II. Donques ai-je toute joie enhaïe, ib Diexl ifau
drai-je donc? Oïl, par Dieu, tels est ma destinée. Et tel destin m'ont doné li félon, ib. vi. Se fins amis ....Doit joie avoir pour servir leaument, Dont doi-je bien par droit estre joieus, ib. vu. Qui dont veîst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues.. . Sax. viii. Quant l'aurez salué, don lui dites cornent Guiteclins de Sassogne envers nous entreprent, ib. xxi || xin' s. Se vous voulez la serve par no [notre] conseil mener. Dont ne lui faites mie du cor la vie oster, Berte, xcvii. || xvi- s. Qui est celuy doncques si inhumain, Qu'en tout ennuy ne loue ce bon Pere?MAR0T, i, 297. Qui dira donc, qu'un seul cas fortuit Soit entre nous, il n'est pas bon chrestien, id. i, 299. Quelqu'un donc me disoit l'aultre jour que.... mont, i, 4 68. Le premier doncques qu'il desfeit fut un voleur nommé Periphetes, AMYOT, TMs. 40.
— ÊTYM. Provenç. donc, dune, doncas, alors, donc; catal. doncs; anc. espagn. doncas; anc. ital. dunqua; ital. mod. diinque; pays de Come. donch; vénitien, donca. Ce mot présente des difficultés. On trouve dans de très-anciens textes ad tune pour alors; Diez en tire adonc, ce qui en effet explique la substitution, dans toutes les langues romanes, du d au t de tune; et il regarde adonc comme la forme primitive, et donc comme une abréviation par aphérèse de la première voyelle. Cela est trèssatisfaisant pour le sens, donc ayant eu évidemment la signification d'aîor», et le passage d'aJors à donc se comprenant sans peine. Mais, sans parler du retranchement de l'a initial dans le français, qui en offre si peu d'exemples avérés, les formes en as, doncas, en a, dunqua, en e, dunque, ne se prêtent pas à la dérivation de tune, tandis qu'elles se prêtent à la dérivation de unquam, ce mot ayant donné unco, unqua, oncas, onke ; de sorte que, quant à la forme, donc serait de-unquam; mais alors c'est le sens qui fait difficulté. Ces deux alternatives étant posées, on peut penser pourtant que cet adverbe composé de-unquam a pris la signification d'aiors et les significations subséquentes, comme l'adverbe composé de-usque a pris le sens de jusque.
1 4. DOrTDAINE (don-dè-n'), ». f. Terme militaire du moyen âge. Machine pour lancer de grosses pierres.
— HIST. XV* S. Et veez ci venir le trait d'une dondaine que ceux de l'est laissèrent aller, froiss. ii,
— ÉTYM. Origine inconnue, à moins que ce ne soit une onomatopée.
t 2, DONDAINE (don-dè-n'), s. f. Instrument à vent fait comme une cornemuse et usité dans le moyen âge. || Mot qui s'applique encore à des refrains de chansons triviales, et qui est ordinairement accolé au mot dondon. La faridondaine, la faridondon.
— ÉTYM. Peut-être une onomatopée.
DONnON (don-don), ». f. || 1° Femme ou fille qui
a beaucoup d'embonpoint et de fraîcheur. Une grosse dondon. Une jolie dondon. Cependant la reine Didon Perdait sa face de dondon, scarron, Virg. trav. dans LEROUX, Dict. comique. || 2° S. m. Un des noms vulgaires du dronte.
— ÉTYM. Ce mot paraît avoir de l'analogie avec dondaine et même avec dodu. Mais, dans l'état actuel, on ne peut rien dire de plus.
\ DONDOS (don-dos'), s. m. Nom, au Congo, des enfants blancs ou albinos qui naissent des nègres.
t DONGRIS (don-gri), ». m. Terme de commerce. Toile de coton des Indes
t DONILLAGE (do-ni-lla-j', Il mouillées), ». m. Terme de métier. Voy. douillage, dont donillage est une fausse lecture.
t DOMLLECX, EUSE (do-ni-lleû, lleù-z', {{ mouillées), adj. Terme de métier. Voy. douilleux, dont donilleux est une fausse lecture.
DONJON (don-jon), ». m. || 1° Grosse tour crénelée ajoutée à un château qu'elle domine et servant de forteresse en cas de nécessité. Le donjon de Vincennes. Il conserve les ruines, les restes de donjons, les tours abandonnées, tout ce qui pourrit et tombe, p. L. COUR. Lettres au Censeur, 5. || Fig. Heureux d'avoir su vous défendre, J'accours des célestes donjons, bérano. Bluets. \\ 2° Tourelle sur une plate-forme. || 3» Petit pavillon élevé au comble d'une maison,
— HIST. XII" s. Itant sachez e créez bien, Ne remaindra en Flandres rien, Dangon ne tur ne fortelesce, BENOIT, II, 13391. Comme l'en porreit mètre en cest danjon, Gérard de Ross. p. 34». Abatre ses
DON
donjons, Hone. p. 44. [Chevalier] Qu'il ot fait adouber en son maistre donjon, Sax. viii.|| xiii* s. Quant li rois monta el doignon, iat de Melion. Por quant tant s'estoit esloigniez Qu'à Malpertuis s'est adreciez Son fort chastel et sa meson. Sa forteresce, son donjon, Où il ne crient [craint] ost ne asaut, Ren. 14 344. Il XV s. Tout ainsi que le donjon d'une fortrece est assis en la plus fort place du chastel, christ. DE PISAN, Charles V, ii, 4.
— ETYM. Provenç. donjon, domejo, dompnhon ; bas-lat. domnio, domgio, donjo. Il faut un mot qui prête à la double forme doiij'on et don;on ; le provençal prouve que la forme par on est la primitive; l'on sait que la forme par on devient très-facilement en dans l'ancien français (loiunfo», volonté, volonté). Tout cela conduit à un bas-latin masculin domnionem, ce qui domine, la tour maltresse. La nécessité d'avoir un oau radical écarte l'irlandais daingean, lieu fortifié, puisque la forme primitive est par on et non par an. Il faut écarter aussi l'irlandais diln, lieu fortifié, indiqué par Diez, puisque cela ne rendrait aucun compte de \'m qui est dans plusieurs formes : dnmpnhon, domnio. Grandgagnage a mis en avant une autre étymologie : le flamand, dune, dung, donk, suffixe fréquent dans les noms de lieux despays flamand et rhénan, et signifiant un lieu élevé audessus d'un marais; on trouve même ursidongus expliqué par tanière de l'ours; il est disposé à y voir le radical de donjon; mais comment en tirer dor~ nio et dompnhon ?
DONJONNÉ, ÉE (don-jo-né, née), adj. Terme de blason. Se dit des tours et des ch&teaux qui sont munis de tourelles.
— ÉTYM. Donjon.
f DON JOAN (don-ju-an), ». m. Séducteur, homme sans mœurs et sans conscience, mais agréable dans ses manières, et se faisant un jeu de perdre les femmes de réputation. Un Don '"'-în de bas étage. Traitez-moi de perfide et d'ingiU, appelez-moi Don Juan et Lovelace, ce sera bien dit, CH. DE BERNARD, le Gendre, § v.
— ÉTYM. C'est le nom et le caractère du principal personnage dans le Festin de Pierre de Molière.
t DON-JUANIQCE (don-ju-a-ni-k'), adj. Tiré du précédent, dans le style familier. Aux termes de l'articleAde notre société don-juanique et méphistophélélique. CH. de Bernard, laPeau du lion, § xii.
DONNANT, ANTE (do-nan, nan-f) , adj. Qui aime à donner. La maréchale de Noailles vit encore en patriarche de sa nombreuse famille, fort riche et fort donnante, st-sim. 24 4, 94. || Proverbe. Donnant donnant, signifie qu'on ne veut donner une chose qu'en en recevant une autre.
DONNE (do-n'), s. f. Terme du jeu de cartes. Action de donner, de distribuer les cartes. Perdre sa donne. || Proverbe usité à tous les jeux où donner est un avantage : Qui mal donne perd sa donne.
— ÉTYM. Donner.
i. DONNÉ, ÉE(do-né, née), part. p(^ss^. Il 1» Dont la possession est accordée gratuitement. Un cheval donné. || Absolument. Donné 4 00 francs au comité de bienfaisance. |{ Fig. Et ses justes faveurs aux mérites données Feront ressusciter l'excellence des arts, MALH. II , 4 . Il 2° Abandonné. Comme dans une place au pillage donnée, malh. i, 4. || 3° Bataille donnée, bataille engagée et menée à terme. La bataille de Waterloo donnée et perdue par les Français le 18 juin 4 84 6. Et qu'enfin la bataille allait être donnée, CORN. //or. I, 4. Il 4° Rendu, prononcé, en parlant d'un arrêt. Ne sachant si son arrêt est donné, pasc. Préf. gin. \\ B° Consacré. Chômons : c'est faire assez qu'aller de temple en temple Rendre à chaque immortel les voeux qui lui sont dus; Les jours donnés aux dieux ne sont jamais perdus, la font. Filles de Minée. || 6" Terme de mathématiques. Connu et servant à la solution d'un problème. Le nombre donné. Le polygone donné. Les quantités, les figures données. L'arrangement que les planètes gardent entre ellesselon leurs distances données, volt. Dial. xxiv, 4 7. Qu'est-ce que la guerre ? un métier de barbares, où tout l'art consiste à être le plus fort sur un point donné, ségur, Hist. de Nap. vu, 8. Il Par extension. Dans un espace, dans un temps donné, dans un certain espace, dans un certain temps. Il ?• Terme de chasse. Animal bien donné aux chiens, se dit d'un animal bien attaqué et promptement lancé. || Proverbe. C'est un marché donné, c'est marché donné, c'est donné, se 'lit pour signifier qu'une chose a été vendue très-peu cher. Quand une Mancini ne fait qu'une folie comiue celle-là, c'est donné, sgv. Lelt. 3( juin 4680. Tuut Corneille commenté en cinq ou six volumes in-*", c'est marché donné pour deux louis, volt. Un.
DON
d'Argental, 9 août l7«l. ||X cheval donné on ne regarde point à la bouche, à la bride, c'est-à-dire un cadeau est toujours le bien reçu.
f DONNÉ (do-né), t. m. Autrefois soldat invalide dont on niellait l'entretien à la charge d'abbayes. Un donné de la Trappe, d'un esprit fort supérieur à son élal, qu'on appelait frère Chauvier, conduisit ce v.ilel de chambre.,., sr-siu. 0' , 38.
— HIST. XVI* s. Ordonnant au» abbé» de donner auï slropials pension annuelle pour le re-te de leur vie; et dure ceste institution jusques aujourd'hui, que l'on appelle ung donné, qui se court et se brigue, quand il vacque, par tous les soldalsqui.,.. carl. iu, ».
— ETYM. Donné ».
<. DONNÉE (do-née), ». f. || !• Le point sur lequel on fonde un raisonnement, et qui est reconnu. Il faut partir de cette donnée. Les données de l'observation. Si un homme raisonne mal, c'est qu'il n'a pas les données pour raisonner mieux, hiderot, Sur le livre de l'Esprit. || 2* Uoiniée dramatique, et, en général, donnée dans un ouvrage littéraire, ce qui est d'aboril supposé et admis d'après la nature des personnages; et, subsidiairemenl, l'arrangement, la disposition du fond principal. La donnée dans le roman iVOndine, c'est la puissance des esprits élémentaires, parliciilièreiuenl des ondins ou esprits des eaux; dans la tragédie de Uédée, c'est le caraclîsre allier, vindicatif et la puissance surnaturelle de cetl" enchanteresse. || Les Données, ouvrage d'Euclide Iraitint divers cas où certaines choses sont considérées comme données.
— ÉTYM. Donné.
t S. DONNP.K (do-née), ». (. Distribution d'argent aux pauvres. Plus la donnée avait été nombreuse, plus la charcutière était aise, st-sim. 365, tsi. n C'est une donnée, c'est un excellent marché, t Ffuilles de mftrier jetées sur les claies pour un repas des vers à soie.
— HIST. xiv's. Moult de nobles joiaux pour faire la donnée Aux vaillants chevaliers de Guiene la léc, Guesclin, 086). || xv* s. Et en tous les aniversaires ol donnée générale à tous ceux qui la vouloient prendre, christ, de pisan, Charles Y, m, 60. i XVI* s. Ceux qui conseilloientet esloient d'avis que l'on fist des données publiques, ahtot, Cor. î2.
— ÉTYM. Donné t.
