ROM
«c'est une bonne chance pour Saïd.w Le qualificatif ^jj)« miirzofiij. pourrait presque .se rendre par noire expre.ssion populaire clinnrard.
Voyons mainlenant le sens de notre risque. Risque n'est pas absolument synonyme de péril, dunffer. Un exenq)lc de .AI. Lillré, pris dans d'.Vubigné, nous le montre dans le sens de coup de main, tcnlalire hasardeuse; presque partout, il signifie hasard, chance, il est vrai d'ordinaire en mauvaise part; cependant on dit fort bien : «Qui ris([ue de gagner risque de perdrez; courir le risque, tenfer le risque (dans Brantôme). Le portugais risco, l'espag'nol rie.'ifro signifient de même hasard; a todo risco, a todo riesp-o, à tout hasard.
Bref, 1(! mol arabe et le mot de nos langues convcrgml vers une même idée de chance bonne ou mauvaise.
Si mainlenant nous pouvions découvrir (pielque forme européenne munie de l'arlicle arabe, l'assimilalion que je propose ne laisserait pas d'accpiérir une certaine probabilité. Or cette forme, elle exisle dans l'espagnol arri.'ico, dont le sens est identique à celui de ri.ico et de riesgo, et qui semble la coj)ie exacte de l'arabe (^'•)J\ ar-ri:(j. Un aulrt! mot espagnol, arriscador, semble dériver de ar-rizij pris dans son sens ordinaire; un arriscador est «celui qui ramasse les olives qui tombent?;, c'est-à-dire, à ce «pie je pense, un homme pauvre qui recueille le fruit tombé comme un risij, un don fortuit do la providence (?).
RiSTE. Ancien nom d'une espèce de fil de chanvre, dans le midi de la France. (Lillré.) (^e terme de commerce paraît être le persan «jCwj richteh, fil (de (j^^ riehien. filer), mot d'un usage général, au xvif siècle, dans tout l'empire ottoman.
Rob. Esp. rob, arrope, portug. robe, arrobe, ilal. rob, robe. De l'arabe tjj robb, sirop ou gelée de fruils. Ce terme paraît êlre d'origine persane, rob par un seul b; les Arabes auraient doublé cette lettre pour donner au mot la forme Irililère oniinaire aux mots de leur langue.
Rock. En arabe ^^ rolch, oiseau gi;;anlesqiie dont il est question dans les Mille et une Nuits, dans les ancieniu's relations de voyages aux pays orientaux, dans Marco Polo, qui l'appelle rue, et jusque dans la relation du vovagc de Magi'ilan par Pig'afella. D'après M. de Saulcy, rokh serait la dernière syllabe d'un mot assyrien nesrokh, aigde tout-puissant, divinité primordiale de la théogonie assyrienne '.
M. Defrémery pense que du nom de l'oiseau nddi vii'nt celui du roc, pièce du jeu des échecs que nous appelons la toMr. (Voy. Roqueii.)
Romaine. Instrument de pesage. Esp. et porlug. romana. On disait autrefois un romman, et les Italiens ont
' Man. n° 96^1 du suppl. ar. de la BiM. nnl. fol. i 89 verso. ' Voy. Sacy, Chreat. arabe, I, 237.
' H Iles quas invenimiis neque expeclalas nec in computo relatas ne'pic dala opéra acquisilas.Ti (Frcylag. )
» j^i^\ i-.jl.^ , mail, de la coll. de M. Scliefcr, p. 75.
' Revue des deux Mondes, t. XX, p. /157, rilû' par M. Litiré. En malais CJj, rouq-ruûq (que le Dicl. de l'ahbù Favie prononce romvaqroutvaq) désigne un oiseau de proie. On ne peut douter que ce ne soit le munie mol. — .M. Giuseppe Bianooni, de Bologne, dans ses éludes sur l'épiornis, » recueilli toutes les traditions rclalives au rock.
GO
ROO
aussi le masculin romano. Dans le Quercy, on dit encore indilTéreniiiient roummio (féni.) et roitmô (niasc). C'est
l'arabe ajUÔ; romnu'ina, qui aie même sens. (V'oy. Boctbor.) Primitivement, rommûna ne désijjnait pas la balance romaine même, mais seulement le poids mobile (jui sert à faire les pesées, pondus slalerœ quo Ithnmtuv alia, dit Freyta{]. C'est encore le sens de l'italien romano, dans le Dktionnaire d'Antonini. qui le définit ainsi : Quel contrapeso chv è injîhito iiello stilo ihlla stadcra.
