PÉP
de zoologie. Qui a des cornes ou des antennes aplaties.
— ÊTYM. Lat. dfprestut, aplati, et eome.
t DÉPRESSIF, IVE (dé-prè-ssif, .ssi-v"), ad/. Terme didactique. Qui déprime, qui cause un enfoncement. Les actions dépressives qui ont formé les bassins des fleuves. Il Fig. Qui abat. Passions dépressives.
— ETYM. Lat. depretium, supin de deprimere, déprimer.
t DÉPRESSIOMËTRE (dé-prè-ssio mè-tr"), *. m. Terme de marine. Petit appareil pour apprécier la dépression de l'horizon.
— REM. Ce mot est aussi mal fait que possible; on ne peut abréger dépression en dépretsio. Le mot formé avec ces éléments devrait être déprestimltre, mot hybride sans doute, mais du moins qui ne serait point barbare et contraire à tous les usages étymologiques.
— ÊTYM. Dépression, et mitre, mesure.
DÉPRESSION (déprèsion; en poésie, de quatre
syllabes), s.f.\]i' Abaissement, mise en bas, enfoncement. On sait dipuis longtemps que certaines cultures n'ont pas heu dans des dépressions de terrain et réussissent sur des collines; des végétaux sont atteints par la gelée dans des fonds et ne le sont pas sur des hauteurs peu élevées, becouprel, Acad. des se. Comptes rendus, t. liv, p. 3I2.|| Terme d'astronomie. Dépression de l'horizon, abaissement de l'horizon visuel au-dessous de l'horizon vrai. Il Terme de physique. Abais.sement qu'éprouvent certains liquides dans des tubes capillaires. Considérons le principal de ces phénomènes, celui de l'ascension et de la dépression des liquides dans des tubes étroits, laplace, Exp. iv, 17. || Terme d'anatomie. Aplatissement naturel. On remarque une légère dépression dans cette partie. || Terme de chirurgie. Abaissement accidentel dans certaines parties du corps. Dépression des os du crâne. || 2* Fig. Action de rabaisser. Des hommes qui n'ont pas bonne grâce à chercher, dans la ruine et la dépression les uns des autres, de coupables succès, des trophées d'un jour, nuisibles à tout, même à la gloire, mira- BiKU, Collection, t. m, p. 379. || 3" Diminution, en parlant des cours des marchés. La dépression d'une valeur, du cours d'une marchandise.
— HIST. XVI* s. Il restera tousjourj quelque depression en la partie, avec dépravation de la jambe, PARÉ, vii!, 37. Quelquesfois il n'y a qu'une dépression et enfonceure [du sternum] au dedans sans fracture, id. xiii, 40.
— ÊTYM. Provenç. depressio; espagn. depresion; ital. depresiione ; liu laiin deprcssionrm , dedepressum, supin de deprimere, déprimer.
■f DÊPRESSOIR (dé-prè-soir), i. m. Instrument dont on se sert, après l'opération du trépan, pour abaisser la dure-mère et placer le sindon.
— ÊTYM. Un verbe inusité dépresser (voy. dépression), et la finale otr, qui indique en général l'instrument.
f DÊPRËTRER (dé-prê-tré) ou DÉPRËTRISHR (dé-prê-tri-zéj, v. a. Dépouiller de la qualité de prêtre. Il Se déprêtriser, v. réfl. Rejeter la qualité de prêtre. || Mot qui ne se dit que dans le langage familier et par une sorte de dénigrement.
— HIST. xvi* s. Il s'estoit desprestré et fait imprimeur, PALISST, 404.
— ÊTYM. Dé.... ptéfixe. etprêtre.Déprétriser, qui est moins bien fait que déprétrer, vient de prêtrise.
f DÊPRÊVENIR (dt-pré-ve-nir), v a. ôter les préventions. Deprévenu enfin .sur le compte de cette personne. || Se déprévenir, v. réft. Perdre ses préventions.
— ÊTYJI. Dé.... préfixe, etpr^uent'r.
f DÉPRI (dé-pri), s. m. Terme dont on se servait, en parlant de la remise demandée au seigneur de fief, pour les lods et ventes d'une terre qu'on voulait acquérir. || Déclaration que l'on faisait au bureau des aides de l'intention oii l'on était de transporter des marchandises pour les vendre.
— ÊTYM. Voy. déprier.
DÉPRIÉ, ÉE (dé-pri-é, ée), part, passé. Prié à dtner, puis déprié.
DÉPRIER (dé-pri-é), je dépriais, nous dépriions, vous dépriiez; que je déprie, que nous dépriions, que vous dépriiez, v. a. \\ 1* Retirer une invitation qu'on avait faite. La partie étant rompue, il a fallu déprier tous les invités. Je vais coiitremander le souper et déprier nos gens, boissï , Français à Londres, se. «. Il 2° Terme de droit féodal. Demander une remise au "seigneur. || Faire le dépri au bureau des aides.
— HIST. xvf s. [La prière de Midas fut exaucée] mais il lui fallut desprier ses«rieres. ho;<t. ii,340.
DÉP
—ÊTYM. Dé.... préfixe, et prier. Dans le françali le plus anciin, deprier répond au latin drpreeari, prier pour détourner un mal : xii's. Puis joint ses mains, .si va Deu depriant, Rnnc. p. 92. Sire, li reis Henris, fait li li messagier. Vus requier e deprie, cum sun père très chier. Que dous [deux] tels chardenals li faciez enveier. Th. le mart. 6a;xiii*B. Moult [il] deproia l'empereor Que Renart [il] li doinstpar amor, Ren. 46(46. C'est à ce sens que se rapportent les termes de droit féodal dépri et deprier.
t DÉPRIMAGE (dé-pri-ma-j*), t. m. Terme d'agriculture. Action de déprimer les prairies.
— ÊTYM. Déprimer.
DÉPRI.MË, ÉE (dé-pri-mé, mée), part, passé. Il 1* Mis plus bas. Le sol déprimé en cet endroit. Il Terme didactique. Il se dit des parties du corps dont la forme est aplatie. Une tumeur déprimée a le centre peu saillant. Cet oiseau a le bec déprimé. Un front déprimé. || 2* Terme de botanique. Tige déprimée, tige qui est couchée. Rameaux déprimes, rameaux abaissés vers la terre. || Déprimé indique aussi un corps globuleux qui semble avoir été aplati par pression de haut en bas. Graine déprimée. Il 8* Terme de médecine. Pouls déprimé, pouls faible qui disparaît sous la moindre pression du doigt. Il 4* Fig. Mis au-dessous du mente réel, de la valeur réelle. Cet auteur déprimé par les critiques. Il Dans un sens analogue, en parlant dés choses. Les vertus déprimées et les vices honorés. Il B° .S. m. plur. Terme de zoologie. Les déprimés, tribu de la famille des coléoptères, à courts élytres, comprenant ceux qui ont le corps aplati de haut en bas.
DÉPRIMER (dé-pri-mé), t). o. || 1' Produire un enfoncement, une dépression dans une surface. Le coup a déprimé les os du crâne. || 2* Fig. En parlant des personnes, mettre au-dessous de la valeur réelle. On aimait à le louer pour déprimer son frère, MAINTF.NON, Lettre à Urne de Cay lus, 48avril47l8. On m'accusera peut-être de vouloir déprimer Racine;ma réponse sera courte, d'alp.mb. vi, 4». Moi mf^meami des grands, parfois je les déprime, gilb. Ifon apol. Il Dans un sens analogue, en parlant des choses. Si vous ne sentiez pas en lui [le prochain] quelque excellence, par laquelle vous voulez croire que vous êtes déprimé, vous auriez pour lui des dispositions plus équitables, boss. Pensées chrét. xii. [Les panégyristes] Dans une autre occasion ils déprimeront les vertus qu'ils ont élevées, en faveur de quelque autre sujet qu'ils voudront flatter, f£n. t. XXI, p. 25. Et souvent des étrangers, qui n'avaient pas le môme intérêt de déprimer sa réputaiion, ont été frappés de la contradiction qu'ils observaient entre l'opinion des sociétés de Paris et le jugement de l'Europe, condorcet, d'Alembert. Les uns faisaient valoir le pouvoir des États, d'autres le déprimaient, anouet. Ligue, m, p. 254. || Humilier. Si l'homme s'estime trop, tu sais déprimer son orgueil, boss. Mort, 4. Le gouvernement turc a déprimé les Grecs et abruti les Égyptiens , volt. Mœurs, 3. Il 8' Terme d'agriculture. Faire paître, an printemps, les premières pousses des prairies ou des champs de céréales. || 4" Se déprimer, v. réfl. Se rabaisser. Les envieux se dépriment les uns les autres. || Être déprimé, enfoncé. Il arrive, dans un coup violent sur la tète, que les os se dépriment.
