sens précédent. Honorable. Cherchons, aux yeux d'Othon, un trépas à leur tête. Pour lui plus odieux, et pour nous plus honnête, cobn. Othon, v, 2. La retraite est aussi peu sûre qu'honnête pour les Français, pellisson, llist. de Louis IIV, liv. ii. Sylla crut qu'il était plus honnête de combattre les ennemis de l'Etat que de ruiner les affaires de la république par une vengeance précipitée, vertot, 7iei;oJut. rom. x, p. 72, 114° En particularisant le sens d'honorable. Conforme à la probité, à la vertu, en parlant des choses. Action louable et honnête. Conduite honnête. Des vues honnêtes. Ne tenir que des discours honnêtes. Pensées honnêtes. L'art aussi utile qu'honnête de représenter les tragédies et les comédies, volt. Lett. Jabineau de la Voûte, 4 fév. (766. X ses yeux, tout moyen pour me perdre est honnête, saurin. Spart, m, 4. || Ironiquement. Une honnête maison, un lieu de débauche. || 5° Qui se conforme à la probité, à la vertu, en parlant des personnes. Ame honnête. Cœur honnête. 11 faut êtFO honnête pour soi, quoique souvent ceux à qui l'on parle ne méritent pas qu'on le soit pour eux, MARIVAUX, Marianne, if part. || X qui il n'y a rien â reprocher. Famille honnête, ou honnête famille. Il On dit de même être né de parents honnêtes. Il Honnête homme, homme d'honneur et de probité. Jamais notre Rome N'a produit plus fjrand cœur ni vu plus honnête homme, corn. Polyeucte, I, â. Pour paraître honnête homme, en un mot, il faut l'être, boil. Sat. xi. L'argent en honnête homiqe érige an scélérat, id. Éptt. v. Monsieur, pardonnezmoi, je suis fort honnête homme, rac. Plaid, ii, 4. Si tu n'avais pas été un roi trop puissant et trop heureux, tu aurais été un assez honnête homme, FÉNEL. Dial. des morts, Xerxès, Léonidas, 11 n'est rien do plus aisé, quand on est riche, que d'être honnête homme, et c'est quand on est pauvre, qu'il est difficile de l'être, brueys. Avec. Pat. i, 1 1 . || Voltaire l'a dit d'une femme : Une femme sensible et que l'amour engage. Quand elle est honnête homme, à mes yeux est un sage, volt. Épitres, lxxxv. || Fig. Or donc je puis braver le regard pudibond ; Mon vers rude et grossier est honnête homme au fond, barbier, ïambes, prol. || Le pluriel d'honnête homme est honnêtes gens. C'est ainsi que se conduisent les honnêtes gens. || Cependant honnête homme se dit aussi au pluriel, surtout quand ce pluriel est distributif. M. de Beauvilliers a fait en cette occasion le personnage d'un des plus honnêtes hommes du monde, et celui de bon ami qui n'est pas moins estimable et qui n'en saurait être séparé, sév. Lett. du 27 oct. (091. Spinosa, qu'on dit avoir été un des plus honnêtes hommes de la Hollande, volt. Jenni, 6. Il Honnête homme se dit quelquefois par civilité de tout inconnu qui paraît de condition honnête. Un honnête homme demande à vous parler. Il y a là-bas un honnête homme qui vous attend. || Familièrement. Honnête garçon, garçon bien élevé, tie mœurs douces et honnêtes. || Ironiquement. Honnête coquin. Honnête usurier. 11 a emprunté les deux mille écus en question de l'honnête fripon que vous voyez, regnard. Retour imprévu, § (2. || Honnête femme, honnête fille, celle qui est irréprochable dans sa conduite, quant à la cbcisteté. Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses Se retranchent toujours sur leurs sages prouesses..., mol. ^c. des f, IV, 8. Vous méritez bien cela, monsieur, voilà ce que c'est que de faire le libertin comme vous faites, et de vous adresser à d'honnêtes femmes, nANCouRT, Vert galant, se. 26. {| 6" Par amoindrissement du sens précédent. Civil, poli. Il est honnête avec toui le monde. Les procureurs du roi ne sont pas seulement d'honnêtes gens, ce sont encore des gens fort honnêtes, p. L. cour. Lett. iv. || Familièrement. Vous êtes trop honnête, vous êtes bien honnête, vous me comblez de trop de politesses. Dire : quel honneur vous me faites ! Messieurs, vous êtes trop honnêtes, bérang. Acad. et Caveau. || En ce sens, il se met toujours après le nom de la personne : un homme honnête; c'est une personne fort honuêle. || Il se dit aussi des choses eu ce sens. Un langage honnête. Des paroles fort honnêtes. Le procédé est honnête. Les bruits nous ont appris avec quelle allégresse Et quel hoonète

