‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 45 sur 388 · DÉPLOYER · texte numérisé non relu

DÉPLOYER

t DÉPLISSAGE (dé-pli-sa-j'), s. m. Action de déplisser.

DÉPLISSÉ, «E (dé-pli-sé, sée), part, passé. Une

collerette déplissée.

DÉPLISSER (dé-pli-sé), «. a. \] 1* Défaire les plis d'une étoffe, d'une toile. || 2° Se déplisser, v. réfl. Cesser d'être plissé. Cette chemise s'est déplissée.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et plisser.

DÉPLOIEMENT (dé-ploî-man) , s. m. ||1» Action

de déployer; état de ce qui est déployé. Le déploiement d'un drapeau. || Terme militaire. Manœuvre par laquelle on développe en ordre de bataille une troupe qui était en colonne. {| 2° Fig. La France fait un déploiement de forces considérables. Quand la nation s'élance du néant de la servitude vers la création de la liberté., quand la politique va concourir avec la nature au déploiement immense de ses hautes idées, mirab. dans laveaux.

— ÉTYM. Déployer. On trouve desploi dans le xvi' siècle : De là on marche à l'entreprise de Chaumont; elle ne fut pas trouvée raisonnable au desploi des eschelles, d'aub. Uist. m, 82.

t DÉPLOMBAGE (dé-plon-ba-j'), t. m. Action de déplomber.

t DÉPLOMBER (dé-plon-bé), v. a. Enlever les plombs mis par la douane sur un ballot.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, etpiomft.

DÉPLORABLE (dé-plo-ra-bl'), adj. \\ 1* Qui mérite

d'être déploré. La déplorable situation de cette multitude d'hommes, de femmes, de filles que la faim dévore et dont la vie est moins une vie qu'une mort lente, bourdal. Exhort. Charité envers les pauvres, t. i, p. <9. Le monde est ridicule, et j'en ris; il est déplorable, et vous en pleurez, fén. Dial. des morts anc. Démocr. Heraclite. De ce sang déplorable Je péris la dernière et la plus misérable, rac. Phèd. i, 3. Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire'/ id. Esth. 1, 2. Longtemps j'ai parcouru nos déplorables villes, c. delav. Vépr. sicil. \, 1. 1| 2° Malheureux, dont le sort mérite des pleurs, en parlant des personnes et dans le style soutenu ou poétique. Ce déplorable chef du parti le meilleur, corn. Pomp. i, <. Vous voyez devant vous un prince déplorable.... RAC. Phèd. n, ï. Phèdre épargnait plutôt un père déplorable, m. ib. iv, t. Prêt à suivre partout le déplorable Oreste, m. Andr. Vous n'irez point, Ô mère déplorable, volt. Uérope, m, 6. Achille revenait de traîner avec joie Le vainqueur de Patrocle autour des murs de Troie, Et, dans sa tente assis, il vendait à prix d'or Le corps défiguré du déplorable Hector, MALFiL. Génie de Virgile. Si tes pressentiments étaient fondés et que ton déplorable ami ne fût plus, le meilleur parti qui resterait à prendre serait de laisser son histoire et tes malheurs ensevelis avec

lui,!. J. B0U88. nél. IV, a. Il 8* Fâcheux, funeste. Un choix déplorahle. Une déplorable polémique. Le roi vit, et ce misérable [Clialel, assassin de Henri IV] , Ce monstre vraiment déplorable Qui n'avait jamais éprouvé Que peut un visage d'Alcide, A commencé le parricide, Mais il ne l'a pas achevé, malh. ii, 4. Il Familièrement. Très-mauvais. Un style déplorable.

— f.TVM. Déplorer.

DÉPLOKABLKMKNT (dé-plo-ra-ble-man), odl).

D'une manière déplorable ; très-mal.

— ÈTYM. Déplorable, tt le suffixe ment.

t DÉFLORATION (ilé-plo-ra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. (■ Action de déiilorer. Usité seulement comme nom de certaines poésies qui contiennent des lamentations.

— ÈTTM. Lat. deflorationem , do deplorare, déplorer.

DÉPLORÉ, ÉE (dé-plo-ré, rêe), part, passé. fl 1" Sur quoi on a pleuré. Des malheurs longtemps déplorés. || 2" Désespéré, dont on désespère. Tu remettras en assurance Leur salut qui fut déploré , UAUi. 111, î. Nous nous assurons en quelque chose de divin qui accompagne voire personne, et qui porterait bonheur à des affaires encore plus déplorées que les nôtres, balz. Disc, à la rég. Plus que ne m'a permis un sort si déploré , coim. D. Sanch. III, i. Ce qu'il [Lauiun] a perdu est sans prix; mais les bonnes grâces du roi, qu'il a conservées, sont sans prix aussi , et sa fortune ne paraît pas déplorée, sÉv. 41. lia rétabli sa poitrine entièrement déplorée, iD. «04. Sa santé est tellement déplorée depuis quelque temps, ID. 562. L'embarras devint grand : notre affaire se regardait comme déplorée, ST-sm. 4 8, 2t5. Votre sort est comme déploré aux -/eux de Dieu, mass. Car. Parole. Il n'est presque point de pécheur, quelque déplorée que soit sa vie, qui.... iD. ib. Samar. Les pécheurs les plus déplorés trouvent encore en eux des sentiments de justice, ID. ib. Uesp. hum. Ses miséricordes pour les âmes les plus déplorées, iD. t6. Conf.

— HEM. Déploré, dans le sens de désespéré, est un latinisme, et présentement peu usité; mais il l'a été beaucoup au xvii* siècle; et, en l'employant bien, on pourrait encore s'en servir; il faudraitsurtout se régler sur les exemples de Massillon.

DÉPLORER (dé-plo-ré), v. a. Plaindre avec un profond sentiment de pitié, de regret. Fuyez et laissez-les déplorer leurs malheurs, cobn. Uor. n, 7. Nous voyons que Dieu seul est sage; et, en déplorant vainement les fautes qui ont ruiné nos affaires, une meilleure réflexion nous apprend à déplorer celles qui ont perdu notre éternité, avec celte singulière consolation qu'on les répare quand on les pleure, boss. Heine d'Anglet. Tous ces désordres que nous déplorons assez, mais que nous ne corrigeons pas, BOUBD. i" Dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 47. Mais non, fais mine un peu d'en être mécontent. Pour la voir aussitôt, de douleur oppressée. Déplorer la vertu si mal récompensée, BOiL. Sat.x. Il Enparlantdespersonnes,dansle style soutenu ou poétique. Us s'estiment heureux alors qu'on les déplore, cobn. Hor. ni, 2. Infortunés tous deux depuis qu'on vous déplore, bac. TUéb. v, 2.

