‹ Dictionnaire de la langue françaiseChapitre 83 sur 388 · T)IV · texte numérisé non relu

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BOIL. Art p. III. Il 3° Par antonomase, le vrai Dieu. Il semble que ce senliuient [de la toute-puissance de Dieu] n'est pas moms gravé dans l'esprit des hommes que celui de leur liberté, puisqu'ils comprennent, dans les vœui qu'ils font et dans les actions de grftces qu'ils rendent à la divinité, plusieurs choses qui ne leur arriventque par leur liberté ou celle des autres, boss. Libre arb. 3. Du séjour bienheureux de la divinité, bac. Esth. Prol. Un enoyé de la divinité Eût semblé moins terrible au peuple épomanté, delav. Vêpres sicii. v, i. || i° Par extension, ce qu'on adore, ou qu'on est censé adorer. Je jure donc par vous, 6 pitoyable reste, Ma divinité seule après ce coup funeste.... cobn. M. de P. v,i. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux; Ces deux divinités n'accordent à nos vœux Que des biens peu certains, des plaisirs peu tranquilles, LA FONT. Phil. et Daucis. Une divinité volage [la mode] Nous anime et nous conduit tous, BEBNis. Il S" Fig. Femme très-belle. C'est une divinité. Sachez que je m'impute à trop de lâcheté D'entendre mal parler de ma divinité^la femme que j'adore], mol. l'Etour. m, 3.

— HlST. xm* s. Ainsinc preeschier le soloient Jadis par Paris la cité Li mestre de divinité [théologie], la Rose, uns. ||xiv* s. Si seront 20 escolier enfant en gramaire et 30 en logique et en philosophie et 20 en théologie ou en divinité, du cange, art.

— ÉTYM. Provenç. dttnnt fat ; espagn. divinidad; ital. divinitd; du latin divinitatem, de divinus, divin. Dans l'ancien français ce mot signifie théologie, d'où l'anglais divinity, qui a ce sens.

DIVIS (di-vi), s. m. Terme de jurisprudence. Partage. Demander le divis. Posséder par divis.

— £tyh. Lat. divisus, part, passif de dividere (voy. diviseb).

t DIVISANT, ANTE (di-vi-zan, zan-t"), adj. Oui divise. Dieu n'a pas fait la mauvaise volonté; mais, en la divisant d'avec la bonne, il l'assujettit à l'ordre et la fait servir à la beauté de l'univers et de l'Ëglise; il faut donc entendre dans Dieu, lorsqu'il agit dans les pécheurs, cette opération divisante, BOSS. dans le Dict. de dochez.

t DIVISE (di-vi-z'), s. f. Terme de blason. Pièce qui n'a que la moitié de sa largeur ordinaire ou qui est divisée. || Fasce qui n'a en hauteur qu'une demipartie des sept de la largeur de l'écu.

— ÉTYM. Ixit. di'tJisa, part. fém. passif de dtï-tdere, diviser (voy. ce mot).

DIVISÉ, ÉE (di-vi-zé, zée), part, passé. ||1' Séparé par parties. Un parterre divisé en plusieurs compartiments. Voilà les enfants de Dan divisés par familles, saci, Bible, Nombres, ixvi, 42. ||Se dit, en botanique, de tout organe qui, bien que formé en apparence d'une seule pièce, se partage profondément en plusieurs parties qui vont jusqu'à sa base. Il Terme de blason. Se dit de la fasce, de la bande ([ui n'ont que la moitié de leur largeur. || 2° Qui n'a pas de contact avec, de rapport avec. Du reste des humains ils semblent divisés, bac. Esth.n, i.|| Fig. Cette Ame, d'avec soi tout à coup divisée. Reprend de ses remords la chaîne mal brisée, corn. Sertor.

