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bien douteux; car les langues gcrniaiiiquos oui schuh , soulier, en allemand; slioe, en anglais, et skoli, en gothique. Je laisse A de plus érudits la tâche d'élucider ce problème, dont j'ai seulement voulu rassembler quelques élémonls.
Estragon. Esp. estragon , taragonn, portug. estrnmlo, ital. targone. On a voulu tirer ces mots du latin draconcm^, draco étant supposé employé dans le sens de dracuncukis , nom d'une plante dans Pline, «lequel, dit M. Littré, ne paraît pas avoir été donné à l'estragon, mais que les botanistes lui ont appliqué. » Sans parler de ce qu'il y a de bizarre dans cette dérivation, hIstorique;iient parlant, on trouvera assurément quelques dillicultés phonétiques à tirer estragon de draconcm. Ce serait le seul exemple de dr latin devenu tr en français. Aussi faut-il chercher ailleurs ia vraie dérivation. Les formes taragona, targone, anc. fr. tragon'', nous ramènent à l'arabe-persan u^Ja tarkhoûn, mot qu'on trouve dans Ibn-Beilhar, dans Avicenne et même dansRazi**. Le mot, légèrement modifié, était d'usage vulgaire à Chiraz, au commencement du xn° siècle; car, dans le grand ouvrage du médecin persan .41-Hoceini, on lit : «iUjj5 éc/^-p is')^y(A^ u>-^j^' 1^ tarkhoûn dans le dialecte de Chiraz s'appelle terklinûni'\ On trouve aussi ijy-T^ tartoûn.
i\os anciens botanistes écrivaient tarcon ou tarcJion; cette dernière orthographe est celle de Gesner, qui a donné le nom de torchon sauvage à VAchillca ptarmica^". Vaillant, un siècle et demi plus tard, a appelé tarchonante, tarchonanihur,, un arbrisseau d'Afrique dont les fleurs ont quelque rapport avec celles de l'estragon [tarchon, avOos).
En dernière analyse, il peut se faire que tarkhoûn ait été emprunté par les Arabes au grec Spâxoov, et que, par suite, ceux qui tirent estragon de draconcm ne se trompent qu'à moitié. Dans tous les cas, je signale le mot à Inattention de M. Dozy, qui ne l'a pas inséré dans son Glossaire. La syllabe initiale es dans estragon et eslragào pourrait être l'article arabe el, et défiguré par suite de la prononciation emphatique du b /.
Eyalet. «Nom des gouvernements de la l'urquie appelés aussi pachaliks. » (Bescherelle.) C'est la prononciation turque de l'arabe aJU! îyûla, gouvernement, nom d'action du verbe J) àl, être à la tête de, se rattachant à Jj! aival, premier.
' Ilirmol. Barbare, commentant le nom oTps^o'çiî ilans Dioscoride, dit: rQuibusporro atriplex idem videtur esse cum co gcnere ijuod spinacia vulgo dicimui, cl Grœci recenlioret tpanachi'i, falluntur apertissime. n tpmcoridœ phannac. lib. VUI, iSag, folio lai verso.)
' llùt/jr. plantnrum unitcn. t. II, p. gtii.
' Voici le pass<?ge, pour faire plaisir aux amateurs d'épinards : ^bLiu«ill
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«Les épinards sont (em;>^(><, bons pour la gorge, le poumon, l'cslomac el le fuie; ils adoucissent le vt-iilre et constituent im excellent aliment.n (Man. déjà cilé, folio ia reclo.)
' G. .A. Olivier, Voi/. dans l'empire ottuman, l'Ejjijple et la Perse, 1 8oa.
' rltalissco/bniprinlo niliil aliud fuisse viJenlur nisi tegumenla pcdum.n ( Du Cange. )
• A. de Chevallet ( Ori)i'. de ta lanj;. fr. t. II, p. la-'i et note) dit ârnenntium; mais ce mot, qui est le ipaxovtiov de Dioscoride, n'a pu donner les formes romanes ci-dessus.
' Dans Rabelais, Pantagr. liv. V, ch. xxix; et aussi dans les ouvrages d'agriculture : r.Tarfron, que les jardiniers nomment «•sfrajon.n (Aijric. et maison rustique de Jean Liebault, 1601 , p. 21 3.)
• Man. ar. dijà cité, folio 'la roclo.
• Man. de la Bibl. nat. n" 33;) du suppl. persan, p. i/ia.
'" Conrad Gesner connaissait les langues orientales; il a publié en 1 S^ia ft Lyon des extraits d'auteurs arabes relatifs à la médecine et à la botanique.