DOUBLET
— ÉTYM. Doubler. Il y avait dans l'ancien français doblere au nominatif, doblenr au régime, celui qui double. Ha! fet li vilains, bêle suer, Voirement est Diex hom doublera, Fahl. mss. n° 7248, f° 229, dans lacurne.
t DOUBLEUSE (dou-bleû-z') , s. f. Machine qui engage une seconde fois la canne à sucre entre les cylindres du moulin.
— ETYM. Doubler.
t DOUBLIER (dou-bli-é), ». tn. Râtelier double au milieu d'une bergerie.
— ÉTYM. Double.
t DOUBLIËRE (dou-bli-ê-r'), ». f. Terme rural d»
DOU
DOU
certaines localités. Bête qui porte deux petit*. || Brebis (le deux ans.
— ÊTYM. Double.
t DOUBLIS (dou-bli) , s. m. Rang de tuiles qui s'accroclient au cours des lattes, immédiatement audessus de la chanlatte, et faisant partie d'un égout. Il Doublis ou redoublls, partie basse d'un treillage.
— ÈTYM. Double.
f DOUBLOIU (dou-bloir), s. m. Machine soutenant les bobines sur lesquelles on a dévidé le fll ou la soie qu'on veut doubler. On dit aussi doublet.
— ÊTYM. Doubler.
DOUBLON (dou-blon) , s. m. j| 1* Monnaie d'or espagnole valant se fr. 3h c, ou 40 fr. 76 c. , ou 81 fr. 58 c. Un jour donc l'animal, qui ne songeait qu'à nuire. Détachait du monceau tantôt quelque doublon, Un jacobus, un ducaton, Et puis quelque noble à la rose, la pont. Fabl. xii, 3. {| 2» Terme d'imprimerie. Faute des ouvriers lorsqu'ils composent deux fois lo même mot. la même phrase. Il 3° Nom, dans quelques cantons, des poulains ou des veaux de deux ans. || 4" Feuille de tôle ployée en deux. Il S* S. m. plur. Languettes de métal doublées avant de passer sous le laminoir.
— HIST. XVI* s. Les François simples paravant, Sont par doublons devenus doubles: Et les doublons tournez en vent, Ou bien en cuivre et rouges doubles, Sat. Mén. p. 173. Une jument laictant avec son poulain; un doublon doublonné de jument, Coutum. génér. t. ii, p. 482.
— ÊTYM. Espagn. doblon, lie dobie, double; parce que le doublon n'est pas une monnaie déterminée par elle-même, mais plutôt le double d'une autre. L'unité étant l'écu de 2 piastres ou 40 fr. 4 9c., il y a le doublon de 2 écus, le doublon de * écus et celui (le 8 écus.
t DOUBLONNK (dou-blo-n'), ». f. Nom, dans l'ouest, de la mule de deux ans.
— ÊTYM. Doublon.
t DOUBLOT (dou-blo) , S. m. Fil de laine double •ervant à faire les lisières des droguets.
— ÊTYM. Double.
DOUBLURE (dou-blu-r"), ». f. || !• Étoffe dont un habit, un manteau est doublé. || Terme de carrossier. Panneaux de bois blanc placés dans l'intérieur des voitures pour porter la matelassure et la garniture d'étoffe. Il Terme de tabletterie. Or ou argent dont sont revêtues les tabatières d'écaillé, de >ernis ou autres, quand le dessus n'est pas de la même matière. || Terme de construction. Bandes ou dalles de pierre que l'on rapporte sous les tranches de marbre. Il Défaut occasionné par une soudure manquée. Il 2' Terme de théâtre. Celui qui joue les rôles en l'absence du chef d'emploi. La pièce fut jouée par des doublures. || Ce mot ne se prend guère qu'en mauvaise part. On dirait bien d'un bon acteur qu'il en double un autre, mais non pas qu'il en est la doublure. Au commencement de ce siècle Armand doublait Fleury au Théâtre-Français; ce n'était pas une doublure. || Proverbe. Fin contre fin ne vaut rien pour doublure ou n'est pas bon à faire doublure, c'est-à-dire entreprendre de tromper aussi fin que soi, c'est perdre sa peine.
— ÊTYM. Doubler; provenç. et espagn. dobladura; portug. dobradura; ital. doppiatura.
-f DOUC (douk), ». m. Espèce de guenon de la Cochinchine, le lasiopyge nemie. On a écrit aussi dok; dok ou doue signifiant, dans le pays, singe, legoa-
BANT.
j- DOUCE (dou-s'), ». {. Terme de métallurgie. Uine douce de fer.
— ÊTYM. Doux.
DOUCE-AMERE (dou-sa-mê-r"),». f. Sous-arbrisseau du genre morelle (solarium dulcamara, L.) , dont les tiges, d'une saveur un peu amère, laissent un arrière-goût sucré, et qui est employé dans certaines affections de la peau. || Au plur. Des doucesamèrcs, qu'on prononce comme au singulier,
— ÊTYM. Doux, amer.
DOUCEÂTRE (dou-s4-tr'), adj. Qui est d'une douceur fade. Goût douceâtre. Une eau douceâtre. Lorsque le vin sort de la grappe il a une douceur fade, et, lorsqu'il n'est pas entièrement fait, il a une ficreté rude ; mais quand il a suffisamment bouilli , il perd son goût douceâtre, lb p. courbeville, dans
SESFONTAINES.
— REM. L'e après le C, dans douceâtre, est la trace de l'ancien usage qui, lorsqu'on n'avait pas encore introduit lo c à cédille, mettait un e après le c pour indiquer que le c se prononçait comme une ».
— HIST. rvi» s. Une médecine douceâtre, desttR. Contes, xa.
— ÊTYM. Dous, avec la fiaale péjorative dtrt.
DOUCEMENT (dou-se-man) , adv. || 1* D'une manière douce, délicate, légère. Frotter doucement. Frapper, toucher doucement. Marcher doucement. La fortune passa, l'éveilla doucement, Et lui dit: mon mignon, je vous sauve la vie, lA font. Fabl. V, 44. Elle voyait facilement sa sœur qu'un rayon de lumière éclairait doucement, staEl, Corinne, XVII, 9. Il 2° Lentement. Pour délasser le soldat que cette expédition avait fatigué, il revint doucement à Babylone, vaugkl. Q. C. 694. Mon avis c'est d'y aller tout doucement à pied , sév. 4 93. Si l'on travaille tous les jours aussi doucement qu'aujourd'hui, le procès durera encore un temps infini, id. Lett. 24 nov. 4864. Il 3* l Toix basse, sans bruit. Parler doucement. Jeme suisdoucement esquivé sans rien dire, uol. Fdch. I, 4. Il 4° Doucement, tout doucement, c'est-àdire peu à peu, graduellement. Allez doucement pour les austérités, Boss. Lett. Corn. 4 24. Si elles [vos opinions] paraissaient tout à coup dans leur dernier excès, elles causeraient de l'horreur; mais le progrès lent et insensible y accoutume (loucement les hommes et en Ôte le scandale, pasc. Prov. 4 3. J'approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée, volt. Leit. (ÎArgence, 3 sept. 4770. || 5* D'une manière calme, modérée, sans éclat. Je reçois doucement toutes les réprimandes que vous me faites sur ce sujet, voit. Lett. 25.11 l'a, grâces aux dieux, doucement amené [le prince] , COBN. \i(»m. i, 6. Etiahnineàmongré les fait plus doucement [les divorces) Que quand.... !D. Iléracl. III, 4. Mais proposer de front ou vouloir doucement Contre ce qu'il résout tourner son sentiment. C'est ce que nous n'osons ni moi ni pas un autre, id. Attila, iv, 4. L'amour de Perpenna le fera révolter; Souffrez qu'un peu de tempsjloucement le ménage, ID. Sertor. iv, 2. Je veux.... Le chasser avec gloire, et mêler doucement Le prix de son mérite à mon ressentiment, id. Nicom. ii, 4. Je prends tout doucement les hommes comme ils sont, MOL. Jfi». I, 4 . On ne peut pas mieux dire; en effet il est bon D'aller tout doucement.... id. Sganar. 43. Vous voulez doucement m'annoncer mon arrêt, collin d'harlev. Optimiste, m, n. || Aller doucement en besogne a aussi le sens d'agir mollement. Il 6' Avec bonté, sans sévérité. Reprendre quelqu'un doucement. Aussi furent-ils [les Juifs] toujours doucement traités, boss. Hist. W, 6. || 7" Commodément, agréablement, avec douceur. Passer le temps doucement avec ses amis. C'est mourir doucement, mais enfin c'est mourir, cobn. Théod-v, 6. On se perd doucement quand on perd ce qu'on hait ; Et qui tue en mourant doit mourir satisfait , ROTR. Hercule mour. ii, 2. || Dans une certaine aisance. On peut vivre doucement à la campagne sans grande dépense. || 8" Médiocrement bien. Comment va le malade?— Tout doucement, bien doucement. Il 9" Doucement s'emploie elliptiquement pour avertir quelqu'un de trop prompt, de trop vif. Doucement, monsieur, vous ne songez pas que vous êtes mala(ie,M0L. Jfoi. imap. I, 6. Doucement! diras-tu, que sert de s'emporter? boil. Sat. vill.
— HIST. XI* s. Et vers François humbles est dulcement, Ch. de Uol. lxxxix. || xii* s. Si doucement ne fu trahis nus [nul] hom, Couci, vi. Là couronna sa famé Guiteclins 11 poissanz; Doucement la baisa et estraint par les flans, Sax. v. || xiii* s. Si vos pri [je vous prie] moût doucement que vos m'i laissiés aler, viLLEH. cxvi. Au palefroy la montent sa gent moût doucement, Berle, ix. Quant li rois Pépins l'ot [ouït] si doucement parler, ib. cxii. || iv* s. Ce ban fait, on en fit un autre de par la ville de Bruges, que chacun et chacune reçut bellement et doucement en ses hostels les bonnes gens de Gand, FROiss. n, II, M. Et lors le roy benignement et doulcement luy pardonna et faisoit ce qu'on vouloit, ju- VÊNAL, Charles VI, 4407. |jxvi* s. Ce lion s'approcha tout doulcement de moy, mont, it, 4 93. X celle fin que, s'il advient qu'on les perde, qu'on en supporte la peine plus doulcemeat, amyot. De la tranquillité, 16.
— ÊTYM. Douce, et le suffixe tneni; provenç. dolxament, doussctment ; espagn. dulcement; portug. docemenle; ital. dolcemente.
t DOUCERETTE (dou-se-rè-f) , ». f. Fille OU femme qui affecte un air doux.
— ÊTYM. Diminutif de douce, doux.
t DOUCEREUSEMENT (dou-se-reû-ze-man) , adv. D'une manitire doucereuse.
— ÉTYM. Doucereuse, et le suffixe ment. DOUCEREUX, EUSB (dou-se-reù, reû-z'), adj.
Il 1* Qui est doux sans être agréable au goût. Et qui [vin], rouge et vermeil, mais fade et doucereux, N'avait riea qu'un guût plat et qu'ua déboire af-
freux, boil. Sat. in. || 2* Fig. Qui a un agrément, une douceur fade. Peignez donc, j'y consens, les héros amoureux. Hais ne m'en faites pas des bergers doucereux, boil. Art p. m. Tomyris: Un madrigal que j'ai fait ce matin pour le charmant ennemi que j'aime.— Minos : Hélas! qu'elle est doucereuse! n>. Iléroi de romans. Ces doucereux Renauds, ces insensés Rolands, id. Sat. z. || Substantivement. Un doucereux. Votre Clitandre dont vous me parlez et qui fait tant le doucereux, est le dernier des hommei pour qui j'aurais de l'amitié, mol. Jfi». v, 4. Je laisse aux doucereux ce langage affecté, boil. Sat. IX. Il 11 se dit aussi des choses. Pour un enfant maltraité. Dit Iris, votre langage Me parait bien doucereux, chaul. L'am. et l'amitié. Ce n'est pas un tissu de mots doucereux, la brut. i. Les propos doucereux dont on veut l'amuser, j. j. rooss. Ém. v. Il 3* Qui aune douceur affectée. Ces gens- là, quoique doucereux. Sont quelquefois bien dangereux, scARRON, Virg. trav. vi. Je ne suis ni doucereuse, ni importune, haintehon. Lett. d'Aubigné, 32 juillet 4680. Il y a des vieillards doucereux, circonspects, pleins de ménagements, comme s'ils avaient leur fortune à faire, volt. Lett. Urne du Deffant, 4 6 janv. 4764. Il II se dit aussi des choses. Sa figure effrayante et doucereuse m'est bien restée, et j'ai peine à me le rappeler sans frémir, ). j. aooss. Confess, m.
— HIST. xiii* s. hoTi estuet [il faut] jones gens entendre X estre gais et amoureus Por le tens bel et doucereus, fa Rose, 8U. Et espérance me ramené Un pensé doucereus et frois [frais], Roman de la Poire. Il XIV* s. Qui croit paroles doucereuses Souvent les trouve venimeuses, leroux DE LiHCT.Proc. t. II, p. 387. Il XVI* s. 0 doux parler dont les mota doucereux Sont engravés au fond de ma mémoire! RONS. 30. Remy Belleau, ce doucereux et gentil poète, DES ACCORDS, Bigarr. f°79, dans laccrme.
— ÊTYM. Picard, douchereux ; waWon , doOcrèse; rouchi, doucreux; de doucfur, anciennement doueor, d'où doucereux par atténuation de l'o, comme dans l'ancienne forme dolereus, douloureux. Dans l'ancienne langue, doucereus n'avait pas un sens péjoratif.
4. DOUCET, ETTE (dou-sè, sè-t"), adj. Diminutif de doux. Il ne se dit que des personnes. Et tout ce qui de jour la fait voir si doucette, Régnier, Sat. IX. Vous êtes si gente et doucette, id. Mac. X tout ce qu'on disait, doucet, je m'accordais, u>. Sat. z. ....Vous faites la discrète. Et vous n'y touchez pas, tant vous semblez doucette, mol Tart.i, 4. || Substantivement. Et faisant le doucet de parole et de geste, RÉGNIER, Sat. vin. Sur ce point Jeanne arrive, et faisant la doucette, id. ib. ii. Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat, la font. Fabl. vi, ».
