NAD
«Un jour, les tioffuras l)iil(ont, les Irompi'dps sonneiil.» (Siiiii. Wliile Baker, Voi/dnv à l'Mlieii Mmiui, dans le Tony du Momie, i" seni. tSGy, p. i3.)
Le nacairc faisait aussi partie de la niusic|ue royale des princes malais de Malacca : jjLû jiy>i ^^Uji ej;)jA« Jl=w
jljo t5»*-*J c3Jt« i-yjS (ji.U>.^ oJl /jA>J<X»M ^»*i oÀCTà Ctbl
la lettre venait de Pasey ou de llarau, elle t'Iait reçue avec tout l'appareil royal, tambour, llùte, trompette, iingâra.n i^Clwdjarat Maltnjou, p. ii^a du texte malais publicî par M. Dulaurier.)
Nadir. Esp. portug. ital. utulir. C'est l'arabe -Jài «adhh', opposé à, en face de. Dans le lanjjage astronomique, vadhlr se dit d'un point diamélralenienl opposé à un autre, ou, si l'on veut, sépan' du premier par un arc de i 80 degrés : Syflsjj jlky-Jt Jjl r. la première étoile de rKcrevisse et son nadir, n Sur la s[ilièrc terrestre, nadlûr serait synonyme d'antipode. On voit que notre nadir est une abréviation de cx<uJlwJàj iiadhir es-semt, opposé au zénitb.
NArFE (Eau de). Eau disliil('ede fleurs d'oranger. Esp. nafa, ncja. r. Flores decerpli etiani per maria in lonipnqtias regiones perferuntur, et aqua quoque (piam tiii/fam vocant, fragranlissimo odore, o\ iis parata arte dislillatoria. w (Jean Bauliin '.) Ue l'arabe iCsSo luiflja, odeur-. Le persan Aili nnfch, (jui est [)euf-èlre le même mot, signifie îy'sicule de juusc; de là vient nnfé, fruit de la kelniie. (Voy. Abelmosc.)
Narguileh ou Napguile. Pipe orientale. D'après Et. Quatremère, du persan J^S^lj nârgifd, cocotier, noix do coco. rU a pris ce nom parce que la capsule qui renferme le tabac est formée d'une noix de coco ou, du moins, en a la figure'. ;; Dans la pipe syrienne appelée chuclirt, d'après M. SpoU '', le ilacon de cristal du narguilé est, en ellet, remplacé par une noix de coco.
Natro\. Esp. nnalroii. De l'arabe jj^^ nnlroûn, avec l'article «H pour r(/, an-natrofin, soude rarbonatée native, dont l'Egvpte fournit une grande quantité. Les alcliimistes écrivent aussi anaton, nalaron.
Nh-nur-ASiT. Étoile /3 de la queue du Lion. C'est une forte altération du nom arabe J^Awill t^i dhcneh el-nsnd (ou dhcuchou'l-asad) , la queue du Lion. On trouve encore les formes moins altérées dcneh aleclt, deneh (deeed.
Ne«s. Nom donné j)ar Biiflbn à l'icbneumon ou mangouste d'Egypte. C'est l'arabe ^JMdé iiinin, mènic sens.
Né.nufar. Esp. et ital. ncnujar. De l'arabe-persan y^j^aj
NIZ
mlofifir ou jiy^ n'uiiuifir. iiK'iiie sens. Frcytag indupic la prononciation nei ou lieu de m pour la première sjllabe. l'Jymologi(|uement, celle-ci est la meilleure, si, comme je le suppose, jijXy mloûjar est un composé de Juo nd, indigo, et jy iwiifar, autre nom persan du nénul'ar, lequel, du reste, est aussi passé dans la langue de nos botanistes, nuphar jaune, nujdiar luteum-'. Dans cette liypotbèse, Icnilovjhr (pour nil-nmifur) aurait él(', i\ l'origine, le nuphar bleu, sorte do nénuphar ipi'on trouve en l'l|;\ [ite, en Perse et dans l'Inde, dont la racine est comestible, et dont les fleurs, d'un bleu tendre, servaient autrefois à faire des couronnes °.
