‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 46 sur 388 · PÉP · texte numérisé non relu

PÉP

sent au fond d'un vase contenant un liquide impur ou hétérogène, jj Terme de géologie. Couches de roches aqueuses formées lors du s(''jour des eaux. Le dépôt des eaux tranquilles. || 8° Terme de pathologie. Abcès. Il se forma un dépôt à la tête, par suite du coup qu'il y avait reçu. || Collection formée par des matières sorties de leurs voies naturelles et épanchées dans le tissu cellulaire. Dépôt urineux. || 6° Lieu où l'on dépose certains objets. Dépôt de cannes, de parapluies. || Le dépôt des archives, lieu où l'on conserve lesarchives. || Dépôt de la guerre, lieu où l'on conserve les documents du ministèrede la guerre etqui renferme un grand nombre de cartes, plans, topographies, mémoires d'expéditions, etc. Le dépôt de la guerre a été établi en (688. Il Dépôt de la marine, département où les canes, plans, etc. de la marine sont construits , et qui est sous la direction d'un vice-amiral. || 7° Terme de commerce. Magasin où un homme, qui vend loin de sa résidence propre, met toutoupartie de ses marchandises à la disposition des acheteurs. Copropriétaire a établi un dépôt de ses vins à Paris. || Autrefois le lieu où l'on déposait du sel, du tabac, en attendant de les voiturer au lieu de leur distribution. || 8° Terme de guerre. Lieu de résidence des soldats qui ne peuvent suivre le régiment. || Lieu où l'on organise les cadres et où l'on exerce les recrues. || Les soldats, les recrues qui sont au dépôt. Le dépôt reçut l'ordre de se mettre en marche. || 9" Terme de procédure criminelle. Mandat de dépôt, ordre d'appréhender et d'incarcérer celui contre lequel il a été lancé. Il Dépôt de la préfecture de police, salles où l'on dépose provisoirement des prisonniers. Courier satisfit à tout et fut mis en dépôt, c'est le mot, à la salle St- Martin,p. L. conR. n, 327. || Dépôt de mendiciié, établissement où l'on recueille les pauvres. || 10° Coffre à argent et coffre aux archives dans une communauté.

— HIST. xiv* s. Se un rent à l'autre son gage ou son depost, okf.sme, Elh. t58. || xvi* s. Il le meit en depost en l'isle de Lemnos, amyot, Périd. 48.

— ÉTYM. Provenç. deposit, deposite; espagn. et ital. deposito ; du latin depositum, supin de dirponere, de la préposition de, signifiant en bas, à terre, et ponere, poser (voy. pondre).

■[ DÉPOTAGE (dé-po-ta-j'), s. m. Voy. dépotement.

DÉPOTÉ, ÉE (dé-po-té, tée) , part, passé. Changé de pot ou de bouteille. Des plantes dépotées. Du vin dépoté.

t DÉPOTEMENT (dé-po-te-man) , s. m. Action de changer de vase des liqueurs. || Action de dépoter une plante.

— ÉTYM. Dépoter.

DÉPOTER (dé-po-té), V. a. || 1* Dépoter du vin, des liqueurs, les changer de vase. Il les dépotait [des barriques] pinte par pinte pour les vendre à ses buveurs..., on aurait pu alors les dépoter et s'assurer de leur contenance. Arrêt du conseil d'État, <7 sept. (706. Il 2° Terme de jardinage, ôter une plante d'un pot avec sa terre afin de la transplanter. || Par plaisanterie, tirer d'un pot. Si Ragotin n'eût pu.... se dépoter le pied.... sa colère eût pour le moins duré le reste du jour, scarr. iiom. corn, n, 8.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et pot.

■)■ DÉPOTOIR (dé-po-toir), s. m. Lieu où l'on verse et réunit les matières encore fraîches provenant ries vidanges.

— ÉTYM. Dépoter.

DÉPOUDRÉ, ÉË (dé-pou-dré, drée), part, passé. Une tête dépoudrée.

DÉPO0DRER (dé-pou-dré), e. a. Oter la poudre des cheveux, d'une perruque. || Enlever la poussière dont un corps est couvert. {| Se dépoudrer, v. réft. Faire tomber la poudre de ses cheveux, de sa perruque.

— ÉTYM. Dé.... préfixe, et poudre; wallon, dipoutriner.

DÉPOUILLE (dé-pou-U', Il mouillées, et non dépou-ye), s. f. Il 1° En général, la peau enlevée à un animaL La dépouille d'un lion. Trouvant dans les dépouilles des bêtes de quoi se défendre des injures du temps, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 86. Il Fig. Dépouille mortelle, le corps d'un homme après la mort. Que mon fils ait perdu sa dépouille mortelle. Ce fils qui fut si brave et que j'aimai si fort, MALH.vi, 37. Ah! s'il l'était assez [magnanime] pour nous laisser du moins Au tombeau qu'à ta cendre [ô Hector] ont élevé mes soins. Et que, finissant là sa haine et nos misères. Il ne séparât point des dépouilles si chères! bac. Andr. m, 6. J'ai dénoué ses bras [de Laurence] du corps froid de son père. Et j'ai rendu cesoirladépouille à la terre, lahart. joc.

