‹ Dictionnaire de la langue française. Supplément. Ce supplément est suivi d'un dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientaleChapitre 622 sur 638 · TAN · texte numérisé non relu

TAN

Jyo joj>w L^ijjytj]; »j:v^ (C/ir«/. 5(7i'7iMw. (le Viillors, p. 58, vers Zi a 1 ).

Les formes tambour, }y^ tonbour, sont ccriainemcnl des altéralions de labour, ^xaj tabir. Le persan a la voyelle ou dans *i)'j«^' taboûrûk-, laniLouriii, lequel est, suivant toute vraisemblance, un diminutif de ^y^j tahoûr, dans lequel s'est glissé fautivement un I (7. (Compar. JJUJ et JiUl : voy. an mot Lilas.)

TA>DOin. Sorte d'instrument de chauffage foniu' d'un réchaud qui est caché sous une table recouverte d'un lajiis.

C'est la prononciation turque du mot arabe-persan ^yj /aHJioûr, fourneau portatif, four. (Voy. Atiianoi!.) Le réchaud ou brasero du tandour s'appelle aujourd'hui, à Constanlinople, le tnangal, ce qui représente le (j4U;< maiiq'lldjiq de Meninski.

Tanzhiat. rOn nomme ainsi l'ensemble des réformes qui découlent du hatli-chérif donné en i'S3() parle sultan Abdul-Medjid pour réorganiser l'adminislralion. " (Bouil- Ict, Scicnc.) De l'arabe y^l^^ tmijlûni, mettre en ordre, dont les Turcs ont fait c>-fJiij tan:'imal.

Taraxaccm ou Taraxacon. Nom attribué par les anciens botanistes au pissenlit ou à la chicorée sauvage, d'oiî la famille des laraxacées. On lui a cherché une étymologie ;;recque : Txpat^ts, trouble, àxéo(iai, guérir, c'est-à-dire j)lante calmante, ce qui n'a aucune raison d'être; d'autres disent de r<xf,oi^is et de cix>i\ pointe, à cause, de l'inégalité des laciniures des feuilles. (Léman'.) Ce qu'il y a de sûr, c'est que le mot (qui du reste ne figure ni dans les dictionnaires grecs ni dans les dictionnaires latins) se rencontre chez les écrivains orientaux. Freytag ne l'a point relevé, mais il est dans Richardson, ^J^À^i,.^^, que ce lexicographe transcrit larhhashhûn et traduit ^ wild endive w. J'ai vainement cherché ce yyLii.i^jL dans la longue liste de drogues et de médicaments qui termine le grand ouvrage médical d'Al-Huceini (man. sup. pers. n"33()); mais dans Razi on lit : ^1 Àjl iJI LjOL^i Ji* j^yLi-kî! ^Lelaraclutqoûq est semblable à la chicorée, mais plus eUicace-. jj Evidemment il faut lire yyùi-ts larachaqom , et traduire pissenlit ou bien chicorée sauvngc. Dans la Sijmnijnm avaholatme de Gérard de Crémone on lit aussi k Tarasacon, species cicorci^. » 11 no faut pas oublier que Razi écrivait au a' tiède. Le tarnxacon fait l'objet d'un chapitre dans l'Avicenne latin de Bàle (édit. de i563, p. 3 12), mais cet article et une douzaine d'autres en télé de la lettre T, manquent dans l'édition arabe de Rome.

lARDoucn. Sorte de bonnet rouge de fabrique tunisienne. Transcription de l'arabe u-jjJa tarbouch, qui est peut-être une altération du persan u^jej-- scrpoîich, couvrechef, de vM ser, tète, et de ,.,J^.i.^j poïichlilen, couvrir.

! ym ser.

»jj pou

' Dirl.,n,i,l.natA. WXil.p. ',(-,',.

' Mail, déjà cité, fol. 4i verso.

^ La leçon yjis.i.jlr, qui est assiircmont !a mnilleiirc, se lit dans le (;los- Mirc d'Ilm aHlaclicba sur i'omrage de Razi. (Voj. Dozv, Cfo.w. p. i Goi au mot almiron.)

* ^o;. Engelnian, Glost. p. ûi.

' CLtis CazupUijt. p. ■;.

ti;r

Tare. Esp. porlng. ital. et provenç. tara; on (roiive aussi dans l'ancien espagnol ««nra. C'est l'arabe ^a-Ja Inrha, venant du verbe ^^ t/iralj, rejeter. La tare est (t la partie des marchandises que l'on rejette, c'est-à-dire les barils, pots, etc.; le poids de ces barils, etc. que l'on déduit quand on pèse les marchandises. » (Dozy, Gloss. p. 3i3.) Ln autre mol espagnol nicrma, qui a la même signification, (Jiminatton, déchet, vient du verbe ^^ rama, jeter, étymologie, dit M. Dozy, qui confirme celle de tare. L'espagnol vwrmar, éprouver un déchet, a passé dans certains dialectes de nos provinces méridionales; dans "le Quercy, mcrma ou hcrma signifie diminuer, décroître.

Targe. 11 est admis que la forme espagnole et portugaise adarga, adaraca vient directement de l'arabe \i^^\ ad-darnca, bouclier*; mais on attribue à targc et à l'italien larmi une origuie germanique

Tartre. Esp. portug. ital. tartaro, lat. des alchitn. tarlarum; de i'arabe-persan iji, tgiji dourd, dourdî, sédiment, dépôt, lie de l'huile, lie du vin, tartre. L'arabe io darad se cUt aussi du tartre ou de la carie des dénis; l'adjectif i^i>( adrad s'applique à celui qui a les dents cariées. Le mot nous est venu par les alchimistes, ce qui e.xphque son altération. On peut en voir de bien plus extraordinaires au mot Alciumie. M. Littré cite un passage du Glossaire de Simon de Gènes où il est dit: sTartar, arabicc tartarum. w^Ja^la tartir, qui est dans Bocthor, et figiu-e aussi dans la Fabr. limj. arab. manque dans Freytag et Richardson. Le Gazophyl. liiig. Pcrs. écrit j^jy tarl'ir M. Dozy n'a pas noté tartaro dans son Glotsuirc.