DONNER (do-né), e. o. <• Faire don ou donation; 2° accorder; 3* procurer; 4* causer, être cause de; B* communiquer, transmettre; ordonner la vie; 7* faire le sacrifice de; 8° remettre; K" attribuer, supposer; (Ordonner pour, vouloir faire passer pour; (("donner un rival, en parlant d'une femme qui préfère un homme à un autre; (2* fournir; 13* apporter, présenter; 1 4* donner, en parlant de certaines munificences qu'on fait; IB* donner une pièce de théâtre, la faire jouer ou la représenter; (u* octroyer, concéder; 47* consacrer; t8" donner à, abandonner; to* donner du monseigneur; Su* exposer, énoncer; 21* prescrire, imposer; 22° appliquer sur une personne; 23* donner, en parlant de choses qui fournissent; 24» produire; 25° donner un enfant, le mettre au monde; 26*donner, suivi de certains noms et formant une locution dont le sens est déterminé par le nom; 27° permettre; 28* donner la main; 2»* donner une couche; 3<)* donner le feu trop chaud; 31* donner, terme de jeux de caries et de jeu de paume; 32* donner carrière; 33° donner, en termes de vénerie; 34° donner, en termes de marine; 35* donner à, suivi d'un verbe à l'infinitif; 38» le donner en; 37° en donnera quelqu'un, en donner d'une; 38° en donner du long et du large; 39° se donner, donner àsoi; s'en donner; 40° donner, verbe neiifre, donner à la grosse; 4(° heurter contre; 42°donnerdansun piège; 43° donner sur.donner à, donner au travers; 44° donner dans un passage, s'y engager; 46° charger dans un combat; 46» être situé; 47° donner lies deux; 48° s'allonger, en ternies de marine; 49° donner du cor, en sonner; 60* se donner, verbe réfléchi, faire don de .soi-même, être donné; 51° se viiiier; &2° se livrer, se rendre; 63» prendre un mari; 64» s'offrir, se présenter; 66* être publié; 5«* s'adonner; 57* se donner pour, se faire passer pour; 68* être engagé, en parlant d'une bataille.
1* Faire don ou donation de quelque cho.se à quelqu'un. Donner des étrennes. Donner l'aumône. U lui a donné cette maison en toute propriété. Que lous donnera-l-ou au jour de l'an? Mon genlilnomme, donnez, s'il vous plail, aux garçons quelque chose pour boire, mol. Bourgeois, ii, t. Refuser .:e qu'on donne est bon à faire aux fous, m. Dép. nm.i, 3. Elle avait une magnificence royale, et l'on eut dit qu'elle perdait ce qu'elle ne donnait pas,
Boss. Reine éCAnglet. On n« doit point donner le corps de Jésus-Christ à ceux qui retombent toujours dans les mimes crimes, pasc. Prov. <<. Je te donne d'Aman les biens et la puissance, bac. Eslh. m, 7. Il dit au comte Piper qu'il était plus flùlté de donner que de gagner des royaumes, volt. Charles m, i. Ce prince, qui ne perdait jamais une occasion d'honorer le mérite dans ses ennemis, lui [à un officier qui avait défemlu contre lui une place] donna une épée de sa main, lui fit un présent considérable d'argent, et le renvoya sur parole, ID. ib, 2. Vous refuserez grâce où j'en voudrais donner, CORN. Allila, III, 2. ||Fig. Il n'en donnerait pas sa pari aux chiens ou au chat, il prétend bien avoir part à ce dont il s'agit. || Familièrement et ironiquement. On lui en donnera, c'est-à-dire il n'aura pas, ce n'est pas pour lui que.... Ce malotru courtise celte demoiselle; on lui en donnera, d'aussi jolies filles. Nigaud! on lui en donnera des nigauds comme moi; dans un an j'aurai vingt-trois ans et demi, vadé, Nicaise, se. H. || Donner k Dieu, diriger vers Dieu l'intention de quelque chose. Vous accordez aux hommes l'effet extérieur et matériel de l'action, et vous donnez & Dieu le mouvement spirituel et intérieur de l'intention, pasc. Prov. 7. Il Absolument. Tel donne à pleine* mains qui n'oblige personne; La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne, conn. Vent, i, (. Il est plus (ligne d'un prince de donner que de recevoir, d'ablanc. Apophih.f.i, dans richelet. S'il donne, il est prodigue, et s'il épargne, avare, rotr. Vertcesl. I, (. Vous joignez aux bienfaits un air si gracieux Qu'on ne vit jamais dans le monde De roi qui donnât plus ni qui sût donner mieux, la Pont. Poésies mêlées, uv, Fiesque aurai. Soutenons bien nos droits; sot est celui qui donne, C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne, boil. Éptt. ii. Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui on vient de donner, la brut. iv. La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos , ID. ib. C'est ru.sticilé que de donner de mauvaise grâce; le plus fort et le plus pénible est de donner; que coûte-t-il d'y ajouter un sourire? m. viii. 11 faut avouer qu'il s'est trouvé des hommes qui refusaient plus honnêtement que d'autres ne savaient donner ; qu'on a dit de quelques-uns, qu'ils se faisaient si longtemps prier, qu'ils donnaient si sèchement et chargeaient une grâce qu'on leur arrachait de conditions si désagréables, qu'une plus grande grâce était d'obtenir deux d'être dispensés de rien recevoir, m. ib. L'on remarque, dans les cours, des hommes avides.... si vous demandez : que font ces gens à la cour 7 ils reçoivent et envient tous ceux à qui l'on donne, id. ib. || U donnerait jusqu'à sa chemise, c'est un homme d'une extrême libéralité. {] En jurisprudence, donner et retenir ne vaut, c'est-à-dire celui qui fait une donation, ne peut, sous peine de nullité de l'acte, y ajouter une clause qui en détruise l'effet; et, dans le langage général, on ne peut avoir la disposition de la chose qu'on a donnée. || Faire l'aumône. Qui donne aux pauvres prête à Dieu, v. bugo, Feuill. d'aut. 32, Donnez, méchants, Dieu vous pardonne; Donnez, ô bons, Dieu vous bénit! id. Foi'z, 2. |{ 2» Accorder. Donner sa fille en mariage à quelqu'un. Il m'a donnée à vous, et nul autre que moi N'a droit de l'en dédire et me choisir un roi, corn. Nicom. i, t. (I Dans le même sens. Son père lui donna pour mari un jeune homme très- recommandable. On lui donna pour femme une jeune fille appartenant à une famille distinguée. La femme qu'il s'est donnée. Il On dit dans un sens analogue, donner un domestique à quelqu'un, l'attacher à son service. Arlequin, vous êtes à présent à monsieur; vous le servirez, je vous donne à lui, Marivaux, Fausses cnnfid. I, 8. Il 8° Procurer. Donner un précepteur, des maîtres à son fils. La passion donne de l'éloquence. Cela donne du poids à votre opinion, la confirme, l'appuie. Sans donner à ses pas une règle certaine, U erre vagabond où le pied le conduit, MALH. I, 4. Le fer qui les tua [les innocenls] leur donna celte grâce. Que, si de faire bien ils n'eurent pas l'espace. Ils n'eurent pas le temps de faire mal aussi, id. i, 4. El les siens , secondant la force de ses coups. Lui donnent le moyen de joindre son époux, mair. Jfor» d'Asdrub. v, (. Nous devons bien chérir celte vertu parfaite Qui de nos ravisseurs nous donne la défaite, corn. Médée, iv, a. Possédez le repos comme tous le donnez, rotr. Bélit. I, 8. Je veux donner la vie et la paix aux Romains, Do rter, Scévole. v, «. Donnez un digne chef à de si dignes bras, BResEur, Phars.ii. Donne enfin quelque trêve à ces vagues pensées, Donne
quelque relâche à ces vastes souhaits, u>. ib. Mais quand tout l'univers au trouble s'abandonne, Qui peut donner ta paix si la mort ne la donoetio. ib. J'ai voulu TOUS donner les moyens de me plaire, RAC. Androm. iv, 3. El il n'y a pas un être appelé la vie qui donne le sentiment à un corps organiséT VOLT. Dial. vui, 2. Impatient de donner un roi àU Pologne, il proposa au prince Alexandre de monter sur le trône, dont la fortune s'opiniâtrai t à écar> l' r son frère, :u. Charles III, 2. || .Se donner, donner à soi, faire qu'on ait. qu'on possède. Il brûle d'être à Rome, afin d'y recevoir Du maître qu'il s'y donne et l'ordre et le pouvoir, corn. Serlor. I, 2, Donne-loi pour unique but Le grand œuvre de ton salut, [D. Itnit.i, 23. Un homme de mérite se donne, je crois, un joli spectacle, lorsque la même place.,., dont il est refusé, U la voit accorder à un homme qui n'a point d'yeux pour Toir, ni d'oreilles pour entendre, ni d'esprit pour connaître, la brly. thi. Cette considération universelle qu'il s'était donnée par sa victoire, il l'augmentait en ne perdant pas un moment pour en profiler, volt. Russie, i, 4». Tancréde en se donnant un maître despotique, n>. Tancr. i, i. Ne sentez-vous pas, si vous êtes de bonne foi, que les hommes ne se donnent rien et qu'ils sont sous la main d'un maître absolu T id. Dialt VII, 2. Les Anglais all'renl attaquer dans le nouveau monde l'ennemi qu'ils venaient de se donner, RATNAL, llist. phil. X, ». || Se donni T du bon te.-nps, se divertir. || 4* Causer. Cela lui a donné bien de U peine. Donner de l'appétit. Cela donne bonne opinion de lui. Et ses trois frères morts par la maia d'un époux Li:i donneront des pleurs bien plus ju»tes qu'à vous, corn. Hor. iv, 4. Je viens de voir pour mes péchés celle méchante rapsodie de l'École des femmes; je suis encore en défaillance du mal de cœur que cela m'a donné, mol. Critique, ». Il Donner de la peine à quelqu'un, lui imposer une occupation fatigante. || Se donner la peine, avoir soin de. Il semble que l'on devrait décider sur cela avec plus de précaution et se donner seulement la peine de douter si.... la brdt. xu. ||Par politesse. Donnez-vous la peine de vous asseoir. || Se donner de la peine, travailler beaucoup, se fatiguer. || Se donner du tourment, du chagrin, etc. être tourmenté, chagriné. Comme tout fait ombrage aux soucis qu'il se donne I corn. Imit. il , 3. La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les petitesses où je me surprends, ni les humiliations ni les hontes que j'essuie, la brut. viu. Il Donner bien de l'exercice, susciter bien des embarras. C'est une mauvaise aflaire et qui lui donnera bien de l'exercice. || Se donner une entorse, se donner un accès de fièvre, causer à soi-même une entorse, un accès de fièvre. || Inspirer. Et vous ai-je ordonné D'éteindre tout le feu que je vous ai donné T CORN. Olhon, I, 6. La reine, qui surtout craint de vous voir régner. Vous donne des terreurs pour vous faire éloigner, id. Rodog. m, i. Je n'avais pas lieaucoup d'envie de me trouver à cette course, mais j'y veux aller exprès et employer toute chose pour lui donner de l'amour, mol. Princ. d'El. ii, i. Je donne aux immortels la peur que j'ôte aux hommes, ro- TROU, Hercule mourant, i, t. U étonna tous ceux qui pensaient l'étonner. Et, n'ayant pas d'effroi, mérita d'en donner, brébeup, Phars. y. Comme je trouve bien plus important de donner au monde de l'horreur de vos opinions sur ce sujet que de justifier la fidélité de mes citations, pasc. Prov. (♦. M.ilgré la juste horreur que son crime me donne, RAC. Andr. rv, ». Je voudrais qu'd me battit encore, reprit la dame en poussant des cris; je le méritais bien, je lui avais donné de la jalousie, volt. Zadig, ». Il 6* Communiquer, transmettre. Donner la peste. Il est à craindre que cet enfant ne donne la rougeole, la coqueluche à ses frères. Ceux qui avaient prévenu le danger mortel de la petite vérole en se la donnant, id. tout» J/F, 4|. || Donner ses goûts, son humeur à quelqu'un, lui inspirer les goûts, l'humeur que l'on a soi-même. Les Espagnols enfin t'ont donné leur fureur, id. Ali. v, 6. || 8» Donner la vie, engendrer, amener à l'existence. Vous savez donc quel sang vous a donné la vieT rac. Alhal. iv, 4. Il On dit dans le même sens : donner l'être. Certes vos sentiments font assez reconnaître Qui vous donna la main et qui vous donna l'être, corn. Pomp. m, 4. Il Par extension. Donner la vie, rendre la santé. Il était très-malade; l'air de la campagne lui adonné la vie. Il Kig. Donner la vie à quelqu'un, causer une vive joie à quelqu'un qui était dans la douleur, le tirer d'une extrême inquiétude. Cette bonne nouvelle lui a donné la vie. || Par opposition. Donner la mort, tuer, faire mourir. Knée donna la mort à
DON
Turnus. Ce poison ilonno una prompte mort. Ce jour va vous donner la naissance el la mort, volt. Œdipe, III, *. Il Se donner la mort, se tuer soimême. }\ Par exagération. Donner la mort à quelqu'un, lui causer une eitrCme doulour. || 7* Kaire le sacrifice de. Donner sa vie, son sang pour la patrie. Mais c'en est une [générosité] encor d'un plus illustre rang, 0"and on donne au public les intérêts du sang, cobn. Cid, iv, 2. || 8- Remettre. Je le lui ai donné à lui-même. Je lui ai donné le flambeau dans les mains. Donner un paquet au messager. Ce qu'on donne aux méchants toujours on le regrette; Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête, Il faut qu'on en vienne aux coups, la font. Fabl. ii, 7. Çà, donnez-moi que j'aille acheter votre esclave [il s'agit d'argent à mettre dans la main], mol. l'Étour. II, 7. Le mis-tu [un enfant] dans ses brasT — Oui, je le lui donnai, volt. Œdipe, v, 3. Steinbeck se fit donner de force plus qu'il n'avait demandé ; on exigea même de la ville une contribution , iD. Charles XII, a. || Fig. Donner des verges pour se fouetter, fournir nous-mêmes ce qui sera employé contre nous. || Livrer. Donner de la marchandise à crédit. Donner quelque chose à l'essai. Donner en dépôt. Donner de l'ouvrage à faire. || Céder en échange, en retour; offrir un prix. Donnez-moi votre couteau pour mon canif. Me donnez-vous cela pour dix francs T|i Donner un pois pour avoir une fève , donner un œuf pour avoir un bœuf, c'est-àdire faire un présent de peu de valeur, afin d'en recevoir un d'un plus grand prix. || Par exagération. Je n'en donnerais pas une obole, pas un fétu. Je ne donnerais pas un sou de notre métier, moi.. Mal. imag. i, ». || Je donnerais tout au monde, tout ce que je possède, pour que cela ne fût pas; c'est-àdire je ferais tous les sacrifices. Du meilleur de mon cœur je donnerais sur l'heure Les vingt plus beaux louis de ce qui me demeure.... mol. Tart. v, 4. Je donnerais volontiers la moitié de ma fortune pour qu'en ce moment vous eussiez mon âge. — Et moi, mon ami, répondit le vieillard, en souriant tristement, je donnerais pour cela ma fortune entière, dussé-je payer ce rajeunissement d'une petite promenade en votre compagnie au bois de Boulogne ou i Vincennes, CH. db bebnabd, la Cinquantaine, $ XI. Il On dit dans un sens analogue : ja donnerais dix ans de ma vie, je donnerais je ne sais combien, je ne sais quoi. || 9" Attribuer, supposer. On lui donne un tel pour collaborateur. Quel Sge lui donne-t-onî Quelques voyageurs donnent au Sénégal un cours de huit cents lieues. On ne donnerait pas cinquante ans à cet homme qui toutel'ois en a près de soixante-dix. Elle donne son enfant à un tel, c'est-à-dire elle dit qu'un tel est le père de cet enfant. À des fantômes vains donnez moins de pouvoir, cobn. Tois. d'or, i, s. Et l'on pourrait donner à la nécessité Ce qui n'est qu'un efl'et de la légèreté, m. Perthar. i, ♦. Je me souviens toujours du soir qu'elle eut envie de voir Damon, sur la réputation qu'on lui donne et les choses que le public a vues de lui, mol. Critique, ï. J'ignore le détail du crime qu'on vous donne, ID. Tart. v, 6. Le premier tableau que j'ai vu à Chantilly est une tête de St Jean-I5aptiste qu'on donne au Titien, fén. t. xix, p. 462. Vous donnez aux bonnes œuvres des gens de bien des motifs corrompus, mass. Car. Injust. du monde. L'auteur de cet ouvrage est inconnu; quelques-uns le donnent à Tacite, d'autres à Quintilien, mais sans beaucoup de fondement, -rollin, Uist. anc. OHuvret, t. xi, 2« part. p. «97, dans pougens. \\ Se donner, donner à soi, s'attribuer. Ne vous donnez sur moi qu'un pouvoir légitime, corn.