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m, 99. Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, ID. Kéd. I, t. Il î" La peau re|etée par les serpents et les insectes lors de leur mue La plus diligente de mes chenilles s'étant dépouillée, je trouvai sa dépouille arrêtée contre les parois de la boîte par des fils de soie, bonnet, Observ. iT, Insectes. || 3° Par extension. Les ronces dégouttantes Portent de sesclieveux les dépouilles sanglantes, bac. Phèd. i. 8. De la dépouille de nos bois L'automne avait jonché l.i terre. Et sur la branche solitaire Le rossignol était sansvoix, millev. Chute des feuilles. \H°\èlca)entn et tout ce que laisse un mourant. Il eut la dépouille du défunt. La dépouille d'un moine appartenait à l'abbé. Il La succession d'une personne, c'est-à-dire tout ce qu'elle laisse vacant et disponible par son abandon, par sa retraite, par sa chute. Il est assez de geais à deux pieds comme lui Qui se parent souvent des dépouilles d'autrui Et que l'on nomme plagiaires, LA FONT. Faht. IV, 9. Mais lui qui fait ici le régent du Parnasse, N'est qu'un gueux revêtu des dépouilles d'Horace, coil. Sat. n. Un vizir aux sultans fait toujours quelque ombrage.... Sa dépouille est un bien qu'ils veulent recueillir, Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir, rac. Baj. i, \. Va, perds ces malheureux, leur dépouille est à toi, id. Esth. II, 1 . Dans les changements qui surviennent Les dépouilles nous appartiennent. BÉHANG.rieui habits. Il 5" Toute chose dont on s'empare au détriment d'autrui. Tout l'empire n'est pas la dépouille d'un maître, bac. Brit. i, 2 On le verra bientôt pompeux, en cette ville. Marcher encor chargé des dépouilles d'autrui, BOIL. Sat. 1. Il Terme de guerre. Tout ce que l'on prend à l'ennemi. Il a remporté de riches dépouilles. Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger riche des dépouilles de la chrétienté, boss. Uarie-Thér. Après la prise de Troie, tu enverras de riches dépouilles à Péan, ton père, sur le mont Œta; ces dépouilles seront mises sur mon tombeau, comme un monument de la victoire due à mes flèches, fén. Tél. xv. Ils [les anciens Romains] se contentaient pour eux-mêmes de maisons fort modestes, qu'ils ornaient des dépouilles des ennemis, et non de celles des citoyens, rollin, Traité des Études, Discours prélim. Ensuite venaient les étendards, les timbales, les drapeaux gagnés à ces deux batailles, portés par les officiers et les soldats qui les avaient pris : toutes ces dépouilles étaient suivies des plus belles troupes du czar, volt. Charles XII, 6. De Gjatz à Mikalewska, village entre Dorogobouje et Smolensk, il n'arriva rien de remarquable dans la colonne impériale, si ce n'est qu'il fallut jeter dans le lac de Semlewo les dépouilles de Moscou : des canons, des armures gothiques, ornements du Kremlin, et la croix du grand Yvan y furent noyés, ségub, Hist. deNap. ix, 1 1 . || Terme d'histoire romaine. Dépouilles opimes, dépouilles remportées par le chef de l'armée romaine, après avoir tué de sa propre main le chef de l'armée ennemie. Il Fig. Dépouilles opimes, se dit pour désigner un succès, un résultat important. || 6° La récolte des fruits de l'année. Vendre la dépouille de son jardin, de ses vignes. || Dans un sens analogue, bien qu'inusité présentement. Quoique j'aie rencontré à Séville toute la dépouille de la flotte des Indes [tout ce que cette flotte portait] , et que l'on m'y ait fait voir six millions d'or en une seule chambre, VOIT. Lelt. 42. Il 7° Terme de modeleur. Synonyme de déportement. || Terme de graveur. TaUler en dépouille, creuser moins profondément en bas, diminuer les traits par en bas.

— HIST. xm* s. N'est nus [nul] qui despoillier nes[neles] vueille;Tuit s'afublentde lor despueiUe, la Rose, tt74u. Car jà famé n'iert si ardans. Ne ses mors [mœurs] si bien gardans. Que de son chier ami ne vuelle Et les deniers et la despuelle, ib. 8330. La tierce cause si est quant pies est de rescousse d'eritage, et il tient les despuelles [récoltes] en se [sa] main à la requeste du rescoueur, beaum. 53. Je demant.... les despuelles de tel héritage qui furent à tel, id. vi, 3. || xvr s. Voicy celuy qui des cruels desroys Guidons rapporte , enseignes, pallefroys, Captifz liez, despoilles et charroys, 1. BA- BOT, p. 155, dans lacurne. L'un court après tout ireux; L'autre défend sa despouille.... rons. 467.

— ÉTYM. Wallon, dispoie ; provenç. despuelha; ital. spoglia; du préfixe de ou des, et du latin spo lium, dépouille.

DÉPOUILLÉ, ÉE (dé-pou-llé, liée. Il mouillées, et non dé-pou-yé), par*, passé. \\ 1" X qui la peau a été enlevée. Le bœuf tué et dépouillé. || 2° Par extension. Les arbres dépouillés de leur feuillage. Il 3° Fig. Privé de. La voilà telle que la mort nous l'a faite ; encore ce reste tel quel va-t-il disparaîtra j

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nousTallons Toir dépouillée même de cette triste décoration, B08S. Dueh. d'Orl. Pensez-vous qu'il y ait quelqu'un au monde qui puisse, à mon goût, «urpasser Mme de Uri^nan , en me supposant même dépouillée de tout l'intérêt que j'y prends? sév. 44. I! Absolument. Oui a perdu ses biens, ses possessions. Les Portugais, dépouillé» partout, se maintenaient encore avec quelijue éclat dans cette partie de l'Inde, haynal, Hist. phil. ii, )7. |{ Substantivement. Le dépouillé du jour devenait le spoll;iteur du lendemain, am. tiiirbrv, cité dans le Dict. de poiTEViw. Il Le roi dépouillé, sorte de jeu des enfants. Jouer au roi dépouillé , ôter pièce à pièce les iiiihils de celui qu'on a fait roi dans ce jeu; et, figurément, enlever à quelqu'un ce qu'il possède, le miner. Comme si notre jeu fût au roi dépouillé, :niiGMF.R, Sat.xi.

dCI'OUILLEMKNT (dé-pou-Ue-man , 22 mouillées, et non dé-pou-ye-man),». m. || 1* Action de dépouiller; état de celui qui est dépouillé de ses biens. Le comte de Toulouse signa son dépouillement, moyennant quoi il fut reconnu pour bon catholique, volt. Moeurs, «2.|| 2* Kig. Une profonde connaissance de la nature et un dépouilloment enlierdetous préjugés, BnFP.j4mm. ch. ». jj 3«Terme de dévotion. Itenoncement au monde et à ses biens. Elle [la loi de Dieu] condamnerait aux larmes, aux joignes, àla pénitence, au dépouillement, ces inroiiunés.... mass. Car. tmmulah, de la loi. Elles doivent vivre dans le dépouillement, lo.Pro^.ret. 3. Jesais qu'il [Jésus-ChnstJ est venu dans le d^^poulllement et dans la bassesse, ID. Av. Circorte. Elle porte ce dépouillement aiec joie, H). Hyst. Au. Ces saintes veuves qui consacraient ai généreusement à Jésus-Christ la succession de leurs ancêtres.... les monuments éternels de leur modestie et de leur dépouillement pourraient-ils devenir entre nos mains des prétextes d'ostentation et de luxeTiD. Confér. Uevenus ecclés. 114" Relevé, examen d'un compte, d'un inventaire. || Uépouillement d'un scrutin, action de compter les sutTrages. Il Dépouillement d'un livre, relevé de tout ce qu'il contient.