— HIST. XII" s. Li sires fait povre e fait riche, orgueil depriemt, li humble eslieve, flot», 7. || xiv's. La cité estoit grevée et déprimée par guerres et par chierté de vivres, bercheube, f" 48, recto. || xvi' s. Mais par défaut d'esprit celestiel. En t'aymant trop, tu me hays et déprimes, marot,ui, 284. Il ne faut pas entendre qu'il ait tellement receu nostre malédiction, qu'il en ait esté couvert et accablé ; mais au contraire, en la recevant, il l'a déprimée, rompue et dissipée, calv. Instil. 392. Et pourtant ne fault-il pas du tout ravaller ny déprimer si fort la nature humaine, amtot, de la tranq. d'dme, 3«. Et où il adïiendroit que l'os seroit rompu et déprimé d'un costé seulement, sans que toute la pièce fust enfoncée.... para, viii, 6. Il n'y a aulcun de nous qui s'uflense tant de se venir apparier à Dieu, comme il faict de saveoir déprimer au reng des aultres animaux : tant nous sommes plus jaloux de nostre interesl que de celuy de nostre Créateur, mont, n, 2(4. Je sçais bien, quand j'ois quelqu'un qui s'arwreste au langage des Essais, que j'aimerois mieulx qu'il s'en teust; ce n'est pas' tant eslever les mots, comme desprimer le sens, d'autant plus picquamment que plus obliquement, in. i, ivo.
— ETYM. Provenç. depremer ; espagn. deprimir; ital. deprimere; du latin deprimere, d« la
DÉP
DÉP
DEP
préposition de, elpremere, presser (voy. pression). L'ancienne conjugaison était depreinre, formé régulièrement sur deprimere où l'accent est sur pri.
t. DÉPRIS, ISE (dé-pris, pri-z'), part. passé do déprendre. Séparé de ce qui avait pris. Deux crampons dépris l'un d'avec l'autre. Ces deux lutteurs dépris l'un de l'autre. || Fig. Comme on est [par la simplicité] int6rie\irement dépris de soi-même par le retranchement de tous les retours volontaires, on agit plus naturellement, fén. t. xviii, p. 4B7.
2. DÉPRIS (dé-pri), s. m. Sentiment par lequel on déprise, et qui est moins fort que le mépris. Il Vieilli.
— HIST. xvT's. Bacchus tant feut des Indiens desprisé qu'ilz ne daignarent luy aller encontre.... en cestuy despiiz, Bacchus tousj^urs guaignoyt pays, BAB. l'ant. V, 39. Peut-estre que le despris que dorénavant j'en ferai vous chasliera, uabgder. A'ouvell. VI.
— f.TYM. Voy. DÉPBISER.
t DÉPRISABLE (dé-pri-za-bl') , adj. Qui mérite d'être déprisé.
— HIST. ïvi* s. Tu te rends desprisable à un chacun, le Prince de Machiavel, p. 97, dans lacubne.
t DÉFRISANT, ANTE (dé-pri-zan, zan-t'), adj. Oui déprise. Employer une expression déprisante.
DÉPRISÊ, ÉE (dé-pri-zé, zée) , pari, passé. Des marchandises déprisées. Les forces de l'ennemi trop déprisées. De là sur l'Hélicon deux partis opposés Régnent, et l'un par l'autre à l'envi déprisés, gil- BEBT, le XVIII' siècle.
■f DÉPRISEMENT (dé-pri-ze-man) , i. m. Action de dépriser.
— HIST. ivi* s. Courage invincible, asseurance parfaicte, deprisement de tout ce pourquoy les humains tant veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent, bab. Garg. i, Prologue.
— ÉTYM. Dépriser; provenç. despreiiamenl ; anc. espagn. despreciamiento ; ital. disprexiiamento , dispregiamenlo.
DÉPRISER (dé-pri-zé) , t). a. || 1* Diminuer le prix, le mérite d'une chose, d'une personne. Ne déprisez pas cette propriété. Plus il [l'écrivain sacré] entasse de choses ensemble, plus il déprise ce qu'il entasse avec soin, boss. Concupisc. <2. N'est-ce pas s'avilir soi-même que de dépriser à ce point toute l'humanité? mass. Pet. car. Humanité des gr. Je ne prétends pas dépriser Corneille; mon commentaire n'est ni un panégyrique ni une censure, volt. Sur Poly. Apprenez à aimer tous les hommes et même ceux qui les déprisent, J. J. eouss. Ém. iv. Il Absolument. On ne déprise avec affectation que parle chagrin de ne pouvoir mépriser, duclos, dans le Dtc(. de poitevin. || 2° Se dépriser, t).ré/Z. Rabaisser ce qu'on est, ce qu'on vaut. Attentif à guetter l'opinion qu'on avait de lui, il lui arrivait souvent de parler de lui-même avec une humilité feinte, pour éprouver si l'on se plairait à l'entendre se dépriser, marmontel, Uém. v. || Se rabaisser réciproquement. Ces deux hommes se déprisent sans cesse.
— SYN. DÉPRisEB, MÉPRISER. Dépriser, c'est diminuer le prix; mépriser, c'est ôter le prix. L'envie s'efforce de dépriser les belles actions. La grandeur d'âme méprise la vengeance.
— HIST. XIII* s tant [il] se hait et desprise Qu'il
pert sa force et sa vigueur, audefr. le bast. Jiomancero, p. 9. Plus les servent, plus les despriseut, la Rose, 7582.... Por ce que il me semble que il a desprisié et despité le seignor, Ass. de J. t05. || xiv* s. Et par ces deux manières il desprisent ou font petis les profis par eulz receus, oresme, Elh. 25B. Il XV* s. Je ne dis pas pour despriser les autres nations, mais ceulx-là ont eu de grandes victoires, COMM. n, 3. (I XVI* s. Nous les obscurcissons [les grâces des autres] , ou desprisons le plus qu'il nous est possible, calv. Instit. bH. Afin qu'il connoisse de combien vous desprisez [méprisez] sa folie, marg. Houv. IV. Se louer soy mesme est aussi importun, comme se despriser et blasmer, amyot, Arist. et Colon comp. n. À fin que quelque jour ils acquissent ceste louange, d'avoir remis en prix ce qui estoit desprisé, langue, 280 Comme les fins marchands qui desprisent ce qu'ils ont plus grande envie d'acheter, yver, p. 532. Bacchus tant feut des Indians desprisé que ilz ne daignarent luy aller encontre, bab. Pant. V, 39. Il me semble qu'aussi souvent on me loue qu'on me desprise , oultre la raison , BONT. IV, (14.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et prix; provenç. despre- Xar, despreciar; espagn. despreciar; porlug. despreiar; ital. disprezzare, dispregiare.
t DÉPEISONNEMENX (dé-pri-zo-ne-man) , s. m.
Action de déprisonner; état de celui qui est déprisonné.
— HIST. XVI* s. Deprisonnement , monet, Dict.
— ETYM. Déprisonner.
t DÉPRISONNER (dé-pri-zo-né) , t). o. Tirer de prison.
— HIST. XIII* s. Par foi, font il, cis fox [ce fou] nous trufe [trompe]. Quant si le vuet desprisonner Et nous trair par sermonner, la Itose, (5263. ||xv*s. Oultre fut dit et ordonné Que Kerrieres leur cappitaine Rendroit Gaucourt desprisoniié Avec ung autre chevetaine, martial de pabis, Vig. de Charles VII, t. I, p. 1 77, dans lacubne. Je vous deprisonnerai de votre veu, /. de Saintré, p. 349, dans lacubne.
— ÉTYM. Dé... préfixe, et prison.
DE PROFDNDIS (dépro-fon-dis'), s.m. Le sixième des psaumes de la pénitence qu'on chante aux services funèbres. Dire un De profundis. Se mettre dans un cercueil et chanter son De profundis, volt. Mœurs, (26. || Familièrement et par ironie. Gai comme un De profundis, fort triste.
— ÉTYM. De profundis, premiers mots du psaume cxxix, qui est le sixième des sept psaumes de la pénitence; de la préposition de, et profundis, profond : Des lieux profonds j'ai crié vers toi, ô Seigneur.
I DÉPROHIBER ( dé-pro-i-bé ) , «. o. Cesser de prohiber, annuler une prohibition.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et prohiber.
t DÉPROUIBITION (dé-pro-i-bi-sion) , i. f. Levée d'une prohibition.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et prohiMlton.
t DÉPBOMETTRE(dé-pro-mé-tr'), je dépromets, nous déprometloiis; je dépromettais; je dépromis; je dépromettrai; dépromets; que je dépromette; que je riépromisse; dépromettant; dépromis, v. a. Retirer une promesse. Si je te l'ai promis, je te le dépromets, MOL. Pourc. Il, 6. Je crois, encore un coup, qu'il vous l'a promise [ma fille, en mariage]; mais il peut vous la dépromettre; car, apparemment, il n'en sera rien, hauteboche, Crispin médecin, i, 3. Je me suis bien promis qu'en faveur de l'affaire Vous feriez de vos biens donation entière.... — Vous vous êtes promis?... il faut vous dépromettre, REGNABD, Ménechm. I, 5.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, iX promettre.
f DÉPROPRIEMENT (dé-pro-pri-man), s. m. Nom qu'on donnait au testament du grand maître ou des chevaliers de Malte.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et propre, ce qui appartient.
tDÉPROUVER (dé-prou-vé) , t;. o. Détruire une preuve.
