‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 39 sur 388 · MENT · texte numérisé non relu

MENT

DÉNOUER (dé-nou-é), v. a. \\ 1* Défaire un nœud ; détacher ce qui est retenu par un nœud. Ce que lei Lapons font le plus facilement, c'est de vendre le vent à ceux qui en ont besoin; ils ont pour cela <in mouchoir qu'ils nouent en trois endroits différents qu'ils donnent à celui qui en a besoin; s'il dénoue le premier, il excite un vent doux et supportable; s'il a besoin d'un plus fort, il dénoue le second, BEGNABn, Voy. de laponie, t. iv, p. 278. L'éléphant dénoue les cordes avec sa trompe, buff. Éléphant. Il Par extension. [Et vous étoiles] Qui, cadençant vos pas à la lyre des cieux. Nouez et dénouez'vo» chœurs harmonieux, lamart. Uéd. ii, 8. ||Fig. Relier tant de fois ce qu'un brouillon dénoue, C'est trop de patience, mol. l'Étour. lu, 4. [Rome] Répudie Octavie et me fait dénouer Un hymen que le ciel ne veut point avouer, s*c. Brit. u, 3. St Louis regardait ce vœu comme un lien qu'il n'était pas permis aux hommes de dénouer, volt. Kceurs, 5S. Il 8" Dénouer la langue, faire parler. La douleur malgré toi la langue te dénoue, rEgnif.r, Uial. Ma langue n'attend point que l'argent la dénoue, boil. Soi. IX. Il Dénouer sa langue, parler. Enfin il dénoua sa langue. Et fit cette belle harangue, scarron, Virg. trav. vi. Comme autrefois le fils de Crésus, qui avait été jusque-là muet, se dénoua la langue par un grand effort qu'il fit pour avertir son père qu'on voulait tuer, fubetièbe, itoman bourgeois, liv. II, Ilist. de Charrosselles , p. 224. ||3* Dégager par l'exercice, par un bon régime, par des moyens orthopédiques les parties du corps qui étaient nouées. Dénouer un enfant. || Dénouer le corps, le rendre plus souple, plus dégagé. Il me restait un juste intervalle pour faire de l'exercice qui dénouât le corps sans le travailler, balz. le Prince, avant-propos. M. de St Geran lui a appris l'exercice du mousquet et de la pique; c'est la plus jolie chose du monde; vous aimeriez ce petit enfant, cela lui dénoue le corps, sEv. 366. Il Fig. Ronsard n'avait pas tort de tenter quelque nouvelle route pourdénouer notre versification naissante, FÉ.N. t. xxi.p. 19I. ||4° Terminer une intrigue, la mener à sa fin, en parlant d'une pièce de théâtre. On dénoue une pièce avec un oncle à succession. Molière a dénoué le Tartufe par un ordre du roi. || 6° Se dénouer, v. réfl. Être dénoué. Ce cordon se dénouera. || 6° Se débarrasser d'un obstacle. Sitôt que la langue enfantine se sera un peu dénouée, boss. m, Nativité, I.UFig. Avec un tel secret leur langue se dénoue, corn. U Ment, iv, 4 . Il 7* Se développer. Que leur corps se dénoue et se désengourdisse. Pour être plus adroit à te faire service, Régnier, Sat. 1.

— HIST. XII* s. Kar entre nos e Franceis toz [elle] Nos ert [sera] liem d'amor e noz [nœud] , Sens rompre mais, senz desnoer, benoSt, 11, 6391. || xui* s. Car des mains au deable maint pecheor [la vierge] desnoe, Rerte, xxxiii. || xiv* s. Un cop sur l'espaule dont il lui desnoua [luxa] le bras, do cange, denodare. || xv* s. L'enfant s'avança de la table ; le comte ouvrit lors son sein et desnoulla lors son gipon et prit un coutel et coupa les pendans de la boursette, froiss. Il, m, 4 3. Il xvi* s. Malgré leurs dens le neu est desnoué, marot, ii, 426. J'estime que nos âmes sont desnouèes,à vingt ans, ce qu'elles doibrcnt estre, mont, i, 407. Et aucuns qui vouloient aller aux escarmouches, se rompoyent ou desnouoyent les bras ou les jambes, lanoi;e, 669. Remettre en leur naturel les joinctes des membres desnouez et deboitez, amyot, Ctmon et Lucull. 6. FinablemeQt la fortune luy dénoua la difficulté ds ce nœud, id. Pomp. 68. En fuyant par la plaine Thriasie, il se dénoua la jambe, et luy fallut faire plusieurs incisions pour le guarir, m. Aratus, il. Le roi de Navarre, de qui la vertu et l'honneur guerrière commença à se desnouer en ce temps-là, s'oppiniastra à son dessein, d'aub. Mist. 11, 360. La colère desnoua ce nœud, id. ib. 426.

— ÊTYM. Picard, déneuer; provenç. denoiar; catal. desnuar ; ital. dùnodare; du latin deiiodare, de la préposition de, et nodu», nœud (voy. ce mot). •

DÊNOCmENT (dé-nou-man), s. m. || l'Action ds dénouer. Le dénoûment d'une corde. || Par extension, le dénoûment de la langue. || 2* Le point où aboutit et se résoud l'intrigue d'une épopée, d'un

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drame, d'un roman, ainsi dit, parce qu'Aristote avait nommé nœud l'ensemble des incidents d'une pièce, el solution ou dénoûment l'incident final. Un •iénoùment bien amené. Voilà justement ce qu'il faut pour le dénoûment que nous cherchions, mol. Critique, se. dern. {| Par extension. Puis s'appesantissant, ils le voyaient passer ses longues heures à demi couché, comme engourdi, et attendant, un roman à la main, le dénoûment de sa terrible histoire, sÉGOR, Hist. de Napol. vin, li. \\ 3° Solution d'une chose difficile, embrouillée, par assimilation à la solution finale d'une pièce de théâtre. On nous donne un dénoûment à la principale difficulté , BOss. Avert. 3. On y trouve un parfait dénoûment de la difficulté, ID. Déf. comm. Ces solutions .servent de dénoûment à tous les passages de St Clément, id. Or. 6. Les dénoûments qui découvrent les crimes les plus cachés paraissent si simples et si faciles qu'il semble qu'il n'y ait que Dieu seul qui puisse en être l'auteur, la bruy. xvi. Lui seul connaît le dénoûment de toutes ces malheureuses affaires, MAiNTENON, Lett. à Urne des Ursins, (8 juillet 1706. Voilà, pour abréger, ledénoùmentde celte preraiùro intrigue, hamilt. Gramm. 3. Tel sera le dénoûment redoutable qui nous développera les mystères de la Providence, mass. Car. Avenir.

— REM. Il y a lieu à demander pourquoi l'Ac.idémie écrit dénoûment avec un accent circonflexe et dévouement avec un e, mots qui sont faits de même, l'un de dénouer, l'autre de dévouer.

— SYN. DÉNOÛMENT, CATASTROPHE, par rapport au théâtre. Le dénoûment défait le nœud, comme le mot le porte; la catastrophe fait la révolution. Le dénoûment est la dernière partie de la pièce ; la catastrophe est le dernier événement de la fable. Le dénoûment démêle l'intrigue ; la catastrophe termine l'action, ROUBADD. 11 faut ajouter que le dénoûment est heureux ou malheureux, tandis que la catastrophe ne se dit que d'un dénoûment malheureux.

— HIST. XVI* s. En nourrice, et avant le premier desDOuement de ma langue, mont, i, 193.

— ÉTYM. Dénouer.

DENREE (dan-rée), s.f.\\ 1° Toute espèce de marchandise. Denrées alimentaires. Les denrées qui sont dans les magasins. Si l'on emploie des soins dispendieux ou pénibles pour conserver une denrée plus longtemps, c'est seulement parce que l'augmentation du prix de la denrée doit récompenser de ces soins, CONDORCET, Duhamel. Les essences et autres menues denrées d'amour, iiamilt. Gramm. 6. || Denrées coloniales, productions des colonies. Elles seraient mieux nommées marchandises ou denrées équinoxiales, parce qu'elles croissent dans la zone torride et dans le voisinage des tropiques, J. a. say, Traité, <8H , p. 23t. || C'est une chère denrée, c'està-dire cela est mis à très-haut prix ou à trop haut prix. Il II vend bien sa denrée, c'est-à-dire il sait se faire valoir. || 2° Mauvaise marchandise. Il n'y a que de la denrée dans cette boutique. || Fig. et en parlant d'un vaurien: Voilà une belle denrée! || 3° En un sens plus restreint, toute production de la terre destinée à la vente et employée pour la nourriture. Grosses, menues denrées. Tu ne vends pas Comme tu veux tes herbes, ta denrée. Tes choux, tes aulx, enfin tout ton tracas, la font. Jum. Je ne croyais pas que les denrées fussent si chères, maintenon, Letl. à Urne de la Viefville, 23 fév. I709. Du gland, un navet, ou quelque autre pareille denrée, j. j. Bouss. Ém. a. || 4° Marchandise mise en vente, non pour être revendue, mais pour être consommée, soit qu'elle soit destinée à la subsistance, soit qu'il s'agis.se de tout autre genre de consommation; tant qu'elle est achetée pour être revendue, elle conserve le nom de marchandise, j. B. sat, Épitome, au mot Denrée. || 5» Nom, dans quelques provinces, d'un petit pain blanc.

— HlST. XIII' s. Et s'est trop viez li marchiés [c'est se prendre trop tard pour faire un marché]. Quant on acate denrée K'uns autres a adesée, liibl. des Chartes, 4» série, t. v, p. 337. Onques de lui [sur ellej [ils] n'aprirent maillie ne denrée [la valeur d'une maille ou d'un denier] , Berte, civ. Onques mais en ma vie n'oi [je n'eus] de joie denrée. Qui ore ne me soit à cent doubles doublée, ib. cxxvi. Et li quens lor jura que jà, ne à mort ne à vie, n'averoit denrée de sa terre ; et d'iluec en avant ot il à non Jehan-sans-terre, Chron. de Roms, 84. Et s'ai bien mengié deus denrées De novel miel en fresches rées, Ren. (0235. Se li serjans a l'administration de vendre blés, aveines, ou autres denrées, il convient qu'il conte du pris, beaum. xxix, li. CQ qui suut tenu por vilain cas en prison, lor vie est establie à avoir cascun jor denrée de pain

et de l'yaue, in. li, 7. Je vous di bien veraiement, Il font maint mauves serement. Et si jurent que lor denrées Sont et bones et esmerées Tels foiz que c'est mençonge pure, ruteb. 223. Les gens le roy leur loere'nt les estaus pour vendre leur danrées chier, si comme l'en disoit, comme il porent, joinv. 2(7. Il XIV* s. Et telle chose avient aucune foiz en tempestes à ceux qui pour lour neif alegier jettent leur denrées en la mer, oresme, Eth. 48. || xv*s. Ne renchérirent les vivres qu'on n'eust la denrée pour un denier, aussi bien qu'on avoit par avant qu'ils vinssent, froiss. i, i, 32. Jusques au marché des denrées, id. ii, ii, 54. || xvi' s. S'il sanglouttoyt, c'estoyent denrées [botte valant un denier] de cresson, RAB. Pant. IV, 32.

— ÉTYM. Derry, darrée; provenç. denairada ; espagn. dinerada; ital. derrata; du bas-latin dena^ riata, la valeur d'un denier; dulatindenartMS, denier (voy. denier). Denrée a signifié primitivement ce qui vaut un denier, ce qui s'acquiert pardenier.parargent.

DENSE (dan-s'), adj. \] l' Dans son sens primitif, épais, compacte, dont les parties nous paraissent plus épaisses ou plus serrées. Un air dense. Une vapeur dense. || 2° Par extension, et c'est le sens le plus habituel, il se dit d'un corps dont le poids fait supposer que les molécules sont très-serrées les unes contre les autres; l'or, le plomb, le mercure, sont très-denses ; le platine est le plus dense des métaux. Il 3° Par comparaison, on nomme dense tout corps qui, sous un même volume, pèse plus qu'un autre. L'eau est plus dense que l'air; l'hydrogène est moins dense que l'azote.

— SYN. dense, COMPACTE. Compacte est un terme général qui indique que les parties sont serrées les unes contre les autres. Dense, en tant que terme de physique, indique que les molécules sont serrées les unes contre les autres. La foule était compacte; le platine est le plus dense des métaux.

— HIST. XVI' s. Les bestes hardies et courageuses ont le cœur petit et dense, paré, Introd. (8.

— ÉTYM. Lat. densus, épais, dense.

t DENSlFLORE (dan-si-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte des fleurs serrées les unes contre les autres.

— ÉTYM. Lat. densus, dense, et fleur.

tDENSIFOLlÉ, ÉE (dan-si-fo-li-é , ée), adj.

Terme de botanique. Qui porte des feuilles nombreuses et serrées.

— ÉTYM. Dense, et le latin folium, feuille. DENSITÉ (dan-si-té) , s. f. \\ 1" Qualité de ce qui

est dense. La densité du brouillard. || 2° Le poids des corps qui nous paraissent lourds. La densité du mercure, de l'acide sulfurique. |1 3° Supériorité de poids sous un môme volume. La densité de l'eau est plus grande que celle de l'alcool. 1| 4° Terme de physique. Rapport de la masse d'un corps à son volume, ou, autrement, le quotient de la masse divisée par le volume. La pesanteur spécifique étant le rapport du poids au volume, on voit que l'expression numérique en est la même que celle de la densité. La densité du globe terrestre est de 6,24, celle de l'eau distillée étant ( . La densité de la lune est les trois quarts de celle de la terre, et cette dernière quatre fois la densité du soleil. La densité d'un corps dépend du nombre de ses points matériels renfermés sous un volume donné; elle est donc proportionnelle au rapport de la masse au volume, laplace, Exp.

— HIST. XVI' s. Ainsi voyons-nous la gresse estre plus ferme et presque charneuse en densité et dureté.... PARÉ, I, 6. Les baings excitent [alors] horreurs, frissons et douleurs, densité de la peau, m. XXV, 42.

— ÉTYM. Lat. densitas, de densus (voy. dense).

