DOT
DOT (dot'; au pluriel, la t m prononce aussi : les dot'; r» ne se lie pas: des dot' en argent; cependant quelques-uns la lient: des dot'-z en argent), s. f. Il 1* Ce qu'on donne à une fille en mariage, le bien qu'elle apporte à son mari. Une riche dot. Et il s'engage k la prendre sans dot, uol. VAv. i, 7. Lorsqu'on s'offre de prendre une fille sans dot, on ne doit point regarder plus avant, to. ib. i, 40. Je sais qu'avec mes vœux vous me jugez capable De vous porter en dot un bien considérable, id. Femm. sav. y, *. iEgine qu'on vous propose, et qui, avec une riche dot, apporte de riches dispositions k la consommer, et tout votre fonds avec sa dot, la brut. XIV. Il Par extension. Mes filles n'ont pour dot que le nom de leur père, corn. Agésil. m, 2. Quand on ne prend en dot que la seule beauté. Le remords est bien près de la solennité, mol. l'Élour. n, 6. || Fig. Klle [ta victoire] n'est qu'un effet du malheur qui me suit. Je l'ai porté pour dot chez Pompée et cher Crasse, corn. Pomp. ni, 4. Voyant ce que pour dot [l'appui d'un parti] Rome lui veut donner, id. Sertnr. 1,2. Ce n'est qu'au meurtrier que Mahomet te donne, Quelle effroyable dot! volt. Fanal, iv, 3. Il Terme de jurisprudence. Ce que la femme apporte au mari pour soutenir les charges du ménage. Une dot mobilière. || 2' Apport que fait au couvent une fille qui entre en religion. || 8* Se dit aussi, abusivement, de ce qu'on donne k un fils. Ils ont eu chacun, le mari et la femme, 30 000 francs de dot.
— REM. Molière a fait ce mot masculin: L'ordre est que le futur doit doter la future Du tiers du dot qu'elle a, Éc. des femmes, iv, 2; C'est une raillerie que de vouloir me constituer son dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point, FAv. il, 6 (des éditions, rajeunissant le texte, ont mis sa dot). Vaugelas et Perrot d'Ablancourt le faisaient aussi masculin. C'est un archaïsme. Mais Ménage remarque que le féminin l'emportait. Patru voulait qu'on écrivit dote, et Regnard a suivi cette orthographe dans le Bal, se. u, pour rimer avec il radote : Je fais arrêt sur vous, sur la fille et la dote.
— HIST. XVI* s. Elle estoit jeune et n'avoit point encore oui dire ce mot de dot; lequel Ils disent en certains endroits du royaume, et principalement en Lyonnois, pour douaire; et pensoit qu'on eust dit que cet homme eut mangé le dos ou l'eschino de la
femme, DESPéR. Contes, XLV Laquelle aura pour
son dot 400000 escus, d'aub. Hist. i, 4B.
— ÉTYM. Provenç. dot, s. f.; espagn. et ital. dote; bas-lat. dotum; du latin dos, qui, représentant dot-s, se rapporte k l'adjectif verbal ÎOTdc, donné, et dérivedu radical Soû dans Soûvat et do dans do-num (voy. don). Dotum explique le masculin qui a été souvent donné à dot; et l'exemple de Despériers témoigne qu'au xvi* siècle le t ne se faisait pas sentir.
DOTAL, ALE (do-tal, ta-1'), adj. Terme de jurisprudence. Qui est relatif, qui appartient à la dot. Constitution dotale. Deniers dotaux. || Régime dotal, régime de contrat de mariage où des précautions, telles que l'inaliénabililé de la dot, sont prises pour conserver la dot de la femme.
— HIST. XVI* s. Dettes privilégiées sont denier* dotaux, LOTSEL, 684. Soit asservie à un phrygien prince. Avec Didon sa dotale province, dubell. iv, », recto.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. dotât; ital. dotait; du latin dotalis, de doj, dot.
DOTATION (do-ta-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Action de doter une église, une communauté, un prince du sang, c'est-à-dire de lui assigner des fonds et des revenus. Faire une dotation. La dotation du prince fut votée par la chambre. Il Le fonds, le revenu assigné. La dotation de la Légion d'honneur. La dotation d'un prince du sang.
— HIST. XV* s. Pour ce qui est du corps, il fu! mené et conduit en sépulture à Loches fort honorablement, dans l'église collégiale de Nosire Dame, oil elle avoit fait plusieurs belles fondations et dotations, j. CHARinR, Hist. de Charles VU, p. 4»2, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. dofolion; catal. dotacid; espagn. dotacton; ital. dotaii'onf; du latin doUMii ficm, de dotare, doter.
DOTÉ, ÉE (do-té, tée), part, passé. || 1* Oui a reçu une dot. Fille richement dotée. || J* Qui a reçu une dotation. Que de maisons saintes dotéesl iiass.
Panég. St Louis. \\ Kig Au bien public s'immo-
lant par malice, Vengerait-il le goût, proscrirait-il le vice. Pour l'étrange plaisir de perdre son repos. D'être gratifié de la haine dessous. Doté sur vos journaux d'une rente d'injuresT oilbert, Jfon apologie.
t DOTEL (do-tèl), f. m. Espèce de moule du
DOÛ
Sénégal;nom qua donne Adanson à la moule noire,
tEGOARANT.
DOTER (do-té), ». a. || f Pourvoir d'une dot. Ce père a doté sa fille de trente mille francs. Doter des filles pauvres. Il a doté sa nièce qui n'avait rien. Il a° Faire une dotation, assigner un revenu à un établissement, à un corpS; à uu prince, etc. Doter un hôpital, une église, un prince , etc. |1 3° Fig. Les grâces dont la nature l'avait dotée. Je veux que la valeur de ses aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chroniques. Et que l'un des Capets, pour honorer leur nom. Ait de trois fleurs de lis doté (quelques éditions lisent doré) leur écusson, BOIL. Sat. v. Le ciel nous dote D'une marotte Tour à tour grave et quinteuse et falote, Bé- HANG. Troubad. L'espérance aux ailes brillantes Sur vous se plaît à voltiger; De combien de formes riantes Vous dote son prisme léger! ID. Ànniv.
— ËTYM. Provenç. et espagn. dotari ilal. dotare; du latin dolare, de dos, dot.
