SIM
— liEM. 1° On dit souvent à pendre et à dépendre; c'est une méprise (voy. dépendiie i). || 2° Au xvii' sibcle, dépendre, qui a vieilli depuis, était aussi bon que dépenser; c'est du moins ce que dit Marg. BulTet, Observ. p. 3).
— HIST. xu' s. Vous qui robez les croisés, Ne despendez mie l'avoir ainsi, quesnes, Bomancero, p. 96. Ilxiif s. Aprèsrefu Largece assise , Quifu bien duite [habile] et bien aprise De faire honor et de despendre, la Rose, (436. Vaillans bons suel [j'ai coutume] estre clamés. Et de tous compaignons amés, Et despendoie liement En tous leus plus que largement. Tant cum fui riches bons tenus, ib. 8045. Quant la ville de Bapaumes fu sans ineor [maire], li borgois despendirent moult en eslection, Liv. dejust. 46. Que elle peuist [pvH] le [la] maison qui devant est dite, vendre et despendre, et boire et m.ingier, et faire toute se [sa] volenté, tailliab, Recueil, p. 478. || xiv" s. Et c'est legiere chosa à fere que despondre, ohesme , Eth. 409. Robert a obligié sey et ses bers [hoirs], touz ses biens moebles et immoebles presenz et avenir, à vendre et à despendre par la main de la justice. Livre vert de la bibliothèque d'Avranches. || xv* s. Et disoient Anglois : Messire Jean de Montfort nous a joué de ce tour que travailler nos corps et lever nos gens et faire despendre l'argent du roi, froiss. ii, m, 03. Se mocquoient du duc de Bourgongne qui despendoit argent à vouloir deffendre la mer, comm. m, 5. Estoit de très petit cueur et enJuroit toutes choses pour ne despendre riens, id. iv, l . Ma beauté et mes tendres ans ne peuvent endurer que temps dépende et consume ainsi mes jours en vain , louis xi , Nouv. c. Il XVI* s. Et prendrai autant à gloyre qu'on die de moi que plus en vin aye despendu que en huyle, que feit Demosthenes quand de luy on disoyt que plus en huyle que eu vin despendoyt, bab. Gar. 4 , proi. Â amasser, je n'y entends rien ; à despendre, je m'y entends un peu , mont, iv, 78. Souffrir les cruautez , non pas d'un camp barbare contre lequel il faudroit despendre son sang et sa vie devant; mais d'un seuil m. iv, 388. Tarquinius à faire les fondemens de ce temple, despendit la somme de quarante mille marcs d'argent, amyot, Publ. 29. Luther osa respondre à une lettre du roi Henri d'Angleterre, qui le menassoitde dépendre sa couronne pour faire périr luy et sa doctrine, d'aub. Ilist. i, 68. Qui promet et point ne tient, ses paroles en vain despend, génin, RécréaUons,l. ii,p. 248. Qui despend plus qu'il ne gagne, il meurt pauvre et rien ne gagne, lehoux de linoï, Proti. t. n, p. 465. Qui plus despend qu'il n'a vaillant, il fait la corde où il se pend, id. ib. Trop tard se repent qui tout despent, ID. ib.
— ÊTYM. Lat. dependère, dépenser; de la préposition de, elpendère, payer (voy. pension); wallon, dispante, dépenser; provenç. despendre; catal. despendrer; espagn. despender ; ital. dispendere. L'historique prouve évidemment que dans la locution k vendre et à dépendre, dépendre veut dire non pas détacher ce qui est pendu, mais dépenser.
