‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 606 sur 638 · G UT · texte numérisé non relu

G UT

un arbre de r;ire!iipel ludion, YhoïKimlni percha. Les nombreux emplois qu'en lait l'industrie européenne ne datent guère (jue d'une trentaine d'années. C'est le malais - j wS gatali pertch'i, orthographié à l'anglaise guUct percha. Gatiih signilie i^omme , et -rr» pirUha est le nom de l'île que nous appelons Sumatra, et aussi celui de l'arbre qui [iroduit la guttu-percha. Eu ce dernier sens, le Dicliounuire

de l'abné Favre termine

IIAR M

I' mol j)Mr un s /(, ■'^y» pcrlcliuh.

GuTVB (GoMMii-). \)i\i\s iiomiiu'-ijuttc, le second mot n'est (jue la traduction du premier : en malais -saS gutnh ou ghclah, gonnne, baume, le même qui se trouve dans^r|(/(,jpcrcha. C'est l'ortkojfruphe anglaise qui nous a fait prononcer Il là où il faudrait dii'e « ou è.

IIabzëli, Habalzelin ou HABELZELiN.Nom de la plante appelée aussi «oHr/ipffomcs^iWe. C'est l'arahi'^Jt !*=- habb a:ielem, graine de wlcm. Le ^j zcicin est ainsi délini par Freylag : «ISomcn plantœ cujusdam tam floribus quam semine carenlis. Radicibus sub terra grana adbœrent cxpansa, pulchra, dulcia.» Inutile de dire que cette description, empruntée au Qaiiwus, est inexacte dans sa première partie: car le zelem ou souchet n'est point un cryptogame.

La môme plante est nommée par Rauwolf habelassis, habaziz par Porta, hubbaziz par C. Baubin, ou granutn di- Icctum; ce qui représente l'arabe wjjiJIJ»^ habb al-'nz'i:, grain exquis (pour être correct, il faudrait mettre l'article devant habb, ou le su|)primer devant 'iizlz.)

Hachich. C'est l'arabe ijiA.ii.s>. hndâch, dont le sens propre est herbe, Join, et qui s'est plus tard appliqué au bang ou chanvre indien et à la drogue enivrante qu'on en tire JjAil\ xci^vic^ hachîchal ai-foqarâ, l'herbe des fakirs. (Voy. S. de Sacy, Chresl. m\ t. 1", p. aie.)

IIadji. Transcription de l'arabe 5U. hâdjdjî, celui qui a fait le pèlerinage de la Mecque. Le mot se dit aussi d'un chrétien ou d'un juif qui a fait le pèlerinage de Jérusalem. Le sens primitif du verbe g l'fljdj, dont hûdjdji représente le participe actif, est marcher, aller et venir, danser, céléhrer vue fêle, en hébreu , iyn hagag.

Haje. Vipère d'Egypte qu'on croit être l'aspic des anciens. De l'arabe x«w i^^yy^j serpent.

Hallali. IVe serait-ce pas une imitation du cri des guerriers musulmans M Si aJ! i) la ilah illa 'llah, il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu, cri représenté par alilies dans diverses relations, et par Iclilies dans ce j)assage de Don Ouijote : <f.Luego se oijerou mjinitos leUltes al uso de Morov tuando entran en las balallas, aussitôt on entendit une infinité de lelilies, à la mode des Mores lorsqu'ils entrent au combat.» (Voy. Dozy, Gloss. p. aijy.)

Hanifite. Qui est de la secte ou du rite d'Abou-Hanifa an-No man (jji-J' iU'.'Sj^^y^.

Haras. Bas lat. haracium. N'était la diOTiculté du changement de y en h, on serait tout naturellement porté vers

l'étymologie arabe ^j^^ faras, cheval, depuis longtemps proposée. 11 est vrai qu'on trouve dans le français du xiv' siècle un mol farat paraissant signifier troupeau. D'autre part l'analogie de bardes avec fardes semble montrer aussi que /"peut devenir /i. Cependant, faute de correspondant dans les autres langues romanes, l'étymologie reste douteuse.

Hardes. Au \[i' siècle on a dityÎH'Jcs. Portug. jarda, vêtement de soldat. M. Liltré pense cjue hardes vÀ fardes sont identiques, comme hardel cl fardel, et il rattache tous ces mots à une commune origine, celle do fardeau. Je crois avoir démontré (^nejardeau est d'origine arabe, hardes le serait donc aussi.

D'autre part, M. Engebnann a proposé pour le portugais farda VarSibo jj^yi fard, wpannus seu vestimenlum?), étymologie que M. Dozy repousse : ce mot, dit-il, n'étant ])as d'usage en ce sens dans la langue vulgaire. Le savant ])rofesseur de Leyde connaît mieux que personne la valeur d'un argument de cette nature. Seulement on peut éprouver quelque scrupule à le suivre lorsqu'il alFirme que farda n la même origine que j'ato, halo, origine indo-germanique (lisez indo-européenne) attestée par un mot sanscrit y;a/ff, tissu, drap, vêtement. Passer ainsi de l'espagnol au sanscrit, c'est faire un saut bien large pour les étymologistes timorés.

