‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 50 sur 388 · SYN. DÉSAPPROUVER, «PROUVE», RÉPROUVER · texte numérisé non relu

SYN. DÉSAPPROUVER, «PROUVE», RÉPROUVER

Désapprouver, c'est ne pas approuver. Improuver, c'est être contre l'approbation ; il exprime donc quelque chose de plus que la désapprobation. Héprouver enchérit sur improuver, et exprime une condamnation profonde, absolue. On d6sapprouve ce qui ne panitt pas bien ; on improuve ce qui parait mauvais ; on réprouve ce qui paraît odieux, criminel, détestable.

— HIST. XVI' s. I.e cardinal a toujours desapprouvé telles procédures violentes, principalement pour ce qui touche ma vie, henhi iv, dans le Dict.

de DOCHEZ.

— Etym. Dés.... préfixe, et approuver.

t DÉSAPPUYÊ, ÉE (dé-za-pui-ié, iée), adj. Privé de l'appui.

— HlST. XVI* s. Ce seroit les induire à l'attaquer, s'ils le voyoient desappuyé de ceux dont la puissance leur est espouvantable, lanoue, 379.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et appuyé.

t DËSARBORER (dé-zar-bo-ré), v. a. Abattre ce qui est arboré {| Terme de marine. Abattre des mâts.

— HIST. XVI* s. Ses bandes arrivées au camp , furent publicquement et en signe d'ignominie leurs enseignes ostées et de.<!arborées, M. du bellay, 40o.

— RTYM. Dés.... préfixe, et arborer.

DÉSARÇONNÉ, ÉE ( dé-zar-so-né , née), part.

passé. Il 1° Jeté hors des arçons. Désarçonné dans la joute. Il 2" Kig. et par plaisanterie, qui a le dessous dans une discussion, dans une affaire, jj Déconcerté. Il fut désarçonné par cette brusque apostrophe. Il Destitué de la place qu'on occupait. Vous Toilà désarronné.

DÉSARÇONNER (dé-zar-.so-nê), t). a. || 1* Jeter hors des arçons, renverser de cheval. Le premier chevalier qui courut c<intre lui le désarçonna, volt. Zadig, 4». || 2" ?'ig. Désarçonner quelqu'un, lui faire perdre sa position, son emploi. Keppel désarçonna Portland pendant sa courte ambassade de France, st-sim. 4h5, <9. ||8° Confondre, déconcerter. Voilà, dit Xantus. la pâtisserie la plus méchante que j'aie jamais mangée; il faut brûler l'ouvrière [la femme de Xantus].... Attendez, dit le paysan, je m'en vais quérir ma femme, on ne fera qu'un brtcher pour toutes les deux; ce dernier trait désarçonna le philosophe, l* font. Vie d'Ésope. La Briffe tombait dans mille panneaux que Harlay lui tendait tous les jours , et dont il le relevait avec un air de supériorité qui désarçonna l'autre, stsim. 47, 202. Il 4° Se désarçonner, «.rt/Z. Se faire perdre les arçons l'unà l'autre. Ilssesont désarçonnés. || Fig. Être déeoncerté. Ainsi pressé de questions, il se désarçonna.

— HIST. XVI* s. Et s'il y pouvoii parvenir [au consulat] , il avoit bien délibéré de désarçonner Caius, de tant plus mesmement que son crédit commenceoit à se finir, ahtot, Gracques, 46,

— Etym. Dés.... préfixe, et arfon.

DÉSARGENTÉ, ÉE (dé-zar-jan-té, tée), port.

passé. Des couverts désargentés. || Dans le langage familier, qui a dépensé tout son argent.

DÉSARGENTER (dé-zar-jan-té), t). a. || 1" Enlever la légère couche d'argent sur un objet argenté. Il 2° Epuiser tout l'argent comptant. Les frais de noce l'onl entièrement désargenté. || 8* Se désargenter, V. réfl. Perdre la couche d'argent. Ces chandeliers se désargentent. || Dépenser son argent. X Paris on se désargente promptement.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, el argent.

DÉSARMÉ, ÉE (dé-zar-mé, mée), part. passé. || 1°

Qui n'a plus ses armes. Mars désarmé par Vénus. Tu me vois désarmé; comment puis-je répondre? volt. Mir.y, 3. Mais seuls et désarmés, esclaves et victimes.... ID. Orp/i. v, 8. Il a* Par extension. Venir en visite amoureuse avec... un chapeau désarmé de plumes, HOL. Préc.rid. s. Et le front désarmé de ce regard terrible, CORN. Sert, m, 2. Ne pourrai-je surprendre un regard favorable, Un regard désarmé de toutes ces rigueursT iD. iVicom. i, 2. || 3* Qui n'a plus des sentiments de haine, de colère, de ressen-

DÉS

timent, etc. Mais, malgré ses soupçons, le cruel Amurat N'osait sacrifier ce frère & sa vengeance Ni du sang ottoman proscrire l'espérance; Ainsi donc pour un temps Amurat désarmé Laissa dans le sérail Bajazet enfermé, rac. liaj. i, 4. Un roi qui.... Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa victoire. Et, par les malheureux quelquefois désarmé, Sait imiter en tout les dieux qui l'ont formé, ID. Iphig. m, 4. [Je pensais] Que son fils me la dût renvoyer désarmée, id. Andrum. il, 6. Croiiai-je que vos yeux

à la fin désarmés.... id. ib. iv, a J'ai ri, me

voilà désarmé, pibon, Métrom. m, ». || 4* Terme d'histoire naturelle. Oui est dépourvu de piquants, d'aiguillons, de cornes. || 6° En parlant des petites armes à feu , dont la batterie est au repos. Fusil, pistolet désarmé. || Terme d'artillerie. Canon désarmé, canon dont on a été le boulet. || 6* Terme de blason, qui se dit de l'aigle sans ongles.

DÉSARMEMENT (dé-zar-me-man),*. m. ||1* Action de faire rendre tes armes à une troupe ou de les lui enlever. Le désarmement de la garnison, d'un régiment. || 2* Action d'une puissance qui passe du pied de guerre à l'état de paix. Pendant longtemps en Europe, les circonstances n'ont pas permis le désarmement, jj État d'une puissance qui a réduit ses forces permanentes. || 3° Terme d'escrime. Action de faire sauter l'arme des mains de l'adversaire. Un coup de désarmement. || 4° Action de désarmer un navire. Le désarmement de l'escadre.

— HIST. XVI* s. 11 fut ordonné aux cours de parlements de tenir la main aux publications, et puis aux desarmemens, d'aub. Uist. i, 2«o.

— ÉTYM. Désarmer.

DÉSARMER (dé-zar-mé), v. a. \\ 1* Débarrasser quelqu'un de son armure. || 2° Enlever à quelqu'un ses armes ou le contraindreàles rendre. On désarma la garde nationale. Désarmez les vaincus sans les désespérer, rac. Alex, m, 7. Et pour le désarmer il avance le bras, id. Théb. v, 3. || Fig. Hercule à désarmer coûtait moins qu'Hippolyte, Et, vaincu plus souvent et plus tôt surmonté. Préparait moins de gloire aux yeux qui l'ont dompté, id. Phèdre, n, 4. Il 3° Terme d'escrime. Désarmer son adversaire, lui faire sauter l'épée hors de la main. || 4° Terme de manège. Désarmer les lèvres d'un cheval, désarmer un cheval, tenir ses lèvres hors de dessus les barres. Il 6° Fig. Apaiser Vous pouvez d'un mot désarmer sa colère, cobn. Pomp. iv, 2. Plût aux dieux.... Que sa bonté [de César] touchât la beauté qui me charme. Et la pût adoucir comme elle me désarme I id. Cinna, m, 2. Mais je vous ai laissé désarmer mon courroux, id. Rodog. v, 4. Il ne faut qu'un peu de patience pour désarmer la colère des belles, iia- MiLT. Gramm. 9. Cette action acheva de le désarmer, ID. ib. 8. [Rome] Ne désarma point sa fureur vengeresse Qu'elle n'eût accablé l'amant et la maîtresse, hac. Bérén. ii, 2. Vos pleurs, votre présence N'ont point de ces cruels désarmé l'insolence, m. Brit. ii, 6. Rarement l'amitié désarme sa colère [de Mithridate], id. Uithr. i, 5. Sans doute, ce chagrin qui vient de m'alarmer N'est qu'un léger soupçon facile à désarmer, m. Bérén. ii, 6. 11 ne propose son système qu'avec une modestie qui en répare la faiblesse et désarme les critiques, fonten. Guglielmini. Vous n'êtes point ici sous vos antiques rois Qui laissent désarmer la rigueur de leurs lois, VOLT. Orphel. v, 2. Le vieux divan [les vieilles nonnes], désarmant sa vengeance. De l'exilé borna la pénitence, ghesset, Vert-Vert, iv. Il sut triompher des difficultés par les deux moyens les plus sûrs peutêtre pour désarmer l'amour^-propre, la modestie et la pureté d'intentions et de conduite, condorcet, Duhamel. || 6° Dépouiller, priver. Ces princes que la mort a désarmés de leur puissance. Mais [6 Dieu] désarme d'éclairs ta divine éloquence; Fais-la couler sans bruit au milieu de mon cœur, corn. Imit. III, 2. Il 7° Terme de marine. Désarmer un vaisseau, lui Ater son artillerie, ses agrès, etc. le rendre inutile pour la guerre. Nous gagnâmes enfin Toulon ; on avait commencé à y désarmer les vaisseaux arrivés avant nous, Mém. de Valette en 4874,dansJAi.. Il Absolument. La fiolte doit désarmer. Ce vaisseau alla désarmer à Brest. || Désarmer les avirons, les rentrer après qu'ils ont nagé. || 8* Terme da guerre. Désarmer un canon, en Ater le boulet Il Désarmer un fusil, mettre sa batterie à l'état de repos. Il 8* V. n. Cesser de se tenir sur le pied de guerre, congédier des troupes. Les puissances, la paix conclue, désarmèrent Qu'ils ne désarmeraient point qu'on ne leur eût mis entre les mains les auteurs de la division, vauoel. Q. C. &79. 11 [Clément XI] arma, et s'en repentit bientAt; il vit que les Romains, sous un gouvernement tout sacer-

DÈS

dotal, n'étaient pas faits pour manier Pépée; il désarma, volt. ùmisXIV, 24. |{ Terme de marine. Être congédié et quitter un bâtiment. Ces matelots désarment. L'équipage désarme. || 10* S« disarmer, V. réfl. ôter son armure, quitter ses armes. |{ Fig. Se laisser fléchir. Heureux, sage Nestor, si le fils de Tliétis, Touché de nos malheurs, se désarme à ce prix, oesfontaim;s.

— HIST. XI* s. Icele nuit [il] ne se velt desarmer, 01. de Roi. CLXXix. Il m* «. De moi desarmer fu adroite, Qu'ele le fist et bien et bel, Et m'afubla d'un cort mantcl, crestiem de troies. Cheval, au lyon, V. 228. Dist lur que il alassent à lui tut desarmé; Il mirent jus lur armes, quant ço lur oui mustré; Vindient à l'arcevesque.... Th.leniart. 426. Pur coqu'iertdezarmés, tut premiers le si wi, Ebienfuconetlz e al vis e al cri ; Une cote vert out e mantel mi-parti, ib. 46u. Grant honte en ot por les apertenans; Bien sot qu'estoit Bernier ses max vuellans; Desarmeisert, s'en fumuet taisans, Raoul de C. 92. Desarmés [ils] ont les Grix [Grecs] soupris; Assez en ont et mors et pri8,0AiiT. d'ahras, p. Soo, lerio, col. 4. Il XIII* s. Dont se désarmèrent come cil qui uiout estoient lassé et travaillié, viLLtH. Lxxxiii. Cbil chevauchierent tout désarmé comme chil qui ne doutoient que nus encombriersieur deust avenir, u. de VALENC. xiv. Li cors le comte de saint Pol fu desarmés et fu vuidiés et embaussemé et fu mis en un lonc coffre, Chrun. de Haint, 4 7«. Puis qu'il pert les armes esqueles il se présente, il demore, quant il est desarmés, en pure se [sa] quemise, beaum. Lxiy, 2. Si l'ot tost mort, car il estoit armez, et Hanguis desarmez, Merlin, (° 43, verso. || iiv* s. Sa vient à l'assaillir, par la vierge sauvée ! Point n'y faudra aler à teste desarmée, Guetcl. 49814-49836. Il XV* s. Et s'en alla chascun désarmer et coucher, comm. 1, 6. U s'en va au petit lit, et tout coiement de sa robe se desarme [dévêt], Louisxi, Nouv.ix. Lors sur la meschine se desarma de [lui remit] l'estamine et du bluteau,iD. tb. xvn. Elle lui manda que, du plutost qu'elle sauroit se desarmer de soo mari, qu'elle viendroit vers lui , id. ib. xxxix. |{ xvi* s. Si nous nous desarmons, le roi nous mesprisera, d'aub. Hisl. ii, 42a, Il la desarme [dépouille] maintenant de ses pierreries et riches joyaulx, carl. u, 44. Ces instantes prières luy désarmèrent ce martel de la fantaisie, et le firent plier à miséricorde, lo. va, 4. La confession généreuse et libre énerve le reproche et desarme l'injure, mont, iv, 4I4.

