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sont sarrazîns et adorent Mahomet. Ils ont quatre esccqucs, c'csi-à-dire quatre vieux hommes aux mains desquels est la seigneurie du pays ^. »
Le titre de chcik-ul-islam, -iUi^l :^ cheikliou 'l-tslam, signifie chef de l'islam ou de la religion.
CHEUtANTHE. Le latin cheiranthus est un mot forgé par les botanistes pour désigner les giroflées. «11 tire son origine, dit Léman", soit do deux mots grecs qui signifieraientjleur en forme de mam (x.£''p> ôIvOgs), ou bien du mot grec anlhos, fleur, et de chciri, nom arabe de plusieurs espèces de ce genre. » Nos dictionnaires de botanique donnent en eff'et chéri, keiri, alcheiri, comme noms de diverses variétés de giroflées , ce qui représente l'arabe t^^j^à- kh'trï et le persan }y^^ khlroû. i^y^ est dans Razi (nian. déjà cité, fol. /i5 recto). 11 y a longtemps que nos botanistes connaissent le terme arabe. Hermolao Barbare, qui écrivait au xv° siècle, commentant le terme ïov de Dioscoride, dit: «Leucoia intelligo quas Mauritania c/itiVi appelhif. » C'est assurément sur ce chciri qu'a été fait cheirandius. En espagnol, alhaili, alheli, aleli, giroflée, viennent du même terme arabe.
Chérif. Transcription de l'arabe obj-i cliarlf, proprement illustre, noble, puis «descendant de Mahomet par sa fille Fathima, épouse d'Ali.» Le même mot est devenu en espagnol xarifo, paré, bien mis. Sur ce que sont aujourd'hui les chérifs, on peut voir J. J. Marcel, Contes du chcykh el-Mokdij, t. 111, p. Z122.
Chercbin. Mot emprunté au latin biblique; en hébreu, D''3n3 keroûhïm, plur. de 3n3 keroûh.
Chewal. Dixième mois de l'année musulmane; en arabe J!^ chawQuuï. Les éditeurs de Montesquieu écrivent chalial.
Chiaoux ou Chaoux. Dans Bocthor (jS^j^La. <^«omîc/j; mais le mot est pris du turc u~}W^ Ichâouch, en persan ij^a^ tchâivoûch, chef, conducleur. «Proprie est vox Turcica, dil Vullcrs, significans npparitor, famulus aulicus. » M. Pavot de Courteille, dans son Dicl. du turc oriental, a noté (jij^avec le sens de huissier, conducteur de caravane.
C111BOUQUE. Pipe orientale. Dans Bocthor viU-i choulmnk , qui est le turc (iy?^ tcliouboûq , tchihoîiq , proprement hàton, tuyau, et ^mis pipe. (Cf. v>?- tchoîib, bâton, baguette.)
Chicake. Ce mot, aujourd'hui passablement détiuirné de son sens, a dû désijjner primitivement le jeu du mail. D'après Bescherelle, il se dit encore d'une certaine manière de jouer au billard, au mail, à la paume*. Dans certains appareils de chaufl'age et de ventilation, on appelle chicanes des pièces de diverses formes disposées de
' Voy. Dozy, Gtommre, p. iig, el Dcfrcmcry, Inurn. asiat. août 1867, p. xHZ', noie 4; voy. aussi Correupondance liUvrdire, iiuinéro du 25 aoûl i8(io.
' Voy. Dozy, Glost.p. .35a.
' Viiy. par ciemple Vllitt. piaula) umumvcrtalis, de Juan liaiiliin. t. 1",
' Dicl. gcoffr. de la Perse, par M. liarliicr de lleyuaril, au mot Jof /.dhoul.
' Voy. anciens et inod. t. 1", p. /i i j.
' Dict. d'hist, nat. t. VI, p. m t.
' Dinsinnihe jiliarma.in-um tih. Vlll. Slrasli. i.l'if), fol. a5/l roclo.
' Vo.. L)i'freii]eiy, Mem. d'Iiisl. uiiciU. p. a35. Lu savant professeur citfl
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manière à contrarier, à dirijijor successivement en divers sens un courant d'air chaud ou froid; à quoi on peut comparer l'expression des marins c/iicrt/ier fe ren<. Déplus, on trouve, en bas grec, t?,ux3lviov, jeu de mail; ■tî,vxa.vî- X,s'v, jouer au viail. Tout cela ne laisse aucun doute sur l'étymologie : c'est le persan (J^y^ Ichaugiln, bàlon recoiirbi", maillet pour jouer au mail. Aussi comprend-on dillicilement que Diez et Génin aient voulu, après Ménage, chercher l'origine de chicane dans l'espagnol chico, petit, qui n'explique ni la forme, ni les sens de ce terme. De {J^y^ (Ijdici'm, forme arabe de ^J^y^, dérive le portugais clioca. (^'oy. Dozy, Gloss. p. 35/i.) Le changement de } H, OU, OU en i est si fréquent qu'il est à peine besoin de .s'y arr(îter.