— HlsT. XVI' s. C'est aussi du naturel de toutes autres pèches, que d'estre pellées et sechées pour le facile rtespouillement de leurs noiaux, o. de

— ÊTYM. Dépouiller; provenç. despoillament , detpulhament.

DÉPOUILLER (dé-pou-Ué, Il mouillées, et non dé-pou-yé), v. a. || 1° ôter la peau d'un animal. Dépoudler un lièvre, une anguille. || S* ôter à quelqu'un ses vêtements. On l'a dépouillé de tous ses

habits leurs habits charmés, malgré nos vains

efforts. Sont des brasiers secrets attachés à leurs corps; Oui veut les dépouiller, lui-même les déchire, OOKS. Uédée, v, l. || 8* Enlever aux arbres leurs fruits, leurs feuilles, à la torre ses moissons. L'hiver dépouille les arbres de leurs feuilles. Si des gens fussent venus pour dépouiller vos vignes, ne vous auraient-ils pas laissé quelques raisins? saci. Bible, Jérémie,xux, ». Tantfit, comme une abeille ardente en son ouvrage. Elle s'en va de fleurs dépouiller le rivage, boil. Art p. ir. || Absolument. Récoller. Le fermier a dépouillé cette année pour mille écus de grains. C'est au fermier à dépouiller cette année. || 4* Quitter en parlant d'un vêtement, et, en général, de ce qui nous enveloppait; en ce sens, il ne s'emploie que dans le style soutenu. Dépouiller ses vêtements. Le ver à soie dépouille alors ga première forme, et devient i>apillon. || Fig. Si votre ambition ne va qu'à la couronne, Je dépouille pour vous l'éclat qui m'environne, botr. Aniig. I, 6. [Elle] Semble avoir dépouillé cet orgueil indomptable.... conN. Verthar. 11,6. Ah! c'en est trop enfin, et mon 9me blessée Dépouille un vieux respect où je l'avais forcée, m. Uéracl. v, 3. Prenez mes lentimenti et dépouillez, les vôtres, hotr. Yencesl. I, a. Dépouillez, devant eux l'arrogance d'auteur, FOir.. i4r(p. I. Non, il faut à tes yeux dépouiller l'artifice, BAC. F.sth. II, 4. Je tremble qu'Athalie.... Et d'un respect forcé ne dépouille les restes, m. Alhal. I, t. Avez-vnus dépouillé cette haine si vive? id. tb. II, 6. On est bien aise de voir que Mithridate n'avait pas dépouillé toute humanité, bollin, Hist. anc. Œuvres, t. x, p. 324, dans pougkns. Zamore au même instant dépouillant sa colère, volt. Ait. V, s. Celui-ci [le czar] n'ayant pas dépouillé la rudesse de son éducation et de son pays, aussi terrible i ses sujets qu'admirable aux étrangers, 10. Charles XII,*. || Dépouiller l'homme, perdre les sentiments humains, ou les faihli?sses humaines. Ou'on a de peine à dépouiller enlièrenient l'homme, dit Pyrrhon, rtn. Pyr. \\ En termes de l'Écriture, dé-