DENT (dan ; le t se lie : une dan-t aiguë ; au pluriel, Vs se lie : des dan-z aiguës), s. f. || t° Chacun des petits os recouverts d'émail, qui, enclavés dans la mâchoire, servent à mâcher. Une dent gâtée. Le mal de dent. Avoir mal aux dents. Des dents blanches et bien rangées. Je l'ai trouvée fort belle à une dent près, qui lui fait un étrange effet au devant de la bouche, siîv. 32(. La reine disait de lui [le cardinal de Retz] qu'on n'était jamais laid quand on avait les dents belles, dider. Règne de Claude et Néron, i, § 47. || Une rage de dents, une violente douleur de dents. || On dit qu'on a les dents molles, lorsqu'elles n'ont pas leur fermeté ordinaire et qu'elles sont agacées par quelque substance. || Dents de lait, les premières dents, qui sont au nombre de vingt, et qui, ordinairement complètes à deux ans ou deux ans et demi , sont destinées à tomber pour être remplacées; elles portent aussi le nom de dents primitives, de dents temporaires. Dents de la se-

conde dentition, celles qui remplacent les dents de lait et qui sont destinées à rester. Dents de sagesse, dents de la seconde dentition qui poussent les dernières. Il Avoir la mort entre les dents, être trèsvieux, voisin de la tombe, ou bien être très-malade. Il Tenir la mort entre les dents, même sens. Il bave comme un pulmonique Qui tient la mort entre les dents, réonier. Stances. \\ Arracher une dent à quelqu'un, la lui flter de la mâchoire; et fig. tirerde lui quelque argent ou autre chose qu'il est contraint de donner malgré lui. Quand on lui demande quelque chose, il semble qu'on lui arrache une dent, se dit d'une personne qui ne donne qu'avec peine. || Mentir comme un arracheur de dents, être fort accoutumé à mentir. || C'est vouloir prendre la lune avec les dents, se dit d'une chose impossible. || Il lui vient du bien, lorsqu'il n'a plus de dents, se dit de quelqu'un à qui il vient du bien sur la fin de ses jours. Il Donner des noisettes à ceux qui n'ont plus de dents, donner à quelqu'un des choses dont il n'est plus en état de se servir. || Il y a longtemps qu'il n'a plus mal aux dents, il y a longtemps qu'il est guéri du mal de dents, il est mort depuis longtemps. Il Substantivement et au féminin, une sans dent, une femme qui n'a plus de dents. Qu'entend ce rustre, et que nous veut-il dire? S'écria lors une de nos sans dents, la font. Lunettes. \\ Être armé jusqu'aux dents, être garni d'armes défensives, qui couvrent le corps entier jusqu'aux dents, et, par extension, être pourvu de toutes les armes nécessaires à l'attaque et à la défense. Dans ce penser il s'arme jusqu'aux dents, LA FONT. Gag. Habillés à la légère parmi des gens cuirassés jusqu'aux dents, montesq. Lettr. pers. 67. || Fig. et par plaisanterie. Être savant jusqu'aux dents, être très-savant; locution prise, a-t-on dit, de ce qu'autrefois on ne tenait personne pour savant, s'il n'était docteur, et que le doctorat amenait à sa suite de fort grands repas où l'on exerçait bien ses dents, mais qu'il semble bien plus naturel de rattacher, par extension, à la locution : armé jusqu'aux dents, la science étant comparée à une armure. N'étant point de ces rats qui, les livres rongeants. Se font savants jusques aux dents, la FONT. Fabl. vin, 9. Vous en qui la sagesse abonde, Vous enfin savant jusqu'aux dents, scarron , Ft'rg. trav. III. Il 11 ment par ses dents, sorte de formule de démenti. Quelle incongruité! vous mentez par les dents, RÉGNIER, Sat. x. || Dents artificielles, fausses dents, dents d'imitation, ou, simplement, dents, nom donné aux dents que l'on substitue à celles qui ont été arrachées ou qui sont tombées. Se faire mettre une dent. || 2» Locutions figurées ou autres dans lesquelles dent figure pour l'action de manger. Prendre l'écuelle aux dents, se mettre à manger. Au fond d'un antre sauvage Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l'écuelle aux dents, LA FONT. Fabl. v, 7. || N'avoir pas de quoi mettre sous la dent, n'avoir pas de quoi manger, de quoi vivre. || Manger de toutes ses dents, manger vite et beaucoup. || Manger du bout des dents , manger à contre-cœur. || Il n'y en a pas pour sa dent creuse, se dit quand on sert peu de chose à un homme de grand appétit. Ici creux a un sens figuré et signifie avide par vacuité. I| Familièrement. Il n'en tâtera, n'en croquera, n'en cassera que d'une dent, il n'en aura point. Faites moins la sucrée et changez de langage, Ou vous n'en casserez, ma foi, que d'une dent, CORN, le Ment, iv, 9. Ah! ah! vous n'en tâterez, ma foi, que d'une dent, fagan. Pupille, se. 2(. || Mordre à belles dents, mordre vigoureusement. Il mordit dans la pomme à belles dents. Et fig. Que l'usure ait trouvé.... Tant elle a bonnes dents, que mordre dessus moi, Régnier, Sat. vi. || Fig. Avoir les dents longues, bien longues, avoir grand'faim, après être resté longtemps sans manger. On a le temps d'avoir les dents longues, lorsqu'on attend, pour vivre, le trépas de quelqu'un, mol. Méd. malgré lui, ii, 2. Il Ne pas perdre un coup de dent, manger sans que rien puisse interrompre. Un domestique accourt, l'avertit qu'à la porte Deux hommes demandaient à le voir promptement; Il sort de table, et la cohorte N'en perd pas un seul coup de dent, la font. Fabl. 1,(4. Je n'ai pas perdu un coup de dent ni une partie de volant, quand j'ai trouvé des joueuses comme Mlles vos filles , p. L. codr. Lett. n, BO. Il Fig. N'en pas perdre un coup de dent, ne pas se soucier de choses représentées comme fâcheuses, de menaces faites. Il a beau agir et parler contre moi, je n'en perdrai pas un coup de denl. || 3' Claquer des dents, choquer incessamment les dents l'une contre l'autre, ce qui est un effet ou de froid ou de frisson ou de peur. [11] Claque des dents, tremble el frissonne, la font. Orais. || Grincer des dénis, ser-

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wr Im dents fortement, de manière qu'elles font entendre un bruit. Il grinçait des dents. Les dents lui grinçaient. Malgré son aigre voii qui fait grincer îes dents, 11 apprend du Lambert les airs les plus touchanU, heonabd. Épit. i. Il Parler entre les dents , parler peu distinctement. Je m'arrête contraint; d'une façon confuse, Grondant entre mes dents, je marmotte une excuse, hBgnier , Sat. i. ....Entre tes dents, je pense, Tu murmures je ne sais quoi, MOL. Amph. 1, i. Elle n'eùl dit ces mois entre ses dents, L* vont. Herc. Tant que le jour est long, il gionde entre ses dents: Kais ceci, fais cela; va, viens, monte, descends, reonard. Fol. amour, i, t. Le cardinal Albéroni parut choqué du discours que le colonel [Slanhope] lui tenait entre ses dents, ST-sm. *B0, 438. M. de Richelieu laissa dire M. de Luxembourg et lui répondit après quelques honnêtetés entre ses dents, ID. t», aî5. De le frapper je suis las. Mais dans ses dents monsieur gronde, bé- BANG. M. d'école. \\ Familièrement. Hire du bout des dents, s'elTorcer de rire sans en avoir envie. Et le ciel qui des dents me rit à la pareille, hégnieh, Sat. X. Ce sera donc du bout des dents qu'il y rira, mol. Impr. n. || Desserrer les dents, se mettre à parler, rompre le silence. Si quelqu'un desserre les dénis. C'est un sot; j'en conviens; mais que faut-il donc faire? Parler de loin ou bien se taire, la font. Fabl. X, 2. Il 4° Nom des petits os qui garnissent la bouche des animaux et qui leur servent à manger, à attaquer, à se défendre. 11 fallait labourer les tristes champs de Mars Et des dents d'un serpent ensemencer la terre, COHN. Médée, il, Ml [le rat] fit tant de pieds et de dénis Qu'en peu de jours il eut au fond de l'hermilago Le vivre et le couvert, la font. Fabl. Tii, a. 11 tira un fer de son petit sac, arracha les quarante dents du lion et mit à leur place quarante diamants d'une égale grosseur, volt. Princ. de Babyl. t. Il Fig. La dent, ce qui sert à mordre et à déchirer. Le moins qu'on peut laisser de prise aux dents d'autrui , C'est le mieux.... la font. Fabl. x, ». Il Avoir une dent contre quelqu'un, lui en vouloir. Vous avez deviné qu'on n'aura point de dent contre elle, SÉV. S24. Je vois que Votre Majesté a toujours une dent secrète contre la géométrie, d'alemb. Lett. au roi de Prusse , 6 mars 177). || Avoir une dent de lait, garder une dent de lait contre quelqu'un, avoir une -vieille inimitié, une inimitié pour ainsi dire sucée avec le lait. C'est que vous avez une dent de lait contre lui, mol. Mal. imag. m, 3. || Déchirera belles dents, dévorer. Sinon à belles dents Je te déchire, la font. Hich. Je le déchirerais, le traître, à belles dents, scahron, Jodelet , ii, 7. Et, figurément, médire sans aucune retenue, l'alissot avait fait une comédie intitulée le Satirique, dans laquelle ilse déchirait lui-même à belles dents, pour pouvoir déchirer à son aise les pliilosophes, b'alemb. Lett. à Voltaire, 2 juill. <770. || Coup de dent, morsure; et, figurément, mot piquant, médisant. Il Tomber sous la dent, être mordu; et, figurément, essuyer de quelqu'un soit des propos fâcheux, soit un mauvais traitement. || Montrer les dents, se dit d'un animal qui menace et montre les dents. Le chien montrait les dents. Et, figurément, montrer les dents à quelqu'un, lui parler sévèrement, durement. Tellement qu'il faisait le matlre Parmi les autres prétendants. Qui n'osaient lui montrer les dents, scarr. Yirg. trav. liv. vu. Il Quand la gueule de l'animal menaçant va jusqu'à montrer ses grosses dents, sa colère est encore plus grande et plus dangereuse : de là, figurément, parler à quelqu'un des grosses dents, le réprimander fortement, le menacer. || Malgré les dents, sans craindre les dents menaçantes d'un animal; et de là, figurément, malgré ses dents, malgré lui. Et là malgré mes dents rongeant et rêvassant, Régnier, Sat. XV. Ils m'ont fait médecin malgré mes dents, MOL. If^d. malgré lui, m, t. Je veux, je veux apprendreà vivre à votre mère; Et, pour la mieux braver, voilà, malgré ses dents, Martine que j'amène «t rétablis céans, ID. F. sav. v, 2. Mais eût-il l'humeur sombre et noire. Avec l'époux, malgré ses dents. Mettez-vous bien, iiahilton, Gramm. 4. || En

dépit des dents, même sens les autres accidents

Qui nousviennenthapperendépit denosdents, hol. Sgan. *T. Nous l'aurons, dis-je, en dépit de vos dents, iD.Stcti. •. |1 6° Les dents ducheval. || Prendre ]e mors aux dents se ditd'un cheval qui s'emporte sans que le cocher ou le cavalier puissent le retenir, le mors n'opérant pas plus d'effet sur les barres que si Je cheval le tenait serré entre les denU. || Fig. Prendre le mors aux dents, se livrer à ses passions, à son emportement, à sa fougue. || En un autre sens, prendre le mor> ^<v^ dents, se mettre en colère,

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s'emporter subitement. On lui a fait un léger reproche, il a pris le mors aux dents. || En un autre sens encore, prendre le mors aux dents, se livrer au travail, aux affaires avec ardeur, après être resté dans l'inaction, dans l'indolence. X présent il étudie beaucoup. Il a pris le mors aux dents. || Le cheval est sur les dents, quand, fatigué, il appuie ses dents sur le mors; et, figurément. être sur les dents, être accablé de fatigue. Mettre sur les dents , exténuer de fatigue. Qu'elle m'ait déconfit et mis dessus les dents, rEonier, Sat. xiii. La pauvre Françoise est presque sur les dents, à frotter les planches que.... MOL. B. gent. m, 2. Le voilà sur les dents, LA font. Fabl. II, ». L'incommoder, la mettre sur les dents, m. Jfondr. Tout cet embarras met mon esprit sur les dents, mol. Amph. i, 2. || 6' Les dents, la dentition. Beaucoup d'enfanis meurent aux dents. Cet enfant a beaucoup de peine à faire ses dents. Il 7° En termes de zoologie, nom donné à tous les organes calcaires ou cornés qui servent à diviser les substances alimentaires, quelle que soit la situation de ces organes. || 8° Dent d'éléphant, une défense de l'éléphant. || Dent de narval, longues défenses qui arment la mâchoire supérieure des narvals. || 9* Nom des pointes qui garnissent certains instruments. I^s dents d'une scie. Les dents d'un peigne. Souffrez qu'on peigne un peu.... — Sottise sans pareille I Tu m'as d'un coup de dent presque emporté l'oreille, MOL. Fdch. I, 4. D'obstacles infinis mille ont su triompher, Cécile des tranchants, Prisque des dents de fer [instrument de torture], rotr. St Gen. m, ». Il y aurait plus de crimes dans un monde où il n'y aurait ni peines ni récompenses, comme il y aurait plus de dérangements dans une montre dont les roues n'auraient point toutes leurs dents, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 30 nov. 4770. || Terme de botanique. Saillie plus ou moins aiguS, mais toujoursdepetitedimension, du bord des organes membraneux. Il Dent de broderie, broderie en forme de dent ronde ou pointue qui termine ordinairement la broderie tout en l'ornant ; elle se fait presque toujours au feston. Dent simple. Dent pleine. Dent en crête de coq. Dent de feston de rose, espèce de dent pleine formée de petites dents. Broderie, découpure à dents de loup, broderie, découpure formant une suite d'angles aigus. || Dents de passement, appelées aussi engrelures, et qui sont des pointes aux bords du passement. || Sommet prismatique et anguleux d'une montagne. || Terme de serrurerie. Refenles sur le museau du panneton d'une clef. || 10' Brèche qui est au tranchant d'une lame. Ce couteau a des dents. Il 11» Dent de chien, ciseau de sculpteur, formé d'un fer fendu en deux pointes. || 12* Dent-de-loup, cheville pour arrêter la soupente d'une voiture. Il Terme d'architecture. Espèce de gros clou de 42 à 4 5 centimètres de longueur, servant à attacher les grosses pièces de bois. || Terme de charpentier. Grosse broche de fer servant dans les pans de bois à arrêter les tournisses. || Terme de serrurier. Tringle recourbée pour supporter des ustensiles de cuisine. Il Instrument de doreur qui sert à brunir l'or. Il Terme de marine. Sorte de levier employé dans les ports pour soulever de lourds morceaux de bois. Il 13 'Dent de chien, nom vulgaire de l'^rytArone dent de chien (liliacées), dite aussi vioulte, s. f. || Ueiil de lion , nom vulgaire du pissenlit commun, ou du taraxacum dent de lion (synanthérées) appelé aussi couronne de moine. || Doubledent, espèce de mousse. Il 14° Torme de minéralogie. Dent de cochon, variété de carbonate de chaux en cristaux hexaèdres. Il Dent de cheval, variété de topaze bleu-verdàtre. Il Proverbes. C'est Geofîroi à la grand' dent, se dit de celui qui a quelque dent qui avance plus que les autres. || Œil pour œil, dent pour dent, se dit en parlant d'une vengeance égala à l'offense. || Telle dent, telle morsure, c'est-à-dire l'effet répond à la cause. Il Le vin trouble ne casse point les dents.