Ce romano et le vieux français romman semblent indiquer qu'on a dit aussi en andje ^J^) rommân, sans le » « final. Cette lettre n'est ici en effet que le » d'unité; car rommana, poids, n'est autre cbose que yCi; rommân, la grenade, et l'assimilation est si naturelle que je suis fort surpris d'être le premier à la proposer. On ne saurait jeter les yeux sur une de ces vieilles romaines si employées naguère dans les campagnes, sans être frappé de la ressemblance de forme qui existait encore entre le poids mobile et le fruit du grenadier.
RoQiEB. Ce terme du jeu des échecs vient de roc, ancien nom de la pièce appelée aujourd'hui tour, esp. et portug. roque (d'où enrocar, roquer); ital. rocco; et tous ces mots viennent de ^; rohh, qui désigne la même pièce chez les .■\rabes et les Persans. Quant à ^; rohh, c'est, dit d'Ilerbelot, un mot de la langue des anciens Persans, lequel signifie «un vaillant homme qui cherche des aventures de guerre, un preux, un chevalier errant'.» On a proposé plusieurs autres étymologies qu'on trouvera indiquées dans la préface de l'excellent Traité du jeu des éoJwcs de M. de Basterot. Cet auteur explique ainsi le change-
SAF
mont de nom qu'a subi chez nous le roc des échecs: «Dans les jeux imbriqués dans l'Inde, cette pièce était ordinairement représentée sous la forme d'un élé])bant j)orlant une tour; j)eu à peu on supprima l'éléphant, et la tour seule est restée pour représenter cette pièce: ces changements successifs expliquent l'anomalie de fnire représenter par une tour une des pièces les plus actives du jeu '-. ?) Il est possible aussi que ce nom soit dû seulement à la position des tours qui, au début de la partie, occupent les i|uatre coins de l'échiquier.
RoTiiN ou Rotang. Arbrisseau des Indes orientales dont on fait les cannes appelées joncs ou rotins, les sièges des chaises dites de canne, etc. Du malais ^^j^ rôtan. La lettre finale étant un « et non un è uf^, c est à tort qu'on écrit rotang. ^î Les fruits du rotanfr zalacca l^lw ^j^ rùlnnsûlaq) de Java, sont alimentaires." (Bouillet, Dicl. des sciences.)
RocpiE. Monnaie d'or ou d'argent. Du persan i^j) roûpiya, mot d'origine hindoue.
RusMA. Préparation dépilatoire chez les Orientaux. Je ne cite ce terme que pour corriger l'erreur des dictionnaires qui donnent pour étyniologie un mot arabe, rusma, trace. Sans m'arrêter à rechercher quel est ce mot rusma, je me contenterai de faire observer que notre rusma, pâte dépilatoire, est une corruption du turc *^3v=^ khorozma, qui n'est lui-même que la transcription du grec )(p7a(xa, onguent, fard, lat. ecdés. christna, dont nous avons fait chrême, le saint chrême. Dans le commentaire d'Herm. Barbaro sur Dioscoride (liv. I"', chap. li), on trouve quelques mots sur l'espèce d'onnuent appelé citrima ou chrisma^.
Sabaotii. Transcription, dans les traductions latines, de l'hébreu niN2ï tsebuôlh, pluriel de X2i' Isahâ, armée : Deus sabaotlt , Dieu des armées.
Sabbat. C'est l'hébreu n2U? chabhath , de la racine chnhath, se reposer. Mais il nous est venu par le latin sabhatum, qu'on trouve déjà chez les classiques (Ovide, Justin, etc.).
Sacbe. Espèce de faucon. Esp. et portug. sacre. De l'arabe Ju» . M jr, même sens, r M. Diez, dit Engelmann, donne à ce mot une origine latine; il le considère comme la liaduclion du grec «î'paÇ, tandis que les Arabes auraient emprunté leur .^aqr aux langues romanes; mais comme il est de fait que saqr, loin d'être un mot moderne et particulier au dialecte vulgaire, était di'jà en usage parmi les anciens Arabes du désert (cf. Le dtvan des Ilodzaïlitcs, p. ao8), cette opinion est tout à fait erronée.» (GVom. p. 338.)
Saddeb. Livre relirrieux des Parsis ou Guèbres. Du
persan ji Js*3 .sad-der, les cent portes, de sad, cent, et dcr, porte, chapitre du Zendavesta. .