— HIST. XII* s. An commencer [je] la trovai si doucete, Qu'ono ne cuidai par li [elle] maus endurer, Couct, -n. Il XV* s. Si fut cest enfant bel et doucet, et très plaisant à nourrir, Bouciq. i, 2. || ivi* s. Nymphette que j'idolâtre. Ma doucette, ma sucrée,
— ÊTYM. Diminutif de doux; provenç. dosstt, dousset.
t 2. DOUCET (dou-sè), ». m. || 1* Variété de raisin. Il Variété de pomme à cidre, nommée aussi rouget et muscadet. || 2* Doucet , poisson dit aussi callionrime lyre, ou souris do mer.
4. DOUCETTE (dou-sè-f), ». f. Sorte de mâche, la valérianelle cultivée,
— ÊTYM. Doucet; bourguig. douçote.
t 2. DOUCETTE (dou-sè-t'), ». f. Terme de commerce. Légère étoffe de soie. || Sorte de soude de mauvaise qualité. || Mélasse ou sirop de sucre appelé aussi roussette.
— ÊTYM. Doucet.
DOUCETTEMENT ( dou-sè-te-man ) , adv. Toot doucement. Terme familier.
— HIST. XVI* s. Chanter doucettement, makot,
— ËTYH. Doucette, et le suffixe ment; provenç. dolxettamen.
DOUCEUR (dou-seur), ». (. || 1* Qualité de co oui est doux. Ce fruit a de la douceur. La douceur d'un parfum. La douceur de son chant. La douceur de la peau. Il Au plur. Des choses douces au goût. Acceptez cependant quelque peu de douceurs. Fort propres en ces lieux à conforter les cœurs; Les sèches «ont dessous, celles-ci sont liquides, corn. Suif* du Ment, il, 6. Merveille qui m'as enchanté Par te» douceurs et tes pistoles, Sacha un peu mieux les partager; Et, si tu veux nous obliger X dépeindre aux races futures L'éclat de tes faits inouïs, Garde pour toi les confitures. Et nous accable de louis,
DOU
CORH. Suite du Vent, m, 2. Mille bonbons, mille exquises douceurs Chargeaient toujours les poches de nos sœurs, ghesset, Ver-Yerl. \\S. f. plur. Les parties d'une gravure les plus délicates, les moins chargées de tailles, et les plus éclairées. || Fig. Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs Relevaient de ses yeux les timides douceurs, rac. Brit. II, 2. Il 2° Se dit de la température et des climats qui n'ont rien d'excessif en froid ou en chaud. La douceur de la température. Je songeais à la Touraine où j'avais déjà été et qui me plaisait beaucoup, tant pour la douceur du climat que pour celle des habitants, j. 1. Rouss. Confess. xi. || 3° Qualité morale répondant à la qualité physique de douceur. Avoir de la douceur. Un air de douceur. Prendre quelqu'un par la douceur. Rome sait observer tout ce qu'elle a prorais, Et traite avec douceur tous ceux qu'elle a soumis, m/.ir. Mort d'Asdrubal, m, 5. J'essaierai tour à tour la force et la douceur, bac. Brit. ni, 5. Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœur Cet esprit de douceur, ID. Esther, II, 9. Il affecte pour vous une fausse douceur, id. Athal. 1, t. Et la douceur peut tout sur notre volonté, VOLT. Âlx. IV, i. La modeste douceur Donne un prix aux vertus et sied à la valeur, id. Tancr. I, 2. Le voilà [la roi de Prusse] ce savant que la gloire environne, Qui préside aux combats, qui commande & Bellone, Qui, du fier Charles Douze égalant le grand cœur. Le surpasse en prudence, en esprit, en douceur, m. Épîlre lu. || Douceur de cœur, amour pour une femme. Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit. Et pourrait bien avoir douceur de cœur pour elle, mol. Tart. m, <. Il 4* Modération, mesure. J'aime qu'avec douceur nous nous montrions sages, mol. Tart. iv, 3. || 5° Ce qui flatte l'âme comme les substances douces flattent le goût. Ceux qui jouissent de toutes les douceurs de la vie. Joignons à la douceur de venger nos parents.... COBN. Cinna, i, 2. Quand l'homme se possède, et que les créatures N'ont aucunes douceurs qu\ puissent l'arrêter, m. Imit. i, 26. Saintes douceurs du ciel, adorables idées, m. Poly. rv, 2. Si vous pouviez comprendre et le peu qu'est la vie. Et de quelles douceurs cette mort est suivie! m. ib. IV, 3. Ils se sont privés.... Des charmantes douceurs d'élever votre enfance, ID. Nicom. i, 2. .... Vous seul refusez les douceurs de la paix, id. Sertor. iv, 3. Et ce sont des douceurs exquises que des louanges éclairées, mol. Bourg, gent. i, <. Le plaisir d'aimer, sans l'oser dire, a des peines, mais il a aussi ses douceurs, pasc. de l'Amour. Soit que i'impossibitité dont parle saint Paul veuille dire qu'en effet il n'y a plus de retour à ces premières douceurs qu'a goûtées une âme innocente, quand elle ■y a renoncé avec connaissance, Boss. Anne, de Gonx. Les douceurs du monde nous sont interdites, et nous nous privons des douceurs de la religion, BouRD. Exhort. sur l'observ. des règles, 1. 1, p. 2i8. Ahl si le seul amour qu'il eut pour sa patrie Le rendit Insensible aux douceurs de la vie.... bac. Thébaïde, m, 4. [Que] J'aille vanter partout la douceur de ses fers, id. Alex, m, 2. S'il [l'amour] a quelque douceur, n'osez-vous l'essayer? id. Phèdre, i, t. Le cœur peut se tromper, l'amour et ses douceurs Pourront coûter, Palmyre, etdu sang et des pleurs, VOLT. Fanât, m, 3. J'oublierai dans la douceur de leur société [de mes amis] la sottise que j'ai faite ce matin, id. Memnon. La douceur de te voir ne m'est donc point ravie, id. Tancr. n, 7. [La santé] Bien sans qui tous les biens n'offrent point de douceurs, A. CHÉN. Elég. VI. La vie eut bien pour moi de volages douceurs; Je les goûtais à peine, et voilà que je meurs , id. tb. vu. Livre-toi sans alarme aux douceurs du repos, lemerc. Agamemn. v, 1. Ils [ces bois] n'auront point, mon fils, de lieu trop solitaire Pour protéger des jours dont je sens la douceur, c. BEJ. .iT. Porta, m, 4. || 6° Dédommagement. Cela lui a valu quelque douceur. Cette conduite lui a attiré mille petites douceurs, sÉv. 452. Elle en tomba d'accord, promit quelque? douceurs, la font. Fiancée. Il Petit profit qu'on donne à quelqu'un pour reconnaître sa peine. Faites cela, il y aura quelque petite douceur pour vous. || 7° Au plur. et rarement au singulier, paroles flatteuses. C'est une douceur qu'on vous dit en passant. Je lui ai dit toutes vos douceurs là-dessus, sÉv. 3). Elle me prie de vous dire mille douceurs de sa part, id. 68. Je ne veux dire aucune douceur à M. de Grignan, id. 6u. Il Ironiquement. Injures. Il [l'abbé Cotin] achevait de lire .ses vers; Ménage entra; Mademoiselle les fit voir à Ménage, sans lui en nommer l'auteur; Ménage les trouva ce qu'effectivement ils étaient, di-
DOU
testables; là-dessus no» deux poStes se dirent & peu près l'un à l'autre les douceurs que Molière a si agréablement rimées, d'olivet, Hist. de l'Acad. t. ii, p. «90, dans pouGENS. || Propos galants adressés par les hommes aux femmes. Nous les gâtons par nos douceurs, mol. Princ. d'Él. m, 2. Et goûter le plaisir de m'oulr dire des douceurs, id. G. Dandin, ii, i. Il lui conte des douceurs.iD. Fourber. 1, 6. Et d'aller, à l'abri d'une perruque blonde, De ses fades douceurs fatiguer tout le monde, boil. Sut. iv. ||8« En douceur, Joe. adv. Avec douceur, en bien-être. Où l'on puisse en douceur couler quelque moment, corn. Uent. i, ). il Peu à peu. Mais je suis pris ailleurs; près d'un objet vainqueur Je fais à petit bruit mon chemin en douceur, regnabd. Distrait, n, 7. Il Terme de métier. Par une gradation insensible. Amincir une planche en douceur. || Terme de marine. Filer en douceur, amener en douceur, filer sans secousse un cordage tendu. || Avec modération, ménagement, sans éclat. De prévenir l'éclat où ce coup-ci m'expose. Et faire qu'en douceur passât toute la chose, mol. le Dép. m, 3. En faisant cette union [des ministres] , Harcourt, qui tout en douceur donnait la loi, voulut que Mme des Ursins y fût comprise, st-sim. U4, 99. L'un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guères; L'autre en toute douceur laisse aller les affaires, mol. Éc. desf.i,*. Il De manière A ne pas blesser. C|est un conseil que je lui ai donné en douceur. C'est une pilule un peu amère qu'il faut lui faire avaler en douceur. || Prendre les choses en douceur, les accepter sans se formaliser de ce qu'elles peuvent avoir de désobligeant. || Dans la douceur, même sens. Je souhaite fort que les choses aillent dans la douceur, MOL. Festin, v, 3. Les choses iront dans la douceur, id. l'Av. v, 2. || Proverbe. Plus fait douceur que violence, la font. Fabl. vi, 3.
— HIST. xii* s. Dame Dex pères, par la vostre dousor.... Bonc. p. <08. Au renouveau de la douçor d'esté, Couct, xiv. Ja de mon cuer n'istra [ne sortira] mais la semblance. Dont [ma dame] me conquistas mots pleins de douçor, ib. xvi. J'ai tant de joie et j'ai tant de dousour, Que me partir n'en pourroie à nul jour, tb. xvii. X la douçor du tens qui raverdoie Chantent oisel et florissent verger, ib. XXI . Tant requist nuit et jur la mère al creatur Qu'ele li tramesist santé de sadolur. Qu'à lui vint une nuit la dame de dulcur. Th. le mart. 94. || xiii* s. Et moult leurprist grant pitié de la grant douceur qu'il virent au duc, villeh. xli. Chascuns lui porte honor, douçor et compaignie, Berte, Lx. || xv" [Le comte de Flandre] requeroit par douceur que ces blancs chaperons fussent mis jus , froiss. ii, u, 63. Et estoit tout le pays pour le comte, excepté les quatre-mestiers dont aucunes douceurs venoient en la ville de Gand, id. ii, ii, <48. Il faut avoir mauvaise beste par douceur, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 310. Il XVI* s. Il n'y avoit doulceur aucune dont ilz se neusseat sustenter avec le pain, amïot, Eum. 2).
— ÉTYM. Picard, doucheur; provenç. dolsor, doussor; espagn. dulsor; ital. dolciore; du latin duicorem, de dulcis, doux.
DOCCHE (dou-ch'), s. f. Colonne de liquide d'une hauteur et d'un diamètre déterminés qu'on dirige sur une partie du corps où elle agit par le choc et par la température. Douche descendante, douche dans laquelle la colonne du liquide tombe vertfcalement. Douche latérale, celle dans laquelle la colonne de liquide est dirigée horizontalement. Douche ascendante, celle qui arrive de bas en haut. Donner, recevoir une douche. On m'a assuré qu'on prend la douche à Vichy, sÉv. 267. || Par plaisanterie, on appelle douche tout liquide jeté sur une personne. Il lui jeta une potée d'eau au visage ; quelle douche 1 Il Par extension, on l'a dit même d'un liquide pris intérieurement, et particulièrement du vin. Après un coup de romanée, La douche ayant calmé mes sens, J'ai maudit ma muse obstinée  railler les hommes puissants, bébang. Guérison.
— REM. Dans les anciens dictionnaires, à côté de douche, on trouve douge, qui est tombé en désuétude.
— SYN. DOUCHE, AFPUsiON. La douche vient d'une certaine distance et a une force d'impulsion. L'affusion se fait de près et n'a aucune force d'impulsion.
— ÉTYJI. Ital. doccia; espagn. ducha, gouttière (voy. doucher).
DOUCHÉ, ÉE (dou-ché, chée), part, passé. La partie douchée.
DOUCHER (dou-ché) , v. a. Arroser par la douche. On m'a douché le genou. || Se doucher, v. ré(l.
DOU
Se donner une douche. Avec certains appareils on peut se doucher soi-même.
— ÊTYM. Douche; ital. docciare; du latin fictif duetiare, fréquentatif de ducere, conduire (voy. duire).
t DOnCHECR, EU.SE (dou-cheur, cheû-z'), s. m. et f. Nom, dans les maisons de santé, de celui ou celle qui administre les douches.
— ETYM. Doucher.
<. DOUCI, lE (dou-si, sie), part, passé ie doQCir. Glace doucie.
— ÉTYM. Doux.
t 2. DOUCI (dou-si) ou DOUCHI (dou-chi) , I. m. Opération par laquelle on prépare les places à recevoir le poli ; état d'une glace ainsi préparée.
— ÉTYM. Doux.
t <. DOUCIN (dou-sin), s. m. Variété de pommier sauvage, qui sert de sujet pour la greffe.
— ■ ÉTYM. Doux.
t 2. DOUCIN (dou-sin), f. m. Nom, dans quelques localités, de l'eau douce mêlée d'eau de mer, de l'eau saumâtre.
— ÉTYM. Doux.
DOUCINE (dou-si-n'), s. f. || 1" Terme d'architecture. Moulure de corniche moitié convexe et moitié concave, qui se nomme aussi gueule droite ou renversée suivant sa position. || Habot dont le menuisier se sert pour pousser des moulures. || Ouverture de croisée dont la coupe est faite en doucine. || 2° Ancien nom d'une œuvre d'orfèvrerie. Les calices seront marqués et contre-marqués au bouge , faussecoupe et couvercle; les vases, suages ou doussines (sic) forgées, et carrés du pied, seront marqués du poinçon du maître, Règlem. orf. 30 déc. 1079.