— HIST. XI* s. [11] Tranche le nés et la bouche et les dens, Ch. de Hol. cxxiii. [Il] Tranche la teste d'ici qu'as denz menus, ib. cxliv.

— xii* s. Et par la grant angoisse touz les dens rechigner, Honc. p. 200. Le nez moult très bien fait, les danz menus et blanz, Sax. v. Es danz del peigne ot des chevos [cheveux] Celi [de celle] qui s'en estoit peigniée, la Charrette, 4 354.

— ilil* s. De paour [elle] va à dens sur la terre coucher, Berte, xii. Et Berte gist à dens par dessus la bruiere, »b. xx. Puis [elle] dist entre ses dens, que nuls ne l'aoït.... ib. lui. Parles denz bien, ce dist U uns, C'est Bruns li ors [l'ours] , li chaz Tybert , Ne li aura mestier haubert Qu'autre foiz m'ont il fetdamage, Ben. «236. Tu couimencor/isàfremir, A tressaillir, à démener, Sor costé l'uslovra tomer Une

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heure envers, une eure adens, Cum fait bons qui • mal as dens, la ilote, 2444. Mecine [médecine] encontre dens dolur; De petismaus est le peQr [pire], Ms. St Jean.

— XIV s. Il ne scet homme ou monde en tout le firmament X qui on doie faire de l'espée présent. Se ce n'est à vous, sire; cbascun y a la dent, Guescl. 47242. Il sont touz affamez, je le sai vraiement; Ne pueent plus durer, car chascun a long dent, ib. 4 4 304. C'est Bertran du Guesclin qui vient si faitement, Il nous tientà brebis, il nous monstre la dent, ib. 4403. LeBesque de Vilaines, qui m'a grevé forment, Olivier de Mauny, que je hé durement. Et ses frerés aussi qui me monstrent ladent, ib. 44004.

— xv s. Là les povres gens leur cbantoient une note entre leurs dents tout bas, proiss. u, m, 44. Je meursdesoifauprësde la fontaine; Chault comme feu, et tremble dent à dent, ch. n'oni.. Bail. 40*. Et icelul respondit fellement qu'il mentoit par ses dents, MONSTREL. liv. I, ch. 4 07.Dii journ'avoiemengé des dents; S'avoye grand soif et grand faim, la FONT. 28. Parquoi, comme le roy lui monstroit la dent, avoit bien loy aussi de monstrer son orgueil envers le roy, 0. ciiastel. Chron. des d. deBourg. m. ch. 200. Malgré leurs dents, s'en vindrent toujours combattant, Bouciq. 1, ch. 30. Le mareschal, qui toujours y avoit la dent, encore se voult mettre en son devoir de s'essayer, avant que aux Florentins aulcune vendition en fust faite, tb. m, ch. 8. Car, dit le proverbe, où la dent deult, la langue va, et, dit l'Escriture, qui de terre est de terre parle, Hist. deJ. Boucicaut, in-4», Paris, 4«20, p. 378, dans LACURNE. C'est à meshuy, j'ay beau corner. Or ça il s'en fault retourner Maulgré sez dentz en sa maison , VILLON , Arch. de Bagn.

— XVI* s. Maugré ses duns, calv. Instit. 7. Cecy est pour blanchir vos dents. Si par temps ils deviennent ords, ST GEL. 424. Je vy naguère un cheval qui prenoit Son mors aux dents.... id. 200. Comme ne peut s'appaiser Tadent par ire accrochée, m. 24s. Ses dentelettes d'ivoyre, dubell. vu, 37, recto. Le prince se retira en son camp, riant (mais entre les dents), LANGUE, 662. 1.es magistrats catholiques, remis en leurs estais, avoient bien souvent quelque dent de prendre la revanche des huguenots, castel- NAU, 477. Ayant la mort entre les dents, il songe encore à la guerre contre Mithridate, amyot, Marius et Pyrr. 4 4. Il ne faisoit mourir seulement ceulx contre qui il avoit particulieremeut quelque vieille dent, lo. Lysand. 35. Le beguoyement de leur parler entre leurs dents, id. Sertor. 40, Celle herbe que l'on appelle dem de chien, id. César, 68. Si on luy commande de parler des grosses dents à un fascheux beau père, il est sans honte et sans mercy, id. Comm. dise, leflati. 44. Lesadvocats n'en meurent guère. Qui boivent avec leurs clients: Ayant une bonne matière. Ils s'en lavent fort bien les dents, jean le houx, Vau de Vire, t. Là l'infanterie demeura sur les dents, comme aians foit trois lieues plus que leurs ennemis, d'aub. Hist. m, 9. L'apophyse dressée au corps supérieur du second spondyle, que Hippocrates appelle dent, paré, IV, 46. Si les dents sont corrodées, creuses et pertuisées jusques à la racine, id. xv, 26. Les orfèvres garnissent ces dents [de lamieou requin] d'argent, les appelans dents da serpent, id. Monstr. app. 4. i douleur de dent n'ayde viole n'instrument, lb- Roux ns LiNCT, Prot). t. I, p. 244. Battre le tambour avec les dents [trembler] , id. ib. Bonnes sont les dents qui retiennent la langue, id. ib. Les gourmands font leurs fosses avec leurs dents, id. tb. Dent contre dent se consume, cénin, Bécréations, t. Il, p. 237. On met mieidx entre ses dens qu'on ne le rejette quand est dedans, ID. ib. p. 246. U portoit une dent à Guesclin depuis qu'il avoit enlev* le chasteau de Fougeray sur Bobertde Bambroc, Mém. s. du Guescl. ch. v.

— Etym. Picard, demi, s. m.; wallon, den; génev. cet enfant met ses dents, pour il fait ses dents; provenç. dent; espagn. dientc; ilal. dente ; du latir dens ; grec, o8où;; angl. tooth ; allem. Zahn; island. lan; bas-breton, dont; sanscrit, dan(a, qui paraît être originairement le participe présent cutantti. mangeant, du verbe sanscrit ad, manger (latin edere) , dont la voyelle initiale serait conservée dans le grec 68où«. Dans l'ancien français, dent était masculin comme en latm; il est resté tel dans quelques patois : n're des gros detits, se dit en Lorraine; il commence à devenir féminin au xiv* siècle.

4. DENTAIRE (dan-tê-r"), adj. Qui appartient, qui a rapport aux dents. || Terme d'anatomie. Canaux ou conduits dentaires, canaux osseux qui livrent passage awx vaisseaux et uerb dentaires. || Noy.a

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dentaire, nom donné à la papille ou pulpe dentaire, qui est centrale et sur laquelle la dent se moule. Il Arcade dentaire, réunion de la série des dents, décrivant toujours une ligne plus ou moins courbe. Il Cavité dentaire, cavité existant dans toutes les dents peu éloignées de l'époque de leur éruptioii et contenant la pulpe dentaire. || Terme de vétérinaire. Cul-de-sac ou cornet dentaire, cavité existant à la surface de froUement des incisives, des solipèdes, qui disparaît par suite de l'usure de la dent, et dont la disparition est un des signes utilisés pour ta connaissance de l'âge. Il Terme de zoologie. Formule dentaire, disposition de chiffres adoptée pour indiquer d'une manière abrégée le nombre des dents de chaque espèce , chez les mammifères ; exemple : formule dentaire du cheval: inc. {, can. {=f, mol. ^|:=40; c'est à-dire 12 incisives, 6 en haut, 6 en bas; 4 canines, en haut) adroite et < à gauche . en bas t à droite et 4 à gauche; 2* molaires, en haut 6 à droite et 6 à gauche, en bas o adroite et 6 à gauche.

— ÊTYM. I.al. dentnrius, de dens, dent.

2. DENT.\IRE (dan-té-r'), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes crucifères, ainsi nommées parce que les racines en sont dentées, dont trois espèces dcnïon'o pmnola, Lamarck, dentaria pentaphyllos, L., et dentaria bulbifera, t., ont été regardées comme carminatives et vulnéraires.

— ÉTYM. Dentaire *.

DENTAL, AI.E (dan-tal, ta-1'), adj. \\ 1° Terme d'anatomie. Qui appartient aux dents. Nerfs dentaux. Il 2° Terme de grammaire. Lettres dentales, lettres qui ne peuvent être prononcées sans que la langue touche aux dents, telles que d, t, n, s. Les t et les d dentaux du sanscrit, sorte de t et de d, propres à cette langue. Une consonne dentale. || S. f. Une dentale, c'est-à-dire une consonne dentale. Les dentales sont d, J, s, ï, n; en anglais il faut y ajouter le th dans ses deux prononciations.

— ÉTYM. Lat. dentalis, de dens, dent ; provenç. et espagn. dental; ital. dentale.

t DENTALE (dan-ta-l') , s. m. Genre de mollusques marins (voisins des gastéropodes), à coquille calcaire, univalve, dont l'espèce la plus commune sur les côtes d'Asie et d'Europe est le dentalium elephantinum , Martini. || Espèce de poisson du genre des spares.

t DENTALITHE ( dan-ta-li-t' ) , ». f. Nom donné aux dentales fossiles.

— ÉTYM. Dentale, et XWoc, pierre.

DENTÉ, ÊE (dan-té, tée), part. pass^. || 1» Garni de pointes uniformes et placées à égale distance les unes des autres, lioue dentée. Il fit réflexion que dans les machines où il y a des roues dentées, c'est aux dents que se fait tout l'effort, et que, par conséquent, le frottement, qui détruit toujours une grande partie de l'effet des machines, est à ces endroits plus grand et plus nuisible que partout ailleurs, fonten. Lahire. \\ Terme de botanique. Feuille dentée. Le bord est doublerfient denté, lorsque chaque dent porte elle-même une dent plus petite. Bord denté en scie , bord oii chaque dent est dirigée vers le sommet de l'organe denté. || 2° Terme de blason. Ne se dit que des animaux dont on voit les dents. Il 3° Terme de diplomatique. Charte dentée, papier poli avec une dent d'animal. ||4° S.m. Poisson de la Méditerranée {dentatus vulgaris).

— fllST. XV* s. Chascuns promet, mais que vaut telz convenz. Quant sur mentir le principe est entez? Telz prometteurs sont de ceus decepvenz. Qui de voir dire n'ont plus les dens dentez, E. desch. Poésies mss. f" 222, dans lacurne. || xvi* g. Perdre une saillie gaillarde et piquante d'esprit, ou un mot denté et plein d'aiguillon, pasquier, Lett. t. m, p. 83, dans LACUBNE. Ses habits estoient tous desohirez, et luy denté [mordu] en plusieurs parts, cnoLiÈRES, Contes, (° 208, dans lacubne.

— ÉTYM. Provenç. dentat; espagn. dentado; ital. dentato; du latin dentatus, de dens, dent.

DENTÉE (dan-tée), s. ^. || 1» Coup de dents qu'un chien donne au gibier. || 2° Coup que le sanglier donne avec ses défenses.

— HIST. XVI* S. Et la beauté tant vantée Qui du foudroyant sangler Sentit la fiere dentée, dubell. V, 53, verso.

— ÉTYM. Denté, comme rossée, de rossé.

DENTELA lUE (dau-te-lê-r') , s. f. Terme de botanique. Genre de plantes ainsi nommées , parce qu'une des espèces était jadis employée contre le mal de dents, et dont une espèce {plumbago europ<EO, L.) a une racine irritante et employée pour produire la rubéfaction. || Plante nommée aussi herbe au cancer et mallierbe.

— ETYU. Voy. DENTELER.

DENTELÉ, ÉE (dan-te-lé, lée), adj. || 1* Taillé en forme de dentelle. Un roc dentelé. Arête visible de loin, àprement dentelée, et qui sépare le torrent affluent du Gardon d'avec le Mimente, affluent du Tarn, fournet , Acad. des te. Comptes rendus, t. LU, p. un. Il Terme de botanique. Se dit des parties d'une plante qui sont inégalement découpées, par opposition à denté, oii les découpures sont égales, il Terme d'anatomie. Ligament dentelé, bandelette blanchâtre, tn^'s-résistanie, située dans le canal vertébral. Il Le grand dentelé, muscle qui s'attache aux huit ou neuf premières côtes. Les petits dentelés postérieurs, muscles qui s'attachent à la dernière vertèlire cervicale et aux deux premières dorsales. Le petit dentelé antérieur, le petit pectoral. || Terme de diplomatique. Charte dentelée, charte dont la marge détachée de la souche est dentelée. || 2° Terme de blason. Qui est à petites dents, en parlant de la croix, delà bande, etc. || S" Terme de numismatique. Médailles dentelées , médailles dont la tranche est garnie de dents.