Chiffon. Ital. cMJJ'one, arabe chiffoun, ëtoffe mince et transparente. (Defréraery '.) L'étvmologie est bonne, mais il faut dire que chiJJ'on vient de chiffe, vieux mot français qui désigne une étoile légère et de mauvaise qualité-, et chilJe est l'arabe oU- chijf, «veslis tenuis et pellucida.» La terminaison oun dans le chijfoim de M. Defrémery est la mnmaUon arabe, marqu(! du nominatif des noms indéterminés, laquelle n'a jamais joué aucun rôle dans la transmission des mots arabes aux autres langues. Cf. cependant zédaron, terme, il est vrai, purement scientifique.
Chiffre. Esp. et portug. cifra, ital. cifcra. De l'arabe vÀ*5 xi/f-, vide, mot employé pour désigner le zéro, qui n'est que la traduction du sanscrit çoumjn, par le(|uel ce caractère est désigné dans les anciens traités d'arithméti([ue indiens. En effet, chijfre, ciiïrc, cyfre, cyiïre, empiové tantôt au masculin, tantôt au féminin, a marqué primitivement le zéro seuP; encore aujourd'hui, le portugais C7jra et l'anglais ciplier s'appliquent spécialement à ce caractère. Le même sens est resté assez longtemps au terme français; car on lit, dans un traité d'arithmétique du xvii° siècle : «La dernière ligure, qui s'appelle nulle ou zéro, ne vaut rien... En autre langage, elle s'appelle cltifre; toutefois ce mot abusivement ])rins en françois signiiie toutes les figures et l'art d arithmétique ''. n
Zéro est une autre forme du même mot ^io .sifr, que les anciens traités de c&!cul écrils en latin transcrivent zejiliyrujti, en italien zejtro, et enfin 2ero^. Si l'on songe que l'invention du zéro et de son rôle est le trait caractéristique de la numération écrite moderne, on comprendra que le nom de ce caractère ait fini par .s'appliquer ù toutes les figures, longtemps nommées fgures de chijfre.
Chiper. Tanner les peaux d'une certaine façon différente de la manière ordinaire. En turc, t-»*»«c/?cst le tan ou le réservoir où se fait le tannage, ou la trempe destinée à l'apprêt des cuirs; d'où le verbe J.*s« sepmeh, J>^.a-«
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seplemek, tanner, apprêter des peaux. Est-ce le même w 1?
Chott. Vastes dépressions du sol, en Algérie, qu'on suppose avoir formé autrefois le lit d'une mer intérieure. Ce mot, employé par les géographes, a pris une certaine notoriété, depuis qu'on songe à ramener la mer sur cette
région de notre colonie. C'est l'arabe k.i cliall, bord, rive d'un fleuve, prononcé ctiolt h. cause du L» / emplinlique. Le mêine mot ligure dans la dénomination du Ciiatel-Arab, formé par la réunion du Tigre et de lEuplirate.
CiD. De l'arabe «xL* .îcyfr?, seigneur, d'où ^^^Xa*" Keijuli, mon seigneur; en Algérie, sidi, qui correspond à notre monsieur. Par abréviation , on dit aussi, tout sim[)lement , s>.
CiMETEnnE. Esp. et portug. cimilnrra, ital. scimitnrra. Ou tire ordinairement ce mot du persan -çi-«^ chimclûr, qui a le même sens. Au xv" siècle, on a dit cimiterre, sanneterrc.
CiNNOR ou KiNNon. Instrument de mu'^ique chez les Hébreux. Transcription de l'hébreu Ti33 kinnôr, qu'on interprète par le latin cithara.
CiPAYE. Nom donné dans l'Inde aux indigènes qui servent dans les troupes europ('ennes. Du persan iSt**»» sijiàln, cavalier, soldat. C'est le même mot que spahi. Sijjfiln vient de <-«-«*' 1,9^^ cheval.
Civette. Ital. zihetto. Zihet ou ziheth est le même nom appliqué par nos naturalistes à un animal très-voisin de la civette^. C'est l'arabe iU) jcW, zouhfid, qui, comme chez nous le mot civette, s'applique à la substance onctueuse et parfumée que fournit l'animal. Les yVrabes semblent vouloir rapprocher zotdx'id de Oyj zoubd, crème de lait. .Mais je suis porté à croire que c'est là une simple coïncidence avec le nom du quadrupède : la civette est originaire de l'Afrique équatoriale; les nègres du Congo la nomment nzimé.
CoLBACK. Sorte de bonnet à poil en usage dans quelques corps de notre cavalerie. Il date chez nous de rex|)(''(litiou de Bonaparte en Egypte. C'est le turc liLAï ijnlpotc, bonnet tartare en fourrures, mot qui figure aussi chez nos écrivains sous la forme calpal: ou hnlpnk et tnlpaclc.
