‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 605 sur 638 · G UT · texte numérisé non relu

G UT

ce mot an persan ■sx*^^ Uioûrmcnd, ftlielliio, gallice gourmand, dit l'auleur, (piœ vox nuin a lingua |)ersica detorta*?» Conjecture mentionnée ici pour mémoire, faute de mieux.

GnABELEB. Ancien terme de pharmacie signifiant éplucher, trier; esp. garhillar, cribler, bas lat. garhillare. Ces verbes, formés sur le substantif g-ar/>(7/o, bien que faciles à rattacher au lalin cribrum, cribrdlum, semblent, vu la présence de la voyelle a dans la première syllabe, avoir subi l'inlluence de l'arabe S-i^s- gliarbâl , ghnrbil , crible. (Voy. Dozy, Closs. p. 276.)

Grabeau, en pharmacie, se dit des menus fragments de drogues, des parties ligneuses qu'on sépare, etc., c'està-dire, en somme, des parties triées, épluchées, grabelécs. Il avait autrefois le sens de scrutin, métaphore assez ingénieuse.

Grîîce. Oiseau plongeur. Je crois, sans rien préjuger de l'origine du mot, que ce nom doit être rapproché de l'arabe ^^"^^^ ghcilwb. Le P. Ange de Saint-Joseph traduit t^A^Aff ^^ar pélican onocrotale; un demi-siècle auparavant, le P. Germain de Silésie traduit aussi gheiheb par pelicano. Mais on sait combien de difficultés offre la synonymie zoologique ou botanique des Orientaux. Nos dictionnaires fourmillent de confusions de ce genre^. Mettre un oiseau aquati([ue pour un autre est une erreur facile en cette matière. C'est ainsi que le nom à'alcatraz a été appli(|ué au pélican brun, au petit cormoran, au calao, à l'albatros. Ce qui est moins compréhensible, c'est que <-<.^ soit traduit par slruthio-cameJus , autruche, dans Freytag. Le mên)e mot, d'après le Qanwvs, signifierait vcstis lanosa ; serait-ce quelque chose d'analogue aux manchons faits avec la peau du grèbe revêtue de son duvet?

Grèbe est assurément le grec moderne yXofos, qui, d'après Tournefort'', f^ signifie un oiseau appelé gahinn en Provence, et qui n'a presque que des plumes, quoiqu'il paraisse en volant aussi gros qu'un coq d'Index. Le Gabian ou gahrian est, disent les uns, un goéland; ou un plongeon, disent les autres; un cormoran, dit Tournefort lui-même.

En Algérie, d'après M. Cherbonneau', le grèbe s'appelle ^J«lL2*5J bou-ghaltâs, le père du plongeur. Pour Freytag, l'oiseau ^J^\loé■ ghattns est identique à l'oiseau ^f^^ ghaivouûs, dont le nom signifie aussi plongeur; et Chézy** dit, d'après Castell et Richardson, que celui-ci pourrait bien être le héron. On voit combien il est difficile de se démêler dans ce fouillis inextricable.

GuÈBBE. Adorateur du feu. Du persan j^ ghehr, même sens.

GuTTA-PEBCiiA. Substauce gommo-résineuse fournie par

' Océanie, l. I", p. 8a.

' Voy. ie Dict. mnl.-fr. dfi l'aLbc Favrc.

' Voy. Alf. Erny, ^fjourù/'ifc.Vaun'ce, rlans le Tnnr ihi monde, H°sotn iSfiS.p. 187.

' Clavit Gazophyl p. 6. Le P. Ange de .Saint-Joseph , auteur de ce dictionnaire, PsI d'ailleurs un ëtymolo(jisle des plus médiocres.

' Pour citer un srul exemple des djinrnlli's «[u'on l'prnnve :'i di-iioninier

exaclemenl un animal à l'aide des diclionnaircs, ouvrons Borllinr; nous y trouverons écureuil traduit par vW^^ sciidjûb ; consultons Meninski, nous Y verrons sendjâb rendu par tiermitie.

' Foi/, du Levant, t. 1", p. '■i']i>.

' Dict. fr.-ar.

» Dans une note insérde p. 607 du t. III de la Chrestomalhie arabe de S. de Sacy.

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