pouillerle vieil homme , se dépouiUerdu vieil homme, quitter ses anciennes et mauvaises habitudes. Ma raison s'est troublée et mon faible a paru; Mais j'ai dépouillé l'homme et Dieu m'a secouru, corn. Théod. v, 3. Il 6' Enlever à quelqu'un ce qu'il a. Lei voleurs l'ont entièrement dépouillé. Tftche à t'en revêtir [de ma gloire), non à m'en dépouiller, m. /for. IV, 7. Plus il me ferait honte et mettrait en lumière Le crime d'en avoir dépouillé l'héritière, bac. Brit. 11, 3. C'est par cette dernière grAce que la mort change de nature pour les chrétiens, puisque, au lieu qu'elle semblait être faite pour nous dé|iouiller de tout , elle commence , comme dit l'Apdlre, à nous revêtir et nous assure éternellement la possession des bien» véritables, Boss. Uuch. d'Orl. Le rude hiver des années d"rnières acheva de la dépouiller de ce qui lui restait de superflu.... et l'aumêne lui apprenait à se retrancher tous les jours quel(|ue chose de nouveau, II). Anne de Gonx. Chaque femme demandera à sa voisine et à son hOtesse des vases d'or et d'argent, et des vêtements précieux; vous en habillerez vo« fils et vos filles, et vous dépouillerez l'Egypte, saci, ISible, Exode, m, 33. Je n'aurais point pour eux dépouillé l'orphelin, volt. Tancr. i, «. Quand il sut.... que les paysans russes.... qu'il faisait payer généreusement afin d'en attirer d'autres, étaient dépouillés de ces vivres qu'ils nous apportaient, par nos soldats a n'amés..- ségur, Hist. deNap. vm,8. || Dans le môme sens, avec un nom de chose. Les vainqueurs dépouillèrent les musées. L'inquiétude dont il était ressaisi se décelait par des ordres de colère, ce fut alors qu'il fil dépouiller les églises du Kremlin de tout ce qui pouvait servir de trophée à la grande armée, ségur, Hist. de Nap.ym, to. ||Fig. Kaut-il qu'un seul sentiment dépouille ainsi toute la vie? STAËL, Corinne, xvii, 8. || 6" Peler, dénuder. L'eau bouillante lui a dépouillé toute la jambe. La gangrène a dépouillé l'os. || 7° Terme de mouleur. Dépouiller une figure moulée, êter toutes les pièces du moule et tout ce qui a servi au travail. Il 8° Terme de marine. Dépouiller une côte, tomber sous le vent de cette côte. Peu usité. |{ 9° Faire le relevé, l'examen sommaire; établir le compte de. Dépouiller un inventaire. Dépouiller le scrutin. || Dépouiller un hvre, un registre, en faire des extraits, en tirer tout ce qui s'y trouve d'utile, ou de remarquable. Il 10" Se dépouiller, t). réfl. S'Ôter ce qui enveloppe. Il s'est dépouillé de ses habits pour se jeter à la nage. Les serpents se dépouillent tous les ans. Quoi! Seigneur, dit-elle, vous voulez détruire cette parure? Pour prévenir votre colère, je commencerai moi-même à m'en dépouiller, BOSs. la Valiière. L'homme ne périt pas tout entier : il ne fait que se dépouiller de son enveloppe terrestre, et n'est que transformé, bonnet, Œuvres mél. t. xvui, p. 206. Il Par extension. La terre se dépouille de sa verdure. Liban, dépouille-toi de tes cèdres antiques, BAC. Esth. III, 9. Les arbres toujours verts transpirent moins en temps égal que ceux qui se dépouillent, BONNET, Conlempl. nat. S' part. ch. 3. || Se dénuder. La gangrène s'étant étendue, l'os se dépouilla. Il Se dépouiller en faveur de quelqu'un, se dessaisir de ce qu'on possède. Amasser du bien avec (le grands travaux, élever une fille avec beaucoup de soin et de tendresse, pour se dépouiller de l'un et de l'autre entre les mains d'un homme qui ne nous touche de rien, mol. Am. méd. i, 6. Ne pouvant encore se dépouiller d'un héritage qu'il n'a pas, il se dépouille au moins par avance de ses droils, noiHD. 3* dtm. après Pâques, Domin. t. 11, p. lOS. Les femmes se dépouillèrent avec joie de tous leurs ornements pour fournir aux frais de la guerre , bollin, Hist. nnc. Œuvres, t. i, p. 351, dans pod- GENS. Il Kig. Renoncer. César, se dépouillant du pouvoir souverain, Nousôtait tout prétexte à lui percer le sein, cobn. Cinna, m, 4. Je me dépouillerai de toute passion, hotr. Veneesl. iv, «. Dépouillonsnous ici d'une vaine fierté, hoil. Sat.x. De son amour pour toi Ion Dieu s'est dépouillé, rac. Athal. m, 7. Il Se dépouiller se dit aussi d'un liquide qui, par le repos ou en vieillissant, se débarrasse des particules qui en troublaient la transparence. Mettez ce vin en bouteille; il s'y dépouillera. L'air se dépouille ainsi des vapeurs nuisibles, bonnet, Contempl. nat. 5» part. ch. t4. Il Proverbe. Il ne faut pas se dépouiller avant que de se coucher, c'est-à-dire il ne faut pas se dessaisir de son bien , le partager à ses enfans ou héritiers, de son vivant,

— SYN. DÉPOUILLER Un vêtement, se dépodiller d'un vêtement; dépouillkr l'orgueil, l'amour, se DEPOUILLER de l'orgueil, de l'amour. Des auteurs ont cherché à établir une diflTérence entre nea locu-

nfip

tioni, mais, quelque attention qu'on y porte, on ne peut distinguer entre elles aucune nuance réelle.

— HIST. XII" s. Touz nuz soit despoillez ses con et ses façons, Donc. p. 200. Mais quant il ot chanté, n'esteit pas despuilliez [de ses ornements pontificaux]; Mais iloec s'est asis einsi apareilliez. Th. U mart. 36. Il vos convint primerains despoillier : En la fontaine entrerez tos premiers, Raoul de C. î»3. Il xiD* s. Tantost il fait la pucelle despoiller [déshabiller] et desceindre; Et la bâtit d'un frein là oik [ilj la put ateindre, audepr. le bast. Romancero, p. 14. Et Miile ma fllle je ferai despoillier Idéshabiller], Berie, xi. Le drap dessus ta robe [ils] lui font tost despoillier, ib. xix. Sachiez, ne m'est mie legier De ma pelice despoillier, Ren. <»684. L'en ne doit rien priser moillier [femme] Qui homme bée à despoillier, la Rose, 46»4. Se aucuns est depollez et requiert estre resaisiz, il ne souffist pas tant solemant de dire que il ait esté despolliez, Liv. de jutt. 31. Et si ne li deut on pas despouillier sa robe qu'ila acoustuméàveslirà cascun jor, beaum. liv, 7. Il IV" s. Coste nuyt, qui fut la tierce, le dit duc ne se despouilla oncques, seullement se coucha par deux ou trois fois sur son lict, comh. ii, ». j| xvi* g. C'est le prix de l'espée que vous cherchez, non de la gaine : vous n'en donnerez à l'adventure pas un quatrain, si vous l'avez despouillée, mont, i, <3t. Udeffendoit aux siens de despoulller leurs ennemis vaincus, id. i, 3K3. Les peresdisent :jeneme veulx pas despouiller devantque m'aller coucher, m. 11, 7». Nostre ame leur faict desveslir et despouiller leurs conditions corruptibles, lo. 11, l»8. Hercules cl Bacchus, qui par l'excellence de leur vertu despouillerent ce qu'il y avait de mortel et de passible en eulx, AMYOT, Pilop. 30. Parquoy, après avoir ilressé un trophée, et despoui lié les morts, s'en relournereut en leurs maisons bien joyeux, iD. 16. 32. lU ne despouillerent leurs armes, ne desbriderent leurs chevaulx, nyne feirent penser leurs playes, que.... id. ib. ei. Alors il quiltoit et despouilloit le manteau de capitaine, id. Crassus et Niciat, 6. Omphale oste secrettement le masque à Hercules, et luy despouille sa peau de lion, ID. Anton, et Démet. ♦. La demoiselle de la Mothe qui ne despouilloit point (ne se déshabillait] , et avoit du feu en sa chambre, r'alliequelques solilats.... d'aub. Hist. u, »o. Tout abricot despouille nettement son noiau, au contraire l'auberge [l'alberge] le tient fermement, 0. de serres, 678. Quand tes sages propos dépouillèrent l'escorce De tant d'opinions que frivoles j'avois, bons. 252.

