RETZ, III
— IIIST. XIII' S. Si manda au pape qu'il ne s'en mouveroit de çà, adont qu'il raveroit au moins ses despens, Chr. de Rains, 424. Et qui par malice travaille son aversaire est condempné en pêne et en despans, Liv. de just. I4. Quant li aucun sont semons por aidier lor segneur ou leur mesons à garder, li sires lor doit livrer lor despens resnablement [raisonnablement], beadm. 4». Et elle leur dit que jà par famine ne s'en iroient; car je ferai acheter toutes les viandes en ceste ville, et vous retieing touz desorendroit aus despens [à la solde] du roy, JOINV. 252. Il XIV* s. Il n'avient pas souvent que il superhabundent en dons ou en despens ou regart de la multitude de leurs possessions, oresme, Eth. 406. Il XV* s. Ne fay passer despens ta revenue, E. desch. Poésies m.ss. f° 42, dans lacurne. ||xvi*s. Aux despens d'aultruy, «ont. i, 405. Je trouverois raisonnable que le prince, à ses despens, en gratifiast la commune, m. i, 4 99. Il ne se montrait au partir de là que trop sage et trop advisé aux despens de nos affaires, id. ii, 46. Estre nourry aux despens de la chose publique, amyot, Sol. 65. Il renvoya les Grecs en leurs païs, leur donnant argent pour faire leurs despens par les chemins, id. Lucull. 67. L'advocat voulut faire sa paix aux despens d'une perfidie, d'aub. Hist. 1, 400. Deux mille hommes pouvoient empoigner toute l'isle aux despens d'une petite tranchée [en la faisant], id. ib. i, 326. Et moururent en tout de 6 à 7000 hommes [ennemis], aux despens de 2000 qu'y perdirent les estais, id. ib. m, 534. L'honneur s'achepteaux despens de la peine, bons. 598.Necombas point, à fin que, n'estant le plus fort. T'achètes une honte aux despens de la mort, id. 757.
— ÊTYM. Picard, dépins; provenç. despes, despens; du supin depensunî, de dependère, dépenser (voy. DÉPENDRE 3). Palsgravo, p. 23, observe que despens se prononce dépens.
DÉPENSE (dé-pan-s'), s. f. || l" Argent employé à toutes choses, privées ou publiques, qu'on se procure, qu'on fait ou fait faire. Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité, malh. ii, 2. L'aumône ne se fait pas sans dépense, mais le profit surpasse la perte, maucroix, Hom. 4 5, dans richelet. Gens de grosse dépense, la font. Berc. Cela empêche que l'on ne fasse la dépense d'une corde pour se pendre, sÉv. 224. La grande dépense que vous faites
niîp
à Aix, ID. 404.11 Dépense sourde, dépense secrète et qui ne paraît pas. Cet homme se ruine en dépenses sourdes. || Dépenses secrètes d'un gouvernement, s'est dit quelquefois comme fonds secrets. IIFairedela dépense, dépenser de l'argent. Je n'entends pas que vous fassiez de dépense, mol. Pourc.
