PEINDRE
DÉPEINT, EINTK (dé-pin, pin-t'), part, passé de dépeindre. Narbas leur est dépeint comme un traître, un transfuge, volt. Mérope, i, 4.
t DÉPELOTONNER (dé-pe-lo-to-né) , v. a. Défaire un peloton. || Se dépelotonner, v. réfl, Étr« dépelotonné. Ce fil s'est dépelotonné.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et peloton.
DÉPENAILLÉ, ÉE (dé-pe-nâ-Ué, liée. Il mouillés, et non dé-pe-nâ-yé), adj. Qui est en haillons. Il Dont la mise est tout à fait négligée, dans ua
DÉP
DÊP
DÉP
désordre extrême. Il estsale et tout dépenaillé. |j Fig. Visage dépenaillé, visage flétri. Fortune dépenaiJfe, fortune en désarroi. || Ce mot est du langage familier.
— HIST. XVI* s. Leurs grands panaches blancs et noirs, tout brisés et dépenaillés de coups, sullt, dans le Dict. de dociiez.
— ÊTYM. Di.... préfixe, et un dérivé (pmaille) de l'ancien français jene ou pane, drap, étofTo. L'ancien français disait despené, despané, mis en lambeaux. La finale aille, ailler, est presque toujours péjorative. Voy. penaillon.
DÉPENAILLEMKNT (dé-pe-nâ-lle-man, /(mouillées, et non dé-pe-na-ye-man) , s. m. Accoutrement sale et misérable.
— f.TVM. Dépenaillé- DÉPENDAMMENT ( dé-pan-da-man ) , adv. Avec
dépendance, d'une façon dépendante. L'âme agit dépendamment des organes. Les histoires ne nous présentent proprement que des squelettes, c'est-àdire des actions toutes nues ou qui paraissent dépendre de peu de ressorts, quoiqu'elles n'aient été faites que dépendamment d'une infinité de causes, auxquelles elles étaient attachées et qui leur servaient de soutien et de corps, nicole, Ess. de mor. i" traité, ch. B. St Paul ne laissait pas de souhaiter d'aller prêcher l'Kvangile à Rome, quoiqu'il ne le souhaitât que dép. ndatiiment dé la volonté de Dieu, ID. ib. s* traité, cil. 3. Si le monde a l'être dépendamment, il ne le peut avoir nécessairement, boss. libre arb. 4. Dieu, l'auteur de l'être, ayant voulu le donner aux enfants dépendamment de leurs parents, ID. Connaiis. iv, <<. En cela consiste le bienheureux engagement qu'a la créature raisonnable et intelligente à n'user de sa liberté et de ses droits que dépendamment de Dieu son seigneur et son souverain, uouHD. Carême, i, p. 5oa.
— ETYM. Dépendant, et le suffixe ment.
DÉPENDANCE (dô-pan-dan-s'), s. f. || l' Sorte de
rapport qui fait qu'une chose dépend d'une autre. Les événements y ont une dépendance l'un de l'autre, coBN. £x. de Pomp. L'ordre général des causes et la dépendance des effets, buff. Théor. de la terre^ i" dise. ||a° Il s'est dit d'une contrée, d'une terre qui relève d'une autre. La Bresse est des premières dépendances de la couronne, patru, Plaidoyer 4, dans HiciiELET. Platon fait le royaume de Troie une dépendance de l'empire des Assyriens, boss. Ilist. Li, 4. Il lui demanda de lui rendre Tyr et Sidon, qui étaient des dépendances de la Syrie, dont il était roi, BOULIN, Jiist. anc. Œuvret, t. vn, p. 270, dans pouRENS. Carthage avait sept cent mille habitants, et trois cents villes de sa dépendance dans le seul continent d'Afrique, ID. ib. CEuvres,l.x, p. 490, dans pouGENs {| 8° Au plur. Tout ce qui tient, comme accessoire, à une chose principale. Vendre une terre avec toutes ses appartenances et dépendances. On lui a adjugé la terre avec toutes ses circonstances et dépendances. Votre château avec toutes ses dépendances, sÉv. 276. S'il arrive qu'on fasse la même réflexion, o:> se persuade aisément qu'elle est nouvelle, tant elIt ^-tlrc de circonstances et de dépendances qu'on avait laissées échapper, vauven. Uax. X. {|4° Subordination, sujétion. Les enfants sont dans la dépendance de leurs parents. Ils voudront par ce choix se mettre en