DIACRE
DIACONESSE (di-a-ko-nè-s') ou DIACONISSB
(di-a-ko-ni-s"), s. f. \\ 1' Nom de veuves ou filles qui, dans la primitive Église, recevaient l'imposition des mains, et rendaient aux personnes de leur sexe des services religieux, que les diacres ne pouvaient rendre avec bienséance. Je vous recommanda notre sœur Phébé, diaconisse de l'Église qui est au port de Cenchrée, saci. Bible, Ép. de S. Paul aux Romains, xvi, t. Une jeune veuve de qualité qui, vraisemblement par une dévotion peu solide, s'était élevée au rang de diaconisse, fit une confession de toute sa vie passée au pénitencier, qui lui imposa, pour l'expiation de ses fautes, des jeûnes et des prières extraordinaires, fléch. Hist. de Théodose, IV, <6. Théodose, pour remédier à ces abus, ordonna qu'aucune veuve ne fût reçue au rang de diaconisse, qui n'eût soixante ans, suivant le précepte de saint Paul, id. ib. iv, 47. |1 S" Nom qu'ont pris des dames anglaises se consacrant, comme les sœurs de charité catlioliques, au service des hSpitaux.
— ÉTYM. Bas-latin, diaconissa, de diaconus (voy. diacre) .
t DIACONIE (di-a-ko-nie) , ». f. Nom de quelques chapelles et oratoires qui étaient dans la ville da Rome, gouvernés par chaque diacre en sa région. C'étaient des hôpitaux pour les veuves, les orphelios et les vieillards.
— ÉTYM. Bas-latin, diatonia, de dtaconti» (voy. diacre).
tDIACONIQDE (di-a-ko-ni-k'), ». m. || i' Lieu voisin de l'église où l'on conservait autrefois les vases sacrés et les ornements. || 2" Partie du sacré tribunal dans laquelle siègent les diacres à la droite du pape. Il 3° Livre de l'église grecque où sont expliquées les fonctions des diacres.
— ÉTYM. Aiaxovixoç, de Siàxovo; (voy. diacre). t DIACONISER (di-a-ko-ni-zé), t). o. Conférer la
diaconat.
— ÉTYM. Lat. diaconus (voy. diacre).
t DIACONISSE, ». f. voy. diaconesse.
i DIACOPE (di-a-ko-p') , s. f. \\ i" Terme de cnirurgie. Incision faite au crâne par un instrument tranchant qui n'a point emporté la pièce. |{ 2° Terme de grammaire. Figure qu'on appelait aussi tmèse, ou hyperbate grammaticale.
— ÉTYM. Aiaxoit^j, de S;à, et xinteiv, couper.
t DIACODSTIQCE (di-a-kou-sti-k'), ». f. Terme de physique. Science qui traite des propriétés du son réfracté dans son passage à travers des milieux de densité différente.
— ÉTYM. Aià, et aj:ouslique.
t DIACRÂNIEN, lENNE (di-a-kri-niin, niè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui s'articule avec le crâne. Mâchoire diacrânienne, la mâchoire inférieure, parce qu'elle n'est unie au crâne que par une articulation lâche et mobile.
DIACRE (di-a-kr"; du temps de Chifflet, Gramm. p. (83, au xvii* siècle, on prononçait diacre), ». m. Il 1° Serviteur dans la synagogue juive. Il y avait des prêtres ou anciens et des diacres ou serviteurs nommés /lOîanin pour garder la synagogue, fleurt. Mœurs des Israélites, titre xxxii, 3" part. 112° Dans l'Église catholique, celui qui est revêtu du second des ordres sacrés. Que les diacres de même soient honnêtes et bien réglés, qu'ils ne soient point doubles dans leurs paroles, ni sujets à boire beaucoup devin, saci. Bible, S. Paul, t" ép. à Timothée, m, 8. Arsène, diacre de l'Église romaine, fléch. Hist. de Théodose, in, u. De peur que quelqu'un ne le fît marier [le fils de la duchesse de Piney], ils le firent ordonner diacre, st-sim. <«, 485.