— HIST. xvi* s. Le grand seigneur, la voyant déplorée [éplorée] outre mesure, l'envoya en grande pompe à Constantinople, yveb, p. 644. Ilz se meirent à regretter et déplorer ensemble leurs misères et leurs malheurs; encore avoient ils quelque débile espérance que leurs affaires n'estoient pas de tout point déplorez, tant comme Alcibiades seruit vivant, AHYOT, Aie. 78. Souventes fois l'on voit plusieurs playes et autres maladies, après avoir esté délaissées et déplorées, guérir, pabé, x, 28. Si le cœur en est saisi , la vie est déplorée et briefve , et les malades meurent souvent en mangeant, beuvant, et en cheminant, ID. xxiv, 37. Il leur demanda de rechef fi pour certain ils le tenoient tous pour déploré [perdu, mort], iD. m, 74 4.

— ÊTYM. Lat. deplorare, do la préposition de, et plorare, pleurer.

DÉPLOYÉ, ÉE (dé-plo-ié, iée), part, passé. Qui n'est plus ployé. Les drapeaux déployés. Une serviette déployée et jetée négligemment, diderot, Salon de 4765, CEuvres, t. xiii, p. 425, dans pou - GERS. Il Familièrement. Rire à gorge déployée, rire de toute sa force. Ils riaient à gorge déployée de la visite, nAHiLT. Gramm. 7. || Manifesté. Le courage déployé en cette circonstance.

DÉPLOYER (dé-plo-ié; plusieurs disent dé-ploiié), je déploie, tu déploies, il déploie, nousdéployons, TOUS déployez, ils déploient; je déployais, nous déployions, vous déployiez; je déployai; je déploierai; je déploierais, déploie, déployons; que je dé-

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ploie, que nous déployions, que tou» déployiez, qu'ils déploient; que je déployasse; déployant, déployé, V. a. Il i* Étendre ce qui était ployé. Déployez en son nom cet étendard fatal, bac. Baj. i, 4 . Il nous a déployé l'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat, id. ib. v, 41. Lorsqu'on vit déployer ces drapeaux suspendus, volt. Sémiram. i, 4. Comme un cygne argenté qui s'élève et déploie Ses blanches ailes sur les eaux, la- HABT. Uarm. i, lO. || Poétiquement. On déploie aujourd'hui l'étendard de la guerre [on déclare la guerre], volt. Alx. m, S. || Familièrement. Déployer ses jambes, s'en aller, s'onfuir précipitamment. Il 2* Terme de chasse. Déployer ou déplier le trait, allonger la corde de crin qui tient à la botte du limier; ce qui se fait pour entrer en quête. Il Terme de la théorie militaire. Déployer la colonne, passer de l'ordre en colonne à l'ordre de bataille. Déployer une armée, lui faire occuper un plus grand espace de terrain. 11 envisage aussitôt et le mal et le remède : il s'arrête, fait volte-face, déploie ses divisions à droite du grand chemin, et contient dans la plaine les colonnes russes qui cherchaient & lui faire perdre cette route, ségur, Hist. de Nap. \x, 40. || 8' Kig. Faire paraître, manifester. Quelque sévérité que sur eux on déploie, COBN. Poly. 1, 3. J'ai son pouvoir en main; mais, s'il me l'a commis, C'est pour le déployer contre ses ennemis, id. ib. m, 3. Pour les mettre en déroute eux et tous leurs complices, Je n'ai qu'à déployer l'appareil des supplices, id. Pomp. iv, 5. Oueli|ues efforts qu'on fasse et quelque art qu'on déploie.... ID. Tile et B&én. iv, 2. Allons à ses pieds avec joie Nous louer des bontés que son cœur nous déploie, MOL. Tart. V, 8. Vous pouviez déployer, sincère impunément, La fierté d'un héros et le cœur d'un amant, volt. Sémiram. ii, 4. Non, je n'ai point assez déployé ma colère, id. Orphel. v, 4. || 4» Se déployer, V. réft. N'être plus ployé. Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie, bac. Iphig. m, 3. || Par extension. Le feu, dont la flamme en ondes se déploie, BOiL. Sat. vi. || Fig. Vos caresses liientôt pourront se déployer, corn. 7/or. iv, 2. Que la rage du peuple à présent se déploie, in. Poly. v, 4. Souffrez donc qu'avec vous tout mon cœur se déploie, m. Agésil. i, 4. Vous verrez tout ce cœur soudain se déployer. Suivre ce qui lui plaît, braver ce qui l'irrite, m. Attila, ii, 8. La liberté française en ces vers se déploie, boil. Art p. ii. Et tandis qu'à l'envi leur amour se déploie, bac. Iphig. u, 4. Les chiens à qui son bras a livré Jézabel, Attendent que sur toi sa fureur se déploie, m. Athal. m, 5. L'histoire secrète de notre cœur se déploiera alors tout entière devant nos yeux, mass. Av. Jug. dern. Madame, il faut enfin que mon cœur se déploie, volt. Mérope, i, 3. Cet esprit d'orgueil était si fort enraciné dans eux [les jésuites], qu'il se déployait avec la fureur la plus indécente, dans le temps même qu'ils étaient tenus à terre sous la main de la justice, ID. Dict. phil. jésuites. Quel nuage soudain sur vos traits se déploie? c. dklav. Vép. sicil. i, 4. Il Se déployer, se dit aussi d'une troupe qui passe de l'ordre en colonne à l'ordre en bataille. || 6* Y. n. Terme de marine. Synonyme de déferler.

— HIST. xii's. Le brief [il] desploie, Ronc. p. 26. Es roides lances les gonfanons desplois [déployés] , ib. p. 4 30. Chascuns d'eus offre son gage à desplier, t&. p. 487. Bêle lolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Coust un fil d'or, l'autre de soie. Romancero, p. 63. Jusqu'à Paris irons baniere desploie, Sai: xxxu. || xiii* s. Lors baissent les lances et peignent les chevaus, en escriant : Lombars, banieres desploïes, H. de valenc. xxv. Prise sera [la seigneurie], sans cop sentir De mangonel ne de perriere, Sans desploier au vent baniere, laRose, 44484. Quand eleot [ouit] lecomandement. Le pan de la chemise prent, Legierement le despleiat, mabie, Gugemer. Li reis comanda à despleier son oriflambe, Uist. occid. des croisades, t. u, p. 182. Il XIV* s. Moult est la science mauvaise. Qui n'est moustrée [montrée] ne desploiie, j. de condet, p. 404. X bannières desploiées, BERCHEUBE, f* 36, verso. Il XVI* s. On veit soudainement les soixante naves de Cleopatra dresser les matz, et desployer voiles pour prendre la fuitte, amvot, Anttm. 86. Quand il vouloit desployer sa faconde, m. Péricl. 5. Il allachargerCleombrotus,avant qu'il peustdesployer et eslargir la poincte droitte de sa bataille, m. Pélop. 40. Il se mocque et gaudist d'euli à gorge desployée, id. Comment discerner le flatteur, 25. Amour a fait ma langue desployer. Et ma maindextre à t'escrire employer, marot, i, 325. Ils la pourront [leur haine] en premier lieu dcsploycr contre

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les diables, lanoue, 75.QuandT0iu vous promenez au palais de Paris, et passez devant les boutiques des peintres, vous vous arrestez bien deux heures à contempler quelque belle peinture, qui y sera desployée, id. 462. Toyqui despluyessur ton semblable des condamnations éternelles, id. 74.