— ÊTYM. Voy. dépouille; wallon, dispouii; provenc. despuelhar, despolhar; catal. despullar; espagn. despojar; ital. spogliare ; du latin despoliare, de de, et spoliare.

t DÊPOUILLEDR (dé-pou-lleur, I( mouillées) , s. m. Celui qui dépouille.

— HIST. XIV" s. El celui qui est despoilleur de mors, ORESME, Eth- m.

— ETYM. Dépouiller; provenç. detpoîhador; espagn. despo^ador; ital. spogliatore.

t DÉPOlinPRER (dé-pour-pré), «. o. ôter la pourpre, rendre pâle.

— HIST. Tvi" s. Quelle palleur depourpre le sein beau. Qui pair à pair combat avec l'aurore? bons. »9.

— ETYM. Dé.... préfixe, et pourpre.

t DÉPOURRISSAGE (dé-pou-ri-sa-j'), *. m. Action d'enlever la partie pourrie d'un fruit, d'une grappe de raisin, etc. Le dépourrissage des poires en emportera près d'un quart. Plusieurs grappes de raisin sont devenues de simples grappillons par les dépourrissages successifs, leooarant.

— ETYM. Dé.... préfixe, et pourrir.

t DÉPOtJRRISSEMENT (dé-pou-ri-se-man) , ». m. Synonyme de dépourrissage.

DEPOURVOIR (dé-pour-voir. Bien que l'Académie dise qu'il n'est guère usité qu'au prétérit et à l'infinitif, il n'y a aucune raison pour ne pas le conjuguer à tous ses temps comme pourvoir : je dépourvois ; je dépourvoyais; je dépourvus; je dépourvoirai; je dépourvoirais; dépoiirvois, dépourvoyons; que je dépourvoie, que nous dépourroyioiis, que vous dépourvoyiez; que je dépourvusse; dépourvoyant, dépourvu), e. a. || 1" Dégarnir de ce qui est nécessaire. Il le dèpourvulde tout. Une faut pas dépourvoir de munitions une place de guerre. || 1* Se dépourvoir, V. réfl. Se dégarnir, se dessaisir. 11 s'est dépourvu de tout pour ses enfants.

— HIST. XI II" s. Tost porrions avoir confrère, Se nos, issi desporveO, Estions sor eus embatu, Hrn. 677<. Moult refu certes deceOs Bel acucil li desporvéOs, la Rote, I60B8. ||xv" s. Lesdits Bourguignons cuidans prendre àdespourveu les habltans vindrent à grand fureur. J. de trotes, Chron. <4«5. || ivi" s.

DïlP

Le Seigneur n'apparoist point aux préceptes de la loy rémunérateur sinon de parfaite justice, de laquelle nous sommes tous desprouvnus, calv. ]nstit.

262 Et ne pouvant la [Vénus] frauder de sa

pomme, [Pallas] La veut par vous despourvoir de tout homme, s. gel. B2. Ils prindrent port en Angleterre au dépourvu d'un chacun, yver, p. 818. Encores qu'il les ait surpris à la despourveue,M. du BELL. 318. Hz allèrent surprendre leurs ennemis au despourveu, de manière qu'ilzlesdesfeirent, amyot, Bom. 49. 11 se tourna tout court vers la poincte droitte des ennemis, espérant la surprendre despourvue de chef qui commandast, ID. Sylla, B2. L'homme, sans secours estrangier, armé seulement de ses armes, et despourveu de la grâce et congnoissance divine, qui est tout son honneur, sa force et le fondement de son estre, mont, ii, <62.

— ETYM. Dé.... préfixe, etpouroot'r; provenç. desprovezir.

DÉPOURVU, UE (dé-pour-vu, vue), part, passé de dépourvoir. || l°Oui n'est pas pourvu, qui manque de. De toute élection mon âme est dépourvue, Et nul objet certain ne limite ma vue, hégnier, Sut. VII. Des gens qui, dépourvus des biens de la fortune. Sous le nom de chrétiens font gloire du trépas, ROTH. S. Cm. V, 2. De mémoire, en ce lieu, vous semblez dépourvue, tristan, Panlh^e, iv, <. En ce discours dépourvu de science, m. M. de Chrispe, iv, t. La personne qu'il aime et qu'il doit épouser Est brillante d'attraits, mais d'esprit dépourvue, boissy. Dehors (romp. II, (. H Alisolument. La cigale.... Se trouva fort dépourvue uuandlabise fut venue, la font. Fabl. I, <. || S° Au dépourvu, loc. adv. Sans qu'on «oit pourvu, préparé. Comme il faut peu de chose à le mécontenter. Le prendre au dépourvu ce serait tout gâter, hauteh. Crisp. mus. IV, 4. Tu peux sans trahison le prendre au dépourvu,rotr. Bélis. II, m. Je n'étais point en garde contre ce récit tout naïf, et j'ai été prise au dépourvu, sév. Lett. m nov. 1684.

tDfiPR.'VVANT, ANTE(dé-pra-van,van-t'), adj. Qui cause la dépravation. La réponse trouvée à cette redoutable question par St-Just et Robespierre fut, sincèrement nous le croyons, que la civilisation des siècles précédents était fausse et dépravante, carbel, t. V, p. 4(B.

tDÉPRAVATEUR, TRICE (dé-pra-va-teur, tris*), s. m. et/'. Celui, celle qui déprave.

— HlST. XVI* s. Depravateur, monet, Dict.

— ÊTYM. Dépraver.