— HIST. XII* s. Pruveires [prêtres] e diacnes plusurs en i ot pris, Laruns, murdreiseQrs en la rei prisun mis, Th. le mart. 26. Et cant li dyacones creoit k'ele chaist [tombât], la volt [voulut] elleveir [élever, soulever], mânes [aussitôt] perdit la vie./o&, p. 475. R mustrad le ordenement e les destinctiuuf
DIA
DIA
DIA
des prureires e des diacnes e des ordeaez, Rois,
Îi. U*. ||xm' s. Et li rcis est vestii comme diaque, a leste descouverte, iiss. deJ. i, 30. Par lex [telles] cozes conceléesont aucun segncur perdu plusors de leur sers, par cix [ceuij qui devenoicnt prestre, diacre ou soudiacre, beau», xlv, 28. ||xvf s. La sollicitude des poures a esté commise aux diacres, CALV. Inslit. 852.
— ETYM. Provenç. diacre, dianue; calai, diaea; espagn. et ilal. diofono.-ilu latin diaconus, du grec îiâxovo;, messager, serviteur, de Siaxovtïv, servir, proprement courir à travers la poussière, de îià, et xôvu, poussiftre (comp. cendre). Diacre a, en français et dans les autres langues romanes, l'accent sur a comme en latin; l'r y a remplicè l'n comme elle a remplacé l'Idans litre pour tille.
i DIACKISE (di-a-kri-z"), t. (. Terme de médecine. Crise qui conduit à la distinction exacte d'une maladie d'avec toute autre et à la détermination précise de ce qui y appartient; l'évacuatiou même qui constitue la diacrise.
— ÊTYM. Aià, etcrtje.
t DlACniTIQUEidi-a-kri-ti-k"), ad;. || !• Terme de grammaire. Qui sertàdistinguer.Signesdiacri tiques, signes qui n'ont d'autre but que d'empêcher la confusion des mots ; tels sont certains accents. Ainsi l'accent grave est mis sur oii adverbe pour le distinguer de ou conjonction; telles sont aussi les grandes lettres opposées aux petites, et les italiques opposées aux lettres droites ou romaines. {| Points diacritiques, points mis sur certaines lettres de l'alphahet arabe qui ont même forme et ne se distinguent que par ces points. |{ 2° Terme de médecine. Signes diacritiques, signes qui distinguent exactement une maladie de toutes les autres.
— ÉTYM. Aià.çtxpivtiv, distinguer (voy. CRITIQUE).
tDIADELPllE (di-a-dèl-f), adj. Terme de bolailique. Ëtamines diadelphes, étamines réunies par Jeurs filets en deux faisceaux égaux.
— ÊTYM. J9f.... préfixe, deux, et àJeJçà;, frJre.
IiIADELPHIE (di-adèl-fie),«. f. Terme de botanique. Classe du système de Linné qui comprend les plantes à plusieurs étamines réunies par la base en deux faisceaux distincts.
— ÉTYM. Diadelphe.
t DIADELPUIQUE (di-a-dèl-fi-k"), adj. Terme de botanique. Qui appartient à la diadelphie.
— ETYM. Diadelphe.
DLADËME(di-a-de-m'), t. m. || 1* Bandeau de
laine, de fil ou de soie, enrichi de pierreries, broderies et autres ornements, dont les souverains se ceignent le front. Le diadème de Cbarlemagne avait huit bandes. Le triple diadème du pape est surmonté d'un globe et d'une croix. Et fùt-il dans l'éclat de la grandeur suprême , Son propre diadème Ne l'y peut attacher, corn. {mit. l, 3. Il lui mit [à Eslher] sur la tète le diadème royal et la fit reine à la place de Vasthi, saci, Bible, Eslher, u, 47. Le jour que sur mon front on mit ce diadème, rac. Hilhr. IV, «. Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes, ID. ib. m , 6. Il l'épouse; il lui donne, avec son diadème, La foi que vous venez de recevoir vous-même, id. indr. iv, 2. Et [je] crois que votre front prête à mon diadème Un éclat qui le rend respectable aux dieux même, m. Esth. ii, 7. Voilà ce roi des rois [l'empereur Charles VIJ, et ses grandeurs suprêmes; La mort a déchiré ses trente diadèmes, VOLT. Ode VII. Il Ceindrelediadème, devenirroi.il Kig. La royauté même. Prenez le diadème et laissez-la [Rome] servir, corn. Sertor. iv, 2. c'est périr en effet que perdre un diadème, id. Rodog. iv, 3. Pour moi le diadème aurait de vains appas, rotrou, Yericesl. ii, 2. Il 2° U se dit d'une coifTure de femme, composée ordinairement d'un cercle. || On dit aussi arranger ses cheveux en diadème, jj 8° Terme de blason. Cercle ou bandeau qui ceint les têtes de more sur les écussons. || Cercle rond sur la tête d'un aigle. Il 4* Terme de zoologie. Genre de lépidoptères diurnes. Il Genre de mollusques. || Espèce d'araignée orbiculaire et déprimée.