— ETYM. Dé. .. préfixe, et ployer; Berry, dépiéger, dépleyer; provenç. desplegar, despleiar ; espagn. desplegar; portug. detpregar; itaL ditpitgare.

DÉPLUMÉ, ÉE (dé-plu-mé, mée), part, passé. Ije geai déplumé et chassé par les autres geais. Il Avoir l'air déplumé, se dit de quelqu'un qui, ayant eu l'extérieur de l'opulence, a aujourd'hui celui de la misère.

DÉPLUMER (dé-plu-mé), e. a. || 1* ôter les plumes. Quand les petits garçons déplument leurs moineaux.... VOLT. Ùial. xxiv, 4. Il Kig. Si quelque autre personne veut déplumer le hibou [tracasser, persécuter le hibou. Voltaire], il ira tout doucement mourir ailleurs, id. Letl. Mme deSt Julien, 3 mars (769. Il î* Se déplumer, v. réfl. S'arracher les plumes l'un à l'autre. || Perdre ses plumes l.cs oiseaux se déplument pendant la mue. || Familièrement. Perdre ses cheveux. Vous commencez à vous déplumer.

— HIST. XV* s. Y est Colart de Tangues desplumez [sans cheveux], E. desch. Poésis mss. f* 224, dans LACUBNE. Notre curé, se voyant ainsi déplumé d'amendes et de condamnations, louis xi, Souv. xav. Il XVI* s. Le signe de parfaite cuisson est, que l'on mette une plume d'oye, et elle sera subit desplumée, PARÉ, xxv, 47. Prenés deux pigeons blancs, despliimés-les, o. de serres, «74. Il tente la voyu des cieux, Croyant en des ailes de cire. Dont Phœbus le peult déplumer, nu bellat, m, 44, recto. J'aimeray quelqu'un qui me sache déplumer [Ater les plumes du geai, reconnaître ce que j'emprunte aux anciens], mont, h, »».

— ÊTYM. Dé.... préfixe, elpiumer.

t DÉPOCHER (dé-po-ché), v. a. Tirer de la poche. Il Absolument. Débourser.

— HIST. XVI* s. Lors Forgier en toute simplesse approcha, tirant ung unzein [sorte de petite monnaie] de son baudrier, pensant que Harquet luy deust despocher de ses fouaces, bab. Garg. i, 26.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et poche.

t DÉPOINTAGE (dé-poin-U-j'), ». m. Action de dépoinler.

+ DÉPOINTER (dé-poin-té), v. a. Couper les points qui tiennent les plis d'une pièce d'étoffe.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et point.

t DÉPOLARISATION (dé-po-la-ri-za-sion) , s. f. Terme de physique. Action de dépolariser.

t DÉPOLARISER (dé-po-la-ri-zé) , v. a. Terme de physique. Faire perdre l'état de polarité. Dépolariser un barreau aimanté, lui faire perdre ses propriétés magnétiques , et, par conséquent ses pôles. Il Faire cesser l'état de polarisation de la lumière.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et polariser.

4. DÉPOLI, lE (dé-po-li, lie), part, passé de dépolir. Qui n'est pas ou n'est plus poli. Du verre dépoli, verre qui a subi le dépolissage.

2. DÉPOLI (dé-po-li), s. m. État de ce qui est dépoli. Le dépoli d'une surface.

DÉPOLIR (dé-po-lir), c. a. || 1* ôter le poli de quelque chose. || 2* Se dépolir, v. réfl. Perdre le poli. Le fer se dépolit proinptement.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et polir.

t DÉPOLISSAGE (dé-po-li-sa-j') , ». m. Action de dépolir un verre, une glace, un cristal, ce qui fait que la lumière passe il est vrai à travers, mais non l'image des objets.

— ÊTYM. Dépolir.

t DÉPOLISSEMENT (dé-po-li-»e-man) , ». m. Synonyme de dépolissage.

DÉPONENT (dè-po-nan), adj. m. Terme de grammaire latine. Un verbe déponent et, substantivement, un déponent, verbe qui a le sens actif et U forme passive. || On dilaussi au féminin : une forme déponente; la conjugaison déponente. Il Semi-déponent ou demi-déponent, nom proposé par Burnouf pour les verbes latins qui comme gaudeo ont la forme active au présent et aux temps qui s'en dérivent, et la forme passive garisus sum au parfait et aux temps qui s'en tirent. Les verbes français qui se conjuguent avec l'auxiliaire être sont des semi-déponents dans ce sens.

— ÊTYM. Lat. deponens, de deponere, déposer, quitter, parce que le verbe dépose le sens passif; de la préposition dt, et ponere, poser (voy. pondre)

t DÉPOPULAKISATION (dé-po-pu-U-ri-i«-sion), s. f. Perle de la popularité.

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MÉPOPCLARISÉ, ÉB (dé-po-pu-la-ri-zé, zée), vart. passé. Le ministre dépopularisé par les mesures fiscales qu'il prit.

BÉPOPDLARISER (dé- po-pu-la-ri-zé), o. a.

Il 1° Faire perdre l'affootion, la faveur du peuple. Il 2° Se dépopulariser, v. réfl. Perdre sa popularité. L'homme-peuple est le plus sot et le plus méchant des hommes; se dépopulariser ou se rendre meilleur, c'est la même chose, dider. Règne de Claude et Néron, u, 36. Un ministère qui ne veut pas couvrir l'insuffisance des revenus par des impôts pour ne pas se dépopulariser, penchaud banquier (en 4780), dans uoluen, Mém. d'un ministre du trésor, t. I, p. 74.

— REM. Dépopulariser ne se trouve dans le Dictionnaire d« l'Académie qu'à partir de l'édition de 1836.

— f.TYM. Dé.... préfixe, et populariser.

t DÉPOPDLATEUR (dé-po-pu-la-teur) , s. m. Celui qui dépeuple. Ses sectateurs croyaient l'honorer en l'appelant le dieu des armées, le père du carnage, le dépopulateur, l'incendiaire, eaynal, Hist. phil. V, t. Il Adjectivement. La petite vérole, fléau dépopulateur. Hordes dépopulatrices.

— ÉTYM. Voy. dépopulation; provenç. depopulaire; espagn. depopulador ; ital. dispapolatore. le provençal depopulaire est le nominatif, du latin depnpHidIor; le régime serait depopulador, de depopvlatôrem.

DÉPOPCLATION (dé-po-pu-la-sion ; en poésie, de six syllabes) , s. f. L'état d'un pays dépeuplé, ou dont la population diminue.