1, 4 0. Ils avaient de l'esprit et faisaient de la dépense, HAMiLT. Gramm. 4. Il ne trouve plus à propos d'y faire de la dépense, sÉv. 507. Faisant de la dépense dans Jérusalem, mass. Car. Riche. \\ Se mettre en dépense, faire une dépense qui n'est pas ordinaire. || Fig. Vous eûtes de la complaisance. Mais vous en deviez moins avoir, Et ne vous pas mettre en dépense, Pournemedonnerquel'espoir, mol. Uis. i,
2. Il Mettrequelqu'un en dépense, être pour lui cause de dépenses. || Faire la dépense, être chargé du détail des frais. || Forcer la dépense, les dépenses, augmenter la dépense , ou l'évaluer, la compter plus grande qu'elle n'est. || En termes de jurisprudence, dépenses nécessaires, celles qui sont faites par celui qui n'est pas propriétaire d'une chose, pour la conserver; utiles, pour l'améliorer; voluptuaires, de pur agrément. || 2° Compte.oùse trouve relatée chaque somme déboursée. Porter en dépense. Chapitre de dépense. La dépense se monte chaque mois à tant. Nos pères comptaient en toutes choses avec eux-mêmes : leur dépense était proportionnée à leur recette, la bruy. vu. jl Terme de ménage. Écrire la dépense, écrire chaque jour ce qui a été dépensé dans la journée. Qu'une autre écrive la dépense.... Je veux que mon maître de danse... bérang. ^duc. Il 3° Fig. Emploi d'une chose quelconque. Il avait coutume de dire.... que la plus forte dépense que l'on puisse faire est celle du temps, la BRUY. Disc, sur Théophr. \\ En cet emploi, dépense se dit quelquefois avec une nuance d'ironie et comme pour signifier que la dépense ne servira à rien. Il a fait une grande dépense d'éruditior., d'esprit. ||4° Dans un château, dans une maison royale, dans une communauté, lieu où l'on reçoit et où l'on distribue les objets en nature. || Dans les maisons particulières, lieu où l'on serre les provisions et différents objets destinés à la table. Ces pommes étaient au fond d'une dépense, j. j. rouss. Conf. 1. 1| Dans les vaisseaux, lieu où l'on distribue les vivres, aujourd'hui cambuse. || B^Terme d'hydraulique. Quantité de liquide fournie, dans un temps donné, par un orifice d'écoulement. || Proverbe. Le gain n'en vaut pas la dépense , c'est-à-dire la chose coûte plus qu'elle ne rapporte.
— HIST. xm* s. Li philosophe apeloient l'estomac despense du cors ; car ausi com vous veés que de le [la] despense de l'ostel sont aministré li norrissementàciaus [ceux] del'osteL... alebrant, f" 38. Ses cors meïsmes ira avec vous en la terre d'outre mer, ou envolera, se vos cuidiés que ce soit miels [mieux], à tous dis mU homes de sa despense [à ses frais] , V1LLEH. Li. Renart l'a moult bien esgardée; Com il la vit et si s'apense Que il en fera sa despense, Ben. 22844. Foulz est qui contre mort cuide trover deffense; Des biaux, des fors, des sages fait la mort sa despanse ; La mors mort Absalon et Salomon et Sance [SamsonJ, ruteb. 444. Au chief du cloistre d'autre part estoient les cuisines, les panneteries, les boute illeries elles despenses, joinv. 206. || xiV s. Nous posons et mettons que despense soit donacion, oresme, Eth. 408. Il XV* s. Mais quant ce vint au fait de la despence. Il restraingnit eufs, chandelle et moustarde. Et oublia pain, vin, char et finance: Tout se détruit, et par default de garde, e. desch. Admin. de l'hôtel du prince. Ils trouvent les façons de dissimuler à ouyr les parties et les tesmoings, pour tenir la personne et destruire en despense, et attendent tousjours si nul ne se veult plaindre de celluy qui est détenu, comm. v, 48. jj xvi* s. Allezvous-en à la despense [office] demander à desjeuner, desper. Contes, lxxv. Les oreilles [oreillettes] du cœur ont esté faites de telle capacité, afin qu'elles peussent (comme une despense) recevoir le sang ou air qui durant le temps du diastole pourroit estre introduit au coeur.... paré, ii, 44. Outre lequel rapport, la vigne donne du vin de despence pour le mesnage, qu'on fait avec de l'eau sur le marc des raisins, o. de serres, 445. Dans deux ou trois jours le premier trempé ou despence sera tiré de la cuve et entonné comme le vin, id. 220. Selon l'entrée la despense; sage n'est qui bien n'y pense, le roux
DE LlNCY, PrOV. t. U, p. 414.
— ÉTYM. Provenç. despensa, despessa; portug. despesa, despcza; ital. dispensa; du supin depensum, de dependère, dépenser (voy. dépendre a).
