‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 584 sur 638 · AUF · texte numérisé non relu

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Perse : « On y a partout, en automne et en hiver, des auberrés, gros comme des poulets d'Inde, dont la chair est grise et aussi délicate que le faisan. Le plumage en est beau, les plumes longues, et sur la tête il a un bouquet comme un panache, n (Ed. Smith, Voi/aije en Perse, p. 219-) Le commandant Duhousset parle du même oiseau, sous le nom de lioubara : «Un boubara (petite outarde) fut notre première victime ^. »

Aubergine. L'aubergine est une plante originaire de l'Orient, ainsi que l'alleste Dominitjue Chabré qui, dans son Stirpium icoites (1 OtS), l'appelle ï\lelon<jenu Avahum et ajoute: «Melongenain Arabum codicibus primum celebrata fuit." Le nom arabe-persan ^J^^^ bâdiiiiijdn serait assez diflicile à reconnaître dans notre aubergine^ si nous n'avions connue points de repère l'espagnol berengena elle portugais bei-tugehi, briiigella^. On trouve aussi, avec l'article arabe, alberengena qui correspond à aubergine, comme berengena correspond aux autres formes françaises, me/wigène, mêlongène. Du Gange cite, dans le bas latin, ineningohts, melanp^ohis ; les Italiens ont melangolo et melanznna, dont le Gnzoph. Img. Pers. si[fnale déjà l'analogie de son avec yl^ilj bâdmdjnn. Quant à melongena, c'est du latin de botaniste.

On trouve encore, dans le français provincial, /)c7('/igèle, albergaine, olbergine et albergame. Rondelet, dans son admirable livre sur les Poissons ^, a donné le nom à'ulbergame de mer à une espèce d'holothurie de la Méditerranée, à cause de la ressemblance de ce mollusque avec le fruit de l'aubergine.

La diversité de tous ces mots, identiques au fond, se retrouve jusqu'à un certain point dans les noms orientaux de l'aubergine , arabes ou persans , yLtf'ilj , ylioiU , yL^-iU , yl5Jjb, slisAiLi, bâdindjân, bàdmgân, bâdddjân, pâtingân, pâlingâk. Chardin écrit bndinjan : «On a aussi, ce fruit qu'ils appellent badinjan, que nous appelons pomme d'amour^. )3 Le man. uni(|ue de Razi, de la Bibl. nat. , porte yljtf'iL bâdindjân; le célèbre médecin arabe .dit que ce fruit brûle le sang et fait naître des pustules dans la bouche, aàJI -yj^ pv>Jl (jj-a?, à moins qu'on ne le fasse cuire avec du vinaigre'-". L'aubergine n'a pas aujourd'hui une aussi détestable réputation.

Auffe. Espèce de jonc dont on se sert au Levant pour faire des cordages de navire, des nattes, des filets. G'est l'arabe iULa. halfa ou i-Lili^ li<i^fâ , que Freytag donne simjdement comme une plante aquatique, sans s'ex|)li(|uer davantage, mais (jui est le jonc dans le Dicl. d'Ellious Boclbor. M. Gherbonneaii '" donne aussi Ijalfa, jonc aqualicpie employé à faire des nattes: et M. Sanguinetti : *Ui^ arundo epigeios, ^iCo ioiL^ jonc odorant, roseau de la

' Ane. foiiilsar. di; la Bilil.iial. n" ii'ôH. Voy. fol. 20 rocio, li;;ne 5 : j^.j.» ÏjUiuu'l muùri 't-'idâJa, indicateur de l'alidade. Ailleurs le mot est sans j où.

' Voy. Clierbunneau (Dicl. ar.-fr.) qui écrit tarad.

' Comme si le mol venait du lalin ovtim, et, en eiïcl, dans un diclicmnaire e.sjKignol que j'ai sous les yeux, ovcru est ex|iliqué <tlu que es de culur de iMiPvo.n

» Uoi), tu», p. a 86.

^ Les chasses en Perse, dans le Tour du monde, a*sem. 186a, p. \\U.

' Ce mot est revenu en Orient, chez les Malais, sous la forme J'.^'jJ La'iniljàh.

' De fiscibn.i marmis hh. A I ///, m quibiu vivœ jjisciuiii iHiii^'i/ita rjjmsitw sunt. Ljon, i.55'i.

• loi/, en Perse, éd. Sinilli, p. aoii.

• .Slip. ar. 11° ioo5, p. '11 verso.

'" Dut. ur.-Jraiiç. et Dkt.frnnr.iir. .-iii mni jonc.

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