— HIST. iiv* s. Pour chascune de ces quatre causes peut venir déluge particulier ou dépopulation, ORESME, Thèse de meunieh. || xV s. La dépopulation des ouvriers du dict msstier qui estoit provenue en la dicte ville à l'occasion des guerres, Statuts des tanneurs de Coulommiers , dans Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 663. Quans chasteaulx et fauli bourtjs brûlez, Quans édifices mis par terre, Quans pays robes et pillez Par ceste malheureuse guerre! Quel mal en est-il advenu! Quelle depopulacion I martial de paris. Vigiles de Charles VII, t. I, p. to, dansLACURNE. Si devons de ce avertir le roy en luy requérant et conseillant qu'il y mette remède et fasse faire justice et raison de ceux qui sont cause de la dépopulation du peuple, duclos, Preuves de Louis XI, p. 289, dans lacur.ne.

— £tym. Lat. depopulationem , ravage, de la préposition de, etpopulari, ravager.

DÉPORT (dé-por; le ( ne se lie pas; au pluriel, ['s ne se lie pas) , s. m. || 1° Terme de procédure. .\ction de se récuser soi-même. Le déport d'un juge, d'un expert. || 2° Terme féodal. Droit qu'avait un seigneur de jouir du revenu d'un fief, la première année après la mort du possesseur. || Terme d'église. Droit que certains évêques avaient de prendre le revenu des églises paroissiales qui vaquaient par mort, k cause qu'ils avaient soin d'y faire célébrer l'office divin. Imposer des taies sur les bénéfices sous le nom de successions, déports, incompatibilités, volt. Louis XIV, 35. Il 3° Terme de procédure. Délai, retardement; il ne s'emploie que dans la locution adverbiale: sans déport, c'est-à-dire incontinent, surle-champ. Il 4" Terme de bourse. DilTérence du loyer des titres sur l'intérêt de l'argent quand elle est à l'avantage des titres, l'acheteur à découvert voulant continuer son opération et se trouvant dans la nécessité d'emprunter des titres. La quantité de titres de chaque nature est hmitée ; ainsi il y a un nombre limité de rentes, un nombre limité d'actions ou d'obligations de chaque chemin de fer, etc. : supposons que l'on ait vendu à terme et à une même époque une certaine somme de rentes sans avoir les titres en main, ce qui s'appelle, en termes de bourse, vendre à découvert; comme on ne doit livrer ces titres qu'à l'expiration du marché à terme, on conçoit parfaitement qu'une personne, dans l'espérance de voiries cours baisseravantl'expiration du marché, ait vendu à découvert, c'est-à-dire sans posséder de titres, se promettant de racheter avant l'arrivée de la liquidation; mais si, loin de baisser, les cours se soutiennent, ou montent même, il est certain qu'à l'expiration du marché il faudra, ou que le vendeur perde une différence en rachetant ce qu'il a vendu à découvert, ou bien qu'il continue son opération, comptant réussir à ne pas perdre ou même à gagner s'il a du temps devant lui. Dans ce dernier cas il devra chercher des prêteurs de titres, leur offrant un avantage qui sera d'autant plus fort que le nombre des personnes dans le même cas sera plus grand, que le nombre des prêteurs sera restreint, et surtout que ces prêteurs auront intérêt à faire monter

' DICT. D£ LA LANGUE FAAM^ISE.

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les cours, et pour cela à contraindre les vendeurs à découvert à s'exécuter, c'esl-à-dire à racheter. C'est le prix du service rendu, en ce cas, par le prêteur de titres que l'on appelle déport, courtois. Des opérations de bourse. \\ 5" Nom donné, dans certains départements, à une portion de terrain imposable, enclose ou non, attenant soit à une maison d'exploitation rurale, soit à une simple maison rurale, et servant de lieu de décliarge ou de lieu de dépôt. Cette maison de ferme contient un are soixante centiares, sous-sol et déport, i.egoarant.

— HIST. XIII' s. Je desparti de lui [d'elle] outre mon gré; C'estoit la riens dont je plus me douloie; Or a la mort le déport confermé, anonyme, dans Couci. Et quant vint au jour, si contremanda un jour de déport [délai] , Chron. de Rains, 240. Et s'ele a trop grosses espaules, Por plaire as dances et as baules, De délié drap robe port. Si perra de mains lait déport, la Rose, (3648. Ge ne di pas que bien n'en port. Et par solas et par déport, Ungjoelet, se ses amis Le li a donné ou tramis, ib. 4596. Et il avenoit que, quant li segneur commandoient au sergant qu'il meist sor aucun quatre gardes, il n'i en metoit que deus, par déport ou pur bonté qu'il en avoit, braum. liv, H. Deux jovenciaux mena au port , Où mener soloit son déport [amusement] , ruteb. 11, (10. Il XV* s. Sitost que j'encontrerai un homme, et je vous fais un tel signe, si le tuez sans déport [délai], comme grand ni comme haut qu'il soit, sans attendre autre parole, froiss. i, i, 66. Car, par son bon commandement. Lieutenant vous veult ordonner De son cueur, en joyeulx déport, CH. d'orl. Bal. 68. Il ïv:* s. Pour toute aultre chose, on les empale, ou descapite sans déport, mont, iv, 200. Le pape ne peut lever aucune chose sur le revenu du temporel des bénéfices, sous prétexte d'emprunt, impost, vacant, despouille, succession, deport, incompatibilité, p. pithou, <4.

— ETYM. Voy. déporter; Berry, déport, retard; provenç. déport, amusement; espagn. déporte; ital. diporto. Outre le sens de délai, déport, dans l'ancienne langue, a le sens de manière d'être du corps et celui d'amusement.

DÉPORTATION (dé-por-ta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de déporter hors du pays. Il Dans l'ancienne Rome, espèce de bannissement, qui différait de l'exil et qui commençait par l'interdiction de l'eau et du feu, ce qui obligeait le condamné de s'éloigner du lieu dans les limites duquel cette sentence avait toute sa force ; elle était pour toute la vie; autre différence d'avec l'exil et la rélégation qui pouvaient ne durer qu'un temps. || Aujourd'hui, peine qui consiste à exiler quelqu'un dans un lieu déterminé, et, plus spécialement, à lui faire subir sa détention hors du territoire français. Ils sont condamnés à la déportation.

— ÉTYM. Lat. deportatio, dedeportare, déporter.

DÉPORTÉ, ÉE (dé-por-ié, tée), part, passé. Condamné à la déportation. Déporté à Cayenne. || Substantivement. Un déporté. Les déportés.

DÉPORTEMENT (dé-por-te-man) , «. m. || !• Conduite bonne ou mauvaise. Les mauvais déportements des jeunes gens viennent le plus souvent de leur mauvaise éducation, mol. Scapin, ii, t. Je crois qu'on ne voit rien dans mes déportements Qui puisse mériter ces mauvais traitements, Tristan, Marianne, II, 2. Il Ce sens a vieilli. {| i" Au plur. Mauvaise conduite, mœurs dissolues. Sur leurs déportemenls il faut fermer les yeux, bothou, Vencesl. iv, ). Ses déportements donnent prise à tout le monde, le comte de eussi, dans richelet. Qu'il peste contre vous d'une belle manière. Quand vos déportements lui blessent la visière, mol. l'Étour. i, 2. Si vous êtes las de me voir, je suis bi'en las aussi de vos déportements, ID. festin, IV, 8. Il 3" Terme de modeleur. Dimension superflue, destinée à compenser le retrait qu'un modèle en terre doit éprouver.

