‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 612 sur 638 · MOI · texte numérisé non relu

MOI

du verbe cliaiiali . être changé, modifié, (^'oy. Miiiik, Palestine, p. 607.)

MiSTiQCE ou MisTic. Calai, mcstech, esp. mixtico. Sorte de barque. De l'arabe ^*»-« mislah, plateau à porter le pain, grande poêle à griller le blé, etc. dans Colins, ou mosaltih, barque armée. (Voy. Dozy, Gloss. p. 3 1 i , 3 i .^.) Je présume que les deux mois ont dû se confondre dans l'usage, sans quoi mosattah eût difficilement dt-nié mistic ou mestecli.

MoBED. Ministre de la religion de Zoroastre. En persan iSjyo monhed.

MoiiARREM. Premier mois de l'année musulmane; maharram dans les Letlr. pers. de Montesquieu. En arabe

j.'lisî mouharram, qui signifie sacré, interdit (de la même racine qui a donné harem), parce que, avant Mahomet, il était interdit de faire la guerre durant ce mois.

MoHATRA. Sorte de contrat usuraire. Esp. moliatra, porfug. mofalra. C'est l'arabe i^^ moklultara, hasa.d, chance, risque, pari, ainsi (pie l'indicjue le Dictionnaire d'Ellious Boctlior, qui traduit moliatra par Sjh\:^ ^ ht mokliatara, litléralement rrnic hasardeuse. Cette étymologie est appuyée par MM. Uefrémery ^, Dozy'*, etc.

Moire. Ce mot a signifié primitivement une étoffe en poil de chèvre ou d'autres animaux. Quelques élymologistes ont voulu le tirer de l'anglais mohair; mais les meilleurs lexicographes anglais tirent au contraire leur mohair

du français moire ^. Boclhor traduit moire par JÂ^ mokhai/yar, et ce terme arabe paraît être la véritable étymologie. Il correspond à l'italien mocajardo ou mucajardo, « una

sorte di tela di pelo. m Z^à. mohhaijijar, comme bien cFaulres expressions, manque dans Freylag; mais il est dans liichardson : rA kind of coarse camelot or hair-cloth», et dans Meninski : «Cilicii panni telœve vilioris species, capripilium. ri

Moïse. Terme de char|)f'iil(' ; pièces de bois plaies assemblées deux à deux, parallèlement, par des boulons, et servant à maintenir la charpente. Je suis porté à croire que moise, moisine (comme on disait au xv° siècle), représentent l'arabe t5)'p« motrâz'i, parallèle. M. Gaston Paris a fait remarquer que moise peut correspondre au latin inensa, table, comme toise à tensa. Cela est vrai; mais ])ournuoi ces deux pièces parallèles constituant la moise (il n'y a pas de moise .sans les deux) auraient-elles été a[)pelées mcnsa? De [dus, d y a en espagnol un vieux terme de charpenterie, musa, apparemment ideiiti(pie à moise, qui ne peut venir de mcnsa, et que M. Dozy re;;arde aussi comme une altération de t^)!^ mowazî. Mon hypo-

' .M. Dpfrémerv me si(;n.ilc Jl-.» avec le .snn.s (Je mas.sue des pelilcviln ou

lllllniirs.

' l.'aiilriir de riiiilct qui Ipiiniiic Tédil. (les Lctir. /iits. (le Montesquieu par Andn: Lcfévre, ra]p|)rorlic miiza de mard J-«, liomuic. C'est une erreur à corriger.

' Jourii. asial. jauvier iHC):!, p. (ji.

' GIqh.1. p. 3i0.

' Voy. par exemple le Dktionn. de .S.iniiicl Jolinson (pii difinil le mol : cïliread or sluff made oframel'.s or olller liairi, et donne pour élyinolojjie le français mouairc. Voy. cependant l'aiticle moire dans le Dicl. de M. Lillré.

M QIC

tlu'se reste donc assez vraiscinlihiMe. J'njniilerai qu'on trouve (imnise comme synonyme de moixc; Yti initial représenfernit l'arlirlc aral)e ni.

Moka. Espèce de café, lire son nom de la ville du Yémen nommée en arabe ^ Mokhâ.

Mollah ^ De l'arabe Jj^ mnull, maître, sci;jneur, maf[istral, écrit souvent i[y« et prononcé vuij;ain'nient en Turquie mollâ. C'est de ce même mot, suivi du pronom ^^ i de la première personne, iS.'^y» maitlû-î, mon seigneur, que nous avons iait mulcy, titre précé-dant le nom des empereurs du Maroc et souvent pris à tort pour un nom propre.

