DÉRIVER
t.DÉKIVATlON (dé-ri-va-sion; en poésie, de cinq syllabes), «. f. || 1° Action de dériver des eaux courantes. La dérivation d'un fleuve. La dérivation de la Durance. || Canal de dérivation, canal par lequel on fait venir les eaux pour les porter dans un réservoir. Il 2° Terme de médecine. Action par laquelle le sang ou les humeurs sont attirés vers une partie, à l'efTet de les détourner d'une autre où ils pourraient causer des accidents. Dans plusieurs affections du cerveau, on agit par dérivation sur le canal intestinal à l'aide de purgatifs. || 3° Terme de grammaire. Manière dont les mots d'une même racine se forment les uns des autres par le changement de désinences. Les règles de la dérivation. Il 4° Fig. Le titre de chevalerie que les rois d'Angleterre donnent aux citoyens est une dérivation de l'ancienne chevalerie, volt. Mœurs, 97.
— HlST. XVI' s. Chercher la dérivation des comparatifs, MONT. I, iV>. Elle [l'éducation] ne nous a pas apprins de suyvre et embnisser la vertu et la prudence, mais elle nous en a imprimé la dérivation et l'etymologie, ro. m, 69. Ventouses avec scarifications pour faire vacuation, dérivation, et révulsion des humeurs superflus coulans sur quelque partie, PARÉ, Inlrod. 2. Jupiter surnommé ferestrien, suivant la dérivation de ceste parole grecque [f épciv], qui signifie porter, amyot, Marcel. M.
— ËTYM. Provenç. derivatio; espagn. derivacion; ital. àerivatiotie; du latin derivatiortem, de derivare, dériver 2.
2. DÉRIVATION (dé-ri-va-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1" Terme de marine. L'action de sortir de sa route. La dérivation d'un vaisse:!u. Il 2° Terme de balistique. Écart que fait hors de sa direction un projectile en vertu de sa forme et de la résistance de l'air.
— ÉTYM. Dériver i.
DÉRIVE (dé-ri-v'), *. f. Terme de mer. La quantité dout un navire, poussé par le courant ou l'effort du vent, s'éloigne de la route qu'il s'était proposé de suivre; cette quantité est mesurée par l'angle que fait la quille avec la direction donnée du bâtiment, JAL. Lettre portant qu'il a été fait [à Toulon] une troisième épreuve, sur un moyen vaisseau, de la nouvelle invention du sieur Gaze, pour empêcher la dérive et le roulis des vaisseaux, et que tous les officiers qui y ont assisté en sont très-édifiés. Le roi à Colbert de Terron, dans jal. Les navigateurs sont souvent obligés d'attribuer à l'action des courants la dérive de leur vaisseau , boff. Théorie de la terre, article xiii. || 11 se dit aussi du nombre de brasses qui se trouvent entre le lieu où l'on a jeté la sonde et le lieu du vaisseau. || L'angle de la dérive ou, simplement, la dérive, l'angle que la quille du bâtiment fait avec la direction réelle de sa route. || La dérive vaut la route, c'est-à-dire le bâtiment qui est en panne ou à la cape est poussé par la dérive du côté où il doit aller. H 11 y a de la dérive, avoir belle dérive, se dit quand on est assez loin d'un endroit dangereux pour ne pas craindre d'y être entraîné par la dérive. || Ce bâtiment va en dérive, il est détourné de sa route par les vents, par les courants. Il Aller, être en dérive, se dit aussi d'un bâtiment qui, ne gouvernant plus ou n'étant plus amarré, est entraîné par le courant. || Être en dérive, flotter au gré du vent, des flots. Un radeau en dérive. || Dérive ou drive, se dit, dans un bâtiment à plates varangues, de chacune des deux ailes dont on se sert pour empêcher le navire de dériver.
— ÉTYM. La première idée oui se présente est de rattacher dérive à dériver 2 , qu signifie proprement sortir du ruisseau (lat. de rivi , hors du ruisseau). Mais cela ne peut se conciliiT avec la forme trèsréelle quoique plus rare qu'on trouve: drive et driver. Il faut donc en venir, comme a fait de Chevallet, à l'anglais ta drive, qui ace sens et qui sera entré très-facilement parmi les populations maritimes. Néanmoins il faut admettre qu'il y a eu confusion entre l'anglais to drive et le français dériver. i'anglais to drive est l'anglo-saxon drifan, holland. dryven, danois driver, allem. Ireiben, pousser.
DÉRIVÉ, ÉE (dé-ri-vé, vée), port, passé de dériver 2. Il 1" Détourné de son courant , de son lit. Une rivière dérivée dans des prés qu'elle fertilise. 1| 2" Qui prend son origine. C'est de cette source que la beauté et la grâce sont dérivées, Boss. Démons, 1. Notre ame est dérivée de celle de Dieu, bern. de st-p.
DÉR
Mort de Sacrale. \\ 3° Terme de grammaire. Qui se forme d'après un autre mot, par le changement de la désinence. Batteur, battage, battoir, sont des mots dérivés de battre. || S. m. Mot formé d'un autre mot. Le verbe courir et ses dérivés. || 4° Terme de mathématique. Fonction dérivée ou, substantivement, une dérivée, nom donné par Lagrange aux divers coefficients différentiels, parce qu'en effet ces fonctions se déduisent de la fonction primitive au moyen de procédés analytiques invariables. La méthode des dérivées, le calcul différentiel.
— SYN. DÉRIVÉS, coNJDGtJÉs (en grammaire). ("Le terme de conjugua est plus général, il peut comprendre même les composés; 2° 11 comprend les mots qui se rattachent à la même origine, sans venir directement l'un de l'autre : aimer, amour sont des conjugués, et ne sont pas des dérivés l'un du l'autre. 3» Le mot d^n'l'^ ne s'applique pas aux formes diverses d'un même mot. On ne dira pas que savants, savante sont des dérivés de savant, ni que j'aimais est un dérivé d'aimer; mais ce sont des conjugués.
t. DÉRIVER (dé-ri-vé), V. n. Quitter le rivage. U est temps de partir, dérive! || Terme de flottage. Ecarter des bords d'un ruisseau les bûches qui s'y sont jetées et leur faire enfiler le canal ou la goulette.
— HIST. xiu' s. El [elles] font les flueves dériver [déborder], la Rose, tsi34. La Seine si se dériva [déborda], Chr. fr. mss. deNangis, sous l'an <280, dans LACUBNE.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et me; Berry, dériper, dériber, déborder. Ce d^rtt;er-ci est composé comme arriver; le sens et la forme du Berry témoignent qu'il ne faut pas le confondre avec dériver 2, qui vient de rivus.
i. DÉRIVER (dé-ri-vé), v. O. || i' Faire sortir les eaux du fil de leur courant, les détourner de leur cours au moyen d'un canal de dérivation. || Par extension, en termes de médecine, dériver les humeurs, les faire couler d'un côté différent de celui où elles se portaient. || 2° Fig. Terme de grammaire. Faire provenir. D'où dérivez-vous ce mot-là, c'est-àdire quelle racine lui donnez-vous? || 3° V. n. Être détourné de son lit , en parlant des cours d'eaux. On a pratiqué des rigoles par lesquelles les eaux du fleuve dérivent dans ce canal. || 4° Fig. Avoir sa cause, prendre son origine. C'est de là que dérivent tous nos malheurs. Et maintenant ces deux âmes pieuses, touchées sur la terre du même désir de faire régner les lois, contemplent ensemble à découvert les lois éternelles d'où les nôtres sont dérivées, boss. le Tellier. Les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses, montesq. Espr. I, <. || Terme de grammaire. Tirer sa formation d'après certaines règles. Le plus grand nombre des mots français dérivent du latin. || 6° Se dériver, v. réfl. Être dérivé. Ces eaux se dérivent d'une rivière. Ces mots se dérivent aisément les uns des autres.
— HIST. XII* s. Cant il font paroles d'exhortation, soi ellievent par dedens, de ce ke la grasce de prédication est parmi eaz [eux] dérivée. Job, 492. Il XIII' s. Car Diei li biaus outre mesure, Quant il biauté mist en nature. Il en i fist une fontaine Tousjors corant et tousjors plaine, De qui toute biaulé desrive, la, Rose, <(>439. || xiv s. Se le non de desattrempance est dit et dérive de l'autre ou au contraire, oresme, F.tb. 99. Et pour ce son nom est dérivé de meur et en diffère peu,», ib. 33. Accident est dérivé et despent de substance, ID. ib. vi (\0). Il XVI* s. Us avoient bien accoustumé de tout temps de prendre soigneusement la protection des villes extraittes et dérivées de la leur, amyot, Timol. 3. Pour dériver tonte la suspicion du faict sur Agesilaus, ID. Agésil. 38. Sur luy se dériva partie de la haine que l'on portoit à ce Fulvius, m. Gracques, 44. Tout ainsi comme du chef sourdent et se dérivent les nerfs, instruments du sentiment et du mouvement, ID. Moral. Eplt. p. 7. La matière sera dérivée en ouvrant les veines proches de la playe, PAKE, VIII, <4. Souhaitant que cette esmotion chaleureuse [des guerres civiles] qui est parmy nous se peust dériver à quelque guerre voisine, mont, m, 09.
— ÉTYM. Provenç. deribar, dcrivar, derrivar; espagn. derivar; ital. derivare; du latin deritiore, de de, etritius, ruisseau.
3. DÉRIVER (dé-ri-vé) ,«. n. || 1* Terme de navigation. Suivre le courant, aller à la dérive, en parlant d'un bateau. || 2* Terme de marine. S'écarter plus ou moins de sa route par l'effet des vents ou des courants. Un vaisseau se laisse dériver, lorsqu'il s'abandonne aux vents et aux flots. J'avais un vaisseau dont je me défiais, parce qu'il dérivait beaucoup ; cela m'obligeait à ne rien négliger pour me tenir au vent des autres vaisseaux de la division dont
DER
j'avais la tête, Mémoires de Yillette, <678, dans jal. Prends garde, jeune pilote, que le vaisseau ne dérive, J. J. Houss. Ém. I. Je ne tardai pas à juger que nous dérivions à l'ouest, m. ib. v. Sur les mers irritées, Dérivent, démâtées. Nefs par les nefs heurtées, V. HOGo, Orient. 6.
— HIST. xvi* s. Est deffendu à tous batteliers de laisser driver leurs bateaux, Nouv. coutum. génér. t. I, p. 3)3. Nous le voyons n'avoir eu affaire qu'à se laisser dériver au courant et à la favorable marée de sa prospérité, d'aob. Uist. Préf. «. Enfin, les Turcs estans sortis du destroit, Haii qui engageoit tousjours Pertan, dérive l'armée ennemie un peu au large, id, ib. a, 80. U y vouloit faire driver par la rivière quelques bateaux, m. ib. m, 30.
— ÉTYM. Dérive.
t 4. DÉRIVER (dé-ri-vé) , e. o. Limer la rivure d'un clou pour le faire sortir de son trou. || Se dériver, perdre sa rivure. || Terme d'horlogerie. Dériver une roue , la chasser de son pivot.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et river.
+ DÉRIVETTE (dé-ri-vè-f) , s. f. Sorte de pêche, qui se fait avec des manets qu'on laisse dériver au gré du courant.
— ÉTYM. Dériver 3.
f DÉRIVEUR (dé-ri-veur) , s. m. Terme de marine. Voile pour le mauvais temps.
— ÉTYM. Dériver 3.
t DÉRIVOIR (dé-ri-voir) , s. m. Terme d'horlogerie. Instrument pour dériver les pignons'et les séparer des roues, sans les gâter.
— ÉTYM. Dériver 4.
t DÉRIVOMÈTRE (dé-ri-vo-mè-tr') , s. m. Terme de marine. Instrument pour mesurer la dérive.
— ÉTYM. Dérive, et mètre, mesure.
t DÉRIVOTE (dé-ri-vo-f) , s. /. Grande perchepour éloigner un train de bois de la rive.
— ÉTYM. Dériver \.
t DERLE (dèr-1') , s. f. Terre à porcelaine ; argile propre à faire de la belle faïence, de la porcelaine. U sera levé et perçu sur la derle ou terre propre à faire porcelaine, qui sortira des villes et lieux conquis par Sa Majesté.... la somme de 40 livres pour last (le ( 2 tonnes ordinaires. Arrêt du conseil d'Etat, 6 juilleH688.
t DERMAPTÈRE (dèr-ma-ptê-r*) , adj. Terme de zoologie. Qui a des ailes coriacées. || S. m. Famille de mammifères comprenant ceuv qui voltigent au moyen d'une membrane. || Nom du deuxième ordre des insectes, caractérisé en ce que les ailes inférieures, après s'être repliées en travers, se plient ensuite en long comme un éventail ou manquent. || Famille de l'ordre des poissons holobranches. || On dit aussi dermoptère.
— ÉTYM. AÉpiia, cuir, etiiTepèv, aile ou nageoire. t DERMATALGIE (dèr-ma-tal-jie), s. f. Terme
de médecine. Synonyme de dermatodynie.
— ÉTYM. Aépiia, peau, et âXfo;, douleur.
t DERMATITE (dèr-ma-ti-f) ou DERMITE (dèrmi-t') , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la peau.
— ET YM.Aép)ia, peau, et le suffixe médical ....ile. t DERMATOBRANCHE(dèr-ma-to-bran-ch'), adj.
Terme de zoologie. Dont la peau fait office de branchies. Il S. m. plur. Les dermatobranches , section de l'ordre des mollusques gastéropodes, comprenant ceux qui respirent par des branchies extérieures. On dit aussi dermobranches.
— ÉTYM. AÉpjxa , peau , et branchies.
f DERMATODE (dèr-ma-to-d') , s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères, famille des curculionides, ayant pour espèce principale le dermatode austral de la Nouvelle-Hollande.
— ÉTYM. AsptJiaTtôôïi;, coriacé.
t DERM ATODONTE ( dèr - ma - to - don - 1' ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est garni de denticules membraneuses.
— ÉTYM. Aépiia, peau, et èSoiç, dîovToi;, dent
+ DERMATODYNIE (dèr-ma-to-di-nie), s. (. Termo' de médecine. Douleur à la peau.
— ÉTYM. AÉpix.a, peau, et bl<l■^t\, douleur,
t DERMATOGASTRE (dèr-ma-to-ga-str'), s. m. Terme de botanique. Nom d'une tribu de champignons.
— ÉTYM. Aéptia, peau, et yairtiif, ventre.
t DERMATOGRAPHE (dèr-ma-to-gra-f), s. K». Auteur d'une dermatographie.
t DERMATOGRAPHIE (dèr-ma-to-gra-fie), s. f. Terme d'anatomie. Description de la peau.
— ÉTYM. Atpçiix, peau, et Ypiç^iv, décrire.
t DERMATOÏDE (dèr-ma-to-i-d' ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence du cuir.
— ËTYH. Aépiux, cuir, et iloo;, forme.
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t DERMATOLOGIE (dftp-ma-to-Io-jie), ». f. Terme de physiologie. Traité de la peau. || On dit aussi dermoloRie.
— RTYM. Mf\M, peau, et X6toc, traité.
+ DERMATOLYSIE (dfer-ma-to-Ii-ziie), t. f. Terme de médecine. Affection caractérisée par un rBl.'\chement de la peau, qui .s'étend, se plie en double et retombe.
— RTYM. Aipua, peau, et ^ûeiv, relilcher.
t OERIMATOPATIIIE ( dfer-ma-to-pa-tie ) , t. f. Terme de médecine. Maladie de la pe.iu en général.
— ÉTYM. AtpiAa, peau, et Ttâûci;, maladie.
t nERMAIOI'ATIIOLOGIE (d6r-ma-to-i.a-to-lojie), s. f. Traité des maladies de la peau,
— KTYM. iép|ia, peau, et pathologie.
t DERMATOPHIDE (dftr-ma-to-fi-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la peau nue, «n parlant des reptiles. Il S. m. plur. Les dermatophides, section des reptiles ophidiens, comprenant ceux qui ont la peau nue.
— f.TYM. Aipiia, peau, etiçt;, serpent.
+ DEUMATOI'IIILE (dèr-ma-to-fi-l'), ». m. Terme d'histoire naturelle, (ienred'insectes, ayant une seule espace, le derinalophile pénétrant, qui est la puce pénétrante de certains auteurs.
— ÉTYM. Aéo|iL«, peau, et le suffixe phile.
t DERMATOHNONTE (d6r-ma-to-pnon-t'), adj. Terme de zoologie. Qui respire par la peau. || i'. m. plur. Lesdermatopnoiites, animaux invertébrés qui, comme les polype», respirent parla surface du corps.
— RTYM. Atpiia, peau, et icveïv, respirer.
t DERSIATOl'ODE (dèr-mâ-to-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pieds couverts d'une peau. Il S. m. plur. Les dennatopodes, cla.sse d'oiseaux comprenant ceux qui ont les pieds recouverts d'une peau épaisse et rugueuse.