I, <■ Il S' Terme de mathématique. Qui a subi l'opération de la division. 100 divisé par 10 donne io. a divisé par x s'écrit J. || i° Qui est en discorde. Tenez toujours divisés les méchants; La sûreté du reste de la terre Dépend de là.... la pont. Fables, vu, 8. Vos yeux ne verront plus tous ces chefs ennemis Divisés d'intérêt et pour le crime unis, volt. Jf^r. I, 1.

piVlSÉMENT(di-vi-zé-man), adv. Séparément.

11 [Dieu] est sa propre cause : il existe par lui-même, infini comme il est; et rien ne peut être conçu divisément dans son être substantiel, bobllainvil- UEHS, Rifutation deSpinosa, p. 67.

— HlST. XIV* s. Ordonnons que inventoire soit fait de tous les escriptz de la Chambre, et les corrigiez mis d'un part, et les autres d'autre, et chascuns escriptz d'un pays mis ensemble en huches devisiement, Ordonn. janv. 1319. Ils usent de teles amislés diviséement, ORESME, Elh. 240.

— ÉTYM. Divisée, et le suffixe ment.

DIVISER (di-vi-zé), v. a. || 1» Séparer par parties. Diviser un corps avec un instrument tranchant. Diviser un sermon en trois points. Mais parce qu'elle voit avec la Cilhynie Par trois sceptres conquis trop de puissance unie. Il faut la diviser, corn. Hicom.

II, 3. Si la reine en eût été crue, si, au lieu de diviser les armées royales et de les amuser, contre son avis, aux sièges infortunés de HuU et de Glocester, on eût marché droit à Londres, l'affaire était décidée, et cette campagne eût fini la guerre, boss.

DlCT. DE LA LANOUa FRANÇAISE.

Berne d'Anglet. Rohault assure qu'un cube d'or de s lignes et 1/7 est divisé par des ouvriers en 651690 parties égales à la base, rolun. Traité des Éi. liv. vi, art. 3 et 4. Ce mage divisa en plusieurs parties ce qui n'avait pas be.soin d'être divisé, volt. Babouc. Il Terme de typographie. Diviser un mot, le séparer en deux parties, dont la premièreresteàla fin d'une ligne. Il Fig. Il faudra que je perde ou divise son cœur, BOTR. Herc. mour. ii, 2. || Séparer par parties pour partager. Je divisai mon argent entre eux. X ce tendre dépôt du sort abandonné Je divisai le pain que le sort m'a donné, volt. Guèb. iv, 6. Il fonde les cités, familles immortelles. Et, pour les soutenir, il élève les lois, Qui, de ces monuments colonnes immortelles. Du temple social se divisent le poids, LAMART. Harm. n, 1. || Absolument. Établir des divisions. Diviser et classer. || 2" Par extension, séparer l'un de l'autre. Il fuit pour mieux combattre, et cette prompte ruse Divise adroitement trois frères qu'elle abuse, corn. Hor. iv, 2. Il 3° Diviser se dit avec de et d'avec. Vous diriez qu'il [Jésus-Christ] ne saurait se passer d'eux, et que son royaume ne lui plairait pas s'il ne le possédait en leur compagnie et s'il ne leur en faisait pari; il ne veut pas même que son père les divise de lui dans son affection, boss. 2' serm. pour la Toussaint, m. Ces mers qui divisent la Grèce d'avec l'Italie, FÉN. Tél. XII. Rien de plus matériel que la théogonie antique; loin qu'elle ait songé, comme le christiai..sme, à diviser l'esprit du corps, elle donne forme et visage à tout, même aux essences, même aux intelligences, v. iiUGO, Cromwell, préf. Il Ces exemples prouvent que Voltaire a eu tort de blâmer Corneille d'avoir dit : Une âme d'avec soi divisée (voy. divisé). || 4° Terme de mathématiques. Diviser un nombre, une quantité, une grandeur par une autre, chercher combien de fois cette autre est contenue dans la première. || 5* Semer la discorde, la désunion entre les personnes. Lorsque deux factions divisent un empire, corn. Sertor. m, 2. J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Diviser cordeliers, carmes et célestins, boil. lutr. i. Si une maison est divisée contre elle-même, il est impossible que cette maison subsiste, saci, Bible, Év. SïJfarc, m, 25. Mais que notre intérêt jamais ne nousdivise, volt. Triumv. i, 4 Diviser les esprits, Aigrir des gens brouillés ou brouiller des amis, GRESSET, Méchant, iv, 4. Cet arrangement mêlait trop des hommes qui ne pouvaient s'unir, et la jalousie divisa bientôt ceux qu'un intérêt momentané avait unis, baynal, Ilist. phil. xiv, 14. Il Absolument. Diviser pour régner. 1|6° Se diviser, V. réfl. Être séparé en parties. L'armée se divisa. Seul on s'acquitte mieux d'une grande entreprise; Le travail s'affaiblit alors qu'il se divise, BOTB./lndj. m, 6. Tout le temps de l'histoire romaine depuis Romulus jusqu'à Auguste, qui est de 763 ans, peut se diviser en cinq parties, bollin, Traité des Et. liv. v, chap. 1 , 3" part. § 1 . || Fig. C'est en cette sorte que les esprits une fois émus, tombant de ruines en ruines, se sont divisés en tant de sectes, boss. Reine (ÏAnglet. Si Dieu tire un si grand bien de l'hérésie même, il le tire d'une manière encore plus douce et plus avantageuse des troubles qui s'excitent parmi les enfants de l'Église, sans qu'aucun d'eux, pour cela, se divise de son unité, abnauld. Apologie pour les saints Pères , préf. || 7" Terme d'arithmétique. Contenir un certain nombre de fois. Vingtcinq se divise exactement par cinq. \\S' N'être pas de même opinion. Les juges se divisèrent sur la question de droit, chateaub. Natch. n, 21s. || Etre en dissension. Les esprits se divisèrent bientôt.