TarU'. Esp. et portug. tarifa, ital. tarifa. Le mot c-t traduit dans Bocthor par Uu.yt.' ta'rif, qui est le nom d'action du verbe éjs '(irriif. faire connaître, publier. -C'est là l'étymologie, indiquée déjà par le P. Ange de Saint- Joseph ( 1 68-'i Y-

Tasse. Esp. taza, portug. taça, ital. tazza. De larahe jrj.3 tass, aJILs tassa, qu'on rapporte au persan ov*»j lasl, coupe.

TiÎRÉ.MARhN ou Trii\gibii\. Mauue liquide de Perse. Dorvault {Ojficmc) écrit teniiabin; on trouve aussi truiijibiii, tcroijubm, théreiijabin, et même trangebris^. C'est l'arabe ^jj^j^js tcrcmljoub'in , ([ui est le persan y-sAJ^y terciigoubïii. Celui-ci est formé de (j^-i^t engouhni, miel, et dey ter. dont le sens reste douteux pour moi; ce pourrait êlre l'adjectif qui signifie humide, juteux.

Une autre manne de Perse porte le nom de yxJiljS gczengoubm, miel du ^ gcz , le gez (prononcez gucz), espèce de tamarix, étant l'arbre qui la piviihiit ''. Par inia-

' Dtclioiin. di; Di''lc'i'iille, an mol «;,'«/. On peut voir encore sur le Icreii- (Ijabin une noie de M. Defrémcry. {Mémoires d'hist. orienlate, p. .■!8.")-3!S().)

' Cet arbre porte en arabe le nom de «UJa tarfâ, dont les Espa,';i.cils ont fait alarfe. linzi (lit (jue de sus racines se lire le siliemlioulîn . JLs ylj ,j-:*sNilw'l aIoI ^ja (fol. /ig recto). Ce n'est pas là une manne, mais nno ii(|ueur (oxymcl), de ilL« sik, vinai(;re. .Muller rattacbe l'espaj^nol taraj, l;nnaiix, au même mot arabe Inijà. (Voy. Dozy, Glossiiirc, \>. .'i'iS.)

THU

l<i{jic on pourrait croire f|iie y ter csl le nom do l'nrhn' (|iii (loiino le lriii{jiljiii. Mais les diclionnaircs n'ont rion clo pareil, et il ne saurait être ici question du jb l'ir, sorte de palmier cpii produit la liqueur enivrante nonimée l'iri i^^b (le loihlij des Anglais)'; car cet arbre ne produit pas de manne, et Garcias dit nue le truiiiiliiii qu'il a vu apporter à Bassora vient sur de petits buissons ('piucuv assez semblables à nos {jcnêts.

TiiLiiv.N. Etoile de troisième grandeur dans la consld- Liliim (lu Dragon. C'est l'arabe ij^ thou'bâii , dragon.

Tn;i:ii. Poudre d'or, ilans le cominercc africain. Les voyageurs écrivent aussi uhhur, alihar, «le lihhar ou l'or pur du Sennaar », écrit Bruce-. C'est l'arabe v tihr, même sens. La r('gion africaine que nous nommons Côte d'Or est appi'li'e par les Arabes j>iJi iîAj belâd al-ûbr, pays de la [loudre d'or.

Timbale. Esp. tirnhal, atamhal, atnhnl, portug. timbrde, nlnbale, ilal. llmballo, tahallo. De l'arabe J4= labl, avec l'article al-labl, sorte de tambour. Il s'est glissé un m avant le b. comme dans labour devenu tambour. Il est vraisemblable du reste que les formes timbale, timbcd, timballo, ont subi l'innucncc du latin tijmpaniim (TUf/tTrarov). Tabl est d'origine persane. On trouve un pluriel grec ra^aXa, K tambour, timbale dont les Partbes se servaient à la guerre', n

TiiNCAL ou TiM(AL. Borav brut. Esp. alincar, porlug. alnicnl, Itncal. C'est l'arabe-persan JLCo linkâl, ou ^ISiks linl:lr'* (en persan jlsiu tengâr). Le lincal nous vient principalement de l'Asie (Perse, Tbib(>t, Inde). Il semble qu'une sorte de confusion se soit établie entre le tiiikâr et une autre substance appelée en arabe ^L<j zindjâr, en persan ^liCi^ zengâr ou. ^\^j jcngâr. Celle-ci est le vert-de-gris ou le. vitriol vert. (Voy. Azagor, au mot ALcniMii:.) On traduit volontiers ces deux termes par chrysocoUe, mot qui désii;nr.it cliez les anciens une substance verte assez mal délinie, employée par les orfèvres pour la soudure des maiM'rcs d'or^. A l'article œruiro aurifabrvrum de son Lexicon akhcmim, .Martin Rulanddit: «Quidam banc vocant <i'/ie/i:ar vri boracem arabice» , et à la page suivante: k Arabes omnes taies œrugines vocant jjenerali nomine zinchar'\T^

On ne comprendrait pas que le borax pût être confondu avec le vcrt-de-gris, si l'on ne savait que le borax brut, tel ([u'on le tire de certains lacs de l'Asie, est coloré en veil par (irs substances étrangères.

Toiiu-iioiiu. Cette expression est empruntée au deuxième

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