— HIST. XIII* S. Et por ce que aucun porroient dire que ce ne pot estre que je puisse desprover ce qui est prové contre mi.... beaum. xxxix, 22.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et prouDcr.
t DÉPKOVINCIALISER (dé-pro-vin-si-a-li-zé), V. a. Faire perdre les manières provinciales. || Se déprovincialiser, v. réfl. Perdre les manières provinciales.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et proDinciaJ.
t DÉPUCELAGE (dé-pu-SG-la-j'), s. f. Terme trèslibre. Action de dépuceler.
— HIST. XVI* s. Zenon, parmi ses loix, regloit aussi les escarquillements du despucelage, mont.
— ÉTYM. Dépuceler.
DÉPUCELÉ. ÉE (dé-pu-se-lé, lée), part, passé.
DÉPUCELER (dé-pu-se-lé. L'I se double, quand la syllabe qui suit est muette), v. a. Terme trèslibre, ôter le pucelage. Hercule .... écrasant les monstres, dépucelant les filles, dider. Salon de (767, Œuvres t. xv, p. (03, dans pol'gens.
— HIST. XII* s. Por de besanz plaine mine comblée. Ne vos voudroie avoir despucelée, Guill. d'Orange, Variantes, t. ii, p. 294. || xiii" s. Â force la vousistes avoir despucelée, Berte, cxvi. ||xv* s. Ils cuidoient, à la vérité, qu'elle jetast ce cri à la despucelée, comme c'est la coustume en ce royaume, LOUIS XI, Souv. XXIX. Il XVI* s. Vous vous trouveriez mal appointé, et peut estre vous feroit on accroire que vous avez dépucelé une nourrice, ciioljères. Contes, t. I, matinée 3, f* 74, dans pougens.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, etpuceWe; provenç. despiucelar; ital. spulcellare.
t DÉPUCELEUR (dé-pu-se-leur) , s. m. Un dépuceleur de nourrices, se dit par moquerie, dans un langage très-libre, d'un fanfaron en amour, et fig. de celui qui se vante, comme de choses extraordinaires, de ce que tout le monde a fait avant lui.
— ÉTYM. Dépuceler.
t DÉPCCELLEMENT ( dé-pu-sè-le-iaan J , s.m
Terme de droit coutumier. Action de dépuceler, nom du droit du seigneur dans certains pays. || Il s'emploie aussi dans le langage libre comme dépucelage.
— ÉTYM. Dépuceler.
DEPUIS (de-pui; l'fselie: de-pui-z un an). Il l*Pr^p. marquant un rapport de lieu, l'intervalle d'un point à un autre. La France s'étend depuis les Alpes jusqu'à l'Océan. || Fig. Quelle dislance depuis l'instinct d'un Lapon ou d'un nègrejusquà l'intelligence d'un Archimède ou d'un Newton! marmostel, dans 01RAULT-DUVIV1ER. Il Depuis marquant un rapport d'ordre, de succession. Je les ai tous vus depuis le premier jusqu'au dernier. Depuis le propl:ète juscju'au prêtre, toutes les actions ne sont que mensonge, SACi, Bible, Jérémie,\in, (0.|| Depuis marquant un rapport de temps. Je vous attendrai depuis cinq heures jusqu'à six. Depuis le lever du soleil jusques à la nuit, les troupes do Darius ne cessèrent de défiler, vaugel. Q. C. liv. m, ch. 2, dans RICHELET. L'un à l'autre attachés depuis notre nais* sance, volt. Zaïre, n, 2. {[Depuis, avec un nom de personne ou un pronom personnel, signifie postérieurement à. Il est venu depuis moi. || Depuis quand? depuis combien de temps? Et depuis quand , seigneur , tenez-vous ce lapgage ? rac. Iphig.i, (. Quel ornement, madame, étranger en ces lieux I Depuis quand l'avez-vous? m. ib. n, .1. il Depuis peu, depuis peu de temps. Il est arrivé depuis peu. {| Depuis lors, depuis ce temps-là. Il se comporta d'une manière inconvenante; depuis lors on ne l'a pas revu. Humbert dit, dans le Glossaire genevois, que cette locution ne se trouve que dans J. J. Rousseau, de Saussure et les écrivains suisses. Entoutcas, c'est une locution commune, rationnelle, et formée comme dès lors. \\ %' Adv. Il est parti il y a un an, je ne l'ai pas revu depuis. Et tu sais que depuis , à cha()ue occasion , Je suis tombé pour toi dans la profusion, cobn. Ctnno, v, (. Et depuis, jusqu'ici, chaque jour, ses courriers M'apportent en tribut ses vœux et ses lauriers , lu. l'omp. II, (. Depuis, comme à votre heur toute chose conspire, Votre oncle encor vivant vous résigna l'empire, rotrou , Bé^is. v, 5. Mais qui sait si depuis Je n'ai point en secret partagé vos ennuis? bac. Andr. ii, 2. Il me fallut depuis gémir de votre absence, volt. Zaïre, n, 2. || 3° Depuis que, loc. conj. suivie de l'indicatif, depuis le temps où.... Depuis qu'elle [Rome] se voit lamaîtresse du monde. Depuis que la richesse entre ses murs abonde, cobn. Cinna, il, (. Depuis que le Seigneur m'a reçu dans son temple, bac. Athal. iv, ). Depuis que je suis né, j'ai vu la calomnie.... VOLT. Tancr. ii, 3. Non, depuis qu'en ces lieux mon âme fut vaincue. Depuis que ma fierté fut ainsi confondue.... ID. Orphel. ii, 6. || 4* Depuis, dans le même sens, avec l'infinitif. Depuis avoir connu feu M. votre père, j'ai voyagé par tout le monde, mol. Bourg, genlilh. iv, 6. ViUacerf ne remit pas le pied à la cour depuis s'être démis des bâtiments, st-sim. 70, (58. Il Cette tournure, quoique peu usitée présentement, mérite d'être employée. || 6° Depuis que, dans le sens de dès là que, dès lors que, lorsque. Il n'est rien qui ne cède à l'ardeur de régner; Et, depuisqu'une fois elle nous inquiète, La nature est aveugle et la vertu muette, corn. JVt'com. ii, (. Les rois ne sont plus rois depuis que leur puissance ' Laisse à la calomnie opprimer l'innocence, rotrou, Bélis. V, B. Mais depuis qu'une vie est tombée en tes mains, Ô mort, pour la ravir tous nos effort» sont vains, id. Antig. v, 8. Voltaire, dans ses notes sur le Menteur de Corneille, a condamné cette tournure. Défait elle a cessé d'être en usage.
— REM. 1. Du depuis est une locution qui est tout à fait tombée en désuétude, et hors du bon usage. On la trouve dans desauteursde la première moitié du XVII* siècle: Je craignais tous ces traits que j'ai sus du depuis, Régnier, Ëlég. 3. Le cardinal avait témoigné une douleur sensible de l'injustice qu'il m'avait faite et qu'il avait clairement reconnue du depuis, RETZ, II, (66. Il 2. Dans depuis que, la locution complète est depuis ce que, comme on peut le voir à l'historique.
— HIST. XIII* s. [La ville] Fut Namur apelée depuis communaument, Berte, ix. Despuis en fut la vile assez plus asservie, t&. lx. Despuis qu'ele ot de vous la nouvele escoutée, ib. lxxxii. Signor, moult se dementoit Floire, Despuis qu'il revint de Montoire, FI. et Bl. 783. || xiv*,s. Depuis ce qu'ils estoient couchiés, Ménagier, i, «. || xv* s. La roine d'Angleterre et son fils en aima depuis le chevalier et la dame à toujours, froiss. i, i, (2. || xvi* 8. Depuis qu'Adam fust tempté de vipère, Conceu n»
DÉP
fut sans péché créature, J. marot, v, S34. Ceux qui nient que Jesus-Christ ait esté fils de Dieu que depuis avoir vestu nostre chair, ne font que caviller malicieusement, calv. Instit. 374. Depuis au disner jusques au souper, une larme n'attendant l'aultre, elle ne cessa de me preschar, mabo. lettre 20. Depuis mercredy Madame s'est trouvée beaulcoup plus mal qu'elle n'avoit esté despuis qu'elle a commencé à se lever, m. i6. 40. Ces parolles achevées, «'escarta de la compaignie; depuys, ne feut possible tyrer de luy mot quelconque, hab. Pant. m, 45. Pasquil ha faict depuys nagueres ung chansonnet auquel il dict.... ID. Ep. *». Depuis qu'on est planté en butte aux canonades.... uont. i, 4». Il ne veit oncques ce discours, depuis qu'il luy eschappa, ID. I, 206. Depuis le jour que je le perdis, id. i, 2(9. 11 souffroit la mesme passion en son cueur, que " jemislocles longtemps depuis [après] souffrit, amyot, Thésée, 8. Au reste depuis [après] la mort de son père ^Egeus, il entreprit une chose grande à merveille, ID. ib. 28. X Sparte, depuis que l'enfant estoit né, le père n'en estoit plus le niaistre,iD. Lyc. 32. Et se feit porter depuis la cour du roy jusques à la coste de la mer Mediterrane, lu. Pélop. 66. Aussi n'esloitil point cholere , ny prompt à se courroucer: mais depuis qu'une fois il l'estoit, on avoit beaucoup affaire à le rappaiser, id. Cat. d'Vtiq. t.