MoLocii. Dieu des Ammonites, dans la Bible. En hébreu, TjSe tnolck, mot phénicien qui a ses congénères dans toutes les langues sémitiques, avec la sifjnificalion de possesseur, maître, roi; la dernière voyelle est changée en 0 dans la traduction des Septante, Molôx, et dans celle de saint Jérôme, Molocli, d'où nous l'avons pris.

MoMir. Esp. momia, porlug. inoiiiin , ryunnia , ital. nnimmln. De l'arabe xv«j^ ou Lv«j-« motimhi, qu'on tire de l'arabe-pcr^an ^y motim, ewc.r.Mumie est persan, dit Chardin, venant de moum qui signifie cire, gomme, onguent'^. Ti

f^La médecine. ... fit jadis usage de la momie (ou vnimw) dans plusieurs maladies, soit qu'elle espérât en tirer (piolque avantage |)Iiyslque, soit plutôt qu'elle voulût agir sur l'imagination des hommes, souvent plus dillicile à guérir (pie le corps. Mais les momies du commerce ne sont point d'anciennes momies égyptiennes; ce sont des cadavres préparés par quelques Juifs et Arméniens qui cherchent îi (irer [)arti de tout.. . On emploie aujourd'hui cette momie en ap[)ât pour attirer les poissons.!! (Virey^.)

La mumie ou momw des alchimistes (amalgame de plomb) est le même mot.

MoniNGE. Arbre d'Asie. Le Moriii/ra oleifera est le même que le hni. C'est l'arabe g^-* |irononc(' mrrnedj par Golius, (pji le donne pour une espèce d'agallocbe. Agalloche ou bois d'aloès est une expression vague [lar laquelle on a d(''signé un assez grand nombre de bois de senteur ou de végé'laux d'ori{[ine orientale servant à la parfumerie. Dans Richardson, »«/;•««/;' devient ^yi inirnnh , et, dans Freytag, il se transforme en moraniinh. Le mot vient de l'Inde; Léman écrit mormgha, morunijn , moniiiirii.

MoiiTAisE. Esp. martaju. Je pense que ce mot, comme (luelcpies autres termes de l'art du char|)enlier, nous vieril

de la langue arabe. Le verbe jj razz signifie plmitcr, insérer; il se dit, par exemple, de la sauterelle qui plante

son oviducte dans la terre pour y pondre ses œufs, i'^^ r(i::ii est dans Mcninski «foramcn ferreum que pcssulus

MOU ni

evcipilur vcl sera", ce qui est tout à fait l'un drs sens particuliers de mortaise, réouverture pratiquée dans une gàijie pour recevoir un pênen; c'est la gâdie elle-même dans Boclhor et dans Cherbonneau, et M. Dozy lire de là l'espagnol (ili>-ua:a qui est certaini-menl noire mol [puhe'^. Mor. taise serait un participe de la huitième forme du verbe On trouve en efTet py» monrUizz avec le sens de vlanlé , Ji-vé, tnsih-é, ce qui conviendrait mieux à tenon qu'à mortaise; mais il est à remarquer qu'on disait autrefois trnn de mortaise; comme dans ce vers de Villon, cité par M. Liltré:

Les vy Inus deux |)ar un tioii tic mortaise.

Ajoutons que la forme es|)agnole mortnjn représente très-exaclement le féminin arabe ijjy» mourtazza; car le j z arabe devient un y en espagnol devant la voyelle a'\

Mortnjn n'est pas dans le (jiossairc de MM. Engelmann et Dozy.

MosQuÉc. Esp. me:(jiiitii, porlug. mesquila, ital. mesehila, mosca. De l'arabe 4X^.« mrsêjid, lieu de ju-ière, oîi on se prosterne, du verbe J^ scdjnd . se prosterner.

Morciu:. Muletier, loueur de mules. Esp. ahnorrere, portug. almofjueire. De l'arabe ^^^LC* mokûri, conducteur ou loueur de chameaux.

MoiJssKi.iN. Officier turc d'un rang secondaire, est le lieutenant d'un pacha (Bouillel, Seiene.). (j'esl l'arabe K»*^ moiisellim, qui sauve (de la même racine (pie mumilmnn), pris chez les Turcs pour désigner le lieutenant d'un nouveau pacha, chargé d'aller en avant prendre possession du pachalik. (Voy. Mcninski.) La forme régulière est |w»,J0«.

