‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 453 sur 638 · SAI · texte numérisé non relu

SAI

f SABIR (sa-bir), s. m. Nom donné, dans le Levant et en Algérie, à ce qu'on nomme aussi langue franque, c'esl-à-dire à un jargon mèlo d'italien, d'espagnol ei à l'usage des francs. Quand on achetait quelque chose dans une boutique, le marchand ne voulait parler ni rrani;ais ni sabir : Tu sais 1 arabe, disait-il, puisque tu es juif, Joum. o/'/ic. 2S-avril IS7&, p. 3982, 1" col. L'entretien devenait diflicile ; mais, voyant que je ne le comprenais pas, il me baragouina dans un français sabir et avec un accent que je renonce à te décrire : Pavera eccellema Barbassou-Pacha!...finilo... morlo. uahio uchard, Revue des Deux-Uondes, ("août is76, p. 5i6.

— ETVSI. Sabir est le verbe loroir; et, comme à beaucoup de questions les Levantins et Algériens répondaient mi no sabir (je ne sais pas), on en a fait la langue sabir. Le mot sabir, savoir, est déjà dans Molière : Se ti sabir, Ti responJir; Se non tabir, Tazir, tazir, Bourg, gentilh. iv, lu.

t SABL.\GE (sa-bla-j'), s. m. Action de sabler. Sablage des rues [à Lyon pour une réception de l'empereur]. Opinion nationale, 4 2 mai (s"6, S' page, ♦• col.

S.\BLE. Il 4* Ajoutez : Dans chacune de nos cellules nous avons placé une tète de mort et un sable pour les objets de notre contemplation, le- TODR.SEDR, Trad. de Clarisse Harlowe, lettre ccclxi, ou t. vm, p. 266, Genève, t785.

SABLER. Ajoutez : — REM. M. Roche, de Marseille, m'écrit: «Sabler le Champagne, c'est le boire d'une manière particulière que l'on pratiquait fort au siècle dernier, si j'en crois les souvenirs que rapportent quelques personnes : elle consistait à prendre un verre, celui qu'on désigne sous le nom de flûte, à y souffler dedans de manière à recouvrir la surface interne d'une légère buée, à saupoudrer ensuite avec du sucre hnement pulvérisé : une portion restait adhérente aux parois; dès lors, l'excès de sucre rejeté, c'était dans cette gaine de sable que l'on versait le Champagne, qui se résout alors complètement en mousse. En donnant cette origine à la locution, on reconnaît le fait démontré du dégagement gazeux facilité dans une dissolution par l'introduction d'un corps rugueux et, à fortiori, par une matière pulvérulente. On comprend également que, par transition, on ait pu attribuer à cette locution le sens généralement admis : on ne sablait le Champagne que pour le rendre plus mousseux; de là la nécessité de le boire vite et d'un trait. - En fait de locution, la moindre tradition vaut mieux que la plus belle conjecture. Je pense donc qu'on peut accepter l'sxplication fournie par M. Roche.

SABLIER. Ajoutez : || 4* Sur la Seine, ouvrier qui, à l'aide d'une drague 4 la main, extrait le sable du fond de la rivière, Rev. des Deux Mondes, )"nov. (867, p. 183. Il 5* Portion do la machine à papier destinée à arrêter les sables et autres matières lourdes contenues dans la pâle à papier.

SABOT. Ajoutez: || 18' Sabots à collet, par opposition à sabots découverts et à brides, les sabots de paysan qui recouvrent le cou-de-pied et qu'on porte sans brides. || 19* Poche à sabot, poche ouvrant en dehors et en haut, formée d'un carré long d'étoffe cousu par le fond et les deux côtés montants, par comparaison au sabot renversé, qu'on suspend dans les cheminées pour y placer des allumettes, etc. Tablier de ménage avec poches à sabot.

SABOTER. Ajoutez : || 6* Faire des sabots. La saboterie a pris plus d'ixtensio» depuis quelque temps, par suite de l'emploi des machines à saboter qui fabriquent plus vite et mieux que les ou- \riers ordinaires, nahobette. Exploit, débit et esliiii. dei bois, Nancy, (868, p. luo.

I SABOTERIE (sâ-bo-le-rie), t. f. Fabrique de sabots. Les autres établissements industriels du département (de la Haule-Vlenne) sont de trèsiroportanies librairies,... des ganteries, des cordonneries, des saboteries, J. vebne. Géographie de la France, p. 724.