■ — ETYM. Aépjia, peau, et noûç, ito8è?, pied.
t DERMATOSE (dèr-ma-tô-z"), s.f. Terme de médecine. Nom générique des maladies de la peau. Le lichen, l'eczéma est une dermatose.
— ÉTYM. Aépiiix, peau.
+ DERMATOSQUELETTE (dèr-ma-to-ske-lè-t' ), f. m. Terme d'analomie. Squelette cutané, squelette extérieur.
— f.TYM. iÉpiAa, peau, ei squelette.
t DERMATOrOMlE(dèr-ma-to-to-mie),». f.Terme d'anatoiiiie. Uissectiun de la peau.
— ÈTYM. Aépua, p«au, et toix^i, dissection. DERME (dtr-m'), ». m. Terme d'anatomie. Tissu
qui fait le corps de la peau et qui en forme presque toute l'épaisseur.
— ÊTYM. Aip(iia, peau, de îéptiv, écorcher.
t DERMÊE (ilèr-mée), ». f. Terme de botanique. Genre de petits champignons épiphytes, croissant sur les parties mortes des végétaux.
— f.TYM. AÉp|Aa, peau.
t DERMESTE (dèr-mè-sf), ». m. Terme de zoologie. Insecte nuisible au lani et aux fourrures.
— ÊTYM. AepiinuTJK, de Sépiia, peau, et èaSitiv, manger.
t DERMIQUE (dèr-mi-k'), adj. Qui a rapport au derme, l'ortion dermique de la peau.
— KTYM. Perme.
t DERMOBRANCHE (dèr-mo-bran-ch'),odj'. Terme de zoologie. Dont les branchies sont situées sur la peau.
— ÊTYM. AE'ptio, peau, et branchies.
t DERMOCHÉLYDE (dèr-mo-ké-li-d'), ». f. Terme de zoologie. Genre de tortue dont la carapace ressemble à du cuir. || On dit aussi dermatochélyde.
— f.TYM. AÉp|ia, cuir, etxtW;, tortue.
t DERMODONTE (dèr-mo-don-t'), U'ij. Terme de zoologie. Dont les dents sont implantées dans la peau seulement.
— £tym. Ae'pixa, peau, et iSoOt, dent
\ DERMOÏDE (dfr-mo-i-d'), adj. Synonyme de dermatoide. Le système dermoïde , le derme.
— f.TYM. A£pp.a, derme, et clôo;, forme. tDERMOPlIAGE (dèr-mo-fa-j'), ». m. Genre de
■ coléopl(!res pentamères; espèce unique : le dermophage pectine de l'Amérique septentrionale.
— ÊTYM. A<p|ia, peau, etçaftîv, manger.
■|- DERMOPTËRE (d6r-mo-piÊ-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a des ailes ou des nageoires membranetises (voy. deruaptKrk).
— ÊTYM. Aép|j.a, pRau, et ircepiv, aile. ■fDERMORRHINQUE (dèr-mo-rin-k'), adj. Terme
de zoologie. Qui a le bec couvert de peau ou coriace. Il S. m. Les dermorrhinques, famille de la tribu des oiseaux nageurs, comprenant ceux qui ont le bec recouvert d'un épideruie, comme les canards.
— BTTIi. Aip|ta, peau, et ^Oyxo;, bec.
DERNIER, lERE (dèr-niê, niê-r"), adj. || !• Qui vient après tous les autres. Lederniersoldatiielafile. La dernière année de son règne. l.es derniers rangs d'une troupe. Le sort m'y réservait le dernier de «es coups, HAC. Bi'r^n. i, ♦. Iji guerre est le dernier des remèdes : avant que de l'employer, il faut avoir essayé de tous les autres, boi.un, lliit. anc. CEu- 1TC», t. XI, i" p.irt. p. ao», dans pougfns. I^s dernières levées étaient trop jeunes et trop faibles, il est vrai; mais l'armée avait encore beaucoup de ces hommes forts et tout d'exécution., accoutumés aux siiiiations critiques et que rien n'étonnait, bécur, llist. de Nap. in, 3. || Dernier à, avec un infinitif, en parlant des personnes. Dernier à faire une chose, celui qui la fait après tous les autres. Nous serons les derniers à faire ce que nous avons écrit et ce que les autres nations exécutent, d'alkmb. Uttre aurai de Prusse, 4t oct. 478). || Dans les phrases qui suivent, dernier n'est qu'en apparence construit avec à : exemple à.... qui est le dernier, chose à.... qui est 1,1 dernière. Le dernier exemple à imiter, l'exemple qu'on ne doit imiter qu'après tous les autres Dans un ouvrage de philosophie ou de littérature, les beaux vers , les sentences sont les dernières choses à louer, niDEHOT, Règne de Claude et Néron, II, S 7. Il C'est le dernier homme à qui je me confierais, c'est-à-dire il n'y a point d'homme h qui je ne me confiasse plutôt qu'à lui. || Manger des cerises à la dernière; trois ou quatre personnes se réunissent autour d'un panier de cerises et les maiippntune à une et tour à tour jusqu'à la dernière; celui à qui elle échoit paye les cerises, ou, si elles ont été payées, en paye de nouvelles. || Terme de jeux. Oui ne doit jouer qu'après tous les autres. Le dernier en cartes. Au piquet, oii on n'est que deux, le dernier est le second, et on dit substantivement: c'est moi qui suis en dernier. || Dernier venu, dernière venue, qui vient le dernier, la dernière; et, sub.stantivement, le dernier venu, la dernière venue. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner Que les derniers venus n'y trouvent à gUaner, LA FONT. Fabl. m, t. \\ 2» Précédent. L'année, la semaine dernière. Etiez-vous à la dernière séance? Dimanche dernier^ nous sommes allés nous promener. Il 11 s'emploie, en ce sens, substantivement, pour désigner, entre plusieurs objets, celui qui a été nommé après les autres. Votre ami et son frère sont venus; ce dernier a dit.... H y a plus d'outils que d'ouvriers, et, de ces derniers, plus de mauvais que d'excellents, la bruy. u. || 3° Le plus éloigné dans l'avenir. Les derniers temps. La dernière postérité. Il i" Le seul qui reste, la seule chose qui reste. Il a employé jusqu'à son dernier sou. Je n'ai point maintenantdeteslettressur moi; Mais j'en ferai du feu jusques à la dernière, mol. Dépit am. IV, 4. Mon dernier fils, ma fille, aux chaînes réservés, VOLT, ^otre. II, 3. Conserve au moins le jour au dernier de mes fils, id. Orphel. i, î. Il est temps que mon cœur De ses derniers replis t'ouvre la profondeur, m. Fanut. u, 4. || Terme du jeu de whist. Dernier en atout, celui qui en possède encore quand les autres ont épuisé les leurs. || Au domino, avoir le dernier dé, le dernier deux, le dernier trois, c'est-à-dire avoir-encore un deux, etc. quand les autres n'en ont plus. || 6" Final, définitif. C'est la dernière ici des importunités Que vous aurez jamais de mes vœux rebutés, mol. Dépit am. IV, 3. Tout ce que j'aimerai jusqu'au dernier soupir, RAC. Bérén. m, <. J'ai fait de mon courage une épreuve dernière, id. ib. v, 7. Elle m'a déclaré sa volonté dernière, id. Baj. m, ». Hélas! si vous m'aimez, si, pour grâce dernière. Vous daignez d'une amante écouter la prière.... :d. Iphig. m, 6. Peut-être nous touchons à notre heure dernière, ID. Athal. v, t. Cet effort généreux que je n'attendais pas Porte le dernier coup à mon âme éperdue, VOLT. Tatcr. n,6. || Rendre le dernier devoir, les derniers devoirs, prendre part aux cérémonies religieuses après la mort de quelqu'un. || Au dernier mot, c'est-à-dire .«ansrien rabattre. || En dernier lietj, à la fin, après tout le reste. Ce fut en dernier lieu qu'il parla de ce qui l'intéressait le plus. || Mettre, donner la dernière main à un travail, l'achever, lui donner toute la perfection possible. || 6" Oui occupe la moindre place dans une hiérarchie, qui est infime. Si vos Romains ainsi choisissent des maltresses, K vos derniers tribuns il faudra des princesses, CORN. Sert. II, î. Quand nous aurions été les dernières personnes du monde, mol. Prér.. i. Il aurait eu honte, disait-il, de dépenser plus pour sa table et pour ses habits que le dernier des Thébains, bol- UN, Traité de Et. liv. v, 3« part. ch. 2. Ramper au dernier rang des derniers citoyens, volt. Fanât.
1,4. Il 7* Extrême, le plus considérable, le meilleur. Montre d'un vrai Romain la dernière vigueur, corn. Cinna, iv, «. Tu promis au sénat, par les dernier) serments, Que tu suivrais la loi de «es commandements, MAIR. Jfort d'Asdr. i, 4. Des affaires de la dernière conséquence, mol. Festin, l, ». le vous vois accabler un homme de caresses. Et témoigner pour lui les dernières tendresses, m. Mis. i, (. Nous vous serons obligés île la dernière obligation si vous nous faite» cette amitié, id. Prie. rid. se. lO. C'est U oA TOUS verrez la dernière bénignité de U conduite de nos pères, pasc. Pro«. ». Vous employez les derniers efforts pour faire croire... to.Prov. I8. Le cardinal pour lequel j'ai le dernier respect, Boss. IMt. 96. Il Extrême, le plus bas, le pire. Tous les dieux irrités Dans les derniers malheurs nous ont précipités, CORN. Nieom. v, 8. Vos serments m'ont réduit au dernier désespoir, id. Pulch. v, «. Éternise ton nom par le dernier des crimes; Que tes enfants et moi te serventde victimes, MAIR. Mort d'Asdr. II, a. C'en est trop; ma douleur, à cette triste vue, X son dernier excès est enfin parvenue, rac. Bérén. \, s. Ce n'est pas à un père de les y engager [au couvent], et ce serait le dernier abus, de leur faire pour cela violence et de les forcer, bourd. Dominic. l , Devoir despéres, te. Toute prudence incompatible avec le salut, lui parait la derniéredes folies, mas.s. Mytt. Soum. Us regardent la mort comme le dernier des malheurs, lo. Avent, Mort du pécheur. || Au dernier point, autant qu'il est possible. Le peuple aime Maurice; en perdre ce qui reste Nous rendrait ce tumulle au dernier point funeste, cobn. Héracl. i, 3. Il Le dernier supplice, la peine capitale. L'espoir de deux maisons, le destin le plus beau. Par le dernier supplice enfermés au tombeau, volt. Taner. IV, 3. Il Le dernier avec un adjectif pris substantivement, ce qu'il y a de plus.... Ah ! certes, cela sera du dernier beau, mol. Préc. se. «o. Ahl mon" père, ce que vous dites là est du dernier bourgeois, lo. ib. 6. Ne me regardez pas, je suis du dernier laid aujourd'hui, id. l'Impromptu, se. 3. Savez-vous qu'ils [des vers] sont du dernier galant? Jamais les Voiture ni les Pavillon n'en ont fait de pareils, le- SAGE, Turc. I, 7. Il Être du dernier bien avec quelqu'un, être très-lié avec lui; avec une femme, avoir ses bonnes grâces. On dit qu'avec Bèlise il est du dernier bien, mol. Ifi». ii, 6. || 8° Substantivement. Ledernier, la dernière, celui, celle qui vient, qui est après tous les autres. Il est le dernier de sa classe. On s'étonna qu'il arrivât des derniers dans cette occasion, HAMiLT.Cramm. 7. ||Brutuset Cassius furent lesderniers des Romains, c'est-à-dire ils furent , parmi les Romains, les derniers qui combattirent pour la liberté. Philopémen a été appelé le dernier des Grecs, comme llrutus le dernier des Romains, bolun, Wi»J. anc. Œuvres, t. viii, p. 543, danspouGENs. || 9'Celui qui occupe le rang le plus humble dans le monde. On doit tout quelquefois au dernier des humains, VOLT. Tancr. ii, t. || 10» Le dernier, la dernière, la personne, la chose qui est la pire de toutes. Je le tiens pour le dernier des hommes. Ma fille, c'est à vous de montrer qui nous sommes. Et de ne voir en lui que le dernier des hommes, bac. Iph. ii, 4. Il 11° Terme de certains jeux de course. Ne pas avoir le dernier, n'être pas le dernier touché. Le duc de Coislin avait la fantaisie de ne pouvoir souffrir qu'on lui donnât le dernier, plaisanterie qui fait courre après celui qui l'adonné, et qui ne passe pas la première jeunesse, sT-.<;iM. oo, 185. ||Kig. N'ayez pas le dernier, mol. Dépit, iv, 3. || Fig. 11 veut toujours avoir le dernier, se ditd'un opiniâtre qui veut toujours répliquer ledernier, porter un coup li; dernier. Cinq heures sonnèrent; personne n'avait dîné, et MM. les présidents eurent le dernier, rrtz, h, 253. Il là" Terme de jeu de paume. Chacune dei deux ouvertures de la galerie qui sont les plus éloignées de la corde. Il Proverbes. Aux derniers les bons, c'est-à-dire ce qui reste après le choix des autres est souvent le meilleur. || Le premier au bois et le dernier à l'eau, se dit de celui qui, toujours prêt au plaisir, ne l'est jamais au travail, à la peine.
— RF.M. 1. Ceiadjectif se metordinairement avant son substantif; cependant, au féminin, on le met quelquefois après, surtout dans le style élevé : une grâce dernière. || 2. Dernier a évidemment le sens d'un superlatif et ne reçoit aucune graduation; il a une sorte de comparatif dans ultérieur, juluen.
— HlST. XII* s. En aventure [peut-être] [je] comens [commence] Ha daerraine chançon, fouet, XV. Il XIII* s. Au darrainjor, envola li empereres, por garder ses coureurs, Ansiel de chaien [céans], viLLEU. CLXxvii. Où la derraine fois fu Berte d eos sevrée [séparée], Berte, civ. El li prisons esloit jà
DÉR
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si eslongiés qu'il estoit as derraines tentes, Chron. de Hains. Portraite fii au darrenier Povreté qui ung seul denier N'eûst pas, s'el se deûst pendre, Tant seOst bien sa robe vendre, la llose, 443. En ung trop biau leu arrivé Au darrenier [à la fin] où je trouvé Une fontaine sous un pin, ib. <434. Noz disons que, se li deerains ensoines est de son cors, sans fraude et sans barat, li sires de son office, por cause de pitié , le doit garder de damache , beaum. 70. En ses darrenieres paroles reclamoit il Dieu et ses sains, joinv. 20). || xv» s. Si m'a donné tant à faire en mon temps (Nostre Seigneur, Dieu) et au dernier entreprins de tant dure et grieve maladie [c'est Robert Bruce qui parle], froiss.i, i, 47. Avint que le derrain jour que il vint [Y vain de Galles], ce fut assez matin et faisoit bel et clair id. ii, ii, 30. Les blancs chaperons furent ceux qui premiers vinrent au marché et qui darreniers s'en partirent, m. II, II, 60. Lui mettoient sus [les Anglais au ministre d'Edouard II) que les Escots avaient reconquis Bervick et au dernier eux tous destruits et descontits, la. I, I, 5. Si ne sera raie d'oresnavant des derniers en toutes besongnes belles et honnorables où employer se pourra, Boiiciq. 1, 8. Je vous dy pour ainsi vray que évangile, que jones filles ne doivent jamais manger cerises à la derraine avec leurs amoureux; car souvent avient que cellui à qui vient la (lerreniere demeure le derrenier à tous à marier, Évangiles des quennuilles, i" journée, ch. <6. La mort lui sera le derrain remède, louis xi, Nouv. xxi. Il xvi* s. Si te snpply qu'en ton divin prétoire Nous vueille mettre à l'heur et jour derrains, J. marot, v,33. D'où le roi encourut sa dernière ruine, mont. I, 23. Ces derniers -venus apportèrent aux premiers un.... ID. n, 179. L'honneur n'a point de si dernière place, Que des plus grands désirer ne se face, la BOÉTiE, 479. Silanus interpréta son opinion, disant qu'il n'avoit pointentendu qu'on les deust faire mourir, pource qu'il estimoit le dernier supplice à un sénateur romain estre la prison, amyot, Cicéron, 24. Le duc de Mercœur, ne voulant pas avoir le dernier, fit ralier ses forces avec Dom Jouan, d'aub. Hist. m, 407 On se defTait des aigneaux les plus mal qualifiés primerains ou dernierains, o. de ser- SES , 320. Qui vient le dernier pleure le premier, Leroux DE LINCY, PrOV. t. Il, p. 410.
— ÉTYM. Picard, dérain, darain, derne, derqner ; Berry, dargne, dergne, darrier, derrier; wallon, diérain; namarois, dérain; rouchi, darrain; bourguig. doret; génev. en dernier, en dernier lieu; provenç. derrier, derrer, derier, derer, darrier; catal, derrer, darrer; d'un mot fictif deretranus, de de-retro (voy. derrière). Deretranus a. donné dérain, d'où derainier, derenier, dernier.