— ÉTYM. Dans la langue du xv et du xvi* siècle, doucine, doulcine signifiait une trompette (sans doute de doux, à cause de sa douceur); il est possible que le nom de la trompette ait, à cause de sa forme, passé à l'ouvrage d'orfèvrerie, puis de là à l'architecture.
t DOUCINELLE (dou-si-nè-1') , s. f. Variété de raisin.
DOUCIR (dou-si r), ti. o. Donner le poli à une glace avant de l'étamer. Doucir à la roue.
— ÉTYM. Doux.
+ DOUCISSAGE (dou-si-sa-j'), s. m. Action de doucir.
— ÉTYM. Doucir.
DOUÉ, ÉE (doué, ée), part, passé. \\ 1° Qui a reçu un douaire. || 2" Fig. Qui a en partage. Elle était douée de toutes les vertus. || Un homme heureusement doué, un homme pourvu de qualités heureuses. Il 11 se dit quelquefois absolument. C'est un homme doué, c'est un homme qui a reçu de la nature des qualités, des talents.
DOUELLE (ilou-è-r),s. /•. || 1' Terme d'architecture. Parement intérieur ou extérieur d'un voussoir. La réunion de toutes les douelles intérieures forme l'intrados, et celle de toutes les douelles extérieures est appelée l'extrados de la voûte, legoarant. || La courbure d'une voûle. C'est abusivement que douelle est employée dans ce dernier sens par certains auteurs, qui appellent l'intrados douelle intérieure (comme le dit l'Académie au mot intrados) et donnent à l'extrados le nom de douelle extérieure, ID. Il 2° Nom donné quelquefois aux douves de tonneau,
— HIST. XIV s. Icellui suppliant prist furtivement environ soixante pièces de douelles à faire tonneaux, DO cange, doela.
— ÉTYM. Berry, douelle, douve, merrain; du bas-latin doela, de doa, doga (voy. douve).
DOUER (dou-é), v. a. \\ 1° Terme de droit. Assigner un douaire à celle qu'on épouse. Je dis que le futur peut, comme bon lui semble. Douer la future, MOL. Ec. des f. IV, 2. Il 2° Dans le langage général, gratifier, accorder, en parlant de Dieu, de la nature, des génies, des fées. La nature l'a doué d'heureuses facultés. On ne saurait dire si Ésope eut sujet de remercier la iviure ou bien de se plaindre d'elle; car, en le douaril tt'uii très-bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage, la font. Vie d'Ésope. Malheureuse, les dieux ont-ils doué tes pleurs De ces charmes puissants qui fléchissent les cœurs? desfontaines.
— HIST. XII* S. Toute sa terre nequident [néanmoins] m'a donée; De Ribemont isi-t [sera] ma feme doée.Baou! de C. 224. ||xiM" s. Veullez que vostre mère m'amedes'amourdj"^, Berte, xxx^ii Li enfant de le [la] première feme emportent le jla] moitié dont lor' mère fu douée, beaum. xill, 2. Li prestre-i fet dire à l'omme quant il espouse [célèbre le mariage] : Du douaire qui est devises entre mes amis et les tiens, te deu, id. «6. Trop pou ]wv) fa de tiex I telsl hommes.
nn
DOU
ne de si bien doez, Puis que Diei fu par nous tn sainte croix cloez, i. de meuno, Test. 403. {| xv* s. Raporter la bosongne en tel point que la pucelie soit tenue de tous regracier, et qu'elle puisse avoir occasion de vous aymer, et vous douer do son geiit corps, Perceforest, t. ii, ^ 8. || xvi* s. Icy chez luy, où par dévote emprise Fonda, bastit, et doua eeste église, mabot, m, 240.
— ÊTYM. Provenç. elespagn. dotar; ital. dotare; du latin dotare, de dos, dotis, dot (voy. dot).
j- DOUET (doué, monosyllabe), t. m. Voy. doit.
— HIST. ivi' s. Il s'en va porter un fais de drapeaux [lange:>] à un douet qui estoit sur le chemin, DESPÉR. CoiUeà, xxxvi.
t DOUGE (dûu-j'), *. m. Ciseau plat pour fendre les ardoises.
t DOUIL (douU', U mouillées), t. m. Vaisseau pour le transport du raisin au pressoir.
— Etym. Lat. dolium, tonneau.
t DOUILLAGE (dou-lla-j', U mouillées), ». m. Terme de manufacture. Mauvaise fabrication des étofTcs de laine, qui vient de ce que l'on n'y a pas employé des trames de la même qualité dans toute la longueur d'une pièce.
— ErVM. Voy. DOUILLEUX.
DOUILLE (dou-ll'. Il mouillées, et non dou-ye), t. f. La partie creuse et cylindrique de certains instruments en fer, au moyen de laquelle ils s'adaptent à un autre corps. I.a douille d'une baïonnette, d'une bêche. || Petit tuyau soudé sur le côté d'un appareil de distillation. || Nom généralement donné aujourd'hui aux cartouches toutes préparées pour les fusils de chasse qui se chargent par la culasse. Une botte de douilles. Je fabrique moi-même mes douilles.
— HIST. xiV s. Entre les barbillons [de la flèchej et la douille du fer, Uénagier, u, 5. |{ xV s. Sa lance rompit auprès de la douelle, /. de Saintré, p. 3&0, dans LACUHNE. Il XVI* s. Le fer de la lance entra tout dedans la teste avec la douille, et bien deux doigts du bois, ii. nu iiell. 607.
— ÊTYM. On a indiqué l'allemand Dille, douille; provincial. Tulle; ano. haut-allem. tuola, tenant au latin dola, gODttière. Mais Diez a signalé la vraie étymologie : le bas-latin ductile, gouttière, de ductilis (voy. ductile). An-douille a la même origine et vient du bas-latin in-ductile. Douelle ayant été dit pour douille, et douille pour douelle (voy. Nouv. coût, génér. t. ii, p. iow), il y a eu confusion entre ces deux mots.
DOUILLET, ETTE (dou-llè, llè-t', U mouillées, et non dou-yè), adj. \\ !• Doux et mollet. Lit, oreiller bien douillet. Il Tendre et délicat. Peau douillette. Il 2°Trop sensible aux petites impressions désagréables. U ne faut pas être si douillet. || Substantivement. Faire le douillet. C'est une douillette. Bon, bon, messieurs, dit-il, vous êtes des douillets, volt. Roi de Prusse, 66.
— HIST. XVI' S. lisse tenoient par bandes, joyeulx, mignars, douiUetz aulcuiis; aultres tristes, graves, sévères, rechignez, bab. Pant. iv, 68. Voyez ceste perche d'oyseaulx , comment ilz sont douiUetz et en bon poinct, des rentes qui nous viennent de Tourame, id. ib. v, 6 Ou bien que les froides gelées Eussent faict mourir les œillets Qu'elle lient si chers et douillets, st-gel. 77. Si bien qu'on ne peut sçavoir, À la voir et à le voir, Laquelle ou de la fleurette. Ou d'elle est la plus douillette, bons. 653. Pour ce il faut de l'argent à couvrir nostre corps, Qui de lui-mesme est tendre etdoulUet par dehors,
JD. 9U6.
— ÉTYM. Diminutif de l'ancien adjectif doui'Ite ou doilk, qui signifiait mou, et qui provient de l'adjectif ductilis, qui se prête au maniement (voy. ductile). Il ne faut pas le confondre avec le lorrain deuil, qui signifie dolent, douloureux, sensible; on dit d'une partie qui a reçu un coup : cela m'est deuil: deuil parait un adjectif formé du verbe douloir comme le substantif français deuil.
DOUILLETTE (dou-Uè-f, U mouillées, et non dou-yè t'), I. f. Pardessus de soie ouatée. Il portait «labituellement une douillette. Je me suis fait faire une bonne douillette. Rose en douillette, en fourrure. Ici contre la froidure. Vient m'olTrir un doux soutien, uKhang. Hiver.
— ÊTYM. Douillet.
DODILLETTEMENT (dou-llè-te-man, II mouillées), adv. D'une manière douillelte. U était couché douillettement sur un lit. L'enfant est lumineux et douillettement fait, diuehot, Salon dt 1767, Œuvres, t. XIV, p. 343, dans fougens.
— ÉTYM. Douillelte, et le suffixe ment.
t DOUILLETTKU (dou-Uô-té, U mouillées), v. a.
DOU
Avoir des ioins excessifs pour une personne. J| Se douilletter, «. réfl. Se, traiter d'une manière douillette.
— ÉTYM. Douillet
fDOniLLEUX, ECSE(dou-lleux, lleû-z', U mouillées) , adj. Terme de manufacture. Qui a du douillage. Pièce douilleuse, pièce ridée et mal unie, qui n'est pas carrée, et d'une égale largeur.
— ÉTYM. Le radical est sans doute l'adjectif doui7/e, mou, qui vient du latin ductilis (voy. douillet).
t DOUILLON (dou-llon, /( mouillées), ». m. Terme de commerce. Laine de qualité inférieure.
— ÉTYM. Voy. DOUILLEUX.
t DODLES (dou-l'), ». m. Le doules à queue rubannée {dules txniurus, Cuvier), poisson dit hareng à l'ile de la Uéunion.
DOULEUR (dou-leur), ». f. \\ l'Impression anomale et pénible reçue par une partie vivante et perçue par le cerveau; souffrance physique. Sentir, éprouver une douleur, de la douleur dans un membre. Une douleur aiguë. La douleur que cause une incision. La douleur est différente suivant les parties qui sont lésées. Ne croyez pas que ses excessives et insupportables douleurs aient tant soit peu troublé sa grande Sme, uoss. Duch. d'Orl. La santé que j'appelle et qui fuit mes douleurs, a. chén. Élég. vi. C'est son bien dissipé, c'est son fils, c'est sa femme, Ou les douleurs du corps si pesantes à l'âme, m. ib. xxxiii. C'est une douleur terrible, mais qui n'a rien de hideux, didkbot. Salon de <767, Œuvres, t. xiv, p. 301 . dans POUGENS. Il Au plur. Les souffrancesde ''accouchement. Elle est dans les douleurs. Les grandes douleurs ont commencé. Ma fille sentit de petites douleurs, sÉv. 6. || 2° Souffrance qui esta l'âme ce que la soufi'ranc» physique est au corps. Navré de douleur. Qu» j'ai de douleur de voir que Dieu vous abandonne! pasc. Prov. <7. Nous ne songeons plus qu'il y ait eu un comte de Guiche au monde : vous vous moquez avec vos longues douleurs, SÉV. Lett. 28 déo. «673. Cette autre sorte de douleur qu'on appelle repentir, Boss. Libre arb. 2. 11 faut dans la douleur que tous vous abaissiez; Pour me tirer des pleurs il faut que vous pleuriez, boil. Art p. ni. U devrait y avoir dans le cœur de» sources inépuisables de douleur pour de certaines pertes, la bruy. iv. 11 vit chargé de gloire, accablé de douleurs, bac. Uithr. v, 4. La douleur qui se tait n'en est que plus funeste, id. Androm. lu, 3. De quel nom sa douleur me va-t-elle appeler? id. ib. 11,6. Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs, ID. Phèdre, i, 3. Vos amis et les miens.... Viennent de confier leurdouleuràNarcisse, id. Prit. m, 5. La douleur est injuste; et toutes les raisons Qui ne la flattent point aigrissent ses soupçons, id. ib. I, 2. Elle aura devant lui fait parler ses douleurs, m. Baj. ni, 3. Dans sa douleur elle se trouvait malheureuse d'être immortelle, fén. Tél. i. Votre lettre, que la douleur a écrite, pénètre mon cœur, volt. Lett. d'Argental, 23 déc. <774. Le jour, sur leur tombeau, j'allais verser des pleurs. Et je veillais la nuit pour sentir mes douleurs, st-lambert, Smsons, hiver. Ne le lui proposez pas comme une dissipation; les grandes douleurs y répugnent; il faut à leur insu tâcher de les distraire et les tromper pour les guérir, marmontel, Uém. i. Je nomme en général douleur ou déplaisir toute situation de mon âme qu'elle aime mieux ne pas éprouver qu'éprouver, BONNET, Œuvres mêlées, t. viii, p. 265, dans POUGENS. Le ciel rit à la terre, et la terre fleurit; Aréthuse serpente et plus pure et plus belle ; Une douleur plus tendre anime Pbilomèle, a. cuën. Élég. XXVI. De douleur en douleur je traverse la vie, ducis, Abufar, m, 2. Quelquefois la douleur n'est pas loin de la joie, in. Oscar, i, 2. Je ne sais pourquoi dans le trouble de la douleur on est plus capable de superstition que de piété, staêl, Corinne, xviii, 6. Tu fais l'homme, ô douleur, oui, l'homme tout entier. Comme le creuset l'or.... LAMART. Ilarm. ii , 7. || Fig. et familièrement. Avaler la douleur, boire un coup. Allons, avalez la douleur. C'est une ironie au buveur qui feint de ne vouloir plus boire. || 8° Fig. Expression de la douleur. Les douleurs de l'élégie. Un chant plein de douleur. Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs. N'admet point en ses vers de tragiques douleurs,- BOiL. Art p. m. Il Proverbes. X la Chandeleur, grande douleur, c'est-à-dire grande froidure. Ce dicton, la Chandeleur étant le 2 février, ne paraît pas fondé; on peut croire qu'il n'a été suggéré que par la consonnance, laquelle a fourni en elTet un certain nombre de mots ou de locutions incompréhensibles. H Pour un plaisir mille douleurs.
— uiST.xi's.Ceestdeladulor....Xot»d«(:uil. 12.
