‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 592 sur 638 · CAM · texte numérisé non relu

CAM

beaux kaliuiis, h la cnrafc de cristal et à la lête d'or siiii[)le ou d'or éuiaillé'. » C'est le persan ^y^ ijdHoûn ou yL»-^ qaliân.

Camocan. Sorte d'étofle précieuse, nommée kamuiiliU^ dans ce passa;jiî de Froissart :

D"un kamoukas ou d'un catlis, Goumient se tailloit un abis';

et ailleurs camocas : «Vestus de veloux et de camocas''. tj De l'arabe Usv^ kamkhâ ou, comme prononce Kichardson, kiinliha. M. Dozy* note en espagnol camocan et camucan, f|ui manquent dans les dictionnaires, mais qui se trouvent plusieurs fois répétés dans Clavijo (Vida del gr(tii»ramerlun).hii mot paraît être d'origine chinoise et désigner une espèce de brocart. Dans Ic^iU àj^ Clutdjarat maldyou, chroniques malaises dont M. Dulaurier a publié le texte, on lit,

p. fK^ r ,j-»-j j "«' M ^j^-*.iJ--j li/lXi (j«ojj«.« jjyi (jtS^ ^h '■^^

K <-*jjé ^ *>Uj (JÎjxj yÂi lil^jji liJi (jMwo!,R Lcroide(îhine

envoya à Malaka ses présents : de la soie, du (il

d'or, du kimlca, des étoffes à tentures et une foule d'objets rares. » Je lis kimka et non kamka, parce qu'un manuscrit porte la variante vil.çS' hlmka, où la voyelle est écrite.

On trouve dans les dictionnaires français : canque, toile de coton de la Chine, qui paraît être le même mot.

Camphre. Esp. alcanfor, porlug. akamphor, ital. canfora, bas grec naÇovpd. De l'arabe ^^\i kâfoûr, même sens. «Camphora, quam Aetius caphura nominavit», dit Ilenn. Barbaro, commentateur de Dioscoride au xv" siècle^.

Canang. Genre de plantes, comprenant des arbres des Indes orientales ( Uvaria). En malais, tUi kenânga; en bougui, kananga, qui paraissent être le sanscrit kanaka, dont la dernière consonne s'est nasalisée.

Canari. Arbre de l'archipel Indien. Lat. botan. canaiium. C'est le malais ^)^ kanâri. Le canari oléifère j)roduit une résine huileuse qui entre, dit Bosc", dans la confection de la substance appelé»! damar on dammnr (en malais, «!i J^?mar, résine) employée dans l'Inde pour calfater les navires.

Candi (Sucre). Esp. cande, candi, porlug. candil et ital. candilo (dans un texte de iSio''). De l'adjectif j^^XÀi lyr/Hdï formé sur l'arabc-persan >yjJaand, sucre de canne, mot d'origine hindoue.

Capiiau. Droit que payent les Chrétiens pour leurs marchandises depuis Alop jusqu'à Jérusalem. De l'arabe s^Lii^ khdjnra, protection. (Littré.) Cette di'linition n'est pas d'une parfaite exactitude, ainsi (jue l'a fait observer M. I)efrémery, dans un compte rendu d'un ouvrage do M. Cli. Nisard [Le ConsliliUionnel , numéro du a 3 septembre i8G5, p. u, col. G); mais l'étymologic est exacte.

CAR 25

Cai'km. Portier du sérail. C'est le turc Sy^i qtijjoïtdfi , quji'idjî, poilier, venant de j^ qnjiou, porte.

Capoc. Terme de commerce; espèce de coton soyeux des Indes orientales, qu'on ne file pas, mais qu'on emploie à la manière de la ouate. Le capoc se lire du fruit du crtpoquicr, arbre du genre du cotonnier. (>'estle malais ^pl^ klpoq, nom spécial de cette espèce d'ouate. En persan, on dit c:»jjl^ ichfipoût.

Carabe. Ambre jaune. Esp. carabe, portug. carabe, cliarabé, ilal. carabe. De l'arabe l>j^ kahrahâ , qui est le persan ljy£»IS'/«/i;'0((iâ(de »1^ kâb, paille, et Lj >•««/>/?, qui enlève), nom donné au succin à cause de la proprii'té (pnl possède d'attirer les corps légers après avoir été frotté avec du drap.