— REM. Lorsqu'on dit dm'îcr en, les substantifs qui suivent doivent être employés sans article : Le poème dramatique se divise en tragédie et en comédie, et non pas : en la tragédie et en la comédie.

— SYN. diviser, PARTAGER. Diviser, c'est séparer les parties d'un tout; partager, c'est faire les parts ou portions; de sorte que, dans partager, il y a une idée d'attribution qui n'est pas dans diviser. On divisa l'armée, c'est-à-dire qu'on en fit deux ou plusieurs corps séparés; on partagea l'armée, c'est-àdire qu'on en attribua les parts à tel ou tel officier, à telle ou telle occupation. Pourtant diviser étant plus général que partager, peut s'employer pour ce verbe ; seulement alors la nuance d'attribution disparaît.

— HIST. m* s. [Dieu] chi devisât la Ruge mer en divisiuns. Liber psalm. p. 21a. || xm* s. Quant tu avéras tôt devisé que li nombres deseure sera menres [moindres] de celi desous.... Comput, f' 1B. Il XIV" s. Au pié de la montaigne qui devise France et Italie, Ménagier, 1, «. Il xvi* s. Quand il entre

au cœur de l'homme de se diviser d'une congrégation, calv. Instit. 821. Pourquoy se diviseroyentelles d'ensemble? id. ib. 812. La mer a joinct des terres qui esloyent divisées, comblant.... mont, i, 231. Aussitost que la raison perd ce grand chemin, elle se va divisant et dissipant en mille routes diverses, ID. n, 256.

— ÉTYM. Lat. divisum, supin de dividere, de di, préfixe, et d'un radical vidUre, que quelques-uns rattachent à l'étrusque iduo (voy. ides), et d'autres à vidëre, voir, par abréviation de la voyelle. Dans les autres langues romanes la dérivation est faite de l'infinitif; provenç. devtre, de«e*fr, dividir, divizir; espagn. dividir; ital. dividere.