DÉPRAVATION (dé-pra-va-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1" Changement moral en maU La dépravation du siècle, des moeurs. Encore que son fond [de l'idolâtrie] ïûl une ignorance brutale et une entière dépravation du sens humain, elle voulait se parer de quelque raison, boss. llist.ii, 12. La tyrannie des passions et la prodigieuse malignité du cœur humain toujours porté à faire le mal; la postérité de Seth, fidèle à Dieu malgré cette dépravation , ID. ib. I, < . Si donc il est né des sectes dans l'ancienne Église, c'a été par la commune et invétérée dépravation du genre humain , id. Var. xv, § 4 25. Un premier âge passé loin des périls vous a caché jusqu'ici toute la dépravation d'un monde corrompu, MASS. Profession relig. serm. t. Il régnait partout une extrême dépravation de moeurs et de sentiments, fonten. Ciar Pierre. Une dépravation de jugement qui doit blesser tout esprit raisonnable, HOLLiN, llist. anc. Œuvres, t. vi,p. 628, dans poucens. On dit que c'est là [la sauvagerie] la véritable vie de l'homme, et que la société n'est qu'une dépravation artificielle, volt. Liai. s. ||2° Terme de médecine. Altération. La dépravation du sang, des humeurs. || Dépravation du goût, de l'appétit, de l'odorat, étatdans lequel ces sensations, produites par les organes de nos sens, se montrent avec un caractère insolite et bizarre. Il Fig. En parlant du goût dans les lettres et les beaux-arts. La dépravation du goût dans les arts a toujours été un indice et une suite de celle de la littérature, hollin, Traité des Et. Disc, prélim. p. lxxxix, dans pougens. || 3' Il .se dit quelquefois d'un texte ancien altéré par les copistes. La dépravation du texte de Plutarque donua beaucoup de peine à Amyot.

— SYN. DÉPRAVATION, CORRUPTION. Une âme dépravée est, élymologiquement, une âme qui a cessé d'être bonne, qui est devenus mauvaise; une âme corrompue est une âme qui s'est gâtée. Ces deux mots expriment donc mi changement en mal, avec cette nuance que dépravation n'indique rien sur le procédé qui aproduit l'altération; tandis que corruption montre qu'il y a eu concours, mélange, fermentation d'éléments impurs.

V)tV

— HIST. xvi* S. Xfin qu'ils n'acquièrent ignorance au lieu de sçavoir, et dépravation, au lieu de tempérance, langue, 123. Tout cela perdra son lustre, et ne sera mis en conte, si leurs dépravations continuent, ID. <89. La défectuosité, corruption et dépravation misérable du texte original grec, amyot. Moral. Épit. p. IB. Nos jugements sont malades et suyvent la dépravation de nos mœurs, mont, i, 284.

— ÉTYM. Lat.deprovotto, de depratore, dépraver. DÉPRAVÉ, ÉE (dé-pra-vé, vée), part, passé.

Il 1" Oui a éprouvé moralement un changement en mal. Un homme dépravé. L'homme est tombé en ruine par sa volonté dépravée, boss. la Vallière. Mœurs dépravées, maucroix. Schisme, liv. i, dans RICHELET. Les goûts dépravcs de mes passions qui me font aimer ce que je devrais souverainement haïr, BOURD. Instrucl. sur la communion, Exiiort. t. II, p. 48B. Il 2° Terme de pathologie. Goût dépravé, goût qui a subi la dépravation. || Fig. Elle a l'esprit léger et le goût dépravé, tbistan, Panthée, 1,1. Comme il est des goûts physiques dépravés, il est aussi des goûts moraux dépravés, bonnet, Ess. analyt. Âme, ch. i».

DÉPRAVER (dé-pra-vé), ». o. || l' Faire éprouver un changement moral en mal. Les mauvais exemples l'ont dépravé. Son cœur a été dépravé par le besoin de jouissances. || 2° Terme de médecine. Altérer, changer en mal. Ces aliments dépravent les humeurs. || 3" Se dépraver, v. réfl. Se changer en mal. Son appétit se déprave. Les mœurs etle goût se dépravèrent en même temps.

— HIST. XVI' s. C'est donc dépraver ce lieu, que de le tirer à cesle sentence, calv. Instit. 237. Quand la justice est si lasche et si dépravée, que l'impunité des vices règne, lanoue, 20. Une démocratie, du tout dépravée, comme estoit l'athénienne, ID. 65. Si Cleombrotus n'eust eu le jugement dépravé par ambition et vaine gloire, amyot, Agis, et Cléom. 19. Toutes les copies transcrittes d'un original défectueux ou dépravé retiennent les faulles du premier exemplaire, id. Moral. Épit. p. 8. Le bras demeura impotent et paralytique ; d'avantage la parole grandement dépravée, pabé, viu, 3o. i quelque chose sert le malheur ; il faict bon naistre en un siècle fort dépravé; car, par comparaison d'aultrui, vous estes estimé vertueux à bon marché, mont, m, 50.

— ËTYM. Provenç. et espagn. depravar; itaL depravare; du latin depravare, de la préposition de, eipravus, qui n'est pas droit, perverti, méchant.

t DÉPRÉCATIF, IVE (dé-pré-ka-tif, ti-v'), adj. Il 1» Terme didactique. Qui » rapport à la déprécation. ||2» Terme d'église. Forme déprécative, manière d'administrer quelques-uns des sacrements en forme de prière. Chez les Grecs, la forme de l'absolution est déprécative, étant conçue en ces termes : Que Dieu vous absolve, au lieu que dans l'Eglise latine on dit en forme déclarative : Je vous aljsous.

HIST. xiv* s. Et n'est pas deprecalif ou depriant

autres, pour teles choses, ohesme, Eth. (24.

— ÉTYM. Lat. deprecativus (voy. déprécation). DÉPRÊCATlON(dé-pré-ka-sion), s. f.l\l° l'rière

faite avec soumission pour obtenir le pardon d'une faute. Il 2° Terme de rhétorique. Figure par laquelle on s'interrompt au milieu d'un discours pour demander aux dieux d'écarter un malheur ou un danger. Par exemple dans Phèdre de Racine, iv, 4, Thésée dit : Qu'on appelle mon fils, qu'il vienne se défendre : Qu'il vienne me parler, je suis près de l'entendre. Ne précipite pas tes funestes bienfaits, Neptune.... Ce dernier vers forme une déprécation.