C'est probablement au botaniste et médecin Otto Brunfels, mort en i53/i, qu'on doit l'introduction du mot nenuphnr dans notre terminologie botaniipu'; ses contenq)orains ont conservé longtenq)s l'ancienne di'signation latine nijmphœa'' : t^Nenupliar pro nymplia'a capitur Arabla^n, dit un commentateur de Dioscoride **.
Nkskiii. Transcription de l'arabe ^:i~o ncsUih nom de l'écriture ordinaire des Arabes.
N1CIIAN. Décoration turque. Du persan yUj nichnn, mar(jue, signe, insigne.
NiL-GAUT ou NïL-r.iiAUT. Quadrupède du genre antilope, dont la robe est d'un bleu d'ardoise. (J'est le |)ersan J^ jlS ml-jrfio, formé de Jaj ml, indigo, bleu (voy. Ami., Nii- NUi'iiAn), et do}^^ gâo, bœuf, vacbe.
NiPA. Arbre des îles de la Sonde, type di" la famille des nipacdcs. Du malais <^*>j nîpah, sorte de palnnCr à Iruit comestible.
NizAM. Titre du roi du Décan, dans l'HindousIan. De l'arabe JJài nidhdm, rpie les Persans et les Turcs prononcent nizilm. Ce mot signifie proprement ordre, arrangement; chez les Persans, on qualifiait le grand vizir de eUil -llii nizâm al-moidh, ordre du royaume.
Dans l'empire ottoman, on ap[)ello «1":^/» les soldats qui composent la première levée, par opposition aux rêdifx qui forment une espèce de land\v(,'br. (Bouillet, Seiene.'j l'u'dift'sl l'arabe om^^ redlf, qui vient après, qui vient à la suite.
NizERÉ. Essence de roses. «Quoiipie l'essence qui se fabrique au Levant soit aussi d'un grand usage, celle dilr' ni:erd ou de roses blanches de Tunis, jouit d'une réputation supérieure." (Peuchet''.) C'est l'arabe-persan ^.y^ nisrln, qui désigne la ro*e Hu/s^yi/t'c'". tt Celte espèce croît spontanément dans le Levant. . . A Tunis, c'est avec sa
' //i»l. plant, univcrt. t. I", p. 99.
' Dcfrëmery, Journ. asiat. janvier iSfia , p. g3.
' Journ. des Sni). j.nnvier 18'iS, p. /i3.
* ^"yS'^ "" Liban, dans le Tour du Monde, i"sem. iSOi , p. 3, note.
• M. Litlré cite miJme un vers de Ronsard où ce terme est cmplojé :
Le blanc ncufart à ia longue racine.
» Voy. lîosc, D'hI. d'hist. nul. i. XXII, p. 497. — Nil, avec le sens de bleu, entre dans la composition de plusieurs autres mots orientaux (jn'on
trouve dans les dictionnaires. Tel est ntl-gaut ou mjl-ghaiU (voy. plus loin).
' Léman, Dict. d'Iiiat. nal. t. XXIII, p. l'io.
" .Marcel!. Vergilio. Dioscoridœ pharmacorum tibri VIII, SlrasLiuirj;, 1 jag, fol. ifl verso.
' llisl. philos, des t'iaUiss. et du commerce des Européens dans /' \jynjuc seplenir. t. II, p. na.
'" Voy. lîoi tlior et le Gazoph. ling. Pcrs. au mol rose. La traduction latine d'Avicenne ( liàle, 1 5.^0) donne aussi en note marginale , sur le mol y^;-^» l'ttia muichata (p. 976).
5'i NOR
(Imir qu'on fait l'osscnce de rosos; ollo en rontient une ]ilns jrande (juimlilé que toutes les autres. . . On l'eninloie aussi à i"al)rii|ner une excellente li(|iic'ur de table, le romolis bltinc.v (Un Tour'.)
NoiUA. Esp. noria, aiionii. aûnna; portujj. xont-; dans l'aneien espajjnol, miora, aJiuKfora. On n'a pas de peine à reconnaître l'arahe 'i^ys.\jnâ'ùra (avec l'article un-m'Ora), qui désijjne la même machine élévatoire. Le verbe y»i Hrt '«r siirnitie laisser jaillir le sniiff par saccadc-f, en parlant d'une veine; ce qui s'a|)pli(|ue assez bien aux norias, (orniéi'S d'une série de seaux en cliapelel ipii se remplissent au fond du n'-servoir et viennent se vider l'un a|irès l'autre à l'extt'rieur.