— ETYM. Dé.... préfixe, etpuw ; Berry, dépeus, dépuye, dépuire; bourguig. depeu, depi; wallon, dipeâ, dispeû, dùpôie ; provonç. despunis, depueis, depos; anc. catal. deput, depuys; espagn. despues; porlug. depoit; ital. dopo.
DÊPUKATIF, IVE (dé-pu-ra-tif, «v') , adj. Terme de médecine. Oui passe pour avoir la propriété de dépurer le sang, les humeurs. Remède dépuratif. Il S. m. Un dépuratif. Les dépuratifs sont ou des diurétiques ou des diaphorétiques.
— ÊTYM. Dépurer; provenç. depuratiu.
DÉPURATION (dé-pu-ra-sion), s. f. || 1' Action
par laquelle on dégage un corps quelconque des matières qui en altèrent la pureté. La dépuration d'un métal. || %' Terme de pharmacie. Séparation spontanée qui se fait dans un liquide trouble lorsqu'on le laisse en repos dans un vase cylindrique. La dépuration n'est le plus souvent qu'un préliminaire de la clarification. || 8° Terme de pathologie. Travail par lequel l'économie animale se puri&e ou plutôt se débarrasse de ce qui la trouble. La petite vérole n'était qu'une simple dépuration du sang, VOLT. Jenni, 9.
— HIST. un* s. Ne voit l'en comment de fogiera Font cil et cendre et voirre nestre Qui de voirrerie sunt mestrePar depuracion leRiereî la Rose, 16302. Il XIV* s. Les ungs [métaux] par dépuration Reçoivent grant perfection, Nat. à l'akh. err. I23.
— ÉTVM. Dépurer; provenç. depuracio; espagn. depuracion ; ital. depuraiione.
DÊPUKATOIRE (dépu-ra-toi-r'), adj. Qui sert à dépurer. Machine, fontaine dépuratoire. |! Terme de médecine. Maladies dépuratoires, maladies qu'on croyait servir à dépurer la masse des humeurs : la variole, la rougeole, etc.
— ÉTYM. Dépurer.
DÉPURÉ. ÉE (dé-pu-ré, rée), port, passé. Un liquide dépuré.
DÉPURER (dé-pu-ré), V. a. Terme de chimie et de médecine. Purifier. Dépurer un métal. Dépurer le sang. || Se dépurer, v. réfl. Devenir pur. Le sang continue à se dépurer, par le mouvement de la circulation, de tout ce qui lui restait de molécules non organiques, bufp. Animaux, Reproduction.
— SYN. DÉPURER, ÉPURER. Ces deux mots ne diffèrent que par la préposition : de, signifiant ôter de; «, signifiant faire aller hors. Dépurer un lic|uide, épurer un liquide sont vraiment .synonymes. Mais, au delà, il n'y a plus de synonymie: dépurer ne se dit qu'au propre, tandis que épurer s'emploie trèsbien au figuré.
— HIST. XIV* s. Mais luy , estant dans son mercure, C'est à dire nonc séparé De la mine, ains fort despuré, Traité d'alch. 376. || xvi* s. On pourra mesler ces huiles avec les sucs dépurés de pourpié, de laictue, para, xx bit, 40.
— ETYM. Dé.... préfixe, et pur; provenç. et espagn. depurar; ital. depurare.
DÊPUTATION (dé-pu-ta-sion;en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1* Envoi solennel de personnes chargées d'un message pour quelqu'un. Essayons de ramener les esprits par une seconde députaiJon , VAUGEL. Q. C. dans ricuelet. Il proposa de faire une députation au roi, «ëv. 233. ils ne vont pas en députalion au-devant de M. de Grignan, id. (69. Il I* Fonction de député & une assemblés délibé-
DÉQ
rante. Aspirer à la députation. C'est dans le temps que nous voulons la députation pour mon fils, dont apparemment M. de Chaulnes sera le maître celte année, sév. 668. || l.a députation d'un département, tous ses députés. || Députation des Etats, nom, dans plusieurs gouvernements constitutionnels, d'un comité revêtu de certaines attributions en l'absence des États. || Assemblée des Étals de l'empire germamanique, dans laquelle se réglaient certaines affaires renvoyées par la dièle.
— HIST. XVI* s. Sire, j'ai esté député des églises malgré moi, et pendant que bien d'autres briguoieat cette députation, d'aub. Vie, cix.
— ETYM. Lat. deputatiottem, répartition, de deputare (voy. députer).
'. DÉPUTÉ, ÉB (dé-pu-té, tée), part, patsé. Les membres du conseil députés pour aller faire des représentations au ministre.
2. DÉPUTÉ (dé-pu-té), I. m. || 1* Celui qui est chargé de certain message solennel auprès d'un prince ou d'une puissance. Le député vint donc, et fit cette harangua : Romains, et vous, sénat assis pour m'écouier.... la pont. Fabl. xi, 7. Les députés du peuple et les chefs des soldats, volt. Irène, IV, 2. Puisque les actionnaires se sont réservé en commun le capital hypothéqué de leurs actions et qu'ils ont une caisse particulière et des députés pour veiller à leurs intérêts, raynal, Uist. phil. iv, 27. Il 8" Celui qui devient, par élection, membre d'une assemblée délibérante. Les députés aux états Kénéraux. Il Particulifrement, celui qui fait partie de ce qu'on appelle ordinairement seconde chambre, par opposition à chambre des pairs, àsénat. Lachanibre des députés. Les députés au corps législatif. || Proverbe. Les députés de Vaugirard qui viennent en corps, et ne sont qu'un, se dit par raillerie des solennités qui se font pour peu de chose.
— HIST. XIV* s. Le visiteur ordenera un depputé à chascun passaige, qui les dites laines pèsera. Ordonn. dans le Dict. de dochez. || xvi* s. Députés [hommes choisis, désignés pour faire une chose], AMTOT, Lye. S6. Ce député est choisi au sort, mont. n, 267.
— ÉTYM. Député *.
DÉPUTER (dé-pu-té), ». a. \\ 1* Envoyer comme député. Madame, le sénat nous députe tous deux Pour vous jurer encor qu'il suivra tous vos vœux, CORN. Puldi. v, 2. L'ambassadeur est l'homme du prince qui le députe, bourd. Pensées, t. ii,p. 491. Cet homme ainsi bâti fut député des villes Que lave le Danube; il n'était point d'asiles Où l'avarice des Romains Ne pénétrât alors et ne portât les mains, LA FONT. Fabl. XI, 7. Il 2* Absolument. Envoyer une députation. L'erreur alla si loin qu'Abdère députa Vers Hippacrate, et l'invita X venir rétablir la raison du malade, la font. Fabl. viii, 26. On court, on s'assemble, on députe X l'oiseau : seigneur Cormoran, D'où vous vient cet avis? Quel est votre garant? ID. Fabl. X, 4. Il déclara ouvertement qu'il ne se séparerait point d'eux, et leur conseilla de députer vers le prince, pour savoir de lui-même contre qui il prétendait les mener, rollin, Uist. anc. t. IV, p. <45, dans pousens.
— HIST. XV* s. Lieu que nous avons député et ordonné, On/onra. dans le Dicl. de dochez. || xvi* s. Sans en faire plus longue inquisition, ils ont député un anneau à cet usage, beau et riche, ne considérant point la pauvreté en laquelle a vécu la sainte Vierge, calvin, t6l. La dernière portion [des biens] estoit députée pour la réparation des temples et autres despenses extraordinaires, id. Instit. S80. Depuis que l'enfant estoit né, le père n'en estoit plus le maistre, ains le portoit en un certain lieu à ce député, là où les plus anciens de la lignée visitoient l'enfant, amyot, Lyc. 65. On députa les premiers et principaux personnages de l'une et de l'autre partie pour envoyer devers luy, m, Numa, 6. Le cynosarges estoit un parc député aux exercices des jeunes gens, m. Thém. 4 . Si ne feu.st pas plus tost député à celle charge, qu'il.... is. Colon, 21.
— ÉTYM. Provenç. deputar ; espagn. deputar, diputar; ital. deputore; du latin deputare, tailler, assigner, de la préposition de, et pulare, tadier, penser (voy. putatif). Députer, c'est proprement assigner, puis, de là, confier une mi.ssion.
t DÉQUALIFICATION ( dé-ka-li-fi-kasion ) , t. f. Perte d'une qualification.
— ÉTYM. Déqualifier.
t DÉQUALIFIER (dé-ka-li-fi-é), v.a. Enlever une qualification, une qualité.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et qualifier.
t DËQUILLBR (dé-ki-Ué, Il mouillées), v.a. Terme du jeu de quilles. Frapper une quille avec
DER
la boule, de manière à lui faire quitter sa place, k la jeter hors du carré du jeu. || Fig. et familièrement, déposter, chasser d'un poste, d'une fonction On l'a déquillé à son grand regret. Vous voilà déquillé.
— HIST. XVI* 8. Duras, voulant prendre sa place, l'accusa en mesme temps aux deux cours d'estre double, et, pour peu d'indice qu'il en pust apporter, le desquilla facilement de l'une et de l'autre, d'aub. Hist. II, 222.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et quille.
t DÉRACINABLE (dé-ra-si-na-bl') , adj. Qui peut être déraciné, au propre et au figuré.
— ÉTYM. Déraciner.