— HIST. XV s. Une petite image d'or de SI Jean- Baptiste, lequel a un diadème derrière la teste, Inventaire de la sainte chapelle de Bourges, dans de laborde. Émaux, p. 247. jj xvi* s. Les tiens subjectz t'aprestent dyadesmes De gloire et los et couronnes liipresmes, J. harot, v, 2io.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. dt'adfmo; du latin diadcma, du grec5io6Ti[ia, deSià, etSeïv, lier
t DIADÈME, ÊE (di-a-dé-mé, mée), odj. Terme de numismatique. Qui est décoré d'un diadème.
— ÊTYM. Diadème.
t DIAGNOSE (di-ag-nft-z'), t. f. || 1* Terme de médecine. Connaissance qui s'acquiert par l'observation
des signes diagnostiques, jj %' Terme d'histoire naturelle. Phrase descriptive substantielle et concise, renfermant les principaux caractères d'un genre, d'une espèce, etc.
— ÊTYM. Voy. DIAGNOSTIQUE; grec, îiârvoxii*.
DIAGNOSTIC (di-ag-no-stik), s. m. Terme de médecine. Art de reconnaître les maladies par leurs symptOmes et de les distinguer les unes des autres. Le diagnostic différentiel. Le diagnostic de cette maladie.
— ÉTYM. Voy. DIACNOSTIOtlE.
DIAGNOSTIQUE (di-agno-sti-k'), adj. Terme do médecine. Qui sert à reconnaître. Signes diagnostiques, signes d'après lesquels on peut établir la nature d'une maladie, et reconnaître l'état actuel du malade. Les signes diagnostiques de la pneumonie sont la matité et le rÙe crépitant. || Substantivement. Les diagnostiques de la pneumonie. Vieux en ce dernier sens.
— ÉTYM. AiaYvioffttxôî, de Siô, et ifvûvat, connaître (voy. gnose).
t DIAGNOSTIQUER (di-ag-no-sti-ké) , v. a. Terme de médecine. Reconnaître par les signes diagnostiques une maladie. Les médecins diagnostiquent aujourd'hui avec une grande sûreté beaucoup de maladies pour lesquelles on n'avait autrefois que des probabilités. || Absolument. Bien, mal diagnostiquer. Il Se diagnostiquer, v. réfl. Être diagnostiqué. La pneumonie se diagnostique facilement.
— ÉTYM. Voy. DIAGNOSTIQUE.
t DIAGOMÈTRK (di-a-go-mè-tr'), t. m. Terme de physique. Appareil pour comparer les conductibilités électriques des diverses substances.
— ÉTYM. Aiâyeiv, conduire, et (léTpov, mesure. t DIAGOMÉTRIE (di-a-go-mé-trie) , t. f. Comparaison des conductibilités électriques.
t DIAGOMÉTRIQUE (di-a-go-mé-tri-k') , adj. Qui a rapport à la diagumétrie.
DIAGONAL, ALE (di-a-go-nal, na-l'), adj.
Il l" Terme de géométrie. Qui va d'un angle à un autre, dans une figure rectiligne. Ligne diagonale. || 2° S. f. La diagonale, ligne menée d'un angle d'une figure quelconque, à un des angles non 'adjacents. Tirer une diagonale. Nous plierons par la diagonale les deux moitiés du carré, l. J. rouss. Ém. u. || En diagonale , obUquement. || 8* S. m. Terme de manège. Diagonal droit, le pied droit de devant et le pied gauche de derrière. Diagonal gauche, le pied gauche de devant et le pied droit de derrière.
— HIST. XIII* s. Le [la] ligne dyagonal, si corn on le [la] puet plus prendre près, Comput, f' 22.
— ÊTym. Lat. diagonalit; grec, 8i«if<ivio; , de Stà, et TMvla, angle (comp. coin).
DIAGONALEMENT (di a-go-na-le-man) , adv. En diagonale.