— REM. En parlant des roues, on se sert exclusivement de l'adjectif denté, et non de dentelé.

— HIST. XVI' s. Un' espine qu'ils [certains poissons] ont dentelée comme une scie, mont, ii, )95. La suture des os est dentelée ou crénelée à la façon des dents de scie.... ou escai!lée,PARÉ,iv, 43. Il est fort dentelé et furieux, tuant et dévorant les autres poissons, ID. Monstr. app. t. Certains muscles servant à la respiration oue nous appelions dentelés postérieurs, id. i, 8. Le grand dentelé, sortant de la base du paleron, id. ib. Le rhomboïde (nommé aussi petit dentelé), id. iv, 7.

— ÉTYM. Voy. DENTELLE.

t DENTELER (dan-te-lé. L'J se double, quand la syllabe qui suit est muette: je dentelle; je dentellerai), V. a. Faire des entailles en forme de dentelle.

— ÉTYM. Voy. DENTELLE.

f DENTELET (dan-te-lè), î. m. Terme de construction. Carré sur lequel on taille les ornements appelés denticules.

— ÉTYM. Diminutif de dent.

DENTELLE (dan-tè-1'), s. f. \\i' Sorte de passement à jour, à mailles très-fines. Dentelle de fil, de soie, d'argent. || Dentelle réseau, sorte de dentelle en point d'Alençon. || Dentelle bride, dentelle dont le tissu est plus fort que le réseau. || 8° Absolument. La dentelle de fil. Elle travaillait devant la Fanchon qui faisait de la dentelle, J. J. Bouss. Hél. V, 3. Il 5. f. plur. Objets de parure faits de dentelles. Parée de diamants et de dentelles. || 3" Terme d'architecture. Dentelle de pierres, pierres taillées en dentelle. || 4" Ornement d'imprimerie, servant d'entourage aux pages, ou de vignette aux titres des chapitres. || Dessin poussé sur le bord des livres ou sur le plat de leur couverture. || 5" Dentelle de mer, nom de plusieurs polypiers. || Dentelle de Vénus, nom vulgaire d'un très-joli polypier réticulé.

— HIST. xvi's.Dentille, ornementdesfrises, oddin.

— ÉTYM. Provenç. denlelh. dentilh, créneau: ital. dentello, même sens; du latin denticulus, diminutif de dens , dent. Dentelle est la forme féminine de ce mot.

I DENTELLIÈRE (dan-tè-liê-r'), I. f. Ouvrière qui fait de la dentelle.

— ÉTYM. Dentelle.

DENTELURE (dan-te-lu-r"), s. f.\\f Ouvrage de sculpture fait en forme de dents. {{ 2° Découpure en forme de dents. Au bord de la partie éclairée du disque lunaire, les montagnes se présentent sous la forme d'une dentelure qui s'étend au delà de la ligne de lumière, laplace, Exp. i, 4. Leurs dentelures [des monts] se traçaient avec une pureté extraordinaire sur le ciel, chateaub. Italie, H. Les limites des rivages de la Provence sont circonscrites dans un cercle de même rayon que celui qui enferme les dentelures des rives occidentales de la Corse, villeneuve -flaïosc, Acad. des se. Comptes rendus, t. liv, p. 200. Il Terme de botanique. Dentelures, dents en scie, c'est-à-dire aiguës et dirigées vers le sommet de l'organe denté.

— HIST. XVI' s. Les dentelures des rochers, d'aub. Uist. III, 406. Des parapets de quatre pieds de gasons et de motines qui se flanquoient par leurs dantelures, ID. ib. i, 20.

— ÉTYM. Denteler.

t DENTER (dan-té), t). a. Munir de dents un ustensile. On a commencé à denter cette roue.

— ÉTYM. Dent.

tDENTICIDE (dan-ti-si-d') , adj. Terme de botanique. Déhiscence denticide , déhiscence se faisant parl'écartement des dents qui sont au sommet des carpelles.

— ÉTYM. Dent, et le latin cdcdere, fendre.

t DENTICORNE (dan-ti-kor-n') , ad}. Terme d'entomologie. Qui a les antennes ou cornes dentées.

— ÉTYM. Denl, et corne.

DENTICCLE (dan-ti-ku-1'), s. m. \\ i' Terme d'histoire naturelle. Dent très-petite. |{ 2' Par extension, légère dentelure. || Terme de menuiserie. Petites parties saillantes carrées par leur plan, et dont la largeur est à la hauteur comme 2 est à 3. || 3° S. /■. plur. Terme d'architecture. Les denticules, membre des corniches ioniques et corinthiennes, qui a plusieurs entaillures semblables à des dents. Les denticules se placent ordinairement dans la corniche ionique et dans la corniche corinthienne, Dict. de l'Académie.

— ÉTYM. Lat. dcnd'cuiuï, diminutif de dens, dent, t DENTICDLÉ, ÉE (dan-ti-ku-lé, lée), adj. Terme

didactique. Qui est garni de très-petites dents, de denticules. || Terme d'architecture. Se dit des ornements en forme de moulures carrées qui font partie de la corniche. || Terme de blason. Écu denticulé, écu dont la bordure est formée de denticules.

— ÉTYM. Dmticule.

DENTIER (dan-tié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des dan-tié-z-habilement faits), s. m. Il 1° Rang de dents. Un beau dentier. Terme familier et peu usité. || 2° Terme de dentiste. Série de dents artificielles montées sur une même pièce, et disposées de manière à représenter une des arcades dentaires. || 3° Outil qui sert à diviser chaque pain de savon en loves.

— ÉTYM. Dent.

t DENTIFICATION (dan-ti-fi-ka-sion), s. f. Terme de physiologie. Génération de la dentine ou substance propre des dents.

— ÉTYM. Dent, et le suffixe latin /tcore, faire.

t DENTIFORME (dan-ti-for-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une dent.

— ÉTYM. Dent, et forme.

DENTIFRICE (dan-ti-fri-s') , s. m. || 1" Médicament, ou poudre qui sert à nettoyer les dents, en les frottant. || Adj. Poudre dentifrice. |{ 2° Nom donné, par extension, à certaines préparations alcooliques, l'eau de Botot par exemple, destinées à la conservation des dents.

— HIST. xvi' s. Qu'on les frotte avec dentifrices faits de.... paré, xv, 29.

— ÉTYM. Latin dentifricium , de dens, dent, et /Weare, frotter (voy. friction).

t DENTlGÈRE(dan-ti-jê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni de dents.

— ÉTYM. Dent, et le latin gerere, porter. fBENTINE (dan-ti-n'), s. f. Terme de chimie.

Nom donné à la substance propre des dents.

— ÉTYM. Dent.

t DENTIROSTRE (dan-ti-ro-str') , adj. Terme de zoologie. Dont le bec offre une ou plusieurs dents. Il S. m. Nom d'une famille de passereaux caractérisée par une échancrure à l'extrémité du bec, par exemple le merle.

— ÉTYM. Dent, et le latin rostrum, bec.

DENTISTE (dan-ti-sf), s. m. Chirurgien ou artiste ne s'occupant que de ce qui concerne les dents. Il Adj. Un chirurgien dentiste.

—ÉTYM. Dent. Paré a dit dentateur : Ne faut que les barbiers et dentateurs sa hastent trop subit les arracher, xv, 26.

DENTITION (dan-ti-sion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Eruption naturelle des dents aux diverses époques de la vie.

— REM. C'est une faute de dire une belle dentition pour une belle denture.

— ÉTYM. Latin, dentitio, de dens, dent.

t DENTO-LABIAL, ALE (dan-to-la-bi-al, a-l'), adj. Terme de grammaire. Lettre dento-labiale, ou, substantivement, une dento-labiale, consonne qui, comme le v et Vf, se forme par l'imposition des dents sur la lèvre inférieure.

— ÉTYM. Dent, et labial.

DENTURE (dan-tu-r*), s. f. \\ 1° Assemblage de dents, naturel ou artificiel. || Ordre dans lequel les dents sont rangées. Une belle denture. || 2° Terme de mécanique et d'horlogerie. Le nombre des dents d'une roue.

— HIST. XIII' s. Qu'aprent poulain en denteQre, Tenir le veut tant come il dure, Gautier decoinsi, dans le Dict. de dochez. || xiv' s. Dit on que ce que on aprent en denteure, on veult tenir en vieillesse, GASTON PHÉBUS, Chasse, ms. p. <34,dans lacurne. Il XV' s. J'aim par amour la plus belle figure Que nulz homs puist de ses yeux regarder; Courte et grosse est, et s'a la denteOre, Groin et cheveux com hure de sanglier. Barbe au menton ; elle méfait trembler, E. DESCH. Poésies mss. f 220, dans lacurne.

— ÉTYM. Dent.

10fi2

DÉN

DÉNUDATION (dé-nu-da-sion; tn vers, de cinq syllabes), t f. || 1° Terme de chirurgie. Etat d'une partie dépouillée de ses enveloppes naturelles. {| 2» Par extension. Dénudalion d'un arbre, état d'un arbre dépouillé de son écorce ou do ses feuilles. || Terme de géologie. Dénudalion d'un terrain, enlèvement des couches qui le recouvrent habituellement.

— HIST. xvi* s. De peur de douleur et dénudalion, tant du nerf que de l'os, paré, xiii, <7.

— ÉTYM. Lat. denudationem, de denudare (voy. dénuer).

t DÉNUDÉ, ÉE (dé-nu-dé, dée), part. patte. Va os dénudé.

t DÉNUDER (dé-nu-dé), v. o. || 1* Terme de chirurgie. Mettre un os, une partie à découvert. Il S° Par extension, dépouiller un arbre de son écorce. || 3° Se dénuder, v. rifl. Se dépouiller de son enveloppe. Cet os commence à se dénuder.

— Etym. Lat. denudare (voy. dénuer).

DÉNUÉ, ÉE (dé-nu-é, ée), pari, passé. Privé.

Pluton est seul, entre les dieux, Dénué d'oreilles et d'yeux X quiconque le sollicite, malii. vi, )0. Pauvres et dénués des secours de la terre. Mais riches en grâce et vertu, corn. Imit. I, «8. Être dénué de toutes choses, pathu, Plaidoyer 4, dans riciiELET. Dénué d'un secours par lui-même déliuit, CORN. Ilor. I, 3. Alexandre, dénué do ces avantages, n'eilt pas marchandé pour passer le Rubicon, et c'est en partie cette hardiesse qui lui a fait attribuer le surnaturel et le merveilleux, la font. Lettres, xn. 11 faut être bien dénué d'esprit, si l'amour, la malignité, la nécessité n'en font pas trouver, la BHUY. IV. La valeur, dénuée de toutes les autres vertus, ne peut rendre un homme digne d'une véritable estime, séchais, dansRiciitLEr. L'Espagne était alors incapable de se défendre elle-même, épuisée d'argent, dénuée de troupes et de vaisseaux, torcy, Xém. 1. 1, p. 33. Dénuée de support et chargée d'un enfant, bern. de s. -p. Paul et Virg. || Absolument. Les plus dénués furent secourus.

— SYN. DÉNKÈ, DÉPOURVt;. Dépourvu est celui qui est sans provision ; dénué est celui qui est mis à nu. Dénué exprime donc une nuance plus forte que dépourvu.

DÉNUEMENT (dé-nu-man), t. m. Voy. dénû- MENT. Dénuement est une orthographe qu'on trouve couramment dans le xvii* siècle et qui n'est plus usitée.

DÉNUER (dé-nu-é), v. a. || 1" Dépouiller de choses nécessaires. || 2° Se dénuer, v. rifl. Se dénuer du nécessaire pour ses enfants.

— HlST. xu* s. Cil ki est denueiz az espées de ses anemis, Joh, 444. Non ferai, dame, par les iex de mon chief; Quar tos jors mais me seroit reprochiés, Honsdesnués [désarmé] n'iert jà par moi touchiés. Saoul de C. 293. || xni* s. Ktles autres metaus desnuent De lor formes, si qu'il les muent En fin argent par médecines, la Rose, t0343. Et quant illec se voit cheOe, Sa chiere et son habit remue. Et si se dpisnue [se met nue] et desrobe, Qu'ele est orfenine de rol>e,t6. 6)76. Et Jupiter lifist [à Argus] trenchierLe chief, por lo revenchier. Qu'il avoit en vache muée, De forme hamaine desnuée, t6. 44B92. ||xiv« s. Aucunes choses sont desquelles se un homme est desnué et que il ne les a pas, sa félicité en est aussi comme honie ou anullée, oreshe, Eth. 20. Les mors ont dénué et les armeures pris, Guescl. 780. Cbil qui furent en l'ost ont les mors desnuez. Et puis, en une fosse, si les a-on getés, Baud. de Seb. IX, (89. Il XV" s. Et disoient que on feroit un grand outrage, si on denuoit le royaume d'Angleterre de deux mille hommes d'armes, phoiss. m, m, 48. Il XVI' s. M'adverti.ssans de la froide venue Du triste hyver, qui la terre desnue, marot, i, 223. Desnué d'espérance, ID. ii,<2. Job recognoist que c'est Dieu qui l'a desnué de tout son bien, calv. Instit. i60. Il feit marcher les siens contre les Lacedaimomens, qui avoient les flanc/, desnuez de gens de cheval, AMYOT, Philop. <6. Et ne demouroit au roy que le nom de royaulté seulement dénué de toute puissance, n. Lys. 43. L'histoire est dénuée de foi par ceux qui la r'emplissent de miracles, d'aiîb. Hist. i, 189. La difficulté des approches estoit principalement en fauto de terre, de laquelle toute l'isle est dosnuée, id. ib. 240. Si l'os, estant desnué, on frappe dessus.... 7ARÉ, vni, 2.

— ÉTYM. Provenç. denudar, desnudar; ital. disnudare; du latin denudare, de la préposition de, et nudus, nu (voy. nu). Dénuer et d^nud«r, tirés tous deux de denudare, témoignent de leur date par leur formation : le second est un calque, le premier est une modification du mot latin commandée par l'oreille de nos aïeux.