DÉPENSE, ÉB (dé-pan-sé, sée), part, passé. De l'argent follement dépensé. Il Fig. 'Jeunesse dépensée
DÉP
dans les plaisirs. || Provert». Journée gagnée, journéedépensée.seditdeceux qui n'épargnent rien, qui dépensent l'argent h mesure qu'ils le gagnent. UÉPKNSEU (dé-pan-ser). v. a. || 1* Kmployer de l'argent à quelque chose. Il ne d^^pense pas un sou mal à propos. || Absolument. Je n'aime pas à dépenser. Il n'y a qu'à dépenser; les richesses nous viennent comme un torrent, KiiN.Diai.desmorJjfanc. «a, Pompée, César. Il ne faut point de bourse à qui veut dépenser, beonahd, Yendangts, <. || Il ne dépense guère en espions, se dit d'un homme qui n'est pas informé des choses qu'il lui serait important de découvrir. || Fig. La mémoire du tem j)8 passé Oue j'ai follement dépensé, hégwier, Stonccj relig. Pour dépenser sa vie en peu d'instants.... Dans un grenier qu'on est bien à vingt ansl biïrang. Gren. Jeunesse aux jours dorés, je t'ai donc dépensée, V. HUGO, F. d'aut. 39. Il 2' Se dépenser, v. réft. Etre dépensé. L'argent se dépense vite en voyage. Il Proverbe. Autant dépens^! chiche que large; quand on se met en frais, il n'en coûte pas plus de bien faire les choses que de les faire mal.
— REM. Vaugelas dit que de son temps dépendre (voy. DiipENDBE 3) et dépenser sont usités, mais que dépendre se dit plus à la cour, el dépenser à la ville. Ménage et Th. Corneille constatent que dépendre est tombé en désuétude. Quant à Malherbe , voici ce que Bacan rapporte dans sa Vie de Malherbe: « Un jour M. de liellegarde, qui était, comme l'on gait. Gascon, lui [à Malherbe] envoya demander lequel éliiit le mieux dit de dépensé ou dépendu; il répondit sur-le-champ que dépensé était plus français, mais que pendu, dépendu, rependu, et tous les composés de ce vilain mot qui lui vinrent en la bouche, étaient plus propres pour les Gascons. »
— HIST. xv s. Et tous despensant si largement qu'il sembloit que argent leur plust des nues, froiss.
I I, te. Il xvi's. Us m'empeschoient de dormir, me despensoienten fauconniers et en hongres.... d'aub. Fœ». 1, 6.
— ÉTYM. Dépense; provenç. despensar; ano. espagn. despesar.
DÉPENSIER, 1ÈRE (dé-pan-sié, siê-r'), ad).
II !• Oui aime la dépense, qui dépense excessivement. Vous êtes dépensière, mol. Tan. l, <. Il y a une autre sorte de curiosité qui est une curiosité dépensière : on ne saurait avoir trop de raretés, trop de bijoux, trop de pierreries.... soss. Concupisc. s. Il était extrêmement dépensier, surtout quand il ■'agissait de ses plaisirs, Marivaux, Paysan parv. 4" part. p. 30, dans pouoens. || Substantivement. C'est un grand dépensier. C'est une dépensière. Il 4" S. f. Dépensière, la religieuse qui, dans un couvent de femmes, a soin de la cave et de toute la dépense. || 8" S. m. Celui qui, dans une communauté, dans un établissement public, est chargé de la dépense. || Le dépensier d'un vaisseau, celui qui distribue les vivres, aujourd'hui cambusier. || Dans les lycées, homme chargé de faire les achats pour la cuisine sous la surveillance de l'économe.
— HIST. xu* s. Les napes metent sergant et despencier; Au dois [dais, table] s'asieiit li vaillant chevalier, Raoul de C. 76. Ceste meslée fust jà vendue chier. Quant là acorent sergant et despencier, ib. tio. Il XVI* s. Ayant espousé une femme jeune et despensiere, amyot, Péric. «8. Les despensiers emboutis de bonbance, rons. 94). Les bourdons ou frelons sont au reste grands despensiers, devorans le miel, o. de serres, 44b. Plusieurs mesprisent ce mesnage, comme fantasque, pénible, despensier [coûteux] , ID. 480. Une humeur vaine et despensiere, MONT, m, 200. Despensiers et fille de chambre ont bien volontiers grand langue, leroux de LINCY, ProD. t. II, p. <65. Despensiers et marmitons sont souvent grands compaignons, m. ib.