— ÉTYM. Diagonale, et le suffixe ment.
t DIAGRAMME (di-a-gra-m'), ». m.|| !• Délinéation. Le diagramme du type des animaux vertébrés. Il Fig. Le diagramme de l'histoire de l'humanité. Il 2° Terme de géométrie ancienne. Figure ou construction de lignes destinées à la démonstration d'une proposition. || 8° Terme de musique ancienne. C'était dans la musique ancienne la table ou le modèle qui présentait à l'œil la table générale de tous les sons d'un système, ou ce que nous appelons aujourd'hui échelle, gamme, clavier, j. j. rouss. Z>ict. de musique, au mot diagramme. \\ 4° Terme de zoologie. Genre de poissons voraces de l'Atlantique.
— ÊTYM. AiàYp«ii(i», de 6ià, et •yp»?"'» > twcer (voy. graphique).
t DIAGRAPUE (di-a-gra-f), s. m. Terme de dessin. Instrument servant à transporter sur le papier la représentation des objets, sans connaître le dessin et la perspective.
— ÉTYM. à.à, etypàçttv, dessiner.
t DIAGRAPHIE (di-a-gra-fie), ». f. Art de dessiner avec le diagraphe.
t DIAGRAPHIQUE(di-a-gra-fl-k'), adj. Qui a rapport à la diagraphie.
t DIAGRAPIIITE (di-a-gra-fi-f) , s. m. Sorte dn roche schisteuse dont on fait des crayons à dessin.
— ÉTYM. Ali, et YP'içeiv, dessiner.
t DIAGRÈDE (di-a-grè-d'), ». m. Terme de pharmacie. Ancien nom de la scammonée.
— ÊTYM. Corruption de dacrydium, de îaxpûôiov, petite larme, diminutif de idixpu; le diagrède él3n\ ainsi dit, parce qu'on préparait la scammonée, ef) enfermant le suc exprimé du convokulus scammonia dans un coing qu'on faisait cuire sous les cendres chaudes.
t DIAIRE (di-ê-r'), adj. Terme de médecine. Synonyme peu usité d'éphémère. Fièvre diaire.
— ETYM. Lat. diarius, journalier, dt dits, jour.
fDIAKfeNE (di-a-kè-n"), ». m. foy. DucHENr DIALECTE (di-alè-kt'),». m. Parlerd'une contrée, d'un pays étendu, ne différant des parlers voisiiii que par de» changements peu considérables qui n'empêchent pas que de dialecte k dialecte on ne se comprenne, et comportant une complète culture littéraire. La Grèce avait quatre dialectes principaux: l'ionien, l'altique, le dorien et l'éolien. Hérodote a écrit son histoire en ionien; Thucydide, en atllque. L'ancien français avait plusieurs dialectes : le normand, le picard, le bourguignon. On a remarqué qu'il [Aristonique] possédait si parfaitement toui les dialectes de la langue grecque, qui formaient comme autant de langages différents , qu'il prononçait ses arrêts selon la langue particulière de ceux qui plaidaient devant lui, rollin, Hist. artc. Œuvres, t. IX, p. 364, dans pouoen». Le dialecte vénitien est doux et léger comme un souffle agréable, staei-, Corinne, xv, 8. L'italien est la seule langue de l'Europe dont les dialectes différents aient un génie à part, m. ib. xvi, 4. || Abusivement. Langue. C'est un verbe visible, c'est une langue de feu, qui parle tous les dialectes de te terre, cbateadb. Génie, 1, 3.
— REH. Dialecte a été d'abord féminin suivant le genre que ce mot a dans le grec d'où il est tiré; et on ne voit pas pourquoi on ne l'a pas laissé féminin: Les dialectes du langage celtique étaient affreuses, VOLT. Jfoiurt, Avant-propos (éd. de (7^7). Vous vous indignez du ton de D.... mais ne connaissez-vous pas son caractère et sa dialecte T didsr- Leur. àl....
— SYN. dialecte, patois. Tant que, dans un pays, il ne se forme pas de centre et, autour de ce centre, une langue commune qui soit la seule écrite et littéraire, les parlers difTùrents, suivant les différentes contrées de ce pays, se nomment dialectes; on voit par là qu'il est tout à fait erroné de dire les dialectes dérivés de la langue générale; le fait est que la langue générale, qi.i n'est qu'un des dialectes arrivé par une circonstance quelconque et avec toute sorte de mélanges à la préséance, est à ce titre postérieure aux dialectes. Aussi quand cette langue générale se forme, les dialectes déchoient et ils deviennent des patois, c'est-à-dire des parlers locaux dans lesquels les choses littéraires importantes ne sont plus traitées. Avant le xtv* siècle il n'y avait point en France de parler prédominant; il y avait des dialectes ; et aucun de ces dialectes ne se siil>ordonnait à l'autre. Après le xiv* siècle, il .«e forma une langue littéraire et écrite, et les dialectes devinrent des patois.