SABOTIER. Ajoutez : || 3* Sobriquet donné aux solitaires de Port-Koyal. Ils [les capucins et les

jésuitesl appelaient ces messieurs sabotiers, prétendant qu ils faisaient des sabots et des souliers, STE-BEUVK, l'ort-Hoijal, 3' éd. t. i, p. 500.

t S.ABOTI.NE (sa-bo-ti-n'), s. f. Sorte de sabots légers, Vescript. des brcuefs, (~ série, (839, t. XLVU, p. 2U8.

S.\C. Il 10* Ajoutez : Il Grandir sous le sac, grandir encore quand on est au régiment. L'on peut dire du capital en voie de formation qui est frappé par l'impôt, ce qu'on dit du soldat trop jeune : iMalbeur à celui qui grandit sous le sac! Journ. olfic. )2 janv. (872, p. 252,1" col. || 30° Mouture au petit sac, meunier au petit sac. mouture, meunier qui produisent la farine pour la rendre àcelui qui a fourni le grain, et non pour la vendre. Le sieur M...., présent en personne, a prétendu qu'il n'était pas commerçant, mais seulement meunier au petit sac...; que M.... était meunier au petit sac et qu'il n'a jamais fait le commerce, Gaz. des Trib. 29 mai 4874, p. 511, C" col. OueM..., en dehors des moutures au petit sac, achetait des blés pour les convertir en farine et les vendre, ib. || 31" Sac à la malice, la poche que les prestidigitateurs ont devant eux, et, par e.\tension, tout sac ou coflre ou tiroir contenant des instruments ou objets qui opèrent quelque chose qui attire l'attention.

— ETYM. Ajoutez : Dans la Charente, on dit sache. Gaz. des Trib. ti mars 1877, p. 251, 4' col.

t SACCHAROSE (sak-ka-rô-z'), s. f. Terme de chimie. Nom générique des sucres. L'action spéciale des cellules de la racine n'a qu'à faire passer [la glycosej à l'état de sucre de canne ou saccharose, BLANCHARD, Journ. o/'/ic. 23 déc. 1 875, p.) 0687,2' col.

S.\CERDOCE. Ajoutez : — UEM. Le sacerdoce est proprement le privilège, possédé par une caste ou par certains individus, en vertu duquel ils peuvent seuls procurer à l'homme l'accès auprès de la divinité et l'obtention de ses faveurs. C'est aussi le ministère de ceux qui avaient le pouvoir d'ofl'rir des victimes à Dieu chez les Juifs. || C'est encore le ministère de ceux qui, dans le polythéisme, avaient charge d'oflrir les sacrifices aux dieux. Il Enfin, chez les catholiques, c'est le ministère des prêtres qui ont le pouvoir surnaturel d'absoudre, et d'opérer la transsubstantiation eucharistique. En ce sens précis, sacerdoce ne peut se dire des ministres protestants; aussi ne les appelle-t-on pas prêtres.

t SACERDOTALISJIE (sa-sèr-do-ta-li-sm'), s. m. Esprit et influence des sacerdoces, et aussi des prêtres. Pourquoi le vieux mosaisme, très-peu sacerdotal, devient, dans les cinq siècles qui précèdent notre ère, tout imprégné de sacerdotalisme, RÉVILLE, Rev. des Deux-Idond.i" mars, (872, p. (27.

t SACO.ME (sa-ko-m'), s. m. Terme d'architecture. Moulure en saillie.

— ETYM. Ital. sacoma, sorte de marbre.

SACRÉ. Il 10" Ajoutez : Vous boirez quelquefois

le sacré chien tout pur pour noyer le chagrin, tel. du P. Duchéjie, t" lettre, p. 2.

t SACRIFIANT (sa-kri-fi-an), s. m. Celui qui offre un sacrifice, malh. Lexique, éd. L. Lalannc.

SACRIFICE.— Hisr. Ajoutez :xu° s. Li clers fu nés d'Egypte; bon ne sot plus de sort [homme ne sut plus de divination], Et es responsas dex [dieux] se fioitilmull fort. Le sacrelixe a fait lés le temple en un ort (jardin], li Romans d'Alix, p. 4(4.

t SACRIFICULE {sa-kri-fi-ku-l'), s. m. Néologisme du XVI' siècle. Petit sacrifice.

— HlST. XVI* s. Toutes nos messes, sacrifices et sacrificules, K. de ste-aldegonde, Œuvres, éd. (^uinet, t. IV, p. 39.

— f.TYM. Lat. sacrificulus, prêtre subalterne (voy. sacrifier).