DERNIÈREMENT (dër-niê-re-man) , adv. Depuis peu de temps, récemment. Il a dit dernièrement , que....
— REM. La comète de dernièrement ne me fut guère moins funeste qu'à l'empereur Rodolphe, balz. liv. II, lett. t. Cet emploi de la préposition de avec un adverbe de ce genre est tout à fait fautif; ces adverbes-là ne se prennent jamais substantivement.
— HIST. XIII' s. Et avint après ce que le [la] feme, derrainement espouséedu chevalier, morut, beaum. xvni, 18. Il xV s. Et dit comment il s'estoit mis en saisine et possession de la duché de Bretagne qui eschue lui estoit par la possession du duc son frère, dernièrement trespassé, froiss. i, i, 152. Il XVI' s. Je veis dernièrement [il y a peu de temps] que.... mont, i, 26. Il debvroit commencer parsoy.... secondement pour son fils, et dernièrement pour l'estrangier, ID. IV, 46. Ne sçais tu pas bien, Munatius, que tu ne fus pas dernièrement absoulz en jugement pour ton innocence, mais.... AMYOT, Cicéron, 30.
— ÊTYM. Dernière, et le suffixe ment; picard, darainement; bourguig. darèrement.
DÉROBÉ, ÉE (dé-ro-bé, bée), part, passé. || 1° Enlevé, soustrait. Une liasse de papiers importants dérobée sur le bureau même. Mais quand tu récitais des faits moins glorieux. Sa foi partout offerte et reçue en tous lieux, Hélène à ses parents dans Sparte dérobée, hac. Phèdre, i, i. || Kig. Qui se cache , qui se dérobe. J'examinais les contenances; toutes marquaient une surprise honteuse, timide, dérobée, st-sim. 60, ii, || Heures dérobées, heures qu'on soustrait au courant des occupations et que l'on consacre à quelque autre chose. Faire un travail à ses heures dérobées. || 2° A qui on a fait un vol. Cethommedérobéparson domestique. Il 3°Terme d'agriculture. Culture dérobée, culture des racines semées après une récolte principale faite dans l'année. 11 4" Terme de vétérinaire. Pied dérobé, pied du
cheval duquel des portions de corne ont été enlevées, soit par éclat, soit par usure. 115° Escalier dérobé, corridor dérobé, porte dérobée, escalier, corridor, porte qui sert de dégagement secret à un appartement. Elle mène Candide, par un escalier dérobé, dans un cabinet doré, volt. Candide, 7. || 6' Fèves dérobées, fèves dont on a enlevé l'enveloppe. || 7° X la dérobée, loc. adv. En cachette, avec mystère. Lycurgue voulait que les nouveaux mariés ne se vissent qu'à ladérobée, n' ABi,\tic. Apophth. dans riche- LET. Il ne prenait le sommeil qu'à la dérobée, changeant même souvent de lit sans garder les bienséances de son rang, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. l, p. &fl2, dans POOGENS. Ils ont toujours quelques caresses à se faire à la dérobée, diderot. Salon de 1767, Œuvres, t. xiv,p. 195, dans pougens. t DÉROBEMENT (dé-ro-be-man), s. m. Terme de maçonnerie. Voîlte, arc par dérobement, voûte, arc pour lequel les pierres ont été taillées non par panneaux, mais seulement sur l'épure rapportée directement à la pierre équarrie.
— ETYM. Dérober.
DÉROBER (dé-ro-bé) , v. a. \\ 1" Enlever par larcin, prendre furtivement ce qui appartient à autrui. On m'a dérobé mon argent, mol. l'Av. iv, 7. L'impossibilité de subsister jusqu'au temps de leurs récoltes les força de descendre dans la plaine pour y dérober des vivres, raynal, Hist. phil. xiv, 26. Il Familièrement. S'il a du bien, il ne l'a pas dérobé, il l'a bien gagné. || Absolument. Vous ne déroberez point, et nul ne trompera son prochain, saci. Bible, Lévit. XIX, 11. Il Terme de fauconnerie. Un faucon dérobe les sonnettes, quand il s'en va sans être congédié. || Fig. Dérober à quelqu'un la gloire qui lui est due. Et je n'ai jamais su dérober mes succès, CORN. Sertor. v, 7. Jamais on ne m'a vu dérober la victoire, rag. Alex, iv, 2. || Dérober se dit d'un auteur qui s'approprie des pensées, des expressions, des passages d'un autre auteur. C'est un plagiaire; ce que vous louez, il l'a dérobé. || 2° Prendre par surprise ou par adresse. Dérober un baiser. Faut-il que je dérobe avec mille détours Un bonheur [devoir Junie] que vos yeux m'accordaient tous les jours? HAC. Brit. II. 6. Chaque fois que je suis tenté de vous dérober la moindre caresse, j. j. rouss. Hél. I, 10. Il Poétiquement. Vous avez donc perdu ces puissantes merveilles Qui dérobaient les coeurs et charmaient les oreilles, maik. Sophon. v, 9. || 3° Avec un complément direct de personne. Dépouiller quelqu'un par larcin. Ce domestique dérobe ses maîtres. Pour aller ainsi vêtu il faut que vous me dérobiez, MOL. l'Av.1,6. Il Fig. Nos aïeux ont pensé presque tout ce qu'on pense ; Leurs écrits sont des vols qu'ils nous ont faits d'avance; Mais le remède est simple, il faut faire comme eux: Ils nous ont dérobés, dérobons nos neveux, piRON,W(rom. m, 7.1|4° Faire perdre. Chaqueinstantnousdérobe une partiede nous-mêmes. 11 ne cessait de se plaindre de sa destinée qui lui dérobait la victoire, vauoel. Q. C. liv. m, dansRi- CHELET. Il 5° Dérober quelques moments à ses affaires, prendre sur ses occupations des moments que l'on consacre à autre chose. Quoi! pour vous confier la douleur qui m'accable, À peine je dérobe un moment favorable, rac. Brit. ii, 6. || 6» Soustraire à, enlever à, préserver de. À ses premiers transports dérobe ta présence, cohn. Cid, m, 1. Je ne t'ai pas voulu dérober ta victime, id. ib. m, 4. Son trépas dérobait sa têteà ma poursuite, id. t'b. iv, 6. Dérobe au moins ta tête à ce pressant danger, id. Cinna, I, 4. Et sa tête qu'à peine il a pu dérober, ID. Pomp. I, 1. Cet homme périt sur mer avec ses enfants et sa femme en voulant dérober leur vie aux persécutions, mol. l'Av. v, 5. Il fut dérobé à la fureur de son aïeule, Boss. Hist. i, 6. Josabeth, fille du roi, prit Joas, fils d'Ochozias, et le déroba du milieu des autres enfants du roi, lorsqu'on les massacrait, SACI, Bible, Paralip. ii, 22, il. Ma funeste amitié pèse à tous mes amis; Chacun à ce fardeau veut dérober sa tête, rac. Mithr. m, 1 . Quels empressements Vous dérobent sitôt à nos embrassements? id. Iphig. n, 2. Les petites afl'aires vous déroberaient aux grandes, fén. Tél. xxiii. Bientôt la mort va me dérober au présent qui m'attriste et à l'avenir qui m'effraye, maintenon. Lettre au card. de Noailles, 31 déc. I7tl. Et je reprends ma gloire et ma félicité En dérobant mon sang à l'infidélité VOLT. Zaïre, ii, 3. X dérober vos jours au fer des assassins, m. Triumv. m, 2. Je dérobai une victime à mes ennemis, montesq. Lett. pers. s. Je prie le ciel qu'il te dérobe à tous les dangers, m. th. Il 7' Cacher à la vue, aux regards, à la connaissance. Un mur lui dérobait la vue de la campagne. Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux Dérobe
sa vertu qui brille à tous les yeux? rag. Phèd. v, 3. Peut-on de nos malheurs leur dérober l'histoire? ID. Athal. Il, 7. Une noire tempête déroba le ciel à nos yeux, fén. Tél. i. Pour dérober aux amants d« Pénélope le retour de Télémaque, id. th. ix. Un tourbillon de flamme le déroba presque à ma vue, ID. th. XV. Mes larmes malgré moi me dérobent sa vue, voi.t. Zaïre, ii, 2. Mars entra dans la mêlée, une poussière épaisse commença à le dérober, montesq. Gnide, 1. ô crimel ô honte! Ô cruel souvenir! Fatal voyage! aux yeux de l'avenir Que ne peuton en dérober l'histoire! gress. Vert-Yert, ch. ii. Il Terme d'art militaire. Dérober une marche, une étape, la faire à l'insu del'ennemi. Il est piqué au vif de l'habileté du maréchal de Villars, qui lui a dérobé une marche, maintenon, Lettre à Mme de Glapion, 31 juillet 1712. || Terme de chasse. Un chien dérobe la voie, quand il chasse sans crier, étant à la tête delà meule. || Termede marine. Cette voile, cette côte dérobe le vent, l'intercepte. Un vaisseau dérobe le vent à un autre, quand il passe trop près de lui du côté du vent. |1 8° ôter l'enveloppe de certaines graines. Dérober des fèves. || 9° Se dérober, v. réfl. Disparaître, se soustraire. Se dérober à tous les yeux, aux recherches. Non pour me dérober aux rigueurs du supplice, cobn. Poly. IV, 1. Dérobons-nous, mon frère, à ces âmes cruelles, Et laissons-les sans nous achever leurs querelles, iD. Rndogune, m, 6. Quiconque se dérobe à l'humble obéissance Bannit magrâce en même temps, ID. [mit. III, 13. Je me suis dérobée au bal pour l'amour d'eux, mol. J^c. des morts, ni, ». Le docteur.... Se dérobe à sa furie, la font. Contr. Je me dérobe à cet embarras, sÉv. 367. On la vit souvent se dérober à sa dignité, flécii. Mar. Thér. Je l'ai vu dans leurs bras quelque temps se débattre. Tout sanglant à leurs coups vouloir se dérober, rac. Andr. v, 3. Fidèle à sa douleur et dans l'ombre enfermée, Elle se dérobait même à sa renommée, id. Brit. ii, 2. Souffrez que, de vos cœurs rapprochant les liens. Je me cache à vos yeux et me dérobe aux siens, ID. th. m, 8. Elle se donne au public avec autant d'empressement qu'elle s'y dérobait, maintenon. Lettre à d'Aubigné, 25 juin 1684. Pour se dérober à la fureur des persécutions, mass. Car. Temples. X la proscription peu se sont dérobés, volt. Triumv.
I, 4. Quoi 1 vous voulez vous dérober à moi ? id. JVati.
II, 3. Il 10° Se dérober 3e, quitter. Je me dérobai de mes camarades qui ne s'y attendaient pas, scarr. Rom. com. ii, ch. 14. Il vous dira.... que, durant qu'il dormait, je me suis dérobée d'auprès de lui, MOL. G. Dand. m, 12 ....cet homme se dérobe D'avec sa femme, la font. Serv. Télémaque se dérobe du camp pendant la nuit, fén. Tél. xvni. || Absolument. M. de Charost se déroba et vint avertir mon grand-père, st-sim. io, 118. Me puis-je avec honneur dérober [enfuir] avec vous, rac. Phèd. v, i. Il Fig. Ma plainte se dérobe et m'échappe du cœur, RÉGNIER, Élég. V. Il 11° Se cacher. Le chevreuil est plus adroit à se dérober, plus difficile à suivre que le cerf, buff. Chevreuil. \\ Être caché. Quels rapports moraux, politiques ou religieux se sont dérobés à Pascal? chateaub. G^nie, m, 11,6. Il 12° Manquer , faire défaut. La mer agitée semblait se dérober sous le navire, fén. Tél. iv. || Fléchir, manquer, en parlant des genoux. Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi, rac. Phèdre, i, 3. Mes genoux se dérobaient sous moi, fén. Tél. n. Ses genoux commençaient à se dérober sous lui, id. th. XX. Il 13° Terme de manège. Ce cheval se dérobe de dessous l'homme, se dit d'un cheval qui, tout à coup et par un mouvement irrégulier, s'échappe de dessous l'homme qui le monte. || Proverbe. Est bien larron qui larron dérobe.
— SYN. dérober, voler. Dérober, c'est priver de ce qui s'appelait autrefois rohes, désignant tout ce qui composait l'équipement et l'approvisionnement d'un homme. Voler, c'est prendre par fraude ou par violence un bien quelconque appartenant à autrui. Voler est doncplusgénéral. Un marchand qui trompe sur le poids, vole sa pratique, mais ne la dérobe pas. De plus, dérober, c'est prendre en cachette et sans violence quelque chose de matériel ou que l'on considère comme tel; c'est pour cela que d la dérobée veut toujours dire en cachette, sans être aperçu. Qui dérobe vole; mais celui qui vole à force ouverte ne dérobe pas.
— HIST. xm' s. Que de son pucelage l'eussiez desrobée, Berte, cxv. Et quant illec se voit cheUe, Sa chiere et son habit remue, Et si se desnue et de»robe, Qu'ele est orfenine de robe, la «ose, 6175. Le sire du Chastel estoit criez [accusé par le cri public] de desrober les pèlerins et lesmarchans.J0iNV,210,
DÉR
Il 3UV' 8. Kt trestoute la ville au baron s'acorda . Kt il lor rendi ce que on leur desrobs, Uaud. de Selj. ix , 8"6. Il XV' 8. Un de ses gens avoit desrolié en une église le tabernacle. — Comment avez vous osé rol)er cette église T louis xi, JVouv. v. || xvf s. Krere Jean de la main se pend aux branches, cependant que le cheval se desrobe dessoubz luy, bab. Carg. I, 42. Sa femme, le voyant pensif, cuydoyt qu'un l'eustau marché desrobbé, ID. Pont, iv, 47. Les pillars desrobboyent grain et pain par les champz, lo. ib. IV, 61. La crainte, le désir, l'espérance nous desrobcnt lo sentiment de ce qui est, mont, i, a. De nuict et comme à ladesrobée, iD. i,39. Victoire desrobie [obtepue par surprise], id. l, î». Tout ce que vous vivez, vous le desrobez à la vie, c'est à ses despens, id. i, 86. Desrobbons icy la place d'un conte, ID. i, HO. Je me desrobois de tout aultre plaisir pour les lire, id. i, 498. Un simple garsonnel de Lacederaone ayant desrobé un regnart, ID. i, 306. Je feus contrainct, par sa cruauté, de me <lesrObber de luy et de m'en fuyr, id. ii, 4»3. Kn se desrobbaiit tout à faict du sentiment [par la mort], ID. Il, 304. Une jouissance desrobbée [secrète], jd. m, 364. I^s vices, quand ils se desrobberont à la vue de l'humaine justice, u>. il, 304. Si j'ay volé ou desrobbé quelqu'un, U). m, 245. Desrobber ung larron [voler un voleur] , despér. Cymbal. 78. Nous avons desrobé le prince et patron dos robeurs, id. ib. 8». Nature reluit aux liastards et enfants desrobés [faits àla dérobée], yvek, p. 602. Les Toscans s'effroyerent tellement, i|ue la plus part se desroba du camp et s'escarta çà et là, amyot, Puhl. 46. Le chargeant d'avoir soubstraict et desrobbé partie du butin de la Thoscane, id. Cam. 20. Tous ceulx qui avoient manié les finances de la chose publique avoient grandement pillé et desrobbé le public, ID. Arist. 4 o. Il les envoya par petites troiippes et à la desrobbée, ID. Timol. 4 8.
— ÈTYM. Dé.... préfixe, et le vieux français rober, enlever par vol (voy. bobe) ; wallon, dérober ; picard, rauber, prendre, ravir, llobe a signifié ce qui i^^quipe et approvisionne, et aussi la robe, le vêtement que l'on porte; de là le sens lie dérober des fèves, leur enlever leur robe, leur enveloppe.
t IlÉROBECR, EDSE (dé-ro-beur, beù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui dérobe.
— f.TYM. Dérober.
t UÉttOCHAGE (dé-ro-cha-j'), s. m. Action de nettoyer et d'affiner la surface de l'or, de l'argent et du cuivre.
— ÊTYM. Dérocher.
t DÊUOCllKR (dé-ro-ché), V. a. || 1° Terme de fauconnerie. L'oiseau déroche les bêtes à quatre pieds, lorsque, les attaquant, il les force de se précipiter de quelque rocher pour éviter les serres. 112° Exécuter le dérochage, c'est-à-dire 6ter de la surface du métal ce qui reste de la roche.
— HIST. XII" s. Et li mur se desrochent [s'écroulent], ainz n'i ot mangonel, Sax. e. Li malvais qui cuidierent le rei servir à gré, E garçuns et putains uni saint Thomas hué Et derochiéde torches.... Th. le mari. 46. Et Semei alad al pendant del munt en costé; sil mal diseit, sil derochout, et puldre jetout sur els, Rois, 479. Et cil qui lor mains eschapoient, Là où il miex guérir cuidoient, Aux grans faloises desrocoient, Brut, Ms. ^4, dans lacurne.