DOU
Deusl quel dulur que li Pranceis nel savent t Ch. dt
llol. Liv. Sur piez se dresse, mais il .» grant dulur, ib. cLXiii. Il XII* s. Icil feront as Cristiens dolor, Ronc. p. 44. Lors [ils] se plaignent sans dolor. Court, I. One mais n'avint en France nule si granz dolors, Sax. xxvii. Ezechie e David e maint autre plusur, Quant il orent mesfait vers Deu lur creatur, Mult sunt humilié e furent en dolur E repentant es quers [cœurs].... Th. le mart. 78. ||xiii* s. Se bien ne vous prouvez [si vous ne vous comportez bien] , de la dolor [je] morrai , Berle , vu. Ne la très graot dolor qu'il en ont démené, ib., cm. Il XV* s. Et envoyèrent le corps messire Grigcard de Mauny à ses deux frères, qui le reçurent à grand douleur, fboiss. i, i, »». || xvi* s. Le meilleur remède que je sache pour les douleurs prisentes, c'est d'oublier les joies passées, despAr. Cymbal. <67. Quant ils ont incisé un membre, ils ne laissent pas la partie dolente en sa douleur et en son tourment, AMYOT, Comment discerner le flatt. de l'ami, 63. Douleur de teste veult manger. Douleur de ventre veult purger, leroux de liscy, Prov. t. i, p. 2(5. Â chacun sa propre douleur semble plus grève et la greigneur [plus grande], id. ib. t. 11, p. 226. Au départir sont les douleurs, in. ib. p. 232.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. dolor; portug. d6r; liai, dolore; du latin dolorem.
DOULOIR (SE) (dou-loir), r. rrf/l. Usité seulement à l'infinitif et encore rarement; il est dommage que ce verbe si commode et si expressif soit tombé en désuétude. Ressentir de la douleur, se plaindre. On l'entendit se douloir d'une façon lamentable. Et faut bien que ça soit vrai, car j'ai commencé à me douloir dans tous les membres, beauh. Barb. de Sév. u, 6. Il Régnier l'a encore employé au présent : Mais ce dont je me deulx est bien une autre chose, Sat. vi.
— HIST. x* s. Doleants, Frag. de Valene. p. 4«8. Tu douls mult ad [à].... ib. p. 46». E io [je] non [ne] dolreie de tanta millia hominum, si perdut erent [étaient]?*. || xu's. Bien est droit que je me dueille. Coud, VIII. Jo duil sur tei, chier frère Jonathas, bels e amiables, que jo amoue [aimais] si cum la mère sun fil qui n'ad mais un. Rois, <23. De Deu aiez beneicun.ki dulez ensemble od mei,t6. 94.||xiii*8. Forment lui deult li cuers, moût fut en grand esmoi, Berte, vu. Ce n'estoitpas merveille se li cuers lui douloit, 16. xxviii. Si qu'encore s'en daulent cil de ceste lignie, ib. ciliv. Je départi de li [d'elle] outre mon gré; C'esloit là riens dont je plus medoloie, ANONYME, dans Court. Roonel ne lor vost [voulut] mot dire, Einçoiz plore moult et sospire; Moult li diautle dos et l'eschine, Uen. 18765. Car li cuers de riens ne se diaut. Quant li oel [les yeux] voieiît ce qu'il viaut [qu'il veut], la Rose, 276(. Li oignemens moult me valu, Hès toutes voies me dulu La plaie, si que la dolor Me faisoit muer la color, ib. 1880. Tant ai amé, tantaim, tantamerai, Ke je m'enduel et dueluc [du latin, doJui] etdaurai Trèstous les jours que je serai en vie, Bibl. des Chartes, 4* série, t. v, p. 490. Se le [la] partie contre qui le commandement est fes, se deut [plaint], il se pot traire au segneur, beaum. 23. A le [laj requeste du pais ou d'aucun de cix [ceux] qui s'en daurroient [plaindraient] , ID. XXV, 7. Il xiv* s. Selon amitié qui appartient à communication de nature humaine, un ami se doit esjoir du bien de l'autre et douler du mal, ohesme, Eth. 20. Temps doulu [temps perdu, temps dont on se deult], Traité d'alch. 27». || xv* s. Celle chose ne peut longuement durer ainsi, que le pays ne s'en aperçoive et liueille, pboiss. m,iv, 66. Dict le proverbe : où la dent se deuil, la langue va, Bouciq. iv, ch. 7. Et luy douloit bien de cette division, coiim. i, )5. La royne d'Arragon se doulustde la sentence que le roy donna au prouffit du roy de Castd.e, 10. 11, 8. Il xvi* 5. Au desparlir, cette très noble dame, Doulante en cueur, navrée jusqu'à l'ame, 1. majot, v, 86. Mais le vrai dueil scez tu bien qui le poiieT C'est cestui-là qui sans tesmoin se deut, lu. w, 176. Il vous deult de ce baiser-cy, lu. m, t9i. Je m'en voys au train de tressaillir, comme d'une faveur nouvelle, quand aulcune chose ne me deult, MOMT. III , 307. L'inconvénient dont toy et moy nous deuiUons, la bo^iie, 341. Ils doutent si la partie qui se courrouce , qui appelé, qui se deult, quis'esjouit en nous, peut bien obéir à la raison, àmyot. De la vertu morale, 8.
— ÉTYM. Normand, douler; Berry, se doler, se douler; provenç. et espagn. doler; calai, dàlrer, dôldrer; portug! doer; ital. dolere; du latin dolere.
DOULOUKEUSE.MENT (dou-lou-rcû-ze-man), adv. Avec douleur physique. Malade, elle gisait douloureusement dans un mauvais lit. jj Avtc un seuliuieul
de douleur, ou un ton de douleur. Être douloureusement iiffecté de la mort d'un ami. 11 se plaignait douloureusement.
— IllST. xui* S. Oui tousjoursme batoit moût doulereusemeiit, Berte,XLVu. || xiv* s. Et en la fin perdi doulereusement corps et enITans et biens et sa feme, OBESME, Eth. 22. || XV S. El n'oy de tous aucunement Nouvelle pour avoir liesse; Pourquoy vis douloreusement, Ma dame, ma seule maistresse, en. d'orl. Bal. 53. Il XVI» s. La reine racontoit douloureusement [en affectant la douleur] les entreprises des Guisards, d'aub. Hist. u, 336.
— ÊTYM. Douloureuse, et le suffixe ment; pro- Tenç. dolarosamen , doloyrosament ; espagn. et ilal. dolorosamenle.
DOULOUREUX, E0SE (dou-lou-reû, reû-z'), adj. Il !• Oui cause de la douleur physique. Une plaie douloureuse. Une opération douloureuse. Ahl quel âpre loiin.ient, quels douloureux abois! cokn. JUédèe, V, B. Mais il faut vous quitter, ma mort est douloureuse, volt. Tatier. v, «. \\i° Oui est endolori. 11 aie pied douloureux. La partie douloureuse. Dans la péritonite le ventre est très-douloureux. Il 3° Oui exprime la douleur. Des plaintes douloureuses. Aux élans redoublés de sa voix douloureuse, Tous ses valets tremblants quittent la plume oiseuse, BOIL. Lutrin, iv. La sultane, à ce bruit feignant île s'effrayer. Par des cris douloureux eut soin de l'appuyer, RAC. Baj. 1, <. Hélas! sur son visage J'entrevis de la mort la douloureuse image, volt. Mirope, m, *. Hélas! il m'observait d"un regard douloureux, id. Fanât, iv, 4. C'est un chant douloureux dont mon cœur a besoin, Ducis, Othello, V, 2. Il 4* Oui cause de la douleur morale. Un douloureux devoir. Une séparation douloureuse. Exemple à l'univers De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse Dont il puisse garder l'histoire douloureuse, RAC. Bérén. v, 7. Tant de jours douloureux! tant d'inquiètes nuits! ID. Baj. m, 7. Ce bonheur douloureux, cette tendre langueur. L'aliment, le plaisir et le charme du cœur, ducis, Abuf. iv, 8. Combien il m'est douloureux de vous voir courir à Totre perte! fén. Tél. vu. Ô nuit, nuit douloureuse ! et toi tardive aurore. Viens-tu? vas-tu venir? es-tu bien loin encore? A. chén. Élég. xxm.
— HIST. XI* s. Oue deviendrai, duluruse, chaitive? Ch. de Bol. cxci. Es-vous le chaple [combat] et dulurus e pesmes, ib. ccxlvii. || xii* s. En France crut si doloros tourment, Uonc. p. 67. Las [liens] dolereus qui si m'ont mal bailli. Coud, vu. Mais nul partir, sachez, quoi que nus [nul] die. N'est dolereusque d'ami et d'amie, ib. xxiv. Irons venger la honte dolereuse Dont chascuns doit estreirés [courroucé] et honteus, quesnes, llomanc. p. 94. Au Mans avons sofert doleirose quinzaine, Sax. xxx. Ouant Deus ot fait Adam e mis en paradis, Pur le mesfait qu'il fist ne fu il pas ocis, Mais en cest dolereus mund fu en chartre mis. Th. le mart. 31. \\ xm' s. [Elle reçut] Maint doulereus maudit [malédiction], basset, à recelée, Berte, lxxxii. Mes 11 dolereus vens de bise A contre li bataille emprise, Et le contraint par estovoir Toutes ses undes à movoir, la Uose, «061. [Images] Qui ne sunt mignotes ne cointes; Ains sunt dolereuses et tristes, ib. «OB. Et l'autre respondi que, se le roy se croise, ce iert [ce sera] une des doulloureuses journées qui onques feust en France, joinv. 299. || xiv* s. Helas! que je suis malheureuse. Et sur tontes plus doloreuse. Quant je pense k toy, genre humain, Nat. à l'alch. err. 2. Il XV* s. Après tant de maies nuits et jours doloureui, LOUIS XI, Nouv. lxxii. || xvi* s. Voire et si bien qu'en aymai tant fort une, Oue nuict et jour j'en estoye douloureux, i. mabot, v, 33|. Tendon, sur lequel se font les mules [engelures] tant doloreuses, paré, iv, 39. Là dessus [pour les supplices] ils sont en grand' peine: car si les tormeiits sont violents, ils sont courts; s'ds sont longs, ils ne sont pas assez douloureux ii leur gré, mont, m, d».
— ÊTYM. Provenç. doloros, dnloiros; espagn. et Mal. doloroso; du latin dolorosus, de dolor, douleur.
t DOUM (doum') , s. m. Nom arabe de la erucifère thébaiqne, plante.
t DOUPION (dou-pi-on) , t. m. Terme de com- Derce. Sorte de soie grossière qui provient des coons doubles.
— ÊTYM. Ital. dnpjiin, double (voy. double). tBOURAH (dou-ra) , I. m. Nom que l'on donne
ansorglioen Egypte. || On écrit aussi doura. Le sol n'offre que des chardons, entremêlés de chètives plantations de coton, de doura, d'orge et de froment, CRATEAUB. Itin. Il, 122.
tDOCRO (dou-ro), t. m. Nom, en Espagne, de DICT. Q% LA LANOUK rRANÇAISB.
DOU
la piastre forte, qui est de cinq francs quarante centimes. Il Au plur. Des dcuros.
— ETYM. Espagn. duro, dur, solide; peso dura, poids d'argent d'une once, d'oii duro, monnaie d'argent du poids d'une once.
t DOUSSIN (dou-sin), s. m. Un des noms vulgaires de l'oursin comestible.
— HIST. xvi* s. Doucin, doulcin [hérisson de mer], cotgrave.
DOUTE (dou-t'), s. m. Il !• Incertitude où l'on est sur la réalité d'un fait, la vérité d'une assertion. Avoir du doute. Lever tous les doutes. Est-ce qu'il peut y avoir du doute à cela? ....ôie-moi d'un doute; Connais-tu bien don Diégue? corn. Cid, ii, 2. ôlezmoi donc (le doute Et montrez-moi la main qii il faut que je redoute, in. Itodog. v, 4. Mille et mille témoins te mettront hors de doute, m. Nicom. m, 5. Rendez sans différer mes doutes éclaircis, gom- BAUD, Danatdes, i, 2. Des témoins de sa mort viennent à tous moments Condamner votre doute et vos retardements, rac. Mithr.i, 3. Un moment quelquefois éclaircit plus d'un doute, id. Iphig. ii, B. Délivrez mon esprit de ce funeste doute, m. Plièd. I, 3. Il Être en doute, douter. Vous êtes en doute Ce qu'elle a plus parfait, ou l'esprit, ou le corps, malh. v, 23. 11 vous a obligé de vous expliquer une chose dont je n'étais point en doute, balz. liv. vi, lett. 3. En ête.s-vous en doute? corn. Nicom. I, 2. .... tu ne meurs point de honte Oui! faille que de lui je fasse plus de compte. Et que ton père même, en doute de ta foi. Donne plus de croyance à ton valet qu'à toi! ID. Ment, v, 3. || Laisser une chose en doute, ne pas l'éclaircir. Laissez la chose en doute, et du moins hésitez Tant qu'on ait par leur bouche appris leurs volontés, id. Œd. m, 2. || Laisser quelqu'un en doute, ne pas dissiper son incertitude. Il m'a laissé plus en doute que je n'étais, fén. Tél. ix. Il Mettre en doute, révoquer en doute, contester la vérité d'un fait. Jusques ici, madame, aucun ne met en doute Les longs et grands travaux que votre amour vous coûte, CORN. Rodog. ii, 3. Je n'ai jamais mis en doute que vous ne m'ayez écrit, sÉv. 3»o. U ne révoque pas les miracles en doute, boss. Hist. il, ii. il Dans le même sens. On n'en fait aucun doute, corn. Suréna, i, a. || Mettre en doute signifie aussi contester l'obligation de quelque devoir. L'obéissance est mise en doute, boss. Hist.n, >.\\i' Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur paraît douter de ce qu'il doit énoncer. On dit plutôt duhitation. || 3" Scepticisme. Une philosophie qui n'aboutit qu'au doute. Un doute éclairé peut quelquefois servir de (lambeau, d'olivet, Hist. Acad. t. ii, p. 1*0, dans pougens. Le doute est bien plus le résultat des lumières vagues que de l'ignorance, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 410. Il Doute méthodique de Descartes, méthode qui consiste à rejeter provisoiremi-nl tiiutes les idées qu'on a reçues. || Défaut de croyance à une relif,'iun révélée. Le doute est un blasphème, volt. I-'anat. IV, 3. 11 serait à souhaiter qu'un doute universel se répandit sur la surface de la terre, et que tous les peuples voulussent bien mettre en question la vérité de leurs religions, dider. Pensées philos, a' 36, Il 4* Difficulté, scrupule. J'ai encore un doute à vous proposer, pasc. Prov. 5. Mlle de Duras ayant quelque doute sur la religion, BOSS. Conf. || Conjecture, soupçon. J'en ai queli|ues doutes. || Appréhension, crainte. Dans le doute d'un accident fâcheux, il faut prendre ses précautions. Que si j'avais le moindre doute d'avoir failli et de mériter vos menaces, VOIT. Lett. 68. Dans le doute mortel dunt je suis agité, rac. Phèd. I, (. || 5* Sans doute, Joe. adv. Assurément, certes. Viendrez-vous demain? sans doute. || IroniquemenL Me prêterez-vous encore de l'argent? — Sans doute; je contribuerai à toutes vos folies. Il Selon toutes les apiarences. Sans doute à nos malheurs ton cœur n'a pu survivre, rac. Alex. IV, (. Il 11 est sans doute que, avec l'indicatif, on ne peut douter. 11 est sans doute qu'il sulfit d'avoir appris une fois.... PASC. Prov. 3. Il est sans doute qu'il ne se servit pas des termes d'acheter ni de vendre, ID. ib. 12. Il est .«ans doute que je suis un hérétique, ID. th. (B. Il Sans doute que s'emploie aussi pour probablement, tout en tête de la phrase. Sans doute qu'il n'y a plus pensé. || 6* Hors de doute, incontestable, certain. Cela est hors de doute. 11 est hors de doute qu'il réussira. Son acquittement est hors de doute. Jusqu'à ce qu'elle ail vu votre hymen hors de doute, co^a. Perlhar.ii, 3. || Proverbe. Dans le doute abstiens-toi, c'est-à-dire quand une action est douteuse, il est plus prudent, plus sage, plus honnête de s'en abstenir. || Le doute est le commencement de la sagesse.