— Etym. Dés.... préfixe, et arme; provenç. et espagn. desarmar; ital. disarmare.

t DÉSARRANGER (dé-za-ran-jé. Le j prend un « devant a ou o ; nous désarrangeons, je désarrangeais), V. a. ôter des choses de leur arrangement. U ne les désarrange pas pour cela, desc. JUetéor. e. Les meubles furent aussi remis en place, non pas du tout si entiers que lorsqu'on les désarraiigea, scabb. iiom. com. 1, 3.

— Etym. Dés.... préfixe, et arranger; provenç. desarengar ; portiig. desarranjar.

t UÉSARRIMAGE (dé-za-ri-ma-j') , ». m. Terme de marine. Action de désarrimer.

f DÉSARRIMER ( dé-za-ri-uié ) , v. a. Terme da marine. Déranger les objets arrimés dans la cale d'un navire.

— ETYM. Dés.... préfixe, et arrimer.

DÉSARROI (dé-za-roi), s. m. || 1* Trouble qui survient dans les choses, confusion. Je trouvai les chemins et les postes en grand désarroi, ST-sm. 4 4, <63. L'abbé de la Proustiére, leur parent [de Chamillarl], mit leurs affaires en désarroi, in. ï36, 4 38. [j 2° Fig. Le désarroi des opinions, des doctrines.

— HIST. xit* s. Grant desroi mènent cil destrier sojornez [tenus longtemps au repos], Ronc. p. 45. Lors dist à ses barons : sa parole a desroi [est désordonnée], ib. p. 199. Dune dist li reis Henris: einsi le vus otrei. Or nus leissiez, funl-il: nus en prendrum conrei : Car tut li abatrun, voit u nun, ledesrei. Th. le mart. 42. || im* s. Et li cns lieve eu l'ost et s'en issirent à desroi, et chascierent les Commains, villeu. cxlii. En [elle était] sage, sans mal et sans desroy, Berte, cxvi. Hoult est Renarl da grant desroi , Qui si contre le roi s'afete , Ren. 4 8488. S'il efitoit aperte coze que mes cevaus m'emportast par dure gole, ou par desroi, je me porroie escuser du mefl'et, beaum. lxii, 6. || iiv* s. Dans cest estrange desarroy Nature, n'y pouvant que faire. Leur lais.se demesler l'aflaire. Trait, d'alch. 438. || xv* s. Ils ne pouvoieot plus supporter les desrois et les faits que le roi faisoit au pays par le conseil dudit messire Hue, froiss. i, i, 9. || xvi* s. Il les pria de tirer oultre à la plus grande diligence qu'ilz pourroient, afin qu'ilz poussent surprendre leurs ennemis

DÉS

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en desarroy, amtot, Timol. <«. Après lesquelz suyvoient les autres nations pesle mesle, et passoient en foule avec grand desarroy, \D.ib. 36. Qu'il venoit d'esire rencontré à une demie lieue de là par un sien ennemy.... qu'ayant esté surprins en desarroy et plus foible en nombre, il s'estoit jecté à ma porte à sauveté , mont, iv, 226.

— ÊTYM. Dés.... préSxe, etarroi (voy. ce mot). Dans l'ancien français, la forme ordinaire était desroi.

t DÉSARRONDIR (dé-za-ron-dir) , V. a. Détruire la rondeur d'un corps. || Se désarrondir, ». r^/l. Perdre sa lorrae arrondie.

— ÊTYM. Ces.... préfixe, et arrondir.

i DÉSARTICULATION ( dé-zar-ti-ku-la-sion) , ». f. Terme de chirurgie. Désunion des surfaces articulaires des os. || Amputation dans l'articulation.

— ÊTYM. Désarticuler.

■f DÉSARTICULER (dé-zar-ti-ku-lé), «. a. Désunir une articulation. || Terme de chirurgie. Séparer des surfacesarticulaires; faire une amputation dans l'articulation. M. Spallanzani m'ayant invité à désarticuler les membres des salamandres, je n'ai pas manqué de faire cette expérience, bonnet, 3' mém. Reprod. salamandres. \\ Se désarticuler,*, rp/l. Sortir de l'articulation. L'os de l'épaule s'est désai'liculé.

— ÊTYM. Des.... préfixe, ai article.

t DÉSASSAISONNEMENT (dé-za-sè-zo-ne-man) , ». m. Action de désassaisonner; état de ce qui est désassaisonné.

t DÉSASSAISONNER (dé-za-sè-zo-né), D. a. ôter l'assaisonnement.

— HIST. xvi* s. Il [un fruit] a esté desassaisonné et cueiUy avant le temps, pasquier. Lettres, t. m, p. 221 , dans LACtmNE.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assaisonner.

t DÉSASSEMBLAGE (dé-za-sau-bla-j'), s. m. Action de désassembler ou de se désassembler.

DÉSASSEMBLÉ, ÊE (dé-za-san-blé, blée), part, passé. Des pièces de menuiserie désassemblées.

t DÉSASSEMBLE.MENT (dé-za-san-ble-man), ». m. L'action de désassembler.

— HIST. xiv's. Ne demeura pas longuement Après le desassemblement Des dessus dites ataines [querelles], DU CANGE, assembleia. \\ xvi' s. 11 faut que tu démembres et desasscmbles ces vers de leur nombre, mesure et pieds.... si tu trouves, après tel desassemblement de la ruine du bastiment, de belles et exceUenles paroles.... rons. 688.

— ÊTYM. Désassembler.

DÉSASSEMBLER (dé-za-san-blé), v. a. \\ 1» Disjoindre des pièces de charpente, de menuiserie. Il Par extension. Et désassembler Du firmament le riche ouvrage, bégnier, Stances rei. \\ 2° Fi|,'. Mais l'invincible amour qui joint leurs cœurs ensemble Ne permettra jamais que rien les désassemble, iristan, Panthée, ii, <. ||3° Se désassembler, v. réfl. Être désassemble.

— HIST. xu* s. Entre merci et biauté Sont pour moi desassemblé [il y a séparation entre merci et beauté]. Quant en vous, dame, n'ai trouvé Merci.... Couci, IV. Il xiii* s. Car ambedui [tous deux], ce sai, morron [nous mourrons] Plus tost, espoir, que ne vorron; Mais ce n'iert pas, espoir, ensemble. Car mort tous compaignons dessemble, la Rose, 8(78. Il XVI* s Il me semble Que quant faux rapport desassemble Les amants qui sont assemblez, HAROT, p. 318, dans lacurne. Grandes cuves et autres gros ustensiles, qui ne se peuvent des-assembler ni transporter sans incommodité, sont tenus pour immeubles, loysel, 218. 11 prand le courrier et le meine au lieu de la conférence, qui ne s'esloient point desassemblez, carl. ix, 5I. Les pierres de plâtre, de talque et d'ardoise s'eslevent et se desassemblent par feuilleis, palissy, 3C0.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assembler.

t DÉSASSIÊGEMENT (dé-za-siè-je-man),s. m. Levée d'un siéfje; état d'une place que l'on cesse d'assiéger. Peu usité.

t DÉSASSIÉGER (dé-za-sié-jé.La syllabe sié garde l'accent aigu dans toute la conjugaison; ce qui n'est pas conforme à la prononciation, l'e se prononçant ouvert dans je désassiége. Le 9 prend un p devant a ou 0 ; nons désassiégeons, je désassiégeais) , v. a. Cesser d'assiiger. {| Absolument. Lever un siège.

—HIST. XV* s. Et les feroit armer, s'il pouvoit, pour aller desassiegerle chastel de Faouel [f.iire lever le siège], froiss. i, i, (84. || xvi* s. Se resjouir d'estre desassiegé de la pauvreté, langue, 6 17. (Erevan sur Yonne fut de ce nombre ; desassiegée pourtant pour aller.... d'aub. Hist. i, 229. Que les plus grandes louanges de César avoient esté méritées,

par ce que, sans desassieger, il donnoitdes batailles, ID. ib. Il, 448.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assiéger.

t DÉSASSIMILATECR, TRICE (dé za-ssi-mi-Iateur, tri-s'), adj. Terme de physiologie. Qui produit un effet contraire à l'assimilation. Faculté désasslmilatrice.

— ÊTYM. Désassimiler.

t DÉSASSIMILATION (dé-za-ssi-mi-Ia-sion) , s. f. Terme de physiologie. Travail par lequel une es- : pèce de composé, faisant partie de la substance de l'organisme, s'en sépare et cesse de participer aux ; actes qu'elle accomplit.

— ÊTYM. Désassimiler. ' f DÉSASSIMILER (dé-za-ssi-mi-lé), v. a. Terme

de physiologie. Séparer par désassimilation. |

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assimiler.

+ DÉSASSOCIATION (dé-za-sso-si-a-siûn),s. /".Action de désassocier. |

— SYN. LÉ8ASSOCIATI0N, DISSOCIATION. Ces deux ; mots donnent un exemple assez rare de ceux où tous les éléments des composés ont gardé leur signification exacte. Ladissociation est le contraire de l'union : la dissociation desélèmenls d'uncomposô; la désassociation est la fin, la cessation de l'association, c'est-à-dire d'une union formellement voulue et consentie. L'Académie n'admet ni l'un ni l'autre de ces deux mots; et c'est bien étonnant pour le secoiid qui est tout latin et que personne n'hésiterait à employer.

f DÉSASSOCIER (dé-za-sso-si-é) , v. a. Détruire une association. || Se désassocier, v. réfl. Cesser i d'être associé.

— HIST. XVI* s. Ménageons le temps; encore nous en reste il beaucoup d'oisif et mal employé; nostre esprit n'a volontiers pas assez d'autres heures à faire .ses besongnes, sans se desassocier du corps en ce peu d'espace qu'il luy faut pour sa nécessité,

MONT. t. III, p. «08, dans LACtlRNE.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, st. associer.

DÉSASSORTI, I£ (dé-za-sor-ti, lie) , part, passé

de désassortir. Qui n'est pas assorti. Des étoffes désassorties. Il Fig. C'est une chose toute désassortie que de porter dans cette diligence une langueur amoureuse, SÉV. 371.

t DÉS ASSORTIMENT ( dé-za-sor-ti-man 1 , s. m. Action de désassortir; état des choses mal assorties. Il État de marchands qui sont désassortis de ce qu'ils devraient avoir. Le désassortiment d'un marchand, d'une boutique.

DÉSASSORTIR (dé-za-sor-tir) , c. a. Séparer des choses qui étaient assorties. On a désassorti ces porcelaines. Sans altérer la bonté de leurs couleurs et sans les désassortir de leurs nuances, Inst. génér. pour la teinture, ts mars (674, art. 247. || Faire qu'un marchand n'ait plus un assortiment. Désassortir un marchand, une boutique. || Se désassortir , v.réfl. Être désassorti.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assortir.

•f DÉSASSOTER (dé-za-so-té ), ti. a. Empêcher d'être assoie, de perdre le bon sens.

— HIST. xiii* s. Bien le vous sot [sut] raison noter, Mes ne vous pot desasoter, la Rose, -10290.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assoté.

■f DÉSASSURER (dé za-su-ré), 1). o. || l" Dépersuader. S'il le croit fermement, il faut l'en désassiirer, RiciiKLET. Il 2° Ne pas laisser sous la garantie d'une compagnie d'assurances. Il a désassuré sa maison. Il 3° Se désassurer, v. réfl. Il s'est désassuré, c'està-dire il a fait cesser l'assurance sur sa vie, sur son navire, etc.