4. DÉPENDU, 0E (dé-pan-du, due), part, passé de dépendre 4.. Détaché. Un larron dépendu.
2. DÉPENDU, UE (dé-pan-du, due), part, passé de dépendre 3. Dépensé. || Inusité.
DÉPENS (dé-pan; \'s se lie: les dé-pan-z exigés), ». m. plur. Il 1" Déboursés. II n'est guère usité (hors de lalocution : aui dépens) que dans cette phrase : Gagner ses dépens, qui se dit d'une personne dont les services compensent les dépenses qu'elle occasionne. Il 2° Aux dépens, aux frais de. Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute, la font. Fabl. 1,2. 11 y fut nourri aux dépens de sa patrie, FÉN. Tél. XXIV. Mummius, en recommandant le soin de cet amas précieux à ceux à qui il le confiait, les menaça très-sérieusement, si les statues et les tableaux venaient à se perdre, de les obliger à en fournir d'autres à leurs dépens, ROLLiN, Ilist. anc. Œuvres, t. IX. p. 246, dans podgens. || Fig. Je fis ma cour à vos dépens, sÉv. HO. Martine : Il me plaît d'être battue. — Robert : D'accord. — Martine : Ce n'est pas à vos dépens, mol. Méd. m. lui, i, '2. Quand J'ai vu qu'à toute force ils voulaient que je fusse médecin, je me suis résolu de l'être aux dépens de qui il appartiendra, id. ih, m, 1. Au lieu qu'ordinairement Ils [les princes] n'apprennent qu'aux dépens de leurs «ujets et de leur propre gloire à juger de» affaires dangereuses qui leur arrivent, boss. fJist. Dessein pé'iéral. Ils se sont raccommodés à vos dépens, pén. Tél. xm. Il Rire aux dépens dé quelqu'un, s'amusor
DÉP
à son sujet, en feire le but de ses plaisanteries. Vous apprendrez, maroufle, à rire à nos dépens, mol. Sgan. 4 7. Aux dépens de Japhet je veux me divertir, scARRON, D. Japhet, m, 4. J'ai bien k vos dépens jusqu'ici plaisanté, piron, Métrom. v, 9. Rire aux dépens d'autrui, quel talent, quel plaisir 1 colun d'harley. Malice pour mal. i, 4.|| Faire la guerre à ses dépens, avancer son argent sans profit, sans qu'il en soit tenu compte. Qui est-ce qui va jamais à la guerre à ses dépens? qui est-ce qui plante une vigne et n'en mange point du fruit? sacy. Bible, SI Paul, 1" Ép. aux Cor. ix, 7. || Faire la guerre à ses dépens signifie encore, faire, dans un emploi, dans une fonction, plus de dépenses qu'on ne reçoit d'argent en traitement. || Devenir sage à ses dépens, le devenir à la suite de quelque fâcheuse expérience. Ayant à mes dépens appris cette sentence : Qui gai fait une erreur, la boit à repentance, Régnier, Sat. XI. [Rome] Savante à. ses dépens de ce qu'il [Annibal] savait faire, corn. iVtc. i, 6. Aux dépens de Néarque il doit se rendre sage, in. Poly. m, 3. || On dit dans le même sens : je l'ai appris à mes dépens. Il Par le sacrifice, la perte de. La basse-cour a été agrandie aux dépens des remises. La paix allait se faire aux dépens de ma tête, corn. Médée, i, 4 . 11 va vous obéir aux dépens de sa vie, id. Cinna, m, 5. Et n'accepte aucun bien aux dépens de l'honneur, ID. ib. m, t. Aux dépens de sa propre vie, boss. Ilist. III, 6. Je défendrai sa vie aux dépens de mes jours, RAC. Andr. i, 4. X vos plus chers amis j'ai disputé ce rang ; Je l'ai disputé même aux dépens de mon sang, id. Birén. v, 7. Aux dépens du bon sens gardez de plaisanter, boil. Art p. m. || 3° Terme de procédure. Frais que la partie qui perd doit payer à la partie qui gagne , par opposition aux frais proprement dits, lesquels sont dus par la partie à son avoué. Il a été condamné aux dépens. Il a payé les dépens. Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, BOiL. Épit. ii. Arrêt enfin; je perds ma cau.se avec dépens, rac. Plaid, i, 7. |) Dépens compensés, dépens mis à la charge de chacune des parties litigantes. || Distraction des dépens, droit qu'a l'avoué de se payer sur les dépens adjugés à la partie. Il Fig. Ce ne fut pas la première fois que je m'aperçus que l'on paye souvent les dépens de sa bonté,