LAN
liiniimu, excessif, par allusion à la force de celle épicc. Le mot nous est venu par les liollanclais, ce qui explique la substitution du j à 1"^.
Langit. Nom allribué par quelques botanistes à l'arbre plus connu sous le nom d'atlante ou vcriiix du Japon. C'est le malais o^êD^l^ hhjoû llnghit, arbre du ciel. J'ignore l'origine de celle appellation.
Lantard. Espèce de palmier (^Doransu.i jlnheViformis), Jontnnis de Rumpf. Du malais ycJ lontar. On lire en grande quantité de cet arbre la liqueur appelée todJi eu vin de palme.
Laqce. Gomme laque. C'est un mot d'origine indienne. qui nous est venu par i'arabe-pcrsan viU laLk ou ii)y lâk". La gomme laque, comme les autres gommes, est le suc épaissi d'un arbre, ou plutôt de diverses espèces d'arbres qui croissent aux Indes orientales. f^Les Indiens de la côte de .Malabar l'appellent caiulaccan, dit d'Herbelot^. Caiulacca n'est pas la substance elle-même, mais l'arbre qui la produit, car le mot signifie arbre de la laque, du malais yÀ^ hzyou. arbre. Les Arabes ont d'ailleurs appliqué le mot lakk, louhk, likk, à des substances colorantes analogues à la gomme laque *.
L'italien lacca signifie à la fois hqm et cire à caclieter; dans ce dernier sens on dit eu espagnol et en poi'tugais Iftcre. La cire à cacheter doit ce nom à la gomme laque employée pour la colorer *.
VjAzdli (Lapis-). — Yoy. Azvr.
Lascar. Matelot indien de la classe des parias. Du persan JuJ lechker, armée , troupe.
Lecbeck. Espèce d'acacia asiatique et africain (connu à Is R^'union sous le nom de bois t^oir). De l'arabe ^ hhkh. Le nom du genre lébeckie (^LehccJda), qui comprend àoi arbr.stes du cap de Bonne-Espérance, a sans doute la mf'sne origine étymologique.
Léviathas. Transcription, dans saint Jérôme, de l'hébreu ]r^'"'7 Imjathan, qui désigne un monstre aquatique ou terrestre mal défini. On peut voir ce qu'en dit Gcsenius fiaus son Dictionnaire hébraïque. Le mot paraît se ratta-
MAC
cher à la racine ni"? hrnh, replier, tordre, en arabe, ^gj! lawa; le lévialhan serait un animal capable de se recourber en rephs tortueux, un serpent, un dragon.
LiLAS. Esp. lilac, portug. lila:aro. Les Arabes disent liJJuJ, JSU], hlac, hhlc. (.Meninski, Onomast. au mot Sijrinira Persica.) Ces mots, qui ne sont point d'origine arabe, se rattachent au persan Juy nîl, indigo (voy. Aml); on trouve ! les diverses formes persanes: aLj, ^-^, ^^- -é^' ^i^'^^-, I nïhh, nlladj, liladj, lîlmulj , hlnng, se rapportant toutes à l'indigo; ce qui montre le changement de n initial en /. L'arabe hlak peut être pris de l'un quelconque de ces mots, ou mieux encore, je pense, du diminutif dUJ hlnk, bleuâtre, comme les doigts bleuis par le froid*^^, nuance qui caractérise parfaitement les fleurs du lilas de Perse, lesquelles sout d'an pourpre pâle '^.
LrJOM. Fruit. Esp. limon, portug. limâo, ital. limone. De l'arabe-persan jjj-fO leïmoûn, même sens.
Plusieurs espèces de citronniers portent aussi le nom de lime, fp. et portug. lima; en arabe xjJ lima. (^ oy. Dozy, Gloss. p. 997.)
LisME. Droit qu'on payait aux régences barbaresques pour la pêche du corail. De l'arabe ^i), iw)^ lâznn, hlzimn, chose obligatoire, dette, impôt. (Defrémery.)M. Cberbonneau donne la forme iU^J kzma qui convient encore mieux pour l'étymologie. (^Dtctionn. franç.-arab. au iiu)t tribut.)
LoG. Mesure des liquides chez les Hébreux. Transci Iplion de l'hébreu jS log.
LooGH. Portug. loocli. Terme de pharmacie, pris de l'arabe (^yà la'ôq, potion qu'on lèche, c'est-à-dire (ju'on prend à petites gorgées; du verbe (jjÙ /a 'aj, lécher, lamper.