— ÉTYW. Dé.... préfixe, et roche; provenç. derocar, desrocar; espagn. derrocar ; ital. dirocciare.
t DÉROUYME (dé-ro-di-m'j, adj. Monstres dérodymes, el, substantivement, les dérodymes, monstres qui ont deux têtes et deux cous.
— ÉTYM. AÉp»i, cou, et 6i8u(io;, jumeau. DÉROGATION (dé-ro ga-sion; en poésie, de cinq
syllabes), t. f. Action de déroger aux dispositions d'une loi , d'un acte. Dérogation expresse. Dérogation à nos droits, à l'usage.
— SYN. DÉROGATION, AbBOGATioN. Ce sont des actions législatives opposées à l'autorité d'une loi, mais chacune à sa manière. La dérogation laisse subsister la loi antérieure. L'abrogation l'annule absolument. La loi dérogeante ne donne atteinte à l'ancienne que d'une manière indirecte et imparfaite ; la loi qui abroge est directement et pleinement opposée à l'ancienne, BEAUZÉE.
— ÊTYM. Lat. derogationem,de deroffore, déroger.
DÉROGATOIRE (dé-ro-ga-toi-r"), adj. Qui contient, qui emporte une dérogation. Acte, clause dérogatoire.
— HiST. xvi* s. Si ont dix sols pour un préposé, cinq sols pour un dérogatoire , cinq sols pour un retraict.... Nouveau coustum. ginér. i. i, p. 409.
— KTVM.Iai. dtrogoloriut, de d^rojarc, déroger. PËROGKANCË (dè-ro-jan-s'), t. f. || 1* Action
DER
par laquelle on perdait les droits et privilèges attachés à la noblesse Kt par la recherche des pièces
justificatives de la dérogeance de plusieurs particuliers. Arrêts du conseil contre let usurpations de noblesse, 4 4 oct. 4 uoo. || 2> Par extension, diminution de droits, de privilèges. Un maître des requêtes répondit (|u'il n'y avait ni dérogeance dans sa qualité ni amoindrissement dans son crédit, pour la ferme générale, qui allait se trouver aussi rapprochée par son nouveau titre, qu'elle l'était par ses fonctions, de deux honorables régies.... HOixiiiN, Vém. d'un ministre du trésor, t. i, p. «0. X cette époque, sa puissance et sa grandeur [de Napoléon] étaient parvenues à un tel degré que personne ne pouvait être tenté d'accuser de dérogeance tous ces princes qui venaient prendre le second rang à sa cour,iD. »6. t. III, p. 77. Il Fig. La fidélité n'est qu'un respect pour nos engat^ements ; l'infidélité une dérogeance, VAUVEN. Espr. hum. 45.
— RTYM. Dérogeant.
DÉROGEANT, ANTE ( dé-ro-jan , jan-t'), adj. Oui déroge. Un acte postérieur dérogeant au premier. Des actions dérogeantes à la noblesse.
— HIST. XVI' s. U estoit contraint de conseiller beaucoup de choses desrogeantcs à la dignité de sa ville, AMYOT, l'hocion, 4. Toutefois il ne fut point contrainct do faire ne de dire chose aucune deroganle à sa dignité, id. Cicéron, 4a. On lui apprit que, ne prestant point de serment, il pouvoit, sans reproche, estre dedans leur armée comme ennemi, mesmement s'il se pouvoit garder de prononcer paroUes desrogeantes à ce qu'il estoit, d'aub. Hist. ii, 4 75. Le roi de Navarre estoit bien aise d'avoir à se plaindre de quelques points desrogeans à l'edit, ic. ib. Il, 336.
DÉROGER (dé-ro-jé. Le g prend un e devant a ou o; nous dérogeons, je dérogeais), ». n. || 1° Terme de jurisprudence. Prendre des dispositions qui sont différentes de dispositions antérieures ou qui y sont contraires. Déroger à une transaction par une autre. Les deux parties ont dérogé k leur contrat. || U se dit aussi de lois ou de dispositions qui en modifient ou révoquent une autre. Les privilèges déro- K'ent au droit commun. X la place de l'héritier que la nature appelait, ils mirent celui que demandait la conjoncture, se persuadant que la nécessité a ses lois qui dérogent à toutes les autres, rolun, Hist. anc. t. VI, p. 45, dans pougens. Leurs lois ont dé* rogé aux lois de la nature pour assurer la tranquillité, pour encourager l'industrie, pour affermir la liberté, baynal, Hist. phil. xvi, 4 3. || 2* Ne pas se conformer à, porter atteinte à. Déroger aux droits de quelqu'un. Je sais bien que toute la gloire de la sainte Vierge vient de ce qu'elle est mère du Sauveur ; et je dis de plus qu'il y a beaucoup de gloire au Sauveur d'être le fils de la Vierge; n'atipréhendezpas, chrétiens, que je veuille déroger à la grandeur de mon maître par cette proposition, Boss. 2* serm. Comp. de la sainte Vierge, 4. Vous diriez qu'on déroge à l'amour de Dieu en se plaisant à le voir, id. Or. 5. Maxime qui, bien loin de déroger à la grandeur des souverains de la terre, ne sert au contraire qu'à la relever et à lui donner plus d'éclat, boubdal. 2* dise, après Pdq. Dominic. t. II, p. 40. Dieu, en vous donnant ces biens, n'a jamais eu intention de déroger à ses droits, ID. Dim. de la septuagés. Dominic. t. i, p. 364. Il 3° Déroger à noblesse, ou, absolument, déroger, faire une chose qui entraînait la perte des droits et des privilèges de la noblesse. Déroger en se mettant dans le commerce. || Par extension. Le commerce dérogeait, il faisait que le noble qui commerçait n'était plus noble. Il faut avouer que la nation française, aussi polie qu'aucune nation, est encore dans cette barbarie, qu'elle doute si les sciences poussées à une certaine perfection ne dérogent point, et s'il n'est point plus noble de ne rien savoir, fon- TEN. VUospilal. Il Fig. Quant aux romans tout à fait inventés, Ils étaient continuellement, quelle que fût l'époque et le nom des personnages, la reproduction de l'élégante politesse du ivii* siècle ; ils ne dérogeaient pas jusqu'à la vérité, villehain, litt. fr. xviii" siècle, 2» part. 4" leçon. || i' Faire une chose indigne de. Ne dérogez pas à votre caractère par une si lâche complaisance, J)iet. de l'A- Cad. X Dieu ne plaise que je prétende en aucune sorte déroger àla vérité et àla sainteté de cette morale, BOKBD. Pensées, liv. i, p. 26. || 8* Déroger se dit, surtout avec ironie, pour condescendre, s'abaisser à. Il voulut bien déroger jusques-là. Que des traces du monstre [la chicane] on purge la tribune; J'y monte; etmes talents, voués à la fortune, Jusqu'à la prose encor voudront bien déroger, piron.
DÈR
Mitrom. ui, 7. Il Déroger se conjugue avec l'auxiliaire atoir.
— HIST. XIV' s. Nul droit positif ne peut desroguer à droit naturel, ne obligier à faire contre droit naturel, ohesme, Eth. 482. ||xvi*s. Carcueur, pariant soubz iKjuche desloyalle, 'N'est qu'arcenic dedans le miel logé; Car trop desrogue à dignité royalle, J. haeot, v, 494. Ainsi nous avons deux choses à considérer, quand nous parlons de cette humanité ; c'e.st que nous ne lui ostions pas la vérité de sa nature, et que nous ne desrogions rien à sa condition glorieuse, calv. 20 i. L'homme mortel usurpe l'office de Dieu, et derogue à sa majesté, quand il se fait juge de ses prochains, id. 309. U n'est point à nou.^ de rien deroguer à Dieu, quoy que nous en parlions impertinemment, id. Instit. 23. On ne peut pas d'iceux [passages] inférer que Dieu ait rien derogué à son premier conseil, id. ib. 4 69. Je ne veux point, dit-il, par ambition deroguer à personne, ID. ib. 905. Les Athéniens, derogans à la loi de leur ostracisme, rappelèrent tous ceulx qu'iU avoient reléguez, auyot, Arist. 24. Derogant en cela la dignité du souverain magistrat, et rendant, par manière de dire, le consulat un tribunat du peuple, ID. Pomp. 06. Cela ne desroge à U gloire de ces anciens aucteurs qui.... uont. iu, 354. Uon histoire ne desrogera pas à la bien-seance, de vous conter ce qui.... d'aub. Hist. i, 70. Or, tout cecy ne déroge aucunement à la doctrine commune, que le' monde est faict pour l'homme, et l'homme pour Dieu, CHARRON, Sagesse, i, 42.
• — ÉTYM. Provenç. et espagn- derogar; ital. de- Togare , dirogare; du latin derogare, déroger à une loi, en retrancher une disposition; de la préposition de, et rogare, porter une loi , demander (voy. rogatoibe).
t DÉROI (dé-roi), ». m. Nom de la somme qu'on payait chaque jour à la maison où étaient logés les officiers de la bouche du roi, lorsque la cour était en marche.
— ÉTYM. Déroi est l'ancien français desroi, ayant le même sens que désarroi (voy. ce mot); le déroi était le dérangement et, par suite, l'indemnité pour le dérangement.
DÉROIDI, I£ (dé-roi-di, die, ou dé-ré-di, die), part, passé. Les brsis déroidis par des frictions.
DÉROIDIR (dé-roi-dir; la prononciation dé-rédir est aujourd'hui beaucoup plus usitée) , v. a. Il 1° Faire perdre à quelque chose sa roideur, faire cesser l'état de roideur. || f Se déroidir, e. re'/l. Les membres engourdis par le froid se déroidissent auprès du feu. || Fig. Son caractère commence à se déroidir.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et roide; Berry, deredlir.
t DÉROMPAGE (dé-ron-pa-j'), ». m. Terme de papeterie. Action de dérompre.
t DÉROMPOIR (dé-ron-poir), ». n». Terme de papeterie. Table garnie d'un instrument tranchant, oA se coupent les chiffons au sortir du pourrissoir.
— ÉTYM. Dérompre.
t DÉROMPRE (dé-ron-pr*), v. a. \\ !• Ancien terme de guerre. Dérompre harnois, rompre l'ar mure d'un chevalier. Ils [Grammont et son ami Matta] valaient bien ces deux frères [Amadis et Galaor] ; car, s'ils ne savaient pas autrement pourfendre géants, dérompre harnois et porter en croupe belles demoiselles , sans leur parler de rien, ils savaient jouer, et les autres n'y connaissaient rien, HAHU-T. Gramm. 4. || 2* Terme de fauconnerie. L'oiseau de proie dérompt un oiseau, lorsqu'il le heurte si rudement qu'il rompt son vol, l'étourdit et le fait tomber. || 8' Terme de papeterie. Couper les chifi'ons pourris avant de les porter dans les piles à effilocher. Il 4* Terme d'agriculture. Dérompre un pré, le transformer en une autre culture.
— HIST. Xi* s. Nen ai tel gent qui la sue derumpe, Ch. de Roi. n. || xii* s. La soe broigne [cuirasse] desrote et dessartie, Roncisv. 1, 58. || xni* s. Sa cage [il] a derompue et toute depecie, Berte, 11. Maint haubert derompu, mainte teste tranchie, ib. cxur. Quant il orent por lor pechié Li bois deront et despecié.... Uen. 4 9806. Et quant elle [la nef] vint en la haute mer, elle ne pot soufrir les cops des ondes, ainçois se desrompi, jomv. 284. || xv* s. Une bande de quelques hommes d'armes desrompus, comm. viii, 8. Il XVI* s. Pour desrompre la violence des eaux, on a mis grande quantité de bois debout, au devant des dits pilliers, PAtissY, 47».
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et rompre; provenç. de». rompre, di'srnmpre; ital. disrompert.
\ DÊROMPU, DE (ilé-ron-pu, pue), part, pcusi do dérompre. Un héron dérompu par le faucon.
DËR
jDEROSTOME (dé-ro-sto-m') , s. m. Terme de zoologie. Genre de planaires (helminthes), dont la bouche s'ouvre sous la partîe inférieure du corps, à une petite distance de son extrémité antérieure.
— ETYM. AÉpr), cou, et (rtô|JA, bouche. DÊROUGI, lE (dé-rou-ji, jie), part, passé. Un
drap rouge, dérougi par l'action de l'air et de la pluie.
DÉROUGIK (dé-rou-jir). ||1° Y. a. Oter le rouge, ce qui rend rouge. || 2" F. n. Perdre de sa rougeur. Cela dérougira à l'air. || 3° Se dérougir, v. réfl. Cesser d'être rouge. Cette étoffe, qui était d'un beau rouge, .s'est dérougie.
— ÊTYM. Dé.... préfixe, et rouge.
DÉROUILLÉ, ÉE (dé-rou-Ué, liée, JJ mouillées,
et non dé-rou-yé), part, passé. Une clef dérouillée. Et vois comme le fer, par le feu dérouillé. Prend une couleur vive au milieu de la flamme, corn. Itnit. II, 4.
t DÉROUILLEMENT (dé-rou-Ue-man , î! mouillées, et non dé-rou-ye-man), s. m. Action de dérouiller; état de ce qui est dérouillé.
— ÉTYM. Dérouiller.
DÉROUILLER (dé-rou-Ué; Il mouillées, et non dé-rou-yé), v. a. || 1° Enlever la rouille. Dérouiller des armes. || 2° Fig. et familièrement, faire montre de quelque connaissance mise depuis longtemps en oubli. Qu'il y aurait un beau gémissement à faire là-dessus, qui me ferait encore dérouiller du latin et des passagesl st-sim. 299, U3. || 3° Instruire, façonner, polir quelqu'un. L'air du monde dérouille l'esprit. 114° Se dérouiller, v. réfl. Perdre la rouille. Le fer se dérouille par le frottement. || Fig. Se remettre au fait d'une chose qu'on a jadis apprise, pratiquée, etc. Il y a longtemps qu'il n'a vu de latin ; il aurait besoin de se dérouiller. || Se façonner, se polir. Ce jeune homme commence à se dérouiller.
— HIST. xiv s. Le baignier [l'épervier] , qui le fait avancier, desrouillier et mettre à point ses plumes, llénagier, ui, 2. || xvi' s. L'aise y sema les vices, comme la chaleur les serpents; la roine de Navarre eut bien tost desrouillé .les esprits, et fait rouiller les armes, d'aub. Hisi.n, 344.
— ÈTYM. Dé.... préfixe, et rouille.
DÉROULÉ, ÉE (dé-rou-lé, lée), part, passé. Les
livres anciens étaient des rouleaux de papyrus déroulés au fur et à me.<;ure qu'on lisait.
DÉROULEMENT (dé-rou-le-man), s. m. Action de dérouler. 1| Terme de géométrie. Production d'une courbe par l'arrangement des rayons d'une autre courbe.
— ÉTYM. Dérouler.
DÉROULER (dé-rou-lé), v. a. || l" Développer ce qui était roulé. Dérouler une pièce d'étoffe, un tableau. Quelques feuilles brûlées des manuscrits qui ont été trouvés à Herculanum et à Pompéi, et que l'on essaye de dérouler à Portici, staël, Corinne, XI, 4. Il Terme de géométrie. Dérouler une courbe, la former par la disposition des rayons d'une autre courbe. |{ Terme de typographie. Dérouler une presse, faire retourner en arrière le train d'une presse , à l'aide de la manivelle et du rouleau. Il 2° Étendre peu h peu. Un fleuve déroule ses eaux dans les campagnes. Dans un riant vallon, la jeune et vive Alan [nom d'une rivière] , Déroulant sur les fleurs une onde plus paisible, S'égaye, en s'échappant des rocs du Mont-Terrible, masson, Ilelvétiens, vin. Il 3° Fig. Faire connaître par une sorte de développement. Il déroula devant nous le tableau de ses chagrins. Qu'ordonnes-tu de nous? qu'est-ce que tu décides ? Déroule en un seul jour tes tables homicides, ARNAUD, Sylla, II, 6. Il Dérouler les annales des temps passés, en retracer l'histoire. || 4° Se dérouler, v. réfl. Être déroulé. Le rouleau de papier qui contenait le testament, se déroulait peu à peu. Il Par extension. Pendant que cette catastrophe s'accomplissait [à la Bérézina], les restes de la grande armée ne formaient plus sur l'autre rive qu'une masse informe qui se déroulait confusément en s'écouhint vers Zembin, ségur, Jlist. de Nap. xi, <o. || Fig. Un tableau magnifique se déroula à nos yeux au sommet de la colline. Je promène au hasard mes regards sur la plaine. Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds, lamart. tiédit, i, 4. — ÉTYM. Dé.... préfixe, et router.
t DÉROUTANT, ANTE (dé-routan, tan-t'), adj. Qui peut déconcerter, rompre les mesures.
DÉROUTE (dé-rou-f), s. f. \\l' Fuite de troupes rompues et en désordre. Et contre son beau-père ayant besoin d'asiles. Sa déroute orgueilleuse en cherche aux mêmes lieux Où contre les titans en trouvèrent les dieux, corn. Pomp. i, <. Je me vis fn déroute avec toutes mes forces, ID. Attila, i, i.