DIVISEUR (di-vi-zeur), s. m. || 1» Terme d'arithmétique. Nombre par lequel on en divise un autre. Il Commun diviseur, nombre qui en divise plusieurs autres. Le plus grand commun diviseur, le plus grand nombre qui est commun diviseur entre plusieurs nombres. || Diviseur premier, nombre qui en divise un autre, mais qui, étant lui-même un nombre premier, n'a pas de diviseur. Les diviseurs premiers de 48 sont 2 et 3. || Fraction diviseur. On divise une fraction par une fraction en multipliant ia fraction dividende par la fraction diviseur renversée. Il Adj. Le nombre diviseur. || 2° Terme de métier. Appareil diviseur, se dit d'un certain système de vidanges.

— HIST. XVI* s. En division ne sont requis que deux nombres, c'est asçavoir le diviseur ou partiteur et le nombre à partir, db la roche, Arismetique, f" 9, verso.

— ÉTYM. Lat. divisor, de divisum, supin de dividere (voy. diviser).

DIVISIBILITÉ (di-vi-zi-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui peut être divisé. La divisibilité de tout nombre pair par 2. {| Propriété générale de la matière pondérable, en vertu de laquelle elle peut être séparée en parties de plus en plus ténues, jusqu'à ce qu'elles échappent à nos sens et à nos instruments L'esprit se perd dans la divisibilité de la matière; le sentiment le plus reçu est que, quelque division qui ait été faite de la matière, quelque petites que soient ces parties, elles peuvent encore être divisées à l'infini, rollin. Traité des Et. liv. vi, art. 3 et 4. La divisibilité de la matière à l'infini est une vérité géométrique et une erreur physique, bonnet. Œuvres mêlées, t. xviii, p. 86, dans pougens.

— ÉTYM. Divisible.

DIVISIBLE (di-vi-zi-W) , adj. \\ 1" Qu'on peut diviser. Plusieurs philosophes ont prétendu que la matière est divisible à l'infini. Tout ce qui se divise, se divise en parties divisibles; et ces parties, en d'autres parties divisibles ; donc il n'y a point de divisible qui soit le plus petit divisible, Diderot, Opin. des anc. phil. (Hobbisme). || 2° Terme de mathématiques. Qui contient exactement un certain nombre de fois. Six est divisible par deux et trois. Il 3° Terme de législation. L'obligation est divisible ou indivisible selon qu'elle a pour objet une chose qui dans la livraison, ou un fait qui dans l'exécution est ou n'est pas susceptible de division, soit matérielle, soit intellectuelle {Code civil).

— HIST. XIV* s. L'en doit savoir que, en toute chose continue et divisible, l'en peut prendre ce qui est plus et ce qui est moyen etcequiest egual, oresme, Eth. 44.

— ÊYTM. Lat. divisibilis, de divisum, supin de dividere (voy. diviser).

tDIVISIBLEMENT (di-vi-zi-Me-man), od«. D'une manière divisible.

— ÉTYM. Divisible, et le suffixe ment.

+ DIVISIF, IVE (di-vi-zif, zi-v'), adj. Qui divise, qui sert à diviser. Propriété divisive. || Terme de chirurgie. Bandages divisifs, ceux qui tiennent certaines parties écartées l'une de l'autre.

— ÉTYM. Lat. divisum, supin de dividere (voy, diviser); provenç. divisiu.