— HIST. XVI' s. Ayant tant faict d'insignes et valeureux gestes, braves et admirables deportements, carl. VI, 29. Ce doibt estre un grand contentement à un père vieil de mettre luy mesme ses enfants en train du gouvernement de ses affaires, et de pouvoir pendant sa vie contrerooUer leurs deportements,

— ÉTYM. Déporter.

DÉPORTER (dé-por-té), V. a. || !• Transporter quelqu'un dans un lieu d'où il ne doit point sortir. On a déporté les coupables. || 2° Se déporter, v. réfl. Se désister, s'abstenir. Ce magistrat s'est déporté par délicatesse. Quant au cardinalat, le prince de Conti s'en déporterait, ou la cour demanderait deux chapeaux, la hochef. Mém. 47. Us se garderaient bien de leur témoigner le moindre mépris ni des'ar-

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roger une supériorité dont ils se déporteraient volontiers en leur faveur, bourd. Pensées, t. ii, p. aoï. Il faut que cette fille se déporte de sa poursuite, à condition que M. Guillaume consentira à ce mariage, bhueys, Avocat pat. m, 9.

— HIST. xri' s. Soz une oUve se sist por déporter [avoir du plaisir), Ronc. p. *. Bêle pour qui [je] chant et déport [joue], merci! Couci, iv. Car Charles les déporte [favorise] et nous tient si destrois. Soi. xviii. Il xiii' s. Et por ce qu'ils sevent que je sui à si prant meschief, voelent que je me déporte [renonce à] de toute cette tierre, H. de valenc. xix. Et lors faire jurer à ces quatre preudomes noveaus esleus les sermenz devant diz, et lors doit il les quatre premiers esleus déporter de leur services, Liv. des met. <34. Et ki onques trespasseroit cest ban, il serait à dix livres [d'amende], et si perderoit l'oevre ki ne seroit ouvrée an fuer [litre] ki est dis, et se li convenroit déporter de l'ouvrage un an, TAiLLiAR, Recueil, p. 240. La roche porte un bois doutable, Dont li arbre sont merveillable : L'un est brehaigne et riens ne porte; L'autre en fruit porter se déporte [se complaît|, la Rose, 5974. Amors l'aïoit [la flèche] faite à ses mains, Por les fins amans conforter, Et por lor maus miex déporter [adoucir], ib. 1886. Se il connoist les loiax des triceurs, il porra et devra les loiax traire près de li et conforter et déporter, s'il ont mestier de confort et de déport, BF.AUM. 24. Il avient souvent que li rice, qui sunt gouverneur des besongnes de le [la] vile, metent mains [moins] qu'il ne doivent, eus et lor parens, et déportent [déchargent] les autres rices homes, |)or ce qu'il soient déporté, et ensi cort tous li frès sor le commun des povres, m. l, to. Puisqu'eles sunt prudes femes de lor cors, elles doivent estre déportées moult d'autres vices, ID. lvii , «. Et aussi, se li accusés se veut desporter d'estre tesmoins, il ne convient pas qu'il en face plus se il ne veut, ID. VI, (6. Il XV' s. Li maire et les pers jureront que nulz de la commune par amitié ilz ne déporteront [exempteront], ou nulz par inimitié ne blecheront [surchargeront], Ordonn. sept. (486. Et lui fit prier que pour Dieu il se voulust déporter et retraire, froiss> i, I, 88. Or nous deporterons-nous de parler de la matière des deux rois.... ID. i, I, 446. Et se tailloient les riches [de Gand] , et deportoient [exemptaient] les pauvres, in. ii, ii, J2|. Et escripvit au roy, lui suppliant qu'il se voulsist déporter de ceste entreprinse, comm. ii, 5. || xvi* s. Aulcuns lui tindrent compaignye , les aultres s'en depourtarent, rab. Car. i, 4i. De tout ce négoce je me depourtoys [remettais] sus vostre bonne voulenté et paternel commendement, ID. Pont, lu, 48. Comme de fait je me suis toujours déporté de paroles outrageuses et piquantes, et ai presque partout tellement attrempé mon style, qu'il a esté plus propre à enseigner qu'à tirer par force, calvin, 29. Deporte-toi de m'affliger, et je serai remis en vigueur, id. tôt. J'ai si grand honte de raconter telles vilenies, que je me déporte de passer outre, ID. Instit. 64. Si cuida Theseus au commencement user de force, mais il fut contraint par les brigues et menées ds ses adversaires de s'en déporter, amyot. Thés. 43. Les ambassadeurs dirent que Tarquinius se deportoit de plus vouloir rentrer en son royaume et de faire la guerre, id. Pttbl. 4. Cest Antiphates avoil autrefois esté beau jeune garson, et lors s'eslolt déporté [conduit] fièrement envers luy sans en faire compte, ID. 'J'hém. 36.

— ÉTYM. Berry, se déporter, s'exempter; provenç. et espagn. deportar; ital. diportare; du latin deportare, de la préposition de, elporlare, porter.

t DÉPORTUAIRË (dé-por-tu-ê-r' ) , s. m. ferma de droit canon. Celui qui était chargé du déport d'un bénéfice pendant Tannée où il était vacant.

— ETYM. Déport.

f DÉPOSABLE (dé-pô-za-bl') , adj. Qui peut Un mis en dépôt. Cette somme estdéposableàla caisse d'épargne.

— RTYM. Déposer.

DÉPOSANT, ANTK ( dé-pô-zan , lan-t' ) , adj. Il 1° Terme de procédure. Qui fait sa déposition devant le juge. Tels et tels témoins déposants. || Substantivement. Tous les déposants disent la même chose. La déposante a ajouté. || Plus n'en sait le déposant, formule de pratique, dont on se sert aussi làmilièrement pour indiquer qu'on a dit tout ce qu'on savait. Il 2* Celui qui fait un dépôt. || Celui, celle qui fait un dépôt à la caisse d'épargne, ou dans tout autre établissement. 11 y a eu cette semaine à la caisse d'épargne presque autant de déposantes que de déposants.

t DÉPOSE (dô-pô-z'), s. f. Terme de construction.

DEP

Enlèvement d'un objet scellé, d'une pièce de charpente, etc. Il Ou dit dans le même sens dépose de rideaux de lit ou de fenêtre.

— ÊTYM. Voy. Df.POSER.

DÉPOSÉ, ÉE (dé-|)ô-zé, zée), part, passé. \\ 1" Mis bas. Un fardeau déposé. || 2* Mis en dépôt. De l'argent déposé elle/, un banquier. || i' Abdiqué. La dignité impériale déposée par Ch.irles-Ouint.jl 4" À qui on a 6ié une dignité. L'empereur Louis le Uélionnaire déposé par se» sujets. Mustapha fui pris, déposé en céréinunie, et son frère tiré du sérail pour devenir sultan, volt. Charles XII, 6.