T)KR
X Paris on dit et on croit savoir que c'est une vraie déroute; toute l'infanterie a été défaite, et la cavalerie en fuite et en désordre, sév. 205. Les Assyriens furent mis en déroute, boss. nist. m, 4. Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute et lançaient des feux de toute part, id. Loi:i.i de Bourbon. Mais sans doute l'empereur croit, en datant cinq jours de cette ville, donner à une déroute l'apparence d'une lente et glorieuse retraite, ségur, llist. de Nap. x, 2. || 2° Déroute se dit aussi de la déconfiture ou déconvenue qu'éprouve une personne ou un parti. Pour les mettre en déroute eux et tous leurs complices. Je n'ai qu'à déployer l'appareil des supplices, CORN. Pomp. iv, 6. Le cavalier en désordre sortit en déroute, croyant être ensorcelé [il s'agit d'aiguillettes nouées] , sév. 37, || Mettre quelqu'un en déroute, le battre dans une discussion, le mettre hors d'état de répondre. || Familièrement. Être, se mettre en déroute, se déranger. Il ne travaille plus depuis huit jours, il s'est mis en déroute, enpieinedéroute; le voilà encore en déroute. || 3° Fig. Renversement total des affaires de quelqu'un. Elle en use comme on en use dans la déroute des familles, MASS. Car. Jeûne. C'est ainsi que souvent par une forcenée Une triste famille à l'hôpital traînée Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits De sa déroute illustre effrayer tout Paris, boil. Sat. x. J'ai parlé de la déroute de la Touanne et de Sauvion ,
— ÉTYM. Ancien participe derouJ ou dcront, qui signifie rompu, dispersé, du latin diruptus , de de ou di. et ruptus, rompu (voy. boute et rompre).
DÉROUTÉ, ÉE (dé-rou-té, tée), part, passé. Qui a perdu la bonne voie. Les chiens déroutés par le lièvre. || Fig. Les jansénistes sont un peu déroutés de leur voir tant de conscience, dont ils ne les soupçonnaient pas, d'alemb. Lett. à Voltaire, 2 mars
DÉROUTER (dé-rou-té), v. a. \\ V Faire perdre le bon chemin. Le liivre a dérouté les chasseurs et les chiens. Nous étions dans le bon chemin, vous nous avez déroutés. || Par extension. Je lui proposai de nous établir dans une solitude agréable, dans quelque petite maison assez éloignée pour dérouter les importuns, J. J. Rouss. Confess. v. || 2° Fig. Faire perdre le fil qu'on tenait, la trace d'une affaire qu'on suivait. Cette réponse lo dérouta. On m'assure que les comédiens ne laisseront pas de donner la pièce au *" de mars; il n'y a autre chose à faire qu'à y travailler encore pour dérouter les polissons, volt. leltr. Richelieu, 4"févr. ■1773. || Rompre les mesures prises par quelqu'un, déconcerter. Cet événement l'a totalement dérouté. Un conquérant, dis-je, peut dérouter tout, montesq. Espr. x, 4. || 3° Se dérouter, V. réfl. Perdre la bonne voie. Le chien se dérouta. || Fig. Ils se sont souvent déroutés dans ces vastes pays de l'antiquité, BOss. Avert. 6. On s'y perd (dans cette vie], on s'y déroute comme dans une plaine vaste et inhabitée, où il n'y a ni vallon ni coteau, et où les pas des hommes n'ont point marqué de sentier, uoss. dans le Dict. de dochez. Au milieu de sa coursa il s'est arrêté, il s'est dérouté, il a quitté .son chemin; et qui sait quand il
10 reprendra? bourd. Pensées, t. ii, p. 388,
— liiST. XIII* s. Mult durement se desrouta Li lièvres, qui les chiens douta, Asseiz fol et longuement. Et cil le chassa durement, ruteb. 200. ||xiv's. Adonc dirent Anglois: nous sommes desconfis; Cilz sera bien méchant [malheureux] qui plus demourra ci; Lors se sont desrouté, plusieurs s'en sont fuî, Guescl. 22584 -2258.1. |{ xv° S. Si chevauchèrent les batailles ainsi rangées tout le jour, sans desroutor, par montagnes et par vallées, fboiss. i, i, 35. [Les chevaliers Escots] se desroutoient l'un de l'autre et perdoient leur chemin, m. 11, 11, 47.
— ÉTYM. Dé.... préfixe, et roule.
t DERRI (dè-ri), s. m. Couche de tourbe qui se trouve à quelques centimètres au-dessous de la surface du sol.
DERRIÈRE (dè-riê-r"), prép.\\\' En arrière de, au dos de, au revers de. Avoir les mains liées derrière le dos. Il s'est retiré derrière un retranchement, d'ablancourt, Arrien, liv. i, dans richelet.
11 se lève, et soudain pour signal, Achillas Derrière ce héros tirant son coutelas.... corn. Pomp. 11, 2. Il se met derrière celui qui parle, la brut. vi. Venez, derrière un voile écoutant leurs discours.... BAC Esth. II, 8. Il laissait tous les autres derrière lui, FÉN. Tél. V. Son grand-père défendit que je montasse derrière aucun carrosse, et que je suivisse personne hors de la maison, j. j. rooss. Conf. m.
DER
Chevaliers, criait-il d'une voix plus terrible. Devant nous l'ennemi , derrière nous les eaux; Sachons vaincre ou mourir.... masson, Ilelvétiens, vu. C'est à cent lieues plus loin que Smolensk, dans une position plus resserrée, derrière les marais de la Dérézina, c'est à Minsk qu'il lui faut aller chercher des c|uartiers d'hiver dont quarante marches le se- . parent, ségur, Hist. de Napol. ix, 5. || Regarder derrière soi, tourner la tête pour regarder en arrière. Il Fuir sans regarder derrière soi , fuir à la hàle et précipitamment. Allons, mon maître, suivons le conseil de la vieille ; partons et courons sans regarder derrière nous, volt. Candide, 4 4.112° X la suite. Ses gens venaient derrière lui. || Fig. Le désappointement marche derrière l'enthousiasme. Il Laisser quelqu'un bien loin derrière soi, ou, adverbialement, bien loin derrière, le surpas.ser. Au XV* siècle, l'Italie laissait bien loin derrière elle tout le reste de l'Europe, raynal, Hist. phil. i, Inirod. Il 8° Adv. En arrière. Nous demeurâmes un peu derrière, fén. Tél. 1. Eucharis, rougissant et baissant les yeux, demeurait derrière, toute interdite, sans oser se montrer, id. ib. vii. Hàtons-nous de courir, de peur d'être laissés derrière, id. t. xviii, p. 83. Il Sens devant derrière, loc. adv. En mettant le devantà la place du derrière. Elle a mis son bonnet sens devant derrière (voy. sens). || Terme de chasse. Derrière ! commandement pour arrêter un chien et la faire demeurer derrière. || 4° S. m. La partie postérieure d'un objet. Le derrière de la maison. Le derrière de la tête. Un lapin des plus agiles sort par les derrières du terrier et va avertir un berger voisin, FÉN. t. XIX, p. 52. M. du Maine monta dans le carrosse de M. le duc avec M. le prince de Conti, tous deux au derrière et lui au devant avec M. le comte de Toulouse, pt-sim. 20, 237. || Terme de marine. Synonyme d'arrière et de poupe. || Terme de peinture. Synonyme de champ ou de fond. || B° Le derrière, l'arrière-corps d'un logis. 11 est logé sur le
derrière ce logis avait sur le derrière De quoi
pouvoir introduire l'ami, la font. Gag. On ne veut point de bruit, on est sur le derrière, sév. 3Si). Il Porte de derrière, porte pratiquée dans le derrière (l'un bâtiment. Je vis sortir M. le duo de Chartres d'une porte de derrière de son appartement, st-sim. 2 , 42. Pour la fuite du roi , il paraît que le prince d'Orange l'a bien voulu; le roi [Jacques II] était fort bien gardé par le devant de sa maison, tandis que toutes les portes de derrière étaient libres et ouvertes, SÉV. 605. Il Fig. Porte de derrière, un fauxfuyant, une échappatoire. Nous nous réservons une porte de derrière pour sortir d'affaire avec le parlement, RETZ, II, 342. Il faut avoir une pensée de derrière et juger de tout par là, pasc. Pens. div. 4 83. Quand on a compté sur un mariage de cette autorité, il ne .se trouve plus de porte de derrière, et il leur [aux Mailly] fallut sauter le bàtoa d'assez mauvaise grâce, ST-SIM. 3,65. Chacun parlant tout haut devant tant de témoins, il n'y avait plus da porte de derrière, id. 49, 72. || Il a toujours quelque porte de derrière, se dit d'un homme peu sincère qui trouve toujours quelque subterfuge. || 6° La partie inférieure et postérieure du corps. Après ce ;o!i compliment. Qu'elle fit un peu brusquement, Elle lui tourna le derrière D'une dédaigneuse manière , sgarron , Virgile trav. iv. Mme da Castries aurait passé dans un médiocre anneau; ni derrière, ni gorge, ni menton, st-sim. 42, 252. La liaron chassa Candide à grands coups de pied dans le derrière, volt. Cand. 4 , Et quand c'eilt été George, s'écrie Turenne en se frottant le derrière.... J. J. Houss. Ém. IV. Le canard s'assied sur son derrière et remue doucement la queue, chateaub. Amer. xviii. Il Populairement. Montrer le derrière, avoir des vêtement» en si mauvais état que l'on peut apercevoir la linge ou le corps lui-même par des trous. Il signifie de plus fuir dans un combat, et aussi manquer aux promesses que l'on avait faites, il Grossièrement. S'en torcher le derrière, faire peu de cas de quelque chose. Des lois du sort la dame fière Se torche souvent le derrière, scarron, Virg. trav. liv. vi. || Fig. et familièrement. Faire rage des pieds de derrière, faire tous ses efforts pour réussir. Il 7° Les derrières d'une armée, les corps qui viennent les derniers. Fondre sur les derrières de l'ennemi. Il Le côté auquell'armée tourne le dos; le pays qu'elle laisse derrière elle. Assurer ses derrières, les mettre en défense contre les attaques de l'ennemi. Il 8° Terme de marine. Derrière carré, nom donné à une sorte de navire de charge dont l'arrière avait, dans ses œuvres mortes, la forme d'un carré. Un derrière carré de 4 60 tonneaux , chargé de sucre et de coton, État des prises faites JHH'
DËll
l'eieadre du tieur Renau, (ianii uu. || 9* Par derrière, loc. adv. Par le cftté du dos. On peut donc tuer par derrière.... pasc. Prnv. 7. .l'ôterai ensuite ma main , et vous me verrez par derrière, mais vous ne pourrez voir mon visage, saci, Bible, Exode, txxni. 23. Il Aller au-devant par derrière, prévenir adroitement quelque disgrâce, se préparer un avantage par quelque précaution. || Par derrière, he. prépotilive. X la vue de Krasnoé, les troupes de ce maréchal se débandèrent et coururent k travers champs, pour dépasser la droite de la ligne ennemie, par derrière laquelle elles arrivaient, séguh, Hist. de Nap. x, 5. || Proverbe. A passage et à ri- Tière, Laquais devant, matire derrière. || Il ne faut pas regarder derrière soi, en certaines entreprises, c'est-à-dire il faut aller hardiment en avant.
— HIST. XI" s. S'arere-garde [il] lairrat derere «ei, Ch. de Hol. xui. Sonent cil grade et derere et devant, ib. cxxxvi. Il est darere od celle gent barbée, ib. ccxi.. Il xii* s. [11] Fiert Olivier enmi les dos deriez, Ronc. p. 89. Souvent [il] regarde et derrier et devant, ib. p. <52. Sun lit unt (ils ont], veant tuz, enz el mustier porté, Delries le grant autel e ^ait et aturné , Th. le mart. 4». Ferid les e turmentad en la plus privée partie de lur cors, à lurdetries. Rois, 48. || xiii* s. La vieille et sa fille orent pourparlé en derrière, Berte, xii. Derrier le haterel [ils] lui ont si fort noué [la corde], ib. xv. X destre et à senestre, et devant et derrière, ib. xxvm. Par derrière l'autel s'ert [s'était] la bêle mucie (cachée], ib. cix. Jà hom qui est bien droituriers Ne jugera autre en derriers, Ben. («0)8. Par devant dient qu'il vous aiment, Et par derriers putain vous claiment, la Rose, »280. Là ne sunt pas li tesmong oy en derrière des parties, beaum. xxxix, 78. Derrière ces trois barons avoit bien trente de leurs chevaliers en cottes de drap de soie pour eulz garder, joinv. 205. A tant es vous [voici que] un Turc qui vint devers la bataille le roy qui dariere nous estoit, et feri par darieres Monseigneur Pierre de Nouille d'une mace, ID. 228. Il tournèrent ce devant darieres, et s'enfouirent, ID. 2<6 ||xiv« s. La nuit qu'il s'i logèrent, le gait en ordenoit Pour les bestes sauvages que chacun y veoit : 11 estoit devourez qui tout devant aloit; Aussi estoit perdus qui derrier se tenoit, Guescl. 9209. Il XV* s. Les enfans sire Jean Mahieu se despartirent au plutost qu'il porent, les uns par devant, les autres par derrière, froiss. ii, ii, 64. De quoy aucunes gens furent encoulpez en derrière couvertement, ID. i, i, ♦». [Le roi Charles, les doutes de la mort lui commençant à approcher] manda ses trois frères es quels il avoit greigneur fiance, et laissa derrière son second frère, le duo d'Anjou, pour tant qu'il le sentoit trop convoiteux, id. il, ii, 7U. Et vous dis que à aucuns qui demeurèrent derrière, on faisoit des torts assez, m. ii, ii, 246. Tanlost celle femme là venue, elle se tourna, et leva ses draps, c'est à savoir sa robe et sa chemise, et montra son derrière aux Hainuyers, Hollandois et Gelandois et à toute la compagnie qui voir le voult, ID. III, IV, BO. Kt si le roy avoit loué ses œuvres en derrière, encores le loua il mieulx en sa personne, COMM. Il, 43. Il xvi* s. Voyez le derrière du rideau, MONT. I, 327. Quelqu'un des siens, par le derrière prenant sa teste, luy tord le col, id. m, 4 30. Nos yeulx ne veoient rien en derrière: nous nous mocquons de nous sur le subject de nostre voisin, ID. IV, 46. Ce singe commença à aller du derrière [foirer] tout le long de la chambre et sus les tapisseries, DESPEH. Conte', xci. N'aiant point soif de louanges, cachez derrière eux mesmes, et condamnez du ciel à pourrir moisis sur le puant fumier d'une salle oisiveté, d'aub. Hisl. ii, 489. S'il y en avoit quelqu'un [des chiens] qui emportnst la voye du lièvre cent pas ou plus devant les autres, il le faudroit arrester en lui disant derrière, et non haye; ce mot de haye ne se doit dire qu'aux chiens qui sont en faute, comme quand ils chassent le change, 8ALN0VR, Véner. p. 209, dans lacubns.
— ÉTYM. Picard, dariire; bourguig. darrei; génev. les derrièret, le derrière de la maison ; vivre sur let derrières, ne pas se tenir au courant de ce qui se passe: provenç. dereire, dareyre; catal. darrera; itnl. dietro, drieto; du latin de et rciro, qui a subsisté dans l'ancien français riere. L'ancienne forme detriet, qui, comme le vers le montre, doit se lire detriis, est correspondante à l'italien dietro; par une grande singularité l'r e»t tombée: delries l<oaT de-retries, dietro pour di-re(ro,-quani à la finale ies, elle indique un ablatif pluriel d'une forme barbare retratus . mis en arrière, et avec la préposition: de retratis, deriés; comparez certes et volotiliers.
PEBVIÇUE (dèr-yi-ch") ou PEBVIS (dèr-vi),
DÉS
t. m. Espèce de moine musulman. Les derviches se livrent particulièrement à la pritre et au soin d'-s malades; ils portent constamment sur eux un chapelet. Oui ilésigné-je, à votre avis, Par ce rat si peu secourable? Un moine? non, mais un dervis; Je suppose qu'un moine est toujours charitable, la FONT. Fubl. vu. s.
— ETYM. Persan, derouisch, pauvre.
DES (dé; l'ï se lie: dê-z hommes), art. plur. contracté pour de les, et qui se dit pour le masculin et le féminin. N'es-tu pas dans ces lipux Où la haine des rois, avec le lait sucée.... bac. Bérén. iv, 4. S'il n'est pas des plus beau», il est des agréables, MOL. l'Étour. 1,6. Je lui ai bien fait entendre que vous n'étiez point une dupe, pour vous demander des cinq ou six cents pistoles, m. Seapin, ii, 8. || Pris partitivement, quelques. Des hommes recommandables pensent que....
— HEM. Pris partitivement, il faut, quand un adjectif précède, dire en général de et non des: de bons vins, de bonnes gens. Mais on pourra se servir liedes, quand le mot, en raison de l'usage, peut être considéré comme ne formant qu'un seul mot avec son adjectif: des jeunes gens, des jeunes hommes. On reviendra à de, si on met devant l'adjectif un mot qui le modifie : de tout jeunes gens.