Carafe. ?]sp. et portug. ^arrr//?!, ilal. carnjfa, «vient certainement de la racine arabe o^s uluaiif i^u'i signifie puisera, dit M. Dozy [Gloss. p. 27/1). Et le savant professeur en donne d'excellentes et solides raisons. Nous renvoyons à son article. iM. Littré [Addil.) cite ro])iiiion de I\I. lilold qui rapproche carafe du persan ajIjj qarûbab, bouteille de verre à gros ventre, destinée à laisser reposer le vin pendant quarante jours.

Caragceuse. Personnage des marionnettes en Turquie. «Le héros de la pièce, dit M. Sévin, est un infâme nommé Caragueuse qui paraît sur la scène avec tout l'équipage du fameux dieu de Lampsaque. w (Pou(|neville*.) En turc, (jij^Ui qarâgboûcb, aujourd'hui )jSsJ> qaragoû:.

Caraïte. Secte juive qui rejette les traditions et les interprétations de l'Ecriture, pour s'attacher au te\te. Do l'hébreu iC)]) qarâ, lire, réciter. La même racine séiniti(jue se retrouve dans l'arabe yt.» qordn. (Voy. Alcohan.)

Carambolier. Arbre des Indes orientales (/li'crr/fOrt). Linné note , entre autres espèces , YAvcrrhoa carambola et YAvcrrboa bilimbi. Carambola est le malais J.j^^ karamhil, quoique Marsdenet l'abbé Favre no donnent à ce mot d'autre sens que celui d^ noix de coco ; et bdmibi ou blimbing est le malais ^A^ iian.ubing, mot d'usage ordinaire pour désigner le fruit du carambolier.

Clii'ramclle , clir.rmcllc, clwrcmbcllier, chéramellier (portug. clicramclla) sont d'autres formes de carambolier.

Quant à la dénomination botanique avvrrboa, elle est prise du nom du célèbre philosophe arabe Averrhoès, c'est-à-dire »Xwj j^j! Ibn-roucbd.

Caraoue. Esp. carraca , caracon, porlug. coracora, corocora, ital. caracca; on trouve aussi dans le français du xvi° siècle carragon et carraquon. Tous ces mois, anciens dans nos langues (du xiv" siècle au moins), viennent de

' Votj. en Perse, dans le Tour du monde, t. II, p. 3i. M. Uulioussut (Jit kak'an { Les chiLises en Perse , iiiùiua recueil, a' sera. 186a, p. ii3). ' Dirt. (le LiUro, .iii mot cudia.

' Ihid. au mot velours.

' Oloss. p. 11U6.

' Ihnscoridœ.plutrm.Iib. VIII, folio 21 verso. ' Dirl. d'hist. nal. l. V, p. i^j.

' Littré, Dict.

' ^oyiS'! en Grèce et à Cuiislanliiii,j/le , dans la collvrlidii Snjilli, t. XII, p. 3UÙ.

CAR

l'arabe ^ytJi qorqoûr, grand vaissc.iu marchand . soit direclcment, soit par le |iluriely>'J> qan'iqlr. Telle e>t l'o[)inion de M. Dozy' et de .M. Defrémery-. M. Dozy, observant que ^^Ji qorqoûr, bien qu'ancien en arabe, n'a pas de racine dans cette langue, se demande si le mot ne viendrait pas du latin carricare, charger. Je ne le j>ensc pas. En tout cas, les formes portugaises corarora, corocvra el la forme espagnole cariuva ne viennent ni du latin ni même do l'arabe, mais bien du malais t-^^^ (;>^t^) l^ortihôra, grande embarcation en usage parmi les liabilants de l'arcb pel Indien, et dont on peut voir le dessin dans le Voyaje de Forrest à la Aouvelle -Guinée^. Kora-kôra est, je pense, primitivement identique à un autre terme malais honra-hoûra , nom de la tortue de mer (jui fournit l'écaillé appelée caret (en malais, f^^ (j. »...■>« sisiq koura-hoâra , doù peut-être notre mot carci lui-même*).