Ni(jiE. Ksp. portug. ital. uiica; bas latin, iiiicIki. C'est
l'aralie clisr miikhâ', proposé par Bocliart et ra|)pel(' par M. Dcl'n'inery. (./"«'■«. «siVi/. août tSiiy.p. iSi.) .^oulclnf, lidiculement (li'liiii j)ar Freylaj; ', dési'jue la moelle èjiiiiièir. Va c'est là précisément l'ancienne si<jnilicafion de niiijite. ainsi cpie le montrent les passajjes suivants pris dans le Uict. de M. Littré : «Spondille (vertèbre) est mi;; os percé au milieu, par leipiel pertiiis la tnujite passer (Lanfranc). «La nuque vient de la cervelle, ainsi comme le ruisseau de la fontaine *w (^Ihul.y «La nnc(|uc ou medull(! spinales (And)roise Paré). On peut joindre à ces exrnipK's le tercet bien connu de Dante :
K cniiie I [)iiii |iL'r tniiii' se iiuiii(iiica, Cnsi "1 siiM'aii li deiili jiHallio jn'ise La 've "1 cervcl s a^;;iiiiii;i; cnii hi nuca.
(lujinio, raiil. xwii. l.'n-. ii3.)
OcQCF, OU Oque. Poids usité en Turquie, en Egypte, etc. (i kilog. 260). Du turc *ïjl oqa, qui est l'arabe *asj ouqia, et ce dernier parait identique, étyniologiquenient, avec le grec ovyxi'a, en latin inicin, bien que la valeur actuelle de l'oque soit très-différente de celle de XoùyKÎa des Siciliens et de i'wjjcia des Piomains.
Odalisqce. Femme attachée au service des dames du barem impérial. Boisle, Nodier et quehjues autres lexicographes écrivent odaliquc, ce qui est plus conl'urme à l'étymologie : du turc (^i:>i^ odaliq, venant de Siji oda, chambre, logis ^.
Olibax®. Encens. Esp. et portHg. ohhano; bas latin (xi' siècle), olibaiium. On a proposé comme étymologie le frec à Xi'Çavoe, et le latin oleiim lihani, où oleum désignerait une gomme, une résine solide, fait sans exemple dans la terminologie pharmaceutique. Il est sans exemple aussi que l'article grec 0 se soit accolé à son substantif pour jias>er dans une langue étrangère. Si ce fait est extrêmement fréquent pour l'arabe, c'est que l'article arabe est invariable et fait pour ainsi dire corps avec son substantif, tandis que l'article grec prend des formes Irès-diflerentes suivant les cas. ce qui ne permet pas à l'oreille d'un étranger de le considérer connue partie intégrante du nom.
Il me semble plus raisonnable de regardei oUhan comme représentant l'arabe y-s'Ji al-huhan, l'encens, dont l'article al ou el .serait devenu o/.-On a des exemples de chan-
gements pareils dans olifant pour l'Iépliant, ohnafi à côti' de idnidfil (voy. MAnriL), olinde pour alinde, et oiranète jioiir alkanète, si du moins ces deux dernières assimilations «pie je propose plus loin sont exactes.
Du reste, loiiban est identi(jue à Xtêavos, ainsi (pie nous l'avons dit au mot BeajoiiN.
Olinde. Sorte Je lame d'épée, que les uns font venir d'Olinda (Brésil), les autres de Solingen (Allemagne). A mon sens, olinde n'est autre que l'espagnol alinde, alhindv, aljinde, qui signifiait autrefois acier, miroir métallique, et qui vient de l'arabe »XjLgJI al-hind, les Hindous. On peut voir, dans le Glossaire de M. Dozy (p. i4q), comment le nom des habitants de l'Inde est devenu synonyme d'acier. iXJL^I oUw seif al-hind, sabre indien, est une ex-pression fréquente dans les Aventures d'Antar, pour marquer une arme de qualité supérieure; «xi^ mohannad, indianisé, sif^nlûe fabriqué avec du fer de l'Inde. Quant au changement de al en ol, voy. au mot Oliban.