— HIST. xi* s. Blancandrins fut des plus salves paiens, Ch. de Roi. m. Là où cist furent, des autres i ot bien, t6. vin. jj xii* s. La disme eschelle est des barons de France, Ronc. p. 4 34. Faisons des bierres de verges et de peaus, ib. p 460.
— ETYM. De (voy de), et les (voy. le, la).
t DES ou DÉS, préfixe qui signifie l'action d'ôter, de retirer, de défaire, par exemple drf«-o«er, et qui vient des prépositions latines de-ex (voy dès); à moins que l'on ne veuille y voir simplement une autre forme de dé.... préfixe : dé devant une consonne ; des devant une voyelle. Et l'on me désosie enfin Comme on vous désamphitryonne , mol. Amph. m. 8.
DES (de; Vs se lie: dë-z aujourd'hui; àana dès que, Vs ne se prononce pas et c'est à tort que plusieurs disent dès' que; dans dès hier, la prononciation varie, les uns disant dè-zièr, et les autres dê-ièr), prép. \\ 1" À partir de, à dater de, à compter de. L'homme dès sa naissance.... Nous nous aimions tous deux dès la plus tendre enfance, RAC. Théb. Il, 4. Demain, dès cette nuit, je prendrai des mesures, m. Alhal.y, 2. || a* Dés, placé devant un adverbe ou nom de temps. Peut-être dès demain, dès la nuit, dès ce soir. J'en verrais des effets que je ne veux pas voir, corn. Poly. v, 4. C'est donc dès maintenant et sans diflércr que nous devons donner nos soins à.... boubd. Pensées, liv. i, p. 403. Cependant le sénat.... Dès hier vous nomma gouverneur de l'Asie, volt. Catil. ii, 3. || Dès longtemps, depuis longtemps. Et vos soins trop prudents Les ont [mes amis] tous écartés ou séduits dès longtemps, bac. Brit. m, 6. Vous m'aimez dès longtemps; une égale tendresse Pour vous depuis longtemps m'afflige et m'intéresse, m. Mithr. il, 6. Il Dès avant, même avant. Moi je vins hier? — Sans doute; et dès avant l'aurore Vous vous en êtes retourné, MOL. Amphit. 11, 2. Il 8° Dès, placé devant un nom de ville ou un adverbe de lieu et signifiant à partir de là. Vous savez qu'il tomba malade dès Amboise, maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, »7 oct. 4S7&. Mme de Chaulnes prend ses mesures dès ici pour s'en aller à Chaulnes trois jours après son arrivée, sÉv. Lett. 46 oct. 4D87. Ce grand sacrifice était déjà commencé dès Smolensk; Rostopchine l'acheva, sêgur, Hist. de Nap. viii, 2. || 4" Dès lors, Joe. adv. Dès ce moment, dés ce temps, aussitôt. Il avait dès lors imaginé ce moyen. Dès lors il commença ses poursuites. lime souvient pourtant que, s'il fut notre appui. Nous vous dûmes dès lors autant et plus qu'à lui, corn. Pomp. m, 2. Ahl si d'un autre amour le penchant invincible Dès lors à mes bontés vous rendait insensible, bac. Uithr. iv, 4. Mais, seigneur, c'est un roi malheureux et soumis, Et dès lors je le compte au rang de mes amis, iD. Alex, v, 4. || Dès lors que, du moment que, par cela que. Les grands se font honneur dès lors qu'ils nous font grâce, la pont. Fcû}l. i, 44. Il 6° Dès là, loc. adi;. X partir de là, en conséquence. Les mêmes raisons mettent Jésus-Christ au-dessus d'une si vaine accusation, qui dès là, comme nous l'avons remarqué, ne sert plus qu'à justifier que ses miracles sunt incontestables, Boss. Uist. u, 4 2. Cette vie n'est pas une vie chrétienne, et dès là c'est une vie de réprol)ation et d'infidélité, MASS. Car. Salut. J'insistai sur l'inutilité et dès là sur l'indécence d'un article qui ne réglait rien, st-
DÈS
8IM. 299, 87. 1! [Descartes] commence par supposer que l'ftme ne peut avoir aucune influence sur la corps, et dès là il s'avance trop, volt. Newton, 4. Il Dès là que, loc. conjonctive. Puisque, attendu que. Quand le cerveau et le cœur demeureraient en leur entier, dès là que les esprits manquent, les ressorts cessent faute de moteur, boss. Cmmaiu. il, 4 2. Dés là que Jésus-Christ nous donne son corps, dès là.... ID. Euch 2. Dès là que vous vous prêtez à tout vos penchants, pourvu qu'ils n'aillent pas jusqu'à l'infraction visible et grossière du précepte.... dès là vous renoncez au désir de votre perfection, mass. Car. Tiéd. 4. Vous appartenez à Jésus-Christ, dès là que le monde vous réprouve, id. ib. Resp. hum. Dès là qu'elle dépend de sa conscience, il faut.... J. t. Bouss. Ém. V. Dès là qu'il [Dieu] existe, il est né* cessaire que son existence remplisse tout l'espace et tous ses ouvrages, volt. DiaL zv, 4. ||6* Dès que, loc. conj. Aussitôt que, quand. Dès qu'on se sent en colère, il no faut ni parler, ni agir. Seigneur, vous serez roi dès que vous voudrez l'être, id. Bruliu, III, 7. Il Dès aussitôt que, tout aussitfit que. Dès aussitôt que je comprends quelque chose. .. desc. Médit. 6. Il Cette locution a vieilli. || 7* Dès que, signifiant puisque. Dès que vous en êtes tombé d'accord, je n'ai plus rien à dire. Dès que l'homme est l'ouvrage de Dieu, l'homme ne peut plus vivra, que conformément à la volonté de son auteur; et dés que Dieu a fait de l'homme son ouvrage et son ouvrage le plus parfait, il n'a pu le laisser vivre au hasard sur la terre, mass. Car. Érid. de la loi.
— HIST. XI* s. Dès or [il] comence li conseils que mal prist, Ch. de Roi. xii. Dès les aposlres ne fut hom tel prophète, ib. CLXiv. [Des péchés] Que je ai fait dès l'hore que nés [je] fu, ib. clxxii. || m* s. Dès les porz d'Aspre de ci qu'en Durestant, flone. p. 39. Dès le matin jusqu'à soleil couchant, ib. p. «S. Li clers fut sages dès qu'il issi d'enfance, ib. p. 466. Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès ore en pais tout mon aé [âge], Couei, ui. Qu'il s'en prennent à mon maistre d'Oisi Qui m'a apris à chanter dès enfance, quesnks. Romancero, p. 98. Dès le mont StMichieIjusqu'àChastel-Landon, Sctx. xxv. i| iiti's. Toute cesle navie vous tenrons nous pour un an, dès le jor que nous du port de Venise départirons, viLLEU. XIV. Uns miens amis me vint dés ersoir acointer, Berte, xi. Par la forest du Mans, dès qu'il fu ajourné [jour], ib. xlv. Dès lors, se je le fusse [si j'étais Berte], l'eUssé-je gehi [avoué], ib. cxviu. Dame, par Diex, se ge peûsse, Volentiers vostre grâce eusse, Dès lors que au sentier entrasse. Bel acueil de prison gelasse. Qui leens est emprisonnés, la llose, 40276. Kt aussi dès avant qu'il soient semé, li gaaignage de teres est contés pour mueiiles, beadm. xxui, 4. Dès là nous alames en Ausonne [Auionne], joiNV. 240. Et en alames à tout nostre hernoiz que nous avions fait mettre dès Ausone jusques à Lyon, ID. ib. Dès illec en avant [dorénavant] fu mon prestre bien cogneu en l'ost, et le monstroient l'un à l'autre, id. th. 231. U vouloit que dès lors en avant fcussenttoulun, m. <b. 2eu. || xiv* s. Dès ce que l'enfant est né, il se delette à goûter le laictde sa nourrice, OBFSME. Eth. 39. Et dès maintenant peut asses aparoir quele chose est science, id. t6. 4 73. || xv* s. Et aussi messire Charles de Behaigne son fils, qui dès lors s'appeloil roi d'Allemaigne, et en estoit roi notoirement.... FBOiss. I, I, 269. I^ lendemain dès ce qu'il fut arrivé, comh. i, 2. Dès ce qu'ib vindrent à U rivière, m. i, 6. Le de4r que le roy avoit dès longtemps, id. IV, 7. Il XVI* s. Dis lors retint et donna le droict nom De la pucelle à ses flustes rurales, ma- EOT, IV, 64. Pantagruel, lequel j'ay servy & gaiges dès ce que je feus hors de paige jusques à présent, HAB. Pont. Il, ProJ. Je me suis dei tousjours entretenu des imaginations de.... mont, i, 77. Dez la première nuicl d'apréz ses ohlations, u>. i. 96. Dez sa tendre enfance, id. i, 4 64. Elle eut tel remords que, dès lors en li, elle ferma la porte à tous ses amoureux. — Et dès l'heure [le roi] lui donna Testai de procureur gênerai, desper. Contes, vi. Les variables accidens que la vieillesse du temps a produits dès et depuis l'origine du monde, amtot, l'réf. XIV, 42. Ces cimeiis résistent à l'eau dès incontinent estre posés, o. de serres, 768.
— ETYM. Berry, drè* (je vois beaucoup de personnes qui sont en cette prononciation : drès que j* serai en état, remarque Marg. Uullet, Observ. p. 4 33, 4668); bourguig. dot ici, dès ici; provenç. dès, dès, de» que, deis que., dès que ; ano. espagn. des que, dès que; du latin de-ex, double préposition, comme dans, qui représente de-in<iu. La conjonction cou»
I posée dés que est une ellipse pour dés ce que, comme ; uu le voit par l'historique.
DÉS
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t DÉSABONNEMENT (dé-za-bo-ne-man), s. m.
Action de se désabonner. Ce genre de nouvelles à la main [des nouvelles déjà connues et sans intérêt] retarda pas à attirer aux propriétaires du Corsaire [nom d'un journal] quelques lettres dans lesquelles on leur demandait un désabonnement de faveur, H. MURGEH, Propo* d« vtllt et propot de théâtre, p. 70.
t DÉSABONNER (dé-za-bo-né) , v. a. Faire cesser l'abonnement. Vous me désabonnerez dès le mois prochain. |f Se désabonner, v. réfl. Cesser de s'abonner.
— Etym. Dés. .. préfixe, et abonner.
t DÊSABORDER (dé-za-bor-dé) , V. a. Faire cesser l'abordage.
— HIST. x'i* s. A l'abordage, le feu s'estant mis dans une caque de poudre, lui et tout l'équipage faillirent à périr; cela pourtant servit à faire que l'amiralle le desabordast, d'aub. Hist. u, 209.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, ei aborder.
+ DÉSABRITEa (dé-za-bri-té) , v. a. Enlever un abri.
— HIST. xin* s. Nud ne desabrié. Mort de faim ou de soif, Fabl. mss. du roi, n' 76)6, 1. 11, f° (43, dans LACiiBNE.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et abri.
t DÉSABCSABLE (dé-za-bu-za-bi'), adj. Qui peut être désabusé.
— ÉTYM. Désabuser.
DÉSABUSÉ, ÊE (dé-za-bu-zé , zée), part, passé. Oui n'est plus abusé. Désabusé par une rude expérience. Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée, CORN. Poly. V, B. Je suis désabusée des projets des hommes, sév. 574. Ce superbe croit s'élever au-dessus de tout et au-dessus de lui-même, quand il s'élève, ce lui semble, au-dessus de la religion, qu'il a si longtemps révérée ; il se met au rang des gens désabusés, boss. Anne de Gonx. Et de son vain courroux trop tard désabusé, rac. Alex, m, 2. Cher ami, si mon père, un jour désabusé. Plaint le malheur d'un fils faussement accusé, ID. Phèd. v, ». De ton espoir frivole es-tu désabusé? m. Athal. v, B. De mon aimable erreur je fus désabusée, id. Bérén. n, 2. Roxane méprisée Bientôt de son erreur sera désabusée, ID. Baj. I, 4. Voir Télémaque si désabusé des victoires et des conquêtes, fén. Tél. xxu. Mais de ce style enfin la cour désabusée Dédaigna de ces vers l'extravagance aisée , Distingua le naïf du plat et du bouffon.... boil. Art p. i. La vérité est que ce »ecret-là n'est qu'une chimère.... je n'en ai été désabusé qu'ici-bas, fonten. Àrtémise, Raimond Lulle. Si vous êtes désabusé du monde, uAss. Car. Resp. hum.
t DÊSABUSEMENT (dé-za-bu-ze-man) , *. m. Action de désabuser; résultat de cette action. Il y a des erreurs agréables qui valent mieux que ce qu'on appellerait le désabusement, bussy rabutin, dans HICHELET. Ce désabusement, si l'on peut parler ainsi, est un des principaux avantages que nous devions essayer de tirer de l'oraison, l'abbé reignier, dans BOUHOiiRS, Nouv. rem.
— ÉTYM. Désabuser.
DÉSABUSER (dé-za-bu-zé) , V. o. || !• Faire qu'on ne soit plus abusé, trompé. Je t'aime encore assez pour te désabuser, corn. Uéracl. i, 2. Quoi I pour désabuser une aveugle furie.... id. ib. iv, i. Il faut que le monde nous désabuse du monde ; ses appas ont assez d'illusion, ses faveurs assez d'inconstance, ses rebuts assez d'amertume, boss. la Vallière. X l'erreur de Roxane ai-je dûm'opposer. Et perdre mon amant pour la désabuser? rac. Baj. i, 4. Il me semble déjà que ces murs, que ces voûtes Vont prendre la parole, et, prêts à m'accuser. Attendent mon époux pour le désabuser, id. Phèd. m, 3. || Absolument. La mort donne les plus grandes leçons pour désabuser de tout ce que le monde croit merveilleux, FÉN. Dial. des morts anc. Scipion, Annibal. Du héros l'homme désabuse. Et l'admiration confuse S'enfuit et fait place au mépris, lauotte. Odes, t. i, p. 28», dans pougens. || 2° Se désabuser, ». réfl. Cesser d'être abusé. Il s'est désabusé des vanités du monde. Surtout, mortels, désabusez-vous de la pensée dont vous vous flattez, qu'après une longue vie la mort vous sera plus douce et plus facile, boss. Je Tellier. Plus je vis, et plus je me désabuse des soins et des projets à venir, maintenon, Lett. à d'Aubigné, 7 sept. (783. Désabusezvous de cela, s'il vous platt, hamilt. Gramm. 4.
— SYN. DÉTROMPER, DÉSABUSER. On est détrompé quand on n'est plus trompé; on est désabusé quand on n'est plus abusé. Or abuser, c'est, étymologiquement, user mal de quelqu'un, faire un mauvais usage de ses défauts pour l'induire en erreur. Là
est l'indication de la nuance entre détromper et désabuser. Les charlatans, dit Laveaui, abusent la populace par de faux raisonnements, par des faits controuvés et absurdes, et, quand ils l'ont abusée, ils la trompent en lui vendant de mauvaises drogues pour des remèdes efficaces; on est détrompé quand on voit que les drogues n'opèrent point; mais on n'est pas désabusé, si l'on n'a pas perdu toute confiance dans les discours du trompeur.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et abus. Désabus se trouve dans le Dict. d'ouDiN.
t DÉSACCEPTER (dé-za-ksè-pté) , 1). a. Refuser 08 qu'on avait accepté.
— HIST. XV* s. Pour nul trésor je ne vouidroya desaccepter ne refuser l'honneur de ceste feste, Perceforest, t. m, ^ 54.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accepter.
t DÉSACCOINTANCE (dé-za-koin-tan-s'), t. f. Cessation d'accointance , de fréquentation, d'amitié avec quelqu'un.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accointance.
t DÉSACCOINTER (dé-za-koin-té), v. a. Rompre l'accointance, la société. || Se désaccointer, v. réfl. Cesser de fréquenter.
— HIST. xm* s. Ensi furent desacointié li Franc et li Grieu [Grecs], villeh. xci. Nostre ostel verrez bel et ceinte ; Mes mainte gent s'en desacointe, Qu'au soir i vient, s'en va au main, ruteb. 11, 4».
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ciccointer.
t DÊSACCOMMODER (dé-za-ko-mo-dé),«. o. Cesser d'accommoder.
— HIST. XVI* s. La première particularité gist en la situation, où l'on void une chose qui desaccommode merveilleusement la ville, et l'autre qui l'accommode, langue, 680.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accommoder.
t DESACCOMPAGNER (dé-za-kon-pa-gné), v.n.
Cesser d'accompagner. Il s'en alla désaccompagné.