— REM. 1. Mettre en doute, dans une phrase né-
DOU
gative ou interrogalive, suivi de que, demanda la particule ne : Lorsqu'on me trouvera morie, il n'y aura personne qui mette en doute que ce ne suit vous qui m'aurez tuée, mol. 0. Dand. Iil, *. Cependant le ne peut se supprimer ; Je ne mets pas en doute que cela soit. || 2. /Joute a été longtemps féminin; il l'est encore dans Malherbe : Nos doules seront éclaircies. Et mentiront les prophéties.... m, I. La seule chose Oui m'empêche la mort, c'est la doute que j'ai, v, )3. Rotrou aussi le fait féminin : .Son mépris parait trop, ma doute n'est point vaine, Bélis. I, 6.
— HIST. XII* s. Sans doute [crainte] de périr, CoMCi, iviii.ll XIII* s. Là s'aresterentil à granl doute, car il doutèrent [craignirent] cens de fors, et autant doutoient-il cens dedons, villeii. cxxxvii. Et puur chou |ce] qu'il ot paour et doute que ses chevaus ne feust mors ou mesliaignés, il s'en tourna le petit pas, H. np. VALENC. IV. Car donc, quel part la poinio [de l'aiguille aimanlée] vise, La tresmontaigne [la nord] est là sans doute. Lais inédits, p. iv. Et li autre [larrecins] sont en doute, à savoir se c'est lairecinsou non, beaum. xxxi, t.l|xiv*s. Eustrace fait ici une double.... oresme, t'th. 5i. Une doiibte semble apparoir en ce qu'il dient, m. t'b. vi, )l. Il XV* s. Pour la doute [crainte] des rebellions, PROiss. II, II, 27. Sans doute, si ce n'eusi esié.... le roy n'eust jamais souffert.... comm. vi, 2. El y mettoient grans doubles aucuns, veu que à leurs dos n'avoyent nulles places pour eux retirer, m. i, 2. Le duc fde Bourgongne] lui fist faire [à Louis XI] son loRis [à Péronne], et l'asseura fort de n'avoir nulle double (le roy estoit entré en granl paoïir apprenant l'arrivée de ses malvueillans auprès du duo de Bourgongne), m. ii, B. || xvi* s. N'en faictes double aucune, J. marot, v, 2). Cela ne se peut révoquer en doute, calv. /ns(i(. 784. Il n'y a nulle doute que c'est une exhortation que Dieu bii fait, m. ib. 266. Vous m'en avés escriptsi honnesleinent que jamais je n'en ay faict une seule double, marg. ùlt. t0(. Puisqu'on est en double du plus court chemin, il fault tenir le droict, mont, i, (32. Il n'y a point de double qu'il ne soit plus beau de pardonner.... ID. I, (32. Oui y peull faire double [qui peu* en douter]? id. i, 174. La chose est de soy lanl notoire, que la doute en seroit trop plus déraisonnable, que la preuve nécessaire, amyot, Préf. xviii, 47. Non seulement le commun peuple flotloit et branloit en ce double, mais aussi les sénateurs, m. Numa, 4. Les reformez, eslevezde leurdroict, esiimoient toutes doutes effacées, d'aub. Hist. i, l'i». On l'empe.schoit, tant sur la révérence du traitté, comme sur le doute de l'exécution, lo. ib. i, tSâ.
— ETYM. Substantif abstrait de douter; boiipguig dôle; provenç. dople, dubte, s. m.; calai. diihte; espa^'n. duda; porlng. diiida; ital. di'Ita. Doute a été d'abord féminin dans la langue; c'est vers la fin du xvi* siècle que le genre en commence à devenir incertain, el que quelques-uns le font tantôt féminin, tantôt masculin. Palsgrave, p. 26, remarque qu'on écrit double, el qu'on prononce doute. Ce mot, dans l'ancienne langue, à côté du sens de doute, a aussi celui de crainte.
DOCrER (douté), V. n. || 1* Ne savoirs! l'on doit croire ou ne pas croire quelque chose. Je doute qu'il vienne. Je ne doute p^is qu'il ne vienne. Doutez-vous que je sois malade? S'il y a quelque justice dans le^iel, comme personne n'en doute.... balz. liv. I, lett. 3. Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris, CORN. Cid, iv, 3. Et je doute comment vous portez celle mort, m. Ilrr. v, 2. Je doule quel rival s'en fait mieux écouter, m. Suréna, ii, 3. Il ne faut point douter qu'il fera ce qu'il peut, mol. l'Élmir. u, H. El je ne doute point, quoi qu'il n'en ail rien dit, Oue tu ne sois de tout le complice maudit, id. ib. iv, 7. A vous dire vrai, je doute fort que vous puissiez réussir, ID. Prine. d'Él. m, 2. Je ne doute point ipia la vraie dévotion ne soil la source du repos, la brlt. XIV. Ne iloulez point, seigneur, que ce coup ne la frappe, Ou'en reproches bientôt sa douleur ne s'échappe, rac. Bri(. m, I. Doutez-vous que l'Euxin ne me porte en deux jours Aux lieux où le Danube y vient finir son cours? iD. ilithr. m, i. Thésée esl mort, madame, et vous seule en douiez, ID. Phèd. ii, (. Je doute que le ris excessif convienne aux hommes qui sont mortels, la bruï. xi. Je doule que ce fût toi qui serais en reste, I. J. Rouss. Hél. vi, 5. Il Douter si. Je doule si je serai en mesure d'accomplir ma promesse. Dorante : El quel est ce portrait?— Lise : Le taul-il demander. Et doutezvous si c'est ma mailresse elle-même? corn. Suit» du Ment, ii, 6. Ingrat, je doute encor si je ne t'aime point, rac. Andr. iv, B. Livrer Psyché aux
DOll
détirs d'un mnnstreT y avait-il 'le la justice à celaT aussi Ips |ïnr°ntï le la lidl' iloiilèmnl lotigleaips g'ils oliéirHieni, la pont. i:iychi . i, p. 3». || Douter qui, i|(iels, ne pus bavoir qui.... quels... Ce gnge iuélirarilnlile |r.aliiii], avant que de Pompée Il efll vil la vaillance injusiiTneiil trompée, Diiuianl à qui rfila' 'levait être soumis, Dans l'un et l'autre chef voyait sps ennemis, bréheuf, Phars. IX. Ainsi, de tous côtés lorsque souffle l'orage, La mer doute à quels vents doit obéir sa rage, delilub, Troi-v règnes, v. || Douter où, ne pas savoir en rjuel lieu. Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, D.mtpnt où vous serez et vous trouvent partout, RhC. Uilhr. III. I. Il 2° Douter de quelqu'un, n'avoir pas confiance en lui. Cet homme est suspect; on doute de lui dans son parti. On doutait de sa proliité. Et l'on doute d'un cœur qui n'a point coinbailu. CORN. Pi'lij. I, 3. Je me fais de sa peine une imago charmante, Et je l'ai vu douter du copur ilo son amante, hac. Ilrit. Il, ». Il doute de sa fille et de ses senliniems, volt. Zaïre, il, 4. Par la fortune Ath^nes détrfluée Mamlli Pliili|ipe et douta de ses dieux, hèbano. Waiirl. \\i' Êire d;ins \e sceplicisnie suit & l'éf-'anl des iln^mes de la révélation, soit à ré;;iird des propositions de la philosophie. Il n'a jamais doulé des nijsifcres de la religion. Il Absiiluinent. C'est avnir beaucoup avancé que d'avoir seulemunt appris à douter. Non que j'imitasse pour cela les sceptiipies. qui ne doutent que pour douter, et afiecterit d'être toujours irrésolus, DESC l/A'i. m, «. C'est une partie de bien juger que de douter quand il faut, ross. Coniiaùs. i, lO. Kt qu'au» derniers niomenls les beaux esprits qui doutent Ne sont pas assurés que les dieux les écoutent, BOURSAiLT, ^sope à la cour, m, 3. Leibnitz ne Bavait pas douter a.ssez, bonnet, UÀivres m/lécs, t. xvui, p. 93, note 7, dans pougens. || 4° Hésiter. Il ne douta pas un seul instant. Il doutait de recevoir un tel présent. Que ferez-vousî — J'en doute, CORN. SuTPna. II. t. Pourriez-vous un moment douter de l'aciepterT rac. Alhal. m, 4. Et vous doutez encor d'asservir ses fureurs, volt. Orphel. v, i. Il Ne douter de rien, trancher les questions qu'on ne connaît pas bien, se jeter sans réflexion dans des entreprises hasardeuses. Les grands, une fois corrompus, ne doutent de rien, dider. Règne de Clatide et N^rnn, i, §2». || Ne douter de rien signifie aussi se faire illusion, voir tout du beau côté. Il II ne doute jamais, il ne suspend jamais son jugement, sa décision. || 6° N'être pas sur de conser- »er. Elle s'était trouvée malade ju.squ'à faire douter de sa vie, scabr. Itom. co/n. ch. xui. || B-Sedouter, t.réfl. Conjecturer, soupçonner. Je ne me doutais pas qu'il vînt. Pouvais-je me douter qu'il dût venir si tôt? Je me doutais qu'il viendrait. Elle s'est doutée de ce qui se faisait. Je me doute qu'il viendra me voir. Je me doute à peu prés quel est le gouverneur, TBiSTAN, Panihée, i, 4 Je m'en doutais, seigneur, que ma couronne Vous charmait bien du moins autant que ma personne, cohn, Atfom. I, î. Je me doutais bien aussi que les prophéties auraient été elltl^remcnt faii.sses à ré;;ard de Vaides, S6v. Lelt. 27 mars 1671. || Ne pas se douter, ignorer, ne pas soupçonner. Moi qui.... Pour mourir, d'aucun mal ne mu fusse douté, bégnikr, Sat. XIII. Il y voit des choses qui lui sont nouvelles dont il ne se doutait [las, la bbuv. xi.
— UEM. 1. Douter suivi de que veut toujours le subjonctif: Je doute quo cela soit vrai. || 2. Lorsque la phrase est négative, le verbe au sulijoiictif prend ne. Oui, je ne doute poi".:t que 1 hymen ne vous plaise, MOU Éc. des F. ii, 6. Je ne crois pas qu'on puisse douter que Ninus ne se soit attaché à l'Orient, BO^s. llist. m, 4. Tous eurent le courage de lui êire fidèles; et lui, de ne pas douter qu'ils ne le fussent, d'alemb Éloges, milord Uaréchai. Cependant on peut supprimer le ne : Je ne doute pas que cela soit vrai. || 3" Si la phrase est interrogalive, on met ordinairement ne : Doutezvous que cela ne soit vraiî cependant ne peut être supprimé: Duuteitvous que cela soit vrai? " 4. En cet emploi, doujcr peut se tourner par révoquer en doute; et alors on peut, s'il s'agit d'une action qui n'est pas encore faite, mettre le futur de l'indicatif: Je ne doute pas qu'il fera tout ce qu'il pourra. || 6. Corneille a dit: Outre que le succès est eicore à douter, lléracl. m, t. Là-dessus Voltaire remarque; « Le succès est à douter est un solécisme. On ne doute pas une chose, elle n'est pas doutée. Le verbe douter exige toujours la préposition de. • Cela est incontestable dans l'usage actueL Mais dans l'usage ancien il un était autrement; et Corneille a seulement usé d'un archaïsme: douter, dans l'an-
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cien français, est actif et signifie craindre, tenir |iOiir su-perl. Cet archaïsme se trouve aussi dans M"li6re: Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait, t'ÉKmr. il, 7. || 6. Douter dans l'ancienne bingue signifiait redouter ; se douter signifia d'abord avoir peur, puis, par une extension facile, imaginer, soupçonner. Se douter rentre donc dans la catégorie des verbes se connaître, s'apercevoir, s'entendre, voy. s'apercevoir. Remarque 2.