assurance. Et n'en présenteront que de leur dépendance, corn. Olhon, l, 4. Quelque éclairé que soit un sujet, sa condition est toujours rabaissée par la dépendance, pasc. dans COUSIN. Votre sexe n'est là que pour la dépendance, uoL. Éc. des femm. m, 2. Cette régularité vous tient dans la dépendance, boss. m, Yét. t. 11 avait mis les plébéiens dans la dépendance des patriciens, id. Bist. III, 6. C'est ce qui doit tenir les princes dans une entière dépendance, in. t6. m, i. Vivez dans la dépendance intime de la grâce, id. Lclt. abb. 1 16. Ce qui dépend de moi est dans la dépendance de la reine, ID. Lell. 283. Et c'est pour m'afîranchir de cette dépendance.... rac. Bril. ii, 2. Trop instruit de ses droits, trop plein de sa naissance, Il ne saurait souffrir la moindre dépendance, id. Àndrom. I, i. Le dernier devoir de ce dépouillement religieux est la soumission et la dépendance des supérieurs,
MASS. Prof.rel.3 La dépendance irrite, Quand
on n'estime pas ceux qui donnent la loi , i.a motte, Fablei, i, <o. Tout ton être en un mut est dans ma dépendance, volt. Mérope, v, 3. L'homme était-il donc né pour tant de dépendance? id. Orphel. v, 5. Le système adopté par tous les gouvernements de l'Europe, de tenir les colonies dans la dépendance la plus absolue de la métropole, a toujours remlu luspecleg à beaucoup de politiques espagnols les luuoQs du Uexiijue avec l'Asie, rai.nal, llitt. pliil.
VI, 23. Ils sont toujours comme à la dépendance d'autrui , le p. courbevillb , dans desfo.ntaines. Soumis à mes travaux, aimant ma dépendance. J'ai senti les bienfaits de mon adversité, ducis, Abufar, I, 6. Il B° Terme de grammaire. Syntaxe de dépendance, la partie de la syntaxe relative aux régimes ou compléments des différentes espèces de mots.
— IIIST. xiv s. Ces biens devant diz, qui sont de diverses espèces, sont appeliez biens pour ce que il ont au'Une despendence d'une cho.se ou attribucion à aucune chose, oreshe, Elh. vu, I2. ||xv's. Et que ainsi ces trois principales raisons, avec leurs dépendances, lui font sembler la chose trop périlleuse et doubteuse pour luy, Bouciq. tu, ch. *8.
— RTYM. Dépendant.
DÉPENDANT, ANTE (dé-pan-dan, dan-t'), adj. Il 1° Qui dépend de, qui tient à. Ces deux choses sont dépendantes l'une de l'autre. Les effets dépendants des causes. Nos coeurs n'étaient point faits dépendants l'un de l'autre, bac. Andr. iv, 6. || Terme de jurisprudence féodale. Qui relève d'un autre. Fief dépendant. ||8°Qui dépend d'un autre pour des autorisations nécessaires et aussi pour sa fortune. Je le .sais comme vous, Sainville est dépendant. Jamais il n'obtiendra l'aveu du président, la chaussée, Coutiern. xi, <o. || 3* Soumis. Un moment a vaincu mon audace imprudente; Cette âme si superbe est enfin dépendante, rac. Phèd. ii, 2. || Substantivement. Notre prince a des dépendants Qui, de leur chef, sont si puissants Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée, la font. Fabl. i, 12. On veut voir des dépendants [des gens au-dessous de soi] et qu'il n'en coûte rien, la bruv. iv. || 4° Terme de manne. Tomber en dépendant, approcher d'un lieu à petites voiles , en faisant vent en arriére. Un vaisseau vient du dépendant, lorsqu'il est au vent d'un autre vaisseau et qu'il s'en approche peu à peu pour le reconnaître. On dit dans le même sens porter en dépendant, gouverner en diîpendant.
— HIST. xiv" s. Le peuple cuidoit sa liberté estre dépendant de ladampnacion [condamnation] du dit Ceson, berchel're, I' 54, cerso. ||xvi* s. Martius, prenant avec lui ses dépendons et ceulx qu'il peut induire par bonnes paroles à le suivre, alla courir tout le territoire des Antiates, amyot, Cor. 18.
