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Mecque (/oHni. asiat. nini 18G6, p. 3oo). En n'ali((', l'iiudc n'est pas un jonc, mais une plante de la famille des {jraniini^es, bien connue en Kspajjne sous le nom de c^parlo, sparte (^Stipa Icitiicissinin, de Linné). Ses feuilles, lonjjues et étroites, s'enroulent à mesure cpieiles mùri.vsent et deviennent cylindriques en séchant. Ceux (|ui ne l'ont vue qu'en cet étal ne peuvent manquer de la prendre pour un jonc'. On peut être surpris (pi'aucun de nos dictionnaires n'ait sifjnalé l'idcutilé de l'/idZ/a et du sparte-. L'iilpha ou alfa, qu'on exploite en Alj;érie et dont on fait du papier, est idi.nti(jue au sparte d'Espagne.
AcGE. Terme d'astrononn'e. Nom qu'on donnait autrefois à ce qu'on nomn^e aujourd'hui apsides, c'est-à-dire les points où une planète se trouve à sa plus grande ou à sa plus petite distance du soleil ■•. Esp. auge, ital. atige. De ^j\ aoiidj , sommet, point culminant, que les astronomes arabes emploient dans le même sens.
Admcsse. Provenç. almussa, esp. aJmucIo, portug. mnrçn, ital. mozzetla. On tire ce mot, très-ancien dans la langue française, de l'allemand iuiilze, bonnet, auquel se serait adjoint l'article arabe al. Je n'y saurais contredire. (Voy. Li'ttré, DIct.)
Avanie. L'élymologie de ce mot est diiricilo. Ellious Bocthor traduit «Cfl/oe par y'^, 'ssi'j* 'aivân/ait'iiina, expressions que je ne connais point en arabe. Le P. Ange de Saint-Joseph rend le même mot par ts;'^' et j'^! awûrï, awmn, qui manquent dans les dictionnaires^. D'autre part, M. Pihan donne pour ^tymologie ylyb liaivân, mépris, ce qui n'a d'autre base qu'une ressemblance de son, sans aucune concordance de sens: car le sens primitif d'avnnic est sans rapport avec l'idée de mépriser. 11 est facile de reconnaître que ce mot signifie simplement Irihui, amende, xommc à imijer, droit de passnge. L'idée que nous y attachons aujourd'hui est venue postérieurement, et tient sans doute à la façon vexatoire dont les avanies étaient perçues en Orient.
r. Les Chiodars du Chiaïa , dit Tournefort*, vinrent nous annoncer... que tous les passages de l'empire étaient ouverts pour nous; mais qu'assurément on nous auroit arrêtés sans la lettre du Beglierbey d'Erzeron, ou qu'au moins on nous auroit fait payer une grosse avanie, comme il arrive à tous ceux qui passent de Turquie en Perse. »
«Il n'y a pas de gens au monde, dit Chardin dans un passage que je crois devoir citer tout au long ^, plus aisés à tromper, et qui aient été plus trompés que les Turcs. Ils sont naturellement assez simples et assez épais, gens à qui on en fait aisément accroire. Aussi, les Chrétiens leur font sans cesse une infinité de friponneries et de méchants tours; on les trompe un temps, mais ils ouvrent les yeux; et alors ils frappent rudement et se payent de tout en une seule fois. On appelle ces amendes qu'ils font payer
AVA
avnnie.i; forme qu'on prétend tirer du nom â'arnni/ qui so donne en Perse aux courriers de la cour et qui veut dire «des gens qui prennent tout oc qu'ils trouvent n, parce qu'effectivement ces courriers prennent sur leur route deschevaux à toute sorte de gens, quand ils en ont besoin ou qu'ils en rencontrent do meilleurs que celui qu'ils montent, sans s'informer qui l'on est. . . Ces avanies no sont pas toujours des impositions injustes... Los Marseillais disent cpie ce sont les avanies qui ont ainsi afl'aijjli le commerce des Français au Levant; aussi en ont-ils payé pour des sommes immenses.»
Le P. Ange ^ dit aussi : Avnni jl^l pro angari, angaria : qiiando cursores régis Persia; equum viatorum vi armata manu exigunt. n II insinue que le mot persan est celui que les Grecs ont transcrit a.yya.çios (d'où àyya.psia, service des courriers, corvée, et plusieurs autnvs dérivés, dont une partie a passé tardivement en latin -. angaria, angarinre, etc. Y
J'ignore quel jxnit être ce mot persan que Chardin transcrit nranjj.
D'un autre côté, les chartes génoises dos xiv' et xv" siècles nous donnent avaria, nvena, avère dans le sens d'impôt, contribution, droit d'entrée*. Est-ce le même mot? On a vu que le P. Ange donne nwilrî h côli! de awmn.
Ces avariœ étaient particulièrement [)ayées pour réparer des pertes, ce qui suggère à l'esprit une assimilation avec notre avarie : ixAvariis seu damnis reparandis,» dit le G'/o.ss. de Du Cange. (Voy. ci-après Avarie.)
En résumé, avanie, porlug. avania, ital. avama, bas grec àËavia, correspond à un terme du Levant j'^I nwâni qui n'est pas dans les dictionnaires, et qui paraît se rattacher au vieux mot d'où est venu le latin angaria, corvée, aujourd'hui en italien angheria, contrainte, violence. L'assimilation est d'autant plus permise que, dans cette dernière langue, avaniare est synonyme de angheriare, surcharger d'impôts.
AvAniE. Esp. «?ww,portug. r7m?v(7, \\v\.avana. Malgréles diverses étymologies propos('es j)ar nrencmann, Adelung, Diez,Jal,ctc., M. Dozy n(' doute jtas que le mot ne soit d'origine arabe, introduit d'abord en italien par le connuc-rce, et passé de là aux autres langues européennes. Avaria viendrait de la racine jls '(7r qui signifie proprement éhorgner, mais qui, y\ la 2" forme aivouar, a aussi le sens de gàler, d'où j'^ a;iv7r, défaut, déchirure. Bocibor traduit avarie par c^^ J^T.. y\^ awiir lia,yd li-merheb, dommage qui arrive à un navire, et marchandises avariées par i^tUiu »j jjw bcdi'i'a mo'nwarn.
Pour établir avec quelque certitude une étymologie aussi contestée, il faudrait des arguments plus sérieux que l'autorité- d'Kllious Horthor ou des passages trop mod(!rnes de Maccari. La lecture des articles avaria, avenum, etc. dans Du (Jange, n'éclaircit rien; mais le sens du mot pa-
' Voy. Dicl. d'kisl. nal. de D.^lcnillo, t. XXXI, p. 5.')!i. ' Elle est indiquée dans le Dict. de Lillré au mot tparle. ' Le mot manque avec ce sens dans la plupart des dictionnaires. Rcsrlierclle le tire du lalin ntifjnp, eroilre.
* Ciimp. npendiuit jlj) et «jljl, oppie>sion, injustice, rui je, calcul, etc.
' 1'"^. du Levant, Icltre xïiii, t. III, p. l'iO de l'éd. de 1717, Lyon. '' \<nj.en Perse, p. 9 cl lo, éd. Smilli. ' (liizojih. linij. l'ers, p. .5.
' l)n trouve dans Besrlierelle • sAvariz, impôt de Soo aspres que doit p.iycr rliarpie quartier dans les villes de IVmpiie ottoman. n