SACRISTIE. Ajoutez : \\ 6* Fig. Être de la" sacristie, appartenir à un petit groupe restreint de curieux, d amateurs. Je l'avoue, tout en appartenant au temple, je ne suis pas de la sacristie, et je me permets, à mes risques et périls, et sous ma responsabilité personnelle, une opinion indépendante |il s'agit du culte delà curiosité, en fait de gravures], H. lavoix, Journ. offic. (O avril (874,

\ SAFFIAN (sa-fian), s. m. Nom arabe du maro-

quin. Ce cuir de chèvre si bien travaillé, qui porte, dans le pays d'Asafi (royaume de Maroc), le nom de saffian eu maroquin..., Journ. of^. 24jaiiv. (876, p. 717, ("col. Dès le temps de François!", et grâce à l'impulsion du surintendant Jean Grollier, on commença à couvrir en saflian les productions plus légères de la littérature courante, ib. 2' col.

— EtYM. Asafi, nom de la contrée marocaine oii on le fabrique.

t S.\FRANL'.>I. Ajoutez.: Le carmin de safranum ou extrait de carthame a été assimilé par une décision fort ancienne au kermès animal en poudre... l'extrait de carthame se présente tantôt à l'étal solide, tantôt à l'état de pâte plus ou moins liquide : on le désigne, dans le premier cas, sous le nom de carthaminc ou acide carthamique, et dans le second, sous la dénomination de carmin de safranum. Lettre commune des Douanes, 8 oct. (876, n° 325.

2. SAFRE. Ajoutez : — HlST. xvf s. Le saphyr est une eau bien pure; mais, parce qu'elle a passé par quelque minière de saphyr, elle tient un peu de la couleur et teinture dudit s;iphre, B. ce

PALISSÏ, 52.

f 3. SAFRE (sa-fr'), s. m. Nom, en Provence, d'une argile limoneuse durcie etagij'utinée, qu'on retrouve en amas isolés dans tous les terrains occupés à diverses époque^ par le cours de la Durance ; celte matière, qu'on extrait en gros fragments, fournit, en àe délitant à l'air, une terre fertile.

t SAFRERIE (sa-fre-rie), s. f. Terme populaire. Avidité à manger. C'est l'avarice, l'orgueil, la safrerie et l'ambition dévorantQsde toutes les bêtes en soutane, Lelt. du P. Duchêne, 287* lettre, p. 5.

— EtVM. Safre (.

t S.'iGARD (sa-gar), s. m. Terme forestier. Ouvrier logé dans une scierie forestière pour débiter le bois en planches ou en autres produits sciés pour le compte d'un adjudicataire ou d'un propriétaire. || On le trouve écrit aussi sçagard. Le bruit de cette petite cascade et l'odeur du sapin TO^Îralche coupe annoncent à quelque distance l'approche de la scierie; un sçagard l'habite seul avec sa famille et la met en œuvre, broillard, Rev. des Deux Mond. (5 avr. (876, p. BI9.

— ETYM. Dérivé de l'anc. ail. sojdn, aujourd'hui sàgen, scier.

S.\GE. Ajoutez : — REM. On a reproché au Dictionnaire de n'avoir pasenrégistré la locution faire que sage, et le vers de La Fontaine qui la contient, Fables, v, 2. Mais la locution n'est pas particulière à sage, et on dit également faire que fou. La place en est donc non pas à sage, mais a que I, n" 4.

SAGESSE. Ajoutez : \\ 11" Arbre de la sagesse, le bouleau blanc, belula alba, L., bâillon, Ciel, de bot. p. 248.

t SAGINE (sa-ji-n'), s. f. Genre de plantes qui passe pour donner de l'embonpoint aux moutons.

— KTYM. Lat. sagina, graisse.

t SAUARIEX, lEX.VE (sa-a-riin, riè-n'), adj. Qui appartient au désert du Sahara. Les tribus sahariennes.

i SAÏGA. Ajoutez: Couvertures de voyage, garnies tout autour d'une fourrure naturelle de uiarmolte ou de saïga, Journ. offic. 2 décembre (876, p. 8944, 3* col.

SAILLIE. — llisr. XIII* s. Ajoutez : Que li estaus Rose la tripière, qui est desous la saillie de sa maison... ((289), vahin, Arch. adm. de la ville de Reims, t. i, 2* part. p. (04).

SAINT. Il Proverbes. Ajoute* : || La fête passée, adieu le saint.

t SAlNT-BARTHÉLEMY, s. f. Voy. Barthélémy (saint-) au Dictionnaire.

SAINT-ELME (sin-tèl-m'), voy. elmk (saint-).

t SAINT-I'ERAY(sin-pè-ré), s. m. Nom d'un vin renommé du département de l'Ardèclie. Le saintperay mousseux est le premier vin du pays... M. Faure eut l'idée de champaniser le saint-peray, qui supporta parfaitement l'épreuve et qui rivalise, depuis lors, avec la Champagne luimême, p. BONNAUD, Rev. liritan. nov. (874, p. 5(1,

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