HON

accueil tou» a reçu la Grèce, «otrou, Antig. n, 4. Il 7* Fondé sur quelque apparence de raison de bienséance, spécieux, liicuso, prélcxle, refus lionuête. Sa présence a toujours rougi de tous les prétextes honnêtes dos en|,'agcmerits déshonnêtes, où il n'a pas épargné le fer et lo feu pour éviter les périls des occasions prochaines, Boss. Cornet. || 8° Fig. Oui n'est beaucoup ni au-dessus, ni au-dessous d'un certain taux, d'un certain niveau, suffisant. Honnête grosseur. Largeur honnête. Il faut que votre discours soit d'une longueur honnête. J'ai l'honneur d'être réuni avec les jansénistes par une honnête aversion pour la cour de Rome, volt. Lett. en vert et m prose, 3i. Je voudrais bien que ma fortune fût assez honnête pour leur rendre la vie plus agréable, ID. ib. 32. Il Naissance honnête, condition honnête, naissance, condition qui n'a rien de bas ni de fort élevé. Il Famille honnête, famille qui n'appartient ni à la basse classe, ni à la classe élevée. Il s'est informé de votre naissance, on lui a dit qu'elle était honnête; le mot honnête est fort équivoque à l'oreille d'un gentilhomme, j. j. rouss. Hél. i, 22. Il Honnête aisance, fortune qui permet do vivre agréablement et avec une certaine indépendance. Il On dit de même une fortune honnête, des appointements honnêtes. || 9" S. m. Ce qui est moral, vertueux. Ne vous attachez pas de telle sorte à cet honnête sauvage, rigoureux et philosophique, que vous ne le quittiez, si la nécessité l'exige, pour un autre honnête plus humain, plus doux et plus populaire, balzac. De la cour, 6' dise. Qu"eussé-je fait, Pollux, en cette extrémité, Qui commettait ma vie avec ma loyauté? Car, sans doute, à quitter l'utile pour l'honnête, La paix allait se faire aux dépens de ma tète, cobn. Kédée, i, l. Ce sont des amitiés réprouvées de Dieu, qui, par tin progrès insensible mais infaillible, conduisent enfin de l'honnête appaient à l'impur et au criminel, BouRDAL. Myst. Peritec. 1. 1, p. 469. || Proverbe. Il y a des honnêtes gens, il y a d'honnêtes gens partout, on trouve d'honnêtes gens dans tous les pays, dans toutes les professions.

— REM. 1. Un parfait honnête homme : cette locution a été contestée; mais on peut considérer honnête homme comme un seul mot, et alors parfait est recevahle. La Rochefoucauld a dit : un vrai honnête homme. C'est par cette raison qu'on dit : il y a des honnêtes gens partout aussi bien que il y a d'honnêtes gens partout. Dans le premier cas, honnêtes gens est considéré comme un seul mot : dans le second comme deux. || 2. Le sens varie suivant que honnête précède ou suit homme. Un honilête homme, d'honnêtes gens, un homme, des gens qui observent les lois de la morale. Un homme honnête, des gens honnêtes, un homme, des gens qui observent les lois de la civilité. || 3. L'Académie met à tort deux n à honnête, puisqu'il n'y en a qu'une dans honestut et dams honorer.

— SVN. HONNÊTE, civiL, POLI. Nous sommes honnêtes par l'observation des bienséances et des usages de la société. Nous sommes civils par les égards que la société exige et que nous rendons. Nous sommes polis par les façons flatteuses que nous avons dans la conversation et dans la conduite pour les personnes avec qui nous vivons, goizot.