Harem. Esp. haren, portug. harem. De l'arabe -»^ harem, gynécée, proprement chose illicite , déjeudue.

Haret. Terme de chasse, se dit du chat sauvage; on écrit aussi chal-harrel, par deux r. Ce mot a-l-il (juelquc rapport avec l'arabe yfc hirr, iC* hirra (hirret), chat?

Haumale. Genre de plantes, rue de Syi'ie, rue sauvage, etc. Esp. harma, hmmaga, alharma, armaga, alhargama, portug. harmale. C'est l'arabe Jwijw harmal, même sens, qui paraît avoir été introduit dans la ndinenclalure botanique moderne au milieu du xvi° siècle jjar le célèbre botaniste Gesner. Il est vrai qu'on trouve déjà harmala, harmula, dans Apulée (([ui était africain). Mais, si je ne me trompe, ce n'est pas chez lui, mais chez les Arabes, que Gesner a pris le mot'. En tout cas, les formes espagnoles ne viennent pas du latin.

' Gesner connaissait la lanfjue arabe, ainsi qu'il 3 été dit précédemment (art. cslyn^nn). J'ajouterai que l'iinniiitle u'^'st pas mentionne dans ceux des

anlidotaiiei latins du moyen âjje qui n'ont pas fait d'emprunts aux Arabe?. ( Voy. par exemple le mnn. n° 7'inf) anc. fonds de la Bilil. nal.) Vr:ir tti:!efjis

b'2 H AS

l'iazi consacre quelques mots à Tliarmale' : Ji^ J^f^ ! e».«.!all jOoj ^p\ -f?^j )«>->««j^ «riiarmale enivre- et (ImiTic le vertige, exrile le vomissement et provoque les menstrues, r Dans le grand ouvrajji' médirai persan de Zein ed-din abou 1-fadl Ismaïl ben Hasan al-Iloceini de Djourdjan', on lit : j^jft à^r^ 'j-Nvi*» ^y> «Nv**"^ ry** '■^^*-»«'' >jj i^ J^'^y'^ JsK-Lo ^s*;L^'j J^jj'j^jjj .x-ut^ <^'l y a deux sortes d liarniale, le roujje et le blanc; l'espèce blanche est appelée barmale arabicjue, en grec nwli el en persan sandnl ...» Je cil'^ ce passage pour les curieuv qui recherchent ce que peut être le violy, [lùXv, que Mercure donna à Llysse comme préservatif contre les enchantements de Circé. (0(/ys5f'c, chant X.)

Hasard. Esp. et portug. n:ar. ital. tK:(ir(}o, lu zarti, bas \at. azarduni, azanim , azarriim. La signification primitive est ypu de di's, ainsi que le démontrent les nombreux exemples cités dans le Dictionnaire de M. Litiré. (N oy. aussi Du Cange.) Aussi le tire-t-on de l'arabe yùJi az-zaln; dé à jouer. Malheureusement ce mot, qu'on trouve chez Bocthor, manqup dans les dictionnaires classiques. ( Le Gazopliyl. ling. Pers. écrit j!j Z'ir, qui figure dans Meninski comme purement turc.) Cela laisse des doutes. M. Defrémerv accepte l'étymilogie sans faire aucune réllexion sur l'authenticité deyi)ca/r. Le Glossaire de MM. Engelmann et Dozy n'en dit pas davantage. Je n'ai moi-uicme aucun argument nouveau à fournir pour ou contre.

Hatti-ciiérif. Ordonnance royale qui porte une marque de la propre main du souverain. C'est une expression persane v i>-i ki. khatl-i-cherlf, formée de deux mots arabes h^lilutU, ligne, écriture, et oMr" cherlj, illustre. L'i qui joint les deux mots marque en persan l'union du substantif à son adjectif. On dit dans le même sens^^L^lâi^ Llialt-i-houmnyoûn , prononcé hatti humayoun, du persan Itoumlyoùn, roval.

Hégire. Esp. hc^fira. De l'arabe s^ hedjra, fuite , de Mahomet à Médinc, le 1 6 juillet 622 , époque à partir de laquelle se comptent les années du calendrier musulman.

Helbe, Heuee ou Helbeu. l'enugrec. De larabe ï^',^ h) Il lia.

I1e.\.mî. Arbuste d'Afrique et d'Asie, dont les feuilles séchées el réduites en poudre servent aux femmes de l'Orient à se teindre les ongles en jaune safran. C'est l'arabe ^uLiw Itinnâ, qui, précédé de l'article, a donné l'espagnol allietia. M. Dozy ne semble pas s'être aperçu que le portugais alfcna, alfeneiro, troène, est le même mot (il n'a point

non

noté ces deux termes dans sou Glossaire, non plus que l'espagnol rt/c(/Hff, même sens): le heimé porte aussi le nom de troëne d'Efn/pte. Gérard de Crémone, qui traduisait ÏAlmnnsouri de liazi, vers le milieu du xif siècle, prononce alcltaiina : KAIchanna puslulis (|uaî sunt in ore et adustioni ignis remedium alVerl j; (lib. III, cap. xxviii '). l'-M italien, on dit encore ahanna et alrlwiina.