— HIST. XVI* s. Desasseurer, oudin.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et assurer; provenç. desassegurar ; espagn. desasegurar.

DÉSASTRE (dé-za-str'), s. m. Infortune très-grave. Mais de qui savez-vous ce désastre si grand? cORN. fiicom. V, 8. Les siens en ce désastre, à force de ramer, L'éloignent de la rive et regagnent la mer, ID. Pomp. II, 2. Les désastres d'Othon ainsi que moi vous frappent, id. Otiion, v, 5. D'où vient que les mêmes hommes qui ont un flegme tout prêt pour recevoir indilVéremment les plus grands désastres, s'échappent et ont une bile intarissable sur les plus petits inconvénients? la bruy. xi. L'escadre sur laquelle il est a souffert mille désastres, J. J. Houss. Hél. IV, 4. Je ne sais s'il en avait véritablement le projet; mais, quand il l'aurait eu, mes désastres m'auraient empêché d'en profiter, id. Confess. xii. Le maréchal de Contades montrait de sa main le plan de campagne et le désastre de Minden, mar- MONTEL, Mém. IX. La vieillesse, les maladies, les blessures, tous les désastres de l'humanité étaient rassemblés sous mes yeux, stael, Delph. part, v,

lett. î. Une vaste flamme s'élevait en tourbillonnant, couvrait Smolensk et la dévorait tout entière aveo un sinistre bruissement; un si grand désastre, qu'il crut son ouvrage, effraya le comte de Lobau, ségur, Ilist. de Nap. vi, 4. || Déconfiture d'un commerçant.

— SYN. DÉSASTRE, calamité, CATASTROPHE. L'éty-

mologie indique ici, comme cela arrive souvent, la nuance fondamentale : la calamité e-st, d'origine, un fléau qui ravage les moissons, de là un fiéau naturel. Le dé.sastre est l'influence d'un astre qui cesse d'être favorable, c'est un revers, un malheur innigé par la fortune. La catastrophe est un renversement sens dessus dessous. Une peste, une inondation est une calamité. L'incendie d'une ville, considéré en soi, est un désastre, non une calamité; mais il devient une calamité pour tous ceux qui y ont perdu toutesleurs ressources. Lacatastropheest un désastre qui produit dans un ordi-e de choses, dans l'existence d'un individu, etc.unbouleversementcompletouune finviolente: la catastrophe de Fouquet sous LouisXIV. Il est encore une différence que l'on peut indiquer, c'est que la catastrophe ne se prend pas en général comme les deux autres mots, mais demande às'appliquer à un objet : l'invasion des barbares fut une catastrophe pour l'empire romain; on ne peut pas dire qu'elle fut une catastrophe en général. On dirait plutôt dans ce sens qu'elle fut une calamité ou un désastre. Il faut ajouter que la catastrophe est toujours instantanée ou à peu près, et qu'enfin elle peut être heureuse ou malheureuse, quoiqu'elle s'entende presque toujours dans ce dernier sens.

— HIST. XVI* s. Lesdesastres militaires.... LANOUE, 328. Il lui survint un desastre inopiné, qui renversa son dessein, id. 665.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et astre dans le sens de bonne fortune; provenç. dcsosire; espagn. desastro; ital. disastro.

DÊSASTREUSEMENT (dé-za-streû-ze-man) , ad». D'une manière désastreuse. La fête a fini désastreusement.

— ÊTYM. Désastreuse, et le suffixe ment. DÉSASTREUX, EUSE(dé-za-streû, streû-z') , ad;.

Il t° Qui est de la nalure du désastre, ô nuit désastreuse! ô nuit effroyable! où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt. Madame est mortel boss. Duch. d'Orl. La mort désastreuse du roi Sébastien fit liientôt oublier une sorte de richesses dont l'État ni les citoyens n'avaientjusqu'alors tiré aucun avantage, RAYNAL, Hist. phil. IX, 23. Les désastreux orages Et des minorités et des sanglants partages, LEMEHC. Frédég. et Bruneh. i, 5.|| 2° Â qui il arrive un désastre, en parlant des personnes. Tout le monde fut satisfait, à la réserve du désastreux Ragotin, scARR. Rom. corn,. 11, -17.

— REM. Ce mot a été employé, en parlant des personnes, pour signifier: qui cause un désastre. Redemandant ses fils, un père malheureux Errait et gémissait près de ce champ funesie [un champ de bataille]; 11 aperçoit de Fine: 6 vieillard désastreux, Ô liberté fatale! ô jour que je déteste! Hélas! j'avais cinq fils, je n'en ai plus que deux, masson, Helvét. VII. Cet emploi n'est pas à recommander.

— HIST. XVI* s. Il print si à cœur cesie désastreuse nouvelle, qu'il en fust fort malade, carl. ix, 3).

— ÊTYM. Désastre.

.f DÊSATTELER (dé-za-tc-lé. La syllabe tel prend deux II, quand la syllabe qui suit est muette : jedésattelle, je désattellerai), v. a. Oter d'attelage. On dit plus souvent dételer.

— HIST. XV* s. Le suppliant prit à desateler les bœufs de la dite charrette, du cange, attelatus Il XVI* s. Il arriva que les chevaux, qu'ils n'avaient pas desatelez, au premier bruit emportèrent et brisèrent tout, d'aub. Ilist. m, 92.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et atteler.

\ DESATTESTER (dé-za-tè-sté) , v. a. Cesser d'attester; détruire son attestation.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et attester.

t DÊSATTISER (dé-za-ti-zé) , v. a. Cesser d'attiser.

— HIST. XVI* s. Alors, belle, tu me baisas. Et doucement desattisas Mon feu d'un gracieux visage, rons. (78.

— ÊTYM. Ws.... préfixe, et, attiser.

t DÉSArrRISTER(dé-za-tri-.sté), v. a. Faire cesser la tristesse. || Se désattrister, i'. réfl. Cesser d'être triste. Donnez-lui le loisir de se désattrister, mol. l'Étour. II, 4.

— ETY.M. Dés.... préfixe, et attrister.

t DÉSAUBAGE (dé-zô-ba-j'), ». m. Action de désauber.

— ÊTYM. Désauber a.

DÉS

t t DÊSAUBER (dé-z8-bé), v. a. ôter la robe blanche quu l'on mettait aux catéchumènes le jour de leur baptSme.

— ÊTYM. xin* s. [Rou aprfcs avoir reçu le baptême] X Buem s'en vint, n'i targa plus; X grant onourfureceUs; Al quint jour fu Roudesaubés, pu. MOUSKKS, Ms. p. 360, dans lacurne.

— ÉTYJl. Dés.... préfixe, et, aube, vêtement.

t S. DÊSAUBER (dé-zô-bé), V. a. Oter les aubes d'un bateau à vapeur qui peut aller à la voile cl dont les roues à aubes gênent la marche.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et aube de moulin.

t DÉSACGMENTEU (dé-zô-gman-té), 0. o. Cesser d'augmenter.

— iiisr. xvi* s. Voy, s'il te plaist, que le temps qui s'absente, Depuis sept ans en rien ne desaugmente Le plaisant mal que j'endure pour toy, Ronsard, 64.

— ETYM. Dés.... préfixe, et augmenter.

t DÉSACTORISEH (dé-zô-to-ri-zé), V. a. Cesser d'autoriser, détruire une autorisation.

— lllST. XVI* s. Les ministres du roy commençoient à s'adresser à ces gens-là pour desautoriser le dit duc, et faire leurs besognes sans luy, Sém. de Villeroy, t. i, p. <H3, dans lacubne. La reine mero d'autre costé, qui haïssoit et se voyoit halo du duo d'Alençon, et avoit par ses espions et mouchards découvert ce qui se projettoil pour la desautboriser et empescher le retour du roy da Pologne, suu.ï, Mém. t. I, p. 80, dans lacuane.

— ËTYM. Dés.... préûxo, et autoriser; provcnç. desautorgar.

t DÉSAVANCEMENT (dé-za-Tan-se-man), «. m. Action da désavaucer.

— HlST. XV* s. Le mareschal, tousjours tendant au bien de la clireatienté, comme celui qui desiroit la confusion et le desavancemeat des Sarrasins, £ouciq. Il, <3.

— ÊTYM. Désavancer.

t DÉSA'VANCER (dé-za-van-sé. Le e prend une cédille devant a ou o ; nous désavançons, je désa- Tançais), v. a. ôter l'avancement, faire reculer.

— HIST. xiir s. Il apert plus que la chose soit desavancée par l'otrage que non, it'ii. de just. <67. Li tensqui enviellist nos pères, Et vieillist rois etempereres, Et qui tous nous enviellira, Où mort nous desavancera.... la Rose, 386. S'il ne chiet [tombe] en désespérance Qui les pecheors desavance, ib.

C870. Il XV* s Cuerde noblesse Doit accomplir sa

convenance [promesse]; Qui ne le fait, il desavance Son honneur.... E. deschamps, Qu'il faut tenir sa parole. Volontiers se fussent peines de desadvancer la grande prospérité ù ils virent les Genevois entrés, Bouciq. II, 12. ||xvi* s. Je ne veux pour vous que maison soit deshonorée et les filles que j'ai eues de vous, desavancées, marg. Ifouv. xxxvi. Dessous Bourbon fut son heur couronné ; Dessous Bourbon s'en va desavancé, marot, i, 238.

— RTYM. Dés.... préfixe, et avancer.

DÉSAVANTAGE (dé-za-van-ta-j), s. m. || 1* Perte

d'avantage, préjudice. L'affaire a tourné à son désavantage. lU en eussent reçu moins de désavantage, TRISTAN, Panlhée, l, <. Si je l'entretins hier et lui fis bon visage, N'eu imaginez rien qu'à son désavantage, corn. Ilor. i, ». || Se présenter avec désavantage, se présenter d'une manière peu favorable. ]| Voir quelqu'un à son désavantage, le voir sous un jour défavorable. || 2* Infériorité dans quelque genre que ce soit, combat, lutte, jeu, dispute. Avoir du désavantage au jeu. J'apprends plus contre vous par mes désavantages [à la guerre].... corn. Sert, m, ï. |{ 3° Infériorité qui résulte de quelque circonstance. Le désavantage des armes, du poste, etc. Ils furent vaincus par le désavantage du lieu, d'x- BLANCOURT, Arrien, liv. i, dans ricuelet.

— HIST. XVI* s. i fin que tant de princes et excellens chefs ne reçussent ce desavantage, que de se Toir assiégez dans des villes, langue, «46. Un seigneur italien tenoit une fois ce propos en ma présence, au desavantage de sa nation.... »jONT.n,42(.

— ETYM. Dés.... préfixe, et avantage.

I DÉSAVANTAGER (dé-za-van-la-jô. Le g prend un e devant o ou o ; nous désavantageons, je désavantageais), V. o. ||1* Faire subir un désavantage, Ôter unavantage. || Désavantager des marchandises, leur âter la bonne apparence qui en facilite la vente. Il 3* Diminuer, en faveur d'un héritier, la part des autres. Il a désavantagé un de ses neveux. Un héritier désavantagé.

— HIST. XVI* s. Ville fortifiée à la moderne, sur le bord du Gave, et dans des sables qui la desavantagent, d'aub. Hist. I, 386. Car, comme a esté dict, les plus Avantagés aux sens sont souvent les plus

DÉS

desavantagés en science, charroi*, Sagette, i, U.

— ETYM. Dés.... préfixe, et avantager.

DÊSAVANTAGEUSEMENT ( dé-za-van-U-jeû-ze-

man),adv. D'une manière désavantageuse. Kt comme je ferme la bouche à ceux qui veulent parler désavantageusement de nos an°aires, balz. X Riclitlieu. Oui l'ouït jamais parlerdésavantageusemenl de personne? PLÉCH. Dauph.

— ÉTYM. Désavantageuse, et le suffixe ment. DÉSAVANTAGEUX, EUSE (dé-za-van-ta-jeû, jeû-

z'), ad). Il 1* Qui a le caractère du désavantage. On pense de vous cent choses désavantageuses, Àead. Observ. sur Vaugel. p. 99, dans pougens. || 8* Oui cause du désavantage. Une clause désavantageuse. Il 3* Oui fait paraître quelqu'un à son désavantage. Assurément [Grillus] vous n'avez point la taille belle : un gros corps courbé vers la terre, de petits yeux, un groin horrible, une physionomie très-désavantageuse, FâN. t. XIX, p. 440. Il 4* Oui offre du désavantage. Ce poste est désavantageux.