Pomp. IV, 3 l'âne en se donnant tout l'honneur
de la chasse, la font. Fabl. ii, <0. Nonnius par ce traître est mort assassiné; N'avons-nous pas sur lui le droit qu'il s'est donné t volt. Catil. iv, 4. Il 10* Donner quelqu'un, quelque chose pour, vouloir faire passer quelqu'un, quelque chose pour.... Je ne vous le donne pas pour un homme dont.... BAHiLT. Gramm. 4, Ces penchants que vous nous donnez pour invincibles, ne les avez-vous pas mille fois surmontés? mass. Car. Samarit. \\ 11» Donner un rival, en pariant d'une femme qui préfère un
r homme à un autre Palmire, à mes pieds, par un arrêt fatal Insulte à Mahomet et lui donne un rival, VOLT. Fanât, il, 4. || If Fournir. Donner des iûretés, un gage. Donner des preuves, des marques d'estime. || Donner des témoignages de, faire preuve de. Après tant de témoignages invincibles qu'ils ont donnés de leur foi, pasc. Prov. ta, || Donner lieu, matière, sujet à...., fournir le sujet, l'occasion. Ne nous donnez-vous pas sujet de juger que ce n'est point Dieu que vous considérez dans cette crainteî
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ID. ib. »«. Il Manifester. Donner de» signes d'embarras. Il ne donnait plus aucun signe de vie. || Fig. Ne pas donner signe de vie, ne pas répondre, ne pas se mouvoir, ne pas agir. || 13* Apporter, présenter. Donnez-moi mes habits, un siège. Voulez-vous mettre votre habilT — Oui, donnez-le-moi, mol. Bourg, ii, 8. || !<• Il se dit de certaines munificences qu'on fait. Donner un repas, une fête. Donner un bal. Ce n'est ici qu'un bal à la hâte; mais, l'un de CCS jours, nous vous en donnerons un dans les formes, mol. Préc. (3. || 16' Donner une pièce, se dit de l'auteur qui fait représenter une pièce de théâtre. C'est une répétition que je fais faire en province, pour donner la pièce à Paris, quand vous le jugerez à propos, volt. Lettres en vers et en prose, 73. Il Donner une pièce, se dit des acteurs, du théâtre qui représentent une pièce. Le Théâtre Français donne aujourd'hui ma pièce, pibon, Uétrom. I, 8. Il Fig. Donner la comédie, faire rire de soi. Ce fut une seconde comédie que le chagrin de notre ami ; il la donna en galant homme à toute l'assemblée, et chacun demeura d'accord qu'on ne pouvait pas mieux jouer qu'il fit, mol. Critique, 6. Il 16' Octroyer, concéder. Donner audience. Donner un délai. On lui donna la meilleure place. Et qui peut nier qu'après Dieu Sa gloire [de Henri IV], qui n'a point d'exemples, N'ait mérité que dans nos temples On lui donne le second lieuT malb. ii, 4. Profitez du moment que mon amour vous donne, bac. Uithr. iv, 4. || Je ne lui donne pas six mois à vivre, je pense qu'avant six mois il sera mort. Je ne donne pas deux années aux ennemis de la raison et de l'Ëtat pour rentrer dans le bon sens [avant deux ans ils seront rentrés], volt. Lett.abbé Mignot, 24 juin (771. Il 17" Consacrer. Donne aux saints devoirs d'un chrétien Tout ce que Dieu te donne à vivre, corn. Imit.ï, 23. Il 18° Donner à, abandonner. Pareils ministres sont loin de rien donner au hasard, balz. Avis écrit. La première règle est de ne pas se déterminer au hasard, et, dans l'affaire de l'éternité, ne rien donner à l'opinion et à l'exemple, id. ib. Salut. S'il est vrai qu'un grand donne plus à la fortune, lorsqu'il hasarde une vie destinée à couler dans les ris, le plaisir et l'abondance, qu'un particulier qui ne risque que des jours qui sont misérables, .il faut avouer aussi qu'il a un tout autre dédommagement, qui est la gloire et la haute réputation, la brut. IX. Il Laisser prévaloir. Il a beaucoup donné à la faiblesse paternelle. Sire, ne donnez rien à mes débiles ans, cobn. //or. v, 3. Ce qu'on vous voit ici donuer à la nature, mol. Psyché, u, 4. Quelque sobres qu'ils soient, ils donnent à la volupté ce qu'ils pensent donner à la seule nécessité, pasc. Prov. 4. Il craignait toujours de trop donner à la nature, Boss. Louis de Bourbon. Il n'a rien donné au plaisir, rien à l'intérêt, m. Pensées, 14. On donne souvent à la vanité ce qu'on croit donner à la vérité, mass. Car. Tiédeur, 2. Ce n'est pas une constance de philosophe; il ne donne rien aux spectateurs, ID. Or. (un. Conty. L'on y donne quelquefois [dans les cours] les dehors à la piété, pour réserver plus sûrement le cœur à l'amertume de la jalousie, m. Or. {un. Dauphin. Notre régularité n'est qu'une décence que nous donnons au monde et au sérieux de notre état, m. Confér. Zèle c. les scand. || Absolument. Il [un préflicateur] ne croit pas qu'on puisse sans péché donner à ses plaisirs quand on a des créanciers; les dépenses lui paraissent des vols qui nous ôtent le moyen de faire justice, sÉv. 379. Il 19' Familièrement. Donner du Monseigneur à quelqu'un, lui donner ce titre par flatterie, i chaque vers il vous a donné de la divinité et a fait des exclamations si hautes qu'on a pu les ouïr du grand chemin, balz. liv. vu, lett. 35. X son avènement dans le monde, au lieu de votre V.xcellence, il se faisait donner de votre Doctrine, id. le Barbon. Dfl l'écrit obligeant le sien [son cœur] tout transporté Ne me donnait pas moins que de la déité, mol. Dép. u, 4. || Donner du respect à quelqu'un, terminer une lettre qu'on lui écrit par des expressions qui marquent le respect. Ne vous ai-je pas donné du cordialement ? sév. 440. Je n'ai point encore bien vu comment est pour vous celui à qui vous donnez de l'obéissant et qui n'aurait que de Vajfectionné sans son maître , haintenok , Lett. Duc deNoailles, ("mars (7ti. ||Se donner de l'Eicelleace, se faire donner le titre d'Excellence. Vous qui voui doiui«z de la Hautesse et de l'Ëminence, la bhi y. XII. Il 10' Exposer, énoncer. Donner ses raisons. Donner pour prétexte. Donner la descrip-
Ition d'un objet. || Faire connaître, communiquer. Je ne vous fais point d'excuses de ne vous avoir pas dit hier la nomination de U. l'évAque d'Angers que
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BICT. De ia lakgue vrancaisb,
le roi m'avait donnée en secret, HAraTEHOw, lett, Card. de Noaillet, 24 mars «7o«. || 21* Imposer, prescrire, assigner. Donner un pensum. Donner UD nom à une plante, un titre à un ouvrage. || Donner le nom à un enfant, le tenir sur les fonts baptismaux. Il Donner ordre à quelque chose, y pourvoir. Donne pour ce grand jour [la mort], donne ordre à tes affaires, corn. Imit. i, 24. || Donner le mot d'ordre, ou, absolument, le mot, fixer le mot par lequel des patrouilles et des factionnaires se reconnaissent. Il Fig. Donner le mot d'ordre, donner la direction dans une affaire, dans un p.irti. || Se donner le mot, convenir de, s'eniendre pour. I.égisles, docteurs, médecins, quelle chute pour vous, si nous pouvions tous nous donner le mot de devenir sages I LA BBUY. xii. Il Donner des lois à un pays, en être le législateur. Selon a donné des lois à Athènes. || Fig. Donner des lois, commander en maître. Qui, tout vaincu qu'il est, bravant le nom de roi. Dans vos propres États vous donnerait U loi, corn. Pomp. i, <. Né pour donner de? lois, commencez par vous-même, rotroo, Vencesl. i, t. Il On dit dans le même sens donner la loi. Pense, mortel, à t'y résoudre [à la mort]; Ce sera bientôt fait de toi; Tel aujourd'hui donne la loi Qui demain ne sera que poudre, corn. Imit. i, 23. || Par analogie. Donner des fers, mettre dans la servitude. [Us] Se disputent l'honneur de nous donner des fers, volt. Tancr. I, t . || 22* Appliquer sur une personne. Donner des remèdes. Donner les sacrements. Donner la question. || Donner un coup, frapper. Donner un coup de poing. Donner un coup de hache. Quand on nous donne un soufflet, doit-on l'endurer plutôt que de tuer celui qui le veut donner, ou bien est-il permis de tuer pour éviter cet affront T paso, Prov. (4. Il Donner un coup de rabot, de lime, de peigne à quelque chose, passer le rabot, la lime, le peigne une ou plusieurs fois sur quelque chose. Il Donner un revers, donner du revers, frapper avec le revers de la main. Et fig. Toutefois n'allez pas, sur cette sûreté. Donner de vos revers au projet que je tente, mol. l'Étour. ii, t . || Donner un coup de pied, frapper avec le pied. Le cheval lui donna un coup de pied. Il Par ellipse du mot coup. Donner à quelqu'un du pied dans le derrière. || Fig. et familièrement. Il ne se donne pas de coups de pied, se dit d'un homme qui parle trop avantageusement de lui-même. {| Par une autre figure. Donner un coup de pitd chez quelqu'un, jusqu'à tel endroit, y aller. || Donner un coup d'épaule, secourir quelqu'un, aider à quelque chose. Il a besoin d'un coup d'épaule pour réussir dans ses démarches. L'affaire n'avance point; ne pourriez-vous pas y donner un coup d'épaule? Il Le cheval donne un coup de collier, quand il appuie fortement sur le collier pour tirer. Et fig. donner un coup de collier, faire un effort grand el momentané. Il y a beaucoup de besogne ; pour l'achever, il faut donner un coup de collier. Nous avons donné un bon coup de collier k cette affaire. Il 23° Donner, en parlant de choses qui fournissent. Cette fontaine donne de l'eau à toute la ville. || 24' Produire. Ces terres ont beaucoup donné l'année dernière. Son commerce lui donne de quoi vivre. Cette école a donné des peintres célùbres. || Absolument. Les pêchers ont donné avec abondance, la brut. XII. Il Fournir une humeur. La plaie donne beaucoup de pus. Il Et absolument. La plaie ne donne plus. Il 25* Donner un enfant, se dit, par rapport au mari ou même à l'État, d'une femme qui met un enfant au monde. Ils donnent des enfants à l'Etat, et les élèvent avec honnêteté, volt. Dial. ixvi. Pensées détachées. Le ciel bénit nos feux, tu me donnas un fils, M. J. CHÉN. Gracquei, l, 4. || 26» Donner, suivi de certains noms, forme une locution dont le sens correspond à celui du verbe dont le nom dérive, ou du moins est déterminé par le nom. Donner assaut. Donner la bastonnade. Donner à quelqu'un son congé. || Donner l'alarme, averti i de l'approche de l'ennemi. Les sentinelle! donnîiunt l'alarme. Fig. Avertir de quelque danger, inspirer quelque crainte. Donner une alarme bien chaule; et elliptiquement, dans le langage familier, la donner bien chaude. || Donner bataille, ee dit de deux armées qui combattent, [.a bataille fut donnée dans les plaines de la Belgique. Résous-toi donc, Porsenne, à ce péril extrême De donner chaque instant des combats pour toi-même, nu ryer, Scéiole, iv, «. Si les ennemis veulent une bataille, elle est donnée présentement, maintenon, Lett. Duc de Noailles, 2 août (710. C'est maintenant qu'on donne un combat véritable, volt. Catil. y, 3. || Donner une baie, donner la baie, tromper. Le sort a bien donné la baie à mon espoir, mol. {'^(our. u, 43. jj Donner