I)ÊP

DÉNOment (di-DU-man), t. m. Dépouillement des choses nécessaires. Cette famille est dans le dénûment le plus complet. La route avait détruit leur chaussure.... ils cachaient aveu soin leur dénûment devant leur empereur et se paraient de leurs armes éclatantes et bien réparées, s£oun, Bitt. de Napol. vni, H. D'abord le vin manqua, puislabitre, même l'eau-de-vio, enfin l'on fut réduit à l'eau, qui souvent manqua & son tour; il en fut de même pour les aliments, de même pour les autres nécessités de la vie; et dans ce dénûnienl graduel le découragement de l'ime suivait l'afTaiblissenient successif du corps, ID. i6. VI, a. || Terme de la vie spirituelle. Le dénûment des biens sensibles, disposition contraire au goût et à l'attachem'iit naturel qu'on a pour les objets des sens.

— REM. Au xvii* siècle , dénûment était rejeté par les puristes; Bouhours, Nouv. rem. dit : « Dénuement no vaut rien , ni dans le propre ni dans le figuré; il n'est pas mi'mo français. Il faut avouer néanmoins que les dévots s'en servent; mais il faut vivre comme eux, et no pas toujours parler comme eux. » L'historique montre qu'il était bien français,

— HIST. xv* s. Elles avoient donnez leurs joyaux et leurs habits do si grant cueur aux chevaliers, qu'elles ne se appercevoient de leurs desnuemenl et desvestement, Percefnrest, t. i, ^ )65. || xvi' s. Carie de l'os, desnuement avecques perdition de la couverture, paré, xiii, i.

— ÉTYM. Difnuer.

t DÉONTOLOGIE (dé-on-to-lo-jie) , s. f. Terme didactique. Science des devoirs.

— Etym. To 8éov . le devoir, et Îiôyoî, doctrine, t DÉONTOLOGIQUE (dé-on-to-lo-ji-k') , adj. Qui

est relatif à la déontologie.

t DÉOPERCULÉ, ÉE (dé-o-pèr-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est privé d'opercule.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et opercule. fDÉPAILLAGE (dépâ-lla-j', U mouillées), s. m.

Action de dépailler une chaise, un tabouret, etc.; résultat de cette action.

— ÉTYM. Dépailler.

t DÉPAILLÉ, ÉE (dé-pâ-Ué, liée. Il mouillées), part, passé. Dont la paille a été enlevée. Chaise dépaillée.

t DÉPAILLER (dé-pâ-llé, U mouillées, et non dé-p&-yé), V. a. Dégarnir de paille. Les chats, avec leurs ongles, dépaillent les chaises. || Se dépailler, V. réfl. Perdre sa paille. Cette chaise se dépaille.

~ ÉTYM. Dé.... préfixe, et pailU.

t DÉPAISSANCE (dé-pê-san-s') , s. f. Action de paître, de faire paître; lieu où les bestiaux vont paître; droit de faire paître les bestiaux.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et paitre.

fDÉPALER (dé-pa-lé), f. fi. l'erme de marine.

Un navire dépale, quand le vent ou le courant l'entraînent hors de sa position.

t DÉPALISSAGE (dé-pa-li-sa-j') , ». m. Action de dépalisser.

t DÉPALISSER (dé-pa-li-sé), v. a. Terme d'horticulture. Détacher les rameaux et les branches d'un arbre qui étaient palissés.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et palùter.

t DÉPÂMER (SE) (dé-pa-mé), v.réfl. Revenir de pâmoison.

— HIST. XVI' s. X peine avois-je dit, quand Thoinet se depame. Et à soy revenu alloit après sa dame,

— ÉTYM. Di.... préfixe, etpdmer.

t DÉPANNEAUTEK (dé-pa-nô-té) , e. o. Terme de jardinage, ôter les panneaux de dessus les couches, melons, etc.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et panneau.

DÉPAQUETÉ, ÉE (dé-pake-té, lée), part, passé.

Des livres dépaquetés.

DÉPAQUETER (<lé-pa-ke-lé. Le t se double, quand la syllabe qui suit est muette : je dépaquette; je dépaquetterai; l'Académie no conjugue pas ce verbe; on pourrait aussi mettre un seul t et l'accent grave : je dépaqueté),», a. Défaire un paquet, tirerce qui est empaqueté. || Terme de marine. Dépaqueter une voile.

— ÉTYM. Dé.... prifixe, et paquet.

t DÉPARAGEMENT ( dé-pa-ra-je-man ), ». m. Terme d'ancienne jurisprudence. Mariage inégal.

— ÉTYM. Déparuger.

t DÉPARAGER (ilé-pa-ra-jé. Le g prend un e devant oeto: déparageant), i>. a. Ancien terme de coutume. Marier une tille à une personne de condition inégale.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et parage.

DÉPARE, ÉE (dé-pa-ré, rée), pari, patti. Dont

on a filé les ornements. Un autel déparé. || Qui ofTre

DEP

moins d'agrément. Un visage déparé par un nez trop long.

t DÉPAREIL, EILLE (dé-pa-rèll, rè-ll'), ad}. Qui n'est pas pareil. || Vieux mot bon à reprendre.

— HIST. xili' s. Et cil qui font les mariages, Si ont trop mervcilleus usages Et coustume si despareille. Quille rient à trop grant merveille, la Rot', 8703. Il xiv'g.LesuppliantrompylepetitcofTre,oâ il trouva un espcron à despareil, do canoë, ditparilitat.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et poreil.

DÉPAREILLÉ, ÉE (dé - pa- rè-ll é, liée, U mcuil-

lées), pari, passé. Des gants dépareillés, un manchon tout pelé, RÉGNIER, Sat. xi. Deux pantoufles dépareillées. Dont l'une fut au grand Hector, scar- BON, Virg. trav. v. Que d'ouvrages restèrent dépareillés chez la Tribu! i. j. rouss. Con(. i.

DÉPAREILLER (dé-pa-rè-Ué, U mouillées, et non dé-pa-rè-yé), v. a. Séparer une chose d'une autre avec laquelle elle était appareillée, et par suite ne point la remplacer ou la remplacer par une autre qui n'y est pas pareille. On dépareille un ouvrage quand on en perd un tome, ou quand on remplace te tome perdu par un qui n'est pas de la même édition, de la même reliure, etc. J'ai perdu ou dépareillé des multitudes de livres, par l'habitude que j'avais d'en porter partout avec moi, j. i. Houss. Confess. n. || Se dépareiller, v. réft. Être dépareillé. Je ne sais comment cet ouvrage s'est dépareillé. .

— HIST. XV' s. Combien que les deux parties fussent despareillées [inégales], ce bon chevalier vainquit et rebouta ces quatre ribauds, Louiszi, Nouv. xcvm.

— ÊTYM. Dépareil; provenç. detparelhar ; espagn. desparejar.

DÉPARER (dé-pa-ré), v. a. || !• ôter ce qui ptro. Il Déparer une église, en ôter ce qui la pare. U faut déparer l'église pour la tendre en deuil. || 2" Déparer la marchandise, choisir le dessus d'un panier de fruits , prendre ce qu'il y a de plus beau. || 3" Rendre moins agréable, changer en mal l'aspect, la physionomie, etc. Plus de place; on se fourrait où on pouvait : cela dépara toute la fête, st-sim. 6) , 109. Déparer par le laticlave la robe modeste du philosophe, DiDER. Est. ». Claude. || Kig. ôter la beauté intellectuelle, morale, etc. Ce trait ne déparerait pas la vie d'un grand homme. Hé bien I ce neveu-là est bon à montrer, il ne dépare pas la famille, uarivAtix, Fausse» conf. i, 4. || i' Se déparer, ». ré/I. Être déparé.

— HIST. XII' s. Mêlez jus vostre cruiz, faites vus desparer , Et faites vostre cruiz devant vus là porter. Th. le mart. 38.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et porer ; provenç. desparar , démanteler , dépouiller; itaL disparare, même sens.

t DÉPARESSER (dé-pa-rè-sé) , v. a. Chasser la paresse.

— HIST. ivi's Nature ingeaieuse. Voyant les

coeurs humains d'une paresse oiseuse S'engourdir lentement, pour les deparesser S'en vint au mont Pholois à Chiron s'adresser, rons. 938.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, etporejse.

DÉPARIÉ, ÉE (dé-pa-ri-é, ée), part, passé. De*

pigeons dépariés.

DÉPARIER (dé-pa-ri-é), je dépariais, nous dépariions, vous dépariiez; que je déparie, que nous dépariions, que vous dépariiez, v. a. || 1* ôler l'une des deux choses qui forment une paire. Déparier des gants, des souliers. || 2° Séparer un couple d'animaux. Il 3° Se déparier, c. réfl. Cesser d'Être par couple. Ces pigeons se sont dépariés.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et pâtre; provenç. ietpariar ; ital. dispaiare.

DÉPARLER (dé-par-lé), v.n. Discontinuer de parler. U ne s'emploie qu'avec la négation. Ahl que je hais les gens qui sur les moindres cas Commencent de parler pour ne déparler pasi hauterochb, Crispin music. l, 7. Ils ne déparlent pas, si j'ose ainsi parler, jusqu'à ce qu'ils aient épuisé la matière, scARRON, Rom. corn, u, ch. (7. Il aurait bien été sans déparler un mois que j'aurais peu parlé,

ID. ÉpUre chagrine à M. Delbene Ma joie est

extrême D'y voir certaines gens, tout fiers de leur maintien. Qui ne déparlent pas et qui ne disent rien, REGNARD, Démocr-ii, 5. Il ne déparle point, quand il devrait cent fois lui répéter les mêmes choses. BARON, l'Homme à bonnes fortunes, lU, (.Jusqu'au soir nous ne dépariâmes pas un moment, j. J. rouss. Conf. III. Point ne manquait du don de la parole L'oiseau disert; hormis dans les repas. Tel qu'une nonne, il ne déparlait pas, oresset, Ver-iert, ch. n. Il On pourrait dire aussi avec l'interrogatioii ; Quand déparlerez-vousT

DÉP

DIÎP

DÉP

— HIST. xiT' S. Et dist li rois : tôt ce laissiês ester; Li dons est faiz; ne m'en puis desparier [dédire], haoul de C. 12. |1 xv* s. Iceluy seigneur de l'isie Adam fut moult deparlé ethlasmé, pour ce qu'ainsi négligemment par faute de guet, il avoit laissé perdre la dicte ville de Ponthoise, monstbelet, t. i,

f* 279, dans LACUKNE.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et parler; desparler ou déparoler signifiait dans l'ancien français médire, blâmer, se dMire.

t nÉPAROrEMïNT (dé-par-ke-man), «. m. Action (le (léparquer.

— HIST. XV* s. Lesquels Flamens, quant ils ouyrent nouvelles de la venue du Roy, s'enfuyrent et desparquerent; et, au dit desparquement [décampement} faire, frappèrent nos gens sur les dessusdits Flamens, Jean de troyes, Chroniqtie, ^i^^.

— ÉTYM. Di'pnrquer.

+ DÉPARQUKR (dé-par-ké), «. o. Terme rural. Fîyre sortir les moutons d'un parc. || Terme de vénerie. Pousser la bête hors d'un parc. || Terme de pêche. Déparquer des huîtres, les tirer du parc où on les engraisse, pour les vendre.

— HIST. XVI' s. Il le mena chasser en un bois prochain de son chasteau, où tous deux ils coururent un cerf desparqué, yver, p. 685. Voyant le desarroy, je deparquay [je m'en allai] du lieu, babel. dans LACURNE.

— ETYM. Di.... préfixe, et parc.

DÉPART (dé-par ; le « ne se lie pas : un dé-par inattendu ; au pluriel, des dé-par inattendus; quelques-uns lient l's; des dé-par-z inattendus), s. m. Il 1° Action de partager, séparer, trier. Il y a dans les contes de fée une princesse malheureuse à qui on commande dans un grand tas de blé et d'avoine de faire le départ de ces grains. {| Terme de chimie. Opération par laquelle on sépare certains métaux et, en particulier, l'or et l'argent, d'autres substances métalliques, par l'emploi de certains acides. |l Eau de départ, ancien nom de l'eau régale. 112» Fig. Action de séparer, de distinguer. Faire le départ entre les diverses attributions. || 3° Action de partir. Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ, coHN. Cid, III, 4. Demain elle entendra ce peuple furieux Me venir demander son départ à ses yeux, RAC. Berén. m, 4. Quoi! ce départ n'est donc qu'un cruel siratagèrae? ID. ib. v, 6. Gardez que ce départ ne leur soit révélé, m. Iphig. iv, <o. || Étie sur sou départ, être sur le point de partir. Quoiqu'il fût sur son départ, h.imilt. Gramm. 9.

— HIST. xvi* s. Quelques pantagruelistes modernes, evitans le labeur des mains que seroyt à faire tel départ [triage], usent de certains instrumens, RAB. Pant. 111, 49. Quant je pense es prodiges lesquels veismes apertement cinq ou six jours avant son départ, m. ib. iv,a7. Mort pourra bien du corps faire départ; Mais nul malheur n'aura jamais puissance De mettre un cœur des deux autres à part, Les Margturites de la Marguerite, ^ 368, dans la- CURNE. Chascun eut son départ et quartier, Méin. de Ch. IX, t. I, f 333, dans lacuune.

— ETYM. Voy. DÉPARTia. Départ signifie proprement partage; et de là vient sans peine le sens de s'éloigner d'un lieu. Pour départ dans le sens d'action de partir, l'ancien français disait départie.

DÉPARTAGÉ, ÉE (dé-par-ta-jé, jée), part. poss^. Des experts départagés par un tiers.

DÉPARTAGKU (dé-par-ta-jé. Le g prend un e devant o ou o: nous départageons, je départageais), V. a. Terme de jurisprudence. Faire cesser le partage ou l'égalité des voix, des suffrages, par un suffrage nouveau qui établit une majorité.' Le duc de Coislin me dit qu'il sera plaisant de voir la grand' chambre s'aller faire déiiartager à une chambre des enquêtes, st-sim. 264, 31. 1| Se départager, v. réjl. Être départagé. Une assemblée se départage quand la voix du président compte double.