— HIST. XI" s. Et Sarazin nés [ne les] ont mie dutez [craints], Ch. de Roi. xc. Et l'amiralz ne le craint ne nel dute, ib. ccLxi. || xii' s. De ce ne vous dotez (n'en doutez pas], ib. p. 3i. S'en serez plus doté [ainsi vous en serez plus redouté], ib. p. 35. Oue m'amor ne soit doulnée [mise on doute], Couci, I. De vous prier [je] me dont et fais hardi [jo crains et ose], th. VII. Ainçois me doute [je crains] qu'en treslout mon aage |je| Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir, ib. xix. Ah! geniis rois, quand Dieux vous fist croiser. Toute Egypte doutoit vostre renom, OUESNES, Romancero, p. loo. Seignor, par tel manière, jà nuls n'en soit dotans, Fu meOe la guerre entre Saisnes et Francs, Sax. v. ||xiii*s. El ne fu mie merveille se H s'en doubla [en eut peur], viLLEH. CLXii. Ilien ferai la besoii,'iie, de ce n'esiuet (il ne faut] douter, Rerte, xvii. Car moul (elle) doutoii la bise, qui ert [était] tranchans et fîere, ib. xl. Tant doute [elle craint] à couroiicer Dieu et sainte Marie, ib. cxix. Et s'ele l'a [ce vœu] voué, jà mar en douterez, [elle] Ne le briseroit mie pour l'or de dix citez, ib. cxxi. Il ne doutent pluie ne vent Ne nule autre cho-e grevant, la Rose, 2743. Lor demandes doivent esire mises en escrit; et celés dont 11 execuii'ur se douient qu'eles ne sont pas vraies, il les convient prouver as demandeurs, beaum. Xli. 31. Il XIV* s. S'il n'i avoit que moi avec ma bonne gent. Si ne doublé-je mie qu'assez prochainement De Henri et des siens n'ayez le vengement, Guescl. 16974. Le suppliant doublant rigueur de justice, DU GANGE, flbsfutandus. Il XV" s. Je feray volontiers et de bon cœur ce que vous me commandez, à mon loyal pouvoir, jamais n'en doutez, froiss.i, i, 47. Or vous dis que le sire de Beaujeu, qui estoit dedans, capitaine de Mortaigne et moult sage guenoyeur, s'estoit bien douté de ces assauts, m. i, i, t35. Le clerc se douta du chevalier, car il estoit criieux, ID. m, 22. Les bourgeois de la ville, qui doutèrent le leur & perdre, leurs femmes et leurs enfants, regardèrent que, au long aller, ils ne se pourroient tenir, m. i, i, 224. Trè.s-noble et douté seigneur monseigneur Jean de Hainaut, ID. Prol. Pour povoir parler au roy en bonne seuieté [le connestable] , car il doubioit de sa personne comme celluy qui sçavoit toute la conclusion qui avoit esté prinse [contrelui] à Bouvines, comm. m, 1 1 . Doublant qu'ils ne feissent ouverture à luy et à son frère, iD. i, 2. Il ne fault doubler que nul jour sans perte et gaigne ne se passa tant d'ung coté que d'autre, mais de choses grosses il n'y avoit riens, ID. i, 9. Je ne sçay s'ils disoient ainsi k part; je me double que non, ID. II, 9. Et ne fault point doubler à ce que ceulx qui esioienl avec le roy n'eussent.... iD. m, 3. Il xvi" s. Quand nous voyons des volleurs, qui ont commis quelque meurtre ou larrecin, nous ne doutons point de leur imputer la faute et de les condamner, CALV. Instit. 224. Je me double que ne croyez as.seuremenl ceste estrange nati\eté, rab. Garg. 1 . 8. Aullre chose ne me ameine , sinon le desir de sçavoir ce dont j'ay doublé toute ma vie, ID. ib. II, 1 8. Adoncqucs le roy argenté change de place, doublant la furye de la royne aurée, m. th. ii, 2S. Je me double que, en Portugal, y ayt quelque sédition , ID. Épil. 9. Pour qnoy je me double que il y a de la fourbe en son cas, id. ib. to. Haulsent l'espaule à mode de Lombars. Doublans [ne croyant pas] qu'on eusl dessus Gènes victoire, J. marot, v, 28. Nos Allemans quelque petit doublèrent, Voyans ce roch quasi inaccessible, ID. v, 27. Je croy que vous ne doublés pas que mille occasions ne nous ouslent de ce monde, suivant la voulenté de celuy qui nous y mit, MARG. Lett. 65. Je me double d'estre au septiesme mois [de ma grossesse], qui y est, après 1 huitiesme, le plus dangereux, id. ib. 77. Je peiisoys aller digner i Amiens, mais me doublant que j'y Irouverois une poure maison bien désolée, je digneray icy, ID. ib. (33. Vous adverlir non seulement de ce que je say, mais de ce que je double, pour nous en conduire par vostre advis, id. th. i2i. La maladie du cardinal d'Armaignac est une fièvre tierce, mais tant aiguë, que ceux qui ne le congnoissent doublent sa vie, id. <6. <40. C'est une science de laquelle ils doublent que l'homme soit capable , MONT, u, 230. La profession des pyrrhoniens est de
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doubler et enquérir, m. ii, 230. Nous doublons sur Ulpian, et redoublons encore sur Bariolus, id. iv, 2:i6. 11 commencea à se doubler de la venté, amyot, llom. 8. Je ne m'en fierois pas i ma propre mère, doublant que par mesgarde elle ne meist la febve noire en cuidanl mettre la blanche, id. AU. 40. U cria à haulte voix à ses gens de pied qu'ilz le suyvissenl hardiment, et qu'ilz ne doublassent de rien, ID. Timol. 37. Il n'y en avoit pas un seul de qui il .se iloubla.st, ne de qui il se deffiasl tout comme il fai.soit de Meiellus, id. Marius, 4lk El si doubioit aussi d'un autre coslé de prendre son chemin par la montagne, pour autant qu'il estoit long, lo. 1mcull. 28.
— Etym. Bourguig. dôltai; provenç. duptar, dnptar; catal. dublar; espagn. dudar ; portug. duridar ; ilal. dot tare ; du lat.n dubitare, d'un radical duh, qui se trouve dans dubt'iM et qui signifie double; grec. îolàC-iv, de îoioç, double.
t DOUTKUR (dou-teur), ». m. Celui qui doute. Que je hais ceux qui font les douleurs de miracles! Montaigne en parle comme il faut dans les deux endroits (d'autres éditions ont douteux , qui est peut-être une ancienne prononciation de douleur), PASC. Pensées, t. l, p. 389, édil. Lahure. Du douleur et de l'adorateur, volt. Diat. 2o.
— SYN. uouteur, sceptique. Le douleur est celui qui doute : un douleur de miracles, comme tlit Pascal ; le douleur n'a f>oinl de système général de doute; le scepiiijue en a un.
— HIST XIII" s. Roliie sui de France, jà n'en soit nulsdoulere, Berte, cxiil.
— ÊTVM. Provenç. duplador, craintif; du latin <Jubiiatorem, de dubitare, douter. L'ancien français doutere est au nominatif, du latin dubildlor, avec l'accent sur ta.
DOUTEDSEMENT (dou-teâ-ze-man) , odc. Avec doute, d'une façon douteuse. Il ne peut souffrir qu'on parle de la victoire douleusemenl, balz. liv. vin, lett. 2. On sait si douleusemenl ce qu'on sait, que j'aime presque autant ne rien savoir, m"" de scudéry , Conversatiim del'envie, dans richelet. Dont il m'a parlé plus douleusemenl que la première fois, Boss. Lett. quiét. 4is. Les gens de bonne foi devraient traiter douleusemenl des choses douteuses, lb chevalier DE uÈnt, dans richelet.
— HIST. XV" s. Humblement et douleusemenl [avec crainte] il servoil amour et sa dame, Bouciq. I, *• Il XVI" s. La lune l'accompaigne, ornement de la nuicl, Qui d'une autre clarté douleusemenl reluit, dlbell. iv, 71 , recto. Advanlage bien doubteusement acquis, mont, i, 15.
— ÊTVM. Douteuse, et le suffixe ment; provenç. doptosamen; espagn. dudo.somen(e.
DOUTEUX, EU.SE (dou-leû, leû-z'), adj. || f Qui est sujet à doute, à incertitude. Un succès douieux. La leçon du manuscrit est douteuse. Il ne lui donna que des paroles douteuses. 0 parule doiiteuse I On peut dire Hypermnestre heureuse et malheureuse, gombaud, Danaïdes, v, 2. Avec de tels seconds rien n'est pour vous douteux, CORN. Nicom. m, «. Son cours [de la justice] lent et douteux fait perdra trop de larmes, id. Cid, m, 2. La victoire demeura longtemps douteuse entre les deux peuples, boss. Iltsi. I, 8. Celte prédiction ne pouvait lui être douteuse, fléch. t. I, p. 389. Aux yeux embarrassés des juges les plus sages. Tout sens devint douteux, tout mot eut deux visages, boil. Sat. xii Du jour illustre et douloureux Qui décida du sort d'un long siège douteux, hac. BMn. I, 3. Cet efTroi que le redouUble et douteux avenir de la guerre doit inspirer, MIRABEAU, Collection, t. m, p. 321. Mille douteux discours démentant ces discours Égaraient mon esprit et m'abusaient toujours, lemerc. Agamemn. i, ». || ï' Dont on doute, dont on n'est pas sûr, suspect, en parlant des personnes et des choses. Probité douteuse. Homme douteux. Trois membres de ce comité sont pour nous, les autres sont douteux. Ceux qui prennent des conseils intéressés et corrompus, ou même douteux et suspects, pour .se déterminer dans les affaires importantes, boss. Politique, x, u, <8. Lorsque nous vous eihorlonsji fuir les conversations profanes, les commerces suspects, les plaisirs douteux.... mass. Car. Fausse conf. Biens qu'il avait accumulés par des voies si douteuses pour le salut, mass. .^i'. ifort du péch. Il Pièce douteuse, pièce de monnaie qu'on peut soupçonner d'être fausse ou de bas aloi. || Dangereux. La tendresse n'est point de l'amour d'un héros; Il est douteux pour lui d'écouter les sanglots, CORN. Suréna, v, 3. [{ Mol douteux, mol qui peut être interprété d'une manière blessante. Et pour le moindre mot douteux J'étranglerais un homme ou
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DOU
deux, SCARUON, Virg. frac. vn. || Mot douteux signifie aussi un mot de la correction duquel on n'est pas sur. Il 3° Jour douteux, lumière, clarté douteuse, jour, lumière qui permet à peine de distinguer les olijels. Au jour faible et douteux des a.stresqui polissent, nucis, Macbeth, ii, 3. La douteuse lueur [de la lune] , dans l'ombre répandue, lamabt. Me'd. Il, 2. Il Fig. Ou'entrerois-je, 6 destin, dans ta clarté douteuse? DOCis.Ot/ieiio.ll, t. Il 4" Terme de grammaire. Noms douteux, noms dont le genre n'est pas fixé par l'usage. Voyelle douteuse, voyelle qu'on peut faire longue ou brève à volonté. || 5° Oui doute, indécis. Il regardeen arrière et, douteux de son choix. Lorsque sa voix l'appelle, écoute une autre voix, corn. Poly. I, t. Oui , Taxile, mon cœur, douteux en apparence.... BAC. Alrx. rv, 8. Il 6» Timide, méfiai. t. [Le vieillard] Imbécile, douteux, qui voudrait et qui n'ose, BÉONiiîn, Sat. v. Il [le lièvre] était douteux, inquiet. Un souffle, une ombre, un rien tout lui donnait la fièvre, la font. Fabl. n, H. Plus qu'aucun des mortels par la honte abattu. En vain j'arme contre elle une faible vertu; Ainsi toujours douteux, chancelant ou volage.... BOiL.^p. m. || t'S.m. Cequi est douteux. Risquer le certain pour le douteux.
— HIST. xm* s. Et ta face de moi [tu] tordras Eu la fin, qui est tant doutouze. Et à cha^cun est perillouse. Psaumesen rers. dans Liber psalm. p. 269. Et sachiés que ce fu une des plus douteuses [redoutables] choses qui onques fiist à faire, villeh. lxx. Et se ce est chose douteuse, fai le enquerre par sages gens isnellement [promptement] et diligenment, joinv. sot. || xiv* s. Labourer environ icelui [membre], qui est jà spasme, par douteuse médecine, H. DE MONDEviLLE, S° 68. 11 semble que les extrêmes soient doubteux, obesme, Eth. (26. Du quel dommage lacausene fu mie doubteuse, bekcheure, f" 40, verso. || xv s. Le premier jour du doubteux mois de mars, e. desch. Poésies mss. f" t28, dans LACURNE. Il xvi's.Bien cognoissant qu'en guerre périlleuse Seur [sûr] est l'aller, doubteux est le retour,
I MAROT, V, 76. Si TOUS recite?, simplement une cause àl'advocat, il vous y respond chancellant et doubteux, MONT. II, 326. Considérant l'imbécillité du genre humain et la difficuit^ du choix ez choses nouvelles et douh"»isei, a., i, 330. Le style nubileux et doubteux des oracles, id. ti, 353. Le messager faignit que ''issue en avoit esté doubteuse, AMYOT, Fab. 7. Na.sica escrit qu'il eut une fort aspre et doubteuse rencontre à la cyme de la montaene, lO. P. Mm. 28. Ayant connu aux mines du chirurgien que sa plaie estoit douteuse, d'aub.Fm,
ÏXVI.
— ÉTYM. Doute; provenç. dopfoi ; catal. dubtos; espagn. dudoso; portug. duridoso; ilal. dotloso.
t DOUTIS (dou-ti), s. m. Terme de commerce. Toile de coton blanche des Indes.
DOUVAIN (dou-vin), t. m. Bois qui sert à faire des douves, des barils, et d'autres ouvrages de de même nature.
— ÉTYM. Douve.
t. DOUVE (dou-v'), ». f. II 1* Nom de planches disposées en rond qui forment le corps du tonneau et qu'on fait tenir ensemble avec des cercles. Six douves de poinçon servaient d'ais et de barre, Régnier, Sat. XI. Il i' Fossé servant de limite aux •champs et d'écoulement aux eaux. || Terme de fortification. Douve de fossé, paroi des fossés de la fortification ancienne. || Terme de construction. Mur d'un bassin quand il n'est que d'une assise ou deux.
