‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 607 sur 638 · JAR · texte numérisé non relu

JAR

Iloriii. L'ancienne forme arable est i.l;i^=^ haurn , piur. ;^a. Iioûr, qui a les yeux noirs dr la jjazi'lle. Les Persans en ont fait (^j^^ hoûrî avec le ^ i d'unité, et les Aiabes ont repris ce nidl sous la furnic i^.)^^ Iioiina. (Voy. l)uzy, Gloss. p. 2 8 y.)

IIuli.a. Ci'liil qui, d'aprrs la loi niusuliii.uie, Juit épouser une épouse divorcée, avant que son mari puisse la reprendre en mariage. (Littré.) C'est un dérivé de la racine arabe J=i^ htill, cpii, à la deu\ièn)e forme JJla^ liullul. signifie: r^Ter repudiatam duxit, ut post rcpudiuni a primo conjuge repeti posset^.» L'épouse reprise ensuite par son premier mari est appelée iJiU. hulula.

IcoGLAN. Page du sérail. Du turc yîXcjl -?-,t 'ilch-oghh'in, formé de ilch, intérieur, et oghhhi, jeune garçon,

Pouqueville écrit tcholan : «Les pages ou icholniis du vizir voulurent nous régaler d'un concert à leur manière ■^. V

IjuN ou Imam. Transcription de l'arabe -Ul ?mâm; aussi

disons-nous imamat et non unanat, pour désigner les fonctions religieuses de l'iman.

IsiARET. Sorte d'hôtellerie tunpie où les élèves des dif-

férentes écoles vont prendre leurs repas. Les pauvres y trouvent aussi gratuitement des vivres. (Littré.) Transcri|ition, d'après la prononciatidu turque, de l'araiie »jlS 'imâra, fondation pieuse, édifice public.

Ihadk. Décret im|)érial en Tu ripiie. Prononciation turque de l'arabe ititji iràdu, volonté, désir.

Islam. Transcri|)tion de l'arabe -iUiI ish'wi, relij;ion musulmane, proprement, rési'jnaùon à la volonlé de Dieu.

IzAiii. — Voy. Ai.izAni.

Jaciie. — Voy. Tkrémaci.n.

Jajibose ou Jambosieiî. Arbre des Indes (^Engenia jamhos^ qui produit un fruit comestiJjle appelé pomme da rose; en malais ^5T djambou. Une espèce porte, chez les Malais, le nom de ^ô^ yj^ djambou-hling , ce qui marque qu'elle est originaire de la côte de Coromandel {Iding, en malais).

Le jambolotigue ou jamlongiie de l'île de France, le^ambolane et le jamrosade de Saint-Domingue, sont des espèces ou des variétés de jambosier importées des Indes dans ces colonies. Les trois premiers de ces noms correspondent au malais {^X^- djambclan; le dernier est formé de djambou et du mot rose, à cause de l'odeur de rose des fruits de celte espèce, qu'on nomme aussi, aux Antilles, pommicr-rose.

Jamssaire. Du turc ^âT=*^^ yem-tcheri, formé de ^^ tjcni, nouveau, et ^£^ tcheri, soldat, milice.

Jauue. Tumeur (jui se développe à la partie externe du jarret du cheval. Ital. giaràa. Dans un ouvrage d'hip-

pialrique écrit en latin au moyen âge, je trouve les deux hvmcs giarda , jnrda : «Quasi mollis sulîlalio ad magnitudinem ovi aut amplius. .. uascitur in garrelis*. » (j'est l'arabe ij=^ djaradh, même signification i^Tumor omnis iiatiis in sujfragmc jumcuti aut inferiore pedis ncroo, dit Meninski).

C'est par- erreur que le Dictionnaire de llandji'ii hnàmijavart par ce même mot •i»=>-; les javarts n'ont aucun rapport avec la jarde.

Jargo.x. Gemme de couleur jaune tirant sur le rouge, souvent confondue ixvecïhijdcinlhe. Le minéralogiste Ilaiiy a réuni ces deux sortes de pierres sous le nom commun de zircon. Ital. giargone. Jargon et zircon, dont personne, à ma connaissance, n'a encore établi l'étymologie, sont certainement identiques à l'espagnol azarcon. D'après le Dictionnaire de l'Académie espagnole, azarcon, en peinture, signifie orangé vif: «el color naranjado muy encendido, color aureus;Ti ce qui s'applique très-exactement à riiyacinthe. Azarcon s'est dit aussi, comme le portuf;ais zarcâo, zarquâo, aiarcào, de l'ocre rouge. Et tous ces mots

' L'expression yo//a da mnr scniljlc calquée sur -isJI J»^.