DIVISION (di-vi-zion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Opération par laquelle oft réduit un corps solide en parties plus ou moins ténues. On trouve, dans l'art et dans la nature, des divisions qui vont infiniment plus loin qu'on ne peut l'imaginer, rollin, Traité des Et. liv. vi, art. 3 et *. Il Terme de minéralogie. Division mécanique, propriété qu'ont un grand nombre de cristaux de sa partager dans des directions planes. |{ Terme de chirurgie. Séparation fortuite et accidentelle de partie naturellement réunies; dans ce sens il est synonyme de solution de continuité; ou séparation méthodique de ces parties opérée par le chirurgien dans des vues de guérison. || Tefme d'imprimerie. Petit tiret qui se

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met au bout d'une ligne, entre une partie d'un mot et celle qui est rejetée à la ligne suivante. || 2' Distrihution par parties. U division d'une histoire par chapitres. La divi.sion de la France en départements. La division de la circonférence en degrés. La division d'un immeuble, d'un héritage. La division d'une somme d'argent. 1| Terme d'économie politique. Division du travail, organisatiO[i du travail de telle sorte que chaque ouvrier, n'en faisant qu'une seule partie toujours la même, acquière ainsi un grand degré d'habileté. Adam Smith a très-ingénieusement remarqué combien ce qu'il a le premier appelé la division du travail, augmente sa puissance productive, J. B. SAY, Court, tsio, t. I, p. (65. Il Kn général, division du travail, division des opérations industrielles, de manière que chacune soit accomplie par une personne difTérente. L'essence de la division du travail est que chaque travailleur fasse constamment la même besogne, id. ib. t. i, p. <78. Il Terme de pratique. Bénéfice de division, exception par la(]uelle la caution obtient que le créancier divise sa demande entre tous les cofidéjusseurs. || Sans division ni discussion, solidairement l'un pour l'autre, et un seul pour le tout. || Kn langage de corps délibérants, division de laqueslion, de l'article, délibération séparée sur les divers points que présente une question, ou sur les divers paragraphes d'un article. || Dans le parlement anglais, manière de consulter l'opinion de la chambre, en faisant passer d'un côté de la salle tous les membres qui adoptent la mesure proposée, et de l'autre tous ceux qui la rejettent. || Scrutin par division, vote individuel, par opposition au vote par assis ou levé.||3° Partie divisée, séparée d'un tout. Une division territoriale, administrative. Les divisions du mètre sont le décimètre, le centimètre, le millimètre. Les divisions d'un livre. || En botanique, division se dit pour segment ou découpure naturelle d'une feuille, lobe d'un calice, d'une corolle. Corolle à cinq divisions. Il 4" Terme de guerre. Division active, réunion de deux et quelquefois de trois brigades d'infanterie ou de cavalerie, toujours accompagnées d'artillerie, de génie et d'équipages militaires. Général de division. Les soldats de Ney et ceux de la division Gudin, veuve de son général, y étaient rangés sur les cadavres de leurs compagnons et sur ceux des Russes, au milieu d'arbres à demi brisés, sur une terre battue par les pieds des combattants, sSoua, Hist. de tiap. vi, 8. || Terme de manœuvre. Réunion de deux compagnies ou de deux pelotons. Former les divisions. || Division militaire, circonscription territoriale composée généralement de plusieurs départements et placée sous le commandement d'un général de division. || 6* Terme de marine. Réunion de trois bâtiments de guerre au moins, sous la direction du chef le plus haut en grade ou le plus ancien par date de brevet, si les trois capitaines sont de même grade. Une armée navale se divise en trois escadres, et chaque escadre en trois divisions, || Chef de division, autrefois capitaine de vaisseau pourvu d'une commission qui lui donnait le droit de commander plusieurs vaisseaux. Il Compagnie de marins organisés militairement. Il 6* Terme d'administration. Réunion de bureaux sous la direction d'un commis supérieur. Un chef de division. || 7* Dans un lycée ou un collège, portion d'une même classe placée sous la direction d'un professeur distinct. Les deux divisions de la troisième. || 8* Terme de calcul. Opération qui a pour but, connaissant un produit et un de ses facteurs, de trouver l'autre facteur; et, particulièrement, en arithmétique, opération par laquelle on cherche combien de fois un nombre est contenu dans un autre. || 9* Terme de rhétorique. Partie d'un discours qui consiste à diviser en plusieurs points tout ce que l'on a à dire. La division rentre dans les parties destinées à instruire; elle en est souvent la première. || 10" Fig. Désunion , discorde. 11 arriva de grandes divisions parmi les Phrygiens,, d'ablancourt, Àrrien, liv. ii, dans HICRELET. L'abondance, augmentant les forces, engendrait les divisions, lo. Tacite, liv. i, dans rj- CBELBT. Et leur division que je vois à regret. Dans mon esprit charmé jette un plaisir secret, corn. Cid, II, 6. Et rendre un calme heureux à nos divisions, ID. Sertor. ui, 4. La division se mit dans la nouvelle réforme, boss. Var. i. Quel respect n'avait-elle pas pour le souverain pontife vicaire de Jésus-Christ et pour tout l'ordre ecclésiastique T qui pourrait dire combien de larmes lui ont coûté ces divisions toujours trop longues et dont on ne peut demander la fin avec trop de gémissements! le nom même et l'embre de division faisait horreur à la