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«ne MMiide, des cassades, faire accrolris que.que chose à quelqu'un. j| Donner un conseil, conseiller. Et quand tu peux donner un conseil saluUire Oui les porte k bien faire, Donne-t'en le plus ample et le plus prompt avis, cobn. Imit. I. s*. {| Donner la bénédicl'on. bénir. Donner l'absolution, absoudre. Donner l'exclusion, exclure. Donner attention, être attentif, écouter aiterjlivement Donner croyance, croire, aiouler foi. || Donner des bornes à ses désirs, à ses projets, les borner, les limiter. || Donner un libre cours à, laisser toute liberté de se manifester. Donner un libre cours à ses larmes, à sa colère. || Donner cours à une monnaie, la faire receToir. || Donner cours à une nouvelle, à une opinion, la divulguer, la propager. Ne vous imaginez pas que j'nie dessein de donner cours à une nouvelle opinion.... balz. Socr. ehr^t. Disc. 7. Il Donner bon exemple, donner le bon exemple, être exemplaire en sa conduite. Sage dans sa vie, dans ses mœurs, il donne un exemple qui prêche mieux que les missionnaires, p. L. COUR, ttéponse aux anonymes , ». || Donner exemple.donner l'exemple, en bonne ou en mauvaise part, être le premier à faire quoique chose. || Donner jour à une affaire, en faire naître l'idée, l'occasion. || Donner des leçons, être proresseur, ensei(^ner. Il gagne sa vie en donnant des leçons. Et, figuréraent, donner des leçons, instruire, faire rentrer en soi-même. L'infortune lui a donné des leçons. Celui qui rlgne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires.... est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons, Boss. Reine d'Anglet. \\ En un autre sens et familièrement, donner uno leçon, infliger une réprimande, une correction, ou, en parlant des choses, faire réfléchir, instruire par une fâcheuse expérience. Cela lui a donné une leçon. Avez-vous quelques nouvelles à me donner? — Non des nouvelles, mais une leçon. — Venant de vous, madame, elle n'a rien qui puisse blesser : je suis encore dans l'âge où on les reçoit, et depuis longtemps madame est dans celui où on les donne, scniBB, la Calomnie, m, 9. j) Donner parole, donner sa parole, promettre formellement. Il m'a donné parole de venir. Il m'a donné sa parole qu'il viendrait. Il Donner des paroles, de belles paroles, amuser par de belles promesses, sans avoir aucune intention de les tenir. || Donner passage, laisser passer. Elbing, bâtie sur un bras de la Vistule, ne profita pas de la faute des Dantzickois : elle balança trop à donner passage aux troupes suédoises, volt. Charles XII, 2. || Donner des louanges, des éloges, louer. Le roi son mari lui a donné jusqu'à la mort ce bel éloge, qu'il n'y avait que le seul point de la religion où leurs cœurs fussent désunis, boss. Heine d'Anglet. \\ Donner ses pensées à quelque chose, les y appliquer. Et donnez vos pensera à des objets meilleurs, haïr. Sophon. v, «. || Donner des pleurs, des regrets, pleurer, regretter. Au malheur des vaincus donnait toujours des pleurs, corn. Hor. I, I. Le déplorable état où je vous abandonne Est bien digne des pleurs que mon amour vous donne, JD. Poil/. IV, S. J'approuve cependant les regrets qu'on lui donne, Ducis, Hamlet, i, 4. || Donner rendez-vous, donner un rendez-vous, assigner un lieu, une heure, pour se rencontrer. || Terme de procédure. Donner assignation, assigner par un exploit â comparaître devant le juge. || Donner jour, donner heure, fixer un jour, une heure pour un rendez-vous, une affaire, etc. Je lui ai donné heure dans la soirée. || Donner un rAle à un acteur, charger un acteur de jouer un rdle. Je ne me souviens point du tout d'avoir donné aucun rOle cette année; je n'ai aucun ambassadeur au tripot, et vous êtes maître absolu, volt. Leti. Richelieu, <5 Juillet <7e3. H Donner son temps â quelqu'un, à quelque chose, employer son temps pour quelqu'un, pour quelque chose. Le roi prend tout mon temps; je donne le reste âSaint-Cyr, h qui je voudrais le tout donner, MAiNTENON, Lettre à Urne Brinon, t. il, p. 233, dans pouGENS. || Donner sa journée, sa soirée à quelqu'un, la passer avec lui. Il noua a donné le peu de temps qu'il a passé à Paris. Passons chez Octavie, et donnons-lui le reste D'un jour autant heureux que je l'ai cru funeste, rac. Brit. v, 3. Il Donner du temps à quelque chose, employer à cette chose un certain espace de temps. Il se lève de très-bonne heure, et donne sa matinée au travail du cabinet. Si, tandis que je donne aux veilles, aux alarmes Des jours toujours k plaindre et toujours enviés.... id. ib. Il, s. || Donner tort k quelqu'un, dire qu'il a tort; lui donner raison, dire qu'il a raison. || Se donner des torts, se rendre
coupable d'un tort. 11 s'est donné des torts dans la rupture de ce mariage. || Donner l'air, faire paratire. Cela lui donne l'air d'un fou. || En un même sens. La licence leur donnait je ne sais quoi de farouche, ria. Tél. xvi. || Se donner l'air gai, un air de gaieté, se montrer gai. || Se donner des airs de...., s'attribuer sans raison une qualité. Il se donne des airs de savant. Se donner des airs de grandeur. || Se donrter des airs, de grands airs, affecter des manières au-dessus de sa condition. Il Donner un arrêt, une sentence, les rendre, les prononcer. Il Donner des ridicules k quelqu'un, le rendre ridicule, le rendre l'objet de la risée. Ils vous ont donné des ridicules; que ne leur en donnez-vousT volt. Dial. ». || Donner un tour piquant k sa pensée, rendre une pensée d'une façon piquante. Donner un mauvais tour aux actions les plus innocentes, les présenter d'une manière qui les fasse paraître mauvaises. || Donner un sens favorable, défavorable k...., interpréter d'une manière favorable, défavorable. Je ne vois rien de si ridicule que celte délicatesse d'honneur qui prend tout en mauvaise part, donne un sens criminel aux plus innocentes paroles et s'offense de l'ombre des choses, mol. Critique, a. || iT Permettre. Oui nous donnera que nous puissions perdre cette partie de notre liberté? boss. i, Véture, ♦. Oui me donnera que vous veniez dans mon âme pour en prendre possession! mass. Avent , Dispositions. Donnez-moi, sur le penchant de la vie, d'en tracer le cours sans m'égarer, berh. de st-p. Harm. liv. V, narm. hum. Oh! qui m'aurait donné d'y sonder sa pensée. Lorsque le souvenir de sa grandeur passée Venait comme un remords l'assaillir loin du bruit? lamart. Jf^d. u, 7. {| Impersonnellement et au passif. Il fut dorné à celui-ci [Cromwell] de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois, boss. Reine d'Anglet. C'était k elle qu'il était donné de rassembler les gentils, m. Hist. II, 12. Puisqu'il t'est donné d'entrer dans le royaume de la nuit, fén. Tél. xviri. U n'est pas donné kl'homme de porter plus loin la vertu [que saint Louis), volt. Mœurs, 58. || 18* Donner la main , présenter la main pour qu'on la prenne, ce qui est une sorte de civilité. La réconciliation est faite; il lui a donné la main, ils se sont donné la main. Adieu, donne la main; que malgré ta jalouse, J'emporte chez Plulon le nom de ton épouse, corn. Kédée, v, *. || Donner la main à une dame, la prendre par la main pour la conduire. || Donner la main, céder le pas, la place d'honneur. Donner la main chez soi. Cette locution vieillit; on dit plutôt donner le pas. || Donner sa main, se dit, dans le style élevé, d'une femme qui épouse un homme. Vous donnez votre main, vous donnez vos États, voit. S^mtVamt», m, 5. || Terme de manège. Donner la main, lâcher la bride «u cheval. Il Fig. Donner les mains, céder ; locutiun tii ée du latin où elle se dit du vaincu qui tend les mains, en signe qu'il se rend. De façon que le philosophe fut obligé de donner les mains, la font. Fie d'Ésope. Il Par extension. Donner la main ou les mains k quelque chose, la favoriser. Pourvu que votre cœur veuille donner les mains Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains, mol. Mis. v, 7. Donne la main k mon dépit, et soutiens ma résolution, id. B. Cent, in, 9. || Donner le bras, présenter son bras k demi fléchi k une personne pour qu'elle y passe le sien. On donne le bras pour fournir un appui, mais aux dames ce n'est d'ordinaire qu'une simple politesse. || Donner le bras, se dit aussi de celui ou celle qui passe son bras dans celui d'un autre. Elle donnait le bras à son mari. || Donner la patte, se dit des animaux, et particulièrement des chiens dressés k offrir la patte. Que fait-il [un petit chien]? il donne la patte. Puis aussitflt il est baisé, la font. Fab. IV, B. Il J9* Terme de peinture. Donner une couche, éiendre une couche de peinture, un enduit, sur un objet. || 30* Donner le feu trop chaud, trop nrdent kla viande, la faire rêtir k trop grand feu. Dans le même sens, donner le four trop chaud à du pain, k de la pâtisserie. || Donner un feu doux, un feu de chasse, appliquer aux diverses opérations le feu qui leur convient. || 81* Terme de jeu. Distribuer. Donner les caries. Et, absolument, donner. C'est k vous k donner. Je donne, il en prend six, et demande k refaire, mol. Fdch. n, 2. || Donner beau jeu, donne' des cartes favorables. Et, figurément, donner beau jeu k quelqu'un, lui présenter une occasion favorable de faire ce qui lui convient. || Au jeu de paume, donner beau, jouer la balle de manière qu'elle soit facile k prendre. Et, figurément, donner beau ou la donner belle k quelqu'un, donner à quelqu'un une bonne oocasion de faire ou de
dire quelque chose. || Ironiquement. Vous me la donnez belle, vous me trompez, vous vous moquez. Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle D'insulter ainsi notre ami, la font. Fabl. xii, 1. 1| Dans le même sens, vous me la donnez bonne. || Donner le reste, livrerla balle ou le volant k son partenaire de manière qu'il ne puisse les renvoyer. Je lui ai donné son reste. || Fig. Donner son reste k quelqu'un, le battre, le corriger. Il ne fera plus le tapageur, je lui ai donné son reste. || Par une autre figure, donner son reste k quelqu'un, ne laisser aucune de ses a.ssertions sans réponse. Vous avez beau raisonner, monsieur est frais émoulu du collège, et il vous donnera toujours votre reste, MOt. IfaJ. imag. n, 1. \\ 82* Terme de manège. Donner carrière k un cheval , le laisser libre de courir. Il Fig. Donner carrière, laisser liberté d'agir. Donner carrière k ses passions, kson esprit. || Se donner carrière, se laisser aller au sentiment qui emporte, k l'impulsion qu'on ressent. || Se donner carrière aux dépens d'autrui, s'en moquer. || 88* Terme de vénerie. Donner k courre, détourner et remettre l'animal que l'on chasse. || Donner le relais, lâcher après la bète les chiens placés en relais. || Donner le cerf aux chiens, lancer le cerf. || Même sens, donner les chiens, la meute. On donna les chiens k propos. Il 84" Terme de marine. Donner la bande, se dit d'un bâtiment incliné sur le côté. || Donner telle voile à tel autre bâtiment, marcher aussi bien que ce dernier sans avoir comme lui cette voile déployée. Il Donner tant pour la lame, augmenter le sillage quand on est vent arrière. || Donner chasse ou la chasse k l'ennemi, le poursuivre; et, en général, poursuivre. L'aigle donnait la chasse k maître Jean lapin, LA FONT. Fabl. n, 8. || 85* Donner k, suivi d'un verbe k l'infinitif, présenter, remettre. Donneznous k manger. Il lui donna un livre k lire. Donnez-moi ce paquet k porter. Si le roi dans l'instant, pour sauver le coupable. Ne lui donne k baiser son sceptre redoutable, rac Esth. i, 3. || Je donnerait ma tête k couper que cela est ainsi, se dit pour affirmer quelque chose de la manière la plus positive. Il Donner k teter k un enfant, le faire teter. Il Donner à laver, présenter une cuvette et de l'eau pour qu'on se lave les mains. || Donner k boire et k manger, tenir auberge. || Donner du fil k retordre k quelqu'un, lui susciter des difficultés, des embarras. Il Donner k connaître, faire connaître. Le remords du péché se trouvera dès l'heure même k l'entrée de ton cœur, ce qui nous donne k connaître que ce remords est k la tête de toutes les grâces, BOURD. 9' dim. après la Pentec. Dominie. t. m, p. 461. Il Donner k discourir, à parler, faire discourir, faire parler. Ce serait trop donner k discourir au monde, corn, le Ment, n, 1. 