II Caverne que les habitants des bords de la Loire creusent dans le roc pour s'y loger. || 8* Planche sur laquelle on met les peaux de veaux pour les ratisser et en enlever les parcelles de tan.
— HiST. XII* s. Sovent en i a d'enversez Jus ez grans doves des fossez, benoIt, t. H864. Il i ont mis du feu tout rasé [ras] un tonel; Les douves sont emprises, sirompenlli cercel. Soi. ix.|| xin's. Tout cil qui ont arbres souz le [la] forterece de le [la] vile, We il les aient fait couper à quatre pies près de la deuve, tailliab. Recueil, p. (25. El liu où il apert mix [mieux], ou par bonnes [bornes] anciennes qui sont trouvées, ou par douves anciennes de fossés qui sont trouvées, beaum. xxv, 9.
XIV s. Lesquels trois variés feussent revenuz arnez d'espéeset de dagues, et leurs visages esloubez et muciez de leurs chaperons au long d'une douve et fossé tenant au bail de la ditte ville, du GANGE, douva. Il XV' s. Et vindrent ardoir la ville de Cousie sur les douves de la mer , fboiss. liv. m , p. < 67 , dans LACURNE. Les murs estoient tous rasez, et po- Toient [les assiégés] saillir par où ils vouloient, et y avoii seulement ung peu de douve, ne jamais ne y eut fossez, car le fous est très-aspre et très-dur,
COMM. n, H. Ils avoient droit d'avoir près d'iceulx maretz certains grans fossez ou flaclies. appeliez douvres; esquels dnuvres, quant la rivieie de Marne se desvoye et est hors de son chanel, se arreste.... DU CANGE, dnvra. || xvi' s. Le fossé appartient à celui sur lequel est le rejet; car qui douve a, si a fossé, LOYSKi., 28i). Quand les tonneliers veulent retirer une douve du dediins au dehors, paré, VIII, 5. Oui a la doulie du fossé du costé île son héritage, pareillemeni le fossé lui appartient, du GANGE, doha. Auquel lieu i'avanl-ganle de l'armée huguenotte se présenta en bataille jusques sur les dubesdu faux-bourg Si-Ladre [de Poitiers], Castel- NAU, 247.
— ETYM. Normand dout'e, fossé d'eau croupissante; wallon, dèwe; provenç. dogita, creux, cavité; ital. dof/a, douve de tonneau, et raie, bordure d'étoffe; milanais, dova, même sens; bas-latin, doga, qui se trouve dans Grégoire de Tours avec le sens de conduit (fossas in circuitu fieri jussit, ne forte dogis occultis lymphae deducerenlur in fontem, cité dans du Caiige) ;allem. Daube; holl. dui'j; suisse, dauge, tous mots gerraani.iues qui sij^iufient douve de tonneau. Voilà toutes les formes mises sous les yeux du lecteur; maintenant, il y a dans la latinité le mot doga qui signifie vase, coupe, et que du Cange a rattaché avec raison au grec èo^h. réservoir; Diez, parlant de là, a établi la série des sens: réservoir d'eau, fossé, rebord du fossé, ce qui retient le liquide dans un tonneau, la douve, et même rebord, encadrement, un des sens de l'italien doga qui sif;nifie aussi raie, bonlure. La transformation littérale est parfaitement justifiée : doga se change en doute, comme rogare en rouver, dans l'ancien français.
2. DOUVE (dou-v'), ». f. Terme de botanique. Nom vulgaire de deux espèces de renoncules qui croissent dans les marais. Grande douve, nom vulgaire de la renoncule langue. Petite douve, nom vulgaire de la renoncule flammule.
— Etym. Le nom de la douve, fossé, a été sans doute transporté à la douve, plante qui croît dans les douves pleines d'eau, dans les marais.
fa. DOUVE (dou-v'), ». f. Terme da zoologie. Sorte de ver qui se trouve, par maladie, dans le foie des moutons (disloma hepaiicum).
— ETYM. Peut-être le foie reiniili de douves a-t-il été comparé à une douve marécageuse.
f DOUVE (dou-vé), adj. m. Foie douve, nom, chez les bouchers, du foie des moutons, quand il est rempli de douves.
— ETYM. Coure 3.
f DOUVKLLE (dou-vè-l'), t. f. Terme de construction. Petite douve.
— HIST. XVI* s. Que chacun cent de douelles de bois, appelle merain, .servant à faire poinçons et fusts neufs.... Arrit du Parlem. <i sept. t577.
— Etym. Diminutif de douve; douelle, diminutif de douhe (voy. l'hist. de douve t).
t DOUVILLE (dou-vi-l'), ». /. Variété de poire d'automne.
DOUX, DOUCE (doû, dou-s'; l'x se lie : dou-z et poli), adj. Il 1* Dont la saveur est agréable, qui n'a rien de rude. Amande, orange douce. Pomme douce. Contre la maxime de médecine, que toutes les cho.ses douces se tournent en bile, voit. Lett. 67. Il Sauce douce, sauce faite avec du sucre et du vinaigre. Il Mets trop doux, mets trop sucré. (| Vin doux, jus de raisin qui n'a pas encore fermenté, et qui est doux au goût. || Oui manque d'assaisonnement. Une sauce trop douce. || Qui n'est pas salé. Eau douce, celle des lacs et des rivières, par opposition à celle de la mer. || Familièrement. Marin d'eau douce, se dit par raillerie d'un homme qui n'a navigué que sur les rivières ou qui a peu navigué. Il Un médecin d'eau douce, s'est dit pour mauvais médecin et qui ne sait que pre.scrire de l'eau claire. || 2° Par extension, qui fait sur les sens une impression agréable. Une chose douce au loucher. Un poil doux comme la soie. Une douce odeur. Doux parluni. Doux accents. Doux murmure. Un doux zéphyr. Airdoux. Temps doux. Un doux sommeil. Une contrée fertile, douce, aimable, riante.... mass. Car. Salut. Ainsi, dans les dangers qui nous suivent en croupe, Le doux poirier ne nuit de rien, la font. Fabl. III, t2. Oh! que j'aime bien mieux cet auteur plein d'adresse Oui , .sans faire d'abord de si haute promesse. Me dit d'un ton aisé, doux, simple, harmonieux.... BoiL. Art p. m. Chantez le saule et sa douce verdure, nucis, Othello, v. 2. Il a des vêlements plus doux, un asile mieux défendu contre l'injure des saisons, ravnal, IHsl. yhil. xvii, 4. Il 11 fait doux ic'tuit-à-<lu'e U. température de l'air
est douce, tiède], sév. «06. || Une douce influence, une indiii^ncB lente et salutaire. || Un doux sommeil, un sommeil tranquille. || 3* Oui n'a rien de difficile, de fatigant. Un escalier iloux. Pente douce. || Voilure douce, voiture qui. bien sus|H!ndne, ne secoue pas ceux qui sont dedans. || Pluie douce, pluie menue, qui n'est pas fiiMile, avec un temps caime. Il Lime douce, lime dont les 'spéniés sont fines et peu saill.intes. || Vue douce, vue où il y a d'agréables repos, tels que des prés, de petits bois, etc. Il Terme de peinture. L'efiel d'un tableau est doux, quand il présente une juste gradation des clairs aux ombres, des couleurs brillantes aux couleurs graves. Doux en ce sens s'oppose à dur. || Purgation ilouce, purgatif doux, purgation, purgatif qui agit sans tranchées. Il Chnleur douce, chaleur modérée. || Keu doux, feu qui, dans les npérntionsde cuisson, n'est pas poussé vivement. || Il se dit de certains mélaux purs et peu cassants. Cuivre doux. Le 1er doux, par opposition au fer aigre qui est cassant || Terme da gravure. Se dit d'un métal que le burin coupe aisément et nettement. || (iravuie en taille-douce, ou, simplement, taille-douce, gravure qui se fait avec le burin ou l'eau-forte sur des [ilanches de cuivre; l'art de faire celle gravure. Il laîlle-ilouce, voy. taille. Il 4" Terme de grammaire. Les consoiiiies douces sont b, g el d. p.ir upposnion aui consonnes fortes qui sont p, k, t. \\ ferme de grammaire grecque. Esprit doux, signe en forme île virgule, qui se met sur les voyelles initiales qui ne doivent pas être aspirées: il se met aussi sur le premier de deux p qui se suivent : p^. || B* Kig. Qui fait sur l'esprit ou le cœur une impression comparée à celle que font le miel et le sucre sur le goiH. 11 est doux de vivre en liberté. Vous dire, sans que tant da personnes l'entendent, ce que je sens pour vous, combien votre absence m'est insupportable el voire mémoire m'est douce, VOIT. Leil. «a. Agréable colère! Digne ressentiment à ma douleur bien doux I corn. Cid,l, ». L'exempleest la plusilouce et la plu* forte loi, ID. /mil. 11, 3. I Les religieux) Parlent peu. dorment peu, se lèvent du malin. Prolon;;enl l'oraison, prolongent la lecture. Et sous ces diirfs lois font une douce tin, iD.t'b i,25. [devoirs] .... que vous êie>doux à mon cœur amoureux, id. Voly u, 4. Les plus doux de mes voeux enfin sont exaucés. ID. Rodog. iv, 2. Et ces grands cieurs, enflés du bruit de leurs combats, Souvera ns dans l'armée et parmi leurs soldais. Font du commandement une douce habitude, id Nicom. II, I. Porte, porte ce cœur à de plus douces chaînes, ID. tb. V, I. Tout ce qui nait de doux en l'amoureux empire, la funt, Adoms. Cet espoir est bien doux à des cœurs offensés, mol. Don Juan, m, 6. C'est ainsi qu'une femme en doux amusements Sait du temps qui s'envole employer les moments, BOIL. Sat. X. Vous trouverez ailleurs des entretiens plus doux, RAC. Théb. v, 3. Un bonheur si commun n'a pour moi rien de doux, iD. ib. v, 4. El tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux Ue mourir avec lui, que de vivre avec vous, m. Aiidr. iv, a. J'y consens; porte-lui cette douce nouvelle, id. fini. II, 2. Ce port majestueux, celle douce pré.sence.... ID. Bérén. i, 5. C'e.^t une vengeance douce à Cilui qui aime beaucoup de faire, par tout son procédé, d'une personne ingrate une tn's-ingrate, la bhuï. IV. S'il est doux et naturel de faire du mal à ce que l'on hait, l'est-il moins de faire du bien à ce que l'on aime? id. tb. ô doux espoir à mon cœur éperdu, VOLT. All.n, 3. Doux bocage, adieu; je succombe. Tu m'avertis de mon destin; De ma mort la feuille qui tombe Est le présage trop certain, uillevote, la Chute des feuilles. Soleil si doux au déclin de l'automne. Arbres jaunis, je viens vous voir encor, bérang. Ad. à la camp. Le 23, le quartier impérial était à Borowsk; celle nuit fut douce pour l'empereur [qui se crut maître de la route de sa retraite hors de Moscou], SÉCUR, llist. de Nap. ix, 21. lia [les clairons] parlaient un langage Connu de mon oreil'i et doux à mon courage, delav. Paria, i, I. Il Faire les doux yeux, ou les yeux doux, chercher à plaire. Ne fais point les doux yeux; je veux èlre fâché, MOL. Je Dép. iv, 4. À Colin toujours alerte. Ne faiies pai les yeux doux, bërang. Hère aveugle. Il Faire les doux yeux à une femme, ciiercher à gagner ses bonnes grâces Il Billet doux, billet d'amour, de galanterie. || Les doux propos, paroles de galanterie, d'amour. || Familièrement. Entre doux el hagard, c'est-à-dire moitié rude et moitié doux; el aussi ^ ni bien ni mal, ou encore avec un mécontentement masqué sous une apparence de douceur. Comment l'a-t-il reçut entre doux et hagard. || 6" Qui n'a rien de pénible, de rigoureux, de cruel. Une morale douce. Une douce raillerie. Le service est fort doux
DOIJ
DOU
dans cette maison. I,e supplice est trop doux, Et sans les voir d'un œil trop tévi^re ou trop doux, cobn.