+ DOTUIÉXENTÉRIE (do-ti-é-naQ-té-rie), s. f. Terme de médecine. Fièvre continue, caractérisée par une éruption intestinale, souvent par des désordres dans les fonctions des poumons et du cerveau, par des taches à la peau, et analogue, en beaucoup de points, aux fièvres éruptives.
— ÉTYM. Ao6iï)v, bouton, et évTtpov, intestin. C'est une faute d'écrire, comme on fait souvent, dothinenlérie.
DOUAIKE (dou-ê-r' ; on a prononcé et on prononçait encore au commencement de ce siècle dou-a-r'), s. m. Portion de biens qui est donnée à une femme par son mari à l'occasion du mariage, dont elle jouit pour son entretien après la mort de son mari, et qui descend après elle à ses enfants. Assigner un douaire. Stipuler un douaire. Il y en a d'aucunes qui font du mariage un commerce de pur intérêt, qui ne se marient que pour gagner des douaires , que pour s'enrichir par la mort de ceux qu'elles épousent, et courent sans scrupule de mari en mari pour s'approprier leurs dépouilles, «OL. Mal. imag. Il, 7. L'épreuve la plus rude que cette reine [Henriette-Marie] eut à soutenir fut de solliciter un douaire de veuve auprès de l'homme qui l'avait faite veuve [Cromwell], chateaub. Stuarts, «81. Il Douaire coutumier, se disait autrefois du douaire établi et ordonné par la coutume. || Douaire préfix ou conventionnel, celui qui consiste en une certaine somme déterminée par les conventions matrimoniales. Il Jamais mari ne paya douaire, s'est dit pour exprimer que la mort civile du mari ne donne pas lieu à la demande du douaire. || Anciennement, demi-douaire, mi-douaire, pension alimentaire accordée en certains cas (séparation, longue absence, mort civile du mari) k la femme, du vivant du mari.
— HIST. XII' s. Devien mes homs, je te ferai doaire, [don], Bonc. p. 446. [Nostre terre] Que la mère Deu
tient à son lige doaire, Sax. xxxi. || xiu" s Je li
donai sans detri [sans retard]. Tôt de bon gré, mon fin cuer en doaire [don], oaces brullés, Poésies mss. avant i3oo, 1. 1, p. 257, dans lacuhne. Chil qui sont semons sor doaire ne poent contremander, BEAUM. 6<. Fors du chastel et de la tor La gèlent, et de son douaire ; Ne li lessent en nul repaire S qu'ele se puisse acouper, Ne penre repast ne souper, RUTEB. II, isi. Il xiv s. Sa chiere compaigne et espouse Blanche de Brayban doit avoir la tierce partie de toute sa terre par raison de douaire, nu CANGE, dos. Il XV* s. Quant ta femme, qui plaint et pleure, Quant tu te gis au lit mortel. En ta maison, en ton hostel. Et se complaint de son douaire [gémit de se voir veuve] , E. desch. Poésies mss. f bu) , dans LACURNE. Il fut apointé par devant l'official d'Amiens que icellui Michault prendroit à mariage icelle jeune fille, par lui defflorée, ou, se ce ne laisoit, il seroit tenu de lui faire douaire, nu cange, dos. Il XVI' s. Douaire propre aux enfants est une légitime coutumiere prise sur les biens de leur père, par le moyen et bénéfice de leur mère, loïsel, <58. Tant que la femme et les enfants vivent, le douaire est en incertitude, et s'appelle douaire égaré, ID. «72. Douaire coutumier saisit, m. 145. Douaire préfix, ou convenance, ne saisissoit point, et se dovoit demander en jugement, id. U6. au coucher la femme gagne son douaire, leroux de uncy, Prov.
t. Il, p. (28.
— Ê[\il Wallon, doid, doiar; provenç. dotaire; du bas-latin dotarium, de dolare (voy. doter).
BOUAIRIER (dou-ê-rié), s. m. Terme de droit ancien. Enfant qui se tenait au douaire de sa mère ea renonçant à la succession de son père.
— msT. XVI' s. On ne peut eslre héritier et douai-
DOU
rier [pour être douai rier, l'enfant doit avoir renoncé à la succession de son père], loïsel, 465,
— ÉTYM. Douaire.
DOUAIRIÈRE (dou-ê-riê-r"; on a prononcé autrefois dou-a-riê-r'), adj. f. || 1" Se dit d'une veuve qui jouit d'un douaire (en parlant de personnes d'un rang distingué). Reine, duchesse douairière. || Substantivement. Jamais Mme la douairière de Rohan ne leur a dit un seul mot, patru, Plaidoyer 2, dans RiCHELET. Il 2" Femme âgée, dans le style familier. Une vieille douairière.
— HlST. XVI* s. La douairière lotit, et l'héritier
choisit, LOYSEL, <57.
— ÉTYM. Douaire. On disait aussi douagère : xiv» s. Mario de Monceaux, comme douagiere, a joy et usé par long temps de la ditte terre, du cange, doageria.
DOUANE (dou-a-n'), s.f.\\ 1* Taxe établie sur les marchandises à l'entrée et à la sortie d'un État. Les bagages des ambassadeurs sont exempts de douane. || 8* Administration chargée de percevoir les droits à l'entrée et à la sortie des marchandises. Commis de la douane. Droits de douane. Les commis de la douane remirent généreusement à Xantus le sou pour livre, la font. Vie d'Ésope. Là où il y a du commerce, il y a des douanes; l'objet du commerce est l'exportation et l'importation des marchandises en faveur de l'État; et l'objet des douanes est un certain droit sur cette même exportation et importation, aussi en faveur de l'État, montesq. Esp. XX, i3. Il Fig. Il me paraît que la douane des pensées est plus sévère que celle des fermiers généraux, et qu'il est plus aisé de faire passer des étoffes en contrebande que de l'esprit et de la raison, volt. Lett. Damilaville, te avriH765. || 3° Bureaux de cette administration. Faire visiter des marchandises à la douane. || Une ligne de douanes, une séria de postes de la douane qui se donneut la main et ne permettent pas que rien passa sans être visité.
— HIST. XV s. Durant ces jours-là il aUa voir les douannes tant de marchandises qu'es autres douannes où l'on faisoit les galées et galiennes, nefs et navires, et où on forgeoit choses appartenant aux dites navires, ANDRÉ DE la vigne, Voy. de Charles VIU à Naples, p. <40, dans lacurne. || xvi* s. Nos fermes de la busche, pied-fourché, poisson de mer, vin vendu en gros, douanne et autres. Arrêt du Conseil d'État, 27 oct. (698.