DÉRACINÉ. ËE (dé-ra-si-né, née), part, passé. Dont les racines ont été arrachées de terre. Des ar. bres aussi anciens que le monde sont déracinés, ou leurs débris dispersés, rat.nal, Uist. phil. x, 6. Il Fig. Une opinion déracinée par la parole et par les livres. Le plus noble orgueil y germa sur les débris de la vanité déracinée, i. i. rouss. Conf. ix.
DÉRACINEMENT (dé-ra-si-ne-man) , s. m. Actioa de déraciner un arbre. Le 'téracinement d'un chêne. Il État de ce qui est déraciné.
— ÉTYM. Déraciner.
DÉRACINER (dé-ra-si-né), v. a. || 1* Rb.-verser ce qui tient au sol par racines. Le vent redouble ses efforts Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tùte au ciel était voisine Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts, la font. Fabl. i, 22. Ce grand Dieu qui se vante de déraciner par son souffle le* cèdres du Liban , tonne pour abittre les feuilles des arbres, boss. la Valliére. Je le voyais déraciner sans peine d'une main les hauts sapins, pën. Tél. XV. Il Fig. Vous avez été choisi pour déraciner ma vie de la terre; j'y tenais par un lien trop fort, STAËL, Corinne, xx, 3. ||2* Par extension. Déraciner un cor, l'extirper. || Faire sortir de sa place. Et d'un grand maître tireur d'armes, qui vient avec se* battements de pied, ébranler toute la maison et nous déraciner tous les carreaux de notre salle, mol. B. gent.ni, 3. || 3° Fig. ôter, enlever, faire disparaître. Chacun se doit connaître et, par un exercice. Cultivant sa vertu, déraciner son vice, bêgnier, Sat. XV. Par là de nos trois coeurs l'amitié ressaisie En déracinerait et haine et jalousie, corn. Othon, II, 4. Qui pourrait l'affermir dans un saint exercice Qui du cceur tous les ans déracinât un vice, id. Imit.
1,11 Regarde en autrui Tout ce qui t'y déplaît,
tout ce qu'on y censure. Et déracine en toi ce qui te choque en lui, id. ib. i, 26. St Bernard fit uo voyage dans ces pays-là pour y déraciner ce mauvais germe, et les miracles qu'il y fit en confirmation de la vérité cathoUque sont plus éclatants que le .soleil, boss. Var. xi, § 36. Commencez à déraciner vos vicieuses inclinations, mass. Car. Jeûne. Il Déraciner les abus, les faire disparaître. || 4° Se déraciner, t). r^/I. Perdre son enracinement. Cet arbre se déracine. || Fig. Les opinions anciennes ne se déracinent pas facilement. Souvent le vain orgueil par là se déracine. L'amour-propre se mine. Et fait place aux vertus avec facilité, cohn. Imit.
— HIST. XIV* 8 Et si t'enfourme [conduis-toi
de telle manière], K'orguel de ton cuer desrachinnes, 1. DE CONDET, p. 168. || xvi* S. Timoleon pensa d'affranchir aussi les autres villes, et de tout poinct exterminer et déraciner les tyrannies de Sicile, AMYOT, Timol. 34.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et racine; picard, itéracheiner, dérocher; provenç. desraygar, desratigar; anc. catal. desreygar ; espagn. desraigar; ital. disradicare. Le provençal, l'espagnol et l'italien sont formés de raii, radiée, racine.
t DÉRACINEUR (dé-ra-si-neur) , /. m. Celui qui déracine. Les niveleurs étaient de plusieurs espèces : les uns, les fouilleurs et les déracineurs, s'emparaient des bruyères, cuatbaub. Suarts, 24*.
— ÉTYM. Déraciner.
t DÉRADELPUE (dé-ra-<lèl-r), adj. Terme de tératologie. Monstre déradelphe, et, substantivement, un déradelphe, monstre composé de deux individus réunis par le cou.
— ÉTYM. Aipii, cou, et à8«Xçd;, frère.
t DÉRADELPHIE (dé-ia-dél-fie), f. f. État du monstre déradelphe.
DÉRADER (dé-ra-dé), v. a. Terme de marine. Emporter, en parlant d'un gros temps, d'un vent violent, un vaisseau hors de la rade, avec ses ancres. Il Terme de pêche. Désagréer un bateau quand la saison de la pêche est finie.
— FTYM. Dé.... préfixe, et radt.
t DËRAlDia, voy. DÊnoiDUL
DÉii
DJitl
DER
t DÊRAII.fi, ÊE (dé-rè-lé, lée), port, passé. Sorti
hors (Ips rails. Un convoi dérailé.
t nÉUAILEMENT (dé-rè-le-man), «. m. Action (le ilér.iiler; résultat de cette action.
— REM. Ce mot se trouve écrit d'ordinaire déraillement, et est prononcé dé-ra-lle-man , avec U mouillées; mais c'est une erreur de la prononciation et de l'orlliographe. Voy. débailek.
t DP.RAILER (dé-rè-16), v. n. Sortir des rails, en parlant d'un convoi sur un chemin de fer.
— REM. Ce mot est écrit d'ordinaire dérailler, et prononcé dé-ra-Ué, ii mouillées; mais c'est une erreur, puisqu'il vient de l'anglais rail, prononcé en anglais rèl. Il vaut mieux suivre la prononciation anglaise, que cette mauvaise prononciation qui rapproche dérailer de railler, et ne pas tenir compte de l'orthographe, pas plus qu'on ne fait pour keepsake qu'on prononce non comme il est écrit, mais à l'anglaise, ki-psè-k'.
— lîTYM. Dé.... préfixe, etangl. raii, rail de chemin de fpr (voy. rail).
DÉKAISON (Ué-ri'-zon), *. f. Manque, absence de raison dans les paroles ou les actions. Qu'est-ce que le péché, sinon une erreur et une dérai-iion? fén. t. III, p. 3*7. La raison parfaite va plus loin: elle supporte en paix la déraison d'autrui, ID. Dial. des mortx ave. Socr. Alcib. et Timon. Cela nous paraîtra d'une grande déraison, montcbip, dans desfon- TAINES. Qui t'anime aujourd'hui? par quello déraison Rappeler les malheurs de toute ma maison? le.merc. Agamemnon, IV, 6.
— HIST. XII* s. Tel poesté ne puet nul chardenaus aveir; Par mei n'aura nul d'els de desraisun poeir, E poesté de pape n'aura par mun voleir, Th. le mart. M. || xiii* s. Certps, moult est laide chose et vilaine, que il est de çaiens forclos, et moult i est grans la mesproison por vous, et la desraisons de che que il oncques le fust, H. de valenc. xviii. Et cil monstrerent la besoigne et la de.-:raison que lor dame lor faisoit, Chron. de Bains, 228. Seigneur, vous iesies tout mi home, et je suisvostresirPs....et TOUS ai moultamés.... etdonné du mien largement, et ne vous fis onkes tort ne desraison, ains vous ai toujours menés par droit, ib. 147. [On blâme une dame] De la desraison qu'ele fait. Qui loial amant morirlait [laisse], Bl. (t Jeh. )007. En tex[telsl dons n'a pasdesreson,/o /îose, 8266. Oiez, prélat et prince et roi, La desresoii et le desroi Qu'on a fet à mestie Guillaume, KUTEB. 71. || xiv*s. N'oncques puis je ne m'assenti De faire à nuUuy desraison, N'auire cho.se contre raison, bkuyant, dans Kp'najicr, t. ii, p. 33.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et raison; provenç. desrain; ita'. ilisraginne.
DÉRAISONNABLE (dé-rè-zo-na-bl'), adj. || !• Qui n'est pas raisonnable. C'est un homme tout à fait déraisonnable. |{ 2° En parlant des choses. Conduite déraisonnable. Ce qu'a fait Massinisse e.st si déraisonnable Qu'à peine mon esprit le trouve imaginal)le, MAiH. Sophon. iv, 4. Votre dernière plainte n'est pas moins déraisonnable, pasc. Réfut. delà rép. à la li' prov.
— HIST. XIV* S. Dire que un homme qui fait adultère ne veuille pas estre incontinent, c'est un dit desraisonnable, ORESME, E(/i. 73.|| xvrs. Iln'exau'ce point leurs prières, attendu qu'elles sont desraisonnables, amyot, P. /Em. 32. i une femme desraisonnable il ne couste non plus de passer par dessus une raison que par dessus une aullre, mont, u, 84. Et des humeurs desraisonnahles des hommes, il semble que les philosophes mesmes se desfacent plus tard et plus envy de cette-cy [l'amour de la gloire] que de nulle auitre, m. i, 320.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et raisonnable.
DÉRAISONNABLEMENT ( dé-r?;-zo-na-ble-man ) ,
adv. D'une manière déraisonnable. 11 a parlé déraisonnablement. Il a déraisonnablement agi. Ils furent assez inconsidérés pour prêcher la raison déraisonnablement, VOLT. Voy. de la raison.
— ETYM. Déraisonnable , et le suffixe ment.
t DÉRAISONNEMENT (dé-rè-zo-ne-man ), s. m. Action de déraisonner. La fureur et le déraisonnement le plus inepte était leur réplique, ST-siu. 427, 177.
— Rtym. Déraisonner.