Safar. Deuxième mois de l'année musulmane; saphar, dans les ouvrages du siècle dernier. En arabe Jus safar.
Safban. Esp. azafrano, portug. aç.afrâo, ital. zafferano. On trouve, en vieux français, sajlcur, sajlor. De i'arabepersan y'yi*) za'jcràn (avec l'article a:-za'fcrim), même sens. Le mot est dans Razi (man. déjà cité, p. A5 recto).
Safre ou Saffbe. C'est aujourd'hui un oxyde de cobalt. En espagnol, zafre est un oxyde de bismuth. Ces substances, employées l'une et l'autre dans la poterie ou la cristallerie, ont pu être aisément confondues. L'oxyde de cobalt, qui lui-même est d'un gris noirâtre, sert à faire un verre bleu très-foncé, le smalt, lequel, réduit en jjoudre très-fine, forme une substance colorante employée dans les arts sous le nom d'azur. C'est pourquoi plusieurs élyniologistes tirent le mot safre de saphir'^. Cela s'appli-
* Ijihttoth, oi-iefit. au mot ) » P. 1 8 cl 1 <j.
5 Oioscoridœ pharm. lib. VIII, Sirasb. i5a9, fol. ai verso.
* «Le sapb^r est, comme dessus, uoe eau bien puic, mais parce qu'cUo
s AT,
niicrail (lilTicilomont au znfir csprijfnol (|iii «Innno nne roloralfon non pas bleue, mais jaune; et M. Dozy propose (le rapprocher zafrc de l'arabe yu» sofr, cuivre jaune (wfrn, couleur jaune), qui a donné l'espafjnol (izofar, laiton. Peut-être .srt///T, zafrc et l'italien zajfera sont-ils simplement le mot ^J'•À^') za'fi'rdn, safran, privé de sa finale ', comme dans le pluriel -jlcj za'i'ij'n: Les alchimistes appelaient xafriin Je mnrs l'ocre rouije de fer; et le mfran des fiu'ldii.r était nne préparation pliarmaceulicjue où entraient du soufre et de l'oxyde d'antimoine.
Sacou. Fécule extraite de la moelle du palmier snfriis (safTouier ou sagoulier). C'est le nom malais de cet arbre. ^L. xâgou, nui pousse spontanément dans l'archipel Indien.
Saïqie. Sorte do barque ou de navire. Du turc axjU; cIuTiqa.
Salamalec. C'est la .salutation musulmane J>^U ^>Xw sah'im 'alcik, salut sur toi [xahlm, salut; 'ah, sur; ha, toi); (•^aX* -51*. salâm 'aleilcoum, salut sur vous, en s'adressant à plusieurs personnes.
Salep. Substance alimentaire préparée avec les bulbes d'orchis. Esp. salep, porlujj. salepo. Boclhor traduit salep par t-J^ siihlnl), et oirhis par u^WUI cyLi nelxlt ns-suhhih; et Ricbardson donne i.AS^ snhinh comme la plante orchis elle-même. Ce mot arabe nest pas dans Meninski ni dans Freytag, et. quelques philologues le regardent comme une corruption de uJJti' tha'lcb (prononcé salcb par les Persans et les Turcs), qui signifie renard. En clTet, l'orchis porte entre autres noms celui de oJjtili ^^^aà. kliofia alli-tlia'lch, testicules de renard^. C'est de là, suivant l'opinion de M. Dozy, que vient notre salep. (V. Gloss. p. 338.) Cette expression pour désigner l'orchis est. du reste, assez ancienne chez nous, car on la trouve dans un antidotaire en ■ vers latins, compris dans le man. n° 7068, ancien fonds latin de la Bibl. nat. (p. 65), lequel est du xnf siècle :
Vulpis lesticuliis sopita cupidinis arma Aptat et affccliim Veneri . . . dat.
Il est même singulier que la locution ait été prise au sens propre par des médecins du xvf et du xvn" siècle, qui recommandent l'uJpis lestes avec ceux d'autres animahn sdiacia comme aphrodisiaque'.
Sambac. Arbrisseau nommé aussi jasmin d'Arabie, c Dans le climat de Paris, dit Bosc, où l'on en voit beaucoup, on est obligé de le tenir dans l'orangerie pendant l'hiver. , . On répand les lleurs du mogori sambac dans les appartements, sur les lits; on les mêle parmi le linge pour l'imprégner de son odeur qui passe pour être amie des nerfs