CoLCOTHAR. Esp. cokotnr, portug. colcothar. On trouve aussi, chez les alchimistes, cnicatar. Un lexicologue suppose que ce mot a été inventé par l'aracelse; mais on le trouve déjà dans le Vocalml. arav. de Pedro de Aicala, de l'année i5o5, époque où Paracelse n'avait qu'une douzaine d'années. C'est l'arabe ^IkiXï qolqotâr, que M. Dozy [dlnss. p. 357) regarde comme une ('orruption du grec yâ'kKav- 60s ou •^a.y.K'ivOri .
nn passa{;e du Voyage de Chnpnlle et de liachaumont , ((ni monlre qu'an Kvii' siècle chicane se disait du jeu du mail : itiNous y arrivâmes à travers uiille l)onles de mail : car on joue là, le Iod(j des chemins, à la chicane. n
' Mém. d'hist. orient. 2* partie, p. 33/i.
' Liltré, Dicl. franc. Le mot chiffe n'est pas encore hors d'usa(|e. En voici un exemple pris dans la préface de YAlmageste de Ptolémée, par M. Ilalma (i8i3) : rManuscrit du Vatican, en papier de chiOesn (p. hj).
' Vnv. les exemples cités par M. Litin''. Planude (icrit tllippa : Ehi Se tc! (T;^i7(ictTa èvvéi itovx. . . xai tkepov ii a^^rifia o xaXoiai T^uPpav, Ka^' IvSoù anfiaîvov ovSév. ( Voy. Wocpcke, ft-o/jn//. des chiJf. ind. dans ieJourti. asiat. juin iK().3, p. 026.)
* Ij'arilhmélique de Jean Tranchant. Lyon, i6/i3, p. i5.
* Voir le savant mémoire de M. Woeptke, ri-dessus cité, p. 5a 1 et suiv.
* Cf. Defrémery, Mém. d'Uist. orient, p. 335, n. 1.
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CoLOCGLi OU CocLoiGLi. C'cst le nom qu'on (Idiin.iit, avaiil la conqiu'te de rAljjt'rie par les Fiam.ais, aux Iiahilanls d'Al;;er issus de l'alliance des soldais turcs avei' les fcnuiies iudijjènes. En turc, J^^i)^ (jonl-oglili , de J»ï qoûl, esclave, soldat, et Jsjl ojltoul , (ils. Dis de soldat.
On écrit aussi coulo<rJihu : «Lois de la conquête, au xvi' siècle, Darghout-Pacha partagea les jardins de l'oasis (de Trijioli ) entre ses compagnons, qui, s'unissaiit aux femmes indigènes, formèrent une population métisse oiJ domina le sang étranger. Les Coul-o;rliluu (fds de serviteurs), depuis lors, jouirent du privilège de ne payer aucun impôt, à titre de postérité des con(|uérants. » (Baron de kraflt, Promenades dans la TripolUaiiie K^
Cor. .^[esure pour les liquides chez les Hébreux. Transcription de riiébreu iS kor, x6pos dans les Septante.
CoRGE ou Courge. « Paquet de toile de coton des Indes. » (Littré.) C'est vraisemblablement l'arabe ^-ï. hJtonlj , besace, sac de voyage, portemanteau ('|ui, avec l'article et le s d'unité, i>^^ at-khordja , a donné l'espagnol aljoija, porlug. aljhrge, besace).
C'est ainsi que l'espagnol yàr^/c/, correspondant à notre fardeau, signifie à la fois havre-sac, besace et ballot de marchandises. Valise et ses congénères oflVent un double sens du même genre. (Voy. Fardead et Valise.)
Ces ou Coss. Mesure itinéraire dans l'Inde, variant, suivant les contrées, de trois à cinq kilomètres environ-. C'est le persan ^^ Los, ixa road measure of about two miles 5), dit Richardson. Deux milles anglais valent un peu jjlus de trois kdomètres. r. Les distances des lieux se supputent par cox; chaque cos est compté pour une demiheure de marche ou environ, ainsi que cela a été vérifié, en 1708, par les directeurs de la factorerie de Surate, n (Stavorinus, Voyage dans l'archipel des Moluques, t. II, p. ai^)
Coton. Esp. algodon, portug. algodâo, ital. colone, cottone. De l'arabe (j^ yoto/i. (Voy. Hoqueto.\.)
CouFiQUE. Système ancien d'écriture arabe. Du nom de la ville de Hij^ Koûfa, dans l'Irak-Arabi.
Coclilaban. Arbre des liules orientales {^Laurus culduban, de Linné). C'est une altération du malais yi) eJ^ hoUlit-lâivang , littéralement écorce-girojlc , nom donné à ce végétal à cause du parfum de clou de girode qu'e.xbald son écorce. ê^i) haitwg est l'ancien nom malais du clou de girolle, peu usité aujourd'hui; mais ^3 lâbang signifie encore clou.
Le mot oJ^ koîdil, écorce, entre dans la formation de plusieurs autres mots employés par les naturalistes ou les voyageurs, teistjuc cuhl-bavang , coquille appelée aussi tonne pelure-d'oignon , du mot èjL> bâwang, oignon; culitapi, arbre de la famille des rubiacées, dont l'écorce, à