DÉPOSKR (dé-piVzé), v. a. || 1" Poser une chose que l'on portait. 11 dùpcsa son fardeau. Du tonnerre vengeur s'en va tout embraser, Et, tranijuille, à sca pieds revient le déposer, bac. Esth. prol. |{ Déposer son farileau, se dit qut'l(|uefois d'une fenmie qui accouche. Il Déposer le masque, ôter le masque qui couvre le visage; et fig. se montrer tel qu'on t^t, ne plus rien dissimuler. || Klg. Déposer sa fierté, quitter la fierté qu'on avait. Je dépose àvos pieds l'éclatde leur faux lustre, coiiN.Po/y. v, e. Celui qui se propose de trouver la vérité déposera ses [iréjugés, DiDEhOT, Opin. lies anc. phil, (ï'/iomusiui). Comme un poids importun , déposez votre haine, delav. Paria, v, 4. Déposer le fardeau des misères humaines. Est-ce donc là mourir? uamaht. ttédit.i, 27. Il 2° Mettre (sans idée accessoire). Il est défendu de déposer des ordures le long de ce mur. || Déposer son fardeau, se dit trivialement de quelqu'un qui va à la selle. || 3° Laisser aller au fond les parties épaisses, en parlant d'un liquide. Le Nil dépose chaque année un limon fécond. || Absolument. Cette liqueur dépose. Ce vin a beaucoup déposé. || 4" Mettre pour quelque temps une chose dans un lieu. Déposer sa canne à la porte d'un spectacle. Déposer des marchandises en lieu sâr. || 6* Mettre eu dépôt. Déposer un testament chez le notaire. Déposer de l'argent à la caisse d'épargne. Le cultivateur s'est vu forcé de déposer ses récoltes dans les magasins du gouvernement, iuynal, Uist. philos, v, u. Il Déposer une plainte, remettre une plainte à l'autorité judiciaire. Il Par extension, remettre. Le coeur me battait de joie durant la route, et le moment où je déposai cet argent dans ses mains, me fut mille fuis plus doux que celui où il entra dans les miennes. j. ]. Rouss. Confess. vi. || Fig. 11 dépose ses secrets dans le sein de .son ami. Voulez-vous sauver quelque chose de ce débris si universel, si inévitable? donnez à Dieu vos affections; nulle force ne vous ravira ce que vous aurez déposé en ses mains divines, Boss. Vuch. d'Orl. || 6* Donner en garantie. Déposer un cautionnement. || 7" Se démettre, abdiquer. Sylla dé|)Osa la dictature. 11 me semble surtout incessamment le voir Déposer en nos mains son absolu pouvoir, corn. Cinna, m, s. US" Dépouiller une personne d'une magistrature, d'une dignité élevée. Patrobe, Polyclète, et Narcisse et Pallas Ont déposé des rois, ont donné des États, corn. Othon, II, 2. Les évéques que l'Eglise veut déposer, pasc. Frov. <s. On ordonna que tous ceux qui refuseraient de souscrire à ces deux nouveaux articles de loi, seraient exclus et déposés du ministère at de toute fonction ecclésiastique, boss. Var. xiv, § I2<. Je puis faire les rois, je puis les déposer, rac. Bérén. ui, i. Il 9* Terme de construction. Démonter un objet posé à demeure, faire la dépose. || On dit dans le même sens, déposer des rideaux de lit ou autres. Il 10" V. n. Faire sa déposition comme témoin, rendre témoignage. Déposer en faveur de quelqu'un. Il déposa qu'il avait vu l'accusé. Il déposa avoir entendu dire que. Des témoins qui déposent de la même vérité, aoss. Ilist. ii, u. Il duposa d'un fait qu'il ne pouvait ignorer, id. Messe. Pourquoi contre vous-même allez-vous déposer? bac. Plièd. m, 3. C'est l'ennemi de Jésus-Christ qui dépose en faveur de son innocence, mass. Car. Pau. Les mondains déposent tous contre le monde , ID. Car. mélange. || Fig. Ce monument [un Mémoire écrit par Louis XIV à propos de la guerre de la succession] dépose à la postérité en faveur de la droiture de son âme [de Louis XIVJ, volt, ioui'j XIY,

38 Sont autant de témoins dont le cri glorieux

A déposé pour vous au tribunal des dieux, m. Sémiram. i, 6. Ion génie dépose contre tes principe», j. j. ROUSS. Ém. IV. Il 11* Se déposer, v. réft. Ctre mis en dépôt. Les sommes qui se déposent à la caisse d'épargne. || Abdiquer, quitter le pouvoir, une dignité. Les empereurs qui se déposaient, BOSS. Uist. I, tu. Il Aller au fond, en parlant des impuretés d'un liquide. La limon M dépose quand l'uau est tranquille.

— BEH L'Académie, en parlant da dépoitr. Mn

DËP

une déposition, dit qu'il est ordinairement neutre; et elle ne donne aucun exemple de l'emploi à l'actif. Mais au mot déposition elle dit que ce mot signifie ce qu'un témoin dépose at affirme par devant le juge qui l'entend; dans u qu'un témoin dépote elle la fait actif. Déposer est naturellement actif; et l'on peut dire déposer un témoignage at puis, elliptiquement ou intransitivement, déposer en justice, déposer contre quelqu'un. Cela remarqué, il semble que déposer ne peut être actif en ce sent qu'avec témoignage ou un mot analogue; et que, partout ailleurs, le plus st!lr et le plus clair parait être d'en faire un verbe neutre, et de dire non déposer un fait, mais déposer d'un fait.

— HIST. XII* s. Il déposât les puissanz del siège, eshaiçat les bumies, Liber psalm. p. 263. Le roi de France cui je (pensé-je] tost desposer, Et de son chief fors la corone oster. Bat. d'Aletchant, v. 2itu8. Que s'il le vunt devant l'apusmlie apeler, K'ensi le purrunt bien de sun sié déposer. Th. le mart. 42. Et se nul ad tenu séculiers poestez, E par cetes purchast [acquière] divines dignitez, Ostez seit de coinune e del tut déposez, tb. 127. Kar li reis nel fait pas pur nului déposer. Mais pur ço qu'il voldreit l'arcevesque mater. Se à sa volenté ne le peust aturner, ib. 26. {| xui* s* Roi, je t'ai servi dès t'enfance ; Mais cil qui tiennent ta balance M'ont deposé. Un dit de vrité. Des murs de Douai l'ost [ils] esgardent, Qui les biens d'environ despose [garde], c. GL'iAHT, Ifs. ^ 294, dans LACUBNE. || XV* S. Quand il sut comment le roi [Edouard 11] avoit esté pris et déposé de sa couronne, fboiss. i, i,28. Pour un il en trouvera dix, Qui contre moi déposeront [témoigneront]. Patelin. \\ xvi* s. 11 feut déposé de Testât de capitaine gênerai, mont, m, 49C. Un gendre entre les mains de qui je déposasse en toute souveraineté la conduite de mes biens, id. iv, 76. Cela mesme qu'un, tesmoing deposoit pour l'avoir veu de ses yeulx, ID. IV, 183. Collatinus se déposa luy mesme voluntairement du consulat, ahyot, Publ. 42. 11 voulut que le temple de Saturne fustle trésor publique, auquel on deposeroit tout l'argent qui se leveroit sur le peuple, id. Publ. 22. Il produisit au conseil quelques esclaves, lesquelz déposèrent qu'Alcibiadeset autres siens familiers avoient ainsi mutilé quelques autres images, id. Aie. 33. Qu'il falloit que la promesse de la vie ou autre chose lui eussent faict déposer contre la vérité, d'aub. Uist. i, 4ho.