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reine, comme à toute flme pieuse, m. Marie-Thér. Les deux Gracques, en flattant le peuple, commencèrent les divisions qui ne finirent qu'avec la république, ID. Hist. I, 9. Jeter la division parmi leurs ennemis, id. ib. m, 6. Cependant et ma haine et ses prétentions Sont les moindres sujets de nos divisions, RAC. Uiihr. I, t. Il y a entre les sciences et les richesses une ancienne et irréconciliable division, fonten. Rolle. Et laissant Rome heureuse et sans divisions, volt. X. de César, i, 3. Il est trop vrai que les divisions Ont régné trop longtemps entre nos deux maisons, id. Tancr. i, «.Différents dans leurs genres, mais placés dans la même carriire, rivaux sans divisions, concurrents dignes de s'estimer.... les Corneille, les Bossuet, les Racine, les Fénelon.... oresset, Diic. de réceptionà l'Acad.

— HIST. xii* s. Faiz fu ses houmes [son haume] pargrant division [habileté], fionc. p. 6). Qu'il nous en fasse voire division [vraie séparation], i6. p. <&». Dévorer le verrez [aux lions] par mil divisions, ib. p. 200. Gardez [ayez soin] que li message [les messagers] soient mis en prison; Nous en ferons justice à no devision [à notre volonté], Sax. iiv. || xiii's. Se feme requiert que division soit fête des b^ns son mari, du vivant du mari, on ne doit pas opeir à sa requeste, beaum. lvii, ï. Se tu as bien devisé, multeplio celé devision; et quant tu l'averas multeplié.... Comput, f a. Il XIV» s. Le samedi devantla division des apostres, l'an Mccciïl. "ibl. des Chartes, 4* série, t. m, p. S72. || xvi* s. l vsperance que ceste licence augmenteroit les parts et les brigues de la division et empescheroit le peuple de se réunir et de se fortifier contre lui par leur concorde et unanime intelligence, mont, in, 84.

— - ÊTYM. Provenç. devision, devexio; espagn. division; ital. divisione; du latin divitionem, do divisum, supin de dividere (voy. diviser).

DIVISIONNAIRE (di-vi-zio-nê-r*), adj. Qui appartient à une division, à une circonscription. Inspecteur divisionnaire. || Professeur divisionnaire, ou, substantivement, un divisionnaire, professeur d'une division, quand le nombre trop grand des élèves oblige à diviser une classe. Le professeur de la c* division est le titulaire, et les autres professeurs sont dits professeurs divisionnaires; ils ont aussi porté le titre de professeurs agrégés, professeurs adjoints. || Terme de guerre. Général divisionnaire, et, substantivement, un divisionnaire, général de division. Le plus ancien divisionnaire de l'armée. Capitaine divisionnaire, capitaine qui dirige les mouvements d'une division. || Monnaie divisionnaire, monnaie qui représente les divisions de l'unité monétaire, chez nous du franc, telles que les pièces de 60 centimes et de 20 centimes.