' La forme régulière ne pi'ul èlre que JJj;;. On dit .inssi J.^\~«. {'S. la noie 60 de Lane sur li- cliuji. m de sa traduction des Mi'du et uncMuils. (Cil. Ucémcry.)

' Voyage en Morée el à Conslantinople , éd. Smith, t. XII, p. 3 a g.

• Liher lie cura equorum, compositus a Jurduno Rujfo, tuiliic Cuiiibyeiisi, iii.iM. I.il. aiicieu fonds de la Bibi. nat. a" 70J.S. Ce lu.iniiscrit est du xiii' Sicile.

correspondent ù un terme nrabc, ^JyÂy^ zniujomi, avec l'article a:-îarqoiiii, qui se (lisait du minium et d'autres sul)slances de couleur tirant sur le rouge. Mais quelle est i'ori;jine de ce zarqoûn, qui ne paraît pas très-ancien dans la kin[;ue arabe? On trouve un certain nombre de termes trcs-voisins de celui-là, tels que ^JJjtL*>' s'dqom, ijjJijjw mnqonn, ^yb-wl asrhpïin, etc. correspondant au bas grec erjptx6v, et à notre vieuv mol a:uric, vitriol rouge, et s'ap- ])li(juant aussi au minium, au cinabre. D'autre part, Pline a déjà syricum ou sirucnm^ dans le même sens, cl sirqoûn se trouve également en syriaque. Ceci prouve, comme l'a fort bien fait observer M. Dozy'-', que le mot en question était connu en Orient et en Occident avant que les Arabes pussent avoir aucune, action sur les langues du monde civilisé.

Si le mot n'est point arabe, il peut être persan. M. Dozy suggère mj^ iS' âzar-goû», couleur de feu (de ^i) ou^y â:(ir, feu, et y^ goûii, couleur). Je préférerais y^;) zar- COûn, couleur d'or, qui me semble mieux convenir aux formes arabes et correspond très-exacteniont à ^yi^j zarqoûn. Il semble que l'Académie espagnole ait songé à cette étvmologie, lorsqu'elle explique azarcon par color aiireus.

Dans tous les cas, notre y^rgo» me paraîl venir de celte expression persane qui délinit très-e.xactement la couleur de la gemme, ^'oublions pas que celle-ci est originaire de Ceylan, de l'Inde et du Pégu.

J.\RRE. Esp. jarra, jarro; porlug. javra, zarra; ital. ipara, ffiairo; dans l'Arcbipel, iarros^. De l'arabe s^=. (Ijnrra, 'xchjarres, grands vases de terre, dont chaque maison (au Caire) est pourvue pour mettre l'eau.» (i\iebulir^).

Jaseiî-in. Esp. jacer'ma, porlug. jazcrina, ital. ghiazzerino. Voir les étymologics arabe et persane proposées par M. Dozy [Gloss. p. 289) et par M. Defrémery [Revue crit. 9<J déc. 18G8, p. Uo-j, et Journ. asiat. mai-juin 1869, p. ôag , 53o).

Jasmin. Esp. jazmin, porlug. jasmin, liai, gelsomino; chez les bolan. jesrninium, jcs^minium , gelscmwum , gclscmium, etc. De ^Ji^JJ yûscmin , que les Arabes ont emprunté aux Persans.

Javaius. tEs|)(ke do sanglier d'Amérique.» (Nouv. Vocab. de l'.Vcad. franc.*.) On écrit mieux javari. C'est l'esj)agiiol jabali, sanglier, nom ap|)Iiqué en Amérique au pi'cari. Jahali est l'arabe Jtx=w djubati, montagnard, formé de J«.s^ lijabal, montagne, le sanglier étant appelé porc des nwntagnes. [Voy. Engelmann, Ghss. p. 288.)