— ËTYM. Lat. dispensare, qui signifie administrer et partager de l'argent, et qui est du même radical que dependere, d'où dépense; provenç. despecieTy despessier, despenser; anc. catal. despensier, despenser, dispenser; espagn. despensero ; ital. dispensiere. Dans l'ancien français, despensier signifiait celui qui administre la dépense d'une maison; avec le sens de celui qui dépense, on disait despendere, despendeor.
t UÉI'ENSIF. IVE (dé-pan-sif, »i-v'), adj. Qui cause de la dépense, coûteux.
— HIST. XVI* s. Ceux-ci [sont en servage] de l'y- Trongnerie, ceux-là d'une ambition et magnificence •otte et depensive, la boetik, 446.
— ÉTVM. Dépenser.
DÉPERDITION (dé-pèr-di-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1* Perte qui se fait graduellement. La déperdition de la chaleur. || Terme de chimie.
On dit qu'il y a déperdition, lorsque, dans une opération, on ne retire pas toute la substance qu'on avait mise. Il Terme de bot.inique. Déperdition insensible, nom donné à une partie de la transpiration des plantes, laquelle, beaucoup plus lente que l'exhalation aqueuse , se fait au travers de leurs tissus sans pores apparents. ||2* Perte, diminution. C'ust un fait bien constaté que les étoiles de dixième, de onzième grandeur, et même au-dessous, ont été vues au travers de la partie centrale des comètes, sans déperdition sensible de leur éclat, babinet, dans Presse scientifique, t. i, p. 434. || Terme de chirurgie. Déperdition do substance, plaie avec destruction des tissus lésés.
— HIST. XVI* s. Fracture du crâne avec déperdition ou enleveure, en laquelle la pièce est emportée, dont il y 8 perdition de substance, pars, viii, 4.
— ÉTYM. Anc. français, deperdre, du latin deperdere, de la préposition de, et perdere, perdre; provenç. deperdicio ; espagn. desperdicion.
DÉPÉRI , lE (dé-pé-ri , rie) , pari, possède dépérir. Qui a perdu la plus grande partie de ses farces. Ses brebis, de langueur sèches et dépéries, X la merci des loups erraient par les prairies, segrais, Aihys, I. Croissy prit congé du roi de Suède qu'il laissa au milieu des ruines de Straisund avec une garnison dépérie des deux tiers, volt. Ch. Ill, 8.
DÉPÉRIR (dé pé-rir), v. n. \\ 1* Périr peu à peu, s'affaiblir graduellement. Sa santé dépérit tous les jours. La nôtre [armée] était fort dépérie depuis la dernière victoire, voit. LeU. 74. Elle va toujours en dépérissant, b'oss. m, Paq. 3. Je sens de jour en jour dépérir mon génie, boil. Épltr. viii. On en voit quelquefois [des enfants] qui dépérissent d'une langueur secrète, parce que d'autres sont plus aimés et plus caressés qu'eux, f£n. Éduc. des filles, oh. 6. Il sèche et dépérit au milieu de son abondance, MASS. Pet. car. Tenl. Pendant que la métropole dépérissait , il n'était pas possible que les colonies prospérassent, raynal, Hist. pliil. vui, 34. Ses jours [de Démodocus] dépérissaient, il marchait à grands pas vers le tombeau, chateaub. Uart. ii, 24 8. L'Ëtat n'a point dépéri, Je reviens gras et fleuri, BÉRANG, Ventru. ]] 2* Terme de jurisprudence. Les preuves dépérissent par la longueur du temps, c'està-dire se perdent à mesure que les témoins disparaissent. |] Ces créances dépérissent, elles deviennent difficiles à recouvrer. || 8° Se détériorer, se délabrer, tomber en ruine. Ces meubles, ces monuments dépérissent.
—REM. Dépérir se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer mieux la manière en tant qu'elle a été continue ou successive : il a dépéri rapidement; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état ou résultat ûaal, complet : l'agriculture est dépérie.
— HIST. xvi* S. Les choses mal acquises dépérissent, HAB. Pant.ui,*. Pour chas.ser les connins [bpins] desperissans la vigne, biouttans les premiers de ses rameaux, o. de serres, 4 98.