Hoqueton. Vieux français auqueton. On a reconnu depuis longtemps l'identité de ce mot avec l'espagnol alcolon, algodon, coton, représentant l'arabe (jlaJiJl al-qolon. Du nom de la matière, le mot est passé à l'étofle qu'on en fal)riquail et ensuite à un vêtement fait de celte élofl'e. Si l'on ne connaissait à ce terme que le sens de casaque, on comprendrait malaisément que l'auteur du Roman de Eoncecaux en eût pu faire un objet de comparuison avec une barbe blanche dans ce vers •' :

Blaiiclic et h bnrbc aussi corne aitfœtnn.

Horde. C'est un mot tartare; en turc, ^ijj^! ordon, camp.

HosANNA. C'est l'hébreu Nry"'Ç'in hôchï'anâ, deuxième personne du singulier de l'impératif intensif du verbe V'Ç*'n Iwchl'a (forme hijih. de i'!?'), sauve, délivre, porte secours. Le N'j nâ final est une particule précative, qui a le sens du latin quœso, je vous prie. Les Grecs ont ti'anscrit Ùaavvci, el saint Jérôme Ilosunna.

IIouKA. Pipe turque ou persane peu difl'érente du narj;hileli. (Lillré.) De l'arabe AJi^.- IjotKjqa, ou, si l'on veut, du persan -«jl*. houqqa, vase, bocal, et spécialement : « the bottle through which^the fumes pass wben smoking tobacco V (Richardson), le ilacon où passe la fumée du labac avant d'arriver à la bouche du fumeur.

Houle. Bien que Jal (^Dict. de Marine) ait indiqué pour ce mot le hollandais /io//c, creux, je ne puis m'empécherde signaler la coïncidence au moins remarquable de ce terme avec l'arabe Jyt> liaul^, auquel les dictionnaires ne donnent d'autre sens que celui de terreur, objet terrijiant, mais qui, dans maints récits de tempêtes ou d'aventures maritimes se traduirait tout naturellement par lioide ou quelque chose d'approchant. En voici trois exemples empruntés à l'ouvrage intitulé O^-L^JI t-vl^ Merveilles de l'Inde, dont il a déjà été question. Au milieu d'une tem|)êle, un marin s'écrie : *=-'j-«'j T^' '-J^ Jy*" ^'^^ L« « Ne vois-tu pas le haul de cette mer et ses vagues?;; (p. 1 8). Et plus loin, au sujet, d'une troupe d'esclaves qui, emmenés de la côte airicaine dans unnavire,sesau\enleii saulanlpar-dcssusbiird, ui..l-

Ifl i>ass,igc mentionne dans le Tkcmmr. d'Henri Esticnne : Bijtraoa, a-népita iz i/jTiv iv ^^pia ysvvtàjiievoif toù dyoiov 'anyavov , 6 oit ^' evjoiriot âfifta/a xi/ovciv. (Kdil. [)ido(.)

' Man. di^i elle, folio !iç) reclo.

' Je lis S^~ji bien qne le man. perle ^jC...,;, qui ne conconli; point avec ta suil>>.

' Man. persan, n° 33() du supplément. Bililiotlièijin; nalioiule, lulio 118 r DU

* Ce qui correspond an fol. iS verso du man. de Razi déjà cité : j-iij UJl

' Divl. de M. Litiré. — M. A. de Clievallcl, dans son On;;, de la la»i;i(e (r. (t. I", p. 54/1), faisait de hoqueton un diminutif de liuquc, hoiUjue, el lui donnait une origine germanique.

« L'élyinologip est suggérée par M. l'ilian cl par M. Clierbonueau, mais sans aucun argument à l'appui. M. C.lierlionnean traduit mer Iwuhuse par

nou

gri' I\'t:it ;ij;ili' de la mer : A^^i.x;cilj i)l JJi A^y>J^ IjJmi le y^\ dUi Jyû Jlc p Us ne se sont lia.saidés à cela, dit le capitaine, (|iie parce (pi'ils sont en état de lutter contre le luiiil de celle nier n ([). q 5 ). Et enfin , dans cette phrase : U»> i^ t>Ua-JI Ji (»**jy *=^1^«'; T=ïs!' J^j *j ijj jsO^j U « Ils ne virent pins aucun moyen de se diriger, et le h-ndàc la mer et ses vagues les élevaient jnstju'aux nuesn (p. 16); estil possible de traduire Imiil autrement que par un mot voisin comme sens de notre houle?

Ajoutons que dans le purlugaisyî)//^ (folla da mar)', le y correspondrait parfaitement au s h de liaul; car on sait qui', dans les lanjjues hispaniques,/ transcrit fréqueniiiieut les aspirations arabes ^, ^, s h, kli, h.

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