Orange. Es[). naranja, portug. laranja, ital. arancia, aranciu (dialecte milanais, varan:, vénit. naran:a), bas grec vepdvzliov. Les formes qui ont perdu le n initial l'ont sans doute laissé tomber par suite d'une fausse assinnlalion au n de une, iina; une narange, nna narancia, n'ont pas eu de peine à devenir une orange, una arancia. Tous ces mots viennent de l'arabe ■f^\j narandj, persan 3j^\j narcntf, même signification.
Oranijc, autrefois orenge, a dû subir l'influence de or.
' Dict. d'hùt. mt. I. XXIX, p. '170.
* Celle forme a élé oiililiée il.nns le Glossaiie de M. Dozy.
* -Kiliim album, qiiod dccurrit a collo aniinalls, exil a reieliro et iiido per (oliini corpus deducilur in pliires rarnos.i dit r.niiloiir d(i Lc.riion aiiihico-latinum. Il «-(ait si simple de dire meilnlln spinalit, qu'on se demande si Frevlag a bien compris le sens de gU». Voici un evempii' du mot, pris dans li.izi. qui ne lui aurait laisse aucun doute: vJ^âJI JLL»1 j cijÛI w)-»j>. fXxJ\ US} iL.*JI (j* t^-i lj~» jr-i-'j Ir-ïi' ''Le créateur a place au bas du in'ine une ouverture par laquelle il a fait sortir une porlioji d» cervelle, qui «l la nuqne.i (Man. déjA cité, fol. 7 recto.) Le médecin pi^rs.in Al- Uucciai appelle la nuque la queue de la cercetle : u;«~.cUj J^-> £-^
(Man. n° ^.'iij du supjil. persan de la Dibliollièque nationale, fol. 6 vereo).
* Celle |ilu.ise n'e.il t\w la '.raihalioii de ce pnssajje de Razi : èUjJI jjl iOj ci-^ST i<îl*i' j4-' ^'j^ £'^==^''.5 ••■ t^ *JyU: <■ La cervelle est c<ini]jpe une foiilaiue. . . , el la niupie est comme un grand lleuve qui en coule.?) {Ibul. q. êiipr. M. 7 verso.)
> Dans l'Asie Alineure, on appelli^o.'/ri une con.slniclion grossière deslitiee à servir d'abri aux voy.i{;eui's. (Voyage de .M. Dauzats dans l'Analolie, Tuitr ilit Mmide, i"seni. iS()i,p. ii.">.)
° On trouve aussi ohliitiw : «Prendre |)oix grecque, soulplire et olibane.n (L'A^riiiiUmv el Maison tusiiiiiic. dc^ M. Cbarles Èslienne el Jean Liebaull, docleurs en niédicirie, iGoi, p. 7J.)
on A
à cnusc dp la coiilour. (Voy. Litln'.) Oiisni! (jin' ]i' mdlam aitiTuin (le Virgile est le coinj^j el non ronin^je.
OnA\G-OLTAN. C'est l'expression (jjy* f;^' ôrini;r-}tnït(nn. p;ir lai|iielie les .Malais clésijjnenl celle espèce de sinjje; de dninif, liointne, et hoûtnit, bois, lionnne des bois. C'est à tort que (pielipie-; personnes écrivent outaiifr.
Onr.AM-TE. Plante tinctoriale oriijinairo de l'Orient. J. lîiudiin écrit orchancl'; on trouve aussi alhunel et (ilhami'-. l']nfin Bocthor traduit orcanèle par J>.*3I Us». Iiniiia al-ijhoitl, ce que nous rendrions par le licniic du dmble. De tout cela résulte pour moi la conviction (pie orcanèle
est le nu'nie mol ;u'Ml)e (pie liciiiic. (Voy. ce terme.) Ajoutons ([ue CliaJjn- l'iablil la synonymie des deux expressions tillidiiiiii , el-lniiiiic^.
Pour le clianjjement de <il en or, on reinar([iiera «pie l'article al devient facilement ar dans les langues romanes, et ([uant au passage de ar à or, on peut comparer arcaiisoii=orcaiisoH (voy. Litlré), armoire et ormolre, dans le langage du peu[)Ie, etc.
Ottomam;. Snrli" de sn'gi'. Dr tiiUnnan . nom de pi'ii|)|i% venant de jjU^* 'otlnmlii, nom arabe du ioiiiialeiir de la dynastie des Turcs ollomaiis.