LoRi. Nom d'une espèce de perroquet. C'est le malais (^y^ loûfi ou <^;y noûri, qui désigne un perroquet des î\loluques. k Le loi'i, dont les teintes rouges si variées surpassent en splendeur celles de la plus belle tulipe. » (Rienzi, Ocêanie , I, p. /tg.)
LoTH. Esp. laud . portug. ahiude , ilnl. huto. De l'arabe :>yi\ al-oîul, nom du même inslrument.
Macabre. Quoi qu'en disent maints dictionnaires, la meilleure étymologie qu'on ait encore proposée pour la (/wisç macabre est celle qui interprète macabre jiar cimetière, de l'arabe yUL» maqâbir (plur. de «v+JL» maqhara, tombe), mol qui est resté en portugais sous la forme ahnocavar.
et dans certaines régions de l'Espagne sous colle de macabes^, signifiant l'une et l'autre cimetière. Danse du cinietière ou des tombeaux est assurément une qualification des plus justes pour la danse macabre.
Quant à la danse des Macchabées'^., chorea Macckahœorum,
' Herbarium Amhoinente, ouvrage écrit dans la seconde moitié du lïn* siècle, piililii" en i^'ii.
' Le douille fc n'est dû, scmble-l-il , qu'à la tend.inre des Arabes à trilitériser tous leurs mois.
• D'Herlielot, ItiltUoOi. orientale, an mot luuh.
• Rîhlifilh. orientale, an mol Iniih.
• \o) \)uiy, (ilosi. p. 295 el 296.
• vNilak, a little blue, bliiish; blue as the fingers wilh cold pincbiii;;.)) (Ricliardson.)
' Dict. iVliiit. nat. de Délerville, t. XVIII, p. Sa. Les anciens bolanislos, Jlallbiole, Dodonée, Tournefort, elc, conservent la forme arabe lilac, d'où lilacée , lilacine.
• Voy. Dozv, Gloss. p. 168.
• Voy. Litlré , au mot maruhri.
cîl<'c dans Du Cnngc, coiiiint' on n'y voit fijjnrcr ni l'ili'azar, ni ses six frères, ni leur nièic, mais seulement une série lie [«'rsonnajjes ([ui (lis|iarai>sent à tour de rôle «|)OiU' exprimer que cliarun de nous doit subir la mortv. j(( liens pour assuré que. Mticrliiilwunim n'est là (pi'un représentant de iiKiiiilbir ou muaibcs, cimetière: lantaisie iiilerpri'lative d<mt il ne manque [)as d'eMinpIes on nuire lanjjiie '.
MIdiil. lleihe qu'on man|je en salade ( Valrruiiicllalocusiii). l'roljajjii'inent du verbe mùclicr. dit .M. Liltré. dépendant le mot est en arabe, jiU iii'lcli. la màclie. dans Bortlior. .Mais m/lcli , d'après les dictionnaires de l'reylajj el de Piichardson, est une es|iècc de lé^jume du {rdire des pois. l']t cette signification ressort évidemment du passa[je d'Avicenne sur ce mot, p. r\r de l'édiliun de Home. Je ne sais si Boctlior a fait quelr|ue confusion <m si vraunent jjiU se prend dans le sens de notre màclie.
.M.tuiniiti:. Pêcherie pour le thon. Ksp. alniiitlnihu, porfug. (tlmadravu. M. Dozy a fait voir dans son Glussdire sur Edi-ici (|). 3 1 o) et dans le Glossaire (rEnjjeimaiin (p. i/i8 et suiv.) (pie le ternie espagnol n'est autre que l'arabe iùjd! al-)it(i:iaha, venant de <)j^, entourer d'une haie'-. La madrague est un grand parc formé avec des filets dans la mer, et divisé en conipartimeuls où le poisson est successivement chassé.
Magasin. Esp. magacmi, almnp;ncen , nlmarccn, aimncen, portug. alnunem, armazem, ital. mafriizziiio. De l'arabe (jv^ mal.ltim, plur. {J^^ mnhluizm, grenier, lieu de dépôt, venant du verbe yvi. mclive m mni^asin, serrer, conserver.