— ÉTYM. Provenç. dépérir; du latin deperire, de la préposition de, et pertre, périr.
DÉPÉRISSEMENT (dé-pé-ri-se-man), t.m. || 1" ÉUt de ce qui dépérit ou de ce qui est dépéri. De peur qu'il ne tombe dans le dépérissement, pasc. Préf. Vide, Il apprendrait par ce moyen les accroissements et les dépérissements de ses peuples et ce qui les cause, val'B. Dlme, p. 482. Comme ce dépérissement [du corps] est une suite de mon âge de soixantequatre ans, de longs travaux dont ma pauvre tête est fatiguée.... d'alehb. Lett. au roi de Prusse, 29 juin 4 784. Le dépérissement d'esprit et de corps qu'entraîne le chagrin joint à la vieillesse, condohcet, Bourdelin. Ceux qui sont préposés à la conservation des bois se plaignent eux-mêmes de leur dépérissement, buff. Expér. sur les tégét. 2* Mém. Hiéroclès, aux yeux de la foule, paraissait encore tout-puissant; mais un œil exercé voyait en lui des signes de dépérissement et de décadence, chateaub. Jfarl. u, 265. Il 2* Terme de jurisprudence. Le dépérissement des preuves, l'affaiblissement qu'elles reçoivent par la perle de ce qui peut les constater. Il 8* Délabrement, détérioration. Il ordonne, pour éviter ce désordre ou dépérissement, que l'aîné aura seul la maison, patbu, Plaidoyer 42, dans richelet.
— ÉTYM. Dépérir. On a dit, au ivi* siècle, deperition: Que durant le siège des autres [places] l'admirai s'advanceroit vers les estrangers, et les reccvroit sans peine quand les forces seroient en deperition, d'aub. Hist. i, 457.
t DÉPERSÉCUTER (dé-pér-sé-ku-té) , v. a. Cesser de persécuter. Peut-être y aura-t-il enfin des iraes
raisonnables qui rougiront de cet exemple de barbarie au xvnr siècle, et qui tâcheront d'effacer cette flétrissure en faisant dépersécuter le compagnon de cet infortuné, volt, dans la veaux.
— ETYM. Dé.... préfixe, et persécuter.
t DÉPERSl'AKER (dé-pér-su-a-dé) , e. a. ôter une persuasion. Depuis cette rare crédulité de Monseigneur dont Mme la duchesse de Bourgogne l'avait dépersuadé, je n'avais osé me commettre i Meudon, 8t-sim 29), 24 7. Avant de le déclarer innocent, il faut que je le croie; et je crois si décidément le contraire que vous aurez peine à me dëpersuader, j. i. bouss. l. à d'ivernois, 20 juiU. 4785.
— ÉTYM. W.... préfixe, e\. persuader.
DÉPÊTRÉ. ÉE (dépêtré, trée), part, passé. Débarrassé d'entraves. Un cheval dépêtré. || Fig. Rustic voudrait être dépêtré d'elle, la font. Diable.
DÉPÊTRER (dé-pê-tré), v. a. || 1* Débarrasser les pieds d'une entrave. Dépêtrer un bœuf. || 2* Fig. Délivrer. Nous faisons nos efforts pour le dépêtrer d'un engagement si dangereux, sKv. 36. || 3* Se dépêtrer, e. réfl. Se tirer hors. Se dépêtrer d'un bourbier. Il Fig. Se débarrasser. Moi pour m'en dépêtrer, je lui dis tout exprès: Je vous baise les mains.... BE- CNIER, Sat. VIII. La pauvreté est si gluante qu'on ne s'en saurait dépêtrer, d'ablancourt, Lucien, dans RICHELET. Je ne me puis dépêtrer de cet homme, la font. Coc. Plus vous raisonnerez, plus vous pesterez contre cette jeune veuve, plus je croirai que vous aurez de peine à vous dépêtrer d'elle, bbueys, Huet, 1, 4.