— HIST. XVI* s. Quoy voyant, un magicien qui ne l'avoit jamais voulu desaccompagner pour le profit qu'il tiroit, du vivant d'elle, de son art, paré, XIX, SJ.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accompagner. DÉSACCORD (dé-za-kor; le d ne se lie pas : un
dé-za-koT accidentel; au pluriel, l's ne se lie pas: des dé-za-kor accidentels; mais quelques-uns lient : des dé-za-kor-z accidentels), s. m. || 1° Dissentiment , désunion. Le désaccord est dans ce ménage. Il 2° Par extension, état de ce qui n'a plus l'accord. Le désaccord de deux instruments.
— HIST. XVI* s. Cet ancien joueur de lyre, que Pausanias recite avoir accoustumé à contraindre ses disciples d'aller ouir un mauvais sonneur, qui logeoit vis-à-vis de luy, où ils apprinssent à haïr ses desaccords et faulses mesures, mont, iv, 34. Le ciel n'a point veu un si poisant desaccord [entre la justice de la cause et le succès] que celuy de César et de Pompeius, ny ne verra pour l'advenir, id. iv, tSi,
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accord.
DÉSACCORDÉ, ÉE ( dé-za-kor-dé , dée), part.
passé. Il 1* Désuni. Des cœurs désaccordés. Tout est désaccordé, plus d'ensemble, plus d'unité, plus de beauté, dider. Regr. s. sa robe de chambre. Il 2* Par extension, qui a perdu l'accord. Un piano désaccordé. || Terme de peinture. Couleurs désaccordées, couleurs qui ne sont pas convenablement nuancées.
DÉSACCORDER (dé-za-kor-dé), t>. a. \\ 1° Produire le désaccord, la désunion. Des calomnies ont désaccordé ces familles. || 2° Terme de musique. Faire que les cordes d'un instrument ne soient plus d'accord. La chaleur a désaccordé ce piano. Son oreille [au musicien] est un instrument qu'un son discordant démonte et désaccorde, bvff. Nature des animaux. \\ Par extension , mettre le désaccord dans des couleurs, dans un tableau. Cette draperie rouge, dont vous l'avez chamarré, blessait l'art et désaccordait le tableau, diderot, Salon de )7fi5. Œuvres, t. xiii, p. H, dans pougens. || 3° Se désaccorder, ». réfl. Cesser d'être d'accord. Cette harpe s'est désaccordée.
— HIST. ivi* s. U faut tellement prendre sa sentence qu'elle ne desaccorde point d'avec Christ.... CALVIN, Instit. 641. Lors la cité, ne plus ne moins que si son harmonie eust esté desaccordée et confuse, tomba en dissensions civiles, amyot, Arat. 2 Après, si nous voulons considérer comme les sujets entr'eux estoyent bien accordans, que ferons-nous sinon nous esmerveiller de quoy ils se sont depuis tant desacci.nlez? langue, b2.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accorder.
DÉSACCODPLÉ, ÉE (dé-za-kou-plé, plée), part.
passé. Des draps désaccouplés.
t DÉSACCOUPLEMENT (dé - za - kou - pie - man ) ,
s. m. Terme d'histoire naturelle. Cessation de l'accouplement des animaux.
— ÉTYM. Désaccoupler.
DÉSACCOUPLER (dé-za-kou-plé), v. a. \\ 1* Séparer des choses qui étaient par couple, par paire. Désaccoupler des draps. || Désaccoupler des chiens, leurôter la couple. || 2°Sedésaccoupler,t). r^/I. Cesser l'accouplement. Ces chiens se sont désaccouplés.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accoupler.
t DÉSACCOCTRER (dé-za-kou-tré), v. a. ôter l'accoutrement. || Se désaccoutrer, v. réfl. Se débarrasser d'un accoutrement.
— HIST. XV* s. U se desacoustra et se coucha, Perceforest, t. v, f° 28.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accoutrer.
DÉSACCOUTDMANCE (dé-za-kou-tu-man-s') , t. f.
Perte d'une coutume, d'une habitude. Lorsque les nerfs optiques, par une longue désaccoutumance de souffrir la lumière même réfléchie, sont exposés tout à coup à une grande lumière, boss. Conn. m, 3.
— HIST. XIII* s. Que les lois soient abatues par desacostumance, Liv. dejusl. 6. Se famés nés [ne les] noment en France, Ce n'est fors desacoustumance, laRose, 7172. ||xvi* s. Mon latin [ma connaissance
] du latin] s'abastardit incontinent, du quel depuis par desaccoustumance j'ay perdu tout usage, mont. I, 196. C'a esté plus par desaccoustumance que par loy expresse, charron, Sagesse, 1, 48.
— ÉTYM. Désaccoutumer.
DÉSACCOUTUMÉ, ÉE (dé-za-kou-tu-mé, mée),
part, passé. Qui n'a plus la coutume, l'habitude. Les savants doivent d'autant plus s'intéresser à ces sortes d'honneurs rendus à leurs pareils qu'ils en sont aujourd'hui plus désaccoutumés , fonten. Sébastien. Venir nous alléguer des inclinations désaccoutumées de tout joug, MASS. Car. Samar.
DÉSACCOUTUMER (dé-za-kou-tu-mé), v. a.
Il 1° Faire perdre une coutume, une habitude. L'oisiveté l'avait désaccoutumé de faire aucun effort. En vain de son train ordinaire On le [naturel] veut désaccoutumer : Quelque chose qu'on puisse faire. On ne saurait le réformer, la font. Fabl. u, <8. La mortification lui rend la mort familière, le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps; il n'a point de peine à s'en séparer, boss. Or. fun. Bourgoing. || 2* Se désaccoutumer, ». r^/l. Perdre l'habitude. U faut se désaccoutumer de souhaiter quelque chose, sÉv. <44. Je souhaite de tout mon cœur que vous ne vous désaccoutumiez ni de m'écrire ni de me parler, maintenon, Lett. au card. de Noailles, 9 jauv. 4 704. L'incrédule, qui a secoué le joug de la foi, se désaccoutume bientôt du joug de l'obéissance, mass. Or. fun. Dauphin. Comme la raison s'accoutume à examiner, elle se désaccoutume de croire, id. Pofiég. St Thomas. Il Absolument. Le commandeur: on s'est accoutumé. — D. Japhet: qu'on se désaccoutume, scar- RON, D. Japhet, m, 4.
— HIST. uv* s. Jà ne me puist aidier U Pères qui ne ment. Se je ne descoutume, ains mon département. Ce servaige villain, qu'ensi honnist la gent, Baud. de Seb. viii, 888. ||xvi* s. Celui qui par délicate paresse desdaigne ou desaccoustume d'employer ses mains à frotter son propre corps, amyot, Akx. 72.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accoutumer.
t DÉSACCUMULER (dé-za-ku-mu-lé), ». o. Détruire un amas, une accumulation.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et accumuler.
t DÉSACHALANDAGE (dé-za-cha-lan-da-j') , s. m. Perte de chalands; état d'une boutique désachalandée.
DÉSACHALANDÉ, ÉE (dé-zacha-lan-dé, dée), part, passé. Boutique désachalandée.
DÉSACaALANDER (dé-za-cha-lan-dé) , ». o. Eloigner les chalandsd'un marchand , d'une boutique ; lui faire perdre ses pratiques. || Sedésachalander,».r^/!. Perdre ses chalands. Ce magasin s'est désaohalandé.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et achalander.
t DÉSACIDIFICATION (dé-za-si-di-fi-ka-sion) , i. f. Action de désacidifier.
t DÉSACIDIFIER (dé-za-si-di-fi-é) , ». o. Term» de chimie. Détruire l'état d'acidité d'une substance,
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et acidifier.
t DÉSACIÉRER (dé-za-sié-ré. La syllabe cié prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette: je désacière, excepté au futur et au conditionnel: je désaciérerai), ». a. Faire perdre les propriétés de l'acier. La partie de la lama, qui a subi l'influence de l'iiydrogène et qui a perdu son azote, est entièrement désaciérée, frémy. Comptes rendus, Acact, des se. t. LU, p. 628.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et acier.
DES
t DÉSAFFAIRÉ, ÉE (dé-za-fè-ré , rée), adj. Qui n'est point affairé, qui est sans affaires.
— B-YM. Déi.... préfixe, et affaire.
t DKAFFAMER (dé-za-fa-mé) , V. a. ôter la faim.
IIIST. xvi* 8 0u9 je ne puis ma faim desaf-
famor Qu'en l'admirant ou voyant sa peinture, rons. Bl. Plus tost donc dessous la mer Le feu s'abaisse Qu'on nous voie desaffamer De nous aimer, yver, p. ta.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et affamer.
t DÉSAFFECTION (dé-za-fè-ksion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. NéoloKisme. Perte de l'affection. La désaffection des citoyens.
— ETYM. Ms.... préfixe, ei affection.
tDfiSAFFECTlONNÉ, ÉE (dé-za-fè-ksio-né, née)
part, passé. Qui n'a plus d'affection. Des peuples désaffectionnés.
t DÉSAFFECTIONNEMENT (dé - za - fS - ksio - neman), s. m. Néologisme. Knlèvement de l'affection; renoncement à l'affection, en parlant du refroidissement de l'amour du peuple pour le souverain.
— ÊTYM. Vésaffeclionner.
+ DÉSAFFECTIONNER (dé-za-fîi-ksio-né), V. a. Néologisme, ôter, faire perdre l'affection. || Se désaffectionner, e. réjl. Perdre l'affection qu'on avait. Le peuple se désaffectionne.
— lîTYM. Désaffection.
t DÉSAFFLEUREMENT (dé-za-fleu-re-man), t.m. État de ce qui est désaffleuré.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et affleurement.
t DÉSAFFLEURER (dô-za-fieu-ré), v.a. Faire ressortir certaines parties d'une surface sur les autres.
— ÊTYM. Dét.... préfixe, et affleurer.
DÉSAFFODRCUÉ, ÉE (dé-za-four-ché, chée),
part, pnssé. Ancre disaffourchée.
•f DÉSAFFOURCHEMENT (dé-za-four-che-man) , (. m. Action de désaffourcher. Le désaffourchement de l'ancre.
DÉSAFFOURCnER (dé-za-four-ché). |1 1° V. n. Terme de marine. Lever l'ancre d'affourclie, la remettre à bord. On commanda de désaffourcher. |{ 2° V. a. Désaffourcher l'ancre.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et affourche.
t DÉSAFFRANCHIR (dé-za-lran-chir), V. a. Révoquer un affranchissement.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et affranchir.
f i. DÉSAFFRONTER (dé-za-fron-té), «. o. Faire réparation d'un affront. Vous n'avez rien senti des coups que j'ai reçus, Et c'est moi seulement qu'il faut qu'on désaffronte, th. corn, les Engagements eu hasard, li, K.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et affront.
\ 2. DÉSAFFRONTER (dé-za-fron-té), f. o. Terme de construction J"aire cesser un affrontement.
— ÊTYM. DésW.. préfixe, et affronter.
t DÊSAn-'UBLER (dé-za-fu-hlé), V. a. ôter l'affublement. Puis sa tête il désaffubla, scarhon, Virg. trav. 1. Il Se désaffubler, v. réfl. Se débarrasser de ce qui affuble.
— lllST. xiH" s. Mes que desafublés me soie De ceste chasuble de soie, la Rose, <963). || xvi« s. Demosthenes, sentant que le poison avoit desjà pris et gaigné sur luy, se desaffubla, et, regardant Archias fermement au visage, lui dit.... amyot, Démosth. 43.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, ei affubler.
t DÉSAGENCEMENT (dé-za-jan-se-man), s. m. Action de désagencer; état de ce qui est désagencé.
— HlST. XVI" s. Desagencement, cotorave.
— ÊTYM. Désagencer.
■\ DÉSAGENCER ( dé-za-jan-sé. Le c prend une cédille avant a et o : nous désagençons) , v. a. Détruire l'agencement. Désagencer une machine. {| Se désagencer, v. réfl. Perdre son agencement. Cette machine se désagence
— HIST. xiu* 8. Lors esperonne, et 11 renc meuvent, Uns et autres se desajancent, odill. guiart,
— ÊTYM. Déi.... préfixe, et agencer.
t DÉSAGRAFER (dé-za-gra-fé), i). o. Mauvais mot pour df'grafer.
DÉSAGRÊARLE (dé-ra-gré-a-bl') , adj. Qui déplaît. Figure, aspect désagréable. Personne, humeur désagréable. Il m'est désagréable de le voir. [Je demande votre fille] à des conditions qui peut-être ne vous seront pas désagréables, hauteroche, Crispin médecin, i, *. Vous vous moquez; la tranquillité en amour est un calme désagréable, mol. Scapin, ui, <. Celte passion vous remplira l'esprit de mille idées, de mille vues, de mille léllexions désagréables, bouro. Pensées, t. i, p. 384. Dieu a ses raisons pour laisser ici-bas les &mes le.s pim justes
DES
dans un état en quelque sorte vrolent et désagréable à la nature, mass. Carême, Dégoûts. Il est injuste de chercher une félicité et des consolations humaines dans un séjour si triste et si désagréable aux enfants de Dieu , id. ib. [St Bernard] Cherchant dans ses discours, non pas à se rendre agréable au pécheur, mais à rendre le pécheur désagréable à soimême, ID. Panég. St Bem. Quintius, qui n'était pas désagréable à la multitude, aborde les tribuns, veutot, Rétol. rom. m, 274. Les uns [de nos soldats] Gravaient d'indigestion, les autres coulaient des jour.s lort désagréables (expression que me fournit Dien à propos le style moderne), p. l. cour. Lett. 1, 28.
— HIST. XIV* s. Si grief et si tristre jugement et si désagréable au pueple, bebcheuhe, 1* 45, rerso. Celle dedicion a esté nient mains [nullement moins] désagréable que si la ville eust esté prinse par force, ID. P" 33, verso. Il XVI* s. C'est, de tous les actes de Timoleon, celuy qui me semble le plus desaggreable [blSmable], amyot, TimoUt.
— ETYM. Dés.... préfixe, et agréable; provcnç. desofiriKlabJe.
DÉSAG RÉ ABLEMENT (dé- za - gré - a - ble - man) , adv. Dune manière désagréable. Passer désagréablement sa vie. Mettre quelqu'un désagréablement enjeu, le comte de bussi, dans bicuelet.
— ÊTYM. Désagréable, et le suffixe ment. DÉSAGRËÉ, ËE (dé-za-gré-é, ée), part, passé
de désagréer 2.
4. DÉSAGRÉER (dé-za-gré-é), je désagréais, nous désagréions; je désagréerai ; je désagréerais; que je désagrée, que nous désagréions, v. n. Ne pas agréer. Si cela ne vous désagrée pas. Retenez la plus petite parole qui puisse désagréer & Jésus-Christ, Boss. Visite, 2. Il a le malheur de désagréer à tout le monde, bichelet.
— HIST. XIII* s. Car me monstrez la voie, s'il ne vous desaijrée, Berte, xlvi. Et no baron s'entornent, n'i font plus demorée. Tôt ont perdu l'engien, n'i a mais recovréo. Et del pont n'ont il mie, qui moult lor desagrée, Ch. d'Ant.iv,*o». sire vesque, fait il, ice me desagrée; Ançois islrai là fors sostenir la meslée, ib. vin, 4B9. || xiv" s. Moult fu dolant Henry et moult 11 desagrée Que Brenesque li fu tellement deveée, Guescl. 8)92. || xvi* s. Le corps ainsi enchâssé apparoissoit au travers le verre, sans rendre mauvaise odeur, et sans desa^rreer aucunement, PARÉ, Mumie, ii. Si le trop de profil que cestui là fait sur vostre bien vous est odieux, la perte de cestui-ci vous desagrée, o. de serbes, b3. Si que, possible, aucunes [dames] qui en liront des contes d'elles mesmes, ne s'en desagrecront, braht. Dormes illustr. p. 404, dans lacurne.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et agréer.
2. DÉSAGRÉER (dé-za-gré-é), je désagréais, nous désagréions; je désagréerai; je désagréerais; que jedé.sagrée, que nous désagréions, v. a. Terme de marine. Ancien synonyme de dégréer.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et agrès.
t DÉSAGRÉGATION (dé-za-gré-ga-sion ), ï. ^. Terme didactique. Séparation de parties agrégées, qui se réduisent en grains ou en poussière.
— ETYM. Ws.... préfixe, et agrégation.
t DÉSAGIIÉOÉ, EE (dé-za-gré-jé ,jée) ,por«. passé. Des pariies désagrégées.
t DÉSAGRÉGEANT, ANTE (dé-za-gré-jan,jan-t'), adj. Il 1° Terme didactique. Qui désagrège. || 8° Terme de médecine. Qui disjoint des choses agrégées. || S. m. Employer les désagrégeants pour résoudre les fausses membranes de la diphthérite.
t DÉSAGRÉGER (dé-za-gréjé. Le g prend un e devant a et o: désagrégeant, désagrégeons; la syllabe gré prend un accent grave quand la .syllabe qui suit est muette : je désagrège, excepté au futur et au conditionnel: je désagrégerai), v. a. Terme didactique. Disjoindre ce qui était agrégé. || Se désagréger, V. réfl. Êlre désagrégé. Ces cavités [dans des dépôts de silice] s'opposent à ce que la substance ait de la cohésion dans toutes ses parties, aussi, en se desséchant, se désagrège-t-elle en fragments plus ou moins petits, becquerel, Acad. des se. Comptesrendus, t. LUI, p. 1498
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et agréger.
