La liberté du commerce estnne
conséquence de la liberté du travail roclamée en 1791 par l'Assemblée onstituante; elle en est le complément logique. Aussi l’Empereur avaitil été très-heureusement inspiré en engageant résolument la France dans cette voie féconde de la liberté commerciale ouverte, en 1860, par le traité conclu avec l'Angleterre.
Comme l’a dit en termes excellents M. II. Baudrillart, dans ses Eléments d’économie rurale, industrielle, commerciale, p. 418, a Rien n’est plus conforme aue la liberté commerciale à l’esprit ae nos lois et aux tendances générales de notre temps. L’esprit de nos lois, c’est que chacun soit rendu responsable de ses œuvres, agisse à ses risques et périls. Pouruoi donc des privilèges sous forme e tarifs? Pourquoi la masse des citoyens payerait-elle un véritable impôt à un certain nombre d’industries?
Pourquoi des établissements qui n'ont pas en eux-mèmes les conditions de vitalité nécessaires vivraient-ils à l'aide de droits qui retombent sur le public? L’esprit de nos lois, c’est que l'acheteur, qu’il soit producteur ou consommateur, puisse se procurer ce dont il a besoin aux conditions les meilleures possible. La liberté de l’achat et de fa vente fait partie de la liberté du travail et aussi du droit qu'a tout homme de ne pas voir diminuer ses moyens d’existence par des mesures factices et exclusivement profitables à un petit nombre. Enfin, rien n’est plus conforme à l'esprit de notre temps que de mettre les peuples en communication fraternelle par l’échange de leur excédant. L» pros-
Sérité de l’un importe à la prospérité es antres, et vice versa. C'est le résultat de l’échange des produits contre les produits. »
Les résultats de la politique commerciale inaugurée en 1860 ont été des plus satisfaisants, quoi qu’en disent les adversaires intéressés du libre-échange. On peut en juger par cet aperçu comparatif du commerce extérieur de la France en 1859 et en
Le commerce général delà France,
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pour 1868, représente ime valeur totale de 7 milliards 979 miHions defr., doDt 4 milliards S58 millions à Vimj^ortation et 3 milliards 721 millions a V exportation. C’est un accroissement de 2,567 millions sur 1859, année antérieure à la réforme commerciale.
Le commerce spécial, représentation exacte des échanges directs, s’élève à 6 milliards 94 millions de fr., dont 3 milliards 304 millions è Vim- ^ortation, et 2 milliards 790 millions a ïexportation. — L'augmentation s’élève, comparativement à 1859, à 2 milliards 187 millions, sur lesquels il revient 1 milliard 663 millions à l’importation, et 524 millions à l’eiportation,
2. — Le Ministre de l'Agriculture et du Commerce n*est pas le seul qui dpnne ses soins aux choses qui intéressent le commerce; ses collègues des Finances, de la Marine et des Colonies, et des Affaires étrangères ont également à s’en occuper, ce dernier surtout. 11 prépare les conventions commerciales entre la France et les autres puissances, et protège les commerçants franc^ais étahlis à l’étranger.
C’est à lui pnncipalement qu’il appartient de surveiller la loyale et complète exécution des traités conclus, d’éclairer nos négociants sur la situation des marchés étrangers, sur les débouchés nouveaux offerts à leur activité, de rendre enfin aussi fécondes que possible les relations que la diplomatie a réussi à leur créer.