Maiiai.f.ii. Vulgairement hois de Siunlc-Luctc. C'est l'arabe 4^Ji32 mulilab, même signification. (Razi, nian. déjà cité, folio /i.) verso.) Sous ce nom, on exportait autrefois de Syrie en Europe un petit fruit employé en n)('(l(,'cine et qu'on utilise encore dans la parfumerie. Ce fruit a (pielque ressemblance avec un noyau de cerise; aussi nomme-t-on l'arbre qui le produit cerisier ndoraiH ou cerisier vuiliuleb: Beloii écrit macidep, Lobel et Anguillara macaleh, Gordus nmclinleh. Quant au nom vuljjairc hn'is de Sainte-fMcw, on en peut voir l'origine dans Lillré' au mot Lucie.
iMaiiaiu. Espèce de chameaux. Transcri|ili(in île l'arabe j^^L^ /««/((/;■(, plur. de Ajyg-« maliriija. (ie nom leur vient, dit-on, de y^ Mulir, père d'une tribu, r. C'est celte même race, dit le naturaliste Desmarest, que Diodore et Strabon ont nommée camelos dromas, et (pii seule devrait porter le nom de dromadaire. " Cet auteur écrit madiari et donne |)0ur synonyme rtinuahil, qui représente J=>.'j; ra- 'vnhd . [dur. de *Jjï^lj l'dljda, monture.
kl
Mahomi^tw. Rienzi, le voyag'eur géographe, veut (pi'oii dise miilnniiiiiédiiii. le nom du Prophète étant 0>^ molniinllied . le Iniii', cl non Midiiiiiiel.
Maiion.m:. Sorte de galère turque. Es|). vialiniin. D'api'ès .Millier, c'est l'arabe (^y*U mii'oitii .Misi'. Maoiin sigiiilie en ellet vase, iiinrmile, pol, et en général tous les ustensiles d'une maison, et bien d'autres choses encore. M. Dozy, i\ cpii j'emprunte celle étymologie-', ne dit pas sur (|ui'lleb.ise sappiiie l'auteur pour passer de là à la galère tunpie.
Maimon. Sillg'e du ['vmr. des iiiacaipies. C'esl le pri~,ui (j».<y« Hirtï/Hofui , même sens, ipi il ne iaul pas conloiidn' aviH- son homonyme arabe (jui signilie lieiireu.v, comme l'a fait assez étourdiment l'auteur du catalogue des manuscrits malais de la Bibliothèque nationale; un de ces manuscrits porte en eflèt le titre de ij^^y ^y^ hhodjn maimoîiii, que le catalog'uo traduit ma'ilre silice. Si l'auteiii- de celle interprétation avait parcouru seulement le début du conte, il aurait coinj)ris qu'iiii père, joyeux de la naissance de son premier-m', ne le gratifie pas du nom de maître singe.
Mainate. Cenre d'oiseaux de l'archipel Indien. Une des espèces porte le nom de miiw ou maiiiuu. Ces mots sont assurément iiialus. Mais Marsdcn ne donne (|ue Ll^» mina, et le Diclionnaire de. l'aljbé Favre rattache ce mol, (lu'il écrit sans t à final, à l'hindoustani maina.
Maaiklouk. Esp. et portug. mameliuo, ital. mammnlucco. De l'arabe >à^ mamiouk , esclave, participe passif du verbe JkL« malak, possédiir.
Malamoquc , nom ipu; les marins donnent à un albatros au bec noir, au jilumage entièrement noirâtre, ne seraitil pas une alté-ration de ce même mot, par allusion à lu couleur des nègres mainelouks?
Mangmkis. Arbre des Indes orientales, aussi noiimié |)alétuvier. En malais, fJ><M muugghi-maiigglii , iiiêiiie sens.
Mancoiistan. Fruit d'un arbre des Indes. «Le fruit le plus exipiis de l'Orient, (;l |)eul-être du monde, est le mangoustan ((inrrniia maiiguslanay' . -n Du malais jj;:*mj;Sjw niwigjfistan . Marsden ne donne que ^j^-a-SCx^ manmns et oi**So" viiiiiggistn ; la forme maiiggislan est dans le Dicliuniiaire de l'abbé Favre (en javanais, (£i<rn.j^/^ ma)ii>i;is).
.Mancik. Fruit du manguier ^Mangijera linlaaj; du malais wiLîM maiigint, même sens.
Manucode. Oiseau de paradis. Du malais-javanais ^;j.iL> n^n^Qh niâiioinj, oiseau. L'oiseau de j)aradis est appelé c:>Lji (^Lo milnoiiij-dewilta, oiseau des dieux.