— HIST. XVI* s Contraindre les Turs, ou à uo

combat desavantageux, ou au levement du siège, d'aub. Hist. I, 24*.

— ÊTYH. Désavantage.

t DÉSA VENANT, ANTE (dé-za-ve-nan, nan-t'), adj. Oui n'est pas avenant.

— UiST. xiu* s. Mariago desavenaot, beaou. xii,

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et avenant; provenç. desavinent; espagn. desaveniente ; ital. disavvenente.

DÉSAVEU (dé-za-veu),ï.m.|| l-Termededroitféodal. Refusde prêter foi et hommage, lo contraire de l'aveu. Il a* Terme do droit. Acte par lequel on déclare n'avoir point autorisé quelqu'un à faire ce qu'il a fait ou dit. Désaveu d'un mandataire, d'un avoué. Il Désaveu d'un enfant, désaveu de paternité, l'acte par lequel un mari refuse de reconnaître un enfant dont sa femme est accouchée. Former une action en désaveu. || Par extension, déclaration par laquelle on atteste qu'on n'est pas l'auteur d'un livre, ou de toute autre chose qui nous est attribuée. Je vous exhorte là-dessus au désaveu lo plus authentique, d'alemb. Lettre à Yo]t. i3 déc. <7i>B. Il 3* Rétractation do ce qu'on avait nvincé. Il fit un désaveu public da sa doctrine. {î 4° Refus da reconnaître qu'une chose soit. Une sincère humilité, Une parfaite charité, Un ferme désaveu de toute propre estime, corn. Imit. m, 7. Ma fille, il ne faut point rougir d'un si beau feu, Ni chercher les moyens d'en faire un désaveu, ID. Cid, v, 7. L'éclatant désaveu d'une telle action, ID. Ilor. lu, 6. Et par le désaveu de cette obéi.ssance Ce 1it,'re assouvirait sa rage et leur vengeance, lO. Attila, v, 2. Quoi que vous soupçonniez, il m'importe si peu. Que j'aurais du regret d'en faire un désaveu, MOL. Don Gare, m, 3. Des sentiments d'un cœur si fier, si dédaigneux. Peux-tu ma demander le désaveu honteux? rac. Phèd. i, i. || Par extensic»), co qui contredit. Sa vie entière est un désaveu des principes qu'on lui suppose, Diet. de l'Académie.

— HIST. xiu*s. En tex [tels] desaveus qui sunt fet à tort contre les segneurs, a moult de perii [périls] de perdra vilainement, beaum. xlv, 1. 1{ xvi* s. Qui outre passa sa charge [mandat, procuration] chet en desaveu, loysel, 372.

— ETYM. Dés.... préfixe, et aveu.

DÉSAVEUGLÉ, ÊE (dé-za-veu-glé, glée), port.

passé. Désaveuglé par de sages conseils.

•[DÊSAVEUGLEMENT(dé-za-veu-gle-man),i. m.

État d'une personne désaveuglée, désabusée.

— ETYM. Désaveugler.

DÉSAVEUGLER (dé-za-veu-glé), t). o. Tirer quelqu'un de son aveuglement, de son erreur. || Se désaveugler, V. réfl. Cesser d'être aveuglé.

— REM. Ce mot est, dit-on, da à Port-Royal. Bouhours (Nouv. remarques), qui le signale comme nouveau, dit qu'il est assez mal reçu et qu'on lui préfère désentèter. Au contraire Vaugelas dit que c'est un fort bon mot.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et aveugler.

t DÉSAVOUABLE (dé-za-vou-a-bl'), adj. Que l'on peut, que l'on doit désavouer,

— ETYM. Désavouer.

DÉSAVOUÉ, ÉE (dé-za-vou-é, ée), part, passé. Il 1* Qui n'est pas avoué, approuvé, en parlant des personnes. Vous n'en serez pas désavoué par Aristote.coBR. Ex. de Sertor. Ordonnez de moi, vous ne serez désavoué sur rien, J. J. rouss. Uil. m, 34. Il 2° Qui n'est pas ratifié, en parlant des choses. Ce langage fut désavoué. || Par extension, qui est en contradiction avec. Un zèle désavoué par uns conduite reprochable est un jeu de théAtre qui n'a de

DÉS

sérieux que l'abus du ministère, luss. Confér. Zèk c. l. seand.

DÉSAVOUER (dé-ia-Tou-é), V. a. || 1* Refuser d'avouer une personne en ce qu'elle a (lit ou fait. Le désavouerez-vous? et du don qu'il méfait Voudrezvous retarder le bienheureux effet? corn. Cinna, m, 4. La reine qui m'entend peut me désavouer, aAC. Bérén. V, 7. J'atUquai les Romains; et ma mère éperdue [qui avait trahi son mari Mitbridate] Me vit, en reprenant cette place rendue, X mille coups mortels contre eux me dévouer. Et chercher en mourant à la désavouer, id. Milhr. l, t. || Dans le même sens, désavouer quelqu'un dequelquechose. Rends-moi mon fils, ingrat. — Il m'en désavouerait, CORN. Hér. iv, 6. Et vous avez eu peur de le désavouer Du trait qu'à ce pauvre homme il a voulu jouer, MOL. Tart. IV, 3. C'est un homme ué pour les allées et venues, pour aller plus loin que sa commission, etenêlre désavoué, LA brut.ii. || Absolument. Quelques-uns pensent qu'aucun homme dans tout l'empire, hors l'empereur, n'aurait osé se charger d'une si terrible responsabilité [l'incendie de Moscou) ; depuis, sa conduite désavoua sans désapprouver, SÉ- GUR, Uitt.de Nap.vm, 2. || Terme de jurisprudence. Déclarer qu'on n'a pas autorisé quelqu'un en ce qu'il a fait. Désavouer un mandataire, un agent, un ambassadeur. Il a* Ne pas avouer, ne pas ratifier, ea parlant des choses. On doit désavouer de pareils moyens. Nous dé-savouons tous le meurtre de Zopire, VOLT. Fanât. V, *. Le roi va désavouer la lettre de son confesseur, maintenon. Lettre au card. deKoailles, <« mars 4 697. || Dù.savouer un dépôt, nier qu'on l'ait reçu. Je la [une chose baillée ea garde] pourrais rendre quelquefois de telle façon, et devant tant de personnes, queje ferais mieux de le désavouer tout à fait. malh. le Traité des bienf. de Sénèq^te, iv, 9. || 8* Être en contradiction avec. De la religion c'est ainsi qu'ils se jouent; Us ont un air pieux répandu sur le front Que leurs actions désavouent, DESBOULIÈRES, Ép. ctuigrine. || 4* Prétendre qu'on n'a pas dit ou fait quelque chose. Vous l'avez dit, vous ne sauriez le désavouer. Désavouer hardiment les choses les plus évidentes. Ces femmes ne songèrent qu'à désavouer leur faute, pén. Tél. X. Pourquoi [fl Homère) viens-tu me désavouer [à moi Achille] que lu me dois la gloire de ton plus beau poème? id. t. xix, p. 4 88. || Ne pas désavouer, ne pas nier, convenir. Je ne désavoue pas que j'en aie été fâché. ||6' Ne pas reconnaître comme sien. Désavouer quelqu'un pour son parent. Il désavoua effrontément son seing. Ma valeur n'a point lieu de te désavouer, corn. Cid, m, s. Je le désavouerais pour frère ou pour époux, id. Hor. ii, 6. Cette noble fierté désavoue un tel père, ID. D. Sanch. v, 6. Ainsi donc vous descendez en vain des aïeux dont vous êtes né, ils vous désavouent pour leur sang, MOL. Festin, iv, 6. Le désavouerez-vous pour n'avoir pas de seing? — Pourquoi désavouer un billet de ma main? id. Mis. iv, 3. Ou révoquez ou désavouez une lettre qui déshonore.... Boss. Lett. 184. Oui moi? moi de Phébus te dicter les leçons? Moi dans l'ombre ignoré, moi que ses nourrissons Pour émule aujourd'hui désavoueraient peut-être, A. chS- NIER, Ëlég. 4 8. Il Plus particulièrement. Désavouer quelqu'un, dire qu'on ne l'a pas pour ami, ou, si c'est

une femme qui parle, pour amant Xipharès n'a

point trahi son père ; Vous vous pressez en vain de le désavouer, bac. Milhr. u, 4- 1| 6* Renier, condamner. Lui-même désavoua les doctrines qu'il avait soutenues. Des principes que la morale désavoue, Dict. de VAcadémie. Qu'il s'en prenne à ses vers que Phébus désavoue, boil. Sat. ix. Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur; Va, je la désavoue, et tu me fait horreur. BAC i4ndr. v, 3. Son coeur désavoue ces expressions divines, mass. Car. Mort. || 7* Se désavouer, r. ré/l. Être dé.savoué. De pareilles paroles ne se désavouent pas aisément

— HIST. XIII* 8. Et Artus li dist : ge vos pri que vos ne me desavoez pas de fil [pour fils] ; car ge ne sauroie où aler, Merlin, f* 74, recto. Cil ne garde pas bien se [sa] foi vers son segneur, qui desavoue ce qu'il doit tenir de li, beaum. xlv, 4. Li sires ne pot pas desavouer le fet de son serjant. ID. xxix, ». De tix [tels] cas pot li sires desavouer le fet do son sergant, s'il n'est atains de ce qu'il li feist fere. m. u, 81. Il XV* s. Et que eulx se trouveroient desadvouez, COMU. V, 4». Il XVI* s. Desadvouant [niant] mesme avoir sceu que.... mont, i, 39. C'est aux despens de nostre honneur que nous desadvouons nostre pensée, ID. rv, (89. La peincture mesme qu'en faict l'académie ne me desadvouera pas, comme je pense, de dire ainsi de sa part.... id. i, 140. Le vassal est tenu avouer ou désavouer son seigneur.

DES

sinon qu'il y eust contention de tenure entre deux seigneurs, LOYSEL, 645. Le vassal mal desavouant [qui refuse à tort de reconnaître son seigneur] , perd son fief, ID. 647.

t DÉSAZOTATION (dé-za-zo-ta-sion), s. f. Action de désazoter. Il est probable que la résistance à^la désazotation varie avec les différentes qualités d'acier, FBEMT, Comptes rendus, Àcad. des se. t. iii, p. 627.

+ DÉSAZOTER (dé-za-zo-té),i>. a. Terme de chimie. Faire perdre l'azote. La partie de la lame qui n'a pas été désazotée a conservé tous les caractères de l'acier, frebiy, Comptes rendus, Acad. des se. t. ui, p. 62«.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et atoter.

DESCELLÉ, ÊE (dè-sè-lé, lée) , port. pass^. Dont

on a ôté le sceau. Lettres descellées. |1 Qui a été ôté de sa place ou scellement. Une pierre descellée. La poutre du toit descellée Ploie.... v. hugo, Orient.

t DESCELLEMENT (dè-sè-le-man), s. m. Action de desceller.

DESCELLER (dè-sè-lé), V. a. || 1» ôter le sceau d'un acte, d'un titre. || S" Arracher ce qui était scellé. Il faut desceller ces gonds. || S" Dégrossir une glace .jusqu'à ce que la règle porte exactement sur toute la surface. || Se desceller, v. réfl. Être descellé. Une pierre qui se descelle.

— HiST.xiii' s. Et s'il est fet autrement, que partie voie venir en cort les escris desseelés, il pot debatre que li jugemens ne soit pas fes sus, b&.:.'jh. XL, 8).

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et sceller.

DESCENDANCE (dè-san-dan-s'), s. f. Filiation.

Ehl qu'a de commun la vocation toute gratuite Ju ciel avec le cours inévitable d'une descendance charnelle? MA?s. Car. Vocal. Oui a conservé à la postérité la descendance de tant de noms illustres que nous respectons aujourd'hui? id. ib. Aumône. Les Césars ont pris leur descendance d'Iule, le p. ca- TROU . dans desfontaines. ||Le3 descendants d'un individu. La descendance de Hugues Capet.

— HIST. xm* s. Se mes pères et me [ma] mère me marient de lor muables communs, et, après, mes pères muert, je voil partir à la descendance de li, je ne suis tenus à raporter que la moitié.... BEAUM. vn, <9.