— ÊTYM. AiâXexTo;, de SiaX^yeiv, parler, de 8ui, et XÉfeiv, d re (voy. ure).
DIALECTICIEN, lENNE (di-a-lè kti-siin, sien'), s.m.elf. Celui, celle qui cultive la dialectique, qui raisonne suivant les règles. Un habile dialecticien. La mort de Socrate laissa la douleur et la terreur parmi les philosophes; ils se réfugièrent à Mégare chez le dialecticien Euclide, dioer. Opin. des anc. phil. (platonisme). Si elle avait été un peu dialecticienne, n'aurait-elle point altéré le dépélT bonnet, l'alingén. xxi, 2.
— HIST. un* s. D'escriture li fist aprendre, Opposer autre et li defl'endre; El mont [monde] n'i ot dialetien Qui vaincre le peQst de rien. Fie de» saints, nu. dans lacurne. || xvi* s. Ce trait dialecticien et cet usage de propositions divisées et conjoinctes.... mont. Il, 172.
— ÊTYM. Diahctique 4.
4. DIALECTIQUE (di-a-lè-kii-k') . || 1* Adj. Qui a rapport à l'art de raisonner, de discuter. Les procédés dialectiques. || 2° S. f. Dans l'ancienne philosophie, argumentation dialoguée par laquelle Zenon d'Ëlée, qui en est dit l'inventeur, établissait la doctrine de l'immobilité et des idées contre les partisans de l'expérience sensible et du mouvement. || D'après Platon, la dialectique signifiait trois choses: le dialogue employé comme méthode d'investigation scientifique; le procédé logique, qui tanlfll décompose l'unité en ses éléments naturels, lantAl ramène la multiplicité k l'unité; la science des idées ou de lêtre en soi. || Pour Aristote, la dialectique est, en général , l'art de discuter ; sent qui est devenu et resti le sens actuel.
— SYN. dialectique, logique, orammairi. La logique est la connaissance des procédés par lesquels l'intelligence découvre ou constate la vérité. La grammaire est l'art de parler ou de trouver, pour chaque pensée, pour chaque notion de l'intelligence, le signe qui lui est propre. La dialectique use des prooédés de la logique et de la grammaire pour faire ressortir l'évidouue des vérités et la fausseté des
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DIA
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erreurs. En ce sens la dialectique est l'application ou la pratique de l'art dont la logique est la théorie; mais cette diiïi'rence disparaît dans les dérivés dialecticien et logicien, qui tous deux expriment celui qui déduit ses raisons avec une rigoureuse exactitude.
— HIST. xtn* s Ce dit Renarz: Je sai plus de
toi les set arz; Sez tu rien de dialectique V Ren. ÎI205. Il XVI' s. Cicero reprend aulcuns de ses amis d'avoir accoustumé de mettre à l'astrologie, au droict, à la dialectique et à la géométrie, plus de temps que ne meriloient ces arts, mont, ii, 239.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. diaki-lica; ital. dialettica; du latin dialecUca; du grec êiiXextix^, de îiaMyeiv, discourir (voy. dialecte).
+ s. DIAI.ECTIOUE (di-a-lè-ktik"), adj. Qui appartient à un dialecte. Les différences dialectiques.
— ÊTYM. Dialecte.
BIALECTIQUEMENT (di-a-lè-kti-ke-man), adv.
Selon les formes de la dialectique. Raisonner diatectiquement.
— ÉTYM. Dialectique i, et le suffixe ment.
i DIALEGMATIQCE (di-a-lè-gma-ti-k'), ad;. Terme didactique. Sciences dialegmatiques, celles, suivant Amptre, qui étudient les signes servant à transmettre les idées, les sentiments, les passions.
— ÊTYM. AiaXéytiv, discourir (voy. dialecte).
t DIALLAGE (di-al-la-j') , *. f. Terme de minéralogie. Silicate de magnésie et de chaux ou de fer, d'un vert plus ou moins foncé et se divisant en lames brillantes.
— ÊTYM. AiaUaff), échange, division, séparation.
tDIALLAGIQUE (di-aUa-ji-k'), adj. Terme de minéralogie. Oui tient de la diallage.
t DIALLÈLE (di-al-lè-1'), t. f. Terme de rhétorique. Sorte de renversement ou d'antimétathèse, comme dans cette phrase : C'est le plus riche des savants et le plus savant des riches.