— ÉTYM. Provenç. doana; catal. duana, aduana; espagn. et portug. aduana; ital. dogana. Ménage le tire du grec Soxàvri, lieu où l'on reçoit des marchandises; très-bonne étymologie, si elle rendait compte des formes espagnoles où a-duana paraît indiquer l'article arabe al; dès lors le mot se rattacherait à l'arabe addiuiîn {al divdn) , maison ou lieu où se réunissent les administrateurs des finances pour le recouvrement des droits (voy. divan). Il est de fait que dans les textes du moyen âge on trouve souvent le mot duana rattaché aux Sarrasins; Diez en cite plusieurs exemples. On a dit encore que dogana venait de doge et signifiait un impôt perçu au profit du doge sur les marchandises importées à Venise. Pour cette étymologie, comme au reste pour les autres ici rapportées, il faudrait savoir quelque chose sur les circonstances dans lesquelles le mot de douane s'est produit.
t DOUANER (dou-a-né), ». o. Terme d'administration. Mettre le plomb sur les objets présentés à la douane.
— ÉTYM. Douane.
DOUANIER (dou-a-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, ï's se lie : des dou-a-nié-z actifs), s. m. Il 1* Commis de la douane. {| 2° Adj. Douanier, douanière, qui a rapport à la douane. Le démembrement douanier de l'Allemagne, qui serait un vrai anachronisme dans nos jours de fusions douanières, J. des Débats, (•' janv. (883.
— ÉTYM. Douane; ital. doganiere.
t DOUAR (dou-ar), s. m. ||1° Village temporaire que construisent les Arabes pasteurs en alignant leurs tentes en rues. || %' Fraction de tribu, en Algérie.
— ÉTYM. Arabe, adoudr, pluriel de dOr, habitation.
DOUBLAGE (dou-bla-j') , s. m. || 1° Terme de droit féodal. Double redevance exigée en certaines occasions. Il 2° Terme de manufacture. Action de joinAro deux fils simples. |{ 3° Terme de typographie. Répétition de mots ou de lettres. || 4° Terme de marine. Bande de toile qui sert de renfort dans certaines parties de la face d'une voile. || Revêtement de la carène d'un navire en feuilles de cuivre.
— UIST. XVI' s. Loyaux aides sont presque ordi-
DOU
nairement le doublage [le double] des devoirs, lotsel, 607.
— ÉTYM. Doubler.
tDOUHLANT, ANTE (dou-blan, blan-t'), adj. Il 1' Terme de théâtre. Qui est propre à doubler un rôle, un acteur. || 2" Terme d'anciennes finances. Taille doublante, taille double.
— HIST. XVI' s. Toutes tailles personnelles, franches ou serves, sont doublans une année et non l'autre, Nouv. coût, génér. p. (223.
DOUBLE (dou-bV), adj. numéral multiplicatif. Il 1" Formé de deux choses semblables ou de même nature. Un double rang de coloimes. || Acte double, acte fait en deux exemplaires. On dit en termes da palais : Il est fait double entre les parties. || Doubla louis, pièce d'or valant deux louis. Double hectolitre, futaille contenant deux hectolitres. || Doubla décalitre, mesure qui contient une fois autant que la décalitre. On dit de même double boisseau. || Terme de jurisprudence. Doutile droit, droit payé pour défaut d'enregistrement de certains actes dans les délais de la loi. || Double décime, second décime établi pour des besoins temporaires du budget. || Terme de grammaire. Lettre double, lettre qui est composée de deux autres, comme œ, œ, ou qui a la valeur de deux autres, comme l'z qui se prononce comme es. Il Terme de lansquenet. Double carte, celle qui est déjà venue deux fois. || Fig. Jouer sur carte double, avoir un avantage qua les autres n'ont pas. Il a la faveur des ministres, il joue sur carte double. Il Terme de trictrac. Double doublet, se dit quand les points des dés sont pareils, et qua l'on bat ou remplit de deux façons. |{ Au domino, double-as, double-deux, etc. dé sur lequell'as, la point deux, etc. est répété. || Serrure à double tour, serrure où il faut tourner deux fois la clef. || En arithmétique et algèbre, raison double, rapport de deux quantités dont l'une est double de l'autre. |1 En géométrie, point double, le point où se coupent deux branches d'une courbe. || Terme d'astronomie. Étoile double, groupe de deux étoiles qui à l'œil nu ne s'offre que comme un seul astre, mais qui, au télescope, sa sépare en deux, dont l'une tourne autour de l'autre. Il Terme de physique. Double réfraction, phénomène qui consista en ce que chaque rayon, qui traverse certains cristaux, se partage en deux rayons suivant chacun une route différente. || Terme de chimie. Sel double, celui qui résulte de la combinaison de deux autres sels. || Terme de botanique. Fleurs doubles, celles dont les étamines et les pistils se sont convertis en pétales, soit naturellement, soit par la culture. Calice double, celui qui est entouré d'un involucre formant en quelque sorte un second calice. |{ Périanthe double, celui qui est composé d'un calice et d'une corolle. Il 2° Par extension. Ce fut un double malheur. La double autorité qu'il exerce. Et le sang par un double et secret artifice Parle en vous pour Phocas comme en lui pour Maurice, corn. Héracl. v, 2. Allons, ne vous faites point dire ce qu'il n'est point nécessaire d'entendre, et consentez, ainsi que moi, à ce double hyménée, mol. l'Avare, v, se. dern. Par un double divorce ils s'unirent