— ETYM. Dé.... préfixe, et partager.

DÉPARTEMENT (dé-par- te-man), s. m. 111° Action lie départir, de partager : ce sens a vieilli. Aussitôt que les nouveaux consuls furent en exercice, la première affaire qu'ib mirent sur le tapis fut le département des provinces, malh. Le xxxm' livre de Tile Live, ch. 25. Cela fait, les préteurs firent leurs départements au sort, m. ib. ch. 26. || Anciennement, terme de finances. Distribution, assignation qu'on faisait des tailles et a\itres impositions sur les élections et les paroisses. || Étendue de pays sur laquelle on avait quelque pouvoir, conformément à la charge ou à la commission qu'on exerçait. Parmi les génies qui président aux empires du monde, Ituriel tient un des premiers rangs, et il a le département de là haute Asie, volt. Babottc. || Terme

en usage parmi les prêtres de l'Oratoire pourdésigner la province dont un visiteur devait faire la visite. Le père N. fera cette année le premier département. Il Assignation de logement qu'on faisait à des troupes. Ce régiment a obtenu cette année un bon département pour passer son quartier d'hiver. || 2° Aujourd'hui, partie de l'administration des affaires d'État dont la connaissance est attribuée à un ministre. Le département de la justice, des cultes. M. le duc abandonna tout le département de l'Église à l'évêque de Fréjus, volt. Louis XK, 3. || Fig. Je ne prends point, madame, tant de liberté avec M. le duc qu'avec vous; mais c'est que j'imagine que vous avez un peu plus de temps que lui, quoique vous n'en ayez guère, et que votre département de faire du bien vous occupe beaucoup, VOLT. Lett. Mme de Choiseul, 2 sept. <770. Il Familièrement. Cela est ou n'est pas de son département, dans son département, cela ne le regarde pas, n'est pas de sa compétence. || 3° Chacune des quatre-vingt-six, et, actuellement, depuis la réunion de la Savoie et du comté de Nice, des quatre-vingt-neuf grandes divisions administratives du territoire français. Les départements furent substitués aux provinces en 1790. Chaque départemont est administré par un préfet. || La province, par opposition à Paris. Le bruit en a couru dans Paris et dans les départements. Il faut être un peu de son département pour croire qu'il s'agit du roi, lorsqu'on crie : Vengez le roi, p. L. coun. i, 24. Il 4° Terme d'architecture. La première partie du devis, qui consiste dans l'ordonnance des parties dont un édifice doit être composé. || 8° Département s'est dit autrefois pour appartement, logis. Le plus haut étage est le département ordinaire des domestiques. Ils demeuraient autour du temple du Seigneur chacun dans leur département, afin que, quand l'heure étaitvenue, ils en ouvrissent eux-mêmes les portes dès le matin, sacy. Bible, Paralip. i,

— niST. XIII' s. Deparlemenz est diz de la diversité à cens qui sont assemblez par mariage, ou por ce que cil qui despiecent leur mariage s'eu vont en diverses parties. Digeste, (' 272. Car les bons sans département Aront joieuse vision. Et les maulvais confusion Qui durra pardurablement, j. de meuno, Tr. 69. Il xiv s. Département [limite] de deux terres ou de deux pais, du cange, bifinium. || xV s. Et après le département du roi de Franco et de son ost du Mont de Sangaltes, froiss. i, i, 320. Et girent à l'ancre cette première marée devant les digues de Hollande sur le département de la terre, ID. i, I, 48. Par vous soit doncques honnourée, Et servie soingneusement;Tant comme vous aurez durée Sans point faire département, CH. d'or. Bal. 34. Il XVI' s* J'ay esté conseillé de donnera chacun des quatre mareschaux de France ung département de toutes les provinces.... leur départant la France en quatre.... carl. x, 4. De manière qu'ilz l'eussent à dextre vers le levant, qui on département leur estoyt àsenestre, hab. l'ant. rv, 4. Quand Florinde se trouva seule après le département de son serviteur, MARG. Nouv. 4 0. X peine est il nulle couimunauté si chestive, qui n'aye en soy des hommes assez pour fournir commodément à. chascun de ses offices, pourveu que le despartement et le triage s'en peust justement faire, mont. Lettres, 4.

— ÉTYM. Voy. DÉPARTIR ; Berry , département , action de départir: provenç. deparlimetit, département; anc. espagn. despartimiento ; ital. dtj).-jrtinien(o. Outre le sens de partage, circonscription, département, dansFanoien français, aaussi le sens de action de partir.

DÉP.ARTEMENTAL, ALE (dé-par-te-man-tal, ta- 1'), adj. Qui a rapport au départemeut, division administrative du territoire. Dépenses départementales. Les budgets départementaux. La presse départementale, les journaux qui sont rédigés dans les départements.

— ETYM. Département.

t DÉPARTEMENTALEMENT (dé-par-te-man-tale-man), adv. Par rapport au département.

t DÉPARTEUR (dé-par-teur), s. m. Ouvrier qui fait le départ de l'or et de l'argent.

— HIST. XIII' s. Dame, c'est un tains [teint, teinture] de folie Qui par le pais est espars; Li departerre en fist granz pars , Lai du conseil. \\ xvi' s. Les affineurs et departeurs d'or et d'argent ne fondront et n'affineront aucune matière d'argent audessous de 40 deniers de loy, Édit, 44 juin 4549.

— ETYM. Voy. DÉPARTIR. DeparlCi:\ ^l..us l'ancien français est le nominatif dont deporleor serait le régime, tirés l'un et l'autre, suivant l'accent, d'un bas-latia departUor, departitàrem.

DÉPARTI, lE (dé-par-ti, tie), part, passé de départir. Distribué, partagé. Sesbiens aux pauvres départis, LA FONT. Oies. Ce second empire [des esprits sur les esprits] me paraît d'autant plus équitable qu'il ne peut être départi et conservé que par le mérite, pasc. dans cousin. || Autrefois, les commissaires départis, les intendants des provinces. 11 m'appelle commissaire départi par le roi auprès des fermiers généraux, pendant que je suis opprimé départi par ces messieurs, volt. Lett. Mme du Deffant, 26 nov. 4775.

DÉPARTIE (dé-par-tie) , s. {. Départ, action de partir. Que l'extrême regrot ne m'ait point empêché De me laisser résoudre à cette départie.... malh. V, 46. Cruelle départie. Malheureux jourl Que ne suis-je sans vie Ou sans amour, dans la chanson Charmante Gabrielle, attribuée à Henri IV. || Terme vieilli.

— HIST. XI' Moût ainz le vespre gref [grief] erl [sera] la départie, Ch. de Roi. cxxix. S'onques nuls homs por dure départie Ot cuer dolent, je l'aurai par raison, Couci, xxiv. Ahi 1 amours, com dure départie Me conviendra faire de la meilleur Qui onquesfustaimée ne servie, QUESNES, Romancero, p. 93. Il xni* s. Biaus très dous fins, cornent pora li miens cuers endurer la départie de moi et de vous? Chron. de liains, 4 98. Li evesques del Pui de bien faire lor prie, La porte lor ouvri el non sainte Marie, De l'ai ve beneoite lor fait grant départie [distribution], Ch. d'Ant. VIII, 4 93. Geste départie [partage] ne se pot fere sans l'acort des deus parties, beaum. xviu, 24. Il XV' s. Assez tost après sa revenue en France, et la départie des osts dessus dits, fhoiss. i, i, 212.

^ ETYM. Crfporli," provenç. dcpordda, deparlia..

DÉPARTIR (dé-par-tir), je dépars, tu dépars, il départ, nous départons, vous départez, ils départent; je départais; je départis; je départirai; je départirais; dépars, qu'il départe, départons, départez, qu'ils départent; que je départe, que nous départions; que je départisse; départant, départi, I). a.]!!" Distribuer, partager. Entre autres denrées, ce marchand trafiquait d'esclaves; si bien qu'allant à Éphèse pour se défaire de ceux qu'il avait, ce que chacun d'eux devait porter pour la commodité du voyage fut départi selon leur emploi et selon leurs forces, la font. Vie d'Ésope. il Terme de pratique. Partager des procès entre les juges et leur distribuer les pièces qui en dépendent. Il Terme de chasse. Départir la quête, assigner à chaque veneur le canton de sa quête. || 2° Accorder. ....Bien qu'elle ne m'ait sa faveur départie, Régnier, Sot. II. Tout ce que la faveur départ aux favoris, id. ib. XIV. C'est toi qui règles les états. C'est toi qui dépars les couronnes, corn. Tois. v, 7. Sa main seule départ ses libéralités, m. Othon, n, 4. Auteur de la victoire. Ainsi qu'il vous plaira départez-en la gloire, ID. Médée, iv, 3. 11 est vrai que du ciel la prudence infinie Départ à chaque peuple un difl'érent génie, id. Cinna, n, 4. Auteur de ma naissance aussi bien que du jour, Qu'à regret tu dépars à ce fatal séjour, id. Médée, i, 4. Du Dieu qui t'a commis dépars-moi les bontés, rotrou. Si Gen.iv, 5. La prudence est un don de Dieu qui départ ses grAces à qui il lui plaît, eourdal. Pensées, t. ii, p. 477 II [St Paul] ne visite les frères répandus dans la Macédoine et dans l'iUyrie que pour leur départir les richesses d'une grâce spirituelle, mass. Confér. Cond. des clers d. le monde. Le ciel nous a-t-il départi quelques-uns de ces talents rares parmi le commun des hommes.... id. Panég. St Thomas. \\ 3" Se départir, v. réfl. Se désister. Tu ne t'es pas départi d'y prétendre? mol. l'Av. iv, 6. U ne s'est point départi des droits qu'il avait sur son ouvrage, mass. Car. Foc. 11 est à croire qu'il ne s'est pas départi de ses sûretés sans raison, patru, Plaidoyer 4ii, dans bichelet. Il S'écarter. Ce n'est pas une règle dont on ne puisse se départir, id. ib. 8, ib. Ne vous départez point d'une si noble audace, corn. Nicom. 1,3. Un reste de scrupule Dont mon cœur soupçonneux ne peut se départir, id. Théodore, il, 4. Prenez, Dieux, contre Christ, prenez votre parti Dont ce rebelle cœur s'est presque départi, botrou, St Cen. II, 4. Us déclarèrent en 4 548 que c'était sans sed'putir de leur première confession, qui, encore qu'eue leur eût fait rejeter celle d'Augsbourg, à c« coup s'y trouva conforme, boss. Var. xv, § (25. Loi dont il n'y a pas un seul exemple que les Komains se soient départis, ID. Hist. m, 6. Les États où la multitude gouverne.... se départent aussi facilement des lois que du culte de leurs pères, mass. Pe'.. car. jÉcueiis. || Être réparti, accordé, octroyé. Les biens et les honneurs gui se départent souvent au hasard.

DliP

— HIST. XI* S. E le surplus les orphenins e les parens départent entre els, l.où de Guill. 9. Cop en •uras, ainz que nous dopartons, Ch. de Ilol. cxl. L'ame du cor» me soit hui départie [partie], «6. ccvii. Duel [deuil] i aura ainçois qu'ele [la bataille] départe [se sépare] , ib. ccLiv.

— xu« s. Alixandres apela ses nobles barons, qui estoient od lui norri dès enfance, e si lor départi son reaume, ifachabéet, i, i. Las! quel amors à duel [deuil] est départie [séparée], Roncisv. p. («3. Si ceste amors se departist ainsi, ib. p. (70. Carde ma joie [j'] estoie départis, Cauci, v. Ne regarder [je] n'os [ose] son simple visage. Tant [j*] en redout mes ieuz à départir, ib. xix. Quant il m'esteut départir de m'amie, t6. xxii. Il départi ses oz [son armée] et renvoia sa gent, .S'a*, xii. X itant des messages [messagers], [il] se desevre ei départ, ib. xxix. Au départir de li [elle] [il] l'a doucement baisie, «6. vu. Se tut le mund aveies as povres départi, La cruiz eOsses prise e Jesu-Crist sewi [suivi]. Th. Ce mari. 7*. Mult m'esmerveil pur quel li reis si le haï. Se pur ço nun qu'il ot Sun servise guerpi, E sun conseil del tout out de lui départi, ib. 37. Ses darz ad trait, e departid ad les bons des mais, Hois, 207. Puis, vesqui tant qu'il ot le poil flori; Et quant Dieu plot, del siècle départi, Raoul de C. *.

— xiu's. Mais ele [la reine Blanche] en done [de son bien] et départ à foison, hues de la febté, Romancero, p. <83. La maladie li enforsa si durement qu'il feist sa devise [son testament] et départi ce qu'il devoit porter outre mer à ses homes, villkh. XXII. Tous li gaains seroit aportés ensemble, et departis communément si comme il devroit, m. ci. Li preudome de l'ost, qui ne voloient mie le mal, vindrent à la meslée tout armé, et les coramencierenl à départir [séparer], ID. xlix. Lor? furent li ostel departi à chascun endroit soi, tel come il aferoit, ID. XLIX. Et sachiés que mainte larme i ot plourée au départir de lor pays, et de lor gent et de lor amis, ID. XXX. Mainte ame en fut de cors sevrée et départie, Berte, n. Au départir chascune à pleurer se rassaie, ib. VIII. Cest grant signuur que je vous ai nommé departoient France entre aus [eux] , Chron. de Rains, <46. Qui en mains leus son cuer départ, Par tout en a petite part, la Rose, »265. À li se tint de l'autre part Li diex d'amors, cil qui départ Amorettes à sa devise, ib. 870. Fai départir la nuit obscure. Et son anui qui trop me dure, ib. 25) B. C'est le gieu de boute-en-corroie Que Fortune set si partir Que mis, devant au départir. Ne puet avoir science aperte S'il i prendra gaaing ou perte, ib. 6884, 11 avient aucune fois qu'on fet son testament, selonc son estât, au départir de son pats, beaum. xii, 44. Quant il ont esté ensanble tant qu'il ont eu enfans, et sainte Eglise le set, ele départ [rompt] le mariage, ID. xviu, 7. Sire de Waleri, dist le roy, nous avons acordé que le légat vous baillera les six mille livres, à départir là où vous cuiderés que il soit miex, JOiNv. 2)«.