Mousseline. Esp. nniselinn, p(wlug. 7niisselinii. miirsiliiur, ital. mtissolnia. \)c VnrAm ,J~>oy> m nii sel i . adjectif forini' sur le nom de la ville de Mossoiil, Mosid ou Mosi^l, Jua^il nimiiiisel (D'IlerbeloI ('crit moussaiy kTous les drajis de soie et d'or qu'on appelle mosnlni se font en ce lieu (Mosul), dit Marco Polo". Les plus forts marchands qu'on nomme mosiilin, qui apportent de grandes quantités d'('[)ices pn'cieuses, sont de ce royaume.!! L'c'dileur, en note, dit (pie le second mosulin est probablement une corruption de miislimin, musulmans. Je croirais tout aussi bleu (pTil est identique au premier et signifie //(;».9 de Mosul.

Mousson. On a dit aussi monson. Esp. monzon, porlug. monrâo, ital. înussone. De l'arabe prwj-« ?«««,?//«, ('po(jue fixe, fêle, foire, et aussi « saison favorable pour le voyajfe des Lides''. n Les hal)ilanls de l'archipel Indien prononcent moûsim et emploient le mot dans le sens de saison, comme dans cet exemple (jue je prends dans le MnliOla radjn . un des ouvrages les plus estimés de la littérature malaise :

A) (jiMjl.i y*^ }) ("^y Ô'''^ u''^ '~*^' {j^y^ rt^y» aIjJJ ôtjj

' Monlcsqui(!u {Lellr. part.) écrit souvent mnilak. ' Vny. m Perse , ('dit. Sdiilh, p. 19g. ^ Diil. iVhisl. nul. t. XXI, p. .il 1.

' Pour expliquer le cli.ingcmpnt de ^ »■ en ;,', "ii peut cntijucliirer que cet a (•lé accideiilelleiiicnl j;rassey(>, et par buile conloiidu a\ec le i i/ti , (jcie

les Aral)ps ocridcnlaux prononrent r, mais que l'espaf;nol transcrit par r.

{('S. yn::in — frazia.)

' Vov. Vhtiroduct. du ()Ui»$. de Dozy, p. t|).

' '•'.'/"/,'• "xcetmod. publiés par M. Cliiiiluii, (. Il, p. a^a.

' Vijy. Dozy, (jloss. p. 817 et suiv.

F2 MOZ

o*«L. «Mais passe la saison des pluies [vwûslm hoûdjan) et arrive la saison de la sécheresse (nioûsim kamlrou) avec une chaleur extrême', w

Mozarabe. Esp. mozarabe, muslarahe, portujj. mozarabe, musarabe. «Par ce nom on désignait les chréliens (|ui vivaient au milieu des Maures, et en particulier ceux de Tolède, qui avaient dans cette ville sL\ églises pour y exercer leur culte. 11 dérive de t-)ytx«M>« mosUi'rib, arabisé, nom que les Arabes donnaient aux tribus étranjjères qui vivaient au milieu d'eux.» (En^elmann, Glossaire,

McEzzis. Esp. ahmtedaiw. De l'arabe yiy» mouedlulhin ou inoiiczzin, celui qui appelle à la prière, dont la racine est ^^\ oudlm, oreille.

Mufti ou Muphti. Esp. etporlug. mufli. De l'arabe (s^ moufn, jurisconsulte, celui qui donne un ^^^feliva, interprétation de la loi.

McLÀTRE. c On appelle <yJiy» mouallad, celui qui est né d'un père arabe et d'une mère étrangère, ou d'un père esclave et d'une mère libre. C'est, je pense, de là et non de mitlus que vient en espagnol et en portugais mulalo, en italien mulatto, et en français viulàtre.v Ainsi s'exprimait Silvestre de Sacy dans sa Cltrestomnlhie arabe (t. II, p. 105). M. Dcfrémcry - et M. Engelmann avaient adopté celte dérivation. Elle a été combattue par M. Dozy, dont on peut voir les raisons, p. 384 du Glossaire.

MiSACÉEs. Famille de plantes dont le bananier est le t\po. Les botanistes, prenant le nom arabe de la banane ji^ inauz, i'^yt mauza, l'ont latinisé sous la forme inusa;

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