tous deux, rac. Brit, II, 2. Il nous a déployé l'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat, 10. Baj. v, (l. M. de Mairan, mon double confrère à l'Académie française et à celle des sciences, vient de mourir à quatre-vingt-treize ans, d'alemb. Leit. au roi de Prusse, 2( avril (77(. || En jurisprudence, doubla lien, parenté entre enfants d'un même père et d'une même mère. Il Mot à double entente, mot qui présente deux sens. {| 8* Terme de musique. Doubla croche, note à deux barres ou crochets. La doubla croche vaut en durée la moitié d'une croche. Si Orphée Rameau vaut couvrir cette misère de doubles croches, volt. Lett. en verset en prose, *. Il Intervalle double, intervalle qui excède l'étendue d'une octave. || Double fugue, fugue à deux sujets. Il 4° Terme de commerce et de banque. Tenue des livres en partie double ou à partie double, manière de tenir les livres qui consiste à reconnaître à la fois un débiteur et un créancier, dans la rédaction d'un article quelconque, soit de recette, soit de dépense. Compter en partie double. || Terme de comptabilité. Double emploi , ce qui a été porté deux fois en recette ou en dépense; et, dans le langage général, tout ce qui fait inutilement répétition. Il 5* Terme de médecine. Fièvre double, fièvre intermittente, qui, outre les accès de la fièvre simple, a, dans les jours intercalaires, des accès qui se correspondent. || Double-quotidienne, fièvre intermittente qui a, chaque jour, deux accès. Il Double-tierce, fièvre intermittente qui paraît
DOU
composée de deux tierces, c'est-à-dire qu'elle prégente un accfts tons les jours comme la quotidienne, dont elle diflJre en ce que les accès, de deux jours l'un, sont dissemblables d'heure et souvent de caractère et se correspondent respectivement en tierce. Tué de la fièvre double-tierce, sèv. 280. Il Double-quarte, fièvre intermittente qui se montre jou» deux formes différentes: dans l'une, deui accès en un jour, et apyreiie les deux jours suivants, après quoi la fitvre reparaît comme la première fois ; dans l'autre un accfs deux jours de suite et apyrexie le troisii''me; puis l'accès du quatrième jour correspond avec le premier accès, et celui du cinquième avec le second. || 6° Terme de jeu. (^oup double, se dit de l'action de jouer ou de gagner deux fois la mise ordinaire. || Au trictrac, gagner trou double ou bredouille, prendre douze points de suite. Gagner parlie double ou bredouille, prendre les douze trous rie suite. || Terme de chasse. Faire coup double, tuer deux pièces de gibier d'un seul coup de fusil. || Fig. Vardes a extrêmement plu & Termes, et Termes à Vardes; leurs esprits se sont frappés d'un agrément égal; c'a été un double coup, sév. 367. || 7° Terme de musique. Double quatuor, réunion de deux premiers violons, deux seconds violons, deux altos, deux violoncelles. || Morceau composé pour un double quatuor. Il y a des doubles quatuors de Mendeissohn.
I 8° Fig. Il s'emploie comme augmentatif. Double inère. Encre double. Ah I le double bourreau qui me va tout gAter, mol. l'Étowr. m, 4. Ah chien I ah double chien I mâtine de cervelle, id. ib. v, < . Double fils de putain de trop d'orgueil enflé, iD.ilmph. m, 7. Double pendard; ahl je suis assassiné, reonard, S&inade, ie. Ahl la double enragée ; c'est donc elle quiadonnéà ma fille la connaissance.... dancourt, Chev. à la mode, v, <. Lamberg ne nommait plus Giudice que le double traître, st-sim. 46», 20S. || Double bidet, bidet de plus haute taille que les bidets ordinaires. || Dans les rubriques ecclésiastiques. Fête double, jour où deux fêtes se rencontrent ensemble; et aussi jour où l'office est plus solennel qu'à l'ordinaire. Fêtes semi-doubles, celles qui tiennent le milieu entre les fêtes doubles et les simples. Il 9" Oui a de la duplicité, qui trompe par des paroles ou des actions à deux faces. Ton père va descendre, âme double et sans foi, corn, le Ment. n, s. Ame double et traîtresse. Tu portes sans orgueil le nom de ta maltresse, botr. Hercule mourant, II, 3. Oses-tu me parler, àme double et traîlresse?MOL. le Dép. i, «. Ahl traître, scélérat, 4me double et sans foi, id. Sgan. te. Dieu qui maudit ceux qui sont doubles de cœur, pasc. Prov. <3. Ceux qui sont dissimulés et doubles de cœur attirent sur eux la colère de Dieu, saci, Bible, Job, zxxvi, 43. Endurcis-toi le cœur; sois arabe, corsaire. Injuste, violent, sans foi, double, faussaire, boil. Sat. viii. Être double, dissimulé, perfide, mass. Car. Prosp. On peut cacher aux hommes les basses dissimulations d'un cœur double, m. ib. Uélange. \\ Double mesure, double poids, mesure, poids que le marchand a en double , et dont l'un est faux et sert pour les chalands. Le double poids et la double mesure sont deux choses abominables devant Dieu, saci. Bible, Prov. de Salom. xx, to. || 10° S. m. Quantité une fois plusgrande. Être condamné au double. Gagner le double. Louis de Bade se trouva le double plus fort que le maréchal de Choiseul, st-sim. 40, 209. Genève fut plus peuplée du double, plus industrieuse, plus commerçante, volt. Uaeurt, 425. 11 est forcé de faire le double du chemin, i. }. rolss. Ém. 1.