— XIV' s. Or disons de ce dont nous estions departiz, ORKSME, Eth. v, ». Adonques le cuer ou le pouvoir leur fault, et se départent ou délaissent à ouvrer, id. ib. 82. Et pourcêceui qui par contrainte ne par paour ne se départent de lour bon jugement et ne laissent lour bon propos, il sont à loer et les autres à vitupérer, id. ib. 49.

— XV» s. Par ainsi se detit cette grosse chevauchée, et départit le roi anglois ses gens, et leur ionna congé de raller en leurs hostets, froiss. i, 1, t94. Si ordonna à départir et déloger, id. i, i, 319. Ces deux icy n'avoient jamais eu difVerant ne riens à départir, cohk. ii, 8. Si départis [dispersés] qu'à grand peine sçait on qu'ils soient devenus, lo. Tii, H. Et se voiront une fois ou deux seulement sur le bort de la rivière qui départ les deux royaulmes, id. II, 8. Les biens et les honneurs ne sf^ départent point à l'appétit de ceulx qui les demandent, ID. Prol. Que toutes ses grâces leur procedoient de Dieu qui les départ là où il lui plaist, id. i, 2, Son intention [k Louis XI] cstoit de traicter de paix et de départir la compaignie [l'armée de la guerre du bien public], ID. i, ». Hz commencèrent à avoir division ensemble quant ce fut à départir le butin, id j <6.

— xvi* s. Là estoyent les belles grande." / orair^es en grec, hebrieu, etc. departyes par loa iiivers estaigea selon yceulx languaiges, rab. i, 63. Departz d'icy présentement, et demain soye relire en tes terres, id. i, 3<. Par Dieu ilz se feront mal, qui ne les départira [séparera], id. Pant. u, 29. La lune restera sanglante et ténébreuse: à quel propous luy ' departiroyt le soleil sa lumiereT il n'y estoyt en rien tenu,iD. ib. III, 3. Il nous faut ensuivre l'exemple de ceux qui «e dapartent d'uo lieu k l'autre, pour y ba-

biter à perpétuité, calv. Initit. «62. Si le seigneur doit départir à ses esleus de sa gloire, vertu et justice, id. t6. 806. Je ne me départirai pas de la forte opinion que j'ai, que.... mabo. Nouv. x. L'armée, je double, ne se départira sans guerre, id. Utt. 8. Vous me ferez plaisir de me faire souventsavoir de vos nouvelles; je feray revanche de vous desparlir de celles d'icy, id. ib. 9. Il me semble que vous avez tant participé en mon ennuy que je vous ferois tort sy je ne vous departois de ma consolation, id. «6. t4e. Il ne se debvoit despartir de l'asseurance qu'il avoit de la volonté de Gracchus, mont. i. 2)3. Chascun se donne si entier à son amy, qu'il ne luy reste rien à despartir ailleurs, id. i, 2)A. Les amitiez communes, on les peult despartir [partager entre plusieurs], id. i, 2)6. Toute la philosophie est despartie en ces trois genres, id. u, 229. Je suis d'advis qu'elles dévoient toutes trois départir [partager] les deux cents escus, DESPER. Contes, v. La dame, leur départissant également la faute, dit en riant, ïver, p. 698. Quant à toy, tu feras bien toutes choses, pourveu que tu ne te départes point d'avec toy mesme, amyot, Prif. XXII, 60. Hz abandonnèrent leurs villes en proye à Komulus, et leurs terres à départir à qui il voudroit, iD. Rom. 26. Lycurgus feit de nouveau denartir les terres, m. Lyc )2.

— ÊTYM. Pé.... préfixe, et partir, dans le sens de partager (voy. partir); provenç. depnrttV; espagn. desparlir; ital. spartire.

DÉPASSÉ, ÉE (dé-pà-sé, sée), pari, passé. Au delà duquel on est allé. But dépassé || Devancé. Le premier coureur finalement dép.issé par celui qui venait après. Il Retiré d'une coulisse. Un cordon dépassé.

DÉPASSEMENT (dé-pà-se-man ), s. m. Action d'excéder. Des dépassements de crédit.

DÉPASSER (dé-pâ-sé), v. a. || 1" Aller plus loin, aller au delà. Nos pilotes ont élé bien étonnés de voir terre, ils croyaient avoir dépassé l'Ile de Cocos, CHOISI, dans richelet. L'empereur s'était arrêté à Lyadi , à quatre lieues du champ de bataille ; la nuit venue, il apprend que Mortier, qu'il croit derrière lui, l'a dépassé, ségur, Ilist. de Nap. x, 6. || Fig. ô mon Dieu! les désirs de l'homme dépassent toujours les dons que vous lui faites, stael, Delph. part, v, fragment 3. {{ %' Laisser en arrière, en allant plus vite. U nous a dépassés à moitié route. Il Fig. En politique, pousser plus loin une opinion déjà relativement extrême. On est bien vite dépassé en révolution. 113" Être plus grand, plus haut, plus long. U le dépasse de toute la tête. || Être jilus saillant. Cette maison dépasse les autres. Ce soldat dépasse la ligne. || 4° Dans un sens tout différent, retirer un ruban, un cordon passé dans une boutonnière, dans une coulisse. || Terme de marine. Dépasser un câble, en faire sortir le bout par sou écubier. Dépasser un mât de hune, de perroquet, le faire descendre assez pour que la tête en sorte du chouquet et des barres. || 6° Se dépasser, v. réft. Aller plus loin l'un que l'autre. Ils s'efforçaient de se dépasser.

— HIST. XV" s. Bel oncle, vous avez failli à votre entente; un autre vous despasse de la femme que vous vouliez avoir, froiss. u, m, t30. Exille getla un coup merveilleux après ung dépasser qu'il fist pour en rompre ung autre, Perceforest, t. v, f" 8, dans lacurne.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, etp<w.îer; provenç. despassar. Dans dé-passer, aller au delà, le préfixe dé.... est augmentatif; dans dé-passer un ruban, il exprime l'action inverse à celle de passer.

t DÉPASSIONNER (dé-pa-sio-né) , v. a. Effacer les traces d'une passion. Dépassionner une discussion. Il Se dépassionner, v. réft. Se délivrer de sa passion.

— HIST. xvi" s. [Cela] le fait, de chaude fureur, courir de çà, de là, d'un costé et d'autre, despilant, menaçant, provoquant, battant les hayes ei buissons à grandz coups d'espée ruez en vain par ire dépassionnée [poussée par la passion] , Aleclor, roman, t" 04, dans lacurne.

— ETYM. Dé.... préfixe, etpassior^.

tDÉPÂTISSER (dé-pft-tisé), v. a. Terme d'imprimerie. Distribuer les caractères d'imprimerie mêlés, mis en ptite.

— ETYM. Dé.... préfixe, et pdte.

t DÉPAVAGE (dé-pa-va-j'), >. m. Action dedépaver.

— ETYM. Dépaver.

DÉPAVÉ, ÉE (dé-pa-vé, vée), part, patti. Les 'lies dpp« *►.«...

DÉPAVKH (ite-pa-vé), t>. a. Oter le pavé. On dépave les boulevards. || Se dépaver, r. réft. Être dépavé. Bientôt les rues se dépavent, des barricades s'élèveat.

DÉP

— HIST. XVI* S. On eust donné commission aux femmes de dépaver les rues, par*, t. m, p. 706.

— ÉTYM. D^.... préfixe, et potier.

DÉPAYSÉ, ÉE (dé-pé-i-zé, zée), part, passé.

Il 1" Mis hors de son pays. Le Français une fois dépaysé. Il Substantivement. Elle faisait donc son possible, Que ces pauvres dépaysés. Pour U plupart dévalisés.... scabron, Virg. trav. 1. 1| 8" Fig. J'étais tellement ilé[iaysée par Marseille, sEv. 628. || Se trouver dépaysé dans une société , y rencontrer lin grand nombre de visages inconnus, nouveaux. Il 3° Traduit. Hippocrate dépaysé, Paris t6Bt.

t DÉPAYSE.MENT(dé-pè-i-ze-mau), t. m. Action de dépayser. || Changement d'habitudes, d'occupations, d'idées.

— ÊTYM. Dépayser.

DÉPAYSER (dé-pè-i-zé), «. a. || !• Faire changer de pays, de lieu. || Par extension, c'est dépayser un homme mal à propos, que de vouloir, après sa mort et sans sa participation, tourner un nom qui doit lui élre propre en un nom tout différent et qui lui sera toujours étranger. Auteurs déguités,i>. 338. Il Fig. Ils essayent de civiliser la doctrine en la dépaysant du collège, BALZ. liv. vii, lett. 49. || J» Faire qu'une personne ne puisse retrouver son chemin. Les sinuosités de la route le dépaysèrent tellement qu'il ne savait plus où il était. || Fig. Faire prendre le change, détourner de la voie. Il ne manqua pas de se munir de circonspection et d'éganls pour dépayser le public, mais le public n'est pas si sot qu'on pense, hahilt. Gramm. to. || Il se dit aussi de choses auxquelles on donne une apparence qui les masque. Voilà donc ce cher paquet, le voilà; vous avez très-bien fait de le déguiser et do le dépayser un peu, sÉv. 39). Nous étions convenus d'un secret entier qui nous faisait cacher nos conversations et les dépayser, ST-sm. 16, (72. U n'y aurait qu'à faire mettre dans les gazettes que V. M. va à Spa pour dépayser les nouvellistes, volt. Roi dt Prusse, )4. ||3" Mettre une personne sur un sujet nouveau pour elle, sur des matières auxquelles elle n'est point préparée. || 4" Se dépayser, v. rif/l. Quitter son pays. Que mon cœur fut navré I je ne vis plus pour elle d'autre ressource que de se dépayser, J. i. ROuss. Conf. VIII.

— HIST. XIII" s. Chi [ici] paroUe de chiaus [ceux] ki sunt despaïsié, pierre de fontaine, ch. n, dans DU CANGE, dispatriare. Or sachiés ke cil ki sunt despaïsié [bannis], ki sunt restabli, il sunt restabh en quatre coses: la première.... id. ib. || ivi's. On connoist toujours de quelle nation est un homme, ou par le langage, ou par sa façon de vivre ordinaire, ou par l'habillement, ou bien par quelque trait naturel de son ramaige qui lui escliappe quand il s'oublie, pour quelque dépaysé qu'il soit, carloix, u, i,

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et pays; picard, dépaysé. t DÉPEÇAGE (dé-pe-sa-j'J, s. m. Action de dépecer. Le dépeçage des vieux bateaux.

— ÊTYM. Dépecer.

DÉPECÉ, ÉE (dé-pe-sé, sée), part, passé. Mis en morceaux. Une volaille dépecée. || Tuile dépecée, tuile échancrée.

DÉPÈCEMENT (dé-pè-se-man) , t. m. Action par laquelle on dépèce, on met en pièces. || Fig. Déjà même, avant l'entrevue d'Erfurt, quand Sébas ani était revenu de Constantinople, quoique Napoléon parût tenir encore à ce dépècement de la Turquie d'Europe.... seot'R, Hist. de Nap. i, 3.

— ÊTYM. Dépecer.

DÉPECER (dé-pe-sé. La syllabe pe se change en pè, quand la syllabe qui suit est muette : je dépèce, je dépècerai; le c prend une cédille devante ou o: nous dépeçons, je dépeçai), v. a. || 1* Mettre en pièces, couper en morceaux. Dépecer un vieux bateau. Eux venus, le lion par ses ongles compta, El dit : nous sommes quatre à partager la proie; Puis en autant de parts le ceK il dépeça, la font. Fabl. I, 6. Ces vils m.igistrats, dont Juvénal, non moins satirique mais plus plaisant et plus gaiqu'àson ordinaire, rassemble les successeursautourd'un énormr turbot, délibérant gravement sur les moyens dr l'apprêtersans le dépecer, diokrot. Règne de Claud< et Néron, i. 28. Ses figures sont placées sur troi.'; lignes parallèles, en sorte qu'on pourrait dépecer son tableau en trois mauvais tableaux, id. Salon de 4767, Œuvres, t. xiv, p. 309, dans pouoens. || Pai extension. Des peuples barbares ravagèrent ce t>ays. le dépecèrent, montesq. Lett. pers. )3«. || Fig. Le; Grecs et les Chinois ont été des fripons et des igno rants qui ont dépecé chacun ce grand système, Diderot, Musique des anc. \\ 2" Terme de métier. Ouvrir les peaux à faire des gants en les étirant dans tous le» Mut. U 3* ^ dépecer, «. réfl. £lre dépecé.

DÉP

DÉP

Ce poulet se dépèce facilement. || Fig. M. du Maine se dépeça en excuses de la peine que l'on prenait fde le visiter], st-sim. 296, 54.

— HIST. XI» s. Entre mes poings [il] me depeçout ma hanste, Ch. de Roi. lxv. || xii' s. Les murs abattre et depetier, Ronc. p. bo. Et son bliaut [il] lui prist à despecer, ib. p. 97. Sore [il] lui court pour son corps dépecer, ib. p. 189. Tu ies pieres, et sur cesle piere ferai M'iglise, e ma meisun i édifierai, E les portes d'enfer pur li dépècerai. Th. lemart.T9. Il XIII' s. La partie de ceus dont vous avés oî, qui voloient l'ostdepecier, parlèrent as messages et leur distrent.... vili.eh. xlvii. Sa cêge [un lion] a desrompue et toute depecie, Berte, n. S'il le puent [peuvent] tenir de près. Il li dépèceront la pel, Si li feront rouge chapel, Hen. <65U. Miex vodroie à [avec] coliaus d'acier Pièce à pièce estre despeciés, Que vous en fussiés correiiciés [courroucé], la Kose, 2907. On batel que il urent, tout i fud dépeciez; As roches se ferit, qui fut antis et viez, Rom. de Horn, p. <o. Pour toutes tex [telles] causes poent estre compaignies [sociétés] depecies, beaum. xxi, 4. Des plès qui naissent de mariage depecier, id. xviii, <7. Il XIV* s. Et qui lui depecheroit sa robe tant que l'en veist son braz ou sa poitrine nuement, sa biaulé naturel s'en monstreroit mieulx, oresme, Eth. 2B. Esmerez tient la mâche [masse, massue] dont moult granz copz frapa ; Le bord de la navie tellement despecha. Que petit s'en failli que l'iauwe n'i entra, Baud. de Seb. iv, 657. |{ xv s. Et la bannière du comte fut ruée par terre et toute despecée, froiss. n, II, 6*. Mais ne tint pas le dict voyage: car avant qu'il peust estre mis sus du tout, l'hyver vint si fort que despecer le convint, Bouciq. I, ch. <3. || xvi* s. Seul, ses armes despecées, mont, i, 4. Quand on despeceoit ces faisands, id. i, 393.