— ÉTYM. AiâX).ri>o;, réciproque, deîio, et iïUti- Xoç, l'un l'autre, de dXXo;, autre (voy. autre).
DIALOGIQUE (di-a-lo-ji-k') , ad]. Qui est en forme de dialogue. Traité dialogique.
— ÊTYM. Dialogue.
+ DIALOGIQUEMENT (di-a-lo-ji-ke-man), adv. Terme didactique. En observant la forme du dialogue.
— ÉTYM. Dialogique, et le suffixe ment.
t DIALOGISER (di-a-lo-ji-zé), «. a. Traiter par dialogues. Platon a dialogisé sa philosophie.
- HIST. XVI* s. ûialogizer, Contes de cbolières, Epttre, ^ t , dans lacurne.
— ÉTYM. Dialogue.
BIALOGISME (di-a-lo-ji-sm'), ». m. L'art, le genre du dialogue. || Figure de rhétorique qui consiste à mettre sous la forme de dialogue les idées ou les sentiments que l'on prête à ses personnages, comme dans ces vers de la Fontaine : Est-ce assez, dites-moi ? N'y suis-je point encore ? — Nenni.
— M'y voilà donc? — Point du tout. — M'y voilà?
— Vous n'en approchez point, Fabl. i, s.
— HIST XVI* s. Le conducteur de ses dialogismes [de Platon] , Socrates, va tousjours demandant et esmouvant la dispute, jamais l'arrestant, jamais satisfaisant, hont. u, 23».
— ÉTYM. Dialogue.
DIALOGISTE (di-a-lo-ji-sf), t. m. et f. Celui ou celle qui a fait un dialogue, des dialogues. Peu usité.
— ETYM. Dialogue.
DIALOGUE (di-a-lo-gh'), t. m. || 1* Entretien entre deux personnes. Voici le dialogue qui s'établit entre le père et le fils. U a eu un dialogue admirable avec Rahuel, sÉv. <74. || a* Par extension, ouvrage littéraire en forme de conversation. Les dialogues des morts de Lucien, de Fontenelle. Sa pièce est toute en dialogue. || Dialogues de Platon, entretiens sous la forme desquels Platon a exposé toute sa philosophie. || 3° La manière dont un auteur dramatique fait parler ses personnages Le dialogue de cette pièce manque de vérité. || 4° Terme de musique. Parties qui se répondent, et qui souvent se réunissent.
— HIST. xyi's. Platon me semble avoir aimé cette forme de philosopher par dialogues, àescient, pour loger plus décemment en diverses bouches la diversité et variation de ses propres fantaisies, mont, ii, HO.
— ÊTYM. Lat. dialogusjie 8iiiXoïo;,de8iaXiYeiv, discourir (voy. dialecte).
DIALOGUÉ, ÉE (di-a-lo-ghé , ghée), part, passé. Il 1" Mis en dialogue. Un discours dialogué avec justesse.L'AB. HOUTEViLLE,dansDESFONTAiNES. L'églogue dialoguée telle que la troisième de Virgile, Dissert.
t. le p. épique, dans desfontaines. || 8* Où l'art du dialogue est observé. Un premier acte plus poli que n'était l'autre, plus dialogué et plus convenable, VOLT. Lell. d'Argental, 13 août <763.
DIALOGUER (di-a-lo-ghé) , ï. n. || 1° Dans le style familier, converser. Nous avons longtemps dialogué ensemble sans nous comprendre. || 2° Ecrire, parler, chanter en dialogue. Les personnages de Molière dialoguent avec beaucoup de naturel. U me paraît entendre à merveille ce que personne n'entend : c'est l'art de dialoguer, volt. ùlt. Chabanon, 20 nov. <767. Il Terme de musique. Faire dialoguer deux voix. Il 8* V. a. Bien dialoguer une scène, faire que les dilTérents personnages parlent comme ils doivent parler.
— ÉTYM. Dialogue.
t DIALOGUEUR (di-a-lo-gheur), s. m. Celui qui écrit un dialogue , qui conduit le dialogue d'une pièce de théâtre. Dancourt est un agréable dialogueur.
— ÊTYM. Dialoguer.
t DIALTHÉE (di-al-tée), s. m. Terme de pharmacie. Onguent composé avec le mucilage de la racine de guimauve.
— ÉTYM. Aià, et iXSaîa, guimauve.
t DIALYPÉTALÉ, ÉE (di-a-li-pé-ta-lé , lée), adj. Terme de botanique. Qui a les pétales distincts dans la corolle polypétale.