II Jouer à quitte ou à double, à quitte ou double, jouer quitte ou double, jouer une dernière partie qui acquittera celui qui adéjà perdu ou qui doublera le gain de celui qui a déjà gagné. On dit aussi elliptiquement : quitte ou double. || Fig. La reine presque au aèsespoir, résolut de jouer à quitte ou àdoube, HETZ, lu, 352. Ce remède se peut mettre en comparaison avec la poudre du bonhomme ; il est jnéme un peu violent; mais aussi on joue à quitte ou à double, sÉv. 338. || Doubles de voirines, pierre Une collée sur verre ou sur cristal de couleur, et ainsi doublée d'épaisseur, doublée aussi d'éclat, mais d'une manière factice et quelquefois frauduleuse, DE LAUORDE, Êmaux, p. 354. || U" ChosB semblable ou symétriquement pareille. Le double d'un corps de logis. || Copie. Le double d'un tableau. || Duplicata. Le double d'un compte. Le double d'un acte, d'un traité. Elle aura un inventaire; elle en mettra un double entre les mains de la supérieure, Boss. RègL Elle savait que j'avais fait mettre un cbifi're dans les langes de l'aîné, elle me demanda le double de ce chiffre; je le lui donnai, 1. i. kouss. Confus. XI. Il Objet pareiL Avoir des doubles dans sa bi-
DOU
bliothèque, avoir plusieurs exemplaires d'un même auteur. Avoir desdoubles dans une collection, avoir plusieurs échantillons de la même espèce. Il finit par découvrir en Auvergne, chez un pharmacien de petite ville, l'herbier du botaniste Charles, qui avoit accompagné Tournefort dans son voyage au Levant; il en obtint les doubles, qu'il clas.sa et qui font encore partie des plantes qu'il légua au Jardin du roi, CAP, Philibert Commersnn. || Dans certaines superstitions populaires, fantdme qui présente l'image d'une personne menacée de mort || Au jeu de dominos, un double se dit presque exclusivement pour dé double. Poser un double. J'avais trois doubles dans mon jeu. || 12° Mettre, plier une chose en double, en plusieurs doubles. Or, comme il plut au ciel, en troisdoubles plié, rëonier, Sat. xi. || Terme de marine. La partie d'un cordage, d'une voile qui revient sur elle-même. || 13* Terme de musique Double d'un air, le même air qu'on figure sur le simple par l'addition de plusieurs notes qui varient et ornent le chant. On dit aujourd hui variation. Il li' Terme de théâtre. Acteur, actrice qui remplace le chef d'emploi dans les rôles que celui-ci joue en premier. La pièce a été jouée par les doubles. On dit dans le même sens donner un rôle en double. Il Doublure en est le synonyme aujourd'hui plus usité. Il 16° Petite pièce ronde de cuivre qui portait d'un côté la figure du roi et de l'autre trois fleurs de lis, et qui faisait la sixième partie du sou, ou deux deniers. Que tout se pervertisse, il ne m'en chaut d'un double, réOnier, Sat. vi. Non; il vous rendra tout jusques au dernier double, mol. École desfem.v, 4. J'ai le secret de les renvoyer satisfaits [les créanciers], sans leur donner un double, id. le l'est. IV, 2. Je vous jure que vous ne les auriez pas [les fagots], s'il s'en fallait d'un double, id. If^d. m. lui, I, 6. Il n'y a point de monsieur maître Jacques pour un double, lo. VAv. m, 6. ||16° Jouer le double, c'est-à-dire feindre, biaiser, parler, ouagii autrement qu'on ne pense. || 17° S. f. La double, le premier des quatre ventricules dans les ruminants, dit la panse. || 18° Nom de différentes plantes et animaux où le mot double entre en composition. || Double-aiguillon, espèce du genre bahste. On dit aussi double-épine, s. (. \\ Au plur. Des doubles-aiguillons. Il Double-bosse, ». f. Nom vulgaire et spécifique de l'antennaire double-bosse, poisson acanthoptérygien. || Liouble-cloche, *. f. Nom vulgaire d'une espèce de datura, le datura fastueux, dit aussi pomme épineuse d'Egypte, legoarant. || Doublecloche est aussi un des noms vulgaires de la primevère des jardins. || Double-dent, s. f. Synonyme de didymode, genre de mousses dont le nom serait mieux écrit didymodon, legoarant. || Doubla-dent, s. m. Nom d'une famille de mammifères. Voy. dopuciDENTÉ. Il Double-scie, ». f. Nom vulgaire de la biterrule péleein, légumineuse, dite aussi bateliiic, legoarant. Il Double-tache, s. m. Espèce de poisson delà Méditerranée, le labre bimaculé (acanthoptérygiens). || Doubla-vessie, s. f. Nom vulgaire donné au diphyscion feuille, espèce unique dans le genre diphyscion (mousses). || 19° Double, adv. Voir double, voir comme si les objets étaient doubles. Payer double, payer deux fois le prix ordinaire. || 80* Au double, en double, loc. adv. Une fois de plus. Et quand, avec toute sorte de générosité, je vous aurais payé au double tout ce que je vous dois, voit. Lett. 43. C'est bien raison qu'au double on le leur rende, LA FONT. Rém. Ils me rendent cette complaisance au double, sÉv. b7I. Des remèdes qui ne nous rétablissent qu'avec plus de peine et qui nous coûtent au double pour remplacer les pertes que nous avons eu le malheur de faire, mass. Car. Dégoûts. || Mettre les morceaux en double, manger à la hftte. || Terme de marine. En double, promptement. || 81° X double, en deux personnes. Insensiblement, je me sentis isolé et seul dans cette même maison dont auparavant j'étais l'âme, et où je vivais pour ainsi dire à double, J.J. Bouss. Confess. vi. || Proverbe. Double jeûne, double morceau, c'est-à-dire qu'un .homme sans principes se livre d'autant plus à sa passion que la chose est plus défendue.
— HIST. XI* s. Forfait [condamné] fust [il] u [au] diible de ce que altre fust forfait, Loii d» GuiU. 2. De son haubert [il] li derompit les dubles, Ch. de Roi. xcvui. [Ils] Tranchent les cuirs et les fuz [des escusj qui sont dubles, 16. CCLXI. || xii's. Tôt li plusor [hauberts] en sont doble treslis [à double treillis], iionc. p. 43. Et lors voit Diei la doble pénitence, QUESNES, Romancero, p. M. (Uerc ne doivent, fait-il, à voz leiz obéir, Ne pur un sul [seul] mesfait dubla peine sufTrir, Estre desordené e puis des cors porir, Th. le mart. 27. E quatre auble la bcr-
I)OlJ