1| F.n mauvaise part, donner à parler, faire tenir de soi de mauvais propos. Cette femme par ses imprudences donne à parler d'elle. Il Donner k rire, se rendre un objet de moquerie. Il y a longtemps que vos façons de faire donnent k rire k tout le monde, mol. Bourg, gent. III, 3. Il Donner k penser, k songer, susciter des réflexions dans l'esprit de quelqu'un, l'inquiéter. Cela lui donna fort k penser. || Donner k entendre, insinuer. On nous donne k entendre que nous ne pouvons plus rester ici. || Donner à courir, k travailler, mettre dans la nécessité de courir, de travailler. Il 36* Familièrement. Le donner en dix, en cent, donner quelque chose kdeviner ou à faire ou k supporter; locution dans laquelle le est un mot indéterminé (voy. le). Hé bien! en sommes-nous enfin venus k bout? Je le donne en six coups au fourbe le plus brave, mol. l'Étour. n, 7. C'est un chef-d'œuvre que d'avoir inventé un habit sérieux qui ne fût pas noir; et je le donne en six coups aux tailleurs les plus éclairés, id. Bourgeois, u, 8. Si je suis affligé, ce n'est pas pour des prunes; El je le donnerais à bien d'iiutres qu'k moi De se voir sans chagrin au point où je me voi, lo. Sgan. iS. Devinez-la; je vous le donne en trois, sEv. 9. ||0n dit aussi dans le même sens je vous donne, sans le mot le. Et je donne aux plus fins k pouvoir en ce jour Vous reconnaître pour l'amour, mol. Psyché, m, 4. I| 87* En donner k quelqu'un, lui en donner d'une, le tromper, mentir. Il est mort! quoil monsieur, vous m'en donnez aussi, corn, le Ment, iv, 3. Et vous laissant passer pour ce que vous vouliez. Je vous en donnai plus que vous ne m'en donniez, id. ib. v, ». Je viens de tout entendre et voir ton artifice.... 'Tu payes d'imposture et tu m'en as donné, mol. VÉtour. I, 40. Pour toi premièrement et pour ce bon apôtre Oui veut m'en donner d'une et m'en jouer d'une autre, id. ib. vr, 6. || Par similitude de construction. Donner d'une chose, vouloir la faire
accroire. On nous a donné d'une convalescence pleine de langueur, sSv. 278. || En donner d'une, se dit d'une femme qui trompe son mari, ou d'un homme qui séduit la femme d'un autre. Nos femmes, ce dit-il, nous en ont donné d'une, la font. Joc. Ohl oh! riiomme de bien, vous m'en voulez donner, MOL. Tort. IV, 47. Il En donner à garder, tromper, abuser. X la fin je triomphe, et l'on ne m'en donnera plus à garder, fagan, Pupille, se. 21. || Pour l'explication dt la préposition de ilans la locution en donner d'une, voy. le n' 3». || 38" Kn donner du long et du large à quelqu'un, lui en donner tout du long de l'aune, le battre violemment ou lui en faire accroire. Donnons-en à ce fourbe et ilu long et du large, mol. l'Étour. iv, 7. || 39° Se donner, donner à soi, acheter pour soi. Je me suis donné une montre pour mes étrennes. Il se fit habiller depuis les pieds jusqu'à la tête et se donna du linge. || Se donner patience, patienter. J'avais bien de la peine à me donner patience. || Se donner garde, se défier, éviter. Donnez-vous garde de ce mauvais pas. || On dit aussi se donner de garde, tournure dans laquelle de garde est, partitivement, le complément direct de se donner. Donnez-vous-en bien de garde, seigneur, si vous voulez m'en croire, mol. Pr. d^Él. in, 2. Je venais l'avertir de se donner de garde, ID. l'Étour. IV, 4. Il C'est de la même façon que Mme de Sévigné a dit se donner d'un air au lieu de se donner un air. Si je voulais, je me donnerais d'un air de solitude, sÉv. 384. 1| C'est enfin de la même façon qu'on dit en donner d'une. || Familièrement. S'en donner, lâcher le frein il un désir, à un besoin, aux amusements. Que je vais m'en donner et me mettre en beau train De raconter nos vaillantises! MOL. Amph. m, 6. Pour cette nuit il faut que je m'en donne [à dormir], bac. Plaid. 1, t. Les dimanches, point ne défends La joie à ces pauvres enfants; J'aime alors qu'on s'en donne, bérano. Ifofi curé. Il On dit dans un sens analogue s'en donner jusqu'aux gardes. S'il eût été de l'humeur de Don Quichotte, il eût trouvé là de quoi s'en donner jusqu'aux gardes, et il se fût cru pour le moins Ksplandianou Amadis, scabron, Rom. eom. i, ». Enfin le souper vint bon ou mauvais; la Rapiniére buttant qu'il s'enivra, et la Rancune s'en donna aussi jusqu'aux gardes, ID. ti>. i, *. || Se donner au cœur joie de quelque chose, ou s'en donner à cœur joie, en jouir pleinement. i| Populairement, se donner des talons, du talon dans le derrière, se livrera une vive joie, se moquer de tout ce qui peut arriver, et aussi passer son temps en toute sorte de divertissements. DoxfiEB, V. n. Il 40° Donner à la grosse, placer son argent à la grosse aventure. || 41° Heurter contre. La voiture donna contre la muraille. Le navire alla donner contre un écueil. Une balle se réfléchit quand elle donne contre la muraille, desc. Uonde, <4. Ceux qui restaient allèrent donner contre les chaînes des navires et furent tous ou assommés ou faits prisonniers, fléch. Hist. de Théodose, ni, 64. Il Atteindre. Il était s. preste à donner où il tirait qu'il tuait les oiseaux en volant, vaugel. Q. C. 4 H . Disputer avec son valet lequel donnera mieux dans un blanc avec des flèches, la brut. Théoph. î7. Il Frapper, porter un coup. Et je veux pour signal que cette même main Lui donne, au lieu d'encens, d'un poignard dans le sein, corn. Cinna, i, 8. Mais on sait au moins, ce dit-on, Que Pallas donna du b.Hon X l'écrivain de cette histoire, scar- BON, Yirg. trav. viii. Elle lui donnera sur sa vilaine joue, SÉV. 70. Il vous donnera de son épée dans le ventre, hamilt. Cramm. to. || Terme de manège. Donner dans les cordes, se dit d'un cheval attaché par le caveçon entre les deux piliers, lorsque, en avançant, il tend également les deux cordes.|| Terme de marine. Donner à la côte, aller échouer à terre par nécessité, ou faire naufrage. || Donner sur les doigts à quelqu'un, le frapper sur les doigts, et fig. le tancer. || Donner sur les oreilles à quelqu'un, le frapper, le maltraiter. Je te donnerai sur les oreilles, MOL. Poure. m, ». || Donner du nez en terre, tomber la face en avant, et fig. échouer dans une entreprise. Il Donner de la tête contre...., se heurter la tête contre. Il donna de la tête contre la muraille et se blessa grièvement. || Fig. Ne savoir où donner de la tête, nesavoirque faire, que devenir. f| Donner tète baissée dans quelque chose, s'y porter avec ardeur et avec une sorte d'aveuglement. {| Très-familièrement. Donner de cul et de tête, se frayer un passage en heurtant et poussant, et fig. employer tout ce que l'on a de force et de ressources pour réussir. Il Par extension. Le soleil donne à plomb. Le vent donne dans les voiles. Les Suédois s'avancèrent la baloQuetle au bout du fusil, a\aut au dos une neige
DON
furieuse qui donnait au visage des ennemis, volt. Charles IH, 2. || Donner dans la tête, être capiteux, en parlant d'un vin. Ce vin donne dans la tête. Il 42° Donner dans un piège, dans un filet, être pris à ce piège, dans ce filet. || Fig. Se laisser prendre par. Il est homme enfin à donner dans tous les panneaux qu'on lui présentera, mol. Pourc. I, 4. Il ne faut point douter qu'elle ne donne à pleine tête dans cette tromperie, 10. Am. magn. iv, 4. Ils donneront dans les filets de nos célestes pêcheurs, boss. ^îidr^,<. L'infortuné Caméron donna dans le piège, HAMILT. Gramm. 3. || Donner dans, se laisser aller à. Puisque vous y donnez, dans ces vices du temps, MOL. Mis. I, 1. De qui l'humeur coquette et l'esprit médisant Semblent si fort donner dans les mœurs d'à présent, ID. ib. i, i. Vous donnez furieusement dans le marquis! 10. l'Av. i, 5. Les riches bijoux, les meubles somptueux où donnent ses pareilles avec tant de chaleur, id. ib. 11, 8. Vous n'avez garde de donner dans ce défaut, sÈv. 49). Carlostad donna dans des nouveautés, du moins Luther l'en accuse, et il est vrai qu'il était dans une grande liaison avec les Anabaptistes, boss. Var. 11, § tl. L'orgueil dojme dans des projets insensés, ID. Mar. Th. Je ne m'étonne pas que Léger ait donné dans cette erreur, id. Var. H. Elle était d'une confiance à donner dans tout ce qu'on voulait, hamilt. Gramm. 7. N'avez-vous point de honte de donner dans les visions d'un jalouiT ». ib. 8. D'où vient que vousmême, qui paraissez avoir de l'homme de bon sens, vous avez donné dans cette rêverieî fonten. Artémise, Raimond Lulle. Si le fils de François I" donnait dans les opinions des réformés, volt. Phil. u, 25. Philon, qui vivait en Egypte au temps de Jésus- Christ, donna tête baissée dans les allégories et dans le sens mystique, dideb. Opin. des anc. phil. (juifs). J'ai cru bonnement à la charte; j'ai donné dans la charte en plein; je le confesse, à ma très-grande honte, p. l. cour. Réponse aux anonymes, t. \\ U se dit aussi des personnes par lesquelles on se laisse
captiver Que diriez-vous qu'un roi, cherchant à
plaire, Comme un aventurier, donnât dans la bergère? REGNARD, Démoct. II, 6. || S'occuper beaucoup de. J'admire qu'on donne avec taôt d'action dans les choses du dehors, sÉv. <57. Elle vous doit apprendre à ne pas donner dans les choses extérieures, BOSS. Lett. Corn. )09. De quelque indifférence qu'elle eût donné dans cette intrigue, hamilt. Gramm. 8. || Se plaire excessivement à. Tout le monde donne là dedans aujourd'hui, on ne court plus qu'à cela; et l'on voit une solitude elTroyable aux grands ouvrages, lorsque des sottises ont tout Paris, MOL. Critique, 7. || User habituellement. Les esprits justes donnent naturellement dans la métaphore, LA BBUY. I. Empèchez-la de donner dans la justice de croire, et dans le respectueux attachement, sÉv. 60. Il Donner dans le sens de quelqu'un, être de même sentiment que lui. Descartes, pour l'aimant, donne fort dans mon sens, mol. Femmes sav. m, 2. Il évite de donner dans le sens des autres et d'être de l'avis de quelqu'un, la bbuy. y. Il Donner dans les yeux, dans la vue de quelqu'un, à quelqu'un, l'éblouir, le tenter par un certain éclat. Ce sont les rayons et les éclairs de ces grandes vérités.... qui me donnent dans la vue, balz. liv. iv, lett. «. La robe de Médèe a donné dans mes yeux, CORN. Médée, ii, 6. || Kig. Donner dans l'œil, donner dans les yeux, donner dans la vue, plaire. Ce jeune homme parait avoir donné dans l'œil à ma fille. Tu n'en conviens pas, mais cette demoiselle t'a donné dans l'œiL Ils se sont donné dans l'œil réciproquement. Ce M. le comte qui va chez elle lui donne peut-être dans la vue, mol. Bourg, cent, m, 9. Il 43° Donner sur un plat, y revenir à plusieurs fois, en manger à plusieurs reprises. || Donner sur, s'attacher à, rechercher de préférence. J'ai cette manie de vouloir donner généralement sur tout ce qu'il y a de plus beau, mol. Préc. 40. || Donner à, mordre à. Voilà l'appât; il y a donné, boss. h. Démons, 3. Il Donner à, croire. Enfin il est constant que l'on n'a point donné Au bruit que contre vous sa malice a tourné, mol. Uis. v, 4. Ce sont ces âmes volages et dissipées qui donnent à tout sans réflexion, BOUBDAL. Exhorl. Char. env. les pauvres, t. I, p. 38. Il Donner chez, fréquenter. Nous donnions chez les dames romaines. Et tout le monde là parlait de nos fredaines, mol. Femmes sav. u, *. jj Donner au travers de, se jeter au milieu de. Je donnai tout au travers d'un sable mouvant où j'enfonçai jusques au menton, hamilt. Gramm. 7. || Fig. Donner au travers, employer sans discernement. Un homme qui donne au travers des purgations et des saignées, MOL. Mal. im. m, 3. |)44° Donner dans un passage.
