‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 599 sur 638 · FEL · texte numérisé non relu

FEL

Fabrkgi'e. Plante dont Ips feuilli's rpsscinl)Iont à cclk's (In serpolet. (IJllré, Add. au Diti.) Esp. (iljiibe<ra, nlluihe- Ifu, alalwffa, alhalinca; porlug. idj'alwca (basilic ou autre lierbe odorante). C'est l'arabe (^j^ al-ljabiiq, plante fort mal délinie par les dictionnaires, car c'est tantôt le basilic, tantôt le pouliot, ou la marjolaine, la indlisse, la gerniandrtSe, l'armoise, la citronnelle, etc.

Il faudi'ait bien se garder de rattacher à ces mots, rom:ne élymoloQie , fabago on fabagclh , plante africaine et asiatique ainsi nommée par le botaniste Dodonée, à cause (l'une certaine analogie de structure avec la fève.

Fubreipiier, nom donn(5 quelquefois au micocoulier, n'a non plus aucun rapport avec la fabrègue.

Fagarier. Genre de plantes de la famille des xanlhoxylées,(|ui tire son nom du faffara. Le larj^ira, dans Avicenne {^sMj fâghavii) , est un fruit qui ressemble au j)ois cbiclie et au mahalep, et qu'on apporte, dit-il, do Solala (aJLwJî y^ J^t^y, c'est-à-dire de quoique endroit de la mer des Indes. Le voyageur Linschot^ dit que ce mot dési;]ne à Java le fa^aricr du Japon. La lettre y"n'e.\istnnt pas en javanais non plus qu'en nmlals, f agir a ne peut être un terme de ces langues, où l'on trouve seulement ^Ls pâgar, liaie, qui paraît être étymologiquemoat le méuie mot.

Falaqce. Instrument de supplice usité au Maghreb. Portug. fnlaca. De l'arabe i.AXi Jcdaqa. (Voy. Dozy, Gloss. p. -iG-J.)

Falque ou Fargde. Petits panneaux plnr:îs sur les bords des bateaux pour les exhausser. Esp. falca, qui, d'après M. Dozy IGIoss. p. 263), est un dérivé de la racine arabe ^ic^ Ijdhuj, entourer, d'où halq, clôture, mm* d'cnccinlc, dans Ibn-Djobaïr.

Fa^ègue. Mesure de capacité pour les liquides, dans la péninsule Hispanique. Esp. fancga , portug. fmga. De l'arabe M.>JjJunuja, grand sac. (Voy. Dozy, Gloss. p. aGG.)

FAQUin ou Fakiii. Transcription de l'arabe j.:Xj /(iq'tr, pauvre. On a proposé ce mot comme élymologie de l'italien y«cc/ii'HO, portefaix, qui est noire faquin, csf. faquin, portug./afjfumo (balayeur de la Patriarchale de Lisbonne). Le cliangement de r en n ne ferait pas grande dilïlculté (voy. Axafin), mais nous m:iaquons d'arguments à l'appui de cette conjecture.

Fakde. Bordage d'un navire, est identique à faJqtte ou fargue. Farde, balle de café moka pesant 1 85 kilogrammes, est le primitif de y^mlcai*. (Voy. ce mot.)

' Édit. de Rome, p. 286.

' Voy. Dict. d'hitt. nat. de Déterville, t. XI , p. 21.

' flistoirede Chenonceau-x , par l'abbé Clievalier, 1868, p. a8.

• Chrcjt. ar. I. III, p. .379.

Fardeau. Esp. fn-do , firtJilJo (ballot), /îm/c/ (havre-sac, besace); [wrl\iQ. firdo, firdel (même sens); iVd\. fardcllo ( paquet), /«r(/(;^'-g-/o (bagage). On voit que le vrai sens est ballot, paquet, et c'est aussi celui de notre vieux mot fardel, sens qui du reste a persisté jusqu'au dernier siècle, comme le montre, par exemple, un tarif de 1737 indiquant les droits de péagt; pour Bléré, sur le Cher: <!.\\mr fardeau cordé de draps de laine, pesant 600 livres 12 deniers; pouv fardeau cordé de feutres, pesant 600 livres, 90 sols; \)0\\v fardeau cordé de tapis, etc.'."

Fardel , fardeau est un diminutif ào farde. Or, le mot farde, au sens général de ballot, est usité depuis longtemps dans tout l'Orient : Bocthor, le Gazoplnjlacmm Img. Pers. la Fabrica ling. arakic. traduisent ballot par ii:>yi farda. Il est vrai que S. de Sacy'^ pense, sans donner ses raisons, que ce mot '&:>-* farda, bien qu'employé par les Arabes, est étranger à l(!ur langue. Et en ell'et, il semble au premier abord impossible de rattacher ii-i ballot, à la racine i> va farad. Mais on va voir combien au contraire la relation est facile h établir, i j fird signilie res una, pars parts altéra, chacune des deux parties d'un objet unique, mais double, d'une feuille pliée en deux, par exemple, chacun des deux côtés de la mâchoire; i^jà farda, qui ne se trouve I dans Frcytag qu'avec le sens précité de ballot, sarcimi mercium, marque de plus : chacun des deux battants d'une porte ^, chacune des deux étrivières d'une selle", chacun des deux arbalétriers d'une ferme (en espagnol alfarda'^y Quoi de plus naturel que de voir le même mot signifier «chacun des deux ballots formant la charge d un chameau»? ha farde en elfet est la demi-charge du chameau, comme on le voit dans ce [)assage du voyageur La Hotpie, cité par S. de Sacy * : r C'est là que les Arabes de la campagne viennent apporter leur café dans de grands sacs do natte : ils en mettent deux surclia(pie chameau.?) Chacune de ces balles, ajoute l'illustre orii'ulaliste, pèse un peu moins de /i (juintaux (Aoo livres), c'est-à-dire le poids cidessus indiqué pour la farde.

Le mot ii^j» farda est donc arabe, non-seulement par l'usage, mais aussi par l'étymologie. Quant ii farde, fardeau, et leurs correspondants des langues européennes, on n'a pu leur découvrir aucune étymologie sérieuse dans le latin, le grec ni le germanique. Tout prouve que nous avons emprunté ce mot à l'Orient, comme nombre d'aiilies termes de commerce.

FAnSAiXGE. Mesure itinéraire. Du persan 3.^-^ys fcrsciig, en arabe ■^jifarsalch, le même mot ([ua parasaiige (wapaadyyris).

Fkllah. Transciiption de l'arabe ■^^Jellfih, labuiui'iii'.

» Dict. de Bocllior, h battant.

' ClicAonne.m, Juurn. nsiat. i"sciti. iH'iy, p. 5'iG.

' Voy. Dozy, Gtuss. p. 1 o().

• Chrest. arub. l. III, p. 378, 379.

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