— HIST. XVI* s. Ainsi Hannibal «'estant k la fln despestré de Marcellus, et ayant son armée délivre.... AMYOT, Uarcell. 44. Estans bien aises quand ilz se pouvoient despestrer de leurs autres afTaires pour s'y en aller, ID. Lucull. 83. Prenons de bonne heure congé de la compaignie ; despeslrons-nous de ces violentes prinses qui nous engagent ailleurs et esloingnentde nous.MONT.i, 279. Il sent avoir du mal, et vouldroiteneslredepestré; maisde ce mal pourtant, son cœur n'en est pas abbattu et affoibli, id. u, 24 i.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et pesirer, qui tient au bas-latin pastorium, entrave qu'on met au cheval (comparez empêtrer); ital. spastojare. L'étymologiedede, et petra, hors de la pierre, ne peut se soutenir, soit à cause de \'s (de pesirer) , soit à cause du sens. L'italien spastojare, formé régulièrement de pastorium, indique, comme le sens, que depestrer est du même radical; mais il faut supposer une forme anomale pastrium au lieu de pastorium. Pastorium vient de pastor, pasteur, et signifie l'ustensile qui fait paître le cheval en un lieu déterminé.
I DÉPÉTRIFIER (dé-pé-tri-fi-é), t. a. Faire sortir de la stupéfaction. || Se dépétrifier, ti. réft. Sortir de la stupéfaction. Dépétrifiez-vous, jeune amant, touchez là, dufrént, Jfor. fait et rompu, u, 3.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et pétrifier.
DÉPEUPLÉ, ÉE (dé-peu-plé, plée), part, passé.
Qui a perdu ses habitants. Cette Syrie, me disais-je, aujourd'hui presque dépeuplée, comptait cent villes puissantes, volney, Uuines, ii. |{ Fig. Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières. Vains objets dont pour moi le charme est envolé? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères. Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé I lamart. Méd. i, 4. DÉPEUPLEMENT (dé-peu-ple-maii), s. m. Action de dépeupler un pays; état d'un lieu dépeuplé. Les guerres continuelles causent le dépeuplement des F.tats. Le pape choisit St Bernard pour être l'organe d'un nouveau dépeuplement [ une croisade , que Voltaire nomme ainsi par dénigrement] , volt. Mœurs, 64. {| Dépeuplement d'une forêt, coupe ou destruction des arbres. |{ Dépeuplement d'un étang, pêche qui en enlève la plus grande partie des poissons. Il Dépeuplement d'un canton de chasse, destruction du gibier dans ce canton.
— ÉTYM. Dépeupler.
DÉPEUPLER (dé-peu-plé), v. a. || 1* Dégarnir d'habitants une ville, un pays. Quoi I ces tyrans cruels.... Qui dépeuplent la terre.... volt. Alx. u, i. On avait banni, dans tous ces États, un usage insensé qui énervait et dépeuplait plusieurs pays méridionaux. ID. Princ. de Babyl. «. || Par eiiension. Quoi I Roxane , seigneur , qu'Amurat a choisie Entre tant de beautés dont l'Europe el l'Asie Dé|)cuplent leurs états et remplissent sa cour, rac. Bajai. I, (. ||2* Dégarnirunlieudelaplusgrandepaniedes animaux qui s'y trouvaient. Dépeupler une forêt, un étang. || Dépeupler une pépinière, en tirer trop de plants ou beaucoup de plants. || 3* Se dépeupler, V. réfl. Perdre ses habitants, hommes ou animaux. Le pays s'est dépeuplé. Cette garenne commence à se dépeupler. On voyait, chez les Cartliaginois
DÉP
DÉP
DÉP
les villes se dépeupler tous les ans de leur plus florissante jeunesse pour obéir k l'ordre barbare de leurs oracles et de leurs dieux, hollin , //•'«(. anc. Couvres, t. v, p. 46, dans pouoens.
— HIST. XV' s. Le grand maistre de Prusse, accompagné de plusieurs de ses chevaliers, entrèrent au royaume de Lictuaire [Litliuanie] pour le destruire et depopuler, monstrel. i, 69. Le roy vouloit que, pour bien repeupler sa ville de Paris, qu'il disoit avoir esté fort depopiilée, que quelques gens, de quelque nation qu'ils fussent, peussent de là en avant venir demeurer en la dicte ville, Jean de TROYES, Chron. 1 466. || xvi* s. Les seigneurs de Carthage voyants que leur pays se.depeuploit peu à peu, MONT. I, Î33. Et s'ils en eussent voulu dépeupler leur terre, il y a longtemps qu'elle fust toute déserte, langue, 385. Comme.... noz villes, arsenacz, magasins.... ayent esté desgarnis et depopulés d'artillerie, pouldres et autres munitions, Ordonn. févr. <B82.
