ALI
Il est roninrijUiible qin; le mot un se nrrsmite jniiiiiis que précédé du titre de iiKtkrc :
«Si je fusse roi ou rojjciit
Ou un y;ranl maislre Alihoron,
Chacun ostàt son cliaiicion. i
( Mir. de Saintp-Gouev. )
«Lui-mesme (M. de Biron), en j;i);;uen;u(lant, il disoit (|ii'ii esloit un maitilre AUhoriim (ju'on eniplovoit à tout iaire. » (Brantôme, lies des aimt. fmiiçA — «Sur ce noint nous dé[)eschasnies ce maistre Alilorum du Fay, justement trompeur et trompé. :> (D'Aulnjjné, Confess.) — n Qu'il vienne de là des monts quelque messer qui se vante d'cslre un luaiîitre Altboion en tout et jjuérir de toutes maladies. » (Poissenot.) — «Les ditz de muislre Aliborum qui de tout se meslc. w (Titre d'un livre cité par Lacurne '.)
Sans aucun doute, maître Ahlioron désijjne un savant, un docteur, un habile homme; puis rappcllution prend une teinte d'ironie, et un beau jour, sous la plume de La Fontaine, maître Aliboron devient maître Baudet en personne. Or, cet Aliboron ne serait-il pas un docte personnage, dont le nom aurait acquis la valeur d'un terme générique, comme Arlaban, Palliolin, Harpagon? Mais quel sera ce personnage-? Fst-ce le diable, comme il est dit dans le procès de Gilles de Retz, cité par Du Cange: «Audivit ab codem domino. , . . talia verba : IlJ'era rcnir maistre Ahborum, intelligendo diabolum per illud vocabulum, Aliborum. »
Non, ce n'est pas le diable, mais un de ses afTidés, si l'on veut, un de ses disciples, le savant arabe Al-Birouni, mathématicien, astronome, géographe, ntrès-estimé, dit D'Herbelot', non -seulement pour son habileté dans les sciences spéculatives, mais encore dans les pratiques, comme la magie naturelle, astrologie judiciaire, art des talismans, etc.?) Al-Birouni, contemporain d'Avicennc, a joui d'une réputation immense au moyen âge dans les écoles arabes; son Ciinoiin a servi de base à prescpie toutes les cosmogra|)hies orientales. De plus, il a toujours passé pour un magicien (.'xcellent, et sa vie, d'après les biographes orientaux, est pleine de traits miraculeux. Fst-il bien surprenant que des juges de l'année i /i/io aient pris le nom d'un tel homme [)Our celui de l'Esprit malin? Lira qui voudra, pour éclaiicir ce doute, la dé|)Osition de François Prélat, le magicien de celte ellrovable allaire du maréchal de Retz. 11 se vante d'avoir étuilié à Florence la géomancie, l'alchimie, toutes les sciences occultes. Il prétend avoir soumis à ses ordres un démon nommé Barion (?). Est-il invraisemblable qu'il eût connaissance des œuvres