Je suis porté à croire que l'arabe ;>>y» qorqOr vient pareillement du malais kora-kôra. Et. j)our qu'on ne soit pas surpris de trouver un terme malais dans la langue arabe du moyen âge. je dirai que, dans un recueil danecdoles de voyages intitulé .XÀ^Jl >^}^ àdjaih al-llind , Merveilles de l'Inde^, j'ai pu en noter plusieurs que l'auteur arabe emploie sans cxplif^alion, ce qui fait supposer qu'il comptait être suffisamment compris de ses compatriotes. En voici un exemple : le mot ^> bilidj se rencontre dans deu\ histoires différentes (p. a6 el 108), et chaque fois répété de façon à ne laisser aucun doute sur sa signification, cabine d'un navire. Les dictionnaires arabes et persans ne donnent rien de pareil. Ce ne peut être que le malais j^lu biliq, cabinet, pièce d'un logis, pavillon, qu'on trouve, par exemple, dans le passage suivant : loij^ »Xj (vj^û^bi c>jl ybiwIj^Ji^^^AjLjjcille fil placer dans un pavillon proche du palais'', r Je dois.njoulcr que tous les faits rapportés dans l'ouvrage arabe tendent à prouver qu'il a été rédigé vers le milieu du x' siècle de notre ère.

Carat. Esp. quilate, portug. quirale, ital. caralo; chez les alchimistes, karratus''. De l'arabe W»aï qirfd, tiré du grec xepoÎTtov, le tiers d'une obole.

Cabatco ou KuARADJ. Capilation pavée en Turquie par les sujets non musulmans. C'est l'arabe j;'/^ kliarfulj, tribut, mot passé en turc. «Les rayas seuls payent le kharalclt ou capilation.» (Tancoigne*.)

CAnAVANE. Du persan y'^^ karwân, même sens. De là vient :

CAR

CAHAVANsniAii.. En persan ^^l».il;-^ ki(nviln-serin , hôtel de la caravane.

CARMA.^Tl^E. Genre de |i]antps de l'Asie tro|)icale (une des espèces porte It; nom de noyer des Jiidcsy En malais caramouiiliiifr.

Caiime. Au jeu de tric-trac, le coup de dés qui amène le double quatre. On disait autrefois carne, el en espagnol ce même mot carne marque celui des quatre côtés de l'osselet qui |)résenle une figure concave en forme de S. M. Dozy, reman|uant l'analogie de cette figure avec une corne'-', lire le terme espagnol de l'arabe .^y» qarn, corne. On sait que, chez les anciens, le jeu des osselets fut le prototype du jeu de dés. Il serait donc possible que notre carme ou carne dût être assimilé à l'espagnol carne. Toutefois il semble plus naturel de le rattacher au latin qualernus, comme Ici-ne, double trois, se rattache à tcrnus. On sait qu'une voyelle brève atone précédant immédiatement la tonique latine disparaît presque toujours en Irançais. La chute de l'a bref de quaternus a entraîné celle du t; et nous trouvons en effet que l'expression qucrne ou quarne était usitée au xvi" siècle en Suisse et en Provence pour indiquer la réunion de quatre pièces de billon. Querne s'est dit aussi pour désigner les quaternaux ou quaternes, monnaie valant quatre deniers, frappée en Dauphiné dès le milieu du xf siècle. (Voy. Ludovic Lalanne, Dict. Iiist. de la France.^

Caroube ou Carouge. Esp.garroba,garrutna, aJgnrroha; portug. nlfairohfi ; ital. carrubo. De l'arabe H^yÀ- kharkharnoûb, même sens. Cette dernière

roûba ou

•^yy^

forme est celle qu'on trouve dans le manuscrit de Razi, fol. 34 verso.

Carqoois. Esp. cnrcax, portug. carcas, ital. carcasso, provenc;. carcais, tous mots fort voisins de notre carcasse; d'autre part, on a en italien turcasso, bas lat. iurcasia, bas grec lapxdaiov, correspondant au vieux français larquaisi^Mu" siècle), turqiiois (^\\' siècle). La permutation des articulations t et /.■ étant extrêmement fréquente dans nos langues, ainsi qu'en a fait la remarque M. Defrémery'", on est porté à assimiler tous ces mots, et l'on ne peut manquer d'y reconnaître avec ce savant le persan ji^y lerkccli, qui signifie aussi carquois (de ^ llr, flèche, et^Ssi kccli, portant). Le mol nous est venu par l'arabe qui a changé tcrkech en tarkâch.