— HIST. xiv* s. Teles plaintes et teles deprecations font ceulx qui mettent leur estude et leur cure vers teles choses, oresme, Eth. <24. ||xvi's. Après les deprecations, oraisons et cérémonies faites par mon dit sieur cardinal, du bellay, Uém. t. vi, p. 104, dans lacurne.

— Él'YM. Lat. deprecatio, de deprecari, signifiant demander avec prières, détourner par des prières; de la préposition de, et precari (voy. piuer).

t DEPRÉCATOIBE (dé-pré-ka-toi-r'), adj. Qui écarte par la prière. Formules déprécatoires.

— ÉTYM. I.at. deprecalorius, de deprecari (voy. déprécation).

t DÉPUÉCIATEUR , TRICE (dé-pré-si-a-teur, tri-s'), adj. Qui déprécie. Un langage déprédateur. Il S. m. Les déprédateurs de l'alliance anglaise.

— ÉTYM. Déprécier.

DÉPRÉCIATION (dé-pré-si-a-sion) , i. f. Action de déprécier; état de ce qui a perdu de son prix. La dépréciation d'une marchandise, du papier-monnaie. La dépréciation de l'or est manifeste depuis quelques années.

— ÊTYM. Déprécier.

DÉP

DÉPRÉCIÉ, ÉE (dé-pré-si-é, ée), part, passé.

Oui a perdu de son prix. Les assignats dépréciés, [larce que l'émission en fut excessive. || Par extension. Un livre beaucoup trop déprécié.

DÉPRÉCIER (dé-pré-si-é), je dépréciais, nous dépréciions, vous dépréciiez; que je déprécie, que nous dépréciions, que vous dépréciiez, y. o.||l* Rabaisser la valeur d'une chose. Déprécier une marchandise. Il 2° Par extension. Déprécier une action. Vous dépréciez trop cet homme. || 8° Se déprécier, V. réfl. Us se déprécient mutuellement, ils disent du mal l'un de l'autre. || Être déprécié. Ces valeurs se déprécieront rapidement. L'or se déprécie depuis qu'on en a trouvé tant de gisements.

— ÉTYM. Provenç. despreciar, despreiar; espagndespreciar; ital. dispreizare, dispregiare; du latin depretiare, de la préposition de, qui exprime négalion ou cessation, et prcitum, prix (voy. prix). L'ancien français disait depriser, tiré directement de prix.

DÉPRÉDATEUR, TRICE (dé-pré-da-teur, tri-s'), s. m. et/'. Celui, celle qui fait des déprédations. Déprédateurs du peuple et fiers tyrans des rois, volt. Sophon. IV, 3. Je sais bien qu'il y a de fameux déprédateurs qui redoutent la vertu éclairée; je sais que des fripons murmurent contre le bonheur public, ID. Let(. Vaines, H janv. 1776. Il sera encore plus difficile de crier efficacement économie à nos dépréilateurs que de crier modération à Voltaire et de le persuader, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, b nov. 1771. On le retrouve aussi [Philippe le Bel, au Purgatoire de Dante] dans ce déprédateur effronté qui, non content d'avoir, nouveau Pilate, fait prisonnier le Christ dans son vicaire, entre à pleines voiles dans le leai\)\6, llist. litt.de la France, dans le- CLERG, Disc. t. xxiv,p. 55B. || yldj. Mlnistrodéprédateur. Elle [la Grande-Bretagne] avait été longtemps esclave des héros déprédateurs des sept montagnes [les Romains], volt. Princ. de Babyl. 10. L'histoire, ainsi que les nations déprédatrices et conquérantes, semble avoir pris pour règle d'ét)uité le mot de Brennus: Vas victis (malheur aux vaincus), marmonïel, Élém. de littéral, t. iv, liv. ii, dans girault-duviviER. Les peuples ne voulaient plus travailler pour des étrangers déprédateurs ou pour des oppresseurs domestiques, haynal, Hist. phil. iv, 21.

— ÉTYM. Lat. deprgsdalor, de deprxdari (voy. dépréder).

t DÉPUÉDATIF, IVE ( dé-pré-da-tif , ti-v'), adj. Qui porte le caractère de la déprédation.

— ÉTYM. Dépréder.

DÉPRÉDATION (dé-pré-da-sion ; en poésie, de

cinq syllabes), s. /. || 1" Pillage avec dégât. Les déprédations des corsaires. Faire des déprédations. Voilà dans un Anglais le premier modèle de la réformation anglicane et de la déprédation des églises, BOSS. Var. xi, § 154. Après la déprédation de tant de maisons régulières [couvents], les peuples se trouvèrent chargés d'impôts, maccroix. Schisme d'Ânglet. liv. i, p. 168, dans richelet. Louis XIV s'attendait encore moins que son arrière-petit-fils [sur le trône d'Espagne] abandonnerait les Français pendant quatre ans aux dépréilations de l'Angleterre, maîtresse de Gibraltar, volt. Lett. Choiseul, 13 juillet 1761. Nous épuiserions la nature, si elle n'était inépuisable, si par une fécondité aussi grande que notre déprédation, elle ne savait se réparer ellemême et se renouveler, bufp. Anim. carnassiers. Dans la mer, toutes les espèces sont presque également voraces, mais la fécondité y est aussi grande que la déprédation, in. Bœuf. || 2° Malversation. Les déprédations qui se commettent dans un État. Il est vrai que faire le procès du surintendant [Fouquet], c'était accuser la mémoire du cardinal Mazarin; les plus grandes déprédations dans les finances étaient son ouvrage, volt. Louis XIV, 25. Comme les chefs de la colonie avaient partagé avec les officiers subalternes le prix de cette déprédation, il ne se trouva personne qui pût rétablir l'ordre, raynal, Hist. phil. IV, 21. Deux siècles de déprédations et de brigandages ont creusé le gouflre où le royaume est près de s'engloutir, Mirabeau, Collection, t. u, p. 183. Il On dit aussi, en afl'aires privées, la déprédation des biens d'un pupille.