Pagode. Du persan ».xCxj lionllrdè ou jioull.oudè, temple d'idoles, formé de oo Ijoul ou fout, idole, el de 8^ Mè ou koudi, maison.
Paxoanus. Arbre des Indes: type de la famille des pandanées. Du malais y^^ pandan. Les Malais aiment à mettre dans leurs cbeveuv les fleurs odorantes du yJ^ jjjijj l\j jiaiiduH ouii 11(11 poâdaq, aussi nommé ^^juj ranijici.
Pancomn. Mammifère des Indes et de rAfri([ue. C'est le malais ^j^ pciifffroîdinff; el ce nom, qui signifie rouleau (de ^^ {j'oïiliu<r, rouler, enrouler), lui vient de riia])itude qu'il a, lorsqu'il est aflaqué, de se rouler en boule, à la façon du bérisson. «Son corps se met en peloton, mais sa grosse et longue queue reste en dehors et entoure le corps roulé*.»
Pamou.x. Genre de poésie cbez les Malais. On écrit qiiebpiefois panloum par un m, mais à tort, car le mot malais est çjXXi panloun.
Papegai ou Papegaut. Perroquet. Esp. papamiijo, porluQ. , papairnio , liai, pnpagallo, pappairallo. On a donné de ce mot les étymologies les plus bizarres. Le célèbie iialuralisle italien Aldrovande voyait dans pnpaindlo une expression de la dignilé et de l'excellence de cet oiseau que ses talenls et sa beauté faisaient regarder comme le pape des oiseaux. Génin, dans ses tro[) spirituelles RkrêaUons ]>lilloloni(]UPS (t. I", p. /i38), su[)posait que pa])e<jaul, ortliograpîiié papemndt dans Anib. Paré, était formé d'un vcrijc paper, màclionner, prendre avec la bouclic, cl de ^auJl, bois, par allusion à l'babitude ([u'a le perroquet do saisir les branches avec le bec pour monter ou descendre. M. Defrémery, écartant toutes ces imaginations singulières, a fait remarquer que papegai et ses congénères sont tout simj)lement l'arabe Ujj babagluï ou bnhhaghâ, perroquet^. Meninski, dès le xvii' siècle, avait déjà suggéré indirec-
tement celte élymolog'ie, (piand il (raduisait l'arabe h(d>haghâ pav papairallo en italien, papegai en français, ^wyjrtgeif en allemand, papugd en polonais. Du reste, L-*-«-j habaghfl semble être une onomatopée faite sur le cri de l'oiseau, comme ara et cacatoès.
Au lieu de U^j babaglil, Boclbor (aux mots papegai, perroquet^ donne (jt-i-w babagli'lu , (|ue je n'ai pas vu ailleurs.
Vieillot, dans Viwlieh^ perroijuel du Diet. d liist. iial. de Déterville, dit qu'autrefois papegaul était le nom des |)erroquets, tandis ((ue perroquet se disait seulement des perruches; cela lend ;\ conlirmer la conjecture cjui dérive perroquet de perruque. Par une singulière anomalie, depuis BulTon , la famille de perroquets ([ui porte le nom scientifique da papegai ne contient plus que des espèces américaines.
Papou. Espèce de manchot {^Aptenndi/tes papua). Cet oiseau lire son nom du pays des Papous, d'où il est originaire. Papou esl un mot malais i^ paponah, conlraclion de fSji pouali-pofiidi, (pii slgiiKle frisé, crépu, el qui a éh; applifpn'' ;ui\ liabitiints de la l'apouasie, SjÂ'i t^j\ ôrung papniiidi, liommes crépus''.
PÀ(ii.'E. Le lalin paseha esl la Iraiiscrqilion de I lii'breu riDD ppsija, dont le sens primllif eslyws.w/rc, la Pà(piejiiive se célébrant en mémoire de la sortie d'Ejfypte.
Para. Petite moiuinle liirqiie valant environ 'i cenlimes. En turc, »jLj paraît, ([ui esl un mot persan signifiant pièce, morceau.