— ÊTYM. AiiXÛM, séparer, ei pétale.
t DIALYSE (di-a-li-2'), j.f. || 1° Terme de chimie. Séparation et purification de certaines substances à l'aide du dialyseur. || î* Terme de chirurgie. Solution de continuité. 118° Terme de rhétorique grécolatine. Sorte d'hyperbate dans laquelle l'ordre du discours est interrompu par l'interposition d'une sentence. || Figure par laquelle on omet certaines conjonctions, par exemple la conjonction et.
— ÉTYM. AtâXuffu; , de Stà, et Xûoiî, action de délier, t DlALYSÉPALE(di-a-li-sé-pa-l'), adj. Terme de
botanique. Cahce dialysépale, calice dont les sépales ne sont pas soudés entre eux; tels sont le pavot, le tilleul, etc.
— ÉTYM. AtaXûw, je sépare, et sépale.
t DIALYSER (di-a-li-zé) , V. a. Terme de chimie. Séparer par le dialyseur les substances susceptibles de se dégager d'un mélange; substances dites diffusives et qui sont la silice hydratée, l'alumine hydratée, l'amidon, la dextrine, etc.
— ÉTYM. AiaXOw, je sépare.
f DIALYSEUR (di-a-li-zeur),«. m. Terme de chimie. Instrument composé d'un papier-parchemin tendu sur un cerceau de bois, en forme de tamis; on verse le fluide à dialyser sur le papier, de manière à ne former qu'une couche d'un centimètre d'épaisseur, et l'on place le dialyseur dans un bassin plein d'eau; c'est dans cette eau que passent les substances susceptibles de se séparer.
— ÉTYM. Dialyse.
f DIALYSTAMINÉ, ÉE (di-a-li-sta-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Dont les étamines ne sont pas soudées.
— ÉTYM. AiaXûto, je sépare, et étamines.
t DIALYTIQUE (di-a-li-ti-k'), ad;'. Qui se rapporte à la dialyse.
— ÉTYM. Voy. dialyse.
t DIAMAGNÉTIQUE (di-a-ma-gné-ti-k') , adj. Terme de physique. Corps diamagnétiques, ceux qui se placent équatorialement, c'est-à-dire dans une direction perpendiculaire à la ligue des deux pôles d'un aimant.
— ÉTYM. Aià, et magnétique.
t DIAMAGNÉTISME (di-a-ma-gné-ti-sm'), ». m. Terme de physique. Ensemble de phénomènes offerts par les corps diamagnétiques.
DIAMANT (dia-man; en vers, de trois syllabes), s. m. Il 1° Pierre précieuse, la plus brillante et la plus dure de toutes , et qui est du carbone pur. Le plus beau diamant qui brille à ma couronne, Tristan, M.-deChrispe, iv, 7. Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin sesplus beaux ornements, boil. Art poét. ii. L'or et les diamants brillent sur ses habits, volt. Scythes, i, 4. Le vrai diamant ou le diamant le plus pur présente un octaèdre, bonnet, Contempl. nat. 3* part. ch. 4. De toutes les matières qui représentent l'éclat de l'opulence, le diamant est la plus précieuse, baynal, Hist.phil. IX, 24. On n'a pas l'idée que le diamant ait été soumis à l'action du feu avant <694 et 4695, que le célèbre Averani en exposa un au foyer d'un miroir ardent pour l'instruction de Jean Gaston de Médicis, son élève, id. ib. Enfin M. Darcet entreprit en France, en 1768, de soumettre le diamant au feu de porcelaine, id. ib. Il en résulte très-clairement [des essais de M. Darcet] et de ceux qu'on a répétés
après lui, que le diamant s'évapore et brûle assez rapidement au feu et à l'air libre, id. ib. On trouva ordinairement le diamant empâté dans une sorte de ciment naturel rougeâtre, assez analogue à nos briques de terre glaise ferrugineuse, babinet, Ilevue des Deux-Mondes, 48B5, I6 février, p. 800. Les anciens ne paraissent pas avoir soupçonné que le diamant pût être taillé ; ils ne connaissaient que le diamant à pointes naturelles, ayant huit faces triangulaires et formant en tout sens une double pyiamide, ID. ib. \\ Diamant brut, celui qui n'a pas été taillé. Il Diamant faux, pierre naturelle ou factice qui imite le diamant ; et aussi nom sous lequel on a désigné la variété incolore ou limpide du zircon. Il Diamant rosette, ou diamant rose, diamant taillé en rose, taille qui consiste à laisser au