DÉSAGRÉMENT (dé-za-gréman). f. m. || 1* Chose
qui désagrée, sujet de contrariété. Il s'est attiré des désagréments. Je crains qu'il n'essuyé bien des désagréments, MAINTENON, Lett. à Mme des Ursins, 7 août 4706. Des plaisirs qu'il a fallu acheter bien cher et dont il n'a presque jamais que le désagrément et l'amertume, mass. Aveni, Kort du Péch. Au lit de la mort, oserez-vous présenter à Jésus- ChrLst vos fatigues et les désagréments journaliers
DES
de votre emploi? ID. dans le Dict. de docbez. || S* Défaut qui nuit aux agréments extérieurs. Cette tache au visage est un grand désagrément. M. de Saint- Ruth, quel homme, bon Dieul et que le désagrément de sa physionomie donne de grandes idées des qualités qu'on ne connaît pas! sÉv. 49.
— REM. Boubours, dans ses Remarques, dit que le mot est iiouveau et commence à s'établir; et il signale comme une locution précieuse: ce fut un grand désagrément pour moi. Aujourd'hui le mot est établi et n'a plus rien de précieux.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et agrément.
t DÉSAGDERRIR (dé-za-gbè-rir), V. a. Désaccoutumer des dangers de U guerre. Une population dé.saguerrie.
— HIST. XVI* s. Entre les autres ma jx et inconveniens qui t'adviennent pour estre desaguerri , il faut compter que tu te rends desprisable à un chacun, le Prince de Kachiavel, p. 97, dans lacurhe. U y a des princes qui, pour tenir leur estât en main assurée, desagguenssent, tant qu'ils peuvent, leurs sujets, ib. p. )3K.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et aguerrir.
fDÉSAIGRIR (dé-zè grir). || 1* F. o. ôterl'aigreur,
les qualités aigres. On désaigrit un liquide avec un alcali. Il 2* V. n. Cesser d'être aigre. Ces cerises sont encore aigres; elles désaigriront en mdrissant.
— HIST. XVI* s. Me plaist lascher, pour desaigrir ma peine. Aux pleurs, aux criz et aux 80u.spirs la bride, du bkllat, ii, 2i, recto. Lequel, ains que son espée Au sang haineux fust trempée. Du miel de sa langue molle Se desaigrit le souci, bons. 347.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, el aigre.
t DÉSAIGUILLETER(dé-z6-gui-lle-té, Il mouillées; ut comme dans huile. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette : je désaiguillette) , «. a. Défaire les aiguillettes.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, el aiguillette.
t DÉSAIMANTER (dé-zè-man-té), v. a. Terme de physique. Détruire l'aimantation. || Se désaimanter, V. réfl. Perdre son aimantation.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et aimanter.
t DÉSAIMER (dé-zè-mé), tj. o. Cesser d'aimer. Pourquoi les Français ne diraient-ils pas désaimer, quand ils aiment si vite et désaiment si vite encore d'après le caprice du moment? mercier. Néologie, mot désaimer. En vivant avec lui [St-Simon , l'auteur des mémoires], j'ai passé par plus d'une phase; je l'ai adopté, critiqué; je l'ai aimé et désaimé, Miciielkt, Louis XIV et le duc de Bourgogne, p. 461.
— REM. Le mot est ancien, et non, comme le croyait Mercier, un néologisme.
— HIST. XIII* s. Cils me veut bien desnuer De joieuse vie, Qui m'exhorte à desamer Dame si jolie Et qui tant fet à loer, Poésies mss. avant 1300, t. iv, p. 4 396, dans lacl'Rne. || xvi' s. L'ardent ennui de ma froide poison Un autre aimant, je mesuisdésaimé; Ainsi je meur, vivant sans estre aimé. Poésies de Loys le Caron, t° *2, dans lacur.ne.
— ETYM. Dit.... préfixe, et aimer; provenç. deiamar.
t DÉSAIBER (dé-zè-ré) , v. a. Terme de fauconnerie. Tirer les oiseaux de l'aire ou de l'endroit où on les nourrit.
— HIST. ivi* s. Prendre et desairer oyseaux de proye, Couitutnier génir. t. u, p. 7B9.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et oire.
t DÉSAISE (dé-zè-z') , t. m. Incommodité, malaise. Peu usité.
— HIST. XV* s. Car mieux me vault tout à un cop morir. Que longuement en desaise languir, eu. d'orl. 40.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et otte.
DÉSAJUSTÉ, ÊE (dé-za-ju-sté, stée), part, passé.
Pièces désajustées dans une machine. || Terme de manège. Cheval désajusté, cheval dont les bonnes allures sont dérangées.
t DÉSA JUSTEMENT (dé-za-ju-«te-man), i. m. Action de désajusier une machine.
— ÊTYM. D^>ajuster.
DÉSAJCSTER (dé za-ju-sté), «. O. Déranger ce qui était ajusté. Désajuster un canon. Désajuster la parure de quelqu'un. Si le soin que l'on aura de l'éviter [un mauvais son] d'un côté, fait que de l'autre on désajusté sa période, il vaut mieux tomber dans l'inconvénient du mauvais son, pourvu qu'il ne choque pas trop rudement l'oreille, que de rompre la juste cadence d'une période, vadgel. item, t. I, p. 33, dans PODGENS, Il Se désajuster, v. réfl. Être désajusié. La machine s'est désajustée.
— HIST. XVI* s. Desadjuster, cotoravb.
— ÊTYM. Dés.... préfixe, et ajuster.
t DÉSALIGNEMENT ( dé-za-li-^e-man ) , t. m.'
DES
DÈS
DES
Terme d'art militaire. Désordre dans l'alignement d'une troupe.
— ÉTYM. Désaîigner.
t DÊSALIGNER (dé-zali-gné) , ». a. Détruire un alignement. || Terme d'art militaire. Causer un désalignement.
— ÉTYM. Dis.... préfixe, et aligner.
tDÊSALITER (SE) (dé-za-li-té), V. réfl. Cesser
d'être alité.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et aliter.
t DÉSALLAITEMENT (dé-za-lè-te-man), s. m. Cessation de l'allaitement.
t DÊSALLAITER (dé-za-lè-lé), V. a. Ne plus allaiter.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et allaiter.
tDËSAIXIER (dé-za-li-é) , V. a. Faire cesser
l'alliance, l'union. || Se désallier, v. réft. Rompre une alliance.
— HIST. XVI' s. Ces deux amants estant, par la faveur céleste, miraculeusement ralliés.... ils furent desalliés par la faute de la trop belle espousée, yveb, p. 549. Ainsi de son rosier la fleur on desallie Pour en faire un bouquet.... id. p. 613.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et allier.
t DÉSALTÉRANT, ANTE (dé-zal-té-ran , ran-t'), adj. Qui désallère. Son vin noir et grossier, mais désaltérant et sain, J. 3. bouss. Ém. m.
DÉSALTÉRÉ, ÊE (dé-zal-lé-ré, rée), part, passé. Dont la soif est apaisée. Dans son sang inhumain les chiens désaltérés, bac. Àthal. i, 1. Monstres désaltérés dans le sang des mortels, volt. Ah. ii, 2.
DÉSALTÉRER (dé-zal-té-ré. La syllabe té prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je désaltère; excepté (exception inconséquente) au futur et au conditionnel: je désaltérerai; je désaltérerais), t). a. Il 1° Apaiser, en parlant de la soif. Ce verre d'eau m'a désaltéié. |{ Absolument. L'eau rougie désaltère mieux que l'eau pure. || Fig. La rosée désaltère les plantes. Constance dans son sang pourra désaltérer Cette brûlante soif qui nous fait soupirer, TRISTAN,*, de Chrispe,rf, 7. || Par extension, fournira quelqu'un sa boisson. Pour l'avoir sans relâche un an , sur sa parole, Habillé, voiture, coiffé, chaussé, ganté. Alimenté, rasé, désaltéré, porté, begnaro, le Joueur, m, 4. || 2° Se désaltérer, v. réfl. Satisfaire sa soif, boire. Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure, la font. fobi. I, <o.
— HIST. XVI' s. Que fera il si on le presse de la subtilité sophistique de quelque syllogisme? Le jambon faict boire, le boire désaltère ; par quoi le jambon désaltère, mont, i, t90. Je ne sceus avaller une seule goutte, et feus privé de boire pour le besoing mesme de mon repas; je me trouvai saoul et désaltéré par tant de bruvage que mon imagination avoit préoccupé, id. m, 56.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et altérer.
t DÉSAMARRER (dé-za-ma-ré) ,v.a. Terme de marine. Détacher un bâtiment, un objet qui est amarré.
— ÉTYM. Ués.... préfixe, et amarre.
t DÊSAMASSER (dé-za-mâ-sé) , V. a. Cesser d'amasser ; dissiper ce qu'on a su amasser.
— HIST. XVI' s. Desamasser, oudin.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, e\ amasser.
t DÉSAMONCELER ( dé-za-mon-se-lé), je désamoncelle, je désamoncelais, je désamoQcellerai , V. a. Défaire un monceau.
— HIST. XIII' s. Se desamonceler, guill. gdiaht,
BM. f° 285, danSLACUBNE.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et amonceler.
DÉSAMORÇAGE (dé-za-mor-sa-j'), ». m. Action de
désamorcer.
+ DÉSAMORCER (dé-za-mor-sê. Le c prend une cédille devant o et o : désamorçant, désamorçons), tJ. a. ôter l'amorce d'une arme à feu. || Désamorcer une pompe, ôter l'eau qui est dans le tuyau et qui permet au vide de se faire et au piston de fonctionner.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et amorcer.
fDÉSAMOUU (dé-za-mour), s. m. Cessation de
l'amour, refroidissement.
— HIST. XVI* s. Vostre desamour et nonchalence d'aimer. Nature d'amour, f» 30B, dans lacurne.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et amour; provenç. desamor ; espagn. disamor; ital. disamore.
t DÉSAMOURACUER (dé-za-mou-ra-ché), v.a.
Faire cesser une amourette. |{ Se désamouraoher, V. réft. Renoncer à une amourette.
— HIST. xvi' s. Se desamouracher, oudin.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et amouracher.
t DÉSANXUER (dé-zan-ché), v. a. Terme de manque, ôter l'anche d'un instrument à vent.
— ÉTYM. Dés..:, préfixe, et anclie.
DÉSANCRER (dé-zan-kré) , ». n. || l" Terme de
marine. Lever l'ancre. {{ 2° Fig. et actif. Arracher
quelqu'un d'un lieu où il se platt, où il est depuis longtemps retenu par quelque attrait. Est-ce qu'on ne pourra pas le désancrer de cette maison ? Désancrer quelque chose, l'ôter de l'esprit. On eut beaucoup de peine à désancrer une opinion si fortement ancrée.
— HIST. xiii's. Et puis si se fist <lesanorer; Dressent les voiles, si s'en vont, FI. et Blanchefl. Ms. de SI G. f° <93, dans lacubne. Et maintenant il nous desancrerent et nous remenerent bien unegrant lieue ariereversBabiloine [le CaireJ, joinv. 248. {{ xv* s. Lendemain, ils sedesancrerentet se mirent à chemin, PEOiss. I, i, 48. Si entrèrent en leurs vaisseaux qui chargés estoient, et desancrerent du havre de Pleumonde, ID. n, n, S3. || xvi's. Le marinier qui prend terre ets'arreste. Pour la fureur de l'orage et tempeste.Desancre alors que les flots sont amis,MAROT, II, 185. Sans double l'amiralle de Bryon l'avoit desancré du cœur et de l'amitié du feu Roy, cahl. u, 9.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et ancre.
t DÉSANIMÉ, ÉE ( dé-za-ni-mé, mée), part, passé. Qui a cessé de vivre. De sorte qu'à présent deux corps désanimés Termineront l'exploit de tant de gens armés, corn. dit. il, 3.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et animé.
t DÉSANIMER (dé-za-ni-mé), ». a. ôter l'âme, la vie. Il Se désanimer, ». réfl. Perdre l'âme, la vie, l'animation.
f DÉSANOBLIR (dé-za-no-blir) , v. a. Faire perdre la noblesse.
— REM. Désanoblir n'est pas un mot bien fait; il faudrait d^nobitr.Désanoblirsignifiecesserd'anoblir; et, comme l'anoblissement n'est pas une chose qui se continue, désanoblir pêche contre l'exactitude.
— HIST. XVI' s. Pauvreté n'est point vice et ne desanoblit point, loysel, 34.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et anoblir.
DÊSAPPAREILLÉ, ÊE ( dé-za-pa-rè-Ué , liée, Il
mouillées), part, passé.
DÉSAPPAREILLER (dé-za-pa-rè-Ué , Il mouillées, et non dé-za-pa-rè-yé). || 1° F. a. ôter une ou plusieurs choses d'un certain nombre de choses pareilles, dont la réunion forme une sorte d'assortiment. On dit plus ordinairement et beaucoup mieux dépareiller. || 2° F. n. Terme de marine. Faire le contraire d'appareiller. Mot donné par quelques lexicographes, mais qui ne se trouve pas dans les dictionnaires de marine. || 3° Sa désappareiller, ». réfl. Cesser d'être appareillé.
— HIST. XI' s. Et s'il fust desapereilé que il ne ont ne chival ne les armes. Lois de Guill. 24. || xv* s. Icelluy Huguet par son yvresse se desappareilla et osta ce qu'on avoit mis sur icelie playe, du canoë, apparamenta. X tant se partit la demoyselle, qui plus ne dit mot, et le preux Gallafar demeura, qui commença à soy désappareiller pour soy coucher au lict, Perceforest, t. v, f° bi.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et appareiller. DÉSAPPARIÉ, ÉE (dé-za-pa-ri-é, ée), part, passé.
Des pigeons désappariés.
DÉSAPPARIER (dé-za-pa-ri-é), je désappariais, nous désappariions, vous désappariiez; que je désapparie, que nous désappariions, que vous désappariiez, ». a. Séparer un couple d'oiseaux. Désappariez ces perdrix.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et apparier.
+ DÉSAPPÉTISSER (dé-za-pé-ti-sé), c. a. Faire perdre l'appétit. Cette odeur est si fade qu'elle me désappétisse. || Se désappétisser , ». réfl. Perdre l'appétit.
— HIST. XVI* s. Désappétisser, cotgrave.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et appétissant.
t DÊSAPPLICATION ( dé-za-pli-ka-sion), s. f. Terme de métier. Action de désappliquer. {| Fig. Cessation de l'application.
— ÉTYM. Désappliquer.
t DÉSAPPLIQUER (dé-za-pli-ké),». a. || i'Terme de métier. Enlever un objet qui est appliqué sur un autre. || 2° Fig. Détacher du travail. Le temps me désappliquera des objets qui m'occupent , Portroyal, Education d'un prince, p. <i3, dans w- CHELET. Il 3° Se désappUquer, v. réfl. Cesser d'être appliqué au travail.
— ÉTYM. Dés.... préfixe, et appliquer.
DÉSAPPOINTÉ, ÉE (dé-za-poin-té, tée), part.
passé. Trompé dans son attente. U s'en retourna désappointé.
DÉSAPPOINTEMENT (dé-za-poin-te-man) , s. m. Il 1° Anciennement, action de désappointer dans le sens de ôter, rayer quelqu'un de l'état des soldats ou officiers de guerre entretenus. |{ 2° Attente déçue. Mon désappointement politique me donna sans doute l'humeur qui me fit écrire la noie satirique contre les quakers, chateaub. Amer. 3U.
— msT«xv* s. n vint à sa cognoissance que le duc de Berry très impatiemment portoit son désappointement du dit gouvernement, Juv. des ursins, dans le Dicl. de dochez. || xvi* s. L'on y mesloit de la vengeance contre uns et antres grands seigneurs, dont on requeroit le desapointement, pasq. Recherches, p. 80, dans lacurne.
— ÉTYM. Désappointer.
DÉSAPPOINTER (dé-za-poin-té) , r. a. \\ 1* Autrefois, rayer un militaire des contrôles de l'armée Désappointer un capitaine. || 2° Fig. Décevoir quelqu'un dans son attente. Cela dut bien le désappointer. Il 3* Terme de commerce. Désappointer une pièce d'étoffe; couper les points de fil ou de ficelle qui tiennent en état les plis de cette pièce.
— HIST. XV* s. Messire Arnauld de Corbie, chancellier de France, feut desappoincté [destitué], et en son lieu mis un nommé maistre Eustache de Laitre, JUVÉN. Charles YI , UU. Sages et notables chevaliers que le roy Loys avoit tous desappoinctez à l'heure qu'il vint à la couronne, comm. i, 3. || xvi* s 11 voulut user du conseil des princes de son sang, et autres serviteurs du feu roy, et n'en desapointa un seul, mais les maintint en leurs estais, u. du