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s'y engager. La'troupe donna dans une rue étroite et s'y embarrassa. Un régiment, trompé par l'obscurité, dépassa la première ligne, et alla donner tout au milieu des cuirassiers russes, qui l'assaillirent et le mirent en désordre, seoir, llist. de Napol. VII, «. Il Terme de marine. Donner à pleine» voiles dans une passe, y entrer toutes voiles dehors. Il Fig. Donner à pleines voiles dans un parti, dans une opinion, les en.hrasser avec ardeur, sans réserve. Il 45° Charger dans un combat. Le régiment donna vaillamment, et fut très-maltraitè. Je ne vous dirai point comment les miens donnèrent, thistan, Mort de Chrispe, i, 3. Enfin Horace seul est partout où l'on donne, du byeb, Scévnle, i, 3. Déjà les deux armées.... N'attendaient, pour donner, que le commandement, cobn. Hor. i, 3. Le maréchal a donné sur l'arrière-garde des ennemis, sÉv. 313. On donna sans quartier sur ces deux Franguis [souris de France] qui voulaient faire la loi aux autres, FÉN. t. XII, p. 58. Les bas officiers ont refusé de donner, ayant peu d'envie de combattre avec la noblesse, p. L. COUR. I, 262. Il Par extension, d„nner sur, critiquer vivement, censurer, parler mal. Vous auriez bien pu vous passer de donner sur les dévotes en faisant le portrait de Mme d'Aubignè, haintenon, Lett. d!Aubigni, )» dèc. 1C8). || 46° Être situé. La maison donne sur la rue. Les croisées donnent sur le jardin. Si le mur du jardin qui donne sur la rue, M. J. chên. Fénelon, u, 4. Il 47° Donner des deux, piquer vigoureusement de l'éperon le cheval pour accélérer sa marche. À travers champs s'enfuit, donne des deux, la font. Or. Il 48° Terme de marine. S'allonger, en parlant d'un cordage ou d'une toile à voile. || 49° Donner se dit, en quelques circonstances, pour faire entendre un son. Donner du cor, en sonner. Le chien donne de la voix, il aboie en chassant.
Se donner, V. réfl, || 60" Se donner, faire don de soi-même. 11 [Dieu] vous donne des lois, il se donne lui-même, rac. Athal. i, 4. Le blé pour se donner, sans peine ouvrant la terre. N'attendait point qu'un bœuf pressé de l'aiguillon Traçât à pas tardifs un pénible sillon, boil. Ép. m. Il Être donné. Cela ne se vend pas, cela se donne, il Être vendu. Cela se donne partout à tel prix. Il 51° Se vouer. Les commencements de Luther, durant lesquels Mélanchlhon se donna tout à fait à lui, étaient spécieux, boss. Var. v, § 4. Ceux qui se donnentà Dieu, pasc. dans cousin. On voudrait tout quitter, si l'on se donnait à Dieu, mass. Or, fun. Prof. 1. Ceux qui ont eu le bonheur rie se donner à Dieu, ID. Àvent, Disp. || 52° Se livrer, se rendre. Hérode est contraint de se donner au vainqueur, BOss. Ilist. i, 9. Ces peuples se donnèrent au roi de Perse, id. Déf. \\ 53° Se donner, dans le style élevé, en parlant d'une femme qui prend un mari. Plaignez-vous, haïssez, mais ne vous donnez pas. Demeurez en état d'être toujours ma femme, corn. Serlor. ni, 4. Loin de me retenir par des conseils jaloux, Elle me conjurait de me donner à vous, bac. Baj. V, 4. Hélasl peut-on deux fois se donner en sa vieîvOLT. Alz. III, 7. Il II se dit aussi d'une femme qui accorde les dernières faveurs. Elle s'est donnée à lui. Donnez-vous, ne vous donnez pas. Ce sera toujours même affaire; Pour qui ménagez-vous les trésors de l'amour 7 LA font. Petit chien. || 64° S'olTrir, se présenter. X se donner lui-même en spectacle aux Romains, sac. Prit, m, 4. || 66° Être publié. U s'est, depuis quelque temps, beaucoup donné de brochures sur les affaires publiques. Un écrit scandaleux sous votre nom se donne, boil. Ép. vi. || Être représenté, en parlant d'une pièce de théâtre. Cette comédie s'estdonnée cinquante loisde suite. 1| 56°S'adonner. En se donnant au plaisir, pascal, dans cousin. Il [Bossuet] s'était déjà donné aux oraisons funèbres, volt, iouii II V, 32. || 87* Se donner pour, se faire passer pour. 11 parle de roture devant des roturiers qui sont riches et qui se donnent pour nobles, la bbuy. xi. Il s'était donné pour grand politique, HAMILT. Gramm. 7. Vous vous étiez donné pour une âme forte, mass. Av.Jugem. Voilà où en sont presque tous ceux qui se donnent dans le monde pour incrédules, mass. Car. Doutes || 58° Se dit d'une bataille qui s'est engagée. Le roi Auguste ilemandait pardon de la victoire, protestant que la bataille s'était donnée malgré lui; que les Russes et les Polonais de son parti l'y avaient obligé, volt. Russie. 1, 4 6.
Proverbes. X donner donner, à vendre vendre, c'est-à-dire il faut se comporter selon la circonstance, donner si l'on donne, vendre si l'on vend. || Qui donne têt donne deux fois, c'est-à-dire on ajouta au prix d'une grâce en ne la faisant pas alteudre.
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Il Donner tard , c'est refuser. || Oui donne au commun ne donne à pas un, c'est-à-dire personne. ne nous sait de gré de ce que nous donnons au public. Il Oui peu donne veut qu'on vive, c'est-à-dire, qui donne peu fait espérer qu'il donnera encore une autre foi.s. Il Qui donne ce qu'il aime ne prend ce qu'il désire, Il Ou ne donne rien pour rien.
— REM. 1. Donner faisait jadis au subjonctif, que je doin, que tu doins, qu'il doint; cette forme se trouve encore dans des auteurs du zvii* siècle et môme du xviii* : X tous époui Dieu doint pareille joie, LA FONT. Diable. Dieu te doint pour guerdon de tes œuvres si saintes.. ..jiécnier, Sat. xiii. Or prions Dieu qu'il leur doint paradis, J. B. Bouss. Épig. m, ï*. Cette forme peut encore être employée dans le style épigrammatiqua, niarotiqua. lis. Donner faisait jadis au futur, je donrai, et, au conditionnel, je donrois. Kégnier a encore cette forme: Mais de ce cdté-là je leur donrois quittance, Sat. XII. Ëtant déjà failli de cœur, Qui me donra de la vigueurP lo. Stances relig. \\ 8. Dans en donner d'une, la locution complète est : il en avait deux, il m'en a donné d'une (voy. l'historique).
— IliST. IX* s. In quant Deus savir et podir me dunat [donne], Serment.
— X* s. Mult laetatus, por que Deus cel edre [ce lierre] li rionat à sua repausemeut, t'ragm. de K>lenc. p. 488.
— XI' s. Si est raisunqueildunge dix soI<!, ioi» de Guill. t. Je nen ai ost qui bataille lui dotie, (h. de Roi. 1 1. Vous lui durrezors [ours] et lions et chiens, ib. III. Se Deus ce dunet que je de là repaire [revienne], ib. XX. Sire, dist Guenes, dunez mei le con-
gié, ib. XXV Oui tel conseil lui dunent, ib.
XXVIII. De cops ferir, recevoir et duner, ib. xc. Respont li quens : Deus le me doinst venger I ib. cxvi. Li noms joyeuse [à] l'espée fut dunét, ib.
— XII' s. Dogner se warde [se donner garde] , saint BERNARD, Scrmons mss. dans lacurne. Sur son escu
Iil] li va grant cop doner, lionc. p 6i. Que mort il] lui dogne, que désirée l'a, ib. p. (75. Aussi com vous le me poez doner, Ouant vous plaira, le me poez retraire. Coud, il. Et si bel ueil [ses beaux yeux], vair et riant et clair, M'orent ainz pris que [je] m'osiisse doner, ib. vi. Or le [mon cœur] doinst Diex à droit port arriver; Car il s'est mis en mer sans aviron, th. x. [Je] N'en doiiroie le désir Pour tout l'avoir dessouz ciel, ib. xii. [Amour] Oui tout me done à vous entièrement, ib. xvi. En voslre amor, qui donra mort ou vie, ib. xxi. Li cuens de Illois devroit bien mercier Force d'amours qui lui dona amie, ib. xii. Fol est et gars qui à dame se done, ouESNES, Romancero, p. 80. Donez moi. Sires [Dieu], que [je] ne soie oubliée. Et [que] mes amis aviegne à lavesprée, ib. p. 38. Et cume l'arche vint en l'ost, li poples Deu dona un merveilleus
cri, que tute la terre rebundi, Rois, (6 Voslre
merci, biau frère; D'or en avant, sui-je vostre donée; Car je me doing à vos sans demorée, Raoul de C. 22i
— xiu' s. [Ils] Ne donroient de moi la monte d'un festu, Berle, li. Si lui donriens [donnerions] no terre et trestout notre avoir, ib. Lxv. Car me donez un don, par amor |jej le vous pri, ib. Lxxi. Vous quidiés que li rois françois m'eust tant donné à faire que je ne peusse cha venir, Chron. de Rains, p. 7«. Jà n'auré mal por Itel songe. — Sire, fet-ele, Diex le donge! Ren. (6(5. Li rois Phoroneus meïsmes. Qui, si comme nous apreïsmes. Ses lois au pueple grec donna, la Rose, 8787. Li ribaus dist en audience: Sire juges, donnés sentence Por moi; car la pucele est moie [mienne], ib. 6631. Après te doins en pénitence, Que nuit et jor sans repentence En bien amer soit ton penser, ib. 22i3. Ce que la chasuble estoit de sarge de Reins, senefie que la croiserie sera de petit esploit, aussi comme vous verres, se Dieu vous donne vie, joxnv. 209. Et de ce, fist le roy, vous en doins je un exemple du conte de Bretaigne, id. 200. Quant il orent ce fait ou deux fois ou trois, un de nosserjans tint son glaive parmi le milieu et le lança à un des Turs à cheval, et U en donna parmi les costes, 10. 23i, H dit que il en donroitcuer à ses ennemis, id. 2i4.
— ziv ». Guillaume Robelin, donné et rendu [homme qui s'est donné et rendu] de nostre amé et féal cousin le comte de Sancerre, no canue, donati. l'u as oy dire ung proverbe qui est bon : s'aucun ne donne, on lui tault [prend], Modus, f* lxviii, verso. Le nom de élection le donne à entendre, car il signifie que la chose esllsible.... oresms, Elh. 66. Li vilains nous en a une belle donnée. Qui nous a fdit noir et regarder la l)«e, tiutsd. iiW. l'uisqu'à
DON
vous deux plail bien de ce fait otroler, Je vous en donne jour devenir au champier, ib. 4<M.
— XV' s. Car ne voloie là que nuls Sceuist que je fuisse en penser. Car donné euisse à penser X ceux qui tout à paix estoient Ëtqui avec moi s'esbatoient, FROiss. Espinetle amour. Appareille-toi de venir à notre feste, je te promets que, si je te rencontre sur les rangs, à la joule, je le te donnerai belle ou tu à moi, ID. m, iv, 80. Une [fusée] vint donner contre la croysée de la fenestre où.... comm. i, 6. Enleurdonnant bienàcongnoistre,iD.i, <u. Voyant ne povoir donner remède, id. i, t3. Puis voulut départir et donner la bonne nuit au bourgeois et à sa compagnie, locisxi, Nouv. i. Ce pauvre clerc fut puni par la façon que est dit et par le faux donnerà-enlendre [rapport] de son compagnon, id. ib. xLii. Eulx estant sur la mer, par prant orage de temps, force de vent et tourmente de mer, ilz furent contrains de donner à terre en la coste d'Angleterre, Leitres patentes de Charles VII, viriville, p. 77. Non a, je ne sçaysi je songe; Je n'ay point aprins que je donge Mes drapz en dormant ne veillant,
l'atelin Nulz ne peut mieulz secourir Ne ne
doit, tant com sa personne, Atitruy; car nature le donne [le suggère], E. desch. Poésies mss. t" 433, dansLACURNR. Quant la pucelle l'aura, je le tiendrai moult bien employé; car la grande beauté de son viaire [visage] donne bien [mérite bien] que prouesse en soit faicte et mainte chevalerie , l'erceforest, t. I, f t33.