' C'est ainsi (|iie d'anciens actes en latin interprètent par ccnliim iiiices , cent noix, le nom du villa{;e de Sannois, près Paris. Les l'orlii(;ais , Ironvanl dans le royaume d'Adcl une montaf;ne nommée (/;V/w/rt/-/i7, inonla<;nft de l'élépliaiil, l'appelèrent Monle-Fclice. Le voya|;cur l'oncot nomme le nionasière rie Bisan, en Abyssinie, monastère (/c lu Vision, (Voy. l!nicc\ édil. l'aiiikoiike, l. 1", .ju(j,"el 1. II, iGû.)
' Cf. tonlel'ois une remarque de M. Defrémery. {Jourii. (mal. mai -juin, i8f><), p. 5S8.) Le savant piofesseur aimerait mieux rattacher madrague à la lacine v-^ ('<"■«'', planter, enfoncer un piini.
■' (Uoas. p. a()(i.
* lîienzi, Ori'niiio, t. 1", p. loli, i" colonne. Mui'ij'Jiisti' , anjnjal, n'a aucun r^ipportaiec 1'' mangoustan.
Maraboit. HolijjiiMix intisiilmnii. Esp. mornhiln (ormUo), norlufj. manilntlo. De l'anihe tij'** vinnllnl, prononce'' à pou ])rès men'ibot, à cause du 1» / einplialicpie.
Maravédis. Ce mot, (jue nous avons pris de l'espagnol mnnwedi. est priniilivenient le nom d'une monnaie d'or frappée sous la dynastie des Almoravides, appelés en arabe yjJa-'iy» monlhinn (du inênie mot fjui a donné muvnhoul^. Mararcdt est une altération de l'adjectif morahiÇi, comme qui dirait almoravidicii. Le portugais a mararedim et nuirabllliw. La forme provençale vuindmli vient directement de l'arabe et confirme la connnunaulé d'ori^'ine de miiritbout et iitunin'Jis.
SL\RCASsiTE. Pvritc de fer. Esp. imirqiipslla, autrefois marfrt.ri/rt, portujj. marqiuKtl'i, ital. mairassita , bas lat. marchiisiln. De l'arabe LtUiJL^ mniujaciritli'] , que Boctlior écrit lkjyij« martjdcirit'i . en persan, «-i^yij-» marqncJilcha (Ricliardson). La première orlliograplie est celle de Razi (nian. déjà cité, f(d. 5o recto) et celle du traité d'alcbimie de Djabir (Géber), man. n° 1080 du suppl. arabe de la Bibl. nat. folio 5 recto ol passim, et en jjénéral la seule (]uej"aierenconlré(> dans les manuscrits. Aussi je soupçonne fort le aA>wJw« umrqmlncha ci -dessus d être une lausse lecture, causée par la facile confusion du o th avec le ji ch.
Marfii, ou MoRFiL. Ivoire. Esp. mnijU, |)0rlujj. marjîm. On trouve aussi les formes olmajl, alimijll (x' si(klc). Les Arabes appellent l'ivoire JjJii\ cjU mlb (il-JU, dent de l'élépbant, et c'est de là qu'on a voulu inxv mai fl, étymologie acceptée des uns (Diez, Defréinery), repoussée par les autres (Engelmann, Dozy'). L'origine reste donc incertaine. La syllabe finale semble bien être l'arabe Juj fil, éléphant; mais peut-être la première partie est-elle un mot asiatique ou africain, étranger à l'arabe et ayant le même sens que lulh, dent.
H y a, en vieux français, un terme qui n'est pas sans offrir quebjue analogie avec la première syllabe de marfii. C'est le mot mire, défense de sanglier (d'où sanglier iiiirc, sanglier de cinq ans, déjà muni de ses défenses), correspondant, comme sens, à l'italien sauna, zanna (qui est l'arabe ^JM^ sinn, dent). L'origine de niivc est inconnue.
Markab. Etoile a. de la constellation de Pégase. Le l'arabe i^j* miiiLiib, monture.