diamant une large face plane .en dessous et à recouvrir le dessus de plusieurs facettes pour obtenir par le reflet sur la face d'en dessous des feux semblables à ceux du brillant. || Diamant brillant, celui qui est taillé à facettes par-dessous comme par-dessus. {| Diamant de nature, diamant qui n'est pas d'une belle eau. Il Diamant savoyard , diamant qui est coloré en noir ou en brun. || Diamant d'Alençon, du Canada, quartz hyalin noir. || Diamant du Rhin, quartz hyalin limpide. || Diamant spathique, corindon. Il 2° Bague qui a un diamant. U lui passa un diamant au doigt. Mais il m'a demandé mon diamant pour gage, corn. Nicom. v, 10. Je. me trompe fort, ou la beauté de ce diamant fera pour vous sur son esprit un effet admirable, mol. Bourg, genl. m, 6. || 8° Fig. C'est un diamant, se dit d'un petit ouvrage d'art ou de littérature d'une exécution parfaite. J'étais le grain de sable, je résolus de devenir diamant, volt. Zadig, 16. || Édition diamant, impression en caractères très-fins , mais bien nets etjolisàl'œil. || Diamant se prend souvent, au figuré aussi, comme le symbole de la dureté extrême. Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages Sur tant de beaux ouvrages ? Us sont pour vous d'airain, d'acier, de diamant, la font. Fabl. T, 16. Ames de bronze, humains, celui-là fut sans doute Armé de diamant, qui tenta cette roule. Et le premier osa l'abîme défier, id. ib. vu, H. Il 4° Terme de miroiterie ou de vitrerie. Instrument au bout duquel est enchâssée une pointe de diamant et qui sert à couper le verre. || 5* Terme de marine. Le diamant d'une ancre, la jonction des deux bras avec la vergue. || 6" Terme d'architecture. Pointes de diamant, pierres qui, dans les parements à bossages, sont taillées à facettes comme des diamants, DE laborde, .^mat», p. 263. Il 7° Couleur diamant, sorte de peinture dont la base est le graphite (substance très-réfractaire comme le diamant). Tôle vernie avec la peinture dite couleur diamant. Presse scientifique, t. i, p. 96. || 8° Diamant de verre, faux diamant. Ne pensez pas leur faire plaisir [aux prophètes et aux apôtres] de leur prêter si libéralement, etsans qu'il en aient besoin, vos épilhètes et vos métaphores, de les charger de votre chimie et de vos diamants de verre, balz. Socr. chr^t. ch. 7.
— HIST. XIII* s. Pelles [perles], coraus et crisolites Et diamans et amecites, FI. et Bl. 667. Geste, se Ii actor [auteur] ne ment, Percerolt pierre d'aiment, Por qu'ele fust bien de 11 pointe; Car ele a trop ague pointe, la Rose, 15698. || xiv* s. Trois grantz rubis en aneaus, une amjraude, un diamant de grand pris en une boiste d'argent enamiUé, qui fust trové sur ledit Pierre quant il fust pris, de laborde. Émaux, p. 250. Ceste pierre est si dure que elle n'est despecée ne par fer ne par feu; ne elle n'est pas escliauféo. Toutesfoys elle est despecée par le sang du bouc quant il est chault et nouvel. Et des pièces qui en saillent on entaille et perce les aultres pierres, id. t'b.p. 250.||xv*s. Deux ce d'or, garnys d'un grand dyamant & huit costez, mis en ung œul d'or esmaillé de blanc, id. ib. p. 251. Seize dyamans de plusieurs tailles, id. ib. Un annei d'un dyamant gros, de quatre losenges en la face dtidit dyamant et de demies losenges par les costez dudit dyamant, id. ib. p. 264. Vos blanches dents ou plustost diamans Sont la prison des esprits des amants, st-gelais (26).
— ÉTYM. Provenç. diaman; catal. dtomont; ital. diamante; du latin adamantem. Adamantem, qui a donné régulièrement a'imant, aimant {adamas a eu aussi dans la basse latinité le sens d'aimant), f donné par interversion diamant; et, signifia." t k fer, une chose très-dure et, en particulier, le diamant, il vient du grec â5â(iaç, de à privatif, et 8(ï(j.(iw, dompter (latin liomare, voy. dompter): ce qui ne peut être dompté, vaincu.