beiete [la petite brebis] rendrad , Roi», ^ 68. ^ xiii*s. Car sa joie lui ert [sera] à cent doubles doublée, Berle, Lxxxii. Et par vérité [ils] se vantoient Qu'il au double i gaaigneroienl,F(. et Bl. t3i3. Auju [jeu] à double [vous] porterés [vous doublerez le jeu] ; Se gaaigniés, tôt li rendes, ib. 2145. L'eve n'estoil nule fois trouble, Ainçois estoitplus clere à double, N'est esmeraude ne rubis, Fabl. mst. n*42l8, f* 3^7, dans LACURNE. Cil doivent conter en lor rechoites [recettes] tout le pris des cozes qu'il vendirent et par escris doubles, dont li sires en ait l'un, beaok. xiix, (4. Si moultiplia tant et amenda que les ventes, les saisinnes, les achas et les autres choses valoient à double que quant li roys y prenoit devant, JOiNv. 297. Il XIV* s. Et est ceste condicion double, 0RESME, Eth. 4t . Il XV* El estoit toujours bien monté de bons coursiers, de doubles roncins et de gros palefrois, FROiss. 1,1, 324. Ces longs glaives aux fers tranchans affilés de Bordeaux, dont ils se veoient empalés, que les mailles de leur» cottes ne leurduroient néant plus que toile doublée en troisdoubles, ID. II, II, 184. Mon frère, je vous envoyé le double ries rcpparacions de l'église monseigneur Saint Eutropoe de Xaintesque le prieur m'a envoyée». Lettre de Louis II, dans Bibl. des Chartes, 4* série, t. I, p. 47. II XVI* s. Vous meschans, lavez vos mains; vous doubles, purgez vos cœurs, calvin, Instit. 473. Qu'ils n'estoient pas sufflsans pour l'enlreteùir la moitié de l'année; et que, s'il ne plaisoit au roi lui en bailler la moitié au double, il seroit contraint rie se retirer, maro. Nouv. xvii. Il y a doubles loix, celles de l'honneur et celles de la justice, mont, i, 4t». Il est marry qu'il ne soit double, triple ou quadruple, et qu'il n'ayt plusieurs âmes, pour les conferrer toutes à ce subject, id. i, 218. Si nous serrons l'œil par dessoubs, les choses nous semblent doubles, m. 370. H estoit si petit qu'on l'eusl bien mis dans une bourse d'un double, despAr. Contes, XLiii. Je croy bien qu'il s'en trouve de tels; mais je les blasme au double, de ce que leurs inclinations, sans estre aidées, courent si viste au mal, lanodr, (43. C'estoit un homme double, qui avoit inlelligence avec l'une et l'autre partie, amyot. Aie. 50, Estant vestue d'une robbe de pourpre double [teinte deux fois], id. Jforitti, 2». Courir en lice à qui gaigneroit le prix de la course double, id. Déméir. 23. Faire une bonne et forte ligature avec menue ficelle ou filet en plusieurs doubles, paré, v, 47. C'est une race à part qu'on appelle double, que celle qui se remplit de deux chevreaux en une ventrée, o. de SERRES, 330. Les soucis, ainsi deschargés, produisent gaiement leurs belles fleurs grosses et doubles, id. 674. Double vaisseau [bain-mariej, cotgbave.
— RTYM. Provenç. et espagn. dobU; portug. dobro; ital. doppio; du latin duplex otiduplus, de du pour duo, deux, et plex, représentant pJtcore, plier.
DOUBLÉ, ÉE{dou-bIé,bIée), part. p(W»<. Il l'Augmenté une fois en sus. Une somme doublée. Votre garde est doublée et par un ordre expris Je vois ici deux rois observés de fort près, corn. Attila, m, 2. Il Terme de mathématique. Raison doublée, rapport de carrés. Seize à quatre est en raison doublée de quatre à deux. || Ternie de musique. Répété exactement à l'unisson ou à l'octave sans changement dans l'harmonie. La partie de second violon doublée par l'alto. Les violoncelles doublés par les bassons et les trombones. || Terme de médecine. Fièvre doublée, fièvre intermittente qui le même jour a deux accès se correspondant respectivement. La fièvre double-tierce difi'ère de la tierce doublée en ce que, dans celle-ci, il y a deux accès tous les deux jour» et un jour d'intermittence, et dans celle-là un accès tous les jours. || 1° Garni d'une doublure. Il y a habit, veste et culotte, d'un bel et bon drap bien fin, tout uni, doublé de soie rouge; rien n'y manque, MARIVAUX. Paysan parv. »* part. t. ui, p. 42», dans POUOKNS. Il Fig. C'est un hypocrite doublé d'un débauché, c'e.«-à-dire il est à la fois hypocrite etdébauché. || 8" Terme de théâtre. Remplacé par un double. Il Fig. Il est impossible que le secrétaire d'ÉUt ne le soit [ministre d'£tat] . à moins d'être doublé par un père ou un beau-père, st-sim. «6, »0. Un confesseur, qui n'était doublé de personne, ne devait point alors quitter les environs du bl [du Toi], ID. 44 8, 24». Il 4* Bille doublée, bille faite au doublé. Il 6* S. m. Terme de billard. Le doublé, manière de faire une bille en la faisant frapper contre une bande. Jouer au doublé. || 8* Doublé, objet recouvert d'une mince plaque d'argent ou d'or. On dit plus souvent plaqué.
DOUBLEAU (dou-blô), s. m. Terme de charpente. Forte solive d'un plancher qui porte les chevêtre». Il Solive qui sert à former lo plancher d'un moulio
DOU
DOU
DOU
k vent. WÀdj. Arcs-doubleau%, premiers arcs qui forment les voûtes, d'un pilier à l'autre.
— HIST. xiv* s. Deux doubleaux [paires de vases] d'argent blanc, à mectre vin, de laborde, Éinaux ,
— KTYM. Double.
+ DOUBLE-AUBIER (dou-blfl-bié) , s. m. Aubier recouvert de bois parfait, et qui est le produit d'une lésion occasionnée par le froid dans un arbre. || Au piur. Des doubles-aubiers.
t DOUBLE-BEC (dou-ble-bèk) , s. m. Sorte de cuiller à l'usage des ciriers. || Au plur. Des doublesbecs.
t DOUBLE-BÉCASSINE (dou-ble-bé-ka-si-n') , s. f. Grande bécassine. 1| Au plur. Des doubles-bécassines.
t DOUBLE-BOUCHE (dou-ble-bou-ch') , ». m. Espèce de coquille. |l Au plur. Des doubles-bouches.
t DOUBLE-BULBE {dou-ble-bul-b'), s. f. Espèce d'iris. Il Au plur. Des doubles-bulbes.
t DOUBLE-CANON (dou-ble-ka-non), s. m. Caractère d'imprimerie, entre le gros canon et le triple-canon. \\ Au plur. Des doubles-canons.
t DOUBLE-CHAÎNE (dou-ble-chê-n'), s. m. Forçat qui porte une chaîne double. || Au plur. Des doubles-chaînes.
t DOUBLE-CHALOUPE (dou-ble-cha-Iou-p'), s. f. Chaloupe de dimension plus grande que celles qu'on embarque sur les bâtiments. Les doubleschaloupes servent dans les ports.
t DOLTÎLE- FEUILLE (dou-ble-feu-U', Il mouillées), s. f. Plante orchidée commune en France. Il Au plur. Des doubles-feuilles.
t DOUBLE-FRONT (dou-ble-fron),orf/.tn. Surnom donné à Janus. Du temple du dieu double-front Les portes se condamneront, Parnasse des Muses, dans le Dict. de bescherelle.
t DOUBLE- MACREUSE (dou-ble-ma-kreû-z') , s. f. Espèce de canard {Vanas brun).
t DOUBLE-MAIN (dou-ble-min), s. f. Terme de musique. Mécanisme qui, dans les nouvelles orgues à clavier, sert à renforcer les effets. || Au plur. Des doubles-mains.