— ÉTYM. Division.

DIVORCE (di-vor-s'), ». m. || 1* Rupture légale du mariage du vivant des époux. Prononcer le divorce. Le divorce, autorisé par le Code Napoléon , fut aboli dans les premières années de la Restauration. Il y a cette différence entre le divorce et la répudiation, que le divorce se fait par un consentement mutuel, à l'occasion d'une incompatibilité mutuelle; au lieu que la répudiation se fait par la volonté et pour l'avantage d'une des deux parties, indépendamment de la volonté et de l'avantage de l'autre, hontesq. Espr. xvi, t6. Le divorce aujourd'hui si commun aux Romains, corn. Pomp. ii, 1. Régnez; qui fait les lois peut bien faire un divorce, id. Othon, i, s. ....Tite fit tôt après De Bérénice à Rome admirer les attraits; Pour elle avec Martie il avait fait divorce, ID. Tite et Bérin.i, <. Le landgrave, sans faire divorce avec sa femme, en prit une autre, boss. Avert. 4. Holse fut le premier qui permit le divorce, à cause de la dureté de cœur des Juifs, le maItre, Plaidoyer «, dans richelet. Trop heureux, si bientôt la faveur d'un divorce Me soulageait d'un joug qu'on m'imposa par force, rac. Brit. ii, 2. Il 2° Fig. Séparation. Une vertu brutale Que son mérite aveugle et qu'un faux jour d'honneur Jette en un tel divorce avec le vrai bonheur, corn. Nicom. III, 2. Que le bon soit toujours camarade du beau.... Mais comme le divorce entre eux n'est pas nouveau, LA PONT. Fabl. VII, 2. Ce divorce avec le monde a été plus de corps que d'esprit, bourd. Pensées, t. n, p. 4<2. L'état de chrétien sur la terre, un état de divorce avec les sens, mass. Av. Disp. Ne devait-il pas exiger de vous un divorce entier et sans retour avec les objets de nos passions? ID. ib. Communion. Les paroles et les pensées N'étaient point en divorce encore, la motte, Fabl. ii, 7. || Faire divorce avec, renoncer à. Il a fait divorce avec les plaisirs. Et qu'il est malaisé de faire un plein divorce Avec la douce amorce Que chacun ports au cœuri corn. Imit. i,

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3. Avec les faux Romains elle [Rome] a fait plein divorce, id. Sertor. m, 2. 11 demeura à ces mots .sans parole et sans force. Tous ses sens d'avec lui font un soudain divorce, id. Attila, v. ». Rien n'échappe à sa vue, et le sommeil sans force Fait avec sa paupière un éternel divorce, ID. Toit, d'or, i, 4. Nous y faisons divorce pour un moment avec nos passions, hass. Car. Confesi. || 8* Dissension entre parents, amis, etc. H est en divorce avec tout le monde. Ils ont assez longtemps joui de nos divorces, CORN. //or. I, 4. La ville calmée N'a plus à redouter le divorce intestin Du soldat insolent et du peuple mutin, id. Pomp. iv, 8. L'hymen où je prétends ne peut trouver d'amorces Au milieu d'une ville où régnent les divorces, id. Serlor. iv, 2. Tu mets dans tous mes sens le trouble et le divorce; Je veux ne t'aimer plus, et n'en ai pas la force, lO. lois, d'or, II, 2.

— HIST. XVI* s. On appelle hérétiques et schismatiques ceux qui, en faisant un divorce en l'Eglise, rompent l'union d'icelle, calv. Instit. 830. La félicité de ces frères apporta le divorce [désunion], fondé sur ce que Mahomet le cadet no voulut poiijl payer de tribut à Hamet son aisné, d'adb. Bist.