— xvi* s. Le roy, tant humain quoique homme, ne fist mou rira qui il peut pardonner; voyant le cas à lui seul toucher , lui donna la corde [le sauva d'être pendu], et voulut que nul des autres pour ce forfait encoureyt mort, j. d'auton. Annal, de Louis XII, (' uo, dans lacurne. Aulcuns vouloient leur donner la chasse, bab. Garg. i, 48. Madame, donnez vous guarde de tumber, m. Pant. ii, te. Donnez dessus à vostre mast, gualantement à la vieille escrime, id. ib. Il, 29. Ma mignonne. Je vous donne Le bon jour, marot, ii, tt4. Je donrois quinze à l'Aretin, Et si gaignerois la partie,iD. u, t40. Quant l'occasion s'y donnera, vous connoistrés que vous n'avez point amé personnes ingrates, marg. Lettre (70. Le bruit que chacun lui donnoitd'estrel'un des plus adroits et hardis aux armes qui feust de son temps, ID. Nouv. 4. Donnons à l'ordre politique de les souffrir patiemment, mont, i, (3. Donner parole [à quelqu'un] de.... m. i, 47. Donner prinse à.... ID. I, 21. Se donner plus d'affaire que.... m. i, 33. L'Imagination donne la fiebvre et la mort à ceulx qui la laissent faire, id. i, 91. Je vous donne à penser s'il y a une seule des.... ic. i, 97. Les quatre années qu'il m'a esté donné de jouir de.... id. i, 2(9. où que je veuille donner, il me fault forcer quelque barrière de la coustume, id. i, (68. Il fault donner jusques aux dernières limites du plaisir, id. i, 284. Se donnera la mort [se tuer], id. i, SOO.Je leur donne [je concède] que ce soit le pire accident de nostre estre, id. i, 303. Au dedans, où nuls yeulx ne donnent que les nostres, id. tu, (8. Ne regardans sinon qu'à se donner du bon temps, lanoue, 495. Il vint une louve qui leur donna la mammelle, amyot, Rom. 3. Si alloient les Sabins donner droit dedans [ce bourbier], n'eust esté le danger de Curtius qui les en garda, id. ib. 27. Ceste bataille fust donnée le dernier jour de febvrier, id. Publ. (6. Il alla donner de la teste tant qu'il peut, contre un des degrez, id. Tim. 45. Il se donna du tout à servir à la chose publique tant qu'il vescut, ID. Pélop. 7. On le tourne de sorte que le soleil luy donne tousjours dedans les yeux, id. Artax. 20. Deux heures après, nos estradiots se donnent au chemin de Pluviers, d'aub. Ilist. n, (92. Qui tost dounc, deux fois donne, H. est. Précell. p. (84. Petit don, longuement attendu, n'est pas donné, mais bien vendu, ID. ib. Il en avoit deux, il m'en a donné d'une. Contes d'Eutrap. p. (64, dans lacurne. Plus donne qui peu, tost et de son gré, que qui plus, tard et contre son gré, gésin. Récréât, t. n, p. 247. Qui prend se vend; qui donne s'abandonne. Conte* de Songecreux, f* (75, dans lacurne.
— ETYM. Berry, donner; wallon, diner; bourg. denai; provenç. et espagn. donar; portug. doar ; ilal. donare; du latin donare, de donum, don; comparez le grec êoijvoi, le sanscrit da, le latin dare.
DONNEUR, EUSK (do-neur, neùz'), t. m. et f. Ill'Celui, celle qui donne. Celle qui reçoit ne s'engage à rien, et le donneur est pris pour dupe, dancouHT, Bourg, d la mode, ni, (O. 1* monde est plein de ces donneurs avares.... la motte, FabUs, y, (9. Il Donneur d'eau bénite, celui qui. se tenani auprès d'un bénitier daos une église, offre de l'eau
DON
bénite aux penonocs qui entrent. || Fig. Un donneur d'eau bénite de cour, et, simplement, un donneur d'eau bénite, celui qui fait de belles promesses sans avoir aucune envie de les tenir. || En mauvaise part, celui, celle qui donne des choses dont on n'a
que faire ou qui sont sans valeur Je ne hais
rien tant que ces contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations. Ces affables donneurs d'embrassades frivoles, WOL. Mis. i, (. De tous côtés lui vient des donneurs de recette, la font. Fabl. vin, 3. Pour l'arracher à ces donneuses d'éducation.... i. 1. Rouss. Ém. IV. Pour fermer la boucbt, une fois pour toutes, à tous ces donneurs d'avis, lu, Confefs. XII. || Donneur de mort subite, nom qu'oc donne quelquefois, dans le langage familier, à de< duellistes exercés qui tuent ou blessent immanquablement leur adversaire. Il 2* Terme de commerce. Un donneur d'aval, celui qui se rend caution solidaire d'un obligé par une lettre de change. Donneur d'ordre, celui par ordre duquel une lettre de change est tirée. Donneur de valeurs, celui qui fait les fonds d'une lettre de change. || Donneur à U grosse, celui qui fait un prêt à la grosse.
— HiST. XII* s. Establis, sire, duneurde lei [loi] sur els. Liber psalm. p. (O. || Ziii* s. Et s'il estoit larges donnere, Aussi iert il biaus despendere [dépensier], PU. UOUSKES, ms. p. 783, dans LACURNE. Mais Diex qui estdoneresde joie souveraine, Berte.L. Li fol large donneor, la Rose, v. 7664. || xvi's. Celui qui n'es|>arKnera pas justice, sera donneur de paix et tranquillité. Douciq. il, ch. 7. || xvi* s. En maint bon lieu j'Sy donné mainte chose. Que l'on preooit, sans penser le donneur Prétendre rien du prenant que l'honneur, karot, i, 40i.£t asse u roi t ce donneur de bons jours [cliarlaun] que c'estoit la vraie mandragore, p. boistuau, Histoires prodigieuses.
— ÉTYM. Provenç. donair«,donador; porlug. donor;ital. donalore; du latin donatorem, de donare (voy. donnkr). Dans le provençal et l'ancien français, donaire, donere est le nominatif singulier de dondtor; donador, doneor est le régime, de donatorem; au pluriel, le nominatif est dc/iteor, le régime doneors.
t DON QUICHOTTE (don-ki-cho-f), t. m. Héros du célèbre roman de Cervantes, qui va chercher des aventures à mener à fin et des torts à redresser. Il Fig. Celui qui se fait le champion de causes qui ne sont pas siennes. C'est un vrai Don Quichotte. Dons Quichottes de l'arbitraire, Allons, morbleu , de la valeur! bérano. Christophe. \\ Se dit aussi d'une personne grande et très-maigre.
t DON-QUICUOTTISME (don-ki-cho-ti-sm'), s. m. Folie du Don Quichotte, habitude ou manie de soutenir, à tort et à travers, quelquefois même par les armes, la justice, la vertu, les bonnes mœurs, etc. C'est du don-quichottisme tout pur. S'adresser à l'amant [pour sauver la vertu de la femme] avait un caractère de don-quichottisme pai trop ridicule, eu. de Bernard, Un acte de vertu.
DONT (don ; le I se lie : les choses don-t on parle), pronom relatif, ou, mieux, coujonctif, c'est-à-dire ayant la force d'une conjonction et liant ensemble deux propositions; il ne se prend qu'au cas oblique marqué par de et il est des deux genres et des deux nombres. || 1' De qui, duquel, de laquelle, desquels, desquelles; il s'applique aux personnes et aux choses. L'homme dont vous connaissez la probité, dont la probité est connue. La dame dont vous avez épousé la sœur. Les personnes dont vous avez entendu parler. Les maisons dont vous voyez les façades. Celui dont vous avez reçu un secours. Quelques titres dont ces grands hommes soient revêtus. I.a marine rentra presque dans l'état dont Louis XIV l'avait tirée. Ne doutez pas du bras dont pariiront les coups, corn. Poly. v, 6. C'est moi, vous dis-je, moi, dont le patron le sait, UOL. Am. magnif. m, 7. Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement, id. Mis. n, 7. Et principalement ma mère étant morte, dont on ne peut m'ôter le bien, id. l'Av. u, (. Comme ami de son mattre de musique, dont j'ai obteuu le pouvoir de dire qu'il m'envoie à sa place, id. Mal. tm. n, 4. Vous descendez en vain des aieux dont vousétez ni, et tou ce qu'ils ont fait d'illustre ne vous donne aucun rang, id. Fest.^de P. iv, 6. 11 n'y a que saint Thomas d'Aquin dont Luther a voulu douter, je ne sais pourquoi, si ce n'est que ce saint était jacobin.... soss, Var. III, 60. Ces étoiles extraordinaires don> on ignore les causes, et dont on sait encore moins ce qu'elles deviennent après avoir disparu, la brct. n. Hélas! je meconsume en impuissants efforis. Et rentre au trouble affreux dont à peine je sors, bac. Iphig. V, * Il est un Dieu dans les «eux Uuiil le bras
DON
soutient l'innocence, Et confond des méchants l'orgueil ambitieux, J. b. bouss. Odes, i, ♦. l^ duchesse de Mazarin ne laissa de regrets qu'à Saint-Evremont, dont la vie, la cause de la fuite et les ouvrages sont si connus, st-sim. 69, t28. Opprobre malheureui du sang dont vous sortez, volt. Zaïre, ni, ♦. Les méchants servent à éprouver un petit nombre de justes répandus sur la terre, etil n'y a point de mal dont il ne naisse un bien, id. Zadig, ch. xx. Le premier pas, mon fils, que l'on fait dans le monde Est celui dont dépend le reste de nos jours, id. l'Indiscr. ï, t. Un désert dont il [l'aigle] défend l'entrée et l'usage de la chasse à tous les autres oiseaux, buff. Aigle. On attribue à la cigogne des vertus morales dont l'image est toujours respectable : la tempérance, la fidélité conjugale, la piété filiale et paternelle, iD. Cigogne. N'auront-ils vu Cassandre envoyée à Mycène Que pour remplir le rang dont vous chassez la reine? lemerc. Agamemn. iv, <. ||Dont, avec un pronom possessif qui suit et qui se rapporte à la personne de laquelle dont dépend. On a peine à placer Osymandias, dont nous voyons de si magnifiques monuments dans Diodore, et de si belles marques de ses combats, BOSS. Hist. m, 3. Celui dont les larmes auront effacé l'histoire de ses péchés, MASS. Avent, Bonh. || Dont quelqu'un, un desquels. Souffrez donc que pour lui je garde un peu d'estime ; La sienne dans la cour lui fait mille jaloux. Dont quelqu'un a voulu le perdre auprès de vous, CORN. Nie. m, 8. || 2' De quoi. Ce dont je vous ai parlé. Voilà ce dont il s'agit. || On peut supprimer ce dans le style familier et en des cas comme celui-ci : Ah 1 poltron , dont j'enrage I Lâche ! vrai cœur de poule, mol. Sgan. 21. || Dans la langue du ïvii* siècle, ce se supprimait couramment, et il est dommage que cette ellipse, qui allégeait la phrase, soit tombée en désuétude. Elle se meut un peu plus vite; dont la raison est évidente, oesc. Météor. t. Et c'est dont je vous plains qu'après un tel service On puisse contre lui me demander justice, CORN. Hor.y, 2. C'est dont je ne veux point de témoin que Vailère, ID. ib. v, 3. Hélène est arrivée, dont je suis ravie, sÉv. 262. Cela était juste, et le roi le leur avait ordonné, dont elles [les princesses, filles du roi] furent fort piquées, st-sim. 24, 15. Il S' Dont signifiant par lequel, par laquelle, par lesquels, par lesquelles le rigoureux sort dont vous
m'êtes ravie, malh. v, 22. Je sais ce que je dois, madame, au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de Maurice, corn. Héracl. ii, 6. Ce favorable aveu dont elle t'a séduit, id. ib. iv, *. Savezvous les raisons dont il peut se défendre ?ID. Toison d'or, II, 2. Redis-moi les raisons dont tu l'as apaisée, ID. ib. IV, 4. Et vous devez aux dieux compte de tout le sang Dont vous l'avez vengé pour monter à son rang, id. Cinna, ii, 4. Sont-ce là les appas dont le sage Porsenne Croit attirer à soi le cœur d'une Romaine? DU ryer, Scévole, in, 3. La beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont 'elle- nous entraîne, MOL. D. Juan, i, 2. Après quelques paroles dont je tâchai d'adoucir la douleur de cette charmante affligée.... id. Scapin, i, 2. La bassesse de ma fortune, dont il platt au ciel de rabattre l'ambition de mon amour, in. Am. magn. i, i. Du coup dont ma raison vient d'être confondue, rac. Andr. m, t. X louer l'ennemi dont je suis opprimé, id. Brit. Il, 6. L'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat, lo.Baj.v, n. L'indigne paix dont il veut vous surprendre, id. Alex, i, 2. Si le refus était à faire, je le ferais encore, malgré la profonde misère dont il plaît au ciel de m'éprouver, MAiNTENON, Lett. d Uichelieu, 3 mars toce. Quel pouvoir a brisé l'éternelle barrière Dont le ciel sépara l'enfer et la lumière? volt. Sémir. lu, 2. Et brisa les liens dont j'étais enchaîné, M. J. chén. Œdipe roi, v, 2. 1| Terme de bourse. Dont un, dont dix, etc. expressions qui déterminent la quotité de la prime dont l'abandon annule un marché. Si l'on dit que le 4 1/2 vaut 92 fr. dont un, que l'Orléans vaut UBO dont dix, cela signifie qu'en payant 4 fr. pour 100 fr. de rente, ou to fr. par action, l'acheteur (ou le vendeur dans certains cas) a le droit d'annuler le marché.