DÉRAISONNER (dé-rè-zo-né), f. n. Tenir des discours dépourvus de raison, de sens. Le malade coniinençait à déraisonner. Il ne fait que déraisonner. Ils déraisonnaient à qui mieux mieux.
— ETYM. Ué.... préfixe, elraisonner. L'ancienne forrre était rtesraniir, et signifiait exposer, contester.
t DÉRALINGUER (dé-ra-lin-ghé), ». o. Terme de maruie. ôter les ralingues d'une voile. || Déchirer, en parlant du vent, une voile le long des ralingues.
— ETYM. Dé.... préfixe, et ralingue.
PICT. Pfi; U liAIieUg FRANCAISI.
f DËRAMAGE (dé-ra-ma-j') , s. m. Action de déramer,
t DÉRAMER (de-;a-mé) . v. a. ôter de dessus les branchages, en parlant des cocons des vers à soie.
— HIST. XVI* s. Tarderplus de sept à huit jours à desramer les cocons, seroit se constituer au hazard de convertir In soie en filozelle, o. te serbes, 489.
— ÉTYM. W.... préfixe, etrame,ausensdebranche. DÉRANGÉ, ÉE (dé-ran-jé, jée), part, passé.
Il 1* Mis hors de son rang, de sa place. Des meubles dérangés. Cette chambre où j'entrais toujours, hélas ! j'en trouvai les portes ouvertes, mais je vis tout démeublé, tout dérangé, s6v. <4. || Un cabinet dérangé, un cabinet oii l'on a mis le désordre. Il i° Mis hors de ses heures. Je suis tout dérangé quand je suis absent de la cour trois jours, locution de la cour, suivant de cailuères, <a90. || 3° Fig. Une fortune dérangée, une fortune grevée de beaucoup de dettes. Jacquinet; Ce retour imprévu ne dérangerait-il point un peu vos petites affaires? — Merlin: oh! non, elles sont toutes dérangées, de par tous les diables, regnard , Retour imprévu, se. 9. Il II se dit des personnes dans le même sens. Le mari de la mère était fort dérangé; en mourant, il ne laissa rien, beaumarch. Mère coup, u, 3. || 4° Il a le cerveau dérangé, il n'est pas dans son bon sens. Les courtisans assurèrent que l'abbé de Savoie serait toujours un esprit dérangé, volt. Louis XIV, 18. Il 6" Jeté dans le dé-sordre moral. Un homme dérangé par les mauvaises compagnies. || 6° Avoir le corps dérangé, être affecté de diarrhée. || Absolument, dans le m^me sens. Être dérangé.
DÉRANGEMENT (dé-ran-je-man) , s. m. || 1° Action de déranger; état de ce qui est dérangé. Le dérangement des meubles dans une chambre. Causer du dérangement dans une assemblée. || i" Fig. Changement qui incommode. Je crains de vous causer du dérangement. Le dérangement que cela fera à notre commerce [correspondance], sftv. i»t.\\ 3° Désordre d'affaires qui compromet la fortune. J'ai déjà ouï dire dans une maison (|u'il y avait du dérangement dans ses affaires, LESAGK, ï'urcarct, iv, 12.
I Gêne d'argent. C'est moi que cette charge accable, et je voudrais au moins que pour prix de tout le dérangement qu'il me fait.... SÉV. 438. Il 4° Désordre moral. Son dérangement lui attire tôt ou tard des remontrances de la part de celles qui sont établies pour veiller sur sa conduite, mass. Profesi. relig. Serm. 4. Cette ressource était encore i)lus nécessaire à de jeunes gens que la première effervescence de l'âge des plaisirs avait entraînés dans les excès de la débauche et du dérangement, raynal, Uist. phil. XIV, 3. Il 6* Dérangement de corps, ou, simplement, dérangement, diarrhée.
— ÉTYM. Déranger.
DÉRANGER (dé-ran-jé. Le g prend un e devant a ou o;nousdérangeons, jedérangeais), D. a. ||l°ôter une chose de son rang, de sa place. Déranger des papiers, un meuble. Â l'empressement qu'on eut de iléranger les branches d'arbres qui masquaient des forces qu'on avait tant d'intérêt à cacher, ils devinèrent le péril où ils allaient se jeter, raynal, Hist. phil. XVI, 20. Il Déranger une chambre, en dé|)lacer les objets. Il Déranger une machine, une montre, y apporter quelque trouble qui l'empêclie de bien aller. Il Fig. Vous n'entrez plus dans les desseins do la miséricorde de Dieu sur votre salut : vous dérangez l'ouvrage de votre justification, mass. Car. Pâques. On croit qu'en dérangeant les desseins qu'on avait pour l'automne, on dérangera aussi la fièvre de M. le Dauphin, qui la prend dans cette saison à Saint-Germain; pour cette année elle y sera attrapée, elle ne l'y trouvera pas, sÉv. 89. Ce coup dérangea les mesures de Charles, du cardinal et de l'assemblée de Varsovie, volt. Charles XII, 2.
II Terme d'ancienne marine. Déranger la bonnette, la déboutonner du corps de la voile. || 2° Déranger quelqu'un, lui faire quitter sa place. Je ne veux pus déranger ces dames. || 3° Déranger quelqu'un, l'interrompre dans ses occupations. Dubriage : Mais cela te dérange. -^ George : Un peu; mais le plaisir.... U faut bien se donner un moment de loisir, collin d'harlev. Vieux célib. ii, 2. || 4" Déranger le temps, le faire passer du beau au mauvais. Cet orage va déranger le temps, jj 6° Altérer un peu la santé. J'ai mangé un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé. || Occasionner la diarrhée. Cet enfant a mangé des fruits verts; cela l'a dérangé. Il 6* FiiT. Déranger le cerveau, troubler la raison. Que c'est un dangereux poison. Qu'une délicate louange IHélas! qu'aisément il dérange Le peu que l'on a. de raison 1 chaul. Au marquis de Dangeau. C'est bien dommage que son chagrin lui dérange
quelquefois l'esprit, volt. Prinç. de Babyl. 5. Le trouble et la frayeur ont dérangé sa tête, imbert, / loux sans amour, v, tb. || 7° Jeter (^ans le désordre moral. Les mauvaises compagnies lont dérangé Et cette jeune fille qui vous dérange, qui fait que vous manquez à votre parole, il se trouve que c'est moi, MARIVAUX, Marianne, 4* [lartie. || 8' Se déranger, t). réft. En parlant d'une machine, ne pas aller réguhèrement. Cette montre se dérange facilement. Il Se déranger, en parlant de la fortune, être grevé de dettes, d'hypothè(|ues. Ses affaires se dérangent beaucoup. || 9° Quitter son rang, sa place. Je ma suis dérangé pour le faire mieux placer. Ne vous dérangez pas, je reviendrai plus tard. || Quitter ses occupations, ses afi'aires. Mme de Coulanges m'a menée ces derniers jours; elle s'est toute dérangée pour moi, elle n'a songé qu'à moi, SÉV. 347. || 10° Avoir la raison troublée. On prétend que son e.sprit [de Charles-Quint] se dérangea dans la solitude de St- Ju.st, VOLT. Mœurs, t26. || Tomber dans le dé.sordra moral. Ces cœurs convertis qui se dérangent et qui retomberont bientôt dans leurs affections terrestres, FLÉCH. Sermons, n, 44. Une fille qui se dérange et qui ne vit pas selon la régie, bourdal. Exhort. sut l'observ. des règles, t. i, p. 23). L'abbé de Caudelet a passé le reste de sa vie sans s'être dérangé un moment, ST-siM. B4, 154. S'étant tout à fait dérangé. Il s'est enfui du pays laissant sa femme.... j. j.
HODSS. Ilél. VI, 10.
— HIST. XI* s. Od mil Franceis de France la lur terre, Gautier desrenget [se range le long] les destreiz et les tertres, Ch. de Roi. Lxm. || xii* s. Quant un vaslez les lit tous desrengier.... Ronc. p. 187. Il xiv* s. Après muet [s'avance] Il dux de Bourgogne Contre qui Brebaneons desrengent [se détachent], G. OUIART, Ms. f" 126, dans LACUR.NE.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, étranger; provenç. desrengar. desrenrar, desranear.
\ DÉRAPÉ, ÊE (dé-ra-pé, pée), part, passé. Une ancre dérapée, une ancre qui a lâché le fond.
f DÉRAPER (dé-ra-pé), V. n. Terme de marine. Une ancre di^rape quand, bien que mouillée, elle n'est plus fixée au fond et laisse dériver le vaisseau. Il Se dit au-si d'une ancre au moment où elle est arrachée volontairement du fond de la mer.
— ÉTYM Formé, avec le préfixe dé...., sur le modèle de l'italien or-rappare, ar-raffare, rappare; t'spagn. rapoi; venant du germanique : holl. rapen; suéd. rappa; allem. raffen, saisir.
t DÉRAPER (dé-rft-pé), v.a. Terme de vigneron, ôter la grappe du raisin, avant de presser le grain pour faire le vin.