— ÉTYM. Lat. deprcEdotto, de deprcBrfon, dépréder.

DÊPRÉDÉ, ÉE (dé-pré-dé, dée), part, passé. Seront aussi les sentences concernant la restitution des choses déprédèes ou pillées dans les naufrages, exécutées nonobstant et sans préjudice de l'appel, Ordonn. de I681 , titre xm, art. 1.

DÉPRÉDER (dé-pré-dé. La syllabe pré prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette: je déprède, excepta au futur et au conditionnel : je

DÉP

dépréderal , je déprédnrais) , v. a. Piller avec dégât. Il TriVpeu usité.

— ÊTYM. Lat. deprmdari, de la préposition de, et 'pr.Tila, proie (voy. ce mot).

DÉPRENDHE (dé-pran-dr') , je déprends, tu déprends, il déprend, nous déprenons, vous déprenez, ils déprennent; je déprenais; je dépris; je déprendrai; je déprendrais; déprends, qu'il déprenne; déprenons, qu'ils déprennent; que je déprenne, que nous déprenions; que je déprisse; déprenant; dépris, V. a. Il !• Séparer deux choses prises ensemble. On déprit de part et d'autre les crampons de fer, SCARR. Rom.com. ii, )9. || 2* KIr. Détacher, faire qu'on ne soit pas attaché. Ils y tiennent et s'y attachent si fort qu'il n'y a point de moyen de les en déprendre, balz. 4* dise, tur la cour. Jésus-Christ nous a dépris du commerce des choses de la terre. Traduction des lettres de Si Augustin, dans richf.- LET. Les années, bien loin de déprendre leur cœur de ce qu'ils ont aimé jusqu'à ne pouvoir se résoudre d'y renoncer pour Dieu , ne servent au contraire qu'à les y attacher davantage, bourdal. Purifie, de la Vierge, Kyit. t. ii, p. 283. || 3' Se déprendre, V. réfl. Se déliarrasser, rompre ses liens. Cet oiseau s'était pris à la glu et ne pouvait s'en déprendre. La double serre [l'ancre] ne s'est pas plutdt déprise de la chevelure de l'ahlme, qu'un mouvement se fait sentir dans le corps entier dn vaisseau, ciiatf.aub. Natch. vu, Ji». Il Fig. Les mélancoliques ne se déprennent pas aisément de leurs passions, balz. liv. vu, lett. 6. Des biens dont nos cœurs ne se peuvent déprendre, boss. Fr.d^Asa.2. Elle ne se peut déprendre de ces pensées sensuelles, id. Purif. i. Fortifiez-moi par la douleur pour achever de me déprendre de tout, PÉN. t. XVIII, p. 106. Plus vous paraissez né d'un caractère facile, léger, inconstant, plus il vous sera aisé de vous déprendre de vos attachements criminels et de revenir à votre Dieu, MASS. Car. Pécher. Si vous ne pouvez vous déprenrire de rien, vous retrancher sur rien.... id. ib. Des liens indissolubles dont on ne peut plus se déprendre, ID. Prof. rel. Serm. 2. Un secours qui lui aidât [k l'âme] à se déprendre des filets où le monde et le démon l'avaient enlacée, ro. Confér. Excell. du lacerd. Nous ne pouvons nous déprendre de nousmOmes; nous n'osons rompre des liens qui nous accablent, iD. Panég. St Benoit. Ma mère dont, malgré la mort, son cœur n'avait pu se déprendre, j. J. Bouss. Conf. V.

— HIST. iiii* s. Povres et esgarés, essiliés et despris, Berte, xxz. Quand ma fille en est si de cuer triste et desprise.... ib. lxxvi. || xvi* s. L'ame .«érable se desprendre [par les larmes], se desmesler.... mont. I, 8. Faire bouillir un corps pour desprendre la chair d'avecques les os, m. i, 6. Se desprendre [détacher] de la vie, id. i, 7». Se desprendre des opinions et moeurs receues, m. i, H5. Vous ne les desprenez pas à votre poste (les chevaux fougueux), quand ils se sont une fois harpez, id. i, 369. Pythagoras faict Dieu un esprit universel, d'où nos âmes sont desprinses, id. ii, 248. X quoi ils s'opiniasirerent tellement, que la dame eut toutes les peines du monde i les deprendre [séparer] , yver, p. 598. Ars et Rion se mettent à les desprendre, ce qu'ils ne pouvoienl faire sans le secours d'un seau d'eau ; ce duel estant séparé.... d'aub. Fcen. m, 23. Il est nécessaire que peu à peu les tendons et les membranes soient desjointes, ou deprisescontre la cicatrice, paré, xiu, 29.

— ÊTYM. Dé... préfixe, et prendre; bourguig. déprarre, dfparre.

t DÉPRÉPUCÉ (dé-pré-pu-cé), adj. m. A qui le prépuce a été coupé, circoncis. || Substantivement. Superstitieux que lu es, tu trembles au sabbat des déprépucés, volt. Phil. v, 322. Ces déprépucés d'IsraSi, ID. Lett. de Lisle , 46 déc. 4773.

— ETYM. Dé.... préfixe, et prépuce.

t DÉPRESSER (dé-pré se), v. a. ôterde la presse un livre fraîchement relié. || Enlever aux draps le lustre qu'ils avaient acquis à la presse.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, el presse. Despresser signifiait anciennement tirer de la foule, écarter la foule: Il rompit la presse, et, quant les archers se virent despressés, ils chargèrent hardiment, àlém. dOl. de la Marche, liv. i, p. 383, dans lacurne.

■f DlÎPRESSICACDE (dé-prè-ssi-kô d"), adj. Terme de zoologie. Oui a la queue aplatie.

— ÊTYM. Lat. depressut, comprimé, et eauda, queue.

t DÊPRESSTCOLLE (dé-prè-ssi-ko-l'), ndj. Terme de zoologie. Qui a le cou ou le corselet aplati.

— ÊTYM. Lat. deprestus, comprimé, et eoUum, cou.

f DËPRESSICORNB (dé-prè-ssi-kor-n'}, adj. Terme

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