Pahsis. Adorateurs du feu. l"]i) persan, ^^^b ywn', persan, dont le pluriel yLs*»;^ parsijjân s'emploie dans le même sens que noire parsis. Pilrs'i est l'adjectif de j*,jIj pars, la Perse. Aujoiird'liui on écrit [iliis ordinairement ^y4^[i filrs, par un y!
' Ili/it. planlar. umven. t. III, p. 584.
' /)(>(. d'Iiiat. liât, de Dûlcrvillc.
' Sliriiiiiin iconex , p. 'i i .
» Dicl. d'Imt. liât, de Délcnille, l. XXIV, p. 458.
' J'iuni. umil. jnivii.T iSO:!, p. ijli.
' ttKii malais pima-imua siuiiifie chceeux bouclés ou frisé». Los Malais nomment pour celle raison la Nouvelle-Guinée Tanna-Papoua, c'esl-à-diri! Terre des honinies aux clievcnx frisvs.i (A. Mauiy, La Icrio cl l'homme,
PASTtQCE. Esp. alhu(leca, portug. albuclieca, patcca. Les termes alhudeca, alhudleca représentent assurément l'arabe .xàPvkJI al-hiiiikha^. qui a le même sens, ou son diminutif fl/-/'oi//fi7./i(ï. (Voy. Engelmann, Gloss. p. 7 4.) Mais il y a quelque dillicultc à tirer notre ])nsu\]ue du même mot, à moins qu'on ne veuille voir dans xt la représentation du double Is / emphatique qui est dans l'arabe. (Compar. estragon = n/-/(7rA7ior(H.) Remarquez cependant plus loin j>astar =palard.
Patache. Esp. patache, portiig. pataxo, patacho, itaî. patnjio, pafacchia, patachio, patascia, pattiasa. Il y a apparemment identité entre ces mots et l'arabe i^wit» balsa ou iUiJaj batcha, «navis bellicaji; et l'espagnol dhatoza (portug. olbctoça), sorte de navire, ne laisse guère de doute 5ur cette identification. Mais le mot cst-il venu d'Asie en Europe, ou a-t-il été porté d'Europe en Asie? Il n'existe pas dans l'arabe ancien, et sans doute M. Dozy a raison d'en rbercher l'origine dans le bastasia des Dalmates, cité par Du Gange. (Voy. Gloss. p. 70.)
pATAiiD. Ancienne monnaie dont on trouve aussi le nom écrit falart, pastnr; bas latin patanis, patardus. A côté de ces formes, on trouve les suivantes où le r est remplace par c, q : fr. pactac, pataquc, esp. patacn, patacon (d'oii notre palagon au sens de monnaie), portug. pataca, patacâo, ilal. patacco, patacca, Las lat. patacus. Les formes en c sont celles qui conviennent le mieux à l'étynjologie propesée par Mûller, et d'après laquelle pataca est l'arabe Ailieo bl-Vlqa pour ahoû-lâqa, littéralement le père de la few'lie. C'est ainsi en efTet que les Arabes ont appelé les piastres espagnoles sur lesquelles étaient figurées les colonnes d'Hercule, ces colonnes représentant pour eux une ienêlre, piqa. Dans Boctlior, ialk^^t Jb; r'ull aboîi-tâqa est la (^ piastre (réel) avec une couronne de fleurs.»
Kous avons un exemple de dénomination analogue dans abouqnel (mot qui n'est pas dans les dictionnaires) : «En 1700, dit Tournefort-, les huiles après la récolte ne valaient que 36 ou ho parais la mesure, ou tout au plus un abouquel, qui vaut Ai parats à la Canée, et As seulement à Relimo. n L'auteur ajoute en note : Abouquel, écu de Hollande qui répond à celui de France. L'abouquel s'appelle aussi aslani à cause de la figure du lion que les Turcs appellent aslaii. L'étjTiiologie d'abouquel a été donnée, voilà deux cents ans, par Chardin : f. Les écus et les demi-écus sont la plupart au coin de Hollande. Les Turcs les appellent asani (lisez arslaiii ou aslani,^V^^\), comme i\\ù diroit des lions, à cause que de chaque côté il y a un lion marqué dessus. Les Arabes, par .sottise ou autrement^ ont pris ce lion pour un chien et ont nommé ces pièces abou-kelb, comme qui diroit des chiens*.» Aboûkelb t-Jl^>jI signifie littéralement père du chien.