— ÊTYM. Descendant.

1. DESCENDANT, ANTE (dè-san-dan, dan-t'), adj. Il 1° Oui descend, qui va en bas. Serait-ce abuser de la permission de conjecturer que de supposer qu'il y a aussi un suc descendant ou dont la direction est en sens opposé? bonnet, Cnnsid. cnrps org. oeuvres, t. vi, p. &) , dans pougens. || 2° La marée descendante et, absolument, le descendant, se dit, par opposition à marée montante, de la mer qui baisse et s'éloigne de son rivage. || 8° Il .se dit en parlant des bateaux qui descendent habituellement une rivière. Il profita d'un bateau descendant. Les bateaux descendants et les bateaux montants. Il Terme de chemins de fer. Trains descendants, trains qui gagnent le bas, les côtes de la mer, par opposition à trains montants, ceux qui gagnent le haut, l'intérieur des terres. || 4° Terme de guerre. La garde descendante, celle qui cède le service d'un poste à la garde qui le reprend, et que, par opposition, on désigne sous le nom de garde montante. Il 6" Terme de généalogie. Ligne descendante, ceux qui sont issus d'une même personne, par opposition à ligne ascendante. || 6° Terme de musique. Gamme descendante, la suite des tons de la gamme du haut en bas. || 7° Terme d'arithmétique. Progression descendante, progression dont les termes vont en décroissant. Il 8° Terme d'astronomie. Signes descendants, ceux par lesquels passe le soleil du solstice d'été au solstice d'hiver. || Nœud descendant, point où une planète traverse l'écliptique en allant du nord au midi. |1 9° Se dit, en botanique, des parties des végétaux qui se dirigent vers le sol, et, en anatomie, des parties qui se dirigent vers la partie inférieure du corps. Aorte descendante.

2. DESCENDANT, ANTE (dè-san-dan, dan-t'), ï. m. et f. Il 1° Celui, celle qui tire son origine d'une personne, qui descend d'une race. Une descendante de ces Grecs.... Il apparaît de temps en temps sur la terre des hommes rares; ils n'ont ni aïeuls ni descendants; ils composent seuls toute leur race, la BRUY. II. La dispersion des descendants de Noédans les différentes contrées de la terre où ils s'établirent, BOLi.iN, Hist. anc. Préface. Et quel autre jamais qu'un descendant d'Alcide.... volt. Kérope, y, 7. Vous serez bien étonné en voyant les descendants de nos vainqueurs, id Princ. de Babyl. 8. Un

DES

prêtre de ce pays déclara de la part do Dieu le descendant de tant de rois incapable d'hériter, id. Louis XV, 39. Il 2° S. m. pi. Les descendants, la postérité, sans idée de descendance de famille. Nos descendants jouiront des travaux de leurs ancêtres.

— HlST. XIII* s. Tuit li enfant giuqu'au tiers nevoz sontapeléz fiz, et li autre sont apelé deçadant, Liv.de just. 226. || xvi* s. Quand vous seriez le cinquantiesme descendant de Hercules, mont, i, <40.

— ÊTYM. Descendant i.

t DESCENDERIE (dè-san-de-rie),ï. f. Galerie pratiquée, dans les mines, suivant la pente de la couche à exploiter.

— ÊTYM. Descendre.

DESCENDRE (dè-san-dr'), je descends, tu desdends, il descend, nous descendons, vous descendez, ils descendent ; je ilescendais; je descendis; je descendrai; je descendrais; descends, descendons; que .je descende, que nous descendions; que je descendisse; descendant; descendu, «. n. || 1* Aller du haut en bas. Descendre de sa chambre, d'un arbre. Descendre de cheval, de voiture. Descends tel qu'autrefois la mer te vit descendre.... rac. Esther, i, B. Tu n'aurais pas k la légère Descendu dans ce puits, LA FONT. Fab. m, B. || Venir d'un lieu élevé. Il descendait du palais. Et quelle ardeur soudaine Vous a fait tout à coup descendre dans la plaine? rac. Théb. I, 8. Il Suivre le courant d'une rivière. Enfin Alexandre, après avoir employé neuf mois entiers à descendre parles rivières, arriva à l'Océan, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 543, dans pougens. Il Fig. La corruption ne tarda pas à descendre des hautes classes parmi le peuple. Et des dieux quelquefois la longue patience Fait sur nous à pas lents descendre la vengeance, volt. Mérope, i, 4. Dieu tout-puissant, éclate en ta bonté. Fais descendre ta grâce en ce séjour profane, id. Zaïre, v, 2. Cette activité descend de l'atome à l'élément, de l'élément au composé, et varie selon toutes les compositions possibles, didebot, Opin. des anc. philos. Épicuréisme. En descendant de perceptions claires en perceptions claires, car c'est la manière de philosopher de l'auteur et la bonne, id. Lettre sur les aveugles. Non non, dans son cœur seul mon secret doit descendre, DELAV. Paria, m, 2. || Descendre du trône, se démettre de l'autorité royale; être détrôné. Tyran, descends du trône et fais place à ton maître, COBN. Héracl. I, 2. Je ne suis plus surprise que la reine Christine soit descendue du trône pour vivre avec plus de liberté, maintenon, I.etlre â Urne de St-Géran, 24 août 4690. || Il se dit, dans le même sens, de tout haut emploi. Il aima mieux descendre du ministère que de s'y dégrader, mahmontel , Mém. XII. Il Absolument, dans le même sens. Et monté sur le faite, il aspire à descendre, corn. Cinna, ii, t. Il Descendre au tombeau, dans la tombe, au cercueil, mourir. Sire, ainsi ces cheveux blanchis sous le harnois.... Descendaient au tombeau tout chargés d'infamie, CORN. Ctd, n, 9. Mais quand tu le verrais descendre chez Pluton, id. Tomp. ii, 2. Mourez donc, et gardez un silence inhumain; Mais, pour fermer vos yeux, cherchez une autre main; Quoiqu'il vous reste à peino une faible lumière. Mon ftme chez les morts descendra la première, rac. Phèdre, l, 3. Triste destin; il descend au tombeau, Plus faible, plus enfant qu'il ne l'est au berceau, l. RAC. Relig. ch. u. Un plus noble chemin pour descendre au tombeau, volt. Orphel.iv, 6. Là le Tasse, brûlé d'une flamme fatale. Expiant dans les fers sa gloire et son amour . Quand il va recueillir la palme triomphale Descend au noir séjour, lamart. Méd. 1, <4. Il Descendre en soi-même, dans sa conscience, s'interroger, s'examiner. Apprends & te connaître et descends en toi-même, corn. Cinna, y,*.\\ 2°Term8 de marine. Descendre à terre, débarquer pour un moment. || 8" Faire irruption, en parlant d'une invasion qui se fait par mer ou par des ennemis venant d'un pays plus élevé. Les Goths, les Lombards descendirent en Italie. Ce grand homme [Colomb] avait découvert la terre ferme de l'Amérique, mais sans y descendre, haynal, Hist. phil. vu, 2. Peutêtre dans nos ports le verrons-nous descendre, bac. Androm. i, î. ||4° Mettre pied à terre, soit de cheval, soit de voiture, soit même hors d'un bateau. La reine alla hier faire collation à Trianon, elle descendit à l'église, puis à Clagny, où elle prit Mme de Montespan dans son carrosse et la mena à Trianon avec elle.... sév. Lett. 4 2 juin i676. Je vous conjure, ma chère enfant, si vous vous embarquez [sur le Rhône], de descendre au pont du Saint-Esprit, m. 18. Il Loger en voyage. Il descend toujours au même endroit. Descendre chez on ami. Venez

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donc descendre chez nous, scahhon, Virg. trav. viu. Il S" Terme de procédure. La justice a descendu chat lui , les officiers de la justice se sont transportés chez lui et ont fait visite dans sa maison, l'ont interrogé, etc. Il 6" S'abaisser, aller plus bas, en parlant des choses. La marée descend. Le ballon descendit rapidement Le thermomètre a descendu de quatre degrés depuis hier. Dans nos ports la marée emploie un peu plus de tempsà descendre qu'à monter; et, à Brest, la différence de ces deux temps est d'environ dix minutes et demie, laplace, Exposit. IV, <l. ||7° Pendre. Les cheveux lui descendent jusqu'à la ceinture. Sur son dos descendait la peau d'un léopard, lamotte, dans desfontaines. || S'Aller en pente. Ce sentier descend vers le village. La route descend beaucoup en cet endroit. || 9° Condescendre, se baisser jusi|u'à. De ses importantes occupations elle descend humainement dans le plaisirde nos spectacles, mol. Critique, Dédicace. Comment elle et son mari pouvaient descendre à leurs domestiques sans que ceux-ci fussent tentés de s'égaler à eux à leur tour,i. j.^ovss.llél.iv, to. || Descendre dans le détail d'une affaire, s'y appliquer avec une minutieuse attention. Sa facile bonté sur son front répandue Jusqu'aux moindres détails est d'abord descendue, RAC. Drit. v,3. 11 descendait dans le détail des différends de ses sujets, mass. Pet. car. Écueils. Il Descendre dans le détail, signifie aussi rapporter les détails, les circonstances particulières. || 10° S'abaisser, se ravaler. Quoi! je pourrais descendre à ce lâche artifice, corn. Rodog. m, 3. A-t-elle pu descendre à la moindre prière? id. Uédée, u, 3. C'est à toi d'élever tes sentiments aux miens, Non à moi de descendre à la honte des tiens, ID. Jïor. rv, 7. C'est avoir fait beaucoup que d'avoir jusque-là Fait descendre l'orgueil des héros de Sylla, ID. Sertor. i, 2. Un grand roi descend-il jusqu'à cet artifice? rac Mithr. iv, t. Je veux bien avec toi descendre à me commettre, volt. Tancr. m, 6. La honte où je descends de me justifier, id. Zaïre, iv, 8. Jamais les grands rois n'ont descendu à ces bassesses [les confiscations], iv. Mœurs, ni. Dans la suite il ne dépendit pas de cette fière Agrippine, mieux conseillée, de descendre à des complaisances, DiDER. Essai s. Claude. || 11* Déchoir. L'horreur de voir une autre au rang qui vous est dû Et le juste chagrin d'avoir trop descendu, corn. Othon, ui, 5. Il 12° Terme de musique. Passer de l'aigu au grave. Descendre d'un ton, d'une quinte. La voix ne peut descendre plus bas. || 13° Terme de marine. Le vent descend, lorsqu'il change dans la direction du nord vers le sud. || 14° Être issu. En ce sens il se construit toujours avec l'auxiliaire être. Ils croient être descendus d'Hercule, vaugel. Q. C. liv. iv, dans richelet. Je ne vois pas comment on pourrait douter du manichéisme des Albigeois, ni qu'ils ne soient descendus des manichéens de la Bulgarie, Boss. Var. x, § bg. Le sang de ces héros dont tu me fais descendre, bac. Iphig. v, 6. Il descend comme moi Du sang infortuné de notre premier roi, ID. Esth. III, 4. Fussiez-vous descendu du lugubre Heraclite De père en fils, parbleu, vous rirez de ce trait, REGNABD, Distrait, i, e. Le corps, né de la poudre, à la poudre est rendu; L'esprit retourne au ciel dont il est descendu, lodis rac. la Relig. ch. ii. Il [Maimonides] se vantait d'être descendu de la maison de David, comme font la plupart des Juifs d'Espagne, dides. Opin. des anc. phil. (Juifs), Il 15° Y. a. Mettre plus bas. Il faut descendre un peu ce tableau. |{ Descendre un bateau, un navire, le faire aller en aval. || Populairement, faire tomber, abattre, tuer. Tu vois là haut cet écureuil, tâche de le descend re. Il le descendit d'uncoupde fusil . 1 1 16° Descendre un escalier, une montagne, aller du haut de cet escalier, de cette montagne vers le bas. Les degrés que nous avons descendus si vite. Ménalque descend l'escalier du Louvre, la bhuï. xi. Les ministres sacrés Du temple en un moment descendent les degrés, c. delav. Paria, iv, 2. Repose-toi, mon âme.... L'amitié te trahit, la pitié t'abandonne. Et, seule, tu descends le sentier des tombeaux, lamart. Médit. I, 6. Il 17° Descendre un fleuve, une rivière, se rapprocher de l'embouchure, du confluent. Les bateaux qui descendent la rivière. Rosette reçoit, k une lieue de l'embouchure occidentale du Nil, les denrées qui descendent le fleuve sur les bateaux, raynal, Hist. phil. xi, 3. || 18° Terme de guerre. Descendre la tranchée, descendre la garde, se retirer après l'avoir montée pour faire place à ceux qui doivent succéder. Voilà des lettres de votre enfant; il vient de descendre la tranchée; Monseigneur y est tous les jours, sÉv. Lett, Jour de la Toussaint 1688. Il Fig. et populairement. Descendre la garde,

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tomuer, laire une chute, et aussi mourir. || 19* Mettn> déposer à terre. On a descendu plusieurs pas- B^ijers dans cette lie. Mon fiacre fut obligé de me descendre à quelques pas de chez elle, Marivaux, Paysan parv. t. m, b* part. p. 77, dans pougens. Il 20° Terme de musique. Descendre un instrument de quelques tons, en rel.'iclier les conles. || Descendre la gamme, la parcourir en allant de l'aigu au grave.