— ÊTYM. Dépendre 2.
t DÉPENDEUR (dé pan-deur), «. m. Terme de pêche. Ouvrier qui dépend les harengs, lorsqu'ils sont fumés. || Très-populairement, dépendeur d'andouilles, homme grand, maigre, qui a les bras longs; mauvais sujet, chenapan, à qui sa haute taille permet de dépendre, c'est-à-dire d'enlever les saucissons ou andouilles que les charcutiers suspendent devant leurs boutiques pour servir d'enseignes.
— ETYM. Dépendre 1.
1. DÉPENDRE (dé-pan-dr'), v. a. || 1° Détacher une chose qui était pendue. Il est même assez ordinaire de pousser les exécutions jusqu'à dépendre les portes des maisons après avoir vendu ce qui était dedans, vaub. Dtme, p. 29. [Il] Dérange les fauteuils, dépend lustre et tableaux, collin d'hablev. J/airce pour mai. i, 8. || Détacher une personne qui était pendue. La foule accourut et dépendit l'homme qui pendait au gibet. !■ 2° Fig. Se déprendre, 0. réft. Se détacher, renoncer. Voy. déprendre, qui est la vraie leçon avec exemples de Bossuet.
— REM. On dit : je suis à vous à pendre et à dépendre, ami à pendre et à dépendre, pour dire tout dévoué. C'est une locution altérée pour à vendre et à dépendre (voy. dépendre 3), qui, n'étant plus usité dans ce sens, et restant usité avec le sens de détacher, a fait changer vendre en pendre.
— HIST. xm* s. Li chevaliers li a cunté Que mull li crt mesavenu Dou lairon qu'il ot despendu, ma- BiE, Fable 33. Avant que l'empereur de Perse alast devant la chamelle, il amena le conte Gautier devant Jaffe. et le pendirent par les bras à unes fourches, et li dirent que il ne le despendroient point, jusquesà tant qu'il auroient le chaslel de Jaffe, joinv. 271. I|xv' s. Velà le mort, je vous le monstre, Joseph; or le povezdespandre, la Passion de N. S. J. C. Il XVI' s. Encores les despend on, à force, du col de leurs mères pour les rendre à leurs espoux, mont. 1, 270. Le prevost le fit dépendre, desper. Contes, Lxiii. Et elle voyant le corps de son filz mort estendu, et sa mère encore pendue au gibet, aida elle mesme aux bourreaux à la despendre, ahyot, Agi* et Cléomène, 22.
— ËTVM. Dé.... préfixe, et pendre, v. a.
2. DÉPENDUE (dé-pan-dr), v. n. || !• Être dans certain rapport qui enchaîne une chose à une autre. L'effet dépend de la cause. La conclusion dépend des orémisses. De là oe dépendent pas les destinées
de la France, balz. lit. vt, lelt. 7. Souviens-toi.... Que tes jours me sont chers; que les miens en dépendent, CORN. Cinna, 1, 3. Comme si le salut de la religion en dépendait, pasc. Prov. «». C'est fair» dépendre le christianisme de la politique, boss. Var. XV, $ (33. Tout dépend du secret et de laddigence, bac. Iphig. iv, lo. Leur sûreté [des rois] souvent dépend d'un prompt supplice, id. Alhat. Il, 6. Il vit que son salut Dépendait de lui plaire, et bientêt il lui plut, id. fia;', i, 4. Mon bonheur dépendait de l'avoir pour époux, id. Mithr. m, 6. Nécessités dont ils font dépendre tout leur bonheur, PÉN. Tél. VIII. On vit manifestement, pendant le peu de temps que dura la tyrannie des décemvirs, à quel point l'agrandissement de Rome dépendait de sa liberté, HONTFSQ. Rom. 1. Il Impersonnellement. Il ne dépendra pas de vous de me laisser ici ; plutfit mourir que de vous voir partir sans moi, fEn. Tél. iv. Il 2* Se rattacher à. Dans les choses qui dépendront de notre métier, mol. Jfa2. imag. 11, •. Il 8° Faire partie de quelque chose. Ce territoire ne dépend pas de la France, Ce parc dépend de votre propriété. || Appartenir à. Cette cure dépend de tel diocèse. Ces juges dépendent de tel tribunal. || En matières bénéficiales. Ce