— ÊTYM. Provenç. divorsi; espagn. divoreio; ital. divorxio; du latin dt'vord'utn, de di.... préfixe, cl vertere, tourm^r (voy. version).

DIVORCÉ, ÉE (di-vor-sé, sée), part, posté. Oui a fait divorce. Femme divorcée. || Substantivement. Un divorcé. Les divorcés.

DIVORCER (di-vor-sé. Le c prend une cédille devant a ou o: nous divorçons; je divorçais), v.n. Il 1° Faire divorce. On divorçait très-facilement à Rome. Les deux époux demanderont à divorcer. Par malheur sa femme était sige; Mais aussi Robin divorça, BËRANO. Ami Robin. || 2* Fig. Les anges célèbrent les noces de ces femmes qui ont divorcé avec la terre pour s'unir au ciel, chateaub. Natch. iv, 477. Le divorce est en pratique Aujourd'hui pour bien des gens; Plus d'un grave politique Divorce avec le bon sens : Le financier qui nous pille Divorce avec le crédit ; Et plus d'un auteur qui brille Fait divorce avec l'esprit, Stienne, dans qibadlt-doti-

VIEK.

— REM. Divorcer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : cette femme a divorcé hier; avec l'auxiliaire <tre, quand on veut exprimer l'état: cette femme est divorcée depuis longtemps.

— HIST. XIV" s. Mariage divorcé, boutillier, .Somme rurale, p. 727, dans lacuhne. || xvi* s. Vous avez mis en butte Ciceron , comme s'il estoit à louer de s'estre divorsé d'avec sa femme Terentia, Contes de choliêres, f» )93, dans laccrne.

— ÉTYM. Bas-lat. dt'eorti'ore, de divorlium, divorce. 11 y avait l'adjectif desvorce: Tant que de son corps soit desvorce L'ame.... j. de meuno, Tr.

t DIVULGATEUR, TRICE (di-vul-ga-teur, tri-s"), (. m. et f. Celui, celle qui divulgue, qui publie.

— HIST. XVI" s. Divulgateur, ocdin, Diet. ■

— ÉTYM. Divulguer.

DIVULGATION (di-vul-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de divulguer; résultat de cette action. La divulgation d'un secret. Effrayons d'abord la Suzanne sur la divulgation des offres qu'on lui fait, BEAUHARCii. Ifor. de Fig. i, *■ Afin de provoquer pour la mémoire de Fouquet un réveil de l'attention publique, il faudrait apporter un contingent de divulgations nouvelles, carnA, Bévue des Deux-Mondes, )6 mars 1883, p. 342.

— HIST. XVI" s. Si vous tiendraije ma promesse: c'est de jamais plus ne nous voir, après la divulgation de nostre amitié, maro, Nouv. lxx.

— ÉTYM. Lat. divulgalionem (voy. divuloder). DIVULGUÉ, ÉE (di-vul-phé, ghée), part, posté.

La nouvelle bientôt divulguée. Mes faits par la gazette en tous Heux divulgués, corn. Ment, t, 3.

DIVULGUER (di-ïul-ghé), r. a. Porter à la connaissance du public ce qui était ignoré. Divulguer un secret. Ils n'ont point de faveur qu'ils n'aillent divulguer, mol. Tart. m, 3. Je ne sais qui m'arrêta et retient mon courroux. Que, par un prompt avis de tout ce qui se passe. Je ne coure des dieux divulguer la menace, rac. Iphig. iv, i. Ce fut PhilolaQs qui divulgua la doctrine de Pythagore, dideb. Optra, des anc. phil. ( Pylhagorisme ). S'il arriva qu'une invention favorable aux progrès des sciences et des arts parvienne à ma connaissance, je brûl» de la divulguer, id. Peinture en cire. Œuvres, t. XV, p. 371 , dans rocoENS. || Se divulguer, v. rifU Etre divulgué. Des mystères qui se divulguent

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