— ÉTYM. D^.... préfixe, etrdpe (grappe). DÉRATÉ, ÉE (dé-ra-té, tée), part, passé. \\l° X
qui on a ôté la rate. || Courir comme un chien dératé, et, substantivement, comme un dératé, courir avec une grande vitesse et longtemps. || Fig. et substantivement, personne vive, alerte, sans retenue. C'est un dératé, une dératée. || Une petite dératée, celle qui en sait plus qu'on n'en sait d'ordinaire à son âge.
DÉRATER (dé-ra-té), V. a. Extirper la rate; opération qu'on prétendait propre à rendre les cliiins meilleurs coureurs (ce qui n'est pas), et qui était suggérée par la douleur ressentie au côté gauche dans une course longue et rapide, douleur attribuée à la rate.
— OTYM. Dé.... préfixe, e» rate.
f DÉBAYER (dé-rè-ié), v. n. Terme d'agricultur;. Tracer le dernier sillon d'un champ, pour la séparer du champ voisin. || Terme de relieur. Rendre, pour la reliure, les peaux minces et d'égale épaisseur.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et raie,
t DÉRAYCRE (dé-rè-iu-r'), s. f. SiUon distinguant deux champs l'un de l'autre.
— ÉTYM. Dérayer.
DERECHEF (de-re-ohef), od». De nouveau, une seconda fois. Irai-je derechef les dieux sollicitant? RÉGNIER, Élég. IV. Leurs six petites poches (des cavités du cœur] se referment, et les cinq delà veine cave et de l'artère veineuse se rouvrent et donnent passage à deux autres gouttes qui font derechef enfler le coeur, DESC. Méth. V, 6. Mais derechef je veux ne rien approfondir, corn. Attila, i, 2. Derechef jugez mieux de la même vertu, id Théodore, iv, 6. Ou derechef j'atteste Le souverain pouvoir de la troupe céleste, m. Hor. iv, 4. Les voilà donc derechef en chemin, la font. //erm. Me voilàsaisi derechef D'étonnement etd'épouvante, m. Fabl. i, V2. La viclime innocente que mes crimes ont dcrechet immolée, CHATRAUB. llart. <3fi. |{ Encoie une fois. Derechef, veuillez être discret, mol. Éc. des f. i, 6.
DÊU
— HTST. xn* s. Ce§t règne [pays] [les Normands) aveient eUillié [ruiné]; Or derechef sunt repairiéi destruire le remanant, benoIt, i, v. io35. Lores m'estut de rechief comencer, Ronc. p. la*. DerechiefAchinoasparladàJoab.silidisf.quelsmalsGst, g! jo en vois [vais] aprfes ensiî Rois, )««. || xiir s. Derechief, les antres prevoz, les baillifs et les serjans jureront que il garderont loialment nos rentes et nos droiz, joinv. î»*. Le roy et nous qui estions avec li demoure/., si comme Dieu voult, feismes voille derechief, m. 2*3. dont [il] li dist tôt de rekief, FI. et Blanchef. l!».'".». || hv* s. Or retournons de rechefaubiendequoy nous queirons et disons.... osESME, Elh. vn, <3. Il XV* s. De rechief commanda ledit duc que.... COMM. v, «.
— ETYM. De, re indiquant retour, et chef, dans le sens de tête, bout, extrémité.
DÉRfiriLlî, ÉE (dé-rè-glé, glée), part, passé. Il 1" Oui n'est plus réglé. Avoir le pouls déréglé. Une machine déréglée. Je ne comprends rien aux postes, elles sont déréglées, sÉv. 28. Afin qu'il n'y ait rien de déréglé dans notre commerce, ID. 429. Il 2° Oui n'est pas soumis à la riigle. Vie déréglée. Homme déréglé. Ambition déréglée, mair. Soplion. v,2. Esprit déréglé, D'ABLANCOunT, Tac. ann. liv. iv, lans RICHF.LKT. Seigneur, est-il donc vrai qu'une reine aveuglée Vous préfère d'un roi la valeur déréglée? RAC. Alex, m, 6. Des chefs sans art conduisaient dans des pays inconnus des multitudes déréglées, VOLT. Mœurs, B4. || 3° Qui est dans le désordre moral. Oue devrait-on faire si, en considérant son état présent, on le trouvait déréglé et contraire à Dieu 7 nicole, Ess. mor. 2* traité, ch. 9. La jeunesse romaine déjà presque généralement déréglée et corrompue par le luxe et la licence que les richesses et les nouvelles conquêtes avaient introduites à Rome, HOLUN, /list. anc. Œuvres, t. i,
p. 668, dans POUGENS.
DÊRÉGLEIMENT (dé-rè-gle-man), ». m. || 1" État de ce qui est déréglé. Le dérèglement du pouls, d'une horloge. Les maladies ne se forment que du dérèglement des humeurs, mauchoix. Homélie 40, dans RiCHELET. Le dérèglement des saisons leur avait donné l'épouvante , d'ablanc. Tac. liv. i, ch. 4, dans HICHELF.T Ces personnes qui, nées dans une condition obscure, se sentent du dérèglement des saisons, du malheur des temps.... mass. Car. Jeûne. Jupiter et Saturne s'attirent plus fortement l'un l'autre quand ils sont plus proches, et par là la régularité du reste de leur cours est sensiblement troubrèe; on peut aller jusqu'à déterminer la a'vdntité et les bornes de ce dérèglement, fonten iVeioton. Il 2° Cours de ventre, dérangement. Je ouis chez votre abbé, qui a depuis deux jours un petit dérèglement qui lui donne de l'émotion f je n'ensuis pas encore en peine, mais j'aimerais mieux qu'il se portât tout à fait bien, sév. 123. || 8° Conduite déréglée. Il faut bien des années de dérèglement et de libertinage pour arriver h ce comble d'infamie, PATHU, Plaidoyer Ki , dans riciielkt. Et si le peuple y voilquelques dérèglements [chez les princes], C'estquand l'avisd'aulrui corromptleurs sentiments, COBN. J'omp. 11, I. Ceux qui sont dans le dérèglement disent à ceux qui .sont dans l'ordre.... pasc. P. àiv. 44. Quand son exercice [de la raison] commence à devenir plus parfait, les grands dérèglements de la sensualité commencent en même temps à se déclarer, Boss. Concupisc. 7. N'entend-on pas dire sans cesse que tout est renversé dans le monfln, que le dérèglement y est général, qu'il n'y a ni âge, ni sexe, ni état qui en soit exempt? BOURD. Pensées, t. i, p. 4 36. Le dérèglement des ecclésiastiijues et des prêtres est préjudiciable à tout le monde chrétien, dont ils doivent être les guides et les conducteurs, ID. Exhorl. Char, env un tém. t. I, p. <53. Il répand des larmes sur les dérèglements d'une ville infidrie, mass. Av. Cire. Vos infirmités ne sont pas un dérèglement de votre cœur, m. Car. Tiéd. i. Scipion n'avait pris aucune pari aux dérèglements et aux débauches qui régnaient alors presque généralement parmi la jeunesse romaine, rOLUN, Wts«. onc Œuvres , X. i , p. 573, dans POUGENS. C'est le dérèglement de vos actions qui me fait parler, reonard, Retour impr, se. 4.
— BEM. On ne voit pas pourquoi l'Académie met un accent aigu à déréglemeni, tandis qu'elle met un accent grava t règlcntenl; l'accent grave est d'ailleurs l'orthographe conforme à la prononciation.
— SYN. DÉHÉOLEMKNT, DÉRANGEMENT. Ces mOtS
expriment deux nuances du désordre moral. Ce qui est dérangé est hors de son rang, hors de sa place ; c« qui est déréglé est hors de U règle. Le dérègle-
ment exprime donc un état plus grave que le dérangement.
— HIST. xvf s. J'ay aultrefois appiins que le vice n'est que desr^glement et faulte de mesure, mont. n, ».
— ÊTYM. VMgler.
DÉRÈGLEMENT (dé-ré-glè-man), od». D'une manière déréglée. Il a vécu dérèglement.
— HIST. XVI» s Ou que ses mois fluent dérèglement et immodérément, PARÉ, XVIII, 44.
— ETYM. Déréglé, et le suffixe ment.
DÉKÊGI-ER (dé-rè-glé. U syllabe ri prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette: je dérègle, excepté, suivant l'usage de l'Académie en cas semblabes, au futur et au conditionnel : je déréglerai, je déréglerais; dans dérégler et ses composés, la syllabe r(f, malgré l'accent aigu, se prononce comme dans règle ) , v. a. || 1" Kaire qu'une chose ne soit plus réglée. Le froid, le chaud dérèglent les pendules. Cette machine [le corps], quoiqu'unie si étroitement à un esprit, n'est ni immortelle ni incapable d'être troublée et déréglée, NICOLE, Ess. de mor. 4" traité, ch. 3. Le mouvement le plus violent que pût avoir un vaisseau ne la (léréplait point [une certaine clepsydre], au lieu qu'il dérègle infailliblement les autres horloges, konten. jlmonlon*. Il 2° Par extension, troiibl(?r la discipline. Dérégler un collège. || 3° Fig. Jeter dans le désordre moral. Dont les métiers ne serviraient qu'à dérégler les mœurs, fén. Tél. xii. Vous avei déréglé votre imagination, mass. Car. Prière, *. Il 4° Se dérégler, v. réjl. N'être plus réglé. Ma pendule s'est déréglée. La saison se dérègle; on voit une espt'ce de déluge au milieu de l'éié, pén. t. xxi, p. {ii. Voilà un plaisant respect qu'on a pour elle [la terre] ; je ne me fierais guère plus à la terre qu'à une pendule : les mêmes choses à peu près qui dérégleront l'une dérégleront l'autre; je crois seulement qu'il faut plus de temps à la terre qu'à une pendule pour se dérégler sensiblement; c'est tout l'avantage qu'on lui peut accorder, fonten. Bondes, a' soir. Il Fig. Tomber dans l'indiscipline, dans le désordre moral. Les victoiieux se dérèglent pendant ce temps de confusion, fén. T^i. v. || Proverbe. Il ne faut qu'un mauvais moine pour dérégler tout le couvent.
