RAC
Hachette, rasquette, dans l'ancienne anafomie, ilésignc le carpe ou le tarse, et le porliijjais a encore nixijupid, carpe, jointure de la j)aunie de la main et du bras. En cliirouiancie, on appelle rusceltc ou rasselte l'endroit où plusieurs lignes transversales sont tracées à la jointure intérieure de la main et du bras. Tous ces mots, d'après M. Littré, sont des diminutifs du bas latin rac/ia qui vient de l'arabe. En cfl'et raclia correspond parfaitement à l'arabe As».lj 7-(lha, paume de la main. Mais rascctte, rasin'.ctle, et le portugais rasqtiel'i. ont subi, je pense, l'influence d'un autre mot arabe ^^ rousijh (^rasgh ?) cjui est le vrai nnm anatomiijue du carpe et du tarse: ^Ji\ ^^ UJ^ yljs^Jt^ Jâs-\ aajU' (j* ^-f (j^y^ • • -j^y ti' ' ''les deux fociles s'étendent du coude au rousijh .... le rotisgh comprend huit osn; jjàfti ijJù ^y« ^yt yby Jç^J! ^; sle rousgli du pied, lequel est composé de trois os-.?) Ces deux passages de Razi correspondent à deux citations de AI. Littré : «Les os de la racliettc de la main qui sont huit-' (H. de Mondeville); t^la rasquette du pied est coni|)osée de quatre os lyés ensemble avenanment;; (Lanfranc). Gérard de Crémone, du reste, explique ce i*»j rousgh par rasceta ou raseete.
.M. Dozy, soit qu'il n'ait pas aperçu, soit qu'il n'accepte pas les rapprocliements étymologiques que je viens de présenter, ne donne dans son Glossaire ni raqiieta ni rasqueta.
Raze (llude de). «Les Provençaux distillent en grand le galipol. Ils en tirent une buile qu'ils nomment huile de raze.ry (Rose'.) C'est l'arabe jji arz, nom qui s'applique au ])in et à divers autres arbres résineux. Le même naturaliste dit que le suc résineux du pin, séché sur l'arbre en masses jaunâtres, se nomme barras : n'y a-t-il pas là le même mot arz = raze ?
Eu espagnol, alerce, venant aussi dej[;ill al-arz, est le mélèze ou le cèdre.
RiZZiA ou mieux Razia. Portug. gazia, gaziva. C'est un mot que nous avons emprunté depuis peu d'années, à l'arabe algérien io^ls ghâzVi (prononcé en Algérie razia), incursion militaire. Ce mot. donné par M. Cherbonneau", manque dans Ereytag et Richardson, aussi bien que Sjyè ghnzxia, son congénère, qui a fait le portugais gazua. (\oy. Dozy, Gloss. p. 276.)
Réalcar. Vieux franc, rèngal . rtagal, csp. rrjalgar, ifal. risigallo. De l'arabe jUJI £^ rehdj al-ghâr, littéralement foudre de caverne, nom que portait l'arsenic chez les Arabes du .Maghreb *.
Rf.bec. Instrument de musique de la famille du violon. Vieux franc, rcbebe, esp. ruhel, portug. rabcl, rnhd, arrabil,
Rir.
raheca, rebcca, ital. ribcca, ribeba. De l'arabe oL^ rabâb, x>Ll^ rabilba. même signification'^. Il ne faut pas oid)lier que la dernière consonne arabe mal entendue par l'oreille est souvent altérée en passant dans les langues européennes. Quant au changement de à long en /. c'est une exagération de ce qu'on nomme Yimalé (adoucissement de a en e), laquelle est fréquente dans la péninsule Hispanique.
Rébi. Nom de deux mois, îe troisième et le quatrième, du calendrier musulman : en arabe »aj^ rebï', mot qui signifie aussi printemps; mais rebi premier et rebi second (c'est ainsi qu'on nomme ces deux mois) tombent successivement dans toutes les saisons, comme tous les mois de l'année lunaire arabe. Dans les Le///-, y^c/vs, de Montesquieu, le mot est généralement écrit rebiab, probablement mis pour rebiali.
Récamer. Rroder en relief. Esp. et portug. recamnr. ilal. ricamare {^esp. et portug. jwr/mo, ital. ricamo, broderie en relief). Ces mots viennent du verbe *'»; raqam, qui a la même signification et qui a donné aussi à l'ancien espagnol le verbe Hwr^omflr. (Voy. Dozy, Gloss. p. 3ic), 3 20 et 32g.) L'origine arabe de récamer avait été indiduée par M. Defrémery dais le Journal asiatique de 18G7.
RiîciF. Qu'on trouve aussi écrit rescij e! ressif. Esp. arracife. arrecije, portug. arrccije. De l'arabe v*a-»3^ raslj, chaussée dans l'eau ou sur un chemin '. L'identité de nrrecife, écueil, et arrecife, chaussée, a été reconnue par Diez.
Redjeb. Septième mois de l'année musulmane, en arabe t-.^^ redjeb. Nos écrivains du xvif et du xviii° siècle disent regeb, regheb.
Réis. Capitaine de navire. Esp. arracz, portug. arraes, arrais. De l'arabe {j>^) rais, chef, dérivé de ^j«lj ras, tète. (Mot resté dans l'espagnol res, tête de bélail.). On écrit aussi ra'is. «Le raïs maure, à la barre, crie aux rameurs. » (Tour du monde, i" vol. p. 21 5.)
RiBES. Nom botanique des groseilliers. Chez les anciens botanistes, ribes, ribasium, ribesium. C'est l'arabe (j«Ujj rlbûs, ainsi expliqué par Colins ; c Lapathi acetosi species, cujus rubicundus aciduscpie succus ad terlias coctus rob de j'ibes * vulgo dicilur. » On trouve aussi jUjj ribâz, ij^^y.) r'iwâs, en persan ^Ly ribiidj. Le mot est dans Razi: ylxJJ JiU ^;-^J! w le ribes resserre le ventre » (p. li'i verso).
RiGEL. Etoile de |)remière grandeur dans le pied occidental d'Orion. De l'arabe J^; ridjl , pied. wLa trenle-cin-
' Hazi, Atmantouri, man. di-jà cité.
^ ïiaz'i , iliiil.
» Dirt. irhitt. nat. I. XII, p. 388.
' Dirt. fr.-ayabe, au mot incurtinn, car razzia ne s'y lioiive pas comme mol frïinr:its.
* Voy. Dozy, Glost. p. 35a.
' «L'a a'nezé réciln-l-il des vers, il s'aroonipngne d'une espèce de nuitare appelée rébaba, seul inslniment de musiiiue possédé dans le déseit.n ( Voij. en Arabie, dans la collect. Smilli, t. XI, p. 3a 'i.)
' Dozy, Journ. asiat. i844, i" scm. p. ii3; et Knjjclmann, Glosa. p. i<j8.
' Kl mm ribus, comme dit Freytag.