Cid, I, I Soit que l'issue en soit douce ou fu-
liesle, ID. Pomp. m, t. Je n'ai donc pas besoin d'un visage plus doux, ID. Nicom. i, 2. Que Itome a des conseds plus justes et plus doux, m. tii v. 5. La remonlrancp e^t douce, oliligeanle, civile, iD. Toi». d'or, I, t. Durant tout ce temp'! et dans les tourments iiwuis de sa dernière maladie où ses maux s'augmentèrent jusqu'aux derniers excès, elle n'a eu à se repentir (|ue d'avoir une s«ule fols souhnité une mort plus douce, Boss. Anne de Conx. Enfin, tout ce qu'amour a de nœuds plus puissants, Doux reproches, transports sans cesse renaissants, hac. llérin. 11, 1. Seigneur, de mes malheurs ce sont là les plus doux, ID. Uiihr. i, 3. Il ne faut jamais hasarder la plaisanterie, mùme la plus douce et la plus permise, qu'avec des gens polis ou qui ont de l'esprit, LABRUY.v Dans la Lithuanie plus anciennement réunie, où une administration douce, des faveurs habilement ilistribiiées et une plus longue habitude avaient fait oublier l'indépendance, segir, llitt. de Napol. viii, I. Il 7' Oui a de la bénignité, de l'indulgence, de l'humanité. Un hominedoux. Des mœurs ilouces. .... En ce grand bruit le sort nous est si doux Oue nous n'avons encor rien à craindre pour vous, corn. Iléracl. Il, i. Qu'il [le ciel) vous soit aussi doux que vous m'êtes barbare, roth Aniig. v, 9. Madame fut douce envers la mort, comme elle l'était envers tout le monde, BOSS. Duch. d'Url. Le secours De quelque dieu plus doux qui veille sur ses jours, rac. tphig. I, S. Dieux plus doux, vous n'avez demandé que m.i vie, id. t6. v, t. Hé! qui jamais du ciel eut des regards plus doux? id. Eslh. ii, ). Les dieux me seraient-ils plus douxî volt. Œdipe, i, t. Héros terrible et doux à tous tes ennemis, lo. Triutnv. m, 7. Vous qu'un astre plus doux semblait avoir formée, id. Adélaïde, i, 2. Rendez-vous, je vous prie, un peu plus doux à vivre, boissy. Sa je ^(oi^rdi, n. 6. Il Doux comme un agneau, se dit d'une personne qui est pleine de bonté, de docilité. Avec Destin seul il était doux comme un agneau, scar- BoN, Rom. corn, i, &. |{ On dit dans le même sens doux comme une fille, et même, avec quelque liberté dans le langage, doux comme une pucelle. Votre pptit Allemand paraît extrêmement adroit au bon abbé; il est beau comme un ange, et doux et bonnéte comme une pucelle, sêv. Leit. 7 oct. (676. Philosophe comme Spiiiosa, doux comme une lîlle, VOLT. LeIt. d'Argental, 2i déc. (771. || 8- En parlant des animaux, qui n'est pas méchant. Un cheval doux. Ce chien est doux. Ni loups ni renards n'épiaient La douce et l'innocente proie, la font. Fabl. vn, (. Il 9* Uoux-amer s'est dit de ce qui a à la fois quelque chose de doux et quelque chose d'amer. Une satire, où d'un œd doux-amer. Tout le monde s'y voit. BR&NiER, Sat., xii. || 10" Doux, adv. Doucement. Vos paroles .... Résonnent doux à nos oreilles, id. Uac. On va mieux quand on va doux, la FONT. Cord. li Familièrement. Filer doux, demeurer dans la soumission; ne rien répliquera une injonction, aune réprimande. Monsieur, n'est-il pas temps? Et moi de fi er doux, régnieb, Sat. xi. Il fut contraint de filer doux, scarr. Uom. cotn. ii, *. Ce moi qui le seul moi veut être. Ce moi qui m'a fait filer doux, MOL. Amph. ii, t. En vain tu files doux, id. ib. II, 3. Il II a avalé cela doux comme lait, se dit de celui qui ne s'est point ressenti d'un alTront qu'on lui a fait; et aussi d'une personne acceptant avec satisfaction les louanges qui lui sont données; et, finalement, d'un homme simple à qui l'on fait croire ce qu'on veut. || 11* Tout doux, loc. inlerj. familière, dont on se sert pour retenir quelqu'un qui s'emporte, qui l'oublie. Tout doux : et, s'il est vrai que ce soit chose faite. Voulez-vous l'approuver, cette chaîne secrète? hol. It Dép. m, s. Mon Dieul tout doux; vous allez d'abord aux invectives; est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter? id. Hal. imag. i, 6. J'ai vu, dit-il, un chou plus grand qu'une maison; Et moi, dit l'autre, un pot aussi grand qu'une église. Le premier se moquant, l'autre reprit: 'lout doux; On le fit pour cuire vos choux, la font. Fabl. ix,*.\\ 12*S. m. Ce qui est doux. Passer dij grave au doux, du plaisant au sévère, boil. .<lrl p. i. C'était la force et la sévérité qui sortait du doux et du clément, mass. Or. (un. Dauph. li (le rossignol| saute du grave i l'aigu, du duux au fort, chatkalb. Oéme, l, v, &. Il Familièrement. Faire le duux, la douce, aiïecter une fausse douceur. || X la douce, cri des rues de i'aris annonçant des cerises douces à vendre. || l'opulai renient. A la douce, tout doucement, ni bien ' m mai. Couimeut trous portez- vous? — À la douce. |
Il Proverbes. Les douces paroles n'écorchent point la bouche, se dit pour reprocher à quelqu'un de ne s'être pas exprimé avec la douc<Jur convenable. || Ce qui est amer à la bouche est doux au cœur, se dit pour inviter les gens à prendre une médecine désagréable; et, figurément, se soumettre à quelque chose qui déplaît.
— IllST. XI' s. Li empereres Charles de France dulce, Ch.de Roi. ii. Terre de Fiance, moût estes dulz pals, i6. cxxxviii. Is.scnt de mer, viennent as ewes dulces, t6. CLXxxvii. || lu* s. Et vers Franzols fu doux et souploiant, ib. p. 3ft. Beaus duuz amis, de moi aiez piiié, ib. p. *^. Moult m'a amors atornée Douce paine et biau labor. Coud, 1. Tuit mi penser sont à ma douce amie, ib. II. Et se je Iruis jtrouve] ma dame o le douz nom l'ieine d'orgueil et dame sans guerdon.... ib. Se j'en travail [souffre], je n'en sal qui blasmer. Fors ses douz ieus et son simple viaire, t6. LasI pourquoi l'ai de mes ieuz regardée, La douce rien qui fausse amie a nom? ib. VI. Quant li estes et la douce saisons Font feuille et flor et les prés raverdir, ib. xiii. La douce voiz du loussignol I rossignol] sauvage, ib. XIX. Quant je recort la simple courtoisie Et les douz mots dont [elle] seut [a coutume] à moi parler, t'ii. xxii. Le martir saint Denis, qui [cui, à qui] dulce France apent. Th. le mari. t*». Ez jvoici] une espie qui vint de Franco douce. Que envola dans Imbers de Peronne, Raoul deC. ïï». || xiii's. Segnor et dam''s, ce est la boene feste que nos faison hui; ce est la feste del doue saint Esperit que Diex envola à ses aposteles, Serm. de Maurice de Sully , tlinsArch. des miss, icientifiques, t. v, p. t5». Cooins sont de diverses manières : si com doue et aigre; li doue sontfroit et sec, albrant, f* S3. Qu'il ne menguce mie viande faite de miel ne nul doue fruit vert, id. f* 22. À l'issue d'avril un temps dous et joli , Berte, i. Onque si douce chose [queBerteJ ne vi ne n'aeointai, ib. Lvii. Biaus très dous fils, fait-elle, comment osas penser....tb. III. Lassel mais ne verrai ma douce chère mère, i6. xviii. Li srcons biens est Dous- Parlers, Qui a fait à mains bachelers Et à maintes dames secors, la Rose, 288J. Et l'autre plaignoit son douch cuer: Jamais nus [nul] nen ert de tel fuer [qualité] , Lai d'Ignaurès. || xiv* s. A son douch regard étal vis [visage], J. de cordet, p. t07. ||xv' s. Douce parole fraint grant ire, fhoiss. Poésies mss. p. 374, dans LACURNE. Le comte, qui esti toutes dames et damoiselles doux et amoureux, en ot pitié, iD. H, m, 44. Chez cest avocat d'eau douce. Patelin. Le porter doulz [supporter patiemment], Perceforest, t. IV, f* 85. Il XVI' s. Les fleuves doux, et les undes sallées, marot, u, 5». Une pente doulce et insensible, mont, i, 82. Des routes gazonnées et doux fleurantes, ID. i, (76. Un naturel doulx et traictable, iD. i, )95. Vie doulce et aysée, id. i, 2<8. Je fais plus volontiers les doulx yeulx au ciel pour le remercier que pour le requérir, id. iv, 67. Elle cuida lui avoir fait avaler sa colère aussi douce que sucre, desper. Contes, cxivii. Le barbare estant homme cauit et malicieux, parlant tout doulx, le reconfortoit, amyot, Crass. 42. Il avoit naturellement le visage fort doulx et fort beau, id. Eumènes, 2t. Grattant tout doulx le sanglier hérissé, id. Comment refren. la colère, 37. Le second soir, la mer estant plus douce, l'escarmouche fut plus chaude et de plus près, d'aub. Ilist. n, 86. Douce est la mort qui vient subite et brève, bons. 8. En grandeur douce fiere. Poésies de Lovs le caron, .•22, dans LACURNE. Doulx grave [doucement grave], cotgrave. Doux inhumain [doucement inhumain], NICOT, Dict. Dardant au ciel sa douce amere peine, JACQUES tahurf.au. Poésies, f" t7», dans lacurne. La doux bruyante harpe, baîf, CF.uvres, f" 32,
dans LACURNE.
— ÉTYM. l'rovenç. dolx, dos, dous; catal. dois; espagn. dulce; portug. doce; ital. dolce; du latin du(ris, doux.
f DOCX-AGNEL (dou-za-gnèl) ou DODX-X-L'A- GNEAU (dou-za-la-gnô), ». m. Variété de pomme à cidre, du Bocage, du Cotentin , etc.
t DOirX-AUX- GUÊPES (dou - zô - ghê - p*) , t. m. Variété de pomme à cidre.
I DOUX- BALLON (dou-ba-lon) , ». m. Variété de pomme à cidre.
■f l)OUX-VERT(dou-ver), ». w. Variété de pomme.
I DOUZAIN (dou-zin),». m. || 1* Petite monnaiede la valeurde 12 deniers, autrement un sou. Il aime fort le douzain, pour dire il aime l'argent, ^rail. édit. de 16911. Ce n'était qu'un maraud, mais il a fait fortune: Puisqu'il a du douzain, il est démaraiidl, tb. corn, la Comtesse d'orgueil, I, 3. || Inusité pré^ lentement. || 2* tSom, dans certaines provinces, d'un i
cadeau de noces que la mariée reçoit de sa famlll* ou de celle de son mari, et qui consiste en douzaines de certains objets. || 8* Petite pièce composée de douze vers. || i* Un douzain de cartes, un double sixain.
— HIST. ziii* t. Un dosin d'avaine [une certaine mesure], ou cange, dosinui.
— f.TYM Douie.
DOUZAINE (dou-zê-n'), ». f. eolleetif. || !• Douze objets de même nature. Une douzaine d'œufs. Trois douzaines de serviettes. || Demi-douzaine, la moitié d'une douzaine. J'aurais donné une demi-dou/aine de nos demoiselles pour elle, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, <& déc. *7I6. |{ Familièrement, k la douzaine, se dit, par dénigrement, de quelqu'un ou de quelque chose de fort ordinaire. L'on te fera la moue, et, pour fruit de ta peine. Ce n'est, ce dira-t-on, qu'tn poète & la douzaine, bégnier, Sat. IV. Hé I finis.sez, rimeur k la douzaine; Vos abrégés .tout longs au dernier point, ;. b. bouss. Ép. u, ». Il II ne s'en trouve pas treize i la douzaine, ou il n'y en a pas treize à la douzaine, se dit de quelque chose qui ne se rencontre pas communément. || i° Quantité indéterminée, mais se rapprochant de douze. Us n'ét lient guère qu'une douzaine de personnes. Oa sont une douzaine de petites Iles, depuis trois jusqu'à huit lieues de circonférence, baynal, llitt. phil. XIV, 3t. Il 3* Ancien nom d'une sorte de drap. Draps du pays d'Angleterre, appelés douzaine, de la valeur de huit livres l'aune, Tarif du ta avril
— HIST. xiii* 8. X bone estraine Hengié en a une dozaine. Tant que tôt ot le ventre plain, Hen. 3S88. Se je ro'esmai [me tourmente] , je n'en puis mais; Qu'or n'ai ne dousaine ne fais. En ma meson, De busche por ceste seson, buteb. t8. || xiv* s. Que li prevost de Paris soit tenu par son serment à visiter le portement de la douzaine [les douze sergents du chastelet de Paris] chacun mois, et punir ceux qui mal se porteront, Ordojin. des rois de t'r. t. l, p. 742. Et les terres qui sient au dessus du dit clos, qui contiennent trois dozaines de terre [mesure de terre qui exige un douzain de semence], du cange, doienum. |{ xv* s. Un mauvais cœur en décourage deux douzaines de bons, froiss. u, m, t9. |{ xvi's. Un avocat en parlement, qui estoit bien au compte de la douzaine [du commun], sesper. Contes, xix. Chrysippus disoit qu'un philosophe fera une douzaine deculebuttesen public, voire sanshaultde chausses, pour une douzaine d'olives, mont, ii, 34». Tels sont si clair-semez, qu'il seroit bien difficile d'en trouver quinze à la douzaine, froomenteau. Finance», m, livre, p. 437.
— ETYM. Douxe; bourguig. dôiaine; provenç. dotzena; catal. dotsena; espagn. docena; portug. duiia; ital. duiiina.
DOUZE (douz'), adj. numéral invariable. || 1* Dix et deux. Douze francs. Les douze apôtres. Six multiplié par deux fait douze. Dans les derniers moments où il ne connaissait plus aucun de ceux qui étaient autour de son lit, quelqu'un, pour faire une expérience philosophique, s'avisa de lui demander quel était le carré de douze ; il répondit dans l'instant et apparemment sans savoir qu'il répondait, cent quarante-quatre, fonten. Lagny. || Absolument. Les douze, les douze apôtres. Alors l'un des. douze, appelé Judas Lscariote, s'en alla trouver le prince des prêtres. || Le comité des douze, conseil composé ie douze personnes, durant la Révolution. Il En artille.-ie, une pièce de douze, une pièce dont le boulet pèse douze livres. || %• Douzi'me. Page douze. Chapitre douze. Le numéro douze. Louis douze le père du peuple. || Douze pour douzième s'écrit le plus souvent en chiffres arabes ou romains : le numéro I2, Louis XII, le <2 du mois. Il 3* 5. m. Le nombre douze. Le produit de douze multiplié par cinq, jj Au loto et ailleurs, le numéro douze. Ces douze sont peu marqués. || Le douze, le douzième jour. Le douze du mois, le douze de la malailie. || 4* Un in-douze ou, comme on l'écrit d'ordinaire, un in-t3, un livre dont chaque feuille forme douze feuillets ou vingt-quatre pages. || Au plur. Des in-douze ou des inl 2. || 6* Terme de musique. Douze-quatre, douze-huit, (louze-seize, noms de trois espèces de mesures à quatre temps, où chacun comprend trois noires, ou trois croches, ou trois doubles croches, et qui s'écrivent Y> V< H- Ces dénominations sont peu usitées, parce que la division de chaque temps en deux parties est plus habituelle que la division en trois; mais les noms sont quelquefois nécessaires. || 8* Je vous dis et vous douze, espèce de rébus ou de calemhourg trivial, jouant sur dis ou dix et douze et siguiQaut : je voua