— nEH. 1. Descendre, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il marque une action : il a descendu à terre, aussitôt que le vaisseau fut abordé; avec l'aujiliaire être, quand il marque un état: les passagers sont descendus à terre depuis longtemps. C'est pour cela que descendre, au sens d'êire is.^u, se conjugue toujours avec l'auxiliaire être. || 2. Sl-Simon a Hit descendre un cheval, pour descendre J'un cheval; cela n'est pas & imiter : Je fis trois charges sur un excellent courtaud bai brun que je n'avais pas descendu depuis quatre heures du matin, 42, 139. Il 8. Descendre un escalier, c'est, logiquement, descendre le long d'un escalier; descendre la garde, la tranchée, c'est descendrn de la garde, de la tranchée. Mais l'usage a prévalu de traiter en ceci descendre comme un verbe véritaiilement actif.

— HiST. XI* s. lit li message [les messagers] descendirent à pied, Ch. de Uol. viii. Devers la teste «ur le cuer [la mort] lui descent, ib. clxxi. Li gentilz reisdescendut esta pied, ib. clxxvii. \\ xif s. Li cons [le comte | Rolant descent du pui aval, Ronc. p. 49. Li arcivesque descend enmi le pré, ib. p. 5B. Sains Gabriel est à lui descendu, ib. p. <4B. Que ma dame fasse pitié descendre, Couci, v. Li messages iriés descendi au perron, Sax. xiv. Li cuens Guillaumes au corage aduré Descent sa nicce del palefiroi loé, Bat. d'Alesthans, v. 7937. Lors descendirent maint querant jugement e droiture el désert, Machabées, i, 2. ||xjii« s. lit menèrent avec eus le fil l'empereour de Constantinolde et tous les vesques et les abbés de l'ost, el descendirent de lor chevaus, viLLEH. ux. Au perron de la salle la royne descent, Berte, ix. Il sont tout descendu à terre sur l'erbier, ib. XIX. Si que l'eve du cuer sur la face en descent, ib. XLVii. Li rois vint et si conpaingnon, Devant la sole descendié, Kt cil li est cheU au pied, Ben. (8773. Savoir convient, d'où descent le non de droit, Liv. de jiut. i. Se j'ai père et se j'ai enfans et je muir, mes héritages descent à mes enfans et non à mon père, beaum. xiv, 22.Tex [telles] demandes sont mellées; car eles sont personix [personnelles], porce que eles touquent le fet de le [la] persone, et si sont reeles, porce que le [la] fins de le [la] demande deschent sor l'eritage, ID. vi, 32. Le roy descendi à terre le jour de la Pentecouste, jomv. 213. Un cordelier vint à li au chastel de Yeres [Hières] , là où nous descendîmes de mer, m. 199. Il se descendis! de la nef, id. 283. Il estoit descendu d'une des seurs le roi Phelippe, que l'empereur meisraes ot à femme, ID. 265. De toi descendent toutes bontez, l'sautier, t' 149. Jou .lehans.... fas savoir que par loial discrétion je sui descendus et consentis à la proiere de religieus houmes l'abbé et le convent.... Charte d'octobre 1 299 , Liasse de l'abbaye de l'oigny. || xv's. Si se descendirent et se firent leurs logis sur ces beaux prés sur la rivière de Dordogne, proiss. 11, II, 3. Ils [les cardinaux qui voulaient amener la paix entre les deux partis] les trouvèrent si durs et si mal descendans à accord, qu'ils ne les pouvoient approcher de nulle paix , lo. i , 1 , 211. Et si tost que aux bostels, sur le chemin que nous fesismes ensemble, descendu estois.... id. 11, m, 12. La guerre entre deux grands princes est bien aisée à commencer, mais très mauvaise à appaiser pour les choses qui y adviennent et qui en descendent, comm. ii, 6. Au descendre de la montagne on veit le plein pays de la Lombardie, id. vin, 6. 11 se leva toutefois, et l'autre se descendit, louis xi, Nouv. xxxiv. || xvi* s. Que les plus parfaits descendent en leur conscience, et amènent leurs œuvres à conte, calv. Imtit. 6O0. Toute la nuict je passay sans dormir Sur ce grand arbre... et au matin..., Hedescendy, triste, morne et pallie, harot, u, 7. Lors montent [les marins] au ciel haut; Puis aux gouffres descendent, id. iv, 318. Ildescendoit originellement des dieux, uont.ii, a73. Cela fut cause de faire descendre les autres Grecs à son opinion, et se préparer à combatre par mer, amyot, Thémitt. 21. SI descendit habdement ses gens en terre de nuict, et alla mettre le feu dedans leur camp, id. Philop. 24. U traversa la mer sans fortune, et alla descendre en K|iire, id. Fiamin. 4. Et ne fault pas oublier de descendre toujours en soy mesme, et dire à part soy : ne suis-je point tel? ID. Comment il faut ou'ir, 8.

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— ÉTYM. Provenç. deittendre, distendre; catal. descendir; espagn. descender; ilal. detcendere; du latin detcendere, du préfixe det. eltcendere, pour scandere, marcher (voy. scanueb).

DK.SCKNI)U, UE (dè-san-du, due), porl. passé de descendre. || 1° Qui est allé d'un lieu plus élevé à un lieu plus bas. Descendu dans la mine. Descendu à terre. || Fig. Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas, malh. vi, 18. ô toi qui vois la honte où je suis descendue, bac. Phèdre, m, ». Dans un goufl're profond Sion est descendue, m. Alhal. m, 8. Je vois la vérité dans ton cœur descendue, volt. Zaïre, 11, 3. Dans l'abîme effroyable où je suis descendue, m. Tancr. Ti, 8. Ne crois pas qu'à ce point de mon rang descendue, id. Sémiram. m, 1. Vingt siècles descendus dans l'éternello nuit Tout dit comme tout change.... m. Ép. cii. Sommes-nous descendus à ce point de détresse.... c. Dr.AV. Vip. ticil. m, 2. Il 2° Issu. J'aime en elle le sang dont elle est descendue, BAC. Baj. I, 1. Et le jeune Agrippa, de son sang descendu , Se vit exclu d'un rang vainement prétendu, id. Brit. m. 3. Misérablel et je vis, et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont je suis descendue, m.PhÈd. IV, 6. Toi qui, de Benjamin comme moi descendue. Fus de mes premiers ans la compagne assidue, ID. Es/h. i, 4. Sans respect des aïeux dont elle est descendue, boil. Sat. v. Tibérius et Caïus Gracchus, descendus par leur mère du fameux Scipion, soutinrent par un rare mérite l'éclat de leur naissance, rolmn. Traité des Et. »• part. ch. 2. Ce héros malheureux de Bouillon descendu.... volt. Zaïre, n, 1. || 8° Qu'on a mis plus ba,ç. Ce tableau descendu afin qu'il fût mieux en vue. Un canapé descendu par la fenêtre. || Jeté à terre, blessé ou tué. L'écureuil descendu d'un coup de fusil. X chaque coup il y en avait un de descendu. || En ce sens il est familier. || 4* Parcouru d'amont en aval. W fleuve descendu parla flottille. Un escalier descendu lentement. La côte descendue au grand galop.

t DESCEN'SION (dè-san-sion), s. f. \\ !• Terme d'artillerie. Courbe de la bombe descendant, à partir du plus haut point de son ascension. || 8' Terme d'astronomie. Distance entre le point équinoxial et le point de l'équateur qui descend sous l'horizon en même temps qu'un astre. La descension est dite droite ou oblique suivant qu'on la rapporte à la sphère droite ou à la sphère oblique.

— ÊTYM. Lat. descerisio, dedescendere, descendre, t DESCENSIONNEL, ELLE (dè-san-sio-nèl', nè-

1'), ad). Terme didactique. Oui a une tendance, une marche de haut en bas. Mouvement descensionnel. Il Terme d'astronomie. Différence descensionnelle, celle qui existe entre la descension droite et U descension oblique d'un astre.

— ÊTYM. Descension.

DESCENTE (dè-san-f) . ». f. \\ l'Action de descendre, d'aller d'un lieu élevé en un autre lieu plus bas. La descente de Jésus-Christ aux enfers. La descente d'un ouvrier dans une carrière. Le sénat n'épargnait promesse ni menace. Et ra))pelait par là son escadron mutin [le peuple soulevé] Et du mont Ouirinal et du mont Avenlin, Dont il l'aurait vu faire une horrible descente, corn. Nicom. v, 2. Esprit saint, esprit pacifique, je vous ai préparé les voies en prêchant votre parole; ma voix a été semblable peutêtre à ce bruit impétueux qui a prévenu votre descente, Boss. la Yallière. La solennité que nous célébrons n'est point, comme les autres fêtes de l'année, une simple commémoration , mais le mystère même de la descente du Saint-Esprit, bourd. Mijst. Pentecôte, t. i, p. 429. Saint Pierre, dès sa première Ëpitre, ne nous parle de cette descente aux enfers que comme d'une mission divine qu'y fit le Sauveurdu monde, id. Commémor. des morts , My st. t. n, p. 612. On ne peut pas même vous ûter la louange d'avoir fait la descente d'Enée aux enfers plus belle que n'est l'évocation des ftmesqui est dans l'Odyssée, rtn. Dial. des morts anc. Horace, Virtjile. Il Descente de lit, petit tapis de chambre à coucher, placé de manière qu'on y pose les pieds quand on descend du Ut. || X la descente, pendant le moment où la personne dont il s'agit descend de quelque part. Il alla le recevoir à la descente de la voiture, de l'escalier. J'y trouvai Wildremet el quelques autres Biennois qui m'attendaient à la descente du bateau, j. 1. rouss. Confess. xn. || 8* U se dit aussi des choses qui vont de haut en bas. La descente des eaux. Ladescented'unaérostat || Terme de géométrie. Ligne de la plus courte descente (autrement appelée brachistochrone), cycloide , courbe suivie par un corps qui, obéissant à l'action seule de la pesanteur, passe, dans le moindre temps

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possible, d'un point donné i un autrs. La eyelotde a un grand nombre de propriétés très-singulières; et celle d'être la courbe de la plus vite descente n'est pas une des moins remarquables, d'aleiib. Éloges, BemouUi. Il 8* Action de porter en bas une chose. La descente de cette cloche ne sera pas facile. Il Terme de peinture. Une descente do croix, tableau représentant le corps de Jésus-Cbrist qu'on détache et descend de la croix. || Terme de manège. Descente de main, mouvement par lequel, quittant les rênes de la main gauche, on fait aller la droite jusqu'au bouton pour s'assurer de leur égalité. Il 4* Pente. La descente est rude. Nous allons trouver une descente à quelque distance. Judas le poursuivit à la descente de Betharan jusqu'à la plaine, SAO, Bible, Machab. i, m, 24. || Terme d'exploitation. Galerie dirigée sur la pente de la couche ou du filon. Il 6* Terme de guerre. Débarquement de troupes pour attaquer quelque ville ou quelque pays. Nous espérons que la guerre d'Irlande fera une puissante diversion, et empêchera le prince d'Orange de nous tourmenter par des descentes, SÉV. Lett. S mars 1689. Je désirais qu'il fit une descente dans 111e de Carpathie, fên. Tél. xiii. M. le comte d'Hérouville, à qui l'on avait confié les préparatifs d'une descente projetée sur les côtes de la Grande-Bretagne, coNDORCET, (fil rci. Il Invasion, en parlant d'une troupe qui arrive d'un lieu supposé plus élevé. La descente des Lombards en Italie. || 6'Termede faucon-, nerie. Action de l'oiseau de proie qui fond sur le gibier pour l'assommer. Un faucon qui fait une belle descente sur la perdrix, la BRUT, xii. || 7" Terme de palais. Descente de justice, recherche, perquisition faite en un lieu par les agents de justice. || Descente de lieux , transport d'un juge sur les lieux contentieux pour procéder à leur examen. || 8" En termes de siège, les descentes sont des taillades qu'on pratique par les sapes dans les terres de U contrescarpe, au-dessous du chemin couvert, et qui se font jusqu'à fleur d'eau, aux fossés pleins pour les combler ensuite de fascines; elles se poussent jusqu'au fond pour les fossés secs. || 9* Terme d'architecture. Voûte rampante qui couvre une rampe d'escalier; et aussilaramps. el.e-même. La descente biaise est celle qui est de rôté dans un mur. ji Tuyau de descente, ou, simplement, descente, tuyau d'écoulement pour les eaux de pluie ou déménage. Une descente de plomb. || Terme de construction. Poterie ou chausse d'aisance. || 10" Nom vulgaire de la hernie. Mme de la Yallière mourut d'une descente dans de grandes douleurs, ST-sm. 278, ♦. En laissant pleurer les enfants, on leur fait gagner des de.'icentes, J. J. ROUSs. Ém. 1. 1| Dans le langage vulgaire, on dit aussi descente de matrice, pour abaissement de matrice.