— lltST. XII* s. I es mains [moins] honestes menbres [du clergé] deil l'um plus honurer Sulunc l'apostle, e plus d'onur envoluper. Th. le mart. 88. Se me refuzes, tost t'en venroit grans perte, Car mort m'avez un mien cousin oneste; Raous ot non..., Raoul de C. 2^4. || xiu* s. Cozes [choses] preslées qui sunt demandées du presteur el tans qui n'est pas honestes, beaum. xxxvii, 2. De la querelle qui est entre honeste et profitable, brdn. lat. Trésor, p. 46i. jl xv* s. Les gens dudit duc disoient que ces AUemans esloient ordz, et qu'ils gectoient leurs houseaulx sur les licts richement parez et qu'ils l 'esloient point honnestes comme nous, coHU. II, 4. Il XVI* s. Nous voyons des honnestes hommes [probes] d'ailleurs..., bont. l, 17. Touts moyens honnestes de se garantir des maulx, ID. 1, 48. La mort nous attrape fuyant et poltron aussi bien qu'honnoste homme, id. i, 75. Tout beau et honneste que vous estes [une femme vous refuse et cède à un muletier], id. ii, 6. Des estranges privautez avecques des honnestes femmes, ID. u, '7. Nous parant des plus honnestes veslements que nous ayons, id. ii, 337. 11 lault faire difTérence entre les clioses utiles et les honnestes, ID. III, 244. Kn telles choses il n'est point déshoneste d« recevoir, mais encore est-il plus honeste de ne point prendre, aiitot, Tim. et P. Mm. tomp. 3. Les cognoissant de si bonne vie et si hon-

noN

nestes de leurs corps que rien plus, Ifuiti de Straptrok, t. I, p. 370, dans lacuhniî. De notre temps ce mot d'honncsto, auquel, en ma jeunesse, j'ay veu prononcer la lettre de t, s'est maintenant tourné en un e fort long, I'Asquieb, Rech. liv. vin, p. 6»o,

dans LACURNE.

— ÉTVM. Wall, onièt' ; provenç. honett; cspagn. honetto; ital. onesto; du lat. honestut, do même radical que honor, honneur.

IION'N&TEMENT (onê-te-man), adv. \\ 1* Avec les bienséances qu'exige la société. Il lui a parlé fort honnêtement. U l'a reçu le plus honnêtement du monde. Je veux vivre honnêtement avec tous ces messieurs quand j'en rencontrerai, sans jamais disputer avec eux, volt. Principe d'action, Diatribe. il 2* D'une manière honnête, honorable. Vivre, se conduire honnêtement. Si je pouvais honnêtement abandonner ce qui me revient en Angoumois, balz. Liv. VI, lett. 2. Ils [les Perses] traitaient honnêtement les rois vaincus, boss. Uist. ni, 6. Et cette pension, madame, est-elle forte T — Je n'en vivrais, monsieur, que trojf honnêtement, hac. Plaid, i, 7. Il En honnête homme, au sens du xvu* siècle. C'est [la Fontaine] un homme unique dans les excellents morceaux qu'il nous a laissés : ils sont en grand nombre, ils sont dans la bouche de tous ceux qui ont été élevés honnêtement, volt. Dict. phil. Fabl. Il S" Suffisamment, passablement. Cette chambre était alors, Dieu merci, honnêtement remplie de monde, hamilt. Gramm. 8. on a rejoué Zaïre, il y avait honnêtement du monde, volt. Lett. envers et en prose, 22. Il Ironiquement. Ils sont fort honnêtement crottés. Quand on a dit à Machiavel honnêtement d'injures, on pourrait s'en tenir aux raisons, volt. Lett. Prusse, (08. Vous me tiendrez lieu, vous et votre aimable société, de toute une nation honnêtement ingrate, ID. Lett. d'Argental, (i juill. (752. Vous êtes comme un autre emporté, violent. Et vous vous fâchez même assez honnêtement, gresset, le Méchant, 1, 2.

— HIST. xn* s. Honestement faisoit le damne deu mestier [le service du Seigneur Dieu], Th. le mart. toi. Il XIII* s. Ses biens vous offri liement. Mais que ce fust honnestement; D'onesteté cure n'eOstes, la Rose, 15054. Il XIV* s. Morons honestement, c'est en nous defTendant; Car se nous enfuions, mal nous est convenans, Hugues Capet, v. 3932. jjxv* s. Ils s'accordèrent [les barons et les chevaliers] que.... et que le père [Edouard II] fust bien gardé et honestement tenu, tant que vivre pourroit, selon son estât,

Page 1