— ÉTYW. Dé.... préfixe, et pièce; picard, dépiécfter ;provenc. despessar, despezar, detpechar.

tDEPECElJR(dé-pe-seur), s. m. Dépeceur de bateaux , celui qui met en pièces les vieux bateaux.

— ÉTYM. Dépecer.

DÉPÊCHE (dé-pê-ch'), s. f. \\ 1» Lettre concernant les affaires publiques. Une dépêche du gouvernement. Il a bien des affaires, à cause des dépêches qu'il faut écrire partout, et à cause de la guerre, sév. <23. Le comte de Creutz, qui dans un coin lisait une dépêche, MABMONTEL, Mém. IX. J'avais quelque envie de t'emmener à Londres, courrier de dépêches, beaum. Mar. de Fig. m, 6. || ^u plur. Lettres d'un commerçant , d'un banquier à ses correspondants. Il 2° Dépêche télégraphique, ou, simplement, dépêche, toute communication publique ou privée envoyée par le télégraphe. Recevoir une dépêche. Mander par une dépêche.

— HIST. xvi's. S'elle estoit plus vieille d'un tiers, Je la prendrois plus volontiers. Car la depesche en seroit prompte, marot, m, ^^s. Les dicts ambassadeurs faisants une depesche au roy de ces choses, ■lONT. I, 69. Quelques censeurs de ce temps ont descouvert que nous n'en feuilletasmes pas un, mais que l'après disnée fut passée à jouer au cent et ci la depesche, d'adb. Conf. ii, 6. Le peu de respect que portent à la royne ceux qui font tous les jours des conseils à part, puis lui font passer ce qu'ils ont arresté, font des depesches, puis les lui communiquent, CONUÉ, Mémoires, p. 6B9.

— ÉTYM. Voy. DÉPÊCHER. Dépêche a signifié dans Marot l'action de dépêcher, d'en finir avec, et dans d'Aubigné une sorte de jeu.

DÉPÊCHÉ, ÉE (dé-pê-ché, chée), part, passé. Il !• Fait hâtivement. Ses affaires dépêchées, il sortit. Il Un dîner dépêché, mangé vite. || 2' Expédié, envoyé. Une nouvelle dépêchée par le télégraphe. Un courrier dépêché porte cette nouvelle, tristan, Jf. de Chrispe, iv, 2.

DÉPÊCHE eOMPAGNON (Â) (dé-pê-che-kon-pagnon), ioc. adv. Travailler à dépêche compagnon, travailler vite et négligemment, ne oherclier qu'à finir. Il Se battre à dépêche compagnon, se battre sans quartier.

— ÉTYM. Dans le premier sens c'est : hâte-toi , compagnon; dans le second c'est : à dépêcher, à tuer le compagnon.

DÉPÊCUER (dé-pê-ché), v. a. \\ 1° Faire prompteraent, hâter l'exécution d'une chose. Dépêchez ce que vous avez à faire. 11 dépêcha ses petites affaires. Il Absolument. Se hâter. C'est trop perdre de temps à souffrir ces discours; Dépêche, Octavian, CORN. Héracl.v, 3. Dépêche seulement et cours vers ma rivale Lui porter de ma part cette robe fatale, id. Médée, iv, 2. Dépêchez.... faites tôt, et hâtez nos plaisirs, mol. F. sav. ni, ). || 2° Familièrement, faiie vite quelque chose. Ayant ilépèclié

CICT. DE LA LANGUE FIIANCAiSG.

toutes ces bonnes actions avec ce sang-froid actif qui m'étonnait toujours, volt. Jenni, B. || Manger vite. Il dépêcha le sien [son gâteau] pour me demander le troisième, j. i. houss. Ém. ii. || Dépêcher quelqu'un, expédier vite son affaire. Il n'est pas de ces médecins qui marchandent les maladies; c'est un homme expéditif qui aime à dépêcher ses malades, MOL. Pourc. I, 7. Il Familièrement, se défaire de quelqu'un en le tuant. Pendant qu'il criait au secours , les brigands qui l'avaient arrêté le dépêchèrent. Ils se mirent à assassiner les soldats romains; s'ils en avaient de logés chez eux, ils trouvaient moyen de les dépêcher, malh. Le xxxiii* iwre de T. Lite, ch. 29. C'est que cet enragé sait déjà la façon Dont il faut dépêcher ceux de notre lignage, sCAHnON, Jodelet, iv, a. Oui , j'ai juré sa mort; rien ne peut m'empêcher : Où je le trouverai, je le veux dépêcher, mol. Sgan. 2|. Un vieille tante qu'un grand médecin dépêcha dans l'autre monde, volt. i'/i. aux 40 écus, Lettre à l'homme.... De jeunes médecins de Venise viennent dépêcher les cadis et les agas, chateaub. Itin. 96. || 3" Envoyer, expédier en toute diligence. Dépêcher une nouvelle. On vient de lui dépêcher un courrier, sÉv. soc. Comme Portland ignorait les intentions du roi son maître sur une proposition toute nouvelle et d'une telle importance, il demanda le temps de lui dépêcher un courrier et de recevoir ses ordres, TORCY, Mém. t. I, p. 43. Cet accord étant fait, les deux rois dépêchèrent chacun dans leur pays un ordre exprès d'assembler une armée de trois cent millehommespour enlever Formosante, voLT.Princ. de Babyl. t. Ajoutez à cela les courses de ce même laquais dont je vous ai parlé, que mon fils dépèche quatre fois par jour et avec qui, quand il revient, il a toujours de fort longs entretiens, marivahx. Vie de Marianne, i' partie, p. 225. j| Absolument. Envoyer des dépêches, faire ses dépêches. Il les fit avertir qu'il dépêchait en Macédoine, vaugel. Q. C. 39B. Ce fut avec Grimaldo que je traitai -in Espagne, et que j'y trouvai le seul ministre avec qui le roi dépêchait, st-sim. 456, iso.Si mon frère était mort, doutez-vous que son roi, Pour m'apprendre sa mort, eût dépêché vers moi? volt. Adélaïde,

I, 3. 114" Se dépêcher, v. réfl. Se hâter. Dépêchezvous, Cléone, aidez mon faible bras, corn. Médée, V, 4. Il 5" X dépêche compagnon, voy. dépêche compagnon.

— HIST. xui* s. Car maintes fois cis qui preesche. Quant briefment ne se despeeche, En fait les auditeurs aler, Par trop prolixement parler, la Rose, (7674. Il xV s. Il despescha deux de ses bourgeois, et leur bailla certains articles, comm. ii, 3. Et tindrent conseil comment ils pourroient chasser ces Bourguignons eteulx en despescher, id. i, b. Uavoit maintes espies et messagiers par pays la pluspart despeschez par ma main, id. v, i. ||xvi* s. Par ma figue, vous seriez bien empeschez, je vous en depesche, et vous dy que.... rab. Pant. m, 62. Pourtant quiconque de vous aultres aura à se pendre, s'en depesche promptement, id. ib. 4. Prol. J'ay expressément depesche Malicorne, à ce que je soys acertainé de ton pourtement, id. ib. iv, 3. Bref un seul passage nous despeschera de leurs deux objections, CALV. Inst. 88. Les subterfuges que cerchent ici les Sorbonistes pour évader, ne les despeschent point , ID. ib. 9( 2. Despescher un député vers... . bont.

II, as?. 11 les feit despescher [tuer] touts trois, id. m, 444. Ainsi qu'ils se despeschassent promptement de vuider leur terre , m. iv , 24 . J'entre souvent dans la chambre de Sylla: j'ay le bras assez fort pour en despescher la ville, id. iv, 363. S'il estoit question de quelque affaire de peu de conséquence, ilz lejugeoient et despeschoient eulx mesmes tous seuls, AMYOT, Timoléon, 51. Pelopidas fut despesché pour y aller comme ambassadeur, id. Pelopidas, 49. Il le tua, estant bien adverty de la bonne voulunté que luy portoient les premiers et principaux personnages du royaume, qui l'exhortoient à se despescher de Neoptolemus, id. Pyrrh. io. Si soubstindrent toutefois les Romains, et endurèrent tant qu'ilz eurent espérance que les Parthes, après avoir depesche toutes leurs flesches, cesseroient de combattre, iD. Crassus,*!. Ilzadviserent que chascun d'eulx, à son tour, despecheroit les affaires six heuresdu jour et six heures de la nuict, id. JVitma, 4. X fin que, après les avoir mis en seureté de leurs vies, il se depeschast luy mesme de la sienne, id. Cat. d'Uliq. 84. Non suivant les mémoires que la haine espagnole peut avoir produits; mais ce qu'un secrétaire de l'ambassadeur en a depesche à un des principaux conseillers de ce roiaume, d'aub, Hist. m, 546.

— ÉTYM. Wallon, dispéchi, débarrasser; bourg. dépnché; espagn. et portug. despachar; itaL dispacciare, spacciare, substantif, dispaccio, tpaccio. Il est bien naturel de considérer comme identiques d'une part le français, de l'autre l'espagnol et l'italien ; aussi, admettant cette identité, Diez rejette l'étymologie de dis-pedicare , débarrasser, empedicare, embarrasser, empêcher, et se demanda si impingere, frapper sûr, arrêter, ne serait pas la radical i'empécher, par l'intermédiaire d'une forma impactare (la discussion pour em-pfcher est la même que pour dépêcher). Quoi qu'on pînse de l'étymologie des mots espagnols et italiens, il ne faut pas les faire intervenir; car l'identité n'en est qu'apparente avec le français; en recourant à la plus ancienne forme, on reconnaît que le mot n'est pas, comme l'espagnol ou l'italien, de trois syllabes, despachar, dispacciar, mais de quatre, depeecherj il est donc composé comme preecher (prêcher) de pr/Kdicare, et conduit nécessairement au bas-latin dis-pedicare, de pedica, piège (voy. piège). Pieg-e est monosyllabe (en ne comptant pas la finale) parce que pédica a l'accent sur pe, et peech-er «ist dissyllabe parce qu'il vient de pedicare, où, comme cela arrive dans le passage des mots latins en français, la consonne intermédiaire est tombée, pe-i-core. Il aurait été possible que la formation du français fût autre, et qu'au lieu de perdre la consonne intermédiaire, le mot latin eût perdu l't bref, ce qui arrive souvent aussi : pedcare ou pedciare, ce qui eût donné en français piéger. Eq tout cas, la forme despeecher ne peut être rapportée à l'origine indiquée par Diez, et il faut la réserver pour l'espagnol et l'italien ; tout en admettant qu'il y a eu peut-être, dans la langue d'oïl , confusion et assimilation entre depeecher, venant de pedica, et dépêcher, venant de dis-pactare (voy. empêcher).

t DÊPEÇOIR (dé-pe-soir), s. m. Outil ou couteau propre à dépecer.

— - ÉTYM. Dépecer.

DÉPEINDRE (dé-pin-dr"), je dépeins, tu dépeins, il dépeint, nous dépeignons, vous dépeignez, ils .dépeignent; je dépeignais; je dépeignis; je dépeindrai; je dépeindrais; dépeins, qu'il dépeigne, dépeignons; que je dépeigne, que nous dépeignions, que vous dépeigniez, qu'ils dépeignent; que je dépeignisse; dépeignant; dépeint, e. o. Il 1° Peindre d'une manière distincte. Dépeindre des devises sur un pavois. || Sens propre à peine usité aujourd'hui. Il 2» Représenter par le discours d'une manière assez vive pour qu'on puisse le comparer i une peinture. Les poètes tragiques anciens ont beaucoup mieux réussi à exprimer les qualités des héro» qu'à dépeindre la magnificence des grands rois, ST-ÉVBEMOND, Traité des tragédies, dans richelet. Comme les femmes ont un empire absolu sur l'esprit des hommes, elles y dépeignent ou les parties des beautés qu'elles ont ou celles qu'elles estiment, PASC. Amour. Les poètes n'ont pas raison de nous dépeindre l'amour comme un aveugle , iD.dans consiN. On nous dépeint ici M. de Marseille, l'épée à la main, aux côtés du roi de Pologne, ayant eu deux chevaux tués sous lui, et donnant la chasse aux Tartares comme l'archevêque Turpin la donnait aux Sarrasins, sév. 229. Si je veux d'un galant dépeindre la figure, boil. Sot. n. S'il rencontre un palais, il m'en dépeint la face, ID. Art p. i. Et ces mêmes fureurs que vous me dépeignez, hac. Iphig. ni, 5. Quand lu me dépeignais ce héros intrépide, ID. Phèd. I, 1. Il 3" Se dépeindre, ». réft. Faire par le discours son propre portrait. Byron s'est dépeint en ses poèmes. || Être dépeint. Cela ne saurait se dépeindre.

— HIST. XVI* s. Là où il [Xénophon] a avec un gentil pinceau dépeint de nailves couleurs, soubs le nom de Cyrus, quel seroit un roy s'il s'en trouvoil au monde de parfait, amyot, Éptt. dédie. Moral, p. 4 0. De grands pavois, où estoient dépeintes les devises de chaque combatant, castelnau, 4 69.

— ÉTYM. lîourguig. dépoindre; provenç. depenher, despenher; ital. dipingere;à\x latin depingere, de la préposition de, et pingere, peindre (voy.

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