— HIST. xiii* s. Un pui [montagne] descendent en un val ; En la descensse d'un costal Un pèlerin ont encontre, FI. et Blancheft. Ms. de St-G. ^ 19, dans lacobne. Vraie foy de nécessité. Non tant seulement d'équité. Nous fait de Dieu sept choses croire.... Son descens en la chartre noire, Eisa resurreccion voire, S'ascension d'auctorité.... j. de MEUNG, TV. 65. Il XVI* s. Celluy est fol qui d'aymer se démente; C'est un chemin obscur et lourde sente. Dont riens ne vault la moutée et descente, j. ma- ROT, p. 245, dans lacubne. Soudain U luy prit au milieu de son parler un esvanouissement, et une descente de reume, amtot, Flam. 10. Jugurtha ne fut pas plus tost pris , que les nouvelles vindrent à Rome de la descente des Teutons et des Cimbres, id. Marius, 17. Quant ce vint à la descente de quelques coteaux assez roides, id. .,ln(on. 57. Cette race bourbonnoise, qui fait meilleure preuve que moi de sa descente de S. Louis, Sat. Mén. p. 48. Descente de matrice, para, i, 34. Aucuns l'appellent descente, rhume ou catarrhe, parce que le nom de goûte est odieux , principalement aux jeimes gens, m. XXI, 1.

— ETYM. Berry, descende. L'ancien français disait aussi detcendement, et, au masculin, descent; provenç. deitses, disses. Le supin detcensum a donné régulièrement descentse, qui se trouve; descentus a donné descens, et le provençal deisses ; mais detcente a été formé de descendre, à l'imitation de rente, qui vient de redditus, de vente, qui vient de venditiu , etc.

I I)£SCEPTRER(dé-sè-ptré),v. a.ûter le sceptre; détrôner.

— HIST. ivi* s. Desceptrer, oudih.

— ÊTYM. Dé.... préfixe, et sceptre.

t DESCRIPTEUR (dè-skri-pteur), f. m. Celui qui décrit. Linné le descripteur «t le cUssifîcateur in plantes et des animaux.

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— ÉTYM. Lat. descriptor, de descrtbere, décrire (voy ce mot).

DESClllPTlF, IVE (dè-skii-ptif, ti-v"), adj. Qui

a pour objet de décrire. La poésie descri|itive. Coras réussit quelquefois dans le vers descriptif, cha- TEAUB. Génie, II, I, 4. Il Style descriptif, style rempli de descriplions,propreaui descriptions. || Poëme descriptif, sorte de poème où l'on ne fait que des descriptions plus ou moins brillantes. || Genre descriptif, genre auquel on rallaclie les poèmes descriptifs de tous ordres. Les Saisons de St-Lambert sont du genre descriptif. Ce mot se prend le plus souvent en mauvaise part, parce que la description est un ornement du discours et ne doit pas être le fond d'un ouvrage. || Gi5om6trie descriptive, ensemble de méthodes générales pour résoudre graphiquement les problèmes à trois dimensions. Il Analomie descriptive, cours d'anatomie, livre d'anatomie oïl l'on décrit les diverses parties ducorps.

— ETYM. Voy. DESCRIPTION.

DESCRIPTION (dè-skri-psion; en vers, de quatre syllabes) , s. f. || 1° Discours par lequel on décrit, on dépeint. Comme c'est une personne extraordinaire, il est à propos d'en faire la description, BUSSY-RAB. dans RicnELET. Il les en faut croire [les papes]; et il est bien aisé de s'imaginer par quelle voie on arrive à les surprendre; saint Bernard en fait la description dans la lettre qu'il écrivit, PASC. Prov. 48. Il se promet de faire une description eiacte de votre personne, sÉv. 439. Dans la description d'un tableau , j'indique d'abord le sujet, je passe au principal personnage.... Diderot, Pensées tur la peinture, Œuvres, t. xv, p. 202, dans pouGENS. Depuis son institution, l'Académie [des sciences] s'est occupée de la description des arts, objet immense qui embrasse les princij)es de toutes les sciences, condorcet, Duhamel. \\ 2° Terme de rhétorique et de littérature. Ornement du discours qui consiste à peindre sous les couleurs les plus vives ceque l'on croit être agréable au lecteur. Soyez riche et pompeux dans vos descriptions, boil. Art poét.ni. L'autre [Théophile], sans choix, sans exactitude, d'une plume libre et inégale, tantôt charge ses descriptions, s'appesantit sur les détails.... tantôt il feint, il exagère... la brdt. i. || 3° Terme de logique. Définition imparfaite. || 4° Etat, tableau détaillé, inventaire. La description d'une province, d'un mobilier. || Terme de pratique. Etat sommaire de titres, papiers et meubles, opposé à inventaire. Procès-verbal de description. || 5° Terme de géométrie. Action do décrire, de tracer une ligne, une surface. La description d'une ellipse.

— HIST. xiii* s. Armes plus noires qu'atrement [encrs] [ilj Ot sans autre discreption , Fabliaux mss. t. II, f° (90, dans lacurne. Or me plut la description Ici dire de sa façon, Roman de la Poire. Si la description semble trop obscure , J. de meung, Végèce, 11, 4. || xvi* s. Si furent nombrez par la description et l'enrollement qu'^Emulius lors en feit, 337462 hommes, AMYOT, P. jEm. e\. Ladescription de l'année, que ceste ligue devoit soudoyer en commun, estoil de quinze mille hommes de pied.... id. Vémoslh. 24. Us [les poètes d'à présent] demeurent bien aussi court à imiter les riches descriptions de l'un [Ronsard] et les délicates inventions de l'autre [du Bellay], mont, i, 190.

— ÉTYM. Provenç. descriptio; espagn. description; ital. descrizione ; du latin descriptionem, de descriptum, supin de describere (voy. décrire).

tDESÊBORG\ER(dé-zé-bor gné),v. a. ôter ce qui éborgne. Ô vous qui êtes l'apôtre de la vérité, recevez les hommages du petit coin de mon esprit purifié de la rouille delà superstition, et déséboignez mes compagnons, volt. Lettre au roi de Prusse, dans LAVEAUX.

— lîTYM. Dés.... préfixe, et éborgner.

DÉSÉCHOIIÉ, ÉE (dé-zé-chou-é, ée), part. passé.

La frégate déséchouée.

DÉSÉCUOUEK (dé-zé-chou-é), v. a. Re.niettre à flot un navire échoué. || Se déséchouer, V. ré/l. Se remettre à flot, cesser d'être échoué.

— ËTYM. Dés.... préfixe, ei échouer.

DfiSEMBALLAGE (dé-zau-ba-Ia-j"), s. m. Action

ie désemlialler.

— KTVM. Désemlialler.

DÉSEMBALLÉ, ÉE (dé-zan-ba-lé, lée), part, pass-. Des marchandises désemballées.

DÉSEMBALLER (dc-zan-ba-lé), v. a. Retirer des marchandises du ballot d'envoi.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et emballer.

t DËSEMBARGO (dé-zan-bar-go), t. m. Cessation de l'embargo.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et embargo.

DÉS

DÉSEMBAROnE, ÉE (dé-zan-bar-ké, kée),par(. passé. Les marchandises désemba' quées.

DfisEMBAHOl'EMENT (dé-zan-bar-ke-man), t.

m. Action de déspmbarquer.

— ÊTYM, Désembarqner.

DËSEMBARQUER (dé-zan-bar-ké), v. a. Tirer, faire sortir d'un navire. Désembarquer des troupes, des marchandises. || Se désembarquer, «. réfl. Sortir d'un navire pour venir à terre. M. de Vivonne s'embarqua pour le suivre [Ruyter] ; mais les sénateurs de Messine étant venus, peut-être par son ordre, lui représenter combien sa présence était nécessaire pour contenir les Messinois, il se désembarqua et laissa à M. du Ouesne l'honneur entier du second combat. Mémoires de Villette, en (676, p. 33, dans JAL. Il Être désembarqué. Les marchandises se désembarquèrent à la hâte.

— HIST. ^vi" s. Il feit desembarquer sa dite artillerie, et la remener en son camp, m. du bell. 4)2.

— ÉTYM, Dés.... préfixe, et embarquer.

t DÊSKMBARRASSER (dé-zan-ba-ra-sé), v. a. Délivrer de ce qui embarrasse. Attendez tant soit peu, vous le [le soleil] verrez désembarrassé do ce nuage, et luire aussi clair et net qu'il était auparavant, MALH. le Traité des bienf. de Sénèque, v, 0. Un esprit sans corps et désembarrassé de la matière n'agirait pas d'une autre façon, balz. les Romains. Sitôt que je serai désembarrassé de visites importunes, je ne perdrai pas un moment, ID. liv. vu, lett. (4. || On dit mieux et plus souvent débarrasser.

— ÉTYM. Dét... préfixe, et embarras.

t DÉSEMBATONNÉ, EE (dé-zan-bâ-to-né, née), adj. Qui a perdu son bâton et aussi sa lance (bftton dans le xv* et le xvi' siècle signifiant lance). Qui s'enfuyait bien étonné De se voir desembâtonné Devant le fier fils de Pelée, ecarron, Virg. trav. i.

— ÉTV.M. Pc'.v,,.. préfixe, en, préposition ,etbdlon.

t Df:SEMBELLIR (dé-zan-bè-lir). || i'V. a. Détruire des embellissements. || 2° V. 11. Devenir moins beau. IlSedésembellir, r, rc/l. Perdre son embellissement.

— HIST. XVI* s. Desembellir, cotgrave.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et embellir.

t DÉSEMBELLISSEMENT (dé-zan-bè-li-se-man), s. m. Action de désembellir; état de ce qui est désembelli.

t DÊSEMBOÎTER (dé-zan-boi-té), v.a. Terme da menuiserie. Disjoindre les planches d'une cloison. Il Se désembolter, v. réfl. Être désemboîté.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et emboîter.

t DÉSEMBOUGER (dé-zan-bon-jé), t). a. Terme de métallurgie, Ôter la hurasse d'un marteau.

DÉSE.MBOCRBÉ, ÉE (dé-zan-bour-bé, bée), part. passé. Un chariot désembourbé et remis en marche.

DÉSEMBOURBER (dé-zan-bour-bé), v. a. Retirer de la bourbe. || So désembourber, v. réft. Se retirer de la bourbe. La troupe se désembourba à grand' peine. || Être désembourbé. Les chevaux donnèrent un coup de collier, et la charrette se désembourba.

— ÊrY.M. Dés.... préfixe, et embourber.

t DÉSEMBRASER (dé-zan-brâ-zé), t). a. Faire cesser l'embrasement.

— HIST. XVI* S, Un demy-dieu me feroit son baiser. Sein contre sein, mon feu desembralser. Un de ces dieux qui mangent l'ambrosie, eons. 25.