' Gloti. p. a 68.

' Joum. atiat. août 18O7, p. i83.

' Marsdcn, Dict. mnl. Rioiizi ôcrit korohoro ; rha sculpture dps koroitoro.'; mal.iis. . . .-innonce aulanl d'inlclli(jcnccqHcdcf;o(Jl.n (Océanic, 1. 1", p. 84.) M. Lillrc donne la furme française caracure, soric de navire en iisii-j'e aux llf! Pliilippincs.

' D'après le Dict. de l'abbé Favre , y^phnurn-hoûra ne di'.sifjiiorait qu'uno Icrlue terrestre. La torlue caret s'appellerait en malais ïjl5^AâroA, mot qui nianquc dans Marsd<'n.

'' .Alan. ar. de la collcctinn de M. Scliufer.

' Man. innlnis ric la liibl. nat. n" aa, p. 107. Voy. aus^i le Mahola raja , p. irc. c-,1. l;.,,,rcl.T.

' rE/ istesol est adwi] velxxiiij karratos-', et celer est à aa ou a/i carats. Man. inl. de la liild. nal. anc. fonds, n°7i47, folio 18 yerso {Ojnis mirabile miper Mercurio),

' Voy. de Constmitinoplc à Smynw el dans l'ilc de Candie, dans lu collerlion Smilli, t. M, p. 3()0, noie a. Cet ini|)ôt, dit le même voyageur, est d'environ 10 piasircs turques (moins de 10 francs). Les femmes et les enfanls au-dessous de dix ans n'y sont point assujettis ( ?Ai(/. p. 871, Mole 2 ).

" L'analogie est encore plus frappante dans le contour extérieur de cette f.ice de l'osselet.

'" Mim. d'Iiisl. mini. p. a35 (rrprodiicliun d'un article publié en 1867 dans le CoiisUliiliuniwl),

CAR

li'iilcntitt^ d'origine de carcasse et carniimx psl ndiiiise par M. Lillr(<.

Cartiiame ou safran hntnrd. Lnlin botan. carthnmus. On tire ce mot de l'arabe *k-ï fjortoiim, iiiême sens. J'i{jnore (|uelios sont les raisons, excellentes sans doute, qui ont empêché MM. Dozy et Engelmann de compter cartumo, carliima, parmi les mots espagnols et portugais dérivés de r.irabe.

C,\nvi ou CiiEnvis. Esp. cnrvi, nicnravia, portug. chcriria, alcaravia, alqiarivia, ital. carvi. De l'arabe ^jy>^ harmvl'i ou /.ara'îrt, qui désigne la même plante, noiuméc en grec xdpov, xâpeov (en latin carinn, carciim, dans Pline), l/arabc serait la transcri[)tion d'une forme grecque xapv'la ou xapsu'ix qui manque dans les dictionnaires. Par quel singulier artifice M. A. de Chevallet vcùt-il tirer chervis de siscr ou sisarum, et carvi de careum^'?

Casalba, Casdah. Esp. alcaznha , portug. alcaçova, proprement /brto-csse. De l'arabe i+^aj qasaba, même signification. Y a-t-il eu quelque influence de ce mot dans la formation du bizarre terme italien casamatta, origine de noire casemate et de l'espagnol casamata? [m et b sont deux labiales sujettes à se substituer l'une à l'autre.)

Casoab. Cet oiseau, originaire de l'archipel Indien, tire son nom du malais i^^^^m^ kasouâri.