— ETYM. Dé.... préfixe, ei poser; provenç. depausar ; espagn. dèposar. Voy. poser pour la confusion des radicaux entre poser (pauser) , et le latin positum.

t DÉPOSEDR (dé-po-zeur) , s. m. Celui qui dépose, qui ôte une dignité. Or est-il que Ravaillac, Grégoire VU et consorts, assassins et déposeurs de rois, n'étaient brin philosophes, d'alembert, Lett. à Voltaire, 4* juin <773.

— ÉTYM. Déposer.

DÉPO.SITAIRE (dé-pô-zi-tè-r") , s. m. et f. |j 1° Personne et qui l'on confie un dépôt. Dépositaire d'un trésor, d'une lettre. Un dépositaire infidèle. C'est mon dépositaire, c'est celui chez qui je fais mes dépôts. Et de dépositaire et de libérateur 11 s'érige en tyran et lâche usurpateur, cobn. Rodog. u, 3. || S* Par extension, il se dit de celui ou de celle à qui l'on remet quelque chose de comparé à un dépôt. 11 a voulu demeurer le dépositaire de ses propres charités, patru. Plaidoyer », dans richelet. Lorsque les pères cessent de vivre, ils rendent les mères dépositaires de leur pouvoir, id. «t. 27. Si de mes jeunes ans il est dépositaire, corn. Nicom. i, i. Ces dieux vos souverains et le roi votre père De leur pouvoir sur vous m'ont fait dépositaire, id. ib. m, t. Et qui la sacrifie [la justice] aux tendresses de père, Est d'un pouvoir si saint mauvais dépositaire, id. Tois. d'or. ti, 6. Dépositaire du vrai, pasc dans cousin. Les Juifs, qui étaient les dépositaires de la religion, BOSS. Uist. II, 6. Delà religion les saints dépositaires, K*c. Baj. Il, 3. Roxane vit le prince; elle ne put lui taire L'ordre dentelle seule était dépositaire, id. ib. I, t. Elle est de mes serments seule dépositaire, iD. Iphig. IV, 6. Vous devenez le dépositaire des secrets, PÉN. i'él. XIV. Recommandant votre enfance à la tendre et respectable dépositaire de votre première éducation, mass. Pet. car. Exempl. des gr. L'Académie, dépositaire des bienséances et de la pureté du goût, id. Retnerc. à l'Acad. franc. Dépositaire des plus secrets sentiments de ceux mêmes qui passent pour les heureux du siècle, id. Profess. relig. 4. Les grands sont les auteurs du bonheur du vulgaire; I.e vulgaire, à son U)ur, est le dépositaire De la célébrité des grands, cilb. le Prince deSalm. Je plains ton abandon, ta douleur solitaire;

DÊP

Pas un coeur qui, du tien zélé dépositaire. Vienne adoucir ta plaie, apaiser ton effroi, Et consoler tes pleura et pleurer avec toit a.chën. Ép. i. ù Lycust l'homme heureux, tel qu'un dieu sur la tarre. Des biens de l'indigence est le dépositaire, hillev. Élég. liv. Il, Homère. || 3* Fig. U se dit des choses. Souvent ce cabinet superbe et solitaire Des secreu de Titus est le dépositaire, bac. Uerin. i, i. On dirait que les temps écoulés sont tous dépositaires à leur tour d'un bonheur qui n'est plus, m"* de stael, Corinne. Il 4* Dans les communautés religieuses, celui, celle qui a la garde de fargent, des archives. La dépositaire fait toute seule et la recette et la dépenr^, patbu. Plaidoyer i«. dans hicuhxet. Tandis qu'elle» cherchaient là-dessous du mystère. Passe un Mazet portant & la dépositaire Certain fardeau peu nécessaire, la font. Tableau.

— HIST. xvi* s. Cest accord faict entre eulx, ilz eleurent pour dépositaire, tesmoing et arbitre Caton, AMY0T, Cat. d'Utiq. 6». De longue main chez moy, nous avons part à la louange de Lycurgus Athénien, qui estoit gênerai dépositaire et gardien des bourses de ses concitoyens, mont, iv, 93.

— ËTYM. LaL dipositarius , de depositum, supin de deponere, de la préposition de, et ponere, poser (voy. PONDRE); provenç. d«poti(an'; espagn. et ilal. depositario.

t DÉPOSITEUR, TRICB (dé-pô-zi-teur , tri-*'), (. m. et f. Celui, celle qui a fait un dépôt de mar' chandises.

— ETYM. Lat. depositor, de depositum, supin de deponere, déposer (voy. dépositaire).

DÉPOSITION (dé-pô-zi-sion ; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. || 1° Action de déposer, de poser hors, de remettre. La dé|>osition d'inscriptions de rente. Peu usité en ce sens qui est la sens propre. 113° Action de déposer, de destituer une personne élevée en dignité. La déposition d'un empereur, d'un évoque. Il lui enjoint de comparaître sous peine de la perte de son royaume et de sa déposition, maucnoix, Schisme, liv. i.dans richelet. Pour une déposition dans les formes, il fallait une assemblée générale de tous les évoques de la province, flëch. Uist. de Théodose, iv, 68. || 3* Terme de procédure. Action de déposer, de remettre un témoignage; ce qu'un témoin affirme en justice. Oui, voili U. le commissaire qui a reçu sa déposition, mol. l'Av. V, 6. Les juges n'ont la liberté de juger que selon les dépositions des témoins et selon toutes les autres formes qui leur sont prescrites, pasc i'roc. <4. Tous disent qu'ils ont vu, et leur déposition a toute l'authenticité possible, DIUER. Pens.phil. 64.

— HIST. IV* s. Nous sommes acertés de la trahison que ces ribauds moines nous ont fait, par la déposition de l'un d'eux et par nos femmes, louis xi, JVouB. XXXI. Il XVI* s. Par où l'on cognut évidemment, que toute sa déposition estoit fausse, amyot, AU. 36. Montluc parloit de devenir collonel par la déposition de Dandelot, d'aub. Uist. i, tu*.

■ — 8TYM. Voy. déposiiaibe; provenç. depositio ; espagn. dfpottcion; ital. depotixione i du latin depositiouem.

t DÉPOSITOIRE (dé-pô-zi-toi-r'), (. m. Nom donné, dans quelques localités, au lieu où l'on dépose les corps des morts, avant de les enterrer, et jusqu'à ce que la décomposition putride commence à se manifester.