— ÉTYM, Dés.... préfixe, et embraser.

t DÊSEMBRASSER (dé-zan-bra-sé), v. a. Faire cesser l'embrassement.

— HIST. XIII* s. Toute nuit [je] songe que l'acol, Et qu'ele m'estraint et embraoe; Li esveilliers me desembrace, Lai de l'ombre.

— ÉTYM, Dés.... préfixe, et embrasser.

t DÉ.SEMBRAYAGE (dé-zan-brè-ia-j'), s. m. Action de <lésembrayer.

i DÉSEMBRAYER (dé-zan-brè-ié) , je désembraye, tu désembrayes, il désembraye ou désembraie, nous désembrayons, vous désembrayez, ilsdosombraycnt ou désembraient; je désembrayais; je désembr.iyai; je désembrayerai ou désembraierai ou désembraîrai;je désembrayeraisou désembraierais ou désembratrais; désembraye, désembrayez, v. a. Désunir, désagréger les parties d'uue machine compliquée, afin que l'une ou chacune d'elles fonctionne séparément; intercepter la communication entre deux pièces de machine qui se commandent.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et embrayer.

t DÉSEMMANCIIER (dé-zan-man-ché), O a. ôter le manche d'un outil, d'un instrument, || Se désemmancher, v. réfl. Quitter, perdre son manche. La pioche s'est désemmanchée.

— ÉTYM, Dés.... préfixe, et emmancher.

t DËSEUMUSELER (dé-zan-mu-ze-lé. ! a syllabe

sel double l'J quand la syllabe qui suit est muette : je désemmuselle, je désemmusellerai), v. a. Terme de manège, ôter la muselière d'un cheval.

— ÉTYM, Dés.... préfixer, et emmuseler.

DÉSEMPARÉ, ÉE (dé-zan-pa-ré, Tée),part.passé.

Une frégate désemparée par un coup de vent. || Kig. Un cœur désemparé de ses illusions, T. Huoo, Voi» intér. 28,

t DESEMPAREMENT (dé-zan-pa-re-man) , t. m. Action de désemparer un navire; état de ce qui est désemparé.

— HIST. XV* s. Et après le dit desemparement [action de quitter] , tous les gens de guerre estans au dit siège s'en vindrent retraire et loger aux Chartreux, JEAN DE TROYES, Chroniques, <465. ||xvi*s. EucUdas voyant ce desemparement et ceste séparation des gens de pied des ennemis d'avec leurs gens de cheval, amyot, Ptiilop. 8.

— ÉTYM. Désemparer; provenç, desamparament ; anc. espagn, desamparamiento.

DÉSEMPARER (dé-zan-pa-ré). || 1* V. n. Quitter le lieu où l'on est, abandonner la place. Je n'ai point désemparé da la ville. Les ennemis qui étaient devant la place ont désemparé. || Sans désemparer, sans quitter la place. L'assemblée voulut statuer sans désemparer. Et, figurément, faire, achever, régler une affaire sans désemparer, s'en occuper d'une manière suivie, sans interruption. W Activement. Et depuis les charmantes conversations de Poitiers, vous n'avez point désemparé mon cœur, REGNARD, Attendez-moi sous l'orme, H. L'Anglais [Douglas] recommanda bien à son valet de ne pas désemparer le pas de la porta, st-sim. 43) , 23V. Leur opiniâtreté [des moineaux] à ne pas désemparer les lieux qui leur conviennent, buff. Morceaux choisis, p. 276. Il 2° V. a. Terme de marine. Désemparer un vaisseau, le mettre hors d'état de servir en lui ôtant ses mâts et tous ses agrès. Il eut bientôt désemparé le vaisseau ennemi. Comme mon vaisseau en était entièrement désemparé et hors d'état de faire de la toile, Rapport de Jean Bart, )694, dans JAL. Il On l'a dit aussi autrefois pour démanteler, en parlant d'une ville Mais franchement et

sans rien déguiser onleur [aux députés d'Antiochus] déclara qu'il fallait que leur maître désemparât les villes qu'il tenait en Asie, malh. Le xxxm* livre de Tite Lire, ch. 34.

— HIST. XIV* s. Comme le bailli de Meleun eust mandé à tous nos sergens que les dits moustier et maison feissent désemparer, abastre et arraser, dd GANGE, desemparare. \\ xv* s. Tcjute la nuict entendirent à réparer leurs pahz qui estoient desemparés et à remettre à point tout ce qui faisoit besom, PBOiss. liv. II, p. 257, dans lacurne. Le ventpoussoit le feu contre ceulx du roi, lesquels commencèrent à desemparer, comm. i, 3. Ils désemparèrent la place et s'enfuyrent, id. iii, 3. Le duc voulut faire desemparer Mondidier, mais pour l'affection qu'il veit que ce peuple de ceschasielleniesluy portoit, il la fist reparer et y laissa gens, id, m, )0. Il XVI* s. Les nations barbares ont estimé aussy làcilf" de molir le firmament, que desemparer vostre alliance, rab, Gar. i, 3). Car [Dieu] terre adono du ciel désempara. De terre aussi les eaux il sépara, MAROT, IV, )2. Ma mémoire desempare ce que j'escris, comme ce que je lis, mont, m, 67. Je ne desempare jamais les loix, ID. iv, 203. Ils n'eurent pas grandement canonné, qu'ils n'eussent tout desemparé un parapect, M. nu bell. 327. Il eust esté plus expédient de laisser la ville ouverte et desemparée à l'ennemy, que de la fortifier insuffisamment, iD. 400. Ceux quidesemparoient et abbatoient les maisons pour remparer et deffendre la brèche, ID. 449. [Le duc de Guise] Devoit penser que le roy se ressouviendroit à jamais de la honte qu'il avoit receue, d'avoir desemparé sa ville capitale. Considérations sur le meurdre du duc de Guyse, p, 28.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et emparer; provenç. et espagn, desemparar : proprement, cesser d'emporer, de tenir,

t DESEM PÊCHER (dé-zan-pê-ché) , v.a. ôter ce qui empêche.

— HIST, XIV* s, Loppier, lieutenant gênerai.... tout empeschement mis en ses biens.... desempesche et met à délivrance, du cange, desembargatut. Il XV* s. Prist la visière de sa salade de sa main destre, et l'arracha, et demeura le visage mouit fort découvert, et ce fit il pour ce qu'il estoit homme de courte veue, et la vouloit desempescher, Mém. d'OL. L,E la marche, liv. I, p. 3)8, dans lacurne.

— ÉTYM, Dés préfixe, et empêcher; provenç.

et espagn, desempachar ; catal, desempalxar.

DÉSEMPENNÉ, ÉE (dé-zan-pè-nné, nnée), adj.

DÉS

DÉS

DÉS

Oui n'est plus empenné. || Fif?. Il va comme un trait désempenné, il va tout de travers.

— KEM. Désempenn* ne se dit que des plumes dont on Rarnit une (lèche pour en assurer le vol. On ne dirait pas un oiseau désempenné, mais un oiseau déplumé. On ne dirait pas non plus un volant désempenné, mais un volant qui a perdu ses plumes.

— HlST. XVI* s. J'ay dict cecy, afin que ceux qui vont, comme matras desempennez, où il y a rumeur, se souviennent qu'avec facilité on part, et avec beaucoup de diflicullé on retourne, lanoue, i oc.

— f.rvM. Dés.... préfixe, et empenné.

DÊSEMI'KSÉ, lîE (dé-zan-pe-zé, zée), pan. passé.

Dn lionnet iji'sempesé.

DÉSEMPK.SEU (dé-zan-pe-zé. La syllabe pe prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : jedéscmpèse, je désempèserai) , v. a. ôter l'empois d'une étofTe, la ramollir. L'humidité a désempesé sa collerette. || Se désempeser, v. réfl. Perdre son empois. Mon jabot s'est tout à fait désempesé.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, et empeser.

f DÊSEMPÈTUER (dé-zan-pê-tré) , v. a. Tirer de ce qui empêtre. || Se désempêtrer, v. réfl. Se tirer de ce qui empêtre.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, etempélrer.

DfiSEHPLl, lE (dé-zan-pli, plie), part, passé de

dé.semplir. Un ballon désem|)!i.

DÉSEMPLIR (dé-zan-plir). || l" V. a. ôter co qui remplissait une chose. || l'.ir extension Les paysans qui, les jours de dimanches et fêtes, ne désemplissent point les cabarets, vauban, Dtme, p. H5. Il Fig. Pour désemplir un peu ma tête des maux passés, sÉv. îoo. il 2° F. n. Cesser d'être empli. Sa maison ne désemplit pas de Normands, bussy, dans HICBBLKT. Toujours grand'chère et bon feu; la maison ni- désemplit point, dancourt. Maison de eam pagne, se. s. Le couvent que j'ai bâti pour vivre en solitaire ne désemplit pas d'étrangers, volt. Lelt. d'Argental, 3 nov. (78B. l.a maison ne désemplissait pas de charlatans, j. i. koups. Conf. v. Ma chambre ne désemplissait pas de gens qui, sous divers prétextes, venaient s'emparer de mon temps, ID. ib. VIII. Il S" Se désemplir, v. réfl. Devenir désempli. Ce canal se désemplit.

— HIST. XIV' s. Car par eux les fossez furent bien tost emplis De fagots, de tonneaux qui furent desemplis, Guescl. 2m5. Celiers desemplis, Baud. de Seb. XII, 70.

— ETYM. Dés.... préfixe, et empit'r.

t DÉSEMPLOTOIR (dé-zan-plo-toir), s. m. Terme de fauconnerie. Fer avec lequel on tire de la mulette des oiseaux de proie la viande qu'ils ne [jeuvent digérer.

t DÉSEMPLCMER (dé-zan-plu-mé), ». a. || i° ôter les plumes. {| 2° Fig. Faire éprouver des pertes à quelqu'un. || 8° Se désemplumer, v. réfl. Perdre ses plumes; et fig. faire des pertes de fortune.

— HIST. xvi* s. Bien est vray, que quelques particuliers trop volontaires se sont aucunement desemplumez, et la noblesse des frontières a aussi souffert quelques perles, langue, (60.

— ÊTYM. Dés.... préfixe, et emplumer.

t DÉSEMPOINTER (dé-zan-poin-té), v. a. Couper les points (l'une étoffe pour la déplier et l'étendre.

I DËSEMPOISONNEMENT ( dé-zan-poi-zo-neman), ». m. Action de désempoisonner.

f DÉSEMPOISONNER ( dé-zan-poi-zo-né ) , v. a. Cesser d'empoisonner quelqu'un; lui administrer du contre-poison. Sainte-Croix, qui ne voulait point d'une femme aussi méchante que lui, donnait du contre-poison à ce pauvre mari; de sorte qu'ayant été ballotté cinq ou six fois de cette sorte, et tantôt empoisonné, tantét désempoisonné, il [Brinvilliers] est demeuré en vie, siv. 270.

— msT. XVI" s. lit tout ainsi qu'il print opinion avoir esté empoisonné, aussi fit-il d'estre desempoisonné par le dit syrop, pake, Inlrod. 36.

— ETYM. Dés.... préfixe, et empoisonner.

t DÊSEMPOISSO.NNER (dé-zan-poi-so-né), v. a. ôter, détruire le poisson d'une rivière, d'un étang. Il Se désempoissonner, v. réfl. Ne pas conserver le poisson. Cet étang se désempoissonne.

— ÉTYM. Dés.... préfixe, en, préposition, et poision.

f DÉSEMPRISONNER (dé-zan-pri-zo-né), v. a. Mettre hors de prison, cesser de tenir en prison. Il Par extension, faire sortir quelqu'un d'un lien où il était retenu malgré lui. Maintenant nous vous déseniprisonnons. || Se désemprisonner, v. réfl. Se tirer de prison.

— HIST. XV* s. Si fut desemprisouné parmi ce cuareat [à cette condition], proiss. l, l, 23«. Se

vous le voulez deprisonner, je m'en rapporte à vous, LOUIS XI, Now). xxvii. Il XVI* s. I.a volaille descharge sa colère sur le plus précieux des jardinages, quand elle y peut atteindre et a moien de se desemprisonner du poulailler, o. de seiirks, 36<. Nos esprit», las I en cent mille façons, Deprisonnez de l'humaine closture. Dessus les flots errent à l'aventure, bon-

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