— ÉTYM. Di.... préfixe, et peupler; provenç. depopular; espagn. despoblar; portug. despovoar; ital. dipopolare.
t DÉPHLEGMATION (dé-flè gma-sion) , «. f. Voy.
DÉFLEGMATION.
t DÉPHLOGISTIQCÉ, ËE (dé-flo-ji-sti-ké, kée), adj. Terme d'ancienne chimie. Qui a perdu son phlogistique. Air déphlogistiqué, nom de l'oxygène dans l'école de Stahl avant l'établissement de la nomenclature chimique par Guiton Morveau, Lavoisier, BerthoUet et Fourcroy.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et phlogistique.
i BÉPICAGE (dé-pi-ka-j'), s. m. Voy. dépiquagb.
t DKPICATOIRE(dé-pi-ka-toi-r'), adj. Terme d'agriciiltiire. Qui concerne le dépiquage.
DÉPIÉCÉ, ÉE (dé-pié-sé, sée), part passé. Dont on peut ôter ou dont on a ôté une ou plusieurs pièces. Vêtement dépiécé.
t DÉPIÈCEMENT (dé-piè-se-man), s. m. Action de dépiécer; état d'une chose dépiécée.
— ÉTYM. Dépiécer.
DÉPIÉCER (dé-pié-sé. L'accent aigu de pié se change en accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je dépièce; excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est conservé : je dépiécerai; je dépiécerais; le c prend une cédille devant a et o; dépiéçant; dépiéçons),t>. o. Enlever les pièces; démembrer. Il y avait une douve gâtée à ce tonneau; il a fallu le dépiécer.
— HIST. xiu' s. Quant j'oi illec esté grant pièce, Li diex d'Amors, qui tout despiece Mon cuer, dont il a fait bersaut [but], Me redonne ung novel assaut, la Rose, (828. Là où sa manche li despiece. D'autre drap i met une pièce, ruteb. ii, 2to. Parquoy nous doutons que quant vostre nef venra en la haute mer, que elle ne puisse soufrir les cops des ondes, qu'elle ne sedespiesce, joinv. 283. ||xv"s. Les Gantois allèrent prendre jeau Boulle et querre en son liostel et l'emmenèrent en-my la rue; et là fut despiece pièce à pièce; chacun en emportoit une pièce, FROiss. u, u, 88. Et plusieurs autres le suivirent, pour gravir et monter sur un pont qui làestoit, dont les ennemis avoient despiece plusieurs ais, Bouciq. 1, ch. t4.
— ÉTYM. Le même que dépecer.
tDËPIÉTER (dé-pié-té), t). o. Terme de fabricant de drap. Cotonner le drap, le rendre partout égal, uni.
t t . DÉPILAGE (dé-pi-la-j') , s. m. Action d'ôter des peaux le poil et l'épiderme.
— ÉTYM. Dépiler.
t 2. DÉPILAGE (dé-pi-la-j'), s. m. Voy. dépiie- MENT.
t DÉPILANT, ANTE(dé-pi-lan, lan-t'), adj. Qui fait tomber les poils. Poudre dépilante.
DÉPILATIF, IVE (dé-pi-la-lif, ti-v'), adj. Qui ..it tomber le poil, les cheveux.
— ÉTYM. Dépiler; provenç. depilatiu.
DÉPILATION ( dé-pi-la-sion ; en vers, de cinq
syllabes), ». (. Action de dépiler; résultat de cette action. La dépilation est le résultat, soit de certaines maladies de la peau, soit de l'application des médicaments vésicants.
— HIST. xvf s. La teigne délaisse souvent, après «tre curée, une dépilation, et reproche au chirurgien, PARÉ, XV, 2.