Casse. Poêlon, chaudron, grande cuiller, coupe (dans Je Midi). Esp. cazo, portug. caço, ital. cazza, bas lat. caza, cazw. On a proposé comme étymologie l'ancien haut allemand chezi. En arabe ^J»^^ ka.%, coupe à boire, date au moins du xuf siècle, car il est souvent répété dans le yj£- SyJr*» sirat antar, aventures d'Antar, et on trouve a*»1^ k\s(ilt dans le Gulistan, ouvrage écrit en 1268: ^ Je veux, dit un marchand, porter en Chine du soufre de Perse et en rapporter pour la Grèce de la vaisselle de Chine» jl^

-jiw (^■mi^'amI^ \if\ (Edit. Eastwick, p. 1 1 1 ; liv. III, hisl. 29, p. 179 de la traduct. de M. Defrémery.) j«l^, a*..!^, sont-ils diiïérents de casse? L'ancienneté de kas dans les langues sémitiques est constatée par l'hébreu dId kôs, coupe, qui se rencontre dans le Lévitique, le Ueutéronome et les Psaumes. Cazo, caço manquent dans Dozy.

Catiang. Plante exotique de la famille des légumineuses (Dohchos cattang de Linné). C'est le malais (*=?-l^ kiltclianij, qui se dit de tous les légumes à gousse, pois, fève, haricot, vesce, etc. Le dolic cacara des naturalistes est en malais jli^ é^^ kâtchang-kakâra.

Cayan (^cajanus), genre de cytise, est étymologiquement le mên)e mot que caliang (jav. joiaj ).

Cicvsal. Courtier, dans les ports du Levant. Ital. scnsnh. C'est, l'arabe ^L..^^ slmsâr, mémo sens. Boclhor donne

CTIA

aussi l'orthographe jLi<>*3 sims'ir. {\o\. h censal ol » cniirher.) On regarde le mot coumie étant d'origine persane; à côté de simsâr, le persan a ^LjLw sifsâr.

CÉTiÎRACii. Plante vulgairement nommée scoJopoulrc ou doradiUc. Esp. cclevaque, ital. cetracca, cilracca , bas grec xnapax. «Mauritanis et ollirinis cctcracli Arabum!5,dit Chabré^. C'est l'arabe J^kui clu'lrak'\ auquel il faut identifier ^y^^ chltaradj, ^àyU^ triiilarak, nom d'un métncament indien, dans Ereyiag.

Chaban. Huitième mois de l'année nmsulmane. En arabe yUjti chahân. Monles(piieu écrit chahban.

Chacal. Boclhor traduit ce mot par JIX==. tchakâl. qui est turc et vient du persan JLiui clia<rhril, ou JU^i chafrul, même sens; en ar. jUi' thou'al, en héb. 'pi'îU? cbou'al, renard.

CiiAcniA. Transcription de l'arabe iijJXii chûcliia, «bonnets de laine fine, façon de Tunis ou de Fez, qui sont ordinairement de couleur écarlate, et qui font la pièce essentielle de la coiffure des Arabes et des Turcs, v (S. de Sacy, Chrest. ar. I, p. 1 99.) C'est un adjectif féminin formé de LjiU; diâch, mousseline.

Chagrin. «Préparation de la peau du cheval, de l'âne ou du mulet, qui se fait en Turquie et en Perse. On ne se sert pour le chagrin que de In peau du derrière de l'animal; après qu'elle est tannée et devenue souple el maniable, on l'étend sur un châssis au soleil, on en couvre le côté du poil avec la graine noire d'une espèce d'arroche, et non pas avec la graine de moutarde , comme on le pense assez généralement; cette graine, pressée par les pieds des ouvriers, se fixe dans le cuir et ne s'en détache j)lus que lorsqu'il est sec. Le chagrin est le sagri des Turcs. » (Sonnini^)

Le mot turc tsjcLo sâgliri ou (^yio sngliri désigne en effet la croupe du cheval et la peau préparée qiu; nous nonmions cliagrin. Les mots que nous avons soulignés dans l'explication de Sonnini démontrent l'exactitude de son étymologie, indiquée d'ailleurs depuis deux siècles par Chardin ''.

Chah. Du persan «Lu clulh, roi. Padichah est le persan sUiib pâdichûli. On écrit quelquefois shah, d'après l'orthographe anglaise, et scluih d'après l'orthographe allemande.