— HIST. xiv s. Il est jeunes assez, par la Vierge honnerée. Pour avoil assez sens et honneur à durée ; Il ne fait nés (même] un mal, ne chose desrieuléo, Guescl. 276. Helas que je suis malheureuse. Et sur toutes plus doloreuse, Quant je pense à toy, genre humain. Oui sur toute autre créature Te desreigles tant de nature I Nature à l'alchim. err. 8. || xv* s. Kncores poet moult bien selonc m'entente Li orlogiers, quant il eu a loisir. Faire sonner les clochetes petites. Sans derieuler les heures dessus dites, froiss. Poésies mss. p. 67, dans lacurne. Si commencèrent archers et compaignons à piller et fourrer les maisons pour butiner et pour gaigner, et se dereigle rent tellement que les enseignes demourerent toutes seules, Xém. d'Ol. de la Marche, liv. i, p. 36», dans LACt'RNE. Il XVI* s. Licence desieglée, amyot, Solon, ♦•.
— ETYM. Dé.... préfixe, et règle. Desrieuler est régulier; régiila ayant donné ricule et règle.
t DÊUENCÊPHALE (dé-ran-sé-fa-1'), adj. Terme de tératologie. Monstres dérencéphales, et, substan tivement,los <lérencépliales, monstres qui ont un cerveau imparfait implanté sur le cou.
— ETYM. Aé^n, cou, et encéphale.
tDÉRKTOUIlNERCilè-re-tour-né), v.a. Remettre
à l'endroit ce cpii avait été retourné, mis à l'envers. Déretourner un bas. Les bouches qui se forment sur le milieu du corps d'un polype déretourné en partie.... bonnet, Contempl. nat. Œuvres, t. vin, p. 24) , dans POUGENS. || Se déretourner, v. réfl. Cesser d'être retourné. Le polype n'aime pas à demeurer retourné ; il tâche à se remettre dans son premier état, il se déretourne en tout ou en p:;rtie, id. Consid. corps org. Œuvres, t. v, p. 3BB.
— ETYM. Dé.... préfixe, et retourner.
DÉRIDE, ËE (dé-ri-dé, dée), part. passé. Qui n'a
plus de rides. La peau déridée par quelques cosmé tiques. Il Fig. Un front déridé, un front où un air sérieux, soucieux ne parait plus.
DÉRIDER (dé-ri-dé), v. a. || 1* Effacer les rides. Pommade pour dérider la peau. || 2* Fig. Dérider lefront, ôter au front toute apparence sérieuse ou soucieuse. J'aime mieux Arioste et ses fables comi ques Que les auteurs toujours froids et mélancoliques Qui, dans leur sombre humeur, se croiraient faire affront. Si les Grâces jamais leur déridaient le front, boil. .,4r( p. m. Le géomètre dérida un
drr
peu son front et se mit à rire, montesq. lett. pen. (28. La galté qu'il gavait répandre Eût déridé le front d'un roi, ueRANO. Violon brisé. || Se dérider le front, quitter l'airsérieux, devenir gai. Le P. Pélau , bien moins Agé . mais naturellement plus rigide que son confrère, se dérida le front en faveur d'un je:ine provincial qui.... d'olivkt, Ilisl. de l'Acad. t. Il, p. 393, dans pougens. || Rendre gai. Rien ne saurait le dérider. Le riant Épicurien Y déridait l'Apre Stoïcien, delille, Convers. Prologue. || 8* S« dérider, v. réfl. Perdre ses rides. Ce visage, ridé par la maladie, s'est déridé par la convale-sceuce et l'embonpoint. || Fig. Devenir gai. Il ne se déride jamais. Alors il n'était point de lecteur si sauvage Qui ne se déridAt en lisant mon ouvrage, boil. Éptt. X. Houille, procureur général de la chambre des comptes, no se déridait qu'avec des filles et entre les pots, ST-SIM. 96, 7.
— ETYM. Dé.... préfixe, et ride.
t DÉRIMER (dé-ri-mé), v. a. Terme d'histoire littéraire. Mettre en prose un ouvrage en vers. No» anciens poèmes ont été dérimés au xv* siècle.
— ETYM. Dé.... préfixe, et rime.
t DÉRISEUR (dé-ri-zeur), s. m. Celui qui tourne en dérision des choses respcciable.s.
— HIST. XIV* s. Il est mendre [moindre] en malvestey que n'est le deriseur, oresme, Eth. (37.
— ETYM. Lai. derisor, de derisum, supin de deridere. de la préposition d»", elrid#re, rire (voy. rire).
DÉRISION (dé-ri-zion; en poésie, du quatre syllabes), t. f. Moquerie méprisante. Peu s'en faut qu'elle ne s'emporte jusqu'à la dérision [de la religion], qui est le dernier excès et comme le triomphe do l'orgueil, boss. Anne de Gonx. Tourner le nom de Dieu en dérision , id. Kic». ( . Ils les portèrent en dérision par lojite la ville, maucroix, Schisme, liv. I, dans richelet. Et tout le peuple même avec dérision Observant la rouKeiir qui couvrait mon visage.... RAC. Esth. m, I. Faire des dérisions injustes de la piété même, mass. Car. Inconst. Ils ont regardé la pénitence comme des dérisions publiques des sacrements, id. ib. Notre zèle, loin de ramener les pécheurs, leur fournil contre nous des dérisions et des censures, id. Confèr. Cond. des cl. d. le mond. Et qu'est-ce que la gloire? un vain son répété. Une dérision de notre vanitél lamakt. llarm. m, 9. Il Familièrement. C'est une dérision, c'est-àdire c'est se moquer. C'est une dérision que d'offrir cent francs pour un pareil travail.
— HIST. xiv s. Il semble que l'en face de eulx une dérision, quant l'en les loe, oresme, Elh. 28. Mes seroit par aventure une dérision de vouloir bien au vin que l'en aime, m. ib. 232. Et il deffendent aucunes conlumelies et dérisions estre dites, id. ib. (37. Estre à moquerie et à dérision de ses anemis, BERCiiELRE, f 20, terio. U cuidaquela damelui dist dérision, Guescl. (02. || xv s. Et pourtant iceux, voyant qu'ils ne pouvoient rien besogner, se départirent de là en faisant plusieurs dérisions [pilleries] sur le pays, monstbkl. m, ch. (69. Aucuns de ce conseil le prindrent à desrision tant à cause de son petit estât que des termes qu'il tenoit, comm. v, (4. ;, XVI* s. Panurgo luy fist la baliou en signe de dérision, HAB. Panl. rv, 57.
— ETYM. Provenç. derrixio; ital. derùt'one, dirisione ; du latin derisionem (voy. déhiseub).
DÉRISOIRE (dé-ri-zoi-r'), adj. Qui est dit ou fait par dérision. Propos dérisoires. On"res dérisoires.
— HIST. XV* s. Luy escrivoit lettres dérisoires, et en se moquant de luy mandoit.... Juv. des lrsins, Hist. de Charles VI, dans lacurne.
— ETYM. Provenç. derisort ; ital. derûorio;du latin derisorius (voy. iiêriseur).
t DÉRISOIREMENT (dé-ri-zoi-re-man) , ode D'une façon dérisoire.
'— HIST. XV* s. C'est ung homme de basse condicion que fortune desrisoirement avoit monté G. chastel. Chr. des ducs de Bourg. 2* part. (.
— ÉTYM. Dérisoire, et le suffixe ment.
t DÉRirOIR (dé ri-loir) ou DËRITUIRE (dé-ritoi-r), s. m. Madrier qui fait partie d'un moulin i olives.
— ETYM. Ce parait être une corruption de détri' toir.
t DÉRIVABLE (dé-ri-va-bl') , adj. Qu'on peut dériver. Ce principe est dérivablo de tel autre.
— ETYM. Dcrii-er 2.
DÉRIVATIF, IVE (dé-ri-va-tir,tJ-v'),o<f/.|| l'Terme de médecine. Qui sert à opérer une dérivation. Employer des moyens dérivatifs. || S. m. Les dérivatifs. Il 2* Terme de grammaire. Qui dérive. Verbes dérivatifs. Il S* Terme de philosophie. Ils entendent par les forces dérivatives «elles ijui résultent de l'actioo
DlÈR
combinée de différentes monades ou de différents agrégats, BONNET, CEuvres mêlées, t. xviii, p. 80, dans pouGENS.
— ÈTYM. Provenç. derivatiu; espagn. derivativo; du latin derivativus, de derivare, dériver (voy.