4. DOUBLEMENT (dou-ble-man), adv. De deux manières, à un degré double. Je vous suis doublement obligé. Quand on connaît la faute , on manque doublement, corn. Vidée, ii, 6. Les accusateurs d'Ésope furent punis doublement, pour leur gourmandise et leur méchanceté, la font. Vie d'Esope. Malheureux et doublement malheureux Idoménée I FÉN. Tél. X. Et donner à propos c'est donner doublement, c. DELAV. Une famille au temps de Luther, se. 4.
— HIST. XIV* s. Si comme ceulx qui font mal et sont ivres, il doivent doublement estre blâmez et punis, ORESME, Eth. 7-2. ||xvi*s. Et les larrons sont doublement punis qu'ailleurs, mont, i, <4t.
— ÊTYM. bouble, et le suffixe ment; provenç. doblamen; catal. dohladament ; espagn. dohladamente; portug. dobradamente ; ital. doppiamente. Le catalan, l'espagnol et le portugais représentent doubi^ement.
2. DOUBLEMENT (dou-ble-man) , î. m. || i' Action de doubler. Doublement des consonnes. || 2° Terme de guerre. Mouvement par lequel un rang de soldats est mis sur deux. || 3" Histoire des anciennes assemblées politiques. Doublement du tiers, disposition par laquelle le tiers état avait un nombre de députés égal à celui des députés des deux autres ordres réunis. || 4° Terme de musique. Doublement des notes d'un accord, emploi simultané, en harmonie, du même son par deux ou plusieurs parties différentes. || S° Terme de manège. Tout changement de direction. || 6° Terme de marine. Renfort que l'on procure aux deux pièces ou parties d'un écart. Peu usité. || 7° Terme d'eaux et forêts. Surenchère qui augmente le prix seulement de moitié. I 8° Autrefois, dernière enchère qui se faisait dans .a huitaine, après l'adjudication des fermes et domaines du roi. Cette enchère était le double du tiercement, et devait contenir neuf fois l'enchère courant,.
— HIST. XV» s. Mieulx le faisoient les mariez, mesmes les dames en gaboient les pucelles, et disoient que les amans par amours n'aymoient plus si loyaument qu'ilz souloient faire, et que tous estoient anéantis par leurs doublemenz [duplicité], Perceforest, t. vi, f» 74. || iyi« s. J'ai entreprins une chose impossible et qui peut, au lieu d'augmenter mon contentement, estre doublement de mon malheur , MAHG. Nouv. IV. Se mettent les dits tiercemeni et doublement sur la première mise, c'est à dire que, si la première mise est de dix livres, le
tiercement sera de cent sols, et le doublement de dix livres. Coût, génér. 1. 1, p. 888.
— ÊTYM. Doubler.
DOUBLER (dou-blé),». a. Il l'Ajouter une chose à une autre do même valeur, augmenter d'une fois autant, multiplier par deux. Doubler le nombre, la dépense, la peine. Doubler ses capitaux. || Doubler un corps de logis, joindre un autre corps de logis à la face de derrière de celui qui est déjà fait. Ce fut cette année qu'on doubla la galerie de Diane [à Fontainebleau], ce qui donna de beaux appartements, ST-siM. 97, 27. || Doubler le pas, aller plus vite. J'allais doublant le pas comme un qui fend le vent, Régnier, Sat. X. Elle doubla le pas pour s'en approcher, hamilt. Gramm. lo. Courons, doublons le pas. Pour le trouver [le bonheur], là-bas, là-bas, béhang. Bonh. Il Terme de guerre. Doubler les rangs, mettre un seul rang sur deux. Doubler l'étape, faire étape double. Il Terme de marine. Doubler le sillage, faire plus de sillage. || Terme de typographie. Répéter un mot, une ligne, un alinéa. || Rejeter le mot final d'un vers à l'extrémité d'une autre ligne. || Doubler les reins, se dit d'un cheval qui voûte le dos. |1 Fig. Ne perds-je pas assez sans doubler l'infortune, Et perdre encor le bien d'avoir l'esprit égal?C0RN..4j(/sil. n, 8. Il 2" Terme de musique. Doubler une partie, la faire répéter à l'unisson ou à l'octave par un ou plusieurs autres instruments, sans changer l'harmonie, et uniquement pour renforcer le son. On a remarqué que le trio Veillons mes sœurs de Zémire et Aior n'est réellement qu'un duo, puisque la troisième partie y double constamment une des deux autres. || 3* Garnir d'une doublure. Doubler un manteau, une robe. || Doubler un vaisseau, le revêtir de planches, et aussi y mettre un doublage en cuivre. "Il i' Mettre en double. Doubler du fil, une serviette. || 5° Terme de théâtre. Remplir un rôle en l'absence du chef d'emploi. Doubler un rôle. Lorsqu'un acteur de province se présente pour doubler les premiers rôles, volt. Lett. Richelieu, 27 mai (767. Il Par extension, doubler un acteur. || Fig. et absolument, servir en second. Le maréchal de Villeroy doubla comme maréchal sous M. de Luxembourg, et le maréchal de Joyeuse sous M. de Lorge, st-sim. 22, 263. || 6° Terme de collège. Doubler une classe, en suivre les cours une seconde année. Il 7» Terme de billard. Doubler une bille, la faire au doublé. || Terme de jeu de paume. La balle a doublé, elle a touché deux fois la terre. ||8° Terme de marine. Doubler un cap, le franchir. Sous le règne de Jean II, prince éclairé, qui fit faire une application nouvelle de l'astronomie à la navigation, les Portugais doublèrent le cap qui esta l'extrémité de l'Afrique, baynal, Hist. phil. i, S. Nous voulions tous deux à la fois Doubler le même promontoire, V. HUGO, F. d'aut. «. Cette locutisn vient de ce que, pour franchir un cap, on le longe deux fois. || Doubler un autre bâtiment, le passer de vitesse. || Terme de vénerie. Doubler ses voies, se dit d'un cerf qui par ruse revient sur ses pas. {| 9° V. n. Devenir double. Leur nombre a plus que doublé. || Terme de manège. Un cheval qui double des reins est celui qui fait plusieurs sauts de suite. En un autre sens, on dit qu'on double quand on quitte une ligne pour en suivre une autre. || Terme de marine. Doubler sur les avirons, redoubler d'ardeur et de force dans la manœuvre des avirons, ce qui se commande ainsi : Doublez! double! || Terme de construction. Rapporter et sceller des bandes de pierre derrière les tranches de marbre. || 10° Se doubler, v. réft. Devenir double. En cette belle société, les douleurs se partagent et les joies se doublent, balz. liv. v, lett. 47.