— ETYM. Déposer.

DÉPOSSÉDÉ, ÊE(dé-po-sé-dé,dée), part, passé. Oui a été privé d'une possession. Dépossédé du bien de ses aïeux. Qui se trouve malheureux de n'être pa» roi, sinon un roi dépossédé? pasc. Grand. 8. Toi qui devais toujours craindre d'être trahi, dépossédé et puni de ton usurpation, fSN. Dial. des morts 9nc. Solon, Pisistrale.

DÉPOSSÉDER (dé-po-sé-dé. La syllabe se prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je dépossède; excepté, suivant l'exception anomale de l'Académie, au futur et au conditionnel : je déposséderai, je déposséderais) , v. a. Enlèvera quelqu'un la possession de quelque chose. Déposséder quelqu'un de ses biens. Romulus et Rémus rétablirent dans le royaume d'Albe leur grand-père Numitor que son frère Amulius en avait dépos-sédé, BOSS. Hisl.i, 7. I.e roi de son pouvoir se voit dépos.sédé, BAC. Iphig. v, 3. Un étranger venu de Phénicie, ayant dépossédé le roi légitime, avait pris sn place, nOLUN, Uist. anc. Œuvres, t. iv, p. 308, dans POL'GENS.

— HIST. lui* s. 0 dieux, d'entre les tiens feels les este vertueusement, et si les despossede terrienne seigneurie. Psautier, f" 70. || xvi* s. Le roy de Perse faisoit préparer une grosse armée de mer, pour

T)tV

débouter et déposséder les Lacedemoniens de la seigneurie de la manne, AMYOT, y) je'si/. 7. Ninachetuen, seigneur indois, ayant senti le premier venl de la délibération du vice roy portugais de le desposseder de la charge qu'il avoit en Malaca, mont, ii, 35.

— ÉTYM. Di.... préfixe, et poss^d^r; provenç.desposseiir; catal. desposseir; espagn. desposeer.

DÉPOSSESSION (dé-po-së-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Terme de jurisprudence. Action de déposséder quelqu'un; état d'une personne dépossédée.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et possession.

DÉPOSTÉ, ÊE (dé-po-sté, stée), part, passé.

L'ennemi déposté des hauteurs qu'il occupait.

DÉPOSTER (dé-po-sté), t). o. Terme do guerre. Chasser l'ennemi d'un poste, d'une position. Le prince d'Orange avait mis toute sa science pour déposter M. de Luxembourg, st-sim. 1 , 30. Il y avait deux partis à choisir, l'un de déposter les ennemis de vive force, l'autre de jeter des secours dans Lille, ID. 208, 63. Il Se déposter, v. réft. Quitter un poste. Les ennemis ont été forcés de se déposter, Lettre du roi sur la prise de ffamur, du 4 oct. <746, dans

BICHELET.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et poste, s. m. DÉPÔT (dé-pô; le ( ne seliepas;au pluriel, l's se

lie : des dé-pô-z en argent), s. m. || 1° Ce qu'on a déposé, donné en garde, pour être rendu ou employé à la volonté du déposant. Retirer un dépôt. Le dépôt fut rendu fidèlement. Le dépôt est une chose sacrée. Nier, violer un dépôt. || Caisse des dépôts et consignations, caisse créée le 28 avril 4 si 6, spécialement destinée à recevoir et à administrer les fonds provenant de consignations judiciaires, de cautionnements, de dépôts volontaires, etc. et à faire le service des fonds de retraite. || Être en dépôt, être confié. Mettre en dépôt, confier. Avoir en dépôt, garder à titre de dépôt Sais-tu par quel

mystère Je les laissais tous deux [les deux princes] en dépôt chez mon frère? corn. Rodog. ii, i. Jusqu'à ce que les passages [les défilés] soient mis en dépôt dans vos mains, pén. Tél. xi. Adraste avait mis cette ville en dépôt entre les mains des Lucaniens, id. Tél. xx. Du droit de commander je ne suis point jaloux. Je ne l'ai qu'en dépôt et je vous l'abandonne, corn. Sertor. m, 2. Ce peuple auquel il a mis en dépôt les prophéties, pasc. Fig. 4. J'aime à mettre mes sentiments en dépôt entre les mains d'un homme comme lui, sÉv. 6t. {| Laisser en dépôt, négliger. Locution peu usitée. Au compas du devoir il règle son courage. Et ne laisse en dépôt pourtant son avantage, Régnier, Sat. x. ||Fig. [Les vestales] Gardant fidèlement le dépôt précieux D'un feu toujours ardent qui brûle pour nos dieux.... rac. Brit. V, 8. Cette grâce efficace, qui avait été mise comme un dépôt entre vos mains, pour avoir, dans iin saint ordre [les dominicains] à jamais durable, des prédicateurs qui la publiassent au mondejusqu'à la fin des temps , se trouve comme délaissée pour des intérêts si indignes, pasc. Prov. 2. Ceux à qui le Seigneur a confié le dépôt de la foi, mass. Car. Pass. C'est un dépôt sacré ijue l'Église nous met entre les mains, ro. Pan. S. Et. 11 ne suffit pas qu'il y ait, dans une monarchie , des rangs intermédiaires ; il faut encore un dépôt de lois; ce dépôt ne peut être que dans les corps politiques, qui annoncent les lois lorsqu'elles sont faites et les rappellent lorsqu'on les oublie, MONTESQ. Esp. ii, 4. Ils [les Arabes] nous ont transmis avec gloire le dépôt des connaissances qu'ils avaient reçues des Grecs, disciples eux-mêmes des Egyptiens, laplace. Exp. V, 4. |1 Un dépôt précieux, une personne à qui l'on tient beaucoup. J'attends Antiochus pour lui recommander Ce dépôt précieux que je «e puis garder, bac. Bérén. m, 2. On voit paraître aussi sa fidèle nourrice Qui, cachée en un coin de ce vaste édifice. Gardait ce cher dépôt... iD. Àthal. V, 1. Il 2» Action de déposer, de mettre une chose en un lieu. Le dépôt d'un corps dans un caveau provisoire. || 3° Action de confier quelque chose en garde à quelqu'un; la convention faite en déposant quelque chose entre les mains de quelqu'un. Le dépôt est un contrat de bonne foi. La loi du dépôt. Dépôt volontaire, contrat de dépôt qui se fait par le consentement réciproque du déposant et du dépositaire. Dépôt nécessaire, contrat de dépôt qui est la suite d'une circonstance impérieuse, telle qu'un incendie, etc. || Dépôt des signatures et paraphes des notaires, dépôt que les notaires, avant d'entrer en charge, doivent faire de leur signature et de leur paraphe, tant au greffe du tribunal de première instance de leur déparlement, qu'au secrétariat de la mairie de leur résidence. || 4» Nom donné aux matières solides et molles qui se dépo-

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