— REM. 1. Les grammairiens, Vaugelas en tête, léclarent qu'il ne faut pas dire dont pour d'où, oomme: le lieu dont je viens; que c'est très-bien parler que de dire la maison dont il est sorti, pourvu que maison signifie race; mais que, si maison était pris au propre, il faudrait mettre d'où il est sorti. Pourtant l'usage des meilleurs écrivains ne se conforme pas à cette règle : Le mont Aventin Dont il l'aurait vu faire une horrible descente, corn. Nie.
y, 2. Rentre dans le néant dont je t'ai fait sortir, RAC. Baj.n, I. Abîmes redoutés dont Ninus est sorti, VOLT. Sémir. v, B. Ma vie est dans les camps dont vous m'avez tiré, id. Fanât, ii, t. Je me traîne encore, ce me semble, à une assez petite distance du rivage dont il me repousse, d'alemb. Lett. Roi de Prusse, 2Soct. )76B.Voy. l'historique. |{ 8. Le substantif duquel dont est le régime, se met immédiatement après dont : L'homme dont la vertu est admirée.... (à moins d'inversion : L'homme dont à tous les yeux brille la vertu; ce qui est peu usité), ou se sépare de dont quand il n'est pas sujet : L'homme don' ..n admire la vertu. || 3. i>ont ne peut être régime d'un complément précédé lui-même d'une préposition. Ainsi Molière a fait une construction très-dure et qu'il ne faut pas imiter, en disant: L'objet de votre amour, lui dont à la maison Votre imposture enlève un brillant héritage, Dép. am. ii, 4.||4. Ordinairement dont suit immédiatement son antécédent : L'homme dont vous parlez. Mais il peut s'en séparer, particulièrement dans la prose soutenue et dans la poésie : Comme le mal fut prompt dont on le vit mourir.... mol. Dép. am. ii, t. La tristesse est heureuse dont vous êtes le consolateur, balz. liv. vi, lett. t. IjB. Dont peut joindre à une phrase principale deux propositions secondaires liées entre elles par la conjonction que, même lorsqu'il n'est complément que de la seconde: La maison dont je sais que vous êtes propriétaire. Ce sont particulièrement ces dernières pour qui je suis, et dont je sens fort ùi«ii que je ne pourrai me taire quelque jour, mol. Ep. dédie, de l'École des f. \\ 6. Dont régit le subjonctif quand il est précédé d'une phrase interrogative ou qui marque un doute, un désir, une condition : Pensez-vous que le jeu soit une passion dont on doive se défier? Il 7. Il y a, dans le xvii* siècle, plusieurs exemples de dont, se rapportant non au verbe du membre de phrase qu'il lie, mais à une incise qui commence ce membre de phrase. La dure-mère bat sans cesse le cerveau, dont les parties étant fort pressées, il s'ensuit que le sang et les esprits sont aussi fort pressés, BOSS. Connaist. ii, *. Ils outrent toutes choses, les bonnes et les mauvaises, dont ne pouvant ensuite supporter l'excès, ils l'adoucissent par le changement, la bruy. ii. Il est fâcheux que cette manière de lier des phrases, qui est si commode, n'ait pas passé dans la langue moderne. Il 8. C'est un pléonasme aujourd'hui condamné, que de dire : C'est de lui dont je tiens la nouvelle ; il faut: C'est lui dont jetions la nouvelle, ou C'est de lui que je tiens la nouvelle. Dans le xvii" siècle, ce pléonasme était toléré: Ce n'est pas devons, madame, dont il est amoureux, hol. Am. magnif. II, s.
— HIST. X' S. El li enortet [exhorte], dont lei nonque chielt [dont il ne lui importe] , Qued elle fuiet le nom christien, Eulalie. Per cel edre [par ce lierre] duiit cil.... Fragm. de Valenc. p. 468. E cum cil lo fisient dunt ore aveist odit [et comme ceux le faisoient dont ore avez ouï] , ib. p. 469.
— II* s. Li naïfs [le serf natif] qui departet de la terre dunt il est nez, lots de Guill. 33. [Besans] Dont bien porrez vos soldeiers loer, Ch, de Roi. ix. Icele terre, ce dist, dont il esteit, ib. ixxvi. Le blanc haubert dunt la maille est menue, ib. eu. [La lance] Dunt nostre sire fust en la croix navret, ib. clxxix.
— XII' s. Dont [desquels] [je] pris les chiefs [têtes] , Rone. p. 25. Li douze per dont [par lesquels] Charles est puissans, ib. p. 27. Pour Guenelon dont [il] a fait mesagier [duquel il a fait un messager] , ib. p. 31. Et mi desconfort greignor Dont je morrai sans retor, Couct, l. Douce dame, je ne vous os [ose] rover [demander] Ce dont amors ne me rove pas taire, ib. il. [Amour] Dont ja [je] ne quier [demande] issir, ib. viu. X peines ert [sera] acomplis Li servirs dont j'atent gré, ib. m. Plus [je] me confort as biens dont ele [ma dame] est pleine, ib. XIV. Jà de mon cuer n'istra mais la semblance Dont [ma dame] me conquist as mos pleins de douçor, ib. XVI. Voir, il n'est rien dont je soie en tristour, ib. XVII. Ce est la riens dont je sui plus espris, ib. [Le grant amour] Dont je l'ai tant dedens mon cuer amée [aimée] , ib. N'est pas amors dont on se peut movoir [l'amour dont on peut se retirer n'est pas un véritable amour], ib. xviii. Je ne tieng pas i'amor à droit partie, Dont il convient morir ou trop amer [aimer], ib. Et si [ils] meurent [émurent] ensemble meslée et contençon. Don la guerre dura tante mainte saison, Sax. m. Dont [pour cela] [ils] firent la bataille sur deux hommes jugier [remettre la bataille à deux champions] , ib. iv. Là fu morz Oliviers et ses compains Rolans, Li douze pair de
I France, don Karles est dolauz, ib. V. Il fait creuser
louz terre à pic et i martel X ses engigneors [ingénieurs], dont out pris maint chastel, tV;. ix.
— xiii* s. X ce temps dont vous ai l'histoire comencie, Berte, ii. Dont [c'est pourquoi] doi je prendre en gré se j'ai froit et poverte [pauvreté], ib. xxiv. Dont vient si bêle dame parmi cest bois raméT ib. XLV. Et dont estes-vous néeT dites en vérité, ti>. Il voit son mantel gris dont ele ert [était] afublée, ib. XLvi. Dame, esgardez, fait il, [ce] dont je vous fais présent, ib. XLVii. Dont venez vous si seule parmi ce gant [bois] feuilluTib.Li.Diexl fait-ele, dont vient si faite deablieî ib. lxxii. Que tout lui ferai rendre ce dont ele est saisie , ib. De vous afestoier [je] n'ai ore pas loisir. Dont il me poise si que j'en cuide mourir, ib. Lxxxvii. Il dit qu'ele est nice et foie, Dont [c'est pourquoi] tant demore à la karole
[danse], la Rose, 8498 Tu dois estre Moult liés
[joyeux] , dont tu as si bon mestre Et seignor de si haut renom, ib. 4270.
— XV' s. Dont plusieurs chevaliers en furent courroucés, FROiss. I, I, to. Leur venue et chevauchie fut sçue en la dite ville, dont s'armèrent secrètement ceux de Lille, et se mirent en trois aguets, afin que cils ne leur pussent mie eschapper, id. i, i, (08. Une femme qui venoit du pèlerinage s'assit en my le marché; on lui demanda dont elle venoit, m. II, II, B2. Et restitua les dictes terres; dont le comte son filz fut fort troublé, comm. i, i. Si leur ennuyoit-il dont ledit d;ic de Bourgongne mettoit tant [tardait tant] à les secourir, id. v, 4. Toutefîois depuis fist le contraire, dont le roy conceut ceste longue hayne, id. i, 2.
— XVI' s. Et n'has-tu pas ton franc arbitre Pour sortir d'ond tu es entré? maeot, i, 204. Je pense que c'est un enfer. Dont jamais je ne sortiray, iD. ib. Anne, ma sœur, d'ont me vient le songer Qui toute nuit par devers vous me maine? id. m, ttt. La généalogie et anticquité dond nous est venu Gargantua, rab. Garg. i, t. Je retourne faire scale au port dont suys yssu, id. ib. i, 9. Mais, dy je, dond venez? où allez? id. Pont, v, <7. Je le renvoyrois bien dond il est venu, à grandz coupz d'anguillade, ID. ib. V, 48. Gouets, petilz coutteaulx dont les enfans cernent les noix, id. ib. i, 27. La mansuétude dont ilz usarent envers les Bretons, id. ib. i, BO. Puisque prenés la paine à m'escripre, dont me faictes ung merveilleux plaisir, harg. Lett. 3. Encores me desplaist-il bien dont elle a sy peu de compaignie, craignant qu'elle s'ennuye, id. ib. Vous savés combien vostre paine est nécessaire aux affaires dont vous portés le faix, id. ib. 04. On dit tant de bien de vostre justice que je ferois mal de le vous celer, saichant très bien que vous en donnés la gloire à celuy dont elle vient, id. ib. 4 26. Us pensèrent que cette sorte de vengeance debvoit estre plus aigre que la leur, dont ils commencèrent de quitter leur façon ancienne pour suyvre cette cy, mont, i, 240. Estant malade de la maladie dont il mourut, id. m, 89. La violence, dont elle [la guerre] agit, est espouvantable et donne effroy, langue, 460. Theseus le tua; dont il fut si aise, que.... amyot. Thés. 40. Or sus, Titus, et toy Valerius, que ne respondez vous à ce dont on vous accuse? id. Publ. s. Siramnes respondit à ceulx qui s'esbahissoient dont venoit que ses devis estoient si sages, et ses effects si peu heureux, m. Préf. xx, 47. La vitesse dont elle va, la boëtie, 4 73. Qu'elle remeist chasque chose au lieu dont elle la prendrait, id. 4 86. J'ay mes valets, dont il y a toujours quelqu'un d'entre eux qui accuse, l'autre qui se justifie, id. 204.
— ÊTYM. Provenç. don; espagn. et portug. donde; de l'adverbe composé de-unde, de la préposition latine de, et l'adverbe unde, d'où.
f DONTE (don-t'), s. f. Nom que les luthiers donnent au ventre de certains instruments, tels que le téorbe, le luth, etc. qui est fait dédisses taillées, ployées en côtes de melon, et collées sur le tasseau.
t DONVILLE (don-vi-l'), s. m. Espèce de poire.
DONZELLE (donzè-l') , s. f. \\ 1° Kille ou femme de distinction. Je devais l'épouser; mais je ne veux plus d'elle. — Plus de moi I — Quoi I Crispin I — Elle fait la donzelle. Monsieur, et, s'il vous plaît, je ne suis point un sot, hauterochb, Nobles de prov. II, 3. Il Cet emploi est tout à fait tombé en désuétude. || 2° Fille ou femme dont ou parle trèsfamilièrement. Lors à bon chat bon rat, et la pauvre donzelle Était pour en avoir profondément dans l'aile, SCARRON. Jodelet, i, 4. || Fille ou femme dont on parle légèrement, d'un ton de mépris. Il a quitté sa donzelle. Quelle donzelle! L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris; il s'est aussi répandu dans les provinces; et nos donzelles en ont humé leur bonne part, mol. Préc, 4. Ces insatiables donzelle»
DOR
[les harpies] Faiuient U guerre à no» icuelles,
SCARRON, Virg. trav. m. || 8" Nom vulgaire d'un poisson, Vophidie barbue, dite aussi demoiselle.
HIST. xrii* s. Et chevalier et damoiselos, Es-
quier, bourgois et dariseles, Amadas et Ydoine, n* «987. Il ivi' s. L'autliour du jeu vient proposer que le donzel ou la donzelle que l'on a choisy.... DES ACCORDS, BigarT. Acrostiches.
— ETYM. Provenç. doniella; catal. dortsella; ùapagn. doncella; ital. donxella; du bas-latin dominicella, diminutif de domina (voy. dame). Dans l'ancienne langue on disait doncele ou dancele; et, au masculin, doricel ou dancel, damoiseau.
t DOQUET (do-kè), s. m. Terme de musique. Oualrième partie de trompette d'une fanfare de cavalerie. On dit aussi toquet (voy. ce mot).
DORADE (do-ra-d'), s. f. Poisson de mer à écailles dorées. || Dorade chinoise, poisson du genre cyprin qu'on appelle aussi poisson rouge. || Terme d'astronomie. Constellation de sept étoiles, qui est dans l'hémisphère austral.
— HIST. XVI' s. Dorades, rougets, gournauds, merlus, PARÉ, XXIV, 22. Les terroirs pierreux et sablonneux [il s'agit d'étangs] nourrissent les truites, barbeaux, gardons, carpes, goujons, dorades,