‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 613 sur 638 · NAG · texte numérisé non relu

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de là le nom de musacées. La fruiili' du bananier était connue chez nous avant le fruit, parce cpi'on s'en servait en Orient j)our envelopper les pains de sucre e\[)édiés en Europe: t^Musa vulgo dicta intcr palnias videlur recensori posse», écrit Jean Bauliin au commencement du xvii° siècle; Roritur in .Egyplo et Cypro; cujus folia in llalia visuntur sacchari panes convestientia '. »

11 est à peine besoin do dire que l'opinion mentionnée par M. Littré ', d'après laquelle ce mot serait une allusion au nom de Musa, l'ami de Virgile et d'Horace, médecin de l'empereur Auguste, n'a aucun fondement. Musa, qu'on trouve aussi sous la forme amusa, ne remonte guère, comme nom du bananier, au delà du xvi' siècle ou de la fm du xv% fuMauz seu muza dicta ^gyptiis», dit Prosper Alpin.

Musc, nom donné à quelques figues d'Egypte plus douces que les autres (Litlré), est évidemment le même mot mauz.

Musc. L'espagnol almisque, almizcle et le portugais almwca;' viennent assurément de l'arabe JuJlt al-mish, même signification; mais notre musc et l'italien musco, muschio, sont le latin muséum (qui est dans saint Jérôme). Celui-ci et le grec {ihGyoi viennent d'ailleurs de l'Orient. L'arabe >iL»^ m\sk est d'origine persane.

Musulman. Esp. musulman, portug. musulmano. De l'arabe i-,MQ7nouslim, pluriel ,ja^>„.,<.^ moushmlu, qui fait profession de l'islam. (Voy. ce mot.) L'espagnol moslcmita, [)ar contraction mollita, renégat, a la même origine, d'après M. Dozy^; mais M. Defrémery aime mieux rattacher ce mot à moslimy, plur. mcsalima, qui, d'après Et. Quaf remère (5i(/f. Mamcl. t. Il, ù' partie, p. 66), désignait, en Egypte, les chrcliens ou les juifs convertis à l'islam''..

Nadab. Esp. nabab, portug. nabaho. C'est l'arabe oljj noivab, pluriel de 4-oLi n'Tib, lieutenant, vice-roi. Le mot nous vient de l'Inde. Le pluriel a été employé pour le singulier, ainsi que cela arrive souvent en hindoustani, pour les mots d'origine arabe. (Voy. Defrémery, Revue critique, décembre i868, p. Aïo.)

Nabathée>. Adjectif formé de h,^ nabat, plur. laLiJ anhâl, nom que les Arabes donnaient aux Nabatliéens.

Nabca. Fruit d'une espèce de jujubier. Chez nos botanistes, le mot s'écrit aussi iirhca , nalujuk, nahach. nnpeea, nabcca, iicbbel;. C'est l'arabe xLù mibiqa, ntbtja, Ubaninus nabcca. dans Freytag.

Nacaire. Ancien instrument de musique militaire, sorte de tambour ou de timbale. Ital. gnarcarc (qui est le giiacare de Molière, dans la Pastorale comiquey. bas latin, mcara; bas grec, dvolxoipix. Ce n'est point, comme on la dit, V OiV aha y>JLi naqlr ou^^b mlqôr, qui signifient trompette, clairon, mais le persan s^Liii, en arabe a^Uj naqâra, timbale''. Arabe ou persan, le mot a pénétré, en conservant sa signification, non-seulement en Europe, mais aussi dans une partie de l'Afrique, notamment en Abyssinie et chez les Laloukas des bords du Nil Blanc, au sud de Gondokoro , comme on peut le voir par les passages suivants : «Cepoiulant la grande tymbale ou nagarcet, qu'on appelle le Lion , fui portée devant le palais. » (Bruce, ioijage en Nubie, édit. Panckouke, t. 111, p. ^ig)- — ■

' É'I. de Hoorda van lsijn|;.i, p. ri .

• Mnn. d'Iiitt. orient, p. 3.3?i.

' llistor. plmilanim univertatit, l. 1", p. i5o. Cel ouvrage n'a lilc public (iGôn) que Ircnlc-sepl ans .iprès la mort de l'auleur.

• Dictioim. an mol muiacéet.

• Clo3». p. ;i3o. M. Dozy cite encore (p. 333), comme dérivé de motn-

lim, un mot wiic/chio donné par Ber{;anza avec le sens de burbmo, ruslico: muta si[;nillant Tsarracenoi csl probablomcnt une altération du même mol.

' Ilei: dit. décembre 18O8, p. iio.

' Boctbor. aux mots («miioHC cl timbale, écrit ï.Ùj par un double j q, naqqâra. l'autliier. dans son édition de Marco Polo (t. 1", p. a45) compare naqûrii au sanscrit anultat%.

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