‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 621 sur 638 · TA M · texte numérisé non relu

TA M

(^ auuini'i, adjectif formé sur iCL, sotiiina, rèjjle, loi, rccued des paroles et actes do Mahomet, formant pour les Sunnites un suppliiment au Coran.

TAUAscuin ou TAUAXin. Concrétions siliceuses qui se forment aux nœuds d'une espèce de bambou, et ([ui étaient autrefois employées en médecine. C'est l'arabe »A.iUL tubâchlr, même sens. Ce mot signifie aussi craie, chaux, plâtre, et il s'est appliqué aulrelois spécialement à l'ivoire calciné; nos alchimistes le prenaient en ce sens : « jfai«isir arabica est spodium», dit Martin Ruland^

Tabis. Sorte d'étolTe de soie. Esp. portug. et ital. tahi. De l'arabe jUs 'attâbl, dont la première syllabe, prise sans doute pour l'article (^at, au lieu de al, devant t), est tombée dans toutes les langues romanes, mais se retrouve dans le bas latin allabi. Quant à l'arabe 'atlfibi, c'était le nom d'un quartier de Bagdad où se fabriquait celte élofie-, et ce nom venait du prince Allab, arrière petit-fds d'Omeyya^.

Taffetas. C'est sans doute le persan axjLj tajkih ou IcJteh, même signification, comme l'indiquait, il y a près de deux cents ans, le P. Ange de Saint-Joseph*; à moins que ce ne soit une simple onomatopée, reproduisant le bruit produit par le lallelas quand on l'agile [inj lnJY.

Talai'oin. «Les bonzes ou prêtres bouddhistes, à Siam, s'appellent j;/ira, grands. Les Européens les ont appelés /rt/(/y;o(Hs, probablement du nom de l'éventail qu'ils tiennent à la main, lequel s'appelle talapat, qui signifie yèH(//c de palmier, n (M^' Pallegoix, Descript. du roy. Thaï ou Siam, 1854, t. II, p. 23.) Ce talapat est évidemment le même mot que le malais ôi» kelôpa, en javanais omnjiM^ kalapa, noix de coco, cocotier. (Voy. Calapite.)

Talc. Esp. lalc'o, tabpie, portug. talco. En arabe, /"^io lalq. Je ne sais qui avait proposé 1 élymologie allemande talir, suif, ([u'on trouve mentionnée par Léman [Did. dlvsl. nal. t. XXXil,p. 378). Le mot ^3AL^ se rencontre dans l'alchimie de Géber, notamment au cbapitre vu du II livre. «Talcum, vox esse Arabica creditur. significans stellulas mic.infesw, dit Martin Kuland''. J'ignore à ([uelle expression arabe cotte explication peut faire allusion.

Talisman. C'est l'arabe jtwAla lelesm ou lelsam, qui re- [irésenle le grec T/Aso-f/a, initiation, mystère.

Talml'd. Grand ouvrage qui confient un recueil des lois, traditions, coutumes des Juifs. En hébreu, niD'?n<«/HiOi<^/, instruction, du verbe nç^ lamad, apprendx-e, forme ^;i'/*. iç^ limmad, enseigner.

TA.MAniN. Esp. et portug. tamarindo, ilal. tamariiidi; Matthiole et les anciens botanistes l'appellent lamar indi. Dans un passage de Marco Polo cité par M. Lidré, on lit tamarandi: t^Si donnent aux marcheans à faire et à boire une chose qui a nom tamarandi, qui leur fait aller hors ce qu'ils ont au ventre, m En efTet, le tamarin ou fruit du lamarinier a été souvent employé pour faire avec la casse un liquide laxatif\ C'est l'arabe ^£<yjJ> yi lamr hindi, datte indienne. Le tamarinier n'est pas un dattier et n'oflVe aucune ressemblance avec un arbre de cette espèce; mais son fruit est une gousse qu'on a pu comparer à la datte. Le mot tamr, datte, se retrouve dans l'espagnol tamaras, trochct de dattes.

Taubocr. Esp. tambor, atamhor, portug. tambor, ilal. tnmburo. On disait autrefois labour ou tnbur (comme aussi tabourin au lieu de tambouriny. M. Dozy repousse l'étyniologic arabe ^yùls lonboûr, proposée par Engelmanii; ce mot, au moyen âge, désignait, dit-il, une espèce de lyre; et si les Barbaresqucs ont aujourd'hui un grand tambour appelé par eux alambor, c'est qu'ils l'ont emprunte aux Espagnols*. Niebulir dit en elTetque, chez les Arabes, tamlnira est le nom générique commun à tous les instruments à cordes. Mais il convient de remarquer que ces insfrumenls à cordes ne sont pas sans analogie avec les tambours elles timbales, car ils sont d'ordinaire formés d'un corps creux sur lequel est tendue une peau. Niebulir en décrit quatre ou cinq de ce genre'".

Sans combattre l'opinion de M. Dozy, on peut faire observer que le persan a un autre mot^^y talnr, dont le sens est bien tambour, timbale^\ et qui est assurément identique à notre labur, labour (on sait avec quelle facilité ici u (om) se remplacent). Est-ce le persan qui est passé au français ou le français qui a pénétré en Orient? Tabur est bien ancien dans notre langue, puisqu'on le trouve déjà dans la chanson de Roland, qui est du .\i' siècle; mais il est bien ancien aussi en persan, puisqu'il se lit dans le Chah-nameh, dont l'aateur Firdouci est mort en l'an 1 020 :

' Lcxieon alchemi(P , p. A C 1 .

' Defiémnry, Joiovi. aji«(. janvier i86a, p. Ç)li. ' Dozy, Gloss. p. 343.

' Ciavis Gazoïilnjl. p. G.

' A'oy. Francisque Miclicl, ajmd Diîfn'niory, Mcimitcs d'Iiisl. oriculule, p. ai 3.

" Lexic. akhcmia;, p. /lOa.

' ijW X^—?. <â.xi4 jjf le tamnriii relâche le ventre, dit R. zi. ( Mf n. (IJj'i ci lé, fol. 5i verso.)

' Les formes tahour, tabourin existent encore en angliiis, où l'on Irome tabret e( tabouret. Noire tabouret est pareillement un diniinulif de.toJour.

' Gloss. p 374, 375.

'» Voij. en Arabie, e'd. Sraitlj, p. 319.

" llif.li,irJiu:i , Lia.; 6«;(/j;/.j/ . (,/,^^ l'ers.

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