— ETYM. Dépiler ; provenç. depilacio.
DÉPILATOIRE (dé-pi-la-toi-r'), ». m. Drogue,
préparation qui fait tomber le poil. Les dépilatoires sont en général des préparations caustiques, faites soit de chaux vive, soit de quelque autre substance alcaline ou de sulfure d'arsenic. |{ Adj. Pommade dépilatoire. Onguent dépilatoire.
— HIST. XVI* s. Par l'indeue application des dépilatoires, PARÉ, XV, I.
— ÉTYM. Dépiler.
DÉPILÉ, ÉE (dé-pi-lé, lée), part, passé. Peaux dépliées.
t DÉPILEMENT (dé-pi-le-man), ». m. Enlèvement des piliers réservés dans une couche.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et pile ou pilier.
DÉPILER (dé-pi-lé), t). o. || 1» Faire tomber les cheveux, les poils. On dépile les peaux avant de les tanner. || 2° Se dépiler, v. réfl. Perdre son poil, en parlant d'un animal.
— HIST. XVI* s. Les parties hautes de la teste dépliées [sans cheveux] , paré, iv, 3. La partie que voudrez depiler, id. xxv, 47.
— ÉTYM. Provenç. depilar; du latin depilare, de la préposition de, et pHus, poil.
■f D15PINGLAGE (dé-pin-gla-j') , ». m. Action de dépingler.
fDÉPINGLER (dé-pin-glé), v. a. Enlever les épingles d'une toile tendue par les bords.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et épingle. La forme régulière serait désépingler.
t DÉPIQUAGE (dé-pi-ka-j'), ».m. Action de faire sortir le grain de son épi, mode de battage, principalement en usage dans le Midi, qui s'opère à l'aide du piétinement de mulets ou de chevaux, quelquefois même de bœufs.
— ÉTYM. Dépiquer 2.
4. DÉPIQUÉ, ÉE (dé-pi-ké, kée), part, passé de dépiquer t. Qui n'a plus de piqûres. Étofl'e dépiquée. Il Fig. Qui n'est plus piqué, fâché.
t 2. DÉPIQUÉ, ÉE (dé-pi-ké, kée), part, passé de dépiquer 2. Grain dépiqué.
t. DÉPIQUER (dé-pi-ké), v. a. \\ l' Défaire les piqûres faites à une étofl'e. || 2° Terme de jardinage. Enlever un jeune plant qu'on a fait venir de graine et qu'on va planter, repiquer ailleurs. || 3° Fig. et familièrement, dissiper la pique, l'humeur, le mécontentement qu'une chose donne à quelqu'un. Ce gain-là me dépique de toutes mes pertes, voit. Lett. 99. Il 4° Se dépiquer, v. réfl. Cesser d'être fâché. Je me suis dépiqué avec le roi de Prusse, qui est beaucoup plus régulier [àécrire] quelui [le maréchal de Richelieu], volt. Lett. Mme de Graffigny, 22 mars 1768. Il Se dédommager, se venger. Rebuté de ne pouvoir prendre avec les jésuites , Fénelon se tourna aux jansénistes pour se dépiquer, parl'esprit et par la réputation qu'il se flattait de tirer d'eux, de la fortune qui l'avait méprisé, st-sim, 31, t06. Philippe le Bel, pour se dépiquer, chassa tous les Juifs du royaume et s'empara de leur argent, volt. Mœurs, 65. C'est à quoi [jouer la comédie] nous avons passé notre hiver, pour nous dépiquer du malheur de nos armées, id. Lc(t.Foisenon, mars (758. Et en vérité, un homme qui a le malheur d'avoir lu la cosmologie de Christian Wolf, a besoin de la vôtre pour se dépiquer, id. Lett. Maupertuis, (Oaoût (74).
— REM. Se dépiquer, cesser d'être fâché; mot fort à la mode présentement à la cour, de caillières, 4690.
— HIST. XIII' s. Il m'ont atorné malement, U m'ont tôt dépiqué le dos, Ren. 4264. Tu qui si m'en mors et dépiques.... la Rose, 7445.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et piquer. Dépiquer, dans l'ancien français, signifiait piquer fortement.