Chaland. Sorte de bateau plat. Ce mot est très-ancien dans la langue française; on le trouve sous la forme calant, dans la chanson de Roland (xi° siècle), ce qui n'est pas très-favorable à l'étymologie arabe ^^i>siJi chalandi '', *j»>sjj.i chalandta, geiiiis navi|fii (dans Freytag). Ijn^jich peut diliicilement devenir c dur. Cf. Lelronne, Journ. des Savants, Ramier 18/18.

' Le mot est dans R.izi, man. (li'jà cilé , fol, fi i reclo.

' Ori/^. rie hi lan^.Jr. l. II, p. l'io.

' Stirphim icône», appciiJ. p. G57.

* Gazophijt. livg. Peu. p. 877, au mot icoliipriidna.

» Dict. d'hist. naltir. t. VI, p. 6. • Vny. m l'erse, p. 2i)fi. V.i\. Smilli.

' Voy. Defruriiciy {Journ. asial. août 18G7, p. 183), qui rcnvoieà Ibn- Alalliir, éd. ïoriilierg, t. XI, p. 1&9.

eux

CuÂLE. Bien que le mot se trouve dans la langue arabe moderne (JLâ clud, plur. yiUi (-/«///h , dans Bocllior), ce n'est pas là que nous l'avons pris. D'introduction peu ancienne en Europe, il a été apporté de l'Orient par le commerce anglais. C'est le persan jLi châl, sorte de drap grossier en poil de chèvre ou de brebis que les derviches, dit Meninski, jettent sur leurs épaules en guise de manteau. Le mot s'est ensuite spécialement appliqué au tissu de Cachemire: OvJjLj ^s^^ ;i *^ S-^ (S^^i^ <!'' ^'^ Baluîri arram (cité par \ullers).

CnAiEF. Arbre à fleurs odorantes originaire de l'Orient. C'est l'arabe oiU^ khalôf, saule d'E;;y|)tc, identique, scmble-t-il, au Jo bûn. (Voy. le Dicl. de Bocthor, au mot saule.)

CuAMPAC ou Sampac. Arbre des Indes orientales, cultivé dans les jardins pour ses fleurs odcriféruntes (^Micheha champaca de Linné). C'est le malais ciJL«.,>=- Ichampnha, nom répandu dans tout l'archipel Indien, mais dont l'orijine est hindoue.

Charabia. L'espagnol algarahia, algaravia, signifiant à la fois la langue arabe et hruil confus, baragouin, ne laisse aucun doute sur l'étymologie; c'est l'adjectif féminin i^^ 'arabîa, arabe (la langue').

Chebec. Bâtiment à trois mâts de la Méditerranée. Ancien franc, cliabck, es\i. jabeque, xabcquc, xaveque, portug. xabcco, cnxabcque, chaveco, ital. sciabecco, zamhccco, stambccco, «tous mots qui signifient chebec et dont l'origine est ignorée.» (Littré.) Jal, montrant que c'était autrefois une barque de pêcheur, pense que le mot vient de l'arabe AjCyi chabcica, filet. Ce qui est certain , c'est que le terme chébcc existe dans l'arabe moderne sous la forme liJLû chabbûk ou clwhbâk'-. Mais nous avons une forme plus ancienne, car on la trouve dans la première édition du Thésaurus de Meninski (1680) : ^^ily^ sounbckï, wgenus navigii in Asia frequentis. » La nasale de somibekï se retrouve dans l'italien zambecco. Sounbekï est donné comme turc par Richardson, et ne paraît guère pouvoir se rattacher à uSi^ chabeka, filet.

CuÉniLE. Espèce de myrobolan. Dans les ouvrages debotaniquc écrits en lalin^ on trouve kebulus, quebula, chcpida, cepula. De l'arabe-persan JjI^ kâbouli, c'est-à-dire, je pense, du pays de Kaboul. On lit en effet dans Yakout* que le Jji£ h'iboul est Rune province et ville de la Perse qui produit le coco, le safran et le iwjvobolan.v

CiiEiEU, CuEiKOU SciiEiK. Transcription de l'arabe -^m chrikh, qui, signifiant primitivement vieillard, a pris les mêmes sens que le lalin senior devenu signore, senor, seigneur. rLcs naturels (de Madeigascar), dit Marco Polo,

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