— HIST. XII* s. Partotens [par tout temps] doblent li félon les cols [coups] dont il bleciet chaent [tombent blessés], Job, 608. Et Tierris les ot [ouït] bien, saforceenadoplé, flonc. p. 4 95. [Cela] Mefaitdobler mes talens [mes désirs] De servir à [selon] mon pooir, Couci, xii. || xiu' s. Car sa joie lui ert [sera j à cent doubles doublée, Berte, lxxxii. Angoisseui fui j [je fus], moult troublez Por le péril qui fu doublez, la Rose, 1730. Tant eUst la langue doblée En diverses plicacions X trover escusacions, ib. 4 8324. Et se pains est aportés à charreite ou à cheval ou à asne dedens les bones [bornes] de la foire, sa coustume [taxe] ausi doublera, Liv. des met. 34 4. || xiv* s. Si le limier double sa menée, c'est à dire qu'il s'efforça de crier et qu'il tire plus fort qu'il ne faisoit , Jfodwî , m», f* 24 , dans lacijrne. Et supposé qu'il puist en ce point-ci régner. Et que Dieux si ne veille la vengencemonstrer, Ilesllassuspoissans pour l'amende doubler, Guescl. )Bi9l. || xv s. Par ces six notes qui sont appellées ut re mi fa sol la, l'on puet dre à chanter, acorder, doubler, quintoyw,
es six notes puet aprenitoyw, tiw-l
coier, tenir, deschanter, e. desch. Poésies mss. i' 396. Il XVI* s. Un fascheui corps vestu d'un satin gras. Un satin gras doublé d'un fasoheux corps , manoT, m, 84. Haye, haye, dist le pilot . touble le cap, et les basses. Doublé est, respondoyent les matelolz, rab. Panl. iv, 22. Ils aiment mieux que l'injure leur soit doublée, que de penser comment ils rendront la pareille, calv. Instit. 4 207. Voilii quand et quand à Villeneufve la garnison renforcée, les gardes doublées, d'aub. llist. ii, 6i. Terrefort en doublant le pas va se jetter en la tranchée, id. ib. n, 460. Estant pressé de partir si promptement, il n'avoit eu loisir de faire doubler [copier) lesdites informations, M. du bell. 486. C'est ung passe temps que de venir ung lièvre doubler et redoubler, palsgr. p. «82.
— ÉTYM. Bourguig. dôblai; provenç. et espagn. doblar; portug. dnbrar; ital. doppiare; du latin duplicare, de duplex (voy. double).
t DOUBLERIE (double-rie), s. f. Action d'un homme double, trompeur, perfide.
— HIST. xm* s. Traïson ne doublerie, Poésies mss. du Vatican, dansLACURNE.
— ÉTYM. Double.
DOUBLET (dou-blè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'» se lie: des dou-blè-z élégants, doublets rime avec traits, succès, paix), s. m. Il 1° Faux brillant formé de deux morceaux de cristal qui, joints ensemble, ont entre eux ime feuille colorée. || 2* Sorte de loupe, instrument d'optique. Le doublet, comme la loupe, est un micro- ."icope simple, c'est-à-dire ne renversant pas les objets. Il 3° Terme de trictrac. Coup de dés amenant le même point. Doublet d'as, de deux. Terne encore; les doublets me poursuivent, dider. Père de fam. i, 2. Il Fig. Mlle de Fontanges plut assez au roi pour devenir maîtresse en titre [en même temps que Mme de Montespan] ; quelque étrange que fût ce doublet, il n'était pas nouveau, st-sim. 44 4, 4 58. Il Terme de jeu, au pharaon, signifiant deux mêmes cartes qui viennent ensemble. || Terme de jeu de billard. Voy. doublé. || 4° Nom donné à des mots qui, étant les mêmes au fond, ne différent que par quelque particularité d'orthographe et de prononciation, mais auxquels l'iisage a attribué des acceptions spéciales, par exemple attaquer et attacher, créance et croyance, etc. ||5" Instrument dont les blondiers se servent pour assembler un ou plusieurs fils de soie en un seul; on dit aussi doubloir. || Outil pour mesurer et courber les fils de fer qui forment les dents des cardes; on dit aussi doubleur.
— HIST. XIII* s. Ung doublet [sorte d'étofl"e] ot chascun vestu D'un vert samit pourpoint menu, Roman d'Athis, dans du cange, cJupiodes. || xvi" s. Considère un doublet, tu trouveras aucuns lapidaires qui font de fort belle couleur de ruby et de grenad, de quelque sang de dragon ou autre matière, et, ayant taillé deux pièces de cristal, ils en teindront une de cette couleur rouge, et puis mastiqueront l'autre dessus ioelle, palissy, 289.
— ÉTYM. Double.
t DOUBLETÊ (dou-ble-té), ad], m. Terme de commerce. Tatlèlas doubleté, taffetas façonné dont la fleur offre deux couleurs.
— ÉTYM. Double.
DOUBLETTE (dou-blè-f) , ». f. Terme de musique. Celui des jeux de l'orgue qui sonne l'octave audessus du prestant.
— ÉTYM. Double.
DOUBLEUR, EUSE (dou-bleur, bleû-z'),ï. m. et f. Il 1° Terme de fabrique. Celui , celle qui double la laine, la soie sur le rouet. Défense à tous ouvriers, ouvrières, dévideuses, doubleurs et autres d'employer de l'huile dans le travail desdits ouvrages de soies, .Arrêt du conseil, 30 mars 4 7oo. || 2° S. m. Ouvrier qui fixe une plaque mince d'un métal précieux sur la surface d'un métal plus commun. Il 3° Terme de physique. Instrument pour apprécier l'état électrique de l'air. {| 4" Terme de métier. Voy.