prieuré dépend de telle abbaye, la nomination en ajipartient au titulaire de telle abliaye. || Terme de jurisprudence féodale. Relever de. Ce fief dépend de telle baronie. || 4* Être sous la domination, l'autorité de. Mais peut-être qu'un jour je dépendrai de moi, cobn. Nie. n, 3. Dépendre, c'est selon la plus claire notion et la plus évidente être tenu d'obéir, bourd. Ezliortation sur l'obéissance relig. t. 1, p. 2«ï. Il est triste de dépendre de gens qu'on n'aime point, maintenon, LettreàMmedeCaylus, 27 fév. 1716. Vous dépendez ici d'une main violente, bac. Mithr. iv, 2. Ces gardes, cette cour, l'air qui nous environne, Tout dépend de Pyrrhus et surtout d'Hermione, id. Andr. m, 1. Quand de mes seules mains ce cœur voulait dépendre.... id. Bér. iv, 5. Les rois ne pouvant jamais s'accoutumer à dépendre des autres et à leur être soumis, bolliN, Uist ane. Œuvres, t. vin, p. 388, dans POUGENS. Ma iqère qui était la seule dont je dépendais alors, car mon père était mort.... MARIVAUX, Paysanparv. t. 11, 4" part. p. 105, dans poucEKS. Il Absolument. Les faibles veulent dépendre afin d'être protégés. Il faut suer, veiller, fléchir, dépendre, pour avoir un peu de fortune, la brut. yi. Il Par extension, être à la merci de. On dtpen-i servilement d'un serrurier et d'un menuisier, selon ses besoins, la bbut. xiv. 116" Terme de mer. On dit du vent qu'il dépend de l'un des quatre vents cardinaux ou de l'un des huit vents principaux, quand sa direction le rapproche de l'un de eus vents. La vent dépend du tribord, il vient de tribord.
— HIST. xiii* s. Et de toutes ces choses traiterons nous en cest chapitre, parce que l'un dépend de l'autre, beaum. xv, 1. || xiV s. Accident est dérivé et dépend de substance, oresme, Elh. v, lo. Aucunes operacions faites selon vertus morales dépendent et viennent pour cause du corps, id. 16. .118. El toutes teles amistés dépendent et viennent de amisté paternel, iD.ib. 2B0. |lxv* s. Leduc de Berry remontra au destroit conseil des nobles de France, auxquels principalement pour le temps de adonc les choses du royaume toutes se dependoient, et dit ainsi.... FROiss, 11, 111, 47. Et les autres maux qui dépendent de la guerre, comm. 11, 6. ||xvi' s. Le l>onheur qui dépend de la tranquillité de l'esprit, mont. 1, 67. Quand il visitoit les villages qui despendoieiit de luy,iD. 1, 247. L'honneur d'un homme tiendroil à bien peu de chose, s'il dependoit du fait d'une femme, desper. Contes, vi.
— ÊTYM. Lat. dependère, de la préposition de, et pendêre, être suspendu (voy. pendrb, e. n.).
3. DÉPENDRE (dé-pan-dr'), «. o. Dépenser. Jt vais vous montrer qu'il n'est rien de si (leu de frais, si vous craignez de dépendre, halh. Le traité des bienf. de Sénèque, 11, so. L'épargne tst une science de no rien dépendre mal à propos, id. 16. n, 34. Et n'avoir de crédit qu'au prix qu'on peut dépendre, hégnieb, Sat. vi. || Aujourd'hui mot inusité excepté dans ces deux phrases proverbiales : 1* Qui bien gagne et bien dépend n'a que faire de bourse pour serrer son argent; i' Ami à vendre et à dépendre, ami tout dévoué. Je suis à vous à vendre et à dépendre, c'est-à-dire vous pouvez disposer da moi; locution qui signifie que vous pouvez me vendre et faire , de l'argent, l'emploi qu'il vous plaira, et qu'on peut voira l'historique, au pmpre, comme terme du langage juridique. Bien qu'il m'eût à l'abord doucement fait entendre Qu'i. était mon valet, à vendre et à dépendre [despenjrej.
DÉP
RÉGNIER, Sat. VIII. Bissy était à vendra et à dépendre corps et Jme, pour sa fortune, aux jésuites, ST-