Mascarade. Esp. et portug. maHcara, masque; ital. mascliera, même sens. Il a été surabondamment démontré par divers étymologistes, contrairement à l'opinion de Diez, et notamment par .MM. Malin et Dozy, que mascara et masrlicrit ne sont rien autre ([iie l'arabe ëy^sr^ mashhara si- (jnifianl boujfon , farceur, liislrion; plaisanterie, drôlerie, mo-
MAT
qneric. Je crois inutile de reproduire les arguments exposés en détail dans le Glossaire de MM. l'^ngclnianu et Dozy. (Voy. p. Iloi et suiv.)
11 y a longtemps que Chardin écrivait, dans son Voyaue en Perse. : «Ils (les Persans) appellent ces sortes de (hverlisscments mffiTrtrc, c'est-à-dire jeu, plaisanterie, raillerie, représentation, d'où est venu notre mot de mascarade. » (Edit. Smith, p. a/ia.)
Massore. Travail critique fait par les docteurs juifs connus sous le nom de Massorètes, pour fixer le texte de la Bible. De l'hébreu nnlDD masôrah, tradition, lecture traditionnelle.
Mat. Terme du jeu des échecs. (Voy. Échec.) Mat, adjectif, au sens de terne, vient du mal des échecs, w Dans les anciens auteurs, dit M. Littré, mat signifie las, liumilié; c'est de ce sens qu'on est allé au sens de Irriie, qui paraît très-récent. » L'espagnol a mate, couche de blanc avant de dorer, qui est assurément le même mot. Il ef' remarquable qu'en hindoustani le terme cyL» mât, importé du persan, a aussi les deux sens : check-male; mtonished, confounded. (Sluikesj)ear, Dict. Hindust. and Engl.^
Matamore. Silo [)onr le grain. «Les Maures et les Arabes, dit Ravnal-, serrent leurs grains dans des matamores ou
magasins souterrains La forme des matamores ne
difl'ère que peu de celle de nos puits.» C'est l'arabe iijfyjk2^ matinOra , fosse soulerrame, silo.
De ce mot vient l'espagnol mazmorra, cachot, fosse, prison. On peut voir, dans la Relation du sieur Mouette^, qui fut captif au Maroc de tfiyo à 1681, la description de la mazmorra où on le renfermait la nuit avec les autres esclaves : «C'étaient de vrais silos creusés sous terre . . . on faisait descendre les esclaves dans ce trou -par une échelle de corde. »
Matassins. Esp. matachin, portug. muchachim, ital. matlacino. M. Dozy dérive ingénieusement ces mots di' l'arabe *iw^ ouadjh, visage, employé dans le sens de masque, d'où
un verbe *^y taivadjdjah, se masquer, et enfin le participe »^y^ moutaivadjdjih , au pluriel y^=^^x« moutnivadjdjilûn, personnes masquées, matassins*. (Voy. Gloss. p. Sog, 3io.)
Matelas. Esp. et portug. nlmadraquc, prov. almalrac, ital. matarazzo, materasso, bas lat. almalracum, materacium, mntnricium , (dmalricium, vieux fr. materas, mathelas, matterat, malelat. De l'arabe ^jti.* matrah, lit, matelas, dans Boclhor. Ce mot vient de la racine ^Ja tarah, jeter, qui a
' M. Dozy dit qun, dans IVxpreision nni al-fil, le génie delà langne ne pormct pas de siipprimur l'article et de dire nabjll; cependant Boclhor traduit le mot dont il est ici question par J-j ^ tiimfit, expression tout à fait pareille à la forme contesli.'C. Et, en onlru, il existe un certain nombre de moU composés, tels que i^^ mà-ouard, j^yiJ benzeher (loupe, litlér. filx ilu jmivin), etc. oij l'article manque. Il n'y a donc aucune impossibilité ù ce qu'on ait dit nab-fi).
* ilitl. fibitut, de» Ulula biiflnipuiuct , f'dil. l'eudi'l, t. 1", p. ij.
' Dans h Tour du monde, t. I", p. 310.
' Citons pour mémoire l'expiicatiou suivanle ; (tll y eut vers i38'i, en Provence, une sorte de Jacquerie dont les tiop nombreux associés éliiient connus sous le nom de («c/iiiis ou coquins; et dans quelques parties du Midi, sur le territoire de Bonnes, i)ar exemple, on appelle encore nmlnurhiiis (malt luchini) les brigands et les filous, n (Magasin piUormgiie , mimcro de février 187G, p. 55, d'après M. Pli. Giiaiid, Noies cttroiiuliijj. pour senir à l'Iiiiiloire do Bornics, i85y.)