‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 589 sur 638 · BER · texte numérisé non relu

BER

est i\ l'extrémité de la queue. C'est l'arabe (jiotj «^Uj benâl na'ch, les filles de Naach, comme traduit Chézy dans sa version d'une ode persane d'Anvéri ^. Les Arabes appellent na'ch les quatre étoiles brillantes du quadrilatère, et bemlt, filles, les trois qui forment la queue. Il semble que les sept étoiles ensemble s'appelaient aussi les filles de Nn'cli ou les fis de Na'ch ou la famille de Na'ch. Voici comment s'exprime le traité d'astronomie d'Abd er-Rahman es-

Soufi ^ : J.* \a V m II ^J,\ J^ ,^! a^yJ' A*j;i'i ^^«wu <^rxi^)

caLo. Cazouini reproduit la même explication.

Quant à ce mot na'ch, dont on a fait un nom propre, il signifie cercueil; les Arahes chrétiens appelaient les quatre étoiles du quadrilatère cercued de Lazare, (jioù jljjj na'ch la'zâr, et les trois de la queue étaient Marie, Marthe et la Servante '.

Béni. Mot qui figure en tête des noms de tribus arabes, comme héni-M'zab, béni-IIachcm , etc. La conquête de l'Algérie a fait entrer ce terme dans la langue populaire qui l'emploie sous forme de plaisanterie , pur exemple quand elle dit les bém-zouzou pour les zouaves. C'est l'arabe ^ benî, pluriel de ^^1 ou (jj ibn ou ben, fils : Béni-Abs signifie descendants d'Abs. En Algérie, on emploie concurremment et dans le même sens, oulad, qui est l'arabe ii)jl aoulfid, pluriel de JJ^ oueled, fils : les Oulad-Sliman, les Oulad- Sidi-Cbeikb, etc.

Benjoin. Esp. benjui, menjui; portug. beijoim, beijnim; ital. belzuino, belgumo. De l'arabe <^jU^ yLl loubân djâiri, encens javanais. Cette étymologie, donnée par Valenlijii, est aj)puyée d'arguments solides dans le Gloss. de Dozy (p. 2 3 g), l^ar javanais, il faut entendre de Sumatra, car les Arabes appelaient cette grande ile Java. C'est de Sumatra que nous vient le benjoin le plus estimé.

Le Dict. de Dclerville donne beujaoïj comme synonyme de benjoin, ce qui confirme l'étymologie ci-dessus; mais qu'est-ce que beuzoenil, benjoenil, pour lesquels cet ouvrage renvoie à benjoin et à vanille?

Benni ou Binni. Poisson du Nil et de l'Eupbrate ( Cyprinus bynniy De l'arabe (^ bounnï.

Benturong. Genre de mammifères, propre aux îles de la Sonde {Iclides). Du malais ^^jJ^J binloûrouiiif, iiiol (pii manque dans iMarsden, mais qui se trouve dans le Dut. de l'abbé Eavre.

Beuuetu. «Instrument de musique h quatre cordes employé ]jar les Arabes, n (Bouillet, Dict. scienc.) L'arabe kjy? barbât représente le grec ^âf>Snos, en latin barbilus.

' Man. (lOjà cilé, Iraitc III, cli. xxviii, fol. h'] vorso.

' Hi'lor. planinrum univertalis , l. I", p. aoa, 2' colonne.

' Man. (lu xiii* siècle, anc. fonds lai. n° 7058, BiLI. nat. p. 70. Je n'ai pas su lire le dernier onot du second vers.

' Il p-irait que les Arabes ont appliqué le même nom (jU l)ân à deux arbres Irès-dilTércnLs, mais remarquables tous deux par le parfum de leui's fleurs : l'ua est le moringa, doul il vient d'être quctliuu ; lu second «si counu

sous le nom de saule d'Oi-ient et s'appelle encore, en arabe, (jiU.. khalûf, dont nous avons lait chalef. (Voy. Uoctlior, à saule et à moringa.)

' Voy. Lu l'i'rsi', par Duboux, p. '189.

• Man. de la Hibl. n.il. supp. ar. n° ()64. Le même passa(;e est cilé d'ajirès un autre man. (n" 1 1 10, anc. fonds), par M. Sédillot, Suj);)/. au ÏV.iid' (les inalr. nsironum. des Arabes, p. lao.

' \oy. ijedillot, Tables d'Uioujj-Beg, p. aûa, a/i3.

Hrssi. fimpd arbro do l'arcliipol Indien, un do rrnx aii\quols on donne vulgairement le nom de hois de fer, qui est la traduction littérale de l'appellation malaise ^o j^wu kâyou besi.

BETELGErsK. Ouf^uPs oiivrnfjes (écrivent Betctf^mae. Nom de l'étoile de première grandeur placée à l'épaule orientale d'Orion. La constellation d'Orion est nommée parles Aral)i's fl)^ (il-fljauzâ, et l'étoile dont il s'agit ici est appelée u^JwU j>M»/r(7», épaule, ou iSjycil, l)ras '. Voici ce qu'en dit le traité d'astronomie d'Ahd er-Ualiman es-Soufi*: jjoiJl (^ jj-cil! x-sXjL* Jls (^JOI yî-i)\ (<\Ji*JI jA^iy» è^^ Li.1 V-jJL s^,} i)j-il u-«X>;« (^s-ews-)^ . . .J^y! ^La deuxième (étoile d'Orion) est la brillante, grande, rouge, qui se trouve sur son épaule droite; elle est de première grandeur et on la nomme épaule d'Orion ou encore bras d'Orion [yrd el-djauzâ). n DctelgcusK ne peut être qu'une altération de cette expression arabe yed cl-djauzâ. Toutefois, il faut observer que, dans la série des signes du zodiaque, Kyîl cl-djauzâ marque les (îémeaux. Or, les astrologues, pour leurs boroscopes, considèrent douze mflî- «o«« du soleil (iiAïlj i:^^^^^) correspondant aux douze signes; parmi elles se trouve donc la maison des Gcmeaux, oyu V^y hcit el-djnuzâ. Cette expression a dû être confondue avec yed el-djauzâ et prise pour le nom de l'étoile.

Key. Titre chez les Turcs, gouverneur. C'est le turc «îb hrg, adouci en bey. De là vient hégiim, en turc ^ bcgoum, qui semble formé de beg et de l'arabe p oiiiniii, mère, la mère du beg.

Bcylili, prcvince, principauté, est un substantif turc liUio formé sur bey, comme jmclialil: sut p/icha.

heglicrbcy, titre de gouverneur de province, est formé du pluriel de bey joint au singulier, ^JS^ beglcr-beglii , adouci en beyler-heyi , le bey des beys.

Bezestan. Marché public, halle ouverte, dans le Levant. Transcription de l'arabe-persan yU*»VJ bczestân, mot formé du persan^ bez (arabe y? hezz'), lin, toile, bardes, et de la terminaison persane slnn, qui manpie le lieu où une chose se trouvi; (comme dans les noms de pays : Afghanislan, Bcloutcliistan , pays des Afghans, des Beloutchis, etc.).

BEZOAni). Esp. bezoar, bezaar, bczar; portug. bezoar. De l'arabe jit';i'j b'ulizahr ou yi>)Lj bûzahr, venant du |)ersan -tfiViLj vi'id-zehr. qui signifie littéralement chnsse-f oison . Bezoar a été employé chez nos anciens auteurs, non-seulement dans son sens propre : wLnpidem bezaar magna; virtulis et pretii^n, mais encore dans le sens général de contre-poison, ainsi qu'on le voit dans ces passages d'Am-

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