JÙP

JeiiovaHl Transcription de l'hébreu n^ir; fchovah. L'expression hébraïque Yhvh, écrite sans voyelles, les écritures sémitiques anciennes n'en ayant point, était un nom ineffable de la di»ni'lé. Dans le texte biblique, les Massorètes lui donnèrent les voyelles du mot ijIn Adoiiaî, afin que le lecteur prononçât ce dernier mot. La transcription Jchovah ne remonte pas chez nous au delà du xvi° siècle.

JuBAFiTE. Sorte de baleine. C'était le terme employé par les pécheurs basques. Le même mot que gibbar. (Voy. ce mol.)

JuBibé. Le latin bibli([ueyM/»7(P«s, d'où vient notre mot, est formé sur l'hébreu '73V tjôhcl, qui désigne une sorte de trompette, au son de laquelle on annonçait l'année du jubilé, Vsrn nJU> chcnalh Ita-jjobd.

JuBis. Terme de commerce. Raisins secs en caisse. C'est une altération de l'arabe i A*j) zebtb, raisin sec, comme le prouvent les vieilles formes azebit, auzibct : « Pro cargua deazebits seu raccmis,» dit un vieux tarif de Garcassoiine, cité dans Du Cange. Ces dernières, ainsi que l'espagnol azebibe, acebibe, ont gardé l'article al, dont le / s'assimile au 2 suivant : az-zebîb. En portugais, acipipe a pris une signification plus générale, celle de menues friandises pi-oprrs à aiguiser l'appéhl, à rajrakhir. Diverses contrées musulmanes, ne buvant pas de vin, livraient leurs raisins séchés au commerce, et cet aliment était fort estimé des Arabes; Razi le regarde comme plus nutritif que la datte : t-vuJ! a;^ ÎJviîj ^yii ^Ji JjîÀ) li iJ^A«*j y «Le raisin sec n'obstrue point comme fait la dalle, bien que plus nourrissant qu'elle.» (Man. arabe déjà cité, fol. 43 verso.)

Jdgeoliae.

Voy. Gengéli.

JuLEP. Esp. et porlug. jidejw; ital. giulcbbo,' giukbbe; bas latin, jidapium. De l'arabe-persan t j^=^ djoulâb ou djoullfib, qui a le même sens. «Ils font une potion. . . qu'ils donnent au malade et qu'ils appellent . . . juhib, c'est-à-dire eau bouillie, mol d'où il y a assez d'apparence qu'est venu celui de julep, dont nous nous servons.» (Chardin*.) Le persan djoulâb ou goidâb, <->^, est formé de J^ goul, rose, et lj) ab, eau; gouUb signifie, en efi'el, eau de rose, mais se dit aussi de plusieurs autres préparalions. Cf. Sacy, Abdallatif, p. 817, note 19.

Jupe. Esp. juba, chupa, veste, aljuba; portug. aljuba,

casaque moresque; ital. gnippa. De l'arabe iil=^ djoubba, (Vov. Dozy, Dicl. des vêt. p. 107.) «Par-dessus le caftan, les Turcs nioltenl une Juppé ou surtout à manches trèscourtes.» (Niebuhr, Voy. en Arab. p. aie.)

' A CCS ruriiios, sn r.ntlarlic le mol sory, csel vitriolique des anciens» (Brsclicrelle); en pci-san, t^;;-" «owiî, vilriol roujje, c"esl-à-dirc cinaire ou miiiium, dans Ricliardson. Son/ inani|uc dans la plupart des diclionnaires. Il cslqucslion dans Pline, et avant lui d.nns Vilruve, d'nne ocre j.iune appelée »i7, otVrant phisicnrî Tariélcs qui se dislinfjsicnl par le nom des pays d'où elles proviennent, ni Seyricum serait le si! de Scjros (voy. Diet. de Délcrvillc. t. XXI, p. iCô).

' Gloss. p. 2 25.

' «A Trapsano (Candie), il y a nue jjr.mde r:d)riquc de marmites de terre, de pots et de grosses crucbes à iiuile (larros).» (Tournelort, ^"ijc^i du Levant, 1. 1", p. ,5.3.)

* Voya/re en Arabie, éd. Smith, p. ig'i.

« Paris, VBecliei, i83i.

^ Voyage en Perte, éd. Suiilli , p. 33a.

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